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world press photo 2013, ou la souffrance assombrie désaturée

Une photo primée assombrie, semblable à un tableau, et voici que resurgit la polémique sur les limites de la "retouche acceptable" au-delà de laquelle l'image, pervertie, suscite l'émotion au lieu de la réflexion. Examen des griefs.

Derniers commentaires

Un bon coiffeur peut faire des miracles !
DESCHAIN : Le maquillage peut faire des miracles, certes, mais observez bien la forme des yeux (les paupières) et la mâchoire (la bajoue) à droite sur la photo : seul le crayon magique de Photoshop peut réussir de tels exploits !
Elle ne vous plait pas Mme Hidalgo ?
Et vous, Monsieur KORKOS, vous êtes bô comment ?
La photo atroce de la tête d'enfant à Gaza rappelle celle d'Omaira Sanchez (eruption du Nevado del Ruiz, Colombie, 1985) qui finit par mourir, elle, enterrée jusqu'au cou, sous le regard des cameras. Vautours! Pire que le "vrai" vautour qui attendait la mort de l'enfant au Soudan.
Pourquoi associer Gaza avec une imagerie catholique qui n' a rien à voir avec la culture locale ? comme si on voulait écrire un nouvel Evangile.tout cela sent l' idéologie religieuse ce n' est pas une approche laïque et équilibrée.
Cher Alain,
comme il n'existe pas de forum sur les "vite dit", je laisse un commentaire sur ce forum-ci concernant le vite dit "Votre photo, avec ou sans blanchiment ?"
Vous avez signalé que "d'aucun continuent de gentiment modifier l'aspect des photos de reportage pour faire joli, pour sacrifier à une mode" (celle du sans blanchiment).
Sachez qu'il existe une autre mode, bien pire, qui perdure elle aussi, et ce depuis des décennies, celle qui consiste à prendre des photos en couleur....
Sans parler d'Avedon qui a sacrifié lui-même un grande partie de ses photos sur l'hotel de LA mode.

J'avoue que je ne comprends pas les récurrences sur ces faux débats, l'aspect souvent moralisateur de votre part et votre réticence sur les outils numériques comme photoshop, "outil de bidouilles" qui ne sont finalement qu'un prolongement du développement comme on le connaissait au temps de l'argentique.

En tout cas, grâce à ce vite dit sur le sans blanchiment, cela m'aura permis de savoir que ce style de photo avait un nom et trouve ses sources dans l'argentique. J'aime votre savoir encyclopédique qui est le plus intéressant et m'apporte chaque jour davantage.
Alain, ne vous méprenez pas sur mon rappel des photographes étrangers dans l'école humaniste. Je tenais simplement à rappeler que plusieurs photographes de cette école n'était pas d'origine française, ce qu'on a tendance a oublier à ne parler que de Doisneau, par exemple (qui plus est s'est fortement remis en cause pour la DATAR et n'a nullement fait du "Doisneau").
Ce n'est nullement raciste. Bien au contraire. La formulation était maladroite, j'en conviens.
Mais de toute façon je préfère très nettement le travail de photographes comme Robert Franck, Walker Evans, Atget, Sophie Ristelhueber, presque tous les travaux de la DATAR, de la Mission Transmanche (dont Jean-Louis Garnel pour les 2), Raymond Depardon, Jean-Luc Mylaine, John Davies,etc.
La liste serait trop longue et nous sommes très loin de la photographie de reportage sauf avec Depardon qui l'a dépassée et l'a pensé... Nous sommes très loin de la photographie de reportage telle celle dont il question et pratiquée par les photographes d'agences comme AP, REUTERS, ou l'AFP.
C'est un autre débat.
Mais ces photographies ont-elles encore un impact ?, disent-elles quelque chose ?, leur genre est-il encore d'actualité (genre dépassée, diffusion de plus en plus restreinte...n'est-ce pas d'ailleurs pour cela que le Worldpress louche du côté de la "peinture" pour se "revaloriser...?
Bref des interrogations qui n'ont rien à voir avec photoshop, lightroom, etc, qui ne sont que des outils. Qui apportent de merveilleuses possibilités (je les pratique au quotidien), mais doivent rester des outils au service d'une pensée...
Je m'arrêterais ici.
Bonne soirée.
Certes on peut critiquer cette image, on peut aussi critiquer le principe d'un prix attribué à ce genre d'image. Mais dénoncer l'esthétisme de cette photo primée, au profit de la photo brute, vraie, comme on les faisait autrefois, est totalement idéaliste et réactionnaire. Et cette manie de tout recouper a posteriori, de chercher à dénoncer par des rapprochements, des comparaisons virtuoses censées être imparables, ça m'exaspère. Décidément Descartes continue de faire des ravages dans l'esprit critique de certains français.

