285
Commentaires

Non, Assassin's Creed Unity n'est pas une leçon d'histoire

"Assassin's Creed Unity est un jeu vidéo grand public, pas une leçon d'histoire". Voilà ce que déclarait Ubisoft avant même la polémique lancée par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon, qui reprochaient au jeu de véhiculer une propagande réactionnaire sur la Révolution Française. Alors que la polémique ne s'est toujours pas éteinte, @si s'est penché sur le jeu. Et c'est bien vrai : Assassin's Creed Unity n'est pas (du tout) une leçon d'histoire.

Derniers commentaires

Bonjour, ce serait chouette une émission sur les jeux serieux (serious games), histoire de fixer les choses
La critique d'AC:U dans Libération par Erwan Cario. Tout est parfaitement résumé.
http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/11/24/assassin-s-creed-chute-de-regime_1149930
>>Et on nous dit que le jeu ne fait aucune propagande.
Bien sûr que ce jeu fait de la propagande, comme toute œuvre commerciale.
Le premier problème est que voyez un complot derrière, allant jusqu'à vous pencher sur la personnalité du fondateur d'Ubisoft !
Le deuxième est que, à vous lire, l'idéologie de l'assassinat politique semble moins importante que la fiction sur base historique.

C'est quand même totalement incohérent de défendre d'un coté une vision étatique et figée de l'enseignement de l'histoire (loi Gayssot, communiste), et de l'autre de venir pleurnicher que les Français ne savent pas qui était Robespierre """en réalité""".
A moins que cela ne soit effectivement cohérent:Imposer sa version aux autres....
Bon, je vais reprendre un café.

Au fait, dans le lien donné par Fan, je vous signale que Robespierre a été envoyé à la guillotine par une coalition entre modérés et extrême gauche (9:20)
JDCJDRPPPP*
*je dis ça, je dis rien....Pom,pom,pom,pom...
En effet, la séquence est splendide! Elle suffirait à convaincre tous ceux qui ont tenté de banaliser un "simple" jeu, qui n'aurait aucune prétention historique, et surtout pas de visée manipulatrice. Un des effets positifs (de la découverte) de cette tromperie, c'est de donner envie de revisiter une période de l'histoire dont on garde surtout des images-clichés. Merci!
Une autre séquence du jeu pleine de propagande :
https://www.youtube.com/watch?v=WSu_BFcJEp0&feature=youtu.be

La mission est appelée "persécutions politiques" et traite de la mise en accusation des girondins. Cette mise en accusation est présentée par le jeu comme un caprice de Robespierre qui ne supporte pas les opinions politiques différentes. Et l'opinion que le jeu prête aux girondins est leur opposition à la volonté de Robespierre de transformer Paris en bain de sang et donc de s'opposer aux exécutions.
Danton est alors présenté comme venant essayer de raisonner Robespierre, et le jeu prétend que c'est cette opposition qui lui coûtera la vie.

Voilà la révolution revisitée en bouillie réactionnaire.

Et on nous dit que le jeu ne fait aucune propagande.
Pas seulement la colère, mais les infos qui vont avec, qui sont rarement rappelées. Au point que beaucoup d'entre nous les ignorent, ou ne les savent que vaguement.
Non seulement la propagande imbécile et mensongère au sujet de Robespierre continue, on le présente comme un sanguinaire ? Qui sait qu'il a fait une longue intervention à l'assemblée nationale pour supplier les députer de refuser la peine de mort. Ce sont les girondins que l'on présente comme els victimes du monstrueux Robespierre qui ont voté cette loi dont ils furent victimes apr la suite la plupart pour crime de haute trahison. Dans l'affaire Robespierre Danton , on oublie aussi fort à propos que Robespierre était l'ami de Danton et de sa famille. Pourquoi ne dit on jamais de quoi ont été jugé coupable la plupart es girondins qui ont été jugé que la Girondin qui ont été jugé par le comité de salut public ? Serait-il gênant de dire qu'ils spéculaient sur le prix du grain entre les régions générant une famine qui créa une révolte populaire que ces mêmes girondins défendant leurs intérêts réprimèrent dans le sang au prix de dizaines de milliers de gens du peuple assassiné. Dit ont que les girondins trahirent la république au profit des rois qui voulaient rétablir al royauté en France ?

