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Commentaires

Maudit Pivot !

Il y a des phrases, tôt le matin, qui font mal.

Derniers commentaires

Trop jeune @sinaute, sans doute, pour avoir connu Pivot à la télé, j'ai téléchargé il y a quelque temps une ou deux de ses émissions sur le site de l'INA.
En regardant l'émission, le décor sobre, les invités à qui on laissait le temps de développer leur pensée, l'animateur qui pose les questions pour amener la discussion vers le haut sans perdre au passage son public, j'ai eu l'impression de voir une émission d'@si. De la génération précédente certes, mais clairement de la même famille :)
Daniel, c'est vrai qu'Edwy vous sert de faire valoir? Pareil pour Pierre alors? Vous êtes un homme libre vous. Qu'ont ils à cacher? Pourquoi ont ils besoin de monter la population autour de cette histoire?

Ils en ont même besoin pour se construire des scènes de cinéma?
Puisqu'il faut insister, le propos de Cavanna était de dire que l'important était de vivre ou survivre, même en se couchant... ce à quoi le dissident lui disait que tant qu'à faire de mourir, mieux vaut mourir DEBOUT, en se battant. Evidemment, de nos jours, on peut préférer Hessel à Jean Clair (dont je recommande à ceux qui l'aime et à Judith - tiens on va voir - son petit dernier : "Dialogue avec les morts"). Vouélà vouélà.
Ce qui me ferait rigoler ça serait de retrouver ce qu'il disait de l'invention d'ARTE... hi hi hi. Il parlait, Pivot, comme Jacques Martin : Arte, c'était faire entrer "les boches" à la télévision française - Jérôme Clément le rappelait l'autre jour. Ce que j'aimerais aussi c'est revoir l'émission où Jean Daniel, Jean Lacouture et quelques autres "degôche" s'en prenaient à Soljénitsyne qui leur disait que les Viets rouges vainqueurs ne feraient pas autre chose que d'ouvrir des "camps de rééducation". Et puis, il faudrait retrouver cette émission où Cavana, ce collabo des brejneviens, insultait mon vieux copain Lescure/Murat, colonel FTP et compagnon de la Libération. Et puis cette autre où, lui le STO soumis, s'en prenait aux dissidents soviétiques (Adler aussi alors). Oui oui, c'était ça le bon temps d'autrefois. Allez, ne mangez pas trop de chocolat, vous allez faire monter les prix.
Ce qui est drôle, dans l'histoire, c'est qu'il se trouvait à l'époque un certain nombre d'intellectuels qui jugeaient l'émission de Pivot trop "spectacle", autrement dit un tantinet racoleuse !! On doit pouvoir retrouver quelques articles. On croit rêver, mais le monde change !
http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/eric-zemmour-a-droite-en-sortant-du-studio_985691.html

"ami avec zemmour": c'est quoi leur source?
Ah ! Italiques… Puis les débuts du timide critique du Figaro Littéraire, Bernard Pivot, avec “Ouvrez les guillemets” (je ne les ai pas oubliés, vous avez vu… à l'anglaise, ouvrant et fermant, mode d'emploi sur demande…)

Quel honnête homme, ce Pivot, qui lisait les livres, comme un fou, sans modération, qui les aimait avec passion… Puis qui s'effaçait avec élégance derrière l'auteur, ne posant que de brèves et pertinentes questions

C’était une tout autre télévision…

Souvenons-nous du temps ou Gainsbourg (populiste ?) n'hésitait pas à braver la loi et l'opinion en montrant “en vrai” combien il était racketté La télévision était plus enthousiasmante en ces temps, incontestablement !

