Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

16h04 suivi

Merci @si ! Asselineau de retour sur Wikipédia !

Par
Laure Daussy le 30/09/2014

C'était l'article qui manquait. Nous avons évoqué ici François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine, suite à son passage chez Laurent Ruquier sur France 2. Une de ses particularités était qu'il n'avait plus de page Wikipédia (et nous en parlions aussi dans cette émission). Depuis notre article, qui a fourni aux wikipédiens une nouvelle source, la page a pu être "restaurée". Mais ce n'est pas encore définitif...

Asselineau

 

La page avait été bloquée depuis deux ans, au motif qu'il n'y avait pas assez de sources pour écrire la fiche. Pourtant, étonnamment, une page était consacrée à Asselineau dans d'autres langues, mais pas en français. C'est donc notre article qui a permis de restaurer provisoirement sa page, et de rouvrir une discussion sur l'opportunité de la conserver. Depuis deux ans, il y avait eu pas moins de ... 28 demandes de restauration, sans succès. "Il n'y avait aucun élément nouveau", nous explique Pierre-Carl Langlais, un des 200 administrateurs de Wikipédia, que nous avions invité dans cette émission. Et donc, avec l'article de @si, "le quota de sources fiables est atteint pour autoriser l'ouverture d'une nouvelle consultation", nous explique-t-il. Dans la nouvelle mouture de la fiche, @si est cité... à neuf reprises.

Les "wikipédiens" se fondent en effet sur des articles de presse pour élaborer les fiches, les "sources primaires" (comme le site de Asselineau) n'étant pas considérées comme suffisantes. Wikipédia se fonde essentiellement sur des sources "secondaires", c'est à dire des articles de presse, "qui ont déjà fait le travail de sélection de ce qui est important ou non dans les prises de position de Asselineau", explique Langlais. Or, jusque-là, les seules sources secondaires disponibles "n'étaient pas fiables", explique-t-il, "il s'agissait par exemple de sites militants comme Agoravox". Langlais a restauré la page, suite à une discussion sur la page dite "Bistrot" de Wikipédia, page informelle sur laquelle les wikipédiens débattent de tout ce qui a trait à Wikipédia.

Mais attention, rien ne garantit qu'Asselineau garde sa page ! A l'heure où nous écrivons, la bataille fait rage. Une "consultation de discussion" a donc été ouverte (on peut la lire ici) pour savoir si sa page va être conservée ou non. Quelque 80 personnes y ont déjà participé. Parmis les arguments contre, revient essentiellement le fait que l'intéressé n'a exercé aucun mandat, et que sa formation est peu connue. Et que la seule raison pour laquelle il pourrait avoir une page serait paradoxalement... qu'il est médiatisé pour n'avoir pas de page wikipédia. "On est devant un cas sans précédent sur la WP francophone, une sorte de cas d'école, celui d'un sujet d'article essentiellement notoire du fait de l'absence d'un article sur ce sujet dans Wikipédia", souligne ainsi l'un des contributeurs. Etonnamment, aucune discussion sur l'importance (ou non!) de sa formation, l'UPR ou de l'homme politique.

La discussion va être ouverte durant deux semaines. Un administrateur (autre que Langlais) fera ensuite une synthèse, et tranchera. "Ce sera dur de trancher cette fois-ci", souligne Langlais.

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09h15 le neuf-quinze

Philippot à Forbach, quand s'éteignent les projecteurs

Par
Daniel Schneidermann le 30/09/2014

Tiens, une nouvelle que les médias nationaux ne vous ont pas donnée : Florian Philippot, vice-président du Front National, vient de démissionner de son siège au comité d'agglomération de Forbach, et il a raté les deux derniers conseils municipaux. C'est France Bleu qui nous l'apprend, mais les JT nationaux ne le diront pas, tout occupés qu'ils sont à célébrer l'élection des deux nouveaux sénateurs FN, et à rechercher dans les campagnes varoises les "grands électeurs" de droite, qui ont voté FN aux sénatoriales.

La campagne municipale de Philippot à Forbach, on s'en souvient. On l'aura vu et revu, l'énarque surdoué, arpenter les trottoirs de l'ex-ville minière, partir "à la conquête" des magasins aux rideaux baissés, comme Bonaparte au pont d'Arcole. L'audace, le panache, le geste, le FN à l'assaut des cités ouvrières en déshérence, etc. Et la contre-offensive de Valls, venu le défier sur place : quel magnifique sujet, aussi ! Un flot de reportages triomphalistes et minimalistes, comme celui-ci. Et pour finir, un échec, certes, mais noyé dans la vague de succès électoraux du FN. Car du FN, qu'on se le dise, on ne traite que l'irrésistible progression.

Hier soir, changement de décor : six mois plus tard, France 3, dans un documentaire de Frédéric Biamonti, Ravis par Marine, révélait ce que fut vraiment la campagne de Philippot à Forbach : une galère de tous les instants. Les trottoirs de Forbach, ce n'est pas le plateau de BFM. Pas un pas en ville, sans que le médiatique dirigeant soit poursuivi, par des militants antiracistes, des militants de la CGT en gilet rouge et avec sifflets, ou se heurte à un "représentant de la communauté tzigane" qui refuse de lui serrer la main devant un bureau de vote (il s'agissait de Renardo Laurier, secrétaire général de l'office national des affaires tziganes). On se frottait les yeux, devant la résurrection de ces espèces menacées, que l'on croyait éteintes : des militants CGT, capables de venir affronter le FN dans la rue, et de forcer Marine Le Pen à fuir en catimini. Reste une question : pourquoi a-t-il fallu attendre six mois, pour que l'on nous montre cette autre face de la réalité ?

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17h45 suivi

Obsolescence programmée : vote d'un amendement écolo

Par
Anne-Sophie Jacques le 29/09/2014

L’obsolescence programmée, débat sans fin ? Avec le vote surprise d’un amendement à la loi sur la transition énergétique adopté vendredi dernier en commission – amendement défendu par les Verts – revient sur le tapis une pratique qui viserait à fabriquer des objets construits pour ne pas durer, dans le but de nous faire consommer toujours plus. Pratique dénoncée comme un complot selon les uns, comme un mythe selon les autres, et dont nous avons largement débattu sur @si.

Les Verts peuvent jubiler : enfin est inscrit dans un projet de loi un amendement visant à punir l’obsolescence programmée. Car s’il est un sujet qui semble mettre tous les Verts d’accord, c’est cette pratique qui viserait, pour les industriels, à fabriquer des objets dont ils programmeraient sciemment la fin de vie pour nous inciter à consommer plus.

