Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

09h18 le neuf-quinze

Les deux Gattaz

Par
Daniel Schneidermann le 31/10/2014

Vous avez entendu la dernière de Pierre Gattaz ? Exonérer les patrons de l'obligation de motiver un licenciement. "Il faut sortir de la convention 158 de l'organisation internationale du travail qui nous oblige à justifier les motifs de licenciements" explique-t-il au quotidien financé par Bettencourt et Arnault, L'Opinion. On connait la chanson : c'est un frein à l'embauche. Hauts cris matinaux, sur Twitter, de Stéphane Soumier, qui n'est pourtant pas un ennemi acharné de l'entrepreunariat. Hauts cris du journal de 8 heures d'Europe 1, où Jean-Emmanuel Ray, prof de droit du travail à Paris-Sorbonne, lequel rappelle qu'il n'est pas inutile, en cas de licenciement, de notifier au salarié les raisons de ce licenciement (soit dit entre parenthèses, je ne vois pas le problème. Personnellement, les lettres de licenciement reçues dans ma vie ont toujours porté comme motif "cause réelle et sérieuse", autant dire un laconisme pré-gattazuien). Juste après cette exécution de Gattaz, le même journal d'Europe 1 passe à un autre sujet : la négociation sur les "seuils sociaux", qui semble mal engagée, à la suite des premières propositions du patronat, lesquelles envisagent de supprimer les délégués du personnel dans les entreprises de 11 à 49 salariés. Proposition à propos de laquelle même le ministre du travail Rebsamen, pourtant vieux combattant libéral, s'avoue "un peu désespéré".

Zappons : sur France Info, le chroniqueur économique maison, Emmanuel Cugny, réserve sa sévérité aux députés socialistes, et à la technostructure de Bercy, lesquels avaient osé envisager, par un amendement plus ou moins clandestin, de soumettre à cotisations sociales certains dividendes que se versent les patrons. Amendement soutenu par le secrétaire d'Etat au budget Christian Eckert, mais combattu par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, sensible à une intense campagne de lobbying des patrons, et finalement retiré par le ministre des Finances Michel Sapin. Rassurons-nous : personne ne sait exactement ce qu'il devait rapporter.

Mais à quoi jouent-ils donc, avec Gattaz ? A écouter d'une oreille distraite la polyphonie matinale, tout se passe comme s'il y avait deux Gattaz, le bon et le mauvais, comme le cholestérol. Le "mauvais", qui cogne de manière trop bruyante et visible sur les salariés. Et le "bon", défenseur de bon sens, et irréfutable, des entrepreneurs angoissés. Comme si tacler le mauvais Gattaz permettait de faire passer les pilules du "bon" Gattaz ou, disons, "des entrepreneurs". Comme si, finalement, le mauvais servait le bon. Mais on va certainement m'expliquer que je simplifie trop.

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18h25 brèves de com

Et la publicité de la semaine est...

Par
Sébastien Rochat le 30/10/2014

Quel est le point commun entre Paris Match, Le Point, L'Express et L'Obs de cette semaine ? Regardez bien les extraits de ces pages (et reculez de trois pas, si vous voulez un test gratuit d'ophtalmologie) :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Vous avez remarqué ? Cette publicité incontournable pour le nouveau musée de la fondation Vuitton (que les myopes pourront retrouver en grand format ici) n'étonnera pas les lecteurs de ces publications. Lesquelles évoquent ce projet comme étant un "bijou d'architecture" (Le Point), un "sublime musée" (Paris Match), une "prouesse architecturale" (L'Obs) ou encore "le mariage entre art et mode" (L'Express). Et accessoirement, la propriété d'un excellent annonceur ! Un annonceur tellement important que LeMonde.fr a dépublié (avant de la republier), une tribune un peu trop critique sur ce projet de LVMH.

Un projet de Bernard Arnault qui a mis sept ans pour voir le jour, après une bataille juridique interminable avec une association de riverains-écolos, jusqu'à ce que les députés dégainent un cavalier législatif, en pleine nuit, pour légaliser le permis de construire en déclarant cette fondation d'utilité publique, comme nous vous l'expliquions. Des précisions gênantes que L'Express, Le Point, L'Obs et Paris Match se sont bien gardés de rappeler à l'occasion de l'inauguration de... la fondation Louis Vuitton.

Et pour connaitre l'histoire (controversée) de ce projet, lisez notre article : "Bernard Arnault et "l'oiseau de verre" du Bois de Boulogne"

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18h22 suivi

Taubira/Banane : 10 000 euros d'amendes pour Minute

Par
la rédaction le 30/10/2014

"Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane". Pour ce titre, publié à la Une de Minute le 13 novembre 2013, le directeur de l'hebdomadaire d'extrême droite  , Jean-Marie Molitor, a été condamné jeudi 30 octobre à 10 000 euros d'amende. Trois associations (SOS Racisme, La licra et le Mrap) avaient porté plainte pour "injure à caractère raciale". Également poursuivis pour un dessin paru le 30 octobre 2013, dans lequel l'avocat d'un singe déclarait que son client "porte plainte pour avoir été odieusement caricaturé en madame Taubira", Molitor et le dessinateur David Miège ont été relaxés.

En mai dernier, l'hebdomadaire, qui multiplie les Unes provocatrices (sur les origines de Najat Vallaud-Belkacem, par exemple), avait déjà été condamné à 7000 euros d'amende et de dommages et intérêts pour une couverture homophobe sur le mariage pour tous.

Taubira

Des condamnations que Minute, en difficulté financière, tente de transformer en campagne d'appel aux dons : "Si la loi nous interdit de faire appel aux dons pour couvrir nos amendes et dommages-intérêts, nous avons besoin de vous pour couvrir les autres frais. Y compris pour payer nos avocats et diligenter toute procédure qu'ils jugeront utile pour sauver Minute", affirmait l'hebdomadaire début octobre.

