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Pourquoi a-t-on moins vu Filoche que Barjot ?

? demande Pascale Clark à son invité, Jean-Luc Romero

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Qui veut recueillir Frigide Barjot ?
Y a-t-il un @sinaute anti-mariage pour tous qui accepterait de partager provisoirement son appart avec elle, en attendant qu'elle trouve à se reloger ?... Non ?... Personne ?... Bravo les mecs ! Bel exemple de solidarité.
Pour aller beugler des slogans à la con sous vos ridicules banderoles roses et bleues, on peut compter sur vous. Mais dès qu'il s'agit de venir en aide à une militante dans le besoin, ça se bouscule moins, on dirait.
Les filles anti, je vous demande même pas. Deux copines sous le même toit, ça pourrait devenir rapidement embarrassant.
Observez l'effet étrange que produit le mélange des deux sujets que vous comparez. C'est, je pense, la meilleure réponse à votre question :
- dans les sujets de forums consacrés au MPT le nombre de commentaires se compte en centaines,
- dans les sujets économiques, il y en a nettement moins.
Vous mélangez les deux "Filoche / Barjot" et vous avez l'attractivité du MPT anihilé par le sujet de l'ANI.
Peut être que le consensus est moins fédérateur que la polémique. Surtout quand la polémique se base, pour beaucoup, sur des procès d'intention et la caricature des propos de son opposant : cela génère des escalades et des justifications en chaîne.
Il y a aussi qu'il me semble que les fonctionnaires ne sont pas concernés. Or de ma modeste expérience de manifs, ce sont eux qui font le gros des cortèges, et du coup une possible "meilleure" médiatisation de l'affaire...

Aussi, les réseaux syndicaux dans le privé, notamment dans les entreprises de services, ne sont pas très bons, ma DP CGT (d'une grosse SSII) n'était même pas au courant des manifs proposées par son syndicat... Dans le privé je crois qu'il n'y a plus guère que les milieux ouvriers qui sont capables de se mobiliser, et comme ils se font défoncer sévère depuis des années, il reste pas grand monde...

Sinon pour la plupart de mes collègues, l'ANI reste une chanson rigolote de Gainsbourg...
Il y a tout de même une autre hypothèse, que personne n'évoque dans ce forum : personne (ou presque) ne s'intéresse à l'ani, parce que tout le monde a (plus ou moins) conscience qu'en l'état actuel du rapport de forces (des millions de "chômeurs" qui sont en fait des travailleurs précaires), la loi ne peut pas grand chose — c'est la loi du plus fort qui domine.

C'est pas le mpt, le fumigène : c'est l'ani. Qui chipote sur des détails de "sécurisation" des salariés, alors qu'aujourd'hui le véritable enjeu c'est de sécuriser les citoyens, et pas les "travailleurs", et de donner à chacun un revenu inaliénable. Qui l'autorisera à refuser les conditions de travail indignes, le chantage à la précarité, le harcellement...

or, même le front de gauche, aussi focalisé sur l'économisme et le travaillisme que tout le reste de la techno-politico-structure, n'a pas jugé bon de mettre à son programme le revenu de base.
À cette question, pourquoi ne pas s'interroger sur la représentativité des confédérations syndicales qu'elles soient signataires ou non de l'accord, loin des aspirations de la base et des élus de base ? Pour les syndicats non signataires, il n'y a pas eu volonté d'organiser une riposte par la grève et la manifestation.
A la question de DS il y a une réponse toute simple qui n'a pas je crois encore été proposée.

Pourquoi la controverse sur le mariage occupe une si grande place dans le débat public au regard de l'ANI ?

1 - Soit la population est stupide (fatiguant)
2 - Soit les médias sont aux ordres (c'est vrais ! Mais que la population ne le comprenne pas revient à dire quelle est stupide : fatiguant)
3 - Soit le PS n'est plus socialiste mais soumis à l'économie de marché et au libéralisme. Et ils utilisent leur crédit populaire historique pour faire passer en douce des lois libérales. En même temps ils ne le cachent pas et le constat est vieux de 30 ans. Les électeurs de Hollande seraient donc stupide (fatiguant)

Si vous retirez la possibilité que les gens soient des abrutis manipulés alors les trois premières solutions s'effondrent…

Il y a une quatrième possibilité toute bête : La discussion sur le mariage pour tous est plus importante que l'ANI…
Désolé pour le froid.
Mais je pense vraiment que réfléchir en partant de cette possibilité (qui est une réponse valable, théoriquement) est vraiment intéressante.

