159
Commentaires

Nos vies numériques - 5

Dans sa dernière chronique parue dans Libération, Luc Le Vaillant fait le récit amer et drôle des ravages causés par le numérique dans les métiers de la presse écrite, et bientôt, promet-il, dans ceux de l'Education : "bienvenue dans le monde merveilleux de la destruction numérique de valeurs. Valeurs que cette nouvelle société recréera certainement... Oui, mais lesquelles ?", s'inquiète-t-il. Peut-être que l'une de ces valeurs consiste dans une certaine réappropration du temps, et du libre-arbitre, dans l'expérience culturelle ; qui, si elle passe massivement par les écrans, ne nous enferme plus dans la dictature de la lucarne...

Derniers commentaires

Je ne connaissais que My name is Hamilton Bohannon.
Bon. En v’là un deuxième.
Bonjour,

j'ai aussi cette perception de libération par rapport à la lucarne.
La possibilité de voir des conférences (Chouart, Guillemin, Lepage, Lordon (merci à ASI pour ces 4 là), Michel Collon) à la maison permet de réaliser que c'est principalement un outil de propagande, de divertissement mais peu d'information.
Mais Judith, que fais-tu de nos heures perdues,
Accrochés aux cordons d'écrans ombilicaux,
A cliquer, à cliquer, en singuliers échos,
Cigales jours et nuits dans nos vies suspendues ?

Tweets, sites, blogs, fora, études survendues,
Bavardages divers au milieu des logos,
Nous traînons dans les boues chaudes des marigots
Le sable de nos ans, et leurs bougies fondues,

Poursuivant la pépite, à défaut de l'étoile !
Car, prêtresse du web, vestale de la toile,
N'oublie jamais dans l'or de tes précieux papiers

Que le Dieu Internet, machiavélique maître,
S'ingénie, pour le prix de sa gloire, à nous mettre
Des ailes dans le dos, et des chaînes aux pieds.
Ah, mais j'oubliais: en 2011 il ne clignotait plus du gif mais il pratiquait l'art délicat de la maujuscule:
"Mais TOUS LES RACISTES NE SONT PAS DES FANATIQUES. Si l'on veut pacifier le monde, il me semble important de garder son sens du DISCERNEMENT et éviter de diaboliser tout le monde : la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d'avis, si on prend le temps de parler, d'argumenter, de démontrer (au lieu d'agresser et d'insulter)." (typographie garantie d'origine - source)
Un artiste, vous dis-je, un artiste. Sur la forme. Par contre le fond de l'air effraie un peu, mais bon. En même temps force m'est de reconnaître que je suis modérément anti-chouard.
Qu'est-ce qui vous "effraie" dans les phrases que vous citez ci-dessus?
"la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d'avis, si on prend le temps de parler, d'argumenter, de démontrer (au lieu d'agresser et d'insulter).": constant gardener

En ce qui me concerne, ce qui me révulse dans cette pensée digne du pire des catéchismes (genre, « Pardonnez-leur »...), c'est cette magnanimité envers les connards.

Non, d'une part, il est faux de croire que la plupart des modérées peuvent encore changer d'avis et méritent donc de ne pas être pris à rebrousse poil. C'est d'adultes dont nous parlons ici. Il serait temps de les responsabiliser et donc de ne pas les infantiliser en estimant qu'ils ne savent pas ce qu'ils font. C'est agir en paternaliste que de procéder ainsi.

D'autre part, et plus grave encore, en attendant qu'ils comprennent éventuellement un beau jour, avec notre aide ou non, ce sont ces mêmes connards qui agressent quotidiennement le reste de l'humanité, qui elle, bien gentiment, doit les supporter, être tolérante, compréhensible à leur égard (toujours le même paternalisme, associé à la pensée christique de tendre l'autre joue).
Et quoi encore ?

Non, non et non.

Du moment que vous êtes adultes, vous êtes responsables. Il serait temps d'arrêter de tergiverser.

Sans compter que l'éducation est de surcroît toujours déjà là, toujours à portée de main, toujours donnée, sans cesse, sans fin.

Considérer que vous n'y auriez pas accès, est que c'est là, la raison de votre entêtement dans l'erreur n'est qu'une illusion et un vœu pieu (toujours le même registre religieux...) que rien ne permet d'attester. Souvenez-vous par exemple des opposants au mariage pour tous... Combien peuvent se réfugier derrière cet alibi, correspondent à cette situation ?

L'éducation ne peut pas tout à elle seule. C'est non seulement une croyance infondée que de soutenir le contraire, mais c'est une approche des plus néfastes pour les autres, ceux qui ne sont pas dans l'erreur.

Cette main ouverte à l'inadmissible est précisément ce qui fait qu'on s'interdit de stigmatiser la connerie et qu'on la tolère tous les jours, qu'on collabore au lieu de trancher, qu'on s'empêche de pondre des lois répressives de peur de froisser la susceptibilité de ces mêmes connards.

Qu'importe au fond qu'ils changent.
Ce n'est pas l'objectif à atteindre.

Le message qu'il faut envoyer ne doit pas être : « On va vous donner une énième chance », mais doit être "Vous n'en avez plus aucune, vous allez désormais payer pour ce que vous faites".

Enough is enough comme chantait Chumbawamba.

Comme pour les paradigmes, il est inutile et improductif, et de surcroît dangereux pour les autres, d'estimer que les tenants de l'ancien paradigme peuvent changer avec les bons arguments.

