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Jenni et l'art français de la guerre, D@ns le texte

Quand les éditions Gallimard nous ont dit que Alexis Jenni était disponible

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...parviendrait donc à être touchante sans les bons sentiments?

« Autour de moi dans le Septième Art, les belles lettres…les académies, dans l’édition, les théâtres…n’est-ce pas…je vois se pavaner d’infinis cloportes, des boursouflures de croûtons de tasses qui se font mousser baba au rhum…Ce qui paye au fond c’est la médiocrité extra-souple, le toc clinquant, les faux derches maquillés inflexibles et simples ». Alphonse Boudard

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

[quote=Le bouquin tombe des mains, le style est lourdingue, le propos est rabaché, une purge.]

Pas du tout d'accord !
C'est bourré de talent et pas lourd du tout. On a du mal à croire que c'est un premier roman tant l'écriture est
maitrisée.
Enfin des goûts et des couleurs...
Le bouquin tombe des mains, le style est lourdingue, le propos est rabaché, une purge.
Quant au speech sur Tarantino, il montre que l'auteur a mal vu ses films, ou qu'il a une hyper-perception du hors-champ.
Du Goncourt, donc, comme d'habitude.
Et je répéterai facho, facho, facho jusqu'à ce que ce mot soit vidé de son sens.

Les premières victimes dans le viseur, et à protéger sont bien sûr toutes les donzelles qui portent un regard étonné, étonnant et aguicheur envers les pompiers, les policiers, les gendarmes, les militaires, les profs, les médecins, les présidents de la république, les ministres, les sénateurs. Bizarrement, les Académiciens sont moins à la fête dans cette foire à la pucelle. Tous ces jeunes et beaux garçons, frais, en bonne santé et en uniforme.

Savez-vous que votre performeur artiste-chanteur préféré a des publics différents selon la ville dans laquelle il se produit. Le pire, c'est que c'est pareil pour les chanteuses. Public respectueux et déférent chez les chinois ou les japonais, enfin je sais plus à quelle tribu aux yeux bridés ça s'appliquait.
Alors que les hispanophones sont plus dans l'hystérie extravertie...

J'ai peu de recul sur le public constitué de fromage-blanc trop sec, puisqu'en en faisant partie. J'fais peut-être partie d'une tribu à la fois froide, et irrespectueuse, donc sans aucun savoir vivre à la Michel Serre.

Il m'a fallu être alternativement et simultanément sous champi, sous acide, sous alcool, sous shit, sous nicotine, sous adrénaline, sous bonheur, sous euphorie, et sous amour pour me rendre compte que les blacks marquent les temps fort du rock and roll avec leur hanche, les jaunes avec leur tête vers le haut, les blancs avec le pied sur le sol et parfois avec la tête vers le bas quand ils sont bien pouilldés. Les anglo-saxons, eux qui ne font jamais rien comme les autres, frappent les temps faibles dans leurs mains, et ce n'est pas sans donner quelque enthousiasme au performeur. Et quand ils sont défoncés, ils font nawak.

Je m'en viens à vous, bande de gauchistes dont vos voeux d'universalisme me font vomir. Faut croire que j'en suis à ma phase de descente, après l'euphrorie. N'avez-vous jamais eu écho, à tout hasard, de la part des verts, d'un vague écho de la diversité culturelle ?

Ami, entends-tu, que j'ai aidé un sans-papier Rom initialement du Monte-Negro? Ami entends-tu que quand il vient frapper à ma porte et que j'ouvre en caleçon de bon matin, il cache sa femme? Ami entends-tu que mon ami Rom n'aime pas ma musique? Ami, entends tu que nous sommes différents? Ami, entends-tu que tu embrasse sans le savoir l'esthétique des fachos?
Ami, entends tu que ce n'est pas grave?

Ami entends-tu que l'universalisme est une imposture? Nous avons tous un coeur qui bat, et chacun de nous a du sang de la couleur rouge, mais j'ose espérer que l'idée de l'Humanité chez les gauchistes va au-delà de çà. Que la richesse de nos contemporains va au-delà d'une empreinte ADN ou d'un groupe sanguin, ou du fait que le "soleil donne la même couleur aux gens".
Bysonne, je sais que si je te parle de ton trou du cul, je vais te choquer. Je veux dire ton vrai trou de balle, celui que tu laves sans trop savoir ce que tu laves: tu t'écartes les fesses pour laver au mieux la peau qu'il y a autour.

