Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

17h55 vu

Banlieues : "Zone Interdite" visée par plusieurs plaintes

Par
la rédaction le 17/04/2015

Après la diffusion dimanche dernier d'un sujet intitulé "Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos", les Jeunes communistes de Bobigny-Drancy ont annoncé leur intention de déposer plainte pour diffamation.

"La propagande de M6 ce soir sur Bobigny est racoleuse, mensongère et réactionnaire". Ce sont les premiers mots du communiqué publié dimanche dernier par les jeunes communistes de Bobigny/Drancy qui annoncent aussi leur volonté de porter plainte contre M6.

En cause : un reportage diffusé quelques heures plus tôt dans l'émission "Zone Interdite". Un reportage tourné à Evreux, Marseille, Roubaix et Bobigny et présenté ainsi par l'animatrice de l'émission : "Si certains habitants jouent la carte de l'intégration, d'autres s'enferment au contraire dans leur communauté ethnique ou religieuse. Dans ces ghettos, une constante apparaît : l'absence des pères. Sans modèle, sans autorité, certains jeunes dérivent, et parfois jusqu'au pire".

"Ici, c'est la cylindrée des motos qui pose son homme et fait saliver les jeunes hommes"

"Encore et toujours le même refrain" pour les jeunes communistes de Drancy/Bobigny. "Parce que ce reportage porte atteinte à l'image de notre ville et de ses habitant-e-s, parce qu'il contribue au racisme et aux discriminations contre nos quartiers, nous déposons plainte pour diffamation contre M6", ajoute le communiqué. Rue89 s'est aussi penché sur le sujet et a recueilli le témoignage de Matthias Quiviger, qui a joué les fixeurs à Evreux pour les besoins de l'émission et entend aussi porter plainte. "Une boîte de production [Giraf Prod, ndlr] qui voulait soi-disant réaliser un reportage positif sur la banlieue, loin des clichés sur les islamistes et les dealers, m’a approché. Je l’ai aidée mais à la fin du tournage, elle a trouvé qu’il fallait pimenter, parce que ça ne fonctionnait pas. Ça manquait de «religion» et de «deal». Elle a alors décidé de tourner d’autres séquences...".

Qu'en pense M6 ? Vincent Regnier, directeur des magazines d'infos de M6, a défendu le travail de ses équipes ce matin sur Europe 1 : "Si la vérité dérange ce n'est pas de notre faute. Tous les personnages du reportage ont salué le travail qui a été fait dans l'émission", a-t-il argumenté, tout en précisant qu'aucune plainte n'avait pour l'instant été déposée. La production Giraf Prod a également répondu aux accusations de Quiviger : "C'est un fixeur aigri, qui n'a pas assuré sur le terrain. Il a touché beaucoup d'argent - 2 500 euros - pour un boulot qu'il n'a pas fait. Il devait nous présenter trois familles qui correspondent à l'angle du reportage, mais n'a jamais réussi à le faire".

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09h15 le neuf-quinze

Extermination bleu marion

Par
Daniel Schneidermann le 17/04/2015

Il faut donc une fois encore revenir à l'extermination nazie, puisque décidément, 70 ans plus tard, on n'en sort pas. A propos des chambres à gaz, Marion Maréchal-Le Pen, a-t-on lu dans la presse, s'est démarquée de son grand père, ce qui a manifestement causé un grand chagrin à ce dernier. Mais il faut écouter avec quels mots.

"Je n’oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d’une politique raciste qui aura fait date dans l’histoire" dit-elle à Valeurs Actuelles, pour expliquer que pour elle les chambres à gaz ne sont pas un "point de détail".

Aux yeux de Maréchal-Le Pen, qui sont donc les victimes de l'extermination nazie ? "Des milliers de mes compatriotes". En comptant par "milliers", MMLP indique clairement qu'elle ne prend en compte que la déportation en France. Et dans la déportation en France, seuls l'intéressent donc ses "compatriotes". Sa compassion ne s'étend pas aux victimes étrangères. Parmi ces compatriotes, elle note la présence de "certains de confession juive victime d'une politique raciste". On remarque le mot "certains". Pas "la plupart", ni "la majorité". Non. Seulement "certains".

MMLP n'est pas la première à minimiser la place des Juifs dans l'extermination. Ce fut une tendance générale...dans les années de l'après guerre, et jusqu'aux années 70, comme en témoigne la très belle chanson de Jean Ferrat, Nuit en brouillard. "Ils s'appelaient Jean-Pierre Natacha ou Samuel" : ainsi Ferrat, chanteur proche du PCF, décrit-il les convois de déportés, où Samuel n'occupe donc que la troisième position, derrière Jean-Pierre et Natacha. Mais Ferrat chantait dans les années 60, avant que les historiens et les politiques français ne pointent la spécificité de l'extermination des Juifs. En 2015, Marion Maréchal-Le Pen en est au même point.

Pour mémoire, il est admis aujourd'hui que 75 721 Juifs (dont seulement 24 500 Français) ont été déportés de France (2500 environ sont revenus). Le souvenir de Marion Maréchal-Le Pen ne s'étend donc pas aux plus de 50 000 Juifs étrangers déportés de France. En revanche, il englobe les quelque 80 000 "déportés de répression". Dans cette catégorie des "déportés de répression", MMLP étend son attention mémorielle aux résistants, déportés politiques, otages, mais pas aux Républicains espagnols, qui ne sont pas des "compatriotes". 75 000 contre 80 000 ? Elle a donc raison de parler de "certains", m'objecteront les marionnistes. Ah mais non. Car parmi les "déportés de répression", le taux de survie fut sensiblement plus élevé (environ 60%). Je vous laisse faire le calcul final, si vous avez le coeur à ça. Rappelons enfin que le nombre total de victimes de l'extermination nazie en Europe, s'élève à quelque cinq millions, parmi lesquels, donc, une écrasante majorité d'étrangers.

Marion et Jean-Marie Le Pen

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12h48 vu

Paint it white

Par
Alain Korkos le 16/04/2015

Des visages de célébrités noires peints en blanc : c'est le moyen qu'a trouvé l'association grand-bretonne Operation Black Vote pour encourager les minorités à s'inscrire sur les listes électorales avant qu'il ne soit trop tard (des élections générales auront lieu au Royaume-Uni le 7 mai prochain, la date limite d'inscription sur les listes électorales est fixée au 20 avril).

À lire en écoutant ceci.

L'acteur David Harewood (qui incarne David Estes dans Homeland) avec le visage mi-blanc mi-noir :

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Le rappeur Tinie Tempah avec la nuque et les épaules blanches :

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Le basketteur paralympique et présentateur de télé Ade Adepitan, à la fois noir et blanc :

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L'ancien foutebaleur international Sol Campbell avec le visage entièrement peint en blanc :

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Tous les quatre immortalisés par le célèbre photographe de mode Rankin, tous les quatre hérauts du slogan Il you don't register to vote, you're taking the colour out of Britain, Si vous ne vous inscrivez pas sur les listes électorales, vous ôtez la couleur de la Grande-Bretagne.

