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Tomates et insurrection, d@ns le texte

C'est un court texte, qui traite de la culture des tomates. Et de Blanqui. Et de Michelle Alliot-Marie. Et de l'insurrection. Bref, c'est un OVNI littéraire, qu'a publié Nathalie Quintane, sous le titre "Tomates", chez POL. Un texte sans plan pré-défini, écrit en quelques semaines, qui avance selon sa propre énergie, un peu erratique, mais toujours inspirée. Cet OVNI a tapé dans l'oeil d'Hubert Artus, qui ne connaissait pas Quintane auparavant. Cela devait donc finir par une émission, qu'anime pour la première fois Hubert (mais que les fans de Judith se rassurent, ils la retrouveront très bientôt).

Derniers commentaires

Fichier 'DLT_2010-11-02_QuintaneDansletexte.avi' non trouvé !
Plus moyen de télécharger l'émission?
Une des plus belles choses que j'ai entendu depuis des années.
L'emission commence comme une emission du site d'asi pour "montée" vers une ecoute , des silences , un respect mutuel entre les participants et , finalement , un vrai debat/dialogue ou tout ce que peu le net est veritablement reveler.

Enfin des mots , des idées et des livres.

Bravo a vous trois.

Exceptionnel.
Emission rare qui m'a conduit à acheter Tomates qui est un petit bijou par les temps qui courent.
bonne émission; invités de marque mais Judith et la pertinence de ses questions me manquaient un peu tout de meme.
Merci de nous avoir fait découvrir Nathalie Quintane. Voici, pour mémoire et si je ne me trompe pas, la réponse de Julien Coupat au Monde paru le 25/05/09 dont il est question à l'acte 3 de l'émission.

"La pensée n'est pas délinquante" (Bunuel, La vie criminelle d'Archibald de la Cruz).
A la page 75 de "Tomates", suite à une réflexion sur le concept de "peuple", après avoir cité Auguste Blanqui, Nathalie Quintane cite un auteur contemporain, Jean-Paul Curnier. Visiblement, Nathalie conteste le propos de Curnier et elle illustre son désaccord en réécrivant un passage, a contrario. Ce débat entre les deux auteurs a donné lieu par la suite à une correspondance intéressante qui est publiée en annexe.

Voici le passage cité à la page 75 :

"Le peuple n'existe plus, c'est l'individualité sérielle de masse qui l'a remplacé. [...] Le peuple, ce n'est pas le peuple matérialisé par la masse humaine mais la possibilité toujours ouverte qu'un peuple "soit" . Or cette possibilité a disparu : le peuple - les peuples ont été dissous [...] Que tout se gouverne à la peur, que tout s'exprime dans le vocabulaire de la sécurisation et que tout soit aligné sur cet horizon ne fait plus guère de doute pour personne." (in Le Commerce des charmes, Jean-Paul Curnier, éd. 104/Lignes 2009 p.19)

Ce à quoi N.Q répond : "Le peuple existe. L'individualité sérielle de masse ne l'a pas remplacé... etc..."

Les différentes précisions qu'apporte Curnier en annexe me semblent très intéressantes et valent le détour .
merci pour ce moment de paroles authentiques, cette rencontre avec ces deux magnifiques personnes, bravo au présentateur pour sa délicatesse et sa sensibilité visible, qui semble avoir fini par s'abandonner aux silences et regard éloquents de ces deux invités, par se laisser prendre par la main sans savoir trop où ils allaient.
Eric Hazan est à la fois impayable dans sa posture sybilline au cinquième degré, et débordant d'humanité et de présence.
Nathalie Quintane ne cherche pas à faire l'écrivain qui sait quoi penser et répondre, elle est réjouissante de naturel.
Merci pour cette rencontre par écran interposé qui me redonne la pêche !
Bonsoir,

Merci beaucoup Hubert pour cette émission,

Tout d'abord, bien qu'ayant quasiment regardé tous les D@ns le Texte, la dernière émission que j'ai regardé c'est celle avec Virginie Despentes, émission que j'ai beaucoup aimé même si je ne pense pas que j'aimerais ses livres.

