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Ma mésaventure maçonnière sur RFI

Oui, c'est une guerre, la guerre de l'infaux. Une guerre mondiale. Et comme dans toute guerre

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Petite réflexion sur cette post-modernité dont on parle tant :
Depuis l’élection de Donald Trump et le referendum sur le Brexit, nombreux sont ceux qui questionnent notre rapport à la vérité. Désormais, la vérité ne serait plus le pilier central de nos démocraties. Bien au contraire, la voilà même rejetée par la masse des électeurs qui préfère la simplicité des mensonges de quelques démagogues à la compréhension de la complexité du monde. Voilà l’ère de la post-vérité qui commence. Pourtant, en supposant l’existence d’une ère précédente dont la recherche de vérité aurait été le pilier, ce concept paraît apporter une réponse trop simpliste à une question qui aurait méritée bien plus d’approfondissements. Et si le concept de post-vérité servait seulement à masquer l’existence de mythologies diverses et conflictuelles ? Quelles sont ces mythologies ? Finalement la post-vérité n’est-elle pas le réflexe d’une mythologie battue qui tente de décrédibiliser la mythologie victorieuse ? Plongeons ensemble dans cette guerre des mythes qui se fait jour aujourd’hui.

La post-vérité, un concept médiatique puissant

Impossible d’y échapper, le mot en vogue en 2016 fut indéniablement « post-vérité ». Pour le dictionnaire de l’Université d’Oxford il s’agit même du mot de l’année. Dans un éditorial du Monde, cette post-vérité est présentée comme le « phénomène de l’année électorale 2016 » (1) . Les faits n’auraient plus d’importance pour les électeurs qui leur préféreraient le mensonge, la démagogie, les bas-instincts. Les démagogues, Trump, Farage ou Le Pen, s’en donneraient à cœur joie de manipuler l’opinion publique en relayant sinon en créant de toutes pièces ses rumeurs et ses mensonges. Enfin, les réseaux sociaux ne feraient rien pour stopper la propagation de fausses informations. Le mensonge serait le mal du siècle et la caractéristique principale de ce début de XXIe siècle avec ce qu’elle entraine de choix électoraux catastrophiques, de dé-légitimation des institutions politiques, de dé-crédibilisation des organes de presse dits « traditionnels ». Dans Libération, l’économiste américain Will Davis fustige les « contenus numériques » que les individus devraient désormais traiter avec « plus de scepticisme » (2) . Bref, internet aurait permis le développement d’une société du mensonge et de la négation des « faits objectifs » pour reprendre l’éditorial du Monde.
Déjà, plusieurs écueils conceptuels apparaissent. D’abord, ce concept semble prendre pour présupposé, pour acquis, pour axiome de pensée, qu’internet en soi générerait le mensonge. Mais en quoi ce média, dans son essence, entrainerait-il le mensonge ? Ou plutôt en quoi favoriserait-il plus le mensonge qu’un autre ? Tout média est un « procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d’œuvres, de documents, ou de messages sonores et audiovisuels » pour reprendre la définition du Larousse. Dès lors ces messages, œuvres ou documents n’ont jamais eu pour vocation d’être tous vrais et le média en lui même ne crée pas le contenu, il le diffuse. Aucun média n’est mauvais en soi, n’est plus ou moins crédible en lui-même, seul son contenu varie et ce contenu dépend de son producteur. Internet n’échappe pas à cette règle et considérer qu’internet serait un média qui, en lui-même, produirait du mensonge relève d’une erreur de pensée courante qui consiste à confondre le contenant et le contenu, le média et les informations qu’il diffuse. Peut-on réduire la télévision aux émissions de Cyril Hanouna ? Le jeux vidéo à Call of Duty ? Le Cinéma à Michael Bay ? De la même manière, il est erroné de vouloir réduire internet aux tweets mensongers de Donald Trump sur la nationalité supposée de Barack Obama.
Le second écueil est plus intéressant. Dans son énoncé même, le concept de post-vérité suppose l’existence d’une ère antérieure où le fait objectif aurait été consacré : un âge d’or de la vérité. Cet âge d’or n’a jamais existé. En 1901, le Tsar Nicolas II commandait à ses services secrets la rédaction, la publication et la diffusion d’un ouvrage qui allait lancer sur l’Europe une vague d’antisémitisme meurtrière qui connaitra son apogée dans l’horreur de la Shoah. Cet ouvrage c’est le Protocole des sages de Sion. Un faux qui inspirerait les premiers pogroms dans la Russie tsariste puis plus tard Adolf Hitler dans Mein Kampf. Un faux qui allait se diffuser à l’échelle de tout un continent et convaincre des millions d’individus et ce, faut-il le signaler, sans l’appui d’internet. Le mensonge généralisé n’a pas débarqué avec l’arrivée du numérique. Les exemples de ces manipulations à grande échelle sont pléthores et contestent complétement et totalement l’existence d’un âge de la vérité que l’éditorial du Monde semble tant regretter. La l’époque de la post-vérité n’existe pas tout simplement parce que l’époque de la vérité n’a jamais exister.