C'est choquant. Certes. Pourtant tu fais la même chose avec tes dents, et là ce n'est plus du tout choquant. Tu t'écartes la joue et les lèvres, tu fais des extensions, des contorsions et des grimaces. Le bras qui tient ta brosse à dent passe au dessus des oreilles.

Je me fous pas mal de comment tu te laves les dents, de comment tu te laves ton trou de balle, ou à quoi tu penses quand tu te fais jouir.

Ce qui m'interroge, c'est la part de l'interdit d'en parler, et la part singulière que cela révèle sur ta condition culturelle. Je t'aime Bysonne, ce n'est pas le problème. Et je pense que tu serais étonnée de toute la déférence que j'aurais envers toi IRL.

Mais force est de constater que nous avons tous des identités différentes. Que ce soit concernant nos tabous, ou notre culture. Et qu'il est urgent de comprendre que nous ne partageons pas tous la même, même si nous convergeons vers les mêmes idéaux. Et surtout si nous sommes des gauchistes universalistes.

Bysonne, j'espère que tu me pardonneras de te prendre ainsi à partie, mais nous avons pas mal échangé en MP sur les vulgarités. Et donc in fine, sur les limites de la culture à laquelle tu appartiens. Tu pourrais être ma fille, ma mère ou mon épouse. Et réciproquement.

Quand on aborde un étranger, il faut être prêt à être bousculé. C'est d'ailleurs ce qu'aime bien une certaine caste de jouvencelles. Et c'est loin d'être un mal. Sauf à nous prouver le contraire.

L'Esthétique facho est bcp plus insidieuse qu'il ne pourrait y paraître. Et les gaucho se sentant bien propre sur eux, sont loin d'être à l'abri.

A bon entendeur...
Entretien formidable, émission formidable!

Merci!
D'emblée, je précise que j'ai acheté le livre et que je suis en train de le parcourir. A première vue la répression coloniale commencée le 29 Mars 1947 à Madagascar n'est pas du tout évoquée.
Certes l'auteur n'a jamais prétendu tout embrasser, les critiques et les journalistes, si ! L'oeuvre a été présenté ("vendu" dirais-je !) comme racontant les guerres de la France, l'amnésie collective dont celle de l'auteur fait qu'on ne se souvient jamais de tout.
Un écrivain prétendant brosser un tableau récapitulatif sur fond romancé ne peut quand même pas passer sur certains "détails de l'Histoire", à savoir les 40 000 morts voire plus, résultant de la répression de l'insurrection malgache de 1947.
Deux ans à peine après la fin de la seconde guerre mondiale, les méthodes de l'armée allemande ont été appliquées sur des "indigènes", version française des sous-hommes (untermensch).
L'art français de la guerre ? L'art allemand, oui !
Rien à voir avec rien, mais alors que j'étais en train de réfléchir à un post pour enterrer définitivement Rafik Djoumi (j'ai vraiment du temps à perdre), j'ai laissé mon esprit divaguer, et je me suis rendu compte qu'@si n'avait pas encore parlé du dernier roman de Marc-Edouard Nabe sur l'affaire DSK. Le papier de M.Weitzman dans Le Monde m'a donné envie. Non? J'ai le sentiment obscur qu'au-delà de la provoc, ce ton d'affreuse farce est ici très pertinent.
bravo pour ce grand moment de liberté et de travail;
Judith, j'ai l'impression, est beaucoup + à l'aise et fait un travail de titan;
je ne comprends par pourquoi on ne lui donne pas une émission littéraire à la télé !
Alexis Jenni me plait beaucoup car il ne laisse rien passer et NOUS laisse libre
d'imaginer sur SON contenu littéraire;
la vision d'un être humain est toujours intéressante sur les thèmes de la mort, la violence ...
je vais essayer de lire le livre mais j'ai peur du style; à priori je n'aime pas les phrases
longues, emphatiques et le style biblique quoique ...
Judith et Alexis étaient très beaux dans cette émission
Pour Judith Bernard.