Cet été sur France Inter, je vous ai écouté dans l'émission d'Ali Rebeihi et il n'a jamais cité Arrêt sur Images, aussi je pensais que votre collaboration avec @SI était finie aussi j'ai été étonné de vous voir et en tant qu'unique chroniqueur vous vous débrouillez très bien, vous savez écouter et vous supporter les silences qui sont si rares désormais.

Ce livre qui, à vous entendre tous les trois est formidable mais, je n'ai pas ressenti la joie qui est d'après vous dans le texte. Et malgré cela, j'ai l'impression que c'est l'un des meilleurs dans le texte que j'ai jamais vu!

L'image que j'ai préféré et que je vais essayer de ne pas oublier c'est celle des lapins duracel!

--
Stéphane

<http://pasdenom.info/fortune>

Qui donne aux pauvres, prête à Dieu.
Qui donne a l'état, prête à rire.
-+- Tristan Bernard (1866-1947) -+-
C'est quand il commence à intellectualiser les choses que le révolutionnaire s'embourgeoise.

Je ne sais plus qui a écrit cette ânerie ...
...heu ha si , c'est moi.

Bon au moins ca nous change des mutins de Panurge qui arrêtent de manifester après 18H et pendant les vacances.

tiens d'ailleurs , not'président de l'Union des Menteurs Professionnels vient de remercier les syndicats pour avoir canalisé l'insurrection qui venait.
Quelle émission passionnante... Hubert Artus est un modèle "d'accoucheur" respectueux qui laisse ses invités s'exprimer jusqu'au bout, qui ne leur coupe jamais la parole, qui écoute ce qu'ils disent... Il y a des silences, des mots qui se cherchent et on est pris à cette lenteur, à cette pensée qui se fait devant nous. On veut la suite...
Labellebleue
Un peu imbue d'elle-même la Nathalie Quintane quand même... Beaucoup d'affirmations sèches sur la littérature, sur l'époque actuelle assénées doctement et avec un peu de dédain sans en expliquer le fond, sans développer sur le(s) concept(s) du livre.

En tout cas je n'ai pas été "éclairé" par cette émission comme les @sinautes des commentaires précédents.
Grande éclate. J'ai même adoré les silences, c'est dire.
Satisfaction de me coucher moins con aujourd'hui, on peut pas en dire autant tous les jours :p
Hubert était très bien dans cette émission qui,comme toujours est pour moi la meilleure d'@si,mais,est-ce que Judith part?Va-elle revenir?Encore un homme,toujours des hommes!non,au moins une émission tenue par une femme!
Bravo Hubert, d'avoir tenté le coup. Très bonne émission, qui convient bien à votre érudition et à votre recherche.
La littérature mainstream m'emmerde prodigieusement, donc je ne lirai pas Tomates, surtout qu'en plus, vous avez dit que ça n'avait pas de structure. Donc niet. Mais le débat était tout de même passionnant.

J'ai conclu de toute cette intéressante discussion qu'il s'agissait d'ne resucée post-situationniste du Candide de Voltaire et donc une illustration de "Il faut cultiver notre jardin", le lapin Duracell étant le versant élevage de cette pensée.

Je veux bien croire que ce livre est merveilleux, mais vu de ma chaise, ça ne le fait guère.

Chacun son truc.

Mais vos invités étaient sympathiques, intéressants, et antisarkozystes, ce qui ne gâche rien.
Je ne vais pas revenir sur ce qui à été dit, mais trés rapidement je voulais féliciter Hubert Artus, qui s'en tire plutôt bien pour une première "Alone" et ça n'est pas peu dire vu que l'exercice est délicat.

Une émission assez extraterrestre, tout comme Tomates finalement. Un rythme lent, des intervenants qui cherche leurs mots, et parfois qui ne savent pas vraiment quoi répondre aux questions.