(ps je n'aime pas spécialement me faire insulter)
Peut-être est-il simplement logique que les médias aux ordres ont traité l'info qui leur était jetée en pâture, le mariage pour tous, avec un degré zéro de réflexion, on est pour on est contre. Les pédés sont gentils, les pédés sont méchants... Noir ou blanc... C'est bien plus simple à comprendre pour la ménagère de 50 ans & bien moins conséquent pour le peuple... qui ne subira finalement aucune conséquence, que de développer l'ANI, texte technique qui va transformer la ménagère en sous-employée à trois boulots à temps partiel en dessous du SMIC à l'arrivée !
Oui il est évident que les médias aux ordres ont volontairement déprogrammés plusieurs fois Filoche pour mettre Ayrault ou Valls à la place... Le pouvoir ne veut pas de débat sur l'ANI, trop dangereux quand on a été élu par le peuple de gauche, de lui planter publiquement un poignard dans le dos ! Mon blog
Si la mobilisation a été faible contre l'ANI, à mon avis - et en dehors de tout le contexte général qui pèse bien sûr, mais ni plus ni moins que pour des mobilisations précédentes, c'est que les directions des syndicats non-signataires (CGT,FO) n'ont certes pas signé, mais ont discuté jusqu'au bout avec le patronat (et sous l'égide du gouvernement).

Par là, ils ont légitimé jusqu'au bout la méthode (le "dialogue social", au nom notamment de la supposée "indépendance syndicale") et les objectifs (flexibilité...), sans méconnaître la fin la plus prévisible du film (concessions ultra-limitées du patronat d'un côté, accord de la CFDT, de la CFTC et de la CGC de l'autre).

L'ennui s'il y a accord sur la méthode et les objectifs, il est difficile de se retourner au dernier moment et de découvrir que cet accord était mauvais, et qu'il y a lieu de le combattre totalement... Il aurait fallu à l'inverse quitter les négociations bien plus tôt, voire ne pas y aller du tout, ce qui aurait bien gêné les syndicats signataires, plutôt que de les dénoncer après les avoir accompagné durant tout le processus... Mais ce n'est pas grave, ces mêmes directions des syndicats non signataires siègent toujours au COR (le Conseil d'Orientation des Retraites), en compagnie du patronat, et on peut déjà deviner dans quel sens (peu favorables aux salariés) vont être les futures propositions du COR. Mais quel sera la marge de manoeuvre des salariés de lutter contre les mesures à venir (retraite à 65 ans pour "nécessairement" équilibrer les caisses...) alors que la direction de leurs syndicats auront déjà avalisés le diagnostic et la démarche, comme lors de la précédente réforme ?

Face à ce double jeu des directions syndicales (sans compter leurs divisions), il est à mon sens bien difficile d'attendre une mobilisation massive des salariés; et plus encore une retransmission médiatique de ces enjeux brouillés à dessein.
Et les gens sont sensés se mobiliser comment si le contenu réel de l'ANI n'est relayé dans aucun média ? Par la voie du Saint Esprit ?
S'il est relayé, l'ANI est présenté de façon totalement délirante, reprenant mot pour mot la propagande gouvernementale "plus de sécurité pour les salariés". En me fiant au JT, l'ANI est un bon accord qui va dans le sens des salariés. La CGT et FO pourraient et devraient sans doute pousser plus fort à la mobilisation, mais le bain médiatique dans lequel on baigne a son importance je pense. Il y a aussi un effet de démotivation militante, quand Sarkozy était au pouvoir c'était presque facile de mobiliser la gauche, comme il est facile à la droite de mobiliser leurs ouailles depuis la victoire de Hollande. Là on est le cul entre deux chaises, on a voté Hollande et on se retrouve cocufiés. C'est plus démoralisant que galvanisant ... Moi aussi je me pose de plus en plus de questions sur le choix de Filoche et de toute l'aile gauche du PS de rester au bercail alors même que les socio libéraux qui dirigent le parti ne les ont jamais autant méprisés et leur ont clairement fait comprendre que la politique économique de gauche qu'ils veulent, c'est niet. Quand on voit le gouffre idéologique entre cette aile gauche et la majorité soc-lib ou soc-dem, c'est assez ébouriffant.