Dans la même veine : Pourquoi continue-t-on de présenter Voltaire comme un ami de la liberté de pensée et de la liberté tout court alors que ce salopard était antisémite, qu'il a jeté les fondements intellectuels du racisme, qu'il possédait des "nègres" dans ses possessions des colonies, et qu'après avoir fait eprsécuté Rousseau il demanda au canton de Genève,

Pourquoi ne doit on jamais cela à l'école par exemple où l'on est censé apprendre l'histoire ? Parce que Voltaire, Danton et les girondins sont les fondements de la droite francaise qui essaye de masquer les réalités historiques de ce qu'elle est, voilà pourquoi ...
C'est mensonger, c'est dégueulasse, et cela dure depuis plus de deux cent ans ...

Le jeu d'Ubisoft n'est q'un épisode de plus dans cette affaire. Et comme la plupart des jeux vidéos sont guerriers et réactionnaires, voire racistes, il n'y a là rien d'étonnant ... Mélenchon anon seulement raison, mais il est encore bien poli avec ces cons ...
il paraitrait que la guerre des étoiles et les gardiens de la galaxie ne respecteraient pas totalement la réalité scientifique !
Certes, un jeu video n'est pas une leçon d'histoire.
Mais comme vous l'avez montré dans votre émission d'ASI sur ce sujet, un jeu video peut véhiculer une idéologie.
Et quand on traite d'un sujet politique aussi emblématique que la révolution française, on ne peut pas y échapper.
Peu importe que Napoléon soit aussi malmené que Robespierre.
On peut quand même reconnaitre à Alexis Corbière le mérite de s'être farcit la vidéo promo d'ACU en entier! IL fallait le faire tant s'est moche et mal branlé, au bout de 2 minutes je n'en pouvais plus...
On ne lit plus Alexandre Dumas, lui non plus n'était pas professeur d'histoire. Et pourtant quels bonheurs de lecture.

Dans la série des Mousquetaires aucun personnage n'est conforme, Ni Louis XIII et Richelieu, leurs rapports encore moins et que dire de Mazarin et Anne d'Autriche à eux deux ils ont quand même sauvé la France que nous connaissons.

Que dire du Napoléon ou du Koutouzoff vus par Tolstoï? De Marie-Antoinette vue par Coppola ?

Coppola , Dumas et Tolstoï sont de poètes, non des historiens..

Cependant le traitement d'un personnage, d'une époque n'est jamais innocent : en son temps l'énorme succès de Victorien Sardou avec sa pièce , anti-républicaine à fond, sur la réaction Thermidorienne, obligea anisi les Républicains à assumer la Révolution en bloc, ses excès y compris.

Sans le vouloir (?) les concepteurs du jeu expriment un point de vue qui pourrait avoir des conséquences politiques.
J'ai une question qui pourrait mettre le sujet en perspective : quelles ont été les réactions du public (et de la classe politique) italen(ne) à la sortie d'Assassin's Creed 2 ?

En effet, l'action se passe à Florence et Venise à l'époque de la Renaissance Italienne. Comme pour Unity, l'intrigue brode sur des évènements (comme la conjuration des Pazzi et la tentative d'assassinat des Médicis pendant une cérémonie religieuse) et des personnages (Laurent de Médicis, la famille Pazzi, Rodrigo Borgia) ayant réellement existé dans l'Histoire.
La signification, les raisons, le déroulement des évènements historiques sont fictivement présentés comme des batailles dans la guerre des deux factions, les Templiers (les "méchants"), et les Assassins (les "gentils"). Factions dans lesquelles sont rangés les personnages historiques. Sans faire de gros "spoiler", Rodrigo Brogia écope du rôle de "grand méchant".