Et pourtant il se passe un truc. Du silence oui, mais pas vraiment de vide. Et une conclusion passionnante.

A propos du "plan" préparé par Hubert, j'aurais tendance à dire que ce n'est pas vraiment grave si il n'a pas été suivi par les invités puisque l'émission dicte son propre plan qui se révèle de lui même. Le résultat me convient parfaitement.

Quand à l'erreur finale d'Hubert, elle n'est pas très importante mais sa réaction en off aura eu le mérite de m'arracher un fou rire comme on les aimes.
D'habitude je me dis exactement l'inverse : "cette émission évite l'écueil de l'émission littéraire ronflante qui fait tout pour faire fuir le spectateur."

Mais là, je ne sais pas si c'était à cause de l'animateur, des invités, ou du Lexomil qu'ils ont pris avant de venir, mais quand bien même le sujet m'intéressait, je n'ai pas pu tenir jusqu'au bout. Il était plutôt assez pathétique de voir des gens aussi mous et sinistres parler de "fête" et d'"humour". On se serait cru dans un sketch des Inconnus. Et si l'argument du "ah ça nous change de la peur du vide à la télévision" peut se tenir, là on se vautre largement dans l'extrême inverse... Franchement ça n'aurait rien couté de plus de dire la même chose avec un peu plus d'entrain. C'est pas parce que tu tires la tronche que tu as l'air plus intelligent.

Mais je ne fais pas partie de ces gens formidables et si peu superficiels qui sont attirés par "la beauté intérieure" d'abord. A intelligence égale, je préfèrerais toujours une jolie fille à une moche. Ca doit être pour ça.
si le fait d'alterner la présentation de l'émission avec Judith Bernard
permet de fournir d'autres émissions aussi belles et pointues,
alors vivement la suite !
bravo à vous
L'ami Hubert Artus a un blog sur rue 89, ça s'appelle "Cabinet de lecture".
C'est là.

Vous pouvez écouter sa chronique sur "Tomates" ici.

Mais ce petit cachottier en a fait d'autres :

Sur Virginie Despentes et son formidable "Apocalypse bébé"

Et évidemment sur "l'indéracinable Houellebecq aura t-il le Goncourt"...... Un article où finalement on s'aperçoit que l'attribution des prix littéraires n'a pas grand chose à voir avec le talent...
Une émission anti-lapins Duracell, passionnante et réjouissante. Merci.
Pourquoi avoir mis tant de temps avant de diffuser cette émission ?
Effectivement ca hésite et ca piétine parfois, Hubert n'arrive pas toujours à stimuler la parole des invités comme Judith dans ses meilleurs moments, mais au final ca fait une bien belle emission, qui donne véritablement envie de se plonger dans le texte. Je vais sans doute moi aussi me procurer des Tomates. Merci à Hubert pour l'idée de cette rencontre et son travail.
Quand on commence à accepter de "mal écrire" alors on commence peut-être à écrire....( Nathalie Quintane)

à mon age, un peu bêtement, je ne lis que des choses qui comblent mes lacunes...(Eric Hazan)

Une émission littéraire (mais oui!) où l'on ne parle pas de Houellebecq six jours avant le Goncourt.
Merci @si
Il y a des passages à vide dans l'émission,
mais prise dans son ensemble elle devient
complètement magistrale ! Excellent, merci.
Un peu hors-sujet, mais on ne peut toujours pas répondre aux vite-dits: une autre forme de révolte: suite aux manifestations étudiantes d'hier, 40 étudiants occupent aujourd'hui un bâtiment d'une université de Manchester: ils exigent d'examiner son budget prévisionnel, pour se rendre exactement compte des effets qu'auront les baisses de budget public. Ils sont soutenus par un syndicat enseignant. On leur a proposé de recevoir une délégation de 3 étudiants, mais ils veulent que le groupe entier entre voir ces dossiers.
http://www.guardian.co.uk/world/2010/nov/11/student-protests-demand-accounts
Eric Hazan a pris la teinte de circonstance : rouge tomate !
ah ah
Émission intéressante, exigeante et qui prend son temps, merci à tous les trois.

