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Commentaires

Overinformation

C'est un texte qui me trotte dans la tête depuis plusieurs jours

Derniers commentaires

Que veut dire overinformation ?
Surinformation ne suffit pas ? ou Hyperinformation.
Sur est banal. Hyper est ancien. Over est moderne !!!
C'est ce que disait Pierre Rabhi à Maia cet été à propos des émissions télés à propos de l'environnement qu'il ne regarde plus.
Surabondance d'information et déficit d'action.
la surinformation est telle, en effet, que je me garderai bien d' y rajouter, ici et maintenat, ma petite opinion personnelle...
Silencio!
L'autre jour, j'ai regardé la dernière émission à la Grand Journal du week-end, le Supplément. Après un premier volet où il apparaissait que Jean-Marc Ayrault devait s'en aller, parce que sa côte de popularité baissait après avoir annoncé un plan de rigueur et parce que les journalistes interrogés ne le trouvaient pas assez sexy, et après interview où la présentatrice avait le beau rôle auprès d'un lobbyiste de la cigarette particulièrement nul (j'aurais pu faire son boulot mieux que lui), plus deux ou trois faits d'actualité clipesques et pré-digérés afin qu'on ne réfléchisse pas en les regardant, j'ai décidé de zapper sur Arte où un américain de 80 balais construisait des voitures Nascar depuis les années 30, nous les montrait, et nous apprenait qu'il avait d'ailleurs travaillé sur la DeLorean utilisée dans Retour Vers le Futur.
J'ai retrouvé foi en l'humanité grâce au vieil américain et à Arte et je les en remercie tous les deux.

Audrey Pulvar et Roselyne Bachelot sont prises dans un système qui nuit à leur intégrité, mais fort heureusement, ce système est plus réduit qu'on ne le pense.
Les lunettes d'Audrey Pulvar ne m'intéressent pas ; j'ose croire qu'en dépit de ces lunettes elle peut occasionnellement dire des choses intéressantes. Ces choses, si je les entends, seront évaluées à leur logique propre, avec un petit présupposé lié à l'émetteur mais dans lequel l'impact des lunettes sera faible. Ce d'autant plus que j'écoute assez peu Audrey Pulvar (envers qui j'ai pourtant une certaine sympathie, que les lunettes ne terniront pas vraiment parce que jamais idéalisée).

Les petites compromissions morales de nos deux journalistes / politiques sont en fait assez peu importantes, car elles ont essentiellement trembler l'eau dans un système médiatique/politique consanguin duquel bien d'autres choses sont déconnectées. L'état de fait qui cause ses compromissions, et l'aspect consanguin du système est, en revanche, un vrai problème. Et des vrais problèmes, il y en a bien d'autres.

Mais en fait, contrairement à Serge Halimi, je pense que les choses changent - c'est juste qu'elles ne changent pas là où on l'attend, au rythme où on l'attend, ni de la façon dont on l'attend. On a un peu le rêve, issu du journalisme, d'une indignation publique qui finirait par mener à leur chute les fausses valeurs, alors que les choses bougent peu de cette façon : et cela, on le voit à la façon dont les grosses choses changent. En 30 ans, l'écologie est passée, aux yeux du monde, de lubie de hippies à une préoccupation mondiale. L'équilibre des forces au niveau mondial est en train de complètement se modifier. Les modalités par lesquelles l'information et la culture sont produites et partagées se bouleversent de fond en comble.

Donc - il est illusoire, voire dangereux, de penser que les choses ne changent pas. Nous sommes au milieu de gros bouleversements, et ce que nous pouvons faire de mieux et de tenter de piloter au mieux et d'essayer d'aller collectivement dans le sens qui nous paraîtra le plus juste. Les lunettes d'Audrey Pulvar, prenons-les pour ce qu'elles sont, une bizarrerie d'un vieux monde pas encore éteint, et si notre rôle n'est pas de pourfendre les vieilles idoles néfastes, tournons-nous plutôt vers les vieux américains passionnés et les figures d'espoir et de passion.

