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Commentaires

Un hymen, des morts, du sang, des larmes !

L’obscénité médiatique aura encore battu cette semaine ses propres records.

Derniers commentaires

navrent , les medias , totalment navrent .
Désolé d'avoir une chronique de retard (c'est ce qu'on appelle avoir l'esprit d'escalier (mécanique)...) mais je viens de découvrir un livre intéressant qui traite d'un thème en vogue : le travail.
Pour commencer, voilà un joli discours qui, à n'en pas douter, va réconcilier Judith Bernard et tous les allergiques au travail avec cette torture (voyez l'étymologie du mot) quasi quotidienne :
" C'est autour de l'idée du travail que doit s'opérer la réconciliation de tous les Français. Cessons d'opposer les riches et les pauvres comme si la société était irrémédiablement divisée en deux clans. Le bon sens indique en effet, lorsqu'il n'est pas obscurci par la passion ou par la chimère, que l'intérêt primordial des patrons, techniciens et ouvriers, c'est la prospérité réelle de leur métier. Dans les rapports de travail, le plus fort communique de la force au plus faible. Partout où des hommes de bonne foi, même issus de milieux sociaux très divers, se rencontrent pour une explication loyale, les malentendus se dissipent pour faire place à la compréhension, puis à l'estime, puis à l'amitié. Certains, bien sûr, réussissent mieux que d'autres. Mais, et c'est là l'essentiel, personne n'y perd. Désormais, par-delà les hiérarchies sociales, des équipes étroitement unies joueront ensemble, pour gagner, ensemble, la même partie. Et la France retrouvera l'équilibre et l'harmonie qui lui permettront de hâter l'heure de son relèvement."

De qui ce discours ? d'une avocate d'affaires nommée ... Christine Lagarde. D'où provient cette citation ? D'un livre écrit par Guillaume Paoli, philosophe, et qui est intitulé Eloge de la démotivation.
Au programme de ce livre d'une lecture très facile (un bémol cependant pour le chapitre V) :
I Pourquoi fait-on quelque chose plutôt que rien ?
II Marchés obligatoires
III L'entreprise veut votre bien (ne le lui donnez pas)
IV La drogue travail
V Les métamorphoses du fétiche
VI Annulation de projet

L'auteur propose une grllle de lecture (non marxiste) du capitalisme et des phénomènes qu'il engendre. Dans son dernier chapitre, il finit par proposer de ne pas lutter frontalement contre ce qui nous enserre mais de pratiquer "la déprise", de mettre en application "un concept clé de la philosophie chinoise, en particulier taoïste : wei wu wei, le non-agir agissant" c'est-à-dire de pratiquer "l'abstention, la suspension d'activité, le non-engagement".

Bon, je retourne à mes lectures, et promis, à l'avenir, je n'arriverai plus sur le forum comme un chien dans un jeu de quilles !
bonjour
3 fois que je lis
Je vous suggère de lire ou de relire les nouveaux chiens de garde de Serge HALIMI ou par exemple cet article de Noam CHOMSKY.
ce serait horrible qu'un tel jugement fasse jurisprudence, ça vaut la peine d'en parler haut et fort, ce n'est pas une affaire privée, c'est la barbarie au galop
"Que veut dire intimité aujourd'hui ?"

Ben... SylvN, vous m'étonnez là. Ça signifie "audimat" en langage médias, non ?

Désolé.
C'est bizarre, j'ai zappé les infos pendant une très grosse semaine, et dans le genre accident de bus, Arabes, et patati et patata, j'en étais restée à "un car rempli de marocains se crashe contre un pilier près de Blois"...

Huit morts.

Je date grave.

Sinon, j'ai détesté la séquence "émotion" des obsèques des collégiens sur France Info, où on entend les parents faire l'oraison funèbre des petits morts...
Il y a vraiment quelque chose d'obscène à faire étaler un deuil ou un non-mariage devant des millions d'inconnus.

Que veut dire intimité aujourd'hui?

Ils ont pas mieux à foutre les journaleux en ce moment? Ouh ouh, ils se passe des trucs qui [s]vous[/s] nous concernent vraiment ces derniers temps, allez au boulot les gratteux, on se bouge le cul là, on sort le nez de celui des autres.
Il convient de ne pas oublier que la justice est rendue " au nom du peuple " et que toute décision de justice n'engage pas que les parties plaidantes mais aussi tous les justiciables au nom de la jurisprudence et l autorité de la chose jugée.
Rien que pour cela une decison de justice rendue pour la première fois en france pour ce motif justifie que la presse en parle ( en bien ou en mal les lecteurs sont adultes et aptes a avoir leur avis )
Les attendus du jugement disent que ce mariage a été annulé parceque " le mari estimait la virginité comme une qualité essentielle " le mot important est bien estimait cela veut dire que selon vos estimations une qualité physique ou psychique ( la virginité est elle physique ou psychique ? ) un mariage peut être déclaré nul et non existant !!!

