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Les capsules temporelles de Warhol, ou l'archéologie du quotidien d'hier

Un article de la BBC publié le 9 septembre dernier nous apprend que l'avant-dernière capsule temporelle d'Andy Warhol a récemment été ouverte, et a délivré ses secrets enfouis depuis les années 80. Les capsules temporelles sont des boîtes en carton dans lesquelles Andy Warhol a entreposé des tas d'objets : livres, journaux, magazines, cartes routières, cartes postales, timbres oblitérés, objets en plastique, photos, films Super-8, bandes dessinées, coupures de presse, disques 33 tours, etc. Six cent dix cartons pendant treize ans, soit un carton par semaine environ.

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Et parfois, dans le contenu disparate de ces boîtes, le même objet ou presque... regardez ce Mickey levant fièrement le bras, tel une dame du Juste Prix, comme pour désigner fièrement le contenu exceptionnel de la boîte! Chez Warhol comme chez Korkos!
un autre style de capsule temporelle ___>clic<
Le fil du fabuleux destin d'Amélie Poulain est aussi une capsule temporelle. Et Pompeï sous son volcan serait, d'après la rumeur, une capsule temporelle du temps de l'empereur Trajan (consulter Peplum, témoignage d'Amélie Nothomb.)
Le Coffret

À ma mère.

Ma mère, pour ses jours de deuil et de souci,
Garde, dans un tiroir secret de sa commode,
Un petit coffre en fer rouillé de vieille mode,
Et ne me l’a fait voir que deux fois jusqu’ici.

Comme un cercueil, la boîte est funèbre et massive
Et contient les cheveux de ses parents défunts,
Dans les sachets jaunis aux pénétrants parfums,
Qu’elle vient quelquefois baiser, le soir, pensive !

Quand sont mortes mes sœurs blondes, on l’a rouvert
Pour y mettre des pleurs ? et deux boucles frisées !
Hélas ! nous ne gardions d’elles, chaînes brisées,
Que ces deux anneaux d’or dans ce coffret de fer.

Et toi, puisque ton front vers le tombeau se penche,
Ô mère, quand viendra l’inévitable jour
Où j’irai dans la boîte enfermer à mon tour
Un peu de tes cheveux… que la mèche soit blanche !…

Georges RODENBACH
Recueil : "Les Tristesses"
Les boïtes de J Cornell,on pourrait appeler ça aussi des capsules temporelles?
Leur exposition au musée des Beaux-arts de Lyon était un rêve.
Alain nous fait cadeau d'une de ses petites boites personnelles. Moi, je me suis fait une boite "Korkos" sur mon ordi où j'ai mis en réserve ses 345 chroniques @siniennes.
Miracle, quand j'y pioche l'une d'entre elles ce n'est pas la nostalgie qui surgit mais le plaisir renouvelé de l'étonnement (ah, il a aussi parlé de ça !), de l'épatement (et tellement bien !) et du remerciement (mais là je cède la place à Oblivion).
Lorsque je me suis levée ce matin, je ne pensais pas me trouver ainsi devant une authentique oeuvre d'art, un billet d'Alain Korkos qui mêle le passé et l'avenir, le quotidien et l'art dans un grand moment de poésie.

Un article internet original, en plein dans le présent, et la poétique intemporelle de la nostalgie et du sens du futur.

Le créatif Alain Korkos l'a fait.
à propos de fonds de poubelle malodorants,l'ouverture éventuelle des "merde d'artsiste",boites de conserves contenant les excréments de l'artiste menzoni,chiées vers 1960,elle dévaloriserait définitivement ces oeuves,relativement chères,mais peut aussi rendre visible,avec une imagination conceptuelle sensible,l'odeur des aliments suculents ingérés pour leur réalisation.
Quand je pense à ces petits veinards qui, dans 10'000 ans, ouvriront nos capsules temporelles de déchêts radioactifs...
Le truc qu'on aimerait vraiment, c'est trouver un i phone dans la capsule temporelle de la première pierre de la basilique Saint Pierre d'Rome, (adhères-tu Alain Korkos?) un exemple au hasard (c'est le genre de monument, ça me serait égal qu'il s'écroule.., et tous les autres je préfère pas imaginer que leur goutte se rétame, par pure superstition).

Parce que ça me rend triste, pas vous?
Ces tentatives d'aller-retour, du futur lointain qu'on invite chez nous pour faire comme si on y allait, elles échouent et ça nous rend le ticket aller simple composté et non remboursable non échangeable.
Merci beaucoup, Alain.
Les visions futuristes des auteurs des lettres de la Detroit Century Box me rappellent ce tweet amusant :
Au XXI e siècle, il était prévu qu'on roule en voiture volante, et puis finalement les gens ont préféré se verser des seaux d'eau sur la tête.
Oui, Perec aimait bien le vélo : http://www.images-chapitre.com/ima1/original/434/751434_9140785.jpg
Heureusement qu'il y a les chroniques de Maître Korkos pour nous libérer du réel. ( pcc Nietzsche).
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