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"Ma thèse en 180 secondes" : un an après, que sont devenus les chercheurs finalistes ?

Ils vont parler, en toute simplicité, de la "photolyse asymétrique des molécules chirales d’importance prébiotiques au synchrotron SOLEIL". Ce soir se tient la finale française du concours de vulgarisation scientifique "Ma thèse en 180 secondes". L'an dernier, tous les participants n'étaient pas optimistes sur la suite de leur carrière. Que sont-ils devenus ? @si a retrouvé quatre candidates à l'édition 2014. Elles poursuivent leur doctorat, avec plus ou moins de confiance en l'avenir, à l'image de nombreux jeunes chercheurs de l'hexagone.

Derniers commentaires

On devrait demander son avis à une des rares politiciennes docteur (physique): malheureusement elle est Allemande. C'est Angela Merkel!
Pour les politiques de droite ou de gauche, la science n'a aucun intérêt, d'ailleurs la plupart du temps ce sont des gens qui n'ont pas fait d'études scientifiques (à quelques exceptions près, voir plus haut). Quant au privé, un responsable dans un labo pharma m'a dit qu'ils n'avaient aucun intérêt à faire de la recherche, qu'il suffisait d'acheter les brevets d'une start up pour des clopinettes. Ce qui ne les empêche pas d'émarger au CIR, le crédit impôt recherche, une des plus belles impostures qui soit.
Le seul qui vraiment voulait stimuler la recherche et en donner les moyens, c'était le Général de Gaulle. Pour lui ça faisait partie du prestige de la France.
Maintenant, ayant du faire beaucoup de bibliographie récemment, j'ai constaté une montée en puissance de la Chine. Elle est exponentielle et les Chinois ont mis les moyens dans des labos, personnels, etc. Ils commencent à en récolter les fruits en publications scientifiques de haut niveau (longtemps il y a eu un mépris de la part des occidentaux, mais ça va changer à mon avis). Je pense que les politiciens en sont encore à traiter la Chine comme simplement une manière de faire faire des trucs à bas coût.
Au lieu de prendre exemple sur la Chine pour les salaires des ouvriers et sur les conditions de travail, ils feraient mieux de voir ce que les Chinois sont en train de préparer en science et technologie. Mais pour ça il faut chercher les bonnes informations et ne pas rester sur des idées reçues.
J'ai la triste impression que les politiques s'en foutent un peu... Seule la masse importe et rapporte. Je crains de faire le même constat des journalistes. Ceci explique sans doute cela, ou cela ceci.
C'est bien qu'@si en parle, ça reste malheureusement insuffisant. N'y a t-il pas de syndicat / assoc chez les thésards qui servirait de porte-voix, pour donner la visibilité au problème?
Dix ans apres ma soutenance de these, lire cet article reveille de vieilles douleurs...

Quel gachis !

Je vis maintenant au Royaume Uni. Ici, on vous appelle souvent "Doctor" et on n'arrive pas a comprendre que le fait d'avoir fait une these apres une ecole d'Ingenieur puisse vous penaliser dans votre avenir professionnel par rapport a ceux qui se sont contente de l'ecole d'Inge....

Que cela devienne trop compliqué : c'est aussi ce que craint Laurissa Ouaguia, qui représentait la région Nord Pas-de-Calais lors de l'édition 2014. Cette biologiste va soutenir sa thèse en septembre prochain. Elle voudrait devenir enseignante-chercheuse, mais se dit "très pessimiste" : "Il y a énormément de gens qui terminent leur thèse, mais de moins en moins de postes." Une inquiétude fondée, si l'on en croit les chiffres produits en 2014 par le conseil scientifique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) : avec une baisse de 25% en quatre ans (2010-2014) du nombre de chercheurs recrutés par le CNRS, on court vers la "catastrophe annoncée", alerte le conseil scientifique.


Ce passage donne l'impression que Laurissa, qui veut devenir enseignant-chercheuse, a raison d'être pessimiste car le CNRS embauche moins. C'est loin d'être aussi clair à mon avis, le CNRS ne recrutant que des chercheuses/chercheurs et non des enseignantes-chercheuses/enseignants-chercheurs, qui sont recruté(e)s par les universités. Même si je reconnais qu'il y également un effet indirect de la politique des EPST (CNRS et autres), avec une augmentation de la "qualité" des profils des personnes recrutées à tous les niveaux. Mais quoi qu'il en soit, le nombre de postes réellement ouverts par les universités n'incite pas non plus à l'optimisme. L'article gagnerait à mon avis à préciser cela un peu plus, notamment en regardant l'évolution du nombre de postes non CNRS (universités, autres EPST).
Petite remarque : concernant les emplois académiques, les postes de chercheurs CNRS (et dans une moindre mesure des autres instituts spécialisés) représentent certes le graal des apprentis-chercheurs, mais sont loin de constituer l'essentiel des débouchés académiques, représentés il me semble par les plus modestes postes d'enseignants-checheurs dans les universités. Une trop rapide petite recherche donne autour de 11000 chercheurs CNRS et autour de 56000 enseignants-chercheurs (à vérifier avec des données actualisées).