Des visages noirs grimés en blanc prenant le contrepied de cette très détestable habitude qu'ont les magazines de mode de peindre en noir des mannequins blanches. Trois exemples parmi tant d'autres :

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La mannequin blanche Lara Stone peinte en noir
pour une série de photos parues dans le magazine
Vogue France en octobre 2009

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La mannequin blanche Ondria Hardin peinte en noir
pour une série de photos baptisée African Queen,
publiée dans le magazine Numéro en février 2013


> Cliquez sur l'image pour zoomer <

La mannequin blanche Querelle Jansen peinte en noir
pour une série de photos parues
dans le magazine Vogue Pays-Bas en avril 2013



L'occasion de lire les chroniques et Vite dits classés dans le dossier Nègres, Noirs, Blacks.

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09h14 le neuf-quinze

Le "testament" de Charb n'est pas une notice Ikea

Par
Daniel Schneidermann le 16/04/2015

L'Obs publie les bonnes feuilles du "testament" de Charb. Bien joué, le coup du "testament". Ce texte n'est évidemment pas un "testament". Charb ne savait pas qu'il allait mourir si vite. Le texte est donc destiné à être publié de son vivant, en pleine bagarre. Mais dans "testament", il y a un côté solennel, irréfutable, dernières volontés sacrées. D'outre-tombe, écoutez la Sagesse qui vous parle, de sa voix caverneuse. Soit. Ecoutons donc. Que dit Charb ? Quelques fulgurances, assez jubilatoires, comme celle-ci :"le problème, ce n'est ni le Coran, ni la Bible, romans soporifiques incohérents et mal écrits, mais le fidèle qui lit le Coran ou la Bible comme la notice de montage d'une étagère Ikea. Il faut bien tout faire comme c'est marqué sur le papier sinon l'Univers se pète la gueule. Il faut bien égorger l'infidèle selon les pointillés, sinon Dieu va me priver de Club Med après ma mort". On aurait aimé le dire.

testament Charb

Dans son "testament", Charb revient aussi, évidemment, sur l'épisode de la publication des caricatures danoises. Avec un étrange "c'est la faute aux medias". "Ce n'est qu'après la dénonciation et l'instrumentalisation des caricatures danoises par un groupe d'extrémistes musulmans, dit Charb, que caricaturer le prophète est devenu un sujet capable de déclencher des crises d'hystérie médiatiques et islamiques. D'abord médiatiques, et ensuite islamiques".

La théorie est séduisante. Elle est tout à fait plausible. Cela s'est vu à de multiples occasions, que tel ou tel message, telle ou telle publication, passés inaperçus dans un contexte particulier, deviennent dans un autre contexte un objet de scandale incandescent. Malheureusement, c'est faux. Aussi loin que permette de remonter un excellent aide-mémoire, récemment republié, Les 1000 Unes de Charlie Hebdo, qui couvre toute la période Val (1992-2011), pas de Mahomet en couverture avant la couverture fatidique de Cabu "C'est dur d'être aimé par des cons". Des filles voilées, des Ben Laden, des imams, oui, en veux-tu en voilà, mais pas de Mahomet en couverture. Aucune autocensure là-dedans, sans doute. Le plus vraisemblable est qu'ils n'y avaient pas pensé. Le personnage ne faisait pas encore recette.

Ils sont malins, à L'Obs. Ils publient le texte avec des pincettes. Dans sa présentation, Aude Lancelin nous invite à "ne pas transformer cet ultime texte en tables de la Loi intouchables, impossibles à discuter." Ils ont raison. D'autant que la théorie de Charb (tout ce raffut, on n'y était pour rien, c'est la faute aux medias) passe aussi sous silence le tam-tam alors orchestré par l'équipe du magazine elle-même, autour de cette publication, certes courageuse, comme on s'en aperçoit aujourd'hui. Les équipes de télé qui se bousculaient autour du bouclage du numéro Mahomet n'étaient pas là par hasard. Elles avaient été invitées. Ce qui évidemment ne justifie en rien les assassinats (toujours le préciser) mais autant raconter l'histoire complètement. Après tout, le "testament" de Charb n'est pas non plus une notice Ikea.

Charlie les 1000 Unes

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20h22 suivi

"Ni Pigeons, ni Espions" : amendement sur les boîtes noires

Par
la rédaction le 15/04/2015

Victoire pour les pigeons ? Ce matin, différents acteurs de l'industrie du numérique rencontraient Bernard Cazeneuve et Emmanuel Macron. Quelques heures plus tard, un amendement était déposé par le gouvernement, alors que les députés discutent actuellement du projet de loi sur le renseignement à l'Assemblée Nationale.

Pigeons 1, Gouvernement 0 ? Comme @si vous le racontait hier, différents acteurs du numérique ont entamé un bras de fer avec le gouvernement, avec un slogan : "Ni Pigeons, Ni Espions". Et une même crainte : que les boîtes noires que le gouvernement compte installer chez les fournisseurs d'accès à Internet, si la loi sur le renseignement est adoptée, conduisent à une surveillance généralisée. Suffisamment pour retenir l'attention du gouvernement ? Au terme d'une réunion de trois heures, le gouvernement, qui discute jusqu'à demain du projet de loi sur le renseignement à l'Assemblée Nationale, a déposé un amendement aujourd'hui (qui n'a pas encore été mis au vote). Celui-ci, disponible en ligne, concerne ces fameuses boîtes noires (dont vous parlait Manach il y a quelques temps) et tente de rassurer, sur plusieurs points.

Dans l'exposé sommaire, le gouvernement reconnaît que ce "dispositif" a "suscité des débats". "Attaché à soutenir la compétitivité d'un secteur en croissance et qui crée des emplois dans notre pays", le gouvernement proposera trois assurances supplémentaires :

- la procédure d'urgence, qui permet de mettre en place une surveillance sans avis préalable de la Commission nationale de contrôle (CNCTR), sera impossible sur ce dispositif.

- les hébergeurs auront la possibilité de faire eux-mêmes le tri entre les données de connexion que les services de renseignement souhaitent consulter et le contenu des communications.

- enfin, l'autorisation du Premier ministre sera limitée aux éléments strictement nécessaires à la détection d'une menace terroriste.

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Une "fausse bonne nouvelle" ?

Des mesurettes pour notre partenaire NextInpact, qui parle de "fausse bonne nouvelle" pour les pigeons. Notamment sur le second point, censé permettre aux hébergeurs de faire eux-mêmes le tri dans les données que les services de renseignement souhaitent consulter. "C'est faux", rétorque NextInpact. Selon le journaliste, l'article 242-9 du code de la sécurité intérieure ne prévoit pas que les hébergeurs puissent regarder à l'intérieur des boîtes noires. A suivre.

L'occasion de relire notre article : "Projet de loi renseignement : et revoilà les pigeons !" ainsi que la chronique de Manach sur ces fameuses boîtes-noires : "Pourquoi le projet sur le renseignement peut créer une surveillance de masse".

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09h19 le neuf-quinze

Pourquoi Big brother ne fait pas (vraiment) peur

Par
Daniel Schneidermann le 15/04/2015

Maintenant, les choses sérieuses commencent. Avec la mobilisation montante, contre le projet de loi renseignement actuellement débattu à l'Assemblée, des poids lourds économiques du Net (on vous le raconte ici), le gouvernement pourrait bien commencer vraiment à vaciller. Tant qu'il ne s'agissait que de la Quadrature du Net, et d'une poignée de journalistes spécialisés, on pouvait les laisser s'égosiller sur Twitter. Mais les patrons des pépites françaises, c'est autre chose, c'est du sérieux, de la croissance, des emplois. Qu'ils menacent de se délocaliser, aucun gouvernement digne de ce nom ne peut y rester indifférent. D'ailleurs, les ministres Axelle Lemaire et Emmanuel Macron se sont précipités pour recevoir les hébergeurs en révolte (la réunion devrait se dérouler aujourd'hui).