Trump ou la redécouverte des mythes en politique

Ce qui est apparu derrière la tempête Trump ou les vents du Brexit aux yeux du grand public c’est un nouveau continent, une nouvelle Amérique. Et, comme Christophe Colomb avant nous qui pensait avoir trouvé les Indes, nous donnons le mauvais nom au continent découvert et par là, nous masquons les questions et les réponses que cette découverte pourrait nous apporter. Ce nouveau continent ce n’est pas la modernité, ce nouveau continent c’est celui des mythologies. De la même manière que les grecs croyaient en leurs mythes, nous croyons aux nôtres. Notre monde est amplis de mythologies qui se conjuguent ou s’opposent. Ces mythes légitiment nos visions du monde, nos organisations sociales, politiques, économiques. Ils régissent nos vies à une multitude d’échelles, dans la trivialité de nos vies quotidiennes comme dans les grands moments démocratiques. Ces mythes, les individus y adhérent consciemment ou inconsciemment, ils les génèrent, les relaient, les diffusent, les transmettent voir les créent. Et il ne s’agit pas là de dénoncer leur existence, bien au contraire, nous avons besoin de ces mythes, de ces fictions que nous croyons vrais qui rationalisent le chaos du monde et nous permettent de vivre en communauté, de nous comprendre, de nous entendre. Le mythe est ce qui fait corps, ce qui assemble. Le mythe c’est l’essence de l’animal social qu’est l’être humain. Le mythe est la base de l’humanité en tant que collectif.
Dès lors on comprend bien que la découverte de ce continent inconnu n’est pas une découverte mais une redécouverte. Depuis les années 1950, la sémiologie a débuté l’étude de ces mythes en s’intéressant aux signes verbaux ou non verbaux qui les trahissaient parfois. Dans le cas de Trump, son élection peut bien mieux se comprendre à partir du moment où l’on ne conçoit plus sa campagne comme une suite de mensonges, d’injures et de comportements outranciers mais comme la mobilisation de mythologies suffisamment puissantes pour amener à le rejoindre des millions d’électeurs. L’analyse de l’un de ses slogans le plus porteur, et aussi le plus moqué, révèle bien les mythologies que le milliardaire américain a su réanimer : « Build the wall » (« Construire le mur »). Le mot « wall » a marqué l’attention. Il joue sur la menace extérieure, le besoin de protéger un nous attaquer par l’étranger. Une solution qui nie la violence interne de la société américaine et par là créé la fiction d’un « nous » fait d’individus soudés, victimes et ayant les mêmes intérêts. L’autre mot important de ce slogan, trop souvent oublié, c’est le « build ». En annonçant son intention de construire, Donald Trump se place dans une longue tradition de constructeur. Une posture importante dans une Amérique de l’après-11 septembre traumatisée par la chute des Twin Towers. En un seul mot, Trump active plusieurs mythes qui se sont révélés très porteurs : celui du pionner constructeur, celui magnat de l’immobilier compétent et self made-man et enfin celui d’une Amérique qui se reconstruit après la destruction de 2001. Voilà qui aurait été bien plus intéressant à étudier pour voir la dynamique qui se déroulait aux Etats-Unis plutôt que de se contenter d’aboyer après l’aboyeur. Car en face, force est de constater que malgré ses tentatives Hillary Clinton n’est pas parvenu à mobiliser de contre-mythes. Ainsi le mythe de la femme forte et indépendante qui fut contré mécaniquement par la mythologie machiste réactivée par Trump. Cette analyse de la campagne électorale américaine comme mobilisation de mythologies propres à toucher tel ou tel électorat et à contrer celles de son adversaire et constitutive de l’activité politique. L’activité politique, surtout électorale, consiste à mobiliser ces mythes. Et ces hommes politiques en ont bien conscience. Nicolas Sarkozy, à qui l’on reprocha tant son manque de rigueur scientifique lorsqu’il évoquait nos « ancêtres gaulois », déclarait dès 2006 que cela n’avait rien d’une assertion scientifique mais bien d’un « acte de foi ». Le but n’est pas de dire une vérité mais de créer un collectif, de jouer sur un mythe. Toutes les démocraties modernes, dans tous les pays se construisent ou s’opposent autours de ces mythes, a fortiori dans les campagnes électorales où plusieurs mythologies contradictoires s’opposent et cela n’a rien d’une nouveauté.

Dés lors, la question que doivent se poser les journalistes c’est celle de l’intérêt de certaines de leur démarche. En effet, l’électeur ne cherche pas la vérité lorsqu’il vote, il cherche (consciemment comme inconsciemment) le politique qui porte les mythes qui lui conviennent le mieux dans sa vision du monde. Alors à quoi bon mener des facts checkings par centaine d’intox trouvées sur Facebook ou Twitter alors même que les gens qui créent ses messages ou les relaient ne cherchent pas la vérité mais répandent une mythologie ? Peut-être faudrait-il seulement admettre qu’avec l’élection de Trump une mythologie a triompher d’une autre et qu’étudier ces conflits intrinsèques à la démocratie comme une opposition du vrai contre le faux, de l’expert contre l’ignorant relève aussi du mythe ?