Non, factuellement, c'est très très rare. Cela ne peut donc servir de référence. Ce qu'on constate au contraire, empiriquement, c'est qu'ils seront tout simplement évincés par la nouvelle génération qui adoptera le nouveau paradigme dès le départ.
D'ici là, l'important, c'est de ne pas laisser les tenants de l'ancien (désormais erroné) nuire aux autres.

Maintenant, concernant Chouard, il y a déjà suffisamment à redire à son projet de démocratie participative basé sur le tirage au sort pour ne pas se focaliser pour l'heure sur ses éventuelles accointances. Car, c'est au cœur même de son projet que le ver se trouve. On en a déjà d'ailleurs une illustration ici en filigrane avec cette croyance plus que naïve, dangereuse, irresponsable, qui filtre dans cette approche "magnanime", à savoir que le peuple, le plus grand nombre, peut être ré-éduqué et qu'il doit et peut donc être écouté en l'état.
Car l'éducation peut bien être donnée, généralisée, nulle obligation de résultat n'est attendu en ce qui la concerne, avant de recueillir la parole exprimée. On est donc ici toujours à la merci des connards auxquels on accorde non seulement l'asil, mais surtout, le pouvoir... au moins de nous nuir.

yG
Le propre de l'homme, Yannick G, c'est d'apprendre. (Allé, je me lance dans la théorisation scientifique).
Tant qu'un "système" éducatif le plus idéal possible n'aura pas était proposé, on ne pourra pas savoir si les "connards" peuvent ou non apprendre à l'être moins. Et du coup, on ne peut savoir en l'absence de ce système s'ils sont responsable de leur état ou si l’absence de système éducatif l'est...

Mais, vous Yannick G, vous savez qu'ils sont des connards. Vous le savez, et vous savez aussi que ceux qui, comme Chouard, croient, espèrent plutôt, que les connards peuvent le devenir un peu moins, ne sont en fait que des "connards" eux aussi.

La question que je me pose (me semble t-il naturellement) est : N'avez vous pas peur que votre apparent besoin de trouver des gens à "maudire", altère inconsciemment la qualité de votre raisonnement?
"Tant qu'un "système" éducatif le plus idéal possible n'aura pas était proposé, on ne pourra pas savoir si les "connards" peuvent ou non apprendre à l'être moins. Et du coup, on ne peut savoir en l'absence de ce système s'ils sont responsable de leur état ou si l’absence de système éducatif l'est..."

Désolé, gondalah, ce n'est pas à moi de prouver que l'éducation peut tout, c'est à vous. Bon courage, en attendant que vous y parveniez, je vais continuer à la considérer comme faillible, limitée, puisque portant sur des individus eux-mêmes faillibles et limités.

« La question que je me pose (me semble t-il naturellement) est : N'avez vous pas peur que votre apparent besoin de trouver des gens à "maudire", altère inconsciemment la qualité de votre raisonnement? »

Je n'ai rien contre le fait de maudire des gens. L'inverse, l'interdiction de le faire, m'obligerait à trouver de bonnes raisons de vivre avec l'inadmissible. Non merci. Quant à la qualité de mon raisonnement, je le mets à l'épreuve ici et pour l'heure, à vous lire, il ne s'en sort pas si mal, loin s'en faut.

Try again, après tout, c'est vous qui prônez la toute puissance de l'éducation, essayez donc sur moi. Bon courage.
Tant que vous n'y parviendrait pas, j'aurai toutes les raisons de soutenir mon approche et de récuser la vôtre.

yG
Mais le nœud est juste là!!!
Pour moi, l'éducation (et je ne parle pas évidemment de l'éducation nationale) a déjà fait ses preuves.

Je vous propose mon hypothèse :
Premièrement, nous ne vivons pas dans une société qui a comme projet de rendre les connards, moins connards. On entre là évidemment dans une zone éminemment caricaturale, mais j'entends par là qu'il y a une absence de réflexion "métaphysique" (ou autre terme que vous pourriez trouver plus approprié pour signifier la recherche de sens) qui conduirait à définir précisément ce qu'est un connard, et quelle serait une société sans connard. Et surtout, pourquoi construire ou viser une société sans connard.

Deuxièmement, nous ne vivons pas dans une société qui s'assure que chacun de ses individus reçoive une qualité optimale d'éducation. On est toujours aux portes de la caricature, mais je crois que l'on peut raisonnablement affirmer qu'aucune "théorie" de l'éducation ne verrait dans notre système éducatif un système idéal.

A partir de ces deux points, si l'on accepte que l'homme est capable d'apprendre à être social, on ne peut pas attendre plus de sociabilité de la part de notre société au regard du système éducatif qui y est proposé.
"Pour moi, l'éducation (et je ne parle pas évidemment de l'éducation nationale) a déjà fait ses preuves." *

De quelles preuves parlez-vous, gondalah ?

Si c'est pour dire que l'éducation marche globalement, oui, c'est un fait, mais globalement, cela implique également qu'il y en a pour lesquels l'éducation ne fonctionne pas, ne donne pas grand chose, en tout cas, pas assez pour qu'on puisse globalement s'en satisfaire.