Un mouvement de "pigeons" rejoignant les défenseurs des libertés numériques : ce n'est pas la première fois, et c'est tout sauf incohérent. Ce sont les deux tenailles d'un "lobby numérique". Un lobby hétéroclite, dans lequel subsistent sans doute encore les antagonismes de classe hérités du siècle dernier, où l'on se souvient encore vaguement des termes "salariés" et "patron", mais où cette antique division s'estompe devant une valeur partagée : la foi dans l'échange, le plus libre possible, le moins faussé possible, d'informations et de données. Echanger des données sans entraves : crédo dans lequel le politique et l'économique se rejoignent.

Pourquoi, en dépit des défauts manifestes de conception du projet de loi (notamment les insuffisantes procédures de surveillance des surveillants, la radicale éviction des juges du dispositif, et l'opacité de l'algorithme des fameuses "boîtes noires"), en dépit aussi de l'ardeur, sur les sites et les réseaux sociaux, d'une poignée de journalistes spécialisés hyper-vigilants, pourquoi ce projet que même BFMTV qualifie de "Big brother" laisse-t-il l'opinion aussi indifférente ? Avançons une hypothèse : la peur de l'Etat, en ce début de XXIe siècle, est une valeur en baisse. Sur fond de mondialisation et de maxi-évasion fiscale, c'est plutôt une demande d'Etat qui monte. D'Etat protecteur des emplois (Alcatel-Nokia), d'Etat arbitre entre les communautés et les communautarismes belligènes, d'Etat surveillant, aussi, contre la menace djihadiste aussi bien que contre l'impunité, fiscale par exemple, des Géants du Net. Ce n'est qu'une hypothèse.

1984

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15h22 grrr !

Grenoble : le sauvetage du téléphérique était... un exercice (BFMTV)

Par
la rédaction le 14/04/2015

BFMTV est encore allée bien vite en besogne. L'encart "Appels à témoins" sur le site de la chaîne en continu a diffusé la vidéo d'une opération de secours sur le télé-périphérique de Grenoble qui s'est avéré être en réalité... un exercice d'évacuation.

BFMTV verrait-il des scoops là où il n'y en a pas ? Le site a publié la vidéo enregistrée par un témoin assistant à ce qui est présenté comme étant un sauvetage sur des télécabines bloquées à Grenoble. Problème : la chaine n'a visiblement pas vérifié l'information avant de la diffuser sur son site. Il s'agissait en fait d'un exercice d'évacuation dont l'organisation a lieu chaque année. La ville de Grenoble n'a pas manqué d'alerter la chaine et de demander la suppression de l'information.

 

BFM vidéo effacé

Le Dauphiné libéré est revenu sur ce "non événement" fabriqué de bout en bout. L'évacuation faisait appel à des volontaires, alors que ce sont le plus souvent des pompiers qui sont mobilisés pour simuler ce genre d'opération. Quarante personnes se trouvaient dans les bulles immobilisées - pour de faux, donc - et envoyaient des messages et photos sur les réseaux sociaux pour commenter la scène depuis les cabines téléphériques. Pour autant, rien ne laissait penser qu'il s'agissait d'une vraie intervention.

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Si la vidéo a disparu depuis sur demande de la ville de Grenoble, la page internet existe toujours, avec son commentaire, indiquant que l'opération de sauvetage serait en cours. "Deux enfants, et un bébé", se trouveraient dans les télécabines "selon les informations". Quelles informations ? L'histoire ne le dit pas. Mais on sait aujourd'hui qu'il y avait effectivement des enfants à bord : ceux des pompiers, portés volontaires pour participer à l'intervention.

(Marie Berthomé)

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14h51 lu

Le logo d'Hillary fait rire

Par
Alain Korkos le 14/04/2015

Hillary Clinton a tout récemment annoncé sa candidature à l'investiture démocrate pour les prochaines élections présidentielles américaines (le patron de ces lieux vous a parlé de son clip par là). À cette occasion fut révélé le logo de sa campagne. Damnaid! What an effing* joke!, s'écria-t-on dans les chaumières étazuniennes.

___
*effing est une manière politiquement correcte d'écrire F-ing, autrement dit Fucking.

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Les tweets se déchaînèrent aussitôt : certains rapprochèrent ce logo - créé par l'agence Pentagram - de celui de Fedex, avec sa flèche évidée…

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… d'autres d'un panneau Hôpital avec flèche en prime…

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… pendant que d'autres encore voyaient les deux tours du World Trade Center dans les deux barres verticales du H de Hillary, et la trajectoire d'un avion dans la barre horizontale dudit :

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Salut, Je m'appelle Hillary Clinton et,
pour une raison ou une autre, mon logo de campagne
ressemble à un avion volant entre les Twin Towers.
#9/11


On fit également - et plus sérieusement - un lien entre la flèche du logo d'Hillary Clinton et ses fréquents appels du pied envers les électeurs républicains avec son soutien aux opérations militaires en Afghanistan et à la guerre d'Irak, sa position anti-IVG, et celle en faveur de la peine de mort.

Interrogé par CNN, Milton Glaser, créateur du logo I Love New York (une précédente chronique lui fut consacrée), pense pour sa part que le logo d'Hillary Clinton, certes très simple, est bien meilleur que ceux des deux candidats républicains, Ted Cruz et Rand Paul. Que représente le premier ?, se demande-t-il. Un drapeau qui brûle ?

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Certains n'hésitèrent pas à le comparer au logo d'Al Jazeera :

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Quant au second, un peu moins mauvais avec sa flamme de la statue de la Liberté, Milton Glaser pense qu'il n'est pas inoubliable :

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Bah ! Quoi qu'il en soit, il est parfaitement possible qu'Hillary Clinton, qui recevra très probablement l'investiture démocrate, soit battue par son adversaire républicain : Ted Cruz, Paul Rand ou encore Marco Rubio, qui vient aujourd'hui de se porter candidat. À moins que le ponpon soit remporté par Jeb Bush, le frère de l'autre, pas encore officiellement candidat mais qui a bien envie quand même. Et ce n'est pas la forme d'un logo qui changera la donne.

L'occasion de lire ma chronique intitulée L'éléphant, le père Noël, l'âne et le tigre, à propos des animaux fétiches des partisrépublicain et démocrate d'Amerloquie.

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09h15 le neuf-quinze

Arménie : le carré de rois de France 2

Par
Daniel Schneidermann le 14/04/2015

Le pape vient de prononcer le mot de génocide, à propos de l'Arménie. Service public oblige, il faut donc rappeler au public de Pujadas ce que fut le génocide arménien. Mais le rappeler en intéressant le télespectateur moyen. En lui expliquant en quoi le génocide arménien, cette vieillerie du dernier siècle, le concerne, lui, aujourd'hui. On imagine le journaliste se demandant comment il va attaquer son sujet, quelle est l'accroche la plus forte. L'explication historique pure ? Rasoir. Le centenaire ? Trop conventionnel. Le diplomatique (la Turquie, après cette déclaration, vient de rappeler son ambassadeur au Vatican) ? Trop compliqué. Et finalement il a l'illumination : passons en revue les Arméniens français célèbres. A commencer évidemment par l'Arménien des Arméniens, Aznavour.