C'est assez consternant de voir le PS se diriger droit dans le mur au galop comme ils le font. Je trouve ça vraiment incroyable qu'ils n'aient tiré strictement aucun enseignement de la séquence 2007-2012, sur la profonde stupidité de la politique de rigueur au niveau français comme européen, sur la nécessaire re-régulation du système financier et bancaire (la fameuse loi de régulation bancaire "au pistolet à bouchon"), la nécessaire réforme fiscale qui rétablirait la progressivité de l'impôt ...
[quote=Moi aussi je me pose de plus en plus de questions sur le choix de Filoche et de toute l'aile gauche du PS de rester au bercail alors même que les socio libéraux qui dirigent le parti ne les ont jamais autant méprisés et leur ont clairement fait comprendre que la politique économique de gauche qu'ils veulent, c'est niet. Quand on voit le gouffre idéologique entre cette aile gauche et la majorité soc-lib ou soc-dem, c'est assez ébouriffant.]

Je crois en la sincérité de Filoche quand il dit qu'il ne veut pas laisser le parti aux sociaux-démocrates, mais je pense aussi que pour bon nombre de ses amis élus, la perspective de quitter leurs postes bien ancrés et bien payés pour tout recommencer de zéro au FdG avec les incertitudes électorales que ça représente doit en faire réfléchir plus d'un.
Quand on a le cul au chaud, on doit y réfléchir à deux fois et se résoudre à avaler quelques couleuvres (par paquets de douze ces temps-ci), quitte à faire cocu un certain nombre de militants de base désireux d'un hypothétique coup de barre à gauche....
C'est exactement dans le canard de la semaine dernière: la page 2 souvent décriée est pourtant très informative.
D'après Hollande (avis aux 28% de l'aile gauche du PS pour avoir une idée de la considération tenue en haut lieu):
"Il faudrait que ceux qui sont dans la minorité du parti sachent où ils sont et ce qu'ils veulent".
"Soit ils veulent rester au PS, soit ils veulent aller chez Mélenchon. Je sais qu'ils n'iront pas chez Mélenchon parce-qu'ils se retrouveraient sans postes, sans places et sans perspectives d'avoir un mandant électif. Mais, s'ils restent au PS, ils ne peuvent pas avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière".

Les convictions politiques chez les sociaux-démocrates du PS qui devrait depuis longtemps s'appeler PSD: c'est tout un programme.
Je viens donc sans le savoir de me glisser dans la tête de Hollande...
Ça fait bizarre...
En même temps, si tout le FdG se joignait au PS, l'aile gauche deviendrait majoritaire.
Les postes de députés, sénateurs, conseillers en tout genre... La vrai gauche au pouvoir!!!
Compromission, arrangements... Le début de la corruption?
Le PS étant un parti de gouvernement, peut il être de gauche?

Mettre le projecteur sur le mariage pour tous avec une frigide barjot complètement narcissique et ridicule, c'est le meilleur moyen de discréditer l'opposition au gouvernement, surtout si on y ajoute les fachos, les cathos et les réacs de tout poils.

Mettre le projecteur sur un Gérard Filoche dégouté de la gauche, c'était plus délicat pour le gouvernement et moins télé réalité.
On préfère mettre des tarés qui s'engueulent (Fourest/Bourge/Barjot), ça marche allo quoi...

