Lindsay Clancy : un procès pour infanticides au coeur de la guerre culturelle
Ultra-médiatisé, le procès de Lindsay Clancy, cette Américaine accusée de triple infanticide, a retenti jusqu’en France. Et si l’affaire a rouvert le débat sur la santé mentale des mères en post-partum, elle alimente aussi la guerre culturelle contre le camp progressiste.
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Helas , les meres infanticides que j' ai vu en psychiatrie souffrent de délire, de psychose maniaco dépressive, qui apparaissent après l' accouchement ...... et qui étaient la avant ..... Mais comment (...)
Je me souviens d'un couple d'amis qui avait des querelles violentes. Réflexion d'un autre ami:
"Elle est complètement hystérique. Et comme lui il est un peu nerveux..."
On peut aussi se demander où il était pendant que sa femme se débattait avec sa folie....s'il a tenté de l'aider, de la soutenir, ou au besoin de l'éloigner quand elle est devenue dangereuse... ou bien...???
Derniers commentaires
Cette affaire fait echo a une autre tres mediatisée il y a plus de 25 ans aux USA ou une mere avait tué ses 5 enfants, elle a echappé a la peine de mort. La description de sa vie familiale etait on ne peu plus parlante. Les enfants n'allaient pas a l'ecole, elle s'occuppait de leur enseignement. Elle avait souffert de "baby blues" a chaque accouchement mais malgré ça avait encore un enfant apres ( nous avons decidé que ça vallait la peine selon le mari). C'est la vue qu'on retirait de la lecture de la presse. L'homme est un animal social, devoir vivre seul(e) s'occupper de ses enfants seule est une nouveauté moderne ( du moins pour les classes moyennes). Si on est pas assez riche on doit patienter pour voir un medecin et esperer pour etre traité. Pour un cancer, pour une crise cardiaque et encore plus pour un traitement psychiatrique. Mais apres la valeur des enfants depend de beaucoup de choses, si ils sont pauvres, si ils sont bronzés... et avec l'extreme droite partout ça ne va pas aider les enfants qui peuvent mourir de faim ou de froid ou sous nos bombes sans que ça interpelle.
Ben je regrette pas d'être abonné à ASI.
« Oui, attendez, j'ai tué mes enfants mais ce sont mes hormones » devient une défense acceptable ?
Puisque certains veulent en venir à la guerre des hormones : les femmes incarcérées ont souvent écopé de peines bien plus lourdes que les hommes "à crime égal". Parce qu'un homme est "viril" , travaillé par la testostérone, et une femme doit être douce, attentive, patiente, maternelle...
La presse sur ces questions, organise des débats ineptes, qu'elle soit de droite ou de gauche...tous leurs commentaires vont horrifier ceux qui les liront dans quelques décennies et n'y verront que l'expression de notre bêtise.
Cette femme va avoir un procès, ça répond certainement à la loi. Dans un pays civilisé, elle verrait autant d'experts que nécessaire, s'agissant d'une psychose puerpérale, et stop... Elle devrait ensuite faire l'objet d'un suivi thérapeutique serré.. Elle ne devrait pas être en prison, elle ne devrait pas être devant le juge dans le cadre d'un procès...
Quant à la durée de séjour en maternité, avec la période de latence de la psychose, elle n'est pas en cause. En revanche, il faut aider cette femme, son époux et son entourage autant que possible.
Ce qui choque, c'est que la justice, la presse et les lecteurs soient dans le coup d'une affaire pareille et qu'on mette un visage dessus, qu'elle soit livrée à l'opinion.
Notre civilisation me semble de plus en plus abjecte.
Marianne est à vomir ..... il y a combien de siècles que c ' était à gauche ????? et combien de femmes disent " j' ai peur. d' avoir envie de faire. du mal à mes enfants ?"
Helas , les meres infanticides que j' ai vu en psychiatrie souffrent de délire, de psychose maniaco dépressive, qui apparaissent après l' accouchement ...... et qui étaient la avant ..... Mais comment faire pour qu' une femme puisse voir une psychologue. quand on les met dehors de la maternité au bout de 2 jours ?