Déjà en 2012, alors candidate EELV à l’élection présidentielle, Eva Joly voulait s’attaquer à cette pratique et légiférer "pour obliger les constructeurs à produire des machines qui ont une durée plus longue."

Obsolescence programmée

En 2013, Jean-Vincent Placé a proposé au Sénat une loi dans ce sens, sans succès. Rebelote cette année avec la proposition d’un amendement au projet de loi sur la consommation dite aussi loi Hamon. Mais à l’époque, comme le rappelle le site NextInpact, Hamon s’y était opposé, considérant qu’il existait déjà "un délit de tromperie sur les caractéristiques substantielles des biens".

Fin de non-recevoir ? Même pas. Revenant à la charge, les députés Cécile Duflot, Denis Baupin et Éric Alauzet ont rédigé un nième amendement glissé cette fois-ci dans la loi sur la transition énergétique examinée ce week-end par la Commission parlementaire ad hoc. Les Verts proposent de punir d’une peine de prison de deux ans au plus et d’une amende de 300 000 euros tout fabricant qui, délibérément, raccourcit la durée de vie de ses produits. Vendredi, surprise, l’amendement est adopté même si, comme le souligne NextInpact, il lui reste du chemin avant d’être définitivement entériné : la loi sur la transition énergétique doit en effet être examinée par l’Assemblée puis par le Sénat.

La victoire des Verts est peut-être de courte durée vu le peu d’enthousiasme exprimé notamment par le député PS et président de la Commission François Brottes lors des discussions à l’Assemblée. Ce dernier estime que l'obsolescence programmée est "d'abord liée au marketing et à la mode, avant même d'être inscrite dans la trajectoire technologique des produits" même s’il reconnait que le débat est passionnant. Mais Duflot a maintenu sa position : pour elle, la pratique "est prouvée. Pour certains produits même, le plastique est serti à chaud afin d’empêcher toute réparation. C’est une réalité". De son côté, Ségolène Royal, ministre de l’écologie, considère l’amendement intéressant mais émet des doutes quant à sa faisabilité : "comment prouver, une fois qu’on l’a retrouvé, que le producteur a intentionnellement raccourci la durée de vie du produit ?" demande-t-elle. 

Si tout le monde s’accorde à dire que les produits lancés sur le marché aujourd’hui ont une durée de vie relativement courte, et notamment les produits high-tech, reste qu’à ce jour on manque de preuves tangibles pour prouver le complot des fabricants, si complot il y a. Certes le documentaire d’Arte consacré à l’obsolescence programmée – et qui a rencontré un gros succès - démontrait l’entente entre industriels pour diminuer la durée de vie des ampoules.

Mais l’exemple des ampoules date un peu et même le magazine Cash investigation a peiné pour trouver des preuves formelles comme nous le racontait une des journalistes sur notre plateau. La journaliste ne pouvait faire état que d’un "faisceau de preuves". Ainsi, sur l'exemple des téléviseurs d'une marque coréenne, nous n'avions pas réussi à déterminer si le fait de placer des condensateurs près des autres composants provoquaient une surchauffe et une panne de l'écran voulue par le constructeur ou si cette erreur n'était que le fruit d'incompétences.

Revoir ce passage de l'émission picto

 

Cela dit, l’amendement voté prouve que le sujet est toujours en débat avec d’un côté les partisans du complot et, de l’autre les pourfendeurs d’un mythe, comme l’économiste Alexandre Delaigue. Parmi eux également : Guillaume Erner. Dans un billet paru sur le site du Huffington post ce matin, le journaliste de France Inter estime que cet amendement risque de mettre beaucoup de monde en prison, et notamment "les magiciens de la mode […] dont l'art consiste à concevoir des vêtements pour une saison et pas plus. La mode incarne l'essence de l'obsolescence programmée". Et de conclure : "je ne connais à peu près aucun produit durable, y compris tous ceux qui se réclament du développement durable. Dans ces conditions, j'ai peur que cette loi sur l'obsolescence programmée souffre elle-même d'une obsolescence programmée."

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17h34 @rrêt sur images

Les journalistes "environnement" doivent-ils prendre l'avion ?

Par
la rédaction le 29/09/2014

Fallait-il prendre l'avion, gros émetteur de gaz à effets de serre, et aller à New York pour couvrir la marche contre le climat qui a réuni le week-end dernier plus de 300 000 personnes ? Jade Lindgaard, journaliste environnement à Mediapart, répond que non. Pourquoi ? Elle essaye de prendre l'avion "le moins possible".

Est-ce réellement compatible avec son métier de journaliste ? Assurément ! Pour la journaliste, le dérèglement climatique est un évènement d'une telle importance que cela l'oblige à sortir de sa "zone de confort", à ne plus s'estimer au-dessus du lot, en "mission journalistique". Elle refuse donc, même si cela ne lui a pas été proposé, de se rendre à New York trois jours et avoir ainsi un comportement en contradiction avec la réalité qu'elle décrit dans ses articles.

Envie de voir la suite (et la fin) de notre émission ? C'est par ici !

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17h26 lu

Sénatoriales : défaite de Baylet, "républicain dans l'âme" (Dépêche)

Par
Sébastien Rochat le 29/09/2014

Exercice (délicat) du jour : comment parler de la défaite électorale de son propre patron sans risquer le licenciement ?

Jean-Michel Baylet, le président du parti radical de gauche, a perdu son siège de sénateur, qu'il occupait depuis plus de vingt ans. Une défaite évoquée par La Dépêche du Midi, dont Baylet est propriétaire, dans des termes particulièrement bien choisis comme l'a remarqué Le lab d'Europe 1.

Ainsi, Baylet n'a pas perdu l'élection, c'est "la coalition «anti-Baylet» [qui]  a eu raison, au terme d'un dimanche tendu en préfecture, des cohérences politiques départementales, débouchant sur l'élection des ennemis de toujours, unis pour la cause, Yvon Collin [dissident du PRG] et François Bonhomme [UMP]". 

Pas vraiment une défaite 

Les adversaires de Baylet n'ont pas gagné l'élection, ils ont bénéficié du "jeu combiné de l'UMP, des socialistes, du front de gauche, des écologistes, de l'UDI et du front national". La preuve ? Le dissident du PRG "a été élu avec les voix de droite" et le candidat UMP "avec les voix de la gauche". En clair, "l'expression attendue de l'accord PS-PRG, entre partenaires de gouvernance, a de toute évidence été bafouée", dénonce La Dépêche du Midi.

Heureusement, dans cette histoire, il reste un gentleman : Baylet Jean-Michel, présenté comme un "républicain dans l'âme" puisqu'il a "pris acte de «l'expression démocratique»" en reconnaissant sa défaite. A défaut d'être réélu, l'excellent patron de La Dépêche du Midi pourra toujours se consoler avec cet article.