Toute la question alors est de savoir, faut-il s'obstiner à appliquer à ces hermétiques à la bonne parole et ceci ad vitam æternam, cette unique solution ou faut-il y adjoindre une solution répressive qui permettra à tous les autres en attendant l'illumination, le miracle, la bonne pédagogie pour ces derniers des derniers, de vivre un peu mieux dans le voisinage de ces connards ?

Notre société a depuis longtemps répondu à cette question. Elle ne se contente pas, fort heureusement, du volet éducatif. A partir de là, considérer comme je le fais qu'il existe bel et bien des connards, c'est juste reconnaître à la fois cette double nécessité, l'éducation fonctionne, mais ne peut pas tout et la répression, la condamnation est aussi nécessaire que sa contre-partie.

yG

*je n'ai pas bien compris le reste de votre propos, j'en reste donc à celui-ci.
cela implique également qu'il y en a pour lesquels l'éducation ne fonctionne pas, ne donne pas grand chose, en tout cas, pas assez pour qu'on puisse globalement s'en satisfaire.

La partie de mon post que vous ne comprenez pas, tout mon post en fait, a pour objet le fait que la raison du non fonctionnement de l'éducation viendrait plutôt selon moi de son inefficacité et non de l'incapacité des individus à la recevoir.

C'est quand même un sacrée problème dans votre raisonnement. Je suis surpris de vous voir si catégorique alors que vous n'observez le problème que d'un coté.

Quelles preuves du fonctionnement de l'éducation?
Pour répondre à cette question, je voudrais d'abord préciser ce que j'entends par éducation.... Bon, j'entends beaucoup trop de chose pour vous en donner une définition précise. Évidemment il y a l'action des adultes sur les enfants. Il y a les morales qui sont véhiculées dans la société. Et puis il y a les lois aussi....
Bref, c'est un processus qui n'est pas toujours palpable, observable. Mais il y a des signes observables qui permettent d'en juger l'action. Par exemple (je reviens donc rapidement sur les deux points évoqués dans mon post précédent), on peut constater qu'il n'existe aucune intention franche de faire qu'une part de la société ne devienne pas des "connards". Et le deuxième point est que pour les rares intentions misent en œuvres, elle sont souvent insuffisantes, et en général l'insuffisance est d'autant plus grande que la population est déjà défavorisée.
"la raison du non fonctionnement de l'éducation viendrait plutôt selon moi de son inefficacité et non de l'incapacité des individus à la recevoir": gondalah

C'est cette pétition de principe que je dénonce comme des plus dangereuses, puisqu'elle fait porter intégralement la responsabilité sur l'émetteur et déculpabilise totalement le récepteur, qui peut toujours se cacher derrière un « On ne m'avait pas bien expliqué », « Je n'avais pas bien compris ». Ce qui lui permet de continuer à agir aussi connement qu'il le faisait préalablement, pour le plus grand malheur d'autrui.

A ces derniers, je répondrai : "Mon cul. Allez vous faire foutre avec vos faux-fuyants."

Prenons l'exemple de l'alcool en conduisant, du tabac sur la santé, de la sédentarité sur les maladies cardiovasculaires ou plus récemment du téléphone portable au volant. Plus personne ne peut dire qu'il ne savait pas, qu'il ne comprenait pas pourquoi c'était déconseillé, interdit.

Le comportement de ces millions d'abrutis qui continuent pourtant à agir ainsi n'a donc rien à voir avec l'information qui ne serait pas passé correctement, qui n'aurait pas été délivré à temps, régulièrement, de la bonne manière.

Nous savons tous ce qu'il en coûte d'agir de la sorte, que cela soit en terme légal, mais également en terme éthique. Ces connards le sont, car, justement, ils n'en font qu'à leur tête et viennent pleurnicher, n'assument pas lorsqu'ils doivent régler l’ardoise, que cela soit sous forme d'amende, de prison, de maladie ou pire encore, de mort sur leur conscience.

Il en va de même pour les racistes, les homophobes et autres sexistes. Le savoir n'est pas en cause, du moins dans sa diffusion, il l'est au contraire dans ce qu'il implique, la responsabilité, ce dont beaucoup ne veulent pas s'encombrer.

Alors non, ne comptez pas sur moi pour endosser votre pétition de principe, qui sonne bien trop d'une façon panglossienne à mes oreilles.

L'éducation n'est pas toute puissante et les individus réfractaires à son action, hélas, que cela soit par intérêt personnel ou par faiblesse se comptent, par millions ici et par milliards à l'échelle planétaire.

Hors de question de leur laisser cette porte de sortie, car, c'est nous tous qu'ils piétinent au quotidien en se dissimulant derrière ce genre d'excuse.
Sans moi.

yG
Vous avez oublié dans vos exemple la stupidité du suicide... Ces abrutis n'ont ils pas compris qu'il peuvent en mourir...

Bref, je ne vois pas dans votre post d'argument qui va contre ma proposition.
Proposition qui selon vous, "fait porter intégralement la responsabilité sur l'émetteur et déculpabilise totalement le récepteur".
Encore une fois, ce n'est pas ce que je dis.
Il me semble simplement que si l'on part du principe que l'émission est défectueuse, tout commentaire sur la réception n'est que spéculation.

Niez vous que l'émission soit défectueuse?

Yg : "7milliards de connards... Et moi, et moi, et moi"
"Niez vous que l'émission soit défectueuse? ": gondalah

Si elle n'est pas parfaite, et comment pourrait-elle l'être, la perfection n'étant d'aucun monde connu (et défectueuse par rapport à quoi ?), elle est loin d'être la plupart du temps si désastreuse que les connards susmentionnés pourraient alléguer l'existence de cet espace théorique entre le réel et l'idéal pour échapper à leur responsabilité et donc à leur condamnation.