Le sujet historique s'ouvre donc sur la photo sur fond noir de Charles Aznavour...

Arménie Aznavour

...à qui succède, toujours sur fond noir, le coureur automobile Alain Prost...

Arménie Prost

...lui-même suivi du footballeur Youri Djorkaeff...

Arménie Djorkaeff

...alors que complète le carré le compositeur André Manoukian (de la Nouvelle Star).

Arménie Manoukian

On comprend la philosophie sous-jacente de cette construction narrative, en forme de crypte audiovisuelle (les photos proviennent d'ailleurs apparemment du Mémorial de la Shoah) : chaque téléspectateur de France 2 a fredonné Ma bohême. Un peuple qui a donné Aznavour au monde (et en prime, Prost, Djorkaeff et Manoukian), ne peut pas être totalement inintéressant. Ses morts ne méritent pas de passer par pertes et profits. Les Quatre sont au génocide ce que Nikos Aliagas est à la crise grecque : une porte d'entrée, dont le téléspectateur, présumé somnolent et distrait, est présumé avoir besoin.

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18h34 grrr !

Buzzfeed supprime (puis rétablit) des articles sur ses annonceurs

Par
Vincent Coquaz le 13/04/2015

Deux articles supprimés en deux jours. Le site Gawker a - de nouveau - révélé une pratique peu scrupuleuse de son concurrent Buzzfeed. Jeudi et vendredi dernier, la version américaine de Buzzfeed a ainsi supprimé coup sur coup deux billets d’humeur, qui critiquaient ouvertement deux marques. Le premier s’attaquait à la dernière campagne de la marque de savon Dove, jugée "condescendante" pour les femmes, et le deuxième au jeu Monopoly, de la marque Hasbro, jugé "pire jeu de société du monde". Dans le cas de Monopoly, Buzzfeed a d'ailleurs tout fait pour que l'article soit oublié puisque ses équipes ont même rajouté une exception dans le fichier "robots.txt" qui indique à Google ou au site Archive.org de supprimer toute version en cache de l’article.

Problème: Dove et Hasbro sont deux annonceurs sur Buzzfeed. Dove publie ainsi des articles sous la forme de "native advertising" (ce publi-rédactionnel, en pire) sur Buzzfeed tandis qu’Hasbro annonçait une campagne en partenariat avec le site, il y a quelques semaines.

Buzzfeed

Questionnés en interne sur les raisons de la suppression de l’article sur Dove, les responsables du site ont d’abord tenté de les justifier. "Quand on touche à des sujets sensibles comme le corps des femmes et le féminisme, nous devons montrer et pas dire […] Nous devons écrire sur ces sujets mais utiliser notre voix pour avancer une opinion ne correspond pas à notre ton et notre ligne éditoriale", expliquaient ainsi les deux rédacteurs en chef Peggy Wang et Emily Fleischaker. Le directeur de la publication Ben Smith se contentait lui d’un tweet pour expliquer que Buzzfeed se devait d’éviter les "hot takes", un terme apparu récemment (notamment sur Twitter) et qui décrit péjorativement une “opinion basée sur un point de vue moral simpliste plutôt qu’un vrai raisonnement" (selon l’Urban Dictionary).

Pourtant, comme le note Slate, Buzzfeed s’est quasiment fait une spécialité de ces billets d’humeur qui dénoncent – ou le plus souvent, recommandent chaudement – des campagnes de pub, en se basant sur des considérations morales, et ne les a jamais supprimés jusque-là. Ainsi peut-on toujours lire des papiers sur pourquoi "la pub de noël de Sainsbury est si émouvante"… ou un article sur une campagne de Dove titré "Envoyez cette vidéo à toutes les femmes dans votre vie parce qu’elles sont toutes belles".

Ben Smith : "Je me suis planté"

Finalement, Smith a changé d'avis et a décidé de rétablir les deux articles supprimés. Dans un mail à son équipe qu’il publie sur Twitter, il explique s’être "planté". "Deux fois récemment j’ai demandé à nos éditeurs – contre leur jugement et sans aucun respect pour nos standards ou nos procédés - de supprimer des articles", regrettait-il samedi. Il fait ainsi référence à une charte adoptée en janvier dernier et qui précise que les articles "ne doivent jamais être supprimés pour des raisons liés à leurs contenus, leurs sujets, ou parce qu’une partie prenante l’a demandé".

Cette charte avait été adoptée après une polémique survenue l’été dernier. L’année dernière, Buzzfeed avait supprimé plus de 4000 articles (@si vous en parlait ici). Les raisons allaient de "ils n’ont pas bien veilli" à "plagiat" (les fameuses listes de Buzzfeed reprenaient régulièrement du contenu pioché ailleurs sans citation), explique Gawker. Et aucun de ces articles n’a depuis été remis en ligne. La même année, un ancien employé de Buzzfeed, Mark Duffy, accusait le site de l’avoir poussé à supprimer un article trop critique de la marque de déodorants Axe, suite à des pressions de sa maison mère, Unilever.

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18h32 lu

The Wire : scénario retouché sur demande de la police

Par
Robin Andraca le 13/04/2015

The Wire, un peu trop à l'écoute de la police ? Le Baltimore Sun a révélé ce week-end que, sur demande de l'administration, les auteurs de la série avaient retouché le scénario de cette série, diffusée entre 2002 et 2008 sur la chaîne câblée américaine HBO.

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"A un moment, la police nous a demandé de ne pas exposer certaines de leurs vulnérabilités dans notre script". L'aveu est signé David Simon, ancien journaliste et coordinateur de la série The Wire, diffusée sur HBO entre 2002 et 2008. Ironie du sort : cette série, qui explore les différentes facettes de la criminalité dans la ville de Baltimore aux États-Unis, est souvent vantée pour son aspect hyper-réaliste, à la limite du documentaire.

Incapables de mettre sur écoute certains téléphones vendus par l'opérateur téléphonique Nextel (qui permettaient alors d'appeler un autre utilisateur en appuyant sur un simple bouton, à la manière d'un talkie-walkie), les forces de police de la ville de Baltimore ont en effet demandé aux auteurs de la série... de ne pas exploiter cette faille dans le script de la série. Simon a-t-il accédé à cette demande ? Oui, avoue-t-il aujourd'hui au Baltimore Sun. "Mettre en évidence cette vulnérabilité dans notre série aurait, de façon irresponsable, chassé les communications de chaque association de malfaiteurs dans un trou noir, impénétrable".

Quand la fiction devance la réalité

The Wire, écrite sur les ordres de la police ? Rassurez-vous : sur d'autres points, la série de David Simon a su prendre quelques libertés. Ainsi, la semaine dernière, le Baltimore Sun révélait que la police de la ville avait utilisé de manière intensive (4300 téléphones mis sur écoute depuis 2007) un dispositif baptisé "Stingray", une technologie qui permet de mettre sur écoute un téléphone portable en se faisant passer pour une antenne relais. Ce dispositif, méconnu du grand public et utilisé par la police pour retrouver des personnes ou des téléphones, ne fait pas l'unanimité aux États-Unis : plusieurs défenseurs des libertés individuelles se sont d'ailleurs levés contre cette technologie, et ses possibles abus.

