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Infiltrés : je m'infiltre

Souffrez que je m'infiltre

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« Les Infiltrés » et la protection des sources : « Infiltration douloureuse » (Communiqué)

Nous publions ci-dessous une tribune co-signée par une quinzaine de journalistes, écrivains et réalisateurs. (Acrimed)

http://www.acrimed.org/article3348.html

P.S. : allez, je me lance à nouveau en pronostiquant ( les jeux en ligne sont autorisés maintenant ;- ), tel Paco Rabanne, que cela fera le sujet de l'émission @si de cette semaine.
Les infiltrés remettent ça demain paraît-il.
A Cayenne Albert Londres n'était pas "infiltré", il s'est présenté comme journaliste. Prenez plutôt l'exemple de Severine qui s'était fait passer pour malade pour denoncer le traitement des patients dans les hopitaux psychiatriques (Geraldine Muhlmann, Une Histoire politique du journalisme).
Regard critique de Jean-Philippe Schaller pour le JT de la TSR :

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=11945964

Il prononce les termes-clés : "médiatis[ation] de la dénonciation".
"On est dans un autre métier"... Je me souviens à présent que Tintin, reporter, a mis fin à bien des injustices, sans écrire beaucoup de reportages. D'autres après lui idem, comme Superman, Adèle Blanc-Sec, ont affronté des situations complexes et payé de leur personne pour que triomphe le bien, ou, tout au moins, que le mal soit endigué... Les journalistes justiciers sont une race à part, un peu marginale parce que fictionnelle, mais après tout tout aussi respectable et digne de bénéficier de la reconnaissance fiscale de la République.
Voilà
C'est ma première contribution aux débats d'ASI, malgré une fidélité remontant au XXeme siècle.
Je n'y ai pas pensé dans l'immédiat, mais ce qu'il risque de ce produire, c'est la même chose que ce qu'il se passe au USA avec des émissions destinés à choper du pédo comme celles de Chris Hansen. Le principe de l'émission est simple, on cherche du pédo sur internet, on lui donne des rendez-vous en se faisant passer pour des petites filles non sans être aguicheur et chercher à provoquer l'infraction, ensuite Chris Hansen débarque chez le gars en lui disant que c'est pas bien, avec les caméra caché et sa célèbre phrase "why don't you take a seat?" que les /b/tards connaissent bien. La police attend à l'extérieur et quand le présentateur décide qu'il a suffisamment de rush pour monter son émission, il fait intervenir la police et l'interpellation à lieu en direct.

Voilà le futur de la télévision française.

Alors d'ici, moi je me demande s'il faut pas commencer à réfléchir sur la symbolique même de la pédophilie dans la société pour en arriver à de tels extrémités. Si on était capable de se poser les questions intelligemment sans se reporter sur nos propres peurs, peut-être qu'on arriverait à faire les bons choix de société... mais c'est vrai que c'est peut-être pas donné à tout le monde.
Ah les braves gens ! (je me comprends)
Dans le milieu carcéral, les violeurs d'enfants sont surnommés des "pointeurs" . Ils font l'objet de la désapprobation générale de la part des codétenus.
Comment expliquer que sur ce forum, la majorité préfère "l'éthique" à la morale, et supporte sans broncher qu'un pointeur agisse plutôt qu'il soit dénoncé par un journaliste dans l'exercice de son activité? Ou préfère qu'il n'y ait pas d'enquête plutôt qu'une émission dite "fouille-merde" qui aura eu le mérite de montrer comment cela peut dégénérer dans l'atmosphère douce d'une chambre d'enfant?
Heureusement, cette émission n'était pas destinée à une palanquées d'intellectuels idéalistes et bien protégés par leurs certitudes bien-pensantes. Elle s'adressait à des gens ordinaires , de bonne foi, qui ne soupçonnent pas que leurs enfants puissent être en danger sous leur regard protecteur.
Une bonne chronique Daniel, qui pointe je crois quelques vrais éléments de réponses.
Cela me rappelle le débat sur les statistiques ethniques que vous avez traité recemment.

Le postulat : '' ce que nous allons trouver ne peut (ou ne doit) pas se dire, se savoir. Alors, chut ! ne cherchons pas ''.