En tant que joueur, j'ai trouvé que c'était très bien fait, très intelligemment exécuté. L'ancrage historique est bien vu et donne un consistance à l'intrigue. Clairement les personnages sont fictionnels même si basé sur des acteurs historiques, il n'y a pas d'ambigüité.
Les Pazzi sont détestables, mais ce sont des personnages de jeu vidéo...

Maintenant il est facile pour moi français, assez peu au fait de l'histoire florentine, de faire la part des choses entre Laurent de Médicis et son alter-égo vu par Assassin's Creed. Mais pour un florentin ?

Et parallèlement, les personnages de Danton et Robespierre sont si importants dans notre histoire qu'il peut être difficile de les voir comme personnages fictifs basés sur une certaine vision de l'histoire, et difficile aussi d'adhérer à la manière dont les scenaristes ont "comblé les trous" pour faire avancer leur histoire de templiers et d'assassins.

Mais personnellement, pour avoir joué à tous les jeux de la série et notamment au 3 où ils se sont livrés au même exercice avec la guerre d'indépendance américaine, je ne pense pas qu'il faille faire un procès aux créateurs et scénaristes de vouloir donner une vision de l'histoire.
Ils utilisent, comme pour les opus précédents, des évènements historiques comme canevas pour faire avancer leur propre histoire.
Danton d'Agnès Wajda utilisait Robespierre pour faire une critique des idéologues révolutionnaires face à Danton incarnation du démocrate, imparfait et dont la corromption était mentionnée au passage, mais apparaissant avant tout humain et humaniste. Le tout avec un parallèle évident avec la situation polonaise de l'époque (Valesa vs Jarulevski).

Et d'ailleurs, comme noté sur wikipedia :
Le film n'hésite pas à plier les identités historiques au service de cette comparaison : la scène de l'entrevue entre les deux hommes s'est en réalité faite à l'initiative de Danton. D'autre part la représentation d'un Danton défenseur et idole du petit peuple ne cadre pas avec le statut social du véritable Danton (bourgeoisie de robe, homme enrichi et corrompu) qui était en outre largement moins apprécié des militants populaires que Robespierre, « l'incorruptible » .

Et :
Lors de la projection privée faite avant la sortie du film, Jack Lang, alors ministre de la culture, et d'autres ministres sont sortis de la salle de projection avant la fin de la séance, furieux que l'on caricature ainsi une facette essentielle de l'histoire

Je doute néanmoins que beaucoup feraient aujourd'hui un scandale de ce plutôt bon film (en a-t-on vu se plaindre de l'excellent Agora, qui utilise pourtant très clairement l'histoire du christiannisme à Alexandrie pour nous parler des excès des religions en général, et avec quelques déformations ou raccourcis certainement aussi ?).

La question me semble donc, faut-il exiger d'un produit de pur divertissement plus de correction qu'un film "à prétention" cherchant sciemment à utiliser l'histoire pour dire quelque chose ? Et à partir du moment où on établit cette distinction qui et où va juger de ce qui est un produit pouvant légitimement le faire ou un produit qui doit rester neutre ?
Autant je n'aime certainement pas la caricature de l'histoire (visiblement, je n'y ai pas joué) offerte par ACU, autant à partir du moment où on ne considère pas le Jeu Vidéo comme un ghetto qui devrait obéir à d'autres règles que les autres contenus culturels, on ne peut qu'admettre que c'est leur droit de présenter les choses ainsi (s'il est salutaire qu'une critique là dessus s'exprime).
Ubisoft fait du business, et ses dirigeants se font de c. en or.