Résultat après 6 mois de débat fatiguant on en ressort que Hollande est un gentil bisounours progressiste...
Non Daniel Schneidermann, s'il vous plait il est bien trop facile, convenu et "ni-niste" de laisser la question ouverte, quand par ailleurs la réponse peut se résumer en deux mots : système capitaliste.
Vous vous focalisez sur la conséquence et non la cause : la conséquence, le constat que vous faites, est que les citoyens se sont davantage mobilisés et intéressés pour une liberté sociétale plutôt que pour leurs droits sociaux. Vous avez raison de faire ce constat, tort d'en fair eune cause indépassable. Ce qui permet à tout humain de s'élever, c'est l'éducation et la protection de ses moyens de subsistance, c'est pourquoi la philosophie socialiste a fait de tout temps la promotion de l'éducation publique et la sécurité sociale (prenez les écrits de marx, rousseau, babeuf, jaurès, etc).
Et c'est pour cela que tous les socialistes ou communistes ou anarcho-syndicalistes dénoncent et luttent contre le système capitaliste.
Par système capitaliste il faut bien entendre à la fois le fait économique qu'une minorité détienne la majorité des moyens de production (comme les organes de presse) et des richesses (les dassaut, arnault, pinaut, bettencourt, etc mais aussi les nouvelles stars sportives, du showbiz exilés fiscaux, etc, qui forment une convergence d'intérets), et aussi le fait politique de l'oligarchie représentative : le fait qu'une minorité (élue) vote les lois (les debré, dassault, morano, hollande, etc, tous "les représentants du peuple"), au détriment et par l'exploitation de la majorité des citoyens.
C'est deux minorités (que certains appellent "élites", comme si les 99% de la population restante étaient une sous catégorie d'humains) concentrent et monopolisent les pouvoirs au détriment de cette majorité de citoyens, qui sont réduits à des électeurs-consommateurs au mieux, sinon une masse informe, immature et inculte qu'il faudrait éclairer par des leaders charismatiques, des "personnalités".

Et cette oligarchie, en réduisant les citoyens à des électeurs, en ne reconnaissant par leurs voix quand ils votent contre un traité anti démocratique et capitaliste, en supprimant toute éducation populaire politique dans les écoles, en aliénant ces memes citoyens au quotidien dans leur "emploi", que l'on arrive à ce que ces citoyens se désintéressent des enjeux de société.
L'école publique et médiatique ne forment (et n''informent) pas les citoyens sur leurs droits, sur le code du travail, il n'y pas d'éducation civique ni d'éducation populaire (reprenez vos interviews de Franck Lepage!), on ne forme pas des citoyens mais des travailleurs et des électeurs consommateurs, à dessein car cela sert l'alliance entre "capitalistes lobbistes du privé" et "représentants dont la campagne électorale dépend des dons des capitalistes du privé et se voient déjà pantoufler pour le futur carrière".

Tant qu'on ne donnera pas les moyens légitimes à l'école publique, pour tous, de former des citoyens, de les politiser, qu'ils se saisissent des enjeux de société, en leur rappelant l'historique des luttes syndicales, des luttes philosophiques, des luttes politiques, en leur permettant de voter les lois par référendum et non plus élire un candidat auquel on vouerait un culte de la personnalité et auquel on aliénerait notre voix, s'il n'y a pas un peu de guillemin, un peu de Franck Lepage, un peu de Rousseau, un peu de Marx, de Bernard Friot, de Frédérique Lordon, de Dominique Pagani et de Cornélius Castoriadis dans les cours, si on n'a que du nathan et du hachette, on ne peut pas avoir des citoyens qui s'intéressent à l'ANI, mais seulement une classe moyenne qui se préoccupe de sociétal, des ligues de foot au mariage (et j'adore la foot et le mariage par ailleurs, mais c'est du sociétal!), et une classe de pauvres qui vont chercher des boucs émissaires parmi les immigrés pour expliquer leur difficultés de subsistance plutot que dans la politique capitaliste oligarchique qui empeche la répartition des richesses, l'investissement dans l'éducation, la santé, etc.

Ne confondez pas la cause et la conséquence : ce n'est pas parce que les citoyens dans un système capitaliste ne s'intéressent pas aux enjeux de société qu'il faudrait ignorer que c'est ce système, entretenu par une oligarchie, qui nous aliène, et qui en est la cause.
La cause, c'est cette oligarchie capitaliste.
La mobilisation des milieux catholiques ont aussi été très efficaces. Appel aux manifestations lors des messes, sans doute également dans les écoles confessionnelles, etc...
Des moyens financiers également importants, l'église catholique est encore riche.
Barjot n'a t-elle pas dit qu'elle recevait des défraiements ?
[quote=C'est la question la plus bête de la journée.]

