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Mélenchon face aux "nouveaux médias", épisode 2 : ASI y était

Un pas en avant pour les vidéastes, un pas en arrière pour la presse ? Jean-Luc Mélenchon a réuni une trentaine de journalistes web et influenceur·ses lors de sa "conférence de presse face aux nouveaux médias", le 24 mars 2026. Sans la plupart des titres de presse traditionnels, non accrédité·es. Arrêt sur images vous raconte les coulisses de cette seconde édition.

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"Avec certains qui expriment une sympathie, voire l'affichent, ce ne serait jamais le cas d'un journaliste".

Et madame Glucksman sur France2

Et Cohen, et Legrand qui complotent dans un bar avec le ps.


Texte que je partage complètement, de Ca(...)

Caméra à l'épaule, France Télé demande, d'un ton irrité : "Qu'est-ce que vous pensez du fait d'inviter UNIQUEMENT les nouveaux médias ?" (le résultat final est visionnable ici). Offensé d'être mis à l'écart ? Les insoumis·es répondent vouloir "briser(...)

La streameuse Emmodem, présente à cette conférence, a publié la version intégrale de son interview par France 2 pour le sujet de L'Œil du 20 heures évoqué dans l'article : 




L'extrait suivant a évidemment pas mal circulé :




(...)

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Et autrement, que pense ASI des réponses de Melenchon au questions ? 

Était-ce plus ou moins intéressant que dans les conférences de presse/interviews avec des médias traditionnels ? 

Merci pour l'article,

une petite pique pour Serge Faubert le champion de la mauvaise foi, qui n'assume pas pour qui il roule alors que son traitement de l'actualité politique à gauche est clair comme de l'eau de roche...

La streameuse Emmodem, présente à cette conférence, a publié la version intégrale de son interview par France 2 pour le sujet de L'Œil du 20 heures évoqué dans l'article : 




L'extrait suivant a évidemment pas mal circulé :




Un vieux politicien choisit une forme de communication, très maîtrisée, et sélectionne ses interlocuteurs pour être bien sûr de ne pas être mis en difficulté.


Un grand classique, quoi. Qui n'est ni plus ni moins scandaleux que quand Macron, ou autre font de même. Et le côté "nouveau média" reste très relatif: les plus vieux d'entre nous savent que Sarkozy avait été un des premiers politiciens "importants" à avoir fait une interview à un podcast, il y a 20 ans de cela. 




Caméra à l'épaule, France Télé demande, d'un ton irrité : "Qu'est-ce que vous pensez du fait d'inviter UNIQUEMENT les nouveaux médias ?" (le résultat final est visionnable ici). Offensé d'être mis à l'écart ? Les insoumis·es répondent vouloir "briser les monopoles", "laisser la place", se "défendre" face à un "parti médiatique" diabolisant la gauche… Au risque de brouiller quelques frontières du journalisme.


Est-ce un vrai problème que LFI construise son propre récit médiatique ? car les frontières du journalisme sont brouillées depuis longtemps : les grandes rédactions ne sont jamais que les thuriféraires d'une idéologie libérale toxique  pour les nombreux laissés pour compte qu'elle oublie sur le bord du chemin, toxique pour notre planète qu'elle sacrifie sur l'autel de ses profits.

Un exemple parfait de ce récit à sens unique qui méprise la contradiction : les chroniques éco sur France Inter, et ce depuis des années. 4 chroniques pro-libérales et 1 pseudo-débat. Ce déséquilibre est symptomatique du traitement de l'information dans les médias qui nomment "information" la production d'idéologie.

Les journalistes de France Télé ou d'ailleurs peuvent bien pleurnicher, leur discours sont bien trop formatés par leur oeillères sociologiques et professionnels (qu'ils ont la bêtise d'appeler objectivité) pour leurs critiques puissent être considérées comme légitimes.

 

 

"Avec certains qui expriment une sympathie, voire l'affichent, ce ne serait jamais le cas d'un journaliste".

Et madame Glucksman sur France2

Et Cohen, et Legrand qui complotent dans un bar avec le ps.


Texte que je partage complètement, de Camille Stineau, journaliste, à Basta je crois :


« Sur les conférences de presse de Mélenchon aux "nouveaux médias", quelques réflexions personnelles, en tant que journaliste. D'abord, je tiens à dire que le principe ne me choque pas. Permettre aux nouvelles formes de médias de poser des questions est plutôt sain.

Quoi que vous en pensiez, les créateurs de contenus et médias numériques ont aujourd'hui une importante audience, sur Twitch, sur YouTube, sur TikTok, sur Twitter, etc. Ils participent à faire vivre le débat public, ils informent des millions de jeunes, et

Ils n'ont pas moins de légitimité que BFMTV, France 2, Le Monde ou RTL. Choisir de leur dédier spécifiquement certaines conférences de presse, dans le but de parler de thématiques peu abordées par les médias traditionnels, ne me semble pas choquant.

