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Kärcher : une idiote utile répond à Thomas Legrand

Derniers commentaires

... un idiot utile. Il sera désormais, ou ne sera pas, dans la mémoire de nos combats communs. Nos accords et nos désaccords.

L'hommage rendu par Thierry Leclère s'achève dans un paragraphe qui nous invite à lire et à relire le philosophe disparu :

"Reste à lire ou à relire le « communiste hérétique » Daniel Bensaïd, militant tenace, ami exigeant, marxiste « allergique à toute orthodoxie doctrinaire » (Marx, mode d’emploi, 2009), comme disait hier sa famille de cœur. Relire l’auteur prolifique du Pari mélancolique (Fayard, 1997) ou de Jeanne de guerre lasse (Fayard, 1991), qui avait pour devise personnelle : « Il faut lutter, au moins pour s’épargner la honte de ne pas avoir essayé… »"

.
j'ai entendu aussi Thomas Legrand, et je trouve franchement depuis quelques temps qu'il prend la grosse tête. Il donne des leçons avec un air supérieur. Comment peut-il nier que, dans en politique, "dire" c'est la plupart du temps "faire" ?
Quant à la phrase de Fadela Amara, ce n'est qu'une référence/révérence à son maître, cela aurait mérité d'être souligné par Legrand. On dirait que cet éditorialiste a tellement peur d'avoir l'air d'en faire trop pour critiquer le langage sarkozien qu'il s'empresse de récuser par avance ceux qui en auraient l'idée. Du second degré de second degré, sans plus tellement d'intérêt maintenant.
Après les Inrocks, c'est au tour du Nouvels Obs télé (TéléObs) de traiter de la sortie de l'ouvrage de Legrand (p.18) dont le journaliste rappelle que "Ceux qui comparent Sarkozy à un surgeon pétainiste sont ramenés par Legrand au rand d'"idiots utiles".

A lire cela, je me demande si Legrand n'a pas pris ses auditeurs pour des idiots utiles, développant comme par hasard le cœur de sa pensée dans une chronique radio, la semaine de la sortie de son ouvrage reprenant exclusivement et bizarrement cet axe...
Comme le monde est petit et certains de ses habitants... plus encore.

yG
"Pour Legrand "il [Sarkozy] ne fait rien [...] il ne va pas trop vite ; il dit trop vite, il parle trop vite." "

Ça va vous étonner, Yannick, mais pour vous contredire, surtout Legrand en fait, je vais reprendre le commentaire de Dominique Godin (et oui, tout arrive) qui écrivait il y a quelques jours ceci :

"Demandez au MEDEF si Sarkozy est le candidat du vide. Au contraire, il a été le président le plus efficace pour son camp. Il a réussi à jeter à bas ou s'apprête à le faire toutes les conquêtes sociales depuis la Libération. Aujourd'hui, à part les maladies graves, on paie la moitié des soins, ça veut dire que la santé est à moitié privatisée. Et on pourrait multiplier les exemples dans tous les domaines. Oh, non, Sarkozy est loin de ne brasser que du vent."

Nous pourrions ajouter les chiffres catastrophiques de l'indemnisation des chômeurs en fin de droit en forte augmentation (du fait des réformes de qui vous savez) qui constitue, de l'avis des observateurs, une véritable bombe sociale à retardement.
Dans les Inrockuptibles de cette semaine, une page entière d'entretien avec Thomas Legrand à propos de la sortie de son livre "Ce n'est rien qu'un président qui nous fait perdre du temps" (Stock, 12 €)

Un entretien qui confirme à mes yeux toute la justesse de l'analyse de la prose de Legrand par (Lagrande) Judith.

Pour Legrand "les antisarkozystes sont hypocondriaques: ils exagèrent les effets du sarkozysme. Je comprends qu'ils soient effrayés par le discours du président, mais il est simplement de droite, pas antirépublicain."(Les Inrockuptibles, p.4, n°738).

La belle affaire, comme si être simplement de droite n'était pas déjà une raison suffisante de s'opposer à lui, à sa politique, de le craindre, de la redouter.

Pour Legrand "il [Sarkozy] ne fait rien [...] il ne va pas trop vite ; il dit trop vite, il parle trop vite."

La belle affaire (bis), comme si une fois de plus, cela serait plus acceptable, plus appréciable s'il faisait aussi vite qu'il parlait. Mais ce reproche, ce n'est pas à la gauche de le faire, c'est à la droite, dont je ne suis pas, de s'en inquiéter, vous vous trompez de public ou peut-être pas d'ailleurs...

Car, tant mieux si Sarkozy ne produit que des gestes, des monologues. Pour autant, il n'y a là aucune raison de se réjouir, aucune raison de ne pas s'alarmer, car, c'est déjà de trop, puisque ce sont ses mots qui préparent le terrain à une quelconque action.
Ce sont souvent des paroles qui président : l'insulte, le mépris, le rejet, l'identification...
Ne pas l'entendre, ne pas y réagir, c'est déjà laisser faire ce qui peut advenir.

Ne vous étonnez pas après qu'ils se transforment en acte, de soutien ou d'opposition.
La parole n'est pas innocente, surtout la parole politicienne, surtout celle du premier de ces représentants.

