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Le pape François, Le Caravage et la bonne volonté

Le pape François a récemment accordé à des revues jésuites une entrevue dans laquelle il évoque, entre autres, ses goûts en matière artistique. Examinons ses choix picturaux et comment La Croix d'une part et le Guardian

Derniers commentaires

Un de ces prochains jours, il faudra que je me décide à mettre de l'ordre dans mon grenier.
Alain..! je partage vos avis sur les "préférences" papales...!!!.
Par contre ,votre insistance a souligner les "petites bajoues" d'écureuil d’Anne Hidalgo...me semble ...acrimonieuse ,voir déplacée !!!
Feriez vous preuve d'autant d'insistance ...sur,la bedaine du Président,sur la maigreur attristante de NKM,sur la houppette gélifiée de Ayrault,sur la moue sirupeuse du bel Arnaud ,,sur la dégaine empruntée et les traits abruptes du petit homme a talonnettes,manager connu d'une chanteuse aphone etc....
Anne Hidalgo comme tant d'autres...n'a plus 20 ans !!!
Quelques toiles du Caravage passent dans cette surprenante animation.
Je ne savais pas comment vous soumettre ceci. Il s'agit de la photo officielle de a poignée de de main entre Nôtre Vénéré Président et ce môssieur Rohani. A mes yeux c'est une caricature digne des plus belles années soixante.
Je ne sais comment vous envoyer l'image. C'est à la une du Monde de ce jeudi 26 septembre.
Bonjour !

Comme à son habitude, A.K. truffe ses chroniques avec beaucoup de détails pertinents : félicitations !

Admirateur des tableaux de CARAVAGE je ne connais pas l'existence de ce Christ enfermé au Vatican ; si quelqu'un peut me diriger sur un lien montrant ce tableau, je le remercie à l'avance.
Pat.
Bravo Alain, bel article.
Je profite du sujet pour dire que récemment, je me suis retrouvé devant ce tableau que je connaissais pour l'avoir croisé dans des livres.

Et ben, là, à 50 cm, il m'a mis KO ce tableau.

Rappelons donc, que c'est au pied de la peinture qu'on voir l'mieux la peinture, et allez aux musées !!
Bizarre qu'il n'y ait pas ça sur sa play-list: http://www.youtube.com/watch?v=4EU1W_U2w2Q
- Et incarnatus est ( messe en Ut, Mozart )
- Mozart interpreté par Clara Haskil
- Beethoven par Furtwängler
- Erbarme Dich ( passion selon saint Matthieu, Bach )
- la Tétralogie dans l’interprétation de Furtwängler à la Scala en 1950
- Parsifal dirigé par Knappertsbuch ( l'interprétation de 1962 que cite François est introuvable )
@A.Korkos : A -t-on une idée des goûts en peinture de Benoît et de Jean-Paul les prédecesseurs ? Cela pourrait donner une idée de leur rapport à la peinturlure et de leur vision du monde...?
Je trouve très intéressant qu'il s'agisse de Chagall et du Caravage puisque l'on n'est pas ici dans les représentations allégoriques et glorieuses de Christ en majesté / de Christ dominant / et de la cohorte de saints et saintes auréolées de leur martyr et élus /... mais des représentations de Jésus dans la Cité, dans l'actuel, dans le monde "ici-bas" ...
merci pour cette chronique
Ma première pensée fut : "Mais qu'est-ce que j'en ai à... ?". Puis en fait non.
La croix de Scorzelli, je vais probablement pas retenir le blaze, mais juste elle claque.
J'achète pas le mytho, mais vous avez un bath logo, les mecs !

Ce qui ne semble pas être l'opinion de tout le monde puisqu'en cherchant d'autres vues de l'athlète papal, je suis tombé sur l'histoire de ce malheureux Christ retiré d'une église anglicane car il faisait débander les fidèles. Article succint mais assez réjouissant :

