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Tuerie au Kenya : montrer ou non les photos des victimes ?

Est-ce que vous partageriez des images d’une tuerie dans une école américaine ?" Deux jours après l’attaque islamiste dans une université kenyane à Garissa qui a fait 148 morts, médias et réseaux sociaux s’interrogent sur la diffusion des photos de la tuerie, particulièrement crues.

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Plus personne n'a réagi, j'ai l'impression d'avoir coupé la parole aux gens avec mon slogan, désolé ...
Le plus important:
JESUISKENYAN
Si on trouve admissible de montrer des photos des victimes des attentats du Kenya, alors il faut aussi montrer les photos de Charb, Cabu et leurs collègues gisant dans leur salle le 7 janvier. Ne nous a-t-on pas montré les corps de certains policiers?
Derrière la technologie qui se développe à grands pas, il faudrait des cerveaux d’utilisateurs mis à jour régulièrement.
C’est sur ce point que j’ai des doutes.
Le crash d'un avion d'une compagnie européenne dans les Alpes de Haute Provence, en boucle partout dans les médias. Normal évidemment mais 148 morts dans une université au Kenya et l'info est très peu reprise alors que là, on s'attaque au savoir, à la connaissance et à la liberté. Nous sommes tous concernés et pourtant, l'information en général donne plutôt l'impression que tout le monde s'en fout.
Si le seul moment où on en parle est de savoir si on doit montrer des cadavres ou non, dans ce grand bordel du tout, on est tous tombés bien bas.
Je viens de lire un article intéressant sur le sujet dans Le Monde : http://mobile.lemonde.fr/international/article/2015/04/05/le-kenya-pleure-ses-enfants_4609922_3210.html?xtref=acc_dir
Si je comprends bien la structure, on a une accroche émotionnelle puis un aiguillage vers des explications rationnelles.
J'ai bien l'impression qu'il s'agit du même ressort avec les images de cadavres (l'accroche émotionnelle) avec une différence sur l'émotion que l'on souhaite susciter : violence dans le cas des images de cadavres, compassion dans le cas d'images de jeunes femmes en pleurs.
Le côté choquant des images de cadavres par rapport à celles de jeunes femmes serait plutôt lié à notre pudeur (culturelle) envers la mort.
Dans les deux cas, on accroche le lecteur/téléspectateur pour une question commerciale (viens voir chez moi et pas ailleurs) sans se préoccuper des autres impacts sur le dit lecteur (recherche d'exutoir pour l'émotion forte).
Et enfin, on déplore de se retrouver avec des politiques de bas étage ...
Question simple : qu'est ce qui est respectueux de la dignité des personnes assassinées et de leurs proches ?
A mon sens, c'est de ne pas montrer leurs corps, qui représentent leur fin tragique mais pas qui étaient ces étudiants. Est-ce qu'on a montré les corps des étudiants norvégiens tués par Anders Breivik ? Je ne crois pas, non ?

L'argument "il faut choquer pour que les gens s'en préoccupent" ne tient pas, à mon avis. D'accord, des chiffres arrivant d'un endroit loin de chez nous ne touchent pas, au premier abord, il faut souvent quelque chose de plus pour que les gens soient touchés. Mais je doute fort que des images crues soient le meilleur moyen de toucher réellement les gens. Pour parler de mon expérience immédiate sur ce sujet précis, je suis allée faire un tour sur mon Facebook où cette actualité figurait pas mal, et j'ai vu des photos des corps repostées par je ne sais pas qui. Mon estomac a fait un bon, mais soyons clairs - ça ressemble à d'autres photos d'autres charniers. ça choque mais ça ne touche pas. Moi, ce qui m'a touchée dans les informations que j'ai lues, c'était d'apprendre que c'était des étudiants qui avaient été attaqués, des jeunes qui étudient, qui ont l'avenir devant eux, ce qui n'a aucun sens.

De voir les corps de ces jeunes, ça n'apprend rien sur eux, ça ne provoque pas plus d'empathie, ça les réduit à ce que les cinglés ont fait d'eux. Lauren Beukes a raison sur toute la ligne, ce qui a du sens, c'est de parler de qui étaient les victimes.

C'est d'autant plus vrai dans le cas de ces photos qu'il ne s'agit pas de photos de photographes. Les photographes de guerre montrent parfois des corps, mais on remarquera qu'en général, ils savent ce qu'ils font, c'est à dire qu'ils montrent des éléments qui font que le choc de la présence du corps n'empêche pas de réfléchir à qui était la personne photographiée, préserve sa dignité. On peut discuter des photos individuellement (ça peut ne pas toujours être vrai), mais la démarche générale est celle-ci.

Je ne pense pas que ça fasse beaucoup avancer le schmilblick de montrer l'horreur sans filtre dans le débat public. Ceux qui la vivent en ont déjà suffisamment à vivre, et les autres ne réfléchiront pas mieux d'en avoir un aperçu. Sans compter l'effet de cumul : si à force de montrer des photos d'horreur on a des gens à qui ça ne fait plus rien, on aura tout gagné.
1) "Peut-être que les pro-armes aux Etats-Unis la ramèneraient moins face à des photos des corps de gamins de 15 ans".
2) aucune photo de la tuerie de Sandy Hook n'était disponible
Est-ce que, par hasard, le 2) ne serait pas une conséquence du 1)?
Ca se discute en effet... Peut être que montrer des images de tueries aux USA aurait un certain effet... Dans le cas présent, au niveau français en tout cas, il semblerait que ce massacre ait eu un traitement médiatique assez minimal... Donc si ça permet d'en parler davantage... A moins que "je suis Charlie" tel le nuage de Tchernobyl s'arrête à nos frontières...
Pour et contre.
Contre : ce serait plus interessant de savoir qui étaient les victimes, leurs rêves.
Et il ne faut pas que de jeunes enfants puissent voir ces photos.
Pour : citer le nombre des victimes sans montrer la réalité de l'horreur, ça fait très statistiques et score de jeux vidéo spécial daesh...
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