Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h00 vu

Hamon : docile hier, frondeur aujourd'hui

Par
la rédaction le 22/10/2014

La solidarité gouvernementale varie selon les postes. Invité de RFI ce mercredi 22 octobre, le député PS Benoît Hamon a justifié son abstention lors du vote du volet recettes du budget 2015 en ces termes : "J'ai fait un choix hier de m'abstenir qui est cohérent avec les raisons pour lesquelles je ne suis plus membre du gouvernement", a-t-il déclaré. En clair, il ne cautionne pas "une politique économique qui privilégie la réduction des déficits, de la dépense publique pour financer 40 milliards d'aides et de soutien aux entreprises".

Une fronde du député Benoît Hamon que n'aurait pas cautionné... le ministre Hamon Benoît, il y a seulement quatre mois, comme l'a constaté Le HuffingtonPost. Sur France inter, en juin 2014, celui qui était encore ministre de l'Education s'adressait aux députés frondeurs en leur demandant le contraire de ce qu'il vient de faire, c'est-à-dire "qu'on se rassemble derrière les textes qui sont des textes budgétaires".

 



Abonnez-vous !
|

15h58 grrr !

Staline dans les Vosges...

avec sa paire de ciseaux et son pot de colle !

Par Alain Korkos le 22/10/2014

En mai dernier, Michel Heinrich, député-maire d'Épinal, participait à l'inauguration d'un monument aux morts dans la petite commune de Rehaincourt, dans les Vosges. Un hebdomadaire local rendit compte de l'événement qu'il illustra avec une photo sur laquelle le député-maire fut effacé, remplacé par une brave dame anonyme à lunettes. Staline incognito était en visite dans les Vosges, avec sa paire de ciseaux et son pot de colle…

avant


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Le député-maire d'Épinal est à droite,
il regarde l'objectif
Image © FR3 Lorraine


après


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

La brave dame à lunettes a remplacé
le député-maire
Image © FR3 Lorraine


Et voici maintenant l'image qui a permis le collage où l'on peut voir à la fois le député-maire et la brave dame à lunettes :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Image © FR3 Lorraine


Michel Heinrich a porté plainte contre L'Écho des Vosges, propriété de l'industriel Alain Thirion, vieil adversaire politique du député-maire. Ce dernier vient de demander au tribunal un euro de dommages et intérêts, le jugement sera rendu le 12 décembre. Le temps, probablement, que les juges contemplent de vieilles photos soviétiques pleines d'enseignement :

Molotov à gauche, Staline au centre et Iejov à droite sur la rive du canal de Moscou, photo prise avant 1940 :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Molotov à gauche, Staline au centre et plus personne à droite sur la rive du canal de Moscou, parce que le camarade Nikolaï Ivanovitch Iejov a subitement disparu contre sa volonté en 1940 :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Staline adorait la photo. Le voici avec quelques-uns de ses collaborateurs, avant…

nouveau media


… et après quelques purges salvatrices.

Staline avait de qui tenir car chez Lénine déjà, on avouait une certaine passion pour ce medium. Sur ce cliché, probablement pris en 1919, figurent Lénine au centre, Trotsky en uniforme à droite, Kamenev à gauche avec casquette et lunettes, et Khalatov derrière, entre Lénine et Trotsky :

nouveau media

Au fil des purges, Trotsky, Kamenev et Khalatov ont disparu de la vraie vie et de la photo rééditée en 1967 dans un ouvrage intitulé V.I. Lénine dans l'art de la photographie :

nouveau media

Il existe bien d'autres photos retouchées de ce genre, et pas seulement en URSS. On voit par là que L'Écho des Vosges s'inscrit dans une longue tradition qui met à l'honneur les petits métiers, et fait la fierté de nos nations !

L'occasion de lire ma chronique intitulée Kim Jong-il, clone triste en Corée encore où il est grandement question de montages photographiques.

Abonnez-vous !
|

12h32 suivi

Des expertes, y compris dans le numérique !

Par
Laure Daussy le 22/10/2014

Dans certains domaines, il n'y aurait pas de femmes expertes. C'est un argument que l'on entend souvent pour justifier la faible proportion -20%- de femmes invitées sur les plateaux (selon le dernier rapport du CSA). Pour y remédier, l'association Girlz in web vient de lancer un annuaire en ligne des femmes expertes dans le domaine du numérique.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"E-Commerce", "Crowdfunding", "gaming", mais aussi, plus technique, "développement CSS", développement PHP", "technique DBA", "Cloud Computing"... Dans tous les domaines du numérique, le site "Les expertes du numérique" propose plusieurs noms de femmes. Au total, 150 noms sont proposées à destination des médias ou des organisateurs de conférence, et l'annuaire a vocation à s'étoffer. Le site incite à proposer d'autres expertes. Pour en faire partie, il faut avoir au moins trois ans d'expérience dans son domaine, et remplir l'un des critères suivants : publication d'article en ligne, intervention lors d’un événement professionnel, prise de parole dans les medias ou encore expérience dans l'enseignement.

experteL

"L'objectif est de promouvoir la visibilité des femmes dans le numérique" explique Marine Aubin, co-présidente de l'association Girlz in web. Une récente étude du Syntec (1er syndicat professionnel de l’écosystème numérique français) estimait que 28% de femmes travaillent dans les entreprises du numérique. Certains métiers de ce domaine sont déjà largement féminisés (marketing web, community management,...) mais dans d'autres elles restent encore rares (développeuse, data-scientist). Aubin souligne un problème d’"'identification" et d'orientation" vers ces métiers.

"Il n'y a aucun modèle de femme auquel s'identifier, les "grands" ingénieurs en informatique sont des hommes, comme Bill Gates ou Steve Jobs. Les conseillers d'orientation n'orientent pas les jeunes femmes vers ce type de métiers, ce n'est pas dans leurs schémas mentaux. Si elles s'intéressent à ce domaine, on leur conseille de travailler dans le marketing, mais pas de devenir développeuse" déplore-t-elle. "Même dans des métiers déjà féminisés comme le "social média", on continue à n'inviter que des hommes", ajoute-t-elle. "Ainsi, une récente conférence sur ce thème a réuni une seule femme pour 9 hommes". Sur l'annuaire en ligne pas moins de 35 expertes sont proposées dans cette rubrique "social media".

Nous évoquions aussi un autre guide des expertes qui proposait 400 noms d'expertes sur plusieurs domaines. Retrouvez aussi notre émission sur le sujet.

Abonnez-vous !
|

11h33 flash

Watergate : mort du rédac-chef du Washington Post

Par
Alain Korkos le 22/10/2014

Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post de 1965 à 1991 qui couvrit l'affaire du Watergate avec Bob Woodward et Carl Bernstein, vient de mourir à l'âge de 93 ans.

En juin 1972, des cambrioleurs étaient arrêtés dans l'un des immeubles du Watergate à Arlington, en Virginie (le Watergate est un complexe immobilier situé au bord du fleuve Potomac, d'où son nom). Ces "cambrioleurs" étaient en réalité venus poser des micros au siège du Parti démocrate, alors en pleine campagne électorale pour la présidentielle. Très vite, le FBI soupçonna ces espions d'être pilotés par la Maison Blanche où siégeait le Président Nixon, membre du parti républicain. Nixon nia, l'affaire n'intéressa pas grand-monde et il fut réélu en novembre de la même année.