Moyennasse comme démarche à mon humble avis...
Je ne crois pas que ce soit le même débat.
Les Infiltrés est sans doute une émission qui n'a pas lieu d'être, de cette manière. Le même reportage peut exister, le spectaculaire en moins, et la qualité en plus (je m'avance peut-être, je n'ai pas regardé). Voici le débat sur le journalisme et le métier de journaliste.
A partir du moment où l'enquête se conçoit ainsi, le journaliste, en tant que citoyen, mais dans le cadre de son métier, se trouve confronté à un cas de conscience. Il a fait un choix qui ne me choque pas.
Et je trouve même légitime, je crois, qu'il dise dans son sujet que ces pédophiles ont été dénoncés ; le spectateur regardant les infiltrés se pose nécessairement la question.
Je crois que c'est un faux débat ; il y a de vraies choses à dire sur le journalisme-spectacle (comme la politique-spectacle) tel qu'il se pratique aujourd'hui.
Faut-il ou non dénoncer des pédophiles quand on se trouve confronté à l'un de ces gars ? Ce n'est pas un débat, désolée.
Nous sommes proches de la pratique britannique, qui sort des cartes géographiques des pédophiles.
Le Parisien de ce jour commence la chasse à l'homme
http://www.leparisien.fr/yvelines-78/pedophilie-un-elu-des-yvelines-piege-par-l-emission-les-inflitres-07-04-2010-877456.php
je croyais qu'on ne devait pas désigner à la vindicte populaire un mis en examen ?

Où est-on désormais ?

http://anthropia.blogg.org
En quoi les journalistes ne seraient-ils pas des citoyens comme les autres ?
Seraient-ils exonérés de révéler les infractions dont ils ont connaissance, comme tout citoyen ? Cette prétendue exonération serait-elle un des menus avantages attachés à la profession, comme la majoration fiscale des frais professionnels ?

Pour ma part, j'ai appris des choses dans cette émission .
Et je trouve que le travail journalistique est bien fait , notamment dans la rencontre physique avec les chatteurs adultes, lorsqu'on leur met sous le nez le verbatim de leurs discussions.

On aimerait que les belles âmes de la profession, ces journalistes de pouvoirs et de connivence, fassent preuve de la même pugnacité lorsqu'ils interrogent des puissants...
Une Chauve-Souris donna tête baissée
Dans un nid de Belette ; et sitôt qu'elle y fut,
L'autre, envers les souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
"Quoi ? vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire!
N'êtes-vous pas Souris ? Parlez sans fiction.
Oui, vous l'êtes, ou bien je ne suis pas Belette.
- Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n'est pas ma profession.
Moi Souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à l'Auteur de l'Univers,
Je suis Oiseau ; voyez mes ailes :
Vive la gent qui fend les airs! "
Sa raison plut, et sembla bonne.

Elle fait si bien qu'on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après, notre étourdie
Aveuglément se va fourrer
Chez une autre Belette, aux oiseaux ennemie.
La voilà derechef en danger de sa vie.
La Dame du logis avec son long museau
S'en allait la croquer en qualité d'Oiseau,
Quand elle protesta qu'on lui faisait outrage :
"Moi, pour telle passer! Vous n'y regardez pas.
Qui fait l'Oiseau ? c'est le plumage.
Je suis Souris : vivent les Rats !
Jupiter confonde les Chats ! "
Par cette adroite repartie
Elle sauva deux fois sa vie.

Plusieurs se sont trouvés qui, d'écharpe changeants
Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue.
Le Sage dit, selon les gens :
"Vive le Roi, vive la Ligue. "

une fable que bien des journalistes, en bien des occasions, devraient méditer...de Capa à la TéléLibre, en passant par ASI et Rue 89.
J'ai beau me torturer les méninges, je ne comprends pas la tournure que prend cette polémique. Ni même son existence..Car enfin quoi ? de qui parle t'on ? des journalistes et de leur sacro saint code de déontologie ? ou plutot des enfants potentiellement victimes de ces détraqués sexuels ? Pour ma part je pencherai pour les seconds..Les journalistes en question ont monté une enquète qui a abouti à l'arrestation de pédophiles avérés, assumés, et determinés à passer à l'acte. Je dis BRAVO ! Et si les journalistes ont réussi là ou d'autres ont echoué tant mieux..
La vraie polémique aurait du être celle de ne pas avoir dénoncé (ce qui n'en doutons pas aurait été fatalement reproché à l'équipe des Infiltrés) si tel avait été le cas...
Alors peu importe la méthode , fut elle anti-déontologique, tape à l'oeil ou je ne sais quoi encore..Ces journalistes ont mis leur devoir d'assistance à personne en danger au dessus de leur obligations journalistiques et c'est tant mieux pour toutes ces petites victimes.

