Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

12h19 suivi

Crowdfunding anti-réfugiés : le navire des identitaires stoppé à Chypre

Par
Manuel Vicuña le 27/07/2017

Le navire anti-migrants, affrété par des activistes identitaires européens, stoppé dans le nord Chypre ? C’est ce que relate ce mercredi le site du quotidien britannique The Telegraph et l’organisation antiraciste Hope not Hate, confirmant des informations du site chypriote Cyprus Post. Le capitaine du bateau et son adjoint ont été arrêtés dans le port de Famagouste pour falsification présumée de documents.

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Jusqu’ici, ni la fermeture de leur cagnotte sur Paypal, ni la clôture de leur compte par le Crédit mutuel, n’avaient réussi à mettre un coup d’arrêt au projet "Defend Europe". Début mai, plusieurs factions européennes de jeunes d’extrême droite avaient lancé une campagne de financement en ligne. L’objectif ? Réunir assez de moyens pour affréter un grand bateau afin d’entraver les missions de sauvetage de refugiés des ONG en Méditerranée. Une campagne de crowdfunding qui, comme nous vous l’expliquions, avait soulevé l’indignation de nombreux internautes et associations. Ce qui n’avait pas empêché les militants identitaires de se procurer un navire, le C-Star, parti la semaine dernière de Djibouti, en Afrique de l’Est pour entraver le sauvetage des migrants.

"Ces militants d’extrême-droite et l’équipage qui les accompagne sont-ils armés ?". Très probablement, avançait ce mardi Bastamag en s’appuyant sur une enquête menée par Hope not Hate (L’espoir pas la haine). Ces dernières semaines, cette organisation antiraciste, basée à Londres a livré quasi-quotidiennement des éléments sur l’opération menée en mer par les activistes d’extrême droite. "Hope not Hate craint désormais que des armes aient également été transbordées" La raison ? Le C-Star et son équipage de bord ont été loués aux identitaires par un certain Sven Tomas Egerstrom, entrepreneur suédois aux manettes d’une société de sécurité maritime privée. Cette entreprise Sea Marshals Risk Management Ltd, possède deux navires, dont le C-Star qui effectuent habituellement des prestations de sécurité le long des côtes est-africaines, dans des zones maritimes confrontés à la piraterie. "Durant les cinq dernières années, Sea Marshals Risk Management Ltd a fourni des personnels de sécurité armés dans les zones à haut risque" peut-on lire en page d'accueil du site de la société. "Nous avions l'habitude de ne recruter que des ex-militaires britanniques, mais le marché a été inondé et nous employons maintenant des hommes d'autres pays comme l'Inde, l'Ukraine et la Serbie", relatait en mai dernier, le directeur de la société au site d’information gallois, Wales online, expliquant que ces vigiles des mers étaient équipés d’armes semi-automatiques.

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"Le fait que Sven Egerstrom ait des intérêts au sein d’une compagnie de sécurité maritime privée et qu’il admette avoir fourni un équipage pour l’opération Defend Europe, le fait que Defend Europe communique sur son équipage ukrainien, combiné à un mystérieux rendez-vous avec un bateau transportant des gardes armés, pose sérieusement question", commente l’organisation antiraciste. Le bateau "anti-réfugiés" avait été bloqué une première fois pour inspection le 20 juillet au port de Suez par les autorités égyptiennes. Ce mercredi, selon le Telegraph et Cyprus Post, le navire de Defend Europe avait changé d’équipage à Chypre et se préparait à reprendre la mer. Alertée par des associations, dont Hope not Hate, la juridiction turque de la moitié nord de l’île de Chypre a ouvert une enquête et fait évacuer le bateau, sans préciser si des membres de l'équipage étaient armés. "L’éventualité que le navire puisse reprendre la mer dans la foulée avec un nouvel équipage est encore incertaine", explique le Telegraph. Ce mercredi, les membres de Defend Europe se sont, quant à eux, dits déterminés à poursuivre leur opération : "Nous suivrons les règles, attendons le résultat des enquêtes et prendrons tout le temps nécessaire pour commencer correctement notre mission."

L'occasion de relire notre article : "Crowdfunding anti-réfugiés : Paypal sommé de réagir"

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16h08 vu

Hanouna / canular : C8 condamnée à une amende de 3 millions

Par
la rédaction le 26/07/2017

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel condamne C8 à une amende de 3 millions d'euros pour son canular homophobe diffusé dans l'émission Touche pas à mon poste le 18 mai dernier. Il s'agit de la troisième sanction en moins de deux mois contre l'émission de Cyril Hanouna.

Nouvelle sanction pour C8. La chaîne du groupe Canal s'est vue condamnée à verser une amende de 3 millions d'euros suite à une décision du CSA, édictée ce mercredi 26 juillet. Dans son rapport, le CSA justifie cette sanction en rappelant avoir "privilégié le dialogue et multiplé les avertissements sans manifestement être entendu". Il insiste sur la gravité des faits survenus dans l'émission Touche pas à mon poste le 18 mai dernier : "C8 ayant méconnu le principe de respect de la vie privée, ainsi que son obligation de lutter contre les discriminations".

Au cours de son émission, le présentateur "machine à cash" de C8, à l'origine de 50% des recettes publicitaires de la chaîne, avait mis en place un canular téléphonique dans lequel il se faisait passer pour un homme homosexuel, après avoir posté une fausse annonce sur les réseaux sociaux, finissant par ridiculiser ses interlocuteurs. La séquence - visionnée des millions de fois sur internet - avait rapidement soulevé une forte indignation et provoqué le boycott de certains annonceurs (nous vous le racontions ici).

C'est un nouveau camouflet pour la chaîne du groupe dirigée par Vincent Bolloré. En effet, le CSA a déjà sanctionné l'émission Touche pas à mon poste à deux reprises au cours des derniers mois. Suite à deux séquences polémiques visant des chroniqueurs de l'émission, la chaîne avait été contrainte de suspendre toutes ses pages publicitaires pendant 3 semaines, durant toute la durée du programme, mais aussi 15 minutes avant et après l'émission. La première séquence concernait une caméra cachée dans laquelle Mathieu Delormeau était accusé d'un meutre simulé. Un canular morbide qui, pour le CSA, plaçait le chroniqueur dans "une situation de vulnérabilité et d'humiliation". La deuxième séquence, selon le CSA, relevait d'un manquement à la responsabilité de l'acteur audiovisuel de lutter contre "les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes." Elle impliquait directement Cyril Hanouna puisque le présentateur avait, lors d'un jeu, amené à son insu la chroniqueuse Capucine Anav à toucher son entrejambe. Selon Vincent Bolloré, cette sanction aurait coûté pas moins de 13 millions d'euros à C8 - 13 millions qu'il réclame au CSA, selon les informations du Canard Enchainé.

A cette addition déjà salée s'ajoutent maintenant les 3 millions de l'amende décidée par le CSA. Après avoir déjà contesté les deux premières sanctions, C8 a d'ores et déjà annoncé vouloir déposer un recours contre cette dernière sanction, dans un communiqué. C'est, pour la chaîne, une sanction à nouveau "disproportionnée" et coupable d'un "traitement inéquitable et discriminatoire" - accusations qu'avait déjà développées Hanouna, directement dans son émission TPMP. Quant aux 3 millions d'euros, ils seront reversés au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

(par Emilien Diaz)

L'occasion de revoir notre émission : "Hanouna, un système à produire des séquences homophobes"

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18h11 @rrêt sur images

Sarkozy au Fouquet's : "On voit ce qu'on veut bien nous montrer" (Ridet)

Par
la rédaction le 22/07/2017

Circulez, y a rien à voir ? Au soir du second tour, en 2007, le cortège du nouveau président Sarkozy file sur les Champs Elysées, pour rejoindre la place de la Concorde, où l'attendent ses partisans, et... s'arrête avant, au Fouquet's. Pour "savourer" sa victoire, raconte à l'époque le journaliste de France 2. Surtout pour convaincre sa femme de l'accompagner à la Concorde, détaille dix ans plus tard sur le plateau de notre première émission d'été, le journaliste du Monde, Philippe Ridet. "C'est ce qui fait tout le charme et la limite du poste de rubricard « embedded », c'est qu'on ne voit que ce qu'on veut bien nous montrer."

