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wonderwoman et l'image des femmes : "ce n'est que du symbole, mais..."

Certes, Wonderwoman n'est pas un film féministe, ni même un film porteur de message sur le féminisme. Mais c'est un film qui change l'image des femmes. Ce n'est que du symbole, mais le symbole peut changer nos vies. Au nom des petites filles, André Gunthert, pour sa première chronique sur @si, remercie la super-héroïne hollywoodienne.

Derniers commentaires

La nouvelle image du féminisme militant est donc celle d’une servante écarlate qui rappelle par sa tenue un autre personnage :

https://i.ytimg.com/vi/PJTonrzXTJs/hq720.jpg

Peut-être parce que comme le petit chaperon rouge, la servante écarlate est un conte d’avertissement….
chouette une nouvelle chronique ! bienvenu, et merci. Très intéressant j'attends la suite avec impatience.
Je ne sais pas vraiment comment considérer une chronique qui s'articule autour d'une erreur (la "vision de Wonder Woman par Patty Jenkins" qui s'avère être celle de Zach Snyder – du reste le visionnage du film confirme que Jenkins n'était qu'une femme de paille tant on retrouve les tropes de Snyder, des ralentis à une protagoniste belliciste cernée d'hommes plus réfléchis qu'elle), mais le cas est intéressant car symptomatique de cet impensé de la culture en France qui obstrue la distinction des images industrielles des images populaires. Si évidemment il est nécessaire d'avoir des symboles pour structurer nos espaces mentaux et donc culturels, il convient de se garder de confondre dans ce sens la réponse de l'industrie à la demande du public (qui de fait y répondra sur un temps court – "Ho les choupettes déguisées en Wonder Woman !"), et l'accaparation par le public d'une offre évocatrice d'où qu'elle vienne (qui se fera sur un temps et des pratiques plus complexes dépendants de cette origine, Cf. les comics Wonder Woman déjà évoqués ici – ce qui nécessite pour les étudier bien des outils que les cultural studies ont heureusement apporté).

Dans le premier cas, nous aurons des consommateurs satisfaits, dans le second des spectateurs/lecteurs/auditeurs acteurs de leur culture (appropriation et promotion). Pour que Wonder Woman soit une "date" dans l'histoire de la culture américaine, il faudrait que son succès en fasse un "game changer", une production sur laquelle le reste de l'industrie se sente obligée de s'aligner. Ce qui n'est pas gagné, son succès sur le territoire US restant dans les normes de ce genre de production, et dépendant de quelques importants paramètres que l'industrie mesure assez bien (franchise + saga cinématographique + consensus + planning favorable…).
L'autre voie possible pour que Wonder Woman reste une date étant que les petites filles grandissent avec ce film. Mais j'espère pour elles qu'elles sauront devenir assez indépendantes pour s'éloigner d'un produit opportuniste.
Bonjour et bienvenue,

Vous ne m'avez pas convaincue d'aller voir le film, je suis trop réfractaire aux super héros ou héroïnes pour payer une place de cinéma, mais vous avez aiguisé ma curiosité en ce qui concerne Jessica Jones, série que je viens de commencer à regarder pour voir ce qu'elle donne.

Je trouve que l'apparence de la nouvelle Wonder Woman reste très -trop- sexualisée, même si on voit moins de peau.

Je ne regrette pas du tout le départ d'Alain Korkos. Ses chroniques n'étaient pour moi qu'un hypocrite prétexte à montrer le plus possible de chair nue, féminine, plus ou moins sexualisée voire humiliée, le tout sous couvert d'analyse vaguement culturelle/antique afin de satisfaire pleinement le male gaze dont vous parlez, en l'occurrence celui des abonnés d'@si. J'ai même fini par penser que c'était la principale fonction de cette chronique, ce qui me décevait énormément de la part d'@si, un média de ce fait finalement assez ressemblant aux autres quant au traitement des femmes. Heureusement, le départ d'Alain Korkos et l'arrivée d'Océanerosemarie ont modéré ma déception.