Enfin, quelques soient mes défauts, je ne dédouanerai jamais, je l'espère, tous les autres connards pour échapper moi-même à la critique et à la condamnation, le cas échéant. Autrement dit, je préfère être éventuellement condamner en vertu du principe que je défends ici, qu'épargné avec tous les autres en le rejetant.

Quant au nombre de connards que l'humanité contient, il est suffisamment élevé pour ne pas laisser à ceux qui ne se complaisent pas en leur compagnie un seul instant de répit, hélas.

yG

Désolé, gondalah, ce n'est pas à moi de prouver que l'éducation peut tout, c'est à vous.

Desole, yannick g, ce n'est pas a moi de prouver que l'education ne peut rien, c'est a vous. Bon courage, blablabla...
"Desole, yannick g, ce n'est pas a moi de prouver que l'education ne peut rien, c'est a vous. Bon courage, blablabla..."

Vous manquez du minimum de logique pour me répondre de la sorte, Roger.
Car, moi, je ne dis à aucun moment que l'éducation ne peut rien.
Votre réponse est donc totalement inappropriée.
Sur ce...

yG
Vous manquez du minimum de logique pour me repondre de la sorte, yannick g.
Car moi je ne dit a aucun moment que l'education peut tout.
Votre reponse est donc totalement inappropriée.
Qu'est-ce que je m'amuse !

Roger
"Qu'est-ce que je m'amuse ! "

Je n'en doute pas un instant Roger, mais vous vous amusez tout seul dans ce cas, puisque votre réponse est une nouvelle fois illogique, car, c'est à moi que vous prêtez des propos que je ne tiens pas, ce que je ne fais pas pour ma part vous concernant. Je sais, cela devient trop subtile pour vous. Contentez-vous de recopier mes propos en inversant les pronoms, le tout en vous roulant hilare par terre, vous serez au même niveau que Djac.

yG
Juste pour préciser car les gens confondent souvent: le projet de Chouard est une nouvelle constitution écrite avec du tirage au sort (mais pas que) afin d'éviter que seuls les dominants l'écrivent (en leur faveur).
Ensuite dans le fonctionnement normal, il peut y avoir démocratie participative mais ça n'est pas obligé: ça dépend de la nouvelle constitution.

Cordialement.
nouvelle constitution écrite avec du tirage au sort (mais pas que) afin d'éviter que seuls les dominants l'écrivent (en leur faveur). ! Fred GOT

Rien qu'en cela, je ne suis pas chouardien. Car, si je suis bel et bien pour une nouvelle constitution, partir du principe que le tirage au sort est la solution pour y arriver me semble une bien mauvaise idée, puisque c'est déjà partir du principe que la représentation du peuple sans filtre serait une bonne chose en soi, quelque chose à rechercher, ce que je n'ai aucune raison de croire, bien au contraire.

yG
c'est déjà partir du principe que la représentation du peuple sans filtre serait une bonne chose en soi, quelque chose à rechercher, ce que je n'ai aucune raison de croire, bien au contraire.

Complètement d'accord.
Cher Fred, d'où vous vient cette lubie de croire qu'une démocratie directe ou une stochocratie est souhaitable?
Où se situe la ligne entre les "dominants" et les "dominés"?

Juste pour préciser car les gens confondent souvent: le projet de Chouard est une nouvelle constitution écrite avec du tirage au sort (mais pas que) afin d'éviter que seuls les dominants l'écrivent (en leur faveur).



Faire un tirage au hasard représentatif du peuple français, c'est-à-dire des citoyens électeurs ? Et alors se retrouver avec 17% de citoyens FN ? 19% de citoyens UMP ? 9% de citoyens centristes ? 20% de citoyens PS ? ......

Il faut faire un tirage au sort parmi les dominés, seulement, non ? Donc constituer un échantillon représentatif parmi les militants du FDG [à jour de leur cotisation, of course] et seulement eux.

Donc le projet de Chouard suppose le problème résolu : d'abord faire la révolution pour que les dominés soient au pouvoir ; puis confier aux dominés le soin de faire une constitution.
Rhooolalallala...

Personnellement, je ne suis pas pour le tirage au sort. Enfin disons que je n'ai pas de position.

Par contre, si l'on tient compte du fait que le système joue un rôle dans la constitution du parlement (en gros, si l'on considère qu'une classe en particulier est favorisée), on peut craindre qu'il sera amené à privilégier un intérêt particulier au détriment de l'intérêt général.
Le tirage au sort apparait comme une idée cohérente (et pas du tout nouvelle) pour favoriser la recherche de l'intérêt général.
"Le tirage au sort apparait comme une idée cohérente (et pas du tout nouvelle) pour favoriser la recherche de l'intérêt général.": gondalah

Seulement, il y a là confusion entre l'intérêt général et la somme des intérêts particuliers. L'intérêt "moyen" n'a rien à voir avec l'intérêt général, sauf à avoir une vision bien étroite ou utilitariste de ce dernier.

Sans compter que les rapports de pouvoir ne se limitent pas aux rapports de classe, loin s'en faut. Bien d'autres types de pouvoir traversent la société et seraient favorisés par une telle représentation "moyenne" ; les pouvoirs religieux notamment, ainsi que celui des entreprises (même dans une entreprise appartenant aux salariés).