Ca c'est bien j'té, comme on dit !
Quand le PS est au pouvoir, il bénéficie encore d'un a priori plutôt favorable parmi une partie des salariés. Au cas particulier de l'ANI la signature de la cfdt a aggravé le problème. Ce n'est pas du côté de la droite qu'on pouvait s'attendre à une mobilisation sur le sujet puisque le MEDEF en était l'inspirateur.

Mais, dans quelques mois, quand les premières conséquences de cette loi se feront sentir, les réveils risquent d'être douloureux, notamment pour les députés qui ont ainsi voté un début de détricotage du Code du travail tant souhaité par une partie du patronnat. Et, rassurons nous, des milliards d'euros continueront d'irriguer les paradis fiscaux qui seront ainsi un débouché opportun pour tous les "gains de productivité" obtenus grâce à l'ANI...
Un sourire ou une franche rigolade...Guaino s'est trompé,il a voté pour!!!!!!!
L'abonné MATL a troussé un billet sur le suicide au travail - et le travail en général - qui fait écho à l'ANI, et qui est plutôt (très) bien vu pour ceusses qui veulent. A lire ici.
Constater que Filoche et ses objections à l'ANI n'ont pas été suffisamment médiatisées, c'est bien.
L'inviter sur le plateau d'@si, c'est mieux.
Si on est plus mobisés sur le mariage pour tous que pour l'ANI quoi de plus normal! d'un coté la droite ,le FN et les intregristes religieux qui font le forcing qui se mobilisent, de l'autre , le medef l'UMPs et les merdias qui vantent l'ANI ,donc motus bouche cousue. C'est un peu comme pour la nationalisation d'E D F G D F, les merdias ont totalement occulté les mefaits ,et resultat! 30%d'augentation en 2 ans du gaz et 15% de l'electricité et on a pas fini .Car ce n'est plus un service public.En fait je me demande si c'est pas bien fait ,car j'en ai marre de voir les bidochons ce plaindre alors qu'ils sont là ,comme des bovins ,à voir passer le train ,sans rien faire.
Keski sont bôôô ces fumigènes en illustration du neuf-quinze de ce matin !
Surtout les roses du milieu. La couleur fétiche des anti-mariage pour tous, portée avec tellement d'élégance par Frigide et ses amis.
Ça donne envie de participer à leurs manifs. Ce soir à 20h30, ils organisent une veillée sur une place de ma ville, mais je suis retenu ailleurs.
Dommage, j'aurais adoré me mêler à eux et humer ces bonnes odeurs d'encens, d'amidon et de naphtaline...

A part ça, comme DS a encore fait une pub éhontée à Caroline Fourest, j'ai eu l'idée de l'écouter s'opposer à Guaino sur BFMTV, Guaino qu'elle a littéralement atomisé, avec l'aide inattendue de l'animateur du débat.
Mme Barjot est une personne engagée, mesurée avec beaucoup d'élégance ce qui de nos jours se fait de plus en plus rare. On a pu l'apercevoir lors de la manifestation de dimanche aux côtés d'un grand commis de la République, Mr Guaino et Mr Collard, un avocat militant, d'une grande modestie, d'une discrètion maladive mais qui participe à cette cette saine contestation sans jamais tirer la couverture tricolore à lui.
Il n'y a donc rien de scandaleux à ce que Mme Barjot dispose d'un temps de parole important dans les médias compte tenu du courageux combat qu'elle mène depuis de longues semaines aux côtés d'un peuple de France remarquablement bien habillé et bien coiffé ce qui nous change des gauchistes hirsutes, chevelus et irresponsables qui depuis mai 1968 ont conduit notre pays dans une dérive bien inquiétante.
En ce qui concerne le projet de réforme du travail, on ne peut que déplorer ces timides avancées vers une plus grande libéralisation du monde du travail.
Souhaitons que dans les semaines à venir , les députés socialistes , inspirés par les commentaires avisés de Monsieur Minc ou Monsieur Fiorentino agrémentent ce projet de décrets permettant aux entreprises de flexibiliser davantage le temps de travail et les conditons d'embauche.
Pour moi c'est un peu plus profond, grave et disons 'existentiel' qu'un simple fatalisme par rapport au libéralisme économique, c'est plutôt un fatalisme par rapport au capitalisme. C'est la victoire de la sacro-sainte "politique de l'emploi", celle-ci ayant complètement éclipsé la politique du travail. On malmène le droit du travail ? C'est un moindre mal voyons, l'essentiel c'est de "créer de l'emploi", même précaire, même injuste ! On n'a pas d'autre choix qu'exploiter les gens, c'est comme ça le "retour à l'emploi" dans les chiffres ! Il faut faire "baisser le chômage", c'est le fin du fin d'une politique de gauche ! La droite virait des chômeurs de l'ANPE, la gauche maltraite des travailleurs, c'est une autre façon de voir les choses.
Parfois je me dis que ça doit être terrible pour des gens comme Hollande le spectacle des funérailles de Tatcher.