Quand on pense qu'il y a eu Pierre Dac sur Radio Londres (Les Français parlent aux Français), extrait de Wikipédia :

Lorsque, le 10 mai 1944, Philippe Henriot, sur Radio Paris, s'en prend à Pierre Dac en notant ses origines Juives et mettant en doute son intérêt pour la France par un : « La France, qu'est-ce que cela peut bien signifier pour lui ? », l'humoriste lui répond le lendemain sur Radio-Londres dans un discours lapidaire baptisé « Bagatelle sur un tombeau », et dans lequel il déclare que son frère Marcel, décédé au front lors de la Première Guerre mondiale, a bien sur sa tombe l'inscription « Mort pour la France », alors que sur celle de Philippe Henriot on écrirait « Mort pour Hitler, fusillé par les Français ». Cette réponse est prémonitoire et Henriot est abattu par la résistance quarante-cinq jours plus tard.
Jacques Chancel sur Inter (Radioscopie) et sur la deuxième chaîne de l'ORTF (Le Grand Échiquier)

Pierre Desproges sur Inter…

En 87 c'est Chirac qui était à Matignon, et Mitterrand à l’Elysée. Il semble bien que ce soit le grand sifflet qui a été assez abruti pour vendre la première chaîne !

Revenons à la littérature,

Dumayet, Desgraupes, Max-Pol Fouchet, puis Michel Polac… Quelle classe quel niveau !

Le très regretté Bernard Rapp et sa très british, comme son nom l'indique, “assiette anglaise”, c'était assez bien et même pas mal du tout.

PPDA le truqueur aux implants qui ne prend ni la peine d'écrire les livres qu'il signe, ni même celle de les lire : beurk !

Giesbert, non merci dans l'ensemble d'autant que ses propres livres sont nuls.

Field : au secours, même si quelques “Cercles de Minuit” furent intéressants, la difficulté à s'extraire du gauchisme primaire reste un obstacle insurmontable pour une vraie compréhension des lettres…

Giesbert peut retourner aux Etats-Unis, personne ne le regrettera ici, en tout cas pas moi !

Frédéric Ferney, c'est bien mais un peu court… Un léger manque de souffle.

François Busnel, idem ou à peu près, pas mal malgré tout à l’écrit…

Durand : inégal, un brin prétentieux quand même !

… Il reste la meilleure d'aujourd'hui : Judith Bernard, la star d'@si, la madone des @sinautes, l'avenir de l'émission littéraire télévisée.

Ce qui me conduit à me souvenir qu'il y a un bon moment qu'elle n'a pas enregistré (depuis le 5 janvier, en fait)

Je rêve Judith ! Même si je sais qu’il est prévu de lier les émissions avec je ne sais quelle actualité... Idée qui ne me semble guère pertinente, nous en avons déjà parlé, d’ailleurs et de vive voix.

La littérature ne peut dépendre de l’actualité, et même la parution de tel ou tel livre n’est pas nécessairement le seul prétexte envisageable pour faire une émission.

Lors de la conversation évoquée plus haut j’avais suggéré une émission sur Proust, avec Nathalie Mauriac comme invitée (et d’autres passionnés de Proust), Nathalie travaille au CNRS sur Proust, elle a retrouvé dans les greniers familiaux de nombreux textes de Marcel. Elle est la fille de Claude Mauriac (fils de François) et de Marie-Claude Mante, petite-nièce de Marcel Proust…

Mais j’ai plein d’autres idées : Céline avec Frédéric Vitoux, un autre de mes copains d’enfance (tout ça, Nathalie et Frédéric c’est l’île Saint-Louis), Michel Tournier… Avec lui-même (un maître immense de la réécriture des mythes, accessoirement photographe passionné autant qu’Ingres le fût du violon) André Pieyre de Mandiargues, maître de la langue précieuse et raffinée, de l’étrange, de l’érotisme cruel et de la vitesse – ceux qui ont lu “La Motocyclette” comprendront (avec moi et un ou deux autres agrégés en Mandiargologie)…

Pour sortir des frontières : Hemingway, et là l’occasion est idéale, la tauromachie vient d’être classée au patrimoine immatériel de l’humanité… On pourrait relire “Mort dans l’Après-Midi” (Death in the Afternoon) du grand Ernest, mythique libérateur du bar du Ritz. Ou Borgès, l’aveugle génial.