Quand on fait cela, on trouve le monde dans lequel on vit, formidable ; même si on concède qu'il a aussi quelques imperfections.
Et quand on trouve le monde formidable, on a vraiment pas envie que des "révolutionnaires" viennent f. la m....

Alors forcément, le regard qu'on pose sur la société et son histoire est imprégné de cette "philosophie"...
Et quand on conçoit un jeu avec comme décors la Révolution, ça ne peut que donner Assasin's Creed...

Si l'intrigue est bonne, on se fait un max de fric, ce qui confirme... que le monde est formidable...

Et en prime, les ados qui achèteront le jeu, y passeront bien plus de temps qu'en cours d'Histoire...
Cela s'appelle un bonus !

La vie est vraiment belle !
Je ne comprends pas cette polémique.
J'aurais compris une polémique sur le tarif prohibitif de ce jeu mal fini, bourré de bugs. J'aurais compris une polémique sur la surnotation de ce jeu "Ubisoft" sur tous les sites spécialisés.

Mais franchement, s'il y a des personnes assez bêtes pour donner une valeur au contenu "historique" de ce jeu, il faudrait aussi interdire tf1, parce qu'il y a des personnes assez bêtes pour croire que la chaîne leur délivre de l'information.
Pas oublier que si les francophones avaient Lupin, Fantômas et Racombole, les anglophones avaient the Scarlet Pimpernel (le Mouron Rouge), un zorro des riches, faux playboy éthéré de jour, insaisissable justicier de nuit, courant les cours et les toits pour sauver du bout de l'épée la monarchie persécutée par républicains sanglants. Shockingly enough, le personnage est moins populaire en France qu'au Royaume-Uni (et, partant, aux USA, où Chuck Jones en fera son Scarlet Pumpernickel - une parodie dont la référence nous sera un peu plus obscure).

Du coup, la Révolution Française comme barbarie et les aristocrates comme veuves-et-orphelins apeurés, ça a déjà des bases populaires dans le romantisme anglo-saxon (celui qui nous a déjà produit Anastasia, les mésaventures de la monarchie russe aux prises avec la sauvagerie de la plèbe). Et oui, le conspirationisme goguenard de ces jeux vidéos ne fait que brasser des clichés pré-existants, les plus propres à y être intégrés comme toile de fond à des péripéties d'initiés - ce qui nécessite des foules ignorantes de leurs propres moteurs, au sein desquelles le héros sera seul à y voir clair.

Cela dit, je me demande comment ils articulent ça à la guerre d'indépendance américaine, thème de l'opus précédent (et dont le traitement est, j'imagine, plus consensuel ?).
Ce qui est assez comique, c'est que, selon certaines personnes, on ne devrait pas prendre en compte l'avis d'historiens sois disant proche de la droite, et qui auraient un point de vue uniquement à finalité politique.
Ces mêmes personnes qui défendent l'avis et la vision des Corbière et Mélanchon.
Deux éminents personnages qui ont, bien sûr, il ne faut jamais en douter, une interprétation de l'histoire totalement objective et pas du tout politique...
Hallucinant!
J'ai par la même occasion découvert qu'admettre les crimes de la Ière République lors des guerres de Vendée ( des centaines de milliers de morts quand même, dont de dangereux bataillons de femmes et enfants) était être réactionnaire.
Nous ne devons pas avoir la même conception des droits de l'homme, ni de liberté effectivement.
Je vais gerber et je reviens.
Prêter à Ubisoft des intentions (autres que mercantiles) me parait bien les surestimer. Comme tout produit de consommation de masse, il postule une culture générale minimale du consommateur. Pour éviter toute complication et gagner du temps, on n'utilise que des stéréotype qui doivent faire partie de l'inconscient collectif. Ici, le stéréotype classique est celui qu'une révolution dévoie toujours les idéaux qui l'ont fait naitre et mène à l'extrémisme, les massacres d'innocents et bien sûr, l'émergence d'un tyran sanguinaire, Robespierre donc.
On peut certes penser que ce stéréotype est celui de l'inconscient des responsables du développement du jeu (pas des dirigeants d'Ubisoft qui à mon avis n'ont jamais trempé un doigt dans le scénario, ils ne s'occupent que de chiffres), mais c'est surement aussi effectivement l'image de la révolution de l'inconscient du consommateur moyen. Ce n'ait bien sûr pas sur les derniers travaux universitaires qu'Ubisoft s'appuie, mais sur les oeuvres populaires qui ont façonné cet inconscient, comme le film "La Révolution Française", #2.
Ces oeuvres populaires s'appuient elles-même sur des autorités morales, toute une lignée d'historiens et de politiciens qui ont consciemment, eux, construit cette propagande, et bien sûr, en premier lieu, la version du vainqueur de l'époque, les banquiers, les grands bourgeois qui ont fait Napoléon.
Christian Clavier n'est pas du tout ressemblant.
Une video d'une courte conf a normal sup sur le sujet :