J'espère seulement que vos interventions n'ont pas pour fonction de recommencer à satisfaire ce male gaze, et que vous ne nous donnerez pas à voir des femmes nues à longueur de chronique, sous prétexte de dénoncer le procédé.
Bravo pour cette première chronique!
Hâte de voir les suivantes.
Ne vous attardez pas sur les commentaires négatifs. Il y a beaucoup de haters dans le forum.
Bienvenue à bord. J'espère que vous resterez un moment, cette première chronique m'a donné envie d'en voir d'autres. Et j'appuie certains commentaires : ne faites pas trop attention au forum d'@SI : on pourrait croire que, vu le sujet, vu que c'est payant... mais en fait non.
Captain America et Wonder Woman sont sortis à quelques mois d'intervalle en 1941 , précédent l'entrée en guerre des USA de quelques semaines ou quelques jours pour Wonder Woman .

Les 2 héros portent une tenue ( bleu - rouge - blanc) ornée d'une étoile qui évoque clairement le drapeau américain .

Dans le film récent, l'évolution de la tenue de Wonder Woman marque peut-être une volonté de débarrasser le personnage de ces connotations historiques pour en faire un personnage plus intemporel et universel ...

Sur l'image même donnée à voir du personnage du film Wonder Woman : les bottes qui montent au dessus de genoux peuvent être perçues de différentes façons .

A noter que dans les années 20 , elles furent portées pour une affiche du cirque Barnum par une femme :

http://4.bp.blogspot.com/-_PDeCZ3ofj4/T_XauCd6vyI/AAAAAAAAAIw/b_TmcAeDnN8/s1600/ringling+brothers+and+Barnum+and+Bailey+Circus.jpg
En fait WONDERWOMAN est un rêve de fainéant un peu lâche. Elle se démène comme une folle, elle fait son boulot de femme normale en expulsant les ordures de la maison tout en restant pimpante...Aucun mec n'ira lui chiper son job !
Pathétique. Dans cette péroraison inspirée par la haine de soi, presque tout est faux, mais je retiens en particulier le changement des comportements supposé se produire à notre époque dans les cours de récréation des écoles où "les filles ne veulent plus se laisser faire". Parce qu'auparavant elles le voulaient ? Vision révoltante d'une humanité composée pour moitié de salauds et pour moitié de connes soumises.
Moi j'aimais bien la série des années 70 avec Linda Carter, délicieusement kitchissime!
La nouvelle est impotante.
Félix Fénéon n'est pas mort car il titre encore.
Cette chronique s'attarde donc essentiellement à décrypter la campagne marketing d'un film, sans jamais le noter. sur ASI. Joli.
Chouette chronique, sur un film que ma fille de 12 ans m'a emmené voir. Au niveau du petit échantillon de public que j'ai pu voir, votre analyse de la réception par les très jeunes filles sonne assez juste, pour le peu que j'ai pu en voir : il y avait effectivement un enthousiasme pour un personnage qui n'est ni un faire valoir car c'est plutôt le héros masculin qui met WW en valeur, ni une faible femme, ni une maman, ni un sex symbol, ni vraiment une cruche (même si quelques éléments des trois derniers stéréotypes sont présents)...
Cependant, j'aimerai en savoir un peu plus sur la réception par les (très) jeunes garçons, plus habitués à voir des stéréotypes masculins - gros muscles, bagarres, humour en toutes circonstances, sauvetage de la jeune femme fragile, etc....
Merci et bravo pour cette nouvelle chronique éclairante et éclairée. Je me réjouis, comme beaucoup, de ce nouveau rendez-vous dans arrêt sur image.
Comment un mâles, vieux et blanc, s'approprie le jugement sur l'image des femmes, comme d'habitude bien macho. Mais enfin le sujet de notre image que je défend depuis 10 ans sur les réseau arrive aux cerveaux des zelites (ils ont toujours 10 ans de retard). On est des héroïnes, mais pas besoin d'armes de destructions ou de violence , c'est ça qui serait bien de montrer l'engagement des femmes qui bossent , s'occupent des relations de couple , qui portent tout, c'est ça l'héroïsme, reussir a tenir la société debout en soulageant les vieux et en s'occupant des jeunes , en les éduquant sans rien recevoir. C'est comme l'esclavage, qui n'est vu que par la victimisation et pas par le courage des esclaves a continuer de vivre malgré l'adversité ... Et oui il faut être courageuse pour supporter les patrons, les mâles dans la rue, la solitude, les enfants , les problèmes financiers et politiques, le machisme et qq fois un type qui ne fou rien a la maison (60 % des mecs) .
Merci de sou prendre notre courage femnin , je ne veut pas être en tenu de sado pour plaire a la libido des mâles et a leur fantasme de gamin ?
Bienvenu sur ASI monsieur Gunthert. Je retrouve avec bonheur dans cette chronique toutes les qualités intellectuelles et humaines de votre blog que je lis depuis longtemps. De la part d'une féministe.
En dehors des super-héros, l'image du personnage féminin comme unique "love interest" du héros a pris un joli coup de pied dans le film Mission Impossible 5 qui applique exactement tout le contraire de la tradition hollywoodienne qui consiste à faire du masculin la valeur fiable en situation de crise avec le féminin comme trophée.