Mais surtout un dispositif qui en rappelle un autre : celui utilisé par l'inspecteur Lester Freamon dans la saison 3 de la série... The Wire. Une comparaison que revendique aujourd'hui Simon : "The Wire dépeignait avec précision le jeu du chat et de la souris qui se jouait à cette époque-là, avec les officiers de police qui couraient après le retard pris pendant la transition téléphone fixe-portable. Tout cela continue aujourd'hui et oui, le «Triggerfirsh» de The Wire a mué en «Stingray»". A l'époque, la série n'hésitait pas à mettre en scène un dispositif utilisé clandestinement par la police.

Un dispositif controversé en 2015, mis en scène dans la série dès 2004 ?

(avec Marie Berthomé)

L'occasion de revoir notre émission, sur la représentation des journalistes dans les séries télé (où il est beaucoup question de The Wire) : "J'aimerais beaucoup voir une série traitant de BFM !".

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15h12 vu

Supporters / CRS : le marchand de bonbons et la fumée (BFM/iTélé)

Par
Vincent Coquaz le 13/04/2015

La même scène, au même endroit avec la même personne interviewée... mais deux versions différentes. Samedi, les deux chaînes d'info en continu ont couvert les heurts entre les supporters du club de football de Bastia et les CRS dans le centre de Paris, à Châtelet, en marge de la finale de la Coupe de la Ligue. Pour couvrir cette "alerte info", les deux chaînes avaient chacune un envoyé spécial. Et les deux journalistes ont interrogé la même personne : le gérant d'un magasin de bonbons, qui se trouve pile à l'endroit de l'affrontement.

Sur Itélé, l'envoyé spécial décrit des commerces "saccagés" et donne la parole à l'un de ces commerçants "sous le choc" pour témoigner. "La fumée était tellement forte, tellement intense", raconte le gérant de la boutique de bonbons, qui rapporte une scène de "folie". Le tout avec comme images d'illustration des longs plans sur les fumigènes utilisés par les supporters de foot corses.

Problème : alors que la coupe d'Itélé et les images d'illustration laissent clairement penser que les supporters ont failli asphyxier le commerçant, l'interview, légèrement plus longue de BFMTV, démontre le contraire. Le même gérant, interrogé par la chaîne d'info concurrente, insiste ainsi sur le fait que ce sont les grenades tirées par les CRS, qui lui ont fait croire "[qu'il] allait mourir" parce qu'il "n'arrivait plus à respirer". À aucun moment il ne mentionne d'ailleurs un quelconque saccage évoqué par Itélé, et il précise même que les supporters corses "sont venus lui acheter des bonbons" dans une "ambiance bon enfant".

Sur Facebook des supporters corses ont d'ailleurs noté ce montage accusateur d'Itélé (qu'ils attribuent d'ailleurs, à tort, à BFMTV). Des fans de Bastia qui sont retournés voir le commerçant, qui confirme lui la version donnée par BFMTV.

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11h32 flash

Le Guardian, marchand de couleurs politiques

Par
Alain Korkos le 13/04/2015

«Les livres à colorier pour adultes se vendent très bien, ces temps-ci. » Fort de cette très juste constatation, le très grand-breton Guardian propose à ses lecteurs une série de dessins à colorier en vue des élections.

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Exceptionnel livre à colorier électoral !


« Coloriez de manière satirique l'image du candidat que vous soutenez, collez-le sur votre fenêtre, et passez le reste de la journée à vous pavaner comme Rory Bremner (célèbre imitateur). Mais surtout, ne débordez pas.
«Quand vous aurez terminé, envoyez-nous vos coloriages, nous publierons les meilleurs sur notre site. (…) Aucun prix ne sera accordé, car le coloriage est en lui-même une récompense.»

Les personnages à colorier sont, dans l'ordre :
- David Cameron, Premier ministre du Royaume-Uni et membre du Parti conservateur
- Nicola Sturgeon, chef du Parti national écossais et Première ministre d'Écosse
- Natalie Bennett, cheffe des Verts
- Nigel Farage, chef de l'UKIP (parti anti-européen) et député européen
- Ed Miliband, chef du Parti travailliste, chef de l'opposition et député
- David Cameron, George Osborne (ministre de l'économie) et Boris Johnson (maire de Londres)

Au-dessus de chaque personnage, la traduction du texte pondu par le Guardian :

LAMBERON (lamb, agneau + Cameron)
Cette image a tout le potentiel pour devenir l'icône de cette élection. Elle pourrait devenir le Obama Hope de la droite. Mais attention, votre coloriage ne doit pas atténuer l'expression de bonheur extatique enfantin sur le visage de Cameron. Qui, bien sûr, doit être empourpré.

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LES ALLIÉES DU DÉBAT
Est-ce sexiste de rassembler deux des trois cheffes de parti sur la même image ? Pas du tout. En fait, c'est Nicola Sturgeon qui a dominé les débats, il lui faut vos couleurs les plus vives. Quelle couleur choisir pour Natalie Bennett ? attendez, j'ai un trou (allusion à un gros trou lors d'une récente prestation radiophonique de la patronne des Verts).

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UNE PINTE POURPRE
Pour cette image, c'est sur la bière qu'il faut se concentrer. Elle doit être ambrée, bien liquide et attrayante afin de compenser sans effort les vaisseaux éclatés des yeux et la couperose des joues de Farage. N'oubliez pas, vous pouvez utiliser n'importe quelle couleur pour terminer. Sauf, bien sûr, le noir (allusion au racisme de ses sympathisants).

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ED LE ROUGE
Soyez sûr d'avoir un taille-crayon, parce qu'il va vous falloir beaucoup de rouge. Et pourquoi ne pas colorier toute la feuille en rouge, du haut en bas ? Regardez ! Vous avez là une belle déclaration politique, Ed Miliband est rouge comme un communiste. Et maintenant, vous voilà prêt à devenir rédac-chef d'un tabloïd.

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LES BULLINGDON BOYS
(Club de riches étudiants dont beaucoup de Conservateurs actuels furent membres.)
Allez-vous vraiment colorier vous-même cette image de Cameron Osborne et Johnson ? N'est-ce pas pour ça que vous employez des domestiques ? D'accord, allez-y. Mais faites plein de saletés, faites des taches sur les tables et les chaises et jetez, quand vous aurez fini, un peu d'argent en guise dédommagement. Buller ! Buller ! (cri de ralliement des membres de ce club très huppé).

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Illustrations de Mel Elliott


Toutes ces images sont téléchargeables en grand format sur le site du Guardian, par là. SI d'aventure vous voulez vous lancez dans le coloriage, voici les images qui ont servi de référence aux illustrations ci-dessus :

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David Cameron

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Natalie Bennett et Nicola Sturgeon

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Nigel Farage

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Wallace, sosie d'Ed Miliband


> Cliquez sur l'image pour zoomer <

David Cameron, Boris Johnson et George Osborne


Quel organe de presse français proposera à son tour un album à colorier du même tonneau ?

