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Super Sarko face à Human Bomb : les réécritures successives de l'épopée

Ah, quelle belle affiche ! Souvenez-vous du face-à-face entre Super Sarko et Human Bomb. C'était en 1993, un individu qui se faisait appeler Human Bomb avait pris en otage une classe de maternelle à Neuilly-sur-Seine et menaçait de tout faire exploser. Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly et ministre du budget dans le gouvernement Balladur, avait lui-même négocié avec "HB". Les pompiers présents sur place avaient filmé ces 46 heures de prise d'otages, et notamment Sarkozy portant à bout de bras les enfants qu'il avait réussi à faire sortir. La suite est connue : Erick Schmitt, alias "HB", est tué lors de l'assaut du RAID et Sarkozy, le sauveur d’enfants, a décollé dans les sondages après cette prise d’otages.Depuis 1993, plusieurs documentaires ont relaté l'épisode. Mais plus les années passent, plus les récits de cette affaire ont effacé les critiques à l’égard de Sarkozy. L'émission "Un jour un destin", diffusée le 27 avril sur France 2, atteint le comble du révisionnisme sur les épisodes les plus controversés du comportement de Sarkozy, qui s'est mis en scène en sauveteur d'enfants, et a failli tout compromettre en perdant son sang-froid.

Derniers commentaires

Cela fait des années, notamment pendant la présidence Sarkozy, que je cherche sur internet la trace d'un documentaire sur la prise d'otages de Human bomb avec intervention tardive et inconsciente du maire de Neuilly qui a réussi ,par je ne sais par quel tour de force à se faire passer pour un héros.
Je me souviens d'avoir vu ce reportage en noir et blanc, qualité d'image moyenne, qui, me semblait-il, était de John Paul Lepers (avant Sébastien Rochat?). Je ne me souviens ni de la chaîne, ni de l'émission (peut-être une émission de Karl Zéro qui n'avait pas froid aux yeux) mais je me souviens très bien que Sarkozy s'était imposé pour remplacer, dans les négociations le père de l'un des enfants otages (le premier enfant à être sorti parce qu'il a couru vers son père en le voyant à la porte).
A l'époque, j'étais restée éberluée devant l'autorité imbécile de cet homme qui avait failli faire échouer les négociations des premières minutes en prenant dès son arrivée la place de ce papa qui s'en tirait plutôt bien. Alors après, les bobards surréalistes de "Je suis votre ami"," je ne vous ai rien fait, moi", plutôt lamentable, tu pareles d'un négociateur! Je n'en croyais pas mes oreilles et, à une époque où j'ignorais totalement qui était ce personnage, je me demandais comment il avait pu être élu maire de Neuilly.
Dans ce film, on voyait bien comment il avait pris la direction des affaires, contre l'avis des policiers, en bousculant tout le monde et en disant "Je m'en occupe" ou "Je prends la suite". On voit ensuite comment il se fait remettre au fur et à mesure par une femme policier ou pompier, les enfants dans les bras pour sortir triomphant jusque dans la rue pour les remettre un à un aux parents, pendant qu'il laissait le ravisseur sans interlocuteur pendant les longues minutes que lui prenaient les aller et retour jusqu'à la rue.
Vous imaginez , alors que j'ignorais tout de cet homme, que si ces images et ces mots sont restés gravés dans ma mémoire, c'est que j'avais été très secouée par ce que je venais de voir.
Cela faisait quelque temps que je ne m'étais pas intéressée à la question et ce soir, je vois reparaître des traces (seulement des traces) de ce reportage où le courage de notre futur président a été scénarisé et réécrit (par ce super spécialiste créateur de "la force tranquille" de Mitterand avant qu'il ne vire sa cutie et adepte de "La Rollex pour tous"?).
Je n'ai pas vu les autres émissions dont il est question mais je constate avec plaisir que ma mémoire ne m'avait pas trahie et que l'histoire, introuvable avait bien été trafiquée. Je suppose donc que, depuis que nous avons changé de président, plus rien n'empêche la re-publication de ces images, mais, d'après ce que je lis dans les commentaires de 2011, on est encore loin d'avoir retrouvé l'édition originale, celle qui part du tout début de la prise d'otage (filmée par les pompiers, sans doute?), le travail de la police, le choix du papa (qui aurait dû être le vrai "héros"), bien avant l'arrivée du "sauveur".
Je vois aussi dans les commentaires, que je ne suis pas la seule à avoir quelques souvenirs précis.
On peut rigoler mais je connais au moins deux personnes qui ont voté Sarkozy(et qui voteraient encore pour lui) parce qu'il avait été tellement extraordinaire lors de l'affaire de Human bomb," même que Jean-Marie Bigard qui était sur les lieux avait bien dit qu'il avait été très courageux" (sans blague, je cite!). Et le pire, c'est que ces personnes ne me croient pas quand je dis que j'ai VU, de mes yeux VU ce reportage montrant qu'il avait bien failli tout faire capoter. Qu'aurait raconté le preneur d'otages si on l'avait pris vivant?
Peut-être avez vous d'autres compétences que moi pour retrouver la piste du document original in extenso, moi, je bute sur les extraits que vous
proposez qui sont sur la bonne piste et qui sont déjà bien intéressants.
Je recherche aussi en vain un reportage où Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, s'était adressé de façon absolument ignoble, méprisante au chef de la police de Toulouse (ou de la région), martelant que les policiers ne sont pas payés pour jouer au basket ou au foot avec les jeunes des" quartiers difficiles" et que ça allait changer( genre "tolérance zéro"). Je me sentais horriblement gênée pour cet homme face à tant d'arrogance (excellente idée pédagogique d'humilier un chef devant ses subordonnés...) et j'imagine combien il avait fallu de patience à ces policiers pour gagner la confiance des jeunes. Peut-être quelqu'un a-t-il une idée?
Exactement le genre d'article pour lequel je suis et resterai abonné à @si.