La vraie question me semble celle de la lutte contre les maladies mentales, qu'il s'agisse de celles conduisant des femmes à tuer leurs gosses ou de celles bien plus fréquentes (mais bizarrement non catégorisées comme telles) conduisant des hommes à faire la même chose.
Les lectures "guerre culturelle" des "deux camps" me semblent aussi mauvaises l'une que l'autre, puisque cherchant à faire de ces comportements qui concernent les deux une question de sexes.
La dépression post-partum (et troubles affiliés) est un enjeu spécifique, et genré. Il a toute une histoire, souvent assez violente, où son invisibilisation patriarcale joue un grand rôle.
C'est indépendant du problème général des violences intra-familiales. Ces violences sont avant tout masculines parce que la violence masculine et la soumission féminine sont traditionellement valorisées dans notre héritage culturel. Ce sont des enjeux sociaux et psychologiques liés à la représentation de soi, aux normes culturelles, à leurs relais, etc. Si on veut pathologiser, il faudrait parler de maladies culturelles (ce qui ne veut pas dire grand chose).
Le post-partum, par contraste, est plus ancré dans les bouleversements physologiques de l'enfantement, il ne va pas être évité par une meilleure éducation ou un contexte social plus féministe - par contre il serait mieux pris en charge, et pris plus au sérieux. Mais contrairement aux féminicides, les dépressions post-partum ne sont pas motivées par des opinions et des représentations culturelles.
Perso j'ai tendance à penser que s'il y a bien plus d'intérêt pour les pathologies bien plus rares des femmes que pour diagnostiquer celles des hommes c'est précisément une survivance des vieilles idées sur leur hystérie naturelle. Là où l'homme par contre est supposé dans un tel contrôle de lui même que ferait il des trucs de dingue ce serait en tout contrôle.
A mon avis, qu'il y ait ou pas une racine physiologique plus claire dans l'un d'eux, dans tous les cas les gens qui tuent leurs gosses ne sont pas parfaitement sains d'esprit (sans vouloir dire qu'ils sont irresponsables, ce qui est une autre question, a priori irresponsable impliquerait "pas sains d'esprit au point de ne pas avoir conscience que ce qu'ils font est mal" ce qui me semble plus rare dans les deux cas) et c'est plutôt en envisageant la question sous cet angle qu'on aurait le plus de chances d'éviter des drames, en dépistant les publics à risque des deux sexes et les poussant à se soigner.
Traditionellement, les états mentaux des femmes sont plus souvent pathologisés que ceux des hommes, parce que le médical est un outil normatif puissant. Là-dessus, que ce soit pour les hommes ou les femmes, notre société "psychologise" beaucoup les violences et les souffrances pour les individualiser : il n'y a pas de problème culturel ou sociétal, c'est juste toi dans ta tête, va te soigner, y a rien à voir. Une manière très néolibérale (très atomisante) d'évacuer la sociologie et l'anthropologie, approches plus contestataires et plus responsabilisantes pour le collectif. C'est un problème politique du même type qu'on retrouve quand il s'agit de désigner des actes "terroristes", de "loups solitaires" ou de "déséquilibrés" en fonction des responsabilités qu'on souhaîte pointer. Pour les violences de genre, les conservateurs ne sont pas très chauds pour analyser et critiquer les attitudes masculines que notre culture populaire promeut, et les attitudes féminines qu'elle stigmatise... On préfère dire que bah il avait des problèmes dans sa tête...