Etant un vieux spectateur de ce cadeau télévisuel qu'est Buffy et un gros joueur qui préfère jouer des femmes dans les jeux d'actions, c'est plaisant de voir des personnages féminins capables et moteurs dans une histoire.

Pas encore vu WW mais j'ai hâte...
Bienvenue M. Gunther, excellente première chronique, vivement les prochaines !
bravo pour cette première chronique tout en nuances !
et merci pour vos interventions dans le forum,

donc une bonne nouvelle pour le site
Bienvenue, Monsieur Gunthert, et au plaisir de suivre vos chroniques à venir.
Je prolonge cette discussion sur mon blog: http://imagesociale.fr/4622 (où les commentaires sont également bienvenus).
Je souhaite également la bienvenue au nouveau chroniqueur.

Pas mal. Je me souviens que quand dans Star Wars, adolescente, j'avais vu la princesse Leia être à l'origine de l'action, et se moquer de Skywalker et de Han Solo tout le long du film, j'avais trouvé ça super. C'était vraiment nouveau dans ce genre de film. Lucas avait libéré les séries B, mais également la gent féminine. Et elle n'était pas flashy mais très féminine.

Le chemin est long, et on arrive à son terme même si on est encore loin du bout.
j'y ai vu un remix de Xena la guerrière, pas convaincu que ca fasse beaucoup évoluer l'image de la femme au grand écran.

et bien d'accord avec la remarque sur star wars. beaucoup plus révolutionnaire que ne peut l'être ce film ... et on etait en 1977.
à yanne,
Je ne crois pas à cette vision qu'on part d'un point A, asservissement des femmes, pour arriver vers un point B d'équilibre des sexes. Le côté bout du chemin de votre conclusion m'inspire cela.
Mille preuve au cinéma sur le va-et-vient de considération/déconsidération de la femme, faire/valoir ou partenaire équitable de l'homme.
Paulette Godard mettait des coups de poêle à frire sans changement d'apparence.

sur la chronique,
Deux choses possibles, soit ce changement d'apparence de wonder-woman est un témoin du changement, soit il sera la cause d'un changement. Je n'arrive pas à comprendre si André Gunthert veut en venir au premier point ou au second. Mon approche personnelle, construite sur moultes couches géologiques, études de strates au hasard, fait que pour moi ni l'un ni l'autre. Culturellement je suis de plus en plus loin du cinéma actuel, et intellectuellement j'ai des difficultés à entrer dans le discours de la chronique car je bute sur ce que je viens de dire sur témoin ou cause!