Point barre
Il y a longtemps qu'on se demandait vers quoi, doucement, insidieusement, lémédias et singulièrement la télévision, dérivaient…

Et tout d'un coup on comprend : ces pseudo-journalistes, leur rêve c'est de faire "flics", quelques-uns se verraient bien en juges (Hondelate, Pradel…) mais en gros c'est en gallinacés qu'ils se verraient le mieux, traquant le délinquant, le condamnant sans procès, le jetant dans des culs de basse fosse.

Et urinant sur lui pour faire bonne mesure tout en démontrant l'écart vertigineux qui existe entre ce genre de petits salauds (dealers, petits voleurs, pédophiles…) et eux-mêmes, incontestables et auto proclamés parangons de vertu !

Le sommet final de la confusion des genres est enfin atteint : la police fait de la télévision en installant des caméras partout tandis que les journalistes font de la basse police avec leurs caméras initialement destinées à informer.

Et ces ex-journalistes (l'ont-ils jamais été, rien n'est moins sûr) nous éclairent sur un seul point, finalement… le nom qui leur convient le mieux : FOUILLE-MERDE !

***
En tous points d'accord avec vous : le poids des images, c'est le vice principal et malheureusement structurel de ce genre d'émission...
L'article 434-1 du code penal me semble pourtant assez clair:

Article 434-1 du code pénal:

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Le fait, pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.

Sont exceptés des dispositions qui précèdent, sauf en ce qui concerne les crimes commis sur les mineurs de quinze ans :

1° Les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et leurs conjoints, de l'auteur ou du complice du crime ;

2° Le conjoint de l'auteur ou du complice du crime, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.

Sont également exceptées des dispositions du premier alinéa les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l'article 226-13
Le but de l'émission, était d'alerter les parents et les enfants sur une réalité: des prédateurs peuvent être embusqués derrière d'innocentes discussions d'adolescents. Il n'y avait pas d'images racoleuses ni de photos suggestives. Juste un adulte qui se masturbe devant une webcam, qui s'adresse à une gamine, lui fixe un rendez-vous.
J'espère que de nombreux parents et adolescents auront vu cette émission. DS se pose la question éthique: est-ce du journalisme? Le pédophile avait-il des états d'âme? Non. La fonction du journaliste est d'alerter, d'informer, montrer. Cette émission alerte, informe et montre.
DS critique la méthode. Je pense qu'il a tord. Il n'est pas immoral d'user des mêmes méthodes que les pervers (avancer masqué).
En dénonçant tout de suite, le journaliste a simplement fait gagner du temps à la police , et évité qu'un ou plusieurs enfants soient peut-être violés.
Voilà une chronique courageuse en ces temps où toutes les frontières se brouillent à plaisir. C'est rassurant de savoir qu'au moins une personne dans ce monde de cinglés sait où se trouvent ces frontières à ne pas franchir et est capable de le rappeler à tous.

En tout cas je suis bien contente de ne pas être la seule à penser qu'un pédophile puisse être guéri. Aujourd'hui, la vérité officielle dit le contraire. Quant à Capa, France 2 et Hervé Chaballier, ils sont tombés bien bas. Triste tout ça.

P.S. : Capa, pédophiles, j'ai compris ... vous l'avez eu votre chronique ! (allusion à un autre forum)
Si je crois le Vite Dit de 11H51, Libération a bien aimé "Les infiltrés".
nickel ! rien à rajouter !
Non la bonne solution c'était de ne pas regarder cette émission.
DS écrit très justement : "Encore faut-il trouver un nom à cette pratique, qui se situe quelque part entre le travail de police et le reportage animalier, mais que je peine, pour ma part, à nommer du journalisme."

Ce qui me frappe à travers toutes ces émissions, telles que je les entends rapportées par @si car je n'en ai pas de télé, c'est la constance avec laquelle la population est montrée avec la figure, pourtant si rare, du monstre. A en croire les informations diffusées, la rue grouillerait de pédophiles. De même, les spectateurs des jeux télévisés ont appris à avoir peur d'eux-mêmes grâce à l'émission inspirée par l'expérience de Milgram. Et tous d'oublier, sauf les forumeurs d'@si, qu'il y a un biais de sélection majeur dans les cobayes utilisés pour le jeu de la mort : ce sont par définition des gens qui ont accepté de participer à un jeu télé. Pas obligatoirement représentatif de la population, en somme.
D'autres jeux sont, en quelque sorte, des écoles télédiffusées du cynisme et de l'égoïsme. En mettant des individus prêt à tout dans des conditions extrêmes, que ce soit "l'île de la tentation" ou d'autres inepties équivalentes, la télévision renvoie à la population qui la regarde, une image d'elle-même très négative.

