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Mediator, autopsie d'un silence mortel

"Le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France". C'est peu dire que l'information publiée dans Le Figaro du jeudi 14 octobre (lire cette chronique de Daniel Schneidermann) a frappé. Le Mediator, commercialisé par le groupe Servier depuis 1976, est un médicament réservé à l'origine à des diabétiques en surpoids. Mais son effet coupe-faim en a fait l'un des médicaments les plus prescrits à des patients souhaitant simplement maigrir. Véritable succès en France, le Mediator était une poule aux oeufs d'or : 88% des ventes mondiales ont été réalisées dans l'hexagone, 2 millions de patients en ont pris, 7 millions de boites étaient encore vendues en 2009 et remboursées par l'Assurance maladie à hauteur de 65%. Au total, ce médicament aura rapporté 1 milliard d'euros au groupe Servier.

Derniers commentaires

Bonjour,

À écouter une émission de France Inter Nous Autres consacrée au médiator : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/nousautres/index.php?id=103497
Bonjour Sébastien,

Pour complèter votre rectificatif:
"Certes, comme le maintient le député socialiste Gérard Bapt, rapporteur spécial de la mission santé de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, joint par @si, il ne s'agit pas à proprement parler d'un financement public " puisque ce sont des taxes prélevées au moment où les laboratoires déposent des dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour de nouveaux médicaments ou lors des renouvellements d'autorisation tous les cinq ans". En clair : plus le nombre de dossiers déposés par les labos est important, plus les rentrées financières pour l'AFSSAPS augmentent. Dans ces conditions, ce n'est pas à proprement parler un financement public, dont les lignes budgétaires seraient fixées par l'Etat. Voilà pourquoi la commission des affaires sociales (relayée par plusieurs rapports du Sénat en 2006 ou 2007) estime que "le mode de financement retenu n'est pas de nature à assurer l'indépendance de l'agence"."

A ceci s'ajoute l'effet pervers de l'Europe: la mise en concurrence des agences équivalentes à l'AFFSAPS des différents pays de la communauté.

Ca s'appelle la procédure de reconnaissance mutuelle. En gros, le labo choisit le pays où il fait sa demande d'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Il paie alors la commission qui l'examine et ,si il obtient son AMM, alors les autres pays européens doivent lui accorder aussi une AMM, sans réexaminer le dossier. Ainsi, si les agences veulent faire rentrer des sous, elles ont tout intérêt à être choisies par les labos, et donc à se montrer très conciliantes.
Cela peut expliquer que 95% des médicaments décrochent leurs AMM alors que pour la revue Prescrire, depuis 2005, 20% des médicaments qui sortent ont une balance bénéfice risque d’entrée défavorable.
Et pan sur mon bec ! Je me suis trompé, le rectificatif est ici.
Toutes mes excuses.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Bonjour,

L'information la plus importante de cet article est celle du financement et de l'indépendance de l'Afssaps.

Sur le financement, vous citez un texte du Sénat en l'attribuant à une Commission d'enquête. Faux, le texte cité (votre lien) est tiré de l'exposé des motifs d'une proposition de résolution visant à la création d'une commission d'enquête.
A-t-elle été créée ? Que dit le rapport ?

Lorsqu'on consulte les projets de loi de finances et les rapports afférents, on se rend compte que les plus de 80 % du budget issus des labos sont en faits des taxes imposées à ces labos (http://www.senat.fr/rap/a07-095-5/a07-095-512.html). Ca n'est pas tout à fait la même chose... le rapport législatif que je donne en lien affirme que l'indépendance n'est néanmoins pas garantie pour autant, mais n'explique pas en quoi.

Par contre, la collusion entre labos et experts de l'Afssaps est elle, fondamentale. Il demanderait une enquête à lui tout seul, que ce soit sur l'Afssaps ou l'Anses, ou d'autres agences du même acabit (y compris au niveau européen : EMEA, AESA avec les scandales récents ur les OGM). Contenus des DPI (Déclarations Publiques d'Intérêt), fidélité des ces DPI à la réalité, mode de nomination des experts, financement des travaux des experts (labos de recherches) par les industriels de la pharma.. etc...
A ma connaissance ce travail d'investigation n'a jamais été fait.

