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Sarkozy, Aubry : Pujadas, intervieweur à deux vitesses

Deux interviews, un même intervieweur, deux styles.

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En comparant l’entretien du président avec celui, un mois plus tôt, de Martine Aubry dans son JT, le site de Arrêt sur images revient sur la pugnacité variable de David Pujadas. Face à la première secrétaire du Parti socialiste, l’interview se révèle « tenace, exigeante sur la précision des réponses attendues. » Et face à Nicolas Sarkozy, « Pujadas change radicalement de ton : il se fait plus coulant, bienveillant, et surtout, laisse Sarkozy digresser comme il l’entend. »

« La complaisance de David Pujadas mérite d’être récompensée », par Mathias Reymond, ACRIMED, 22 juillet 2010 http://www.acrimed.org/article3416.html
Je ne suis guère autorisé à parler du dernier interview de sarko, j'ai tout fait pour l'éviter. Néanmoins, je n'ai pu échapper à quelques extraits pour diverses raisons, l'une d'elles étant qu'un extrait de cet interview illustre cet article de Laure Daussy.

J'ai toujours été surpris à l'écoute des interviews faites par les journalistes de la BBC par la pugnacité de l'interviewer qui fait sortir l'interviewé de ses retranchements, en insistant parfois pour obtenir la réponse qui n'est pas venue du premier coup. Comme l'a dit quelqu'un sur ce forum, les interviews des présidents sont rarement le lieu d'estocades. Et cela vaut en Grande Bretagne aussi où le premier ministre interviewé fait l'objet d'un traitement de faveur. Par contre, je n'ai jamais vu ou entendu un interviewer britannique empêcher la personne interviewée de répondre comme Pujadas l'a fait avec Aubry. C'était un acharnement qui s'apparentait à de la goujaterie.

En Allemagne, l'interviewer et l'interviewé vont au fond des questions et réponses selon un timing parfait, chacun évitant comme la peste d'interrompre l'autre. Et ceci vaut pour tous les politiques du haut en bas.

Ce qui m'a par contre beaucoup étonné dans cette dernière interview, c'est la position des "belligérants". Pujadas, côté façade, sarko côté jardin, au point qu'on se demandait qui était l'invité. Je n'ai pas réussi à comprendre la raison de cet agencement, n'ayant pas vu suffisamment longtemps l'interview.

L'autre chose qui m'a étonné, ce fut les vues plongeantes et là encore, je n'ai pas compris l'intérêt de ces prises de vue qui transformaient les chaises design en vulgaires chaises de cuisine lorsqu'elles étaient vues de haut.

J'aimerais avoir l'avis de ceux qui ont enduré l'interview dans toute sa durée.
la glose est sterile Pujadas ne merite que le souflet et l'insulte . les commentaires sur la cravane qui passe sont bons pour les aboyeurs qui ne mordent pas.
SVP, je sais que ca prend du temps mais faites une petite video montage, meme reductrice, que l'on puisse mettre sur facebook avec un lien qui renvoie a cet article (deja en acces libre). Les liens, s'il n y a pas de videos, pas d'images, juste un titre, c'est bien mais ca ne marche pas bien sur facebook.

Donnez nous plus d outils pour vous faire connaitre a nos amis!
Et un peu de misogynie pourquoi pas.
Vous êtes certains qu'il n'y a pas 2 Pujadas ? C'est l'impression que j'ai après le visionnage des 2 séquences. Incroyable la différence de ton. La bonne nouvelle c'est que quand il veut, il peut.
Très juste l'analyse des deux entretiens.

Il faut toutefois ajouter que c'est en général face aux UMP en général que Pujadas a cette attitude, alors qu'il est très offensif vis-à-vis des socialos, et même cassant parfois.

Et à propos de l'interview du 12, je n'ai assisté qu'à la seconde partie, mais il y a eu un moment où Pujadas est revenu sur l'affaire Bettancourt par un biais quelconque, et à ce moment-là, Sarko est ému par l'attaque, la caméra le prend de plus loin, mais on peut distinguer avec un peu d'attention que Sarko reprend toute sa galerie de tics, l'épaule, le côté. Il est en difficulté, mais ça ne dure qu'une dizaine de secondes. Il reprend sur un discours convenu qu'il a visiblement beaucoup potassé et appris, et le discours de langue de bois reprend son cours.

Mauvais plan pour Pujadas, la servilité ne met pas à l'abri du courroux quand des réflexes bètes de journaliste reprennent le dessus.
Ses jours sont comptés
Ce n'est pas pareil : interviewer une femme, qui n'est pas présidente de la République, chez soi, sur son plateau, ça n'a rien à voir avec interviewer le président chez lui, sur la terrasse de l'Elysée. Simple question de bon sens.
Excellent ! ça c'est de l'arrêt sur images, il faut continuer dans ce sens !
(la vidéo 2 est encore en cours de publication par dailymotion mais je me suis tapé l'entretien avant-hier...)