L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann : "Minute, une ignominie si confortable !"

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16h11 suivi

Bygmalion : 1 million récupéré par les fondateurs (Le Point)

Par
Sébastien Rochat le 30/10/2014

Pas d'enrichissement personnel sur le dos de l'UMP ? C'était la défense des deux co-fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès, pour expliquer que les dérapages des comptes de campagne de Sarkozy ne leur avaient pas profité. Or, Le Point révèle aujourd'hui qu'ils ont récupéré, via deux holdings personnelles, près d'un million d'euros. Une somme éparpillée dans d'autres sociétés ou réinvestie dans la pierre.

On connaissait Bygmalion. Il va maintenant falloir se familiariser avec BM Consulting, BM Patrimoine, AMM Participations ou encore TPRM Investments Ltd. La semaine dernière, sur notre plateau, le journaliste du Point qui couvre l'affaire, Christophe Labbé, nous promettait de nouvelles révélations. Nous y sommes : d'après Le Point (article payant), les deux co-fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès, anciens collaborateurs de Jean-François Copé, n'ont pas eu besoin de se verser des divididendes pour s'enrichir et récupérer une partie des bénéfices de la société qui a organisé les meetings de Sarkozy en 2012. Possédant chacun leur propre société de conseil, détentrice de parts de Bygmalion, Millot et Alvès ont facturé des prestations... à Bygmalion elle-même. Voilà comment le duo aurait réussi à "sortir" l'argent de Bygmalion en toute discrétion. Ce que Violette Lazard, la journaliste de Libération que vous avions invité sur notre plateau, n'avait pas réussi à démontrer dans son livre Big magouilles, expliquant plutôt que la société aurait été un véritable panier percé en raison d'une gestion "désastreuse".

Visiblement, la gestion n'a pas été un désastre pour tout le monde. D'après les calculs du Point, entre 2011 et 2013, Bygmalion a versé près de 1 million d'euros à BM Consulting, la société de conseil de Millot, dont les deux tiers ont fini directement dans sa poche : "380 000 euros ont atterri sur ses comptes, tandis que 365 000 euros faisaient un détour par une autre société, BM Patrimoine, mise depuis au nom de sa mère", précise Le Point. Avec cet argent, Millot aurait investi dans la pierre, notamment dans une maison à Saint-Quentin (détenue à 49% via une SCI), un domaine de six hectares avec piscine et tennis en Picardie ou encore une villa à Sanary-sur-Mer. Les enquêteurs seraient également sur la piste d'une maison en Espagne, achetée en 2013. De son côté, Alvès a récupéré 442 000 euros de Bygmalion en 2012, via sa société AMM Participations. A eux deux, ils auraient donc ponctionné plus d'un million d'euros de Bygmalion, soit "l'équivalent de la perte affichée [de la société] à la fin de l'exercice 2012", relève l'hebdomadaire.

Franck Attal, cadre de la société Event & Cie (filiale de Bygmalion en charge des meetings) est le troisième bénéficiaire de Bygmalion. Les 600 000 euros de dividendes qu'il a touchés (somme déjà évoquée par Violette Lazard) ont été transférés vers la société TPRM Ltd, laquelle a permis à Attal d'acheter un appartement de 110 m2 à Tel-Aviv. En outre, les juges ont lancé une commission rogatoire internationale pour vérifier les comptes ouverts par Attal à la Mizrahi Tefahot Bank, comptes non déclarés au fisc français.

Les enfants gâtés de Bygmalion

Au-delà de cet enrichissement personnel, que ni Libération, ni Mediapart n'avaient pu prouver comme nous l'expliquions dans notre émission, Le Point insiste sur le fait que l'explosion du coût de la campagne n'est pas seulement liée à l'organisation de meetings dans des délais très courts. Reprenant sa thèse de la surfacturation, avancée dès le mois de février, l'hebdomadaire explique que les enquêteurs se demandent si des prestataires, ayant surfacturé les prestations de Bygmalion au détriment de l'UMP, n'auraient pas rétrocédé une partie de l'argent touché. Trois fournisseurs d'Event ont touché à eux seuls près de 9 millions d'euros en 2012. Parmi ces prestataires, on trouve la société Leni, en charge des prestations vidéo pendant les meetings : sur les 4 millions d'euros gagnés par Leni pendant la campagne, un million est aussitôt ressorti dans une société baptisée "Destination Mithuco" et dont la gérante est la compagne de Jo Alet, présenté comme un proche de Franck Attal. La preuve qu'une partie de l'argent des prestataires a été rétrocédé ? C'est ce que sous-entend Le Point.

L'occasion de revoir notre émission sur l'affaire Bygmalion avec les journalistes du Point, de Libération et de Mediapart

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16h00 suivi

SodaStream va fermer son usine de Cisjordanie

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la rédaction le 30/10/2014

Fin d'une polémique qui remonte à plus de quatre ans ? Le fabricant de "machines à boissons gazeuses" israélien SodaStream a annoncé mercredi 29 octobre qu'il fermerait son usine située dans un territoire occupé en Cisjordanie d'ici 2015, rapporte l'agence américaine AP, pour en ouvrir une nouvelle en Israël, dans le Negev. Depuis plusieurs années, la marque était au cœur d'une campagne de boycott menée par des militants pro-Palestiniens, qui dénoncent tous les produits provenant des territoires occupés.

AP SodaStream

En France, l'association pro-palestinienne Boycott Désinvestissement Sanctions avait par exemple reproché à France 3 d'offrir des produits SodaStream aux candidats d'un jeu en 2011 (produits finalement retirés par France 3, comme @si vous le racontait ici). Plus récemment, c'était l'actrice Scarlett Johansson qui avait été critiquée par de nombreux internautes et par l'association humanitaire Oxfam dont elle est une des ambassadrices, pour avoir tourné dans un spot de pub SodaStream début 2014.