Votre exemple de l'échange de mail est emblématique et à lui seul un scandale (voire illégal ?)... il demande à être complété par d'autres recherches.
J'aimerais bien savoir pour quelle indication exacte l'AMM du Mediator a été délivrée (après celle citée pour les désordres lipidiques). Il est très probable (à vérifier) que cette indication concernait uniquement les diabétiques type 2 ("substitut du régime"). Il est bien connu depuis très longtemps que l'amaigrissement (par le régime, c'est le mieux) est le meilleur traitement de cette grave maladie. Si les médecins ont prescrit ce médicament pour simplement faire maigrir des gens "pour l'esthétique" ce sont eux qui sont en tort.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Le temps nécessaire au retrait d'un médicament potentiellement dangereux devrait être
inversement proportionnel aux dégâts qu'il provoque.
Il est en fait inversement proportionnel aux dommages et intérêts que le laboratoire est susceptible
de payer en cas de procès.
Ce qui explique le retrait rapide aux USA et très long en France.
Cette affaire ne m'étonne aucunement. J'ai en effet été pharmacien dans l'industrie pharmaceutique et ai quitté ce secteur car n'acceptant pas de tremper dans de quelconques magouilles. Exemple: j'ai démissionné de mon dernier poste car on me demandait de trouver un expert qui validerait une fausse étude, ensuite adressée à l'AFSSAPS (agence santé), qui établirait la bonne conservation du médicament X pendant 3 ans alors qu'il était instable au bout de 6 mois ! Je ne sais pas si le laboratoire a trouvé après moi le bon candidat qui accepterait cette tromperie...
ben oui c'est pas nouveau, on nous empoisonne pour faire du fric : industrie agro alimentaire, cosmétiques, produits pharmaceutiques, OGM, nucléaire, pesticides. Le député Bapt a alerté Bachelot par plusieurs courriers sur le médiator.
et quand les entreprises sont condamnées, elle payent moins que ce que ça leur a rapporté.
le groupe Servier a gagné 1 million d'euros il faut donc lui en faire payer au moins 10 et là ça serait dissuasif.

rappelons nous du film "le monde selon Monsanto" on y montre que Monsanto a empoisonné une ville entière et que l'amende est nettement mais alors très nettement inférieure aux profits réalisés

le 15 novembre 2005, Canal + diffuse un document intitulé "90 minutes: OGM, l'étude qui accuse".
2 ans plus tard, l'émission rebondit sur Internet, le film est présenté (à tort) comme ayant été interdit d'antenne et par mail et blogs interposés le lien passe de main en main sur la toile , en 1 semaine, 2 118 335 ont visionné le document qui révèle que sur les cobayes des lésions sont apparues aux reins, au foie et dans le sang. Le film met bien en évidence le fait que le secret industriel (donc les intérêts économiques) passe avant les questions de santé publique. En fin de reportage le présentateur montre et lit une note rédigée par le gouvernement français et demandant à l'union européenne de ne pas communiquer au sujet des OGM car cela "pourrait nuire à la position concurrentielle des entreprises qui fabriquent des OGM". On trouve la vidéo facilement mais pour le commentraire additionnel c'est uniquement ici : http://www.livevideo.com/video/BEC30EB5FF234A1297EF2F3B7D0CF2E8/les-ogm-sont-ils-dangereux-pour-la-sante-l-etude-qui-accuse.aspx

qu'importe on en trouvera toujours pour défendre le libéralisme, le marché libre, et la concurrence non faussée, et pourle placer au dessus de tout (droits de l'homme, santé publique, éducation etc)
A toutes fins utiles rappelons que le siège de ce laboratoire est à Neuilly et que Sarkozy a tenu personnellement à remettre la légion d'honneur à son président Jacques Servier.
Parlons également de l'Isoméride, une même molécule commercialisée sous un autre nom tout simplement.
Il y a des années que je ne prescrivais plus de mediator. La prescription de ce produit par des confreres endocrinologue était pour moi rédhibitoire pour ne plus avoir aucun contact avec ce type de médecin...
Nous avons eu de nombreux exemples dans un passé récent avec d'autres produits type coxib comme anti inflammatoire largement prescrit puis interdit.
Un autre produit vient d'être interdit dans le diabète ,"avandamet". Je n'avais aucun patient traité avec cette molécule largement préconisée par des endocrinologues qui n'hésitaient pas à me faire passer pour un généraliste ringard auprès de mes patients.

Alors serai je plus vigilant que certains de mes confrères spécialistes d'organes ou moins ouvert aux "nouveautés" ?
Disons que je reçois extrêmement rarement l'industrie pharmaceutique et suis abonné à la revue PRESCRIRE , seule revue médicale indépendante de l'hexagone...
Revue que nous promotionnons largement auprès de nos étudiants pour mettre en avant une lecture critique des articles publiés dans d'autres revues moins éthiques. Chaque nouvelle molécule y est disséquée et évaluée en fonction des études la concernant .
Il ne faut pas perdre de vue la puissance de l'industrie pharmaceutique qui voit d'un très mauvais œil l'évolution de l'enseignement de la médecine générale.Une médecine centrée avant tout sur le patient et très critique sur les données de la science.
L'industrie pharmaceutique reste une industrie très protégée par le financement "social" de spécialités avec des autorisations de mise sur le marché qui nous coutent fort cher....
Ce n'est pas une, mais des lignes jaunes qu'il faudrait pour en parler !!!!
Selon le député socialiste Gérard Bapt, joint par @si, l'AFSSAPS "n'aura plus aucune subvention de l'Etat en 2011".