Un truc intéressant mais je sais pas si vous avez les enregistrements, ce serait de comparer différents reportages rendant compte du même évènement, par exemple tel "bain de foule" sarkozyen trafiqué, sur France 2 et sur TF1 en particulier (mais on pourrait ajouter FR3 iTELE ou autres, selon le matériel et le temps disponibles...)
Ce serait intéressant à plus d'un titre : y trouve-t-on les mêmes plans (tournés par une même caméra) ? Tel plan est-il plus long - et donc plus instructif - dans tel reportage ? Comparer les commentaires off des journalistes, les présences plus ou moins proéminentes de tel environnement sonore (dans le cas de caméras distinctes), les choix des plans et de leur durée etc. Et puis intérêt des infos cumulées avec des prises de vues différentes, pour démasquer plus précisément tel ou tel point de mise en scène (la présence non avouée de militants UMP par exemple). Enfin c'est presque infini ce qu'il serait possible de faire (déjà avec juste un reportage d'une chaine, il y a de quoi faire).
Bon ben ça doit venir de chez moi alors, puisque personne ne le signale.
Je ne peux voir qu'une seule vidéo, celle avec Aubry, la deuxième mentionne "publication en cours ....",
et ce depuis la mise en ligne du comparatif.
J'ai une explication: Pujadas est de droite.

Ou alors un pragmatique sachant compter son interêt.

Ce qui revient au même...
Je veux bien entendre les nuances apportées par Arnaud romain et chachoumiaou. Cependant Pujadas a une tout autre attitude avec Martine Aubry, une attitude de journaliste investigateur. Avec le Roitelet, je me demande s'il n'était pas sous somnifère. En fait dans les deux cas c'est le même exercice, faire plaisir à la majorité présidentielle.


Le sous-titre : comparatif me fait penser à la revue "que choisir", en meilleur choix "la droite qui ne flaiblit pas sur ses qualités depuis 2007, efficacité, solidité, plebiscité par tous les tests effectués, meilleur rapport qualité/prix" Là j'ai souligné, parce qu'avec l'affaire bettencourt, ça le fait grave.
Jean de LA FONTAINE


Le Loup et le Chien

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

Jean de LA FONTAINE

(Spéciale dédicace à David Pujadas)

***
Je trouve un peu injuste le procès fait à Pujadas. A mon avis il n'est pas juste de comparer ces deux interviews qui se déroulent dans des contextes complètement différents.

Déjà, la durée :
Je dis n'importe quoi (je ne connais pas les chiffres exacts), mais l'interview d'Aubry au 20H dure quoi, 10 minutes peut-être, alors que celle de Sarkozy a duré plus d'une heure. Forcément, quand il n'a que quelques minutes pour interviewer Aubry, Pujadas ne peut pas trop se permettre de la laisser digresser pendant 3 plombes. Le fonctionnement est forcément différent sur un format d'une heure.

Le lieu :
Dans l'interview d'Aubry, Pujadas est "chez lui" au 20H, alors que pour celle du président, il est "chez" Sarkozy. Je ne dis pas que c'est bien, ni normal, au contraire, mais à mon avis c'est le format de l'interview qui la rend moins agressive également.


Enfin, j'ai quand même l'impression que quoi qu'il eût fait, Pujadas aurait été traité de "servile". On avait déjà décidé à l'avance sur sa performance. Au contraire j'ai trouvé qu'il l'était beaucoup moins que les autres journalistes que j'ai pu voir dans ce même exercice.
Je pense notamment au passage où il a rappelé le chiffre des impôts de Bettencourt, quand Sarkozy essaye d'esquiver la question en disant "je n'ai pas le droit dire combien elle paye" et où Pujadas ne le laisse pas s'en tirer à si bon compte en rétorquant "moi je peux le dire, c'est X millions d'euros" (j'ai oublié le chiffre) et continue avec sa question.

Pour moi le problème vient de l'exercice, de son format, et des conditions dans lesquelles il se déroule. Et comme cela a été rappelé plus haut, ce n'est pas nouveau, c'est de pire en pire sous Sarkozy il me semble mais c'est inhérent aux interventions présidentielles.
Le parallèle est marquant effectivement. Maintenant, Laure, j'aimerais que vous nous cherchiez et trouviez UNE interview présidentielle (hors conf de presse; je dis bien interview) d'un président de la 5e qui ne se déroule pas ainsi... comprenons-nous bien, je déplore grandement cette complaisance et rêve de voir Sarkozy interrogé honnêtement et mis en face de ses contradictions (et même, parfois, face à ses mensonges).

