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Les bleus, le blé, le blâme

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absurde, injustifiable, immorale, cette grève de l’entraînement était superbe d’audace et de noirceur


Imaginons une situation fictive : pour un événement ponctuel qui se veut une grande fête populaire, disons la fête de la crêpe au sucre de Pouillebon-sur-Puc, on embauche des serveuses intérimaires. La plupart sont pauvres et d'origine immigrée (comme les serveuses intérimaires le sont souvent). Les relations avec leur hiérarchie sont loin d'être idéales, et cela se ressent dans la qualité de leur service. Au cours d'une pause de midi, c'est le drame : une d'entre elles, déjà connue pour être une forte tête, se laisse aller à insulter le chef d'équipe - en marmonnant de manière pas complètement intelligible, certes, mais, quoi qu'il en soit, des mots inadmissibles. Cela cause un énorme scandale : le public du festival, qui a été informé de cet incident et était déjà très critique sur l'équipe à cause de la qualité du service, est absolument choqué. Le maire lui-même s'exprime sur le sujet,... On demande à la serveuse des excuses, elle les fait, on lui demande des excuses publiques, elle les refuse, elle est virée. Le lendemain, le reste de l'équipe décide, contrairement à la tradition de la fête de la crêpe au sucre, de ne pas préparer la pâte à crêpe en public, mais uniquement en cuisine, en signe de solidarité avec leur camarade. Le scandale atteint alors des proportions inimaginables : tout le monde y va de son commentaire sur cette équipe de serveuses incompétentes, qui semblent n'avoir aucun respect pour la crêpe au sucre ni pour Pouillebon-sur-Puc.

Dans ces conditions, Judith, utiliseriez-vous ces mêmes mots : une grêve "absurde, injustifiable, immorale" ?

D'abord je ne vois pas comment il pourrait être absurde de vouloir soutenir un camarade. Pour le reste, c'est une question de point de vue, et il est difficile d'avoir un point de vue informé et objectif sur ces événements.

Surtout, vous déclarez vous réjouir de voir cette explosion, ce grand déballage, cette purge. Hé bien les joueurs, lorsqu'ils ont initié leur grêve, avaient probablement, consciemment ou non, exactement cette intention. Ils ont tout simplement refusé que le scandale ne touche que Nicolas Anelka, ils ont manifesté avec affront leur solidarité avec lui, pour que la purge soit totale. Et, quoi que veuille en dire la presse, ils continuent, depuis, de faire globalement preuve d'une grande solidarité, surtout compte tenu des circonstances.

Moi je trouve que cette grêve est la plus belle chose que ces joueurs ont fait avec leur maillot.
C'est quoi le blème? j'm'en occupe! (Sarko pas cossard)
j'aurais appris aujourd'hui que l'on peut traiter ses co-forumeurs de larve chez @si...
Souhaitons que le "peuple" se souvienne en 2012...mais la dependance des medias se fait de plus en plus grande.
Sinon la revolution ?
Dans le peu d'enthousiasme des Parisiens pour aller au casse-pipe en 1851 ne pas oublier la manière dont le peuple s'était fait avoir en 1830, quand, au lieu de la "république sociale", le tour de passe-passe d'une bourgeoisie effrayée lui avait refilé Louis-Philippe, sans compter quelques petits massacres de prolos, desquels le jeune Hugo ne fut pas totalement absent. Voir le rappel de tout ça dans l' Invention de Paris d'Eric Hazan
Tu es née, chère Judith, deux ans avant ma fille aînée.

Une façon de dire que tu pourrais être ma fille (chronologiquement)

Et que je me situe, à l'évidence, dans un autre espace temporel. J'ai été triqué d'importance par les CRS ("sécurité" est trop drôle en l'occurrence) en mai 1968. Avec des traces visibles un mois plus tard, ils n'y allaient pas avec le dos de la cuiller les bougres (je n'ignore pas que cela signifie "sodomites", et alors, existe-t-il un mot adapté davantage ?)

Tout ceci pour dire combien je serais fier d'avoir une fille telle que toi !

Aussi subtile que révoltée, aussi délicate que brutale, aussi violente que tendre...

Tu es une sorte de miracle et tu rends le monde moins sombre,

C'est un véritable exploit en ce moment !

Comment te remercier ?

Edit : la balle au pied était le sujet ? Et le complément d'objet, où est-il ?

***
@Judith

Je ne savais pas trop comment vous exprimer ma gratitude pour cette chronique, alors...

La lecture agrandit l'âme, et un ami éclairé la console. - Voltaire
Plutôt intéressant, ce que Vikash Dhorassoo (ex "bleu") écrit sur son blog :

L’heure du bilan pour une équipe Black-Blanc-Beur aussi vantée qu’imaginaire. C’était donc le moment de montrer au monde entier qu’une bande de “banlieusards”, de “caillera”, de mecs du ghetto pouvait tout éclater en Afrique du Sud. Le problème, c’est qu’en dehors de la Coupe Du Monde, ces mecs là, on leur promet le kärcher et une répression sans pitié. Il n’y aurait pas un petit lézard ? Le foot français est un foot de ghetto, aussi clivé que le reste de la société. Les banlieusards sur le terrain, les énarques et les chefs d’entreprise aux commandes. Et les vaches sont bien gardées. Vous nous avez offert un spectacle pitoyable mais prévisible, tant le champ était miné. Votre échec pointe du doigt, de façon implacable, ce qu’est le foot d’aujourd’hui en France, c’est-à-dire un foot de quartier, de banlieue, abandonné aux petits caïds du coin et aux guerres de clans et de gang.


http://dhorasoo.blog.lemonde.fr/2010/06/21/cest-la-lutte-finale-2/
Que dire à part qu'il est bon de voir écrit ce qu'on aimerait écrire soi même si on en avait le talent ?
Si seulement Judith, si seulement.
Pour ma part je suis beaucoup plus pessimiste.
Les gens oublient vite.
Très vite.

Cet après-midi encore, au sujet "qu'est-ce qui n'a pas de prix", l'étudiant interrogé a répondu : "Rien", "Tout a un prix."
Ah bon.
J'ai donc appris que j'étais potentiellement à vendre, comme on se payerait un fer à repasser, ou une nouvelle paire de pompes.
Ce soir la déprime m'assaille donc encore plus fort qu'à l'accoutumée.
Pour ce qui est de leurs revenus, désolé de vous le dire mais vous êtes à l'Ouest Judith :

cela n'a rien à voir avec les patrons 'voyous' dont les énormes salaires sont autant d'argent que les salariés ne touchent pas :

les joueurs sont les acteurs d'un spectacle qui génère des milliards d'euros rien qu'en droits télé (et je vous passe l'argent des sponsors...), et donc il est normal qu'ils en touchent une partie...c'est exactement la même chose que les acteurs d'Hollywood, sauf que les joueurs s'entraînent tous les jours, et pas 2 mois par an...et s'ils sont mauvais, leurs contrats, (qui sont toujours des CDD) ne sont pas renouvelés...

Par ailleurs, ils sont salariés d'entreprises privées.
Soyons honnêtes : si une boîte privée me propose des millions d'euros pour faire mon métier, je vais probablement accepter...et vous aussi Judith...

On n'a jamais vu un joueur mettre un flingue sur la tempe d'un dirigeant de club pour signer un contrat mirobolant...

En conclusion, sur ce coup-là, vous êtes dans ce que j'appellerais de la 'démagogie obscurantiste'.
News de l'assemblée nationale

Deux commissions d'enquêtes demandées par l'UMP:
une sur la rémunération des joueurs, entraineurs et sélectionneurs.. Vous voila proche de l'UMP Judith...
une sur l'organisation de la participation de la fédération à la coupe de monde.

Une troisième obtenue à la demande de l'opposition, sur les mécanismes spéculatifs ayant tenté de déstabiliser la zone Euro.. obtenue à l'unanimité, art.140. (tiens y aurait d'autres personnes que moi qui penseraient que la spéculation est au centre de cette affaire...)
Belle chronique, comme toujours merci.

Deux petits points parmi d'autres qui m'ont fait réfléchir. Tragédie et catharsis. Ok, même si j'ai rarement autant ri ! Parce que, il me semble, la pitié manque à l'appel. Ces joueurs ne font pas pitié. Pas ceux dont on a parlé ; quelques autres, discrets, peuvent passer pour des victimes et nous apitoyer.
Les autres sont justes risibles ; pas d'horreur ni de pitié.

Et puis ils n'ont pas la noblesse des héros tragiques ; ce sont de petits devenus grands grâce à un talent particulier, grâce au hasard/à la chance. Ca les rend très humains tout ça. Je ne suis pas d'accord quand vous dites que le rêve des jeunes aujourd'hui n'est fondé que sur les filles et le fric amassé.
Le foot est un sport populaire, proche du peuple : c'est cette dimension qui font de ces grands héros des héros populaires qui font rêver. Les petits pensent d'abord au plaisir du jeu, qu'ils ont en partage avec ces "grands". Un héros admiré est un héros qui a des défauts (Héraklès était un peu con, Ulysse, Oedipe, super orgueilleux, Achille hyper têtu, c'est le sujet de l'Iliade). D'où Zidane, et la grandeur de sa timidité et de ses "coups de tête".
Je ne crois pas que l'argent a déjà tout pourri. Les rêves peuvent encore exister, et peut-être encore grâce à ces sportifs, qui sont peut-être les derniers sur lesquels on puisse compter pour faire rêver (on est un peu pauvre en héros politique en ce moment....).
Bravo Judith ! Toujours au top !
Sarkozy réunit des "pros" pour courir au secours du foot français.
Ceci est tout simplement interdit. La politique n'a pas à se mêler de foot. C'est dans les règles internationales
Voici ce qu'on pouvait lire sur la 2ème chaîne allemande cet après-midi

"Sarkozy (Photo) veut faire le ménage chez "Les Bleus"

Le Président Sarkozy donne une priorité absolue au blamage de l'Equipe tricolore et convoque pour octobre les états généraux du football français, ajoutant "les responsables devront tirer les conséquences de ce désastre".
La secrétaire d'Etat Rama Yade a même annoncé "un big-bang du foot-ball français".

Mais l'intervention des politiques a un "hic". La FIFA interdit formellement toute ingérence des institutions politiques dans la politique de la fédération et a déjà suspendu de nombreux pays pour de telles infractions."


Assez inimaginable, comment Sarkozy gratte des voix à n'importe quel prix.

Un chef d'Etat de bas étage, la risée du monde entier qui se met au niveau des dictateurs se mêlant de sport. Les antécédents de ces pratiques sont connus.

Les Africains font d'ailleurs pas mal de blagues à ce sujet. Enfin, ils ont vu la France non pas comme le pays qui leur donne des leçons mais comme celui qu'il est possible de battre. Les blagues fusent au Sénégal.
apres l'histoire du traitre, voici le re-traite !
La solution du cluedo: c'était le maitre d'hotel avec le dictaphone dans la chambre.
Cette chronique, c'est de la balle! Que je sache.
Un sujet qui me paraît intéressant dans ce rapport à l'argent: Le rapport temps de couverture dans les médias entre le procès Kerviel et celui de Messier! Du Kerviel dans tous les sens, J2M, et les sommes qui en retournaient beaucoup moins.

Alors que le parquet demande l'acquittement de j2m, le même jour, la SG demande 4,9 Mds€ à Kerviel!!! (oubliant que les 4,9MDs€ de perte lui ont permis une jolie ristourne fiscale de quelques 1,5Mds €....)
Le foot, le foot................. A quand des états généraux de la pétanque ? il y a urgence Mr Sarkozy !
C'est certainement très bien vu dans le champ médiatique. C'est-à-dire si on accepte que les joueurs ont tout foiré et que c'est de leur faute.

