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Commentaires

world press photo 2013, ou la souffrance assombrie désaturée

Une photo primée assombrie, semblable à un tableau, et voici que resurgit la polémique sur les limites de la "retouche acceptable" au-delà de laquelle l'image, pervertie, suscite l'émotion au lieu de la réflexion. Examen des griefs.

Derniers commentaires

Un bon coiffeur peut faire des miracles !
DESCHAIN : Le maquillage peut faire des miracles, certes, mais observez bien la forme des yeux (les paupières) et la mâchoire (la bajoue) à droite sur la photo : seul le crayon magique de Photoshop peut réussir de tels exploits !
Elle ne vous plait pas Mme Hidalgo ?
Et vous, Monsieur KORKOS, vous êtes bô comment ?
La photo atroce de la tête d'enfant à Gaza rappelle celle d'Omaira Sanchez (eruption du Nevado del Ruiz, Colombie, 1985) qui finit par mourir, elle, enterrée jusqu'au cou, sous le regard des cameras. Vautours! Pire que le "vrai" vautour qui attendait la mort de l'enfant au Soudan.
Pourquoi associer Gaza avec une imagerie catholique qui n' a rien à voir avec la culture locale ? comme si on voulait écrire un nouvel Evangile.tout cela sent l' idéologie religieuse ce n' est pas une approche laïque et équilibrée.
Cher Alain,
comme il n'existe pas de forum sur les "vite dit", je laisse un commentaire sur ce forum-ci concernant le vite dit "Votre photo, avec ou sans blanchiment ?"
Vous avez signalé que "d'aucun continuent de gentiment modifier l'aspect des photos de reportage pour faire joli, pour sacrifier à une mode" (celle du sans blanchiment).
Sachez qu'il existe une autre mode, bien pire, qui perdure elle aussi, et ce depuis des décennies, celle qui consiste à prendre des photos en couleur....
Sans parler d'Avedon qui a sacrifié lui-même un grande partie de ses photos sur l'hotel de LA mode.

J'avoue que je ne comprends pas les récurrences sur ces faux débats, l'aspect souvent moralisateur de votre part et votre réticence sur les outils numériques comme photoshop, "outil de bidouilles" qui ne sont finalement qu'un prolongement du développement comme on le connaissait au temps de l'argentique.

En tout cas, grâce à ce vite dit sur le sans blanchiment, cela m'aura permis de savoir que ce style de photo avait un nom et trouve ses sources dans l'argentique. J'aime votre savoir encyclopédique qui est le plus intéressant et m'apporte chaque jour davantage.
Alain, ne vous méprenez pas sur mon rappel des photographes étrangers dans l'école humaniste. Je tenais simplement à rappeler que plusieurs photographes de cette école n'était pas d'origine française, ce qu'on a tendance a oublier à ne parler que de Doisneau, par exemple (qui plus est s'est fortement remis en cause pour la DATAR et n'a nullement fait du "Doisneau").
Ce n'est nullement raciste. Bien au contraire. La formulation était maladroite, j'en conviens.
Mais de toute façon je préfère très nettement le travail de photographes comme Robert Franck, Walker Evans, Atget, Sophie Ristelhueber, presque tous les travaux de la DATAR, de la Mission Transmanche (dont Jean-Louis Garnel pour les 2), Raymond Depardon, Jean-Luc Mylaine, John Davies,etc.
La liste serait trop longue et nous sommes très loin de la photographie de reportage sauf avec Depardon qui l'a dépassée et l'a pensé... Nous sommes très loin de la photographie de reportage telle celle dont il question et pratiquée par les photographes d'agences comme AP, REUTERS, ou l'AFP.
C'est un autre débat.
Mais ces photographies ont-elles encore un impact ?, disent-elles quelque chose ?, leur genre est-il encore d'actualité (genre dépassée, diffusion de plus en plus restreinte...n'est-ce pas d'ailleurs pour cela que le Worldpress louche du côté de la "peinture" pour se "revaloriser...?
Bref des interrogations qui n'ont rien à voir avec photoshop, lightroom, etc, qui ne sont que des outils. Qui apportent de merveilleuses possibilités (je les pratique au quotidien), mais doivent rester des outils au service d'une pensée...
Je m'arrêterais ici.
Bonne soirée.
GEORGES GG : J'avais mal compris vos propos, pardon, leur formulation était un peu étrange. C'est un vaste débat que vous posez là.

Croire que la photo de reportage est dépassée, et donc la bidouiller pour lui redorer son blason, pour lui donner le vernis de la peinture, est une stratégie développée actuellement par certains photographes, agences, magazines.

Grossière erreur, je crois. A plus d'un titre. C'est croire que trop d'images tue l'image, c'est essayer par tous les moyens de se faire remarquer dans le flot ininterrompu, c'est considérer la photo de reportage dans le cadre d'une logique marchande, celle où un clou chasse l'autre, indéfiniment.

Mais la photo de reportage n'est pas encore dépassée, non. J'ai vu, il y a peu, l'expo de la collection Howard Greenberg à la fondation HCB avec un ado de quatorze ans. Qui a été littéralement saisi par les images de Walker Evans, Dorothea Lange, Weegee, etc.