 Pour voir l'intégralité de notre première émission d'été : "Sarkozy, on ne le croit jamais sincère", c'est ici

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15h33 suivi

Dieudonné /fraude fiscale : fuites dans Le Parisien

Par
la rédaction le 22/07/2017

Dieudonné devant le juge. L'enquête portant sur les pratiques fiscales douteuses de l'humoriste controversé Dieudonné, mis en examen pour "fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, abus de bien sociaux et organisation frauduleuse d'insolvabilité" vient d'être bouclée, le 27 juin dernier par le juge Renaud Van Ruymbeke. Le Parisien a mis la main sur des déclarations de Dieudonné au juge, dans lequel il tente de se justifier sur ces irrégularités, évoquant "une période très difficile, tant médiatique que financière."

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L'envers du business de l'"humoriste" Dieudonné? Le Parisien, dans un article publié ce jeudi, révèle plusieurs éléments du dossier, et les justifications difficiles de l'artiste, dans l'enquête dujuge Renaud Van Ryumbeke, bouclée, le 27 juin dernier, sur les pratiques fiscales de l'humoriste Dieudonné. Dieudonné et sa compagne Noémie Montagne, mis en examen en juillet 2014, sont soupçonnés d'avoir détourné une partie des recettes non comptabilisées des spectacles à leur profit, et d'avoir cherché à échapper au paiement de l'impôt sur la fortune.

Les enquêteurs se sont interrogés sur près de 400 000 euros envoyés au Cameroun depuis 2009, pays où Dieudonné conserve des liens familiaux, alors même qu'il a, durant plusieurs années, refusé de s'acquitter d'amendes s'élevant au total à près de 65 000 euros. Ce refus a motivé l'enquête préliminaire sur son patrimoine. Ils se sont aussi penchés sur le rachat, par la société de production gérée par la compagne de l’artiste, Noémie Montagne, d'une propriété de Dieudonné mise aux enchères publiques forcées en raison d’une dette fiscale de près de 900 000 euros, pour un montant de 550 000 euros. Et ce, alors même qu'environ la même somme, toujours selon Le Parisien, auraient été levée par Dieudonné après un appel aux dons.

Enfin, fin janvier 2014, les enquêteurs ont découvert 650 000 euros en liquide au domicile du couple en Eure-et-Loir. Selon son avocat, l'argent proviendrait de la billetterie de son spectacle. Mais ces montants en espèces surprennent le juge Van Ruymbeke, étant "hors de proportion" avec les recettes en espèces déclarées par le couple sur les mois précédents, "compris entre 1.500 et 2.800 euros en liquide". Autrement dit, alors que la part d'argent liquide dans les recettes des spectacles était basse, elle a brusquement grimpé à plus de 100 000 euros par mois, fin 2013. Pour Dieudonné, l'explication réside dans la frénésie des spectateurs souhaitant assister à son spectacle, selon des propos rapportés par Le Parisien : "Les rares privilégiés qui pouvaient accéder au spectacle devaient être rapides et volontaires. Si j'avais été à leur place, j'aurais tiré de l'argent au distributeur qui se trouve à côté du théâtre et payé en espèces pour rentrer plus rapidement. C'est certainement ce qu'ils ont fait." Il aurait choisi d'entreposer ces espèces chez lui, dans un coffre fort plutôt qu'à la banque, pour cause de méfiance à l'égard des banques.

Des comptes en Suisse, Belgique et Singapour liés à Dieudonné

Mais les enquêteurs ont aussi découvert plusieurs comptes à l'étranger liés à Dieudonné. Un compte en Suisse, appartenant à son producteur helvéte, aurait servi à acheter, pour un montant de 26.625 euros, une "pénichette", pour "anticiper la perte du théatre de la Main d'or" et qui n'aurait jamais servi, selon Dieudonné. Sauf que le producteur, interrogé par les enquêteurs, a indiqué qu'il reversait une partie des recettes des spectacles en Suisse à la société des Productions de la plume, gérée par Noémie Montagne. Mais que depuis 2013, il devait verser l'argent à Merlin, l'un des fils de Dieudonné, sur un compte ouvert dans une banque à Singapour. Il a refusé d'en livrer les coordonnées à la police.

Un autre compte, celui-là domicilié en Belgique et depuis clôturé, aurait été utilisé pour financer partiellement l'achat d'une maison. L'argent ayant été viré, juste avant la transaction immobilière, depuis un compte ouvert au Luxembourg, sous le pseudonyme de "Merlin". Dieudonné affirme que cet argent viendrait d'un "don" de son père. "J'ai reçu deux dons de mon père, l'un en 2002, l'autre en 2009/2010". Seul le second a été déclaré à l'administration fiscale française. Selon Dieudonné, sa soeur, présente au moment du don, lui aurait assuré qu'il avait été déclaré au Cameroun. Ni la soeur ni le père de Dieudonné n'ont pu confirmer, termine Le Parisien : ils sont tous deux décédés.

L'occasion de lire notre enquête : "Soral contre Dieudonné, la guerre du quenelle-business"

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19h46 vu

Juge Lambert / "bombe atomique" : BFMTV coupe l'interview de son avocat

Par
la rédaction le 20/07/2017

BFMTV coupe son interview de l'avocat de la famille Lambert. Interrogé après les obsèques du premier juge de l'affaire Grégory, Me Jean-Marc Le Nestour évoque "un dernier rebondissement" expliquant ce suicide. Faisait-il référence à la publication des carnets du juge Simon par la chaîne d'information ? On peut le supposer, au vu d'une autre interview donnée à France 3 le même jour.

La séquence est coupée net. Après les obsèques de Jean-Michel Lambert, l'avocat de sa famille, Me Le Nestour répond à BFMTV ce jeudi 20 juillet. Une semaine après le suicide du juge, l'avocat revient sur les derniers jours du magistrat. Ce dernier se trouvait de nouveau sous le feu des critiques depuis la relance de l'affaire Grégory.  "Je crois qu'il s'est véritablement sacrifié pour montrer l'idée la plus haute, la plus digne qu'il pouvait avoir de la justice, explique l'avocat. C'est un geste ultime pour montrer les errements qui ont pu intervenir, la façon dont il a été traité par plusieurs intervenants, et aussi par les médias. Et puis, il y a aussi ce dernier rebondissement ..." Quel rebondissement ? Impossible de le savoir, BFM a coupé net l'interview.

On peut supposer que l'avocat était sur le point d'évoquer la révélation par BFMTV des cahiers du juge Simon, publiés le jour même du suicide de Jean-Michel Lambert et alors présentés comme une véritable "bombe atomique" par le journaliste de la chaîne d'info en continu, Dominique Rizet. Un "dernier rebondissement" cité plus explicitement lorsque l'avocat répond à ... France 3 : "Je pense que ce qui a été déterminant pour lui, le coup de grâce, c'est certainement d'avoir eu connaissance des carnets, dits secrets, du juge Simon mardi très tôt dans la matinée. Lundi, il n'avait absolument pas prévu quoi que ce soit". Des précisions dérangeantes pour BFMTV ? 