Simon Dell’asino Etudiant en Histoire à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne

(1) http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/01/02/les-risques-de-la-societe-post-verite_5056533_3232.html
(2) http://www.liberation.fr/planete/2016/12/28/post-verite-les-gens-vont-devoir-commencer-a-traiter-les-contenus-numeriques-avec-plus-de-scepticism_1537867
(Version après correction orthographique)

La post-vérité ou la guerre des mythes

Depuis l’élection de Donald Trump et le referendum sur le Brexit, nombreux sont ceux qui questionnent notre rapport à la vérité. Désormais, la vérité ne serait plus le pilier central de nos démocraties. Bien au contraire, la voilà même rejetée par la masse des électeurs qui préfère la simplicité des mensonges de quelques démagogues à la compréhension de la complexité du monde. Voilà l’ère de la post-vérité qui commence. Pourtant, en supposant l’existence d’une ère précédente dont la recherche de vérité aurait été le pilier, ce concept paraît apporter une réponse trop simpliste à une question qui aurait méritée bien plus d’approfondissements. Et si le concept de post-vérité servait seulement à masquer l’existence de mythologies diverses et conflictuelles ? Quelles sont ces mythologies ? Finalement la post-vérité n’est-elle pas le réflexe d’une mythologie battue qui tente de décrédibiliser la mythologie victorieuse ? Plongeons ensemble dans cette guerre des mythes qui se fait jour aujourd’hui.

La post-vérité, un concept médiatique puissant

Impossible d’y échapper, le mot en vogue en 2016 fut indéniablement « post-vérité ». Pour le dictionnaire de l’Université d’Oxford il s’agit même du mot de l’année. Dans un éditorial du Monde, cette post-vérité est présentée comme le « phénomène de l’année électorale 2016 » . Les faits n’auraient plus d’importance pour les électeurs qui leur préféreraient le mensonge, la démagogie, les bas-instincts. Les démagogues, Trump, Farage ou Le Pen, s’en donneraient à cœur joie de manipuler l’opinion publique en relayant sinon en créant de toutes pièces ses rumeurs et ses mensonges. Enfin, les réseaux sociaux ne feraient rien pour stopper la propagation de fausses informations. Le mensonge serait le mal du siècle et la caractéristique principale de ce début de XXIe siècle avec ce qu’elle entraine de choix électoraux catastrophiques, de dé-légitimation des institutions politiques, de dé-crédibilisation des organes de presse dits « traditionnels ». Dans Libération, l’économiste américain Will Davis fustige les « contenus numériques » que les individus devraient désormais traiter avec « plus de scepticisme » . Bref, internet aurait permis le développement d’une société du mensonge et de la négation des « faits objectifs » pour reprendre l’éditorial du Monde.
Déjà, plusieurs écueils conceptuels apparaissent. D’abord, ce concept semble prendre pour présupposé, pour acquis, pour axiome de pensée, qu’internet en soi générerait le mensonge. Mais en quoi ce média, dans son essence, entrainerait-il le mensonge ? Ou plutôt en quoi favoriserait-il plus le mensonge qu’un autre ? Tout média est un « procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d’œuvres, de documents, ou de messages sonores et audiovisuels » pour reprendre la définition du Larousse. Dès lors ces messages, œuvres ou documents n’ont jamais eu pour vocation d’être tous vrais et le média en lui même ne crée pas le contenu, il le diffuse. Aucun média n’est mauvais en soi, n’est plus ou moins crédible en lui-même, seul son contenu varie et ce contenu dépend de son producteur. Internet n’échappe pas à cette règle et considérer qu’internet serait un média qui, en lui-même, produirait du mensonge relève d’une erreur de pensée courante qui consiste à confondre le contenant et le contenu, le média et les informations qu’il diffuse. Peut-on réduire la télévision aux émissions de Cyril Hanouna ? Le jeu vidéo à Call of Duty ? Le Cinéma à Michael Bay ? De la même manière, il est erroné de vouloir réduire internet aux tweets mensongers de Donald Trump sur la nationalité supposée de Barack Obama.
Le second écueil est plus intéressant. Dans son énoncé même, le concept de post-vérité suppose l’existence d’une ère antérieure où le fait objectif aurait été consacré : un âge d’or de la vérité. Cet âge d’or n’a jamais existé. En 1901, le Tsar Nicolas II commandait à ses services secrets la rédaction, la publication et la diffusion d’un ouvrage qui allait lancer sur l’Europe une vague d’antisémitisme meurtrière qui connaitra son apogée dans l’horreur de la Shoah. Cet ouvrage c’est le Protocole des sages de Sion. Un faux qui inspirerait les premiers pogroms dans la Russie tsariste puis plus tard Adolf Hitler dans Mein Kampf. Un faux qui allait se diffuser à l’échelle de tout un continent et convaincre des millions d’individus et ce, faut-il le signaler, sans l’appui d’internet. Le mensonge généralisé n’a pas débarqué avec l’arrivée du numérique. Les exemples de ces manipulations à grande échelle sont pléthores et contestent complétement et totalement l’existence d’un âge de la vérité que l’éditorial du Monde semble tant regretter. L’époque de la post-vérité n’existe pas tout simplement parce que l’époque de la vérité n’a jamais existée.