Laisser la constitution représenter les intérêts des citoyens, cela revient tout bêtement à octroyer un chèque en blanc aux divers lobbies qui « librement » nous manipulent, nous façonnent déjà au quotidien, avec notre assentiment bienveillant, lorsque ce n'est pas carrément avec notre participation directe.

La représentation en terme de dominant/dominé nous empêche de constater qu'il ne suffit pas de couper la tête d'une minorité ou de l'évincer pour que la majorité soit libre. En cela, cette représentation fort classique et commode (l'ennemi est ailleurs, c'est l'autre) sert des pouvoirs diffus qui savent déjà tirer parti de notre unique focalisation sur les pouvoirs à structure pyramidale.

Bref, pour l'heure, je ne vois dans le tirage au sort, rien d'autre qu'une fausse solution, à un faux problème, celui de la représentation.

yG
Bis repetita.

1. il faut constituer un échantillon de 1000 personnes qui soit représentatif du peuple français
2. ce groupe de 1000 personnes sera chargé d'élaborer une nouvelle constitution
3. afin que ce groupe soit représentatif il faut faire un tirage au hasard en respectant les règles statistiques ; les instituts de sondage sont tout à fait capables et le démontrent journellement de constituer un échantillon de 1000 personnes représentatif de l'ensemble des citoyens.
4.est-il possible de décrire ce que serait la répartition probable des opinions politiques au sein de cette assemblée constituante de 1000 citoyens ?
5. on peut répondre "oui" à cette question en se fondant sur les résultats du 1er tour de l'élection présidentielle de 2012.
6. En gros on aurait ceci :
Extrême droite 170
Droite 300
Centre 90
Gauche-écolo 320
Extrême gauche 120
8. on peut présenter une répartition qui ne soit pas exactement celle que j'ai présentée ci-dessus ; mais cet autre tableau ne changera pas les grands clivages et les rapports de force.
7. pensez-vous que cette assemblée parviendrait à se mettre d'accord pour élaborer une constitution qui, enfin, donnerait la parole aux pauvres ? qui enfin permettrait aux dominés de devenit dominants, ou de supprimer toute domination ?
je suis pas spécialiste de la question mais il me semble quand meme que l'idée c'est justement que quand on met des gens dans une pièce ils vont pas spontanément recréér le systeme de partis tel qu'il leur a été imposé mais se mettre à discuter, et faire avancer les idées plutôt que de se ranger derrière des individus ou des étiquettes. même si les idées sont très mauvaises. Si eux n'ont rien personnellement à y gagner (pouvoir, influence...) ça peut être intéressant, mais qui peut dire si les plus arrivistes de ces anonymes ne trouveront pas un moyen de s'entendre sur la défense de leurs interets propre et d'en retirer une forme d'influence, et surtout si leur role est d'écrire la constitution.
encore une fois il faut vraiment se demander déjà comment on pourrais arriver cette situation. cette hypothèse me parait d'ordre purement abstraite et théorique.
Donc le projet de Chouard suppose le problème résolu : d'abord faire la révolution pour que les dominés soient au pouvoir ; puis confier aux dominés le soin de faire une constitution. Shantidas.

Ce n'est pas aux dominés que le tirage au sort confierais le soin d'écrire la constitution, c'est à l"ensemble de la population.
Ce concept me gène pour deux raisons. La première est que le hasard peut produire n'importe quoi.
La seconde est que je n'arrive pas à me défaire de l'idée qu'il faut un profil particulier pour écrire une constitution.

Maintenant, si j'observe la situation actuelle, je constate que les hommes politiques d'aujourd'hui ne sont en aucun cas des Législateurs au sens Rousseauiste. Ils sont en campagne perpétuelle.
Je ne crois pas que le tirage au sort serait forcément plus néfaste que notre système.
> Je ne crois pas que le tirage au sort serait forcément plus néfaste que notre système.

Par contre l'on se méfierait plus des résultats, et ce ne serait pas forcément un mal...
"Par contre l'on se méfierait plus des résultats": Fran

Cette remarque met en lumière un problème, celui de l'acceptation des résultats.

D'aucuns mettent en avant le peu de légitimité que nous octroyons à nos représentants et au système pour justifier le rejet des politiques et estiment que ce genre de système basé sur le tirage au sort, ainsi que tous ceux laissant une place à la démocratie directe et à plus de transparence, ramèneraient notamment plus de confiance, et donc une meilleur acceptation des résultats.

Hélas, rien n'est moins sûr.