Bob Woodward et Carl Bernstein, journalistes au Washington Post, continuèrent toutefois d'enquêter grâce au soutien de Ben Bradlee, leur rédacteur-en-chef, et parvinrent à faire toute la lumière sur l'affaire qui se solda par la démission de Richard Nixon. Leur histoire donna lieu à un film d'Alan J. Pakula, Les Hommes du Président (1976), d'après un livre de Woodward et Bernstein.

nouveau media

Bob Woodward, Carl Bernstein et Ben Bradlee
dans la salle de rédaction du Washington Post
, 1973


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Assis : Bob Woodward interprété par Robert Redford,
Carl Bernstein interprété par Dustin Hoffman
et Ben Bradlee interprété par Jason Robards
dans Les Hommes du Président (1976)

nouveau media

Mini-conférence de rédaction
dans le bureau de Ben Bradlee, 1973

nouveau media

La même scène, dans le film

nouveau media

Ben Bradlee devant la forme de la une
du Washington Post annonçant la démission
de Nixon, 9 août 1974

nouveau media

Ben Bradlee au centre, Carl Bernstein à gauche
et Bob Woodward à droite en 2005
Capture d'écran The Guardian

Avec la mort de Ben Bradlee, c'est une légende, une icône du journalisme américain qui s'en va. L'ancien rédac-chef du Washington Post avait avoué, dans ses mémoires, n'avoir jamais eu aucun conseil à donner aux journalistes hormis cette maxime empruntée à son instituteur : « Faites de votre mieux aujourd'hui, et encore mieux demain » qu'il adapta à son métier : « Faites paraître ce qu'il y a de mieux et de plus honnête comme journal aujourd'hui, et faites mieux demain. »


L'occasion de lire ma chronique intitulée Last but not least, la dernière une de Newsweek.

Abonnez-vous !
|

09h15 le neuf-quinze

Filoche, le cas pendable

Par
Daniel Schneidermann le 22/10/2014

Il existe donc, au PS, une "haute autorité", indépendante de la direction, et chargée de trancher les cas éthiquement complexes. Elle n'a jamais connu du cas Thévenoud. Elle a failli voir arriver sur son bureau le cas Guérini, mais le dossier semble s'être perdu en route. Elle va connaître du pendable cas Gérard Filoche, auteur du tweet ci-dessous, au lendemain de la mort du PDG de Total Christophe de Margerie.

Filoche tweet Margerie

Présidée par Jean-Pierre Mignard, qui entre autres titres, est avocat de Mediapart et, parait-il, ami proche de François Hollande -ce qui suffit à témoigner de son ouverture intellectuelle- la haute autorité trouvera certainement un moyen de lui taper sur les doigts après quelques mois de réflexion, en le maintenant évidemment à la direction du PS, où il a précisément pour fonction implicite de dire ce qu'il a dit, et de tweeter ce qu'il a tweeté , c'est à dire d'exprimer outre des analyses solitaires sur le droit du travail, les colères tripales de la gauche, comme ses douleurs consubstantielles (ci-dessous, pour mémoire, ses mémorables sanglots en apprenant les aveux de Cahuzac).

Evidemment, ce tweet est non seulement odieux, s'agissant d'un mort, mais surtout stupide. Le successeur, cher Filoche, nous "volera" exactement tout autant que le défunt. Si Total paie si peu d'impôts en France, il ne le doit pas à la ruse de Arsène Margerie Lupin, mais au jeu de toute une série de dispositions fiscales, votées ou maintenues par vos amis socialistes, et l'autorisant à le faire. Le successeur en fera autant, la moustache et le whisky en moins. Avec la bénédiction de tous vos camarades du Bureau National du PS.

Mais tout au long de la journée d'hier, la violence verbale changea de camp. On aurait dit que Filoche s'était rendu coupable de trahison devant l'ennemi. Jamais le terme de "classe médiatico-politique" n'avait si bien mérité son nom. De la colère froide de Valls à la colère rentrée de Patrick Cohen, instruisant le "cas Filoche", sur le plateau de France 5, devant Laurence Dolorosa Parisot, en passant par ces "dizaines" (assure Le Monde) de députés socialistes demandant son exclusion du parti, le concert disait où sont leurs amitiés, leurs évidences, leurs points aveugles, vers où les portent leurs tropismes. Irrésisitiblement, malgré nous, cette unanimité nous ramenait dans le camp de l'odieux auteur de la fausse note, ce porteur de colères si indécentes, si inaudibles, si indicibles, si stupides, si nécessaires.

 

 

 

 

 

 

Abonnez-vous !
|

17h48 suivi

Dieudonné et Soral lancent un parti sur fond d'antisémitisme (Mediapart)

Par
la rédaction le 21/10/2014

Le FN étant trop "pro-israélien" à son goût, Alain Soral a décidé de créer son propre parti politique avec Dieudonné. Mediapart s’est procuré les statuts de la future organisation qui doit s’appeler "Réconciliation nationale".

dieudonne

Un succès en ligne se traduit-il par un succès dans les urnes ? Lorsque Soral et Dieudonné s'étaient présentés aux élections régionales sur une liste "antisioniste" en 2009, ils n'avaient obtenu que 1,30% en Ile-de-France. Cette fois-ci, Alain Bonnet, dit Soral, et Dieudonné M’bala M’bala ont créé un nouveau parti, intitulé "Réconciliation nationale", dont ils seront tous deux co-présidents. Ils ont simultanément créé une Association de financement pour bénéficier des aides publiques en cas d’élection, et préparent leur demande d’agrément auprès de la commission des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Pourquoi la création de ce parti ? Un temps proche du FN, dont il a été membre du comité central de 2007 à 2008, Soral semble rompre définitivement avec le parti de Marine Le Pen. Dans une vidéo diffusée le 6 septembre et intitulée "la trahison de Chauprade" du nom d'un conseiller de Marine le Pen, Soral annonce son projet de "se dissocier totalement du Front national", et de "rouler pour lui-même, en tant que parti politique", à la suite des prises de position "pro-israéliennes" de Chauprade. Le patron d’Égalité et Réconciliation explique avoir été "sollicité" par Chauprade pour le soutenir lors des élections européennes, et d'avoir donc incité des "patriotes musulmans" à voter pour lui. "Il m'a trahi totalement" dit Soral, le traitant allégrement de "fils de pute". La raison de la colère de Soral ? Un texte publié en août par Chauprade, "face à la question islamique", que Soral estime être "un texte de soumission au sionisme".

Egalité et Réconciliation au service du parti

L’association Égalité et Réconciliation (E&R) devrait être mise au service du futur parti politique. Selon les documents que Médiapart s'est procuré, le parti Réconciliation nationale est domicilié au 3, rue du Fort de la Briche, à Saint-Denis (93), précisément là où est déjà installée Égalité et réconciliation. Depuis quelques mois, "E et R" profite d’une vague d’adhésions suite aux mesures d'interdiction des spectacles de Dieudonné et compterait aujourd’hui 12 000 inscrits, selon Mediapart.

Comme pour l'association, "Réconciliation nationale" risque d'être marqué par une certaine obsession antisémite. Dans sa dernière vidéo, le 18 octobre, Dieudonné s’est ainsi lancé dans une longue tirade contre le Congrès juif mondial, et son président Ronald Lauder. "Ronald Lauder. Ouais, ouais l’odeur. Ouais, il porte bien son nom. Quand il ouvre la bouche, c’est vrai (…) même une mouche à merde, s’est évanouie… Alors vous imaginez l’odeur… C’est un multi milliardaire Lauder. Il achète des tableaux à 140 millions comme toi tu achètes un Pif gadget. Il met ça au-dessus de sa cheminée, il regarde ouais, je suis content, et quand il a plus de feu, il met ça au feu. Ils ont du pognon… Il chie le fric."

