Daniel part, Daniel reste
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Daniel part, Daniel reste

Comment débuter ce billet ? Vous saviez que ça allait arriver, nous le savions aussi, Daniel Schneidermann ayant maintes fois répété qu'il transmettait Arrêt sur images à ses salarié·es. Après sa mise en retrait de la rédaction en chef, puis de la direction de publication, puis de toute implication éditoriale, après la donation du capital à son équipe (nous) et désormais coactionnaire, Daniel a choisi le changement d'année pour lâcher définitivement les rênes de l'émission historique. Son émission, celle qu'une partie d'entre vous (moi compris !) regardaient sur La Cinquième puis sur France 5, jusqu'à son éviction par France Télévisions et la création de ce site il y a bientôt 15 ans. Daniel part, donc.

Mais Daniel reste, aussi. D'abord par son matinaute, devenu plus ou moins irrégulomadaire selon ses inspirations de jeune retraité. Ensuite, avec les émissions Post-Pop et sa petite nouvelle Sur la planche, qu'il continuera d'animer tous les mois. Enfin, en tant que coactionnaire d'ASI, bien qu'il prenne soin de rester en retrait de la plupart des décisions aujourd'hui prises par l'équipe. Surtout, ces décisions continuent d'être guidées par l'esprit qu'il a impulsé voilà plus de 25 ans pour exercer une critique des médias : s'attacher à la face visible  – titres, hiérarchie de l'info, articles, émissions – pour en dévoiler l'invisible, de l'influence des actionnaires, à celle des formats et de la culture journalistique française, en passant par la sociologie des journalistes et des directions de médias. Le tout sans excès de confraternité, une des plaies du journalisme à la française.

Vous l'avez sûrement remarqué, cher·es abonné·es, nous sommes entrés en 2022 dans une période d'intense expérimentation. Marquée par une progression sensible des formats vidéo, de nouvelles émissions telles que Savoirs médiatiques de Maurice Midena ou "mon" Proxy. Sans abandonner pour autant l'écrit, en particulier au travers d'analyses et d'enquêtes au long cours, mais aussi avec, bientôt, une nouvelle infolettre hebdomadaire préparée par Pauline Bock. Pour chaque sujet, nous choisissons le format le plus adapté au sein d'une palette désormais élargie – et non l'inverse comme dans la plupart des médias. Ces expérimentations, souvent liées au ou à la journaliste qui crée le projet, impliquent parfois aussi des adaptations, à l'image de Proxy encore en gestation. Et des abandons, ce fut le cas du Club Indé créé par notre précédente rédactrice en chef Emmanuelle Walter.  

Et l'émission "historique", alors ? Nul abandon, rassurez-vous, nous tenons tous autant que vous à son format, qui a conservé toute sa pertinence en 2022 : des séquences vidéo soigneusement préparées par notre journaliste-cheffe des images Adèle Bellot, des invités pour les décrypter et les critiquer en plateau dans les conditions du direct grâce à notre réalisateur (et président élu pour trois ans) Antoine Streiff. En 2023, elle sera animée par Paul Aveline ou Nassira El Moaddem, avec Maurice Midena en joker de luxe. Si Daniel a annoncé son départ de l'émission ce 16 décembre, il y reviendra en janvier, non comme animateur, mais cette fois-ci comme invité de Nassira : ils vous préparent une émission exceptionnelle "bilan et perspectives" de la critique des médias. Posez les questions et thèmes que vous souhaitez voir abordés dans cette émission, Daniel et Nassira liront attentivement vos commentaires !

Comment conclure sans vous rappeler notre campagne annuelle de dons ? Elle est toujours destinée à ce qu'une partie de nos contenus soient gratuits, ainsi qu'à compenser nos abonnements destinés aux précaires (2 €/mois) – ou à "l'ami fauché" (1 €/an, 138 demandes cette année). Ne nous le cachons pas : cette année n'est pas une bonne année. Vous aviez été au rendez-vous en septembre, avec près de 30 000 euros de dons lorsque nous avions fait appel à vous suite à la plainte en diffamation de la société Avisa partners. Mais en cette fin d'année, le compte n'y est pas encore, bien que la générosité de certain·es ait, pour tout dire, ébahi l'équipe reconnaissante. Nous vous avons un peu moins relancé qu'à l'habitude, il est vrai. Sachez que nous avons plus que jamais besoin de vous pour renforcer notre indépendance, toujours sans publicité ni subventions directes. Dons, abonnements-cadeau à vos proches, parrainages, qu'importe : notre indépendance ne dépend que de vous !

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