Et puis, par définition, quand on fait une conférence de presse, on ne peut pas accueillir tous les médias et journaliste - à part à louer le Stade de France. Un tri doit nécessairement s'opérer. Le critère de "nouveau média" n'est pas plus mauvais qu'un autre critère.

Pour avoir regardé la dernière de ces conférences de presse, il était agréable d'entendre des questions sur d'autres sujets que les habituelles polémiques : "vous êtes antisémite ? Vous brutalisez le débat public ! Vous condamnez l'islam et l'immigration ?"

Il y a eu des questions pointues, sur des sujets de fond : le rapport aux territoires ultra-marins, l'approche sur l'opposition villes-campagnes, le rapport à l'IA, etc. Des sujets sur lesquels les représentants LFI sont rarement interrogés par les médias traditionnels.

Ces médias traditionnels trop occupés à s'intéresser à la petite phrase, le petit buzz, la petite polémique qui leur permettra de générer du clic.

Maintenant, il faut dire que plusieurs des personnes présentes dans la salle pour poser des questions étaient des militants LFI, dont au moins deux étaient candidats LFI aux municipales. Je pense que l'honnêteté aurait été de le préciser au début de leurs questions.

De manière générale, j'estime que le public a le droit de savoir d'où parlent les journalistes et autres créateurs de contenus qui les informent. Ça vaut pour les streameurs des "nouveaux médias" qui ont interrogé Mélenchon, comme pour les journalistes des grands médias.

On attend, légitimement, qu'un streameur candidat LFI aux municipales le précise quand il interroge Mélenchon. Soit. J'attends aussi de Léa Salamé qu'elle précise être la conjointe de Glucksmann quand elle interview des personnalités politiques.

Et, si on pousse la logique plus loin, on est aussi en droit d'attendre des journalistes de BFMTV qu'ils précisent, lors des conférences de presse, qu'ils travaillent pour un média propriété de Saadé, un proche de Macron, et que leur chaîne a roulé pour Sarkozy.

De manière générale, la ligne éditoriale de tout média devrait être transparente et expliquée. On a le droit de savoir que, si tel média tient une ligne donnée sur un sujet économique, c'est car cela est conforme aux intérêts de son propriétaire. »

Or, vous constatez bien que cela n'est pas le cas. Jamais vous lirez dans Le Figaro que la défense de l'industrie d'armement française par le journal arrange bien les affaires de la famille Dassault, propriétaire du média.

Autrement dit, ce que les médias de l'officialité attendent des streameurs politiques, ils ne l'appliquent pas

Une fois qu'on a dit ça, il faut ajouter que ces conférences de presse de LFI auprès des "nouveaux médias" semblent être le résultat d'un constat des Insoumis : il est impossible de parler de fond dans les grands médias traditionnels.

Posez-vous une question simple : c'est quand la dernière fois que vous avez vu un politique de gauche pouvoir développer plus de 30 secondes, sans être interrompu, sur sa vision profonde de la politique et de la société ? Ça remonte, hein ?

Dans le champ politique, LFI fait figure d'ovni : c'est probablement le seul parti à produire une réflexion idéologique, un regard sur la société qui dépasse la simple mesure programmatique et la simple réaction à la dernière polémique.

On peut être en accord ou en désaccord avec la vision politique portée par LFI. Mais qui dans le débat public aujourd'hui prend le temps d'expliquer : "notre idéologie c'est ça, car le contexte est ça, et par conséquent on propose ça" ? Personne, sauf LFI.

Ces conférences de presse aux nouveaux médias sont donc l'espace politique trouvé par LFI pour pouvoir parler de fond, car cela s'inscrit dans la stratégie du parti : politiser, former idéologiquement, faire émerger une génération armée intellectuellement.

Mais si LFI est obligé de faire ça face aux nouveaux médias, c'est avant tout la faute des médias traditionnels, dont la priorité face à LFI est la diabolisation. Vous ne pouvez pas diaboliser en permanence un parti, et ensuite lui reprocher de s'adresser à d'autres.

Quant à nous, journalistes et grand public, on est nombreux à être critiques des médias traditionnels. Il y a peu d'espoir qu'ils changent. Ne perdons pas notre temps à leur donner de l'audience ou à travailler pour eux. Tournons nous vers les alternatives, elles existent.


Merci pour cet article, bien plus fouillé et intéressant que l'article pourtant siglé "enquête" de France Info sur le sujet. A sa lecture j'ai même cru comprendre que seuls.es les créateurs.ices de contenu étaient conviés.es. Ce qui m'a fait penser que finalement la critique aurait plus dû porter sur le fait d'appeler ça des conférences "de presse", plutôt que de simples conférences.  

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