Je ne comprends pas très bien votre courroux visant a mettre sur le même point ce jugement et la mort d YSL ? est ce une nouveauté que la presse est par nature éphémère et basée sur l émotion , les rotatives se sont toujours nourries des faits divers et des nécrologies, comme les rituels passés de chaque commune ou à l occasion d'un décès toute la ville témoigne et se souvient .... depuis très longtemps un deuil est un moment de souvenir et d écriture nécrologique .

De meilleures occasions existent de fustiger les médias que ces deux exemples qui en plus ne se mélangent pas , il serait plus utile de parler des silences des médias par exemple dans l affaire clearstream celui qi a revéle l affaire vient d etre juge et condamne pour diffamation ; son nom denis Robert fait plutôt honneur au journalisme mais personne n en parle même pas arret sur images §§§
Ce qui est terrible, c'est ce qui arrive à cette fille.

Elle a déjà du se coltiner la honte que sa famille lui a fait ressentir et maintenant que les médias s'y sont mis, ne voilà-t-y pas que son désastre est connue de la France entière, que dis-je du monde entier.

Je n'aimerais pas être à sa place.

Un peu comme pour Monica Lewinsky,

comment vit-on une telle situation quand on a 20 ans ?


http://anthropia.blogg.org
Voilà une belle chronique !
Je me faisais la réflexion en début de semaine à l'écoute d'une nouvelle que Mamuse (c'est le surnom de la femme que j'aime et qui me le rend si bien) me lisait suite à sa lecture quotidienne des différents sites de journaux sur le net... "STOP, JE N'EN PEUX PLUS, je ne peux plus entendre toute cette haine, cette mort, ce sang, ce sexe (forcément féminin, comme pour attiser le bas instinct de l'homme), je n'en peux plus... Si seulement l'information prenait son temps, réfléchissait, raisonnait, observait, cherchait à comprendre plutôt qu'à juger, donnait l'exemple, plutôt que d'être un simple tuyau à déverser le pire du pire."
Mamuse me répond : "Mais ne t'énerves pas... ce n'est pas moi, ce sont les infos !"
- Alors on arrête de les lire, on arrête d'écouter, on arrête de regarder... On respire un peu. On cherche un abri, on tente d'écouter le vent dans les arbres, ou le sifflement des balles de Rolland Garros ; cela n'a rien à voir, mais au moins... ON SE REPOSE.
Je ne sais pas si c'est l'âge, ou si alors, je ne peux plus regarder le monde tel qu'il est devenu, mais votre chronique Judith, me ramène à cette réalité qui me rassure... Je ne suis pas seul. Merci pour ça.
C'est du genre la réflexion d'Oscar Wilde, empreinte d'une touche d'auto-dérision, "quand tout le monde est de mon avis, il me semble que je dois avoir tort" : quand tous les médias pensent que c'est un jugement qui ne va pas, il me semble qu'il n'était pas si mal ce jugement.

C'est loin d'être une évidence que ce soit les médias qui aient l'initiative de la mise en avant de ce sujet.
La manière dont elles ont traité cette affaire est discutable, en particulier la photo de libé qui nous renvoie à une histoire de "couche nuptiale" dont se moquent bien les "indignés" et la survenue des phrases style "cela va favoriser les demandes de reconstruction d'hymen" (en quoi est-ce le problème? en quoi est-ce un problème?) dont j'ai eu du mal à voir d'où elles émergeaient, des "indignés" en général?. Sauf à distinguer plusieurs catégories d'indignés sur ce cas, pour permettre de trier les authentiquement préoccupés de la condition féminine et les islamophobes convaincus du choc de front des civilisations qui se raccrochent au train de l'indignation, on risque de balayer tout d'un revers de la main, de cacher la poussière sous le tapis, de ne pas y regarder de trop près, de faire semblant que tout est en ordre. La manière est discutable mais de là à penser que le problème du traitement médiatique (et politique) de cette histoire aurait pu être résolu par le silence... C'est trop commode.
Et la survenue d'une discussion à l'assemblée, que ça devienne une histoire impliquant des personnages politiques, récupérée à la fin par "on sait qui" qui donne son coup de baguette magique sur les doigts de Rachida Dati, pour sembler être le rétablisseur du "bien", suivie d'une réhabilitation immédiate, c'est la faute aux médias? Sur Rachida Dati, parlons-en aussi (je dis ça parce qu'on a l'impression aussi que certains voudraient qu'on la laisse tranquille), sa remarque ridicule qui fait mine de croire que les socialistes ont demandé aux grands frères de surveiller leurs jeunes soeurs jusqu'à leurs mariages et même après...Retenir uniquement la formule "grand frère" et l'arranger à sa sauce pour répliquer avec des airs de je suis bien placée pour le savoir, n'est-ce pas objectivement la révélation qu'elle est du même niveau que son mentor?, plus qu'un soi-disant prétexte saisi pour son futur lynchage? (qui ne s'est pas produit médiatiquement, je vous fait remarquer, mais plutôt politiquement puisque ce sont des parlementaires interviewés qui ont été durs avec elle...).

