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Johnny, ambiguïtés d'une icône populaire

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Bon alors,  je vous aime bien mais quand même... demander à deux personnes qui ne savent pas grand chose sur le sujet (connaissent à peine son répertoire,  jamais vu ses films), ça fait un peu juste non? La piste de la mélancolie aurait pu (...)

Curieuse émission. Des personnes qui ne connaissent rien de celui qui était avant tout un chanteur et qui commencent par discourir sur ce qu'en pensaient la gauche et la droite. J. Hallyday a toujours affiché des idées (pour ce qu'il en avait, soit d(...)

???

À mon humble avis vous êtes passé complètement à côté du sujet.. Car Johnny c'était une voix, ni plus ni moins qu'une voix : il n'écrivait pas, ne composait pas, il ne savait pas jouer, la seule chose qu'il avait c'était sa voix. Une très belle vo(...)

Derniers commentaires

Merci à Vous pour cette émission.

Je crois que la question de l'objet s'illustre, aussi, dans L'aventure c'est l'aventure de Claude LELOUCH sorti en 1972 et dans Jean-Philippe de Laurent TUEL sorti en 2006.

C'est un peu embêtant d'entendre parler de Johnny sous cet angle moralisateur ( surtout votre post-popeuse), et sans vraiment connaitre sa valeur ajoutée. Johnny n'était pas un créateur, seulement un interprète d'exception. Il faut l'envisager sous l'angle de l'émotion, si ce mot évoque quelque chose à votre post-popeuse. Un très beau jeune homme, inspirant toutes les filles nées dans les années 50 et leurs mères. L'image de rebelle vient sans doute de ce qu'il a démarré en pleine adolescence, sans bagage scolaire, et issu d'un milieu non-petit-bourgeois.  Toute une génération,  aussi bien populaire que bourgeoise, analphabètes et bac+10, a appris le twist avec lui, et l'a suivi au long de sa carrière d'interprète, les meilleurs auteurs-compositeurs français ayant écrit pour lui. Il faut aussi se demander pourquoi de grands cinéastes ont fait appel à lui comme co-acteur principal dans leurs films. Franchement, cette émission post-pop n'est pas au niveau d’arrêt-sur-image, il y manque au moins un intervenant connaissant le sujet, et de plus avec un grain de sensibilité.

jauni était un pur produit marketing, exilé fiscal, qui plus est... et l'hommage national qui lui a été rendu par la macronie, ses ancêtres et ses enfants, un véritable scandale!


Pardonnez moi mais je fais une fixette sur les titres.


Si Djoni est une icône, ça veut dire que c'est pour de semblant ? 


Parce que même au fin fond de la plus profond des profondes Russie, un icône, c'est une image, sainte de préférence.

Et je vois mal Djoni en saint d'une quelconque religion. 

Ou j'ai raté un épisode.


Ha ! Encore une émission d' "experts". J'écoute pas mais j'aime pas. Moi j'aime bien (faut dire qu'il m'est arrivé de pas mal l'écouter).

J'aimerais proposer que soit réalisé un numéro de post-pop spécial Jacques Dutronc en tant qu'acteur. Dutronc s'est fort bien débrouillé tout au long de sa carrière, à mon sens (Violette et François drame de 1977, ou Le bon et les méchants drame historique de 1976, pour ne citer que ces deux là). Rafik au top, continuez comme cela! Sinon, pour la forme, il pourrait être souhaitable que les gens désignent désormais Johnny en tant que Jean-Philippe Smet à présent que l'étoile est éteinte. Las, on a pas fini d'en bouffer, du Johnny!

Très curieuse cette émission. J'avais bien apprécié les précédentes, mais là... 

Les intervenants semblaient assez "détachés" du sujet tout en nous gratifiant de tous les clichés france-soir.


Une icône ? allons une création commerciale.

Johnny la machine a capter la répartition des cotisations forfaitaires de la Sacem

Ce concert au ridicule accompli où étaient conviés tous les grands commités d'entreprises afin de bien alimenter la demande.

Quid, des amateurs endettés par la "fabuleuse" tournée de Las Vegas ?

Point positif de l'émission se faire succéder une des meilleures chansons de Johnny avec une de Bruce Springsteen rien que là on sent la daube, de même avec Eric Burdon. Parallèle aussi hilarant avec Clint Eastwood.