Mais personnellement, je crois que le scandale est bien en amont.

Ce qui m'a toujours frappé dans le sport, jusqu'ici, c'est le chauvinisme.
Et tout ce nationalisme exacerbé aboutissait au bouquet final : Thierry Roland faisant des blagues limite racistes contre les adversaires de l'équipe de France, et même parfois carrément. Je me souviens d'avoir zappé une fois où il parlait des macaronis ou des spaghettis en parlant des Italiens. En gros, l'équipe de France était la meilleure et tous les autres étaient des cons et des étrangers, mot ayant une signification très péjorative dans la bouche de certains commentateurs.
Lors de la coupe du monde 98, les Français étaient des spécialistes du taclage, ce qui fait que les autres joueurs craignant pour leurs chevilles les approchaient peu. Mais personne jamais ne s'en est officiellement offusqué, sauf si l'autre équipe le faisait. Il faut dire que le taclage était très à la mode.
J'ignore si ça a un rapport, mais l'équipe black blanc beur avait pour capitaine Deschamp et quand même était très mélangée mais globalement plus blanche que foncée.
Tout ce que faisait l'équipe de France était inconditionnellement admis comme juste quelles que soient les circonstances. Voir le coup de boule de Zidane quelques années plus tard.

Cette fois-ci, nous avons un scénario exactement inverse : quoi que fasse l'EDF, ça ne va jamais.
Elle réussit à se qualifier in extremis, alors qu'en 1998, elle avait été qualifiée sans se fouler puisqu'elle était le pays organisateur. Et à cause d'une main d'Henry, le capitaine métis de l'équipe, tout le monde leur tombe dessus, c'est une curée sans nom.

Le soir de la qualification pour la coupe du monde, les Algériens de France font la fête aux Champs Elysées, et personne parmi les Français ne se félicite officiellement ni parmi les officiels, les médias, ni même les supporters habituels.
Et là, ce n'est que le commencement, parce qu'on ne leur laissera rien passer. Rien. Tout va toujours de travers, le sélectionneur, les joueurs, les cadres de la fédération.... Anelka s'énerve dans le feu de l'action, il profère des insultes même pas en face, et il est viré. Rappelez-vous que Zidane avait donné un coup de tête à Materazzi et que tout le monde l'avait excusé, et presque félicité, alors même qu'il avait oblitéré en faisant cela toutes les chances de l'équipe de France, mais le voyou, c'est Anelka. Tout le monde y passe.

Il m'a toujours semblé qu'il était une évidence qu'on soutenait son équipe, et qu'on la critiquait et qu'on faisait les réorganisations nécessaires après la défaite. En attendant, on soutient son équipe, quoi qu'il advienne. On évite de la critiquer, surtout si il faut qu'elle fasse un carton énorme contre une équipe à sa portée comme l'Afrique du Sud. Les choses les plus incroyables ont été dites sur les membres de l'équipe, que c'était des gars de banlieue qui de ce fait étaient des voyous par essence, j'ai même lu que Gourcuff était homo et que Ribery et Anelka étaient homophobes.... Tout et n'importe quoi.... Il y a peut-être là de la vérité, mais qu'est-ce que ça vient faire là-dedans, on a tous des raisons de ne pas s'entendre avec nos proches.

Les assertions les plus folles sans que personne ne sache rien, puisqu'ils étaient bouclés dans leur hôtel et devaient se taire, avec en toile de fond la concurrence entre l'Equipe et le Parisien qui se disputaient les scoops, quittes à dire n'importe quoi en grossissant les faits les plus insignifiants.

N'importe quelle personne avec un peu de psychologie, et même les supporters, savent que si on veut que son équipe gagne, il faut l'encourager. Sinon il n'y aurait aucun besoin de clubs de supporters.
Mais on s'est ingénié depuis le début à disqualifier cette équipe, à la critiquer, à la détruire, puisque forcément, l'image qu'on a d'une collectivité à l'intérieur se joue à travers le regard des autres qui tournent autour. On reste soudés et on est une vraie équipe si le regard des autres est positif sur vous individuellement et collectivement.
La défaite était courue d'avance, et ça a beau être des millionnaires en maillot, ils sont comme tout le monde, ils réagissent à des affects et des stimuli élémentaires. Et ils ont fait n'importe quoi, de façon tout-à-fait logique vue la façon dont ils ont été traités...

Entendons-nous bien, je ne demande pas à ce qu'on leur passe n'importe quoi comme auparavant, je demande une juste mesure pour eux : qu'on les félicite quand ils gagnent, qu'on les encourage, et qu'on ne les lynche pas quand la défaite vient, il y a forcément des perdants, et surtout qu'on ne les traite pas de tous les noms lorsqu'ils doivent jouer un dernier match qui permettrait encore la qualification. Ils ont TV5 (ou la chaîne qui lui a succédé) dans les hôtels de luxe en Afrique du Sud comme partout dans le monde..

Pourquoi ce retournement, je m'interroge, et j'ai plusieurs hypothèses sans décider laquelle vraiment, mais elles peuvent se superposer...

La première est que c'était une équipe avant tout black, avec un capitaine métis, et ça a eu une résonnance sur l'attitude des regardants.

La seconde est que pour soutenir une équipe structurée et collectivisée, il faut être soi-même structuré et avec de forts liens sociaux. Elle s'appelle Equipe de France, on ne rajoute jamais de football, et ce n'est pas par hasard, les mots ont un sens. Elle est la projection de notre propre collectivité nationale qui est en train de se délitter à une vitesse grand V.

Notre collectivité souffre et le projette sur son équipe. Ces joueurs ne sont que le reflet de notre discorde, les pauvres contre les riches, les noirs contre les blancs, les banlieues contre la bonne société française et franchouille....... Cette sorte de grand mouvement centrifuge qui nous anime et qui, si nous n'y mettons pas un terme, va nous tuer. Je ne nie pas qu'il y ait des intérêts et des cultures différentes, dans le sens le plus large du mot, ce que je dis, c'est que dans n'importe quelle collectivité, il faut s'accorder. Il faut être ouvert à l'autre et à ses problèmes, sinon ça ne peut pas le faire.Toute la société, comme l'équipe de France, est paralysée.

C'est un long chemin que nous avons à faire. Et je ne vois pas les choses s'arranger...
Ce phénomène d'atomisation a été le ferment du sarkozysme et il concourt à l'aggraver. Et les symptômes sont de plus en plus patents. Et cette attitude par rapport à l'équipe de France en est un des principaux.



.
Toujours sur le thème de la probité de nos représentants, voir un article de Maitre Eolas : Et si pendant la coupe du monde, on légalisait le financement occulte des partis politiques.

C'est tout frais. Cette proposition de loi a dû être examinée ce matin au sénat.
perso j'ai trouvé leurs scènes tragi-comiques particulièrement shakespeariennes !!

"Well heaven forgive him and forgive us all !
Some rise by sin and some by virtue fall :
Some run from brakes of ice, and answer none,
And some condemned for a fault alone. "
Measure for measure

(faut dire que rise by sin avec toutes ces pépètes à la clef c'est fort tentant !!!!)

excellente chronique Judith (et bonne nouvelle avec ce prochain Dans le texte en compagnie de Victor Hugo....et donc forcément des naboléons !..)

nb : le titre "Bleus, Blé, Blâme" c'était pour rappeler le "Black, Blancs, Beurs" de 98 ??
Judith, ou comment ramener les bras cassés de 2010 à leur niveau en 3 tous petits mots, bravo :)
Bien belle chronique Judith...
Elle va me porter jusqu'à République pour montrer qu'il est encore possible de montrer son mécontentement devant tant de cynisme politique !
il y a donc une «morale», qui a emporté alors une victoire



Ah bon ?
Il est bizarre, ce "donc". Et je ne comprend pas la signification de ces guillemets autour de morale. Au fait, laquelle, de morale ?

Celle qui, d'un doigt vengeur, condamne l'humanité souffrante à "gagner son pain à la sueur de son front", comme dit la bible ?
Pourquoi voulez-vous voire de la morale, sans préciser laquelle ni expliciter ce "donc" là où il n'y a à voire que la lutte ?

Je vous invite à lire deux textes qui se téléscopent. Celui, hilarant de Vikash Dhorasoo (un membre de lesbleu de 2006). Et il dit
[quote=VD]Le foot, ce n’est que du foot, et rien d’autre. Oui, les joueurs de foot sont indispensables au football, mais tout le reste n’est indispensable qu’à l’économie du football.
en invitant les joueurs à renoncer à leur prime de match et leur salaire mirobolants. C'est vrai, cet argent en moins pour eux, c'est de l'argent en plus que les annonceurs publicitaires et les chaines de télévision ne payeront pas. Hé bien justement, c'est de ces sortes de personnes que Dhorasssoo aimerait voire les footballeurs s'émanciper.

Bien sûr, il rêve tout haut, Vikash. Mais au moins il pose une chose essentielle. Tout cela n'est pas de la morale. C'est du rapport de force. Y compris chez les millionnaires.



Eh puis ensuite, vous pourriez parcoure celui-ci

[quote=LT]Les moralistes souhaitent par dessus tout que l'histoire les laisse en paix avec leurs bouquins, leurs petites revues, leurs abonnés, leur bon sens et leurs règles. Mais l'histoire ne les laisse pas en paix. Tantôt de gauche, tantôt de droite, elle leur bourre les côtes.

C'est de Léon Trotsky. Si si.
Je suis pas Trotskyste. Pas du tout. Mais ce texte a au moins le mérite de rappeler où on doit laisser la morale : à la maison.
Judith, c'est toujours un plaisir de vous lire.
Du bon français, ce qui est si rare dans les médias, et un texte qui se tient dans ses arguments.
Tout simplement merci.
Je crains de ne pas être d'accord sur l'ensemble et le principe, celui de la critique de l'argent facile.

Votre démonstration de l'argent qui pourrit le sport ne tiens pas. Vous avez fait une démonstration franco française. Les joueurs de l'équipe victorieuse ne sortiront pas miraculeusement du lot, ce n'est pas la coupe de France avec le district qui bat la nationale 1, il y a de fortes chances que ce soit une grosse équipe avec des joueurs payés à l'équivalent français. Prenez les espagnols et leurs clubs en têt de la course au fric, ils ont été impressionnants. Donc l'argument du fric pourrit le sport ne tient pas.

Je le trouve qui plus est extrêmement dangereux dans le contexte de politisation du sujet, où seulement après deux jours sur ce thème, on en a déjà entendu des vertes et des pas mûres, sur les caids UMP ou l'assimilation du FN. Dézinguer ces joueurs avec l'argent, c'est ouvrir la porte en grand à l'étape suivante la stigmatisation sociale qu'on entend déjà avec force. ou bien encore sur ce nationalisme purulent, du non respect du maillot France!!! (pour un gouvernement qui s'attache à faire respecter les symboles nationaux, le maillot compte plus que les hommes qu'on pourra eux jeter en patture, bien qu'ils n'aient rien fait de répréhensible, sauf peut être ne pas avoir voté UMP!)

Et puis je n'ai rien contre l'argent facile non plus, tant qu'il est honnêtement gagné, qu'il ne foule pas les principes moraux établis, et non ceux qu'on se hâte de construire pour mieux vilipender. Ce ne sont pas les contribuables qui payent, ils ne gagnent pas de l'argent en faisant travailler des centaines d'enfants chinois au fond d'une glauque usine. CE ne sont peut être pas de grands intellectuels, mais ils n'ont rien à se reprocher sur leurs gains qui est quand même le fruit de 15/20 ans d'entrainement quotidien, de sacrifice de vie dans le sens unique de la réussite sportive.