Trump ou la redécouverte des mythes en politique

Ce qui est apparu derrière la tempête Trump ou les vents du Brexit aux yeux du grand public c’est un nouveau continent, une nouvelle Amérique. Et, comme Christophe Colomb avant nous qui pensait avoir trouvé les Indes, nous donnons le mauvais nom au continent découvert et par là, nous masquons les questions et les réponses que cette découverte pourrait nous apporter. Ce nouveau continent ce n’est pas la post-vérité, ce nouveau continent c’est celui des mythologies. De la même manière que les grecs croyaient en leurs mythes, nous croyons aux nôtres. Notre monde est emplit de mythologies qui se conjuguent ou s’opposent. Ces mythes légitiment nos visions du monde, nos organisations sociales, politiques, économiques. Ils régissent nos vies à une multitude d’échelles, dans la trivialité de nos vies quotidiennes comme dans les grands moments démocratiques. Ces mythes, les individus y adhérent consciemment ou inconsciemment, ils les génèrent, les relaient, les diffusent, les transmettent voir les créent. Et il ne s’agit pas là de dénoncer leur existence, bien au contraire, nous avons besoin de ces mythes, de ces fictions que nous croyons vraies qui rationalisent le chaos du monde et nous permettent de vivre en communauté, de nous comprendre, de nous entendre. Le mythe est ce qui fait corps, ce qui assemble. Le mythe c’est l’essence de l’animal social qu’est l’être humain. Le mythe est la base de l’humanité en tant que collectif.
Dès lors on comprend bien que la découverte de ce continent inconnu n’est pas une découverte mais une redécouverte. Depuis les années 1950, la sémiologie a débuté l’étude de ces mythes en s’intéressant aux signes verbaux ou non verbaux qui les trahissaient parfois. Dans le cas de Trump, son élection peut bien mieux se comprendre à partir du moment où l’on ne conçoit plus sa campagne comme une suite de mensonges, d’injures et de comportements outranciers mais comme la mobilisation de mythologies suffisamment puissantes pour amener à le rejoindre des millions d’électeurs. L’analyse de l’un de ses slogans le plus porteur, et aussi le plus moqué, révèle bien les mythologies que le milliardaire américain a su réanimer : « Build the wall » (« Construire le mur »). Le mot « wall » a marqué l’attention. Il joue sur la menace extérieure, le besoin de protéger un « nous » attaqué par l’étranger. Une solution qui nie la violence interne de la société américaine et par là créé la fiction d’un « nous » fait d’individus soudés, victimes et ayant les mêmes intérêts. L’autre mot important de ce slogan, trop souvent oublié, c’est le « build ». En annonçant son intention de construire, Donald Trump se place dans une longue tradition de constructeur. Une posture importante dans une Amérique de l’après-11 septembre traumatisée par la chute des Twin Towers. En un seul mot, Trump active plusieurs mythes qui se sont révélés très porteurs : celui du pionner constructeur, celui magnat de l’immobilier compétent et self made-man et enfin celui d’une Amérique qui se reconstruit après la destruction de 2001. Voilà qui aurait été bien plus intéressant à étudier pour voir la dynamique qui se déroulait aux Etats-Unis plutôt que de se contenter d’aboyer après l’aboyeur. Car en face, force est de constater que malgré ses tentatives Hillary Clinton n’est pas parvenu à mobiliser de contre-mythes. Ainsi le mythe de la femme forte et indépendante qui fut contré mécaniquement par la mythologie machiste réactivée par Trump. Cette analyse de la campagne électorale américaine comme mobilisation de mythologies propres à toucher tel ou tel électorat et à contrer celles de son adversaire est constitutive de l’activité politique. L’activité politique, surtout électorale, consiste à mobiliser ces mythes. Et ces hommes politiques en ont bien conscience. Nicolas Sarkozy, à qui l’on reprocha tant son manque de rigueur scientifique lorsqu’il évoquait nos « ancêtres gaulois », déclarait dès 2006 que cela n’avait rien d’une assertion scientifique mais bien d’un « acte de foi ». Le but n’est pas de dire une vérité mais de créer un collectif, de jouer sur un mythe. Toutes les démocraties modernes, dans tous les pays se construisent ou s’opposent autours de ces mythes, a fortiori dans les campagnes électorales où plusieurs mythologies contradictoires s’opposent et cela n’a rien d’une nouveauté.

Dés lors, la question que doivent se poser les journalistes c’est celle de l’intérêt de certaines de leur démarche. En effet, l’électeur ne cherche pas la vérité lorsqu’il vote, il cherche (consciemment comme inconsciemment) le politique qui porte les mythes qui lui conviennent le mieux dans sa vision du monde. Alors à quoi bon mener des facts checkings par centaine d’intox trouvées sur Facebook ou Twitter alors même que les gens qui créent ses messages ou les relaient ne cherchent pas la vérité mais répandent une mythologie ? Peut-être faudrait-il seulement admettre qu’avec l’élection de Trump une mythologie a triomphé d’une autre et qu’étudier ces conflits intrinsèques à la démocratie comme une opposition du vrai contre le faux, de l’expert contre l’ignorant relève aussi du mythe ?



Simon Dell’asino Etudiant en Histoire à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Occasion de relire "La guerre du faux", d'Umberto Eco.

"Le soupçon que tout est vrai accompagne constamment le soupçon que tout est faux. Après seulement vient le moment
de la recherche, de la vérification."
Intéressante analyse, si je ne souscris pas vraiment à la première partie.