La photo n'est pas morte, non. Loin de là. Le commerce de la photo, en revanche, c'est une autre histoire…
Quelle "bidouille"? Bidouille ça veut dire quoi? J'entends ce mot tous les jours, à toutes les sauces depuis que le numérique a supplanté professionnellement l'argentique. Bidouille dites vous, vous voulez dire manipulation, mensonge, tricherie, fake... ???
Connaissez-vous bien ce monde de l'image dont vous parlez si mal?
Une image, un dessin, une photo c'est subjectif, forcément subjectif, totalement et définitivement subjectif tout simplement parce que mon regard est "orienté", il est le fruit de ma culture, de mon identité, de ma conscience, de mon expérience, de mes croyances, opinions, civilisation. Mon regard m'appartient, et s'il me sert en tant que photographe à transmettre, je ne suis pas naïf au point de croire que je puisse transmettre autre chose que moi même.
Bidouille dites vous, autant traiter tous les auteurs photographes de menteurs, de tricheurs et pourquoi pas, soyons fous, de voleurs!
Oui voleurs... On bidouille, on triche pour faire du blé salauds que nous sommes.. On fait le jeu des marchands, on n'a pas de conscience ni de cervelle, on est juste les vecteurs de produits d'infos ou culturels dans ce monde commercial sans foi ni loi.
Basta!
Pardonnez moi de copier coller ce que je disais plus haut dans le débart au ujet de cette photo de Hansen qui a fort justement, à mon avis, emporté le WP.
(...)"L'image globale reste très belle et réussie.
Mérite t-elle le WP? A mon avis oui. Et évidemment cette image qui fait débat plutôt que celle qui a eu droit à moult parutions auparavant (justifiées, car de toutes les photos qui ont circulé autour du deuil de cette famille, celle d'Hansen est la meilleure tant pour la compo que pour l'expression des visages)
Pourquoi celle ci pour le WP?
Parce qu'en la traitant de cette manière Hansen l'extrait du simple reportage ponctuel d'info sur un évènement donné. Il en fait une icone. Peu importe qu'il s'agit du conflit israelo-palestinien, de Gaza etc. Cette photo par son traitement plus froid, plus sombre (sans manipulation, rien n'est retiré, modifié, il s'agit juste d'un traitement, donc rien qui aille à l'encontre du règlement), cette photo disais je devient emblematique des drames humains que génèrent nos guerres, la mort d'enfants innocents de nos haines d'adultes, la douleur des familles, leur colère, leur abattement. Tout est là sous jacent ici. C'est une excellente photo qui sait nous parler au delà du factuel, il y a une volonté d'universalité. Il ne s'agit pas de mettre en avant uniquement l'émotion, cela fait appel en revanche à l'ensemble de nos facultés perceptives, intellect, moral et spirituel y compris. C'est bien pour cela que c'est une image primée. Et que le prix va de soi. (...)"


Pas bidouille, cher Alain Korkos. Subjectivité d'auteur et destination. Nuance mais elle est de taille.
Pas pour se faire distinguer (et encore why not) mais pour toucher les gens, leur parler, transmettre parce que c'est ça notre job, on s'adresse au public, on transmet, on échange, c'est vrai, c'est sincère, c'est juste nous les auteurs, notre coeur, nos tripes.!!
Vous me pardonnerez cette réponse un peu vive à vos propos, mais ces mêmes mots reviennent tellement, s'inscrivent dans la tête des personnes qui viennent nous voir en expo, en galerie, dans les mags.. C'est tellement un mensonge que de dire cela, c'est tellement nous preter de fausses intentions, c'est tellement faire de nous les jouets d'une technologie qui pourtant, our nous, n'est guère plus qu'un moyen. Notre profession dans son intégralité va mal. Et a l'heure ou des stringers comme Olivier Voisin se font exploser la tête pour des images qu'il n'etait même pas sûr de vendre, entendre parler de mensonge (bidouille) de conformité à un système marchand qui nous a déjà condamné pourtant tous autant que nous sommes, ça fait juste mal, surtout sur des medias hors circuit, de la part de chroniqueurs par ailleurs fort respectables.
Bruno, c'est intéressant comme nous abondons pratiquement dans le même sens, chacun à notre manière.

Cette discussion me fait penser aux débats après Gutenberg au début de la Renaissance. On conspuait le travail sur le style et le pouvoir énorme conféré à l'auteur, qui s'accomplissait au détriment des vérités bibliques. Le peuple n'allait-il pas être perverti par ces séductions littéraires en langue commune ? Ce commerce de papier imprimé n'était-il pas répugnant ?

Voilà où nous en sommes avec la démocratisation de l'image, qui reste à faire... grâce au travail d'Alain Korkos, entre autres. Mais attention aux fondements philosophiques de la démarche. Cartésianisme, idéalisme et pessimisme font mauvais ménage.

Et puis il ne faut surtout pas laisser le travail esthétique entre les seules mains des fascistes. Souvenons-nous de la fulgurance du mouvement futuriste, et des déchirements politiques en son sein.
BRUNO : « Connaissez-vous bien ce monde de l'image dont vous parlez si mal? »

J'en fabrique depuis quarante ans, de l'image (ma vie professionnelle ne se réduit pas à mes activités de chroniqueur ici). Mais je veux bien admettre que je n'y connais rien si ça peut vous faire plaisir. Même si je ne suis pas d'accord avec le raisonnement que vous développez car je crois que vous êtes dans l'erreur. J'aurais des arguments à vous soumettre, mais vous ne les "entendriez" pas ; des exemples, aussi, mais vous ne les "verriez" pas ; alors c'est inutile.