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11h50 buzz

Le vide pour quelques millions de dollars

Par
Alain Korkos le 29/09/2014

Combien coûte un art invisible ? Beaucoup d'argent, révèle CBC Radio dans un article intitulé New York artist creates 'art' that is invisible and collectors are paying millions (Une artiste new-yorkaise crée de l'art invisible pour lequel les collectionneurs paient des millions).

Lana Newstrom est une jeune artiste de vingt-sept ans qui crée de l'art invisible, nous apprend la radio canadienne anglophone CBC.

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Amateurs d'art enthousiastes
admirant les peintures et les sculptures de Lana Newstrom
à la Schulberg Gallery de New York


« Ce n'est pas parce que vous ne voyez rien que je n'ai pas passé des heures de travail sur cette oeuvre », a-t-elle déclaré. « L'art requiert de l'imagination et c'est ce que mon travail demande aux gens qui le contemplent. Vous devez imaginer une peinture ou une sculpture devant vous. »

Persuadé qu'il tient la plus grande artiste vivante, Paul Rooney, l'agent de Lana Newstrom, se frotte les mains : « Quand elle décrit ce que vous ne voyez pas, vous commencez à réaliser pourquoi l'une de ses oeuvres invisibles peut atteindre plus d'un million de dollars », a-t-il confié à CBC Radio.

L'émission (en langage grand-breton, oeuf corse) peut être entendue par là.

Cette nouvelle pour le moins surprenante (mais qu'y a-t-il de vraiment surprenant dans le monde de l'art ?) a été reprise 40 000 fois sur internet, nous apprend Radio Canada (version francophone). Sauf que voilà, il s'agit en vérité d'un sketch de l'émission This is That, dont le logo est apparent sur la page annonçant l'émission. Ceux qui ont repris l'info se sont concentrés sur le texte, sans considérer vraiment de qui il émanait, l'en-tête de CBC Radio conférant à l'annonce un gage de sérieux gravé dans le marbre de l'autorité :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Un sketch, un gag, une galéjade.

« Dans le domaine artistique, il y a beaucoup de place pour l'interprétation et nous nous sommes dit qu'il serait intéressant de pousser l'idée jusqu'à l'extrême, soit l'art invisible », a déclaré l'un des créateurs de l'émission à Radio Canada. Lequel n'est pas vraiment surpris de l'ampleur prise par cette histoire : « Les gens lisent si rapidement sur Internet que plusieurs n'ont pas pris le temps de vérifier si c'était vrai ou pas. Nous encourageons les gens à écouter l'audio, car c'est là que se trouve la blague. Après l'avoir écouté, les gens auront beaucoup de mal à croire que c'est vrai. »

Quoique. De telles expositions pourraient être tout à fait sérieuses. Et de fait, il y en eut !

En 2012 se tint à la Hayward Gallery de Londres une expo intitulée Unseen (Invisible). Les lieux étaient entièrement vides à l'exception de toiles immaculées, de feuilles blanches et de socles ne supportant rien d'autre que l'air ambiant. Le britannique Telegraph en avait parlé, par là.

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Amatrice d'art contemplant un socle vide


Bien avant, en 1958, Yves Klein avait réalisé une exposition intitulée La spécialisation de la sensibilité à l'état matière première en sensibilité picturale stabilisée - plus connue sous le nom d'exposition du Vide - dans laquelle il n'y avait absolument rien si ce n'est une paire de tentures encadrant du vide :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Le musée Beaubourg reprendra l'idée en 2009, l'expo s'appellera Vides - Une rétrospective :

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Intéressant, n'est-ce pas ?


En 1952, John Cage composa 4'33, soit quatre minutes trente-trois secondes de silence. L'oeuvre fut interprétée par David Tudor, pianiste, « qui signala les débuts des parties en fermant le couvercle du clavier, et leurs fins en ouvrant le couvercle », nous dit la Wikipedia citant John Cage.

Au cinéma aussi on trouve du vide. Sur un mode satirique, cette fois, avec Prêt à porter de Robert Altman (1994). Dans cette bobine défilent des mannequins nus, que les spectateurs s'empressent d'applaudir :



On voit par là que ces comiques canadiens de CBC Radio, croyant pondre un gag inédit, ont réinventé l'eau tiède. Pfff !!!


L'occasion de lire ma chronique intitulée L'homme qui tombe dans laquelle apparaît Yves Klein se jetant dans le vide à Fontenay-aux-Roses en octobre 1960.

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09h15 le neuf-quinze

Les Djihadistes, le paintball et le micro

Par
Daniel Schneidermann le 29/09/2014

Et les trois ? Que deviennent les trois "djihadistes-présumés-qui-auraient-fui-l'Etat-islamique-et-que-la-police-a-manqués-à-leur retour-en-France" ? Même si plus personne n'en parle, on l'apprend dans Libé d'aujourd'hui : après qu'ils se soient rendus d'eux-mêmes à la gendarmerie, ils ont été placés en garde et vue, mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes" et , finalement, écroués. Cela ne les changera pas trop : à en croire leur récit aux policiers français, ils avaient déjà été mis en taule en Syrie par le groupe Etat islamique qu'ils avaient souhaité rejoindre, qui les soupçonnait d'être des "agents infiltrés". Une chose est sûre : ils auront bien des aventures à raconter à leurs petits enfants, le soir à la chandelle.

Pour quelle raison les mettre en prison en France ? A en croire Libé, la police n'a pas grand chose contre eux, sauf les habituels délits de proximité (rappelons-le : l'un deux est le mari de la soeur de Mohammed Merah). Ils ont "gravité autour". L'un d'entre eux aurait été "proche" d'un autre, lui-même "considéré comme" l'idéologue du groupe. Habituelles approximations de la chasse aux réseaux.

Rien d'autre ? Si.Ils jouent aussi un paintball. Pardon ? Oui, au paintball. Ne riez pas. Le paintball a des antécédents. C'est cet exercice, que M6, dans la foulée de la police, avait retenu à charge contre le groupe islamiste Forsane Alizza en 2012, dans un reportage que nous avions disséqué sur notre plateau. Ceci encore : l'un d'eux aurait découvert un micro à son domicile, et l'aurait détruit. Bref, la Justice a fait avec ce qu'elle avait sous la main, sans que ça émeuve grand monde. Il ne fait pas bon se promener entre les lignes, en temps de guerre.

paintball

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11h33 vu

Djihadistes / fiasco : Cazeneuve accuse des medias

Par
la rédaction le 28/09/2014

"Mon administration n'a commis aucune faute ! Il n'y a pas eu de dysfonctionnement des services français." C'est (la suite de) l'histoire de trois djihadistes présumés qui rentrent en France et qui n'ont pas été arrêtés, parce que les services de police pensent qu'ils atterriront à Orly et non à Marseille. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a d'abord reconnu "des dysfonctionnements" dans cette arrestation manquée mais annoncée mardi, notamment sur la coopération entre les polices française et turque (cette dernière ayant pris l'initiative de changer le vol des trois hommes, qui se sont finalement rendus, une fois en France). Il a depuis changé de cible : devant quelques journalistes, il faisait hier le procès... de la presse.

