56
Commentaires

Nos vies numériques

L’interactivité sur le net, ça commence dès que vous tapez trois lettres dans un moteur de recherche : grâce à sa fonction de saisie semi-automatique, Google vous prend par la main, et finit à votre place. La firme a même été condamnée à plusieurs reprises parce que ses algorithmes suggéraient des expressions de recherche jugées diffamatoires: ainsi du mot "juif", systématiquement proposé lors des recherches sur des personnalités publiques - parce qu’il était en effet fréquemment demandé… Pernicieuse manipulation de l’internaute ainsi conduit à rejoindre les pires mouvements de foule. C’est moche, certes. Mais il suffit de se pencher sur nos pratiques quotidiennes de la navigation pour se rendre compte que se laisser ainsi "prendre par la main" par un "Grand Frère" (Big Brother), c’est souvent très pratique et très agréable... surtout quand on est un enfant.

Derniers commentaires

Bravo pour cette série de réflexion sur le numérique.
Un régal à lire, de matière à savourer et à penser.
"Producteur autant que récepteur", en fait c'est faux, c'est juste une possibilité qu'on agite en bouche, mais en réalité c'est 99% de récepteurs, et 1% de producteurs. Toujours et encore à répéter ce fait là.
j'ai un petit frère (en fait il est grand maintenant) qui a appris l'alphabet en regardant "Des chiffres et des Letres". La caméra montrait en gros plan la main de Patrice Lafont posant une carte sur laquelle figurait une lettre et lisait cette lettre à haute voix. Un jour, une petite voix se fait entendre et annonce la lettre avant le présentateur. C'était le petit dernier, qui avait appris tout seul, a force de voir les lettres et d'entendre leur nom...pour le plus grand plaisir de notre ophtalmo, qui n'a pas eu à lui montrer des petits dessins pour tester sa vue, comme on le fait normalement pour les plus petits.
Joseph Herscher ici et
(Qui est la prononciation phonétique de Pythagora Switch, avec l'accent japonais !)
Je me demande encore comment ma femme a fait pour pirater le compte de Judith !
Peut-être que c'est mieux d'être le maître (l'acteur ok..) de ses désirs...
Mais pour résumer ce que je crois sur notre liberté avec les technologies: c'est comme l'ivresse, selon les individus et le contexte l'univers dans lequel ça vous plonge n'est pas le même, parfois c'est sordide, parfois c'est fantaisiste et poétique à souhait. Un reflet plaisant d'un soi ou un dévoilement pitoyable, bon je ne m'étends pas.
Finalement parfois se laisser emporter c'est plus exigeant, même si c'est par la télé. En ce moment la télé n'est pas archi exigeante c'est tout, carrément sans ambition envers les enfants que de les rendre consommateurs en diffusant des pubs complaisantes qui les flattent (comme les nôtres).

Dans le même ordre d'expérience éducative ... Après avoir lu ça j'ai acheté une chaise bleue. Pour voir.
le texte intégral: http://ecolia47.ac-bordeaux.fr/fileadmin/Circonscriptions/Marmande/Espace_Pedagogique/Projets/Projets_culturels/Archives/Annee_scolaire_2012-2013/QORUL/La_chaise_bleue.pdf

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

L’ordi faisait en somme du baby-sitting, comme avant lui la télé (et comme sans doute elle fait encore, dans les familles où il y a une télé, où on la regarde, où on y a des habitudes).
Précision : on a eu la télé avec des émissions pour enfants avec même de l'interaction (on les appela par la suite dans les années 90 les enfants de la télévision), puis le magnétoscope avec les 3 K7 préférées du bambin qui tournait en boucle, puis le dvd avec les jeux pour enfants sur l'ordi. et enfin les jeux flash, vidéos, etc... sur internet.

Noté qu'à l'époque, déjà les parents s'émerveillaient de voir leur progéniture utiliser le magnétoscope et on ne les taxait pas de geeks.
" A ce jour, il s'entraîne encore."
Pas de panique, il va y arriver bien(trop?)tôt
Mais vous n'avez pas peur d'une erreur d'aiguillage? Il suffit d'une faute d'une lettre pour que le fameux moteur de recherche vous envoie sur des contenus tout à fait inappropriés pour un enfant.
«En tout cas, il a découvert tout seul comment zapper les pubs après les trois premières secondes, et c'est lui, qui nous a appris à le faire, avec ses trente cinq ans de moins.»
Ç'aurait été rigolo s'il avait appris à télécharger AdBlock.
La marmotte tape "J" "E" dans la barre google et miracle, ça affiche "jeux".

On a trouvé la maman gironde. Vraiment jolie. Avec des trucs à raconter. C'est dingue comme deux existences radicalement différentes peuvent se rencontrer. Un peu larguée, elle n'a pas bossé depuis 10 ans. Un peu flippée, elle survit avec l'aide sociale. Un peu abîmée, elle a eu affaire à un vrai salaud, il y a longtemps. On ressent l'instinct protecteur du mâle viril avec un peu de circonspection et de dégoût de soi-même. C'est magnétique.
Célibataire endurci, on n'aime pas les enfants. Les enfants, ça colle. Faut toujours s'en occuper. Mais le périmètre de l'existence de la maman est circonscrit strictement à la vie de sa marmotte. Ca va pas être facile.
Alors un peu honteux, on installe la marmotte devant l'ordi et ses jeux en flash tous pourris. Le temps de prendre un café, puis le temps d'une discussion, puis le temps d'une soirée.
Au troisième dîner, la marmotte tape "J" "E" dans la barre google et miracle, ça affiche "jeux". Toute seule. Fièreté.

Samedi prochain, on installe un ordi chez la maman. Pas une tablette; "les tablettes, c'est pas internet". Cette après-midi, on emmène la maman à l'atelier numérique du centre social, histoire d'apprendre pour soit. Histoire de faire quelque chose qui sorte du périmètre de la marmotte. La maman flippe. La maman reprend une clope. Puis un deuxième café. Elle a décidé d'arriver en retard.
La fracture numérique...
la philo, ça fait mal à la tête.
"cette génération qui croit encore en certaine hiérarchie des valeurs et des talents, qui considère donc que tout n’est pas publiable et qu’il faut quand même se distinguer un peu par une proposition originale, singulière, virtuose, voire exceptionnelle pour «mériter» de rendre son travail public"

Pensée à encadrer dans toute salle de conférence de rédaction...

(Je ne dis pas cela pour cette chronique, mais en général. Pour @si en général.)
Mais où allez-vous chercher tout ça Judith, comment arrivez-vous à donner tant de poésie à la double découverte de l'enfant (l'ordinateur/internet et l'apprentissage)

Magnifique...
Mouais...
Bof.....

Pour le coup vous devriez demander à Sébastien Bohler de revenir pour parler de l'effet d'un écran sur un cerveau en formation.

Ca pourrait même être un sujet qui interesserait bcp de monde.
Autant sur le désir, la consommation, le capitalisme, on peut suivre Steigler, autant sa béatitude numérique est discutable.
On est juste passé de TF1 à Google et Facebook.
yes !
voté
gamma
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.