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Le coq bleu de Trafalgar Square.

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09h15 le neuf-quinze

Hillary Clinton, l'hyper décryptage

Par
Daniel Schneidermann le 13/04/2015

Breaking news : d'après nos sources, c'est par un  Tweet, un simple Tweet, que Hillary Clinton annoncerait sa candidature aux primaires démocrates. Un petit Tweet comme vouzémoi, 140 signes pas un de plus, aucune dérogation, entre le boeuf et l'âne gris, quelle modernité, quelle humilité ! De source bien informée, ce Tweet devrait intervenir dans quelques minutes. Et attention, retenez votre souffle, le voici, qu'il est beau, qu'il est dense, qu'il est surprenant. Et son clip ! Admirez, dans cette fresque de la "classe moyenne", le dosage : des jeunes, des retraités, toutes les minorités ethniques représentées, et même un couple gay mâle (parlant) et un couple gay lesbien (muet, il ne faut pas exagérer). Savez-vous comment le couple gay mâle a appris qu'il figurerait dans le clip ? Lisez, nous vous le révélons en exclusivité.

Clip Clinton : couple lesbien

Et humble, on vous le disait : elle va partir seule, dans une camionnette rigolote, dans un "road trip" en direction de l'Iowa, à la rencontre des bouseux parmi les bouseux. Pas de journalistes : elle twittera ses rencontres. Savez-vous pourquoi ? Si elle commence sa campagne par l'Iowa, c'est pour effacer les souvenirs d'arrogance de sa campagne ratée de 2008, quand elle avait semblé vouloir être investie avant l'investiture. Ah oui, on oubliait de vous dire : il est aussi prévu qu'elle fasse de l'humour.

Le plus frappant, dans l'objet médiatique baptisé "entrée en  campagne de Hillary Clinton", non-événement qui sature étrangement toute la presse française, c'est la simultanéité parfaite des messages envoyés au public (le tweet d'annonce, le clip de candidature) et de l'exégèse surabondante de ces messages, au point que ce décryptage devient involontairement le message lui-même, soulignant l'hyper-lucidité de la machine décrypteuse.  Simultanéité ? C'est plutôt d'écrasement, que l'on pourrait parler, l'écrasement du message par son hyper-décryptage, un hyper décryptage qui s'applique consciencieusement à passer sous silence ce qui devrait pourtant nous concerner davantage que les péripéties en Iowa (ou les variations capillaires de la candidate) : les positions très "faucon" de la dame en politique étrangère, sur l'Irak avant-hier, ou la Syrie hier.  Comme pour vérifier une fois de plus la règle de proportionnalité inversée : plus le message est pauvre, plus abondant est son décryptage.

 

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18h58 lu

Russie : Poutine ne chevauchera plus de météorite

Par
Justine Brabant le 11/04/2015

Adieu Vladimir Poutine à dos de météorite, transformé en homme-hélicoptère, jouant à Risk avec Barack Obama ou proche, très proche de Dimitri Medvedev. L'agence russe de supervision des communications et des médias vient de publier une "mise à jour" de la loi sur les données personnelles, qui interdit la publication de mèmes (images ou vidéos virales) parodiques de personnalités publiques, relève le blog du Washington Post "Intersect".

Il ne s'agit pas d'une nouvelle loi, mais d'une "clarification" de la politique russe en vigueur. Elle pourrait avoir des effets spectaculaires sur le contrôle du net en Russie. L'agence de supervision des communications et des médias(Roskomnadzor) a annoncé mardi qu'il était illégal d'utiliser l'image d'une célébrité dans un mème lorsque "cette image n'a aucun rapport avec la personnalité de cette célébrité".


> Cliquez sur l'image pour zoomer <

Un exemple du type de détournement qui pourrait être interdit
(galerie plus complète de mèmes de Vladminir Poutine par ici)

Cette clarification est la conséquence d'une décision de justice : un juge russe a en effet donné raison, cette semaine, au chanteur Valeri Syutkin dans un procès qui l'opposait à un site internet ayant détourné son image. Sa photo y était accompagnée de la légende "donne une gifle à cette connasse" (une référence "qui n'est apparemment drôle que quand on connaît bien la pop russe", observe Slate). Une image qui constituerait une atteinte à la vie privée du chanteur, selon le juge moscovite. Plus généralement, ce type de détournement "constitue une atteinte à l'honneur, à la dignité et aux affaires des personnalités publiques", estime l'agence de supervision des communications et des médias.

Comment, concrètement, fonctionnera cette nouvelle interdiction ? Il faudra en fait que les personnalités concernées par les mèmes en question (la loi s'applique également aux comptes et sites parodiques) fassent une requête auprès de Roskomnadzor, qui pourra alors porter l'affaire devant la justice. Les sites internet concernés devront alors retirer ces images, ou faire en sorte qu'elles ne soient pas visibles des internautes russes, sous peine d'être bloqués, explique la journaliste Caitlin Dewey sur le blog du Washington Post, "Intersect".

"Dommage, car l'internet russe s'amusait beaucoup avec les mèmes sur Poutine, un président qui se prête particulièrement bien à ce genre d'exercice", relève Slate.


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Vague de mesures de contrôle du net

Cette annonce n'est pas isolée : elle s'inscrit dans une vague de mesures des autorités russes visant à mieux contrôler le net. Depuis août 2014, une loi oblige les responsables de blogs comptant plus de 3000 lecteurs à s'enregistrer auprès de Roskomnadzor, et à respecter les lois sur la presse. Cette loi oblige également les réseaux sociaux à conserver et mettre à disposition des autorités une sauvegarde de tous les contenus postés sur leurs sites durant les six derniers mois.

Quelques mois plus tôt, plusieurs sites et blogs, dont le blog d'Alexei Navalny et un portail d'informations fondé par Gary Kasparov, avaient été bloqués par les fournisseurs d'accès à Internet, sur demande du même Roskomnadzor. "La Russie profite ici d'un arsenal législatif spécialement taillé pour la censure en ligne, avec la constitution d'une liste noire officielle regroupant les sites interdits. Selon une procédure bien particulière, un site peut être mis à l'index en quelques heures", expliquait alors le site Numerama.

Le motif invoqué pour ces fermetures : avoir appelé à des manifestations non autorisées. Car l'arsenal législatif russe permettant ces blocages s'est progressivement étendu, expliquait encore Numerama : "Initialement, il s'agissait d'un texte visant à protéger les mineurs. Les premiers sites censurés étaient des sites contenant de la pornographie, relatifs au suicide, promouvant la drogue ou propageant des idées extrémistes. Or cette dernière notion, particulièrement floue, est l'une des clés du dispositif pour s'attaquer à d'autres sites n'entrant pas dans les catégories précédemment citées." Avec la mise au point juridique concernant les mèmes de célébrités, les autorités russes ont en main un outil supplémentaire à leur arsenal de contrôle.

L'occasion de (re)lire l'article de notre chroniqueur Rafik Djoumi sur l'histoire des mèmes : "Dix ans après, les Mèmes. Une brève histoire des lolcats, Star Wars Kids et autres Numa-Numas", et de revisionner notre émission sur l'image de Vladminir Poutine dans les médias occidentaux.