Le seul truc que je ne peux pas accepter dans votre commentaire, c'est cette phrase qui profite un peu facilement des circonstances :
« Et a l'heure ou des stringers comme Olivier Voisin se font exploser la tête pour des images qu'il n'etait même pas sûr de vendre, entendre parler de mensonge (bidouille) de conformité à un système marchand qui nous a déjà condamné pourtant tous autant que nous sommes, ça fait juste mal ».

Ce n'est pas parce que certains photographes se font descendre que leur mort absout ceux qui charcutent leurs images. Que ce soit hier (Yevgeny Khaldei, par exemple), ou aujourd'hui.
Vous vous vexez Alain. Ok dont acte je n'y suis pas allé avec le dos de la cuillère en bois, j'esperais au moins une vraie réaction je n'ai droit qu'à votre dérobade. La pirouette est facile mais vous êtes ici chez vous et le maître du jeu. Ok.
Pour info, je fais de l'image depuis 30 ans en pro, du dessin, à la bd en passant par la 3D, le dessin animé et aujourd'hui la photo.
Vous dites "tricher n'est pas jouer".
Mais je réfute la tricherie parce que dans le cadre qui nous occupe, c'est faux. Hansen n'a rien charcuté. Il a juste donné une direction où regarder. La photo brut ça n'existe pas, ça n'a jamais existé. Pas plus en reportage qu'ailleurs. L'image est toujours subjective, orientée.

Votre reproche sur ma remarque autour d'Olivier Voisin est injuste. Je ne profite pas des circonstances, j'en souffre comme nous tous, et voir cet acharnement sur une image gagnante d'un prix dans ces circonstances fait mal et je n'ai rien dit d'autre. Acceptez que d'autres que vous puissent parfois en avoir assez de ces remarques déplacées alors que vendre nos images devient de plus en plus dur à cause entre autre de ces discours sur la facilité de la "bidouille". Pourquoi payer un pro, puisque photoshop est son ami? Ce qui est dur, voyez vous, c'est que quelque soient les risques pris, l'engagement, la sincerité, le soupçon reste dominant.
Bidouille...
Un addon avant d'oublier, Alain.
Vous dites : "Ce n'est pas parce que certains photographes se font descendre que leur mort absout ceux qui charcutent leurs images. Que ce soit hier (Yevgeny Khaldei, par exemple), ou aujourd'hui."

La mort toujours brutale et absurde n'absoudra jamais rien.
Ce n'était certes pas mon propos. Internet et le clavier sont hélas restrictifs et laissent à penser le contraire ou au mieux un chemin de traverse de ce que l'on veut dire. Je ne parlais que d'un contexte et ce contexte n'est pas pour rien dans ce qui pousse certains confrères à repousser leurs peurs pour se frotter à l'actualité la plus tordue, pour raconter, dire, témoigner à leur tour, sans même l'espoir d'être publié sans même l'assurance que l'horreur dont ils témoignent sera ressentie par un quelconque lecteur..

C'est dans ce contexte que les mots remettant en cause la sincérité des photographes de terrain (ce que je ne suis pas, mon terrain est lui plus calme, mais j'en côtoie suffisamment par ailleurs) font mal. Entendons nous bien, je n'ai pas dit autre chose me semble t-il.
Maintenant Hansen, pour revenir à notre mouton, n'a rien a voir avec Eugène Khaldei. Khaldei a effectué pour sa photo la plus célèbre un travail politique de commande. Une mise en scène qui a en plus eu le droit à une retouche de type Mate painting (fumée etc) pour en achever le tableau, tableau qui servait une cause politique, un travail de commande pas une oeuvre d'auteur, une mise en scène, une composition théâtrale pas une photographie née d'un regard objectivement subjectif ;)

Travailler, développer une image ce n'est pas construire une scène cinématographique de toute pièce même si le traitement peut aider à regarder la scène telle qu'on voudrait qu'elle soit vue. Hansen n'est pas un bidouilleur, pas un truquiste, un mate painter, on n'est pas au ciné. Hansen shoote un deuil. Il décide pour concourir au WP de proposer sa photo mais dans le cadre de ce concours d'en extraire la moelle, donc de la rendre emblematique, ce n'est plus d'un deuil palestinien dont il nous parle mais d'un DEUIL tout court, qui plus est un deuil d'enfants, la douleur et l'abattement. La photo pur jus d'actu il l'a publiée par ailleurs, elle soulignait une info, là elle donne en plus un signifiant. Il n'y a pas "charcutage", il n'y a pas de bidouille, la photo n'est pas modifiée, c'est la même avec un traitement colorimétrique vignétté qui l'extrait du factuel. Il y a focalisation sur l'universalité de l'évènement et non plus info ponctuelle.

Traiter Hansen de charcuteur est renvoyer Salgado et consorts au royaume des falsificateurs. Ce qui est de mon point de vue, Alain, extrèmement réducteur.
Un photographe est statutairement un auteur. Et vous semblez vouloir nous interdire d'être des auteurs en nous reprochant d'orienter le regard que vous portez sur nos images.
Car bien sûr qu'un photographe guide et oriente, même le plus "instant décisif" d'entre nous.
Avez vous déjà vu une photo d'HCB prise à ras le sol? A hauteur de la plèbe? Une contre plongée sur le peuple? Vérifiez, voulez vous... La photo d'HCB en dit beaucoup sur lui, sur ses origines, son regard sur le monde n'est pas celui de l'humilité ce qui pour le moins ne l'a jamais caractérisé, cela maintenant ne retire rien à la qualité de son travail.