Pour moi il n'est pas le témoin du changement d'attributs de la femme, seulement d'apparence, la plus triviale. Car après plusieurs personnages de jeux, de films tel avatar, que je ne saurais recenser, je ne suis qu'une humble "commentateur", il serait incongru de vouloir incarner l'avenir science-fictionnel sans intégrer les nouveaux codes visuels qui se sont construits. Certes en libérant la femme des talons hauts, des diadèmes pas faciles à maintenir, des corsets et tout ces aveux de conditions contraintes et affaiblissantes pour la femme, mais wonder woman, bon ho hé hein bon.
Elle intéresse peu les femmes, (j'ai l'impression, n'oubliez pas que je suis une humble commentateur, sans données sociologiques autres que le pifomètre) il faut croire cela reste une image de femme pour les hommes. Et si elle fait évoluer l'image de la femme qu'ont les hommes, voyons voyons, que vont-ils attendre de nous désormais? En plus du reste?
Le sens de tout ça serait que la libération des femmes dépendrait de l'image des femmes qu'ont les hommes?
Moi je crois au contraire que tout passe par l'image des femmes qu'ont les femmes. Loin de ww.

modif: En réalité la nouvelle ww 2017 a un diadème, des talons hauts, un bustier etc., et plus je la regarde, plus je me dis qu'il ne lui manque que les bras croisés pour ressembler aux photos des élus fn..
1) Comme je le précise au début de la chronique, l'investissement des super-héros est un phénomène typiquement américain. On ne mesure pas, côté français, la force des effets d'identification du public, en particulier jeune, sur ces supports de projection. Le matériel que j'utilise est ici essentiellement la documentation de la réception US, à travers critiques ( https://www.nytimes.com/2017/06/05/opinion/wonder-woman-movie.html ) ou tweets ( https://twitter.com/TheOGB/status/866354671744679936/photo/1 ). Et donc, désolé, de ce point de vue, WW intéresse beaucoup le public féminin!

2) En matière culturelle, il faut comparer ce qui est comparable. Faites une recherche sur Google images en ajoutant "Comics" ou "vintage" à "Wonder Woman", et vous verrez qu'il n'y a guère de doutes sur le fait que le choix de costume du film correspond à une rupture par rapport à toute la tradition hypersexualisée du personnage. Là encore, d'un point de vue franchouillard, on est dans l'anecdote – mais la question du costume est tout à fait fondamentale dans l'univers des super-héros, où elle alimente depuis des décennies des discussions sans fin, à partir de telle ou telle variation minime. Il y aurait un article à écrire juste sur la question des adaptations des costumes des comics au cinéma, qui a connu une évolution fondamentale dans la période récente (idem pour Batman ou Superman), dans le sens d'un gain de "réalisme" – ce qui est évidemment un amusant paradoxe dans le monde des super-héros…

3) Jessica Jones, sur Netflix (à laquelle j'ai consacré un billet: http://imagesociale.fr/2972), apporte une démonstration beaucoup plus convaincante d'une héroïne "féministe". Mais cette production ne joue pas dans la même cour que le blockbuster hollywoodien, et visiblement, le public est sensible à cette différence de hiérarchie culturelle, qui est lue comme l'attestation d'un progrès symbolique de la place des femmes. Ce n'est pas mon jugement personnel, mais encore une fois un effet de réception objectif pour le public américain.
Mais dans ce cas quel est l'intérêt ? Si ce film n'a qu'un effet auprès du public féminin américain et pas auprès du public féminin des autres pays du monde ?

De plus si l'évolution du costume est certes manifeste, je me souviens de la réaction des filles qui visionnaient le film lorsqu'elle enlève son "manteau" pour se dévoiler dans son "armure". C'était quelquechose du genre : "Ca y'est, la petite jupette.".