Il n'en reste pas moins qu'en menant ainsi cet entretien, Pujadas n'est plus ni moins servile que n'importe quel interviewer "présidentiel" de ces 50 dernières années. Ces mêmes interviewers qui, face au reste de la classe politiques sont à même de faire à peu près (je dis bien "à peu près) correctement le boulot. Lors des émissions radios du week-end, les politiques sont interviewés par deux ou trois journalistes politiques, et généralement de façon assez musclée. Mais il existe une tradition bien française de "journalisme faire-valoir" à l'endroit de notre chef d'état qui qu'il soit... le journaliste ne sert alors que d'interlocuteur docile pour faciliter le déroulement d'un quasi-discours du président...

Les journalistes des pays anglo-saxons, sur ce point, sont souvent plus pugnaces et traitent leurs dirigeants suprêmes de la même façon que le reste du personnel politique : ils reformulent les questions, relancent, contredisent et il est bien rare qu'un premier ministre ou président puisse (comme le fait Sarkozy 10 fois par entretien) proférer une contre-vérité sans que le journaliste le reprenne. D'ailleurs, à ma connaissance, ils ne le "tentent" pas, sachant l'impact déplorable que celà pourrait avoir. Bref, oui, ce parallèle est judicieux, mais il n'est pas vrai que Pujadas soit, en celà, une exception...

Pujadas, en l'état actuel de la tradition républicaine et journalistique française, n'a qu'une marge de manoeuvre très étroite, et il est quasiment condamné à avaler les couleuvres sarkoziennes, de la même façon qu'en son temps, PPDA a avalé le "abracadabrantesque" de Chirac concernant la K7 Méry sans parvenir à creuser plus avant le problème pourtant patent posé par cette déclaration posthume désastreuse... il faudrait réellement que toute la classe journalistique se serre les coudes et soutienne totalement celui ou celle qui, à l'avenir, aura à interroger le chef de l'Etat, afin que celui (celle)-ci casse courageusement ce vieil accord tacite de non-agression préjudiciable au journalisme lui-même...
ah du vrai , du grand Pujadas !! Regardez , il est tellement offensif avec
M. Aubry qu'il en pert son texte et son argumentaire !! C'est ahurissant !
Rien à voir en effet avec le ton poli et l'empathie (j'ai pas dit aphatie) qu'il
montre face à Bling Bling !! Ah service public quand tu nous tiens ! C'est
pas facile hein Pujadas quand on a celui qui désigne le patron de France
Télévision (son patron donc) en face de soit ! Tellement plus facile de taper
sur la dinde de Lille ...
Dans l'interview face-à-face avec Martine Aubry, il fait du journalisme. Un travail même un peu relou, parce qu'il pourraît lui laisser finir une phrase avant de la couper, mais un travail dans l'ensemble bien fait, sans concession.
Face à Sarkozy, il se comporte comme un laquais : il lui fait ses lancements, critique mollement et pour la forme, n'appuie pas sur ses gros mensonges, le laisse botter en touche, bref, ne se comporte absolument pas en journaliste.
Pujadas a toutes les qualités requises pour la communication propagandiste de la sarkozye
Servilité , complaisance , docilité .... et puis il fait à peu près 160 cm , détail qui n'est pas sans importance pour son patron avec qui il devisait gentiment l'autre jour sur les calomnies ,officines et autres fils à la patte que ces chiens de journalistes indépendants lui collent sous les talonnettes .
Bonjour,
Quelqu'un a-t-il des chiffres sur l'audience et la satisfaction de cet interview ?
Vu le peu d'empressement pour les divulguer (en particuliers la "pravda" sarkosyste), on peut supposer que ça n'a pas été terrible.
C'est patent, et ce, encore plus depuis l'arrivée au pouvoir du p'tit dernier...
Meilleure preuve, le "boycott" de Mélenchon qui ne perd jamais de vue son propos et qui n'a rien à battre de ses relations à venir avec les journalistes enlaissés...
Bien que pas directement concernée par ce qui se passe en France, très intéressée par ce genre de démonstration techniquement indiscutable.

(Il me semble que dans son rôle de lundi soir, Pujadas tentait d'afficher régulièrement un sourire un peu narquois, genre "cause-toujours". J'ai pensé qu'il cherchait à nuancer à l'image les critiques qui ne manqueraient pas de lui tomber dessus, et qu'on pouvait facilement anticiper, même d'ici !)
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