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Rémi Fraisse, et le silence de l'Etat

Pas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls.

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"Ils ne se rendent pas compte que l'on est dans un Etat de droit" : commentaire de Le Guen sur Europe1, suite aux déclarations hostiles au gouvernement de Mélenchon et de certains écologistes, après les violences en marge des rassemblements en mémoire de Rémi Fraisse, ce week-end.
Cécile Duflot, ayant rapidement réagi sur Twitter, Le Guen a ajouté : "Cécile Duflot ? Je pense qu'elle a perdu ce qu'elle avait acquis lorsqu'elle était au gouvernement, c'est-à-dire le sens de l'État."
Réponse tweetée de Pascal Canfin : Avoir le sens de l'Etat c'est lutter ctre le chgt climatique pr préserver notre avenir ET payer ses impôts !
Une émission au sujet du barrage, très instructive, ce matin, sur France Culture.
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4928358
L'année dernière, en Angleterre, la presse avait fait état des sujets de concours proposés aux enfants souhaitant intégrer les meilleures écoles, vivier de la classe politique.

Une de ces écoles est Eton. En 2013, il était demandé à des enfants de 13 ans d'écrire un discours pour justifier le meurtre de manifestants, par l'armée, en temps de crise.

Le sujet était le suivant :

The year is 2040. There have been riots in the streets of London after Britain has run out of petrol because of an oil crisis in the Middle East. Protesters have attacked public buildings. Several policemen have died. Consequently, the Government has deployed the Army to curb the protests. After two days the protests have been stopped but twenty-five protesters have been killed by the Army. You are the Prime Minister. Write the script for a speech to be broadcast to the nation in which you explain why employing the Army against violent protesters was the only option available to you and one which was both necessary and moral.

Je pense que les évènements actuels donnent une drôle de résonnance à la façon dont on forme, non démocratiquement, nos "élites politiques".
Valls, ministre de l'Intérieur, ciblait les écolos "radicaux":
http://aquitainedecroissance.org/2014/04/11/valls-ecologie/
Sur le terrain, la liberté donnée aux flics par de telles préconisations ne peut que conduire à tous les excès et toutes les dérives.
On a déjà connu ça avec le nabot.
Il porterait pas des talonnettes, Valls ?
Vous remarquerez que Jean Bricmont n'est pas dutout intéressé par la question.
Toujours dans le souci de mesure et d'apaisement, Xavier Beulin, le patron de la FNSE a parlé de "jihadistes verts" à propos des manifestants du Tarn ce matin

Quel dommage que le toujours impartial J.-P. Elkabbach ait malencontreusement oublié de lui demander de quelle couleur étaient les jihadistes producteurs de légumes qui ont incendié le centre des impôts et la Mutualité sociale agricole de Morlaix en septembre... Et qui ont été reçus au Ministère dans la foulée.

En bonus track, cette angoisse existentiellle du même X. Beulin : "est-ce qu'on a un gouvernement couillu ou pas?"...
Lu sur le journal Reporterre.net : (...) « On les attaquait avec des petits tas de terre, ils ont tout de suite riposté avec des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes et nouveauté, des grenades explosives. Les copains, cachés dans une tranchée, recevaient les grenades comme dans un piège. »

Outre la quintescence de la violence de type militaire des forces de l'ordre (on a envie sans provocation d'écrire force du désordre) qui a abouti à la mort de Rémy Fraisse, je suis choqué par la scène où une grenade est jetée dans une caravane sans que la vie du lanceur n'ait été un instant mise en danger...

Je ne peux pas faire confiance à une institution qui agit de cette manière au nom de la détention de l'exercice de la violence légale.

Mais peut être qu'in fine, cette augmentation de la violence exercée sur ordre (ne l'oublions pas) est exponentielle pour dissuader la majorité silencieuse : "restez chez vous, y a rien à voir, on s'occupe de tout".

Les discours haineux sur la jeunesse et sur les assistés, avec souvent des amalgames, dans la majorité comme dans l'opposition risquent d'entraîner la mort d'autres concitoyens.

Oui, j'ai bien écris concitoyens et non pas ennemis. Un État qui mène par délégations des opérations de guerre contre sa jeunesse au nom d'intérêts locaux ne peut plus se revendiquer de la démocratie et de la République.