Au total, la télévision décrit un type anthropologique particulier : l'homme est cynique, froid, calculateur et fondamentalement mauvais. Pédophile en puissance, violeur naturel, tueur né - on en finit pas de découvrir avec horreur les monstruosités dont l'homme moderne est capable. Souvenons-nous seulement de l'affaire Paul Voise : http://www.dailymotion.com/video/x1r1lj_p-voise-1-incendie

Mais honnêtement qui reconnaît dans ces tableaux apocalyptiques ses voisin de palier ou ses collègues de travail ?

A l'évidence, le prisme télévisuel déforme. Il grossit ce qui n'est qu'à la marge. Et parfois même, il met en scène, il fabrique de toutes pièces, grâce à des jeux crétins, une image de la monstruosité humaine. Et c'est à l'aune de cette vision déformée que des choix politiques seront faits, peu à peu.

La nouveauté des infiltrés, c'est peut-être la justification morale de la dénonciation. Mais ce n'est qu'un début.

Ben oui, braves gens ! il faut lutter contre les monstres. Non ?
Vous n'êtes pas pour le crime, les violeurs et les tueurs ?
Très bien, alors dénoncez vos voisins sans hésitations !

Le service public et Pujadas vous montrent l'exemple.
C'est pas notre president qui a declaré un jour que le travail des policiers n'etaient pas d'organiser des tournois de foot avec les jeunes mais d'arreter les delinquants ? source
Pareil pour les journalistes alors.
que chacun fasse (bien) son métier et pas de confusion des genres.
Juste pour pinailler : au lieu de « qu'eûs-je fait ? », n'eût-il pas fallu écrire « qu'eussé-je fait ? » (ou « eussè-je » pour plaire à l'Académie).
Je crois tout simplement que l'erreur de la part du journaliste menant l'enquête aura été de dire dans son reportage qu'il avait dénoncé la personne à la police. Finalement, là, il a agi en tant que citoyen, personne privée. Ô toi lecteur, si tu avais été le père de cette enfant, comme tu lui en aurais été reconnaissant. C'est pour toi qu'il a agi ainsi. Mais quelle bêtise de gâcher son enquête par un débat qui ne serait pas posé, qui n'avait pas à se poser, en voulant faire savoir au monde qu'au fond du journaliste vivait en secret une conscience morale. En doutait-il ? En doutait-on ? Si j'avais été à sa place j'aurais certainement fait la même chose - pas vous DS ? Vous allez me répondre, peut-être, "je ne me serais pas mis en situation d'être à sa place". Pirouette ! Moi, en tout cas, à sa place, j'aurais fait la même chose, OUI, j'aurais dénoncé ce salopard, parce que je n'aurais pas pu me regarder dans la glace après, vivre avec cette pensée que par ma faute, du fait de ma chère intégrité de journaliste qui ne dénonce pas ses sources, une petite fille aurait été marquée pour la vie ! Mais je me serais bien gardé de le clamer dans le reportage, cela n'aurait regardé que moi et ma conscience, pour ne pas, précisément, qu'on fasse des amalgames entre éthique journalistique et morale personnelle, et qu'on débatte à n'en plus finir au point d'oublier le sujet de l'enquête.
1- Les reportages de Capa, sont-ils faits par des journalistes (avec cartes professionnelle) ou par des "enquêteurs de vérité" ?
2- Les infiltrés est présenté comme un magazine... est-ce un magazine d'info "journalistique" ou un magazine de reportage [on peut être reporter sans avoir sa Carte de Presse], et dans ce cas il n'est pas illogique que le reporter se transforme en rapporteur.
3- Que penseriez-vous si "Les infiltrés" avaient été les membres d'une association visant à débusquer les pédophiles, avec des caméras [cachées] fournis par des journalistes de Presse ?
Capa faisant un reportage sur les activités de cette association dont le but est de dénoncer à la Police les faits délictueux trouvés.
David Pujadas journaliste ne faisant alors que son métier d'information.
(cette hypothèse n'a de valeur que si Les infiltrés sont rémunérés par l'Association (ou bénévoles) et non par Capa).
Qu"en pense Jean-Luc Mélenchon?
Quelle étrange réaction?! Alors pour ne pas avoir a se prononcer, DS de-légitime ("les infiltrés, ce n'est pas du journalsime") ce travail d'enquete. C'est quand meme pousser le bouchon un peu loin.