Pour entrer plus encore dans mes propres passions qui ont, comme toutes les passions, vocation à l’universel un rendez-vous avec Duong Thu Huong ici une belle photo et une petite idée de la dame… Quelques titres de ses livres : Itinéraire d'enfance (1985) Histoire d'amour racontée avant l'aube (1986) Au-delà des illusions (1987) Les paradis aveugles (1988) Roman sans titre (1991), (rééd. 2010) Myosotis (1996) Terre des oublis (2005) Au Zénith (2009)

Et puis que sais-je, dans le plus total désordre temporel et géographique, Rabelais, Cervantès, Paul Eluard… Et tant d’autre qui ont écrit des merveilles des textes magnifiques qui, aujourd’hui encore, nous transportent si loin de nous-mêmes dans des univers dont nous n’avions pas idée…

Judith ! Tu m’entends toujours ? Je sais que tu manques de temps et je sais même pourquoi, mais tu peux le faire. Et puis Pivot attend toujours quelqu’un(e) pour prendre la suite avec la passion, l’humilité et la capacité à donner envie de lire.

Et pour ça il n’y a que toi. Voilà, c’est dit. Pardon pour le vaste fourre-tout qui précède, il aurait fallu beaucoup plus de temps pour mettre de l’ordre et 1.200 pages pour n’oublier personne, j’ai renoncé devant l’ampleur de la tâche. Mais on peut en reparler…

Tiens, au fait, j’ai créé 10 grilles de mots croisés (20x20) sur la littérature, chacune consacrée à un auteur qu’il faut d’abord trouver : je peux les vendre à @si (puisqu’aujourd’hui tout se vend), en version imprimable, avec un concours à celui ou à celle qui compléterait la grille en premier (scanner à l’appui). Je serai capable de produire une nouvelle grille tous les quinze jours par exemple et nous pourrions peut-être retrouver l’esprit d’émulation qui anima, autrefois, le forum d’Arrêt sur Images version télévision, avec son grand jeu d’été sous forme de cadavre exquis (qui supposait l’inclusion de photos impossible dans la version actuelle du forum)

C’est une bouteille à la mer, l’ouvrira qui veut… Judith ou Daniel peut-être !
Belle contribution de DS et immense merci à Bernard Pivot pour avoir fait de mes (nos?) vendredi soir un soir de fête pendant tant d'années.

Plus que l'émission littéraire de François Busnel, je vois plutôt dans le bien corsé "Café Picouly" le continuateur de l'esprit Pivot, même si on n'y
parle pas que de livres et d'auteurs.

Pour ceux qui osent (;-)) critiquer les (trop?) nombreuses apparitions de Jean d'Ormesson: eh bien, à chaque fois,
recueillir son babil un peu précieux et un bout de sa grande culture était, pour moi du moins, un grand moment, brillant et enrichissant.

Et personne n'était dupe de son numéro de charme un peu snob, avec un goût d'autrefois, d'un passé où la culture était encore reine,
ou le mot prévalait sur le chiffre, et qui sombrera définitivement avec lui: ni le dévoreur d'images, ni Bernard Pivot,
ni bien sûr Jean d'Ormesson lui-même
Pourquoi utilisez-vous comme un compliment à propos de Pivot, la "morale". La morale est judéo-chrétienne, ou pour le moins religieuse ! Les choix de Pivot étaient tout le contraire, justes & raisonnés !
Ce n'était surtout pas moral ! La télévision voulue par le Figaro se veut morale !!!!
Pivot avait conscience du service public... C'est peut-être en cela que la renationalisation de TF1 se justifierait pleinement ! Car cette TV est une délégation d'un service public qu'elle ne remplit plus !
Sur MON BLOG
Merci pour votre édito et merci à Bernard Pivot pour ce qu'il a amené à la télévision. Rien a ajouter.

Je m'empresse de le diffuser a des amis et leur propose par la meme occasion de s'abonner à @si.
Une remarque, je crois que l'illustration de l'article est une affiche de jean Michel Folon qui avait été faite pour Amnesty International
elle rappelle bien sur le générique d' "Italiques", avec son bonhomme qui marche entouré de livres qui volent. Et inévitablement on pense au générique de début et fin des émissions d'Antenne 2 de la grande époque. Souvenirs souvenirs...
le coma télévisuel est irréversible et c'est peut être pas plus mal!!
dans un avenir tout proche les alternatives pleuvent déjà

l'image fera place à d'autres formats il faut subvertir comme vous l'avez fait avec arrêt sur image tous les supports pour que les people se perdent dans la foule!!!
Dommage que Bernard Pivot ne soit pas devenu un homme de pouvoir à la télé, pour faire perdurer les pratiques dont il a pu bénéficier.