Brrr...

n'étant plus soutenue financièrement par l'Etat (4,9 millions d'euros de subvention en 2003), l'AFSSAPS n'ose plus prendre de décisions contrariant un tant soit peu les intérêts immédiats des firmes (...) La préservation de la santé de l'industrie pharmaceutique semble ainsi passer avant celle des patients

Et ça vient du Sénat. Après, l'état pourra toujours dire qu'il n'était pas au courant.
Et chez les champions de la libéralité, comment est assuré le financement des organismes de contrôle de l'industrie du médicament ? SI j'en crois le site de la FDA, il est uniquement public aux USA. Même eux n'osent pas.

Bon, je vais me faire l'avocat du diable, mais il reste encore un point qui n'est pas clair pour moi concernant le financement de l'AFSSAPS: quelle est la modalité de ce financement sur fonds privés ? S'agit il d'une donation libre ? D'une cotisation obligatoire ? D'une taxe sur le chiffre d'affaire ?
Et je sais que @si est sur une ligne dure concernant la dépendance aux subventions, mais si l'AFSSAPS touche de l'argent de toutes les compagnies pharmaceutiques, est-ce que justement cette multiplicité des sources n'assure pas la pérennité de son financement, quand bien même une compagnie doive pâtir de décisions prises pour des raisons sanitaires (les autres compagnies se partageant alors le gâteau) ?



Autres points au hasard:
- Je ne suis pas très au faite du contrôle de la mise sur le marché des médicaments mais j'avais la notion que la décision se faisait à une échelle européenne, c'est à dire que le retrait dans un pays entraînait automatiquement le retrait dans tous les pays membres. Ai-je tout faux ?
- Stoppé net dans son élan, le livre d'Irène Frachon n'a pas non plus bénéficié du soutien de la presse médicale,
A notre connaissance, pas une seule ligne dans la publication la plus importante du secteur, Le Quotidien du médecin, ...
Et dans la presse internationale et scientifique ? Dans les revues à comité de lecture ? Bref, dans la presse importante, quoi. Une recherche "Benfluorex + heart" sur pubmed ne ramène que 13 articles, peu d'entre eux dans des journaux prestigieux ou à fort impact, à l'expection peut être d'un PLOS one. Tous ces articles sont assez récents (le premier article, en espagnol, date de 2003).
- Les médecins ont-ils une obligation de formation continue ? Lisent-ils des articles médicaux de la presse internationale, ou juste le reader's digest traduit en français que les labos leurs servent ?
- "Le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France" écrit la journaliste Anne Jouan. On comprend tout de suite l'enjeu : même la fourchette basse (500 morts) signifierait qu'il s'agit d'une catastrophe sanitaire. A titre de comparaison, l'affaire du sang contaminé avait fait environ 280 morts.
Je ne comprend pas bien en combien de temps il y aurait eu ces 500 à 1000 morts ? Combien de patients traités au benfluorex en comparaison du nombre de personnes transfusées ? Le benfluorex seul est il la cause des décès, ou est-ce l'association avec d'autres médicaments, une condition préexistante, etc... ? Mon propos n'est pas de remettre en cause les décès dus au mediator ni de diminuer l'importance du problème, mais ça me fait tiquer qu'on mette ça en parallèle du sang contaminé, pour lequel le problème n'est pas tant le nombre de personnes contaminées (seulement 280 ?), mais surtout le fait que du sang de mauvaise qualité ait été administré à des patients en toute connaissance de cause, alors que du sang correctement préparé ne devrait pas transmettre de saloperie. Là, je comprend de l'article qu'un médecin un peu averti devait être au courant que cette famille de molécules pouvait présenter un risque.
- Je comprend bien que dans l'affaire du médiator, le problème n'est pas tant que ce médicament provoque des accidents mais que ces accidents aient été minimisés pour conserver une autorisation de mise sur le marché. Par contre, à titre d'information, combien d'effets secondaires graves dus à la consommation d'aspirine par an ? Je n'ai pas trouvé l'info.
Merci pour cet article.
Excellent papier, comme d'habitude.
Déprimant au demeurant, mais guère étonnant...
Pour info : audition du directeur général de l'Afssaps, Jean Marimbert, auditionné lundi par la nouvelle commission de réflexion pour la prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique

http://www.conflits-interets.fr/auditions.html

(et pour rire, y a aussi une audition de Hirsch, le nouvel expert français en conflit d'intérêts)
Je cherche quelqu'un pour aller au cinéma avec moi pour voir Bassidji et manger de la fondue. Peut être Judith? Des gens qui ne se servent pas de mes lavages de cerveaux.
Incroyable, enfin pas tant que cela, que cette affaire reste inconnue du grand public.