"Le ministre de l'intérieur, décrit comme un homme politique à sang froid, goûtant assez peu l'exercice de la communication, a fendu l'armure. M. Cazeneuve était ulcéré de la mise en cause de son ministère par les médias et tenait à le faire savoir", explique le quotidien. C'est "ulcéré" donc que Cazeneuve raconte qu'un journaliste "a pris contact avec le ministère pour savoir si l'information du retour ce jour-là des trois individus était exacte". "C'était juste mais on lui a répondu qu'il était prudent d'attendre l'arrivée de l'avion avant de la diffuser. Il n'en a pas tenu compte. Et ensuite, tous les autres journalistes ont repris l'information en indiquant qu'ils tenaient leur information d'une source place Beauvau mais jamais nous n'avons communiqué officiellement", martèle Cazeneuve.

"une source "auprès du ministère de l'intérieur" confirme l'information d'iTélé"

Alors qui serait ce journaliste trop téméraire aux yeux du ministre de l'Intérieur ? Si l'on se penche sur la chronologie, c'est iTélé qui a dégainé en premier. Mardi midi, la chaîne annonçait l'interpellation de trois djihadistes présumés et leur placement en garde à vue, précisant qu'il s'agit de proches de Mohamed Merah (le journaliste mentionne d'ailleurs dans un premier temps une arrestation "à Roissy"). Le journaliste que vise Bernard Cazeneuve serait donc Jean-Michel Decugis, spécialiste justice pour iTélé et ancien journaliste du Point (bien connu des @sinautes pour une interview bidonnée).

Decugis

Jean-Michel Decugis annonce l'arrestation des djihadistes mardi midi sur iTélé

Dans son sillage, la plupart des médias en continu reprennent l'information d'iTélé, sans plus de vérification. Deux heures plus tard, l'AFP publie une dépêche, qui cite une source "auprès du ministère de l'intérieur" confirmant l'information d'iTélé, semblant indiquer une confirmation "en off" (ce que Cazeneuve ne nie pas, puisqu'il estime simplement que son ministère n'a pas communiqué "officiellement"). Et il faudra finalement attendre 21 h 20 pour que le ministère démente finalement l'arrestation des djihadistes. Soit neuf heures après les premières "informations" d'iTélé.

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15h48 suivi

Thèse en 180 secondes : Marie-Charlotte Morin finit 2e

Par
Vincent Coquaz le 27/09/2014

"Les Françaises, championnes du monde [francophone] de vulgarisation scientifique". C'est le principe du concours "Ma thèse en 180 secondes" : présenter en trois minutes une thèse, qui a exigé des années de recherche. La lauréate du concours français, Marie-Charlotte Morin, doctorante en biologie cellulaire (dont @si vous parlait ici) a remporté hier la deuxième place du concours, ouvert à trois autres pays francophones (Belgique, Canada, Maroc), derrière une autre française, Noémie Mermet, doctorante à l'université d'Auvergne de Clermont-Ferrand, rapporte Sciences et Avenir.

Cette dernière devait vulgariser un sujet d'étude pas forcément ragoutant au premier abord : "l'implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCγ dans un contexte d’allodynie".

Pour faire (encore plus) simple, Noémie Mermet s'intéresse aux stimulations tactiles douloureuses qui ne devraient pas l'être (en partant de l'exemple du coup de soleil) (Vidéo MT180, qualifications nationales)

Marie-Charlotte Morin est revenue, elle, sur le "rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans"... ou comment une cellule de rectum de vers de terre peut se transformer en neurone. Si elle n'a pas remporté le prix cette fois, la chercheuse a toutefois obtenu le prix du public grâce à son humour.

«Ma Thèse en 180 secondes», à Lyon, le 10 juin 2014

Sur la troisième place du podium se trouve un chercheur québecois, Renaud Manuguerra-Gagné, pour son travail sur les "cellules souches mésenchymales en médecine régénérative : modèles in vitro et thérapie cellulaire pour le glaucome à angle ouvert". En 180 secondes, il nous apprenait que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'humain a en fait une capacité régénérative (comme le lézard avec sa queue) mais qu'elle est "endormie".

une cellule du rectum d'un ver, capable de se transformer en neurone.

En savoir plus: http://www.maxisciences.com/ver/le-rectum-de-ver-de-terre-pourrait-soigner-certaines-maladies-neurologiques_art32835.html
Copyright © Gentside Découverte
une cellule du rectum d'un ver, capable de se transformer en neurone.

En savoir plus: http://www.maxisciences.com/ver/le-rectum-de-ver-de-terre-pourrait-soigner-certaines-maladies-neurologiques_art32835.html
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L'occasion de voir notre émission avec Marie-Charlotte Morin : "Sur la recherche comme sur le reste, Hollande a renoncé".

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13h48 flash

Cash reproduction

Par
Alain Korkos le 27/09/2014

Tu es jeune et tu as le cheveu gras ? Tu écoutes de la musique triste ? Alors tu dois sursauter sur ton canapé à chaque fois que tu vois le générique de l'émission Cash Investigation sur France2 dont tu es très friand, et dont @si a parlé tout récemment.

Voici la dernière image de ce générique…

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…entièrement pompée, photo et logo, sur l'album Absolution de Muse, paru en 2003 au Royaume-Uni et 2004 ailleurs :

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Ladite pochette de disque fut conçue par Storm Thorgerson, très fameux graphiste qui en créa de nombreuses pour divers groupes. Citons entre autres De-loused in the Comatorium (2003) et Frances the Mute (2005) de Mars Volta :

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La première image est une citation des Amants de Magritte (dont il existe trois versions, toutes réalisées en 1928) :

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La seconde mélange La Muse endormie de Constantin Brancusi (1910), Une tête de martyr inspirée des saints Jean Baptistes décapités par Odilon Redon (1877), et cette publicité pour un éditeur réalisée par Alexandre Rodtchenko (1925), d'où provient le cône de lumière :

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Mais Storm Thorgerson est surtout connu grâce aux nombreuses pochettes qu'il réalisa pour Pink Floyd. Voici par exemple celles d'Ummaguma (1969), Atom Heart Mother (1970), Wish You Were Here (1975) et Animals (1977), chédeuvres absolus :

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Tu es jeune et tu as le cheveu gras ? Tu écoutes de la musique triste ? Va prendre l'air !