Il y a les images, mais plus important il me semble il y a les personnages, leurs dialogues, leurs actions.

Wonder Woman est présentée tout le long du film comme une ingénue et comme un objet sexuel. Avec toute la 1ère partie du film basée sur sa découverte du monde des hommes, des hommes eux mêmes, de leur corps et on sait à l'avance qu'elle va finir par se faire prendre par le personnage incarné par Chris Pine et perdre sa virginité. Il me semble que cela occulte pas mal les quelques évolutions mineurs de son accoutrement, resté sexy mais enlevant le grotesque tout simplement de la BD et des anciens films / anciennes séries.

On a affaire à un film manichéen, niais, et sexiste, qui ne mérite clairement pas le succès ni d'être pris pour exemple comme victoire du féminisme. Une partie de son succès ne vient-il pas justement de la même recette, visant principalement le public masculin, une héroïne sexy ? Et aussi évidemment du marketing ? Avec l'apparition de l'héroïne dans Batman vs Superman et toutes les affiches superbes qui pullulent comme teaser du film ? Comment discerner là-dedans un engouement féminin ? Moi j'ai surtout l'impression que vous avez envie de voir ce qui vous arrange à partir de pas grand chose.
"Moi j'ai surtout l'impression que vous avez envie de voir ce qui vous arrange à partir de pas grand chose." Voilà qui clôt la discussion. J'espère que vous serez cohérente avec cet avis en vous évitant dorénavant de visionner une chronique aussi médiocre.
????

Bon si quelqu'un d'autre a vu le film et peut confirmer ce que j'ai ressenti ?
Merci d'avance.
Vous écrivez : "Wonder Woman est présentée tout le long du film comme une ingénue et comme un objet sexuel. Avec toute la 1ère partie du film basée sur sa découverte du monde des hommes, des hommes eux mêmes, de leur corps"

Vous êtes bien certain d'avoir vu le film dont il est question ici ?

Dans la toute 1ère partie du film, elle vit chez les amazones et il n'y a pas un seul homme à l'horizon.
Le héros masculin du film (Steve Trevor) tombe du ciel à la 15ème minute.
C'est la première fois qu'elle voit un homme, et les hommes suivants ce sont les vilains allemands qui débarquent sur la plage juste après, et qu'elle s'emploie aussitôt à trucider.

Après moult scènes d'actions, le héros masculin et l'héroïne féminine attendent 1h28 pour échanger leur seul baiser de tout le film, avant de repartir en guerre dès la scène suivante.
Ben je n'ai pas vraiment ressenti la même chose que vous. Le film n'est pas basé sur la découverte du monde des hommes, mais sur celui de leur pouvoir/désir/volonté de destruction (cf le dialogue avec Arès à la fin et dès le début avec Hypolite).
Après c'est vrai que Diana semble un peu naïve mais je ne l'ai pas trouvée niaise, en tout cas pas plus que le héros masculin: sa naïveté est cohérente avec l'histoire, elle ne connaît pas le monde humain étant resté depuis sa naissance dans une île paradisiaque séparée du reste du monde et peuplé de femmes combattantes.
Et finalement, c'est elle qui est mise en valeur par le premier rôle masculin, et non l'inverse.
Bref, cela reste un film de super héros, répondant aux canons du genre (bons vs. méchants, action, cascades etc...). Mais cela ne m'a pas semblé sexiste, pas plus que féministe. Par contre, il me semble que ce WW dans le cadre de ce type de films (super héros, DC comics...), effectivement, on assiste à une (petite) rupture symbolique, même si elle n'est pas radicale.
Après, l'analyse de la réception est très complexe, et il y a sans doute d'autres interprétations du film.
Mais cela ne m'a pas semblé sexiste

Tout à fait.
J'ai bien aimé ce passage à 1h38 :