Vous ne criez pas au loup, Thomas Legrand, puisque vous n'entendez que ses hurlements, et autres jappements, ne voyez pas ses crocs luire dans la nuit qui s'étend autour de nous ou pire ne sentez pas ses crocs se refermer sur votre gorge, tant mieux pour vous, mais vous oubliez, négligez, minorez la douleur des autres, de ceux qui vivent ces étreintes mortelles.

Grand bien vous fasse, mais comprenez que d'autres ne tiennent pas à l'apaisement que vous leur vendez, puisqu'eux ne tiennent guère plus que cela, à être dévoré tout somnolant que vous les aurez rendu à vous écouter ou à vous lire.

yG
Bravo pour cette chronique. Elle invite au débatThomas Legrand ,qui regrette peut etre d'avoir parlé un peu vite?....;
no regrets, si c’est à refaire, nous le referons, et mieux vaut passer pour des idiots utiles que de nous contenter d’être de cyniques taiseux.

Certes, certes. On s'en fout d'être des idiots utiles. Ne nous taisons pas. Parlons, écrivons...

Cependant, ce que dit Eric Hazan dans sa tribune est juste, après avoir longuement parlé et parlé et parlé, on fait quoi ?

Pour que se répande la joie de conquérir une nouvelle existence, il nous faut sortir du domaine des Idées, élaborer en commun les formes de vie à venir : que dans les corps en crise - écoles, hôpitaux, énergie, transports, agriculture, université -, ceux qui triment songent à comment ils s’organiseront sans ceux qui sont là pour les gérer ; que ceux qui ne se résignent pas à l’apartheid rampant se réunissent pour savoir comment rendre immédiatement aux villes leur rôle et leur beauté ; que tous, nous préparions la mise à la retraite d’office des financiers, des économistes et des géopoliticiens.

Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. Car le maintien d’un régime responsable de tant de cruauté et qui n’en garantit que la permanence est une éventualité infiniment plus redoutable que l’insurrection qui vient.


Sans rien faire, nous serons des idiots inutiles.
Merci Judith pour cette chronique dont je partage entièrement le point de vue. J'aime beaucoup votre phrase : "mieux vaut passer pour des idiots utiles que de nous contenter d’être de cyniques taiseux."

J'entends tous les arguments développés par ceux qui défendent le point de vue de Legrand dans ce forum. Mais cela ne m'empêche pas de manière viscérale de penser que c'est encore un droit de dire "Non" à des propos publics odieux.

Citation : "Mais me reste en travers de la gorge tout de même, cette idiotie qu’il me prête, son utilité supposée, et la curieuse analyse du chroniqueur : il serait idiot de s’offusquer d’un mot (...) ne vise qu’à me scandaliser: "ce mot magique, un peu guerrier, (...) devrait donc déclencher, chez les belles âmes de gauche, le réflexe outré, les « «comment peut-on ?!», les « au secours le fascisme revient ». C’est fait pour ça", analyse Legrand.
Et si je comprends bien, c’est un piège où il ne faut pas tomber, parce que ce ne sont que des mots. Pas des actes."

Cela me fait un peu penser à la polémique qui a suivi la critique de la vidéo "sale pute" d'Orelsan. Nombreux sont ceux qui ont ridiculisé la critique du propos ultra-violent d'Orelsan par le fait que cette critique faisait son jeu en lui faisant de la publicité.
excellente chronique, Judith, dont je partage totalement le coup de gueule ; pour moi aussi, les mots ont toujours un sens y compris les non-dits, c'est dire....:)
j'approuve totalement votre : Il n’y a rien d’inoffensif dans la parole publique, et ce n’est pas parce que les politiques ne tiennent pas leur promesses que leurs mots sont sans effet

que ce soit du "casse toi pauv'con", à une promesse non tenue comme celle qui nous disait "qu'il n'y aurait plus un seul sans-abri avant deux ans" (c'était en 2006), les mots ont un impact qu'ils soient captés ou non, et dévoilent l'individu qui les prononce !!
depuis que l'Homme a décidé de se mettre debout favorisant le passage de l'air dans le larynx, il a, en plus de vouloir repérer son ennemi de loin, la possibilité de lui adresser un message en émettant des sons !!
et une parole "adressée" n'est jamais anodine, elle est forcément motivée...

en ce qui concerne nos politiques, la parole est de plus utilitaire : du fumigène qui masque la promesse non tenue, à l'insulte qui masque le fumigène, à la promesse faite et qui ne sera jamais tenue mais dite pour masquer l'insulte, nous voilà dans le cercle vicieux des discours politiques pondus par d'éminents communicants ; hors de question qu'elle n'ait pas un sens cette parole, une portée, une cible, choisis consciemment et de façon opportune, calculée (sinon à quoi bon payer des milliers d'euros tous ces conseillers élyséens !!)

pour Fadela AMARA, c'est pour moi encore plus tragique car sa parole n'est sans doute pas dite au hasard ni de l'adresse, ni du calendrier ; quand elle dit que "chacun a droit à la sécurité" pour justifier l'utilisation du kärscher, elle ne fait que reprendre un leitmotiv gouvernemental très actuel et très en prévision de l'échéance des régionales ;
mais cette phrase est surtout la manifestation de sa soumission à son mentor et de sa trahison envers tous ceux qu'elle défendait auparavant dans les cités et qui recevront ces mots-là une énième fois comme une agression : le verbe toujours ressenti comme une flèche !
Vous ne devriez pas vous laisser à ce point impressionner par ce Thomas Legrand ; il n'est qu'une girouette après tout. Et les bonnes girouettes vont toujours dans le sens où le vent souffle. Si j'ai bien compris,c'est lui le chroniqueur politique de France-Inter. Il a sans doute été placé là par Monsieur Val qui a lui-même été nommé à son poste de directeur de France-Inter par Monsieur Hees qui a lui-même été nommé par son homonyme, Monsieur S.