http://www.bbc.co.uk/blogs/ni/2009/01/church_removes_crucifix_becaus.html
Un homme qui admire le Caravage ne peut pas être totalement mauvais.
J'ai lu l'entretien du pape. Les compte-rendus des médias, qui se sont focalisés sur les phrases sur les homosexuels, l'avortement ou les divorcés remariés, sont une façon à mon sens étroite de considérer l'entretien. Car oui, il ne faut pas s'attendre à ce que le pape annonce par voie de presse les changements dogmatiques de l'église; mais le fait qu'il invite ses subordonnés à "ne pas se focaliser" sur ces questions est déjà une indication d'une volonté de réforme doctrinale. Et il ne faut pas non plus s'attendre à ce que l'Eglise devienne libertaire en matière de moeurs. Il faut à mon sens prendre cet article dans les revues jésuites (l'ordre religieux dont il vient et dont il fut un supérieur provincial pour l'Argentine-Uruguay, puisqu'il est le premier pape jésuite) pour une première manoeuvre politique/médiatique après les premiers mois de prise de contact avec cette administration particulièrement retorse qu'est la Curie Romaine: « Si, je peux peut-e?tre dire que je suis un peu ruse? (un po’furbo), que je sais manœuvrer (muoversi), mais il est vrai que je suis aussi un peu inge?nu.". De fait, il vient aujourd'hui d'annoncer quelques nominations/changements au sein de la Curie. Les premières. Comme par hasard la publication de l'entretien est concomitante. Et un collège de huit cardinaux nommé il y a quelques mois (venus du Tiers Monde essentiellement) remettront un rapport sur les réformes à faire dans l'organisation de l'Eglise au début Octobre. Et ils se rendront avec le Pape à Assise. Or un pape s'appelant François se rendant à Assise doit certainement avoir envie d'y faire quelque chose de plus qu'une simple prière: il y annoncerait la tenue d'un nouveau concile que ça ne m'étonnerait guère: Benoît XVI avait cherché à figer, et empêcher, les avancées doctrinales et organisationnelles de Vatican II, or dans l'entretien le pape montre clairement qu'il entend prolonger les enseignements de ce Concile qui fut le premier à affronter la modernité (c'est d'ailleurs le premier pape ordonné prêtre après Vatican II).

Par exemple: Bergoglio revient sur son expérience ecclésiastique passée du provincial des Jésuites: "Au de?part, ma manie?re de gouverner comme je?suite comportait beaucoup de de?fauts. C’e?tait un temps difficile pour la Compagnie : une ge?ne?ration entie?re de je?suites avait disparu. C’est ainsi que je me suis retrouve? Provincial tre?s jeune. J’avais 36 ans : une folie (una pazzia) !" En fait, le mouvement jésuite était profondément tiraillé entre ceux qui cherchaient à intégrer les pensées de 68 au sein de l'Eglise et une hiérarchie catholique qui n'apprécie guère cette liberté intellectuelle: d'où un départ important de jésuites de la Compagnie car ils refusent l'orthodoxie et préfèrent continuer à agir et penser hors des ordres, mais aussi une effervescence intellectuelle chez une partie de ceux qui sont restés (ex: le jésuite salvadorien Rutilio Grande, assassiné), et qui donne lieu notamment à la théologie de la libération en Amérique du Sud, tolérée a minima par Paul VI avant que Jean-Paul II et Ratzinger ne la condamnent définitivement. Donc Bergoglio a vécu cette période intellectuellement riche et politiquement trouble au sein de l'Eglise (une envie de rupture intellectuelle à la base, un rappel à la tradition au sommet, et un départ important de la génération qui le précédait) depuis un poste de pouvoir, où il était chargé et d'administrer l'ordre en ébullition, et d'obéir aux injonctions de Rome, le tout dans un environnement politique troublé dans tout le continent Sud-américain. Pas étonnant qu'il considère qu'il a été un mauvais supérieur provincial, comme il le reconnaît. Et, s'il n'est certes pas un théologien de la libération, il cite dans l'interview comme influence intellectuelle Michel de Certeau, lequel avait failli se faire virer de l'ordre des jésuites justement pour sa liberté de parole et sa critique de l'Eglise, et qui fut proche intellectuellement de la théologie de la libération (mais il était philosophe, historien et même co-fondateur avec Lacan de l'école freudienne de Paris, mais non théologien).

Bref, tout ça pour dire que quand Bergoglio dit "je n'ai jamais été de droite", quand il remet en cause une herméneutique de la tradition (celle que postulait Benoît XVI), quand il cite Michel de Certeau, ou qu'il parle de la place de la femme et dénonce le machisme, etc... ça annonce quelques chambardements doctrinaux, voire dogmatiques, assez radicaux par rapport à ses prédecesseurs. Je pense qu'il y a du Concile dans l'air, mais je risque de me tromper. En tous cas, il est clair que il y aura des réformes importantes. Et peut-être une réhabilitation de la théologie de la libération. Attendons de voir.
En passant, Jésus vit un homme assis au bureau des taxes et qui s'appelait Matthieu. Il lui dit : "Suis-moi." Cet homme se leva et le suivit.

