C'est un coup de tonnerre venu des États-Unis : la Cour suprême est revenue sur l'arrêt Roe vs
Wade qui instituait un droit fédéral à l'avortement, laissant à chaque État le soin de légiférer pour son territoire. La France est-elle menacée par ce type de décisions, notamment du fait de l'arrivée de 89 députés RN à l'Assemblée nationale et l'existence de députés LR très conservateurs ? Comment pourraient cheminer les propositions de loi de la Nupes et de Renaissance d'inscrire le droit à l'avortement dans la constitution ? Et quelle est l'histoire du droit à l'avortement en France depuis 1974, ses évolutions, ses symboles ? Les invitées de Daniel Schneidermann sont Albane Gaillot, ex-députée LREM du Val de Marne, qui a porté la proposition de loi d'allongement des délais d'IVG de 12 à 14 semaines de grossesse, Cécile Muschotti, ex-députée LREM du Var, coautrice d'un rapport sur l'état du droit à l'IVG en France, et Marianne Niosi, directrice exécutive du Planning familial.
Voici trois extraits de notre émission :
En France, une alliance conservatrice pourrait remettre ce droit en cause
François Bayrou, interrogé sur la volonté d'inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution, craint une procédure complexe alors que la France traverse une période politiquement troublée : "Est-ce que c'est utile au pays, en ce moment, d'aller organiser un référendum sur cette question [...] alors même qu'à ma connaissance aucun courant politique ne remet en cause la loi Veil [...] ? "
Sur notre plateau, l'ex-députée LREM Albane Gaillot craint qu'"une droite conservatrice très puissante en France"
et "une alliance de droites conservatrices majoritaire un jour"
remettent ce droit en cause. Autre ex-députée LREM invitée, Cécile Muschotti ajoute qu'un vote pourrait réduire le délai pendant lequel on a le droit de pratiquer un avortement (14 semaines de grossesse aujourd'hui).
Des associations anti-IVG et gynécos qui intimident les femmes
Pendant son enquête sur la situation du droit à l'avortement en France, Cécile Muschotti a recueilli des témoignages de femmes qui souhaitaient avorter mais qui ont été prises en main par des associations anti-IVG prétendant les accompagner, très intrusives, "laissant des messages sur le répondeur avec des pleurs de bébés".
Elle évoque aussi des femmes "malmenées par des gynécologues [...] qui faisaient faire une échographie en montrant les images à la femme sans le lui demander, en faisant écouter le cœur du bébé sans le lui demander." "L'intention est-elle alors punitive ?",
demande Daniel. "Oui"
, répond Cécile Muschotti.
"Le drame, c'est de mener une grossesse à son terme" quand on ne le souhaitait pas
Lors de sa conférence de presse de campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'est prononcé ainsi sur l'IVG : "C'est un droit, mais c'est toujours un drame pour une femme."
"C'est faux,
objecte Marianne Niosi, directrice du Planning familial. Une femme qui vient nous voir pour un avortement, elle a besoin d'un avortement, elle a réfléchi, elle sait ce qu'elle veut, parfois elle a dû se battre pour aller jusqu'à nous."
Albane Gaillot complète : "Le drame, c'est de mener une grossesse à son terme alors qu'elle ne le voulait pas. Ça, c'est un drame."
Pour aller plus loin :
-
Le rapport d'information sur l'accès à l'IVG corédigé par notre invitée Cécile Muschotti pendant la précédente législature.
- La loi du 2 mars 2022 pour "renforcer le droit à l'avortement" à l'initiative de notre invitée Albane Gaillot.
- Une interview de notre invitée Marianne Niosi sur les menaces qui pèsent sur l'avortement dans le monde.
Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.
Déjà abonné.e ? Connectez-vousConnectez-vous
Nos vidéos sont hébergées sur PeerTube, une plateforme libre et décentralisée.
Le mode Peer-to-Peer (pair-à-pair) permet aux utilisateurs de s’entraider pour améliorer la vitesse et la qualité de la vidéo, tout en limitant la charge du côté de notre serveur (hébergé en France).
Pour permettre ce fonctionnement, les utilisateurs partagent entre eux des petites séquences de la vidéo, votre adresse IP peut être partagée avec ces autres utilisateurs.
Vous pourrez à tout moment modfier ce réglage depuis l'espace "Mon compte".