Une petite confusion sur les sept cercles, associés à l'Enfer par Hubert, cercles qui sont en fait neuf.
C'est la montagne du Purgatoire qui est dotée de sept corniches.
Si je ne me buse.
Si je me trompe, j'écrirai sept fois la lettre P...
Très bonne émission... Je vais m'empresser de lire Tomates mais aussi Criminel par Infamie et Fallait pas et etc.
Chouette le retour d'Hubert ! Deux animateurs en alternance pour doubler la périodicité de l'émission. Bonne idée.
Bonne émission en plus.
Formidable émission. Et bravo à Hubert Artus, qui a laissé le temps au temps. Eloge de la lenteur, on écoute aussi les silences, pour réfléchir et pour dire.

C'est vrai que ça nous change de ce monde de "lapins Duracell", vraiment une belle image de nos politiques, que l'on voit s'agiter dans tous les sens, pour rien, sur rien.

A l'arrivée, j'ai beaucoup appris. Et surtout, ça m'a donné envie de continuer à résister. Et de lire Tomates, évidemment. Car la littérature est une fête, et on en a sacrément besoin.

Ce serait bien de nous donner les liens dans la suite de l'émission, et notamment sur la chronique faite par Hubert Artus.

Voici en tous cas le lien sur le blog commun entre Benjamin, "épicier terroriste", et Maka, un des jeunes de Villiers le Bel :

Fallait pas nous mettre dans la même prison

Lettre de Maka et Benjamin
Pas arrivée au bout... mais je n'aime pas qu'on me "parle" de littérature. Je préfère la découvrir seule, dans le silence de ma chambre.
Néanmoins, j'ai très envie de lire "Tomates" !
Quant aux liens proposés par Gavroche, bravo et merci ! Encore un blog qui nous aide à prendre conscience que nous nous enfonçons petit à petit dans "leur" monde, (aux lapins Duracell) policier, contrôlé, où ils pourront agir selon leur bon vouloir et faire trimer le petit peuple jusqu'à la mort...


Voici en tous cas le lien sur le blog commun entre Benjamin, "épicier terroriste", et Maka, un des jeunes de Villiers le Bel :
Fallait pas nous mettre dans la même prison
Lettre de Maka et Benjamin


brrr je sais pas où tu as trouvé ce blog Gavroche, mais ça donne envie d'aller taper dans le tas !
celui des racistes et intégristes qui squattent nos ministères en ce moment, soumis à l'autorité d'un mec qui n'en a définitivement rien à faire de la démocratie !!!

en ce moment je ne supporte plus le bavassage des journaleux parisiens qui se cantonnent à hocher la tête dans la direction exigée par l'Elysée !!
ils nous bassinent à longueur de journaux sur le remaniement dont tout le monde, à part eux, se fout totalement, au lieu de nous redonner jour après jour les chiffres du chômage qui augmentent proportionnellement à celui des bénéfices des actionnaires du Cac 40 !!!

à ce sujet, j'ai vu, l'autre soir en zappant sur Calvi, un Beigbeder tout méprisant face à Eva Joly !
sans honte il lui a balancé une phrase qu'il voulait culpabilisatrice (à côté d'une MORANO d'ailleurs qui buvait du petit lait !), du style qu'"il ne comprenait pas qu'elle ne se réjouisse pas du fait que les banques aient récupéré totalement de la crise ; elles font à nouveau des milliards de bénéfices et c'est tant mieux parce qu'elles les redistribuent vers le peuple en les réinjectant dans les PME ; de plus elles proposent à nouveau des prêts à taux intéressants !!!"
voilà le discours du Beigbeder grrr
des milliards de bénéfice, bref pour les banques la crise n'a jamais existé !!!
et d'ailleurs, la crise a t elle jamais réellement existé ? ou est ce l'Arlésienne qu'utiliserait l'Elysée depuis tous ces mois pour masquer leur incompétence abyssale !!