Combien de médicaments inutiles voire dangereux sont-ils toujours remboursés par la sécu à l'heure actuelle ?

Je ne comprends pas non plus que l'Agence qui gère les médicaments soit ainsi privatisée dans l'indifférence générale. Ne voudrait-on pas ainsi subventionner indirectement l'industrie pharmaceutique, cela sous couvert bien sûr de santé publique.

Voila peut-être des pistes intéressantes pour équilibrer les comptes de la sécu, sans avoir à prendre dans la poche des cotisants.
J'avais entendu parler du livre de ce médecin à la radio. Probablement France Inter, il y a au moins quelques mois... peut-être à l'occasion de la sortie de son livre ? Je crois, sans en être sûre à 100%, que c'était dans Services Publics.

Par contre l'éventuelle collusion de Servier avec l'UMP n'était pas du tout mise en avant. Même sans cela, j'avais été scandalisée par l'affaire !
Est-ce que quelqu'un ( par exemple, au hasard, un journaliste) pourrait enquêter, puis trouver l'explication et nous dire pourquoi toute la mafia au pouvoir distribue la légion d'honneur à tous ceux qui trempent dans leurs grandes et petites affaires ?

Bettencourt, Karachi, Servier : y'a toujours un lien entre financements pas clairs et légion d'honneur. Je ne comprends pas ce lien.

Me suis dit que peut-être la légion d'honneur permettait de recevoir une somme importante d'argent, mais ce n'est même pas le cas apparemment ( bon, j'avoue, ma source unique c'est wikipedia, on a vu mieux, mais j'ai pas le temps !)

Ces gens qui financent illégalement des partis politique, ils ont sentiment républicain si fort ? La légion d'honneur leur procure une fierté morale intense, vraiment ? J'ai du mal à croire que la morale soit le moteur de leurs actions ( allez savoir pourquoi ...)

Qu'est-ce qu'on reçoit, qu'est-ce qu'on gagne en même temps que la légion d'honneur ?

Si quelqu'un a la réponse, ça m'intéresse beaucoup, parce que depuis quelques mois, des tas d'articles mentionnent que tel comptable, tel directeur de labo a reçu la légion d'honneur de la part de tel ministre, impliqué dans un même scandale que le décoré ... il doit bien y avoir une raison !
On a moins le fisc sur le dos quand on a la légion d'honneur ?
On siège dans une instance obscure de décision, quand on a la légion d'honneur ?
@akfak

Les verbes employés pronominalement se conjuguent avec l'auxiliaire être mais doivent être traités comme s'ils étaient conjugués avec l'auxiliaire avoir : c'est donc bien "se sont envoyé" qu'il fallait écrire
je propose le Docteur Iréne Frachon pour la légion d honneur , est ce qu 'elle le mérite pour ce travail de santé publique ? surement moins
que les invités du Fouquet ..... faites passer à Machin
Bravo pour l'article. Je vote... Juste la fin... Je me demandais pourquoi le petit Chatel avait cette tronche. J'ai compris. C'est un visiteur médical pas très à l'aise dans son costard de semaine. Et compte tenu de son immense culture, pas étonnant qu'il souhaite supprimer le grec et le latin... des fois qu'on comprenne mieux ce que le loup servier fourgue dans ses capsules. Sacrés apothicaires, quand même !
moi qui en ai pris durant de longues années, je me demande si je ne suis pas un malade en sursis

je comprends mieux maintenant pourquoi un nouveau medecin, n'a plus renouvellé mon ordonnance et ce sans explication de sa part

je comprends mieux aussi certains electro- cardiogrames


je me demande de nos jours en qui ou quoi on peut encore faire confiance

combien ont touches les politiques, les docs,, le silence nous tue............. merci à ce docteur obstiné
Voté d'utilité publique.
J'ai voté pour cet article. Je m'étonne toutefois qu'@SI ne l'ait pas directement mis en accès public. Ce serait excellent pour l'image d'@SI, sans même parler que c'est à mon avis un article d'utilité publique...
Bonjour,

Sous l'angle de la forme :

1) "En attendant, il fallu changer le sous-titre."
Ici, le verbe falloir est utilisé au passé simple et non au participe passé, c'est pourquoi, dans cette phrase, "fallu" doit avoir pour terminaison "t".