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée iconographie sommaire du baiser en attendant la formation d'une équipe interdisciplinaire de recherche, dans laquelle est évoqué Storm Thorgerson.

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17h34 suivi

Koh-Lanta / @si : "solution protectrice de la liberté de la presse" (Dalloz)

Par
la rédaction le 26/09/2014

La revue Dalloz, spécialiste de l’actualité du droit, met à l'honneur aujourd’hui la décision de la Cour d’appel de Paris d’annuler la commission rogatoire visant à identifier une source journalistique, dans le cadre de la plainte en diffamation contre X déposée par le producteur de Koh-Lanta, suite à la publication de notre article sur le décès d’un candidat survenu en 2013. Une première qui, selon Dalloz, "formule une solution protectrice de la liberté de la presse".

La décision de la Cour d’appel de Paris est une avancée pour la protection des sources journalistiques à en croire la revue de l’actualité du droit Dalloz qui, aujourd’hui, revient sur l’arrêt du 27 juin 2014 évoqué à l’époque sur notre site.

Pour mémoire, Adventure Line Production (ALP), la production du jeu de téléréalité Koh-Lanta, avait porté plainte en diffamation contre X suite à la publication de notre article sur le décès d’un candidat qui mettait en cause la production.

Dalloz

Si la plainte visait les auteurs de l’article et le directeur de la publication, en l’occurrence Daniel Schneidermann, elle visait également un mail anonyme, présenté par ALP comme étant notre source. Le juge d’instruction a alors demandé à la police, dans le cadre d’une commission rogatoire, d'identifier l'auteur du fameux mail. Le secret des sources en prenait un sérieux coup, et nous l’avons dénoncé avec l’aide de notre avocat Pascal Winter.

La cour d’appel de Paris nous a donc suivis : dans son arrêt de juin, elle annule la commission rogatoire - une décision contestée par ALP qui s'est pourvue en cassation. Cet arrêt dispose que les sources des journalistes ne peuvent être cherchées par quelque moyen que ce soit, via les fadettes ou de manière autonome. Ainsi, la cour précise, de façon inédite, que "l’atteinte au secret des sources fait nécessairement grief aux requérants, directeur de la publication et journalistes." Pour Dalloz, qui reprend la démonstration de notre avocat, "l’intérêt direct des journalistes est bien de pouvoir recueillir des informations à titre confidentiel et de s’y référer sans exposer leurs auteurs à des risques de poursuites. En effet, il faut toujours, dans ce type de contentieux, mettre en balance l’intérêt public (qui réside dans l’identification et la poursuite d’auteurs d’infractions, ici de diffamations) avec l’intérêt des journalistes qui assurément rencontreraient des difficultés à recevoir les confidences d’informateurs si ceux-ci pouvaient craindre d’être identifiés."

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15h14 suivi

Libé / Drahi : Marcelle (encore) censuré

Par
Anne-Sophie Jacques le 26/09/2014

Ça devient une manie… Dans le Libération de vendredi, vous ne pourrez pas lire la chronique de Pierre Marcelle qui, une nouvelle fois, a été censurée par la direction du quotidien. Alors que le journaliste vit ses derniers jours au sein du journal – il quitte Libé fin octobre comme nous le racontions ici – c’est cette fois-ci une allusion à Patrick Drahi, propriétaire de Numéricable et actionnaire de Libé depuis cet été, qui a fâché la direction. Une fois encore, la chronique de Marcelle a trouvé refuge sur le site Bakchich.

Souvenez-vous : en juin, le billet de Marcelle qui dézinguait les positions de Bernard Guetta et Alain Duhamel sur l'Europe est mal passé auprès de la direction du quotidien. Tellement mal qu’il a été censuré. Aujourd’hui, même si Marcelle fait allusion à Duhamel – "dont on sait que «les trotskistes» - qu’il est le dernier à pouvoir encore identifier - l’obsèdent" – c’est un autre sujet qui fâche: dans la chronique qui devait paraître aujourd’hui, le journaliste, sur le départ, évoque le nouvel actionnaire de Libération, Patrick Drahi, par ailleurs propriétaire de Numéricable et acquéreur de SFR. Marcelle Bakchich

Selon Marcelle, dont la chronique censurée a été reprise une nouvelle fois sur le blog de Sébastien Fontenelle, Drahi "promeut dans sa chaîne de télévision israélienne I24 le «dôme de fer des chaînes infos», en référence au système de défense israélien contre les roquettes palestiniennes de Gaza. Espérons qu’il n’ait pas l’ambition de réduire Libération une «Bordure protectrice», ou une opération «Plomb durci». Même si, me souffle opportunément un collègue taquin, le plomb fondu des imprimeries «vintage» serait plutôt à l’ordre du jour".

Or, depuis la présentation du projet de la direction auprès des salariés de Libésous le choc du plan massif de suppresion d’emploi – on sait qu’il est malvenu de dénigrer l’entreprise et de s’en prendre à ses actionnaires. L’idée d’ajouter aux nouveaux contrats une clause de non-dénigrement a même été évoquée par la direction sans que l’on sache si ce type de clause était légal ou non. Peu importe : pour Marcelle, comme il le dit à Fontenelle, "les limites à ne pas franchir sont déjà dans toutes les têtes".

Pour tout savoir sur la chaîne i24news de Patrick Drahi, relisez donc notre enquête

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14h14 buzz

"Cachez ce sein" ou la censure rigolote

Par
Alain Korkos le 26/09/2014

Celebgate ou Fappening sont les deux noms donnés à cette nouvelle activité à la mode consistant à publier sur le ouèbe des photos de vedettes dénudées qui auraient dû rester confidentielles. Mais voici venu le temps de la riposte avec le Unfappening !

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Le Unfappening est la toute-toute-dernière activité à la mode consistant à rhabiller les vedettes dont des photos dénudées ont été publiées sur le ouèbe sans leur consentement. Unfappening ? Quoi t'est-ce que ça veut dire ? Le mot est formé de happening, événement, et fappen, masturbation. Fappening signifie donc Événement masturbatoire, Unfappening signifiant quant à lui Événement non masturbatoire.