Tout joue dans une image, je vous ai titillé car bien sûr que je sais que vous dessinez et que vous connaissez nos métiers. Dans une illustration n'utilisons nous pas divers techniques pour dire les choses, montreriez vous le méchant de l'histoire en semi plongée? sa colère en plan large? Bien sûr que non, on utilise les codes visuels et graphiques qui nous permettent de dire les choses. Le traitement d'une photo participe bien sûr de cette même gamme.
Et Hansen qui n'est pas un gamin ni un débutant n'a fait qu'utiliser les codes couleurs lui permettant de dire plus encore que ce que la simple compo déjà parlante disait. C'est subjectif. C'est la liberté de l'auteur d'offrir sa subjectivité.
Mais l'accuser de tricherie (charcutage, bidouille etc) est excessif...
J'espère m'être mieux exprimé. Merci d'avoir eu la patience de me lire.
Sauf que... à utiliser un "code couleurs" si convenu, si envahissant actuellement, partout rebattu quel que soit le propos du photographe, il n'arrive guère (je trouve) qu'à banaliser sa photo, à l'inscrire dans les conventions du moment, à la dater...

moi je m'en fous un peu, que le photographe ait bidouillé, recadré, filtré... peut-être parce que je n'ai pas tellement l'illusion (pas plus que pour le langage) d'une quelconque "transparence au réel" des photos. Mais cette image me laisse de marbre. Il est possible que ce ne soit pas seulement à cause de ses choix esthétiques, d'une grande banalité. Peut-être aussi parce que, au fond, la situation elle-même est une mise en scène, cet enterrement : un rituel fait, en partie, pour donner à voir le deuil, pour théatraliser les affects. Dans cette hypothèse, cette photo est juste redondante, une image d'un spectacle...

Tiens, moi, la photo qui m'aurait intéressée, touchée peut-être : celle des mères de ces enfants, en cet instant. Le hors champs. Cette photo n'a pas de hors champs : elle a le nez collé sur ce qu'on nous donne à voir. Bof.
Je ne vois rien de rebattu dans cette photo, Cécile. Il ne faut pas confondre le développement numérique (traitement) d'une image comme celle dont nous parlons et qui résulte de choix faits par l'auteur avec les traitements "clé en main" des applications I-Phone type Hystamatic qui a fait les beaux jours d'Instagram. Ce serait assimiler gastronomie et plats préparés. Il n'y a rien de daté. Bien que forcément les codes que nous utilisons sont le reflet, forcément aussi, de ce qui nous nourrit, et lorsque nous sommes des gens d'images, des choses vues. Il y a bien sûr, c'est évident, des tendances visuelles, ainsi en l'occurence de l'utilisation d'un grand angle a 16mm ce qu'on n'aurait pas fait il y a une vingtaine d'années.
La mise en scène si vous voulez la considérer comme telle est juste celle là. Hansen utilise un grand angle (en mme temps dans une ruelle étroite, le choix allait de soi pour "embrasser" la scène) utilisé à bout de bras en plongée légère qui accentue l'abattement.
Pour le reste Hansen n'est pas le seul à avoir immortalisé cette scène de deuil (d'ailleurs d'autres journalistes sont visibles dans la foule). Mais il est le seul a en avoir extrait une image aussi forte. Le Hors Champ sinon, c'est possible dans le cadre d'une série, d'un reportage complet sur un évènement, mais là il s'agit juste de l'instantané brut d'un moment. Donc le nez collé à l'évènement est un passage obligé.
vous êtes bien aimable de m'indiquer ce qu'il faut, ou ne faut pas, confondre :)

genre "voilà ce qu'il fallait retenir de l'actualité aujourd'hui"


puisque vous usez de ce "nous, gendimages", je vais vous répondre par une généralité, forcément réductrice comme toutes les généralités : vous, gendimages, pour nouzôtres profanes (enfin, pour moizôtre, en tout cas, parce qu'après tout je parle pas au nom d'une corpo), vous avez un peu tendance à pratiquer l'œil de verre, c'est à dire l'équivalent visuel de la langue de bois, du tic d'expression, du "tendance", du qui-veut-plus-rien-dire-tellement-c'est-usé, et moi, c'est ça qui sature, pas les couleurs...
Bon, vous le voyez pas, ce qu'il y a de rebattu... tant pis.
Pas de langue de bois.. Je ne cesse de dire que ce que propose un photographe (en l'occurence) est forcément subjectif.
vous dites que le propos de cette photo est "subjectif", moi je dis banal et insignifiant, rebattu, fruit des conventions les plus creuses, les plus vides de toute subjectivité un peu consistante.