La majorité actuelle, le gouvernement et son président ont montré maintenant qu'ils pouvaient avoir une politique sécuritaire digne de ses homologues de droites et que comme eux ils sont incapable d'un minimum d'éthique de responsabilité lorsque ça aboutit à la mort d'un jeune homme ou à la grave blessure d'une jeune femme, pire, ils n'ont même pas su faire preuve de compassion Républicaine devant le drame d'une vie perdue.

I
Amer cadeau : je vous offre la définition du mot abjection par Eric Brunet, ce matin, sur RMC :

"Il me semble que ce qui s'est passé sur ce site du département du Tarn est totalement ….enfin... abject ; et quand je parle d'abjection je ne parle pas du tout de la mort de Rémi Fraisse. La mort de Rémi Fraisse est une tragédie humaine. L'abjection c'est le long continuum. Il y a quelques années il y a eu une enquête démocratique, une déclaration d'utilité publique, des travaux qui ont été menés parce qu'il y a une ville qui s'appelle Montauban dans laquelle il y a des restrictions d'eau. Il y a des agriculteurs dans le coin qui perdent beaucoup d'argent chaque année parce qu'ils manquent d'eau. On a fait un petit barrage, enfin on a voulu faire un petit barrage, tel qu'il y en a des centaines et des centaines en France avec un mur qui n'est pas élevé comme ces grands barrages pharaoniques en montagne, avec un mur de 10 mètres, c'était vraiment un barrage à taille humaine. Bon, les travaux ont commencé il y a quelques semaines et là on a vu débarquer des gens de Notre-Dame-Des-Landes avec treillis militaires des barres de fer, des anarchistes qui sont venus pour casser, casser, casser les forces de l'ordre. Moi j'ai vu les images où les forces de l'ordre étaient prises à parti par ces gens-là qui ne sont pas des opposants au barrage, qui se foutent du barrage, avec des cocktails molotov, des cocktails d'acides et des gendarmes qui se mettaient à brûler spontanément. J'ai entendu des témoignages de femmes de gendarmes qui expliquaient dans quelle terreur ces gendarmes allaient procéder à ces opérations de maintien de l'ordre : enfin, c'est terrible !"

Et en bonus, voila ce qu'il a à dire sur les écologistes, en toute modération et en toute conscience de sa responsabilité d'éditorialiste :

"A écouter les écologistes, on a vraiment l'impression qu'il y a un état militaire avec un (sic) espèce d'Augusto Pinochet moderne qui dit aux flics « Allez-y, cassez, tuez ! » C'est un peu le discours que je lis entre les lignes quand j'écoute les écolos."