Si l’appellation "post-vérité" est abusive (elle pourrait plus être appelée "post-consensus établi par les grands médias" ?), ceux qui l'ont promue (K. Viner au moins), ne me semblent absolument pas dans le déni / idéalisation d'un "age d'or" pour ce qui est de la période précédente (contrairement à la déformation de leur propos à laquelle se sont livré certains de leurs critiques comme Lordon, ne retenant opportunément que la première phrase de ce passage).

“For decades, journalists at major media organisations acted as gatekeepers who passed judgment on what ideas could be publicly discussed, and what was considered too radical,” Tufekci wrote. The weakening of these gatekeepers is both positive and negative; there are opportunities and there are dangers.

As we can see from the past, the old gatekeepers were also capable of great harm, and they were often imperious in refusing space to arguments they deemed outside the mainstream political consensus.(...) The decline of the gatekeepers has given Trump space to raise formerly taboo subjects, such as the cost of a global free-trade regime that benefits corporations rather than workers, an issue that American elites and much of the media had long dismissed – as well as, more obviously, allowing his outrageous lies to flourish.


Après pour ce qui est d'une "ère de la vérité", il semble assez évident que ça n'a jamais existé de manière absolue, mais qu'à une certaine période on en était tout de même un peu plus proches qu'actuellement (pas seulement avant le net, mais surtout avant la concentration des médias pro entre la mains de grands groupes ayant des intérêts autres à défendre).

Quant à internet il me semble évident que personne n'accuse le média en lui même de générer du mensonge. Le reproche qui lui est fait est de l'aider à se propager en donnant une audience comparable à des sites sans aucune rigueur journalistique (que ce soit par amateurisme ou "putacliquisme") et des médias pro qui à défaut d'être exemplaires en ont encore un peu (certes un taux plutôt en baisse). Et même pour ces derniers de contribuer à une accélération de l'info profitant peu à sa vérification.

Internet, avec la "démocratisation" de la production de l'information, c'est un peu un retour aux premiers siècles de l'imprimerie, l'époque des gazettes, pamphlets et libelles, qui a vu fleurir toutes sortes de rumeurs et récits mensongers (outre un paquet de faits divers hallucinants complètement fictifs, et de textes d'un engagement si extrême qu'ils feraient passer Alain Soral pour un mou, on peut y situer l'origine de nombre de complotismes modernes, divers ordres religieux s'y accusant d'adoration du démon et inventant régulièrement des sociétés secrètes conspirant contre les rois), avant que se développent les techniques et un semblant d'éthique journalistiques.
L'erreur est sans doute de voir internet comme conduisant à une ère nouvelle "du mensonge", alors que les problèmes qu'il pose relèvent plus d'une régression vers une ère passée.

La deuxième me semble plus intéressante, même si je pense un peu exagéré de résumer le succès de Trump à un slogan, quand son élection me semble plus l'aboutissement de la guerre culturelle que se livrent libéraux et réactionnaires depuis une dizaine d'années. Trump n'a pas tant gagné par adhésion à son discours qu'en raison du rejet viscéral des libéraux qu'il a su incarner, d'une société américaine de plus en plus violemment clivée.

Quant à la seule classe sociale où il a été majoritaire (les électeurs entre une fois et deux fois le salaire médian) qui avait un instant basculé coté démocrate, votant à 51% Obama en 2008, n'a pas soudain été séduite par les mythes qu'il portait, elle est retournée progressivement coté républicain (votant 52% Romney en 2012, donnant une large majorité à des républicains souvent issus du tea party au congrès lors du dernier mid-term, et finalement 55% Trump).
Et suivre les débats américains sur internet montre qu'il n'a fait que reprendre un discours que tenait l'électorat de droite depuis longtemps (avec pour seule innovation, peut-être, sa non hostilité envers Poutine). Cela fait quelques années qu'on assiste à une radicalisation de celui ci, sous l'influence combinée de la droite religieuse, du tea party et de l'alt-right, un électorat qui n'est même plus capable d'évoquer l'autre camp sans le couvrir d'injures (mais ne s'en offusque pas moins quand les libéraux les leur renvoient). La révolution réactionnaire à laquelle on assiste s'est traduite bien avant l'élection de Trump par la nomination de candidats républicains au congrès en majorité issus soit de l'aîle religieuse soit du tea party. Plus de la moitié des élus républicains refusent de "croire" au réchauffement climatique, plus d'un tiers sont créationnistes, etc... Et la politique d'obstruction systématique qu'ils ont mené entre 2010 et 2012 puis entre 2014 et 2016 s'inscrivait déjà comme une rupture énorme avec la tradition de gouvernance bipartisane américaine.

