Mélenchon face aux "nouveaux médias", épisode 2 : ASI y était
Un pas en avant pour les vidéastes, un pas en arrière pour la presse ? Jean-Luc Mélenchon a réuni une trentaine de journalistes web et influenceur·ses lors de sa "conférence de presse face aux nouveaux médias", le 24 mars 2026. Sans la plupart des titres de presse traditionnels, non accrédité·es. Arrêt sur images vous raconte les coulisses de cette seconde édition.
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"Avec certains qui expriment une sympathie, voire l'affichent, ce ne serait jamais le cas d'un journaliste".
Et madame Glucksman sur France2
Et Cohen, et Legrand qui complotent dans un bar avec le ps.
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Caméra à l'épaule, France Télé demande, d'un ton irrité : "Qu'est-ce que vous pensez du fait d'inviter UNIQUEMENT les nouveaux médias ?" (le résultat final est visionnable ici). Offensé d'être mis à l'écart ? Les insoumis·es répondent vouloir "briser(...)
Ainsi qu’il m’est arrivé de le confesser dans d’autres posts, je suis journaliste, pourvu d’une carte officielle au numéro préhistorique, ayant pratiqué ce métier durant quatre bonnes décennies dans différentes rédactions nationales et même, ça exist(...)
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Encore lui ?
Rien à battre !
J’ai regardé cette conférence de presse sur Tou Tube. C’est vraiment mieux d’écouter ce que dit Mélenchon que d’écouter ceux qui disent qu’il a dit…
Il ressort des choses intéressantes des conférences de presse quelle qu'elles soient ?
J'ai du mal à comprendre l'intérêt quand il n'y a pas de possibilité de relance qui est pour moi le seul vrai gros problème (comme c'est le cas des communications présidentielles il me semble).
Quand-même, ça doit faire drôle de se trouver là, aussi près d'un antisémite. (2e degré!!!!)
Je trouve étrange qu'ASI vailide et réitère le mythe du journaliste distant et objectif. Je peine à voir en quoi les pratiques journalistiques seraient moins respectées dans ce cadre qu'ailleurs : les questions complaisantes sont légions dans les médias mainstreams, le militantisme des journalistes des grands quotidiens n'est plus à démontrer, etc. La complaisance par peur de ne pas être réinvité est tout à fait opérant dans tous les médias, partout, et ne relève en rien d'une spécificité de ce dispositif.
Relayer sans perspective critique la déclaration grotesque de Thibaut Bruttin est tout à fait indigne d'une site de critique média (atteinte au droit à l'information vraiment ???). De même, critiquer l'absence de nuance de Mélenchon qui parle de "parti médiatique" est très étonnant de la part d'ASI, qui documente pourtant l'unanimité anti-LFI de toute la presse : le "parti médiatique anti-LFI" est difficile à nier, donc pourquoi faire comme s'il s'agissait d'un délire de Mélenchon ?
On a l'impression, avec cet article, qu'ASI veut se mettre du côté des "vrais médias" journalistiques, tout en mettant à distance les créateurs de contenus (moins légitimes symboliquement). Je trouve cette opération étrange.
Erreur : la journaliste du Média ne s'appelle pas Lisa Lab mais Lisa Lap.
Ainsi qu’il m’est arrivé de le confesser dans d’autres posts, je suis journaliste, pourvu d’une carte officielle au numéro préhistorique, ayant pratiqué ce métier durant quatre bonnes décennies dans différentes rédactions nationales et même, ça existe, internationale publique, comme petit, moyen et grand reporter, rédac chef à l’occasion. Honte à moi, traître aux miens que je suis, je ne vois que du bien à cette communication esquissée par LFI.
La profession – à 90 % mainstream et très majoritairement employée par des puissances capitalistes exigeantes en rentabilité et contenu ; le mythe de l’indépendance des rédactions est devenu aussi crédible que l’infaillibilité papale - s’est tant discréditée depuis, au moins, une bonne vingtaine d’années par sa surenchère à la servilité, au conformisme, à l’ignorance et à la sottise quand ce n’est pas au pur mensonge, qu’on ne voit plus très bien de quoi elle ose encore se prévaloir. Si c’est la rigueur, la neutralité ou une garantie d’exactitude, qu’il soit permis d’éclater de rire.