Donc une part de dérision voulue ( je pense et j'espère) dans une recherche explicative de la ferveur populaire. 

Mais y a t-il cette ferveur populaire ? Je connais quelques véritables amateurs de Johnny et je respecte leur goût, mais c'est loin d'être une majorité. Maintenant à force de se le faire inséminer à tour de radios périphériques il se créait une nostalgie, quelque chose de Tennessee ;=)) 

Je crains que vous ne confondiez populaire et public

Rappelez  vous Lady Di...

D'ailleurs vous avez des nouvelles de leur fils caché Manu ?


Delphine Chédaleux devrait  parfois s'intéresser aux biographies des personnes qu'elle critique . Alain Finkielkraut  n'est pas d'extrême droite et n'est pas un grand bourgeois .Il est fils de tailleur juif  polonais rescapé  de l'extermination . Son discours ( un peu scrogneugneu)  est celui de la méritocratie républicaine qui vénère les grands auteurs et méprise la culture populaire .

Nul!

Je n'ai pas pu m'intéresser à cette émission. La seule chose que j'ai trouvé intéressante c'est le fait que des sociologues devraient s'intéresser au phénomène Johnny (à moins que ce ne soit déjà fait, les invités discourant sur un sujet que visiblement ils ne connaissent pas). 

Cette émission est de plus en plus indigente. Si c'est pour entendre les opinions de gens qui n'y connaissent rien, je peux inviter 3 potes chez moi : c'est gratuit. Là, y'a un abonnement à payer, on s'attendrait à une qualité minimale de contenu.

Nooon pas vous ! Tout ce foin pour ce chanteur, tous les journaux people dont fait partie la presse main stream, on déjà fait leurs choux gras sur ce non évènement. Je suis déçu que vous vous y mettiez aussi, parce que tout ce foin nous pête les rouleaux.

ASI sur Johnny, je n'hésite pas une seconde ! Mais quelle déception ! 

On est complètement passé à côté du chanteur et de ce qu'il incarne, une vie, pour ne s'intéresser, entre autres, qu'à des saynètes ridicules sur scène et des films non incarnés. 

Les a-priori ne font pas une argumentation; ils la biaisent.

aujourd'hui est bien le premier jour de la semaine et je me fais écrire que je ne peux pas offrir plus d'une fois par semaine un article ,ou une émission, Quand donc commence la semaine en France? 

 j'avoue ne pas comprendre cette remarque.  -,en plus  ce jour portant la date du 2 décembre ,-je croyais qu'une semaine commençait par ce jour communément  appelé "Lundi" !


"L'homme du train", "Vengeance", avez-vous vraiment parlé de la filmographie de Johnny dans cette émission? Et pourtant, je ne suis pas un grand fan ni un fin connaisseur. Très déçu, alors que j'aime bien vous regarder d'habitude...

Déçu comme beaucoup. Une émission sur un chanteur où on  ne parle pas de musique, de voix... c'est étonnant. Pourtant les deux intervenants peuvent être excellents dans le domaine du cinéma et surtout quand ils connaissent leur sujet. Ici rien.... L'intervention de Daniel S. est symptomathique : "vous allez apprendre que ce n'est pas Jonny qui a fait les portes du pénitencier" !!! Daniel soyons sérieux : qui un peu connaisseur de Johny ne sait pas que la chanson est de The Animals... merci pour l'info. Pour terminer je reprends quelques commentaires : les fans de Johnny s'en foutent pas mal qu'il soit de gauche ou de droite, d'ailleurs c'est ça le problème de cette émission : un faux sujet. Allez Post pop après ce patinage dans la semoule, concoctez nous une bonne prochaine émission.

L'émission aurait gagné à avoir sur le plateau plus de diversités de points de vue. Essayer d'avoir à tous prix une analyse politique droite gauche est un peu court. Hallyday émerge dans les années soixante (et ses fans vont vieillir avec lui) où il y a eu une soif d'US A :, musique, cinéma, espace de liberté,  par un français, qui fait rêver et qui représente le début d'une conquête culturelle. Fallait-il une minute de silence à l'assemblée où pour le coup droite et gauche était debout de peur de perdre des électeurs. Etait-ce un vrai produit marketing ou un vrai chanteur. Le principe du star systeme, "l'idole des jeunes"  valait pour le coup d'être  analysé.