A un moment vous arguez du processus de catharsis pour justifier la monstration de la violence. Ce processus existe, et depuis Aristote (ou Platon, ou les écoles médicales ou musicales grecques) on en parle. Il me semble néanmoins que la théorie du phénomène cathartique reste à écrire. En effet, si j'en crois mon expérience personnelle, il y a des films, des musiques, des danses (que je pratique en couple) qui me purgent de mes humeurs, mais non pas tous les films, toutes les musiques, ni toutes les musiques de danse. Il appartient, me semble-t-il, au savoir-faire - ou au génie comme on voudra - de l'artiste de ménager la catharsis de celui qui en jouit. Certaines musiques, certaines images, enferment dans la moiteur visqueuse des horreurs internes, voire les alimentent ou les éveillent. D'autres libèrent. Je ne saurais dire quelles sont les caractéristiques des œuvres qui ménagent une résolution cathartique, cela doit relever d'une certaine structure interne ; c'est le livre à écrire pour compléter la Poétique d'Aristote. Il pourrait y avoir entre une certaine manière de filmer la violence, irresponsable et dangereuse, et une autre, réfléchie et purificatrice, la même différence qu'entre la pornographie et l'érotisme. C'est pourquoi j'ai apprécié que votre invité parle de Tarentino comme d'un "pornographe de la violence".

Catharsis, oui. Mais qu'est-ce qui provoque l'effet cathartique ?

J'apprécie toujours autant ce que vous faites, merci.

0.
Hélas la France a bien su exporter son sale art de la guerre:

Voir : les escadrons de la mort de Marie Monique Robin
merci pour cette émission.
A quand une discussion avec Haruki Murakami.
bye
Très bonne émission, excellente Judith, écrivain décontracté. Grande richesse des sujets abordés, au risque du feuilletage, mais c'est davantage du fait de Jenni. Beaucoup aimé cette idée du nous "deleuzien" hanté par l'histoire et la géographie en opposition au je freudien encombré de trauma enfantin; ça donne envie, je sais pas, d'être intelligent ou d'écrire des livres, d'en apprendre davantage aussi. Judith, you rock!
:-)))))))) (+ joues rougies par le compliment !)
Après avoir écouté Jenni Chez François Busnel, on mesure mieux le talent de Judith.
Très belle émission, qui m'a donné envie de lire le livre.

Je rebondis quand même sur le cinéma...

Pas d'accord avec Alexis Jenni sur deux points :
- D'abord, sur la Chute du Faucon Noir, qu'il semble considérer comme un film de genre, n'ayant pas vocation à être idéologique. Rien n'est plus faux ! Le projet de la Chute du Faucon Noir est explicitement de rendre hommage aux morts Américains de Mogadicio ; le film est produit par Jerry Bruckheimer, grand défenseur des républicains et de l'armée américaine (producteur de Top "engagez-vous" Gun, également...) ; et Ridley Scott, le réalisateur, nous concocte par ailleurs depuis quelques années une grande fresque sur les Origines Mythologiques de l'Amérique à Travers les Âges et les Différentes Incarnations de Russell Crowe (l'utopie de Gladiator : c'est l'Amérique ! Le "kingdom of heaven" dont rêve Orlando Bloom en terre sainte : c'est l'Amérique ! Les délires sur la Magna Carta dans Robin des Bois : c'est l'Amérique !!!)
Rien de de moins genre et rien de plus idéologique, donc.

- Ensuite, sur Tarantino, dont, j'ai l'impression, il ne prend pas en compte la dimension cartoonesque. Tarantino ne traite pas directement de nazis et de figures historiques mais plutôt d'une représentation du nazi répercutée par le prisme de ce que le cinéma (de genre, pour le coup) des années 70, de ce que les jeux vidéos ont fait de la figure du nazi. Il n'y a pas plus de réalité dans la violence de Tarantino que dans celle de Bip-Bip et Coyote, et aucun semblant de véridicité historique.
(Même dans ce cadre, ce que fait Tarantino avec ses nazis me choque moins que ce que Spielberg en faisait, par exemple, dans le premier Indiana Jones. Chez Tarantino, le nazi (le méchant en général) a le droit d'avoir peur, d'être victime de violence, d'avoir une histoire parfois : il a une existence, une forme de reconnaissance. Dans Indiana Jones, comme les autres "méchants", il est tué sans avoir eu le temps de montrer la moindre individualité.)
Inglorious Basterds me paraît en fait avoir un côté très mélancolique. Cette réécriture de l'Histoire où les juifs gagnent et où les nazis perdent affiche ostensiblement son statut de pure fiction et son irréalité profonde. Il s'agit d'une revanche symbolique où la fureur et le désespoir des protagonistes sont finalement tout à fait impuissants à changer l'Histoire et à sauver les victimes réelles de celle-ci.