Selon un représentant de SodaStream, Nirit Hurwittz, la décision de "relocaliser" sa principale usine, qui se trouvait dans la colonie de Ma'ale Adoumim à l'est de Jérusalem, n'est pas liée à ces différentes pressions, mais à un choix "purement commercial" (les revenus de la société ont fortement baissé cette année ainsi que sa cotation boursière). La société promet qu'elle offre "l'opportunité à tous les employés de les rejoindre" sur le nouveau site. Mais les salariés palestiniens auront besoin d'un permis de travail pour être employés en Israël et devront faire face à des temps de trajet parfois rédhibitoires, note AP.

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09h15 le neuf-quinze

Barkhane, aux confins de l'Empire

Par
Daniel Schneidermann le 30/10/2014

Avez-vous entendu parler de l'opération "Barkhane" ? C'est celle qui a succédé à l'opération Serval, au Mali, à la fin août. On ne peut pas dire que cette modification ait fait grand bruit. Elle est pourtant importante. Alors que "Serval" se limitait au Mali, Barkhane s'étend sur toute la zone sahélienne, à savoir cinq pays. Elle couvre une région approximativement de la taille de l'Europe, "le plus grand théâtre français depuis la seconde guerre mondiale", dit un officier. Pour mieux appréhender le terrain, l'Armée a dû ressortir des cartes du XIXe siècle. 3000 hommes y sont engagés, dont 30 tiennent le petit poste de Tessalit, au nord du Mali, où s'est rendue la semaine dernière la spécialiste Défense au Monde, Nathalie Guibert, accompagnant le général Palasset, commandant de l'opération.

Barkhane, infographie Le Monde

Si "Barkhane" est "limitée" à cinq pays, il n'est pas exclu, selon une confidence de l'Etat-major, à Paris, qu'elle s'étende aux zones riveraines, comme le Nigeria (Boko Haram) ou la Libye. Quant à la date-butoir, on croit comprendre qu'il n'y en a pas, et qu'il n'y en aura pas. "Barkhane" ne vise pas à éradiquer, mais à confiner la menace islamiste. « Nous voulons, d’abord, éviter qu’une herbe trop haute repousse au Nord-Mali » explique élégamment un officier au Monde. Mais la caractéristique des plantes, c'est qu'elles repoussent toujours, même dans le désert. Entre gardiennage et jardinage, il s'agit donc de la construction, aux confins de l'Empire, d'un limes qui n'avoue pas son nom -pour ne même pas évoquer la tenue d'un débat parlementaire.

Pourquoi en parler aujourd'hui ? Parce qu'à partir de la mort, annoncée hier, du sergent chef français Thomas Dupuy, justement, j'ai surfé sur les derniers articles consacrés au Mali, rubrique sortie de l'actualité, au bénéfice des djihadistes de l'Etat islamique (la dernière mise à jour de notre dossier Mali / Centrafrique remonte au 21 janvier). Des limites d'espace et de temps qui se noient dans les sables, l'indifférence totale de la lointaine mère-patrie, seulement troublée, de temps à autre, par la mort d'un soldat : difficile de ne pas penser au fort Bastiani du Désert des tartares, même s'il est peu probabe que s'y trouvent aujourd'hui des Giovanni Drogo, attendant que vienne l'ennemi qui les fera héros.

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18h01 vu

Reportage avec journaliste-otage : la nouvelle propagande de l'EI

Par
la rédaction le 29/10/2014

Ce serait presque un banal reportage... si le journaliste en question n'était pas otage. L'organisation "Etat Islamique" (EI) a mis en ligne une vidéo mettant en scène le photojournaliste britannique John Cantlie, enlevé en Syrie en 2012, comme s'il s'agissait d'un reportage télévisé. Une nouvelle étape dans la propagande de l'EI, qui s'était fait remarquer jusqu'à présent par des vidéos de décapitation.

Un journaliste habillé en noir, marchant dans une ville en ruines et s'adressant à la caméra : la nouvelle vidéo mise en ligne par l'EI, lundi 28 octobre, met en scène le photojournaliste britannique John Cantlie, otage de l'organisation depuis deux ans. Il avait été enlevé en Syrie avec son confrère, James Foley, décapité depuis.

Dans cette vidéo, où apparaît un drapeau de l'EI en haut à droite de l'écran comme si c'était le logo d'une chaîne, le reporter-otage explique que la bataille de Kobané est terminée et que les combattants islamistes n'ont pas battu en retraite contrairement à ce qu'affirment les Amércains pour qui les bombardements de la ville ont permis de ralentir les avancées de l'EI. Le montage a été particulièrement soigné : des images aériennes de Kobané, qui auraient été prises par un "drône de l'armée de l'EI" d'après un bandeau s'affichant sur l'écran, illustrent les propos de Cantlie.

Si France 2 et M6 ont choisi de diffuser un extrait de cette vidéo, en floutant le visage de Cantlie, pour rappeler qu'il est otage, ces deux chaînes n'ont pas la même interprétation de ces images : pour France 2, le journaliste a été contraint de faire cette mise en scène. En revanche, M6 n'en est pas sûre et se demande si Cantlie n'est pas victime du syndrome de Stockholm en ayant pris fait et cause pour l'EI, le journaliste marchant semble-t-il librement dans les rues de Kobané.


Fallait-il flouter le journaliste-otage ou pas ? Plusieurs sites d'information, dont LeMonde.fr, LeParisien.fr ou encore ParisMatch.com, ont publié des captures d'écran de la vidéo avec le visage non flouté de Cantlie.