Je suis surprise par cette émission, d'autant plus que je trouve généralement le contenu ASI très intéressant. Là, il y a un raté malheureusement. Traiter du phénomène Johnny aurait pourtant pu être absolument passionnant. Quelques remarques, en vrac :

- Pourquoi ne pas avoir donné la parole à des fans de Johnny ? Dès le début de l'émission, on convient qu'aucune étude sérieuse n'a été mené pour cerner son public mais j'ai l'impression qu'on se contente de le déplorer mollement sans pour autant essayer de creuser davantage. Je ne remets pas en cause l'apport des deux invités mais tout de même... ils avouent ne pas aimer particulièrement le chanteur. Leur parole me semble donc bien insuffisante pour comprendre le phénomène.

- Deux ans après sa mort, le succès de Johnny ne se dément pas. Il a sorti plusieurs albums (et celui de son sosie vocal cartonne), le tout dans un contexte de contestation sociale (gilets jaunes, veille de grève). Il y a aussi le feuilleton "héritage" qui passionne, un projet de musée etc.
 Si l'on part de l'hypothèse que  GJ/manifestants et fans de Johnny se recouvrent en partie, c'est très intéressant à explorer. Comment un très riche exilé fiscal peut-il être considéré comme un allié par une partie de la population qui s'attache pourtant à dénoncer les inégalités ? Le sujet est abordé très en surface... D'ailleurs, au moment où une invitée aborde la question GJ, elle se fait assez sèchement rabrouer par DS pour qui, apparemment, ce n'est pas pertinent.

- Je suis aussi très étonnée de la manière dont le positionnement politique Johnniesque est traité par dessus la jambe avec une grille de lecture inopérante : droite ou gauche ? Une large partie de la population se considère comme peu politisée au sens classique du terme et ne voit pas le monde de cette manière binaire. Pourtant, sorti de cette grille de lecture, DS semble considérer que nulle politique ne peut exister. On se contente de montrer un extrait de spectacle mettant en scène une fausse baston en concluant : "c'est pas politique ça, c'est 'rebel without a cause'". Pourtant TOUT est politique ! Comme le fait remarquer le second invité, Johnny transporte avec lui tout un système de valeurs...

- Quels valeurs ? On ne le saura pas trop. On se contente de s'étonner de cette imagerie nord américaine. "Comme c'est pittoresque ces routes et ces motels, vraiment, qu'est-ce que les gens peuvent bien y trouver ?"... Oubliant par là que pour une grande partie de la population, la route, la station service, le F1, l'Autogrill, les grands champs à perte de vue, c'est le quotidien... et qu'il est donc beaucoup plus facile de s'identifier à l'imagerie véhiculée par les clips de Johnny que lorsque l'on ne se déplace qu'en trottinette entre le 9ème et le 11ème.

- Qu'a-t-on voulu dire avec la seconde partie de l'émission et tous ces extraits de séries, films, concerts ? En résumé : "Johnny à importé la culture américaine en France il faut le reconnaître, mais regardez comme c'était ridicule". C'est super léger du point de vue de l'analyse. Et encore une fois, remarquons que TOUS les extraites datent d'avant les années 2000. Cela n'aurait pas forcément été un problème si un angle clair avait été posé dès le départ, sauf que là, ce n'est pas le cas. Je ne suis pas sûre d'avoir compris de quoi on parlait exactement. De Johnny et de son public ? De Johnny comme figure politique ? Médiatique ? De Johnny dans la pop culture ? Sur quelle temporalité ?

Je fais ces remarques en toute sympathie, vraiment. Elles sont le reflet de mes attentes par rapport à ASI qui sait si bien proposer de la qualité et prendre de la distance sur des questions que peu de médias analysent en profondeur. Et je sais qu'on ne peut pas être au top tout le temps. Bon courage et bonne journée

Y a quand même un poil de toutologie dans ces post-pop, non ?

Johnny et le cinema sans extraits de Détective de Jean Luc Godard ni de L’Homme du Train de Patrice Leconte ou de l’Aventure c’est l’aventure de Claude Lelouch avec Jacques Brel c’est un peu court !  

Johnny n'est rien de Finkeltruc, mépris de classe etc, et vous qui ne l'aimiez pas, d'où vient votre mépris ou indifférence?