(Et, comme disait Bob, "Oh the times, they are a'changin'")
Roselyne Bachelot est payé à peine deux paires de lunettes par mois, c'est pas beaucoup.
Mais on ne sait pas que les comptes de la CNAF n'ont pas été certifiés par la cour des comptes
A cause des indus
et à quoi sont dus les indus
au fait que les familles changent : déménagent, se séparent, se mettent ensemble, que les enfants sont parfois confiés à la mère puis au père
et que les familles peuvent rarement prévenir de ces changements 3 mois à l'avance

les autres branches de la sécu ne sont pas autant surveillées sur les indus
pourtant les retraités ça bouge moins que les familles, certes, des fois ça meurt
les malades ça consomme des médicaments et des IJ mais au moins ils ne sont pas remboursés à l'avance
et pourtant il y a des indus

et pourquoi donc que ce serait justement sur les indus les moins évitables qu'on mettrait l'accent
les comptes de la MSA eux sont certifiés et pourtant les indus représentent vraissemblablement la même proportion

remarquons au passage que les indus concernent les trop versés mais aussi les pas assez versé
et là on communique beaucoup moins : ce qui n'est pas versé et qui se révèle justement à l'occasion d'un contrôle

faudrait-il que les CAF vérifient beaucoup moins : il y aurait moins d'indus ?
"On sait tout, c'est sûr (...) il y a peu de chances que ça finisse bien."

Pardon mais on ne sait pas tout...on ne sait pas quand ça finira mal.
Cher Daniel (et l'équipe d'arrêt sur images),

Overinformation, cette tendance qui nous aseptise et nous empêche de réagir face au retour de l'oligarchie - notamment dans les élites politiques et médiatiques - dans le monde dit civilisé.

Sauf que cette fois-ci, c'est pire : mondialisation oblige, le monde entier se conforme à ce modèle, faisant émerger une ploutocratie mondiale sur laquelle nous n'avons aucune prise.

Je suis d'accord avec un autre @sinaute qui proposait de faire une émission autour de ce sujet. Si je puis me permettre, ce n'est pas souhaitable : c'est nécessaire.

Merci Daniel, pour ta lucidité...
Que vois-je sur mon site préféré: DS qui cite son confrère Serge Halimi" et dans la foulée un article et un forum Chaveziens...

Y a pas à dire, et au risque de me répéter: Susan George lui a bel et bien fait tourner la tête,
à notre Daniel, l'autre soir sur France 3.
A propos de Bachelot, la vulgarité vaut de l'or, il faut bien le constater. Hollande l'a choisie pour moraliser la vie publique, c'est à se tordre de rire quand on se souvient de la nomination de son fils, de la gabegie des vaccins, de ses mensonges quant à ses fonctions dans l'industrie pharmaceutique. Moi, perso, tout ça me rend folle de rage, je ne dois pas être la seule mais alors pourquoi rien ne se passe ?
A propos, en Corrèze, le département dont le président du CG est notre président de gauche, les impôts locaux ont augmenté de près de 8,39%, pour la part du département.
ce n'est pas de la surinformation , c'est de l'inondation. C'est un tsunami
on nous noie...
Il me semble que Pierre Rabhi l'exprimait très bien dans le "Aux sources" que @si lui a consacré: on est sur-informés... et on en fait quoi? Lui en fait quelque chose. Certains d'entre nous aussi, sûrement. Il faut choisir son terrain. Celui des politiques, médiacrates, et autres "premiers de la classe" est un terrain où on peut certes informer, dénoncer. Mais agir? Très peu, voire pas du tout.

Encore la "démocratie-cause-toujours". Sans compter que pointe de plus en plus souvent, par dessous la farine blanche, la couleur brune de la version "ferme-ta-gueule", dont profitent déjà les plus fragiles d'entre nous, Rroms, enfants des rues, sans papiers, squatters, etc...
Trois informations certes, mais qui n'ont aucun rapport entre elles.

Mme Pulvar peut porter des lunettes à 12 000 €, c'est son pèze !

Mme Bachelot gagnera plus à D8 (que quand elle était ministre) : combien de "vedettes" du petit écran gagnent des sommes équivalentes, sans parler de gros patrons et cadres très supérieurs ? Et faut-il rappeler au passage que Copé qui sévit dans le cynisme xénophobe en ce moment, quand il était président du groupe parlementaire UMP (et maire de Meaux) arrondissait ses fins de mois difficiles en faisant avocat à 20 000 € aussi mensuels. Faut-il rappeler aussi que certains conseillers d'UBU-président gagnaient plus que leur maître ?