eh Beigbeder, si le peuple bénéficiait de la sortie de crise des banques ça se saurait, les PME recommenceraient à embaucher ce qui n'est visiblement pas le cas !
au contraire, ici par exemple c'est une raffinerie qui va fermer parce que PETROPLUS veut enrichir ses actionnaires encore un peu plus, alors on délocalise et ça fait 300 chômeurs de plus, sans parler des dégâts collatéraux....!!)

puisque le peuple ne peut plus compter que sur deux ou trois médias (et que les autres ne s'étonnent plus du manque d'intérêt de lecteurs ou auditeurs !!) il faudra bien que la fronde vienne à nouveau de lui !!

bon, m'en vas visionner l'émission, je me réjouis de retrouver Hazan et Hubert Artus....et de découvrir Nathalie Quintane !
Merci !
Hubert Artus
« Formidable émission. Et bravo à Hubert Artus, qui a laissé le temps au temps. Eloge de la lenteur, on écoute aussi les silences, pour réfléchir et pour dire »
Je plussoie Gavroche et commande le bouquin dans la foulée.
Très belle conclusion d'Eric Hazan « si on reste entre blancs, pas grand chose à espérer », ça m'a fait penser à cette chanson http://www.youtube.com/watch?v=I9eLeZS9OeY
Un début très blabla que je vous explique que qui comment. J'ai failli aller cultiver mes soucis, heureusement qu'il pleuvait trop. Excellent moment de littérature, où les artistes ont le temps de s'exprimer, où le modérateur est à leur (et notre) service et ne se sert pas d'eux (et de notre temps) pour se mousser l'ego. On parle littérature, forme littéraire, ce qui est rare, et l'auteur a la grande intelligence de s'en tenir à la seule leçon qu'elle peut donner, à ce qu'elle peut dire de l'écriture. Il est aussi rare d'avoir une telle conscience de ce qu'on fait et veut faire.

En effet, la forme artistique est par elle-même politique, gestion du temps, de la langue ; c'est vrai, il faut se méfier des révolutionnaires qui prennent grand soin à l'académisme de tradition dans leur expression, comme s'ils puisaient de la crédibilité dans ce qu'ils prétendent dépasser.

Il reste que la littérature de création (Nathalie Quintane) et que l'essai et ont des spécificités. S'il faut attendre de l'une qu'elle dépasse la langue de tradition académique, l'autre a d'autres contraintes d'efficacité... quoique... Ça donne à réfléchir.
Cette émission est un peu décevante ( télévisuellement parlant) , parce qu'authentique. Si les deux invités avaient joué le jeu du "parallèlisme", on aurait gagné en enthousiasme mais pas en vérité.La rencontre est par moments hésitante, hasardeuse, et on ne sait pas ce qu'on attend d'elle. La fin tombe à plat et non en une apothéose. Les noces de la littérature et de l'insurrection n'auront pas lieu en grandes pompes mais ils feront peut être de beaux enfants.
Une émission intéressante, avec un rythme très lent qui pourra rebuter certains (mais tant pis pour leur réflexion), très différente de l'énergie des deux dernières émissions présentées par Judith Bernard. Un baptême du feu bien difficile pour Hubert Arthus qui a apparemment eut des sueurs froides (nombreux regards un peu paniqué à DS en coulisses), quand il a réalisé que son "plan" de débat tombait totalement à l'eau, avec d'une part Eric Hazan qui trouve que les deux livres ne peuvent "pas se mettre en parallèle", et ensuite par l'attitude parfois peu réactive de Nathalie Quintane, qui explique finalement qu'elle ne peut pas répondre à chaud, qu'il lui faut passer par l'écriture.
Mais ce plan (au sens d'organisation préalable) initial de l'émission était de toute façon en contradiction avec le livre de Nathalie Quintane, qui comme cela a très bien été expliqué sur le plateau, a été écrit sans plan, mais en mélangeant de nombreux éléments évoluant normalement dans des plans (au sens spatial) distincts, mais ainsi "entrecroisés". Et c'est par cette structure déstructurée que vient l'intérêt de ce livre.