On voit bien que Daniel aime bien ces commentateurs. On les voit souvent. C'est bien l'amitié. Rien à redire, sauf que moi, je ne les aime pas beaucoup. J'ai arrêté à la 10ème minute. Bon, y'a pas mort d'homme...

Je n'ai rien à dire sur Johnny, mais par contre j'aimerais que vous arrêtiez de citer ou passer des extraits de Finkelkraut ou Elisabeth Lévy dans presque toutes vos émissions, ces deux là me font vomir, il n'y a pas d'intervenants plus intéressants et plus constructifs à qui faire appel ? Les citer systématiquement me semble être de la pure facilité, ayant toujours une connerie à dire sur tous les sujets. Cordialement.

Bonjour,

Franchement? Je ne comprends pas. Parlez de choses qui vous parlent un tout petit peu, enfin! Ou bossez le sujet! Restez focusés sur le cinéma je crois. La musique n'est clairement pas votre sujet. Donc, vraiment étonnant comme émission. Vous êtes passés... heu... com-plè-te-ment à côté du sujet. Vraiment.

J'aime ou j'ai aimé les chansons, la voix de Johnny, même si le personnage et son regard ne m'évoquent pas grand-chose, mais l'artiste-interprète-importateur-chanteur de plus de 1000 chansons n'a pas eu d'équivalent en France et en pays francophones alors le vide de vos propos et/ou le hors-sujet sur un sujet aussi "puissant" m'étonnent carrément vous concernant tous les 3.

Débriefez ensemble je crois que c'est très important pour ne pas refaire les erreurs de cette émission.

Et aussi courage car les commentaires vont certainement pleuvoir vu la figure emblématique qu'il est...

Je ne vais pas écouter jusqu"au bout et je n'écoutais pas johnny non plus ! 


Dans ma cité de province, on n'écoutait pas johnny , on écoutait du Funk , du Blues , du Reggae et à la maison y avait pas de musique ou très peu , un 33trs d' Edith piaf , un 45 trs de  Paul Anka, un 33 de Brel, un 33 de brassens, et quelques autres 45 trs... très peu ... Chez nous c'était la radio le matin et "aller jouer dehors" le reste de la journée.


Sans oublier dans les colonies de vacances sanitaires , 45 jours de chansons populaires chaque été qu'on reprenait en choeur , en marchant , dans les veillées... Boris Vian , Hugues Aufray , Leonard Cohen, Graeme Allwright , Joan Baez, Bob Dylan...



Voilà mon héritage musical populaire ! c'est toujours étonnant de passer entre les gouttes des analyses sociologiques... 


Nous n'étions et sommes personne, non répertorié , ni populaire ni français , ni fan ni pas fan. 


Johnny n'existait pas et nous n'existions pas non plus.

La comparaison avec Bruce Springsteen ne me convainc pas.

Une authenticité chez le Boss, auteur-compositeur de génie, artiste engagé, voix des exclus du rêve américain (superbe Ghost of Tom Joad), qu'il serait vain de vouloir rechercher dans le répertoire de Johnny, simple interprète d'adaptations de standards US, de musiques composées par d'autres, de textes disparates.

L'imitateur sous influence des USA face au géant qui y est né.

Johnny représente mes 15 ans, et lui en avez 17, et à cette époque il représentait notre jeunesse, avec des droits, faut pas croire il était interdit de radio et de télé. bref johnny c'est une voix et "chanteur populaire" parce qu'il donnait tout ce qu'il avait de ses tripes. Et lui son idole était Elvis Presley, de ce fait par lui Johnny les jeunes de notre époque avait Elvis et Lui.

Bon alors,  je vous aime bien mais quand même... demander à deux personnes qui ne savent pas grand chose sur le sujet (connaissent à peine son répertoire,  jamais vu ses films), ça fait un peu juste non? La piste de la mélancolie aurait pu être exploitée, mais non. Gendre idéal, vraiment? Balancer entre: " il était nul et n'a fait que copier (pardon, traduire!) les autres" et "mais on doit quand même le respecter parce que les pauvres l'aimaient, et nous on aime les pauvres", oh là à... Bourdieu où es-tu? 

ps. Eddie Constantine ne jouait pas à être américain, il était américain. 


Et Johny chez Godard (Détective, 1985)? Pas assez populaire pour le mentionner?