En plus j'aime pas ce côté "laissez faire la justice sans vous en mêlez, vous n'y comprenez rien". Expliquez nous mieux alors. On n'a pas bien compris le choix des avocats (ou des clients?) pour l'annulation. C'est des sujets sur lesquels on a besoin de comprendre. Voilà ce qu'ont mal fait les médias, à la merci de ce que voulaient bien dire les avocats de tout poil.
L'esprit des lois, ce qu'elles tendent à instituer dans la société ne compte plus? C'est leur logique propre qu'il faut respecter? Comme pour les lois économiques, rien n'est au service des individus... L'homme est victime d'un mensonge, la femme est victime des médias qui lui ont saboté son annulation, et "dormez tranquilles, il est XXIème siécle et tout va bien" dit le veilleur.

Et puis, la religion musulmane a beaucoup de "phobies" qui pèsent leur poids, on est juste phobiesphobes et non pas islamophobes quand on se préoccupe par exemple de la situation des femmes dont la religion est l'islam. D'ailleurs Sémir qui a mis le débat sur ce plan dans le forum n'a pas trouvé de l'écho islamophobe parmi les indignés partisans d'une procédure plus équitable et digne pour la femme.
Bon, j'arrête.
et quand en plus, le commandant de gendarmerie, le procureur de la république en rajoutent une louche en nous décrivant par le menu les épreuves subies par les victimes, le déroulement des faits..., autant de choses qui titillent la bête qui sommeille en chacun de nous.... On n'est plus dans l'information,on est dans le voyeurisme le plus complaisant. Je n'en peux plus de cet étalage qui est un manque de respect total. Cela me rappelle cette journaliste à France2, à midi, qui à propos d'une fillette enlevée puis heureusement retrouvée, disait à peu près ceci:"on saura dans la soirée si elle a subi des sévices sexuels": le dénouement "heureux" ne suffisait pas, on attendait de pouvoir donner en pâture les résultats d'un examen gynécologique... Merci pou la famille et pour la victime.
L'affaire de l'hymen, oui, est terrible. Elle met les tâches de sang sur le drap au premier plan, elle fait penser à ces médecins inquisitoriaux qui soulevaient le drap pour constater la virginité des jeunes filles, mais aussi la consommation du mariage.

Mais pour YSL, pardonnez-moi, Judith, mais je pense que cet homme est un grand homme, qui a permis un certain rayonnement de la France en matière de haute couture. A ce titre, il a droit à l'admiration populaire, à l'émoi publique, on n'a pas que je sache été jusqu'à célébrer ses obsèques à Notre-Dame, donc point de lèse-majesté. Juste un digne hommage.

Et que Carla Bruni y aille ne me gêne pas.

C'est plutôt l'engouement de Sarkozy pour les enterrements qui m'étonne. Avez-vous remarqué ? Il les fait tous : Lustiger, il revient spécialement des States pour ça, Carlos, il n'en laisse passer aucun des enterrements people.

Il me rappelle la vieille Maud, dans Harold and Maud, qui aimait tant les enterrements, qu'elle les faisait tous, en mangeant des oranges. Oui, c'est la figure nécrophage de Sarkozy qui m'inquiète.


http://anthropia.blogg.org
Merci Judith de tenir ce discours aussi bien construit, franc et engagé. Le précédent billet l'était tout autant. Dans ce monde ainsi gouverné(?), j'attends le moment où je pourrais voter pour votre programme (et non pour vous).