La contestation ou le rejet des décisions ne tient pas à la légitimité que nous accordons à la procédure qui les élabore, mais tout bêtement au fait que nous les cautionnons ou non. C'est nous, in fine, qui jugeons de la justesse ou non d'une décision politique, selon nos valeurs, qui ne sont jamais que la marque des divers pouvoirs qui nous façonne dans l'ombre.

yG
Je n'ai presque rien lu de Chouard, mais je suis étonné de l'importance qu'il accorde à l'assemblée constituante.
Les institutions que cette assemblée mettra en place semblent moins importantes pour lui que le fait qu'elle doit être composée de citoyens tirés au sort. Le tirage au sort semble pour lui une espèce de baguette magique qui résoudra du jour au lendemain tous les problèmes.
Une question qu'il semble négliger également c'est : "A quoi fonctionnera le nouveau système ? ". Quel sera son carburant? Le carburant des systèmes politiques actuels, c'est le désir de pouvoir et de puissance. La satisfaction de l'égo. C'est d'ailleurs le carburant principal de toutes les activités humaines. J'ai du mal à imaginer que, de toutes ces activités, la politique (la plus importante de ces activités) soit la seule qui fonctionne autrement. Et quel "autrement"?
Enfin, notre brave apprenti sorcier n'insiste pas assez sur le fait que son système implique la disparition totale des hommes politiques. Finie la classe politique ! Chouard a-t-il mesuré la violence contenue dans cette modification de notre univers ! Pouvons-nous tirer un trait sur des milliers d'années d'histoire ? Pourrions-nous faire le deuil de l'image symbolique du chef ? Le chef qui nous protège et que l'on a envie de suivre. Le citoyen pourrait-il être heureux dans ce désert politique, sans héros à admirer et sans ennemis à haïr? A quoi bon une société plus juste si l'existence y est insupportable ?
Pour répondre à ce dernier paragraphe, je vous conseille la lecture de "Le roi s'enfuit" de Timothy Tackett.
Livre qui décrit les événements de Varenne et leur portée sur la population Française (avec comme thèse centrale, le revirement de l'opinion suite à cet évènement.

C'est d'ailleurs le carburant principal de toutes les activités humaines

Cette affirmation est fausse.
Votre présentation des ressort de la politique est bien trop négative (et un brin simpliste).

Tout s'apprend, et l'homme n'est pas voué à être un loup pour l'homme.
Le tirage au sort serait aussi une façon de rendre chacun plus impliqué dans la vie politique puisque chacun serait susceptible d'être choisi.

Faire un tirage au hasard représentatif du peuple français, c'est-à-dire des citoyens électeurs ?

Etienne Chouard appelle de ses voeux un système dans lequel les citoyens pourraient virer à tout moment un dirigeant qui déçoit.
On peut penser qu'un François Hollande, qui se traine dans les sondage avec 26% d'opinions favorables, serait viré.
L'intérêt du tirage au sort (une qualité que je viens de découvrir...) est que Manuel Valls, qui atteint actuellement 70% d'opinions favorables, n'aurait pas plus de chances d'arriver au pouvoir qu'Eugène Dugland, quidam tiré au sort.
certes. mais étienne dugland aurait 70% de chances d'être "vallsiste"...
Ah! Zut! Ça m'avait échappé.
J'ai plus qu'à me laisser mourir de désespoir.
Ce qui justifierait en partie son patronyme.
C'est facile
C'est Eugène ou Etienne Dugland ? Faudrait savoir.
Mal nommer les Dugland, c'est ajouter à la confusion du tirage au sort.
wé, y a du lapsus... "eugène", si ça se trouve, ça chiffonnait les tréfonds de mon moi. Peut-être parce que dans l'eugène, y pas d'plaisir, et pour une hédoniste libertaire comme moi, ça craint. Bon, étienne... j'en ai pas encore causé sur le divan... si on disait, par exemple (au hasard) Décontracté(e) Dugland ? Comme ça il me semble qu'on limite les risques de confusion. entre les divers Dugland, et aussi entre notre tiré (au sort) et Valls (qui ne semble pas l'être particulièrement, décontracté).
" Décontracté(e) Dugland ?"
Néophyte, ne laissez pas faire ! Elles vont tout nous piquer !
hum. un p'tit cour d'anatomie féminine ?
Oups, encore eut-il fallu que je le susse !
Mal nommer les Dugland, c'est ajouter à la confusion du tirage au sort.

Pas sûr...
Se tromper de Dugland dans un tirage au sort est sans doute infiniment moins grave que se tromper de Dugland dans une élection, sensée distinguer le mérite.
D'autant qu'on peut révoquer à tout moment un Dugland désigné à la fève blanche.Tandis qu'un Dugland élu, on se le farcit pour la durée de la législature, même si on se rend compte que c'était pas le bon.
Oups, le message que j'associe par erreur à constant était évidemment celui de Chouard auquel constant gardener demande ce qui ne va pas dedans. Vous aurez rectifié, j'espère...

yG
J'avais effectivement rectifié.
Mais, à vous lire, une question me taraude toujours : n'êtes-vous jamais lassé de vous trouver le seul être intelligent au milieu de tant d'imbéciles?
"n'êtes-vous jamais lassé de vous trouver le seul être intelligent au milieu de tant d'imbéciles?"

Ne m'attribuez pas constant gardener des propos et des sentiments qui ne sont pas les miens, s.v.p., même ironiquement.
Qu'il y ait des abrutis ne fait pas de moi quelqu'un d'intelligent pour autant.
Ce qu'ils perdent, je ne le gagne pas.

yG
Chouard... Etienne Chouard... c'était pas ce noniste qui, en 2005, avait une page perso façon 90's, avec des gifs animés, et des couleurs qui piquent les yeux?... Ah, voilà, c'est bien ça... Mais les gifs ne bougent plus maintenant. Il a du perdre du code en route. Dommage. Je me souviens que l'arc-en-ciel clignotant nous faisait bien rire. Ah! Chouard!... Merci Judith d'avoir fait remonter ainsi de si bons souvenirs. Et merci Mr Patella d'avoir mentionné ici un certain nombre de chouardises récentes: le bougre pique encore les yeux, mais là, c'est limite supportable.
A voté.