Pas de floutage

 

Visage flouté ou pas, la propagande a atteint sa cible : les images de cette vidéo sont partout. Une nouvelle étape pour la propadange de l'EI, qui avait connu une soudaine médiatisation en diffusant des vidéos d'otages habillés en orange (comme les détenus de Guantanamo) et décapités. Désormais, la propagande de l'organisation s'est considérablement diversifiée, comme l'a constaté LeMonde.fr. Outre cette vidéo aux allures de reportage, l'EI a mis en ligne, en septembre, "un véritable moyen-métrage de cinquante-cinq minutes", explique le site. Sur le fond, le discours est le même : il s'agit de montrer l'étendue des moyens de l'organisation et ses succès. En revanche, "sur la forme, le film lui joue avec les codes visuels le plus modernes (saturation des couleurs, utilisation de la slow motion)". Un travail réalisé par la propre agence de production de l'EI, Al-Furqan Media Production.


L'occasion de voir notre émission sur l'EI : "Pour les occidentaux, l'Etat islamique est plus audible que Al Qaida"

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17h56 suivi

"Call of Duty" : rejet plainte Noriega

Par
la rédaction le 29/10/2014

Finalement, la plainte a été rejetée. Mardi 28 octobre, un juge américain a estimé que la demande de l'ex-dictateur du Panama, Manuel Noriega, aujourd'hui incarcéré dans son pays, n'était pas recevable, annonce LeMonde.fr. Noriega avait réclamé une rétribution pour son apparition... dans le jeu vidéo "Call of Duty - Black Ops 2".

Dans ce jeu vidéo, le joueur doit notamment contrer un complot anti-américain en Amérique Centrale. Travaillant au côté de la CIA dans un premier temps, le Noriega virtuel trahit ensuite les Etats-Unis. Au cours du jeu, le personnage de l'ex-dictateur abat froidement ses deux soldats avant d'être étranglé par le héros. Dans une autre séquence, il est capturé chez lui par des agents de la CIA. Extraits : 

Noriega pouvait-il prétendre à une rétribution de l'éditeur de jeu Activision ? Non. "Ce jugement est une victoire importante et nous remercions le tribunal d'avoir protégé la liberté d'expression", a déclaré l'avocat de l'éditeur, Rudy Giuliani (également ancien maire de New York). "Le jugement d'aujourd'hui est une victoire pour les 40 millions de membres de la communauté de Call of Duty ainsi que pour tous ceux qui, dans le monde entier, aiment les fictions historiques", s'est réjoui pour sa part le directeur général d'Activision, Bobby Kotick.

L'occasion de voir notre émission sur les jeux vidéos militaristes et pro-américains : "Les jeux vidéo de guerre: une idéologie à sens unique"

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09h16 le neuf-quinze

Du nivellement des scandales

Par
Daniel Schneidermann le 29/10/2014

Le Canard n'est pas content. Dans son numéro d'aujourd'hui, le volatile reproche à mots couverts à Mediapart d'avoir "jeté en pâture" le nom de Gilles Carrez, président de la commission des finances de l'Assemblée, parmi les quelque 60 parlementaires "en délicatesse avec le fisc". Motif : les discussions entre Carrez et le fisc n'ont pas encore abouti. Etrange cancanement : c'est pourtant le volatile lui-même qui, dans son numéro précédent, dévoilait ce chiffre : 60 parlementaires. Les discussions, alors, n'avaient pas davantage abouti. Certes, Le Canard ne donnait pas les noms. Mais même sans les noms, l'info était tout aussi susceptible d'entretenir "l'antiparlementarisme".

Dans l'enquête de Mediapart, le point de vue du contribuable Carrez était exposé en détail. A chaque lecteur de se faire son opinion sur sa bonne ou sa mauvaise foi. A quel moment, d'ailleurs, la publication des noms des parlementaires aurait-elle été conforme à la déontologie du Canard ? A la fin des discussions entre le fisc et les parlementaires ? Et alors, dans quel cas exactement ? Si le fisc donnait raison aux parlementaires ? Dans le cas contraire ? Les deux ? Aucun ? Depuis l'affaire Cahuzac, les parlementaires vivent dans un nouvel écosystème, plus transparent, même s'il est loin de l'être totalement. C'est évidemment moins confortable pour eux. Mais Le Canard préférait-il l'ancienne mare ?

Plus pertinente, s'il faut trier entre les sujets d'attention et d'indignation, est, à mes yeux, l'importance respective accordée par le tam-tam médiatique à ces différents scandales. Dans le même numéro, l'hebdo satirique révèle que les travaux de l'appartement de fonction du secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon auraient coûté 130 000 euros -et encore, la CGT a renoncé au home cinéma et à la cave à vins. En réponse, la CGT fait valoir que c'est la première fois que son scerétaire général n'est pas parisien, et qu'il a bien fallu le loger. Dans les journaux radio du matin, l'affaire recueille autant de place que la réunion de Berlin, au cours de laquelle va être finalisé l'accord sur un échange d'informations entre 46 Etats et territoires sur la fraude fiscale. Enjeu de la récupération de l'évasion fiscale : des milliards d'euros, soit de quoi rénover les appartements de quelques milliers de secrétaires généraux de la CGT (avec home cinéma et cave à vins).

Autre exemple, ce lancinant débat sur les fraudes à Pôle Emploi (l'affaire dite "des chômeurs qui ne cherchent pas vraiment de travail") feuilleton récurrent des medias. On rappelait ici que le montant de ces "fraudes à Pôle Emploi" ne porte que sur 1% du montant des fraudes en France, la masse la plus importante étant celle de la fraude fiscale. A longueur de semaines, le tam-tam nivelle ainsi des scandales dont les montants n'ont aucune commune mesure. Certes, en fonction de son auteur, de ses circonstances, de son degré d'impunité, un petit détournement peut être plus scandaleux qu'un gros. Mais il est utile d'avoir toujours les montants en tête.

canard

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19h52 buzz

Vidéo buzz de Mélanie Laurent supprimée de Youtube

Par
la rédaction le 28/10/2014

Un montage assassin. Une vidéo qui recensait le pire des interviews de l'actrice Mélanie Laurent, assemblage de phrases égocentriques et de banalités, a été reprise par la quasi-totalité de la presse en ligne gratuite après avoir circulé sur Twitter. Résultat : 380 000 vues sur Youtube. Mais ce soir, la vidéo est indisponible : sans doute pour parer au "bad buzz", le label de Mélanie Laurent (oui, elle chante aussi) Atmospheriques a demandé et obtenu le retrait de la vidéo pour "atteinte aux droits d'auteur".