Et finalement l'argument que des salaires moins élevés serait un atout pour répondre à l'argument "regarder les salaires des footeux", est un peu faible. Il y en a quantité d'autres pour contredire le cumul de fonctions, le versement de salaires en provenance de la poche du contribuable ou je ne sais quoi.


Finalement malgré que votre réflexion soit assez avancée, elle se plonge dans cette facilité qui ne voit malheureusement pas plus loin qu'elle même. C'est donner la prime à la critique, à la politisation du sport, et l'on risque d'entendre parler d'Anelka & co pendant pas mal de temps mais dans des termes que vous réprouverez vous même. Mais il sera trop tard pour stopper le énième train de la racialisation et du mépris social.

Je serai finalement beaucoup plus enclin à voir dans cette équipe de France, une sorte de résistance héroique comme l'a fait Mike, au détail prêt de Domenech ne serrant pas la pince de l'entraineur de l'AS. Car ne nous trompons pas cette image d'irrespect de l'adversaire, de l'entraineur détenteur en titre de la coupe de monde, est sans doute celle de l'irrespect auquel a répondu Anelka. Mais la proie Anelka était trop belle, et les intérêts trop grands pour ne pas voir la vérité, d'un entraineur tyrant, en faisant des joueurs à leur tour des mauvais français.
Le psychodrame footeux est notre divertissement pascalien, il relègue bien au second plan la réforme des retraites et toutes ses conséquences (mais c'est étudié pour).

Très belle chronique !
Pour mémoire.

Il y a environ dix ans, Trezeguet, goleador fraichement arrivé à la Juventus (qui pouvait au demeurant constituer une pièce de choix dans le shéma tactique proposé par l'EdF lors de cette dernière Coupe du Monde) répondait à la question d'un journaliste :
-"Quelle est la question la plus stupide que l'on vous a posée ?" (de mémoire)

... par un éloquent :
- "Combien gagnez-vous ?", le tout avec le sourire en prime (de matche).
C'est marrant, "héroïsation", ca ressemble à "érotisation"
Très bien !
Voté, lu, relu, et c'est très surprenant : vous nous donnez à penser qu'il y a de l'espoir, peut-être !
Mais votre exemple de Napo3 vs. l'Assemblée est plutôt refroidissant. Cependant, les contextes sont-ils comparables ? (c'est une question, pas de la rhétotique).
Eh bien, moi, je les ai trouvés héroïques, ces Bleus !

Honte, je dis bien honte à tous ceux qui ont affirmé que l'image de la France pouvait transcender ses symboles alors qu'elle est toujours incarnée par des hommes. La France, cela a été de Gaulle, c'est Sarkozy et c'est aujourd'hui les Bleus. Sans ces hommes, ce mot de "France" ne veut rien dire, ne signifie rien, n'a aucune réalité.

Et je suis fier d'une France qui vient répondre "Casse-toi, pauvre con !" à celui qui vient lui dire : "Ne me touche pas, tu va me salir!". Comme j'engage tout jeune à répondre : "Va te faire enculer, sale fils de pute !" à tout individu qui lui manque de respect.

De quoi ? L'argent ? La somme d'argent payée doit tout excuser ? Parce qu'on est bien payé, trop payé, on doit tout subir ? Je vous le demande solennellement : à quel prix, à quel salaire êtes-vous prêts à monnayer votre honneur, votre dignité ? La voilà, la marque du héros, l'honneur n'a pour lui aucun prix, et lorsqu'il sent qu'il est victime de l'injustice d'un système, il ne se tait pas, ne porte pas un chapeau bien trop grand pour lui mais se défend, se rebelle, se rebiffe !

Héroïques, ces Bleus solidaires entre eux et avec Anelka, héroïques, ceux qui ont boycotté cet entrainement, ceux qui ont par là redonné une âme à la France (ou peut-être ceux à qui la France a redonné une âme, cette âme du héros !), ceux qui ont eu le simple courage de traiter de traitre celui qui est venu baver cette remarque d'Anelka à un journal de merde dont la vente ne s'est toujours faite que par les immondes crachats qu'il a toujours lancés sur cette équipe. Honte à celui qui s'est dit appartenir au groupe France et qui n'a pas hésité à le trahir !

Héroïque même, ce Domenech qui refuse la courtoisie et de serrer la main d'un entraîneur de l'équipe sud-africaine parce que ce dernier avait sali l'image de l'équipe de France dans une de ses interviews !

Tous ceux qui pensent que l'héroïsme est lié à une quelconque somme d'argent ou passe après la courtoisie, tous ceux-là sont des larves, des rampants, des nuisibles.

C'est eux et uniquement eux qui démontrent que la dignité humaine n'existe pas mais que la dignité du héros est éternelle !
Judith : ben ... juste merci.
Puissiez- vous dire vrai! En ce moment,la débandade est dans le sport et la politique.Tragique et ridicule. Pourtant l'espoir que cela change la donne est bien mince :.L'argent et le pouvoir,le pouvoir et l'argent.une alliance ancienne et qui semble indéboulonnable.Je voudrais espérer avec vous. Merci pour votre beau texte.
"Roselyne Bachelot, qui sera venue répondre à cette grave question : que pense-t-elle du salaire du nouveau sélectionneur Laurent Blanc (100 000 euros par mois) ? Ce qu'elle en pense ? "C'est ce qu'il était en droit d'attendre". On a trop besoin de sa très haute compétence. Il gagnerait bien davantage à l'étranger, et tous ces arguments inusables. Donc, tout continue, ou va tenter de continuer. Pas touche au foot-fric. Et Judith est peut-être bien optimiste, quand elle estime, dans son excellente chronique, que le psychodrame sud-africain aura au moins eu le mérite de faire exploser le pervers "modèle" de réussite, offert aux "gosses des banlieues". La voyouterie, incrustée au coeur de l'Etat (cumuls, cigares, conflits d'intérêt en tous genres) comme au coeur du foot (insultes, refus de poignées de mains, etc), ne se laissera pas désincruster si facilement." dites-vous Daniel Schneidermann dans votre chronique du jour.

Je suis d'accord avec vous, Daniel, à ceci près que je ne pense pas que Judith soit aussi naïve que cela (bien qu'elle nous ai déjà avoué aisément et régulièrement l'être), je ressens son billet comme un appel, militant, au combat, un rêve qu'il ne tient qu'à nous de concrétiser, mais pas une chimère pour autant.

Je suis avec elle dans cette lutte.

yG
Je suis indignée révoltée, une fois encore une fois de trop !
France 3 hier au soir a dépassé largement les bornes. En pleine affaire Woerth, la vieille d'une manifestation sur les retraites, après l'annonce du renvoi des humoristes sur France Inter alors que les sujets brulants ne manquent pas. Il fallait d'urgence dépêcher des reporters de guerre à Massy, où un enfant avait été refusé dans son école avec un maillot du Portugal. Heureusement c'était le Portugal, s'il s'était agit d'un pays sensible on frôlait un conflit interplanétaire. Que cette actualité qui aurait dû se régler avec la Directrice et éventuellement l'IEN de celle-ci arrive aux oreilles de F3, c'est déjà très étonnant. (Une copine d'un journaliste, peut-être), Le motif "peut-être" légitime en était que les bagarres entre enfants se multiplient durant la coupe du monde et que le maillot peut-être considéré comme un signe ostentatoire . Bien entendu cela n'a pas été dit comme ça, trop compliqué pour la clientèle. On a interrogé le petit traumatisé et la mère indignée devant l'école..Ils devaient être restés là le temps que les journalistes arrivent ! Il paraitrait que la Directrice aurait dit qu'elle voudrait bien revenir aux blouses grises.
Bref du vrai professionnalisme : Entièrement à charge. A la guillotine la Directrice et ses conflits de cour de récréation, lapidons les enseignants ! Ne parlons pas des sujets qui n'ont rien à voir, comme la violence de plus en plus importante dans les cours de maternelle, les propos de certains enfants qui choqueraient (Porte et Guillon), les classes surchargées, la misère sociale des parents. Bref le stress des Directeurs d'école qui doivent multiplier les équipes éducatives pour aider enfants et parents, puis soutenir leurs collègues à bout, et régler les petits ou les gros problèmes avec des parents vindicatifs et de plus en plus procéduriers. En cette fin d'année où la plus motivée d'entre-nous se sent à bout, c'est un chiffon rouge agité à nos naseaux. Assez Assez ASSEZ !
Bonjour,
Bravo Judith, vous avez presque tout dit.
J'ajoute un petit épisode qui vous a échappé. Je suis tombé par hasard sur le C dans l'Air consacré à l'épisode. Il fallait voir l'état de Calvi lorsqu'il s'exclamait : "Comment ont-ils osé faire grève !!! Quelle honte !!!" On ne se refait pas.
He he he! En pleine forme Judith! J'ai ressenti exactement cette même jubilation (absolument non-coupable) à suivre cet Ersatz "Sophocléen" (amis du néologisme bonsoir...). En revanche, j'aurais une vision probablement plus sombre quant à votre conclusion, mais c'est une autre histoire...
Merci pour cette chronique!
Ce qui est écrit j'aurais pu l'écrire!!!emais c'est mieux écrit!!!
Ceci dit , jamais le foot ne m'avait autant interessée!!
ILS cherchent des raisons, je peux les leur donner rapidement, le fric, le fric,le fric...
...
Merci Judith Bernard,
Le dévoilement s'est opéré, dans un ultime acte tragi-comique.
Le rien s'est cristallisé gaiement dans un quasi-non-événement, sublunaire à souhait...
Lefoute n'est qu'un jeu. Lébleus des humains, trop humains.

C'est peut-être faire trop d'honneur au néant que d'invoquer les Hugo, les Napoléon, légrecs anciens, lenietzsche.
L'exercice auquel vous vous risquez est perilleux : mettre en perspective la platitude totale et totalitaire.
Que peut il s'en détacher ? Une ligne de fuite ?
Il n'y a guère d'autre relief dans cet épisode de lefoute, que le déchainement de passions stériles, circulaires, auto-référentielles.
Bref, du sport support médiatique, version début du "siècle de Judith".
Il nous reste 90 ans pour infléchir la tendance !
La chute approche, la rupture est "àvenir".

Merci aussi pour votre écriture.

JP
"Mais l’exemple, s’est-on écrié partout? Pour la jeunesse en quête de repères, pour les petits footeux réclamant des modèles, pour les gosses de banlieue se cherchant une conduite et un avenir, quel épouvantable spectacle! Allons bon: ne fait-il pas meilleure école, ce spectacle, que la vaste hypocrisie par laquelle on prétend leur offrir avec le football un noble idéal quand il n’est que miroir aux alouettes? Cela fait longtemps que ce répertoire de mauvais gestes et cette tribu de mauvais garçons ne font «rêver» que pour d’assez viles raisons (le flouze et les gonzesses), dans cette sorte de concupiscence qui n’est pas forcément le meilleur appétit à éveiller chez nos pré-ados égarés. Le fiasco ultime de l’équipe de France a ce mérite de couper court à l’héroïsation abusive de ces sportifs dont les talents objectifs ne justifiaient pas le dixième de leurs émoluments.
A moi, les fortunes qu’on verse aux «grands» joueurs, de France ou d’ailleurs, d’ailleurs, ont toujours paru parfaitement obscènes. Quels que soient les talents – il en est dans d’autres métiers, qui ne sont pas si bien rétribués – elles ne se «justifient», in extremis, qu’en vertu de la loi du marché dans sa plus délirante démesure ce qui, de mon point de vue ne saurait se confondre avec quoi que ce soit de «juste». Elles servent trop facilement les politiques et les grands patrons, quand il s’agit de relativiser les colossales rémunérations qu’ils s’autorisent - «mais c’est moins que certains joueurs de foot!» répétaient-ils à l’envi - lesquels patrons et politiques savaient jusqu’ici pouvoir compter sur l’indulgence qu’inspirent les fabuleux joueurs et leurs fabuleux salaires pour désamorcer les querelles d’argent qu’on eût été tentés de leur chercher. "


Merci Judith.