Fabrice
Bonjour,
pour ce qui est du recul nécessaire vis-à-vis des media, je suis assez d'accord, j'ai abandonné la télé depuis des années, conservant France-Inter à la radio, et picorant sur internet des développements utiles et posés... Comme cet excellent site qu'est ASI !
Bonjour !

Concernant le sujet du mariage annulé, je vous suis, et en complément je souhaite inciter chacun à lire ceci : http://www.maitre-eolas.fr/2008/05/30/969-n-y-a-t-il-que-les-vierges-qui-puissent-se-marier
La justice a annulé un mariage en respectant le droit, et je suis persuadée que la plupart des outrés, comme le dit cet avocat, n'ont pas lu le jugement rendu. On peut ne pas être d'accord avec un homme qui voit la virginité comme une qualité nécessaire à sa future épouse, mais cela relève des convictions personnelles et le débat devrait s'arrêter là. Le reste n'est qu'un exutoire déplacé.
En complément, du même auteur, ce petit dialogue aux savoureux parfums de philosophie antique : http://www.maitre-eolas.fr/2008/06/06/982-comment-la-liberte-est-cachee-dans-le-jugement-de-lille

Bonne journée !
Bonjour Daniel, veuillez trouver une proposition de sujet sur les médias observateurs et acteurs à partir des affaires de Lille, du car et de l'enfant noyé.

Voici deux faits divers que les chaînes d'infos et les sites d'infos en ligne nous impose un pas à pas de leur déroulement.
Certes, les médias font des ventes supplémentaires sur les drames, mais ils n'avaient jamais été aussi proche du minute par minute qu'avec les affaires de l'enfant presque noyé et l'accident de car.
Empruntant à la presse genre Qui police, voici donc 'L'enfant du Lac". Nous avons tout su tout connu presque en temps réel sur les avancées des enquêteurs.
Sur Libé. fr, par exemple, un rafraîchissement toutes les demi-heures de la page principale,amenait son lot d'infos supplémentaires chapeautée par un titre accrocheur. Il semble que depuis l'affaire de Lille, le journal ait décidé de surcouvrir les faits divers. Au risque d'être, avec les confrère, partie prenantes, acteur dans ces faits-divers.
Car enfin, imagine-t-on après un tel déferlement d'images, de directs et de commentaires larmoyants que, dans le cas du car sur les rail, le chauffeur soit resté en liberté sous contrôle judiciaire ? Imagine-t-on que les images des enfants retournants à l'école devant des dizaines de caméras, que les images des obsèques, en direct, n'aient pu avoir une quelconque influence sur la justice ?
C'est pas le problème, répond-t-on sur les ondes. Le soucis, c'est que si le chauffeur était resté en liberté, les Français "n'auraient pas compris". Le hold-up parfait.
Allons ! Que l'on ne vienne pas parler ici d'émotion des Français. C'est le ramdam, parfois l'hystérie des médias, qui est susceptible de mettre la pression. Au risque également de la mettre sur ses lecteurs. Dans le cas du mariage de Lille, le premier sondage sur l'affaire n'est intervenu que le 5 juin, soit une semaine après que Libération ait agité le chiffon rouge, soit une semaine d'articles et de manchette sur "émotion des français" devant le jugement, une semaine de valse hésitation du garde des Sceaux qui finalement demande au parquet de faire appel au nom de "l'émotion dans la population".
Que croyez-vous qu'il donne comme chiffre, ce sondage ? 70% des interrogés contre le jugement. Mais ont-ils pu se faire une vraie opinion, ses interrogés, ou ont-ils été victimes involontaires d'un bourrage de crâne ?
Si le chauffeur du car est en prison, le gendarme qui a tiré dans le dos et tué un homme menotté est sorti de prison. Dans son cas, la couverture médiatique n'a pas connu la même ampleur. Les médias sont infiniment plus timides lorsqu'il s'agit de se mettre à dos les autorités. Pareil pour les policiers îvres qui ont tirées sur des ados. Le Post titre "Ca défouraille dans la police". Si le site avait conservé le même style de titraille pour l'enfant, ce la aurait donné quoi ? "Le père noie l'enfant en pensant noyer le poisson" ?