J'ai néanmoins été déçu de ne pas voir aborder le sujet du surréalisme. Nathalie Quintane explique (un peu péniblement) dans l'émission qu'elle a voulu faire "voir" les choses qu'on a sous les yeux tout le temps (00:11) sans les voir vraiment.
C'est à mon avis exactement ce que des surréalistes comme René Magritte ou André Breton ont fait en leur temps. Magritte a cherché à révéler l'étrangeté, la spécificité des "choses" par l'association incongrue entre elles dans ses tableaux. Dans ce sens, le texte de Nathalie Quintane (mais voir reproche suivant) ne me semble pas du tout novateur, il est juste remarquable par le fait qu'il prends en compte une réalité actuelle, qui est l'immixtion de la rhétorique politique comme éléments courant de la vie de tout les jours, qu'on ne "voit" plus à force.

L'autre problème de cette émission est le trop faible nombre de lecture d'extraits du texte. Après avoir vu l'émission, je ne vois toujours pas comment ce texte est, j'ai compris ce qu'il tente de faire et ce dont il parle, mais pas vraiment comment il en parle.

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Sur Coupat / L'insurrection qui vient, Eric Hazan dit que le procureur essaye de prouver que Coupat serait l'auteur de l'insurrection qui vient. Je viens seulement de réaliser : Mais si c'était le cas, serait-ce de toute façon un délit ou un crime ?

Cela m'a fait penser à Liu Xiaobo, qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix, et avec lequel j'aimerais faire ici un parallèle, en faisant un peu l'avocat du diable. Les tribunaux chinois l'ont condamné pour "suspicion of inciting subversion of state power".

Cette condamnation est (malheureusement) légalement justifiée (1), par le fait que Liu Xiaobo a reçu plus de 650$ sur plusieurs années (via l'Independent Chinese PEN Centre, Inc.) des Etats-Unis (via la NED, qui parait-il est une émanation de la CIA), pour militer pour changer le système politique en Chine, bien sûr pour plus de démocratie, mais (malheureusement) aussi pour instaurer des éléments très dangereux pour l'intégrité de la Chine, comme un système économique ultra libéral (2) (on voit ce que ça donne comme crises et inégalités...), ou encore pour un état fédéral (3) (et non laïc), choix qui sonnerait le glas de la Chine, compte tenu de son peu de cohérence, surtout entre LES différentes ethnies hans. Ces deux points font penser bien sûr à un "calque" des USA.

Par ailleurs, pour continuer à faire l'avocat du diable (i.e. être dubitatif envers Liu Xiaobo), un ancien haut dignitaire, qui avec d'autres se sont "découverts" publiquement comme étant pour la démocratisation (en disant qu'il faut commencer par abolir la censure), considère Liu xiaobo comme du groupe des "démocrates libérals" et ce vétérant dit qu'il serait "inquiet si ces gens-là arrivaient au pouvoir" (voir l'extrêmement intéressante interview réalisée par Jordan Pouille pour Médiapart).

Bref, Liu Xiaobo a été condamné pour incitation de subversion contre l'Etat chinois en intelligence avec une puissance étrangère, sur des bases malheureusement pas farfelues.
En droit français, il aurait pris jusqu'à 10 ans de prison (si c'est l'article 411-5), voire 30 ans (si c'est l'article 411-4).

Cela me glace que la France soit en train de faire la même chose que la Chine. Nos nations, et surtout leurs dirigeants, se sentent-ils aussi faibles, aussi fragiles, aussi faciles à déstabiliser, pour être ainsi imbibé de crainte (et le leur faire payer) envers des personnes défendant des changements importants dans nos sociétés respectives ?

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(1) je veux dire que ce n'est pas un "montage" judiciaire, i.e. ce n'est pas une erreur judiciaire imposée par le pouvoir. Malheureusement pour Liu Xiaobo, mais d'un autre coté on pourait aussi se dire qu'il a été soit naïf (voire idiot), soit il a voulu sciemment être un martyr, en se laissant ainsi subventionner par les USA.