Des gens prêts à aller en prison pour cracher sur son cadavre, des gens se lamentant comme s'ils lui auraient souhaité une agonie plus longue.

Qui se souviendra de François Hollande ?

Tout juste si une nécrologie rapellera qu'il était le suppléant de Nicolas Sarkozy.
Je pense que la réponse à votre question est très simple à trouver en se basant sur 3 points très concrêts :

1. jetez un oeil, quel que soit le site concerné (Le Monde, ASI, L'express, Nouvel Obs etc....) les brèves sur le MPT et autres manifs pour tous génèrent 10 à 100 fois plus de commentaires que n'importe quel autre sujet économique social ou sociétal. Lesmédias donnent au peuple ce qu'il demande et les polémiques autour de ce projet font de l'audience.

2. la propagande néo-libérale fait lentement son oeuvre : les orientations économiques à base de rigueur et autres flexi-machinchose sont posées comme étant scientifiquement incontournables : les seules logiques, possibles, pour un "bon père de famille"

3. La véhémence et les caricatures qui pleuvent dans le débat sur le MPT. Les outrances des uns et des autres se lâchent (y compris sur ce site, normalement fréquenté par des personnes réfléchies et critiques : voyez le traitement réservé à madame Barjot ici) et cela aliente les outrances de l'autre camp au grand plaisir des médias friands de caricatures, de phrases chocs, d'images symboles et d'excès divers.

Ne faites pas semblant de ne pas voir tout cela, tout de même.
Par contre je félicite ASI de ne pas tomber dans cette surenchère à l'occasion du MPT. Très peu de brèves et d'éditoriaux sur ce thème. C'est tout à votre honneur.
L'ANI aurait été proposé par un gouvernement de droite, la gauche, au sens très très large (PS inclus), se serait mobilisée contre. La médiatisation et le rapport de force vis à vis du texte auraient été tout autre.

Là, l'ANI est portée par le PS. A part la gauche au sens strict (PS exclus donc), il ne reste plus personne pour se mobiliser.

C'est un vrai problème qui n'est pas limité à l'ANI : les textes de type "mémorandum grec" passent mieux avec un gouvernement de "gauche" car celle-ci, étant au pouvoir, ne peut manifester son opposition et qu'il me semble, en plus, que la droite n'est pas profondément opposée à ce genre de texte.