Un peu par provocation, j'affirme que l'image primée contient davantage de vérité que la photo publiée dans le journal suédois, qui était trompeuse avec sa saturation trop forte, ses contrastes incontrôlés qui suppriment la profondeur de l'espace. La réalité n'est pas si saturée, mais hélas depuis les années 90 on a éduqué notre oeil à ces images trop dures, sans nuances.

Apparemment, nombreux sont les gens troublés de voir deux versions d'une même image. Le mythe de la vérité de la photo est rompu. Alors on se rassure dans une démarche critique inquisitoriale. On refuse la question primordiale : comment ces images sont-elles fabriquées ? C'est sans doute trop matérialiste, absolument dégoûtant de parler de la cuisine des images.

La forme informe sur l'oeil du photographe autant que sur la réalité de l'événement. Paul Hansen développe sont point de vue en post-production et il a bien raison de le faire. D'ailleurs il a obtenu le prix ! Ok je provoque.

J'aimerais en savoir plus sur sa méthode, sa démarche, sa sincérité. J'aime me laisser subjuguer par la réalité interprétée par l'oeil du photographe, puis éventuellement décider si j'adhère ou non à sa démarche, en approfondissant ma connaissance de son travail. Je ne connais pas encore suffisamment le travail de Paul Hansen pour conclure. En ce qui concerne Alain Korkos, malgré la virtuosité de ses analyses, je n'adhère pas à sa démarche.
Je suis étonnée de voir que ce qui, moi, m'a le plus dérangée dans cette photo n'est pas soulevé ici ( ou alors je ne l'ai pas vu) : le personnage dont le visage exprime beaucoup de colère me semble fixer l'objectif du regard.

J'interprète cela comme une colère contre le photographe, et non contre la mort des enfants (l'un n'empêche pas l'autre) : ce personnage semble signifier qu'il réprouve la présence du photographe, il me semble l'entendre dire " Foutez-nous la paix, avec vos photos, dégagez, laissez-nous passer !"

Je me trompe peut-être, mais si c'est le cas, j'imagine la fureur qui doit animer les pensées de cet homme en découvrant que cette photo "volée" ( même si légalement elle ne l'est pas) reçoit un prix et va beaucoup circuler.

Si dans ma famille nous avions été frappé par un tel deuil, je ne sais pas comment je supporterais que notre souffrance devienne un objet de communication.
Sur la remarque de Susan Sontag qui dit que la tendance esthétisante (ET le support) tient à distance l'émotion. Être informé sur l'horreur est considéré comme positif, mais ce n'est pourtant pas très efficace pour la circonscrire l'horreur. Au contraire peut-être, et justement parce que le beau annulerait la répulsion qu'inspire l'horreur. Le beau nous immuniserait, nous rendrait indifférent à l'insoutenable ou même nous le rendrait attractif.

Tout imprégné qu'on est des intentions markéting des supports actuels des images choc, on est vite persuadé que l'effet tueur d'émotion de ces belles images est un effet malsain, pervers, néfaste.

Mais on pourrait faire ce procès directement aux peintres dont on croit voir les peintures surgir dans les photographies. Ce sont eux les premiers tueurs d'émotion par l'esthétique, et ils n'avaient pas de mauvaises intentions markéting, ni besoin de sidérer le public pour mieux s'emparer de leurs cerveaux disponibles. Ils ont rendu belle la cruauté.

En fait c'est peut-être juste une fonction de l'image, de tenir à distance l'émotion. Il faut bien ce petit coup de pouce parfois pour supporter l'existence.
C'est notre culpabilité, celle des épargnés, qui nous fait nous sentir gêné. Quand on feuillète les magazines, on se sent trop à l'abri d'où le malaise, mais faut pas croire on aura peut-être notre part. On a le droit de regarder des belles images qui tiennent l'émotion à distance. Pas tant que ça quand même, car franchement je détourne les yeux à chaque fois de la couverture de l'huma (bon c'est personnel, globalement l'image est vue et a l'effet qu'on sait).
Té ! Voici un lien trouvé dans un commentaire sur le blogue de Gunthert que je trouve assez intéressant :
https://plus.google.com/100073645661563176484/posts/NDsBhHKYnbk

On peut y voir le travail avant/après de dramatisation des photos (dont le thème était déjà grave) par assombrissement et désaturation principalement.
Regardez Le Caravage derrière.