Faire souffrir l'autre camp, assimilé à la fois à des ultra-riches déconnectés et complices des escrocs de la finance et à la source de la "dégénérescence morale" de l'Amérique et d'un politiquement correct envahissant n'a pas été la moindre motivation de ses électeurs. Ses injures et comportements outranciers ne me semblent pas à écarter dans ce qui a conduit à son élection. Il s'agissait pour beaucoup d'électeurs de punir des ennemis idéologiques (pour la base républicaine traditionnelle) ou "traitres" (pour les déçus d'Obama accusé de s'être couché devant Wall Street) en portant au pouvoir le candidat qu'ils détestaient le plus. Dans la série des éléments de langages à analyser ceux qu'emploient ses supporters envers l'autre camp ne sont pas les moindres. Ils félicitent surtout Trump (ou se félicitent de son élection) car ses propos font pleurer les libéraux ("liberal tears"), les choquent ("ahah liberals are triggered"), menacent leurs supposés modes de vie (les libéraux étant assimilés soit à des gens vivant du wellfare soit à des urbains au service de la finance ou à des fonctionnaires inutiles), etc... On y voit plus de signes d'une volonté d'humiliation/punition de l'autre camp que d'adhésion positive à quoique ce soit que dise Trump (ou même critique des vraies positions politiques adverses). Lire les commentaires de ses tweets ou des articles de presse reprenant des propos de Trump, que ce soit avant ou après l'élection, montre que ses propos ne sont quasiment jamais soutenus par ses fans* (au sens "argumenter pour essayer de convaincre d'éventuels indécis de leur validité"), ils sont plébiscités pour leur coté clivant dans des messages visant surtout à insulter ceux qui les contredisent (voir le nombre d'emplois de "libtards", "sjw" ou "leftists" pour les démocrates, "cucks" pour les républicains modérés, etc..).

TL:DR Trump est surtout à mon avis l'aboutissement d'une dérive commencée bien avant lui (si cela n'invalide pas votre excellente analyse des mythes qu'il a su mobiliser). Et qui est surtout résumable à un degré de haîne inédit envers non seulement les leaders démocrates mais (surtout ?) leur électorat (qui de son coté est moins ouvertement haîneux mais n'en blesse pas moins la base républicaine par son mépris - le renvoi systématique des électeurs du GOP au stéréotype des rednecks peu éduqués de la bible belt, leur description comme des sortes d'arriérés mentaux même dans les articles appelant à l'apaisement avec eux, ne doit pas être pour rien dans cette évolution).

* c'est peut être le point le plus marquant, les soutiens de Trump ne se comportent que très rarement comme des militants cherchant à convaincre que leur candidat est le meilleur, mais des fans ou supporters (variante ultras de club de foot), ayant tellement intégré l'idée que ses contradicteurs sont des ennemis qu'ils n'ont plus d'autre but que de les humilier
Déconstruisons le constructeur !
Je n'ai rien lu d'autre que la démonstration d'un fonctionnement journalistique dont le journaliste lui-même prévenu peut se retrouver le jouet. Je suis dans un état de profonde admiration devant plus d'un raisonnements que je lis, dont il découle que Daniel se plaint, n'est pas indépendant, qu'ASI ne paie pas ses impôts, et que ses abonnés sont des intégristes. 2017 commence en fanfare, c'est beau, je me dois d'y ajouter ma réplique verruqueuse.
Bon perso :
1- dans une guerre il y a aussi La Croix Rouge au milieu
2- je n'ai pas entendu l'émission de ce monsieur sur RFI

3- je vais rarement chercher l'info ailleurs que sur @si alors ce que disent les autres....
Au final, on ne sait pas trop si ce Raphaël Reynes est un gros malhonnête ou bien un gros incompétent, incapable de rendre compte du point de vue de la personne interrogée.
Et encore, Daniel, vous avez eu de la chance. Bon, les deux glands en question ont falsifié votre pensée mais au moins ils ne vous ont pas accusé d'éructer; alors vous voyez, ne vous plaignez pas, il n'y a pas mort d'homme. Soyez bienveillants, ils sont cons et de mauvaise foi, d'accord, mais n'exigez pas d'eux de réfléchir ou d'être honnêtes, ils n'ont pas reçu de formation pour ça. A l'impossible nul n'est tenu.

Bonne année!
Super prévisible.
Pas fondamentalement différent, dans le procédé, de ce que fait parfois aussi @si en extrayant certaines citations pour en faire des titres contestables ( qu'on pourrait considérer comme des attrape-clics).
Mais finalement, être déformé par celui qui a perdu sa crédibilité, ... pas si grave !

Bref, on est au coeur du paradoxe du menteur qui affirme " je suis un menteur".

@si est un média, qui affirme que les médias ont perdu leur crédibilité...
Daniel, l'amalgame perfide dont tu a été victime de la part de ces deux charlots ne prouve-t-il pas simplement que ce sont bel et bien des pourris qui appartiennent à un systême vermoulu?

Pourquoi reculer en si bon chemin?
A quoi t'attendais tu mon Danielichou :-)

Tu le savais, tu l'a dis, mais tout au fond de toi, tu espérais/souhaitais/croyais qu'un peu du fond passerait entre les gouttes.
Que nenni! :-)
Rien! keud'! Bref, comme d'hab!