Thomas Legrand ne fait que son boulot, qui est de propager la parole de ses maîtres ; c'est un bon chien-chien à son pépère ! Je suis sûre que vous avez de ces voisins qui ont un de ces roquets dont les aboiements désagréables, généralement dans les aigus, vous percent les tympans à toute heure du jour et de la nuit. Eux aussi ne font que leur boulot de chien.

Bien sûr que les mots ont une portée, et cette portée va parfois plus loin que leur sens premier. Thomas Legrand le sait puisqu'il n'existe qu'à travers eux. S'il ne parlait pas à la radio tous les matins, qui saurait même qui est ce gars-là ? Lui aussi est probablement l'idiot utile de quelqu'un. ;)
François Morel ce matin parle aussi de Kärcher
http://www.dailymotion.com/video/xbv6ww_une-loi-contre-les-fantomes_fun
Judith, je m'étonne que vous citiez Laurent Joffrin comme "un idiot utile à l'UltraGôche" qui en plus persiste et signe. Il m'a semblé que vous teniez un discours tout à fait différent naguère. Peut-être me trompais-je.
http://robertmarty.unblog.fr/2009/01/16/lidiot-utile/

Je parie que des tas d'asinautes regrettaient, après la publication du flash "vite dit" de 21H36, l'absence d'accès à un forum...
L'expression (idiot utile, pas kärcher) rebondit ce soir avec le refus de Peillon de" jouer les idiots utiles en 2°partie de soirée"...
Nettoyer au Kärcher est une expression entendu par Nicolas Sarkozy, sans que celui-ci sache réellement la signification (comme Carla Bruni et le mendiant de Proust).
« Kärcher » est une marque déposée de nettoyeurs haute pression (faisant référence), devenu un nom générique, comme « frigidaire » ; « pédalo » ; « fermeture éclair » ; « cellophane » ; etc.

Dans l’industrie pour nettoyer des pièces mécaniques, on les « sable » [du verbe sabler].
Idem dans le bâtiment où on fait sabler une façade, pour la [s]nettoye[/s]r blanchir [comme avec les statues].
(et beaucoup plus dangereux que le nettoyage HP)
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/sabler

Sabler est quelque fois utilisez, faussement par homophonie, dans l’expression « Sabler le champagne »
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/sabrer

Alors que se serai-il passer si l’expression « je vais nettoyer la banlieue au Kärcher » avait été « Je vais sabler la banlieue ».

Je vous laisse chercher la solution.
Notre perception du « réel » demeure partielle et personnelle.

[large]‘‘The map is not the territory.’[/large]
Pour en savoir plus, voir ces liens :
Alfred Korzybski
Sémantique Générale
Judith puisqu'il est question de Kärcher, j'aimerai vous témoigner tout mon soutien pour votre émission D@ns le texte que j'aime par dessus-tout, pour vous, pour votre façon de nous amener dans chaque texte, pour nous donner l'envie, nous donner à réfléchir et surtout pour nous faire comprendre des choses, doucement, avec vos doutes, avec les nôtres et avec ceux des auteurs.
Nettoyé au Kärcher l'émission et hop, je me nettoierai aussi d'@si.
(je sais j'ai fait déjà la menace en réaction sur le papier de Daniel), mais je fais ce que je veux !
Bien à vous !
Richard
Voilà que je commence seulement à digérer les propos de T Legrand. Merci de m'y avoir aidée.Toutefois ,j'ai dit "digerer" pas apprécier.Quant à la sous ministre dont on ne sait pas ce qu'elle fait là,quand j'entends sa voix débiter quoi que ce soit j'éteins la source car je la trouve lamentable.
Ce qui me choque , c'est que Fadela Amara soit devenue une idiote utile à Sarkozy . Et voulez-vous savoir de sa bouche pourquoi elle a fait ça? Rendez-vous à la minute 9'40 de cette vidéo

Celui de Fadela ne mérite pas qu’on s’indigne, parce qu’il a la violence pour objet.

Je dirais le contraire, parce que, sachant pour qui elle roule, il n'a pas la violence pour objet mais la violence pour prétexte. Procès d'intention de ma part parfaitement assumé.
La chronique de Legrand sur Slate, "Karcher, un mot sans lendemain"

Peut-être n'a t il finalement pas tort au moins dans les faits au sujet des "idiots utiles", puisque dans les déclarations officielles de Sarkozy, il n'est pas fait référence au Karcher, "juste de nettoyer"

Le mot Karcher, resort quelque jours plus tard dans le monde, via la bouche du maire PCF de La Courneuve:
D'autant que selon des propos rapportés par le maire (PCF) de la Courneuve, Gilles Poux, le ministre avait auparavant promis devant la famille de la victime de "nettoyer au karcher" le quartier. Karcher dans L'Humanité

Le 24/06, 5 jours après il confirme "Nettoyer" mais pas de Karcher... Admirez les arguments.. (Judith si vous vous indignez, c'est que vous n'avez jamais mis les pieds en banlieue..) La présomption d'innocence du quatrième coupable est passée à la trappe.. Seules trois personnes furent condamnées.