Il y a aussi les recommandations de limites au développement photo de quelques agences de presse.

Ils ne disent rien du prosélytisme.
Suggestion: la prochaine fois qu'il y aura ce genre d'émission, et si Alain Korkos ne peut VRAIMENT pas y participer, il pourrait écrire son billet AVANT, histoire de nous permettre de mieux comprendre le débat et peut être d'éviter aux invités de dire des choses manifestement erronées (saturées/insaturées, voire mono et poly/insaturées).

Bon, ça empêchera personne de prétendre comme une évidence (???) que la petite Vietnamienne n'a pas été brûlée au napalm. Impossible de tout prévoir. Fallait être là, point.
La nuit portant conseil, il me semble que l'étrangeté de cette photographie ne tient pas tellement à des traitements numériques ( photoshop ou consorts ) mais aux choix lors de la prise de vue:

- Le grand angle irréaliste, le photographe abuse un peu sur la focale,
- L'éclairage qui découpe des plans de façon inhabituelle, en faisant alterner les plans sombres et clairs. La lumière tombe dans la rue comme dans un puits ...
- La netteté: L'image est étrangement nette sur tous les premiers plans ... où est le point ? Je ne sais pas comment on fait ça ...
Comme d'habitude - du peu que j'en ai lu du moins - une excellente analyse avec un petit égratignage au passage de Télérama, qui fait du sensationalisme dans son titrage et son analyse et n'entre en fait pas dans l'analyse fine - c'est hélas devenue une habitude chez Télérama qui mérite de moins en moins mon respect et par conséquent mon attention.
Mais revenons à nos moutons.
Non M. Korkos. Il n'y a pas que des photographes amateurs qui photographient la Tante Jeanine (sous-entendu une photograpgie du dimanche ni faite ni à faire) et de l'autre côté des photographes pros qui font de la bonne image, bien esthéthique, réussie...
Non, ce qui distingue un amateur d'un pro c'est que au-delà du savoir-faire (parfois très bon chez un "amateur" - n'oubliez pas le sens réel de ce mot - et du pro - souvent aussi pas très bon), l'un n'en vit pas et l'autre cherche à en vivre.
Et c'est aussi un des principaux problèmes de ces professions (des professions, oui, car quoi de commun entre un photorepoter pou AP ou autre, un photographe de studio, de mode...).
Aujourd'hui - je suis auteur/photographe et essaie d'en vivre - bien qu'ayant été finaliste de concours, publié - nous savons combien les journeaux et beaucoup d'autres supports s'alimentent dans des banques d'images ou la photographie est vendue au kg et le plys souvent réalisée par des amateurs.
Ce qui prouve bien que ces phitos répondent aux critères de ces supports. Et ne sont pas que des photos de la tante Jeanine.
CQFD
A bientôt de vous relire.

Quant à la photographie primée, sans cette retouche, je la perçois comme "quelconque et retouchée ce ne devient qu'une belle peinture.
Mais ce type de photo est-elle vraiment là pour donner à penser ? C'est du photoreportage fait pour une agence de presse. Le genre n'est-il pas surfait ? Surtout sur ce mode archi-classique... Il y aurait long à écrire. Déjà en son temps la fameuse "école humaniste" était naïve et un peu putassière (touche pas à mes photographes français...d'adoption pour certains...).
Bref.
Gaza laboratoire photographique ? Beurk ! Si seulement ces photos retouchées ou pas faisaient advenir la paix ..... Comme ces photos prises au Vietnam relayées par un journal amerlocain fort connu dont j'ai oublié le nom momentanément (argh) qui avaient révolté le peuple américain (Monsieur AK en avait causé dans une chronique ... je crois, la flemme de chercher)

retouché, gross fôt d'ortograf.
cette photo a été choisie par des professionnels de la profession, le choix semble plus sur la forme que sur le fond, un peu comme s'il fallait récompenser le meilleur bidouillage ?
une photo qui témoignerait de la situation à Gaza et de la mort d'enfants innocents n'aurait pas besoin d'être photoshopée, non ?
mais sans doute qu'elle n'aurait pas de prix... trop violent, trop cru, qu'ils diraient, un peu trop comme dans la vraie vie quoi !!