"Un peu" ? "Un peu" comment ? C'est sûr, avec Eric Brunet, Pas besoin de lire entre les lignes, c'est pratique.
Et moi, je viens de trouver un bon exemple d'éditorialiste abject.
Le dégonflage du plug anal de je ne sais plus qui indigne bien plus nos dirigeants que le saccage tous les ans de centaines d'hectares de terres agricoles, que la destruction incessante et accélérée des paysages. Dégonfler un ballon, c'est mal; couper des centaines d'arbres, saccager une vallée, c'est bien.
Je suis bouleversée par la mort de Rémi, je me répète. Il avait vingt et un ans, s'intéressait à la botanique et avait peut-être voté pour la première fois (et dernière) pour la présidentielle. Et peut-être avait-il voté Hollande ? et il a été tué en recevant une grenade dans le dos.
En fait ils protègent la FNSEA, Le MEDEF et les camionneurs. :
Pas un seul CRS pour protéger le centre des impôts de Morllaix situé à moins de 10 km de l'exploitation de MERRET président de la FDSEA et leader des bonnets rouges, grande gueule (excusée ce soir là au nom de cet "argument" par la Maire UMP de Morlaix) et grand collecteur des aides de la PAC pour surexploiter ses artichauds et choux-fleurs industriels.
Des CRS présents à chaque manifestation et destructions de portiques écotaxes en Bretagne l'an dernier mais qui laissent faire le vandalisme qui coûtera des impôts supplémentaires aux contribuables et des chômeurs de plus puisque plus de projets pour les transports publics ou entretien des réseaux de transports que cela devait financer.
Mais contre la Confédération paysanneet ses petits agriculteurs déjà lésés par les "industriels" de la FNSEA, comme pour protéger un parking et aider 40 agriculteurs de la FNSEA des cars de CRS et gendarmes mobiles et des grenades offensives !
A ceux qui protestent "on dit" qu'ils font le jeu du FN.
En fait en ce moment tous ceux qui reffusent les diktats du gouvernement soumis à ceux du MEDEF, de la FNSEA, des Camionneurs, on répond qu'ils font le jeu du FN .
Que les pauvres soient écrasés, que les précaires soient mal traités, que l'économie et l'écologie soient ravagées par l'agriculture industrielles, c'est pour éviter le succès du FN.
De cela je conclus que la FNSEA, le MEDEF, les Camionneurs, quand ils sont pas contents votent FN
En fait ça ne m'étonne pas.
«Je n'accepterai pas les mises en cause, les accusations portées à l'égard du ministre de l'Intérieur qui a toute ma solidarité» «Quant aux forces de l'ordre, elles font un travail extrêmement difficile, confrontées à une violence extrême. Avant même qu'une enquête ne soit menée, je n'accepterai pas la mise en cause des policiers et des gendarmes qui comptent de nombreux blessés dans leurs rangs», a fermement ajouté Manuel Valls.
Vous avez compris : silence dans les rangs. C'était Rémi qui était violent......
Un petit air de Franco, vous avez dit ???
Qui est responsable ?
Article 15 de la Constitution du 4 octobre 1958 : "Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la Défense nationale."
Art.L. 3211-3 du Code de la défense : "La gendarmerie nationale est une force armée instituée pour veiller à l'exécution des lois."
Dura lex, sed lex !
CQFD
Maintenant que l'on sait, il faut identifier le lançeur et les (au moins deux) gendarmes qui ont déplacé le corps. Si il était vivant, ils devaient organiser des secours immédiats sur place. Si il était mort, ils devaient respecter la "scène du crime".
Maintenant on le sait, les gendarmes ont tué Rémi, comme Malik Ousskine.
Et moi, je ne sais pas vous, mais quand le premier ministre s'exprime j'ai une curieuse impression, une petite voix qui me conseille de ne surtout pas le contrarier...
Il me glace le sang.
D.S. : "Mais peut-être n'ont-plus de mots. Peut-être n'ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total."

Ils ont pu quand même, dans un soupir, formuler la consigne de matraquer et de gazer à Sivens.

P.S. Où sont les actuels membres du parti socialiste qui dénonçaient - en d'autres temps mais à juste titre - la violence policière qui causa de la mort de Malik Oussekine ?
Nous voici face à un bel étalage de surmoi(s)
Seule Madame Taubira semble sincère, une fois de plus.
Toujours rien du côté de Ségolène; mais patience, nous allons bientôt avoir droit à ses propos lénifiants de dame patronnesse.

Remarquons que les "bonnets rouges" sont sortis intacts de leurs manifestations très violentes; y-a-t-il eu des interpellations, des poursuites ont-elles été engagées? Il me semble que non, mais je me trompe peut-être!
Franchement, Hollande est de plus en plus pitoyable :
"Quelles que soient les circonstances, quand un jeune disparaît, la première des attitudes, des réactions, c'est celle de la compassion. C'est pourquoi j'ai appelé son père ce matin"
La "première des réactions" qui intervient le mardi alors qu'il est mort dans la huit de samedi à dimanche...
Honte à vous, Thierry Carcenac , élu de "gauche". Le pragmatisme, même inhumain, n'excuse pas la connerie. Et ce que vous avez dit est particulièrement con et inhumain.
le projet est surdimensionné, les études ont été bâclées, mais on ne peut pas l'arrêter, maintenant que les opérations de déboisement ont commencé.

Ouais... on a fait une grosse clownerie, mais vaut mieux aller au bout plutot que remettre quoi que ce soit en question alors que les travaux n'ont à peu près pas commencé.
Belle logique économique: la machine financière est lancée, on arrête pas une machine folle.