 

L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann : "Lambert : la seule question que BFM n'a pas posée"

(par Emilien Diaz)

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18h14 suivi

Abattage de 40 loups en France : "Challenges" vote pour

Par
la rédaction le 20/07/2017

La décision a fini par tomber, après de longues tractations. Le gouvernement a autorisé ce jeudi 20 juillet l'abattage de 40 loups en France sur la période du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018, un chiffre égal au nombre de loups abattus sur la période 2016-2017. La décision a été annoncée en commun par le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot et par le ministre de l'agriculture et l'alimentation Stéphane Travert, après un arbitrage de l’Élysée. C'est ce que rapporte notamment Le Monde, qui note que "le plafond ne satisfait personne". Les anti-loups parce qu'il est considéré comme trop faible par rapport au nombre de loups en France (360 à la sortie de l'hiver 2016-2017 d'après les données de l'Office national de la chasse et la faune sauvage). Les défenseurs des loups, au contraire, parce que l'abattage ne leur semble pas être la solution.


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Challenges, 20 juillet 2017

Après ce "bras de fer" engagé entre Hulot et Travert, et gagné par ce dernier, le site de l'hebdomadaire Challenges semble se féliciter d'une décision en forme de victoire pour les éleveurs. Car "les mesures de protections conseillées aux bergers (chiens de garde, surveillance humaine, enclos électrifiés) sont de moins en moins efficaces", assure le site, expliquant que les loups se sont enhardis dans leurs attaques, tuent désormais à plus basse altitude, et s'en prennent à des bovins et des équidés en plus des brebis.

L'abattage des loups, la solution "réaliste" au problème ? Pas si simple, semble-t-il. Le Monde, qui relaie les revendications des anti-loups, "désespérés" par l'augmentation du nombre de prédateurs canins ces dernières années, rapporte également, contrairement à Challenges, le scepticisme des ONG de défense du loup. Le quotidien cite ainsi une "expertise collective biologique sur le devenir du loup dans l'Hexagone", réalisée par le Museum national d'histoire naturelle et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) sur laquelle s'appuient ces ONG. Une expertise au terme de laquelle "les scientifiques ne pouvaient conclure à l'efficacité [des abattages légaux] en termes de baisse des dégâts aux troupeaux, relate Le Monde. Pis, ils s’interrogeaient sur des effets contre-productifs : la mort d'un des membres de la meute peut améliorer la survie de ses congénères ou favoriser la conquête de nouveaux espaces". D'après Le Monde, les deux ministères vont lancer une étude pour mesurer "l'efficacité des tirs sur la prédation de l'animal".

Dans sa dernière chronique sur notre site, Fabrice Nicolino partage lui aussi l'inquiétude des défenseurs du loup, alors que José Bové a appelé à l'abattage de ces prédateurs. "Il [Bové, ndlr] parle du loup comme le danger vraiment maximal pour le pastoralisme en montagne. Mais il oublie la raison principale qui explique la crise fondamentale de l'élevage ovin en montagne: c'est la mondialisation capitaliste", tacle Nicolino.

L'occasion de (re)voir la chronique de Nicolino: "José, touche pas au loup!"

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16h44 grrr !

Garrido : excuses de LCI après citation tronquée

Par
la rédaction le 20/07/2017

C'est un gros couac pour La Médiasphère de LCI. L'émission de Christophe Moulin a dû s'excuser sur Twitter après avoir notamment diffusé une citation tronquée de la porte-parole de la France Insoumise Raquel Garrido, critiquée depuis l'annonce de son recrutement comme chroniqueuse sur C8 à la rentrée.

La citation en question a été diffusée mardi 18 juillet dans l'émission médias de la chaîne d'info continue. Le présentateur revient sur le recrutement de Garrido dans l'émission de Thierry Ardisson, et diffuse un extrait de LCP censé montrer que Garrido s'est contredite elle-même en acceptant ce poste. Dans cet extrait, on entend Garrido déclarer : "Les gens allument leur télévision, et qu'est-ce qu'ils voient ? Ils voient des gens en cravates, qui gagnent 6 000 euros, 5 000 euros, 7 000 euros, 8 000 euros, je sais pas combien vous gagnez messieurs. Mais vous avez quand même le front de venir dans toutes les émissions télé". Une phrase retransmise sans contexte, peu claire, mais qui pourrait donner l'impression que la porte-parole de la France Insoumise s'en prenait aux invités télé récurrent. Une catégorie dans laquelle elle va désormais tomber, selon le présentateur de LCI et ses invités.

Sur le plateau, la journaliste Laetitia Krupa qualifie la décision de la porte-parole de "retournement de veste de cette semaine, peut-être même du mois, peut-être même de l'année". Et Krupa d'ajouter : "Parce que cette même Raquel Garrido avait écrit sur son blog un billet incendiaire contre Bolloré. Elle a ensuite accepté ce poste, à combien, on ne sait pas [...] Et ensuite le billet qu'elle avait écrit a miraculeusement disparu de son blog".

Sauf que... La Médiasphère est allée un peu vite. Le Huffington Post a retrouvé l'extrait vidéo diffusé par l'émission : il s'agit, explique le site, d'une émission de LCP diffusée le 16 octobre 2015. Garrido y était invitée pour discuter du conflit social à Air France, après des échauffourées entres salariés et direction au cours desquelles un cadre d'Air France s'était fait arracher sa chemise. La vidéo de l'émission, disponible notamment sur le compte Dailymotion du Parti de Gauche, montre que La Médiasphère a coupé Garrido en plein milieu d'une phrase et ainsi modifié son sens. Sur le plateau, Garrido s'en prend en effet à deux de ses interlocuteurs, le député LR de Haute-Saône de l'époque Alain Chrétien et le vice-président du Medef Thibault Lanxade. La phrase tronquée de Garrido est en réalité celle-ci : "Vous avez quand même le front de venir dans toutes les émissions télés dire aux gens qu'il faut qu'ils acceptent plus de flexibilité et de gagner encore moins qu'ils gagnent aujourd'hui." Une attaque dirigée contre les propos des deux hommes, qui défendaient quelques secondes auparavant la nécessité d'évoquer flexibilité et compétitivité dans les négociations salariales, et non contre leur omniprésence médiatique.

Quant au billet de blog anti-Bolloré que Garrido aurait écrit et qui aurait "miraculeusement disparu", il s'avère que le blog en question n'est pas le sien, mais celui de son mari, le député France Insoumise Alexis Corbière. Le billet date d'octobre 2013 et dénonce le soutien de Vincent Bolloré à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Et d'après Closer, si l'article a bien été "temporairement inaccessible" dimanche 16 juillet, il était de nouveau disponible sur le site lundi 17 juillet – soit la veille de l'émission Médiasphère du 18 juillet. De son côté, Corbière a dénoncé auprès du site people une "fake news" : "Je n'ai jamais supprimé un seul de mes articles en dix ans d'existence de mon blog", assure-t-il.

Face à ces deux erreurs, l'émission et la journaliste Krupa ont fini par présenter leurs excuses sur Twitter ce mercredi 19 juillet. La Médiasphère s'est excusée d'avoir attribué par erreur la tribune de Corbière à Garrido et pour la vidéo "qui pouvait porter à confusion sur la véritable teneur et sens de [ses] propos". Sans pour autant préciser quelle était cette "véritable teneur". L'extrait est toujours visible dans le replay de l'émission, sans erratum.