Tu fait un boulot difficile parce que tu y crois encore.
Mais ce qu'il faut savoir c'est que la seule manière de gagner à ce jeu est de ne pas y jouer. :-)
Et oui!
Mais comment être et ne pas être..? Zatte ize ze quoustechionne!!!
Navrée pour vous,mais votre mésaventure est d'une -banalité- consternante !
Vous les connaissez pourtant bien vos chers confrères !!!
En effet la lecture quotidienne de la Presse,l'audition des radios d'infos,le visionnage des émissions télés INFOS,sans aucune exception sont dans leur relation ,entachées ,,de -déformations - ( mot faible !) volontaires
La mauvaise foi , la -con-torsion-des mots,les adjectifs qualificatifs "sournois" sont l'ordinaire des "ruminants" d'une info devenue -inconsommable-Le rejet collectif perceptible et ,compréhensible,d'une profession sans foi ni loi.avançant masquée derrière le fanion ,usé d'avoir trop servi , du "DROIT a l' INFO " ne peut que se renforcer.
Votre tentative Tweetos annoncée ,semble une aventure risquée,tant la connerie dominante ,NON maitrisable ,envahie cet espace qu'il convient ,de mon avis,de lui abandonner Ne serait-ce pas une -réserve naturelle- bourbeuse , peuplée non pas de -colibris - mais de -grenouilles-vertes ?. Elles s'y s'ébattent et coassent nerveusement en toute liberté !!! Les grenouilles aussi ont le droit de vivre et de se vouloir plus grosses que le bœuf !!!
Comme l'argument du "vote utile", utilisé pour nous obliger à faire ce qu'on ne voudrait pas, l'argument "complotiste" a une fonction, se servir d'exemples douteux pour nous empêcher de mettre en doute... ce dont nous doutons à juste titre.
Maintenant, quand j'entends le mot "complotiste", je sors mon esprit critique: qu'est-ce qu'on veut m'empêcher de mettre en doute?
J'ai envie de dire courage Daniel, refuser d'être totalement dans un camp dans ce genre de guerre c'est nécessairement se prendre des coups des deux cotés.

Et oui à mon avis, les sites d'infaux méritent d'être dénoncés, tout en étant stricts quant à leur définition (aka pas les médias indépendants qui se trompent à l'occasion faute de moyens pour vérifier leurs infos et de culture professionnelle, ni les médias engagés qui produiraient par exemple des analyses économiques basées sur les travaux d'hétérodoxes plutôt que d'orthodoxes ; mais ceux qui de manière systématique abreuvent le net de rumeurs mensongères, sans remise en cause/mise à jour quand celles ci sont démontées) ; comme certains excès du "fact-checking" méritent de l'être (aka quand les fact-checkeurs se mettent à prendre des analyses orientées ou prédictions pour des faits avérés qu'ils utilisent ensuite pour démolir des options politiques, pas quand ils rétablissent une vérité historique ou basée sur des sciences exactes ou encore corrigent les chiffres erronés ou autres déformations du sens de travaux qu'utilisent certains politiques).

Je ne peux que vous féliciter de ne donner ni à 100% dans l'adhésion à l'analyse de Viner, ni à 100% dans sa critique abusive par Lordon (ou l'interprétation abusive qu'en font certains de ses lecteurs, plutôt, qui m'ont l'air d'avoir complètement oublié qu'elle contient la formule "dire la vérité est un minimum", et pas noté qu'elle déforme allègrement le propos de Viner à coup d'homme de paille).
Bonjour
Il me semble qu'il y a une autre manière de répondre à cette question glissante et qu'on pourrait re-formuler ainsi "Mais pour qui vous prenez-vous? Vous êtes aussi un média et si les médias sont pourris et bien c'est celui qui le dit qui l'est, quand bien même vous vous présentez comme le héros sans peur et sans reproche".
En tant que média critique des médias, @SI n'a pas la possibilité de se déclarer au-dessus de la fange. En revanche, @SI est indépendant et assume ses choix, dont celui de la volonté de la rigueur dans le travail. Le travail EST-IL rigoureux et crédible? @SI peut juste répondre qu'il en a la volonté. Par contre, rien n'interdit aux confrères camarades-critiqués de se livrer à l'égard d'@SI au même jeu que celui auquel @SI se livre à leur égard. A priori, c'est tentant, non? En tout cas, si j'étais rédac-chef du Figaro, de Libé, de l'Obs, de TF1, France 2, I-télé, BFM, du Monde, et bien je m'y risquerais. Il faut donc poser la question à ces confrères de savoir pourquoi ils ne le font pas.
En outre, @SI n'est pas du tout indépendant: il n'a que la volonté d'avoir une ligne éditoriale indépendante de la publicité et d'un actionnariat. Mais @SI est très, très dépendant de ses abonnés, qui ont l'air de s'y retrouver.
En bref, difficile de l'intérieur de dire si @SI est ce qu'il a la volonté d'être, mais cette volonté est bien là.
Meilleurs voeux.
"Faut-il vraiment rappeler ce que je vous ai dit par ailleurs, Raphaël Reynes, et que vous n'avez pas conservé au montage ?
Vieux truc de journaliste-interviewer. La question piège pour la fin, quand on a attendri la viande.
leurs techniques de fabrication, leurs trucs, leurs truquages éventuels
"