http://www.dailymotion.com/video/x1lsrww_cecile-obligi-la-legende-noire-de-robespierre_school
Espérons que l'émission de demain portera sur le même sujet. Histoire d'enfoncer le clou.
Font chier ces gauchistes avec leur propagande. Si on peu plus rigoler....
Quand Rambo flingue des chinetoques et des bougnoules ça a rien de raciste ou quoi que ce soit, merde!!!
Au nom d'Ubissoft, je tiens à remercier chaleureusement Robin Andraca.
Imaginez une seconde un jeu où Hitler (ou, pour ceux qui verraient là le point Godwin atteint, l'Organisation de l'Etat Islamique, ou Boko Haram, ou Joseph Kony... ) serait présenté comme la pauvre victime d'une conspiration alliée sanguinaire.
Tout le monde (ou presque...) hurlerait, avec raison, au révisionisme et le jeu serait ostracisé, voire interdit pour apologie du nazisme, du terrorisme ou ce que vous voulez.
Et Ubisoft se ferait étriller si elle osait se justifier en disant que ce n'est qu'un jeu !

Mais comme il s'agit de la Révolution Française dont encore beaucoup de nos concitoyens voudraient qu'elle n'ait jamais eu lieu, il suffit de dire que ce n'est qu'un jeu et ça ne choque personne.
Pour en savoir un peu plus, une vidéo très intéressante :
https://www.youtube.com/watch?v=AN0eG_NrG-U
Ce type de débat a déjà été évoqué sur ASI, sous d’autres formes culturelles :

La série télévisée Inquisitio et son Moyen-Âge revisité.

La Résistance, docu-fiction, avec l’analyse de l'historienne Sylvie Lindeperg.

Si on utilise l’Histoire pour servir l’intérêt de son produit culturel, la moindre des choses est de respecter cette Histoire.
Pourquoi le jeu vidéo et lui seul se passerait-il de véracité des faits ?
En plus, vu le coût du jeu, ils pourraient bien se payer de bons historiens.
En fait, c'était des débats sur la difficulté de rendre compte de l'histoire scientifique dans des fictions, pas des polémiques stérils au cours desquelles certains politiciens se mettent à hurler contre des producteurs de contenus, en les accusant de trahir le pays, le peuple et ses valeurs, parce qu'ils ont un peu écornés un symbole politique cher à ces politiciens!
Je trouve que ce débat sur ACU est similaire à celui sur Inquisitio.
Il y est aussi question de «rendre compte de l’histoire dans des fictions».

Les auteurs du jeu ont un grand intérêt à utiliser l’histoire : j’imagine qu’ils font ainsi de grosses économies de scénario,
de recherches de costumes, d’intérêt du thème, etc.

À partir de là, je le répète, pourquoi seraient-ils les seuls, dans le domaine de la fiction partant d’événements réels, à faire abstraction
de la véracité ?