Soyons justes. Sans doute certains médias prennent ils-encore la peine de vérifier la véracité des faits qu’ils rapportent (l’AFP, quelques journaux). Mais le choix des dits faits, la place qu’on leur donne et leur interprétation restent toujours dictés par des considérations à la fois arbitraires et subjectives, qui vont presque toujours dans le même sens, normatif ou pire. Il y a un bloc médiatique comme il y a ce fameux bloc (ou « arc ») « républicain » d’où sont exclues et condamnées les dissidences. Parmi celles-ci, malgré leur légalisme total et leur maigre dimension subversive mais par leur position de trouble-fêtes, LFI et son fondateur doivent être pourchassés à peu près au même titre, mais avec plus d’urgence et tous les moyens, que Daech ou le RRRRamas (auquel, d’ailleurs, on aime les associer).
S’il y a beaucoup d’imitations dans les scènes de chasse (c’est d’abord dans les autres médias que le journaliste puise son inspiration), il y a aussi une émulation, l’idéal étant de compléter la production quotidienne par un livre qui garantira la reconnaissance et l’envie des pairs. Dans la presse, disons, de « centre-gauche » (?), les deux journalistes chargés de couvrir la mouvance honnie et son fondateur, 22 % de l’électorat de la dernière présidentielle, ont ainsi brusquement accédé à la gloire par La Meute, devenue ouvrage culte des rédactions, qui résume et animalise explicitement leur objet en bêtes sauvages. Ça a beaucoup plu. Bref, notre ASI, mais de façon plus analytique Le Monde Diplo et ACRIMED ont amplement documenté cette obsession médiatique, cette curée et ses motifs. Comme Carthage, LFI delenda est, et chaque jour davantage.
Alors, sans doute les « influenceurs » vidéastes etc... de réseaux sociaux et les non-journalistes de sites divers et variés ont-ils la possibilité et parfois le penchant de dire n’importe quoi. Mais c’est aussi le cas des autres, et entre les imprécations haineuses de CNews (où tout le monde a sûrement une carte de presse, je crois avoir lu que même Hanouna en a une), ou celles de France-Info (à ses basques) et Poupette Kenza, je me demande si c’est Poupette Kenza qui perd à la comparaison (c’est une image, les estimables personnes invitées à la conf de presse qui fait scandale ne sont pas de cette catégorie). Les éructations matinales d’un Benjamin Duhamel – rejeton de la dynastie emblématique dont l’aspect reproductif évoque un peu l’opérette - contre tout représentant de LFI sur le thème « vous êtes antisémite, hein, dite-le, si si vous l’êtes » ressortent autant de la réalité parallèle, comme on dit, ou du TOC, que le délire des complotistes les plus perchés, ou des platistes. Du moins les nouveaux médias ne sont-ils pas tenus ou obsédés par le devoir sacré de cogner chaque jour sur Mélenchon, c’est plus varié. Un peu d’air, plus ou moins frais mais enfin, autre chose.
Quant au scandale dans le scandale selon lequel les participants à cette criminelle conférence auraient été choisis, il est plus risible encore. Bah oui, en politique, l’interview et la conférence de presse sont des exercices convenus où le locuteur sait ce qu’il doit dire, et à qui. Tout journaliste en a fait l’expérience : tantôt la presse écrite nationale est choisie par tel politicien ou ministre pour passer son message, tantôt l’audiovisuel, ou la PQR (régionale), ou les correspondants étrangers etc… la chose est tellement banale dans le métier et le procès tellement de mauvaise foi (surtout venant de France 2 qui abuse tous les jours en la matière de sa position dominante au détriment des « confrères » de moindre poids) qu’on se demande pourquoi on se fatigue à y répondre.
La réalité est que le « bloc » (bourgeois et médiatique) s’est trouvé très secoué au soir du premier tour des municipales par le flop de sa stratégie de diabolisation ... mais qu’elle n’en a pas sous la main de rechange. Comme Trump et Netanyahou dans leur domaine, l’expédient est donc visiblement de doubler ou tripler les bombardements : un « scandale » par jour, dûment repris inlassablement par tous, jusqu’au lendemain où un autre est lancé. Pour cette seule semaine : les terribles huées dans les mairies LFI (mais pas celles des socialistes hurlant à la sortie de Dati, on l’aura compris) ; le terrible désarmement des policiers municipaux de Saint-Denis et leur fuite massive, sans rire ; l’interview de Faure où, piétiné par les siens, il claironne encore sa guerre contre … Mélenchon ; et bien sûr, cette odieuse conférence de presse de ce dernier aux nouveaux médias, étape monstrueuse de sa dictature sanguinaire. Il reste environ 400 jours avant la présidentielle. Il va donc falloir tenir environ 400 scandales, « dérapages », mots ou virgules interprétables en ambiguïté antisémite etc… etc... Cela va quand même être long.
