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Commentaires

L'équilibre instable de l'artiste

Derniers commentaires

C'est une vraie découverte toutes ces publicités.Mais ou avez-vous déniché tout cela ?

Merci Alain
Je viens de tomber sur l'affiche du film "Des temps et des vents" actuellement a l'affiche. On, retrouve exactement le même principe.

voir l'affiche
trop court :-) format web je sais... mais n'hésitez pas a aller plus loin !

anthony [ un autre blog est possible ]

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Bonsoir,
Tout d'abord l'article et beaucoup de commentaire apporte un éclairage très intéressant sur la dilution des images artistique dans notre quotidien. Pour information je voulais juste vous faire part de 2 point qui me semble ne pas énormément avoir été ébauché dans votre article et les réactions suscitées. Le premier c'est que le fait qu'une image ou une esthétique d'origine artistique soit réutilisée dans un média de masse est preuve d'une reconnaissance pour l'artiste sa production ou encore ses concepts. Ainsi au delà de Michel-Ange ou De Vinci, on peut évoqué le pop art, l'op art ou encore les arts urbains. Comme dis précédemment ils prennent leur source d'images préexistantes et les subliment pour les amenées au rang d'oeuvre d'art, mais leur retour à l'image de masse fait partie intégrante du cycle de vie de celle-ci. Une image n'est jamais figée ou intouchable. Elle contribue au renouvellement des créations futures.
L'autre point que je désirai souligné est le livre d'Yves Michaud "l'art à l'état gazeux". Une des théories de Michaud est que l'art se vaporise dans notre société gourmande d'image. Il constate l'esthétisation de la vie courante, que se soit dans la communication ou bien même dans l'intérieur même des maison avec un développement du "design" dans une ampleur sans précédent. Cela fait partie de notre mode vie où l'image est partout. Il faut s'en accommoder et chercher les clé qui nous permettent de la comprendre et de ne pas s'y laisser piéger.
RÉPONSES GROUPÉES !


LILIANE L. : « Je considère que chaque image produite est le fruit et la synthèse de toutes les images qui ont été produites auparavant, quasiment depuis l'hominisation. »
Bien d'accord avec cette idée-ci mais pas d'accord avec cette idée-là :
« ce sont les publicitaires qui recyclent avant les autres. Je ne suis pas sûre que ça change grand-chose ».

Idée reprise par LIONEL M. : « Michel Ange et sa chapelle Sixtine ou Leonard de Vinci (…) ont été utilisés, recyclés, pillés des dizaines, des centaines de fois ; et ils restent "intacts" à travers les siècles ».

Montrez la Laitière de Vermeer à un gamin. Il dira : « Oh ! on a fait une peinture avec la laitière de Nestlé ! »
Quant à l'ancien logo de Manpower (qui a changé récemment), combien de personnes savent qu'il s'agit de l'Homme de Vitruve dessiné par Léonard de Vinci ?
Nous consommons du Nestlé et nous sommes soumis au travail temporaire, nous vivons dans un monde de contraintes incroyables où vitesse et développement exponentiel des média de masse ensevelissent les "images-sources" (tiens ! je la resservirai, celle-là ;-). On récupère, on recycle les bonnes idées issues des chefs-d'oeuvre pour toucher le plus grand nombre, et le gamin avec sa crème dessert croit que la Laitière est une création publicitaire. C'est ainsi.

Heureusement, il est des pubs qui visent un public plus restreint et qui pratiquent la citation, l'hommage. Ce film pour HP, par exemple, assorti de son décryptage.

FREDERIQUE D. : La version française du clip Coca Light avec La Cumparsita est par là.
C'est la tristesse du côté passager et libre de l'Art, mais les brevets et copyright ont aussi leur mauvaise face.
Bonsoir !
Ha,ça fait du bien d'aller chez vous parce qu'ailleurs ça barde et ça bombarde , ça sème et ça hait.
Je suis toujours très sensible à vos chroniques. Tout à fait d'accord avec votre conclusion , en ajoutant que ce "coincement" fait un peu obligation à se renouveler, à innover.

Une petite chose encore : je crois aussi que le hasard peut faire que deux artistes peuvent tendre vers des oeuvres d'inspirations disons proches , sans qu'ils se soient forcément copiés,ou que l'un est eu connaissance de l'oeuvre de l'autre ,en cas d'antériorité . Il y a aussi des hasards.

Et je préfère de toute façon la théorie de l'inspiration à celle de la conspiration.
En même temps cette rançon du succès qu'est le détournement et de voir son travail recyclé est-ce que ça ne contribue pas aussi à faire que les artistes, les vrais, se renouvellent en permanence ?
(je fais l'avocat du diable, c'est un peu exeuhprêt)
Ce n'est pas nouveau la pub qui "s'inspire" , avec plus ou moins de réussite des "images " créées par des artistes ( qui eux mêmes ne créent pas ex nihili) comme nous le montre si bien Alain.
Mais rappeler les références ça fait du bien... et si ça permet de parler de Ramette... tant mieux!
Encore une fois merci
Puisqu'avant de citer Ramette vous citez Escher, j'ajoute ici un pillage évident (ou une très grosse citation) de Escher, tiré du film Labyrinth avec David Bowie (et par la même occasion clip de Within you du même Bowie)

Hurluberlu
Je n'ai rien à dire sur cette chronique particulière, mais je tiens par ce post à saluer l'ensemble de vos chroniques, douces invitations à une posture réflexive... Merci.
Hello,

J'ai un peu l'hippocampe qui flotte moi avec c'te chronique...
Ça faisait un moment que je connaissais le travail de Ramette, et hier une amie m'a envoyé un lien pour le travail d'un photographe Chinois, bien décollé des racines aussi...