Relisez l’article ici-présent et celui de Rue 89 qui y est en lien, vous verrez que, par exemple, Paris y est décrit comme ultra-violent
(si vous ne voulez pas parler de Robespierre).

Au final, c’est bien une vision de la Révolution qui est faussée.
Or fausser une telle partie de notre histoire politique est donc, de fait, un message politique.
J'adore cette vision sans nuance de la réalité au FdG.

Robespierre, c'est le révolution. T'aimes pas Robespierre, t'es royaliste.

C'est tellement, mais tellement…
Ubisoft répond à côté de la plaque puisque JLM n'a jamais reproché à ce jeu d'être une leçon d'histoire. D'ailleurs, la plupart des « gamers » qui s'en sont pris à JLM n'ont pas du lire son billet qui commence... par une éloge des jeux vidéos comme art au sens noble. Et c'est parce que c'est un art au sens noble que JLM estime qu'il peut être critiqué comme n'importe quelle autre forme d'art. JLM finalement emporte la bataille bien qu'on ait l'impression de l'inverse : son but était de faire prendre conscience aux joueurs qu'il y a un parti pris idéologique dans cette présentation. En répondant que la vérité est secondaire dans le jeu, tous lui accordent raison. Personne ne remet en cause la présentation historique de JLM ! Personne ne vient défendre le jeu en disant que oui, Robespierre était un dictateur sanguinaire. Jean-Luc Mélenchon, en dépit des apparences, remporte donc la partie. Game over ?
Il faudrait demander aux amateurs de jeux vidéos s'ils préfèrent évoluer dans une représentation raffinée de l'Histoire, avec des nuances psychologiques, des effets de clair-obscur, de grandes parts laissées au mystere a chaque fois qu'il y a enigme historique... ou bien, s'ils aiment autant, voire plus, des mondes à la Bouvard et Pécuchet... Sans doute, il ne faut pas trop surestimer les amateurs de jeux videos...
Robespierre a voté la mort de Danton plutot a contre coeur, c'était le marché pour pouvoir faire tomber Hebert.


Danton c'est l'équivalent de Bernard Tapie aujourd'hui. On pense ce qu'on veut de Bernard Tapie mais c'est ni plus ni moins que ça. Danton était assez roublard pour mettre Robespierre dans sa poche quasi jusqu'à la veille de son arrestation ( c'est quand même Danton qui propose une fête en l'honneur de l'être suprème pour calmer la fureur qu'il a provoquer avec ses harrangues contre les curés!!! :-D )

La révolution française est le lieux d'énormes flux de corruption, de la bande noire en passant par la compagnie des Indes, les raffles et pillages à l'étranger et sur le territoire ( Lyon, Bordeaux...) , l'argent étranger qui corrompt les députés de la convention ou Hebert via Perregaux et Benjamin vaughan. C'est l'essentiel de son combat et c'est pour ça qu'il est tombé.
entre Lauran Deutch et les jeux video , les gens vont avoir du mal a connaitre leur histoire.
""Ubisoft disait donc vrai. Assassin's Creed est bien davantage un jeu grand public qu'une leçon d'histoire""

C'est ça, Ubichose est innocent comme la colombe qui tête encore sa mère, et qui ne pense qu'à zouer avec des zolies zistoires.

Qu'il n'ait aucune volonté révisionniste, c'est bien possible pour des gens qui ne pensent qu'au fric.

N'empêche que le message qu'ils font passer à l'insu de leur plein gré, lui, est pleinement révisionniste.

Ubimachin devrait l'offir à Lorant Deutsch
On joue au con là, non ? Ce que critique Mélenchon et d'autre si j'ai bien compris c'est non pas que l'histoire soit tordu mais tordu que dans un sens ou majoritairement. Un peu comme des westerns qui présentaient systématiquement les indiens comme des brutes, des idiots, des tueurs sanguinaires et des violeurs. Et quelqu'un dirait nan mais les cowboys aussi sont pas aussi vertueux on les caricatures aussi en héros (les pauvres!) et gnagnigna .