Hélas, j'ai peur que cette leçon, malgré votre louable effort, ne soit jamais entendu.
Elle ne le fût pas du temps du Heysel (1985, 39 morts, 600 blessés), alors... Ils vont encore chercher des boucs-émissaires ici et là et prier pour que l'homme providentiel dont il rêve nettoie tout cela et redonne l'éclat sans lequel ils ne sauraient se vautrer dans pareil fange.

Il y a moins d'une quinzaine, dans Libération, une critique d'un ouvrage d'un architecte spécialiste des Stades, Marc Perelman m'avait particulièrement plu, car, l'homme bien que fin connaisseur de cette chose architecturale ne la dénonçait pas moins, et s'attaquer avec force à ce mythe de la communion par le sport et son réceptacle, le stade.

yG
Bonjour,

La bulle a éclaté, vraiment? Celle des Bleus, peut être, et encore pour un temps. Ils vont fort confortablement retrouver leurs clubs respectifs, et leurs non moins confortables émoluments. Quant aux autres équipes, Italie, Allemagne, Espagne, les joueurs sont ils payés au SMIC? Le système est toujours vaillant, et je ne vois pas pourquoi ça changerait. Accuser les joueurs est bien pratique, ça permet de ne pas remettre en cause tout le reste, la course au fric, dont ils sont certes, en partie, les bénéficiaires, (ils sont loin d'être les seuls), mais certainement pas les initiateurs...
Entendu hier: "ils avaient une obligation de résultat". Ah bon? Depuis quand, au foot, on gagne à tous les coup? Il en faut bien qui perdent, non? et la glorieuse incertitude du sport? Hu hu hu, je me marre....Tout est tellement affligeant dans cette histoire. (sauf la grève...la lutte finale en pleine coupe du monde, il fallait oser!)
Bon, fini de rire, la patrie est en danger, Heureusement, Nico (pas Anelka, hein, l'autre...) a pris le dossier en main. Je suggère que notre Kim Jong Il national se charge de la prochaine sélection, et que Roselyne s'occupe de l'intendance (c'est une femme, non?) : réservation des hôtels, etc, etc.
Dommage que le ridicule s'obstine à ne tuer personne...
Bon, c'est pas tout ça, j'ai ma retraite à payer, moi.
Bonne journée.
"Accuser les joueurs est bien pratique, ça permet de ne pas remettre en cause tout le reste, la course au fric, dont ils sont certes, en partie, les bénéficiaires, (ils sont loin d'être les seuls), mais certainement pas les initiateurs... " dites-vous SYLVIE MAUGUEN.

Hélas, dans cette course au fric, aux vertus du mérite, il n'y a pas d'initiateur ou plutôt, il n'y a que des initiateurs, tous ceux qui l'acceptent et y participent donc, les joueurs sont AUSSI responsable que les autres se prêtant à la mascarade du mérite dans un système libéral qui ne connait que l'offre et la demande.

Les vertus du sport (par opposition à activité physique), quelle éternelle connerie. Combien auront la véritable force, au delà du plaisir manifeste et égotiste qu'ils ont à pratiquer telle ou telle activité, de dénoncer cette hypocrisie collective ?

yG
Pas d'ac.. Yannick, les joueurs (les bons) touchent des sommes considérables pendant maxi 6 7 ans
et ne jouent ( haut niveau ) que 10 ans ( toujours les bons )
Ils sont combien à toucher des sommes pareils ? 30-40,
et les milliers d'autres ?
tention, je ne les défends pas, simplement, faut (re) mettre l'église au milieux du village !
merde, je parle religion, ça m'obsède ce caca qui ne veut pas sortir de m[s]on cul[/s] a tête
pardon
gamma

Bon, c'est pas tout ça, j'ai ma retraite à payer, moi.


Non. La retraite des anciens d'aujourd'hui, oui. La votre... Who knows?...
Et bien, qu'en savez vous? Qui vous dit que je ne mets pas la moitié de mon salaire en noisettes, pour ma retraite à moi, rien qu'à moi??
Bon, blague à part, je sais bien que ce sont les pensions d'aujourd'hui qui sont payées avec les cotisations. Je trouvais juste que c'était plus rigolo écrit comme ça. (Je me doutais bien qu'il y aurait quelqu'un pour relever....)
Et oui .. on aura l'air malin avec nos grandes leçons de morale sur la défaite du football-fric-bling-bling .. quand l' Argentine ou l'Espagne ou l'Angleterre ou le Brésil sera devenue championne du monde le 11 juillet, on dira quoi après ?.. que finalement c'est bien les joueurs les mieux payés du monde qui ont les meilleurs résultats , biensur... car vous croyez vraiment, Judith, que nos Bleus sont uniques en leur genre ?

C'est toujours fascinant de lire un article (et celui-ci n'est evidemment pas le premier) qui commence par "je n'y connais rien, ca ne m'interesse pas, mais je vais quand meme vous donner mon avis"..
Ha l'Argentine et Maradona... Un autre sélectionneur grand acteur, un vrai numéro à lui tout seul.
Si c'était à Maradona qua Raymond avait refusé de serrer la main, c'eut été un grand moment de télévision!!!
"C'est toujours fascinant de lire un article (et celui-ci n'est evidemment pas le premier) qui commence par "je n'y connais rien, ca ne m'interesse pas, mais je vais quand meme vous donner mon avis".".

Il me semble que dans Harakiri, journal bête et méchant, il y avait une rubrique intitulée "Je ne lai pas lu, je ne l'ai pas vu, mais j'en ai entendu causer"
Chère Judith,
Pourquoi cet amalgame entre les importantes rémunérations de quelques stars du football et les abus de certains de nos élus ? Il y a d'un côté un financement privé et d'un autre les deniers de l'Etat. l'Etat c'est tous les français, et son financement se fait par les impôts et taxes. Le financement des footballeurs provient de sources beaucoup plus diverses et compliquées.

A ce propos, que pensez-vous de ces supporters de football interviewés parfois à la TV et qui déclarent fièrement, le torse presque bombés, que malgré leur salaire de smicards, une fois leurs charges payés, tout leur budget passe dans leur passion footballistique ? Que pensez-vous de ces très nombreux français qui dépensent tout leur argent dans des cotisations à des clubs de supporters, en places de match, en t-shirts et autres colifichets ?

Que pensez-vous des prix exorbitants payés par les chaines de TV comme droit de retransmissions des matchs de football ? Droits qui ne sont même pas couverts par la publicité passé à la mi-temps de ces même match....

Alors oui, quelques stars du football gagnent énormément d'argent pour des talents et des vertus non "discutables" mais "subjectives".

Sinon pour le reste je suis d'accord avec vous.

Cordialement
"Pourquoi cet amalgame entre les importantes rémunérations de quelques stars du football et les abus de certains de nos élus ? Il y a d'un côté un financement privé et d'un autre les deniers de l'Etat. l'Etat c'est tous les français, et son financement se fait par les impôts et taxes. Le financement des footballeurs provient de sources beaucoup plus diverses et compliquées." dites-vous René MALKA.

Parce que ce qui choque, Judith comme moi, ce n'est pas tant la provenance des deniers, que leurs importances en relation avec celles des autres citoyens de ce même pays. Peu importe que leur salaire soit la résultante de la bête loi du marché, de l'offre et de la demande, cela ne rend pas l'écart entre les leurs et les nôtres acceptable, légitime, juste, qu'on parle du privé ou du public, c'est du pareil au même, éthiquement parlant.

"A ce propos, que pensez-vous de ces supporters de football interviewés parfois à la TV et qui déclarent fièrement, le torse presque bombés, que malgré leur salaire de smicards, une fois leurs charges payés, tout leur budget passe dans leur passion footballistique ? Que pensez-vous de ces très nombreux français qui dépensent tout leur argent dans des cotisations à des clubs de supporters, en places de match, en t-shirts et autres colifichets ?"

Moi, ils me font carrément pitiés, comme la plupart des monomaniaques. On n'est plus alors dans l'ouverture, mais dans la passion exclusive, qui est par définition fermeture à la diversité, à la pluralité intellectuelle, culturelle du monde. Si, on ajoute à cela le peu d'ouverture que permet déjà cette activité par rapport à d'autres, le bilan ne peut qu'être négatif.

"Que pensez-vous des prix exorbitants payés par les chaines de TV comme droit de retransmissions des matchs de football ? Droits qui ne sont même pas couverts par la publicité passé à la mi-temps de ces même match...."

C'est ce qui autorise des salaires exorbitants, non ? Donc, l'un est responsable de l'autre, supprimer le premier, le second redescendra automatiquement.

"Alors oui, quelques stars du football gagnent énormément d'argent pour des talents et des vertus non "discutables" mais "subjectives"."

Et alors, parce qu'il y a de l'affect, de la subjectivité là-dedans, on devrait l'accepter, ne pas critiquer ce fait, ne pas lutter contre ?
Étrange raisonnement.

yG
Vous parlez du différentiel entre salairess des footeux et salaires du quidam. Nous ne sommes pourtant pas en France l'un des pays où ce différentiel est le plus important. Que dire des joueurs africains ou sud américains recrutés dans les plus grands clubs, des pays où ces gens sont de véritables dieux vivants, des dieux du stade.
Cela vous dépasse de loin, la dévotion, que vous nous direz être le signe d'un manque d'ouverture d'esprit... Vous, parler de manque d'ouverture d'esprit, je me pince encore... Ha vous essayerez bien une vanne à la hauteur des revenus que vous souhaitez pour tous, une vanne à deux balles en quise de toute réponse, ne vous fatiguez pas à cultivez votre humour, il y a d'autres priorités chez vous pour la culture.

Votre problème est bel et bien que vous ne supportez aucunement tout ce qui vous est différent, les religions, le sport, les stades, tout ce qui peut réunir et non dissoudre les citoyens, tout ce qui peut permettre une comunion certaine, une cohésion. Tous vos discours ne sont marqués que par le mépris des autres, que par la marque de votre supposée supériorité intellectuelle, capable elle seule de dicerner le bien du mal,de jeter à des centaines de millions de personnes votre mépris de pratique qui ne sont qu'une lueur de plaisir ou d'espoir. Laisser donc les gens aimer qui ils veulent comme ils l'entedent, et garder votre mépris maladif. Vous détester ceux qui aiment, c'est triste, c'est affligeant!!
Cher yG,

Vous trouvez que mon raisonnement est étrange, mais au moins vous y reconnaissez un raisonnement. Ce qui est déjà pas mal au regard de votre thèse. Il vous aurait pourtant suffit de combler les relatives évidences entre mes paragraphes.

Nous avons d'un côté des élus du peuples. Ces élus sont payé par l'Etat, c'est à dire les impôts et des taxes. Ces impôts et taxes sont (normalement) une obligation envers tous les citoyens. Que le vouliez ou pas, que vous estimiez en avoir besoin ou pas, vous devez vous acquitter de ces sommes. Il n'y a là pas de loi du marché, mais loi tout court. En cas de manquement de la part de l'élu à ses obligations morales, il est tout à fait normal que le peuple s'indigne et finisse par le manifester plus ou moins violemment, comme le laisse entendre clairement Judith.