Ce que vous trouvez à en dire est bourré de clichés verbaux, comme en miroir :
"cette photo disais je devient emblematique (ah ah, le jour où libé s'est saisi de ce terme, z'auraient dû prendre un copyright !) des drames humains que génèrent nos guerres, la mort d'enfants innocents (innocents, forcéments innocents) de nos haines d'adultes (êtes-vous sûr que ce ne sont pas, plutôt, des haines d'enfants, des haines puériles et immatures ?), la douleur des familles (familles ? je savais pas que l'homoparentalité était devenue la norme, à Gaza !) , leur colère, leur abattement. Tout est là sous jacent ici."
clichés?.. voilà la légende de la photo :
Suhaib Hijazi, deux ans, et son frère aîné Muhammad ont été tué lorsqu'un missile israélien a détruit leur maison. Leur père Fouad a aussi été tué et leur mère a été gravement blessée. Les frères de Fouad transportent les corps des enfants au cimetière tandis que le corps de Fouad est emmené sur une civièr un peu plus loin.
clichés verbaux? homoparentalité? subjectivité peu consistante?
là, j'ai l'impression que vous êtes de mauvaise foi. Vous ne vous imaginez tout de même pas que c'est ce que vivent ces personnes que je trouve "cliché" ?
je comprends bien que vous ayez un peu du mal à l'entendre, mais je vous le redis : c'est cette image, c'est ce que vous en dites, que je trouve "cliché". On peut exprimer des banalités à propos d'événements qui n'en sont pas*, c'est ce que font trop souvent les médias, dans leur prétention à "l'universel". Pour moi cette image s'inscrit tout à fait dans le flot de cette actualité, à la fois doloriste et insipide, anesthésiante, qui ne m'intéresse plus depuis longtemps.

* qui ne sont pas des banalités — un deuil n'en est jamais une, pour ceux qui le vivent.
J'avais compris, en vous communiquant la légende de cette immage je voulais vous faire préciser. Et vous me confirmez une tendance générale, vous ne vous sentez plus touchée par ce flot d'images d'actu, doloriste et insipide dites-vous. Je peux comprendre et en même temps, cela me gène. Pourquoi? eh bien tout simplement que chacun des récits, des images, des faits qui nous sont relatés sur le terrain sont des morceaux de vie (et comme vous le dites justement pas des banalités) et qu'on ne saurait perdre notre faculté à être touché par la vie des autres. Le tout info est justement un contexte qui a tendance à nous anesthésier. C'est vrai que c'est ce contexte qui pousse les photographes comme Hansen à "souligner" pour faire sortir une image du flot général, essayer de transmettre qd mme qque chose, une émotion, un moment, une tranche de vie et donc mettre en place des codes qui "universaliseront" le message. Moi je trouve le prix justifié, l'image me touche, mais je comprends que vous ne soyez pas dans ce cas.
Dire que l'image est toujours subjective ne clôt pas le débat. Puisqu'on discute de l'emplacement du curseur qui fait que le spectateur n'est pas manipulé, on reconnait la subjectivité de l'auteur et la sensibilité du spectateur, sinon pas de débat et on laisse faire sans soucis. Le phénomène décrit par Susan Sontag part d'un constat, non pas sur la pratique des photographe, mais sur l'effet des images dont on est assailli sur les gens. Les photographes ne sont pas accusé d'intention de décérébrer les gens. Ils sont invité à réfléchir à jusqu'ou vont-ils aller dans la démarche esthétique qui éloigne le regard du "sens". Un photographe doit réfléchir au sens de ses images.
Complètement d'accord avec vous, Poisson.
Mais..
Vous dites : " jusqu'ou vont-ils aller dans la démarche esthétique qui éloigne le regard du "sens"?
Et la question en effet, est bien posée.
Les procédés esthétiques éloignent-ils le regard du sens? Ou au contraire font-ils émerger un sens dans le chaos du fatras d'images et d'infos dont nous sommes bombardés chaque jour comme le faisait remarquer Cécile Clozel?
Est ce que les procédés esthétiques mis en oeuvre ne permettent pas l'accès à une nouvelle grille de lecture de l'information?
Décérébrer certes non, mais au contraire remettre l'image au centre du cercle. Créer le débat là où l'on ne faisait plus que subir dans une succession hypnotique anesthésiante d'images et de mots. Permettre d'ouvrir une fenêtre de temps pour dialoguer autour d'une image qui "fait débat".
C'est peut être là le "miracle" de la photo de Hansen.
Certes on peut critiquer cette image, on peut aussi critiquer le principe d'un prix attribué à ce genre d'image. Mais dénoncer l'esthétisme de cette photo primée, au profit de la photo brute, vraie, comme on les faisait autrefois, est totalement idéaliste et réactionnaire. Et cette manie de tout recouper a posteriori, de chercher à dénoncer par des rapprochements, des comparaisons virtuoses censées être imparables, ça m'exaspère. Décidément Descartes continue de faire des ravages dans l'esprit critique de certains français.

Un peu par provocation, j'affirme que l'image primée contient davantage de vérité que la photo publiée dans le journal suédois, qui était trompeuse avec sa saturation trop forte, ses contrastes incontrôlés qui suppriment la profondeur de l'espace. La réalité n'est pas si saturée, mais hélas depuis les années 90 on a éduqué notre oeil à ces images trop dures, sans nuances.

Apparemment, nombreux sont les gens troublés de voir deux versions d'une même image. Le mythe de la vérité de la photo est rompu. Alors on se rassure dans une démarche critique inquisitoriale. On refuse la question primordiale : comment ces images sont-elles fabriquées ? C'est sans doute trop matérialiste, absolument dégoûtant de parler de la cuisine des images.

La forme informe sur l'oeil du photographe autant que sur la réalité de l'événement. Paul Hansen développe sont point de vue en post-production et il a bien raison de le faire. D'ailleurs il a obtenu le prix ! Ok je provoque.