Melanie Laurent1
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Dans ce montage de deux minutes mis en ligne le 26 octobre, on pouvait la voir prononcer (entre autres) ces quelques phrases : "Moi je suis quelqu'un de très créatif, je passe ma vie à inventer. Il n'y a pas une journée où je n'écris pas, déjà" ou "Je tue Hitler dans mes rêves depuis que j'ai quatre ans" et "Je crois que j'ai cinq ans quand je monte ma première pièce. À 18 ans j'avais trois scénarios de longs métrages qui traînaient". Si la plupart des sites d'info ont repris la vidéo telle quelle, Slate y voit "un montage fourbe" qui constitue "une nouvelle manifestation du sexisme que l'on fait subir aux actrices" (mais avait quand même intégré la vidéo avant sa suppressio

Comment souvent dans ces cas, la vidéo est réapparue le jour même de sa suppression sur d'autres comptes, comme ici ou .

L'occasion de lire notre enquête : Sexe, seins, anus et girafe: l'aspirateur à clics des sites d'actu gratuits (où l'on voyait déjà tout l'amour que la presse portait à Mélanie Laurent... nue avec un crabe).

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19h51 lu

TF1 ne veut pas se voir sur M6 : "Vu à la télé" suspendu (Libé)

Par
Laure Daussy le 28/10/2014

TF1 refuse de voir des extraits de ses programmes repris sur M6 pour l'émission "Vu à la télé", une émission qui consistait à suivre des personnes regardant la télévision. Une information de Libé.

M6 avait mis en avant un "différend juridique" pour expliquer la disparition de Vu à la télé qui a démarré sur son antenne le samedi 18octobre. En fait de différend, il s'agit d'une bataille entre TF1 et M6. Selon Libé, la première chaîne refuse que des images de ce programme soient diffusées chez sa concurente. L'émission est une adaptation de la britannique Gogglebox sur Channel 4. Le concept : on suit semaine après semaine plusieurs familles qui regardent la télé.

M6

Contacté par Libération, Christophe Dechavanne, producteur de l’émission, explique : "On est au cœur d’un conflit concurrentiel entre TF1 et M6". Une fois le tournage de l'émission entamé et à quelques jours de la première, Dechavanne a en effet reçu un courrier de la Une lui interdisant toute reprise de ses images. Il dit avoir "tout essayé" pour convaincre TF1, y compris de leur racheter des images, en vain. Il ajoute : "J’ai la première chaîne de France qui me demande par courrier de ne pas reprendre ses images ; je ne vais pas prendre les bonbons si la dame ne veut pas que je prenne les bonbons. M6 veut des images de TF1 mais moi, je ne peux pas, c’est pas légal".

Rappelons que Dechavanne, en plus d'être producteur de l'émission de M6 (avec sa maison de production Coyote), est aussi animateur et producteur sur TF1. Cela aurait-il joué dans sa décision? Il dément toute intimidation de TF1 quant à son avenir sur la chaîne: "Il y a eu zéro pression. Ce n’est pas une pression ; c’est une situation à la con."

M6 s'en prend de son côté directement au producteur : "Au premier oukaze, il s'écrase dans ce cas-là, il ne faut pas faire producteur. Le programme n'est pas conforme au contrat ; soit Dechavanne règle l'affaire, soit on arrête. Il n'y a aucun problème de droit, le meilleur exemple, c'est le Zapping de Canal+ ou Touche pas à mon poste sur D8. C'est sûr que ce n'est pas extrêmement intelligent de la part de TF1, mais ils ont trouvé en face d'eux quelqu'un d'un peu faible."

Qu'en est-il d'un point de vue juridique? Selon le droit de citation, il est possible de citer des extraits de télévision, à condition que les extraits soient courts, et il faut une "oeuvre citante" c'est -à-dire que l'extrait doit être intégré au sein d'une autre émission. Mais l'oeuvre citante doit avoir un objectif "critique, polémique, scientifique ou d'information". Pas sûr quela Justice considère que c'est le cas de l'émission en question.

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13h46 grrr !

LVMH : LeMonde.fr dépublie puis republie une tribune critique

Par
Robin Andraca le 28/10/2014

Une tribune critique sur la fondation Louis Vuitton, publiée hier sur le site du Monde, a disparu quelques heures du site avant d'être remise en ligne en fin de matinée. En cause : un passage un poil trop offensif sur l'optimisation fiscale de l'entreprise LVMH.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Publié lundi 27 octobre à 16h, le texte, signé Jean-Michel Tobelem (professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) dénonce les conditions fiscales avantageuses dont bénéficient, en France, les entreprises qui font du mécénat. Le cas de la fondation Louis Vuitton est, à ses yeux, emblématique. "Bernard Arnault, qualifié par certains de prédateur sans scrupules, assoiffé de richesses et tenté par l’exil fiscal en Belgique, devient par la magie du mécénat un protecteur admiré et désintéressé des arts et de la culture. Cette affirmation doit être nuancée", écrit Tobelem. Cette tribune a longtemps été inaccessible ce matin, avant d'être remise en ligne à 11h14. C'est le compte Twitter de "Louvre pour tous" (site d'information sur les musées, qui s'interroge régulièrement sur leurs missions de service public) qui, le premier, a soulevé le problème.