Et si on l'arrête, on perd le bénéfice des subventions européennes qui doivent le financer partiellement

Ah ben oui, forcément, si en plus l'europe peut contribuer à une betise, pourquoi s'en priver. De quoi faire aimer l'europe un peu plus.

On arrête la taxe poids lourd, mais on continue de faire bosser la boite qui en a la gestion.

Surtout, ne changeons rien, ne réaffectons pas les moyens sur quoi que ce soit qui puisse être plus utile.
Pas un mot ,mais surtout pas une image de ces manifestations à part peut être ça, mais faut aller ce le chercher.

https://www.youtube.com/watch?v=6Au8i_pVMkI

Je conseille aux manifestants d'établir une synagogue de fortune sur le site , un bel abris bus tout neuf ( à saccager), un marché des produits d'autrefois, un refuge pour animaux en désespérance .....afin que les médias soient contraints de diffuser au grand public leur images.
" Tous les propos publics excessifs ne contribuent pas à l’apaisement», déclare le Premier ministre, qui dénonce «des mises en cause qui ne sont pas à la hauteur du drame que nous connaissons "

Parce que c'est toi qui es concerné par la mort de ce jeune homme, comme le sont ses parents et ses amis ?

Et toi, tu es à la hauteur, ou en bas au service des destructeurs d'un monde vivable, sans maïs OGM, sans vaches-outils comme les machines de même, sans saccage de la nature qui nous fait vivre ?
On parle souvent des infiltrés d’extrêmes droites du coté des manifestants mais il peut très bien en avoir du coté policier. Je ne pense pas que les grenades explosives soit autorisées dans ce genre d’opération. On peut se rapeller de cet évènement qui a eu lieu dans le Larzac, où une famille fut victime d’un attentat dans leur maison. Par miracle, il n’y a pas eu de victimes… L’infiltration de quelques extrémistes dans l’armé a été soupçonné à l’époque mais l’affaire fut vite étouffé…

http://www.midilibre.fr/2011/12/23/larzac-les-traces-de-l-attentat,434667.php
[quote=Dewi K.]On parle souvent des infiltrés d’extrêmes droites du coté des manifestants mais il peut très bien en avoir du coté policier.

Vous n'avez pas les lectures qu'il faut: la présence d'éléments d'extrême droite dans la police ne fait aucun doute. Seulement, ce ne sont pas des infiltrés.

Vous n'avez pas les lectures qu'il faut: la présence d'éléments d'extrême droite dans la police ne fait aucun doute. Seulement, ce ne sont pas des infiltrés.


Je comprends ce que vous voulez dire, je pense que j’aurais du écrire “infiltrés” entre guillemets car c’est dans ce sens aussi que je le pensais. L’armé et les forces anti-émeutes demande des qualités que l’on retrouve dans l’extrême droite. Ainsi il n’est pas rare d’avoir ce genre d’individus à ces postes, il doit bien y avoir un petit pourcentage.
Les renseignements généraux en sont aussi et des infiltrés plus ou moins rémunérés sont là pour faire exploser la situation et permettre à la police d'intervenir ..
Beau témoignage.

Je suis allé au Larzac, à l'époque des luttes. Moi qui ignorais totalement ce coin dédaigné par le pouvoir central, j'ai eu le choc de ma vie en découvrant sa beauté sauvage, unique.

Et j'ai compris d'un coup qu'on devait le défendre contre le projet de le drétruire à coup de tirs, de canettes de bière vides et de merdes de bidasses.
Dewi K. "Je ne pense pas que les grenades explosives soit autorisées dans ce genre d’opération".

Les unités de répression utilisent, entre autres, des grenades à effet de souffle (et forte détonnation). Elles ne sont pas dangereuses... sauf si, par malheur, on est touché par le dispositif d'allumage (grosse pièce en métal).

Dans le cas de ce garçon, c'est peut-être simplement la puissance de l'explosion à proximité de la tête qui est la cause de la mort instantanée. Soit par effet direct, soit en provocant un chute brutale. Si c'est le cas, les analyses légales devraient détecter des traces d'explosif.
Il est bien confirmé qu'il s'agissait d'une grenade offensive. Cazenave en suspend l'utilisation... et demande au temps de remonter de 90 heures environ...
Quant à moi, je répète qu'ils ont su dès la première seconde, ce qui explique leur réaction rapide et inappropriée: blessé gravement, il ne devait être transporté que par les secours. Mort, il ne devait même pas être bougé, et le périmètre autour de lui devait être immédiatement sécurisé. Aucun manifestant ne se serait opposé à leur action dans de telles circonstances.
Les unités de répression utilisent, entre autres, des grenades à effet de souffle (et forte détonnation). Elles ne sont pas dangereuses... sauf si, par malheur, on est touché par le dispositif d'allumage (grosse pièce en métal).