En y réfléchissant, c'est même à se demander si une victoire de la droite aux élections n'aurait pas été souhaitable car c'est la seule configuration où il est possible de s'opposer à des textes d'austérité qui seront de toutes façons présentés par le gouvernement qu'il soit de "gauche" ou de droite.
Bonjour
Daniel vous faites votre oligarque, mettez-vous au niveau du salarié lambda.
Il a manifesté et fait grève de nombreuses fois durant le quinquennat précédent, en vain malgré le nombre important de personnes dans la rue. Résultat, l'enthousiasme s'est peu à peu érodé et il perd sous tout les tableaux, financier et législatif. Comment retourner au charbon dans ces conditions.
La droite est en train de découvrir le phénomène. il sera sans doute plus long à s'essouffler car pour elle, manifester ne coute rien financièrement (d'autant que l'UMP les aide en affrétant des bus). Mais irrémédiablement, le découragement s'installera face à la machine institutionnelle.
Pour la gauche vraie, à quoi servait-il de manifester contre l'ANI ? Le résultat était couru d'avance et par les temps qui courent, un jour de moins sur la paye, cela est dur.
Maintenant, que l'épisode ne laisse pas de traces, je n'irai pas jusque là car autour de moi, de nombreux électeurs de "gauche" ont analysé le message : ils ne voteront plus jamais PS, leur vote "utile" est devenu "inutile".
Combien de personnes va concerner le mariage homo?
Tout cela est RISIBLE
Une proposition de réponse à la question angoissée de DS :
On s'écharpe beaucoup sur le mariage homo parce que çà arrange bien le PS et l'UMP de faire croire que le premier est de gauche.
On ne parle pas de l'ANI parce que çà arrange bien le PS et l'UMP qu'on ne se rende pas compte que le premier est la droite complexée (merci Lordon).
DS, ne soyez pas si modeste!!!
Votre conclusion pose en fait deux question. Pourquoi y a t-il plus de monde dans la rue pour ou contre le MPT que contre l'ANI?
Je dirais au doigts mouillé que les luttes sociales et/ou sociétales sont historiques et ne peuvent susciter la même colère au même moment. Le patronat étrangle les salariés depuis des lustres. Il y a déjà eu des mouvements sociaux, l'ANI n'est "qu'une" péripétie de la lutte des classes. Une lutte millénaire qui ne peut se résumer à un obscurs débat que ne comprennent que quelques spécialistes. Le mariage des PD, tout les abrutis peuvent comprendre que c'est pas bien.

La deuxième question que soulève votre conclusion, cher DS, est pourquoi les médias donnent l'info la plus populaire, celle qui fait le plus de buzz et passent sous silence une info qui pourrait paraitre mineure si on ne l'observe pas avec du recul. Question qui pourrait plus généralement être : pourquoi les médias ne prennent jamais de recul?
La réponse, ou plutôt une partie, vous l'avez donné vendredi (enfin jeudi lors de l'enregistrement) en parlant des tunnels. La peur d'ennuyer les gens. Je vous concède bien volontiers que le public n'est pas parfait, et que le "journaliste" n'a pas à être un saint. Mais poser la question est un peut exagérer. Un journaliste préfère le buzz parce qu'il fait de l'audience. Et ce que préfère un journaliste, c'est l'audience. @si compris.
D'ailleurs, soit dit en passant, quand vous avez des abonnés qui ne se contentent pas de la musique ambiante, vous les bannissez à la première occasion...
J'ai une idée pour vous : pas de médiatisation => les gens ne sont même pas au courant de la loi => pas de mobilisation => pas de médiatisation... et c'est reparti pour un tour ! Pas bien difficile de démobiliser, démoraliser, quand la vie est déjà si dure.
Je fais remarquer que les gens de la manif pour tous font leur première manif depuis 15 ans. Et on voit qu'ils ont du fric : tee-shirt, drapeaux, autocollants en plastique de bonne qualité, cars, sonorisation, publicité dans le Monde, etc. Les syndicalistes eux en sont à leur énième grève, et les premiers touchés, les ouvriers, n'ont pas moultes journées de travail à perdre, ni d'argent à dépenser en billets de train.
Eh oui, c'est dur de lutter contre la propagande : les partenaires sociaux sont d'accord, c'est un accord historique, il va y avoir de la sécurisation de l'emploi, moins de précarité, avancées sociales, blablabla. Et tout cela, non pas une fois, mais matin, midi, soir vêpres et complies, sur toutes les chaines, tous les journaux - ou presque. Plus l'enfumage du mariage pour tous, de la moralisation de la vie politique, etc, etc, etc.
A cela s'ajoute que c'est un texte complexe et technique, difficile à expliquer quand on n'est pas spécialiste, qu'il y a 27 articles dans l'accord, 18 dans la loi. Pour argumenter, il faut déjà plus de comprenette que "la famille c'est un papa et une maman"...... Et il faut détailler chaque ligne, parce que le diable se cache dans les détails. Et il faut comprendre ce qu'il n'y a PAS dans l'accord, parfois plus grave que ce qu'il y a. Et c'est le même problème que pour toute action syndicale, que les autres se battent pour des garanties dont je bénéficierai sans avoir besoin de sacrifier des journées de travail pour lutter.
A cela s'ajoute que le gouvernement ne fait même pas l'effort élémentaire de défendre sa loi au Parlement (vote bloqué, refus de répondre aux questions des contradicteurs) : c'est l'accord signé par les """partenaires""" sociaux, donc il faut le voter.
A cela s'ajoute que ça arrange bien le gouvernement qu'on ne parle pas de cet accord, parce que pour se faire passer pour "de gauche" quand on fait pire que le projet de loi Sarkozy (à l'époque c'était les "accords compétitivité-emploi"), c'est coton. Surtout quand on fait ce que l'on dénonçait dans l'opposition, pour la cohérence politique on repassera.
A cela s'ajoute que le texte arrange bien le patronat. Si on regarde ce qu'il y a dedans, comme l'explique Filoche et les autres, c'est un sabrage du Code du Travail. Le patronat n'a aucun intérêt à ce que texte soit débattu en toute lumière. Or, les journalistes sont des salariés pour la plupart. Bon nombre d'entre eux sont précaires. Dans ce cas, si on veut garder son emploi, il vaut mieux fermer sa gueule. Et quiiiiiii détient les groupes de presse dans leur immense majorité ? les salariés eux-même en coopérative ? ben voyons !