Joint par @si, Tobelem, a lui aussi été averti par les internautes. "J'ai envoyé deux courriels, un premier au service "Opinions" du Monde.fr et un second au médiateur en leur demandant si c'était un problème technique ou autre chose. Un journaliste m'a rappelé quelque temps après". "On voulait vérifier un point", lui a-t-il alors été précisé.

nouveau media

Le point en question ? Le troisième paragraphe de son texte où il est question d'optimisation fiscale : "L’entreprise se situe dans une perspective d’optimisation fiscale et fait payer par l’ensemble des Français plus de la moitié du coût de la fondation, qui dépasse très largement les 100 millions d’euros annoncés. Dans une période de disette budgétaire, le coût pour le trésor public est loin d’être négligeable", estime Tobelem. En effet, les entreprises assujetties à l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés (et LVMH, numéro 1 mondial dans le domaine du luxe, l'est sans aucun doute) peuvent bénéficier d'une déduction fiscale égale à 60% du montant du don dans la limite du plafond de 5% du chiffre d'affaires annuel.

Egalement contacté par @si, Marc Olivier Bherer, journaliste au service Débats du Monde nous a, dans un premier temps, répondu que le problème était d'ordre technique ("On a changé récemment de logiciel") avant de nous confirmer qu'il y avait effectivement, un point d'achoppement : "On a eu une interrogation sur le texte, j'ai appelé l'auteur, on en a discuté et on a remis le texte en ligne". Tobelem a une autre théorie : "Les journalistes ont certainement mesuré les dommages que cela aurait pu occasionner, en terme de censure ou d'étanchéité, entre la régie publicitaire et le journal. Ils ont mesuré qu'il y avait une erreur, une maladresse et ils l'ont remis".

L'occasion de relire deux papiers sur les relations (plutôt cordiales) entre LVMH et les médias : "La Samaritaine : les médias au diapason de LVMH" et "Bernard Arnault et l'Oiseau de verre du Bois de Boulogne".

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12h26 suivi

Fraisse / Sivens : quand Duflot force les socialistes à réagir

Par
la rédaction le 28/10/2014

Ils ont enfin trouvé les mots (mais pas tous les mêmes). Le matinaute s'étonnait que les responsables socialistes n'aient "pas les mots" pour réagir à la mort de Rémi Fraisse, dimanche lors d'un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, en marge des manifestations contre le barrage de Sivens, dans des circonstances encore inconnues. Quelques minutes après que Cécile Duflot (à 07h53) et José Bové ont souligné le silence du gouvernement sur la mort du jeune manifestant écologiste ce matin sur France Info et BFMTV, certains trouvaient miraculeusement leurs mots. Problème : le ton et les expressions choisis sont bien différents d'un porte-parole socialiste à l'autre.

08h59. Une des premières réactions socialistes, un tweet du porte-parole du PS Carlos Da Silva, député de l'Essonne et proche de Valls, fait bondir Duflot. Da Silva lançait ce matin que "la mise en cause des forces de l'ordre par des responsables politiques est inadmissible", et a rappelé qu'il faisait "confiance à la puissance publique". "C'est ÇA la seule réaction du porte-parole du parti socialiste ? Un jeune homme est mort !" s'indigne immédiatement l'ancienne ministre. Une demi-heure après, Da Silva précise avoir "rappelé l'horreur que constitue la mort d'un homme et [sa] solidarité avec ses proches" auparavant sur LCP.


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09h12. Treize minutes plus tard, changement de ton. Juliette Méadel, autre porte-parole du PS (bien connue des @sinautes) a au contraire choisi de s'adresser à la famille de la victime : "très sincères condoléances à la famille de Remi Fraisse" estimant qu'il "faut que la vérité soit faite rapidement sur les circonstances de ce drame".

Méadel

A la même minute de la même heure, Christiane Taubira se fend d'un tweet (signé) très "taubiresque", tout en envolée lyrique : "#RémiFraisse une jeune vie arrachée, promesse brisée, des pensées qui s’entrechoquent, mais au bout une certitude, implacable : Non à ça ! ChT".

Taubira 2

9h30. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve prend (enfin) la parole, et joue la carte de l'entre- deux. Oui, "la mort d'un jeune garçon est un drame" déclare-t-il, adressant "des sentiments et des pensées de compassion et de tristesse" à ses proches. Mais le ministre en a aussi profité pour lancer quelques piques, notamment à Duflot : "Il faut que les juges puissent enquêter pour savoir, il faut attendre que les enquêtes aient abouti avant d’accuser. [...] Un certain nombre de propos tenus ce matin m’ont choqué et relèvent d’une instrumentalisation politique sans vergogne d’un drame. Cela n’est pas acceptable et doit être condamné."

11h20. À quelques minutes d'intervalle, ce sont enfin le président de la République et le premier ministre qui prennent la parole, face aux caméras et aux radios. La ligne est la même que celle de Cazeneuve : le président indique avoir appelé le père de Rémi Fraisse, mais appelle à la "responsabilité" les responsables politiques "dans leurs déclarations publiques". Idem pour Valls qui déplore les "propos excessifs" de certains responsables Verts, appelant lui aussi à la "responsabilité" face "au drame que nous connaissons".

Valls Hollande

L'occasion de revoir notre émission avec Cécile Duflot : "Ministre, j'apprenais les décisions par les alertes du Monde"

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09h17 le neuf-quinze

Rémi Fraisse, et le silence de l'Etat

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Daniel Schneidermann le 28/10/2014

Pas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal. Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cazeneuve. Pas un mot de Cambadélis. Pas un mot d'aucun gouvernant socialiste, après la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, dont le premier rapport d'autopsie indique qu'il est mort "après une explosion", lors d'un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, cocktails molotov contre grenades assourdissantes. Pas un mot (ah si. On me souffle que Cazeneuve a envoyé un communiqué lundi soir, peu avant minuit, soit plus de 24 heures après la nouvelle, communiqué dans lequel il "pense à la famille et aux proches" de la victime). L'expression de la révolte et de la douleur est laissée aux écolos -il fallait entendre Cécile Duflot ce mardi matin, sur France Info. Mais peut-être n'ont-ils plus de mots. Peut-être n'ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total, dont les obsèques se déroulaient lundi, en présence de Hollande et Valls.