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14h19 suivi

"Lemotdepassedeyoutube" : TV5Monde admet une "bourde"

Par
la rédaction le 11/04/2015

C'était bien un gros raté, mais qui n'a pas permis à des pirates se revendiquant du groupe Etat islamique de cyber-attaquer TV5Monde. La diffusion par erreur, dans un reportage, du mot de passe Youtube de TV5Monde (révélée par @si jeudi) était bien une "bourde", concède le directeur de la chaîne. Mais cette imprudence était postérieure à l'attaque, et n'a donc pas pu servir les pirates.

"On ne fait pas fi du fait que c'est une bourde." Le directeur général de TV5Monde Yves Bigot, interrogé par l'AFP, fait amende honorable. La bourde en question avait été relevée par @si : au lendemain de la cyberattaque dont elle avait été victime, la rédaction avait involontairement diffusé son mot de passe Youtube. Pour le trouver, il suffisait de regarder le journal de 13 heures de France 2 du 9 avril. Un oeil averti pouvait distinguer, derrière l'épaule d'un journaliste de la chaîne piratée, une feuille accrochée au mur répertoriant des mots de passe :


> Cliquez sur l'image pour zoomer <

Parmi ceux-ci, le mot de passe du compte Youtube de la chaîne : "lemotdepassedeyoutube". Peu après que la révélation de cette imprudence par Arrêt sur images (mis sur la piste par le twittos @vinzniv), la rédaction web de la chaîne avait répondu : "Amusant, mais ce sont de vieux mots de passe". Faux : une simple tentative de connexion avait permis à @si d'établir qu'ils n'avaient été changés que... deux heures plus tôt. Autrement dit, plusieurs heures après leur diffusion dans le JT , ce qui aurait laissé le temps à des personnes malveillantes - ou farceuses - de diffuser des vidéos factices sur le net au nom de la chaîne.


> Cliquez sur l'image pour zoomer <

Vendredi soir, le directeur général de la chaîne a fini par admettre la "bourde". Il a tenu à rappeler que les pirates ayant attaqué la chaîne n'avaient pas profité de cette imprudence, car l'affichage de ces mots de passe était postérieur à l'attaque : "les codes n'étaient pas affichés avant, et n'ont rien à voir avec".

Mais la question essentielle reste : comment expliquer que cette attaque n'ait pas justement poussé la rédaction à plus de prudence concernant ses codes d'accès ? Également interrogée par l'AFP, la directrice du numérique de TV5Monde Hélène Zemmour explique l'affichage de ces feuilles au mur par des problèmes de communication entre journalistes du fait de l'attaque, justement : "Comme nous n'avions plus d'antenne, plus aucune messagerie en interne, plus aucun e-mail" à cause du piratage, "nous avons dû afficher de façon temporaire et transitoire des codes d'accès sur les murs afin que les journalistes qui auraient eu besoin de diffuser via le web puissent le faire de façon rapide."

L'occasion de relire nos articles sur le piratage de la chaîne : "Sur la piste des pirates de TV5Monde", et "L'expert en cyber-sécurité : d'où vient-il ? Comment infiltre-t-il les télés ?"

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17h43 vu

TV5 / documents militaires piratés : le gouvernement dément

Par
la rédaction le 10/04/2015

Des documents confidentiels mettant en cause des proches de soldats français ont-ils, oui ou non, été postés sur le compte Facebook de TV5Monde pendant le piratage dont a été victime la chaîne? Le ministère de la Défense affirme aujourd'hui que non.

"Des documents présentés comme des pièces d'identité et des CV de proches de soldats français impliqués dans les opérations contre l'Etat islamique ont été postés sur le compte Facebook de TV5 Monde". Voilà comment l'information, publiée d'abord dans une dépêche AFP, a été reprise hier par la plupart des sites de presse. Le Monde, Les Echos, L'Express, Europe 1, tous suivent l'AFP qui, dans sa formulation, reste prudente. Et pour cause : ces documents étaient alors en cours d'analyse pour déterminer leur authenticité.

Et à la télé ? Prudence du côté de TF1, qui évoque ces documents dans son 20h, tout en précisant que cette information n'a pas été confirmée par le ministère de la Défense. Un peu moins du côté de France 2 et France 3, qui affirment, au 13h puis dans Soir 3, que les pirates ont été "jusqu'à publier des informations sur certains soldats français engagés dans la lutte contre le terrorisme en dévoilant pièces d'identité ou carte vitale". France 2 rectifiera dans son 20h, en reprenant cette-fois la formulation de la dépêche AFP.

Des pièces d'identité et des cartes vitales de soldats français ? Ce n'est pas l'avis du ministère de la Défense qui, dans un communiqué publié cet après-midi, dément la diffusion de documents confidentiels relatifs à l'armée : "Après un examen minutieux de l'ensemble de ces documents par la chaîne de cyberdéfense des armées, les services du ministère de la défense et ceux du ministère de l'Intérieur, il s'avère qu'aucun de ces documents ne mentionne l'identité de militaires français ni de leur famille".

L'occasion de lire notre article : "Sur la piste des pirates de TV5Monde".

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09h15 le neuf-quinze

Val / Lapix, la question non posée

Par
Daniel Schneidermann le 10/04/2015

Et revoilà Philippe Val. Ce matin, avec les copains Cohen et Legrand de France Inter. Et hier soir chez Anne-Sophie Lapix qui (déjà avec le copain Cohen) recevait sur France 5 la Liberté d'Expression en personne. Plus précisément, le noble concept incarné en deux invités : Hélène Zemmour, directrice multimedia de TV5Monde, héroïne de l'attaque "d'une violence inouïe" contre la chaîne (laquelle chaîne ne semblait pourtant pas avoir opté pour des mots de passe inexpugnables) ; et Val, donc, auteur d'un livre dans lequel il pourfend la pernicieuse sociologie, qui excuse les odieux terroristes. "Aujourd'hui, quand on veut s'exprimer librement, on est sous protection. La liberté d'opinion aujourd'hui, c'est une plante tropicale cultivée dans le grand Nord".

Soudain, Lapix, sans transition : "On a reçu des membres de Charlie Hebdo, qui étaient venus nous parler de la renaissance de leur journal". Apparait une séquence de treize secondes de la journaliste Zineb el Rhazoui, où il est question de transparence et d'argent. "La transparence est un souci pour nous tous". Apparait ensuite Luz, qui se fend d'une déclaration sibylline : "on a besoin de travailler de manière collective, différemment"."Depuis, complète Lapix, il y a eu , sur l'emploi des sommes récoltées après les attentats. Ces inquiétudes sur l'argent sont légitimes ?" Val, magnanime : "Ca fait six ans que je suis parti de Charlie, je ne veux pas me mêler de ça, je ne veux pas dire quoi que ce soit qui puisse compliquer leur situation."

Et c'est tout. Pourquoi cette soudaine irruption de l'argent dans un débat de haute tenue sur la liberté d'expression ? Mystère. Les télespectateurs ne sauront pas.