à propos de la Palestine, une autre photo qui a fait le buzz sur le net ces derniers jours : La photo instagram qui dérange : un enfant palestinien ciblé par un sniper israélien
attention : photo non identifiée mais qui semble pourtant être l'oeuvre d'un soldat esthète puisqu'il instagrame la mise à mort d'un enfant !!! soldat israëlien, assassin potentiel mais amoureux de belles zimages : nouveau genre de clair-obscur !!!
si la photo est bonne....


Si la photo est bonne,
Juste en deuxième colonne,
Y a le voyou du jour,
Qui a une petite gueule d´amour,
Dans la rubrique du vice,
Y a l´assassin de service,
Qui n´a pas du tout l´air méchant,
Qui a plutôt l´œil intéressant,
Coupable ou non coupable,
S´il doit se mettre à table,
Que j´aimerais qu´il vienne,
Pour se mettre à la mienne,

Si la photo est bonne,
Il est bien de sa personne,
N´a pas plus l´air d´un assassin,
Que le fils de mon voisin,
Ce gibier de potence,
Pas sorti de l´enfance,
Va faire sa dernière prière,
Pour avoir trop aimé sa mère,
Bref, on va prendre un malheureux,
Qui avait le cœur trop généreux,

Moi qui suis femme de président,
J´en ai pas moins de cœur pour autant,
De voir tomber des têtes,
A la fin, ça m´embête,
Et mon mari, le président,
Qui m´aime bien, qui m´aime tant,
Quand j´ai le cœur qui flanche,
Tripote la balance,

Si la photo est bonne,
Qu´on m´amène ce jeune homme,
Ce fils de rien, ce tout et pire,
Cette crapule au doux sourire,
Ce grand gars au cœur tendre,
Qu´on n´a pas su comprendre,
Je sens que je vais le conduire,
Sur le chemin du repentir,
Pour l´avenir de la France,
Contre la délinquance,
C´est bon, je fais le premier geste,
Que la justice fasse le reste,
Surtout qu´il soit fidèle,
Surtout, je vous rappelle,
A l´image de son portrait,
Qu´ils se ressemblent trait pour trait,
C´est mon ultime condition,
Pour lui accorder mon pardon,

Qu´on m´amène ce jeune homme,
Si la photo est bonne,
Si la photo est bonne,
Si la photo est bonne...
[quote=Alain Korkos]" les couleurs [...] sont terreuses, virent vers le grisâtre, on est presque devant un traitement "avant blanchiment" qui délave les couleurs (cette technique mériterait une chronique à elle seule tant elle envahit les images)...

Bien vu. L'ultra-chicTélérama est en train de devenir le porte-drapeau de cette tendance. Beaucoup de ses couvertures et de ses reportages utilisent des photgraphies commandées à des photographes de renom, qui popularisent ces images "terreuses". Parfois, on peut carrément dire 'pisseuses".
Les personnages de la "Mise au tombeau" du Caravage sont bruns, ceux de la copie de Rubens sont blonds.
Logique, les premiers sont Italiens, les seconds sont Flamands.
On notera aussi que dans la toile de Michelangelo Merisi, une femme implore le ciel, bras levés, alors que dans celui de Peter Paul, celle qui lui correspond se recueille. L'exubérance des Méridionaux s'oppose à la retenue des Nordiques.
Oui, c'est très bien observé, merci.
Je pourrais d'ailleurs écrire des pages et des pages sur un comparatif entre ces deux oeuvres, mais je me limiterai à ces deux remarques.
Le chroniqueur officiel de ce site, affecté à la peinturlure, pourrait prendre ombrage d'un plus ample développement.
Ça c'est envoyé !
Allez, un grand coup de « lavage de cerveau pour esprits sales »
Parfois j'ai l'impression que ces polémiques naissent du plaisir de se gargariser de mots techniques.
Parce qu'avant les images de presse passaient chez le photograveur qui ne faisait pas non plus que de la recherche de fidélité à l'original.
Sans compter le développement photographique lui-même qui ne donnait pas que des couleurs fidèles. De la correction des défauts à l'esthétisation abusive il n'y a qu'un pas, franchi dès avant photobidule.
Ah, oui, là, j'ai tout compris...
Merci M'sieur Korkos ;o))...
[quote=A.Korkos]Elles sont terreuses, virent vers le grisâtre, on est presque devant un traitement "avant blanchiment" qui délave les couleurs (cette technique mériterait une chronique à elle seule tant elle envahit les images à notre insu, mais ceci est une autre histoire).