On se dit alors que le drame n’est pas que LFI ou les voix radicales contournent un peu les médias en place, mais bien qu’elles soient encore, hélas, obligées d’emprunter leurs canaux, et nous de supporter cette puanteur.
Mé.enchon n’invente-t-il pas ĺà le moyen pour les journalistes politiques à faire de la popol au sein de la popol ?
Je mets ça ici. Pas vraiment dans le sujet.
Mais d'actualité
Et autrement, que pense ASI des réponses de Melenchon au questions ?
Était-ce plus ou moins intéressant que dans les conférences de presse/interviews avec des médias traditionnels ?
Merci pour l'article,
une petite pique pour Serge Faubert le champion de la mauvaise foi, qui n'assume pas pour qui il roule alors que son traitement de l'actualité politique à gauche est clair comme de l'eau de roche...
La streameuse Emmodem, présente à cette conférence, a publié la version intégrale de son interview par France 2 pour le sujet de L'Œil du 20 heures évoqué dans l'article :
L'extrait suivant a évidemment pas mal circulé :
Un vieux politicien choisit une forme de communication, très maîtrisée, et sélectionne ses interlocuteurs pour être bien sûr de ne pas être mis en difficulté.
Un grand classique, quoi. Qui n'est ni plus ni moins scandaleux que quand Macron, ou autre font de même. Et le côté "nouveau média" reste très relatif: les plus vieux d'entre nous savent que Sarkozy avait été un des premiers politiciens "importants" à avoir fait une interview à un podcast, il y a 20 ans de cela.
Caméra à l'épaule, France Télé demande, d'un ton irrité : "Qu'est-ce que vous pensez du fait d'inviter UNIQUEMENT les nouveaux médias ?" (le résultat final est visionnable ici). Offensé d'être mis à l'écart ? Les insoumis·es répondent vouloir "briser les monopoles", "laisser la place", se "défendre" face à un "parti médiatique" diabolisant la gauche… Au risque de brouiller quelques frontières du journalisme.
Est-ce un vrai problème que LFI construise son propre récit médiatique ? car les frontières du journalisme sont brouillées depuis longtemps : les grandes rédactions ne sont jamais que les thuriféraires d'une idéologie libérale toxique pour les nombreux laissés pour compte qu'elle oublie sur le bord du chemin, toxique pour notre planète qu'elle sacrifie sur l'autel de ses profits.
Un exemple parfait de ce récit à sens unique qui méprise la contradiction : les chroniques éco sur France Inter, et ce depuis des années. 4 chroniques pro-libérales et 1 pseudo-débat. Ce déséquilibre est symptomatique du traitement de l'information dans les médias qui nomment "information" la production d'idéologie.
Les journalistes de France Télé ou d'ailleurs peuvent bien pleurnicher, leur discours sont bien trop formatés par leur oeillères sociologiques et professionnels (qu'ils ont la bêtise d'appeler objectivité) pour leurs critiques puissent être considérées comme légitimes.
"Avec certains qui expriment une sympathie, voire l'affichent, ce ne serait jamais le cas d'un journaliste".
Et madame Glucksman sur France2
Et Cohen, et Legrand qui complotent dans un bar avec le ps.
Texte que je partage complètement, de Camille Stineau, journaliste, à Basta je crois :
« Sur les conférences de presse de Mélenchon aux "nouveaux médias", quelques réflexions personnelles, en tant que journaliste. D'abord, je tiens à dire que le principe ne me choque pas. Permettre aux nouvelles formes de médias de poser des questions est plutôt sain.
Quoi que vous en pensiez, les créateurs de contenus et médias numériques ont aujourd'hui une importante audience, sur Twitch, sur YouTube, sur TikTok, sur Twitter, etc. Ils participent à faire vivre le débat public, ils informent des millions de jeunes, et
Ils n'ont pas moins de légitimité que BFMTV, France 2, Le Monde ou RTL. Choisir de leur dédier spécifiquement certaines conférences de presse, dans le but de parler de thématiques peu abordées par les médias traditionnels, ne me semble pas choquant.
Et puis, par définition, quand on fait une conférence de presse, on ne peut pas accueillir tous les médias et journaliste - à part à louer le Stade de France. Un tri doit nécessairement s'opérer. Le critère de "nouveau média" n'est pas plus mauvais qu'un autre critère.