Mediasphere excuses garrido

L'occasion de (re)lire nos articles :"Raquel Garrido, Insoumise... et chroniqueuse pour C8", et "LCI supprime le replay d'une émission critique envers Macron et Le Pen"

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14h16 lu

Hanouna contre Barthès : "L'ouverture contre l'élite" (Hanouna / Le Monde)

Par
Robin Andraca le 19/07/2017

Qui est vraiment Cyril Hanouna ? Les deux investigateurs-vedette du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, se sont penchés sur cette grave question, dans le cadre de leur série d'été sur différentes "Têtes brûlées". L'animateur revient son canular téléphonique homophobe et la concurrence qui l'oppose à Quotidien.

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Le Monde, 19 juillet 2017

"Hanouna n'est pas un penseur". La sentence tombe au bout de cinq paragraphes du portrait. "Il écoute assez peu France Culture, il est ce qu’il est, sans fard. Un garçon attachant, sans une once de cynisme. Et totalement immature", complètent Fabrice Lhomme et Gérard Davet, les deux investigateurs du Monde, reçus sur notre plateau après la sortie de leur livre sur François Hollande, Un président ne devrait pas dire ça.

Il semblerait pourtant qu'Hanouna pense un peu. Sur son canular homophobe par exemple, il estime que le CSA a été influencé par les autres chaînes. "C’est un business, je suis pote avec les Tavernost [patron de M6] et Cie, mais, derrière, ils appellent le CSA, et ils disent : « Hanouna, quand même, faudrait le sanctionner.» Parce qu’ils se disent que la pub qui n’est pas chez eux, elle est ailleurs", confie-t-il au Monde, sans développer. Avant de répéter des excuses déjà faites au moment de la polémique, qui avait poussé le CSA à priver l'émission de pub pendant 3 semaines. "J’ai fait une mauvaise blague, une connerie, pas un truc grave. Je ne vais jamais loin pour être méchant, pour blesser quelqu’un. C’est un truc de vestiaires de sport, je suis juste un vanneur. Et ce n’est que de la télévision".

Quelques paragraphes plus loin, alors que les deux journalistes le poussent sur le terrain des audiences, et de la guerre entre son émission, Touche pas à mon poste, et Quotidien, il a pourtant cette formule.: "Ils ont tous le même look, ce sont les premiers de la classe contre les cancres. Nous, on est l’émission de l’ouverture, eux de l’élite. Mine de rien, on illustre les différences existant dans la société". Seulement de la télévision, vraiment ?

L'occasion de revoir notre émission sur Hanouna : "Un système à produire des séquences homophobes"

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19h10 lu

Un journal allemand critiqué pour une publicité pro-Erdogan

Par
Juliette Gramaglia le 17/07/2017

Une pleine page de publicité à la gloire d'Erdogan. Un an après le putsch manqué en Turquie, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung s'est attiré une vague de critiques samedi 15 juillet en publiant dans son édition papier une publicité visiblement en faveur du régime turc. Basé à Munich, le quotidien, qui a déjà publié plusieurs articles à l'occasion de l'anniversaire du putsch manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet 2016, est accusé de jouer double jeu.

Double jeu ou malheureux faux pas ? Le quotidien allemand basé à Munich Süddeutsche Zeitung (SZ) s'est fait critiquer samedi 15 juillet pour avoir publié dans son édition papier une publicité visiblement favorable au régime turc. Il s'agit d'une pleine page de pub au nom de l'Union des chambres et des bourses de Turquie, une organisation regroupant les chambres de commerce, d'industrie et les bourses turques. Et ce dans un numéro dont plusieurs articles fouillés étaient consacrés à la situation tendue en Turquie, un an après le coup d’État manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan, dont un article appellant à voyager en Turquie pour ne pas pénaliser la population pour les actions d'Erdogan.

Pub SZ Turquie

Publicité parue dans le quotidien Süddeutsche Zeitung le 15 juillet 2017

La publicité, parue donc un an jour pour jour après la tentative de putsch, est signée par plusieurs organisations turques dont la Fondation du 15 juillet, composée d'opposants au putsch qui soutiennent le président, selon la SZ elle-même. Elle fait l'éloge de la "victoire de la démocratie sur le terrorisme". Le texte célèbre "le jour de la démocratie et de l'unité nationale de la Turquie" dans des termes clairement favorables au président. Ainsi, le mouvement Gülen, accusé par le pouvoir d'être derrière la tentative de coup d’État est qualifié d' "organisation terroriste criminelle connue" qui a "infiltré toutes les structures étatiques ces dernières décennies". Des multiples purges opérées dans les administrations et dans les médias depuis ce coup d’État avorté, il n'est pas fait mention.

Les medias concurrents ont sévèrement jugé l'opération. Sur Twitter, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Der Spiegel, Klaus Brinkbäumer, et la rédactrice en chef papier du tabloïd Bild (qui s'est fait remarquer récemment en se transformant en avis de recherche contre les manifestants du G20 de Hambourg), Tanit Koch ont fait savoir que leurs journaux respectifs avaient refusé de publier cette publicité. "Jusqu'où peuvent aller les publicités politiques? Celle-là allait trop loin pour Der Spiegel", a commenté Brinkbäumer, approuvé par un "pas que pour vous" de Koch.

Tweet Spiegel/Bild

Capture d'écran Twitter de Tanit Koch répondant à Klaus Brinkbäumer, 15 juillet 2017

"Nous publions toutes les publicités tant qu'elles ne transgressent pas la loi"

Cette page de pub a été d'autant plus remarquée que la SZ a largement critiqué ces derniers mois la politique du gouvernement truc, notamment les nombreuses arrestations de journalistes (que nous avons nous-mêmes évoquées plusieurs fois). Le quotidien basé à Munich, dont un des journalistes dénonce dans l'édition du 15 juillet la "descente tout schuss vers la dictature" d'Erdogan, avait également signé et publié le 28 février dernier un appel à la libération du journaliste germano-turc Deniz Yücel, emprisonné depuis maintenant presque quatre mois.

La dichotomie entre contenu publicitaire et contenu rédactionnel est en tout cas assumée par le directeur général des éditions Süddeutscher Verlag (qui publie le quotidien SZ), Stefan Hilscher. Auprès du site du magazine Horizont, spécialisé dans le marketing et la pub, il a déclaré dimanche 16 juillet : "Nous publions toutes les publicités tant que l'expéditeur ou le contenu ne transgressent ni l'esprit de la Constitution ni un autre droit ou une autre loi". Il défend le choix de publier cette publicité : "Vous voulez savoir ce que la maison d'édition pense du contenu, et si elle le considère comme ne posant aucune difficulté. Cela n'a pas été déterminant dans la décision de publier ou non cette publicité", conclut-il.

Pour rappel, les relations entre l'Allemagne et la Turquie ont connu un regain de tension ces derniers mois. A l'arrestation de Yücel s'est ajoutée l'interdiction en Allemagne de plusieurs meetings tenus par des ministres turcs en faveur du référendum présidentiel d'avril dernier. Plus récemment, plusieurs médias ont soupçonné la Turquie d'avoir fait pression sur le gouvernement allemand pour interdire l'accès au G20 de Hambourg à des journalistes arrêtés par les forces de l'ordre turques - des soupçons que le gouvernement allemand a cependant plusieurs fois fermement démentis.