Dommage, ça aurait eu de la gueule sur Libé.fr, ces titres toutes les 30 minutes : "Îvres, les flics tirent des ados", en première page ! En gros ! "Le gendarme incarcéré", "Les gendarmes menacent de manifester", "Un gendarmes : les gens du voyages veulent notre peau". En fait, il fallait se brancher sur Le Post pour vivre cela en direct.
Imaginer que la mort et le sexe puissent ne pas faire l'objet d'une croyance, n'est-ce pas une illusion comique dommageable? Une époque qui rêve, debout sûrement, d'expulser "le religieux" de la scène publique (désormais primitive, comme cette sorte d'hystérie autour de la virginité le donne à penser?) ne se condamne-t-elle pas à cet incessant culte des saints à la petite semaine?
J'ajoute un point assez comique concernant Yves Saint Laurent.
À longueur de journée, nous pouvions entendre sur les ondes de Radio France quelque chose comme : « ... et son fidèle compagnon Pierre Bergé ».
Dirait-on d'une femme la fidèle compagne ? Sommes-nous vraiment en mesure de dire qu'il lui était vraiment fidèle, son amant ?
Fidèle compagnon s'applique bien pour un animal domestique... pour un amant je trouve ça un peu limite.

Anthony [ Blog à part ]
MERCI JUDITH
ENFIN JE PARTAGE VOTRE COLERE SUR CET TE EPOUVANTABLE BROUHAHA AUTOUR DES JUGEMENTS dans ce cas où ils relèvent de la part privée.
Ras le bol de cette justice de la doxa des médias....
D'accord à 1000%, je comprends votre colère.

Je crois que c'est Bourdieu qui disait "les faits divers sont là pour faire diversion...".

SEMIR
Merci pour ce texte. Il exprime si bien tout le dégout que je ressens lorsque chaque jour le fait divers sensationnel , le "trash", l'anecdotique obscène occupe la une et faits d'importance restent dans l'ombre.
[large]J'aime[/large]
C'est tout
Madeleine
Merci d'avoir exprimé tout cela Judith.

Lorsque j'ai lu le cinquième article quotidien de Libé sur Fourniret, avec moultes détails, citations et photos de vicitmes, j'ai vraiment cru que je m'étais trompée d'étagère et que c'était "Voici" que j'avais entre les mains. Mais non.
Alors je me suis dit que Libé avait baissé, ou bien que la journaliste était perverse, ou stagiaire, ou bien que Joffrin trouvait les caisses trop vides à son goût, que sais-je...J'ai donc acheté Le Monde. Et j'ai vu que c'était pareil.

Et là vous savez ce que j'ai fait ?

Je suis allée sur le blog d'Eolas : pas un mot sur Fourniret.
Et sur celui de Pascale Robert-Diard : rien de rien.

Alors quand j'entendrai demain des patrons de presse donner encore des leçons d'éthique journalistique aux blogueurs, ben que voulez-vous, ça me fera doucement rigoler...

Un seul regret quand même : qu'asi ne se soit pas penché plus tôt là-dessus. Parce que c'est typiquement sa fonction (la couverture médiatique d'un évènement), et qu'une petite revue de presse à la Gilles Klein eut été bénéfique et, peut-être (qui sait ?), si elle été arrivée tôt, salutaire...

Allez, il n'est pas trop tard....

Bonne route et continuez.
Il y a quelques semaines, à propos du procès Fourniret, Guillaume Erner faisait une chronique dans Eklectic (fr. inter) où il exprimait également son ras le bol à propos de ce qui finit par être ressenti comme une overdose médiatique.
Voici le début du texte :

"Fourniret : le droit de ne pas savoir.

Dimanche 18 Mai 2008 08:52

En matière d’information, souvent les français râlent, parce que, croient-ils, « on nous cache tout, on nous dit rien ».
Et puis parfois, c’est l’inverse.
On aimerait avoir le droit d’être mal informé, voire même revendiquer le droit de ne pas être informé du tout.
Le droit de ne pas savoir, voilà ce que m’inspire l’affaire Fourniret. "...


L'intégralité est ici :

http://www.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?id=19#p1047
"Elle devrait, au mieux, constituer une sous-catégorie, une rubrique secondaire, à l'intérieur de la grande catégorie "Information". Cette dernière devant être comprise comme l’analyse des faits dans la chaîne de leurs causes et de leurs conséquences, les unes et les autres concernant la collectivité."