Wikipédia m'explique que ça s'appelle une grenade offensive, et que c'est une arme parfaitement létale, qui tue par effet de souffle. Certes, c'est plus efficace dans un lieu confiné, mais ça n'en fait pas l'équivalent d'une simple grenade assourdissante ou d'une lacrymo qui détonne.

Bref, vous repasserez pour le "elles ne sont pas dangereuses". C'est un truc qui n'avait sans doute pas à être employé dans le cas d'espèce, à moins que les flics puissent justifier d'une menace réelle et directe à leur vie et celle d'autrui malgré le large arsenal "non-létal" dont ils disposent. Paraît qu'en tant que militaires, les gendarmes peuvent s'en servir si leur position est réellement menacée aussi, mais bon, ça revient un peu au même.

Et il me semble que s'il y avait eu une telle menace à leur intégrité physique, ils l'auraient fait savoir bien plus fort que ce qui s'est passé là. La gendarmerie doit savoir qu'il y a eu bavure (et donc meurtre, ou, en invoquant une maladresse, homicide involontaire ("oups, c'était pas la bonne grenade"), sinon elle aurait depuis longtemps évoqué le danger imminent pour ses hommes (aucun article que j'ai vu ne mentionne ne serait-ce qu'un blessé parmi eux).
Une pensée, une renoncule, en bouquet :
http://www.reporterre.net/spip.php?article6508
Wow, je suis pas sûr qu'il lui rende vraiment service là. Le pacifiste qui, après avoir "un peu bu", décide de se jeter au milieu de l'affrontement entre gendarmes et anarchistes… Ça va donner plein de bonnes idées d'excuses et de légitimation à plein de monde.
Ceux qui tenteraient cette diversion, on pourra les renvoyer à l'article entier. Très différent du raccourci que vous en donnez. Je veux bien croire que vous vous mettez "dans la peu" de ces malveillants. Mais ils n'ont pas besoin de vous, ils en inventeront bien d'autres, comme ce journaliste qui daubait sur la bouteille en verre: il ne parlait même pas du vin, ce perfide.
L'article entier consiste en la description de la personnalité du garçon et de ses actes le soir du drame, PAR SES PROCHES ET AMIS.

Je crois avoir dit combien je trouvais le comportement du lanceur de grenade offensive, voire du groupe de gendarmerie, voire de leur commandant, criminel, au bas mot. Un jeune homme innocent est mort.

Après, ça n'empêche pas que ce texte relativise aussi une version de l'histoire qu'on entendait depuis quelques jours, celle du jeune assis dans l'herbe qui ne demandait rien à personne et se trouvait là par hasard. Il était excité, il avait un peu bu, et il a couru en direction de l'affrontement. C'est ce que ses amis disent.

Ça n'enlève rien à l'horreur de sa mort, mais ça explique comment on a pu en arriver là.
"Il avait un peu bu"

Peut-être, mais sans doute pas autant que Margerie, qui sifflait la vodka au goulot.

Mais Margerie, lui, était un saint qui a vu défiler en pleurs François, Manuel, Elizabeth et les autres (manquait DSK, je crois, peut-être retenu par les obsèques de son associé ruiné).

Pour la bouteille, certains journalistes amis du pouvoir s'arrangent pour qu'on pense que son contenu n'avait rien à voir avec du buvable...
[quote=DS]association qui n'est pas connue pour être un repaire de boutefeux

La peine de mort (sans jugement) pour les "boutefeux"? On avait déjà ça pour les clandestins, pour les gamins qui vont trop vite à moto, pour les malchanceux qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, rien de plus logique que d'élargir la palette aux "boutefeux". J'ai entendu ce matin un journaliste (honte sur lui!!!) insinuer que, outre une bouteille en plastique, il y a vait dans le sac de Rémy "une bouteille en verre". Ah ah ah, mâme Michu, suivez mon regard, une bouteille en verre, hein, vous voyez ce que je veux dire? La peine de mort pour avoir eu dans son sac une bouteille en vere. Et encore, c'est pas cher payé.