Steve (essayant d'imposer son point de vue face à Diana qui veut buter Ludendorf) : "je ne te laisserai pas faire."
Diana : "Ce que je fais ne dépend pas de toi !" (et elle l'envoie valser hors du champ de la caméra)

Pour voir dans ce film un film sexiste, faut vraiment en avoir envie.
Les Grecs avaient Artémis, la Diane romaine (Diana/Wonder Woman...), pas commode avec les hommes mais aussi les gynécées, les affaires publiques réservées aux mâles et dans leur mythologie, on rase Troie quand un roi est fait cocu, parce que, hein, on touche pas à la femme de monsieur.
C'est plus la place des femmes dans la société qui conditionne l'éventuel côté sexiste de la fiction. C'est une question générale dans l'héroïsme antique : un tas de héros finissent mal, leur punition par les dieux servant d'exemple aux humains qui auraient l'idée de défier leur ordre, l'ordre socio-religieux.
D'ailleurs, Joss Whedon, le créateur de Buffy, devait être conscient du risque de faire de l'Elue l'exception garantissant que les autres restent à leur place et à la fin de la série (spoiler alert !), elle perd ce rôle et son pouvoir est redistribué urbi et orbi.
Je vais être loin en dessous, merci, M. Gunthert, pour votre réponse juste en dessous de mon message.
OK.
Je n'irai pas jusqu'à dire que chez les super héros, tout est dans le costume qui sort du lot (Et chez les anti héros tout est la banalité du costume) mais oui. Donc logique d'accorder un regard aiguisé sur le costume et ses modifications.
L'image de la femme est meilleure dans le cinéma des usa, plus positive, et peut-être que la vie des femmes y est meilleure aussi?
Au cinéma tout doit être mieux que dans la vie, disait Billie Wilder, mais si c'est dans le sens on est maquillée sous sa douche, la barbe ne pousse pas en absence de rasoir, les affaires sont florissantes, on a faim à table, on ne met pas de bigoudis au lit mais on est permanentée le matin, etc.: c'est le moins intéressant du mieux.
Ce n'est pas ce qui rend heureux de voir un film, ni ce qui change notre regard sur les choses, la condition des gens.
Le costume parle toujours socialement?
Bien d'accord avec vous sur Star Wars.
Mais en 1997, quand les 3 films sont ressortis en salle, j'ai entendu pas mal de mecs dire des trucs du genre : "j'avais oublié à quel point Leïa est une mégère/aigrie/mal baisée/agressive". Les années 80 étaient passées par là avec leur cortège de filles-tarées-hystériques-dépressives et de sujets qu'n qualifiera, pour être gentils, de bourgeois (ah comme je souffre dans mon appart de 300 m2 parce que "tu ne peux pas comprendre !" comme disaient les Inconnus). C'est clair pour moi que les personnages féminins dans le cinéma américain des années 70 étaient autrement plus intéressants et développés que dans les 2, voire 3 décennies suivantes. Il suffit de comparer Leïa et Padmé... Genre la nana est Reine/Sénatrice, c'est la guerre partout mais tout ce qui compte, c'est les tourments de son mec. Normal, quoi.

Quant au cinéma français, ça n'a pas évolué d'un iota, depuis Truffaut, que dis-je, depuis toujours, on nous bassine avec "les femmes" tellement "mystérieuses", tellement "dangereuses", et surtout, tellement chiantes. Je me souviens au début de La Vie rêvée des Anges, où on voit des nanas dans une usine, de m'être dit : "Ah tiens... Jamais vu ça dans un film français". 5 minutes après les 2 filles démissionnent, l'une d'entre elles tombe amoureuse et c'est le draaaaaame et il n'est plus du tout question de rien d'autre, jusqu'à ce qu'enfin, elle se jette par la fenêtre au grand soulagement de tout le monde. Et ça a eu la Palme d'Or.
Et pourquoi de plus en plus souvent, les vidéos ne sont pas visibles sur Android...
J'attendrai ce soir ou demain pour la voir... Et faire un
commentaire...
Une vidéo de Vesper sur Youtube sur les liens entre Wonder Woman et la mythologie : https://www.youtube.com/watch?v=dwm_9nW7UmY
Chronique optimiste je trouve.
Le "girl power", d'Artémis gardienne de la chasteté à Jeanne d'Arc ne touche pas vraiment au statut social des femmes, au "woman power" pour adultes.
Qui sont les Borgen, femme au pouvoir dans les films de super-héros ?