Enfin voilà, c'est ce que moi j'ai vu dans le film.
Je suis une @sinaute de fraîche date et je dois dire que la qualité des émissions de Judith Bernard a été pour beaucoup dans ma décision d'abonnement.
Madame, à chaque fois que je finis de regarder "D@ns le texte", et sans priver votre invité de mon éventuelle admiration, je m'entends dire "Ouah, cette nana est formidable"!
Je me régale donc à vous voir chiffonner les livres et les noircir de vos notes, pour en extraire vos questions et remarques, tellement pertinentes et stimulantes.
A la prochaine émission... avec toujours plus de gourmandise.
Bonsoir,

Deux choses m'ont gêné durant cette émission :

- le fait que Jenni coupe perpétuellement la parole à Judith qui peut rarement terminer ce qu'elle veut exprimer, mais bon, le narcissisme des écrivains, on connaît, et, puis, on peut mettre ça sur le compte de la passion à défendre son livre, même si on peut le regretter pour la qualité du dialogue...

-par contre, j'aimerais que Judith nous dise, elle qui a lu le livre, si, dans ce roman, des femmes sont "actrices" à un moment ou à un autre dans l'histoire, parce que, dans l'émission, je n'ai entendu que des histoires d'hommes, "acteurs" en bien ou en mal, et la seule fois où j'ai entendu parler de femmes, c'est quand Jenni a regretté qu'elles soient voilées au nom du droit au désir.

Merci beaucoup de me répondre.
Superbe émission.
J'ai même éclaté de rire au "du coup ça fait vachement moins Deleuze !" (le couteau du grand père qui balance, derrière).

Ha ça fait du bien à la cervelle tout ça !
Merci :-)) !
Merci Judith pour cette émission. Elle m'a d'une part incité à aller voir le film "Drive" qui est remarquable pour son hyper maîtrise du langage cinématographique. Enfin, après avoir écouté l'écrivain, il ne m'a pas intéressé. Je ne lirai donc pas (a priori) son livre.
Bof... Que d'agitation ! Je n'ai pas pris intérêt à cette émission, en raison du bavardage creux et incessant de Jenni, qui au lieu de répondre aux questions a pontifié sur des lieux communs à coup de sentences simplistes.
Le naveton de Rober Entico Le vieux fusil , dont parle Alexis Jenni, fait un carton, parait-il, chaque fois qu'il passe à la télé.

Pourtant, ce film n'est pas très drôle et tous les gags sont poussifs. Noiret semble s'imaginer qu'il lui suffit de mettre des lunettes de clown pour être rigolo.

La seule scène vraiment désopilante (vous la trouverez facilement sur Youtube) est la scène où le méchant boche fait rôtir Romy Schneider avec son lance-flammes.
Vous en rêviez. Helmut l'a fait !

Robert Enrico étant décédé (qu'il repose en paix), je me demande qui voudra bien se charger de Catherine Deneuve
Emission totalement passionnante, au moment où elle aborde la question des "actes passés du nous".

Au début de l'émission, Judith demande a Jenni si on lui a fait le reproche de vouloir culpabiliser des membres d'un peuple, avec des actes qu'ils n'ont pas fait personnellement, comme pourrait le lui reprocher "un certain courant idéologique d'aujourd'hui", dit-elle en levant les yeux au ciel.
Etonnante réponse de Jenni selon qui ce reproche ne lui a pas tant été fait que ça, au vu de la suite de l'émission où il montre que sa conception des "actes passés du nous" mérite amplement ce reproche.

Comme "Dieu" ou "l'un des dieux", ou l'idéal communiste, "nous", "ma nation", "mon peuple", sont les objets d'une croyance que l'historien, au regard objectif, ne voit pas : il peut voir la croyance mais pas son objet, qui ne se situe pas dans le monde réel objectif, mais dans le monde que se représente une mémoire subjective, un récit mythologique ou un imaginaire, individuels ou collectifs.
L'historien peut voir agir des hommes, qui croient parfois en un "Dieu", ou qu'ils appartiennent à un "nous", ou dont d'autres croient qu'ils agissent au nom d'un "Dieu" ("messies" ou "prophètes"), ou qu'ils appartiennent à leur "nous". Mais l'historien ne voit jamais ce "Dieu" ou ce "nous" agir car il ne les voit pas.

La question n'est donc pas de savoir s'il est vrai objectivement que "nous" avons fait tels ou tels actes que des hommes ont fait dans le passé, puisque "nous" n'est pas le protagoniste des discours objectifs des historiens qui ne le voient pas.
La question est seulement de savoir s'il faut que "nous" "nous" attribuions tels ou tels actes que certains parmi "les notres" ont fait dans le passé.
C'est donc une pure question éthique, et non factuelle.