(et merci pour l'émission!)

Certains d'entre nous savais déjà que Le pénitencier était américain. :) C'est une chanson folklorique.

Je conseille la version par Odetta.

Curieuse émission. Des personnes qui ne connaissent rien de celui qui était avant tout un chanteur et qui commencent par discourir sur ce qu'en pensaient la gauche et la droite. J. Hallyday a toujours affiché des idées (pour ce qu'il en avait, soit dit en passant) clairement à droite, mais ce n'est certainement pas un critère pour ses fans et ses détracteurs. Choix d'extraits de concerts et de films très datés et sur une période très resserrée. C'était uniquement un interprète avec une voix (manquant de nuances à mon goût). Bien que ne l'appréciant pas particulièrement, j'ai assisté au spectacle lors de la sortie du CD Tennessee, mis en scène par Michel Berger, avec des musiciens excellents et l'un des meilleurs éclairagistes. J'y ai vu un chanteur qui avait une réelle présence sur scène et qui savait s'entourer des meilleurs. Je crois que vous êtes passés à côté du sujet.

Pour les quelques fans de Johnny que je connais, appartenant pour la plupart aux classes populaires, ses orientations politiques n'avaient aucune espèce d'importance. Ils l'aimaient pour son look dont certains s'inspiraient, pour sa voix, pour la qualité de ses musiciens, pour ses shows à grand spectacle.

Ce sont tous des inconditionnels, des adorateurs de l'idole. Certains l'ont suivi sur presque toutes les scènes où il s'est produit. Des groupies d'un âge avancé.

 être agacé par les airs supérieurs et le mépris ironique du plateau et, en même temps ....  s'y voir soi-même en miroir

Johnny a bien existé, mais c'était avant la guerre contre les machines : https://www.youtube.com/watch?v=qXc2LlwLaHk

Johnny et le mépris de classe,  intéressant à lire ... c'est une des premières phrases de Delphine Chedaleux qui m'y a fait pensé "dans ma famille on n'écoutait pas Johnny "

https://www.nouvelobs.com/culture/johnny-hallyday/20171206.OBS8852/comment-j-ai-neglige-johnny-par-mepris-de-classe-avant-de-devenir-fan.html

???

À mon humble avis vous êtes passé complètement à côté du sujet.. Car Johnny c'était une voix, ni plus ni moins qu'une voix : il n'écrivait pas, ne composait pas, il ne savait pas jouer, la seule chose qu'il avait c'était sa voix. Une très belle voix d'ailleurs. Vous avez à peine effleuré ses fêlures, or il est évident que celles-ci (notamment son rapport au père) sont en rapport direct avec la puissance de sa voix. 

Il a existé par sa voix, rien à voir avec l'image ou la politique où je ne sais quoi encore, la voix, juste sa voix, le reflet de son âme blessée. 

Cela dit le passage du film Terminus était sympa.

Allo ! C'est jauni ... t'avais qu'à le laver à l'eau tiède !


Plus de 54  minutes consacrées à ce beuglant, je n'ai pas le courage ...


Puis-je  résumer :  de la merde, de la merde, de la merde ...

Je suis licencié en mathématiques de l'université de Genève, je suis aussi pianiste  de jazz, j'adore Miles Davis, le hard-bop ,  j'adore la musique sérielle et le théâtre no,  j'aime Soulages  et Picasso , j'aime Mozart et Bach ... j'aime la musique irlandaise traditionnelle,  j'aime Yvette Horner .... et puis j'aime Johnny .... et quand je le dis à mes pairs, on me rit au nez ....

L'emission est intéressante et j'ai apprécié la mention du côté mélancolique de Johnny qui a mon avis est très juste mais je reste sur ma fin justement parce qu"on ne donne pas la parole à ceux qui aiment Johnny et puisque nous avons un amateur j'aimerai  connaitre les raisons de cet amour 

@Patrick Merminod, Après étude de votre candidature au poste de secrétaire du fan-club national de Johhny Hallyday, nous sommes au regret de vous informer que notre choix s'est porté sur un autre profil, titulaire d'un master. Toutefois, si vous pouviez nous expliquer pourquoi vous aimez Johnny, nous pourrions reconsidérer votre candidature au poste de secrétaire adjoint.