The Unfappening est en vérité un site lancé par deux entreprises néerlandaises baptisées Red Urban et Artbox, sur lequel tout un chacun peut proposer ses rhabillages de vedettes. Les meilleurs montages sont publiés, les autres sont oubliés. En voici quelques-uns :

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Cette manipulation des images en rappelle une autre bien plus ancienne baptisée Bubble Porn, inventée en 2007 au Japon (elle tenta de se répandre aux USA en 2010 sous le nom de Mormon Porn, allusion au fait que les Mormons s'interdisent la nudité). Admirons cette perversité de la pensée consistant à prendre des images de femmes en maillot de bain, sous-vêtements ou vêtements, et à recouvrir lesdits effets de l'espace formé entre des bulles dessinées par-dessus la peau d'icelles :


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Images donnant à penser qu'il suffirait d'enlever cet espace entre les bulles pour voir ces femmes dans leur biblique nudité ! On voit par là que la frustration a encore de beaux jours devant elle…

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Belles belles belles, des proportions féminines à travers les âges.

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09h15 le neuf-quinze

Mise en scène : France 2 fait hacker notre site

Par
Daniel Schneidermann le 26/09/2014

Ce soir, France 2 tourne un petit délinquant. Ce n'est pas la première fois. C'est même un des passages obligés des émissions comme Envoyé Spécial ou Complément d'enquête. Ce soir, c'est Complément d'enquête. Et le délinquant n'est pas n'importe qui : c'est le nommé Grégory Chelli, dit Ulcan, le hackeur ultra-sioniste à l'origine de désopilants canulars, dont l'un a visé le père d'un de nos confrères de Rue89, lequel est depuis plongé dans le coma.

Ulcan vit en Israël. Et l'équipe de Nicolas Poincaré est donc allé le filmer à domicile. Mais pour obtenir des images parlantes d'un hackeur, il faut le filmer en train de hacker. En situation, disent les journalistes télé. Là, on a le choix. On peut le filmer se livrant à un désopilant canular. Mais ça pourrait être un peu long. On va donc le filmer en train de "faire tomber" un site qui ne lui plait pas. Et bim, le site de la Fédération Anarchiste. Et bam...Et là, apparaît à l'écran une page d'accueil que vous connaissez bien : la nôtre. Et bam, Chelli va donc faire tomber le site d'@rrêt sur images. Devant la caméra de France 2. Pour la caméra de France 2. Et vous saurez maintenant, chers @sinautes, pourquoi il vous est parfois impossible de lire nos articles ou de voir nos émissions. Ne vous inquiétez pas : c'est seulement Chelli qui fait une petite démo pour la télé.

Ce n'est pas la première fois que la télé pousse à une mise en scène. C'est classique. Allez les skins, vous nous faites une petite bagarre ? Allez, les néo-nazis, une petite manif bras tendus ? Mieux tendus, les bras, on ne voit pas bien. Allez les jeunes-des-cités, une petite tirade machiste avec plein de verlan dedans ? Allez les gendarmes, une petite traque de pyromanes ou un petit sauvetage en montagne et tiens, tu ne veux pas te cagouler et passer pour un traficant d'armes serbe ? La démo de Chelli pour l'émission de Nicolas Poincaré s'inscrit dans cette glorieuse tradition de mise en scène (le reportage commence par de fort belles scènes, parfaitement spontanées, d'entrainement et de patrouilles du Bêtar, la milice de défense pro-israélienne). Bravo France 2, bien bossé. Mieux que la coopération des polices française et israélienne, apparemment moins efficace pour retrouver Chelli, et le mettre hors d'état de nuire. Lesquelles disposent pourtant, depuis hier soir, d'un nouvel indice, que nous mettons gracieusement à leur disposition. Ne nous remerciez pas, c'est un plaisir.

Màj, 20 h 30 : Tristan Waleckx, l'auteur du sujet de France 2, souhaite préciser qu'il n'a nullement poussé Ulcan à pirater notre site, mais que le hacker l'a fait de lui-même. C'est parfaitement possible. Seuls les rushes de l'équipe de France 2 pourraient éventuellement aider à reconstituer l'histoire de ce tournage, si toutefois la scène a été tournée sans interruption. Mais c'est l'occasion de rappeler que la chronique quotidienne du matinaute est une chronique de télespectateur,  c'est à dire de pur récepteur de messages médiatiques, qui, comme tous nos contenus encadrés de rose ou de jaune, traduit des impressions, des réactions, une humeur, des analyses, mais sans aucune démarche d'enquête auprès des émetteurs des dits messages, à la différence  de nos articles d'enquête (encadrés de bleu). DS

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18h38 suivi

Caméra cachée : le CSA valide une enquête de France 2

Par
Laure Daussy le 25/09/2014

Le CSA donne raison à Cash investigation. Le Conseil avait été saisi d’une plainte à propos de la diffusion sur France 2, le 2 octobre 2013, de l’émission Cash Investigation consacrée à la formation professionnelle. Le CSA ne se prononce pas sur le fond mais sur la forme, estimant que le sujet n'a pas été traité de manière orientée.

Parmi les sujets de l'enquête, Nous évoquions ici une partie consacrée au possible financement illégal de Europe Ecologie les Verts issu de son organisme de formation des élus, le Cedis. Cash investigation s'était intéressé également à la formation professionnelle chez Jardiland (un extrait ici), qui mettait en place des stages fictifs, et pointait le fait que 4,9millions d’euros destinés à former les salariés s'étaient évanouis dans la nature. Cash avait montré aussi avec quelle facilité on pouvait faire financer un stage de formation professionnelle consistant ici à améliorer ses compétences dans le journalisme, grâce à des séances... de course en sac et d'air guitar. (Un autre extrait ici)


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Le Conseil a donc été saisi d’une plainte à propos de la diffusion de ce reportage. Il ne s'agit pas, toutefois, du Cedis. Le CSA ne nous précise pas qui est le plaignant. Celui-ci considérait que le sujet avait été traité de manière partiale et orientée, et contestait le bien-fondé du recours au procédé de la caméra cachée.

Mais le CSA "a considéré que France Télévisions n’avait pas manqué aux dispositions de l’article 35 de son cahier des charges. En effet, l’expression des différents points de vue n’a pu être assurée dans la mesure où les journalistes, qui souhaitaient obtenir les témoignages des différents intéressés, se sont vus opposer un refus des responsables d’un des organismes de formation, ce qui n’a pas permis de recueillir leurs observations et, par suite, de diffuser à l’antenne leurs commentaires. Par ailleurs, compte tenu des éléments d’information qui ont été rapportés au public, il apparaît que l’utilisation de la caméra cachée s’avérait, dans ces circonstances, conforme aux dispositions précitées."

Retrouvez nos contenus sur Cash investigation ici.

Mise à jour, vendredi, 8h30 : le Cedis nous précise qu'il n'est pas le plaignant. Nous avons donc enlevé l'extrait vidéo le concernant. (Que nous avions publié dans cet article).