J'aimerais en savoir plus sur sa méthode, sa démarche, sa sincérité. J'aime me laisser subjuguer par la réalité interprétée par l'oeil du photographe, puis éventuellement décider si j'adhère ou non à sa démarche, en approfondissant ma connaissance de son travail. Je ne connais pas encore suffisamment le travail de Paul Hansen pour conclure. En ce qui concerne Alain Korkos, malgré la virtuosité de ses analyses, je n'adhère pas à sa démarche.
Je suis étonnée de voir que ce qui, moi, m'a le plus dérangée dans cette photo n'est pas soulevé ici ( ou alors je ne l'ai pas vu) : le personnage dont le visage exprime beaucoup de colère me semble fixer l'objectif du regard.

J'interprète cela comme une colère contre le photographe, et non contre la mort des enfants (l'un n'empêche pas l'autre) : ce personnage semble signifier qu'il réprouve la présence du photographe, il me semble l'entendre dire " Foutez-nous la paix, avec vos photos, dégagez, laissez-nous passer !"

Je me trompe peut-être, mais si c'est le cas, j'imagine la fureur qui doit animer les pensées de cet homme en découvrant que cette photo "volée" ( même si légalement elle ne l'est pas) reçoit un prix et va beaucoup circuler.

Si dans ma famille nous avions été frappé par un tel deuil, je ne sais pas comment je supporterais que notre souffrance devienne un objet de communication.
Sur la remarque de Susan Sontag qui dit que la tendance esthétisante (ET le support) tient à distance l'émotion. Être informé sur l'horreur est considéré comme positif, mais ce n'est pourtant pas très efficace pour la circonscrire l'horreur. Au contraire peut-être, et justement parce que le beau annulerait la répulsion qu'inspire l'horreur. Le beau nous immuniserait, nous rendrait indifférent à l'insoutenable ou même nous le rendrait attractif.

Tout imprégné qu'on est des intentions markéting des supports actuels des images choc, on est vite persuadé que l'effet tueur d'émotion de ces belles images est un effet malsain, pervers, néfaste.

Mais on pourrait faire ce procès directement aux peintres dont on croit voir les peintures surgir dans les photographies. Ce sont eux les premiers tueurs d'émotion par l'esthétique, et ils n'avaient pas de mauvaises intentions markéting, ni besoin de sidérer le public pour mieux s'emparer de leurs cerveaux disponibles. Ils ont rendu belle la cruauté.

En fait c'est peut-être juste une fonction de l'image, de tenir à distance l'émotion. Il faut bien ce petit coup de pouce parfois pour supporter l'existence.
C'est notre culpabilité, celle des épargnés, qui nous fait nous sentir gêné. Quand on feuillète les magazines, on se sent trop à l'abri d'où le malaise, mais faut pas croire on aura peut-être notre part. On a le droit de regarder des belles images qui tiennent l'émotion à distance. Pas tant que ça quand même, car franchement je détourne les yeux à chaque fois de la couverture de l'huma (bon c'est personnel, globalement l'image est vue et a l'effet qu'on sait).
Té ! Voici un lien trouvé dans un commentaire sur le blogue de Gunthert que je trouve assez intéressant :
https://plus.google.com/100073645661563176484/posts/NDsBhHKYnbk

On peut y voir le travail avant/après de dramatisation des photos (dont le thème était déjà grave) par assombrissement et désaturation principalement.
Regardez Le Caravage derrière.

Il y a aussi les recommandations de limites au développement photo de quelques agences de presse.

Ils ne disent rien du prosélytisme.
Suggestion: la prochaine fois qu'il y aura ce genre d'émission, et si Alain Korkos ne peut VRAIMENT pas y participer, il pourrait écrire son billet AVANT, histoire de nous permettre de mieux comprendre le débat et peut être d'éviter aux invités de dire des choses manifestement erronées (saturées/insaturées, voire mono et poly/insaturées).

Bon, ça empêchera personne de prétendre comme une évidence (???) que la petite Vietnamienne n'a pas été brûlée au napalm. Impossible de tout prévoir. Fallait être là, point.
La nuit portant conseil, il me semble que l'étrangeté de cette photographie ne tient pas tellement à des traitements numériques ( photoshop ou consorts ) mais aux choix lors de la prise de vue:

- Le grand angle irréaliste, le photographe abuse un peu sur la focale,
- L'éclairage qui découpe des plans de façon inhabituelle, en faisant alterner les plans sombres et clairs. La lumière tombe dans la rue comme dans un puits ...
- La netteté: L'image est étrangement nette sur tous les premiers plans ... où est le point ? Je ne sais pas comment on fait ça ...
Comme d'habitude - du peu que j'en ai lu du moins - une excellente analyse avec un petit égratignage au passage de Télérama, qui fait du sensationalisme dans son titrage et son analyse et n'entre en fait pas dans l'analyse fine - c'est hélas devenue une habitude chez Télérama qui mérite de moins en moins mon respect et par conséquent mon attention.
Mais revenons à nos moutons.
Non M. Korkos. Il n'y a pas que des photographes amateurs qui photographient la Tante Jeanine (sous-entendu une photograpgie du dimanche ni faite ni à faire) et de l'autre côté des photographes pros qui font de la bonne image, bien esthéthique, réussie...
Non, ce qui distingue un amateur d'un pro c'est que au-delà du savoir-faire (parfois très bon chez un "amateur" - n'oubliez pas le sens réel de ce mot - et du pro - souvent aussi pas très bon), l'un n'en vit pas et l'autre cherche à en vivre.
Et c'est aussi un des principaux problèmes de ces professions (des professions, oui, car quoi de commun entre un photorepoter pou AP ou autre, un photographe de studio, de mode...).
Aujourd'hui - je suis auteur/photographe et essaie d'en vivre - bien qu'ayant été finaliste de concours, publié - nous savons combien les journeaux et beaucoup d'autres supports s'alimentent dans des banques d'images ou la photographie est vendue au kg et le plys souvent réalisée par des amateurs.
Ce qui prouve bien que ces phitos répondent aux critères de ces supports. Et ne sont pas que des photos de la tante Jeanine.
CQFD
A bientôt de vous relire.