Ceci étant dit, la tendance est certainement identique dans les universités. D'ailleurs je ne vois pas d'autre explication au fait que ma récente candidature ait échoué ;-)
Y'a peut être aussi le fait qu'une (énorme) partie des recrutements de maître de conférence se fait en fonction de qui tu connais et pas en fonction de ce que tu connais: vive le concept de "candidat local".

PF
Le débat continue... un an après...
OK pour les candidats locaux, même si je modulerai le mot "(énorme) partie". Surtout donner un pouvoir, pour le coup, "énorme" au présidents d'université et introduire des commissions de recrutement très locales a aggravé les faits.
Mais il faut y ajouter, aujourd'hui, le nombre importants de postes "gelés", cad non soumis à renouvellement souvent pour un temps infini, lorsqu'ils ne sont pas simplement "redéployés" ailleurs ou simplement supprimés, le fait que les universités, par mesure d'économie, préfèrent recruter 2 PAST (personne travaillant pour moitié dans le privé, pour moitié enseignant à l'université) plutôt qu'un maître de conférence, voir même des vacataires précaires mais moins chers, ou encore des contractuels qui ne dépasseront jamais la rémunération CAPES + 8. Bien sûr, les créations de postes sont quasiment nulles. Tout cela, ça fait des postes en moins, donc un afflux de docteurs qui ne trouvent plus de place, qui partent (ce qui est plutôt une bonne chose à mon sens) peaufiner leur savoir à l'étranger, mais (et c'est plutôt une mauvaise chose), ne reviennent. Ou alors qui se lancent dans la vulga fun, genre "Norman fait de la science" sur youtube.
Et évidemment, au bout du bout, pour les quelques malheureux postes qui restent, eh bien, oui, la cooptation est encore plus visible.
Bref, après les lois LRU et Fioraso° (et ce n'est pas faute de les avoir combattus !), l'université sombre tout doucement dans la privatisation et la libéralisation à outrance (mais sans les bons côtés du privé)... Tout cela est carrément déprimant, surtout si l'on y ajoute l'image détestable que l'université a (mais les faits montrent qu'elle n'est pas innocente dans la construction de cette image) : je l'ai encore lu sur un forum d'@si, l'une des c... attribuées à DG sur les chercheurs qui devraient être des trouveurs, ah ah, MDR...
Bref, je suis beaucoup plus pessimiste et moins combattante qu'il y a un an...

° Oui, oui, celle qui a eut soudainement des problèmes de santé et a rendu son tablier de secrétaire d'état, juste après... la découverte de l'usurpation de son diplôme d'économie.
Et merci Justine de parler de ces questions qui généralement suscitent l'indifférence ou l'ironie.
Et courage Erwann, il reste des postes non fléchés, même s'ils se raréfient.
Le 'énorme' vient juste de mon petit échantillon personnel: 10 candidatures sur 3 ans, 9 postes attribués à des candidats locaux, à Paris comme en Province. Et sur le coup de "qui partent mais qui ne reviennent pas", la plupart des candidats locaux qui passent sont justement ceux qui ne sont pas partis. Donc "qui partent c'est une bonne chose", ça dépend du paramètre suivant lequel on évalue: si c'est pour le développement scientifique, je suis à fond d'accord, si c'est pour le développement personnel, je dirais que ça dépend des gens et de leur situation, si c'est pour le fait d'obtenir un poste, c'est carrément non, pour les MdC.

Que la visibilité du phénomène soit accentuée par la raréfaction des postes, c'est indéniable.
Que ce soit uniquement la faute des méchants présidents d'université, c'est moins sûr: ce sont les mêmes pratiques des barons universitaires (directeurs de départements, grands pontes) qui prévalent puisque ce sont ces barons qui poussent à la création des postes pour leurs poulains, qui, ô surprise, correspondent parfaitement à la définition du poste.

Les présidents d'université sont par contre responsables par leur passivité: j'ai souvenir d'une lettre interne envoyée par Axel Kahn, alors président de Paris Descartes qui disait en substance "bons les gars, les recrutements locaux, ça commence à bien faire, et même si j'ai le pouvoir de casser ces recrutements, je ne le ferais pas parce que je n'ai aucun courage politique".