Des raisons pour lesquelles on parle moins de l'ANI que du mariage pour tous, il n'y en a que trop....
Perso, j'ai perdu tout espoir de faire bouger par la rue le gouvernement et le reste du monde de sa ligne liberale.
Je ne serais p'tete pas allé manifester, même si on en avait plus parlé dans les média.

Par contre, la droite, elle, est profondément persuadé de détenir LA VERITE. Qu'elle seule est légitime. Que la gauche c'est le diable. Elle a la foi, elle. Elle ne l'a pas usé et reusé dans des tonnes de mouvement sociaux qui n'ont servi à rien.

Je pense que ca joue.

Bon, apres, il y a l'effet boule de neige. Si j'avais vue un vrai mouvement social puissant s'opposé au texte, je me serais jointe à lui, me disant que ca allait p'tete servir a qq chose.
L'ANI est un poison lent, complexe, tricoté sous la gôche et dont la promotion a été faite par les médias rattachés au PS (mais pas seulement). 4 raisons de ne pas s'en méfier plus que ça.
Le mariage gay, ça parle à presque l'ensemble de la société, des ados aux retraités, les enjeux sont simples, ça parle à l'affect plus qu'à l'intellect donc ça mobilise massivement.
Tout est fait en parallèle pour distiller dans le crâne des français (mais pas que) l'idée que pour l'économique, c'est foutu, les politiques sont les bagages accompagnés du patronat, alors que pour le sociétal, le petit peuple est consulté, on lui demande son avis, on le mobilise. Et puis on est tellement habitués aux promesses non tenues que si le candidat élu en tient une ou deux, on ferme les yeux sur le reste, hein.
Le marché transatlantique c'est pour 2015. Quel média traite de cette nouvelle crapulerie ? Aucun (enfin si, Bourdin, une fois) alors que ça risque de chambouler la vie de millions de travailleurs, et pas en bien, of course.
Madame There Is No Alternative est morte et enterrée mais elle à fait beaucoup d'émules...
Réjouissant et énergique Filoche se matin, quelle forme, mais le comparer à la barjot frigide fallait oser ;-))
Quant à Clark, c'est presque tous les jours qu'elle nous pond la question la plus bête pour les 24 heures à venir non ? :)
Pour l'absence de Filoche et plus généralement de l'ANI, Acrimed a une hypothèse, qui se vérifie dans les chiffres (j'aime beaucoup leur sous-titre "Une présence démesurément patronale").

[quote=Acrimed]Le décompte détaillé des invitations (voir ci-dessous) montre que les « grands rendez-vous » de l’information des principales radios ne s’encombrent pas avec la recherche d’un quelconque équilibre :
Et si le texte n'était pas si mauvais que ca?
C'est juste une suposition de plus, hein... pas une opinion.
Mais je trouvais que cette suposition manquait à votre questionnement.
Parce que BARJOT est la Beauté absolue
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