Ce que ne rappelle pas la pourtant percutante Anne-Sophie Lapix, c'est qu'un groupe de onze salariés de Charlie, constitué après les attentats, réclame une redistribution des actions du journal à tout le personnel. Et pourquoi ? Parce qu'on a découvert alors les faramineux dividendes empochés en son temps par Val, notamment après les bonnes ventes de la fameuse couverture "C'est dur d'être aimé par des cons" (300 000 euros pour la seule année 2008, et 1,6 million pour tout l'exercice de son mandat de directeur, selon BFMTV). Pourquoi ces pudeurs ? La liberté d'expression, cette plante tropicale, ne parvient-elle pas à s'épanouir dans le grand Nord du plateau de C à vous ? Si Lapix a besoin d'une protection policière pour interroger Val, surtout qu'elle n'hésite pas à la demander.

 

Val Lapix

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16h44 lu

Macron remonte-t-il les bretelles de Drahi ? (Le Monde)

Par
Anne-Sophie Jacques le 09/04/2015

Attention, le nouveau Macron est arrivé. Selon Le Monde, le ministre de l’économie apparaît aujourd’hui moins hésitant qu’à ces débuts. Fini les faux-semblants : Macron exige à la fois des réformes mais aussi l’exemplarité des grands groupes et notamment dans leur relations avec leurs fournisseurs. Dans son viseur : Patrick Drahi, président d’Altice-Numericable qui s’est offert SFR et qui, depuis, pressure les fournisseurs de l’opérateur. L’attitude du Macron-nouveau tranche en effet avec sa discrétion sur ce sujet comme le racontait… Le Monde en mars dernier.

Vous allez voir ce que vous allez voir. A en croire Le Monde, le ministre de l’économie Emmanuel Macron est désormais un social-libéral "décomplexé". Fini les hésitations, fini les faux-semblants – l’article ne dit pas si les bourdes du ministre appartiennent également au passé. Selon le quotidien, "ces dernières semaines, la mue est même impressionnante : à chacune de ses prises de parole, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée enfonce le clou, plébiscitant un jour les baisses de charges, attaquant un autre les augmentations de salaire."

Macron Le Monde

Ça, c’est pour le côté libéral. Côté social (?), "le ministre compte mettre l’accent ces prochaines semaines sur «l’exemplarité» des grands groupes. Il se dit ainsi prêt à clouer au pilori ceux qui imposent des délais de paiement trop élevés à leurs fournisseurs". Cité par le quotidien, le ministre assure qu’il n’hésitera pas "à donner publiquement les noms des entreprises qui ne respectent pas la loi. Il a d’ailleurs commencé à le faire avec SFR-Numericable et Patrick Drahi".

Drahi cloué au pilori par Macron ? Il faut dire que le patron d’Altice-Numericable mais également actionnaire du nouveau pôle média qui regroupe Libération, L’Express-L’Expansion et la chaîne de télé internationale i24news basée en Israël semble prendre quelques libertés avec le règlement des factures des prestataires de SFR. Dans une longue enquête publiée en février dans Les Echos, il apparaît que depuis l’arrivée de Drahi aux commandes fin novembre, "les très nombreux fournisseurs et prestataires sont mis sous tension. […] Pour faire plier certains fournisseurs, Drahi n’hésite pas à cesser de les rémunérer pendant plusieurs mois."

Une situation rocambolesque : certaines boutiques Numéricâble ne sont pas approvisionnées en téléphones de démonstration tandis que les salariés du groupe se passent de papier dans les imprimantes faute d’avoir réglé les factures. Une gestion de "cost killer" bien connue chez Numericable comme le rappelle le site de BFM Business puisque depuis 2008 le câblo-opérateur a été condamné 12 fois pour impayés.

Des méthodes qui n’ont encore intéressé ni Libé ni L’Expansion (hormis au détour d'une reprise de l’AFP ici et ) mais qui ont été épluchées en mars par Le Monde – dont Xavier Niel, l’un des actionnaires et par ailleurs patron de Free, est en compétition ouverte avec Drahi. Le quotidien annonçait la mise en place d’une médiation entre le groupe et le syndicat qui regroupe la plupart des fournisseurs et autres prestataires de Numericable-SFR. On apprenait surtout que le 23 mars dernier, Macron, accompagné de la secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire, recevait Drahi. Le dossier des fournisseurs a-t-il été abordé ? Réponse du ministre, d’une pudeur de violette et sans pilori : "tous les sujets d’actualité de l’entreprise ont été évoqués et nous ne ferons pas d’autres commentaires". Mais ça, c’était le Macron d’avant.

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15h34 grrr !

Cameron et la petite fille

Par
Alain Korkos le 09/04/2015

La journaliste du Monde Marion van Renterghem a publié aujourd'hui un tweet intitulé De l'usage politique des photos : à gauche, Cameron fait mourir d'ennui la petite fille. À droite, elle est illuminée.


> Cliquez sur l'image pour zoomer <


Son commentaire donne à penser que le Guardian, journal de gauche, a publié une photo ridiculisant Cameron alors que le Telegraph, de droite, en a publié une plus favorable, les deux journaux faisant ainsi paraître en même temps deux images contradictoires du même événement en fonction de leurs préférences politiques. Ce n'est pas tout à fait exact et pour s'en rendre compte, il est nécessaire d'examiner les deux unes dans leur intégralité.

Commençons par le Guardian :

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La légende au-dessus de la photo est une parodie de citation de Cameron : « … Et voilà notre programme à long terme pour les familles qui travaillent bien ». La gamine, terrassée par ce discours, mille fois entendu, semble s'être endormie. Au-dessous de la photo, une légende plus conventionnelle explique que Cameron apportait hier son aide à la lecture dans une école de Bolton.

Cette photo, avant que d'être publiée à la Une du Guardian papier, a fait hier le tour du ouèbe et a déclenché de nombreux commentaires souvent ironiques (le site de la BBC a collationné quelques tweets à ce propos, voir par là).

Le Telegraph, qui penche nettement du côté de Cameron, a voulu aujourd'hui rétablir la vérité en publiant deux photos du Premier Ministre et de la gamine :

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« Ennuyée par les élections ? Non, ce n'est qu'un fou-rire », titre en rose le Telegraph au-dessus des photos. Et sous la plus grande d'entre elles, cette explication plus détaillée : «Au premier abord Lucy Haworth, six ans, semble avoir succombé à l'ennui au moment où la campagne électorale passe par son école, à Bolton. En réalité, elle s'écroulait de rire en lisant avec David Cameron parce qu'elle venait de buter sur un mot. Elle a vite repris ses esprits (voir ci-dessus) quand le premier ministre l'a rassurée en lui disant que tout ça était bien compliqué. »

Cette une n'est donc pas une vision partisane d'un événement, mais une mise au point sur ce qui s'est réellement passé. Et l'on voit par là qu'encore une fois, c'est la légende qui fait la photo.

Sauf que le Telegraph, voulant servir son seigneur et maître, en est venu à bidonner lui aussi. Examinons les deux photos, ou plus exactement les pages du livre feuilleté par Cameron :

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La photo d'en haut ne nous montre pas, comme le prétend le Telegraph, la gamine qui a repris ses esprits après son fou-rire. Elle nous montre l'instant d'avant, avant que Cameron ait fini de tourner la page de gauche du livre. C'est après avoir effectué ce geste, après la faute de lecture de la petite fille, que cette dernière a posé sa tête sur le livre. À trop vouloir bien faire…

 

Mille remerciements à Mrs Marple.

L'occasion de lire ma chronique intitulée Un palindrome pour l'Écosse (ou pas).

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