Pour avoir regardé la dernière de ces conférences de presse, il était agréable d'entendre des questions sur d'autres sujets que les habituelles polémiques : "vous êtes antisémite ? Vous brutalisez le débat public ! Vous condamnez l'islam et l'immigration ?"
Il y a eu des questions pointues, sur des sujets de fond : le rapport aux territoires ultra-marins, l'approche sur l'opposition villes-campagnes, le rapport à l'IA, etc. Des sujets sur lesquels les représentants LFI sont rarement interrogés par les médias traditionnels.
Ces médias traditionnels trop occupés à s'intéresser à la petite phrase, le petit buzz, la petite polémique qui leur permettra de générer du clic.
Maintenant, il faut dire que plusieurs des personnes présentes dans la salle pour poser des questions étaient des militants LFI, dont au moins deux étaient candidats LFI aux municipales. Je pense que l'honnêteté aurait été de le préciser au début de leurs questions.
De manière générale, j'estime que le public a le droit de savoir d'où parlent les journalistes et autres créateurs de contenus qui les informent. Ça vaut pour les streameurs des "nouveaux médias" qui ont interrogé Mélenchon, comme pour les journalistes des grands médias.
On attend, légitimement, qu'un streameur candidat LFI aux municipales le précise quand il interroge Mélenchon. Soit. J'attends aussi de Léa Salamé qu'elle précise être la conjointe de Glucksmann quand elle interview des personnalités politiques.
Et, si on pousse la logique plus loin, on est aussi en droit d'attendre des journalistes de BFMTV qu'ils précisent, lors des conférences de presse, qu'ils travaillent pour un média propriété de Saadé, un proche de Macron, et que leur chaîne a roulé pour Sarkozy.
De manière générale, la ligne éditoriale de tout média devrait être transparente et expliquée. On a le droit de savoir que, si tel média tient une ligne donnée sur un sujet économique, c'est car cela est conforme aux intérêts de son propriétaire. »
Or, vous constatez bien que cela n'est pas le cas. Jamais vous lirez dans Le Figaro que la défense de l'industrie d'armement française par le journal arrange bien les affaires de la famille Dassault, propriétaire du média.
Autrement dit, ce que les médias de l'officialité attendent des streameurs politiques, ils ne l'appliquent pas
Une fois qu'on a dit ça, il faut ajouter que ces conférences de presse de LFI auprès des "nouveaux médias" semblent être le résultat d'un constat des Insoumis : il est impossible de parler de fond dans les grands médias traditionnels.
Posez-vous une question simple : c'est quand la dernière fois que vous avez vu un politique de gauche pouvoir développer plus de 30 secondes, sans être interrompu, sur sa vision profonde de la politique et de la société ? Ça remonte, hein ?
Dans le champ politique, LFI fait figure d'ovni : c'est probablement le seul parti à produire une réflexion idéologique, un regard sur la société qui dépasse la simple mesure programmatique et la simple réaction à la dernière polémique.
On peut être en accord ou en désaccord avec la vision politique portée par LFI. Mais qui dans le débat public aujourd'hui prend le temps d'expliquer : "notre idéologie c'est ça, car le contexte est ça, et par conséquent on propose ça" ? Personne, sauf LFI.
Ces conférences de presse aux nouveaux médias sont donc l'espace politique trouvé par LFI pour pouvoir parler de fond, car cela s'inscrit dans la stratégie du parti : politiser, former idéologiquement, faire émerger une génération armée intellectuellement.
Mais si LFI est obligé de faire ça face aux nouveaux médias, c'est avant tout la faute des médias traditionnels, dont la priorité face à LFI est la diabolisation. Vous ne pouvez pas diaboliser en permanence un parti, et ensuite lui reprocher de s'adresser à d'autres.
Quant à nous, journalistes et grand public, on est nombreux à être critiques des médias traditionnels. Il y a peu d'espoir qu'ils changent. Ne perdons pas notre temps à leur donner de l'audience ou à travailler pour eux. Tournons nous vers les alternatives, elles existent.
Merci pour cet article, bien plus fouillé et intéressant que l'article pourtant siglé "enquête" de France Info sur le sujet. A sa lecture j'ai même cru comprendre que seuls.es les créateurs.ices de contenu étaient conviés.es. Ce qui m'a fait penser que finalement la critique aurait plus dû porter sur le fait d'appeler ça des conférences "de presse", plutôt que de simples conférences.