Enfin sur le fait que la privatisation des universités (pour encore que ce soit un fait réel) soit une mauvaise chose: tout dépend encore selon quel critère on évalue. Harvard et le MIT sont privées, et ce sont les meilleures universités au monde en ce qui concerne la qualité de leur recherche. Par contre effectivement, leur mission n'est pas d'offrir une éducation universitaire à tout le monde.

PF
"Par contre effectivement, leur mission n'est pas d'offrir une éducation universitaire à tout le monde. "
Il faut débourser combien, là-bas - outre le critère évident de connaissances - pour y accéder ?
Environ 35 000 € par an, soit 70 000 pour le master, chiffres à actualiser. Les admirateurs de ce système vous dirons qu'il y a des bourses pour les plus méritants, une amie a pu en bénéficier au MIT... D'après son témoignage, c'est vraiment très élitiste à la fois sur la qualité des candidats recrutés que sur l'épaisseur de leur portefeuille, même si on ne peut pas dénier la qualité des enseignements et des conditions proposées. Il ne manquerait plus que ça.
Précresse, ministre de la recherche sous Sarko, était très admirative de ce système.
entre 10 k$/an et 50k$/an selon les universités (juste en frais, sans le logement, parfois exigé sur le campus). A côté de ça, ils ont bcp de plus bourses qui permettent de financer tout ou partie des études, selon plein de critères différents (puisque ce sont souvent des associations/organismes privés, fac incluses, qui les distribuent): performance scolaire, sportive, engagement associatif, appartenance à une minorité, sexe etc...
[quote=juste en frais, sans le logement, parfois exigé sur le campus]
Plutôt : frais de logement "très souvent exigés", et qui ne représente pas une somme anecdotique. On est tout de même loin de la romance de l'auberge espagnole lorsqu'on se loge sur ces campus.
En fait, vous dites plus ou moins la même chose que moi, juste en développant mes parenthèses... et en réduisant le problème aux méchants barons locaux, qui selon moi ne sont qu'une partie - certes de plus en plus nuisible - d'un problème qui ne cesse d'enfler.
Une question de poste ET de MOYENS.

Evidemment, la question des recrutements "locaux" qui multiplient la consanguinité et laissent les meilleurs à la marge est prépondérante.

Je me permet de rajouter la question des moyens disponibles pour faire sa recherche.
Personnellement (en chimie) je n'ai absolument pas envie d'atterir dans un labo ou même les analyses de routines sont d'un accès (très) réduit. De même, quand au mois de septembre les comptes sont à zéro et qu'on ne peut plus acheter de produits avant le mois de Janvier...
Je rajoute la vétusté des labos, le sous-équipement...
Je suis en Post-doc à Oxford (UK) et j'en ai déjà discuté avec d'autres français qui sont du même avis... ça nous fait sérieusement hésiter. Je ne suis donc pas sûr de postuler dans l'académique en France.
Vous me direz, être payé à rien faire c'est le rêve de tout bon fonctionnaires paraît-il...
"Vous me direz, être payé à rien faire c'est le rêve de tout bon fonctionnaires paraît-il..."

Inutile de vouvoyer PG de la sorte, entre potes vous pouvez vous détendre...
Article qui remet salutairement du fond dans le fun de ce qui reste une action de communication, quelles que soient ses vertus didactiques... d'autant que j'ai lu l'interview, sur le même thème du "an après" et avec la même interviewée, de CNRS le Journal... le ton était tout de même bien moins alarmiste et bien plus enjoué !
Jusqu'à l'émission, j'ignorais le concept "ma thèse en 180 secondes". J'avais beaucoup aimé la prestation de la jeune chercheuse, et l'avais partagé sur mon FB, pour, pensais-je, prouver qu'on peut être intello et pas chiant. Aucun like, à l'époque. Pouin pouinnnnn. Depuis j'ai fermé mon compte FB, je me sentais un peu hors cadre, trop intello, trop chiant (dans mon réseau, j'entends).
Alors tant pis si ça fait pas le buzz, la science, merci à @si de s'en soucier quand même!
Je note cependant que les fans de géopolitique habitués des forum du site ne trouvent rien à dire à propos de la fuite des cerveaux. A bon entendeurs...
Lamentable comment est traité en France l'élite intellectuelle de notre pays !

Pas étonnant que la création d'emploi soit au plus bas !
Vous êtes courageuse, Justine.
Encore un sujet sur la recherche scienfifique alors que la science est l'objet de tant de dérision sur les forums ... :o)
j'avais beaucoup aimé votre émission consacrée à cette jeune chercheuse. Je me permets de signaler que le roman d' Adrien Goetz " Le retour d' Arsène Lupin " ( ed Grasset), très amusant par ailleurs a pour point de départ ce concours " ma thèse en 180 secondes.
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