La karcher dans la bouche de Sarko, n'apparaît qu'une semaine plus tard, après le lancement de Pujadas et le commentaire du reportage "persiste et signe' Admirez le rictus quand il prononce Karcher... C'est quitte ou double... Ce fut double!

Alors le karcher une légende urbaine "d'idiots utiles", une rumeur, reprise par la comm' du ministre pour le plus grand plaisir de polémiquer?? Hypothèse.


Morano, encore elle, à la fin de la vidéo que nous représentait Anne Sophie, a elle aussi son explication du Karcher.
Leurs mots (ou maux...) aux politiques sont tellement sans effet que je me demande pourquoi Le Président de la République n'a pas présenté ses voeux depuis la Courneuve, comme au temps où, Ministre, sous le feu des caméras, il promettait de "nettoyer la Courneuve au kärcher" ???
Thomas Legrand n'est-il pas entrain de chopper la grosse tête ? Il est de + en + péremptoire je trouve.
Bravo, Judith. Impériale.
Je ne saisis pas très bien la distinction que vous prétendez établir entre les propos de Sarkozy et ceux de F. Amara, parce que, au bout du compte, le kärcher, même symbolique, est destiné à atteindre les auteurs des violences. (En ce qui me concerne, lorsque Sarkozy a utilisé cette image, j’ai tout de suite pensé, à cause de la similitude de forme des objets, au lance-flammes). D’ailleurs, je ne suis pas sûr que F. Amara ait eu l’intention de nuancer les propos de son maître, étant donné la stupidité dont elle fait preuve habituellement dans ses déclarations.
Pour éviter de jouer les « idiots utiles » et donc de la traiter de fasciste, ce qu’elle n’est sûrement pas, il est préférable de penser que ses propos relèvent de la sottise et par conséquent de la traiter simplement de « pauvre conne » !
Une analyse brillante, comme à l'accoutumée. Rigueur et profondeur, voilà les deux mamelles de la plume de Mme Bernard. Je suis interpellé par exemple par l'opposition que la chroniqueuse pointe entre les "idiots utiles" et les "cyniques taiseux". Il me semble d'autre part que lorsque l'on se révolte contre l'expression de "kärcher" prononcée par notre devenu président à l'encontre des habitants des quartiers, on ne se révolte pas seulement contre la malveillance et la vulgarité de Sarkozy. On se révolte surtout pour les habitants des quartiers. Ce qu'on qualifie d'anti-sarkozysme - expression politico-médiatique forgée il y a quelque temps pour démonter les protestations de la gauche - c'est aussi un sentiment d'injustice qui pousse à défendre les services publics, l'indépendance de la justice, les droits de l'homme, l'exception culturelle de la France, etc, etc, etc... Dans tous les cas, se taire, c'est l'option la plus facile.
"Si la violence dans les quartiers n’a pas diminué, ce n’est pas, contrairement à ce que suggère Legrand, parce que la métaphore du kärcher ne s’est pas réalisée; c’est, notamment, parce qu’elle a été proférée, violence alimentant la violence, huile jetée sur le feu."

Mais n'est-ce pas en fait le but recherche par ceux qui tiennent un tel discours ?

Parce qu'en definitive parler de "nettoyer au Karcher" la "Racaille" des quartiers ne fait que deresponsabiliser le gouvernement et son innaction : " Vous voyez, les problemes de violence sont dus a de "mechantes" personnes " qui, par definition, avec la symbolique utilisee, impliquent qu'elles "salissent" notre societe, salissent notre "identite nationale" ...

Et donc en aucun cas, ces violences ne peuvent etre dues au mepris des elites au pouvoir face a cette partie de la population, a la decision de ne pas developper/financer d'infrastructures et de programmes d'education, a la misere des personnes vivant dans ces quartiers.

Ce discours nous laisse tout aussi idiots que d'habitude, mais surtout nous donne le sentiment d'etre tout a fait inutiles.
Le propos de Fadela Amara est raté, certes. Mais dans l'histoire, l'idiote utile, c'est elle. Réutiliser le mot 'Karcher' est une facon de réveiller la vieille blessure de 2005, ouverte par Sarkozy. Cette injure, a défaut du pardon, aurait, sans elle, peut-etre eu droit a l'oubli.

Et on est en droit de s'indigner. Karcher, comme vous le dites tres bien, est a consonance allemande. Or, l'allemand est resté, dans l'inconscient collectif, la langue de l'envahisseur nazi. En usant de ce mot, on stimule donc dans l'inconscient le souvenir d'une des périodes les plus sombre de notre Histoire.

On sait de quel 'nettoyage' les nazis se sont faits les agents. Ils ont si bien fait le ménage qu'il n'est plus resté grand monde.

Toute politique commence par des mots. Les nazis aussi parlaient de 'débarrasser' l'Allemagne des juifs, et ont usé de propos déshumanisants. Quand l'homme n'est plus qualifié d'homme, il est plus facile de le 'nettoyer.'