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16h07 @rrêt sur images

Les Grandes Gueules sur RMC ? Oui, il faut y aller (Danièle Obono)

Par
la rédaction le 17/07/2017

Fallait-il se rendre aux Grandes gueules sur RMC ? Lors de son passage dans l’émission radio du 21 juin dernier, après lui avoir rappelé qu’elle avait signé, en 2012, une pétition pour défendre une chanson de rap dans laquelle on entendait "Nique la France", Danièle Obono, fraîchement élu députée de la France insoumise, a été sommée par les animateurs de dire "Vive la France". Invitée sur notre plateau cette semaine, Obono a bien compris qu’en tant que "femme", "noire", "internationaliste" et "non-patriotard", elle était une "cible facile". Pour autant, assure-t-elle, quand bien même ces émissions sont écoutées aussi par des racistes et des sexistes, il est important de s’y rendre, ne serait-ce que pour faire entendre une autre voix dans "ce brouhaha".

Pour voir l’intégralité de notre émission avec Danièle Obono, c’est ici >>

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17h27 à l'étranger

Mort de Liu Xiaobo : le champ, et le contrechamp

Par
Anne-Sophie Jacques le 16/07/2017

"Inhumain, une insulte, une honte, dégoûtant" : tels sont les mots, sur Twitter, de l’artiste chinois Ai Weiwei pour décrire les conditions d’incinération du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort le 13 juillet des suites d’un cancer du foie, et incinéré deux jours plus tard de façon très précipitée. L’écrivain dissident fut emprisonné en 2008 puis formellement condamné en 2009 à une peine de prison de onze ans pour subversion. Il s’était en effet opposé au parti communiste chinois, critiquant dans un manifeste – dit "charte 8" – le régime autoritaire. En 2010, Liu Xiaobo avait reçu le prix Nobel de la Paix.

Une incinération "kafkaïenne" selon Le Monde qui retrace, tout comme The Guardian, les heures ayant suivi la mort de Liu Xiaobo, dont les cendres ont été dispersées en pleine mer. A en croire le quotidien français, le frère du défunt Liu Xiaoguang a prononcé, lors d’une "étrange" conférence de presse, un discours d’une vingtaine de minutes tout à la gloire du parti communiste chinois. Il a également justifié le choix de ne pas enterrer le corps de son frère qui aurait, selon ses termes cités par Le Monde, "[occupé] du terrain". "On ne peut pas dire que ce soit mauvais, mais ça ne se conforme pas bien aux concepts environnementaux du XXIe siècle" a-t-il déclaré.

Des déclarations aussitôt dénoncées par les amis du militant, dont Ai Weiwei cité plus haut, qui, d’après The Guardian, soupçonne les autorités chinoises d’éviter la création d’un lieu commémoratif physique pour rendre hommage à l’écrivain. Toujours selon le quotidien britannique, "des amis et des militants ont déclaré qu'ils pensaient que Liu Xiaoguang avait été forcé à s'adresser aux médias contre sa volonté".

Si les médias n'ont pas été autorisés à couvrir la dispersion des cendres en mer et, un peu plus tôt, la cérémonie d’incinération, le gouvernement chinois a néanmoins diffusé des vidéos ainsi que des photos officielles. L’une d’elles, publiée par Le Monde, montre Liu Xia, l’épouse de Liu Xiaobo, devant un cercueil entouré de chrysanthèmes blancs, contenant le corps du militant.


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Or, poursuit le quotidien, une autre photo, prise en contre-champ, "montre un groupe de personnes dont les militants des droits pensent qu’ils n’appartiennent pas à l’entourage du couple et sont plutôt des agents de la sécurité d’Etat". Cette photo, que Le Monde ne publie pas, a été relayée par l’auteur et activiste Mo Zhixu sur son compte Twitter. La voici :


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Mo Zhixu est formel : les hommes présents ne sont pas des amis du militant ou de son épouse. Ce dernier, ainsi que de nombreux militants, sont inquiets du sort de Liu Xia, dont ils sont sans nouvelles depuis trois jours. La poètesse est placée en résidence surveillée depuis 2010 dans son appartement de Pékin, rappelle le site de TV5 Monde qui précise que "vendredi, le comité Nobel norvégien s'est dit «profondément inquiet» pour Liu Xia, appelant Pékin à la laisser quitter le pays. Une demande appuyée par l'Union européenne et Washington". De son côté, le responsable de la municipalité de Shenyang, où était hospitalisé Liu Xiaobo, a assuré que, d'après ce qu'il sait, "Madame Liu Xia est libre".

Le militant, et son épouse, ont pourtant parfois manqué de soutiens. Dans un article publié hier sur le site de L’Obs, le journaliste Pierre Haski, spécialiste de la Chine, revient sur la façon dont François Hollande, en visite officielle un an après son élection, avait renoncé à prononcer devant ses interlocuteurs chinois le nom du Nobel de la Paix emprisonné. De manière plus globale, écrit Haski, aucun dirigeant occidental, ni même l’ancien président des Etats-Unis Barack Obama, ne s’est "mouillé" pour soutenir le militant… hormis l’Allemagne qui, à l’annonce de sa maladie, est "montée au créneau pour demander, en vain, que le dissident puisse se faire soigner à l’étranger". Le jour de la mort de Liu Xiaobo, Emmanuel Macron a rendu hommage sur twitter au dissident qu'il qualifie de "grand combattant de la liberté". Interrogés sur la Chine le 13 juillet, lors d'une conférence de presse conjointe à Paris, ni Macron, ni le président américain Donald Trump n'ont eu un mot pour le dissident, dont on venait pourtant d'apprendre le décès.

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16h31 lu

Zemmour / "non discrimination" : RTL mise en demeure par le CSA

Par
la rédaction le 14/07/2017

Nouvel avertissement pour RTL. Déjà mise en garde en décembre 2016, la station de radio a reçu jeudi 13 juillet une mise en demeure du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) pour "éloge de la discrimination". En cause ? Des propos tenus à l'antenne par le polémiste Eric Zemmour lors de la matinale d'Yves Calvi du 2 février 2017.

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Le CSA a confirmé ce jeudi 13 juillet la mise en demeure infligée à RTL pour "éloge de la discrimination" sans aucune "contradiction ni mise en perspective". Pour comprendre cet avertissement, il faut remonter au 2 février dernier. Au cours de la matinale animée par Yves Calvi, l'ancien chroniqueur de l'émission On n'est pas couché, et chroniqueur régulier pour RTL Eric Zemmour avait alors tenu des propos concernant la nomination d'un juge républicain à la Cour suprême des États-Unis.

"Les juges se sont substitués au législateur alors qu'ils ne sont pas élus, avait affirmé Zemmour ce jour-là. Ils ont imposé leur idéologie progressiste au peuple américain. Ce putsch judiciaire a un nom qui s'appelle : 'non-discrimination'. La non-discrimination est présentée abusivement comme un synonyme de l'égalité alors qu'elle est devenue au fil du temps une machine à désintégrer la nation, la famille, la société au nom des droits d'un individu roi". Habitué des sorties de ce genre, le polémiste n'avait pas rencontré d'opposition à ses propos à l'antenne. Face à ce manque de réaction, cinq mois après les faits, le CSA dénonce donc un "manquement aux obligations" stipulées dans la convention signée avec RTL.

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Cet avertissement fait suite à une première mise en garde du CSA délivrée en décembre 2016, qui concernait déjà Zemmour. Invité pour faire la promotion de son livre "Un quinquennat pour rien" - qui compile ses chroniques à RTL - le polémiste avait tenu des propos islamophobes et racistes sur plusieurs plateaux. Comme nous vous le racontions, le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait jugé la maîtrise de l'antenne "insuffisamment assurée au regard de la gravité des propos tenus" avant de mettre en garde France 5 et RTL. La mise en demeure infligée jeudi 13 juillet se situe un cran au dessus de la mise en garde dans la hiérarchie des décisions du CSA. En cas de récidive, le gendarme des médias pourra décider d'éventuelles sanctions.