En revanche pour Sciences Po, c'est l'argent de l'état, le nôtre donc. Après publication du rapport définitif, il appartiendra au(x) ministère(s) concernés d'engager des poursuites s'il y a lieu. Même si ces informations ternissent singulièrement la mémoire de Richard Descoings, il ne faut pas oublier que l’IEP, sous sa direction, a abandonné la politique malthusienne des grandes écoles. 10 000 étudiants, dont 4000 étrangers ; sept collèges universitaires dont six en province, avec trois années d’études dont une à l’étranger + master en deux ans. Sans oublier les Contrats Education prioritaire qui ont introduit un peu plus de diversité sociale que dans les autres grandes écoles.
J'ai beaucoup aimé ce neuf-quinze parce qu'il fait écho à certaines questions que je me pose. Par contre, le titre ne pointe pas le bon problème à mon sens. Dans l'émission "Aux sources", je crois me souvenir que Pierre Rabhi déclarait (en substance) : on est trop informé mais on n'agit pas. La citation n'est pas forcément exacte mais c'était le sens.

Revenons au texte de Daniel Schneidermann. On sait tout. Qui est désigné par "on" ? Les journalistes d'Arrêt sur Images, de Mediapart ou encore du Monde Diplo ? L'association Acrimed ? Les gens qui consultent ces médias (dont la liste n'est pas exhaustive) ? Au total, cela représente combien de personnes ? Les informations sont certes accessibles mais peu de gens font l'effort de les rechercher. Pourquoi ? Un premier élément de réponse : il faut être un peu masochiste pour essayer de comprendre les impacts du TSCG, les origines des dettes publiques ou encore la création monétaire. L'éclairage de Sébastien Bohler par rapport à la faible diffusion de ces questions dans l'opinion publique m'intéresserait.

Maintenant, faut-il blâmer ceux (nombreux) que ces questions effraient ou n'intéressent pas ?. Si on est parvenu à les comprendre un tant soit peu, de quels leviers de pouvoir dispose-t-on ? A quoi bon savoir, s'informer, puisque rien ne changera. Tout est là à mon sens. Je souscris assez à ce que dit Étienne Chouard sur le faible niveau de démocratie. Les Grecs en sont l'illustration : leurs manifestations n'ont que peu d'impact.
le peuple français devrait montrer à ses dirigeants qu'on ne le prend pas impunément pour un imbecile, je crois qu'il est temps de se reveiller de de se mettre en lutte contre ce microcosme intouchable alors que le moindre voleur de fromage se retrouve en garde à vue...la révolution a t elle rêvé d'un retour des privilèges ??? et qu'attendons nous pour donner notre avis à ces gens d'en haut qui se regardent le nombril et se cooptent, à savoir R Bachelot responsable de la dépense des vaccins payée par le contribuable travaillant aux côtés d'"une compagne d'un ministre de gauche !!! ils se tiennent par la barbichette
je suis scandalisée et désespérée !!!
Elles sont chères et particulièrement moches mais tellement tendance ! Je veux parler des lunettes bon marché d'une femme si éprise d'égalité, si indignée par la misère, si à gauche, si donneuse de leçons, etc... Le refrain est toujours le même, c'est lassant. Il n'y a rien à attendre des pouvoirs en place, gauche et droite confondues, elles sont les mêmes, le cas est encore plus grave pour la gauche parce qu'elle trompe inlassablement ses électeurs. Merkel en Grèce et des mesures de sécurité incroyables, je peux comprendre, je partage les sentiments peu amènes des Grecs envers cette bonne femme.
oui il y a peu de chance que ça finisse bien......le chaos et un bain de sang....voilà ce qui nous attend....Grandeur et décadence puis disparition.
Mais aurons-nous le temps de voir ça? Ce n'est pas certain, nous vivons la 6° grande extinction des espèces, et pour la première fois de l'histoire, cette extinction est d'origine anthropique, l'espèce humaine pourrait bien finir par faire partie du wagon des espèces qui vont s'éteindre lors de cette 6° extinction.
[quote=Albert Camus]J'imagine encore Sisyphe revenant vers son rocher, et la douleur était au début. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l'appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au cœur de l'homme : c'est la victoire du rocher, c'est le rocher lui même.
http://www.wikiberal.org/wiki/Panarchie , des fois on aimerait bien pouvoir refuser un système de gouvernance en ne lui pretant plus la considération qu'il désir.
Parfois les utopies aident à prendre les choses avec philosophie :-)
Vous mettez sur le même plan d'une part, le gaspillage d'argent public, et d'autre par, ce qu'une journaliste fait de son argent, et le salaire qu'une chaîne privée décide d'accorder à une chroniqueuse.
Où voulez-vous en venir au juste? Faudrait-il manifester pour la baisse des salaires des journalistes de l'audiovisuels et des directeurs de magasine? Interdire d'adhérer aux idée de gauche lorsque l'on franchit un seuil de salaire particulier? Augmenter les salaires des ministres de 10 000 euros?