Pourquoi j'aime Johnny ? Quelles sont les raisons qui font que je l'aime ? C'est un peu compliqué de justifier ses goûts et ceci en quelque matière que ce soit. Et pourquoi le ferais-je alors que je n'ai pas à me justifier dans le fond .... Si je dis que j'aime la blanquette de veau, on ne me demandera certainement pas quelles sont les raisons de cet amour culinaire. Dans mon commentaire, je dis que j'aime Miles Davis, personne ne m'a demandé pourquoi j'aime ce génial musicien... et bien si je dis que c'est 'parce qu'il est génial' , je n'aurai rien expliqué. De la même manière un commentaire sur le forum annonce fermement s'agissant des 'beuglements' de Johnny je cite : '... de la merde, de la merde, de la merde..' Voilà qui est clair, net, précis.... mais qui n'explique rien. Quelqu'un demandera-t-il à cette personne de justifier, d'expliquer ce dégoût visiblement viscéral. ? Non je ne le pense pas ... Justifier ses goûts, ses amours.... personne ne m'a jamais demandé pourquoi, pour quelles raisons, j'avais choisi la femme qui est la mère de mes enfants, pourquoi justement elle, alors que certains peuvent la trouver moche, méchante et bête ? Mais si je dis que j'aime Johnny ''parce que c'est comme ça et pas autrement'' c'est un peu léger ... Alors loin de conclure hâtivement et faute de pouvoir me 'justifier' de manière rationnelle, je vais choisir de remettre le personnage de Johnny dans mon contexte personnel. Je préviens d'avance que ce sera long et chiant. Mais si on me pose la question, c'est pas moi qui ai commencé. Donc je fais une petite pause ici pour laisser l'occasion au lecteur éventuel de ce texte de tourner cette page s'il le souhaite et de reprendre une activité normale ....


Voilà. Donc je suis né en 1956 dans un milieu modeste. Une petite série d'opérations arithmétiques simples révèle que j'avais 7 ans au moment de la sortie du film ' D'où viens-tu Johnny ?' , que j'avais 12 ans lors des 'événements' de mai 68, 13 ans au moment de Woodstock et du débarquement sur la Lune. La musique yéyé 'fait rage' . Chaque jour en fin d'après-midi ma mère écoute ' SLC Salut Les Copains' quand je rentre de l'école. Cloclo (Donna Donna), , Richard Anthony (Ce monde), Brel (Amsterdam), Salvatore Adamo (Vous permettez, Monsieur), Charles Aznavour (Que c'est triste Venise) et Johhny (Le pénitencier) sont souvent aux premières places du hit.

Aahhh voilàààà se dira le lecteur in petto ou pas in petto ... L'amour de Johnny viens de l'imprégnation en immersion du jeune homme que j'étais alors. SLC est donc à la racine de cet amour immodéré pour Johnny, enrobé dans l'acquiescement maternel qui écoute les yéyés .... Ben non car ma mère n'aimait pas Johnny, mais pas du tout. Elle le trouvait moche, transpirant et bête. Quant à mon père, il n'aimait pas les yéyés car concentré sur Bach , Haendel, Glen Miller et Mahalia Jackson.... (j'ai d'ailleurs conservé l'amour de ces musiciens aussi)

Donc pas de confirmation par les goûts des parents. Le lecteur fidèle des écrits de Françoise Dolto réagira dans un premier (ou second) temps car certainement si mes parents n'aimaient par Johhny ni l'un ni l'autre, c'est donc que j'aime Johhny par une réaction adolescente, un caprice, une volonté de m'affranchir de la discipline familiale, une révolte néanmoins structurante et .... Ben non .

Car à cette époque je n'aime pas Johnny.