Quant à la photographie primée, sans cette retouche, je la perçois comme "quelconque et retouchée ce ne devient qu'une belle peinture.
Mais ce type de photo est-elle vraiment là pour donner à penser ? C'est du photoreportage fait pour une agence de presse. Le genre n'est-il pas surfait ? Surtout sur ce mode archi-classique... Il y aurait long à écrire. Déjà en son temps la fameuse "école humaniste" était naïve et un peu putassière (touche pas à mes photographes français...d'adoption pour certains...).
Bref.
Gaza laboratoire photographique ? Beurk ! Si seulement ces photos retouchées ou pas faisaient advenir la paix ..... Comme ces photos prises au Vietnam relayées par un journal amerlocain fort connu dont j'ai oublié le nom momentanément (argh) qui avaient révolté le peuple américain (Monsieur AK en avait causé dans une chronique ... je crois, la flemme de chercher)

retouché, gross fôt d'ortograf.
cette photo a été choisie par des professionnels de la profession, le choix semble plus sur la forme que sur le fond, un peu comme s'il fallait récompenser le meilleur bidouillage ?
une photo qui témoignerait de la situation à Gaza et de la mort d'enfants innocents n'aurait pas besoin d'être photoshopée, non ?
mais sans doute qu'elle n'aurait pas de prix... trop violent, trop cru, qu'ils diraient, un peu trop comme dans la vraie vie quoi !!

à propos de la Palestine, une autre photo qui a fait le buzz sur le net ces derniers jours : La photo instagram qui dérange : un enfant palestinien ciblé par un sniper israélien
attention : photo non identifiée mais qui semble pourtant être l'oeuvre d'un soldat esthète puisqu'il instagrame la mise à mort d'un enfant !!! soldat israëlien, assassin potentiel mais amoureux de belles zimages : nouveau genre de clair-obscur !!!
si la photo est bonne....


Si la photo est bonne,
Juste en deuxième colonne,
Y a le voyou du jour,
Qui a une petite gueule d´amour,
Dans la rubrique du vice,
Y a l´assassin de service,
Qui n´a pas du tout l´air méchant,
Qui a plutôt l´œil intéressant,
Coupable ou non coupable,
S´il doit se mettre à table,
Que j´aimerais qu´il vienne,
Pour se mettre à la mienne,

Si la photo est bonne,
Il est bien de sa personne,
N´a pas plus l´air d´un assassin,
Que le fils de mon voisin,
Ce gibier de potence,
Pas sorti de l´enfance,
Va faire sa dernière prière,
Pour avoir trop aimé sa mère,
Bref, on va prendre un malheureux,
Qui avait le cœur trop généreux,

Moi qui suis femme de président,
J´en ai pas moins de cœur pour autant,
De voir tomber des têtes,
A la fin, ça m´embête,
Et mon mari, le président,
Qui m´aime bien, qui m´aime tant,
Quand j´ai le cœur qui flanche,
Tripote la balance,

Si la photo est bonne,
Qu´on m´amène ce jeune homme,
Ce fils de rien, ce tout et pire,
Cette crapule au doux sourire,
Ce grand gars au cœur tendre,
Qu´on n´a pas su comprendre,
Je sens que je vais le conduire,
Sur le chemin du repentir,
Pour l´avenir de la France,
Contre la délinquance,
C´est bon, je fais le premier geste,
Que la justice fasse le reste,
Surtout qu´il soit fidèle,
Surtout, je vous rappelle,
A l´image de son portrait,
Qu´ils se ressemblent trait pour trait,
C´est mon ultime condition,
Pour lui accorder mon pardon,

Qu´on m´amène ce jeune homme,
Si la photo est bonne,
Si la photo est bonne,
Si la photo est bonne...
[quote=Alain Korkos]" les couleurs [...] sont terreuses, virent vers le grisâtre, on est presque devant un traitement "avant blanchiment" qui délave les couleurs (cette technique mériterait une chronique à elle seule tant elle envahit les images)...

