Jets privés : "Ils peuvent tout à fait s'en passer"
L'émission
  • Avec
    Yamina Saheb et Aurélie Trouvé et Christian Gollier et "I Fly Bernard"
  • Presentation
    Daniel Schneidermann
  • Préparation
    Paul Aveline
  • Deco-Réalisation
    Antoine Streiff
Réservé à nos abonné.e.s

L'interdiction des jets privés, l'arrosage des golfs, la taxe sur les superprofits des entreprises de l'énergie : le débat sur le partage des efforts de sobriété s'est focalisé sur un certain nombre de sujets spectaculaires tout au long de l'été, marqué par l'irruption brutale du dérèglement climatique dans le champ de vision direct des Français. Cette focalisation est-elle justifiée ? Ou est-ce qu'elle vise à côté de la cible, comme ne cesse de le répéter le gouvernement en ce moment ? C'est le sujet de cette émission de rentrée avec nos quatre invités du jour, Aurélie Trouvé, députée de la Nupes, Yamina Saheb, autrice du rapport du Giec, Christian Gollier, co-fondateur de la Toulouse school of economics, et "Bernard", le fondateur anonyme du compte Twitter I fly Bernard, qui retrace les trajets effectués par les jets de milliardaires grâce aux données en accès libre sur internet. 

"Un joujou des plus riches"

La Première ministre Elisabeth Borne a fait sa rentrée sur Quotidien, le 29 août dernier. Elle expliquait que les jets privés ne représentaient que "0,1 % des émissions" de gaz à effet de serre, n'en faisant pas un enjeu de premier plan pour la lutte contre le réchauffement climatique. Un constat qui interpelle la scientifique du Giec Yamina Saheb : "Les jets privés c'est quand même un joujou des plus riches, c'est pas M. X ou Mme Lambda qui habite en banlieue, qui a besoin d'une voiture, pour emmener son fils chez le médecin ou pour aller travailler." Mais peut-on entendre que les dirigeants d'entreprise en ont besoin pour se déplacer rapidement ? "Cette urgence des multinationales qu'on nous impose, qu'on nous a imposée ces dernières années, c'est ça qui a accéléré le changement climatique", défend Saheb.

Le golf, "une activité du monde moderne qui n'a pas de sens"

Le 23 août dernier, Saheb était l'invitée de BFMTV. La scientifique a défendu l'idée de faire disparaitre l'usage des jets privés pour "aller faire la fête", mais aussi des piscines individuelles qui n'auraient "aucun sens". Et le golf : "Une activité du monde moderne qui n'a pas de sens." Son intervention lui avait valu de nombreuses insultes sur les réseaux sociaux. Aurait-elle dû, pu le dire autrement ? "Je n'aurais pas dû me faire embarquer par la journaliste. […] La bonne manière de le dire, c'est d'insister qu'en fait nous avons besoin de politiques publiques pour faire la métamorphose nécessaire, et dans ces politiques publiques-là, il y aura certainement, une révision de certaines activités auxquelles nous avons été habitués."

Les faux experts qui "mentent comme des arracheurs de dents"

En plateau sur BFMTV, Saheb est accusée de verser dans le militantisme…. par la militante et chroniqueuse Julie Graziani. Aurélie Trouvé, économiste et députée Nupes, pense que "c'est important que les scientifiques s'expriment dans les médias", sans les renvoyer à leur militantisme, parce que "leurs conclusions ne conviennent pas" à la personne en face. Christian Gollier tient à préciser que les propos des scientifiques doivent toutefois toujours s'appuyer sur des savoirs scientifiques.  À l'inverse, comme l'explique Trouvé, des experts des think tank qui "eux, peuvent mentir comme des arracheurs de dents."

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