Je m'indignerai lorsque j'apprendrai que Pulvar est contre la hausse des impôts sur les revenus par exemple.
La réaction c'est aussi les mots, voici les miens :
http://cogito.no-ip.info/cogito/zapping/pourquoi.html
On sait tout, on ne sait rien…

Hmmm… Peut-être (re)lire La Fabrication du consentement – De la propagande médiatique en démocratie, de Chomsky et Herman ?
Si Audrey Pulvar voulait faire la promotion de Marine Lepen elle ne s'y prendrait pas autrement.... Hélas !
Oui, on sait... Oui, on se lamente... mais on reste dans la dénonciation. Où sont les propositions d'ASI en matière de pluralisme des médias ? Où sont les propositions d'ASI ur la question de l'audiovisuel public alors qu'on se prépare sans doute à un conflit social ?
... essayez la mousse au chocolat. C'est souverain.
20 000 euros, soit davantage que son salaire antérieur de ministre. On sait donc cela, on ne peut pas faire semblant de l'ignorer: sur le marché, un chroniqueur de télévision privée vaut davantage qu'un ministre

faut-il payer 20 000 Euros les ministres, tous les ministres ?
Du Temps de Louis XiV il n'y avait que 4 ou 5 ministres, et ils étaient bien payés, aujourd'hui il y en a plus de 40 normal qu'ils soient moins bien payés.

de quoi faut-il s'indigner, que les ministres sont devenus ministricules, voire larbins ( pauvre Kouchener !), ou que des larbins soient mal payés.
BRAVO Monsieur Schneidermann.
Ce matin, vous êtes dans "ma tête" !!
Le bon côté de cette chronique Daniel c'est de savoir que vous lisez le monde diplomatique (pas si diplomatique que ça... comme dit Mermet)
Je rigole bien sûr...
j'ai lu aussi l'article de Serge Halimi et bien d'autres ( Gilles Ardinat, Raoul Marc Jennar et Bernard Cassen notamment sur le TSCG que les socccc vont nous faire avaler cet après-midi je crois...)
Pourquoi ne pas inviter tout ce beau monde (diplomatique) pour une émission mensuelle comme celle de Mermet à la radio pour promouvoir un des derniers journaux d'informations digne de ce nom ????

pour les lunettes de P.... je pense comme vous que "ces gens là" sont hors d'atteinte. Définitivement.

tout le monde se précipite
hors d'atteinte du singe en rut
sauf une vieille décrépite
et un jeune juge en bois brut.... (pour répondre à Yves Carin... ça se déclenche dans ma tête chaque fois que je dis hors d'atteinte)
Un "informier urgentiste" c'est celui qui informe dans la précipitation? ;-)
Luis Buñuel: "Si j'étais au pouvoir, j'interdirais les actualités et la guitare électrique".
Interessant, cependant il ne me semble pas que l'edito d'Halimi dise la même chose que DS.
"un chroniqueur de télévision privée vaut davantage qu'un ministre"

Je dirais même plus (cf le reportage de Zone Interdite sur M6 dimanche soir sur les urgences) qu'un chroniqueur de télévision privée, tout ancien ministre qu'il soit, vaut d'avantage qu'un médecin et qu'un informier urgentistes réunis...