Dans la fiction sur le mode mythologique, on retrouve souvent les imaginaires de la vierge (combattante ou sainte), la marâtre sorcière, l'enchanteresse courtisane, la noble reine/épouse, pas facile de trouver des héroïnes ayant une histoire personnelle ne les limitant pas à un cliché.
Quand ça doit devenir plus adulte/réaliste, c'est un peu comme Wolverine, avec de l'ambivalence permettant de donner une richesse individuelle au personnage, l'humanisant, un film comme Logan avec le héros vieillissant.

Tiens, idée de scénario : Wonder Woman a perdu ses pouvoirs, elle fait ses 40 ans, a de la cellulite, a largué un Superman lui reprochant son vieillissement et vit en famille, mariée avec la Catwoman (Michelle Pfeiffer) de Tim Burton. Elles ont un enfant conçu par PMA et la princesse se retrouve confrontée à la succession du trône des Amazones : soit retrouver ses pouvoirs pour un rôle politique avec les risques pour sa famille, soit garder une vie humaine, très humaine.

Ca pourrait mieux montrer les vrais soucis d'Hollywood quand il s'agit de donner des rôles qui n'aient pas pour condition un physique de mannequin.
Okay, c'est une première chronique et il est impossible de parler de tout en sept minutes trente...

Mais il n'empêche que je reste quand même sacrément sur ma faim et un peu dubitatif.

Tout d'abord concernant les représentations de Wonder Woman elle-même, je trouve un peu dommage de s'attarder sur la version de Linda Carter et de passer complètement sous silence les différentes versions en comics, dont les évolutions récentes ont probablement eu plus d'impact sur la version de Gal Gadot que Linda Carter qui n'est finalement une référence ni pour les fans de comics ni pour les plus jeunes générations. Même l'analyse de la photo de Gal Gadot (qui, comme le fait remarquer un autre commentaire, est une photo de promo pour Batman v Superman et date de 2014, soit un an avant l'arrivée de Patty Jenkins sur le projet de film Wonder Woman) me laisse un peu sceptique dans la mesure où elle s'inscrit dans la lignée du style Zack Snyder dont l'inénarrable Sucker Punch a montré que le réalisateur arrive très bien à conjuguer figures féminines guerrières et taciturnes... et male gaze décomplexé.

Quant au rôle du public dans l'évolution des représentations, j'ai un peu de mal avec le fait d'invoquer Debord pour parler d'un public passif (Debord considère au contraire le spectacle comme le stade ultime du fétichisme de la marchandise, ce qui suppose forcément une implication forte du public). Ensuite, je ne suis pas sûr que l'implication du public "en général" dans l'évolution des représentations soit vraiment une nouveauté. À la rigueur, on pourrait noter que les modalités ont changé (Internet permet un retour beaucoup plus immédiat du public) et que ce qui est nouveau avec Wonder Woman, c'est le fait que le public féminin (éternel serpent de mer de l'industrie des comics) se fasse enfin entendre. Toute la question à partir de là, est de savoir si l'évolution dont Wonder Woman serait le révélateur sera pérenne. Au vu de l'inertie d'Hollywood d'une part et l'incompétence dont font preuve les concepteurs du DC Cinematic Universe en ce moment d'autre part, j'ai tendance à en douter...
Merci pour cette nouvelle chronique qui s'annonce à la hauteur de l'excellent blog Culture Visuelle. Bravo et encore bravo !
Une bien intéressante chronique - bien faite - d'autant que jamais je n'aurai ou je n'irai voir le film, et pourtant il semble d'après l'analyse que c'est un moment charnière de la représentation féminine