Cette histoire mériterait grandement d'être contée!
A voté !
Merci.

Ah ! Ah ! Le coup de l'épaule ! Ça risque de beuzer !

J'ai juste un bémol à apporter concernant la soi-disant non performance de Photoshop (CS) en matière de « traitement de l'image
photographique ». CS est fait pour ça ! Le moteur de traitement de Photoshop CS et Photoshop Lightroom est le même (Camera Raw).
Bien évidemment que les photographes pros utilisent Lightroom ou Aperture, il leur est dédié.
Il ne leur est d'aucun intérêt d'utiliser Photoshop CS qui a d'autres capacités qu'ils n'utiliseront pas (montage photo, dessin, etc.)
et coûte beaucoup plus cher.
A propos de la série de photos probablement la plus insupportable, celle (1905) dite du supplice chinois des cent morceaux: Voici un commentaire de Bataille, pour en finir peut-être avec le voyeurisme: " Le jeune et séduisant chinois livré au travail du bourreau, je l'aimais d'un amour où l'instinct sadique n'avait pas de part: il me communiquait sa douleur ou plutôt l'excès de sa douleur et c'était ce que justement je cherchais, non pour en jouir, mais pour ruiner en moi ce qui s'oppose à la ruine." Photo disponible sur l'autre fil, prévoir un rendez-vous chez le psy.
(Commentaire mis sur l’article de la dernière émission, où l’absence d’AK est relevée)

Sur la retouche. Sur la surdramatisation qu’elle produit.

On peut y voir deux défauts :

- L’auteur ne croit pas assez à la force de son image en elle-même, il la surligne.

- L’auteur ne croit pas assez à la sensibilité de son public, il en rajoute.

Ça ressemble à l’abus de ponctuation expressive (les , ! …) chez certains écrivains. L’émotion dans un texte doit venir de la force des mots eux-mêmes et de leur agencement (c’est au moins mon point de vue), pas de ces prothèses. J’ai tardivement compris ça en lisant Jean Rouaud, qui peut parler de l’indicible comme la mort de son père, la montée des gaz mortels à Ypres ou l’exécution de cinq cent petits gitans dans le revier d’un camp d’extermination, sans jamais recourir à ce que j’appelle le ketchup de l’écriture : un truc pour relever une viande sans goût.

………………………………………………..

//il est vrai que le plus important n'est pas le sort des enfants de Gaza mais la pleine page de droite de l'hebdomadaire louée à une marque d'automobiles ou de montres, la batterie de spots publicitaires après le JT//

Merci de relever le fond mercantile de l’affaire. Et je ne mets pas le mot « fond » par hasard. Si les VIP qui prennent et surtout vendent, promeuvent et s’émeuvent de ces photos agissaient pour que leurs modèles ne souffrent plus, ça se saurait.
Avec quel appareil regardez-vous cette photo ?
Un Mac ? un Toshiba , un portnawak ?
Changez l'inclinaison de l'écran.
Voyez-vous la même chose ?
L'autre regard

Si tu te heurtes aux murs de chair
Si tes mots sombrent avant de naître
Que ton sang agrippe tes os
Que ton œil perd sentier

Éveille en toi l'autre regard!

Celui qui transgresse le monde
Et distance le temps singulier

Dans le goulot des jours
Quand s'engouffre la pénombre
Ameute l'autre regard!

Sa lueur te cherchait.

Andrée Chedid
Chouette, monsieur Korkos s'empare du sujet @si de la semaine. Certainement en revanche de n'avoir pas participé à l'émission!

Bien, je n'apporterai rien d'important à ce fil, mais cependant je tiens à dire une chose: devant ces photos de douleur, je ne ressens rien.

Je ne sais pas si je suis le seul, mais je crois bien n'avoir jamais rien ressenti devant de telles photographies. Elles ne m'atteignent pas. Ca ne vous fait pas ça, à vous?


Matthieu S (le monstre insensible, le vilain)
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