Reynes n'a pas trouvé mieux que donner une nouvelle preuve par l'exemple que tous les journalistes ne sont pas adeptes du ""à la loyale", les yeux dans les yeux de nos confrères", alors, pas la peine de se gêner : "Quand un mur est pourri, il faut le faire tomber, et en construire un autre". C'est bel et bien un travail journalistique pourri qui conduit à ce que le sens d'un propos ne transparaisse pas dans le montage.
Et voilà le mot « hémiplégie » de sortie... Décidément, le monde intellectuel a du mal à se défaire de la stigmatisation du handicap. Alors, pour une énième fois, je répète : Une hémiplégie n’est pas l’absence d’un côté mais le signal de son dysfonctionnement. Par ailleurs, pour ce que j’en sais, le porteur a sa présence à son esprit encore plus marquée que le côté valide car il est à la fois une colère, un besoin de soins et même parfois une tendresse, tant sa fragilité et le fait qu’il l'induise sont émouvants. Bref, bien comprendre que pour celle ou celui qui en est porteur, la vie ne se déroule pas d’un ou avec un seul côté, mais bel et bien les deux, nos corps sont existants en totalité, il n’y a aucune amputation, juste une paralysie se manifestant sur la moitié du système nerveux.
Enfin, sur le terrain de la discrimination, il est important que les gens de plume et de débats médiatiques cessent de se saisir des mots du handicap, car ils impliquent l’existence au quotidien des personnes atteintes, pour traduire leur pensée, il y a plein d’autres mots pour cela...

En fait, Monsieur Daniel Schneidermann, ici, le mot « hémiplégique » fonctionne exactement de la même façon, pour moi, en tant que porteur, que celui « pourri » pour vos interlocuteurs journalistes.
Si leur travail journalistique est pourri, le vôtre est blindé, crédible et légitime.
Toujours un peu gênant de voir ce site critiquer le soutien financier à la presse par des fonds publiques alors qu'@si s'est battu pour profiter de la niche fiscale de la TVA à 2%.
2/01 : Youpi, à moi twitter, le "coeur de la fournaise", en 140 signes.
3/01 : Rhoo, les raccourcis...

:D
Cher Daniel,

Vous peinez vraiment à terminer votre mise à jour. Pourtant vous l'écrivez: la crédibilité des médias s'est effondrée. Donc quand ils déforment vos propos, ça n'est pas grave... parce que... parce que... parce qu'ils ne sont globalement plus crédibles. Concrètement, il y a plus de gens qui sont, quand ils les entendent, convaincu de penser le contraire de ce qu'ils disent. Vous n'avez pas fait une opération blanche, vous avez fait une opération positive.

Quand à être aimé par les gens qui eux ont réellement flingué les médias, et continuent dans cette voix à en croire ce nouvel épisode, est ce bien là une chose souhaitable?

Non, par contre dans ce nouveau monde il est à mon avis urgent de se mettre dans le positionnement propre, c'est à dire pour commencer non seulement de refuser, mais de critiquer l'adoption de nouveaux mots de propagandes genre "fake news", docilement et instantanément importés ici des maisons mères aux succursales locales en "infaux". De rappeller que les médias ont beaucoup (beaucoup) menti, au moins aux yeux d'une partie de la population suffisante pour gagner des élections nationales. Critiquer par exemple, au moment où celà arrive, l'omission de "Est" pour titrer sur "Alep" plutôt que sur "Alep Est". Omission qui montrent bien comment ceux qui la commettent n'ont décidément pas de légitimité pour prétendre ensuite être le producteur de vérité et jamais de manipulations.
" aujourd'hui , je suis Reyne, autrefois j'étais libre " ( Ruy Blas de Toto )
Le problème, c'est ces médias qui cherchent à se donner de l'importance en décernant les bons et les mauvais points. Moi, j'attends juste d'être informé, même mal, parceque la mise en perspective et l'opposition des sources, ça relève de mon travail de citoyen, pas du journaliste en qui j'aurais toujours un doute (qui le paie ? Est-il suffisamment honnête pour donner une info qui lui tire une balle idéologique dans le pied ?)
Mais comment vous avez pu vous faire avoir comme ça ???
Faut vous méfier de la digestion du réveillon. Sérieux "pourri" comme métaphore, c'était la petite phrase ficelée pour votre interviewer.
Vous le savez, vous pouvez mettre vingt minutes de contextualisation, il y a des mots magiques.

Bon, ok, vous l'avez fait exprès :-)
Sans vouloir dévaloriser le travail d'asi, les médias n'ont pas besoin de lui pour se décrédibiliser. Ils y arrivent très bien tout seuls.
"hémiplégique" : vous êtes gentil Daniel ! Je dirais plutôt aphasique...
toc toc toc*
ça sonne creux!
...
Oh de l'amiante!!! o_O
bof, rien de très surprenant ! estimez vous heureux de ne pas encore être antisémite ;)
Blague à part, quand on voit l'absence abyssale d'esprit critique dans le mainstream, j'imagine facilement votre réjouissance quotidienne d'avoir tenu bon pour faire vivre @SI.
Tant que ce sera le commentaire que suscite le comportement des Reynes et Pontus ils n'auront aucune raison d'en changer.
Des murs, toujours des murs, DS serait-il Franc Maçon ? :D
Question fondamentale posée par vous Daniel; sachant que comme le dit Lordon le vrai pb ce n'est pas les sites d'infaux/complotistes/etc mais
l'invraisemblable propagande déversée par les médias mainstream et ce depuis au moins trente ans : a quand une émission avec lui sur ce sujet et peut être aussi des représentant-e-s de médias indépendants (Mediapart, Bastamag, Reporterre, etc ) pour discuter de la façon dont il peuvent aujourd'hui proposer une alternative ?
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