Ca laisse penseur...
Bonjour
Bravo Daniel, vous avez de bonnes lectures mensuelles.
Je vous engage aussi à lire (plutôt à voir et à écouter) Karine Berger sur votre co-site de Médiapart.
Pour elle Flamby est un vrai politique car il sait baisser sa culotte face à ses adversaires libéraux européens.
Pour elle, pour combattre des idées, il faut adhérer à celles de ses adversaires…
Avec ça, on n'est pas sorti le c.l des ronces !!!!
"On sait tout, et rien ne changera", je rajouterais "si on reste là à ne rien faire pour que quelque chose change".

Rejoignez un parti politique, une asso, et à défaut de temps à donner, donnez de l'argent. Ne serait-ce qu'envoyer un mail pour leur dire à ces gens qui se bougent qu'on est content qu'ils soient là, ça leur fera plaisir!

Remarquez, la réflexion critique sur les médias, c'est déjà pas mal...
L'information c'est surtout du divertissement; il y a comme une loi de la nature qui fait que les humains ne peuvent interagir qu'avec ce qui se situe auprès d'eux, a une longueur de bras à peu près. Tout ce qui est plus distant est hors de porté et, en ce qui concerne l'action concrète peut être complétement ignoré. La seule raison de s'informer sur des situations et des événements lointains, c'est le divertissement.
Je vais écrire ce qui suit pour - je l'espère - vous rassurer.

Le premier point est que vous avez travaillé dans les médias et vous en faites l'analyse critique à ce jour, ce qui vous donne une place de choix pour observer toutes ces ignominies. Seulement ce n'est pas celle de nous tous, aussi ce n'est pas votre place de les changer - ces ignominies. Vous êtes spectateur et informateur de la situation. Vous êtes le premier maillon dans la chaîne de prise de conscience qui mène à la réaction.

Vous êtes, nous sommes, surinformés. C'est un fait. Mais il existe une certaine inertie entre savoir et agir. Il est aussi tellement de difficultés à rendre audible l'information pertinente à tous. Même si on se contente des faits, rien que des faits. Pour ma part, j'ai réalisé un constat dans mon entourage. Je croise tous les jours des CSP+ qui refusent catégoriquement de parler de ces sujets, car d'un, ils ne les maitrisent pas, deux, ça déprimerait semble-t-il, or la vie ce doit d'être "cool" et "entrepreneurship", pleine de liberté sur fond d'un avenir paisible et riche de sensations. En gros, la prise de conscience ne s'est pas encore tout à fait réalisée là où tout semblait encore aller bien hier.

Le deuxième est que le spectateur de ce spectacle est plutôt résilient ce qui nous donne une impression d'une certaine inertie et les freins aux changements sociétaux sont nombreux. Aujourd'hui, la masse administrative et les outils de communications qui l'accompagnent sont les résultats d'une inflation d'une bureaucratie rendue vivante grâce aux "trentes glorieuses" qui pour se sauver, monopolise à ce jour des ressources colossales et puisent dans les acquis sociaux. En effet le tryptique Etat - monnaie - finance ne sont que trois facettes de la macro-sociétés. Forcément, ce gâchie, c'est de l'énergie pour le changement en moins, du potentiel de changement gaspillé, c'est une souplesse perdue.

Mais malgré tout des voix et des actions s'élèvent. On les entends par ci, par là. Ici dans vos billets, par là sur votre forum, ou encore là-bas dans la presse, voir dans la rue. La société des hommes - donc la politique - prend son temps pour muter. Je pense qu'il faudra changer d'une génération encore pour voir changer le monde politique français, deux pour celui européen. Ces hommes et ces femmes qui nous dirigent, qui gèrent notre information sont issus d'une génération qui n'a connu en majorité que des progrès sociétaux à une époque où le mérite semblait encore une valeure véritable. Il est évident qu'ils soient persuadés de faire bien les choses et de mériter leurs places. Ils ont justes oubliés qui les font vivre, qui travaille, qui crée la valeure matérielle - la vraie, celle sans que même la culture ne puisse exister-, quelle est l'énergie qui fait tourner ce jolie petit monde.