Et vous avez d'un autre côté des footballeurs, mais ce pourrait être effectivement des acteurs de cinéma, des top models etc ... qui eux ont une rémunération directement proportionnelle à l'intérêt que leur porte une partie plus ou moins grande de la population et de ce que cette population est prête a dépenser pour eux. Il n'y a là aucune obligation de dépense. Seul un intérêt passionné, qui lui aussi va déterminer la valeur de toutes transactions, comme par exemple les droits TV et le montant des contrats publicitaires.

S'indigner des rémunération de ces stars est complètement stérile tant que vous aurez des stades pleins, des cours de tennis archi bondés, des audiences TV importantes etc .. bref une notoriété qui se base sur une popularité. Dans ce cas là vous n'avez rien à "autoriser" ou à interdire ... puisque tout cela se base sur une liberté fondamentale. Celle de tout un chacun de se passionner pour un art ou un sport, et donc de dépenser son argent en exprimant cette passion.

Vouloir pousser un ministre à la démission suite à des détournements ou des abus de pouvoir ... oui, c''est même un acte de santé civique. Vouloir réguler, limiter, plafonner - ou que sais-je - des rémunération de footballeurs, acteurs etc ... c'est s'attaquer indirectement à une des libertés fondamentales de nos sociétés, le droit de consommer.

Vous pouvez dans ce dernier cas vous indignez tant que vous voulez, tant qu'il aura des passionnés capables de dépenser la moitié de leur (souvent petit) salaire dans leur passion vous ne pourrez rien faire ou limiter, réguler etc ...

A mon avis la morale n'est pas toujours là où l'on s'efforce de la chercher...

Et comme disait Coluche "Quand on pense qu'il suffirait que les gens ne les achètent pas pour que cela ne se vendent pas !"

Cordialement
Tout-à-fait d'accord !
Encore faut-il ajouter que [large]les clubs achètent à crédit[/large] et à prix d'or leurs stars. beaucoup d'entre eux sont proportionnellement plus endettés que la Grèce. Et leurs surenchères à crédit contribuent bien sûr à une inflation galopante des transferts et des salaires.

Reste quand même leur propension à ne pas payer un rotin d'impôts en France, que clamait il y a quelques mois cet imbécile d'Anelka.Mais, on voit même un champion de tennis SUISSE domicilié fiscalement à Dubaï ! Et Monaco - s'il accordait, outre l'asile fiscal, la nationalité aux champions qui y élisent domicile - aurait une équipe de coupe Davis quasi invincible (avec Forget pour entraîneur)....
"S'indigner des rémunération de ces stars est complètement stérile tant que vous aurez des stades pleins, des cours de tennis archi bondés, des audiences TV importantes etc .. bref une notoriété qui se base sur une popularité. Dans ce cas là vous n'avez rien à "autoriser" ou à interdire ... puisque tout cela se base sur une liberté fondamentale. Celle de tout un chacun de se passionner pour un art ou un sport, et donc de dépenser son argent en exprimant cette passion." dites-vous René Malka.

Tout cela est très juste, à un chose près, la popularité génère de l'argent, directement et indirectement, mais elle ne fixe pas de prix. Un joueur, un chanteur, un comique peut remplir un stade, mais une fois payé les frais de location de l'espace qui a un coût, le personnel de sa tournée, la location du matériel, rien ne l'oblige à vouloir s'en foutre un max dans les poches. C'est de cela qu'il nous est redevable, car, c'est de cela qu'il est responsable, puisqu'il se permet de sélectionner par l'argent ceux qui ont le droit de l'apprécier en live. Rien ne l'empêche de faire des salles plus petites avec des charges plus petites et de faire plus de date, si ce n'est son avidité que nous n'avons pas à applaudir, qu'on l'aime ou pas.

"Vouloir pousser un ministre à la démission suite à des détournements ou des abus de pouvoir ... oui, c''est même un acte de santé civique. Vouloir réguler, limiter, plafonner - ou que sais-je - des rémunération de footballeurs, acteurs etc ... c'est s'attaquer indirectement à une des libertés fondamentales de nos sociétés, le droit de consommer."

Non, aucunement pour le dernier point, car, vous pouvez consommer ce que vous voulez sans que cela n'alimente les délires égotistes de certains. La popularité du foot générera de l'argent d'une façon ou d'une autre, le tout, c'est de répartir cet argent de façon plus équitable et de redistribuer l'excédant hors du foot.

Il ne s'agit pas d'empêcher la dépense mais d'interdire la concentration des profits entre des mains individuelles. Cela se faisait jadis notamment par l'impôt sur le revenu, qui pour les hauts revenus n'était déjà pas assez élevé, et qui n'est plus qu'une mascarade avec ce putain de bouclier fiscal.


"Vous pouvez dans ce dernier cas vous indignez tant que vous voulez, tant qu'il aura des passionnés capables de dépenser la moitié de leur (souvent petit) salaire dans leur passion vous ne pourrez rien faire ou limiter, réguler etc ..."


Il ne s'agit pas d'agir sur le consommateur qui peut-être un véritable drogué, que sur les profits que nombre de dealers en tirent rien que pour eux.

"A mon avis la morale n'est pas toujours là où l'on s'efforce de la chercher..."

Pour l'heure, aucune morale dans votre propos, juste le rappel de l'offre et de la demande comme ultime horizon.

yG
[quote=René MALKA]Le financement des footballeurs provient de sources beaucoup plus diverses et compliquées.

Attention, soyez prudent. Vous allez semer le trouble dans l'esprit de Judith Bernard, qui, semble-t-il, s'imagine que les joueurs l'équipe de France sont payés par l'Etat, ce qui la conduit à cette étrange amalgame avec les revenus des hommes politiques.
Les salaires des joueurs de football ne me choquent pas. Sinon, je devrais me scandaliser des sommes faramineuses que les producteurs d'Hollywood versent à Brad Pitt ou des chèques exorbitants que Nescafé signe à George Clooney ou L'Oréal à Penelope Cruz.

Je précise que je n'ignore pas que les joueurs de l'équipe de France reçoivent de très confortables indemnités pour chacune de leurs participations aux matches de l'équipe de France, mais ces revenus sont - par pitié, ne me lynchez pas tout de suite...- peu importants (notamment pour les grandes stars) comparés à ce que leur rapportent les contrats avec leurs clubs et les contrats publicitaires.
"Attention, soyez prudent. Vous allez semer le trouble dans l'esprit de Judith Bernard, qui, semble-t-il, s'imagine que les joueurs l'équipe de France sont payés par l'Etat, ce qui la conduit à cette étrange amalgame avec les revenus des hommes politiques.
Les salaires des joueurs de football ne me choquent pas. Sinon, je devrais me scandaliser des sommes faramineuses que les producteurs d'Hollywood versent à Brad Pitt ou des chèques exorbitants que Nescafé signe à George Clooney ou L'Oréal à Penelope Cruz."
dites-vous Julot Iglézias.

Mais qui vous demande de choisir ? Votre stock d'indignation est-il à ce point limité que vous deviez faire ce choix cornélien ?
Moi, les salaires des grands patrons, des sportifs de haut niveau et des stars de cinéma m'indignent tout autant.
Et je suis prêt à parier qu'il en va de même pour Judith.

:P yG
"Votre stock d'indignation est-il à ce point limité que vous deviez faire ce choix cornélien ?" dites-vous, Yannick G.

L'indignation est une denrée précieuse (en tous cas, la mienne ...), dont j'use avec parcimonie.
Pour ne pas la galvauder. :o)

Peut-être suis-je un peu snob ?
On peut aussi considérer que ce sont deux indignations différentes.

Qu'on s'indigne de l'abus des deniers publics, des détournements de fonds publics, de l'abus de bien sociaux, c'est tout à fait compréhensible, et d'ailleurs ces activités sont parfois (souvent ?) illégales.

En ce qui concerne les salaires faramineux des joueurs de foot ou des acteurs,on peut s'indigner de leur ordre de grandeur quand on voit le salaire médian des français. Sauf que là, la question se pose bel et bien : faut-il limiter le revenu (en tout cas en France) à X fois le SMIC ? Personnellement, je pense que oui, et il semble que vous aussi, yannick, mais convenez que certains peuvent être opposés à cette limitation pour d'excellentes raisons aussi.

Rappel : le salaire le plus élevé en 2008 était de 400 fois le SMIC environ. Est-il envisageable de penser que quelqu'un peut travailler 400 fois plus qu'un ouvrier lambda payé au SMIC ? Plus généralement, le revenu doit-il être en relation avec les compétences et le travail effectif ?
Plus généralement, le revenu doit-il être en relation avec les compétences et le travail effectif ?

Peut-on mesurer des compétences ? Comment comparer les compétences de Jérôme Kerviel et Lionel Messi. Le salaire de Carlos Ghosn peut-il se comparer aux cachets de Placido Domingo?
Les joueurs de football sont des artistes. Leur cote varie comme celle des artistes. Ils sont plus ou moins "bankable" au fil des saisons. On imagine difficilement que l'on puisse légiférer pour contrôler leurs revenus et recruter des fonctionnaires pour vérifier que le loi est respectée. Il y a sûrement d'autres urgences, dans le domaine économique, que de limiter les revenus de quelques centaines de privilégiés. Les agissements des spéculateurs peuvent nuire à des centaines de millions de personnes. Les gains des footballeurs ne lèsent personne.
Peut-on mesurer des compétences ?

On ne se gêne pas pour le faire en général. On appelle ça les diplômes. Je ne vois pas pourquoi ça n'existerait pas en sport.

Quant au contrôle des revenus, il y a l'impôt sur le revenu, pour ça. C'est de l'argent qui va aux plus riches quand les vigiles et les marchands de soda du stade sont payés au salaire minimum. Je ne vois pas en quoi ce serait choquant.

M'étonnerait qu'ils payent leurs impôts en France, les bleus;
anelka à londres.
Ribery qui rentre en jet privé.

M'étonnerait qu'ils payent leurs impôts en France, les bleus;

anelka à londres.

Ribery qui rentre en jet privé.


Ah, si seulement on avait un espace européen, quelque chose comme une communauté ou une union européenne, on pourrait peut-être envisager une harmonisation fiscale (ainsi que sociale et industrielle) progressive.

Ah, on me souffle dans l'oreillette que si les votes des peuples étaient respectés, ce serait possible.
Bonsoir, j'arrive bien après la bataille mais "Les joueurs de football sont des artistes", fallait oser !
Chapeau l'artiste.
En tous cas, pour le philosophe Mehdi Belhaj Kacem le football constitue 'l'œuvre d'art totale".
(Alain Finkielkraut. France Culture. Emission du 17 juillet 2010)
- Peut-on mesurer des compétences ?
- On ne se gêne pas pour le faire en général. On appelle ça les diplômes.

Des diplômes pour mesurer le talent ? Mouais ...
Si vous avez le temps de faire une recherche sur Wikipédia, vous voudez bien m'indiquer quels étaient les diplômes de Michel Platini, Django Reinhardt, Vincent van Gogh, Vincingétorix, Pablo Picasso, George Gershwin, François Truffaut. Et je ne vous parle pas de Jesus Christ, dont les exploits n'ont pas été homologués de façon certaine.