Merci pour cette "Danse contre Powerpoint", boulversante.
Judith, (pardon pour le changement de pseudo, je suis DanetteOchoc) merci d'avoir attiré mon attention sur la critique de Michéa par Lordon.
Lordon critique le concept de Common decency, accuse son caractère vague, et pointe avec raison les faiblesses intellectuelles et les problèmes politiques qui en découlent.

Je ne peux cependant souscrire entièrement à l'argument : l'incertitude quant au contenu du concept en disqualifierait les usages politiques, sinon l'existence même. Lordon réagit ici en posivitiste : toute échange ne pourrait reposer que sur une définition exacte, précise, des notions discutées. Il rejoue là un débat mille fois rebattu, entre les positivistes et les autres.
D'un côté Moritz Schlick, de l'autre Canguilem, d'un côté Wittgenstein de l'autre Kant, la comédie se rejoue à l'infini.
Cela me fait penser à un passage du Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, fable consacrée à la "qualité" comme élément premier du monde, par opposition à la "quantité" (morale/raison ; discontinuité/continuité etc.). Il y reconnaît que la qualité est indéfinissable, qu'il est impossible d'en donner une définition précise. Pourtant chacun sait qu'elle existe, chacun la reconnaît.

Un professeur corrigeant une copie pourra inventer tous les barèmes du monde, il peinera toujours, in fine, à expliquer pourquoi, entre deux copies remplissant les critères requis, une est meilleure que l'autre. L'impression, l'intuition, la sensibilité, quelque chose nous échappe, mais discrimine le bon du meilleur, le juste du moins juste. Bien sûr c'est conceptuellement faible. Certains, comme Rutherford, argueraient que "qualitative is nothing but poor qualitative". J'ajouterais simplement que le monde ne peut se découper en tranches et nous partageons tous des intuitions morales. D'où viennent elles ? de quoi sont-elles le produit ? Faut-il dire qu'elles n'existent pas parce qu'il est impossible de les mesurer, qu'elles sont ineffables ?

Si j'admire le caractère opératoire de la démarche positiviste je suis chaque fois attristée de voir qu'il en résulte un monde où seul le rapport utilitaire (=quantifiable) a sa place. Je suis certaine que Lordon n'assumerait pas l'héritage que je lui prête. Un raisonnement conséquentialiste l'impose pourtant. Enfin je crois.
Dieudonné, Soral, Chouard, les extraterrestres, les néo-conservateurs américains déguisés en antifas français... On n'arrête pas le progrès sur les forums d'@si. Vive internet. Vive l'autodidaxie conquérante. Et les théoriciens virtuels de l'inframonde.
Heureusement qu'il y a la vraie vie, au moins on y traite pas Taubira de gueunon. Ah si ?
Tout va bien.
Merci de m'avoir fait découvrir Guillemin. Un vrai passioné d'histoire qui prend parti!
Le numérique n'est que la capacité d'accélérer la ventilation des signes, des textes, et l'autre texte, ou livre permettant cela (celui de la technique elle même) évolue par ailleurs beaucoup moins vite qu'on le dit souvent.
Relire Mallarmé peut-être (entre autres).
http://iiscn.wordpress.com/about/
Merci d'avoir écrit ce texte bouleversant,
Ca nous a remonté quelque peu le moral.
Mais on voulait une ode à Thierry Meyssant
Ou alors quelque amitié à Alain Soral.

Ce qui me semble fascinant chez certains intellectuels de gauche* (notamment à tendance populiste), c'est le hiatus qui existe entre le degré d'exigence et d'intolérance à la médiocrité qu'ils ont du s'auto-infliger pour devenir des intellectuels d'une part, et la tolérance molle envers la médiocrité qu'ils dispensent à longueur de prestation démagogique d'autre part. En dehors des papiers de Judith Bernard qui malheureusement deviennent chaque jour plus caricaturaux, on pourrait se pencher de nouveau sur la fin de carrière de Pierre Bourdieu, et en particulier sur cette pantalonnade qui prit place dans une salle du Val-Fourré et dont nous devons l'immortalisation à Pierre Carles.

Petit pot pourri concernant le nouvel ami de Judith:

"Thierry Meyssan dit là des choses que je trouve intéressantes et qu'on ne lit pourtant presque jamais."

"J'ai moi-même rencontré Thierry Meyssan (cet été) et nous avons parlé quelques heures.
Je confirme que c'est un homme charmant, calme et cultivé, rigoureux dans ses analyses, très convaincant sur une série de sujets qu'il connaît parfaitement."