Bien vu. L'ultra-chicTélérama est en train de devenir le porte-drapeau de cette tendance. Beaucoup de ses couvertures et de ses reportages utilisent des photgraphies commandées à des photographes de renom, qui popularisent ces images "terreuses". Parfois, on peut carrément dire 'pisseuses".
Les personnages de la "Mise au tombeau" du Caravage sont bruns, ceux de la copie de Rubens sont blonds.
Logique, les premiers sont Italiens, les seconds sont Flamands.
On notera aussi que dans la toile de Michelangelo Merisi, une femme implore le ciel, bras levés, alors que dans celui de Peter Paul, celle qui lui correspond se recueille. L'exubérance des Méridionaux s'oppose à la retenue des Nordiques.
Oui, c'est très bien observé, merci.
Je pourrais d'ailleurs écrire des pages et des pages sur un comparatif entre ces deux oeuvres, mais je me limiterai à ces deux remarques.
Le chroniqueur officiel de ce site, affecté à la peinturlure, pourrait prendre ombrage d'un plus ample développement.
Ça c'est envoyé !
Allez, un grand coup de « lavage de cerveau pour esprits sales »
Parfois j'ai l'impression que ces polémiques naissent du plaisir de se gargariser de mots techniques.
Parce qu'avant les images de presse passaient chez le photograveur qui ne faisait pas non plus que de la recherche de fidélité à l'original.
Sans compter le développement photographique lui-même qui ne donnait pas que des couleurs fidèles. De la correction des défauts à l'esthétisation abusive il n'y a qu'un pas, franchi dès avant photobidule.
Ah, oui, là, j'ai tout compris...
Merci M'sieur Korkos ;o))...
[quote=A.Korkos]Elles sont terreuses, virent vers le grisâtre, on est presque devant un traitement "avant blanchiment" qui délave les couleurs (cette technique mériterait une chronique à elle seule tant elle envahit les images à notre insu, mais ceci est une autre histoire).

Cette histoire mériterait grandement d'être contée!
A voté !
Merci.

Ah ! Ah ! Le coup de l'épaule ! Ça risque de beuzer !

J'ai juste un bémol à apporter concernant la soi-disant non performance de Photoshop (CS) en matière de « traitement de l'image
photographique ». CS est fait pour ça ! Le moteur de traitement de Photoshop CS et Photoshop Lightroom est le même (Camera Raw).
Bien évidemment que les photographes pros utilisent Lightroom ou Aperture, il leur est dédié.
Il ne leur est d'aucun intérêt d'utiliser Photoshop CS qui a d'autres capacités qu'ils n'utiliseront pas (montage photo, dessin, etc.)
et coûte beaucoup plus cher.
A propos de la série de photos probablement la plus insupportable, celle (1905) dite du supplice chinois des cent morceaux: Voici un commentaire de Bataille, pour en finir peut-être avec le voyeurisme: " Le jeune et séduisant chinois livré au travail du bourreau, je l'aimais d'un amour où l'instinct sadique n'avait pas de part: il me communiquait sa douleur ou plutôt l'excès de sa douleur et c'était ce que justement je cherchais, non pour en jouir, mais pour ruiner en moi ce qui s'oppose à la ruine." Photo disponible sur l'autre fil, prévoir un rendez-vous chez le psy.
(Commentaire mis sur l’article de la dernière émission, où l’absence d’AK est relevée)

Sur la retouche. Sur la surdramatisation qu’elle produit.

On peut y voir deux défauts :

- L’auteur ne croit pas assez à la force de son image en elle-même, il la surligne.

- L’auteur ne croit pas assez à la sensibilité de son public, il en rajoute.

Ça ressemble à l’abus de ponctuation expressive (les , ! …) chez certains écrivains. L’émotion dans un texte doit venir de la force des mots eux-mêmes et de leur agencement (c’est au moins mon point de vue), pas de ces prothèses. J’ai tardivement compris ça en lisant Jean Rouaud, qui peut parler de l’indicible comme la mort de son père, la montée des gaz mortels à Ypres ou l’exécution de cinq cent petits gitans dans le revier d’un camp d’extermination, sans jamais recourir à ce que j’appelle le ketchup de l’écriture : un truc pour relever une viande sans goût.

………………………………………………..

//il est vrai que le plus important n'est pas le sort des enfants de Gaza mais la pleine page de droite de l'hebdomadaire louée à une marque d'automobiles ou de montres, la batterie de spots publicitaires après le JT//

Merci de relever le fond mercantile de l’affaire. Et je ne mets pas le mot « fond » par hasard. Si les VIP qui prennent et surtout vendent, promeuvent et s’émeuvent de ces photos agissaient pour que leurs modèles ne souffrent plus, ça se saurait.
Avec quel appareil regardez-vous cette photo ?
Un Mac ? un Toshiba , un portnawak ?
Changez l'inclinaison de l'écran.
Voyez-vous la même chose ?
L'autre regard

Si tu te heurtes aux murs de chair
Si tes mots sombrent avant de naître
Que ton sang agrippe tes os
Que ton œil perd sentier

Éveille en toi l'autre regard!

Celui qui transgresse le monde
Et distance le temps singulier

Dans le goulot des jours
Quand s'engouffre la pénombre
Ameute l'autre regard!

Sa lueur te cherchait.

Andrée Chedid
Chouette, monsieur Korkos s'empare du sujet @si de la semaine. Certainement en revanche de n'avoir pas participé à l'émission!

Bien, je n'apporterai rien d'important à ce fil, mais cependant je tiens à dire une chose: devant ces photos de douleur, je ne ressens rien.

Je ne sais pas si je suis le seul, mais je crois bien n'avoir jamais rien ressenti devant de telles photographies. Elles ne m'atteignent pas. Ca ne vous fait pas ça, à vous?


Matthieu S (le monstre insensible, le vilain)

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