"Insister lourdement sur la confidentialité"

Face à la vague d'adhésions, le groupuscule Egalité et réconciliation s'est réorganisé. Mediapart s'est également procuré son nouveau protocole de recrutement, qui pourrait aussi servir au futur parti. Tout est fait pour éviter d'éventuel "infiltrés". Ainsi, le responsable de section doit effectuer "des recherches préventives" pour obtenir des éléments "d’ordre professionnel ou personnel" . Toute nouvelle recrue fait l'objet d'un entretien. Le premier rendez-vous est aussi important: il "devra être fixé dans un lieu public, fréquenté, et facilitant le contrôle visuel de la zone", "où l’on se rendra un quart d’heure en avance afin de surveiller tout élément suspect". Le chef de section confronte ses recherches à la présentation du demandeur : "situation familiale, vie professionnelle, type de lectures, connaissance d’ER et des ouvrages d’Alain Soral, (…) expériences politiques, casier judiciaire". Le futur adhérent est briefé sur la sécurité et la confidentialité : "insister lourdement sur ce point en imposant une certaine pression au membre afin qu’il soit tout de suite dans le bain", précise le protocole.

Rappelons que Soral est sous le coup d'une série de poursuites judiciaires. Le 17 octobre, il comparaissait à Paris pour "incitation à la haine et la discrimination" après ses propos sur le journaliste Frédéric Haziza. Au même moment, le site d’Alain Soral recensait avec fierté ses litiges judiciaires – une quinzaine – en chiffrant à 476 792 euros les dommages et intérêts réclamés par ses adversaires. Il vient également d’être condamné en appel pour ses injures contre l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë. Le mois prochain, Alain Soral doit aussi comparaître en appel pour la publication de cinq livres antisémites par sa maison d’édition Kontre Kulture. Le tribunal correctionnel de Bobigny a interdit L’Anthologie des propos contre les juifs, Le Judaïsme et le Sionisme de Paul-Éric Blanrue, et ordonné le retrait de passages de quatre autres livres parmi lesquels La France juive d’Édouard Drumont (@si l'évoquait ici). De son côté, Dieudonné, a été à plusieurs reprises condamné pour des propos antisémites, (@si détaillait ses condamnations ici) et mis en examen en juillet pour fraude fiscale et abus de biens sociaux.

En septembre 2013, le matériel militant utilisé par Égalité et Réconciliation a fait l’objet d’une dispute entre Alain Soral et la compagne de Dieudonné, Noémie Montagne, qui dirige plusieurs sociétés de la galaxie Dieudonné. Nous l'évoquions ici. Retrouvez aussi notre dossier "Dieudonné, et ses quenelles piège-médias".

Abonnez-vous !
|

17h22 buzz

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? refusé aux USA : raciste ou pas drôle ?

Par
Anne-Sophie Jacques le 21/10/2014

Encore un coup des Américains pudibonds ! Le Point nous apprenait récemment que le film Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu – 12 millions d’entrée dans les salles françaises – ne sortira pas aux Etats-Unis car trop politiquement incorrect. Entendez : limite raciste. Rien à voir, estime pour sa part le correspondant à Paris du Hollywood reporter cité par France-Amérique, journal français des Etats-Unis, qui trouve le film ni drôle ni fin.

Grosse déception pour le distributeur du film Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu : malgré le carton en France, le film ne sortira pas aux Etats-Unis. Selon Sabine Chemaly, la directrice internationale des ventes de TF1 interrogée par Le Point qui révèle l’information, ses contacts l'ont trouvé "politiquement incorrect. Jamais ils ne se permettraient aujourd'hui de rire sur les Noirs, les Juifs ou les Asiatiques". Pour l’Obs qui reprend le scoop du Point, c’est dit : "aux Etats-Unis, on ne rit pas avec les Juifs, les Noirs ou les arabes."

Des propos qui ont scandalisé le correspondant à Paris du Hollywood reporter Jordan Mintzer cité par France-Amérique, le journal français des Etats-Unis. Le correspondant, qui avait publié une critique négative du film dans Hollywood reporter, une des deux grosses publications sur l’industrie du cinéma aux Etats-Unis, affirme qu’il est "très rare que ce genre de comédies populaires à la française soient achetées aux Etats-Unis. Dire que c’est à cause du public américain qui n’a pas de tolérance et d’humour, c’est un peu facile. Il n’y a qu’à voir les blagues sur le racisme et l’antisémitisme de Larry David, Louis C.K. ou Chris Rock."

Mintzer rappelle également que lorsque Les garçons et Guillaume, à table ! a été refusé aux Etats-Unis, le vendeur du film accusait déjà les Américains d’avoir trouvé le film homophobe.

France-Amérique

Pour le correspondant, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu est simplement... ni drôle ni fin : "lorsque les Américains touchent à un sujet sensible, ils le font avec un peu plus d’intelligence, de finesse […] Le film est très premier degré, l’Asiatique qui fait du kung-fu, le Juif qui veut faire des affaires en vendant des produits bio casher, c’est sans profondeur. Intouchables était plus fin et a eu un bon accueil aux Etats-Unis. C'est du Lubitsch par rapport à Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu". Bon accueil pour Intouchables ? Ce n’est pas l’avis du Parisien qui rappelle qu’à la sortie du film aux Etats-Unis, le magazine Variety – concurrent de Hollywood reporter – jugeait qu’Intouchables flirtait avec un racisme digne de la Case de l'Oncle Tom.

Cela dit, John Kochman, l'un des principaux distributeurs de films français aux Etats-Unis, cité également par France-Amérique, assure qu’Intouchables a très bien marché aux Etats-Unis "car les personnages étaient entiers et avaient du cœur" contrairement aux personnages de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu, "trop stéréotypés, irréels, rendant impossible pour un Américain le fait de s’identifier". Et d’ajouter : "des cathos français gaullistes un peu coincés, vivant dans la région des châteaux de la Loire, ça ne leur parle pas vraiment". Conclusion de Kochman : "le vrai problème de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu, c’est de ne pas être mieux qu’un téléfilm lourd".

France-Amérique pose alors la bonne question : les Américains et l'humour français sont-ils incompatibles ? Côté français, "la comédie se différencie par son aspect social, une lutte des classes généralement absente des comédies américaines". De plus, "le cinéma français basé sur les gags visuels a été remplacé par des comédies de dialogues, du Père Noël est une Ordure, au Dîner de cons", moins faciles à traduire. Tandis que du côté américain, les comédies reposent davantage "sur des gags absurdes, grotesques, burlesques". Avant de rappeler que "le genre comique est aujourd’hui le plus difficile à exporter à l’étranger, que le film soit français ou américain."

>> La question de France-Amérique renvoie à celle posée par Rafik Djoumi ici-même, dans l’émission D@ns le film : les Français sont-ils rebelles à un certain humour américain ? A voir ou à revoir pour comprendre pourquoi le comique à la Judd Apatow – American Pie – peine à s’imposer en France.

Abonnez-vous !
|

15h30 lu

8500 euros, prix d'une conférence de François Lenglet

Par
Anne-Sophie Jacques le 21/10/2014

A 8 500 euros la conférence, le beurre dans les épinards de François Lenglet peut être savoureux estime le site Acrimed qui relaie une information publiée dans le quotidien régional l’Est éclair. En effet, le journaliste économiste qui exerce à la fois sur France 2 et RTL est attendu en décembre à Troyes pour une conférence sur l’opportunité – ou non – de réindustrialiser la France avec, à la clé, un gros chèque. Un chèque pas si gros, se défend Lenglet dans un courrier adressé à l’Est éclair.

