DSK : et maintenant les SMS...
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DSK : et maintenant les SMS...

On n'en a pas fini avec DSK. Dans l'affaire du Carlton de Lille

, révèle Libération, les policiers examinent une série de textos de DSK à Fabrice Paszkowski, chef d’entreprise du Pas-de-Calais, écroué depuis le 21 octobre et mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs, escroquerie et abus de biens sociaux». D'où il ressort que l'ex-directeur général du FMI profitait de ses tournées européennes pour visiter les boîtes "coquines" des capitales visitées (Vienne et Madrid sont citées). «Veux tu (peux tu) venir découvrir une magnifique boite coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ?» demande ainsi délicatement DSK. Incontestablement, il faudra tourner un jour une coproduction internationale sur le personnage.

Mais ce n'est pas l'essentiel. Surtout, dans ces textos, trois personnalités politiques sont citées: Pierre Moscovici, Jean-Marie Le Guen, et Christophe Borgel. Le premier message remonte à 2009. «Parfait pour Mosco. Je te dirai lundi», écrit DSK. L’autre SMS (2009 également) «Appelle Christophe Borgel, écrit DSK, explique lui et demande lui qui tu peux appeler chez Aubry.» Fidèle de DSK, Borgel a alors déjà intégré la direction du PS avec Martine Aubry. "Qu’attend Paszkowski ? Pourquoi cherche-t-il à joindre quelqu’un «chez Aubry» ?" interroge Libé. Reste enfin Jean-Marie Le Guen, député socialiste de Paris. «Le Guen dit que tu l’as pas appelé», écrit DSK le 23 septembre 2009, avant d’ajouter, le 8 octobre : «Tu me raconteras Le Guen.» Sollicités, tous trois ont répondu à Libé. Le Guen : «Il est tout à fait possible que j’ai croisé Fabrice Paszkowski une fois dans une réunion du Parti socialiste dans le Pas-de-Calais.» Il se souvient «que DSK [lui] avait recommandé de recevoir ce militant, en [lui] disant qu’il avait des choses à [lui] dire.» Le Guen est alors président du conseil d’administration de l’assistance publique de Paris (AP-HP). Il reconnaît avoir reçu le chef d’entreprise au siège de l’AP-HP en 2009. «Mais comme j’ai reçu des centaines de personnes, ni plus ni moins ! Il m’a parlé des lits biomédicalisés, ou quelque chose comme ça. Je ne me souviens plus très exactement, mais je crois qu’il trouvait que les appels d’offres n’étaient pas assez détaillés...» Le Guen est formel : ce rendez-vous n’a pas eu la moindre conséquence. Moscovici: «Je l’ai croisé dans le Pas-de-Calais, c’est tout, dit-il. Il m’a peut-être raccompagné à la gare une fois. Je savais qu’il était proche de DSK, voilà tout.» Borgel enfin: «J’ai peut-être été en contact avec Paszkowski, comme avec des centaines de militants socialistes. Je ne vais pas dire que je ne le connais pas, mais je ne me souviens pas d’un échange précis avec lui."

Si je vous le raconte, pour une fois, en détail, c'est parce que ma radio préférée du matin (France Inter) a été remarquablement discrète sur ces révélations. En déplacement à Besançon, Patrick Cohen tenait même devant lui Pierre Moscovici, député du Doubs, et directeur de campagne de Hollande, sans lui poser aucune question sur le sujet. C'est dommage. Mais une telle délicatesse ne durera pas: il n'a échappé à personne que l'on est en campagne électorale. Peut-être ces intercessions de DSK en faveur de Paszkowski n'ont-elles été suivies, en effet, d'aucune contrepartie concrète. Mais peut-être que si. Une chose est certaine avec les bombes à retardement: il vaut toujours mieux les désamorcer le plus vite possible.

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