Je me souviens, dans la télé d'avant, il y avait aussi "Pégase" de Bernard Chabert qui est aussi parti sur le net faire un site, avant asi, en 2003, un genre de truc modèle économique et tout, unique aussi. J'ai peur de l'avion, je déteste la sensation, le bruit, la mort violente avec temps de latence de lucidité trop court ou trop long pour en faire quelque chose, mais j'aimais regarder Pégase, complètement aliénée pour essayer de ne pas la rater.
Vous oubliez l'actuelle excellente émission "La grande librairie" sur France 5 à 20h35, les jeudis, présentée par Fransois Busnel.
MOW
"J'en témoigne", qu'il dit, le capitaine.

Et l'INA aussi.

C'est vrai que ça ne nous rajeunit pas, tout ça, même si à cette époque j''étais plus préoccupé par ma collection de billes que par le splendide costume de Daniel chez Pivot.

Ahhhh, les années 80 !
A Laszlo.
Pardon, un oubli : je signe sous mon nom. La littérature à pseudonyme et les faux-nez, c'est pas mon truc. Pardon.
A Laszlo.

Ce bon monsieur Pivot qui faisait juste ce qu'il aimait faire...touchant et par avance généreux...mais il suffit de cercles privés autour de soi pour ça, s'en complaire, des copains autour de soi pour le reconnaître. Ou, à l'inverse, le choix des amplificateurs, des plus gros et des plus influents. Pivot, oui, c'est une certaine supposée LITTERATURE qui se répand à la télé, les bouquins à l'écran et la grande écoute. Plus belle la vie des "livres". L'énorme écoute La tendresse-larme-aux-yeux qui suit la chronique de ce matin le dit d'abondance. Pas touche au bon héros. C'est l'écran qui dicte sa loi, "présentateurs" et "directeurs de programmes" associés. On dirait même complices, pour peu. Vous, Laszo, bien qu'intervenant dans un blog pour élargir votre audience, ne parvenez pas encore ou ne le souhaitez pas le faire 1h1/2 durant tous les vendredi soir, des décennies durant, sur la chaîne d'Etat. L'exigence à l'égard de Pivot ? Oui, bien entendu, exigence extrême, nécessité extrême de ne jamais laisser dévoyer la matière dont est composé son propos, surtout peut-être s'agissant de la pensée des auteurs respectables d'un pays qui se dit de culture.
La méchanceté ? Et ne pas avoir concurrencé Pivot sur son terrain. Méchant, sûrement. Je vous le laisse. Mais pourquoi croire à une alternative qui serait la reproduction de la même chose, sous le faux-nez d'un autre nom ? La télé vous l'offre. Tous les jours. Et les bouquins médiocres paraissent à n'en plus finir.
Mais votre réaction offre une bien jolie question : pourquoi ne nous a-t-on pas proposé mieux ? "Mieux" n'est pas vendeur. "Mieux" n'est pas "accessible". "Mieux" ne laisse pas de parcelles de cerveau disponibles. Mieux est l'ennemi du pouvoir, des pouvoirs.
Je retire volontiers "pensée unique", noté trop vite et connement, équivoque et usé en effet. Que je remplace par "produit calibré". Bonne bouffe ! Lisez bien, surtout, après avoir bien choisi par vous-même le livre qui vous renversera et sera le plus beau.
On lit les yeux ouverts, non ?
Nostalgie, nostalgie, quand tu nous tiens...
J'voudrais pas dire, mais, DS, ce matin vous sonnez très "ancien combattant" ...
Rassurez-vous, ça m'arrive de plus en plus fréquemment à moi aussi, ancienne salariée de l'audiovisuel public. Je dis comme vous : c'était mieux avant ;o)).
Mais je dis aussi comme certains prédecesseurs : François Busnel paraît avoir pris la relève de Pivot.
Et je dis aussi autre chose : boycott du Grand Journal, émission piège-à-cons ;o))
"avant que l'horizon se rétrécisse finalement à la superficialité niaise de Denisot-Baddou. Eh oui, jeunes matinautes, il y a eu un avant Denisot-Baddou".
Pauvre Pivot dont l'éloge ne sert qu'à régler un sempiternel compte avec "Denisot-Baddou" dont leur "Grand Journal" n'a pratiquement aucun rapport avec "Apostrophes".
DS semble ignorer - il est vrai que c'est sur un petite chaîne, la 5 - [large]"La grande librairie" de François Busnel[/large], tout-à-fait dans la ligne d'Apostrophes.
C'est curieux. La phrase "prétexte" à votre chronique "Je n'ai pas écrit de livres, car je ne voulais pas être en concurrence avec les auteurs que j'invitais" n'est pas celle que j'ai retenu ce matin. Je lui aurai préféré le passage ou il dit qu'il (lui) valait mieux être un bon journaliste qu'un mauvais écrivain, que justement il ne s'était pas senti longtemps de taille à faire de la concurrence.