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17h48 suivi

Sortie euro : Sapir s'en prend au Monde

Par
Anne-Sophie Jacques le 25/09/2014

Quand on s’attaque au dépiautage de l’hypothèse d’une sortie de l’euro, mieux vaut ne pas contredire les travaux de Jacques Sapir. Le Monde vient de l’apprendre à ses dépens : dans une note publiée sur son blog Russeurope, l’économiste tire à boulets rouges sur un journaliste de l’équipe des Décodeurs qui affirme que la conversion de la dette publique en francs – dans l’hypothèse où le pays devrait quitter la zone euro – pourrait être contestée devant les tribunaux. Faux ! s’insurge Sapir.

 

Si jamais la France venait à sortir de l’euro, la conversion de la dette publique dans une nouvelle monnaie nationale – disons le franc – pourrait-elle être contestée sur le plan juridique par les détendeurs de cette dette ? En gros, peut-on s’attendre à des tonnes de procès de la part des investisseurs floués ? C’est une des questions que pose Maxime Vaudano, journaliste du Monde et membre de l’équipe des Décodeurs qui s’attelle à ce vaste sujet : la sortie de l’euro prônée par le Front national nous ruinera-t-elle ? Le Monde Sapir

Ce n’est pas la première fois que le journaliste se penche sur cette question juridique : en août déjà, comme nous le racontions ici, Vaudano assurait que "cette conversion risque de ne pas être légale". Certes, il existe bien la lex monetae, "un principe de droit international communément admis : chaque Etat étant souverain pour définir sa monnaie, en changer et fixer le taux de conversion, la France devrait être juridiquement fondée à transformer sa dette nationale de l'euro vers le franc." Cette loi permet donc la conversion de l’euro en franc, à partir du moment où les contrats sont rédigés en droit français. Et ça tombe bien : selon une étude de la banque japonaise Nomura non contestée à ce jour, 97% de la dette publique française est émise sous contrats de droit français.

L’argument est repris par le Front national qui en fait son miel : voyez, la conversion de la dette publique ne serait pas si coûteuse. En effet, la France n’aurait pas à rembourser sa dette en euros mais en francs. Mais, estime Vaudano, les détenteurs de cette dette risquent alors de s’en prendre à l’Etat français pour cette conversion manu militari. Et de multiplier les procès. Pour étayer ses propos, le journaliste du Monde s’appuyait en août sur les travaux du think-tank Copernic – à gauche – puis, dans son article de septembre, sur une "mesure radicale prise fin 2011 par la Banque d'Angleterre : suggérer aux institutions financières d'intégrer systématiquement dans leur contrat une clause de sortie de la zone euro, pour réduire l'incertitude en cas de changement de monnaie de leurs débiteurs". La preuve pour Vaudano qu’il y a bien un doute juridique sur cette question.

Contresens total, estime pour sa part l’économiste Jacques Sapir qui s’en prend au journaliste du Monde dans un billet publié sur son blog Russeurope : "si la Banque d’Angleterre a fait cette suggestion, c’est en réalité pour protéger les investisseurs britanniques contre l’application du principe juridique cité", à savoir la lex monetae. Et de poursuivre : "s’il y avait eu en la matière ce que les juristes appellent un «doute raisonnable» que les dettes puissent être remboursées dans une autre monnaie que celle du pays considéré, la BofA n’aurait pas eu besoin de faire cette recommandation". Pour Sapir donc, contrairement à ce qu’affirme Vaudano, c’est bien la preuve que la loi française pourra s’appliquer sans que les investisseurs ne puissent gagner leurs éventuels procès.


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13h46 suivi

Femen : Amina Sboui reconnait avoir inventé une agression

Par
Laure Daussy le 25/09/2014

Elle reconnait avoir inventé son agression par des salafistes. Dans une lettre publiée par Libération, l'ex-Femen tunisienne Amina Sboui avoue qu'elle a inventé son agression par des salafistes, en juillet, à Paris, et parle d'un "appel au secours".

Le 6 juillet dernier, elle avait posté un message sur Facebook dans lequel elle expliquait avoir été agressée par des salafistes dans le métro, place Clichy, qui l'aurait insultée et rasé ses sourcils. L’information est reprise par les médias, (mais le plus souvent avec du conditionnel), comme dans dans Libé, Le Monde ou encore 20 minutes.

Capture de son message Facebook dans lequel elle affirmait avoir été agressée :


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Mais très vite les policiers ont des doutes : Amina est mise en garde à vue pour dénonciation mensongère, nous l'évoquions ici. Elle risque pour cela six mois de prison et 7500 euros d’amende. "Quand j’ai posté ce message (sur Facebook, ndlr), j’ai oublié comme une conne que j’étais Amina Sboui, dit-elle à Libé. "Pour moi, c’était un appel au secours pour mes amis, mes proches, ce n’était pas adressé à la presse ou à la police. Le problème, c’est qu’il y a plein de journalistes qui me suivent, qui ont commencé à m’appeler, à écrire dessus. Je ne pouvais plus dire que c’était un mensonge." "Depuis mon exil en France, mes difficultés se sont accentuées. Tout en étant très entourée, j’ai fait l’expérience de la précarité et de la solitude, alors que je dois préparer mon avenir", dit-elle dans sa lettre. Elle ajoute : "Par ce mensonge, je suis consciente que je jette le discrédit sur la parole de victimes de violences sexistes et des intégrismes, quels qu’ils soient".

Elle a rendez-vous devant le juge le 8 octobre. Par ailleurs, elle doit également comparaître devant le tribunal correctionnel "pour violences en état d’ébriété" à la suite d’une rixe survenue place de la Bastille, en août avec un couple, dont une femme voilée. Selon les policiers, c'est Amina qui a agressé le couple, elle assure de son côté que ce sont elle et ses amis qui ont été agressés.

Retrouvez notre article sur Amina Sboui lorsqu'elle quittait les Femen, et notre dossier sur les Femen.

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13h03 ça reste à vérifier

Erasmus : le million de bébés surestimé (Libération)

Par
Anne-Sophie Jacques le 25/09/2014

Un million de bébés nés grâce à Erasmus ? Cette jolie histoire issue d’un rapport de la Commission européenne sur le programme d’échange universitaire n’est que pipeau, estime Libération qui a pourtant, comme de nombreux médias, relayé cette information en début de semaine. Selon le quotidien, ce chiffre n’est qu’une extrapolation.