Bilan... l'information n'est pas encore si audible que ça, malgré son accès aisé. Puis vient après cette société kafkaïenne qui est en réalité le plus fort atout de maintient de cette société sans bon sens.
[quote=Daniel Schneidermann] L'impasse majuscule de la crise étouffe les scandales minuscules, qui clapotent jour après jour. On sait sait tout, on ne sait rien, et on pressent au moins une chose: il y a peu de chances que ça finisse bien.

Il faut comprendre au delà de savoir, le mot de Bachelard demeure décidément difficile à entendre. La raison en est sans doute qu'il n'a pas le même sujet et la même nature que ceux de l'overinformation, ou de l'informaiton tout court: laquelle est reçue sans être personnellement réfléchie conformément à ce que le mot, pourtant, signifie: donner, mettre en forme. Aussi bien, cela demande-t-il un certain travail, imposé par la nécessité ("il faut", dit bien Bachelard) de dépasser (viser "au delà", spécifie-t-il) ce que l'on nous raconte ou fait voir. Bref, il faut soi-même éprouver, "expérimenter", au lieu de se contenter d'"enregistrer" comme on le fait, ou croit le faire. Soit, dans le cas de l'espèce, commencer de débloquer "l'impasse majuscule de la crise" en s'interrogeant sur le sens de ce mot "crise" qui signifie tout autre chose que ce sur quoi l'on se bloque. Car il n'y a en l'occurrence d'impasse que par blocage devant le mur constitué par le(s) sens dérivés des mots du langage. Ainsi crise ne veut pas dire malheur, effondrement, catastrophe (ces mots étant pris eux-mêmes en leur sens dérivé), il signifie au contraire processus de distinction, développement déjà en cours: work in progress, donc nécessitant notre compréhension: celle, plus exactement, de chacun personnellement. Autrement dit son sens critique: l'adjectif n'étant pas par hasard celui qui, depuis 1781*, définit la pensée, en particulier celle de cet auteur qui sous-intitula son Capital: Critique de l'économie politique, et qui confia aux "crises" le soin d'en faire mesurer la portée. Crise signifie ainsi le contraire exact d'impasse: ce qui permet d'aller au delà de ce dans quoi on demeure enfermé.

*Date de la publication de la première édition de la Critique de la raison pure.
On n´oublie rien de rien
On n´oublie rien du tout
On n´oublie rien de rien
On s´habitue c´est tout

(in tonton B...)
[quote=Roland Topor]Tout est vrai qui finit mal.
La fin ("on sait tout on ne sait rien") rattrape un peu l'article, mal démarré.
Car non, on ne sait pas tout. On ne nous informe seulement de ce que les mass médias veulent bien nous dire. L'overinformation est donc à dessein une sous-information, où l'essentiel est noyé par le superflu, l'accessoire, l'anecdotique, ou l'édito biaisé.
Il suffit de lire à quel point la majorité des médias déteste internet et ses blogueurs, repère de "complotistes-conspirationnistes-confusionnistes qui se prennent pour des journalistes et qui ne font que les critiquer".
Quand on a un peu lu Acrimed, le Monde Diplo, écouté Pierre Carles, on ne regarde plus la machine médiatique à abrutir et oppresser de la même façon, et le retour en arrière est impossible.
"A quoi bon savoir, s'informer" ? Parce qu'on nous a rentré dans le crâne que les médias sont le meilleur indice de vitalité d'une démocratie et que chez nous, l'information est libre et totale. Donc si on s'informe, c'est qu'on est libre.
« A quoi bon savoir, s'informer, puisque rien ne changera »

Mais, euh, j'ai pas le courage de relire l'éditorial de Serge Halimi, mais il ne dit pas ça !
Bravo pour cette chronique qui donne le ton juste de l'état d'esprit qui devrait nous animer tous les jours!!
Les faits sont secondaires, et diluent notre indignation... L'important n'est pas que copé soit un gros c**, mais pourquoi un gros ** comme lui est là à dire ça et pourquoi il est important de mettre une frontière entre lui et nous... Une frontière que j'assimile à de la dignité.
Bah ! Il suffit d'agiter deux ou trois pains au chocolat devant les yeux des badauds ébaubis et ébahis, et ça devient une information.