Ce n’est pas à proprement parler un ménage. Pour autant, la prestation de François Lenglet, attendu à Troyes le 4 décembre prochain, fait "jaser" selon le quotidien l’Est éclair repris aujourd’hui par le site Acrimed. Le journaliste de France 2 – qui tient également une chronique quotidienne sur RTL – donne en effet une conférence autour du thème "industrie-service : le match du siècle". Prix de la prestation, payé par Le Cercle des services, club de patrons d'entreprises de services de l'Aube, qui invite Lenglet : 8 500 euros. Une somme en partie financée par de l’argent public selon le quotidien puisque ce club reçoit les subventions de différentes collectivités. Acrimed Lenglet

Mis en cause, Lenglet a tenu à se justifier en envoyant ses explications à l’Est éclair. Selon lui, il ne touchera que la moitié du chèque final. Il affirme également que son contrat de travail avec France 2 l’autorise à intervenir "dans le prolongement de [son] activité d’essayiste". Il estime enfin qu’"une conférence, c’est un travail, au même titre qu’un livre ou un article qu’on publie". Reste que, pour Acrimed, une conférence à 4 000 euros et des brouettes, c’est très bien payé. Mais l’Observatoire critique des médias s’en prend surtout aux propos de Lenglet quand ce dernier, dans ses éditos du Point qu’il écrivait jusqu’au mois de juin, fustigeait les excès et les privilèges de certains salariés… et notamment ceux qui bénéficient de régimes spéciaux de retraites, "privilèges désuets" selon Lenglet. Conclusion moqueuse d’Acrimed : "rien à voir avec les «privilèges désuets» de certains journalistes qui facturent des conférences d’une heure à plus de 4 000 euros".

Pour revoir notre émission avec l’économiste chauve le plus célèbre de France, c’est ici >>

Abonnez-vous !
|

11h27 buzz

Zizi sexuel de Zep : (encore une) polémique

Par
Alain Korkos le 21/10/2014

L'exposition Zizi sexuel réinvestit la Cité des sciences et de l'industrie où elle a vu le jour il y a sept ans, et se heurte à l'association SOS Éducation qui lance une pétition contre elle.

nouveau media


L'exposition Zizi sexuel, d'après l'oeuvre de Zep, réinvestit la Cité des sciences et de l'industrie où elle a vu le jour il y a sept ans. À l'époque, l'association SOS Éducation, qui s'était élevée contre cette expo jugée par elle indécente, avait fait circuler une pétition qui recueilli 8 000 signatures. Elle réitère aujourd'hui avec un texte rédigé à l'attention du Ministre de l’Éducation nationale totalisant pour l'heure 38 500 signatures. Les arguments de SOS Éducation ? Les voici résumés :

- À l’heure où les savoirs fondamentaux sont de moins en moins maîtrisés, est-il réellement judicieux de prélever encore une demi-journée sur le temps d’apprentissage des élèves pour les emmener voir cette expo qui montre des zizis en érection ou leur enseigne la masturbation ?

- Les parents sont mis à l'écart dans cette expo qui comporte un espace réservé aux enfants, « interdit aux adultes ! » ! Que s'y passe-t-il ? Mystère…

L'association exige donc que « tous les directeurs d’école qui décideront d’envoyer des classes à l’exposition Zizi sexuel [devront informer] préalablement les parents du contenu de cette exposition, y compris de la présence de mannequins qui simulent l’érection et l'éjaculation, et [devront] donner aux parents le droit de s’opposer à ce que leurs enfants s’y rendent ».

De son côté, la Cité des sciences et de l'industrie se demande pourquoi le retour de cette exposition est nécessaire et répond à la question :

« Après son formidable succès en 2007 puis un voyage de 7 ans en Europe et dans toute la France, Zizi Sexuel l’expo revient à la Cité des sciences et de l’industrie.

Aujourd’hui, le contexte a sensiblement changé : la multiplication des réseaux sociaux et l’usage de l’internet peuvent entraîner certaines dérives comme l’accès de plus en plus précoce à la pornographie et des atteintes à la vie privée et à l’image d’autrui. Pourtant, les questions des enfants de 9 à 14 ans autour de l’amour, de la puberté et de la sexualité sont fondamentalement les mêmes.

À l’heure de la législation sur le mariage pour tous, les propos homophobes ne diminuent pas, et les injures sexistes restent encore trop souvent entendues dans les cours de récréation.

Zizi sexuel l’expo a donc un bien un rôle à jouer car elle prône des valeurs essentielles comme le respect de l’autre et de soi-même, le consentement mutuel, l’égalité des sexes, valeurs qui s’appliquent en amour comme ailleurs. »

L'exposition, ouverte depuis le 14 octobre, sera visible jusqu'au 2 août 2015. Elle comporte cinq parties :

être amoureux / amoureuse

nouveau media

la puberté

nouveau media

faire l'amour

nouveau media

faire un bébé

nouveau media

ouvre l'oeil

nouveau media


Cela dit, que les militants de l'association SOS Éducation se rassurent car les enfants, dotés d'un solide bon sens, ne sont pas aussi dégoûtants que leurs parents :

nouveau media
Tous les dessins sont de Zep, évidemment


L'occasion de lire ma chronique intitulée Ceci n'est pas une chatte.

Abonnez-vous !
|

09h17 le neuf-quinze

Notre pote Christophe (de Total)

Par
Daniel Schneidermann le 21/10/2014

Le savait-on ? La France entière a brutalement perdu un copain, un bon pote, atypique, fraternel, truculent, pas chichiteux, toujours prêt pour une bonne partie de rigolade jusqu'au bout de la nuit. Sacré Christophe ! Parler de Christophe, à des oligarques russes ou chinois, ou à des émirs du Golfe, et c'était la franche marrade assurée, la fraternisation immédiate, à l'évocation de la moustache, la fameuse moustache, la big moustache, une moustache taillée sur mesure pour le Barthes des mythologies, icône à elle toute seule de tous les atypismes, de toutes les transgressions. Dans le civil, PDG de Total, c'est dire s'il en avait, des bonnes histoires à raconter, sur les patrons et les ministres, surtout les ministres, ces culs serrés qui ne veulent pas entendre parler de gaz de schiste. Ah, maudit conducteur russe éméché, de la maudite déneigeuse de l'aéroport de Moscou.

De l'éloge funèbre des radios du matin à Christophe de Margerie, on dégagera donc, au doigt mouillé, les statistiques suivantes. Première occurence : il était sympa. Variantes : il tutoyait les journalistes (Lefébure, France Inter), il entrainait les copains dans des beuveries jusqu'à pas d'heure dans les troquets de Davos et d'ailleurs (Stéphane Richard, PDG d'Orange, RTL), il aimait le whisky, les blagues, il était respectueux du personnel (salarié, France Inter). Deuxième occurence, ex-aequo : c'était un grand Français (Manuel Valls, Laurence Parisot). Il croyait à la France, qu'on pouvait y faire des choses, bien des choses. Et si Total payait si peu d'impôts en France, c'est la faute, qu'on se le dise, à la législation internationale.

Troisième occurence : pour que son entreprise soit aimée ("on est des hommes comme les autres, on fonctionne aussi à l'affectif", Stéphane Richard), il n'hésitait pas à payer de sa personne. Prime spéciale à l'anecdote de la Miss Météo du Grand journal de Canal+ qui, en sous-vêtements, s'était barbouillée de mazout devant lui, un jour de marée noire, "sans qu'il quitte le plateau". Quant au reste, au rôle de l'extraction pétrolière dans le réchauffement climatique, aux efforts (ou pas) de Total dans la transition énergétique, et autres questions secondaires, il en sera question une autre fois.

Abonnez-vous !
|

19h00 lu

Vice News sur France 4 : opposition syndicale

Par
Vincent Coquaz le 20/10/2014

"Non à la privatisation de l’information de Service Public !" Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) France Télévisions n'apprécie pas l'arrivée du groupe multimédia américain Vice en France. Ce lundi 20 octobre, le site qui pratique le journalisme immersif et ambitionne de devenir à la fois le "prochain CNN et le prochain MTV" débarque donc sous la forme d’un site web mais aussi d’une émission quotidienne sur France 4, détaille Le Monde.

Vice Monde

Et c'est ce programme, "Le point quotidien" diffusé en semaine à 20h35 (en concurrence frontale avec Le Petit Journal de Canal+), qui pose problème au SNJ FTV. Ce dernier "a écrit au directeur de l’information de France Télévisions, Thierry Thuillier, pour exiger que ce rendez-vous d’information quotidien, une première sur France 4, soit réalisé par des journalistes du Service Public". Pour le syndicat, le choix de recourir à un prestataire extérieur "exprime une défiance à l'égard des équipes de France Télévisions".