Vous rêvez de la love story avec à la clé une batterie de mouflets bilingues ? Suivez un programme Erasmus, reprenaient en chœur en début de semaine les sites d’information qui, tous, citaient le film de Cédric Klapisch L’auberge espagnole. Pour preuve : un rapport de la Commission européenne sur le programme d’échange universitaire lancé en 1987 loue les nombreuses vertus d’Erasmus et notamment l’échange amoureux. Selon ce rapport rendu lundi, un étudiant sur quatre a rencontré son partenaire lors de son séjour à l’étranger, contribuant ainsi à la naissance d’un million de bébés. Ce phénomène étaye ainsi la vision d’Umberto Eco reprise par Courrier International qui rappelle que l’écrivain italien considère le programme Erasmus comme une "révolution sexuelle européenne". Bigre, une révolution ! C’est mignon tout-plein mais, comme le raconte Libération aujourd’hui, ce chiffre d’un million de bébés n'est que pipeau.

Erasmus bébés

Libé, qui a relayé lundi l’information, l’une des plus partagées sur le site, a plongé dans les presque deux cent trente pages du rapport pour arriver à la conclusion qu’aucune mention de bébé n’était faite. D’où sort alors ce chiffre ? "D’un communiqué de presse, où il est précisé que «selon les estimations de la Commission environ un million de bébés sont vraisemblablement nés de couples Erasmus depuis 1987»". Interrogée, la Commission explique que "ce chiffre est une extrapolation à partir d’une donnée piochée dans l’étude : 27% des «anciens» étudiants Erasmus ont rencontré leur conjoint actuel (qu’il soit de la même nationalité ou pas) pendant leur séjour à l’étranger. Si on applique ce pourcentage aux 2,5 millions de personnes ayant fait Erasmus, on arrive à 675 000 personnes. Vous multipliez le tout par 1,6 (le nombre moyen d’enfant par femme dans l’UE)…" "Tadam, conclut Libé, le million de bébés Erasmus."

Sauf que, souligne Libé, "le calcul de la commission repose sur 27% de 15 450 soit seulement 4 170 personnes vivant avec un conjoint rencontré à l’étranger. Il y a un autre petit hic : l’âge de cet échantillon. L’enquête ne donne pas d’indication, si ce n’est l’année où ces personnes ont été diplômées: après 2009 pour plus de 80% d’entre elles. Donc pour que l’extrapolation de la Commission tienne la route, cela suppose que les couples formés par la magie d’Erasmus se reproduisent plutôt jeunes…" Un chiffre pipeau donc, mais qui peut permettre de motiver les jeunes à partir à l'étranger...

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12h45 grrr !

Le Figaro retire un sondage polémique sur les musulmans

Par
Laure Daussy le 25/09/2014

La question du Figaro ne passe pas. Ce jeudi, le Figaro pose cette question à ces internautes : "Assassinat d'Hervé Gourdel : Estimez-vous suffisante la condamnation des musulmans de France ?" Sur Twitter, c'est un concert de réprobations et de détournements de la question. Quelques minutes après, Le Figaro a finalement retiré ce "sondage".

 

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Plusieurs réactions, de l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, de Nicolas Cadène, (Rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité), de Maitre Eolas, blogueur bien connu des @sinautes, ou encore Michael Szadkowski, journaliste au Monde :


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Figaro eolas

 

Des Twittos détournent la question :

 


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Certains appellent à ne pas partager le lien :

Figaro

 

Dans un communiqué, la Société des Journalistes (SDJ) du Figaro a condamné "l'ineptie" de cette question. Celle-ci "laisse effectivement entendre que la communauté musulmane dans son ensemble puisse être complice ou faire preuve de complaisance à l'égard de terroristes. de tels sous-entendus sont inecceptables", dénonce la SDJ, qui appelle à une "extrême vigilance pour éviter tout nouveau dérapage".  On peut lire ce communiqué notamment sur ce tweet de Jérome Bouin, chef d'édition au Figaro.fr :


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Mise à jour, jeudi à 16h40 : ajout du communiqué de la SDJ.

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12h41 lu

Et vous, c'est comment au bureau ?

Par
Alain Korkos le 25/09/2014

C'est un article paru hier sur le site Adweek, vite repris sur les réseaux sociaux : This Agency's Office Literally Disappears After Hours So You Can't Work Late (Les bureaux de cette entreprise disparaissent littéralement après les heures légales et donc vous ne pouvez pas faire de rab). Ingénieux ! Quoique.


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La chose se passe dans un studio de design d'Amsterdam. Le matin, les employés descendent les bureaux qui la veille au soir ont été hissés au plafond grâce à un système emprunté aux théâtres, celui qui sert à monter et descendre les décors. Puis ils se mettent à travailler. Puis ils s'interrompent pour remonter les bureaux, et faire tous ensemble quelques sains exercices gymniques. Puis ils redescendent les bureaux, se remettent à l'ouvrage :

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Puis ils remontent les bureaux et amènent une table pour le déjeuner. Puis ils redescendent les bureaux, se remettent à l'ouvrage. À la fin de la journée ils les remontent, et les voilà qui disposent désormais d'un endroit pour passer une agréable soirée entre collègues car qu'y a-t-il de mieux que la vie au bureau ?

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Leur journée est en vérité encore plus musclée que ça, ces gens-là ne sont pas designers mais déménageurs (voir la vidéo par là).

Et vous, c'est comment au bureau ? Comme dans le Play Time de Tati (1967) qui aligne de petites boîtes ?


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Comme dans Upside Down (2012) qui reprend l'univers tatiesque en vous mettant la tête à l'envers ?


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Comme dans l'immense salle de rédaction des Hommes du Président (All The President's Men) d'Alan J. Pakula (1976) ?


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Comme dans Jeux de pouvoir (State of Play) de Kevin MacDonald (2009), adaptation d'une série grand-bretonne éponyme, qui cite Les Hommes du président ?


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Comme dans Argo de Ben Affleck (2012) qui s'offre également une salle de rédaction mais avec des moyens plus modestes ?


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Ou bien, vaguement rétro mais à la pointe du progrès malgré tout comme dans Une femme de tête (Desk Set) de Walter Lang (1957) ?


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À moins que vous ne soyez employé(e) dans un bureau rétro-futur digne du Brazil de Terry Gilliam (1985) ?


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Et si le bureau dans lequel vous officiez était d'une banalité à pleurer comme ceux de la série grand-bretonne The Office (2001–2003) qui fut adaptée aux USA (2005-2013) puis en France (2006-2009) ?


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The Office, Grande-Bretagne


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The Office, USA


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Le bureau, France


Votre bureau ne ressemble à rien de tout ça ? Veinard(e) ! Finalement, c'est bien mieux là où vous êtes, non ? Enfin, faites attention tout de même : votre patron a les moyens de savoir que vous surfez présentement sur internet au lieu de travailler…

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Marcus et Corinne, les séquestrés de Molex.

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