Allons bon. Ben oui. A cette époque les ados écoutent plutôt Dylan, Janis, Hendrix... Avoir dit qu'on aimait Johnny a ce moment de l'histoire et de sa vie c'était aller au calvaire, au supplice, passer pour un con. Et pourtant en ces jours bénis, pour draguer une petite copine, il n'y avait rien de mieux qu'une guitare sur laquelle on grattait maladroitement les quelques premiers accords de 'Jeux Interdits' ou bien ....'Le pénitencier'.... Et puis Johnny dis parait un peu de mon radar. Je me mets à étudier la musique improvisée. Je découvre Coltrane, Bill Evans, et puis le free jazz. Je pratique ces musiques dans divers groupes ainsi que la musique ethno avec des amis africains. Parallèlement je poursuis mes études de mathématiques à l'université Dans aucun de ces milieux on apprécie Johnny. Pire on ne peut l'évoquer sans provoquer sur le visage de son interlocuteur un sourire entendu et méprisant. Alors si l'argument sociologique devait être déterminant, je ne devrais toujours pas aimer Johnny me direz-vous ? Ce d'autant que dans l'intervalle je suis devenu enseignant et qu'à cette époque, en salle des maîtres, on évoque plutôt Maxime Le Forestier ou Anne Sylvestre. Des artistes que j'apprécie d'ailleurs aussi beaucoup et ce jusqu'à ce jour.

Mais Johnny: sarcasmes, transpiration et beuglements ...

Mais lors d'où me vient cette sympathie pour l'Idole Des Jeunes ?

Il faut dire qu'on ne peut pas éviter de l'entendre sur les chaînes de radio ou à la télé...

'Noir c'est noir' .....

' Que je t'aime' tant décriée par les critiques un peu coincés de la radio...

L'imprégnation? Bien sûr. Mais pas que. C'est pas si simple évidemment.

Non mais ça laisse des traces comme un phosphène après une exposition des yeux à une lumière intense.

Mais alors ??? et bien je suggère une vision 'anthropologique' de la question. Oui même au risque de passer pour pédant (pour les nuls voir Claude Lévi-Strauss pour la notion de récit collectif) . Johnny est un personnage suffisamment connu, important, symbolique, qu'il a pu générer des récits collectifs intenses. Tout groupe humain a besoin de se référer à un (ou des) récit(s) collectif(s) pour se rassurer, se retrouver entre pairs. L'adhésion à tel ou tel récit détermine le groupe social auquel on appartient. Religion, communauté, .... il y a donc des pros-Johnny. Des antis-Johnny, des libellules roses, ....de même de mon temps, il y avaient les pros-Beatles et les Pro-Stones, prêts à en découdre avec plein d'arguments plus absurdes les uns que les autres. Et on tombe vite dans les biais cognitifs. Le biais de confirmation étant l'un des plus courant. Je n'aime pas Johnny donc je trouve un argument pour ne pas l'aimer, par exemple, il beugle, donc j'ai raison de ne pas l'aimer... Mais beugle-t-il vraiment ? Faut-il passer par un sondage? Un vote pour déterminer auprès d'un échantillon représentatif s'il beugle vraiment ? Convoquer un aréopage d'experts en beuglement ?

Et puis les années passent.

J'ai rencontré des amis du Cap-Vert dans les années 80. C'était juste après la révolution portugaise. Les ex-colonies (Angola, Cap-Vert, Guinée,...) prenaient petit à petit leur indépendance. A Genève, une petite colonie de la diaspora commençait à se faire connaitre dans le monde culturel et associatif. On a commencé à jouer, animer des bals dans la communauté lusophone. J'étais plein de mes théories musicales: musique modale, sérielle, ... Et là j'ai découvert que mes amis qui n'avaient jamais suivi d'études musicales étaient capables de jouer toute une soirée sur trois accords et de donner du plaisir à leurs amis qui dansaient dans la salle, parfois plusieurs centaines de personnes, et parfois j'étais le seul blanc ou presque. D'où mon surnom d'alors : Le 'Johhny Clegg' du Cap-Vert .... Bon encore un Johnny me direz vous .... mais là n'est pas encore la cause.... j'y viens.... car c'est souvent avec la notion de plaisir que la destruction du récit collectif, ou tout au moins du carcan qu'il représente, arrive. Et c'est une libération. Pas une conversion. Je ne suis pas passé du bord des antis vers celui des pros. J'ai juste réalisé que, plutôt que réciter le catéchisme d'un récit collectif ou d'un autre, je pouvais aussi m'appuyer justement sur cette notion de plaisir que la musique transmise à autrui génère. De cette manière j'ai pu lever la contradiction incrustée dans les discours des pros et des antis.... cela s'est fait un peu tout seul, mais je pense que la sortie de l'album 'A la vie, à la mort' a précipité les choses. Philippe Djian, De Palmas, Stephan Eicher, Catherine Lara, Maxime Le Forestier y participent...excusez du peu... et les larmes de ma sœur qui venait de divorcer sur le 'Que je t'aime'


Sensiblerie, convention sociale, récit collectif contraignant, qualités musicales discutables ? Mais oui, chez Johnny il y a des vraies compétences musicales, n'en déplaise à certains. Et quelle bête de scène.... Alors du coup je me suis aussi re-trouvé à re-aimer d'autres chanteurs de cette génération... Hugues Auffray qui m'a fait découvrir Dylan avec 'La Fille Du Nord' alors que j'ignorais dans mon enfance l'existence même du grand, de l'immense Robert Zimmerman. Et dieu sait s'il chante mal le Bob...