Le but de France 4 est probablement de s'adresser à un public jeune et branché : la cible de Vice est les 18-35 ans, les journalistes qui travaillent pour eux sont rarement plus âgés et le patron, Shane Smith, estime être à la tête de la "bible des hipsters" [terme fourre-tout désignant des jeunes branchés, urbains, qui portent la barbe et un bonnet]. Surtout, Vice propose des reportages souvent inédits, dans des zones de conflit par exemple.

Hard rock à Bagdad et polémique en Syrie

Né en 1994 sous la forme d'un fanzine papier, Vice a ensuite évolué pour se développer sur Internet et s'est ainsi fait connaître, en 2007, pour un reportage sur un groupe de hard rock dans un Bagdad occupé par l'armée américaine, avant de fonder sa branche actu (Vice News) en mars dernier. Et on est aujourd'hui loin du fanzine, puisque Vice compte 4 000 collaborateurs, trente-six bureaux dans le monde, et que même le site de la BBC reconnait avoir pris du retard sur eux.

Largement connu depuis peu, Vice n'en est pourtant pas à sa première polémique. Le site américain a récemment été épinglé par un ancien rédacteur en chef adjoint, qui révèle que Vice impose à ses journalistes de demander à ses supérieurs avant de critiquer une marque. Cet été, un reportage tourné au cœur de l’État Islamique par Vice avait également fait débat (@si y consacrait une émission).

Abonnez-vous !
|

18h19 lu

Aubry : les photos du site prises à l'étranger (Rue89)

Par
Anne-Sophie Jacques le 20/10/2014

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mouvement "Ensemble réussir" mené par Martine Aubry ne s’est pas foulé pour illustrer son site Internet, comme le révèle Rue 89. Non seulement les photos sont banales mais elles n’ont pas été prises en France pour la grande majorité d’entre elles. Une pratique courante épinglée régulièrement sur @si.

"C’est facile, c’est petit, mais c’est toujours amusant" se défend d’emblée le journaliste de Rue 89 qui s’est penché sur les photos illustrant le tout nouveau site du mouvement Ensemble réussir lancé en fanfare par Martine Aubry ce dimanche.

Amusant car les illustrations proviennent de banques d’images et n’ont quasiment pas été prises en France. Ainsi, on trouve une femme américaine dans un labo à Los Angeles ou encore des ouvriers qui posent des panneaux photovoltaïques photographiés par un Italien.

Ensemble réussir

Ensemble réussir

Copies écran du site Ensemble réussir

Encore plus drôle : l’image du bandeau sur le site – qui illustre aussi le compte twitter de "Ensemble réussir" – est également utilisée par l’Express pour sa rubrique Retraite.

Ensemble réussir montage Rue 89

Montage réalisé par Rue 89

 

Contactés par le journaliste, les auteurs du site avouent volontiers que "pour des raisons de coûts, il aurait été difficile de monter des séances de shooting photo en France". Conclusion de Rue 89 : "pour le «made in France», on repassera".

Cette pratique est grand classique des campagnes de communication des partis politiques comme nous l’avons à plusieurs reprises remarqué : ainsi, lors de la présidentielle 2012, le site de François Bayrou, pourtant grand défenseur du made in France, illustrait des soi-disant militants avec des figurants anglo-saxons. L’équipe de campagne avait aussitôt corrigé ce léger décalage.

Site Bayrou

De même, le Front national n’a pas hésité à illustrer une affiche sur la pauvreté avec la photo d’un homme ni français, ni même SDF.

marinesdf

Citons encore un clip vidéo de l’UMP épinglé par le Petit journal qui révélait que les images censées montrer la France avaient été tournées aux Etats-Unis. UMP toujours : rappelons que la mer bleue de l’affiche de campagne de Sarkozy en 2012 – avec son slogan La France forte – était en fait... la mer Egée.

Affiche Sarko

Affiche Sarko

Abonnez-vous !
|

17h49 vu

"Tous ensemble" : des malfaçons dans le chantier solidaire de TF1 ?

Par
Sébastien Rochat le 20/10/2014

Avez-vous déjà pleuré devant "Tous ensemble" ? Cette émission, diffusée sur TF1, se propose de venir en aide à des familles dont le logement nécessite d'importants travaux. Des centaines de bénévoles se mobilisent alors pour participer à un "chantier solidaire". Avec à la fin, des larmes de bonheur. Problème : pour la troisième fois en un an, une famille a pleuré plus longtemps que prévu en constatant des malfaçons à l'issue des travaux.

Des sanitaires inutilisables, une inondation à l'étage, une ventilation mécanique défaillante, un problème de fosse septique, des étagères mal fixées, des plinthes qui se décollent : la liste des malfaçons répertoriée par Paris Normandie à propos d'un chantier à Goupillières, dans l’Eure, aurait très bien pu faire l'objet d'une émission "anti-arnaque" de Julien Courbet. Sauf que cette fois-ci, ce chantier problématique s'est tenu dans le cadre d'une émission produite par... Julien Courbet.

Samedi 18 octobre, TF1 diffusait un nouveau numéro de "Tous ensemble", une émission de solidarité produite par La Concepteria (société de production de Julien Courbet donc). Direction l'Eure, où vivent "Nathalie, Thierry et cinq de leurs enfants". Avec l'aide de centaines de bénévoles, l'émission se propose de retaper leur maison, dépourvue d'eau courante et où les murs sont délabrés. En trois semaines, la maison est entièrement rénovée, du sol au plafond. Alors forcément, quand la famille découvre le résultat devant les caméras de TF1, c'est l'émotion. "C'est tous les Normands, mon grand, qui ont pris le relais", déclare l'animateur au père de famille, sur un ton paternaliste (caresse sur la tête incluse). La maison est comme neuve. Le père, qui avait (forcément) des problèmes de santé, est heureux. Tout va bien donc, même si on pouvait déjà déceler des problèmes d'humidité : tout le monde pleure.


Un mois après ses fuites de bonheur, la famille a déchanté, selon Paris Normandie qui a relevé un grand nombre de malfaçons, photos à l'appui. Le carrelage a par exemple dû être cassé après une infiltration d'eau. Et un meuble de la cuisine, mal fixé, est tombé :

Malfaçons

Des malfaçons en raison d'un chantier trop expéditif ? Selon un bénévole, interrogé par Paris Normandie, ces problèmes seraient liés "à un manque de coordination et d’encadrement des travaux engagés". Mais la famille va plus loin dans ses accusations : Thierry, le père de famille, affirme qu'on lui a volé du matériel de bricolage. "Nous avons même perdu le contenu de notre congélateur", assure sa femme à Paris Normandie. Tout en assurant qu'elle pourrait porter plainte, la famille remercie tout de même les bénévoles et les fournisseurs "pour leur générosité". Mais pas la production. Laquelle aurait déclaré au père de famille que les bénévoles allaient être rappelés pour "réparer les imperfections". S'ils sont aussi efficaces que la première fois... 