Maintenant le post-partum est un peu particulier. On parle bien de l'expérience de la grossesse et de l'accouchement, une expérience psychique et somatique propre aux femmes (même si on parle aussi, un peu métaphoriquement, du creux post-partum après "l'accouchement" d'une oeuvre, d'un grand travail, etc). Du coup, c'était à la fois un domaine peu connu dans le public (en tout cas dans les années 2000, quand une de mes collègues de l'époque travaillait dessus) et un peu déclassé par une médecine très masculine et androcentrée. Une conséquence publique était cette qu'on voit en filigrane dans cette affaire Clancy : une forme de négligence voir de déni sur ce sujet. Et quand cette médecine masculine s'intéressait au post-partum, c'était beaucoup, à nouveau, dans une optique de normalisation patriarcale : la pathologisation d'un manque de disponibilité sexuelle après l'accouchement. Les discours médicaux déterminaient quand la femme était censée reprendre des activités sexuelles "normales" (sous-entendu : due au mari, à l'époque du devoir matrimonial), quels étaient les "problèmes" physiques et mentaux qui y faisaient obstacle, et à partir de combien de jours après accouchement cessaient-ils d'excuser le manque d'envie sexuelle. Bref, une médecine androcentrée réussissait à la fois à invisibiliser une question (les gens n'avaient pas entendu parler du post-partum avant qu'il deviennt un sujet de discussion chez le médecin) et à la surdéterminer pathologiquement (le diagnostic cadrait, expliquait, normait et décrétait le calendrier des émotions et comportements féminins). Dans les deux cas, c'est l'effet d'une prise en compte culturellement biaisée d'un enjeu féminin.
Alors ça date. Comme je l'ai dit, ma perception du post-partum date des travaux de recherche d'une amie il y a vingt ans (travaux axés sur les normes imposées à la disponibilité sexuelle), et la médecine est dans un long processus conscient de dégenrisation. Mais cette affaire-là, précisément basée sur la superfcialité et la négligence des institutions publiques envers la phase post-partum, m'a renvoyé direct à cette problématique. Illustrative d'un pays en pleine régression sur ces sujets.
Mais c'est aussi dans ce contexte que le post-partum (ses normalités et ses troubles) est un sujet distinct de celui des violences intrafamiliales majoritairement masculines, et aux mécanismes "sociaux" très différents.
Peut-être que le problème est plus physiologique que culturel, mais la solution elle, pourrait être culturelle et pas uniquement médico-sociale. La solitude des couples dont la femme vient d'accoucher, le schéma de la famille nucléaire coupée du reste des liens familiaux et amicaux n'aident pas à traverser l'épreuve du post-partum.
Oui, bien sûr. Le post-partum est assez universel, et différentes cultures la prennent en charge différemment (je pense notamment à une grosse fête touareg qui mobilisait tout le clan autour d'une femme en dépression post-partum). Mais le culturel et le politique se rejoignent : dans notre contexte culturel plutôt atomisant, ces fonctions de soutien sont tenues par différentes institutions médico-sociales, et c'est un choix ("culturel", "politique", "de société") de les oblitérer - comme le fait la droite états-uniennes et les autres.
Même notre modèle "lâche-nous et va voir ton psy" suppose la disponibilité de psys, des services offerts par la société civile (professionels, ou milieu associatif). Et c'est, en soi, un enjeu de négociation culturel/politique puisqu'on a l'option -droitière- de considérer que c'est déjà trop donner, trop cher, trop "social".
Je n'en sais rien de la guéguerre idéologique !
J"avais une amie qui avait trois enfants.
Pour tenir, elle s'est alcoolisé à en mourir.-
Elle buvait au nez et à la barbe de tout le monde mari y compris !
Après la naissance du premier, elle avait fait une T;S. tentative de suicide
En lieu et place d'aide, elle s'était attirée les foudres de ses beaux parent !
Cela me donne encore envie de vomir !!!
Mais je pense :
- aux trois enfants de Lindsay Clancy
- à Lindsay Clancy et à ses demandes d'aide laissées lettres mortes
- aux pressions familiales : faut être une bonne mère et c'est tout
- au mari, il était où pendant que sa femme se débattait avec des problèmes pathologiques.
Ce qui est fantastique, c'est que personne ne semble se questionner sur la souffrance du père, qui a découvert les corps sans vie de ses trois enfants.