Bah ils étaient dociles et pas bégueules les agents des impôts de l'époque !
Tentez la même expérience aujourd'hui. Rendez vous à l'hôtel des impôts de votre ville, et demandez à être reçu par un contrôleur ou un inspecteur.
Dès que vous entrez dans son bureau, dites lui : "Suis moi". Il y a fort à parier qu'il vous fixera avec des yeux ronds, vous demandera qui vous êtes pour le tutoyer comme ça, et qu'en définitive, il restera le cul bien vissé sur sa chaise.
OK, je dis pas que Jésus avait pas un certain charisme que vous possédez pas forcément. Mais quand même.
J'ai beau relire, moi y-en a pas comprendre en quoi ses propos sont géométriquement variables. Des journalistes déforment ( ou tronquent ) ses propos: il n'en est pas responsable. Une personne qui n'est pas en recherche de Dieu ( pas de bonne volonté ) n'est pas dans son "périmètre". Par ailleurs, il exprime la position de l'Église sur l'avortement, position peu sympathique mais où est l'incohérence ?
Allez, un petit bout d'un concert des mythiques Vatican Commandos et je m'en vais voir les peinturlures papales.

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(...) Rome l’unique objet de mon ressentiment
et le voilà la lanterne à la main
le voilà qui suit son petit bonhomme de chemin
son petit bonhomme de chemin le mène à Rome
comme tous les autres chemins
parfaitement
parfaitement
à Rome devant le Vatican
parfaitement
pauvre veilleur de nuit le voilà perdu en plein jour
au beau milieu d’une ville peuplée de gens qui ne parlent
pas la même langue que lui
triste voyage
soudain il voit une petite fumée qui monte dans le ciel au-dessus des maisons
alors il crie au feu
mais un Italien lui explique en italien que toujours
il y a une petite fumée qui monte dans le ciel
quand un nouveau pape est élu
le veilleur de nuit n’y comprend rien
il hoche la tête
et le soir tombe sur la campagne électorale à Rome le pape est élu
aux quatre coins cardinaux il y a des cardinaux
qui font la gueule en coin
ils ne seront pas pape
tout est foutu
c’est alors qu’au balcon
sérieux comme un pape
parait le pape
entouré de ses sous-papes
il a sur la tête la coiffure à trois cornes appelée tiare
et il étend la main
la foule se prosterne
la foule cherche sa salive
la foule trouve sa salive
la foule crache par terre
la foule se roule dans son crachat
le pape fait avec sa main de pape un geste de pape
on ferme la fenêtre
et la foule s’en va
s’en va par la ville en répétant
Ça y est
nous l’avons vu
nous l’avons touché du regard
un peu plus tard assis sur ses fesses dans son carrosse de nougat doré le grand taulier du Vatican fait le tour de son quartier réservé et puis il rentre au Vatican où fier lui aussi comme un pape son vieux papa l’attend
effusions familiales
grandes eaux lacrymales
le père a une tête de vieux paysan
il fume la pipe
il est simple
hélas hélas
la pipe au papa du pape Pie pue (...)

J. Prévert La crosse en l'air - Paroles par Reggiani en 2 parties 1ère et
ça marche avec "gros" aussi! -)
Pour voir une grosse dans une Ferrari,faut déjà voir une Ferrari.
Hors ,il y a beaucoup moins de Ferrari que de grosse.
("ha non!pas ça dans le foroum d'asi!!")
Rien à voir avec le sujet, mais quand même un peu avec l'Italie.
Tout à l'heure, je suis passé à côté d'un type qui disait à un autre type : "J'ai jamais vu une grosse dans une Ferrari".
Je sais pas quoi en penser.
La prochaine fois qu'une Ferrari passe à portée de ma vue, j'observerai attentivement ses passagers.
Pour m'assurer qu'il y a pas quelquefois des exceptions.
Merci à Korkos. Splendide !
François zéro a du goût. C'est le moins qu'on puisse exiger d'un pape. Accoler Mozart et Wagner me paraît toutefois pousser le bouchon de l'éclectisme un peu loin. M'enfin, comme on dit en belge, voilà un Korkos tout-à-fait fascinant.
présent
gamma
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