La proposition finale me gène quand même assez fortement, sans argument pour l'étayer. Après tout, en quoi le conflit du Darfour (et encore celui la on en parle vaguement) concerne directement la collectivité (celle à qui s'adresse, par exemple, Le Parisien, Sud-Ouest, ou meme les nationaux) ? Le lien est-il plus direct qu'avec le fameux accident de bus?
Pour l'analyse des faits, je suis entièrement d'accord, et ras-le-bol de la reprise de depeche, du micro-trottoir, de la propagation de poncifs. Mais le recul a sans doute disparu avec l'information par l'image. De l'analyse, on en trouve tout de meme en presse écrite, parfois un peu diluée, pas toujours à la place qu'elle mérite, mais présente.
Nous avons d’ailleurs tous compris qu’il s’agissait moins de défendre les femmes que de pointer du doigt les dangers de l’Islam

Euh si un catholique ou un juif intégriste avait exercé la même violence, vous êtes sûre que personne ne se serait posé de questions ?

Quant à la Une, je ne comprends pas pourquoi un artiste de la trempe de Saint-Laurent mérite moins la Une qu'un politiique (à moins qu'un couturier ne soit entaché du péché de frivolité)
A le dire et à l'entendre on se sens moins seul et finalement moins désespéré

au moins vous le dites avec talent

ça n'en est que plus jubilatoire

l'air du temps est une éternelle balance

le tout émotionnel laissera la place ou tout intellect

c'est une question de temps

il faut juste que votre lassitude se répende
Décidément Judith, je suis rarement d'accord avec vos analyses. Je comprends votre révolte sur les faits évoqués, par-contre rien n'oblige à regarder ce bourrage de cranes !!! ce que je fais d'ailleurs !!! D'autres sources d'information existent, dont notre nain s'inquiète parait-il ?!!

Pour cette jeune fille poussée au divorce par le poids des traditions, je trouve sain de s'en emparer, la pièce ( le monologue du vagin ) me semble opportun !!! pourquoi pas sur la chaine publique à une heure tardive ?

Pour les autres faits malheureusement divers, dont j'ai du mal à en accepter le qualificatif. Cela permet d'éviter les débats de société dans un Pays où de l'avis général et avoué de notre manipulateur génial, heureux en amour. Jamais !!!! vous entendez jamais !!! cela n'a été fait.

Parle t' il du manque de débat que mériterait tant de réforme ou de réformes sans débat nécessaires à ce Peuple ingrat envers son président aux sept cerveaux ? dont nous semblons indignes de comprendre, d'admirer le génie !!!!
Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec vous.
Sur l'affaire de "l'hymen disparu", si les commentaires ont été aussi nombreux, c'est peut-être que l'enjeu dépasse le Droit strict :
Bien sûr, pour l'ex-épousée, le mieux semble être que l'affaire s'arrête là : elle est libérée du grossier monsieur.
MAIS : il existait la solution du divorce par consentement mutuel. Et personne n'aurait trouvé à y redire.
Le choix de la procédure d'annulation apparaît alors comme une tentative d'activistes religieux d'introduire dans la loi de la république des interdits religieux.
L'activiste est musulman dans le cas d'espèce, mais on a vu des catholiques utiliser la même stratégie pour faire interdire par exemple des films, des livres ou même des affiches publicitaires au motif qu'ils seraient blasphématoires.
Bien sûr, parmi les indignés, tous ne sont pas de bonne compagnie. Mais il en est de même dans le camp de ceux qui approuvent.
Et surtout, nous devons rester vigilants : la laïcité est menacée en ce moment.
Pas seulement par l'Islam.
PS : j'aurais aimé que le scandaleux discours de Latran provoquât (?) le même émoi.
Oui, bah... c'est pour ça qu'on est là, hein...
Bel article ! Une objection cependant, au sujet de l'hymen absent. Les voix se sont élevées aussi pour que ce jugement ne fasse pas jurisprudence, c'est pour protéger l'honneur de femmes risquant d'être confronté à cette aventure que l'on a sacrifié l'intimité d'une femme, et aussi pour clamer la liberté des femmes a disposer de leur corps. Parfois, le collectif doit prendre le pas sur le particulier.
Je comprends à 100% votre désespoir.

A mon sens, dans les médias français pour ce qui est de l'information quotidienne, je vois deux ilots de résistance:
1) Les journaux de France Culture, particulièrement de 18h à 18h30.
2) ARTE info à 19h45 tous les soirs (mais trop court).

Si d'autres connaissent d'autres bouées de sauvetage, merci de me les indiquer.
Personne pour mesurer qu’il s’agit là d’une affaire tout à fait ponctuelle, individuelle, ne risquant pas de s'ériger en fait de société ou en exemple – sauf évidemment à en assurer la publicité comme on vient de le faire.

Rien de ce qui touche à la justice n'est une affaire privé, ne serait-ce que par la notion de jurisprudence.