Deux autres cas de malfaçons

Ce n'est pas la première mise en cause de l'émission "Tous ensemble". En décembre 2013, une famille vivant dans la Sarthe s'était déjà plaint des résultats du chantier solidaire : dix mois après la diffusion de l'émission, le portail électrique promis n'avait pas été installé, les tuiles de la véranda n'avaient pas été scellées. Sans oublier les factures inattendues, comme la surconsommation d'eau, liée au chantier, à la charge de cette famille. A l'époque, l'animateur de "Tous ensemble", Marc-Emmanuel, avait répliqué dans une interview à TVMAG : "Je trouve cela dommage et pathétique. C'est un manque de respect pour les 200 artisans et bénévoles qui ont accompli un travail phénoménal pour sortir cette famille de son mobile-home. Les familles auxquelles nous nous adressons sont dans une précarité telle qu'il ne s'agit pas de leur faire la maison de leur rêves, mais de bâtir dans l'urgence". Faudrait pas que les pauvres se plaignent en plus. Manque de chance, un mois plus tard, une autre famille, vivant en Charente, se plaignait elle aussi. Avec les mêmes griefs : un chantier expédié trop rapidement, un toit mal installé, de la moisissure dans la salle de bain, une douche qui ne fonctionne pas.

Contactée par @si, pour savoir, par exemple, si l'assurance de l'émission pouvait couvrir toutes ces malfaçons, la société de production, La Concepteria, ne nous avait pas rappelé en fin d'après-midi. Snif.

Abonnez-vous !
|

12h49 à voir et revoir

Le vrai-faux chopper d'Easy Rider

Par
Alain Korkos le 20/10/2014

Qui a chopé le chopper d'Easy Rider ? Telle est la question que l'on se pose à Hollywood où la pétaradante motocyclette vient d'être vendue aux enchères à un anonyme pour la somme d'1,35 million de dollars. Question annexe : cette bécane est-elle authentique ?

nouveau media

L'engin, baptisé Captain America en référence au héros de comics…

nouveau media


… avait été conçu à partir d'un modèle Harley Davidson, d'après les spécifications données par Peter Fonda. Lequel fut non seulement le producteur d'Easy Rider, mais aussi le co-scénariste avec Dennis Hopper qui le réalisa en 1969. Fonda et Hopper incarnaient les deux héros du film.

nouveau media


Deux motos absolument identiques avaient été fabriquées, afin de pallier une éventuelle panne de moteur. Mais l'un des engins, volé avant le tournage, ne fut jamais retrouvé. C'est l'exemplaire que l'on voit brûler à la fin du film qui a été vendu. Il avait été restauré par un ancien acteur nommé Dan Haggerty qui était chargé de l'entretien de la bécane pendant le tournage, et qui en devint juste après l'heureux propriétaire. La moto connut ensuite deux autres possesseurs, avant de finir en salle des ventes samedi dernier.

nouveau media


Sauf que l'authenticité de ladite pétrolette est fortement remise en cause par le propriétaire d'une autre Captain America également achetée à Dan Haggerty, avec un certificat d'authenticité en bonne et due forme itou ! Lequel ne nie pas, dans de confuses explications, avoir par deux fois signé un tel certificat mais croix de bois croix de fer, le véritable chopper d'Easy Rider est celui vendu avant-hier, yeah.

Peter Fonda, qui avait apposé sa signature sur le réservoir de l'engin, a déclaré : «Cette histoire pue. (…) Je ne peux pas vous dire laquelle est la vraie, la seule chose que je sais c'est qu'il y a deux motos authentifiées par Haggerty. Ce n'est pas correct. »

nouveau media

La signature de Peter Fonda sur le réservoir
de Captain America

nouveau media

La Captain America exposée
lors de la vente aux enchères


Vraie moto, fausse moto, vrai film et sous-produits… Easy Rider généra en son temps un certain nombre de bobines toutes plus nulles les unes que les autres. En voici un assortiment dont le icing on the cake, la cerise sur le gâteau, fut une production authentiquement française qui ravala, en son temps, Peter Fonda et Dennis Hopper au niveau de pâles riders.

Voici d'abord l'affiche originale d'Easy Rider

nouveau media


… puis celle d'un clone sorti la même année :

nouveau media


D'autres clones parus en 1970 et 1971:

nouveau media

nouveau media

nouveau media

 

Et voici enfin le chédeuvre harleydavidsonien flowère powère bien d'cheu nous dont Fonda et Hopper s'inspièrent largement : À tout casser de John Berry (1968) avec Johnny Hallyday, Eddie Constantine, Michel Serrault et Catherine Allégret :

nouveau media

L'affiche

nouveau media

Le 45 tours.
Un extrait du film avec la chanson Cheval d'acier


L'occasion rêvée de lire ma chronique intitulée Les anges de la mort siègent à la bourse.

Abonnez-vous !
|

09h15 le neuf-quinze

Pape François, la révolution ensablée

Par
Daniel Schneidermann le 20/10/2014

En début de semaine, c'était fait : "le pape François force l'église à faire sa révolution sur la famille", titrait Le Monde, à la Une. Sonnez hautbois, résonnez musettes, "les couples non mariés, les divorcés remariés, les homosexuels, en couple ou non, y compris avec enfants", allaient être "considérés autrement".  Comment ? Les couples gays avec enfants ? Mais oui. Lisez plutôt le rapport d'étape qui justifiait le gros titre : « Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne  (...) Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. De plus, l’Eglise prête une attention spéciale aux enfants qui vivent avec des couples du même sexe, en insistant sur le fait que les exigences et les droits des petits doivent toujours être au premier rang. »

Certes, relus attentivement, ces articles n'exprimaient aucune "révolution". Leur objectif, analyse le sociologue Nicolas de Brémond d'Ars, dans une analyse publiée sur un blog de Rue89, était de donner l'impression "que rien ne change, alors que tout change. Ou inversement". Bref, c'était beau comme du "parler double" de Hollande (comment plaire à la fois aux couples gays cathos, et à la Manif pour tous) ? Quant aux homos, "ils restaient des personnes qualifiées de blessées ou en souffrance, fragiles, dont il faut “prendre soin” avec bienveillance et compassion, comme on le fait des prisonniers et des fous" renchérissait dans le même article la théologienne Myriam Tonus.

Mais c'était encore trop. Patatras, samedi, après une semaine de réflexion, rien n'est fait. Les évêques ont finalement voté contre les trois articles problématiques, ceux qui faisaient la Une du Monde. Ces articles, pour être adoptés, devaient réunir les deux tiers des voix : ils n'ont pas passé la barre. Bien sûr, le pape aura le dernier mot. Un jour. Bien sûr, dans l'article du Monde, ces réserves étaient faites. Comme souvent, le corps de l'article tempérait la proclamation de la manchette. "Les « pères synodaux » invités à en débattre disposent de la semaine pour tenter, s’ils le souhaitent, d’infléchir cet état des lieux de leur réflexion" rappelait le journal. N'empêche que la manchette a dégainé trop vite. Pour la révolution, prière de repasser l'an prochain. L'Eglise, qui a l'éternité devant elle, a rappelé sa loi au temps médiatique.

pape révolution famille

Abonnez-vous !
|

16h34 suivi

Woerth / Compiègne : non-lieu requis

Par
la rédaction le 19/10/2014

Le ministère public a requis un non-lieu pour l'ancien ministre du Budget, Éric Woerth, devant la Cour de justice de la République (CJR) dans l'affaire de la vente contestée de l'hippodrome de Compiègne en 2010, a annoncé samedi à l'AFP son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne. Sur Twitter, des journalistes spécialistes du sujet débattent de cette décision.