La station de radio a d'ores et déjà indiqué, par l'intermédiaire de son porte-parole, qu'elle allait déposer un recours, et qu'elle ne partageait pas l'analyse présentée par Zemmour dans sa chronique du 2 février.

(par Emilien Diaz)

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17h13 vu

Iceberg : visualiser le changement climatique (Le Monde)

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la rédaction le 12/07/2017

Un bloc de glace "géant" qui se sépare du pôle… oui, mais "géant" comment ? Pas facile de rendre compte concrètement des conséquences du changement climatique. Alors qu’un iceberg de 5 800 km2 vient de se détacher de la barrière de glace de Larsen, dans l’Antarctique ouest, ce mercredi les Décodeurs du Monde ont eu une idée originale. Le site du quotidien propose de comparer la taille de cet iceberg avec la superficie du département français de son choix. Voilà qui permet par exemple de réaliser que cet iceberg est cinquante fois plus grand que Paris, il est d’une superficie quasi-équivalente à celle du département de l’Ain (5 762 km2) ou encore à celui des Hautes Alpes (5 549 km2).

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De quoi prendre la mesure de la fonte des barrières de glace, aujourd’hui menacée de disparition. Un boulversement qui n’est pas sans conséquences, comme le rappellent les Décodeurs  : "Ces glaces flottantes, dont l’épaisseur peut atteindre plusieurs centaines de mètres, jouent un rôle crucial dans la stabilité des glaciers continentaux. Leur masse permet de retenir la glace posée sur le continent qui, sans elles, glisserait naturellement vers l’océan, où elle fondrait". Or, à terme, la fonte de ces milliers de kilomètres cubes de glace pourrait bien entraîner une augmentation du niveau des océans.

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17h11 suivi

SFR/TVA : la presse indépendante en ligne dénonce un "hold-up fiscal"

Par
Robin Andraca le 12/07/2017

Attention, dévalorisation de la presse ! Dans un communiqué publié ce 12 juillet, le Syndicat de la Presse Indépendante d'Information en ligne (Spiil) critique l'utilisation du taux de TVA réduit pour la presse en ligne par des acteurs économiques (SFR, Bouygues Telecom ou Canal+), dont la presse n'est pas le cœur de métier.

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La presse, outil d’optimisation fiscale ? Depuis l'an dernier, et le lancement de "SFR Presse", la question se pose. En mai 2016, SFR lancait son "pack presse" à 19,99€ par mois, qui permettait à la plupart des clients SFR de bénéficier gratuitement et automatiquement d'abonnements numériques illimités pour accéder à tous les médias du groupe de Patrick Drahi (Libération, L'Express, L'Etudiant, etc). Un "pack press" qui permettait aussi (et surtout ?) à SFR de payer moins de TVA, grâce au taux réduit de 2,1% dont bénéficie la presse (@si vous expliquait toute l'affaire ici). Alors que Bouygues Telecom et Canal+ proposent désormais des offres similaires, en partenariat avec la plateforme LeKiosk, le Spiil dénonce une nouvelle tendance qui pourrait, à terme, faire beaucoup de mal à la presse.

Dans son communiqué, intitulé "Offres de presse intégrées aux box Internet : un hold-up fiscal", le Spiil (dont @si est membre fondateur) estime que l'utilisation de la TVA à 2,1% par des acteurs dont la presse n'est pas l'activité principale fait peser des risques majeurs sur ceux, justement, dont l'information est le cœur de métier. Le premier : un risque de délégitimation de la TVA pour la presse. "Ce taux réduit tire sa légitimité du rôle constitutionnellement reconnu de la presse pour permettre aux citoyens d'accéder à l'information nécessaire à la formation de leurs opinions. Le Spiil s'est battu pour qu'il bénéficie à la presse en ligne autant qu'à la presse imprimée. L’utilisation de cet avantage à des fins d'optimisation fiscale porte une atteinte grave à sa légitimité", estime le syndicat. Une atteinte aussi aux caisses de l’État aussi : le Spiil note que SFR Presse pourrait représenter un manque à gagner de 216 à 360 millions par an (en terme de recettes fiscales).

Cette utilisation détournée de la TVA pourrait aussi conduire à une dévalorisation de la presse auprès du public. "La gratuité apparente de ces offres envoie un message regrettable au marché : l’information de presse ne vaut rien", écrit le Spiil. Enfin, le syndicat pointe du doigt des distorsions de concurrences potentielles. "Il est ainsi impossible de savoir si le groupe Altice (SFR) favorise certains médias, soit qui lui appartiennent, soit qu’il juge leur participation indispensable au succès de l’offre", s'interroge le Spiil, qui attend désormais une réponse du gouvernement. "Le Spill appelle à une prise de position claire des pouvoirs publics, en particulier du ministère de la Culture et du ministère du Budget, pour encadrer strictement l’usage fait par les opérateurs de la réduction de TVA, a minima en exigeant que l’avantage fiscal soit applicable à due proportion, uniquement aux abonnés ayant fait une démarche active, et pour des offres qui puissent être résiliées simplement", conclut le communiqué.

L'occasion de relire notre article : "La presse, outil d'optimisation fiscale pour SFR et Drahi ?"

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15h52 vidéo

Macron et les médias : du candidat omniprésent au président taiseux

Par
Manuel Vicuña le 12/07/2017

"Le président ne fait pas de commentaire", c’est désormais la règle. Depuis qu’il a investi l’Elysée, Emmanuel Macron a pris le parti de maintenir les médias à distance. Une com’ cadenassée, des reporters et photographes tenus à l’écart, une parole présidentielle réduite au minimum et des journalistes priés d’éviter les sujets qui fâchent. Bienvenue dans l’ère de la présidence jupitérienne. Et pourtant, il est un temps pas si lointain où Macron, alors en campagne, suivi par une forêt de micros, ne rechignait pas à faire les yeux doux aux caméras de télévision, se plaisait à commenter les étapes du tour de France avec Gérard Holtz et jouait la carte de la proximité avec Cyrille Eldin et Cyril Hanouna. Mais ça c'était avant.

Montage Arrêt sur images

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17h27 lu

Kits de campagne : Marine Le Pen veut porter plainte contre l'AFP

Par
la rédaction le 11/07/2017

Vers une nouvelle bataille judiciaire? Marine Le Pen a annoncé dans un tweet, publié ce mardi 11 juillet, vouloir porter plainte contre l'AFP pour diffamation. Elle y qualifie l'agence d'"usine à ragots diffamatoires". L'objet de sa colère ? Une dépêche du jour, intitulée "Au FN, une refondation sous menace judiciaire". Au Lab d'Europe 1, la présidente du FN a précisé reprocher à l'AFP d'avoir "répercuté des ragots gravement diffamatoires" la "mettant en cause dans une affaire où la justice a écarté définitivement tout soupçon à son égard". Elle ajoute : "L'AFP "oublie" évidemment d'évoquer cette mise hors de cause."

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De quoi s'agit-il? L'AFP a enquêté sur le lourd climat à l'oeuvre au Front National, en phase de refondation, alors que deux affaires menacent plusieurs de ses cadres dirigeants : l'affaire des finances de campagne de 2012, et celle des assistants parlementaires européens. Si Le Pen a été mise en examen, fin juin, pour abus de confiance dans le cadre de l'enquête sur de possibles emplois fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés, elle a seulement été placée sous le statut de témoin assisté dans la première. Ce sont deux de ses proches, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, qui sont soupçonnés, grâce à un système de micro-parti (Jeanne) d'avoir gonflé et surfacturé aux candidats FN aux législatives certaines prestations - dont des kits de campagne -, ensuite remboursées par l'Etat pour les candidats ayant fait plus de 5% au premier tour.