Il importe donc peu, pour ne pas dire pas du tout, pour que nous en discutions dans le domaine public (pas dans les média spécifiquement, cf. votre chambre du BBB où j'ai initié le débat sur cette question), que cela soit une affaire privé, une demande d'annulation de mariage dans un couple.

Car, que cela s'ébruite ou non, cela figurera de toute façon dans les textes de loi et ceux qui voudront y avoir recours sauront en faire usage, si ce n'est de la publicité.

Alors, non, faisons un vacarme pour montrer notre opposition, que cela soit à cet islam-là ou simplement à ce prétexte inadmissible de rompre une union, peu importe. Mais surtout ne nous arrêtons pas en route, allons jusqu'à ce qui fait problème, le fait de devoir expliciter son geste, celui de la rupture, de devoir le légitimer par rapport à un grief. C'est cela l'archaïsme, puisqu'il implique un jugement, là, où le simple manque de désir devrait suffire à pouvoir tourner les talons..

G.A. sur le BBB rappelait que la loi servait à protéger le plus faible (comme Dati), le plus démuni "matériellement" dans un couple, mais il n'est pas ici question d'un point matériel, même si l'hymen peut parfois se toucher du doigt.

Si la loi n'a pas à dire ou à approuver les raisons qui vous pousse vers l'autre, elle n'a pas symétriquement à approuver les raisons qui vous en éloignent, elle a juste à vous le permettre, avec un consentement mutuel ou unilatéral, peu importe, ce n'est pas là-dessus que doit s'établir le partage des richesses matérielle du couple.

Pour ce qui est de la une nécrologique, je suis un lecteur de la presse régionale, je sais donc par expérience que la PQR n'est qu'un vaste recueil nécrologique, des personnes connues, au niveau locale, nationale ou internationale, des personnes inconnues, et enfin, des amis et de la famille. J'ai appris à faire mon deuil de l'information dans ce genre de journal. Libé est-il une exception, oui... je n'y lirai pas la mort de tante Ginette que je n'ai pas revu depuis 30 ans.

yG
..."Nous avons d’ailleurs tous compris qu’il s’agissait moins de défendre les femmes que de pointer du doigt les dangers de l’Islam".

Sur quoi basez-vous cette affirmation concernant l'ensemble des médias ?
Et lorsque sur le BBB, vous témoigniez, avec effroi, du nombre croissant de femmes voilées rencontrées sur le chemin de votre collège, ne pointiez-vous pas vous aussi, à votre manière, "les dangers de l'Islam" ?
Bien d'accord avec vous.

On avait depuis dix ans la télé-réalité.
J'ai comme l'impression que ce concept s'est élargi et concerne aujourd'hui tous les médias (télé, radio, journaux, mags et Internet en partie) : les médias-réalité disent tout, montrent tout, dramatisent tout, "sensationnalisent" tout. Y compris ce qui est privé, ce qui est obscène.
Est-ce une demande de la société toute entière ou bien une stratégie marketing délibérée employée par les médias pour attirer (par l'émotion, le sensationnel) de nouveaux publics ?

Hypothèse : Si c'est la société qui a vraiment changé, et qui en a fini avec la catharsis, comment l'expliquer ? Depuis quand ? A cause de qui, de quoi ?
La mutation des moeurs, des valeurs ?
La société de consommation ?
L'individualisme et le changement du rapport à l'autre ?
L'autre => objet de divertissement ?
Une crise plus profonde ?
?