D'accord avec Constant Gardener et l'exemple de F. Aubenas. Tout ca sent un peu le sketch des inconnus. Alors la différence entre le bon et le mauvais journaliste: "bon, le bon journaliste enquete mais ne s'infiltre pas"... Ridicule.
Le problème majeur c'est que Capa a rompu officiellement avec le secret des sources.
Qui osera encore aujourd'hui se confier à un journaliste ?
Si la gravité du délit n'est plus soumise à l'appréciation de la Justice, mais du journaliste, demain les gamins qui téléchargent les films seront balancés à la police au même titre du devoir d'informer...
J'ai regardé le reportage ........édifiant quand même : les modérateurs...bénévoles !
Les "irresponsables" de site .......... certains m'ont semblé mal à l'aise , pris en défaut ?( la tarte à la crème du prestataire )
La pub sur les dangers d'internet dans laquelle des créatures cauchemardesques sonnaient à la porte et allaient dans la chambre de l'enfant : a-t-elle été productive ?
Si ce reportage alerte des parents , on ne va pas polémiquer sur journalisme , éthique , déontologie .........
Si CAPA avait procédé comme pour la maison de retraite ( ne pas signaler ) , que n'aurait-on dit de ce journaliste ?
Il serait instructif de savoir ce qu'il est advenu des protagonistes salariés.
Dites donc, pompier Schneidermann, vous trouvez que rapporter l'ampleur de la violence d'un incendie en montrant les flammes, leur portée, leur couleur et leur lumière n'apporte pas d'information par rapport à une carcasse calcinée qui pourrait très bien sembler avoir été lentement consumée pour ceux qui voie la photo de la carcasse sans avoir jamais assisté à un incendie?

Vous ne trouvez pas, qu'en voyant la flamme, ou mieux, visualisant la vidéo où l'on voit les flammes bondir, le feu rugir et les pneus exploser, on s'informe mieux du fait qu'une bagnole qui brûle c'est dangereux, ça peut propager le feu au voisinage, ça peut balancer des projectiles, et ça peut vous piéger si vous n'avez pas la présence d'esprit de vous extirper en tirant vos voisins/voisines avec vous?

Non, là vraiment, à vouloir défendre un métier dans sa belle pûreté, vous oubliez que pleins de petits jeunes comme moi qui ne savent pas grand chose de la vie on besoin de voir comment un type sympa -bien qu'un peu inconnu- et entreprenant peu devenir un bourreau si l'on n'a pas pris des précautions pour l'empêcher de se mettre en situation de passage à l'acte.

Je ne vous demande pas de cautionner des dénonciations, mais je vous demande de ne pas -sous couvert de condamner des délations oui, je sais, j'ai changé de mot, c'est esssprès- faire édulcorer une information qui a parfois besoin d'être brute et totale pour que l'on en prenne la mesure. Et ne me balancez pas l'article d'Alain sur la une de l'Huma après l'attaque de Gaza, information brute et information raccoleuse doivent pouvoir être distinguées. Si, si, vous sauriez faire ça très bien.
Voilà pourquoi je me suis bien gardée de regarder !
Il y a quelques mois, je suis tombée sur un téléfilm, peut-être l'avaient-ils vu, peut-être même s'en sont-ils inspirés, dans lequel une mère d'ado, qui avait failli être victime d'un pédophile, s'était mise en chasse du pédophile de sa fille ; ce faisant, elle en avait croisé d'autres, et s'était retrouvée "auxiliaire de police", piégeant, pour le compte d'un petit service de police, les pédophiles sur internet.

Je pense que c'est le bon mot pour décrire ce qu'ont fait ces gens de France 2 : "auxiliaires de police". Puisque c'est exactement ce qu'ils ont fait, ils ont piégé des vrais gens puis les ont dénoncés.

Vous dites, Daniel, que c'est le spectacle de l'information : moi je pense que c'est le spectacle de la vraie vie, parce qu'on n'est pas en train, là, de mettre en forme des données, on est en train de mettre la vraie vie en boîte, exactement comme le font les émissions de télé-réalité.