2) "Elément troublant, par exemple : quand les membres de l'AFSSAPS se sont envoyé des mails pour réfléchir à une contre-attaque au livre de Frachon... des employés de Servier figuraient parmi les destinataires (@si a pu consulter ces mails)."
Le participe passé "envoyé" doit avoir pour terminaison "s" car, s'accorde en genre et en nombre avec le sujet "les membres de l'AFSSAPS", quand il a pour auxiliaire le verbe "être".

Alors, quand, au départ, j'entendais dire que les étudiants devraient prendre des cours de langue française niveau primaire car ils possèderaient des lacunes en grammaire, j'étais plutôt perplexe. Mais désormais, à l'arrivée, aux constats, m'ayant laissé convaincre de cette nécessité, j'irais plus loin : Les journalistes, eux aussi, devraient prendre des cours de grammaire niveau CE2.

Bon dimanche.
Bien à vous.

PS : Sinon, le contenu et le fond de l'article sont précis, précieux, rigoureux et donc intéressants comme souvent...
C'est clair mais j'ai relu pour comprendre l'histoire de savoir si il y avait une nouvelle étude de la cnam ou pas. J'ai compris qu'une nouvelle étude aurait été rapide à faire tout comme la première, donc pourquoi pas, est-ce que j'ai bon?

("entre outre" : une nouvelle expression est née.)
Bravo pour cet article Sébastien Rochat, toujours aussi bien fait, clair et tout.

Le nom de ce médicament est vraiment intéressant: Médias-tor...

Sur Servier, j'ai aperçu ceci, concernant la commission européenne qui aurait trouver des poux dans la tête à Servier lors d'une enquête sur la concurrence dans le secteur pharmaceutique. Est-ce que @SI pourrait avoir un peu plus de détails là dessus ?
On dirait que d'un seul coup tout le monde se met à "taper" sur Servier (dont Le Figaro, quand même étrange...), ou, dit moins ironiquement, on dirait que Servier est en train de se faire lâcher par ses "soutiens" (à talonnettes ?). Le placard à pharmacie commence-t-il à être trop plein de cadavres ?
bravo pour ce remarquable article complet courageux sans langue de bois , je me sens tés fier d être abonné à ASI pour ce genre d enquête parce que malheureusement cette enquête n'a pas été faite , ni par la grande presse ( silence complet sur ce bouquin et sur cette véritable catastrophe sanitaire ) ni bien sur par la presse médicale ( elle est pratiquement gratuite pour les médecins et avec les visiteurs médicaux la pratiquement seule source d information et de formation du cours médical )
Maintenant retraité j ai travaillé pendant de longues années dans l industrie pharmaceutique et ce dossier ne révèle qu un tout petit coté de ce monde opaque et organisé avec comme victimes beaucoup de malades...... qui font confiance.
Pour comprendre le pouvoir de ce laboratoire en France une vaste enquête serait nécessaire , depuis les méthodes de recrutement passant par des officines menant de véritable enquête sur la personnalité des postulants , leur entourage et leur lecture ( si votre concierge confirme que vous étes abonné à Marianne aucune chance .... ) jusqu'à' la mise sous tutelle des médecins importants notamment dans le domaine de la Diabétologie .....
Tiens donc! Mon commentaire a disparu. Il est vrai que si j'y disais qu'il n'était nullement mon intention de défendre quelque labo que ce soit, j'indiquais aussi ma grande satisfaction à le prise de ce médicament. Il est vrai aussi que j'ajoutais "prise raisonnable".

Commentaire disparu : ASI deviendrait Rue 89????

Correction : en regardant la date, j'avoue mon erreur. Ce devait être sur un autre article,...ou un autre site.
Et vous concluez de l'absence d'effets secondaires sur vous qu'il n'y a jamais d'effets secondaires.
Il suffirait donc de trouver un fumeur centenaire pour dire que le tabac n'est pas nocif ou même,
qu'il est bénéfique?
Il est écrit dans l'article que, en France, 2 millions de personnes en ont pris, et que mille au maximum en seraient morts.
Au fond, vous avez raison, le risque serait au pire de 0.05%. Pas de quoi s'inquiéter.
Les familles des 1000 personnes en question seront certainement contentes d'apprendre que les statistiques sont aussi rassurantes.
Je précise que je ne défend en rien ce labo pourri, ni ce médicament utilisé massivement dans une indication inappropriée en terme de rapport risque/bénéfice, mais :

- je vous rappelle que l'emploi du conditionnel (... serait responsable de...) a une signification, ça veut dire que les choses sont un peu plus complexe que vous le percevez.