Le sujet en lui-même est intéressant (même si je comprends qu'on puisse atteindre la saturation avec M. Sarkozy... heureusement je ne suis plus en France, ça aide...). Mais c'est surtout l'illustration de comment le discours (ici télévisuel) sur un événement peut évoluer au fil des années, du pouvoir d'influence acquis ou perdu par un protagoniste, etc.
Je me demande d'ailleurs pourquoi le discours de M. Pasqua semble évoluer sur toutes ces années. Je pensais qu'il était fâché contre M. Sarkozy, apparemment il ne veut en tout cas pas, ou plus, le critiquer.
Le 2 mars 2011, Monsieur PUJADAS a présenté au journal de 20 H. de la chaîne publique de France 2, un dossier spécial intitulé « Louis Renault a-t-il collaboré avec l’Allemagne nazie ? »
Ce dossier fut entièrement consacré à blanchir celui qui fut l’objet d’une confiscation de ses usines décidée par l’Assemblée Nationale le 15 novembre 1944 pour collaboration avec l’ennemi. L. Renault fut emprisonné et mourut en prison.
Le 16 janvier 1945, Charles de Gaulle, soutenu par toutes les forces politiques et patriotiques de l’époque, signait une ordonnance instituant la nationalisation des usines Renault.

Voici un extrait de l’exposé des motifs :
"Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées NOTOIREMENT insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt."
La mairie de Boulogne sur ses panneaux publics consacrés à la mémoire des usines Renault rappelle d’ailleurs clairement ces faits historiques.

L’initiative de M.PUJADAS et de la direction de France 2 est un outrage à la mémoire de tous les patriotes morts pour la France, de tous les salariés de Renault arrêtés, torturés, fusillés pour fait de sabotage et de résistance à l’intérieur comme à l’extérieur des usines Renault de Billancourt et du Mans.
Sollicités pour exiger un droit de réponse, les services de M. PUJADAS ont sèchement refusé.
Pour plus d’infos :
www.historiographie.info/pujadasrenaultv2.pdf
« Emporté pour son élan, je crois qu'il s'est rendu compte... l'autre en face avait compris, qu'il le prenait peut-être pour un imbécile et il a pas apprécié du tout. Et à ce moment là il était tant d'arrêter », dixit le dernier témoin de la vidéo de M6 de 2011.
C'est marrant ça me fait penser à l'effet Sarkozy sur ses électeurs de 2007 et le futur échec de ce dernier aux prochaines élections de 2012.
Bonne enquête.