Bon, s'est vrai que c'est pas de chance pour ce gouvernemrnt que Rémy, au lieu d'être une petite salope d'anarchiste, ou même un connard d'antifa, se révèle être un mec propre suur lui. Mais quand même, s'il avait été malodorant et barbouilé, c'était une raison pour le tuer?

À mon avis, le quasi silence du gouvernement s'explique fort bien: ils gagnent du temps. Ils verrouillent le plus possible l'information. Ils lâchent les indices au compte gouttes. Mais si je puis dire, tout ça est du temps perdu. La police a su dès les premières secondes, c'est pour ça qu'ils se sont hâtés de récupérer le corps. Et si la police (qui connaît mieux que nous l'effet de ses armes) a très vite compris, le préfet, le ministre, le premier ministre, le président ont été informés dans la foulée. Il leur restait à salir la victime. Pas de pot, elle est pas facile à salir. Mais bon, en cherchant bien, une bouteille de verre dans son sac, héhé....

PS: si quelqu'un a le nom du journaliste, j'étais tellement furieuse que j'ai négligé ce détail. C'était sur une de nos trois "france": culture, inter ou info. Ce matin.
C'est peut être aussi la sauvagerie des black blocs qui est responsable de tout ça… Il semble que l'extrême droite se soit aussi saisi de l'affaire (comme l'explique le site tant qu'il y a aura des bouilles).
Bref pas mal de gens fascinés par l'affrontement violent ont débordés les écologistes sincères et ont commencé à attaquer les gendarmes, qui ont donc répondus à la violence par la violence. La télévision a bien montré les images de l'arrivée des black blocs et la réprobation des écologistes.
Pourquoi ne pas dénoncer ces provocateurs ?
Mais qui donc a dit "surmoi" ?
mossieu Vanuel Mals et ses alcolytes ...
Toute seule chez moi j'ai pleurer pour ce gamin qui voulait croire en un autre monde ! J'aimerais tant que la révolte gronde, il est plus que temps. Honte à Hollande qui pleure sur "les suceurs de sang" et reste indifférent à la mort de Remi.
"remy fraisse était botaniste bénévole à nature midi pyrénées,association affiliée à france nature environnement,association qui n'est pas connue pour être un repère de boutefeux"

remy fraisse est le premier mort dans le cadre d'un combat pour l'écologie depuis celui tué à malville en 1977,lors d'une manif contre le surgénérateur nucléaire superphénix.il y avait pas mal de boutefeux à malville contre cette gabegie aussi dispendieuse que dangeureuse,des boutefeux chevelus,peace and love,précurseurs et frères d'armes des réfractaires à la construction de l'aéroport de notre dame des landes à nantes,ou de ceux qui manifestent contre la barrage de de sivens.
Défendre un bien commun contre des avides, ça mérite un immense silence d'État, bien glacial, entrecoupé de quelques crachats et coups de matraques.
Piller les biens communs, ça mérite la Légion d'honneur, la fanfare, les défilés, les éloges ministériels, et tout le fracas éthique des donneurs de leçon lobbyifiés.

Foi de socialiste, évidemment.
Merci pour ce billet.

Sur France Inter ce matin, on a eu aussi l'hallucinante logique 'projet mal évalué et vraisemblablement inutile' (un rapport d'experts -2 mois sur place- commandé par le ministère, pas un tract de barbus à fleur, hein) mais 'dont l'arrêt couterait des pénalités', au risque, je cite "de bloquer la gestion de l'eau dans le département" (une menace de rétorsion des entreprises? si oui, on croit rêver).
En plus de la mort de cet homme et en plus du silence autour de cette mort.
C'était proprement terrifiant.

Il fallait écouter la justification du directeur de l'eau du Conseil Général du Tarn à ce même journal de 8h :
"Ce projet a fait l'objet de multiples validations, de deux arrêtés interdépartementaux de déclaration d'intérêt général, de déclaration d'utilité publique, il n'y a aucun élément qui pourrait faire valoir que ce projet soit de nature non-légale"
En voilà une sacrée bonne raison pour continuer.