Si vous avez une idée, ...
Chère Judith
Vous dites que "vous détourner des médias (...) est un paradoxe auquel vous ne pouvez vous résoudre ".
Mais en quoi est-ce un paradoxe, si vous vous détournez de ceux pour lesquels l'émotion est à la fois l'alpha et l'oméga, les faits n'étant plus analysés en vue d'une compréhension, d'une remise en contexte, d'une prise de recul indispensable, d'une recherche de la "juste distance", si vous vous détournez, donc, pour sélectionner ceux qui prennent en compte le plus lucidement possible les émotions suscitées par les événements afin d'assoir leurs réflexion, afin d'offrir autre chose qu'une émotion aussitôt ingurgitée, aussitôt régurgitée ??? Emotion, qui plus est, se rattache à des événements sans hiérarchie d'importance... L'exemple actuellement vient "d'en haut" !!!!!
Dans les années 80, deux séries d'événements m'ont poussée à prendre ce recul que j'ai ressenti comme vitalement nécessaire :
1) Quand Mitterrand a été élu, le Nouvel observateur auquel j'étais abonnée, s'est transformé en journal de Cour et ses chroniques se présentaient comme des informations essentielles sur le plan politique : je me suis désabonnée sans état d'âme.
2) Je n'ai plus le souvenir précis des événement internationaux dont je me suis rendue compte que le traitement par les médias radiotélévisés provoquait en moi des bouffées d'angoisse que je n'avais pas en dehors de ces "informations" : depuis je n'écoute plus les infos à la radio, ni ne les regarde à la télé (sauf de temps en temps sur Arte).
Je ne m'en porte plutôt mieux, et les infos je les trouve ( même en temps légèrement décalé) sur des médias papier soigneusement choisis, sur le net, soigneusement sélectionné, et parfois en écoutant des débats style C' dans l'air, ou le Club de la Presse ...Je n'ai pas le sentiment d'être mal informée même si certaines informations peuvent m'échapper dans un premier temps... Bien sûr dans ma vie quotidienne je ne suis pas confrontées à des supermans politiques, ou autres "iques"... mais j'en sais assez pour aider certaines personnes à lutter contre la dictature de l'émotion.
Bien à vous et merci de nous apporter vos "états d'âme"... C'est un supplément qui n'a pas de prix aujourd'hui quand sa finalité est un appel à la réflexion.
Je vous trouve quelque peu péremptoire lorsque vous dites:

[quote=Judith Bernard]Aucun décès, sauf celui d’un homme d’Etat dans l’exercice de ses fonctions, entraînant des conséquences immédiates sur la vie d’une nation, ne devrait accéder à cette place. Qu’il s’agisse de Carlos (le chanteur), ou de Robbe-Grillet (l’écrivain).

Personnellement, j'ai été ravi des unes de Libé sur Bergman, Antonioni ou Claude Simon (et d'autres encore). Il est des hommes et des femmes dont l'oeuvre est si grande que leur mort mérite à mon sens la Une; la disparition d'un grand artiste est quand même le signe que les chefs-d'oeuvres qui nous ont fait vibrer, qui ont éveillé des consciences et nous ont emplis d'émotion sont désormais orphelins de l'esprit qui les créa. Il me semble utile et nécessaire qu'à l'occasion de leur mort l'on revienne sur ces parcours créateurs, quand bien même les dits artistes auraient cessé depuis longtemps leur activité (et dans les exemples que je donne, ce n'était pas le cas). Il est vrai que je suis plus circonspect quant à la Une sur Saint Laurent, mais je ne vois pas de raison de faire à partir du refus de cette Une une règle générale valant pour toute disparition, celle d'un chef d'Etat en exercice exceptée.
Je sais pas si j'suis hors sujet ou non, mais je m'étonne toujours de voir à quel point les fait divers occupent à ce point la une des médias. Je comprend l'émotion que suscite la mort des gamins dans le car scolaire, mais après tout c'est un accident, y'en a toujours eu et il y en aura toujours. De même pour le procès ou pour les affaires de pédophilie, y'a des types qui pètent les plombs, encore une fois y'en a toujours eu et y'en aura toujours. Discuter de ca ne sert strictement à rien et ne fait rien avancer.

En tout cas ca m'ennerve de voir des sujets aussi "inutiles" et pardon pour ceux que ca choquerai, voir occuper autant de place dans les medias. Et je pense pas que ca aide beaucoup les victimes et/ou personnes concernés tout ce matraquage médiatique.
La presse a été unanime dans cette histoire, à dénoncer le jugement, à demander qu'il soit cassé.
Depuis quelques temps, je me méfie de toute forme d'unanimité.
Quelques exemples : l'unanimité à saluer la candidature d'Obama : pour moi, il s'agit d'une faillite - de plus - de la politique et des médias, on salue en fait un coup marketing, l'apparence d'un candidat, et c'est une nouvelle façon de masquer l'inexistence des questions de fonds, du vrai débat politique aujourd'hui disparu des colonnes des journaux au profit des histoires de personnes.
l'unanimité des média à demander à ce que la redevance soit relevée : on oublie simplement de préciser que cet impôt indirect, puisque non indexé sur le revenu, est profondément injuste, alors que ce serait le bon moment pour poser la question de la politique fiscale.
L'unanimité - habituelle - à saluer la "baisse record" du chômage : on oublie simplement de préciser qu'est aujourd'hui considéré comme emploi n'importe quel quota d'heures, peu importe qu'il soit cumulable ou non, et qu'il permette ou non de vivre : à quand la mendicité considérée comme un emploi occasionnel ?

Donc, unanimité, mon cul !
Très juste. Une colère fort à propos.
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