- la fourchette énorme (du simple au double, entre 500 et 1000) utilisée pour chiffrer le nombre de décès qui seraient imputable à ce médicament a aussi son importance, ça veut dire que pour la moitié des cas un doute existe quant à la responsabilité du produit.

- ces décès s'étalent sur 30 années et pour la prise de plus de 100 millions de boîtes (7 millions en 2009, imaginez pendant 33 ans), il s'agit donc bien d'un risque rare. Il est probable que si ce traitement avait été utilisé à bon escient, soit pour des durées plus limitées et sa stricte indication (obésité chez le diabétique) le résultat en terme de morbidité aurait été tout autre et n'aurait peut-être même pas donné lieu à polémique.

- pendant cette même période en France, environ 200 000 personnes sont mortes d'accident de la route, plus de 3 millions seraient attribués à l'alcoolisme, 1,5 million au tabagisme, plus de 600 000 d'accidents domestiques (surtout des enfants)...

- en gros ce risque est comparable au risque de mourir d'une piqûre de guêpe.

Alors bien sûr ce n'est pas une consolation pour les familles des personnes touchées mais pour les autres ça devrait relativiser...

Surtout que, sans pour autant minimiser les responsabilités des laboratoires pharmaceutiques, pas plus moraux que n'importe quelle grosse entreprise multinationale capitaliste, la responsabilité des médecins prescripteurs d'une part et des cons ommateurs, gros demandeurs de produits amaigrissants d'autres parts n'est pas négligeable.
Plusieurs remarques au sujet de vos objections
- si l article emploie le conditionnel c est justement que aucune étude n' a éte publié mais ce que l'on sait de manière sure c'est que le risque d hypertension pulmonaire et de lésions des valves cardiaques est toujours lié dans les études scientifiques documentées à la prise d anorégixéne de cette famille de médicament ( voir le retrait aux USA et en Europe de l Isoméride )

- le docteur Frachon qui a porté le dossier auprès de l'agence est un pneumologue et elle n'a pu collecter des données que sur les dernières années d'utilisation du médicament soit à peu près 5 ans ..... n'ayant bien sur aucun accès aux dossiers des utilisateurs des autres années

- les médecins prescripteurs de ce produit ont respecté à la lettre les indications proposées par le fabricant et validées par l agence du médicament soit " proposé comme adjuvant au régime chez le diabétique .... " sans aucune restriction de durée ni même aucune contre indications ( théme favori des visiteurs médicaux de ce laboratoire )

- quant à votre comparaison des risques elle est étonnante ( la vie est mortelle serait plus court ) songez malgré tout aux malades et aux familles victimes de ce qui est un médicament ( donc fait pour soigner ) et demander donc à l' agence du médicament de faire figurer en clair sur les boites " ce médicament tue " comme sur les paquets de cigarette

- enfin puisque nous sommes dans le morbide , le scandale du sang contaminé = 350 morts , le scandale de l hormone de croissance = 200 morts alors a t on le droit d avoir des enquêtés et des études selon une hiérarchie des morts ????
J'ai moi aussi travaillé de nombreuses années dans l'industrie pharmaceutique et j'en ai très bien connu les coulisses, déontologie élastique, corruption, pratiques commerciales douteuses. Comme je l'ai dit pour simplifier, ce secteur ne fait pas exception aux règles qui régissent le capitalisme, c'est juste que le public en a une mauvaise perception.

Oui cette industrie est coupable à plus d'un titre, oui je suis bien d'accord qu'il faut enquêter, dévoiler et condamner les dérives du système. Ce n'était pas l'objet de mon post.

- l'emploi du conditionnel indique que dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, la prudence est la règle et les certitudes relativement limitées. Attention, je ne suis pas en train de dire que ces effets secondaires ne sont pas avérés ni graves, j'ai juste souhaité relativiser.

- les médecins prescripteurs de ce produit ont respecté à la lettre les indications proposées par le fabricant et validées par l agence du médicament

Honnêtement, n'étant plus dans le circuit depuis longtemps, je ne serai pas catégorique sur ce point, mais mon expérience (j'ai encore bien à l'esprit l'exemple de l'isoméride) me laisse à penser que ce n'était pas le cas.

Tout d'abord, il y a une distinction importante à faire entre :
- ce qui est validé par l'agence,
- ce qui est proposé aux médecins officiellement par le labo,
- ce qui est délivré aux médecins et/ou pharmaciens par le réseau commercial.