Peut être ai-je une vision déformée du personnage, mais c'est justement cette humilité, cette réserve dont Pivot s'est souvent paré lors de ses rencontres qui font l'élégance du personnage. Bon, finalement, vous vous rattrapez bien, Daniel, votre papier est fort sympathique.

Je m'étonne maintenant des quelques commentateurs qui l'accusent d'être un instituteur raté ou chantre d'une pensée unique quelconque. Dans le premier cas, ce n'est que de l'invective dépourvue d'arguments, donc... bof.

Dans le 2e cas, la sévérité du commentaire résume la méchanceté du téléspectateur, qui développe une exigence à l'encontre de Pivot décuplée à mesure que celui-ci s'est complu à bien faire ce qu'il aimait faire. On se demande pourquoi ce commentateur ne s'est pas dépêché de lancer une émission littéraire à la hauteur de ses propres exigences.

Effectivement, d'Ormesson nous a épuisé sur le plateau de Pivot comme sur bien d'autres. Mais, quoi ? Ils devaient s'apprécier, tout simplement, et je doute que Pivot se soit fixer comme cahier des charges une fidèle représentation de l'écriture contemporaine française, équilibrée... selon quoi d'ailleurs ? La qualité rédactionnelle subjective ? Le poids de la pensée ? La contribution au patrimoine ? Le tranchant de la transgression ? Il a fait selon ses choix, personnels et discutables, voilà tout. Le reste est l'affaire de la direction des programmes de la chaîne, qui n'équilibrent pas les contenus. Et d'ailleurs s'en moquent complètement.

Pas envie de porter Pivot aux nues, pas envie de le débiner non plus.
C'est un bonhomme qui a fait à sa mesure ce que bien d'autres ne seront jamais capables de faire et nous a offert ce que personne ne nous proposait en mieux.

J'ajoute que le concept même de "pensée unique" relève à mon oreille de l'ultime populisme, manière de flatter toute opinion pourvu qu'elle soit en rupture avec son environnement. C'est d'ailleurs le terme préféré des droitiers primitifs.
Tellement vrai !
Quand on pense que Pierre Sled va dégommer "Ce soir ou jamais", c'est à pleurer.
Est-ce que les gens sont bêtes à cause de la télé ?
Ou est-ce que la télé est bête à cause des gens ?
Pivot, un instit' raté, pour le reste oui ses émissions étaient loin d'être médiocres (sauf les dicos d'or), mais pour booster l'audimat, on préfère aujourd'hui inviter un auteur et le détruire en lui disant que son livre est mal rédigé, plutôt que de se perdre en des discussions dignes de professeurs de français sur la syntaxe et la sémantique...
A mettre en relation avec la position de Jérôme Garcin, qui ne se gène pas pour être critique et écrivain:
http://www.acrimed.org/article3527.html
http://www.acrimed.org/article3553.html