La réponse de Jenni est que chaque acte que l'un "des notres" a fait dans le passé doit être considéré comme un acte que "nous" avons fait. Ainsi il faudra expliquer a chaque allemand naissant aujourd'hui que "lui et les siens" ont exterminé des juifs, et pas seulement le simple fait historique que des allemands ont exterminé des juifs dans le passé.

Je préfère pour ma part ne reprocher a chaque homme que les actes qu'il a faits personnellement. Lui reprocher d'avoir exterminé des juifs seulement s'il a participé personnellement a un tel acte collectif.

Le peuple allemand, ce n'est pas un peuple coupable d'avoir exterminé des juifs, c'est seulement un imaginaire collectif allemand, une manière allemande de se faire homme, une volonté de vivre dans un même espace, en paix et en nourrissant une amitié entre soi. Et c'est finalement l'idéal de cette vie commune des allemands, que la volonté des allemands seule peut définir, et devant lequel ils peuvent faire un geste d'humilité et de révérence comme devant un drapeau ou une croix, et qu'ils peuvent chanter ensemble comme on chante à la messe ou l'hymne national dans un stade.

Cet idéal est évidemment totalement pur, et les allemands d'aujourd'hui sont libres de choisir dans le passé les actes et productions culturelles qu'ils veulent parmi ceux de leurs ancêtres, et d'interpréter comme ils le veulent ces choses du passé qu'ils se seront choisies, pour définir cet idéal et ce qu'ils veulent être ensemble et les uns par rapport aux autres.
Attention idée saugrenue:
Pourquoi l'émission aux sources de se limiterait elle aux journalistes-éditorialistes.
Je suis sur que pour quelqu'un qui s'est manifestement documenté de façon massive comme Alexis Jenni, l'émission de Maya serait passionante.
Je trouve le parallèle entre guerre et guerre sociale excellent (20 minutes 30): cela fait partie des choses qui caractérisent un écrivain qui a une version originale et réfléchie de la société: il nous explique quelque chose et on se dit qu'on aurait bien aimé penser cela avant lui...

Je trouve très intéressante l'idée que les pulsions destructrices ne peuvent pas disparaitre, mais se transforment (28 minutes). Cela fait un peu théorie de Lavoisier appliquée à l'esprit, mais intuitivement, ca semble assez fondé.

Sur la vision polissée, lisse, aseptisée (périphrases pour nommer les minorités) de la société; l'impossibilité d'aborder certains thèmes comme le fachisme, les races; et sur la dénonciation des médias (type départ en guerre du Golfe (35 minutes)), et de l'industrie cinématographique (façon chute du faucon noir (36 minutes) rien à dire de plus, je pense que personne ne sera en désaccord avec cette vision.

Sur l'explosion du nous(44 min), même constat. Personnellement, j'analyserais cela en disant:
1/Montée de l'idéologie néolibérale et de l'appareil médiatique destiné à l'enfoncer dans les cerveaux mous = retour à la jungle (urbaine cette fois ci)
2/implosion des religions dont le but principal était de favoriser le vivre ensemble (hormis les dérives)

Excellente émission sur un des rares écrivain contemporains qui semble avoir une vraie vision du monde. Je cours acheter le livre et je vous conseille cette entrevue qui, bien que plus centrée sur l'auteur que sur son oeuvre, est intéressante.
J'ai personnellement pris mon pied lors de la scène de scarification d'Inglorious bastards (et j'ai hurlé de joie lors du massacre dans le cinéma)
Joli cadeau de Tarentino à ceux qui furent torturés quotidiennement pendant des semaines avant d'être assassinés, comme mon grand-père et ses frères, décapités un matin de 1943. Tiens papi, c'est pour toi, marre-toi cinq minutes!
Connaissez-vous l'arrachage des ongles des dix doigts? Un poil plus long que la gravure, même soigneuse, d'une croix gammée sur le front d'un nazi.
Ce Jenni est un crétin à la voix suave.
décidément, c'est drôlement bien une émission littéraire où on parle de littérature :)
Je voulais écouter l'émission, distraitement en faisant autre chose.
Raté !
J'ai rien fait pendant 1h30, c'est malin !
Mais c'était chouette. Merci.

A quand une émission sur la SF ou l'Héroic Fantaisy ?
Je suis un peu étonné de la réflexion de Jenni sur la race, il parle des balivernes scientistes des années 30 sur la race et les remplace par les balivernes scientistes contemporaines.