Rémi Fraisse était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, association affiliée à France Nature Environnement, association qui n'est pas connue pour être un repaire de boutefeux. Il venait de passer un BTS environnement. Soyons prudent : on ne sait pas d'où venait le projectile qui l'a tué. Mais on sait qu'il est mort pour ses idées. "Mourir pour des idées, c'est une chose, mais c'est quand même relativement stupide et bête." Qui a proféré ces fortes paroles ? Le président (socialiste) du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac. Soyons prudent : on ne connait pas la pensée profonde du président (socialiste) du Conseil général du Tarn. On ne sait pas si c'est Rémi Fraisse, que Carcenac juge "relativement stupide et bête", ou si c'est la situation elle-même.

Sur la brutalité apparemment très particulière dont font preuve les gendarmes dans l'occupation de Sivens, sur les réserves techniques émises sur le projet de barrage lui-même par un rapport d'experts du ministère de l'environnement, tout est dit, et très bien, par cet article de Mediapart. En gros, le projet est surdimensionné, les études ont été bâclées, mais on ne peut pas l'arrêter, maintenant que les opérations de déboisement ont commencé. Et si on l'arrête, on perd le bénéfice des subventions européennes qui doivent le financer partiellement. Toutes les informations sur le mouvement sont par ailleurs disponibles sur le blog Tant qu'il y aura des bouilles. Sur tous ces aspects, pas plus que sur la mort d'un jeune écolo de 21 ans, le gouvernement ne dit rien. Sur les projets pharaoniques qui transforment l'un après l'autre l'agriculture française, sur Sivens comme sur la ferme de Mille vaches, peut-être n'ont-ils tout simplement plus de mots.

RémiFraisse

Rémi Fraisse (Tant qu'il y aura des bouilles)

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15h13 suivi

Vidéo Youtube : intégrer n'est pas voler

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Vincent Coquaz le 27/10/2014

Intégrer ("embedder") une vidéo protégée par le droit d'auteur sur son site n'est pas considéré comme du piratage, même si la vidéo a été initialement mise en ligne sans autorisation. C'est la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) qui a tranché, rapporte Numerama : si l'envie vous en prend, vous pouvez partager sur votre site la copie pirate entière d'un Indien dans la ville, disponible sur Youtube, sans que les ayants droit puissent engager votre responsabilité.


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La question était posée à la CJUE par un tribunal allemand, saisi d'une plainte d'une société qui fabrique des filtres à eau, Bestwater International, qui reprochait à deux sites tenus par des commerciaux travaillant pour la concurrence, d'avoir intégré une de leurs vidéos promotionnelles. Celle-ci se trouvait sur Youtube sans permission, avançait BestWater, pour qui les deux sites étaient donc coupables de violation de droit d'auteur en les partageant.

Pas de "communication à un nouveau public"

Dans son arrêt (pas encore publié par la Cour mais dont le site spécialisé TorrentFreak a obtenu une copie), la Cour européenne a finalement estimé que le fait d'intégrer une vidéo déjà publiée ailleurs ne constituait pas une violation des droits d'auteur, puisqu'elle n'était pas modifiée (simple "embed") ou communiquée à un nouveau public (elle était déjà disponible à tous sur Youtube). TorrentFreak estime que ce jugement suit et confirme la jurisprudence Svensson, dans laquelle la Cour avait jugé en février dernier que faire un lien vers un contenu protégé déjà publié ne pouvait être considéré comme du piratage. Dans cet arrêt, la Cour mettait fin à la distinction existant jusque là entre un lien et une intégration, et jugeait surtout que si un contenu était déjà disponible et donc communiqué à tous les internautes, toute reprise ne pouvait constituer une communication "à un nouveau public".

En bonus, puisque la Cour européenne estime qu'on ne peut être tenu responsable, une copie du film Les Trois Frères : Le Retour en intégralité, trouvée sur Youtube. Mais en qualité dégradée et avec l'image penchée, pour déjouer les protections Youtube. On ne peut pas tout avoir.

L'occasion de lire notre enquête sur la nouvelle approche de la presse en ligne, qui s'attaque à Adblock : "Bloquer, c'est voler"

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12h50 vu

Modiano : Pellerin erre dans "les méandres du souvenir"

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Robin Andraca le 27/10/2014

Comme un communiqué de presse peut parfois être cruel ! Interrogé ce week-end sur Canal + sur l'oeuvre de Patrick Modiano, Fleur Pellerin s'est montrée incapable de citer un seul de ses ouvrages. Dans un message publié deux semaines plus tôt, pour féliciter l'écrivain pour son prix Nobel de littérature, la ministre de la culture semblait pourtant connaître son Modiano sur le bout des doigts.

"Euuuuuuuuuuuuuuuuuuh"

Quand Fleur Pellerin sèche, au moins elle ne fait pas semblant. Interrogée par Maïtena Biraben, présentatrice du Supplément sur Canal +, sur son livre préféré de Modiano, sacré prix de Nobel de littérature, la ministre de la culture assume : "J'avoue, sans aucun problème, que je n'ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans". Au moins, c'est clair.

Sauf que... la ministre de la culture s'était pourtant montrée beaucoup plus pointue sur le sujet dans un communiqué de presse publié, en son nom, le 9 octobre dernier. "C’est un jour heureux pour la littérature française, une très grande émotion et une immense fierté pour la France et pour l’ensemble de nos concitoyens", peut-on lire dans ce communiqué pour qui "le Jury du prix Nobel a décidé de distinguer cette année un auteur français dont les romans, traduits en 36 langues, ont bouleversé et passionné des générations de lecteurs à travers le monde". Classique.