 

C'est l'avocat d'Eric Woerth, Me Le Borgne, qui l'a annoncé samedi à l'AFP : le parquet général de la Cour de cassation dirigé par Jean-Claude Marin vient de prendre des réquisitions de non-lieu en faveur du député et maire UMP de Chantilly, témoin assisté depuis 2011 dans l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne (Oise). L'affaire n'est pas encore terminée. Il appartient désormais à la commission d'instruction de la Cour de Justice de la République (instance habilitée à juger les ministres pour les délits commis dans l'exercice de leurs fonctions) de prendre dans les trois mois une ordonnance de renvoi ou de non-lieu pour l'ancien ministre.

woerth

 

Au centre des interrogations de la justice, la décision, prise le 16 mars 2010 par l'élu de l'Oise, alors ministre du Budget, de valider par arrêté la vente pour 2,5 millions d'euros d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne, comportant un golf et un hippodrome, à la Société des courses de Compiègne (SCC), jusqu'alors locataire. Une décision prise malgré l'opposition de responsables de l'Office national des forêts (ONF) et les réserves du ministère de l'Agriculture. Pour ceux qui contestent la vente, elle serait allée à l'encontre des textes en vigueur, qui prévoient l'autorisation du parlement pour la vente de forêt appartenants à l'Etat. L'absence d'appel d'offres, de publicité et de mise en concurrence a également été dénoncée. Mais c'est surtout le prix de cession, 2,5 millions d'euros, jugé bradé par les opposants à la vente, qui a suscité la polémique. Les opposants à la vente soupçonnent le député de l'Oise d'avoir voulu favoriser la Société des courses de Compiègne. L'ancien ministre s'en est toujours défendu, assurant avoir agi dans le cadre d'une politique plus globale de vente des biens fonciers non essentiels au service public. Une enquête avait été ouverte pour prise illégale d'intérêts (nous l'évoquions ici).

Sur Twitter, deux journalistes chargés des questions de justice ont échangé à propos de cette décision : Michel Déléan, journaliste à Médiapart, et Stéphane Durand-Souffland du Figaro:

D'un côté, Deléan déplore la décision de justice :

woerth

 

Durand-Souffland lui répond (série de tweets à lire de bas en haut):

woerth

 

Le journaliste Michel Délean a écrit également cet article pour déplorer le non-lieu. Il estime qu'il s'agit "une nouvelle démonstration de l'art d'enterrer les affaires à la Cour de justice de la République." Il précise notamment : "Le dossier de l’hippodrome de Compiègne a pourtant tous les ingrédients du scandale d’État. Des terrains forestiers protégés, mais vendus sans autorisation. Un hippodrome bradé. Une décision prise dans l’urgence. Le tout cédé à des amis, pour complaire à l’influent sénateur et maire (UMP) de Compiègne, Philippe Marini. Et avec des inquiétudes, à l’avenir, sur la protection du site forestier. Longtemps loué à la Société des courses de Compiègne (SCC), l'hippodrome du Putois ne lui a finalement été cédé qu'à cause de l'insistance d'Éric Woerth, alors que le ministère de l'agriculture et l'ONF s'y opposaient, les forêts domaniales ne pouvant être vendues par l'État."

Aucun arbre sur la parcelle (avocat Woerth)

Mais cette parcelle avait-elle encore les caractéristiques d'une forêt domaniale ? Pour la défense de son client, l'avocat de Woerth a expliqué que la parcelle de terrain cédée n’avait plus rien d’une forêt depuis le XIXe siècle, puisqu'elle...ne comptait plus aucun arbre, comme le rappelle cet article d'Atlantico.

S'il devait être mis hors de cause dans cette affaire, Éric Woerth n'en aura pas fini avec les ennuis judiciaires. L'ancien trésorier de l'UMP devra comparaître en janvier 2015 dans l'affaire Bettencourt, portant sur de présumés abus de faiblesse à l'encontre de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt.

Retrouvez notre dossier sur le sujet.

Abonnez-vous !
|

15h22 suivi

Couvrir Ebola inquiète les journalistes

Par
la rédaction le 19/10/2014

Couvrir Ebola est plus inquiétant que couvrir une guerre pour certains journalistes. Ils se retrouvent parfois confrontés aux peurs de collègues ou d'amis qui les évitent, explique l'AFP.

 

"On a moins de difficultés à trouver des journalistes pour aller en Irak ou en Centrafrique que pour aller sur des terrains comme cela. Il y a un fantasme de l'épidémie", souligne Claire Hédon, qui revient de Guinée pour la radio RFI. "Certains journalistes qui ont l'habitude des conflits ne se sont pas portés volontaires pour des raisons familiales", explique Sofia Bouderbala, adjointe à la rédactrice en chef Europe Afrique de l'AFP. "C'est une menace invisible, alors que sur les terrains de guerre, l'obus, on le voit tomber". "Ces sujets sont très stressants à couvrir car vous ne voyez pas l'ennemi", confirme de son côté John Daniszewski, rédacteur en chef international de l'agence américaine Associated Press.

Ebola

Une fois arrivés, les journalistes, qui, comme les soignants et les humanitaires, vont au plus près des foyers d'épidémie, suivent les consignes sanitaires : gants, masques, lavages constants des mains au chlore et interviews à bonne distance rappelle l'AFP. "La règle de base : on ne touche rien, ni personne. Et deux semaines sans toucher personne, c'est bizarre", raconte Marc Bastian, reporter à l'AFP, revenu de Monrovia. Il ajoute : "On est partis avec des litres de désinfectant. On se vaporise les chaussures à la Javel, on se lave les mains 40, 50 fois par jour. Les photographes utilisent des téléobjectifs pour photographier des malades et moi-même, j'ai interviewé quelqu'un à huit mètres en hurlant". Mais il estime qu'il est possible de travailler sur ce sujet "sans danger".

"Pour faire du son, on utilise un micro perche, on évite le contact", renchérit Yves Rocle, directeur adjoint Afrique à RFI. "J'ai interviewé des malades à deux mètres, distance à laquelle on considère que vous ne pouvez pas choper le postillon", explique Claire Hédon, de RFI. Mais parfois l'attention se relâche: "très honnêtement, on lâche un peu la garde. Oui, j'ai fini par serrer des mains".

Le retour du reporter peut être compliqué, car certains amis ou collègues craignent d'approcher ceux qui ont été au contact du virus. Et mentionner sur Facebook que l'on revient d'un reportage en Afrique peut faire le vide autour de vous. "En revenant, on prend sa température pendant 21 jours, la durée d'incubation, et on s'inquiète à la moindre alerte. Et on a pas une vie sociale très développée: il y a des gens qui refusent de vous serrer la main ou de vous voir, alors que sans fièvre, on n'est pas contagieux", regrette Guillaume Lhotellier, parti en Guinée pour la société de production Elephant. "On dit qu'il y a en Afrique une peur irraisonnée, mais c'est la même chose chez nous", confirme Elise Menand, de France Télévisions, de retour du Libéria. A la BBC, des maquilleuses ont eu peur de devoir s'occuper d'invités arrivant de Guinée, a raconté la présentatrice Fiona Bruce, citée dans The Telegraph.

Les grands médias sont divisés sur l'idée d'une mise en quarantaine systématique de leurs journalistes revenus d'Afrique pendant les 21 jours d'incubation. L'AFP et la BBC y sont opposées. "Nos journalistes ont respecté nos consignes de protection très strictes sur place. Ils ne constituent pas un risque pour leur entourage puisqu'ils ne présentent pas les symptômes de la maladie. Des inquiétudes se sont exprimées dans la rédaction, mais nous avons autorisé les journalistes à revenir après leur repos. Il n'y a pas lieu de leur imposer une quarantaine alors qu'ils ne représentent aucun danger. Nous ne voulons pas céder à la psychose", estime Michèle Léridon, directrice de l'information de l'AFP. A la BBC, "il n'y a pas de quarantaine et les gens qui ne présentent pas de symptômes peuvent entrer dans nos locaux", a expliqué un porte-parole. En revanche, AP demande systématiquement à ses journalistes de retour d'Afrique de rester trois semaines chez eux, a expliqué John Daniszewski. "Oui, ils doivent rester chez eux, isolés. Quelqu'un qui ne présente pas de symptôme n'est pas contagieux mais nous voulons éviter tout risque".

Le journaliste du Monde Remi Barroux, qui avait couvert Ebola n'avait pas pu revenir tout de suite dans sa rédaction à son retour, mesure de précaution prise par la direction du journal, il nous le racontait ici.