Et évidement que comme tout média les jeux vidéo véhiculent des valeurs souvent en lien avec ce qui se passe dans la société - les récentes polémiques sur le sexisme l'on bien montré. Je pense que Mélenchon est dans son rôle quand il soulève la question et prend le médium au sérieux. C'est complément insensé sinon; On critique GTA ou les jeux de guerres (à juste titre) pour le propagande, le fait qu'ils ne sont pas neutre (Rôles des populations identifiés comme arabes dans bon nombre de FPS militaire) etc Mais là non on commence à gnagnaouté.

Il aurait fallu qu'un-e autre que Mélenchon le dise sans doute ;)
Pour comprendre la portée politique de ce débat souvenez-vous de Michel Onfray qui en pleine élection présidentielle se met à dénigrer Mélenchon dans tous les médias en reprenant cette propagande anti-Robespierre.
Par exemple sur le nouvelobs :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/523320-pourquoi-je-ne-voterai-pas-melenchon.html
A ce soir ou jamais :
http://www.youtube.com/watch?v=eXwkGNK929U
Pour Onfray, la terreur républicaine c'est le meurtre de femmes enceintes et d'enfants, rien que ça.
Et pour rester dans le gironc d'@si, le clash entre Judith Bernard et Onfray :
http://www.youtube.com/watch?v=gy_qC8FQjOM

Autre exemple, l'UMP et le FN, qui désirent la reconnaissance de ce qu'ils appellent le "génocide vendéen" :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/01/18/marion-marechal-le-pen-cosigne-un-texte-avec-des-deputes-ump_1819137_823448.html

Ou encore la propagande directement sur France Télévisions, avec un document intitulé "l'ombre d'un doute" :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/767475-l-ombre-d-un-doute-sur-france-3-une-propagande-reac-sur-le-genocide-vendeen.html

Derrière tout cela il y a très clairement un combat idéologique et politique qui dure depuis 200 ans et qui est toujours d'actualité.

Alors faut-il se taire quand une propagande est diffusée dans un jeu vidéo qui se vendra à des millions d'exemplaires et qui impactera obligatoirement l'imaginaire collectif de toute une partie de la population, enfants comme adultes ? ou faut-il le dénoncer ?
"Voilà que ce débat, sur lequel les historiens débattent depuis deux siècles " (sic redondance)
Pourquoi donc, ils on un problème avec les faits historiques ?
Merci pour ce billet, Robin.
@ Robin Andraca, vous ne comprenez pas ...

Mélenchon et Alexis Corbière ne s'en prennent pas dutout aux libertés que les scénaristes ont pu prendre par rapport à la vraie histoire de la révolution afin de faire vivre au joueur des évènements ou de lui faire rencontrer des personnages historiques, ni aux éléments de fiction qu'ils ont pu ajouter pour l'aspect confrontation entre les assassins et les templiers.

Ce qu'ils dénoncent, c'est l'adoption du point de vue réactionnaire par les scénaristes du jeu sur la Révolution. Ce point de vue, c'est ce qu'on appelle la légende noire de Robespierre comme dictateur et monstre sanguinaire, ou d'une manière générale l'inversion totale de la légitimité, en oubliant que les révolutionnaires se battaient contre l'absolutisme, l'égalité des droits et leur liberté, et en les présentant au contraire comme une foule assoiffée de sang, meurtrière, et les défenseurs de l'ancien régime comme d'innocentes victimes, ou enfin la révolution elle-même comme un complot et une manipulation des masses.
C'est un point de vue politique qui est défendu par des "historiens", des "intellectuels" et même des politiciens, notamment issus de l'UMP et du FN qui régulièrement tentent de faire voter des lois pour condamner les révolutionnaires ou Robespierre, ou faire reconnaître leur point de vue révisionniste, notamment sur les soulèvements en Vendée.