Allez, je vous la fait totale actu, Benjiing, le sport, EDF, Korkos, gloubiboulga et tout ça...

The Impossible Art Of Li Wei
j'ai assisté à un autre pillage apparent d'un artiste (si vous considérez comme de l'art le dessin politique) par la pub. Il s'agit de la dernière campagne pour la Citroën C3.
Pour ceux que cela intéresse, j'ai mis l'original et la pub ensemble ici: http://www.cyberprofsdepmf.com/article-18991590.html
Cordialement
Il est génial cet article Alain, bien que court, comment un article d'analyse peut mener vers une réflection plus profonde sur le rôle de l'artiste. La première publicité, celle avec le type sur l'arbre, en la voyant du premier coup j'avais pas pensé à Philippe Ramette (bien que son œuvre soit assez souvent exposée à Poitiers) mais à la carte du Tarot de Marseille représentant le pendu. Je crois que cette allusion m'est venue aussi a cause du titre de l'article.

tarot de Marseille ancien

Tarot de Waite (1908 je crois)
Je ne connaissais pas le travail de Ramette. Merci donc de me l'avoir fait découvrir.

Cependant, je ne partage pas votre condamnation des pilleurs.
Un artiste crée des images fortes, et celles de Ramette le sont. Il est normal qu'elles imprègnent l'imaginaire collectif, et que certains certains s'en saisissent. Que ce soit à des fins publicitaires ne change rien. Michel Ange et sa chapelle Sixtine ou Leonard de Vinci et sa représentation de la Cene (pour ne citer que ces deux exemples) ont été utilisés, recyclés, pillés des dizaines, des centaines de fois ; et ils restent "intacts" à travers les siècles. Ils n'y a que les images médiocres qui s'usent, les créations puissantes ne se confondent pas avec leur reproductions.
Quelques images de Ramette illustrent aussi les couvertures de la Contre histoire de la philosophie de Michel Onfray, 6 ou 8 tomes parus jusqu'à présent.
Merci encore une fois, Alain pour ces images. J'adore les pubs coca-cola, et je ne connaissais pas cette version qui fait bien ressortir le palazzo italien et le mouvement. Et on peut même accéder en prime à d'autres pubs marrantes.

Pour ce qui est de l'idée que vous développez, je la trouve très intéressante. Et je comprends votre point de vue en tant qu'artiste. Mais je vois les choses en tant que spectatrice et donc pas du tout du même point de vue.
Je considère que chaque image produite est le fruit et la synthèse de toutes les images qui ont été produites auparavant, quasiment depuis l'hominisation.
En fait, je n'y avais jamais réfléchi avant de voir vos chroniques, et votre intervention la première fois à une émission d'@SI, et c'est la principale réflexion qu'elles m'ont inspiré.
Et je pense que c'est ainsi que le monde avance en général.

Car en tant qu'humains, être sociaux projetants et en mouvement mental permanent, nous nous servons des images, des idées, des débats...... pour faire l'histoire individuelle et collective.
Je ne prétends évidemment pas que nous avons vu, voyons et verrons toutes les images, entendons toutes les idées, débattons de tout, mais tout étant déjà la synthèse ou du moins une partie, nous captons ce qui nous arrange.
Et nous fabriquons l'avenir.
Et c'est le rôle de l'artiste d'inventer des images différentes. Et c'est à tous les autres de les réinsérer dans le grand mouvement collectif.

Nous sommes les otages du grand marché planétaire de la mondialisation, et ce sont les publicitaires qui recyclent avant les autres.
Je ne suis pas sûre que ça change grand-chose.
Tant qu'il y aura des humains, il y aura de l'histoire et des images.
Est-ce que tout est recyclable dans l'art? Là c'est juste l'accroche, si on peut dire, qui est récupérée. Ramette lui, perpendicule. Dans la pub, on est bien calé dans le confort du surnaturel. Avec Ramette, c'est vertige, noyade, bascule.
Cette pub, c'est surtout je parle avec les images pour ne rien dire, ou c'est moi qui ne comprend pas le message?
Superbe travail, merci de montrer ce pillage de la pub chez les artistes contemporains.

Quant aux artistes, qu'ils "citent" les anciens, c'est un must, c'est un clin d'oeil, c'est mettre ses pieds dans une longue litanie de l'art, qui fait,au travers du traitement d'un même thème, une histoire de l'art et des problématiques nouvelles traitées à chaque époque. Ainsi le déjeuner sur l'herbe est un bel exercice pour artistes.

Evidemment pour Ramette, on pense aussi au Klein, surtout sur une des images de Ramette, où le bleu de Klein n'est pas loin.

J'ai aussi mis sur mon blog un autre rapport entre un pain moëlleux et le dessin d'une artiste que j'apprécie tout particulièrement, Mïrka Lugosi. Je le ressors ce jour en votre honneur, Alain.


http://anthropia.blogg.org
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