C'était tellement facile de faire des discussions sur les gosses de banlieue qu'on accueillait à Sciences Po (pourquoi eux et pas les gosses d'agriculteurs, mais il est vrai qu'ils inspirent une telle compassion, pauvres créatures..), la suppression de l'épreuve de culture générale, tous ces chiffons que Descoings agitait pour nous aveugler

Même les singes dominants font cela, détourner l'attention des dominés des privilèges qu'ils s'octroient du fait de leur pouvoir. Et on n'a rien appris depuis la nuit des temps. La parole et une structuration mentale bien plus élaborée ne nous ont pas libérés de ces chaînes.

Mais nous-mêmes, voulons nous vraiment voir ?
Toute cette énergie qu'il faudrait dépenser pour secouer ce système, rien que le secouer... Il s'est construit pas à pas, à l'ombre de notre indifférence, de nos renoncements. D'autres étaient si empressés à y entrer, à s'en repaître sous les yeux éblouis de certains, et la résignation des autres.
Désormais il est solidement implanté, parce que nous en avons besoin pour être être autre chose que des masses aveugles.
Nous sommes des masses, mais pas aveugles.

Pas encore tout-à-fait.
Nous sommes des lemmings qui courons inconscients mais pas aveugles, qui courons à la mer. Le problème est de savoir qui sait nager....

Et vous connaissez le dicton : Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.
Même si ça aide....
[quote=DS]A quoi bon savoir, s'informer, puisque rien ne changera
Ce sujet, celui de l'article de Serge Halimi, et celui de cette chronique matinale mériteraient vraiment une émission d'@si...
Purée déja que la journée s'annonce pas joyeuse, le matinaute nous en remet à raison un coup dans les dents. Comme le disait l'homme le plus classe du monde, "monde de merde".
allez encore une info inutile, le président et sa compagne font installer à l'élysée une salle de sport perso pour éliminer les bourrelets ou pour affronter les dures épreuves de la crise , pour donner du boulot aux petites entreprises...mais ce n'est sûrement pas nous qui payons...on peut toujours se répéter que dans d'autres pays ces petits trucs ne passent pas...soyons geonpi réagissons...payons nos impôts sur une caisse de dépôt et ne délivront l'argent que sur présentation des factures!!!
C'est vrai,c'est si vrai,trop vrai.Lamentable,exaspérant.Tous ces défilés de Bastille à Nation,toutes ces grèves,tous ces suffrages sensés aller dans le bon sens d'une société plus juste,plus démocratique,plus sincère et puis le constat douloureux :tout ça pour ça....Et à l'horizon,une armée d'écoeurés qui choisiront les fausses promesses de l'extrême droite via l'UMP de Copé.
Voté bien sûr!
J'ignorais le coup des lunettes de Pulvaar...
Grognetudieux ! D.S. je suis comme mes deux prédecesseurs... pourrais pas dire mieux. Overinformed, c'est sûr... et de plus en plus consciente de mon incapacité à changer quoique ce soit...
On vieillit. Avant, j'allais au moins manifester... mon indignation ;o((
Pas mieux
Je vote
Bravo DS !
Voté, facebooké...

j'aimerais ajouter le " caudillo de Caracas " entendu hier sur France Inter : un président démocratiquement élu comparé au dictateur franco. Bravo le service public.
L'argument ne tient pas, certains chanceliers démocratiquement mis au pouvoir ont fait le pire.
Et le terme de caudillo ne se résume pas à Franco.
L'argument ne tient pas, certains chanceliers démocratiquement mis au pouvoir ont fait le pire.
Et le terme de caudillo ne se résume pas à Franco.

Il me semble que c'est votre argument à vous qui ne tient pas.
La vraie question nest pas : "Quel est le sens réel du mot caudillo ?" , mais : "Quelle est l'image que ce mot évoque dans l'esprit de l'auditeur de France Inter?".
Ce mot n'a pratiquement jamais été utilisé que pour désigner le dictateur Franco et c'est cet usage qui lui donne son sens courant.
Comme le chancelier Adoff Hitler, la chancelière Angela Merkel a été élue démocratiquement. Est-ce que cela fait d'elle le Führer actuel de l'Allemagne ?