C'est quand même ahurissant que dans cette histoire Sarkozy
n'ait finalement été qu'un fouteur de merde du début à la fin !
Comment peut-on à ce point réécrire la réalité ?!
On ne lui doit strictement rien d'autre que l'aggravation de la situation.
Merci pour cette enquête. Je me rappelle de cette époque où on voyait N. Sarkozy comme un néo-libéral et comme un loup déchaîné. Et je me rappelle comment il s'est imposé face à J. Chirac lui demandant de choisir entre la présidence de l'Ump et le ministère de l'intérieur.

L'arriviste est maintenant 1er magistrat de France et j'ai l'impression que Human Bomb, c'est désormais lui-même tant l'auto-censure des journalistes-présentateurs influents à l'air importante aujourd'hui.

En tout cas, il fallait être inconscient ou téméraire pour donner des ordres à Human Bomb.
Quelle chance nous avons, nous Français, d'avoir à notre tête un chef aussi parfait, aussi altruiste, aussi courageux et déterminé.

Pensez si nous avions un chef imparfait, égoïste, inconscient et velléitaire. Ce serait la révolution.
Hi hi hi hi
@ Rémy

Vous résumez assez bien, la chance du peuple français d'avoir été choisi par la providence, se trouve dirigé par celui que le monde entier considère comme un être unique, humaniste, intègre, altruiste, le sens de sa vie uniquement au service des autres.

Cet Homme, dont malheureusement je n' ai pu voir le résumé de sa vie l'autre soir ( mon téléviseur refusa de fonctionner ) nous apporte chaque jour les preuves que sans lui rien n'aurait été possible. Il me faudra me résoudre à changer mon téléviseur .....
Des doutes sur la déontologie journalistique sur les chaînes nationales,on en avait déjà.Je n'ai surtout pas vu l'émission . Je suis outrée par ce qui est rapporté dans cette chronique. Le moteur de la propagande est donc le mensonge....Un héros ? Celui qui se fait protéger par des centaines de policiers chaque fois qu'il met le nez dehors.Celui qui va serrer la main des marionnettes UMP derrière les barrières ? Un héros ?
Non. Un homme rempli d'estime mal placée pour sa personne et qui espère faire croire aux français qu'ils peuvent encore s'offrir une perle rare. Sauf que la perle est fausse et que tout le monde le sait!
Il me semble que Lyon-Caen était furieux du dénouement, la mort de HB, alors qu'il était rentré chez lui, il me semble qu'il s'était épanché sur les antennes.
Merci de nous avoir rappelé cet épisode trop rapidement oublié. Très bon travail!
Nicolas Sarkozy, c'est avant tout un destin hors norme. Notre Président est né dans une modeste famille de Neuilly Sur Seine, d'un père immigré hongrois ayant fuit clandestinement les persécutions communistes. Ce père, épris de cette liberté retrouvée, n'est pas assez présent auprès de sa famille. La maman de Nicolas demande donc le divorce, et élève, seule, ses trois enfants. Nicolas souffre de l'absence de ce père, et de ne pas avoir sa maman qui travaille trop, pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Mais ces souffrances, plutôt que de le plonger dans la haine et la rancune, lui donnent sa vraie conviction : Nicolas est sur terre pour sauver la France de l'incurie socialo-communiste. Il prendra à la hussarde son fief de Neuilly, seul face à une opposition hostile et organisée. Au péril de sa vie, il ira sauver des enfants menacés par un fou. Peut lui importe de mourir, si le bien doit triompher. Hélas, les obstacles se dresseront encore face à lui, comme cette femme ingrate et infidèle, qui l'abandonnera alors qu'il est sur le point d'accomplir son destin, son oeuvre... Notre Président n'en montrera rien. Héroïque et impassible, il célébrera modestement son triomphe dans un restaurant parisien, avec le peu d'amis qui lui reste alors, avant d'accomplir sa mission, pour la France, pour les Français, pour l'humanité...