Je disais dans un précédent message que les footballeurs ont un statut qui s'apparente à celui des artistes. J'ai eu le bonheur, en consultant telerama.fr ce jour, de constater que le dessinateur Trapier partage mon opinion ...
Les joueurs de football sont des artistes.
Je disais dans un précédent message que les footballeurs ont un statut qui s'apparente à celui des artistes

« La guerre, c'est la paix. »
« La liberté, c'est l’esclavage. »
« L'ignorance, c'est la force. »
« Les joueurs de football sont des artistes. »


Orwell avait raison, ôtez leur véritable sens aux mots, et voyez ce qu'il en résulte...
Je ne vois pas du tout le rapport entre ces quatre propositions que vous citez.
Les joueurs de football, comme beaucoup de sportifs, sont des artistes. Ils créent en permanence sur le terrain des actions improvisées en utilisant leur talent.

Certains possèdent un talent (un don, disent ceux qui ne craignent pas de flirter avec la pensée magique) qui fait d'eux des virtuoses.
Un de mes sujets d'étonnement est qu' il y a dans certains sports une beauté, une pureté, une magie à laquelle le plus vulgaire des supporters n'est - semble-t-il - pas insensible. Je crois qu'on ne peut guère expliquer autrement le succès phénoménal de certains sports (le football et le basket ball, par exemple) alors que d'autres sports, apparemment voisins dans leur principe, ne suscitent pratiquement aucun intérêt (le nationalisme et le chauvinisme n'expliquent pas tout : l' équipe de France de hand-ball a été championne du monde et tout le monde s'en fout ...).

Permettez-moi de vous dire que je trouve votre dernière phrase ("Orwell avait raison,...") un peu désinvolte, voire méprisante. Je conçois que vous ne partagiez pas mon opinion ("Les footballeurs sont des artistes") mais je ne vois pas en quoi j'ôte leur véritable sens aux mots. Par goût du paradoxe ? Ce n'est vraiment pas ma tasse de thé! Le bonheur que j'éprouve à voir jouer un Zinedane Zidane ou un Yoann Cruyjf est trçs voisin du bonheur que me procurent Fred Astaire et Donald O'Connor. Peut-être comprendriez-vous mieux si vous aviez pratiqué comme moi à la fois la danse et la football ? Je vous assure que pour le pratiquant, les sensations sont souvent voisines. Comme pour le spectateur que je suis.
Eh bien nous ne sommes pas d'accord, voilà tout.

Vouloir comparer un dribble de Zidane avec une toile de Van Gogh, une symphonie de Mozart, un pas de danse d'Astaire, une improvisation de Charlie Parker, etc. (je ne vais pas en mettre des pages...), me semble totalement aberrant.

Désolé.
Footballeur = artiste, pour moi, il y a antinomie, une utilisation dévoyée du sens du mot "artiste".
Tout le monde peut faire du Van Gogh!! Il y a des débats d'experts sur des tableaux sur plein d'artistes dont on ne sait pas qui les a produit! Le nom ne fait pas l'artiste. C'est la somme d'assimilations par l'esprit de techniques pour aboutir à des gestes plus ou moins parfaits qui fait l'art. Que le résultat termine dans le petit filet ou dans une grotte obscure de Lascau ne fait aucune différence.
Le nom ne fait pas l'artiste

Ai-je seulement dit ça ?

C'est la somme d'assimilations par l'esprit de techniques pour aboutir à des gestes plus ou moins parfaits qui fait l'art.

Nope, en aucune façon.
Quant au reste de vos propos...
Si vous pensez effectivement que taper dans un ballon pour le mettre dans la lucarne est équivalent à écrire une œuvre pour plus de 80 musiciens, j'ai bien peur que nous n'arrivions pas à nous mettre d'accord sur ce sujet.

Autant vous pouvez être brillant dans des recherches d'informations, autant, m'sieur Raoul, "vos opinions sur la musique moderne et sur l'art en général, je vous conseille de ne les utiliser qu'en suppositoires."
Désolé, je ne pouvais pas passer à côté...
Précision, Julot :
Ce n'est pas vous que je remets en question en ce qui concerne le dévoiement du mot "artiste" et le fait qu'on applique ce terme abusivement à tout sportif un tant soit peu doué, à n'importe quel beugleur chantant juste et en rythme ou barbouilleur intello-conceptuel-post-moderne, etc.

Ce que je vise, c'est le monde médiatique, qui a réussi à convaincre des gens de bonne foi que la comparaison pouvait être pertinente.
Voilà pourquoi Orwell.

Et désolé, je ne retrouve pas Astaire quand je vois un de ses soit-disant "artistes" se jeter à terre à la moindre occasion, en hurlant de fausse douleur, sachant que ce comportement mensonger peut lui donner un avantage décisif sur son adversaire.

Tiens, d'ailleurs, expliquez-moi la notion d'adversaire et de compétition en art ?
Tiens, d'ailleurs, expliquez-moi la notion d'adversaire et de compétition en art ?

>< ici ? ><
Un autre point commun entre les footballeurs et les artistes, c'est leur statut dans la société, et plus particulièrement, si j'ose dire, dans le monde du travail.
Ce qui m'horripile dans l'image que le public populaire se fait des joueurs de foot (et qui est entretenue par cette répugnante presse sportive) c'est l'idée que les footballeurs sont des privilégiés, des planqués, "des fainéants qui ne foutent rien parce qu'ils sont surpayés". Cette idée confuse (totalement stupide) alimente la comparaison avec les hommes politiques qui sont vus, dans les conversations de bistrots, comme des personnes sans scrupules, qui ne peuvent accéder aux postes qu'ils occupent que par l'intrigue, la corruption, le goût forcené du pouvoir, la protection de "parrains".
Or, le statut d'un joueur de football n'a strictement rien a voir avec ça. Pour lui, pas de sinécure, pas de planque. Son salaire correspond à ce que les dirigeants de son club estiment devoir lui donner. Les hommes d'affaires qui possèdent les clubs de foot sont les exacts équivalents des producteurs des grandes "majors" (du cinéma ou de l'industrie du disque) qui emploient les artistes. A cette différence près (en faveur des footballeurs), c'est qu'au football, il n'y a pas de fausses valeurs : si tu n'es pas bon, tu restes sur la touche et ta cote (donc ton salaire) baisse. Pas de protection, pas de piston, pas d'emploi fictif.
L'exemple de jeunes joueurs tels que Karin Benzema et Yoann Gourcuff est trè parlant :
- Benzema est sous contrat avec un clug prestigieux, le Real de Madrid, mais il joue pas. Il reste sur le banc parce que son rendement sur le terrain n'est pas celui qu'espéraient ses "producteurs".
- Yoann Gourcuff, après être allé chercher la gloire dans un grand club italien (on voyait en lui "le nouveau Zidane") est rentré sagement en France, où il semble avoir trouvé (tout naturellement) un club "à sa dimension", l'équilibre s'établissant de lui même.
Julot, je voulais vous répondre, mais là, et sans aucune méchanceté de ma part, je reste coi.
Ne vous excusez pas. Je ne crains pas de parler dans le désert. En relançant ce sujet, je ne me pensais pas que quelqu'un me répondrait. Je pensais que ce forum était "éteint".

Au risque de paraître lourdingue (some trolls can remain alive without being fed ...) , je poursuis mon argumentation :
Tout le monde connait les spectacles (on peut les trouver ringards et kitchissimes, mais la question n'est pas là) comme Hollyday on Ice.ou les Harlem Globe Trotters. Ces spectacles me rappellent furieusement (et respectivement) les compétitions de patinage artistique et de basket ball. Où se recrutent les têtes d'affiches de ces spectacles ? Parmi les anciens champions sportifs de ces disciplines. Je ne pense pas qu'ils changent réellement de métier. On pourrait le dire aussi des anciens lutteurs qui deviennent catcheurs.
Peut-on dire que les journalistes qui commentent le sport à la radio ou à la télévision sont réellement des journalistes ? Font-ils la description de ce qu'ils voient ou présentent-ils un spectacle ? Michel Drucker a-t-il changé de métier lorsqu'il a cessé de commenter le sport pour présenter des émissions de variété ?
Julot, pour aller au plus simple, définissons d'abord "artiste"...
Juste une remarque : Le dessinateur de Télérama, contrairement à ce que vous affirmez, ne partage pas du tout votre opinion à propos des footballeurs-artistes. Il exprime même un avis totalement opposé au vôtre.
Je reconnais qu'il y a une ambigüité dans la phrase de Trapier : 'Les responsables du football français ...".
Je crois que pour Trapier, Domenech et Escalettes représentent le foot français et son fiasco, au même titre que les joueurs (Thierry Henry a, lui, été reçu par Sarko). Et pour Trapier, les organisateurs de ce spectacle foiré (la prestation des Bleus au Mondial) n'ont pas de comptes à rendre aux politiques. C'est d'ailleurs la position maintes fois réaffirmée récemment par le patron de la FIFA, Sepp Blatter (pardonnez-moi, j'ai la flemme de chercher sur Internet, mais on doit pouvoir retrouver facilement ses propos) qui a mis en garde les politiciens français et leur a demandé de ne pas mettre leurs nez dans son bizness (l'organisation de ce spectacle mondial qu'est le fooball. La FIFA estime en effet que la Coupe du Monde de football est sa production, comme Autant en emporte le vent est une production de la Metro Goldwin Mayer. C'est la FIFA qui investit, c'est elle qui organise, c'est elle qui ramasse les droits de retransmission et le pognon des sponsors (comme la MGM fait payer aux chaines de télévision les droits de retransmission de ses films), c'est elle qui ramasse les bénéfices (on parle d trois milliards de dollars pour ce Mondial).

Je serais heureux, Ulysse, de lire votre déchiffrage du dessin de Trapier, puisqu'il est différent du mien.

En tous cas, je suis heureux de vous retrouver en bonne forme sur les forums
Pour le lecteur du journal qu'il a dessiné, il semble aussi incongru de faire auditionner des artistes (qui se seraient "plantés" à la biennale de Venise) par une commission militaire, que les footballeurs de l'EDF par une commission culturelle. Par la bouche de son personnage, il dénie donc bien à ces sportifs le statut d'artiste.
Vous avez une interprétation différente ?
Petite rectif : ce ne sont pas les joueurs qui sont auditionnés par la commission culturelle de l'Assemblée, mais le président de la FFF et le sélectionneur.
Mais ma conclusion reste identique.
Effectivement, votre analyse se tient.
Je n' avais pas noté le détail "commission culturelle". Il est probable que votre interprétation est la bonne.

Ce n'est donc pas Trapier (quel âne, cetui- là ! Je l'ai toujours dit ! ;o)) qui me conforte dans l'opinion que les footballeurs sont des artistes, ... mais la commission culturelle de l'Assemblée nationale.
En plus, il dessine comme un manche, le Trapier.

A part ça, même si je suis d'accord avec sleepless pour dire que les footballeurs ne sont pas des artistes, j'apprécie toujours beaucoup vos posts.
"On peut aussi considérer que ce sont deux indignations différentes." dites-vous Cornall.

Oui, détournement de bien public et rémunération disproportionnée sont deux indignations distinctes, mais pour autant, on peut les avoir en même temps, puisqu'elles ne sont pas incompatibles. Ce dont je ne me prive pas pour ma part.

"En ce qui concerne les salaires faramineux des joueurs de foot ou des acteurs,on peut s'indigner de leur ordre de grandeur quand on voit le salaire médian des français. Sauf que là, la question se pose bel et bien : faut-il limiter le revenu (en tout cas en France) à X fois le SMIC ? Personnellement, je pense que oui, et il semble que vous aussi, yannick, mais convenez que certains peuvent être opposés à cette limitation pour d'excellentes raisons aussi."