Achtung : J'expédie à Auchwitz le premier qui m'attribue un Point Godwin !
"Ce mot n'a pratiquement jamais été utilisé que pour désigner le dictateur Franco et c'est cet usage qui lui donne son sens courant." Ce n'est pas entièrement exact, et Galago a raison de dire que le terme ne se résume pas à Franco. Loin s'en faut.. Le mot caudillo est couramment employé en Amérique du sud pour désigner, dans l'histoire, notamment du XIXème et du début du XXème siècles, des gouvernants, élus ou non, issus principalement de l'oligarchie des propriétaires terriens. Comme par exemple Juan Manuel de Rosas, président argentin de 1938 à 1952. (Enfin, à l'époque gouverneur de Buenos Aires, ce qui était tout comme). C'est une notion donc plutôt sud-américaine, transposée à l'Espagne dans le cas de Franco, et dans un sens assez éloigné de ses origines.
Bien sûr que le gars à France Inter pensait à Juan Manuel de Rosas, président argentin de 1938 à 1952 (Enfin, à l'époque gouverneur de Buenos Aires, ce qui était tout comme) en disant "caudillo". Qui en doutait?
Si j'en crois l'Encyclopedia Britannica, ledit Juan Manuel disposait de dictatorial powers. Et donc, on corrigera le message d'Habib : "un président démocratiquement élu comparé à un dictateur argentin. Bravo le service public."
Bon, bon, d'accord, le commentaire faisait un peu, et même beaucoup, vieux prof gnangnan (au mieux), ou petit péteux qui veut ramener sa science (au pire). Et il n'a qu'un intérêt très relatif. Mais ce n'est pas la peine de se mettre dans un état pareil. Je l'admets, mon texticule est, comme le vôtre, rien de plus qu'une poussée d'urticaire contre les vérités assénées avec cuistrerie. Dans mon cas, on a vu, et j'aurais mieux fait de la boucler, c'est d'accord. Dans celui de Julot Iglézias, son "Ce mot n'a pratiquement jamais été utilisé que pour désigner le dictateur Franco et c'est cet usage qui lui donne son sens courant."
Vous déformez mon propos. Je voulais dire qu'on peut tout à fait être élu démocratiquement et devenir un dictateur, que l'un n'empêche pas l'autre comme vous aviez l'air de le supposer.
En tout cas venue en Grèce donner son appuis au gouve"nement grec elle a eu droit à un accueil glacé de la part du peuple grec qui l'a reçu avec des croix gammées, des costumes de la belle époque, et autres artifices pour lui faire comprendre qu'elle n''était pas la bienvenue. Merkel n'est pas aimé en Grèce car on la rends responsable de l'état du pays. Elle a peut-être touché le point G ! Mais il est vrai que l'on ne s'étends pas à la TV sur les tristes affaires de notre europe. Tout va bien ...

L'argument ne tient pas, certains chanceliers démocratiquement mis au pouvoir ont fait le pire.

Et le terme de caudillo ne se résume pas à Franco.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 11:23 le 09/10/2012 par Galago.


certes. Mais nous sommes en Europe, non ? Et caudillo en Europe a un sens qu'il n'a pas ailleurs.

Je lis en même temps les posts de Julot et Constant Gardner qui me confortent dans mon idée. Merci
[quote=Habib]Et caudillo en Europe a un sens qu'il n'a pas ailleurs.

Perso, je n'aurais pas dit "sens" mais "connotation".
Je continue à penser que le mot caudillo dans la bouche du journaliste de France Inter est maladroit, même s'il n'est pas délibérément "orienté".
L'aurait-il employé pour désigner le président argentin Alfonsin ou le président Menem (des "gens bien", sans doute, au sens qu' Henri Guillemin donne à cette expression) ? Je ne crois pas.
. d'accord, Julot.
Ce qui démontre en fait l'efficacité de la propagande, intégrée par ceux par ceux qui la propagent : le journalise qui se veut " efficace" cherche le mot qui fait court. Cahvez=caudillo, donc. Où l'on voit donc comment une propagande s'autoalimente au travers de l'inconscient de ceux qui s'expriment sur la voie publique.

En tout cas, pas eu encore l'occasion d'entendre que merkel a fait fureur - ou pas - hier à Athènes.
Je comprends pas, ils ont fait une référence explicite à France, où ils ont juste dit "Caudillo" ?
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