C'était le résumé de l'émission "Un jour un destin", pour ceux qui l'aurait manqué.
Je me souviens avoir entendu le Procureur de la République affirmer ne pas avoir été sollicité pour autoriser l'"exécution" du preneur d'otage. Préfiguration de la "tolérance zéro" si souvent revendiquée par l'ancien maire de Neuilly ?
Très bon papier.
Je rappelle que sur le dénouement de cette affaire on avait eu un témoignage d'un témoin direct ici-même (même si ça cause pas de Sarko).
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=174
Hé bien Bravo Sébastien de vous être frappé ce ...hum.. cette émission.
Cette prise d'otage en 1993 je m'en souviens bien, d'autant que j'étais déjà zinstit de préélem, j'ai salué intérieurement le sang froid de l'instit qui se trouvait prise là-dedans.
En revanche, au vu des images de celui qu'on nomme désormais 'machin' (après avoir usé de Shakeqi)(merci m'sieu Todd, kancékeu vous revenez sur @si?) je me suis dit illico, il m'en souvient:
"kicécefada? il va faire tout capoter!" (oui, chuis dans le sud)(et c'était la première fois que je voyais le machin).
Et tout, dans ses attitude, visage, façon de parler, m'effrayait.
Je n'imaginais pas une seconde que ce bestiau aux dents rayant le parquet allait avoir le destin 'démocratique' que l'on sait, même s'il était parfaitement évident qu'il en rêvait déjà.

Que l'histoire soit réécrite ne m'étonne pas, plus rien ne m'étonne venant de machin, et de sa clique de clinquants communicants et autres décomplexés du cynisme.
Je me souviens d'un commentaire dans l'ancienne version de http://www.arretsurimages.net/ d'une personne ayant assisté à la scène et racontant comment télévisions, Sarkozy etc savaient que HB allait se faire tuer dans son sommeil...
je ne veux pas en dire plus j'ai peur de me tromper mais je suis sur que DS s'en souvient il avait fait une sorte de billet disant qu'il ne savait pas quoi faire de cette information.
A creuser svp si possible
excellent!
"Un jour, un destin", diffusée mardi 27 avril 2011 ressemblait à une épitaphe.
Merci pour ce travail de synthèse et de mise en perspective.

Cette affaire et la façon dont elle été traitée par la suite en dit long sur Sarkozy, sur son entourage, sur ses équipes, sur l’appareil judiciaire, sur les médias. Sarko qui rééditera le coup avec les infirmières bulgares (à ceci près qu’il ne les a pas portées dans ses bras : il les a même quasi ignorées ensuite à Sofia)

Au fait, qui a nommé Pflimlin, le nouveau patron du si gentil Delahousse, postulant au titre de gendre idéal depuis que Drucker est empêtré dans les Alpilles ?

PS Malgré diverses objurgations, Marianne continue d’afficher le torchon de la dame Marteau sur la sexualité d’une victime morte. On se résignerait à la chose si Marianne était Détective, Entrevue ou Closer. Mais Marianne est le patron du Grand Magasin de la Vertu, avec leçons (notamment aux autres médias) de morale à tous les étages…
Pas regardé ce "machin"... plus aucun intérêt pour le mec (si tant est que j'en ai eu un jour).
J'avoue que je ne suis même pas surprise par l'enquête de Sébastien Rochat. Non pas qu'elle ait été mal faite, loin de moi cette pensée...
Juste que, plus je regarde la télé, plus deviennent évidentes les machinations, petits trafiquouillages-arrangements avec la vérité des producteurs-télévision.
Ils ont beau jurer leurs grands dieux que jamais ils n'ont subi de pression, c'est la pression de l'argent et leur notoriété croissante qui leur fait éliminer sans le moindre questionnement des pans entiers de la vérité.

Pour moi, la télé, c'est guignol : l'autre jour, la nièce de Drucker a plongé dans le ridicule grave en disant, au sujet de la mort de M.F. Pisier un truc du genre "à la surprise général car personne ne s'y attendait, Marie-France Pisier a été retrouvée morte dans sa piscine..." ! Morts de rire, avec mes amis, devant la téloche. La semaine précédente, même crise de rire en regardant un reportage de FR3 sur l'auteur d'un meurtre ou d'un cambriolage violent dont on montrait le portrait-robot fourni par la police : le mec dessiné avait un passe-montagne ! Ecroulés là aussi avec un certain @sinaute...

En fait, la télé, il faut absolument la voir au 4e degré, avec un esprit "à la Desproges" ou à la Groucho Marx pour la supporter. Sinon, mieux vaut faire l'impasse, surtout sur ces productions sarkoziennes qui s'en défendent.
Concernant cet épisode: comme le répétait à foison rama yade "En voila un qui mouille sa chemise".
On peut difficilement faire mieux dans le cirage de pompe.
L'on ne peut que recommander sur ce sujet, l'album "jeunesse" de Thierry Lenain et Sophie Dutertre, "H.B.” paru aux éditions Sarbacane en 2003
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