(2) Charte 08, point 14 : "Nous devrions établir et protéger le droit à la propriété privée, et promouvoir un système économique de marché libre et honnête [sic]. Nous devrions abolir les monopoles gouvernementaux sur le commerce et l'industrie, et garantir la liberté de créer de nouvelles entreprises.
Nous devrions créer un Comité des entreprises d'Etat, responsable devant le Parlement, qui supervisera le transfert de la propriété de l'Etat vers le secteur privé d'une manière honnête, concurrentielle, et ordonnée."
En clair, la fameuse "concurrence libre et non faussée" associée à la destruction consciencieuse des services publics, telle que le met actuellement en place notre gouvernement et les instances européennes.

(3) Charte 08, point 18 : "Une république fédérale" : "Nous devrions nous pencher sur les conflits dans les zones des minorités nationales de Chine avec une ouverture d'esprit, en cherchant le cadre opérationnel dans lequel tous les groupes ethniques ou religieux pourraient se développer. Nous devrions viser, à terme, l'établissement d'une fédération de communautés démocratiques de Chine."
Eric Hazan semble être devenu un fournisseur officiel d'auteurs pour cette émission et c'est très bien ainsi. C'est étonnant tout de même de voir le fossé "sémantique" entre les invités et l'animateur. C'est ptet même ce qui permet de mieux comprendre la position de chacun. ;)
Continuez comme ça...
Emission passionnante, par le fonds et la qualité de parole. Merci pour laisser le temps au temps et aux silences, et à vous trois pour cette tonalité reposée qui laisse les idées cheminer et s'inscrire profondément. Je me précipiterai demain sur Tomates pour prolonger.
Pour ce que j'en ai perçu au travers de l'émission et des différents éclairages de ses trois participants, le texte de Nathalie semble exigeant et rare. L'émission m'a donné envie d'y aller voir. Merci et bravo.
Bonne émission. Et merci aux manifestants étudiants anglais.
Pour mémoire : Télécharger l'Insurrection qui vient un bon tuteur pour cultiver votre jardin, si vous n'avez pas le temps de passer à la librairie.
Bonjour,

Votre émission m'a fait une nouvelle fois penser à un article paru dans un ancien Plan B :

En novembre 2008, à Montauban, une dizaine de jeunes personnes nous ont donné la preuve qu'il est possible de s'organiser de manière autonome, sans qu'une élite "cultivée" ("au pouvoir" ou "dominante"), vienne lui apprendre comment faire.
Après avoir investi un local municipal abandonné, ils ont mis en place des manifestations culturelles et des débats, jusqu'à gagner la confiance des familles et des voisins. Ils ont même créé un potager en libre-service et gratuit. La mairie, soucieuse de cette naissance populaire, s'en est mêlée et a tout fermé...

Plus d'informations et de détails :

Blog : Etats du lieu

Journal : Le Plan B

Bonne journée et merci d'avoir publié cette émission, merci à ces importants invités.

JD
Ouh lààà ! Elle a sacrément changé de pilosité et de style de coiffure, Judith !
Merci pour cette émission !
J'ai découvert Nathalie Quintane avec Inventaire/invention, ses textes, sa lecture aussi à La Villette, lors d'un panorama inoubliable de la poésie contemporaine, organisé par la revue en ligne.

Alors, je ne suis pas étonnée qu'on la retrouve ici. Merci.

http://anthropia.blogg.org
comme disait Godard dans les années 70
"ne pas faire des films politiques mais faire politiquement des films"
Eric Hazan est toujours aussi juste: "un livre n'est pas politique dans ce qu'il raconte mais dans la manière dont il raconte les choses."
Tout est politique, rien n'est politique; finalement une tomate, un pavé, un drapeau ou un TGV ne sont que les instruments fortuits de la volonté de certains.
merci pour cette super surprise !
Nathalie Quintane ici !

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