De plus cela n'exonère pas les médecins de leur responsabilité en tant que prescripteur du médicament, il est censé être capable d'apprécier la communication scientifique et commerciale du labo avec un recul suffisant, lui permettant de prescrire ou pas le produit de façon adéquate. L'Isoméride a été retiré du marché en 1997 après plusieurs années de tergiversations, ce type de risque est connu depuis longtemps.

L’agence du médicament rappelle “que les anorexigènes ont été retirés du marché en septembre 1997 en raison d’un risque pulmonaire et cardiaque avéré, en particulier pour des durées d’utilisation supérieures à 3 mois. Le risque d’HTAP avait été évoqué par une enquête française de pharmacovigilance et confirmé par l’étude IPPHS (International Primary Pulmonary Hypertension Study, New England Journal of Medecine).

A l'origine le médiator a été mis sur le marché comme hypolipémiant (pour réduire cholestérol et/ou triglycérides), marché sur lequel il n'a pas pu s'imposer et n'a pas pu se maintenir lorsque de nouvelles molécules dont le leader a été amené par le plus gros labo américain de l'époque (milieu des années 80). Il s'est recentré sur une deuxième indication : Adjuvant du régime adapté chez les diabétiques avec surcharge pondérale avec la mention proposé et non pas indiqué (ce qui n'est pas la même chose, les médecins le savent).
Voilà ce que dit Servier officiellement dans un communiqué de presse :

Le Mediator ® est un médicament utilisé dans la prise en charge du diabète de type 2...
Médiator n'a jamais eu d'indication comme anorexigène.


Pourtant, il est évident que ce produit a été beaucoup prescrit comme tel et pas qu'à des diabétiques, d'où ma remarque sur la responsabilité des médecins et des "clients", une illustration assez probante sur ce forum médical
[quote=Ce qu'en disait en 2003, le médecin administrateur du forum, le Dr Dominique Dupagne] : C'est un médicament assez étrange, essentiellement coupe-faim par action proche de celle des amphétamines. Il a échappé à la charrette de retraits du marché concernant ses cousines.

Son positionnement est subtil, uniquement dans le cadre du diabète et de l'excès de triglycérides.
En fait, il est largement utilisé comme coupe-faim, en dehors de ses indications officielles. Comme les amphétamines, il est excitant et peu provoquer un excès de nervosité.

Tout accident survenant dans cette situation non prévue par la loi engage donc la responsabilité du prescripteur.

Je ne serais pas surpris en effet qu'il soit retiré du marché à court ou moyen terme.


Vous trouvez ma comparaison des risques étonnante, c'est justement cette notion de risque perçu généralement par le public et qui ressort des posts ci-dessus qui m'ont fait réagir. Ce qui m'étonne, moi, c'est que malgré votre expérience professionnelle vous ne compreniez pas le sens de mon message.

Lorsqu'on parle de risque dans ce domaine, comme en ce qui concerne des effets positifs, il s'agit de risques statistiques, tout acte médical ou pas qui influence l'intégrité d'un individu comporte un risque y compris les actes d'ingestion d'aliments tout naturels soient-ils ou tout acte de déplacement à pied, à vélo ou en voiture.
Vous faites bien de le rappeler (en me prenant pour un con) la vie est belle et bien dangereuse et même mortelle dans 100% des cas (sauf 1 cas parait-il, mais on n'a pas d'autre exemple depuis 2000 ans).

Ce que l'on doit avoir à l'esprit, c'est que la prise d'un médicament doit se justifier par un bon rapport risque/bienfait, si votre vie en dépend un risque important d'effet indésirable ou même mortel peut être envisagé. Ce n'est bien sûr pas le cas, si le but n'est que de perdre 2 kilos quelques semaines avant la plage. Tout l'art et l'énorme difficulté de l'ensemble labo/médecin est d'apprécier ce rapport.

Par contre, le diabète tue, l'obésité aussi et de façon statistiquement beaucoup plus élevée que les médicaments proposés dans ces indications. Pour être parfaitement objectif, il faudrait savoir, parmi les 2 millions de patients, combien seraient morts de leur affection en l'absence de tout traitement.

Je ne suis pas convaincu de l'utilité d'imprimer sur les paquets de cigarettes que "Fumer tue" mais ça ne me dérange pas ( je ne fume plus depuis 10 ans, mais depuis 1969, date à laquelle j'ai commencé à fumer, je le savais).
En ce qui concerne les médicaments ça n'est pas aussi clair, mais la liste des effets secondaires, souvent graves, est toujours présentes sur la notice.
Ce que je déplore, c'est que ne soient pas indiqués une notion des fréquences de survenue de ces effets indésirables et que la plupart des gens ne soient pas suffisamment armés pour bien appréhender ces informations et en faire un bon usage.