Il faut prendre garde aux mots. On commence toujours par des mots.
Puisqu'il est beaucoup question de mots, mettons donc les mots en question.
Tout d'abord, pour être tout à fait clair: je pense que Thomas Legrand, dans sa manière manque de manières. Parce que s'indigner des menaces proférées par le ministre de l'intérieur d'il y a cinq ans ou des souhaits réitérés de son actuelle Secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, n'est certes pas faire preuve d'idiotie, même utile, du moins au sens "léniniste" du terme.
Par contre, et puisqu'il semble admis que les mots font la chose, il convient de s'efforcer, au-delà de la simple représentation métaphorique qu'évoque le nettoyage au Kärcher - force, puissance, définitivité - de comprendre ce que le mot Kärcher en lui même raconte, ce qu'il dit de celui qui le prononce, en d'autres termes comment se construit sémantiquement l'émetteur, et pas seulement métaphoriquement.
Parce que, pour qui a un peu vécu une pauvre vie de petit blanc dans les banlieues pavillonnaires cernées par les cités, le Kärcher a une vraie réalité, ce n'est pas une métaphore, mais bien un outil en promo chez Leroy Merlin quand vient le printemps, ou en tête de gondole chez Casto aux premières mousses automnales qui vous niquent la terrasse. Accessoirement il peut aussi vous servir à virer les saloperies taggées sur le muret en pierre reconstituées (toujours Leroy Merlin) qui cerne la Villa Mon Désir. Et taggées par qui, les saloperies, justement? Et bien par ces mêmes voyous que causait le Président et qui font , justement, la violence que parle la Ministre. Justement. Et du coup, ça lui parle au petit blanc, le Kärcher. Et même ça parle aux braves gens des cités, le Kärcher. Ça leur raconte les maisons de leurs voisins petits blancs, que même des fois c'est des ritals ou des portos, et que eux, les gens des cités, un jour aussi, peut-être ils auront leur maison avec un muret d'enceinte avec des pierres reconstituées. Ou des briquettes, aussi, c'est pas mal la briquette, avec une jolie grille en fer forgé. C'est plus onéreux, mais ça pète un style, faut reconnaître.
Voilà ce qu'il raconte le Kärcher. Et c'est comme ça que se construit sémantiquement l'émetteur: comme un qui aurait passé le Kärcher dans sa vie, et qui sait de quoi il cause quand il parle, et que c'est vrai un bon coup d'Kärcher, ça peut pas faire de mal, quand je voie le mal de chien que je me donne pour nettoyer mon mur, merde, c'est vrai quoi à la fin. Et c'est bien parce qu'il se construit comme un mec qui a le sens de la petite propriété et des couilles, que l'émetteur devient Président. Et qu'on appelle ça populisme, ne change rien à l'affaire: les mots ne font pas que la chose (même si): ils font aussi le bonhomme, ou du moins sa construction sémantique, voire sémiologique dans le cas qui nous intéresse, tant tous les signes du bonhomme participent de sa construction.
Et du coup, et là je ne suis pas tout à fait d'accord avec Judith - mais c'est un point mineur! - Fadela Amara n'utilise pas le mot différemment que Nicolas Sarkozy, même si l'objet à nettoyer est différent: c'est bien ce Kärcher qui lui parle à Fadela, c'est bien avec ce Kärcher qu'elle se construit, à son tour, comme représentante du monde réel et désenchanté de Leroy Merlin et Castorama. Sauf que chez elle la construction est sincère, hélas. Et donc, peut-être, encore plus pernicieuse: on sait qu'elle sait de quoi elle cause. Partant on peut légitimement s'interroger: ne serait-elle pas, elle, plutôt, cette fameuse idiote utile?
Le pouvoir des mots, c'est bien là le fond de votre réflexion, Judith. Entre le performatif de Coupat et la violence symbolique du Kärcher sarkozyste on retrouve cette même interrogation sur le pouvoir des symboles, sur le pouvoir de la langue et du texte.

Dans la critique de Thomas Legrand, il y a quelque chose du proverbe. "Les promesses [ou les menaces] n'engagent que ceux qui les croient". Comme si la parole sarkozyste, indolente pour les uns, n'avait d'effet que sur ceux qui l'écoutent.

On retrouve ici, dans cette apparente opposition entre votre point de vue et celui de Thomas Legrand, à la fois la liberté et la contrainte qui s'exercent sur tout interprète face à un texte. D'un côté les mots ne veulent pas rien dire, les mots ont un sens et un effet sur ceux qui les écoutent et de l'autre l'interprète est libre de croire ou non, de relever du second degré, d'avoir une lecture parfaitement métaphorique, etc.

Deux points de vue également pertinents.

S'il y a néanmoins quelque chose de salutaire dans la chronique de Thomas Legrand, c'est de pointer la nécessité de s'intéresser aux actes, la nécessité de ne pas se laisser paralyser par le discours du bonimenteur pendant que celui-ci vous fait les poches. Car Sarkozy est avant tout un bonimenteur foireux : il gesticule, il indigne, il s'agite, il parle, il fait des mimiques. Pendant ce temps, en coulisse, les casseurs s'activent. Pas les casseurs des rues, non, ceux-là ne cassent, en fait, pas grand chose. Mais les casseurs gouvernementaux : réformes de la justice, de l'hôpital, de l'université et très récemment de la poste.