Pourtant en se penchant sur un dictionnaire accessible en ligne, on trouve une définition qui met un terme au non-sens et à l'incompréhension qui y sont liées. Peut-être est-ce dû à son statut d'enseignant ?

Le concept de race est tout simplement anté-scientifique, anté-ADN, il désigne un groupe dont la ressemblance est visuelle. Il est bien évidemment increvable puisque la ressemblance visuelle ne nécessite pas d'analyse ADN, mais seulement des yeux. De même que tous ceux qui sont "contre les discriminations" sont contre les voyants dont ils font bien souvent partie, et pour l'aveuglement généralisé. Soi-disant.

Race s'emploie pour tout et pour rien :

"Ensemble de personnes ayant entre elles des caractères communs importants. Synon. espèce. Être d'une autre race que qqn. De là est née la race meurtrière et carnivore des Géants (MÉNARD, Rêv païen, 1876, p. 121). La race méprisante des grands seigneurs de la révolution (CAMUS, Homme rév., 1951, p. 205)."

http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?11;s=1002734715;r=1;nat=;sol=0;

On pourrait employer aussi bien ce substantif pour les pompiers ou les facteurs, le seul vrai grand problème de race, c'est le tabou cristallisé autour de ce mot depuis des décennies. Pas son contenu intrinsèque, mais la lecture et l'appropriation scientiste erronée qui en sont faites.
L'idée que dire "nous", ça délimite un eux (et qu'il faut l'accepter) est dangereuse. Moi, je préfère penser que l'on peut dire "nous" face à un étranger qu'on appellera "vous", pour découvrir et confronter ressemblances et différences. Dire "vous" plutôt que "eux", c''st s'adresser à l'autre, ouvrir le dialogue avec lui, et non pas l'exclure en disant "eux" en son absence. On peut à la fois revendiquer sa propre culture et être attentif, respectueux, voir perméable à celle des autres. Rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger.
"lLa peur, ça détruit la cervelle, ça ronge...."
Aujourd'hui nous avons besoin de n'avoir pas peur de la démocratie (Tunisie, Grèce,...)
Je crois pas que je regarderais, mais je vous dit bravo Judith, joli nez....

et faut buzzer la dessus, et mettre l'émission en libre accès, et buzzer, buzzer...

Et si c'est pas une reconnaissance de vos talents Judith par Gallimard, que de vous offrir le Goncourt sur un plateau....
Pas vu l'émission, juste le teaser, et je suis bien content d'entendre quelqu'un qui pense comme moi des films de Tarantino, c'est pas si fréquent.
C'est un roman qui contient des milliards de question, comme le dit Judith, mais aucune réponse, qui montre, fait voir, mais ne présente aucun regard. Voilà pour le constat, libre à chacun de situer son désir de littérature par rapport à cette donne.

Je retiendrai pour ma part qu'il n'a rien compris à Tarantino, le comble étant lorsqu'il parle de sa scène de torture en hors-champ pour se distinguer du réalisateur, alors que la scène emblématique du film inaugural de l'oeuvre de Tarantino, Reservoir Dogs, la scène de torture du flic par Mister Blond, est en hors-champ ou qu'il parle de violence pour le marquage des nazies dans Inglourious Basterds qui n'est violence qu'à l'égal du marquage qu'ont opéré les mêmes nazies sur la peau des juifs... et que oui, rendre les coup qui n'ont été que subit dans la réalité est le fondement même du projet de ce film, mais pour comprendre cela, il faut dépasser le fait que la violence ou la guerre, c'est mal, ce qui ressort trop du propos de Jenni.
Non, cela dépend des circonstances.
J'aurai d'ailleurs aimé qu'on s'arrête sur la différence entre la violence en tant que résistant pendant l'occupation et celle d'après, en tant qu'occupant.

Enfin, plus important pour moi, le laïus de Jenni sur le racisme, oui, scientifiquement, les thèses racistes ne valent rien et oui, hélas, dans la vie ordinaire, le racisme perdure néanmoins... Hélas, mille fois hélas, Jenni semble en rester à ce constat, cette ambivalence, comme si elle était indépassable, inéluctable... Mais Monsieur Jenni, c'est justement en rappelant que scientifiquement cela ne tient pas qu'on combat le racisme, c'est votre fonction en tant que professeur de biologie de souligner cela, encore et encore. A suivre votre manière singulière d'aborder le problème, vous devriez arrêter d'enseigner le darwinisme, puisqu'il y aura toujours des religieux pour ne pas l'intégrer. Vous percevez l'incongruité de votre raisonnement en la matière ?

yG
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