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"Marine Le Pen a pu profiter de ce système"

Dans son enquête sur la situation actuelle du FN, l'AFP cite, en off, des frontistes pour qui la refondation du parti doit passer par la mise à l'écart de Chatillon et Loustau : "Pour un ancien conseiller, les écarter maintenant représenterait "un sacré risque" : sous couvert d'anonymat et sans avancer de preuves, plusieurs ex-collaborateurs FN interrogés par l'AFP pensent en effet que Marine Le Pen a pu "profiter" de ce système mis en cause par les juges. Mais celle-ci balaie un dossier "vide" et a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté." Selon le témoignage d'un autre frontiste cité par l'AFP, un "système comparable" aurait même été reconduit pour les campagnes de 2017.

L'annonce de cette plainte survient alors que l'AFP a été accusée, il y a quelques semaines, d'avoir voulu "enterrer" l'affaire Ferrand par la CGT. L'agence, par la voix de Michèle Léridon, directrice de l'information, a vivement nié avoir exercé toute forme de censure, et évoqué des précautions éditoriales ayant empêché de sortir l'affaire avant le Canard Enchainé : "le recoupement des sources, la vérification des faits sont absolument cruciaux pour nous. La fiabilité avant tout ! Les éléments dont nous disposions à ce moment-là ne répondaient aucunement à ce critère." Mais en filigrane, comme nous l'avons raconté, se pose la question de la place de l'investigation au sein de l'agence : "Est-ce que l’AFP est là pour sortir des infos? On n’est clairement pas à l’aise, on n’est pas dans cette culture. Une partie de la hiérarchie rédactionnelle pense que ce n’est pas le rôle de l’AFP", nous avait déclaré un délégué syndical.

L'occasion de voir notre émission : "Marine Le Pen s'est re-diabolisée toute seule", avec Mariane Turchi, journaliste à Mediapart, Mathias Destal, journaliste chez Envoyé Spécial (tous deux co-auteurs du livre Marine est au courant de tout... (Flammarion, mars 2016), Aurélien Colly, journaliste au service politique de France Inter et Patrice Maggio, rédacteur en chef de Var-Matin

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14h23 Hors Série

Pinçon-Charlot : "Les pauvres sont en trop"

Par
la rédaction le 11/07/2017

"Les ouvriers sont passés du statut d'exploités à celui de déchets". C'est le Pape François qui l'a dit. Et la sociologue des riches, Monique Pinçon-Charlot, invitée cette semaine de Hors-Série (et reçue sur notre plateau il y a quelques mois à propos de l'affaire Fillon) approuve. Sur le plateau de Hors-Série, elle décrit un véritable "processus de déshumanisation" à l’œuvre,"alors que les ouvriers, les salariés, les intellectuels, les journalistes, nous sommes les créateurs de richesse". "On devient de coûts, des charges, des problèmes, des variables d'ajustement, des lignes comptables", dénonce-t-elle. "Les riches ont inversé la lutte des classes à leur profit, il sont devenus des créateurs de richesses, et des créateurs d'emplois". Une situation complètement aberrante, selon la sociologue : "Ce qu'il y a d'hallucinant, c'est que ça marche".

Un exemple parmi d'autres de cette inversion de la lutte des classes : la fondation Louis Vuitton, lancée en grande pompe en 2014. "Nous, le peuple français, nous en avons payé 60%", rappelle Pinçon-Charlot. "Le principal actionnaire de la Fondation Vuitton, c'est nous". Et pourtant, ce sont les riches qui profitent de la défiscalisation de leur mécénat. "Au fond, ce qu'ils veulent, c'est un monde qui soit leur jardin. Mais pour eux. Et ils n'auront pas besoin de tous les pauvres d'aujourd'hui, des milliards de gens qui sont en trop, par rapport aux ressources d'une planète en état de finitude".

Pour voir l'intégralité de l'émission avec Monique Pinçon-Charlot, c'est ici : "Aux Sources : Les prédateurs au pouvoir"

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16h26 lu

Trump contre les médias : bénéfices mutuels (Le Monde)

Par
la rédaction le 09/07/2017

Une hausse spectaculaire des audiences télé et une augmentation impressionnante du nombre d'abonnements... La guerre constante entre Donald Trump et les médias, dont le dernier éclat s'est manifesté dans une vidéo montrant Trump en train de rosser CNN, rapporte gros aux médias américains, justement. C'est ce qu'explique l'envoyé spécial du Monde à New York, Nicolas Bourcier, vendredi 7 juillet. Dans un long article, le journaliste revient sur les résultats d'une "guerre dont tout le monde sort vainqueur" - pour le moment.

Le Monde Trump guerre rentable

Le Monde, 7 juillet 2017

Les chiffres de la télé concernant la période de la campagne présidentielle, où Trump s'était distingué par ses attaques constantes contre les médias, sont parlants : "D'après le Financial Times, M. Trump a bénéficié de 4,6 milliards de dollars de couverture télévisée gratuite (calcul réalisé en multipliant le temps d’exposition par les tarifs publicitaires) au cours de la campagne présidentielle", rapporte ainsi Le Monde.

Du côté des audiences en prime time (première partie de soirée, heure de grande écoute), les trois grandes chaînes américaines CNN, Fox News et MSNBC ont connu une augmentation de 55% en 2016 (par rapport à 2015). "Et cette progression n'a pas faibli au cours des six derniers mois", relève Bourcier, citant le patron de CNN, Jeff Zucker : "[Il] a même admis que «2016 était la meilleure année de l’histoire des chaînes câblées et que 2017 serait encore meilleure, rien ne laissant supposer que l’intérêt pour Trump diminuera»". Zucker s'attend à faire un milliard de dollars de bénéfices en 2017.

Du côté de la presse, le bilan semble tout aussi bon. Ainsi, les deux grands quotidiens américains, le Washington Post et le New York Times, en première ligne dans la bataille contre Trump, ont connu un bond d'effectif d'abonnés. On compte 276 000 nouveaux abonnés numériques et 75 000 abonnements papiers en 2016 pour le New York Times, des chiffres exceptionnels. Et ils sont déjà 304 000 abonnés supplémentaires depuis janvier, d'après Le Monde. Quant au Washington Post, "le site talonne désormais celui de CNN et du New York Times, avec 80,7 millions d’utilisateurs uniques et un milliard de pages vues en mai [2017, ndlr]", rapporte le quotidien.

"Les médias ont Besoin de Trump comme un accro au crack a besoin de son shoot"

Trump vend donc très bien, et les médias en sont conscients, qui l'ont couvert avec beaucoup d'assiduité durant la campagne et après. Ou, comme le résumait la présentatrice du talk-show Today sur NBC, Ann Curry, dans un édito du New York Times en mars 2016, cité par le quotidien français : "Il est entré dans la campagne présidentielle précisément à un moment où la profession traversait un profond moment d’insécurité financière. La vérité, c’est que les médias ont eu besoin de Trump comme un accro au crack a besoin de son shoot." .

Trump, rentable, mais à quel prix ? Dans cette "lutte à mort avec les médias" lancée par Trump, et qui est loin d'être terminée, le métier de journaliste n'en est que plus difficile - et essentiel, rappelle le quotidien. "Aujourd’hui, selon [le professeur de journalisme Jay Rosen], près de 30% des électeurs américains ne croient plus au journalisme traditionnel, un chiffre en constante augmentation". Pour lutter contre cette perte de confiance, alimentée par Trump, de nombreux journalistes et spécialistes appellent à maintenir à tout prix les standards de qualité des médias, et à enquêter en profondeur sur le président. C'est d'ailleurs ce qui a pousséle Washington Post à embaucher 60 nouveaux journalistes, nous apprend Le Monde. Et CNN à renvoyer trois de ses journalistes à la fin juin, après qu'ils avaient publié un article insuffisamment etayé sur des liens entre un fonds d'investissement russe et un proche conseiller de Trump.