Ce qui nous "fascine" dans ces émissions, c'est l'impression de "réel", on y est comme au spectacle, mais avec ce sentiment d'être la souris cachée, qui voit ce qui se passe en vrai. Le frisson du bourgeois qui descend dans les bas-fonds. Nous n'avons pas y être, mais nous y sommes, et cette émission nous fait complice des pédophiles, un peu comme nous étions complices des candidats du Grand jeu de la mort, par le voyeurisme.

Une fois replacée l'émission dans son registre, avons-nous envie de la voir ? J'ai le ringardisme de penser que ces émissions abîment l'âme, que la familiarité avec le crime, l'abus, la perversion ne nous rendent pas plus intelligents, mais plus aliénés. Le "tout-voir" ne mène pas à la lucidité, mais à la dé-réalité, parce que nos vies face à ça en paraissent presque ternes, on en oublie de payer ses factures, comme le disait l'autre jour dans votre émission Sébastien Bohler, ou de jouer au scrabble avec ses enfants ou de faire l'amour avec son compagnon ou sa compagne.

Bref, "c'est rien que des émissions qui nous font perdre notre temps".

http://anthropia.blogg.org
Remarque préalable : je n'ai pas souhaité voir l'émission. Une question néanmoins aux @sinautes qui l'ont vue : les « devoirs »

4) ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents
et
5) s’obliger à respecter la vie privée des personnes

de la Charte de Munich ont-ils été respectés ?

Cela m'amène à (re)poser cette autre question : à quand un « Ordre des journalistes » qui pourrait se prononcer sur des cas de ce genre ? D'ailleurs, celui-ci de cas, relève-t-il de la déontologie ou carrément du droit ( au sens de la Justice ) ?
Mille mercis Daniel, de confirmer enfin ce qu'est la profession de journaliste, de vrai journaliste.

Une grande partie des commentaires lus sur http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?3,1059838,1059838#msg-1059838 étaient insoutenables... dans une démocratie qui se doit de protéger les sources des journalistes pour qu'ils puissent faire leur métier d'INFORMATION, car sans information, pas de démocratie.

Enfin... D'ailleurs, vous confirmez ainsi ce que j'ai entendu ce matin sur France Culture, et même France Inter... Le droit à la protection des sources et au secret professionnel - dont d'autres professions comme avocat, expert-comptable, médecin, etc... jouissent également - a un revers, c'est celui de taire ce qui a été confié de manière confidentielle.

Un droit a toujours un devoir en contre-partie. Certains semblent l'oublier et on assiste à des dérives délatoires terriblement dangereuses pour la sauvegarde du peu de démocratie qui nous reste. Le totalitarisme de la "bienpensance" s'installe, comme celui qui s'était installé dans les pays de l'Est où des médecins envoyaient des personnes qui ne pensaient pas comme la ligne "en vogue" directement en psychiatrie. Là ce sont des journalistes qui les envoient directement en prison... et après demandent que leurs sources soient "respectée".

Le respect n'est pas automatique, il se mérite et s'acquiert en respectant d'autres droit, comme le devoir de confidentialité.

Pour le mépriser, certains journalistes scient la branche sur laquelle ils sont assis, et on assiste en France à la déliquescence des médias...

Merci donc, Daniel, de remettre les pendules à l'heure :-)
Pas d'idée arrêtée sur la question, mais un argument de Chabalier fait tilt : tout le monde ou presque (le milieu journalistique en premier - sauf rares exceptions) a applaudi le livre de Florence Aubenas. Et elle a utilisé la même technique. Idem pour Gunther Walraff bien avant.
Après, dénoncer, c'est une autre histoire...

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Pas mieux.A voté.
Ce que j'ai à ajouter, qui ne fait pas avancer le schmilblick, je l'ai fait sur l'autre fil...
Donc, oui, totalement d'accord ! On s'éloigne de plus en plus d'Albert Londres ;o(...
Bon sang de bonsoir c'est tellement bien écrit que ça m'a coupé le sifflet...

Pour une fois, moi qui ai une grande gueule, je n'ai rien à ajouter.
C'est 'journaleux' feraient mieux de balayer devant leur porte.
gamma
je souscris de toutes mes mains disponibles à votre analyse, Daniel Schneidermann. J'y ajoute juste une question: puisque des journalistes parviennent à débusquer des trafiquants et des pédophiles avec un peu de réflexion, un ordinateur, une caméra, un stylo et du courage, pourquoi les policiers ne seraient-ils pas capables des mêmes exploits?
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