Mais que tout le monde se rassure, enfin s'il y a des inquiets dans la salle.  Je continuerai d'aimer la 'Messe Glagolitique' de Janacek , 'Satisfaction' des Stones, et puis aussi 'La Mauvaise Réputation' de Brassens


Je suis conscient que je n'ai rien 'expliqué' mais au fond je trouve l'idée de se justifier est un peu absurde.  Bref pour finir par une formule absurde : si on aime, on aime.... 


PS : j'envoie déjà se faire mettre les cons qui répondront de manière stupide à mon commentaire

Je savais que l'amour était aveugle, je ne savais pas qu'il rendait sourd....

Je savais aussi que la fatuité, dont vous semblez être un serviteur zélé,  aussi rendait sourd et aveugle, comme la masturbation dit-on aussi . De plus par rapport au fanatique de la fatuité masturbatoire (que nous appellerons ici le fâcheux) , la décérébration s'invite  souvent comme  effet secondaire regrettable.  Alors je vous suggère d'aller faire de la pâte à crêpes, et une fois la crêpe bien cuite, roulée et farcie à la Nutella, ou autre condiment  selon votre goût, je pourrai  vous suggérer un endroit où vous l'introduire .... 

Il n'est pas bon d'écouter , de trop près, les chanteurs qui brament, ça abime les neurones....


D'ailleurs, c'est vrai que l'amour rend aveugle, la preuve Jauni braille...

Un grand merci pour cette réponse courte mais informative. Il est important que des neurologues avertis comme vous nous éclairent sur les réalités biologiques structurelles qui nous gouvernent . Mais au fait quelle différence y a-t-il entre beugler et bramer ? A part l'animal auquel on attribue le cri?  On parle volontiers du brame chez le cerf ce me semble.  Quant au beuglement ou meuglement chez les bovins , je me demande si on peut l'utiliser dans cette situation ??  Beugler, bramer la nuance est subtile j'en conviens. Une question de fréquence sonore? Une différence dans le timbre ?  Vaste sujet d'étude. Et puis j'apprécie la citation que vous faites ici et qu'on doit attribuer à Jacques Lacan si mes souvenirs sont bons : 'la preuve Jauni braille ' . On a pas fait mieux depuis .... du grand art ... merci ... j'en pouffe d'aise.... 

merci pour vos explications qui donnent des informations intéressantes.


perso je n'ai jamais supporté la voix de Johnny mais je trouve qu'il ne braille pas plus que pas mal de chanteurs lyriques qui font des concerts dans le monde entier et qui ont un vibrato de chèvre qu'on étrangle. 


c'est cette fameuse manière de chanter qui fait son identité et qui devient ce que viennent chercher les gens.


donc si Johnny avait suivi les conseil de et s'était mis à chanter comme Chet Baker ou Sinatra, son public se serait détourné de lui.

Cette voix, au niveau du potentielle expressif, de la subtilité des effets, le vibrato, les tenues, la puissance, étaient pleine de défauts, de "mauvais gout" (si on considère comme moi que le bon gout par exemple, c'est Ella Fitzgerald).

Mais le "mauvais gout" quand il est assumé, parfois est la caractéristique qui accroche des gens.


Dans quelques décennies, on s'en souviendra comme d'un chanteur qui s'était donné un sobriquet de gitan et qui était (« à ce qu'il paraît », dira-t-on) très populaire, au point même de remplir Stade de France. Et les enregistrements audio et vidéo d'aider à raviver les souvenirs (les grand⋅e⋅s artistes divertisseurs des siècles passés n'ont pas eu cette chance-là, soit dit en passant).

vous voulez me fait sortir de ma zone de confort en plein froid de décembre....

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