Je suis conscient que certains personnes ne partagent pas mon point de vue sur cette question, mais de là à considérer qu'elles ont d'excellentes raisons, il ne faut pas pousser. Elles n'en ont au contraire aucune, d'où mon engagement pour lutter contre. Ce n'est pas un bête choix de couleur/esthétique qui nous distingue eux et moi. C'est une question de principe, les leurs ne valent rien, ils sont purement égotistes.

"Rappel : le salaire le plus élevé en 2008 était de 400 fois le SMIC environ. Est-il envisageable de penser que quelqu'un peut travailler 400 fois plus qu'un ouvrier lambda payé au SMIC ?"

Il est envisageable de le penser, mais il est stupide de le croire et criminel de vouloir l'appliquer.

"Plus généralement, le revenu doit-il être en relation avec les compétences et le travail effectif ?"

Le travail effectif... si un travail donné exige une compétence donnée, faire ce travail est donc la garantie de la possession de cette compétence (sinon, vous êtes en phase d'apprentissage, c'est-à-dire pas encore totalement travailleur, puisque pas encore tout à fait compétent).

Maintenant se pose la question de la rémunération d'une compétence donnée. Puisque les compétences sont cumulatives, elles ne peuvent avoir la même valeur, pour autant, cela veut-il dire qu'il faille inclure le prix des compétences dans le service (par exemple dans la consultation pour un médecin ou dans le prix d'une course d'un taxi, d'un avion versé au conducteur) ou les en dissocier (payer ou rembourser la formation, puis ne pas l'inclure dans le tarif).

Un mixe des deux est envisageable, remboursement par le prix du service jusqu'au prorata de la somme investie dans la formation.

yG
"Je suis conscient que certains personnes ne partagent pas mon point de vue sur cette question, mais de là à considérer qu'elles ont d'excellentes raisons, il ne faut pas pousser. Elles n'en ont au contraire aucune, d'où mon engagement pour lutter contre. Ce n'est pas un bête choix de couleur/esthétique qui nous distingue eux et moi. C'est une question de principe, les leurs ne valent rien, ils sont purement égotistes."

Et moi, je vous dis que vous avez tort. Il y a d'excellentes raisons pour que quelqu'un qui s'est cassé le cul pendant toute sa vie, a été major de promo pendant cing ans après le bac, puis a reçu la meilleure mention possible à son doctorat, a ensuite monté sa boîte à partir de rien et l'a transformée en multinationale touche quinze à vingt fois plus qu'un glandeur qui n'a jamais rien foutu et touche son salaire à la fin du mois en se faisant porter pâle sans la moindre raison la moitié de l'année.

Il n'y a pas de morale objective. L'important, c'est de trouver un compromis qui permette de vivre ensemble : un contrat social.
Cet écart de quinze à vingt fois le SMIC me semble dans les limites de ce qui est acceptable, sachant que beaucoup de gens se crèvent au travail pour le salaire minimum ou à peine plus, et qu'à côté beaucoup de grands patrons ne sont pas particulièrement compétents ni diplômés.

------
Je suis en école d'ingénieur et je bosse tous les étés : il n'y a pas à dire, malgré les migraines que cela procure parfois et les quelques nuits blanches passées sur des projets ou des révisions, je m'estime privilégié par rapport aux smicards avec lesquels je bosse en juillet-août. OK, ça coûte de l'argent de faire des études, mais c'est globalement moins fatiguant que de travailler huit heures par jour à l'atelier, à côté de la fonderie, à se synchroniser avec une machine pour ne pas perdre une seconde, et à noter sur une feuille le nombre de pièces qu'on a produites dans la journée. À côté de ça, mon père est prof, a plus de diplômes que je n'en aurai jamais (carrière assez particulière avec reprise d'études), et en fin de carrière il touchera moins que moi en début.
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Quoi qu'on fasse, on n'arrivera jamais à un système juste, et tout le monde se sentira lésé. Si vous avez une solution miracle, ne vous gênez pas.
"Et moi, je vous dis que vous avez tort. Il y a d'excellentes raisons pour que quelqu'un qui s'est cassé le cul pendant toute sa vie, a été major de promo pendant cing ans après le bac, puis a reçu la meilleure mention possible à son doctorat, a ensuite monté sa boîte à partir de rien et l'a transformée en multinationale touche quinze à vingt fois plus qu'un glandeur qui n'a jamais rien foutu et touche son salaire à la fin du mois en se faisant porter pâle sans la moindre raison la moitié de l'année." dites-vous Conall.

Ben... laquelle alors, j'attends, car, là, je ne lis que deux trajectoires égotistes, l'une par le haut, l'autre par le bas. Car, à votre histoire, on peut y opposer celle de cet élève méritant qui a perdu sa mère à douze ans et se retrouve obligé d'être maçon à 14 et d'y passer toute sa vie.. celle de mon père par exemple.

"Il n'y a pas de morale objective. L'important, c'est de trouver un compromis qui permette de vivre ensemble : un contrat social."

Qu'il n'y ait pas de morale objective, i.e. rationnelle, dont on puisse exposer les présupposés et avec laquelle nous pouvons déterminer ceux qui la respecte et ceux qui la transgresse, c'est vous qui le dites, moi, je soutiens le contraire et tente quotidiennement de le démontrer, notamment ici.

Enfin, un contrat social qui autorise la fraude à la sécu pour reprendre votre exemple (du malade imaginaire) et qui détourne les meilleures cerveaux de la recherche fondamentale ou à but non lucratif parce que certains préfèrent s'en mettre plein les fouilles (l'exemple de votre petit génie des plus vénale), c'est un contrat social qui ne mérite qu'une chose, d'être changé, parce qu'il entérine toutes les inégalités que nous constatons et que je déplore.

"Cet écart de quinze à vingt fois le SMIC me semble dans les limites de ce qui est acceptable, sachant que beaucoup de gens se crèvent au travail pour le salaire minimum ou à peine plus, et qu'à côté beaucoup de grands patrons ne sont pas particulièrement compétents ni diplômés."

Votre exemple initial partait de 400 fois... Cela étant précisé, moi, je ramènerais cette fourchette largement en dessous du décuple. Pour toute chose, intellectuelle ou manuelle, il y aura toujours quelqu'un pour le faire aussi bien pour une fortune que pour un salaire décent. Si la compétence peut s'acheter, elle ne se monnaie qu'avec notre accord... ou non.

"Je suis en école d'ingénieur et je bosse tous les étés : il n'y a pas à dire, malgré les migraines que cela procure parfois et les quelques nuits blanches passées sur des projets ou des révisions, je m'estime privilégié par rapport aux smicards avec lesquels je bosse en juillet-août. OK, ça coûte de l'argent de faire des études, mais c'est globalement moins fatiguant que de travailler huit heures par jour à l'atelier, à côté de la fonderie, à se synchroniser avec une machine pour ne pas perdre une seconde, et à noter sur une feuille le nombre de pièces qu'on a produites dans la journée. À côté de ça, mon père est prof, a plus de diplômes que je n'en aurai jamais (carrière assez particulière avec reprise d'études), et en fin de carrière il touchera moins que moi en début."

Très bien, restez comme ça, ne finissez pas comme certains par prendre votre cas en exemple pour déclarer péremptoirement un jour : "Moi j'ai bossé pour financer mes études, tout le monde devrait en faire autant" et autres balivernes qu'on entend régulièrement de la part de ceux qui ont un jour sué et veulent que tout le monde en chie autant qu'eux.

"Quoi qu'on fasse, on n'arrivera jamais à un système juste, et tout le monde se sentira lésé. Si vous avez une solution miracle, ne vous gênez pas."

Qu'il y ait des personnes qui se sentent lésées, ce n'est pas un problème en soi.
Le tout, c'est qu'elles ne le soient pas d'un point vue collectif et éthique.
Maintenant, il n'est pas vrai qu'en diminuant l'écart entre salaire maximal et minimal, tout le monde se sentira floué. Seuls les plus gourmands, ceux qui n'envisagent la vie qu'avec une Rolex le seront... Mais, devons-nous nous soucier de l'appétit de ces ogres pour structurer notre société. Certainement pas.

yG
"Ben... laquelle alors, j'attends, car, là, je ne lis que deux trajectoires égotistes, l'une par le haut, l'autre par le bas. Car, à votre histoire, on peut y opposer celle de cet élève méritant qui a perdu sa mère à douze ans et se retrouve obligé d'être maçon à 14 et d'y passer toute sa vie.. celle de mon père par exemple."

Je n'ai jamais dit le contraire. Bien sûr qu'il y a des braves gens qui n'ont pas eu de bol et se retrouvent à faire des métiers pénibles payés des clopinettes. Est-ce que c'est juste ? Non. Est-ce que c'est le grand patronat qui a tué votre grand-mère ? J'en doute.


"Qu'il n'y ait pas de morale objective, i.e. rationnelle, dont on puisse exposer les présupposés et avec laquelle nous pouvons déterminer ceux qui la respecte et ceux qui la transgresse, c'est vous qui le dites, moi, je soutiens le contraire et tente quotidiennement de le démontrer, notamment ici."

Bon, d'accord, OK, on va dire pour vous faire plaisir qu'il y a UNE morale, une seule, et que le reste c'est de la poudre aux yeux.

Dans ce cas, on prend la mienne (remarquez, elle n'est probablement pas très éloignée de la vôtre).


"Enfin, un contrat social qui autorise la fraude à la sécu pour reprendre votre exemple (du malade imaginaire) et qui détourne les meilleures cerveaux de la recherche fondamentale ou à but non lucratif parce que certains préfèrent s'en mettre plein les fouilles (l'exemple de votre petit génie des plus vénale), c'est un contrat social qui ne mérite qu'une chose, d'être changé, parce qu'il entérine toutes les inégalités que nous constatons et que je déplore."

C'est un contrat social basé avant tout sur la liberté. Le problème, c'est que la vraie liberté est basée sur une relative égalité, et que tout égalisation, même minime, se traduit par une petite baisse des libertés.


"Votre exemple initial partait de 400 fois... Cela étant précisé, moi, je ramènerais cette fourchette largement en dessous du décuple. Pour toute chose, intellectuelle ou manuelle, il y aura toujours quelqu'un pour le faire aussi bien pour une fortune que pour un salaire décent. Si la compétence peut s'acheter, elle ne se monnaie qu'avec notre accord... ou non."

Mon exemple initial était ce qui se passe actuellement, que je trouve personnellement intolérable. Les 15 à 20 x, c'était plutôt ce que je trouvais juste.



"Très bien, restez comme ça, ne finissez pas comme certains par prendre votre cas en exemple pour déclarer péremptoirement un jour : "Moi j'ai bossé pour financer mes études, tout le monde devrait en faire autant" et autres balivernes qu'on entend régulièrement de la part de ceux qui ont un jour sué et veulent que tout le monde en chie autant qu'eux."

Je ne vais pas me plaindre, je fais ce qui m'intéresse.


"Qu'il y ait des personnes qui se sentent lésées, ce n'est pas un problème en soi.

Le tout, c'est qu'elles ne le soient pas d'un point vue collectif et éthique.

Maintenant, il n'est pas vrai qu'en diminuant l'écart entre salaire maximal et minimal, tout le monde se sentira floué. Seuls les plus gourmands, ceux qui n'envisagent la vie qu'avec une Rolex le seront... Mais, devons-nous nous soucier de l'appétit de ces ogres pour structurer notre société. Certainement pas.
"

Et les autres se sentiront floués parce qu'on aura trop limité leurs libertés, parce qu'il n'y aura plus d'ascenseur social (au fait, depuis le temps qu'il est en panne, ils foutent quoi les réparateurs ?), et parce qu'ils trouveront encore les plus riches trop payés.