Alors bien évidemment, le discours de Sarkozy blesse, il humilie les gens, comme ce conducteur qui, dans la vidéo que vous mettez en ligne, dit très justement : "il nous prend pour de la saleté.". Mais cette authentique souffrance que provoque la bouche malodorante de Sarkozy n'est-ce pas la gifle qu'il nous donne pendant qu'un obscur scribouillard de son cabinet fabrique, en secret, une loi qui nous coupe un bras ?

Ou la technique du coup de bâton apprise auprès de son ami Clavier : http://www.dailymotion.com/video/x34mtc_nathalie-ce-deboite-lepaule-les-bro_fun
Précieuse Judith, si fine et passionnée dans ses analyses (des évènements comme des livres ). ESSENTIELLE à ASI .M.Duclos
Je pense que vous n'avez pas compris le sens du propos de Thomas Legrand. Voici ce qui selon moi, est le fond de sa pensée : le sarkozysme, si l'on considère qu'une doctrine politique se base sur une idéologie, mais également sur sa mise en œuvre, n'existe pas. Sarkozy est capable d'être libéral un jour, protectionniste l'autre (dans le verbe) mais au final de ne rien faire. On est dans la pure gesticulation verbale, dans le néant idéologique, le vide politique le plus parfait.

S'offusquer du kärcher de Sarkozy, c'est créer le mouvement qui fait défaut à sa politique. Je m'explique : Sarkozy se présente en 2007 à l'élection présidentielle avec un bilan lamentable. Il faut l'avouer, l'observation minutieuse de son action en tant que ministre du budget sous Balladur puis ministre de l'intérieur sous Chirac révèle un bilan nul, non pas en rupture avec la Chiraquie mais dans sa plus parfaite continuité. Si Sarkozy ne réussit pas à mettre le feu aux banlieues, Sarkozy ne peut réussir à se faire élire sur une thématique identitaire, qui de toute façon n'intéresse pas les français. Cette démarche est-elle consciente, je ne le sais pas. En tout cas elle est classique... pour ne pas parler des problèmes qui comptent, pour détourner l'élection, il hystérise le débat, désigne des boucs-émissaires donc l'élimination résoudra tous les maux.
Bref en sautant à pieds joints dans la stratégie verbale de Sarkozy, vous lui tendez le bâton pour vous battre. C'est selon moi cela que veut dire Thomas Legrand. S'offusquer des provocations verbales de Sarkozy ne sert à rien parce qu'elle ne correspondent à rien. Par contre, vous pouvez vous offusquer aussi longtemps que bon vous semble sur sa stratégie nauséabonde de désignation de boucs émissaires, qui arrose à la fois la racaille de banlieue et le trader-voyou.
Taper sur la médiocrité intellectuelle du personnage, sans idéologie, sans projet, avec comme seule ambition la sienne... faites vous (nous) plaisir.

Bref s'arrêter sur le mot, sur l'agression verbale ponctuelle, c'est en fin de compte permettre à la machine Sarkozyste de passer la seconde. La gauche (au sens large) à fait cette double erreur que de servir la soupe à Sarkozy (Royal a fait une campagne sur des thèmes autoritaires et identitaires), puis de légitimer son discours en lui donnant de la substance, substance irréelle qui n'existe que dans le verbe, pas dans l'action (ni dans les faits).

Sarkozy n'est plus que le candidat du vide, il est également le président du vide. Le fait que F.Amara embraye, à la façon de Besson, dans la logique de désignation du bouc émissaire, est profondément consternant. Que la violence verbale soit dirigée vers un groupe, ou vers un phénomène ne change rien au processus. Au final on comprends la même chose : pour sortir de l'impasse, il est nécessaire de décaper, de nettoyer... Amara n'a en plus aucune excuse, elle devrait savoir mieux que quiconque, vu son parcours, que c'est l'atomisation d'un fond anthropologique arabo-musulman au contact de la société française qui est la cause de cette violence hystérique. Bref, c'est le processus d'intégration à la française qui génère cette anxiété, ensuite catalysée par la misère économique dans laquelle sont acculés ces populations. Le kärcher ne sert à rien, sera éternellement inefficace, à l'image de ceux qui le manient.
Je reste sans voix comme une idiote inutile. Ai voté pour la chronique.
J'ai entendu la chronique de Legrand et ne l'avais pas du tout ressentie comme vous Judith.
Je ne pense pas que c'est ce qu'il a voulu dire.
Je crois qu'il était content de pouvoir prouver que le gouvernement nous enfumait avec des mots mais qu'il n'y avait aucun acte derrière.
Le mieux serait qu'il intervienne lui-même dans ce forum. Il doit bien être abonné à @si.
J'aime bien quand je lis un article pouvoir dire "je suis d'accord" "ou je ne suis pas d'accord du tout" mais là je suis d'accord à la fois avec Thomas Legrand et avec Judith Bernard.
je crois que ce mot karcher avait de l'importance quand on pensait (avec effroi) il ya plusieurs années que sarkosy pouvait avoir une action non-républicaine sur les problèmes des banlieues. Mais, maintenant que la majorité a constaté que ce petit président est un vélléitaire agité,quand j'ai écouté Thomas Legrand je me suis dit immédiatement : aucun intérêt ! Quant à Fadela Amara, c'est un problème entre elle et elle-même, si elle veut se déconsidérer aussi comme son chef, qu'elle continue, elle est sur la bonne voie.
Ne jamais reprendre à son compte ou citer un mot prononcé par le président.
C'est le conseil que je donne à tous ceux qui voudraient être compréhensibles lorsqu'ils parlent des "quartiers" (puisqu'on n'ose plus dire banlieues).
F.A. est bête comme ses pieds, elle l'a montré en reprenant l'expression sarkozienne ! Pov'fille quoi.