Abonnez-vous !
|

17h32 suivi

Infiltrés / F2 : des catholiques traditionnalistes perdent leur procès

Par
la rédaction le 18/10/2014

Des catholiques traditionalistes ont perdu jeudi le procès en diffamation qu'ils avaient intenté contre un reportage en caméra cachée de l'émission les "Infiltrés", diffusé en avril 2010 et intitulé "A l'extrême droite du Père".

Pujadas

Le reportage diffusé par France 2 en avril 2010 montre un groupuscule d'extrême-droite, Dies Irae, dirigé par un ancien militant du Front national, et établit un lien avec le milieu catholique traditionaliste, représenté à Bordeaux par l'Institut du Bon pasteur, dirigé par l'Abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l'église intégriste Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Selon le concept de l'émission, le journaliste, en se faisant passer pour un nouveau militant, s'était infiltré en caméra cachée parmi les membres du groupe. On suivait donc la vie de Dies Irae lors de réunions ou de séances d'entraînement sur un parcours militaire :

Le journaliste s'était infiltré aussi en se faisant passer pour un surveillant dans l'école privée hors-contrat Saint-Projet, gérée par un proche de l'Abbé Laguérie. Il y avait été témoin de chants et discours ouvertement racistes et antisémites proférés tant par des élèves que par certains parents ou enseignants, comme on le voit dans cette vidéo :

Quatre journalistes, dont le présentateur David Pujadas et le fondateur de l'agence Capa, Hervé Chabalier, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris, rapporte l'AFP. Les propos visés ont été jugés soit non-diffamatoires, soit diffamatoires mais le tribunal a reconnu la "bonne foi" des journalistes, a expliqué la présidente Anne-Marie Sauteraud. Le tribunal a estimé que "compte tenu du sujet d'intérêt général (...) les prévenus disposaient d'une base factuelle suffisante pour tenir et diffuser les propos litigieux".

David Pujadas avait expliqué à la barre le 11 septembre que la caméra cachée permettait de "faire la différence entre le discours officiel et la réalité des faits", pour "rendre compte d'une réalité qui est cachée", rapporte l'AFP. Pour le journaliste, cette émission a "une utilité publique". "L'infiltration est quasi aussi ancienne que le journalisme", avait-il poursuivi, citant en exemple Albert Londres. Dans des "cas exceptionnels, la fin justifie les moyens", avait estimé Pujadas.

Les procédés utilisés par ce reportage "ne sont pas en eux-mêmes exclusifs de la bonne foi", a estimé le tribunal, et "ils peuvent être admis s'ils sont un moyen nécessaire pour révéler au public des faits relevant d'une information légitime sur un sujet d'intérêt général qui n'auraient pas pu être découverts sans ces procédés". Le rédacteur en chef et le journaliste "infiltré" ont par ailleurs tous deux évoqué les menaces de mort dont ils ont fait l'objet après l'émission.

L'abbé Laguérie a accusé le journaliste d'"amalgame", de mensonge, et assure que sa paroisse n'est pas liée à Dies Irae, et qu'il ne connaissait pas le groupuscule avant l'émission. L'abbé, qui reconnait un "lien moral" avec l'école Saint projet, a expliqué qu'il ne l'avait pas fondée et condamné "fermement" les propos antisémites tenus dans les couloirs de l'établissement.

Si certains passages poursuivis "contiennent certaines inexactitudes ou approximations", relèvent les juges, elles n'ont qu'une "faible incidence sur la portée des propos" et ne sont pas déterminantes. Le tribunal a par ailleurs rappelé qu'il n'avait pas à se prononcer sur l'existence ou non des délits de montage ou d'atteinte à la vie privée, qui font l'objet d'une procédure distincte.

Par ailleurs, l'opposition socialiste avait dénoncé une complaisance du maire de Bordeaux, Alain Juppé, à l'égard des catholiques intégristes de la parioisse Saint Eloi. Nous l'évoquions ici.

Abonnez-vous !
|

14h36 suivi

Le "plug anal" de la place Vendome vandalisé

Par
la rédaction le 18/10/2014

Après l'agression de son créateur, jeudi, que nous évoquions ici, l'œuvre de l'artiste américain Paul McCarthy, installée place Vendôme, à Paris, continue à faire parler d'elle. Elle a été vandalisée, dans la nuit de vendredi à samedi 18 octobre par des inconnus, qui ont dégonflé la structure.

"Des individus ont sectionné les câbles qui maintiennent la sculpture en place, profitant d'un moment d'inattention de l'agent de sécurité. L'œuvre gonflable s'est affaissée. Le responsable a choisi de la dégonfler volontairement. Des investigations sont en cours", selon une source policière, citée par l'AFP.

Plusieurs internautes ont publié des photos de l'œuvre dégonflée sur Twitter:

Plug anal

Un responsable de la Monnaie de Paris — qui organise l'exposition Paul McCarthy dans le cadre de laquelle a été réalisée l'installation — a précisé que des inconnus avaient en fait débranché l'alimentation électrique de la soufflerie qui gonfle la structure, puis défait les sangles lorsque l'agent de sécurité est allé la rebrancher.

L'œuvre, installée jeudi à titre provisoire dans le cadre de la programmation "Hors les murs" de la Foire internationale d'art contemporain (FIAC), était en cours de regonflage samedi matin, selon l'AFP. Son installation sur la très chic place Vendôme avait déclenché une polémique, Tree pouvant évoquer autant la forme d'un sapin de Noël que celle d'un "plug anal" - un sex-toy - comme l'explique lui-même l'artiste. Cet acte de vandalisme n'a pas manqué de faire réagir les politiques, notamment la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, qui a régi via Twitter.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <
pellerin
Abonnez-vous !
|

09h51 lu

Notre Dame des Landes : Matignon listait la position des journalistes

Par
Robin Andraca le 17/10/2014

Dans son livre paru hier, l'ancienne ministre de l'écologie (qui sera sur notre plateau aujourd'hui) explique comment l'équipe de communication de Matignon a "listé" la position des journalistes sur Notre Dame des Landes.

nouveau media

Il n'est pas seulement question de SMS dans l'ouvrage de Delphine Batho, qui fait le récit de son année passée comme ministre du gouvernement de François Hollande. Il est aussi question d'une note, traduisant la nervosité de Matignon sur Notre Dame des Landes. Une note intitulée "Positions des journalistes sur NDDL".

"Ce n'était pas une note d'analyse du traitement médiatique du dossier mais bien une liste répertoriant les journalistes selon leurs supposés positions personnelles", écrit l'ancienne ministre dans le chapitre intitulée "La liste". On apprend ainsi que les journalistes (qu'ils soient issus de la presse régionale ou nationale) étaient classés en trois catégories. "Les neutres", "ceux qui sont contre ou manifestent des sympathies pour les zadistes" et "les favorables au projet". Dans la première catégorie, on trouvait par exemple l'AFP, Le Parisien, Presse Océan, un journaliste des Echos mais aussi Ouest-France dont "la rédaction est soulagée d'avoir quelqu'un de plus nuancé", précise la note.

La seconde catégorie (les "contre") regroupe Le Télégramme de Brest, un autre journaliste des Echos, Sud-Ouest, deux journalistes de Libération et trois journalistes du Monde "qui se font le relai de tous les anti-NDDL". Enfin dans la dernière catégorie, les bons élèves, on retrouve Challenges, Le Point, Le Nouvel Observateur, France Info et France 3 Pays de la Loire. "Je ne sais pas si cette liste doit être mise sur le compte de l'excès de zèle, de la bêtise ou d'un symptôme plus préoccupant", conclut l'ancienne ministre de l'écologie.

Pour l'instant, seuls BFM, Le Lab d'Europe 1 et Le Club de la presse Nantes Atlantique (qui demande des explications) ont repris cette info.

Abonnez-vous !
|