Le débat sur les comparaisons de risques reste ouvert, mais j'espère avoir été assez clair pour qu'on m'épargne des attaques inappropriées et injustes qui m'enverraient direct dans le camp des méchants-empoisonneurs-de-l'industrie-pharmaceutique.
Surtout que je considère les labos Servier comme parmi ce qu'on peut trouver de pire dans ce domaine.
Juste une remarque pour que les choses soient claires

Toute la communication de ce laboratoire pour ce médicament dans les notices officielles , dans les revues , dans les congrès médicaux etc a toujours été faite sur l' absence absolu de risques , consultez la notice Vidal et vous verrez que c'est un des rares médicaments a n'avoir pratiquement aucune contre indication....

Ce médicament n' a jamais été présenté ni positionné comme anorexigéne , ni comme faisant perdre du poids , amsi bien dans le diabéte , preconisé même par les leaders français en diabétologie.

Puisque vous semblez de la partie médicale ( ou l avoir été comme moi ) lisez le remarquable ouvrage d I Frachon et vous comprendrez comment elle a eu des difficultés à démontrer que ce produit était bien un dérivé chimique du fameux Isoméride , qui n était lui même que la molécule isomére du Pondéral Retard retiré du marché 10 ans plus tot , la est aussi un grand scandale d avoir pour cacher tant de choses pendant tant d années .

Faire porter la responsabilité sur les médecins c'est un peu oublier la manière dont ils sont formés et informés , quant aux malades ils sont la plupart du temps dans une relation de confiance absolue

Quant à la notion de bénéfice risque comment l'évaluer a priori , il n'a fallu que 20 ans pour arriver à cette conclusion , le fait de proposer un médicament ayant son AMM sans contre indications ni effets secondaires , face à cette vague de complications et de mortalité dont nous ne connaitrons jamais le nombre exact

Ce que je pense sur les Servier est identique à vous , simplement nous réagissons à l 'opposé à propos d un article complet et à ma connaissance le seul de la presse , proposé ici , et comme S Rochat s 'étonnait du peu de réactions suscitées par le dit article , je pense que vous allez pouvoir abonder dans ce sens en disant , dormez tout est tranquille , passez il y a rien à voir et retournons à nos petits soucis , le tabac et l'alcool tue , allez n'en faisons pas un drame , dormez brave gens
Merci à vous deux pour ces informations.
Bon il se fait tard, c'est l'heure de prendre mon petit extrait thyroïdien quotidien, sans oublier demain de prendre mon diurétique habituel. Je pense que ça complète avantageusement mon alimentation régulière et exclusive à base de coupe faims amphétaminiques.

Si avec ça je ne pète pas le feu. D'ailleurs c'est bien simple, je ne peux plus m'en passer. Si ça ce n'est pas la preuve que je me porte bien.
super humour fan de canard on voit que vous connaissez la recette des " cocktails " puissants délivrés par les obésologues et autres droguologues ( ou pharmacie ) mais attention que ces recettes ne tombent pas dans de mauvaises mains
Grand article, qui devrait faire l'effet d'une bombe.
Ah mais non, on n'y parle pas de foot ni de mineurs Chiliens. Suis-je bête.
Et vous ne risquez pas d'être repris par les médias à forte audience, donc...
... une raison supplémentaire de continuer à pratiquer ce journalisme de haute volée, Sébastien.
Thanx a lot.
Voyez vous S. Grochat le "Médiator" est aussi un petit objet triangulaire
qui sert à jouer de la guitare (oui bon ca va elle est facile celle là) !!
Merci pour votre coup de griffe efficace à ce sujet !!
Bravo pour votre réactivité, voilà un article vraiment très bien structuré et intéressant. En revanche, les méthodes de recrutement très particulières du groupe et ses affinités idéologiques avec l'extrême-droite, qui semblaient établies (voir article du Nouvel Observateur cité dans le forum précédent) ne sont pas évoquées... Certes, les liens avec certains politiciens, que vous pointez, paraissent plus déterminants dans l'affaire du Mediator, mais il y a là une anomalie qu'il serait bon de creuser. Ce sera sans doute pour une prochaine fois, lors de la révélation d'une nouvelle catastrophe sanitaire...
Tout ceux qui ont en ont pincé pour le médiator s'y sont pris comme des manches : pas étonnant qu'ils viennent maintenant toucher la corde sensible de la nostalgie pour mettre tout le monde d'accord.
CQFD!

et mes parents qui se shoutaient au Locabiotal...
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