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Hé oui, c'était le bon temps,
mon bon monsieur.
gamma
Pivot ? Le début de la confusion entre livres et romans. Un livre EST un roman, nécessairement, le Salon du livre le Salon du Roman, le Prix du Livre Inter, un prix de plus pour les romans. Pivot, c'est le début, sinon la cause de l'autofiction, du "tous écrivains", du "tout roman". 600, 800; 1000 par an, à la tonne, puis au pilon. Pivot, c'est "tout le monde écrit", comme Warhol ou Beuys sont la cause du" tous artistes".
Et pour célébrer quoi ? D'Ormesson. La littérature-D'Ormesson. Le début de cette débâcle. Et ce gros mot plein la bouche désormais : LITTERATURE. Littérature à tous les étages. A tous les prix. A tous les niveaux. A toutes les gares. La vulgarisation, le vulgaire, le flot, la logorrhée. Pivot a loupé comme il a évité tous les grands poètes de sa génération, la plupart des grands essayistes, des penseurs décalés. Vous avez vu Blanchot, chez Pivot ? Jaccottet, Dupin, du Bouchet, Celan, Jean-Christophe Bailly, etc., les philosophes de la pensée profonde et non ceux de l'estrade ? Non.
Pivot, c'est le début de la défiance mordante à l'égard des élites de la pensée et des écrivains de fond (élite, ce gros mot, cette insulte, comme intello, pareil, pschitt). La littérature Pivot est devenue une sousoupe tiédasse, de bon aloi. De la sousoupe calibrée pour le petit peuple qui adore ça. On va lui en fourguer, tiens ! C'est l'antichambre de la Princesse de Clèves-Sarkozy. Bien sûr qu'après Pivot, les choses ne pouvaient qu'empirer, pour en arriver à La Grande Foire Foiresque à la Littérature et au pognon cynique à la Bégbédé-Millé-Ouelbec. Gentil fossoyeur tout miel tout sucre.
A son crédit : des myriades de petits éditeurs-résistants à la sousoupe ont fleuri, ont publié, vendu 10, 20, 100 exemplaires de bouquins admirables et souterrains. Eux pour qui la survie de la pensée suppose qu'on se serre la ceinture, au prix du mépris ambiant.
Pivot : nom commun synonyme de pensée unique. Maudit Pivot. Oui.
Pivot chez Taddeï :

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1382

Plein de choses intéressantes sont dites..
- je n'étais pas un homme de pouvoir (ce qu'il a toujours refusé) mais d'influence
- la seule invitée dont je suis tombé amoureux est Jane Fonda
- aucun directeur de TV ne m'a interdit un invité
- un des mots le plus intéressant est le mot cul qui englobe tout... le cul est un faux cul :-))
- je lisais 14h par jour et j'annotais tous les livres

etc...

SEMIR
vive les jeunes !! vive les jeunes cons !
vive les vieux !! mais pas un vieux con... qui se reconnaîtra :-))
Merci pour ce billet qui m'a sincèrement ému... nostalgie, quand tu nous tiens !
"Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (...)de le divertir,de le détendre pour le préparer entre deux messages " Le Lay.
C'était choquant cynique mais réaliste. Les messages précités laissent de côté intelligence ou sensibilité .Ils ne s'adressent qu'aux besoins primaires ..que manger? que boire ?comment être plus beau,paraître plus jeune,devenir riche.....Les livres,la culture ?Déchirer un coin du voile pour montrer le chemin des VRAIES valeurs ? Vous n'y pensez pas...S'ils réfléchissent c'en est fini de la consommation aveugle donc des profits grandissants.
Pour le coup,une vraie culture,celle de l'abêtissement généralisé....Pivot charmait,enrichissait nos vendredis soirs.L'audimat tout puissant imposerait silence à celui qui essaierait aujourd'hui de faire la même émission. Toutefois, François Busnel est souvent bon sur la cinq.
Un soupçon d'anti-nostalgie, tout de même Daniel (sur le contenu des émissions, pas sur l'intégrité de Pivot). Je vendrais bien toutes les émissions littéraires de Pivot contre une poignée de "d@ns le texte". Bien sûr les formats sont incomparables et l'audience, n'en parlons pas, mais je vais être perfide : plutôt que de pleurer sur le souvenir des émissions à la Pivot, montrez nous que l'avenir de leur descendance est là, sur internet (ou pas d'ailleurs), et qu'il a tout à fait le visage de Judith et le décor de François Rose, faites-nous plonger d@ns le texte !
//L'actuel coma est-il irréversible, ou une nationalisation de TF1 contribuerait-elle à une résurrection ?//

Nationaliser TF1, si c’est pour faire France 2 qui passe une bonne partie de son temps à courir après TF1 (rappelez-moi où ont bossé/bossent Ardisson et Fogiel), heu… non, merci.