Oui le jeu n'est pas une leçon d'histoire, mais c'est bien l'histoire qui sert de base au scénario et au jeu, surtout dans les missions annexes qui consistent à revivre des évènements historiques ou à rencontrer des personnages historiques.
Et le problème c'est que cette histoire correspond exactement au point de vue réactionnaire sur la révolution. Ce n'est pas dutout de la fiction pour ceux qui adhèrent à cette version de l'histoire de la révolution.
C'est un point de vue très répandu, lisez les commentaires des internautes et vous y verrez nombre de personnes complètement d'accord avec le point de vue adopté par le jeu, et à reprendre Robespierre = dictateur, ou révolutionnaires = meurtriers, ou encore pire "droits de l'homme" = "meurtres de masse" car derrière ces points de vue il y a clairement un enjeu politique.

La vidéo nommée le "Sacrifice de Danton" est éloquente. Danton est présenté comme un Héros, et Robespierre comme un monstre sanguinaire.

Mais vous présentez la vidéo de Bonaparte comme un contre argument alors qu'elle montre elle aussi très bien cette propagande : quand Bonaparte aperçoit le joueur il lui dit : "vous n'êtes visiblement pas un de ces révolutionnaires assoiffés de sang".

Si vous n'êtes toujours pas convaincu, j'aimerais maintenant que vous regardiez cette vidéo de Laurent Turcot, l'un des historiens embauché comme consultant pour le jeu, qui dans cette interview face à deux journalistes se félicite d'avoir participé à la création d'un jeu qui apprend en même temps aux joueurs l'histoire de la révolution et présentant le jeu vidéo comme un exemple de nouvelle forme d'outil pédagogique :
http://www.gameblog.fr/news/46966-polemique-melenchon-assassin-s-creed-unity-deux-historiens-d

Est-ce si difficile d'admettre que Mélenchon a raison et qu'Ubi Soft comme Laurent Turcot font passer de l'idéologie à travers le jeu, et en particulier l'idéologie réac sur la révolution ?
Il est dans les "top ten" mondiaux ! (selon Wikipedia)
Un équipe de chercheurs partiellement basée à Toulouse vient de scruter Wikipedia à la recherche du "top ten" des personnalités selon divers critères et dans Wikipedia.*
Les résultats méritent d'être lus pages 20 et 22 de l'article. D'autres (américains ) sont parvenus à des résultats analogues avec des critères différents. Leur liste apparaît en milieu de page de cet article
Gardez-le nous !
*Jean-Marc ?
Euh, les reproches de Corbière et Mélenchon se focalisent sur autre chose.

Le fait par exemple de présenter Danton comme le "héros de la révolution" injsutement condamné à mort par le tyran sanguinaire Robespierre, père de la Terreur, parce qu'il était jaloux... Alors que Danton était l'un des plus pourris et des corrompus, ami personnel de Dumouriez, participant à un nombre inimaginable de coups tordus (comme un projet de libération et d'extraction de Louis XVI de Paris)... et accésoirement, si on devait en désigner un seul, le vrai père de la Terreur... Et que Robespierre s'était toujours refusé à lâcher jusque là malgré ses turpitudes.
Mais alors, dans Pacman, c’étaient de vrais fantômes ou non ?
Hum... Il me semble que c"est justement le noeud du problème. En mélangeant faits historiques et fiction (et pas seulement en toile de fond, mais au sein de la trame narrative), l'éditeur amène laisse au juoeur le soin de faire la différence. Et ce n'est pas moi qui aurait été capable de la faire (j'ai découvert ces faits réels dans cet article...).
histoire, modélisation, grand public, c'est bien beau, sauf que TB dit que c'est une méga bouze, probablement la plus grosse de l'histoire d'Ubisoft. Merci Melanchon pour le boost des ventes.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.