Signé une idiote pas repentie même si inutile ;o))
Comme Metatron, je suis restée sans bien comprendre là où Thomas Legrand voulait en venir, mal à l'aise et presque déjà un peu coupable ; c'est dire si les mots comptent... Et moi aussi, ce qui m'est venu d'abord à la lecture de votre chronique Judith, c'est merci...
Merci pour cette capacité d'indignation qui nous est si précieuse, merci pour vos mots à l'exprimer mais également merci pour le fond.

Prof de lettres en zone sensible depuis 15 ans, je dirais que bien sûr les mots utilisés pour parler des personnes qui y vivent sont essentiels; ils sont reçus, entendus, écoutés, digérés _mal, souvent_ et qu'en effet, dans ces lieux particulièrement, reçus avec une hypersensibilité à fleur de peau... Puisque justement il s'agit d'êtres humains et non pas de déchets. Etres humains d'ailleurs, même les plus délinquants d'entre eux.
D'autre part, dire qu'aucune politique n'a été menée dans les banlieues, c'est être frappé d'une drôle d'amnésie ou d'un aveuglement sélectif: la politique en général, et chaque décision politique à ses conséquences dans les zones sensibles qui sont rappelons-le une partie du territoire de la France. Mais il y a aussi une politique spécifique en direction des zones sensibles, et il suffit d'avoir dû traverser un jour, un barrage de crs, à l'entrée puis à la sortie de ces quartiers, pour s'en souvenir. ca m'est arrivé quand Sarkozy était ministre de l'intérieur et je ne l'oublierai jamais : un grand type en bleu marine, le torse barré d'une arme dont j'ignore même le nom me demande de garer ma voiture et me pose la question de savoir où j'allais. J'ai bafouillé "au travail" je crois que me voyant blanche comme un linge et cramponnée a mon volant, il n'a pas insisté et m'a laissé passer... Ce jour là, j'ai cru que j'étais brutalement dans un autre monde, une autre époque...
Quand Luc Chatel, parle de la confiscation des allocations familiales pour les élèves absents, également, c'est avant tout les familles de ces quartiers qui seront touchées. Et je ne vais pas continuer l'énumération, la politique de Sarkozy dans les banlieues, elle existe; elle se nomme répression, limitation aveugle des libertés, humiliation des populations qui y vivent.

Ca n'enlève rien à l'analyse d'Emma sur sa capacité à manipuler les uns et les autres, mais ni le silence ni le cynisme ne seront des réponses à ces manipulations.
Négociation par Brice Hortefeux, pour l’achat de camions Mercedes-Kärcher comme celui-ci.
N'oublions pas les idiots utiles à qui étaient adressées les paroles du futur élu en 2005 qui l'ont élu deux ans après.

A la réflexion, les discours qui provoquent un soutien béat ou une opposition indignée ne s'adressent-ils pas à des idiots utiles à la carrière des hommes politiques qui les prononcent ?

Au final, qui sont les idiots ceux qui s'indignent des paroles ou ceux qui croient au message ?
Citation Judith :
« Si je comprends bien, seuls les actes politiques comptent, pas les mots, et tout ce qui relève du discours c’est peanuts. »
Tiens il faut que je relise Alfred Korzybski
Bon, c'est quand même un peu plus compliqué qu'il n'y paraît, cette histoire...

On se dit, avec Thomas Legrand, qu'à trop se concentrer sur les mots, on en arrive à oublier les actes. Et c'est justement là que cherche à nous amener systématiquement la méthode Sarkozy.

Mais, on se dit, avec Judith Bernard, que les mots ont toujours un sens. Le problème ici est que Judith ne s'arrête que sur la forme de l'expression "nettoyer au Kärcher", sur son côté insultant, indigne.

Peut-être serait-il bon de réconcilier Judith et Thomas en leur disant que c'est le fond du discours qui est important parce qu'il ne peut être contraire aux actes qu'il suppose, sans porter, du moins, alors préjudice à son auteur. Et dans le fond, Fadela Amara et Nicolas Sarkozy veulent dire la même chose et c'est bien pour cela qu'ils emploient la même expression. Ils veulent dire que le problème de la violence est extrinsèque à la banlieue telle qu'elle existe aujourd'hui. Ce qui signifie que cette violence n'est en rien liée à la faillite de l'école publique, au chômage endémique, aux problèmes d'intégration, à une urbanisation pesante, etc. dans nos banlieues.
Bien contente de relire Judith! Je n'ai pas entendu la chronique de Thomas Legrand, mais je viens de la lire. Voyez le titre: "Kärcher: un mot écran". Je me demande si, au lieu de parler d'hypocrisie chez Th Legrand, il ne faudrait pas plutôt parler de provocation, et d'une saine provocation dont le but est de nous faire réfléchir non pas au sens du mot, mais à l'utilisation qui en est faite, et de nous aider à décoder la rhétorique de Sarko.