Pour faire Arte ? Oui, en souvenir de ce petit film :

« Il y a quelques années sur Arte, chaîne que certains moquent pour son sérieux, son pédagogisme, était passé un petit film polonais : un tout jeune enfant, celui du cinéaste, filmé pour plus de discrétion en caméra cachée parmi des gens âgés assis dans un parc de ville. Leurs dialogues lents, leurs silences, ses questions, ses réponses : le souffle coupé on avait tout sur la vie, l’amour, la mort, dans une force et une pudeur absolues. Et pas de Monsieur Delarue. »

Mais combien sont nos concitoyens à regarder Arte ?

La résurrection, il faudrait l’entamer avec les jeunes, avec l’école, dans une éducation à la curiosité, au regard critique, à la mis en perspective. Quand on voit comment s’est déroulée l’embrouille Skyrock, comment les djeuns se sont mobilisés dix fois plus, cent fois plus que pour n’importe quelle cause qui les touche (l’école, le travail, la retraite), comment les politiciens se sont abattus là-dessus comme mouches sur un cadavre, c’est mal barré.

Sur l’embrouille, lire ça :

http://www.marianne2.fr/Touche-pas-a-Skyrock-ou-comment-le-Credit-agricole-achete-la-jeunesse_a205294.html
Joli billet nostalgique.
Il y a eu en effet la privatisation de tf1 par le gouvernement Chirac et auparavant il y avait eu la cinq de Berlusconi créée par Mitterrand.
Quant à la question que vous allez méditer ce weekend, malheureusement l'audience d'arte donne selon moi un élément de réponse. Il n'y a pas que les "livres virtuels" qui sont formatés, les cerveaux le sont également.
edit : Un peu de musique.
Celui qui "pouvait languir, exiger, intriguer, trépigner", cela m'a fait pense à l'excellente BD de Pétillon : "les disparus d'apostrophe".
Quelques pages ici : http://www.amazon.fr/Jack-Palmer-Enqu%C3%AAtes-puissance-dApostrophe/dp/2723478424
Pivot est aussi passé aux Rendez-vous de France Culture. Et il a confié qu'il avait abandonné son émission Bouillon de culture, parce qu'il ne comprenait plus la littérature contemporaine, l'auto-fiction, cela ne lui parlait pas, alors il a préféré s'arrêter.

Oui, cela existe des gens qui font leur métier par passion, et quand ils ne la possèdent plus cette passion, ils changent d'horizon.
A quand Bernard Pivot invité pour une émission chez Arretsurimage?
Une excellente chronique, qui remets effectivement en perspective le chemin parcouru.
Je vais partager ce texte sur facebook, un lien pour le faire le faciliterait :)
Pivot était, il y a une semaine, l'invité de François Busnel.
J'ignore si Busnel est aussi intègre et intransigeant que lui, mais il pourrait bien être son héritier.
Que rajouter ?

Qu'apostrophe était également une émission pas très chère, une table, un seul animateur, un décor beau mais minimaliste, pas de chroniqueurs (et oui il y au un monde sans chroniqueurs), probablement produite en interne par antenne 2. La soirée se poursuivait avec le ciné club de Claude Jean Philippe, un film présenté impeccablement par un monsieur qui ne vit que pour le cinéma. Là encore une économie de moyen (il utilisait le même plateau que Pivot) mais pas de restriction sur l'intelligence.

Tout ça pour dire que si ces émissions ont disparu c'est peut être aussi pour ça, elles ne permettaient pas de distribuer des tonnes d'argent public à des copains. Pas moyen de gaver des animateurs/producteurs et les sociétés qui vont avec. Le service public à l'état pur. En face à l'époque on avait Sabatier sur TF1 (avec Fogiel comme assistant), aujourd'hui ces deux là ont leur rond de serviette sur le service public.

Je suis probablement un vieux con (à 39 ans), mais ces émissions m'ont rendu moins bête et m'ont permis d'accéder à la culture du fin fond de ma province.

Hier soir sur la BBC on pouvait voir une émission sur la naissance du roman au 18ème siécle (à 20 heures) suivie d'une émission sur la création des contes des mille et une nuits. il y avait quoi sur le service public en France?
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