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17h30 grrr !

Anti-G20 : Sputnik illustre Hambourg avec une photo de Séoul

Par
la rédaction le 08/07/2017

Pour illustrer un article sur des violences lors des manifestations à Hambourg, en marge du G20, le site pro-russe Sputnik a choisi une image prise en 2016 à Séoul.


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Un hélicoptère de police a "failli" être touché par une fusée de signalisation tirée par des manifestants opposés au G20, qui se tient actuellement à Hambourg. C'est ce qu'annonce le site Sputnik (sur lequel @si s'était largement penché) le 7 juillet, en reprenant un communiqué de la police locale qui affirme qu'un de leurs hélicoptères a été attaqué par une fusée de signalisation : "Un hélicoptère de police a été attaqué avec une fusée de signalisation, mais celle-ci est passée à côté de sa cible".

Sur la photo choisie par Sputnik pour illustrer cette info : une foule dense de plusieurs milliers de personnes, laissant penser que le cliché a été pris Hambourg, où les manifestations anti-G20 ont déjà blessé au moins 76 policiers dans la journée du 6 juillet. Mais pas du tout : en deux petits clics (clic droit et "Rechercher une image avec Google), on s'aperçoit en effet que la photo en question a été prise en novembre 2016, à Séoul. Des dizaines de milliers de manifestants étaient alors descendus dans les rues de la capitale pour réclamer la démission de la présidente coréenne, impliquée dans un grand scandale de trafic d'influence (et qui a depuis démissionné de son poste).


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La photo originale

L'occasion de revoir notre émission : "Les médias russes veulent fracturer l'opinion française"

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15h59 lu

Terrorisme : les attentats islamistes + médiatisés (The Independent)

Par
Juliette Gramaglia le 08/07/2017

Des chercheurs américains l'assurent : les attentats commis par des musulmans sont bien plus traités dans la presse américaine que ceux commis par des non-musulmans. Un déséquilibre qui contribue à assimiler terrorisme et islam - et qui attise les peurs des Américains, regrettent les chercheurs, auteurs d'une étude universitaire relayée notamment par le siteThe Independent.

Les attaques terroristes perpétrées par des musulmans, davantage couvertes par la presse outre-Atlantique ? C'est la conclusion d'une étude universitaire américaine, relayée notamment par le site The Independent. Cette étude, menée par trois chercheurs de la Georgia State University, s'est penchée sur les attaques terroristes perpétrées sur le sol américain entre 2011 et 2015. Et la conclusion est sans appel : "L'étude a conclu que les musulmans ont commis 12,4% des attaques durant la période étudiée, mais ont reçu 41,4% de la couverture médiatique [aux États-Unis, ndlr]", rapporte The Independent. Dit autrement : lorsqu'un attentat est commis par un musulman, la couverture médiatique dans la presse américaine augmente de 449%. Ce qui représente presque 4,5 fois plus de contenus que pour les autres attaques terroristes (et non pas 5 fois, comme relayé par The Independent).

Ainsi, les bombes qui ont explosé durant le marathon de Boston, en avril 2013, posées par deux musulmans et qui ont fait trois morts et plusieurs centaines de blessés, ont reçu "20% de l'ensemble de la couverture médiatique sur les attentats terroristes aux États-Unis dans la période de cinq ans [de 2011 à 2015, ndlr]", explique le pureplayer. A l'inverse, un massacre dans un temple Sikh en 2012, qui a fait six morts et a été commis par un homme blanc, ne représente que 3,8% de la totalité de la couverture médiatique. De même, une fusillade menée dans une église afro-américaine par un homme là aussi blanc, et qui a fait neuf morts, a reçu 7,42% de la couverture médiatique totale. Une chiffre significativement moins élevé que pour le marathon de Boston.

"Les médias en font des événements fréquents"

D'où vient cette étude ? On en retrouve la trace dès mars 2017. Les trois auteurs se sont penchés sur le sujet après les déclarations de Donald Trump en février dernier. Le président a en effet affirmé devant un parterre de militaires que les médias décidaient intentionnellement de ne pas parler de certaines attaques terroristes. Suite à ces déclarations, mais aussi à celles de la conseillère Kellyane Conway sur le massacre de Bowling Green que les médias n'auraient pas traité (et pour cause, puisqu'il n'a jamais existé), les chercheurs ont décidé de creuser la question.

Ils se sont basés sur les 89 attaques terroristes américaines recensées par une base de données sur le terrorisme (nommée GTD) gérée par l'université du Maryland et plusieurs fois citée par des médias, dont The Guardian. Ils ont étudié des titres de presse nationaux et locaux (dont les noms ne sont pas précisés), ainsi que le site de CNN.com (seule télé mentionnée). Au total, ils ont recensés 2 143 articles traitant de ces attaques terroristes sur le sol américain, de début 2011 à fin 2016.

Dans une tribune au Washington Post le 13 mars dernier, intitulée "Oui, les médias sous-traitent des attaques terroristes. Mais pas celles auxquelles on pense", les chercheurs expliquaient leur méthodologie et concluaient ainsi : "[Les médias] couvrent considérablement plus les attaques menées par des musulmans, particulièrement ceux nés à l'étranger – alors même qu'ils sont moins communs que d'autres types d'attaques terroristes". Une conclusion reprise par The Independent ce 3 juillet.


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Résultats de l'étude des trois chercheurs de la Georgia State University, publiés dans le Washington Post.
Les graphiques montrent la part de couverture médiatique dédiée aux attaques menées par des musulmans (1ère ligne), parmi lesquels des musulmans nés à l'étranger (2ème ligne), et par des non-musulmans ou inconnus (3ème ligne), en comparaison avec la part d'attentats commis par ces même groupes.

"Certes, la couverture médiatique d'une attaque terroriste en particulier est influencée par de nombreux facteurs, nuancent les chercheurs dans le Washington Post (une nuance moins exprimée dans l'article de The Independent). Par exemple, si l'attaquant est arrêté, il y a plus d'informations sur l'inculpation, les auditions, le procès, etc. Les attaques contre les bâtiments et employés du gouvernement sont plus traités. Et comme le dit l'adage «si le sang coule, le sujet sera porteur», plus de morts et de blessés conduisent à une plus grande exposition médiatique". Mais malgré ces facteurs, les résultats restent équivalents, indiquent les chercheurs.

L'étude s'interroge surtout sur les conséquences de cet inégal traitement par les médias américains. Que ce traitement soit "une décision consciente des journalistes ou non", le résultat reste le même selon eux : "En couvrant les attaques terroristes commises par des musulmans plus dramatiquement que d'autres incidents, les médias font de ces faits des événements fréquents." Rien d'étonnant dans ce cas que "les américains soient si effrayés par l'islamisme radical. Mais la réalité montre que ces peurs sont mal orientées." Après cette étude quantitative, les chercheurs indiquent dans leurs conclusions vouloir se pencher sur le contenu des articles - c'est-à-dire, la manière dont sont traités les attaques dans les médias.

Nous avons nous-même fait des constats identiques : voir notre article : "London Bridge et Mosquée : deux attentats, deux traitements"

L'occasion de (re)lire notre enquête : "Attentat contre Charlie : faut-il parler de «terrorisme»?"

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