Kärcher est un mot écran, de la poudre aux yeux jetée a) à la droite de la droite: "Vous allez voir, on va vous nettoyer tout ça!" et b) aux humanistes démocrates: "Prenez ça dans la figure! Moi j'ose parler vrai, j'ai de la poigne, et je vais le résoudre, le problème, pas comme ces couilles molles d'en face!" Ce mot écran, ce mot poudre aux yeux a exacerbé les tensions, durci les camps et in fine, que s'est-il passé? Sarko a été élu et les conditions de vie dans les banlieues ne se sont pas améliorées. C'est ça que dit cette chronique, selon moi.Que sous les mots durs, les pectoraux gonflés, il n'y a qu'une fanfaronnade de cour de récré, mais pas d'actes concrets.

Autrement dit, tous les citoyens sont trompés par la rhétorique de Sarko s'ils le prennent au mot: aussi bien les partisans de la méthode Kärcher que ceux à qui elle donne des boutons. Ses mots écrans ne veulent rien dire, juste: "Poussez-vous de là que je m'y mette!"

Je vais un pas plus loin encore, si vous le permettez: en rabotant les formes, en prenant des libertés avec le vocabulaire et la syntaxe, Sarko déconstruit la langue commune (le bien commun), pour, imposant son idiolecte et sa novlangue, détourner le français à son profit et imposer sa vision de la France.
Bravo Judith pour votre chronique et votre réaction aux propos de Thomas Legrand.
A 100% avec vous même si j'apprécie pourtant beaucoup la chronique de Mr Legrand, mais cette fois-ci, faute ! la ligne j@une est franchie !
François Olivier
"no regrets, si c’est à refaire, nous le referons, et mieux vaut passer pour des idiots utiles que de nous contenter d’être de cyniques taiseux."

Oui, il faut réagir à l'insulte, à la provocation, ne pas l'oublier, ne pas la minorer, le tout, c'est de ne pas y réagir bêtement, comme l'a fait Zidane, hélas diront certains...

Zidane l'exemple parfait dans l'acception contemporaine de l'idiot utile (et pas seulement parce qu'il était footballeur à l'époque), puisqu'à l'insulte, il n'a su réagir que par la violence, donnant ainsi raison au camp adverse.

Il est cet idiot utile uniquement parce qu'il n'a pas trouvé un autre moyen de répondre, l'arbitre ou la justice, la répartie cinglante (oui, je sais, c'est un footeux, il ne faut pas trop en attendre...) ou un ostensible et supérieur mépris, que sais-je encore...

Mais pas parce qu'il a réagit, non, il fallait réagir à la manœuvre mesquine et pitoyable de l'adversaire, et d'une manière générale, il faut réagir à l'insulte, à ces mots qui se veulent blessant parce que porteur explicitement de cette intention. Le tout, c'est de le faire intelligemment... comme Judith sait si bien le faire.

;) yG
J'avoue être resté perplexe après l'écoute de la chronique de Thomas Legrand.
Je n'avais pas su décrocher du "ah ben il y va fort quand même!", mais ma grande gueule et moi étions un peu béta devant ces "idiots utiles" auxquels on se sentait soudainement appartenir sans vraiment comprendre ce qui se cachait derrière

Merci Judith pour votre éclairage, je comprends mieux pourquoi la chronique m'avait laissé un goût étrange. J'ai maintenant l'impression que monsieur Legrand s'est laissé flouer par le toujours plus célèbre "kärcher". C'est triste.
Je trouve en effet la rhétorique de Thomas Legrand d'une infâme hypocrisie, car les hommes politiques depuis longtemps se font élire d'avantage par des mots slogans, et ce slogan qui emploie le mot Kärcher a très probablement servi a défaire le FN d'une partie de ses voix.

Il faut de tout pour faire un monde, des fois, on se dit : "mais parfois on se passerait bien de certains éléments ..."

Enfin bref ...
Comment le commentateur politique qu'est Legrand, qui ne fait que commenter à coup de mots les actions des autres peut-il nous dire que les mots ne comptent pas ?
On peut quand même constater que l'indignation a été utile surtout à Sarkozy. Les émeutes qui ont suivi ont sans doute facilité son élection.
En étant aussi prévisibles, les "idiots" continueront de faire le jeu des cyniques. Si cela les amène au pouvoir, l'utilité globale est plutôt négative.

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Si Legrand s'autorise à qualifier les personnes qui se sont indignées d'idiots utiles, il ne s'offusquera pas qu'on puisse le considérer comme un crétin inutile.
Nota : "idiot utile" est une des expressions favorites d'Eric Zemmour. C'est dire si Legrand est en bonne compagnie.
l'intervieweur
- Ministre de quoi ?

Rachida Dati
- Ministre de la rénovation urbaine à coup de Kärcher...

http://www.dailymotion.com/video/x1n9gy_lhumour-karcher-de-rachida-dati_news
Ça donne des idées à certain
http://www.koreus.com/video/maman-karcher-fille.html
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