Et au delà de l'émotion, j'en suis juste venu à me demander combien d'études d'impacts bidon notre beau pays, nos belles collectivités locales produisent. Je veux dire : quelle proportion ? combien de travaux surdimensionnés pour satisfaire des intérêts privés et pas publics seraient similairement cassés par des rapports d'experts ? Question ouverte... Si elles sont l'exception qui confirme la règle, tant mieux, mais si elles sont légion, quand est-ce qu'on remet le système à plat ? Et comment ? Là, on est dans la politique concrète, non ?
En même temps n'est pas PDG de Total qui veut, hein...
Ou peut-être qu'il n'y a plus de mots pour ce gouvernement.
Allez-vous en faire un martyr ?
Nous parlons ici d’un petit barrage coupant un affluent du Tarn. Nous parlons ici d’une zone recouverte par les eaux de 30 hectares, soit l’équivalent de la surface d’un bourg de village. Nous parlons ici d’irrigation, pratique certes contestée, mais utilisée dans l’agriculture depuis que l’Homme s’est sédentarisé.

A quoi mènent ces différents éléments qui de loin sembleraient anecdotiques?

Des heurts entre militants environnementalistes et les forces de l’ordre. Une machine médiatique fonctionnant à plein régime : sujets et images en boucles dans les journaux télévisés, une des radios du matin sur toile de fond de la mort tragique et malheureuse d’un jeune homme.

Cela semble au final satisfaire un certain nombre de personnes. Les extrémistes peuvent assouvir leur pulsion de violence et dévoyer les revendications légitimes de la population locale et des militants pacifiques, les médias et les personnalités politiques voient un nouvel objet à se mettre sous la dent et les esprits les plus conservateurs voient là un excellent prétexte pour dire : vous voyez les "écolos" ne sont pas responsables.

Voilà, les lignes sont respectées. Chacun son camp. Cela semble satisfaire tout le monde.

Il est juste dommage que nous ne préférions pas parler davantage de la ferme des 1000 vaches, cela apparaît ici ou là mais ombragé par la tragédie qui est arrivée dans le sud. Il est dommage que nous ne parlions pas davantage de l’empilement des lois « Objectifs » sur l’environnement (La loi vide de la Transition Energétique ; l’Europe se donnant pour nouvel objectif de réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Qui dit mieux!) tout en détricotant les moyens nécessaires à cette transition : la suppression de l’écotaxe, la mise en déroute du comité sur la fiscalité écologique, la centrale de Fessenheim qui ne devrait pas fermer à coup sûr, une absence de vision de long terme de l’écologie du gouvernement, 2014 qui devrait être l'année la plus chaude de ces dernières décennies...

Tous ces sujets peuvent attendre. Pour le moment nous préférons parler du problème de l’édification d’un étang dans le Tarn.
Pourquoi tirent-ils sur des manifestants sans arme ?
Pourquoi jettent-ils des grenades ?
Plus généralement, est-ce que nos impôts doivent servir à réprimer des manifestations ? ...à engager des guerres pour lesquelles nous n'avons pas voté... à engraisser l'industrie de l'armement... etc.
Si seulement, à défaut de mourir stupidement pour des idées, cet édile pouvait débarrasser politiquement le plancher pour des intérêts...
Silence de l'État sur un crime d'État...
// Pas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal. Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cazeneuve. Pas un mot de Cambadélis. //

Vaut mieux qu'ils se taisent, non ?

Thierry Carcenac en a eu lui, donc. Il a dit : « Mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête »

Heu, mon Titi Caca... stupide et bête c'est un pléonasme ! C'est pas toi qui pourras donner des cours de touitage à Gérard Filoche* ! Et tu n'es que bête et méchant ! Voir la raclée que tu te prends en commentaires dans la Dépèche du veau-sous-la-mère

* Au fait, que devient sa convocation devant la commission du Ps chargée de l'éthique (défense de rire) ?
S'il y a une chose dont nous sommes absolument sûr-es dans cette histoire, c'est que jamais aucun de ces socialistes-là ne mourra pour ses idées.
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