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Présidentielle : on a décrypté "HugoDécrypte"

Révolutionne-t-il l'interview politique ou emballe-t-il sous des atours "ludiques" des questions classiques ? Permet-il de découvrir des programmes et des candidats ou dépolitise-t-il les enjeux de l'élection ? Est-il un maillon essentiel de l'accès des jeunes à l'actualité et au journalisme, ou une porte d'entrée discutable sur l'éducation aux médias ? Nous avons analysé la série d'interviews présidentielles d'Hugo Travers, et lui avons posé ces questions. Cette enquête a été menée dans le cadre d'un atelier avec des étudiants de Sciences Po Lyon.

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J'étais tombé par hasard sur ces interviews, que j'ai fini par regarder toutes, et j'étais assez partagé. Il y a en effet une espèce d'image entretenue de la neutralité dont ne sait trop quoi penser, avec une priorité bienveillante à laisser le candi(...)

En dehors de lire et paraphraser l'actualité, ...
... "décrypter" n'a jamais été le mot pour décrire sa chaîne ...

Sans vouloir être méchant... ça a toujours été de la daube et il n'a jamais rien réinventé. 

Pourquoi on connaît ce gars ? Parce qu'il a commencé très jeune et que les médias ont essayé d'en faire une figure de la jeunesse qui se mobilise pour se(...)

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J'ai beaucoup apprécié participer à la réalisation de cet article en tant qu'étudiante à Sciences Po Lyon. J'ai noté clairement l'influence d'Hugo Decrypte dans mon entourage, que l'on retrouve même dans les "vlogs" de nos youtubeurs.euses préféré.e.s.. C'est donc une personnalité pour qui nous avons donc une sympathie particulière et qui produit un contenu à l'image des demandes de notre génération. Cela m'a  intéressé d'étudier plus en profondeur son contenu phare du moment. Bravo pour l'article que je trouve très clair ! Merci d'avoir travaillé avec nous. 

"Un naufrage en 4K à 120 fps"


Késako ?

Merci pour cet article, intéressant !


Ma fille (16 ans) l'écoute et depuis un certain temps. J'ai eu l'impression que c'était pas trop mal foutu pour les élections "pour se faire une idée". Sans doute pas mieux qu'ailleurs (et encore), mais ça ne m'a pas semblé pire.

 Ma fille connaissait mieux les programmes que moi au final et retenait pas mal les mesures pour les jeunes. Elle a en effet trouvé plusieurs candidat.es "sympas" (certes pas grand intérêt politique, mais critère partagé par beaucoup). Mais j'ai apprécié qu'elle découvre Arthaud par exemple. Je ne sais pas si un Brut ou un Konbini (ou un Tik Tok) font l'équivalent...

En fait, si j'ai  bien compris iels ont copier :


https://www.youtube.com/c/thinkerview/videos

Sans vouloir être méchant... ça a toujours été de la daube et il n'a jamais rien réinventé. 

Pourquoi on connaît ce gars ? Parce qu'il a commencé très jeune et que les médias ont essayé d'en faire une figure de la jeunesse qui se mobilise pour ses passions etc. 


Résultat des courses, on a un jeune qui fait des trucs qui ont déjà était fait cinq millions de fois mais comme c'est sur internet, avec un jeune et avec des décors type youtubeur on en a fait des caisses. Y'a la forme, pas le fond... mais ça les gens adorent, c'est pour ça qu'on a un Macron/Lepen pour la deuxième fois.


La bise.

En dehors de lire et paraphraser l'actualité, ...
... "décrypter" n'a jamais été le mot pour décrire sa chaîne ...

J'étais tombé par hasard sur ces interviews, que j'ai fini par regarder toutes, et j'étais assez partagé. Il y a en effet une espèce d'image entretenue de la neutralité dont ne sait trop quoi penser, avec une priorité bienveillante à laisser le candidat s'expliquer longuement (peut-être une influence Thinkerview sur ce point précis - le décor y renvoie aussi, ainsi que les commentaires types des jeunes spectateurs en réaction). Le fait que l'émission ait aussi en grande partant pour but de vulgariser le programme des candidats aux jeunes électeurs lui donne une double mission aux effets assez curieux.


Au final je trouvais ça parfois bizarrement efficace. Se mettre en retrait en partant toujours de la citation d'études ou de faits, sans être offensif, mais sans non plus servir la soupe, crée un mélange un peu inédit, qui permet parfois de faire ressortir des choses assez inhabituelles. Les exemples les plus flagrants de ça étaient l'interview d'Artaud (qu'on sent incroyablement détendue dans le dispositif, qui arrive à parfaitement expliquer ses points de vue à de jeunes électeurs qui souvent ne la connaissent pas), et Zemmour (qui se saborde tout seul en laissant apparaître ses insuffisances, sans qu'il y ait eu besoin de partir à l'attaque). Là-dessus, je trouve l'article parfois un peu vieille garde et aveugle, essayant mordicus de coller sur l'émission des grilles de lectures inadaptées qui ne lui ressemblant pas, que ce soit du côté d'un journalisme paillasson et dépolitisé (type France 2) ou d'un journalisme offensif et de confrontation - des formes qui appartiennent à une autre génération de journalistes, l’une comme l'autre.


Les sujets m'ont semblé aussi parfois inattendus, comme des angles de biais, mais pas pour autant apolitiques (interroger Zemmour sur la précarité des jeunes, par exemple, ce n'est pas du tout attendu dans ce qu'on pourrait attaquer de sa politique, et pourtant ça permet, de manière oblique, de le mettre assez en difficulté).

 

Le gros point noir de ces interviews, au-delà du décorum inutile et du gadget (buzzer, séquence "moi président/e"...), c'est que par le temps qu'elles donnent au candidat, et par l'environnement bienveillant, elles sont des machines à créer de la sympathie. La plupart des candidats qui y sont passés, parce que s'adressant à un jeune homme aussi sans doute, et à son jeune public (souci d'éviter la langue de bois, d'être clairs), ont un peu laissé tombé leur rigidité et les formes plus protocolaires, et en paraissent plus proches et plus humains - même LePen. Et là effectivement on sent vite le problème : il suffit de voir que l'attitude ou la personnalité (par exemple celle assez hautaine de Jadot) est malheureusement la première chose jouant dans les réactions du public et son jugement - c'est sans doute le cas au fond pour pas mal di'nterviews politiques, mais là c'est décuplé. Pour le dire autrement, l'interview personnalise énormément la confrontation de projets politiques - et ce, paradoxalement, sans même faire appel à la vie privée des concernés.

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