et à l'heure où NKM a été mise KO et où on s'interroge pour savoir s'il fallait ou ne fallait pas, alors que si ce fut un politicien homme, la question n'aurait pas effleuré l'esprit, il est bon de connaître cette représentation symbolique
D'abord, bienvenue à bord et merci d'avoir choisi le DC Universe pour cette première chronique. Les universitaires qui se penchent avec bienveillance sur le phénomène ne sont pas si nombreux.

Juste une critique sur le jeu de la caméra. Est-ce qu'il serait possible de désynchroniser les écrans d'illustration lors du changement de caméra ? Le champs contre-champs pour montrer... la même chose sous deux angles différents, c'est perturbant. Ca rythme, mais ça n'a pas de sens.
Il est un peu à côté de la plaque ce chroniqueur, notamment quand il dit que c'est un film de filles (01:22)...
Par ailleurs, je me demande bien de quel public il pense être le porte-parole en disant que le film suscite tant d"enthousiasme.

Pour terminer, ne pense t'il pas que les prises de position de l'actrice principale en faveur de l'armée israélienne et son gouvernement nuisent à cette image d’icône féministe qu'il veut lui donner ?
D'autant plus qu'ayant été Miss 2004, en matière d'engagement féministe de sa part et des producteurs d'Hollywood qui l'ont choisi, il y aurait beaucoup à redire...
Merci.
Je ne sais pas si j'irai voir le film, je crois que la dernière fois que j'ai mis les pieds dans une salle c'était pour Pulp Fiction, mais votre décorticage et si pertinent que je m'en passerai (d'aller voir le film).

Si au lieu de male gaze on disait regard macho ?
Emouvant début de chronique, qui m'a rappelé les candidats aux oraux des concours...
D'abord, bienvenu au nouveau chroniqueur.
La chronique est vraiment intéressante, bien menée, comme quoi, fallait pas stresser. ^^

Je vais venir pinailler sur un détail, mais je n'ai rien à redire à l'ensemble de cette présentation.

L'image de Wonder Woman campée sur ses deux pieds, attendant l'assaut, n'est pas une image de Patty Jenkins mais de Zack Snyder, pour le film Batman Vs Superman. Cette image là est un regard masculin, comme quoi, il n'est pas interdit aux hommes de regarder les femmes de la bonne façon.
Mais cela reste totalement vrai dans le film de Patty Jenkins, la réalisatrice aime son personnage.

Chipotage, je le disais ^^
Merci pour cette nouvelle chronique, on attend la prochaine avec impatience.
Sinon le film est tarte, mais j'ai bien aimé la musique.

Et bienvenue au nouveau chroniqueur itou.
L'image des femmes aura vraiment changé quand les petits garçons diront, dans les cours de récréation : "Moi, ma maman elle est plus forte que ta maman !"
J'aurais pu adhérer à cette critique si le film n'avait pas mis en scène une héroïne niaise au possible.
Bonjour et bienvenue au nouveau chroniqueur !!!
Pour revenir au film que je n'ai pas vu, plusieurs jeunes femmes de mon entourage en sont revenues enchantées, à la fois sur le rythme du film (qui reste un film de divertissement hollywoodien) mais aussi sur le contenu et son héroïne.
Ce qui fait que ces avis + la chronique de André Gunthert me donne envie d'aller y voir par moi-même :-)
Bravo pour cette chronique, c'est très intéressant ! Je ne me suis jamais intéressé aux super héros (même gamin) et pourtant vous avez raison c'est un regard utile sur la société et ses évolutions.
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