Souvenez-vous des mots de Souvarine : "Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d'être des bourgeois à leur place."
"Est-ce que c'est le grand patronat qui a tué votre grand-mère ? J'en doute." dites-vous Cornall

Et pourtant, c'est ce grand patronat qui a fait des pieds et des mains pour ne pas favoriser la sécu, les congés payés obtenu en 36... toute chose qui ont contribué à sa tuberculose et qu'ils n'ont pas préféré favorisé parce que cela diminuerait leurs propres marges. Donc, oui, ils sont coupables. Raskolnikov, revient, ils sont toujours aussi fous. :)

"C'est un contrat social basé avant tout sur la liberté."

Euh... paradoxe, un contrat est déjà une forme de contrainte dans sa conclusion, puisqu'ils imposent, comme dans sa rédaction, car, les diverses parties n'ont pas les mêmes obligations, la même marge de manœuvre. En tout cas, c'est hypocrite de le croire et de le faire croire.

"Le problème, c'est que la vraie liberté est basée sur une relative égalité, et que tout égalisation, même minime, se traduit par une petite baisse des libertés."

Donc, tout contrat réduit les libertés. Sans compter que les contrats ne sont dictées et imposées que par les plus forts, qui ne sont pas les plus nombreux, y compris en démocratie, et nous obtenons des contrats biaisés.

"Je ne vais pas me plaindre, je fais ce qui m'intéresse."

Comme je disais, c'est bien, ne l'oubliez pas en vieillissant, c'est mon seul conseil, c'est si fréquent.

"Et les autres se sentiront floués parce qu'on aura trop limité leurs libertés, parce qu'il n'y aura plus d'ascenseur social (au fait, depuis le temps qu'il est en panne, ils foutent quoi les réparateurs ?), et parce qu'ils trouveront encore les plus riches trop payés. Souvenez-vous des mots de Souvarine : "Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose à vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragé d'être des bourgeois à leur place.""

Oui, il existe toute une couche de la population qui n'aspire qu'à remplacer et prendre la place des plus riches, mais de ces jaloux ne nous occupons pas, ce n'est pas en vertu de la jalousie que la réduction des écarts se doit d'être opérée, mais d'un principe d'équité.

yG
Bonsoir,

Si je peux me permettre de m'immiscer dans votre discussion...

Si on parle des vraiment riches, le problème n'est pas, à mon avis, la rémunération, juste ou non, de leurs compétences, mais plutôt la transmission (et depuis 2007, "hors taxes" - et donc hors contribution à la communauté) d'un patrimoine à des héritiers qui se sont "juste donnés la peine de naître..." Où est le mérite, dites moi?

Pour revenir au sujet d'origine, je doute que le talent footballistique soit transmissible... Ils sont riches, ils le sont devenus parce qu'ils étaient doués, ils ne le doivent qu'à eux mêmes, (et je ne suis pas là en train de faire l'apologie du "quand on veut, on peut., ni de l'individualisme à tout crin..) en tout cas, c'est pas leur papa (maman? non, jamais...) qui le leur a transmis.

Leurs rémunérations extravagantes ne me choquent pas tant que ça. Tant mieux pour eux. Ils sont quasiment tous issus de classes populaires et c'est une certaine revanche... (d'ailleurs, les insultes dont ils ont été abondamment couverts sont-elles autre chose que l'expression du plus pur mépris de classe?)

Ce qui est choquant, c'est la mise sur piédestal du "riche". Comme si c'était un but en soi, et comme si c'était possible, pour tout un chacun, de devenir "riche". Ben non, c'est pas possible. Personne ne gagne au Loto et personne ne s'appelle Zidane, sauf lui.
Mais tout le monde va à l'école, et tout le monde peut aspirer à devenir ingénieur, et à être payé correctement pour ça, y compris Mme Khalil (la voisine de Mme Zidane.)

On voudrait que les "riches" (je suppose que ça ne suffit pas à définir quelqu'un...) se rappellent ce qu'ils doivent à la société dans laquelle ils vivent; et, bon sang, qu'ils y contribuent. Qu'ils y contribuent pour que Mme Khalil puisse mettre son enfant à la crèche pour aller au boulot, que ce gamin ait une école digne de ce nom avec des profs correctement payés, et des bus pour y aller. Et qu'il puisse penser que devenir ingénieur, et bien, c'est possible pour lui aussi, et que le foot, c'est juste un loisir.


Est ce que Lagardère junior joue au foot?

A vous lire...
"Bonsoir, Si je peux me permettre de m'immiscer dans votre discussion..." pas de problème BIB, c'est un forum, tout le monde est le bienvenu... tout dépend ce qu'il avance. Je vous lis donc pour le savoir.

"Si on parle des vraiment riches, le problème n'est pas, à mon avis, la rémunération, juste ou non, de leurs compétences, mais plutôt la transmission (et depuis 2007, "hors taxes" - et donc hors contribution à la communauté) d'un patrimoine à des héritiers qui se sont "juste donnés la peine de naître..." Où est le mérite, dites moi?"

Oui, c'est un second problème qui découle du premier. Car, si les premiers ne peuvent justifier par leurs mérites leurs fortunes que dire des seconds alors.

"Pour revenir au sujet d'origine, je doute que le talent footballistique soit transmissible... Ils sont riches, ils le sont devenus parce qu'ils étaient doués, ils ne le doivent qu'à eux mêmes, (et je ne suis pas là en train de faire l'apologie du "quand on veut, on peut., ni de l'individualisme à tout crin..) en tout cas, c'est pas leur papa (maman? non, jamais...) qui le leur a transmis."

Certes, mais quand bien même ils ont obtenu cet argent à la sueur de leur front, ce dont personne ne doute, il n'en reste pas moins que leurs sueurs est largement plus récompensée que la sueur de nombreux autres, tout aussi méritant, tout aussi suant, que ce soit des gymnastes, des haltérophiles, jusqu'aux "ordinaires" boulangers et maçons.

"Leurs rémunérations extravagantes ne me choquent pas tant que ça. Tant mieux pour eux. Ils sont quasiment tous issus de classes populaires et c'est une certaine revanche... (d'ailleurs, les insultes dont ils ont été abondamment couverts sont-elles autre chose que l'expression du plus pur mépris de classe?)"

Mais en quoi est-ce une revanche ? Un pauvre qui devient riche n'est qu'un riche de plus, un nouveau riche comme on dit. La véritable revanche, c'est de s'en sortir sans avoir besoin de devenir un parvenu.

"Ce qui est choquant, c'est la mise sur piédestal du "riche". Comme si c'était un but en soi, et comme si c'était possible, pour tout un chacun, de devenir "riche". Ben non, c'est pas possible. Personne ne gagne au Loto et personne ne s'appelle Zidane, sauf lui."

Oui et non. Oui, je partage votre rejet du star système basé uniquement sur la richesse financière, et oui, tout le monde ne peut-être Zidane ou nous tous nous ne pouvons gagner la cagnotte au loto (il n'y a qu'un gagnant à la fois pour simplifier), mais non, tant qu'il y en aura un, c'est-à-dire, qu'il sera possible d'être un grand footballeur ou de gagner à la loterie, ce système vénal fera rêver, car, il sera toujours possible (surtout avec la Française des jeux) à défaut d'être réalisé. C'est déjà cela qu'il faut condamner, ce rêve purement vénal.

"Mais tout le monde va à l'école, et tout le monde peut aspirer à devenir ingénieur, et à être payé correctement pour ça, y compris Mme Khalil (la voisine de Mme Zidane.)"

En théorie, mais en pratique, nous savons tous depuis presque 40 ans, qu'il ne suffit pas d'être performant, méritant... il faut encore être dans un secteur où l'offre correspond à la demande. Aussi doué soyez-vous, si vous ne rencontrez pas la demande, votre talent restera inexploité et votre aspiration... du vent.

"On voudrait que les "riches" (je suppose que ça ne suffit pas à définir quelqu'un...) se rappellent ce qu'ils doivent à la société dans laquelle ils vivent; et, bon sang, qu'ils y contribuent. Qu'ils y contribuent pour que Mme Khalil puisse mettre son enfant à la crèche pour aller au boulot, que ce gamin ait une école digne de ce nom avec des profs correctement payés, et des bus pour y aller. Et qu'il puisse penser que devenir ingénieur, et bien, c'est possible pour lui aussi, et que le foot, c'est juste un loisir."

Moi aussi je le voudrai, mais je n'attends pas que les riches aient bon cœur ou une bonne mémoire, je sollicite l'État par le biais de l'imposition pour qu'il se rappelle à leurs devoir et surtout qu'ils arrêtent de considérer comme à eux ce qui n'est jamais que le fruit de circonstance contextuelle, la relation offre-demande.

"Est ce que Lagardère junior joue au foot? A vous lire..."

Du golf, de la Formule 3 ou du tennis, et lorsqu'il joue au foot, c'est en achetant des joueurs virtuellement... en attendant mieux, j'imagine.

yG
Désolé, j'ai été absent un long moment (jurys de fin d'année assez absorbants).

Et j'aimerais préciser quelques petites choses concernant les études post-Bac.

Tout d'abord les personnes dont les parents sont juste au-dessus de l'échelon pour recevoir une bourse sont très désavantagées pour faire des études : elles doivent souvent bosser à côté, ce qui veut dire pas de temps libre pour étudier à la maison, pas de possibilité de décompresser, un stress permanent.

Ensuite, et quoi qu'on en dise (en tout cas pour les études scientifiques), le travail est moins important que capacités innées de l'étudiant et l'environnement familial. J'ai vu des étudiants, qui avaient très bien réussi leur bac, bosser comme des fous, travailler avec méthode et assiduité, et ne pas comprendre, se retrouver largués, abandonner en cours d'année. A côté de ça, il y en a d'autres qui n'en foutent pas une de l'année, viennent à peine en cours, et valident sans problème toutes les matières. C'est profondément injuste, mais c'est ainsi. Si les meilleurs étudiants étaient les plus méritants, ça se saurait.

"Moi aussi je le voudrai, mais je n'attends pas que les riches aient bon cœur ou une bonne mémoire, je sollicite l'État par le biais de l'imposition pour qu'il se rappelle à leurs devoir et surtout qu'ils arrêtent de considérer comme à eux ce qui n'est jamais que le fruit de circonstance contextuelle, la relation offre-demande."

Je ne peux qu'approuver sans réserve.
Pour info, il faut savoir que pendant le haut moyen-âge, partout en Europe ou presque, un dixième de la production du tiers-état (les nobles n'ayant pas le droit de travailler, ça faisait grosso modo un dixième du PIB) était prélevé par le biais d'une dîme versée à l'Eglise. Cette taxe était divisée en quatre parts égales : une pour l'entretien de l'église, une pour le prêtre, une pour l'évèque, et une pour les pauvres. Autrement dit, malgré toute la misère qui existait à l'époque et tous les problèmes qu'il pouvait y avoir, 2,5% de la production était reversée aux plus pauvres. Pour comparer, aujourd'hui, 50% de la population des États-Unis se partage 2,8% de leur PIB.
Moi, les salaires des grands patrons, des sportifs de haut niveau et des stars de cinéma m'indignent tout autant.
Et je suis prêt à parier qu'il en va de même pour Judith.

A lire et à relire, une des meilleures chroniques de Judith (à mon très humble avis):
Proglio et les "aristos"
Comme d'habitude, j'ai dévoré votre article. Merci
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