"quand même on peut pas nier que Soral est un patriote et qu'il est tout sauf d'extrême-droite" (article Ruffin)

"Fakir : Vas-y, Kamel, raconte-lui ta rencontre avec Alain Soral.
Kamel : L'an dernier, tu sais, Soral est venu à Marseille. Comme il attire vachement de jeunes dans les quartiers,
comme mon petit frère était sous son charme, je suis allé l'écouter. Y avait plein de mecs avec des djellabas, des
barbes, les filles avec le voile, et là Soral leur dit en gros : « Si vous êtes dans la merde, c'est à cause d'un banquier
sioniste à New-York. » Moi j'ai pris la parole, après, et je lui ai demandé pourquoi il indique « sioniste » ? pourquoi il
dit pas un « capitaliste », un « oligarque » ? Et là, il m'a répondu qu'il fallait appeler un chat un chat.
Étienne Chouard : C'est pas raciste. Il ne dit pas « Juif », il dit « sioniste ».
Fakir : Est-ce qu'il a précisé, dans son exposé, qu'il ne fallait surtout surtout surtout pas confondre « juif » et «
sioniste » ?
Kamel : Non, il n'a rien précisé.
Fakir : Mais Étienne, comment tu penses que c'est reçu, dans la salle ? Tu penses qu'ils donnent dans la nuance,
les mecs ? Moi, pendant que je faisais mon bouquin Quartier nord, à Amiens, y a plein de gars qui me prenaient pour
un juif à cause de mon gros pif, et c'était pas amical crois-moi.
Étienne Chouard se tait, frappé" (Article Ruffin)

son profil inclassable, indomptable, et vaguement incorrect.
Il me semble que sa méthodologie de """"travail"""" n'est pas en reste par rapport à son profil, en ce qui concerne l'incorrection!!!!

*Il va sans dire que le terme d'intellectuel ne se réfère pas à Chouard.
J'aime beaucoup cette série, combien d'épisodes va-t-elle comporter à terme ?
Il y a un plan ou c'est open ?
Je ne suis pas d'accord avec le fait de séparer les conférences d'Henri Guillemin, des moments de communion ou des spectacles.

Pour ce qui est de la communion, moi qui ai déjà était dans un stade de foot ou de rugby, je m'interroge sur la différence du "niveau" de communion ressenti avec quelques dizaines de milliers de spectateurs par rapport à celle ressentie face à ce vieux monsieur qui parle dans mon ordi un langage qui me touche bien plus. Si communier c'est se sentir proche, faut il pour autant était proche dans l'espace, et dans le temps en l’occurrence.

Pour ce qui est du spectacle, il me semble que les conférences de Guillemin sont pensées pour être plus que des conférences. Le ton, le discours, la conclusion... Je pense que Guillemin ne se contentait pas de lire un discours, mais cherchait aussi à l'habiter et à faire partager une émotion. Je ne vois donc pas la différence que l'on pourrait faire avec un spectacle.
Merci Judith, beau texte, intéressant.
Cependant, deux "critiques" de fond :
- dans le "on", on perçoit plutôt le "je". Il me semble que vous décrivez votre expérience personnelle du numérique, pas un "on" généralisant. Par exemple, quand vous dîtes "Pour tout ce qui est artistique l’écran numérique est une source d’information – pas tellement de consommation", vous passez sous silence les séries, visionnées ("consommées") massivement derrière un écran d'ordi, et qui sont, du moins pour certaines, de véritables "créations" dramatiques (je ne sais pas si on peut parler d'"Art"). Plus généralement encore, le cinéma est aujourd'hui "consommé" massivement via des plateformes de streaming, ce qui met en question la diffusion de cet Art (pour le coup) et sa perception (combien de personnes ne vont plus au "cinéma" et se contentent de cette image cradée ?).
- vous ne répondez pas trop à la question de Luc le Vaillant. Moi ce qui me frappe aujourd'hui, c'est que le "filtre" numérique est individualiste (MON réseau social) et qu'il met en jeu la question du "vivre ensemble", l'existence d'une culture partagée. A la machine à café, on ne parle plus, je crois, de la l'émission de télé vue la veille, mais plutôt de la dernière série téléchargée (mais que l'interlocuteur n'a vu ou ne verra pas forcément, il fera son choix dans la multitude des propositions "personnalisées" qu'il aura sous la main). L'Art "vivant", la rencontre, le rendez-vous autour d'une "scène" sont effectivement des réponses effectives à ce risque de perte du lien. Mais on ne vit pas tous à Paris (je visionne et j'écoute des concerts sur Arte Live Web...) et il me semble qu'une grande part des "pratiques culturelles" sont aujourd'hui réalisées seul, devant son ordi.
J'ai ouvert toutes les portes... personne. Même celles des placards... rien. J'ai cherché dans les moindres recoin de ma pourtant petite maison. Absolument personne... c'est pas possible ! Et pourtant, j'en suis sûr, et j'en ai enfin la preuve puisque je viens de le lire, là, ici, dans ce texte, point par point et preuve à l'appui : Judith habite chez moi. M'en doutais. M'en suis pourtant pas aperçu. Bizarre.
L'art consiste à être pleinement présent. Pas à tweeter tout en actualisant son profil facebook pendant qu'on recoit des SMS, la tv en arrière plan. Le numérique est bien que lorsqu'il est bien utilisé et à bon escient. Twitter et Facebook, ce n'est pas du journalisme, c'est leur plus grand ennemi. l'actualité n'a jamais été que tel ou tel personne a fait telle sortie sur Twitter.

Prendre le temps de vivre. Voila ce que le numérique mal utilisé nous empêche de faire. Parce que si l'on prendre le temps de vivre, on prend le temps de penser. Et de se demander si tout cela fait sens. Et de constater que notre société consommatrice n'a pas de sens. A part celui de nous exploiter tous pour le profit de quelques uns.
Deux thèses, hélas, habitent mon intellect. Celle du numérique comme aventure, au sens du déracinement. Les racines seraient le mal, la Technique apatride le remède libérateur. Et celle de la Technique comme infiniment plus vieille qu'on ne le croit, comme éradication de tout avenir.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.