Et la ministre en a évidemment profité pour glisser quelques mots sur l'oeuvre de l'auteur français, fraîchement nobélisé. Une oeuvre qu'elle connaît visiblement... sur le bout des doigts : "De La Place de l’Étoile à son dernier roman Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, son œuvre empreinte d’une douce mélancolie s’aventure avec une infinie poésie dans les replis de la mémoire et les méandres du souvenir". Et comme si l'infinie poésie dans les réplis de la mémoire ne suffisait pas, le communiqué en rajoute une dernière couche : "Ecrivain d’un Paris occupé, des visages oubliés et des enfances retrouvées, il s’empare des destins individuels pour redonner vie à toute une époque". Apparemment, les "méandres du souvenir" sont inextricables...

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09h15 le neuf-quinze

Maxence Buttey, le FN, l'Islam et la diabolisation

Par
Daniel Schneidermann le 27/10/2014

On dirait d'abord un titre du Gorafi, mais c'est sérieux. Le FN de Seine Saint-Denis se déchire sur le cas d'un jeune conseiller municipal frontiste de Noisy le Grand, Maxence Buttey, qui s'est converti à l'Islam. "Les deux sont diabolisés et très éloignés de l'image que les médias en donnent. Comme l'islam, le FN défend le plus faible. Le parti dénonce les taux d'intérêt exorbitants de la dette de notre pays. Et l'islam est contre la pratique de l'usure." explique le jeune élu au Parisien. Et d'ajouter, selon le journal, qu'il y a "beaucoup de flou autour de l'affaire Merah". Que faire du converti ? L'exclure ? Le sermonner ? Le raisonner ? Ou bien le conserver, et l'utiliser audacieusement pour fonder, au sein du parti, une section des convertis à l'Islam ? Mais alors, où s'arrêter ? Marine Le Pen doit-elle tenter de recruter parmi les djihadistes de l'Etat Islamique ? Difficile : cela risquerait de poser des problèmes diplomatiques avec Bachar El Assad, ami du mouvement.

Attention : ce n'est pas la foi du jeune homme, qui pose problème au Parti, mais son prosélytisme : il a envoyé aux responsables départementaux une vidéo prosélyte. La commission de discipline va se pencher sur la question. On imagine avec délices les huiles disciplinaires du FN penchées sur la vidéo "prosélyte" de Maxence Buttey, vidéo retrouvée par Métronews. Car il faudra bien débattre du fond. Ce que dit Buttey du caractère prophétique du Coran est-il exact ? Existe-t-il des barrières invisibles dans l'océan ? Les montagnes servent-elles à la stabilisation de l'écorce terrestre ? L'embryon humain a-t-il la forme d'une sangsue ? Tout cela est-il dans le Coran ? Les découvertes sur la sexualité des plantes confirment-elles les intuitions du Prophète ? Délicieux débats en perspective. On comprend les craintes de la haute hiérarchie : que se passerait-il, si l'entreprise de prosélytisme connaissait un certain succès ? Si les foules marinistes, diabolisées pour diabolisées, se ruaient en masse vers les mosquées ? Et si la cheffe elle-même, un jour, décidait de porter le voile ?

On a envie de rire de l'embarras du FN. On a peut-être bien tort. Cet embarras révèle crûment la métamorphose du mouvement. Oui, Marine Le Pen veut aujourd'hui des électeurs, des militants, des candidats musulmans, comme le montrait un récent documentaire de France 3, que nous avions disséqué sur le plateau. C'est d'ailleurs ce qui fait sa dangerosité. Le FN est sans doute autrement plus redoutable en parti attrape-tout, souhaitant intégrer les musulmans (et les Juifs, et les Noirs, et les homos), que développant à leur égard les éructations de papa.

Buttey Noisy 2

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08h39 suivi

Carrez en délicatesse avec le fisc (Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 26/10/2014

Des parlementaires en délicatesse avec le fisc ? Depuis que Le Canard enchaîné a révélé mercredi qu’une soixantaine de députés ou sénateurs étaient dans le viseur du fisc, les noms des suspects circulent ici ou là. Tandis que Le Monde dévoile les cas du député Lucien Degauchy (UMP)et du sénateur Philippe Marini (UMP), Mediapart dévoile le cas du député et président de la commission des finances Gilles Carrez (UMP) à qui le fisc reproche d’avoir mésestimé son patrimoine immobilier et d’échapper ainsi à l’ISF. Point commun : ils plaident d’une même voix la bonne foi.

"Députés et sénateurs sont des Français comme les autres" se défendait Bercy suite aux révélations du Canard enchaîné mercredi dernier qui affirme qu’une soixantaine de parlementaires sont en délicatesse avec le fisc. Certes. Mais tout de même : depuis mercredi, on se presse pour obtenir le nom des prochains Cahuzac ou Thévenoud dont la liste complète, assure Le Canard, sera connue à la fin de l’année.

Pour l’heure, Le Monde a déjà dévoilé deux d’entre eux : le député Lucien Degauchy et le sénateur Philippe Marini. Degauchy a possédé un compte non déclaré en Suisse mais il pensait – en toute bonne foi bien sûr – que cet argent ne lui appartenait pas. Une défense souvent entendue lorsque Le Monde a publié l’identité de personnalités présentes dans le fichier dit Falciani, du nom de l’ancien cadre informatique de la banque HSBC qui a fourni au fisc français, fin 2008, une liste de détenteurs de comptes suisses. Quant à Marini, le différend porte sur l’estimation d’un de ses biens immobiliers, un appartement du 5e arrondissement, à Paris.

Un problème d’évaluation qui concerne également Gilles Carrez, député UMP, président de la commission des finances et ancien rapporteur général du budget sous Nicolas Sarkozy, comme le révèle de son côté Mathilde Mathieu, journaliste de Mediapart et invitée de notre émission de la semaine. Ou plus exactement un problème d’abattement de 30% que se serait appliqué Carrez sur sa résidence principale détenue au travers d’une SCI. Carrez mediapart

Carrez – qui a volontiers répondu aux questions de la journaliste – le concède : "il semblerait que quand vous êtes propriétaire en SCI, vous n’ayez pas le droit à l'abattement de 30%, même si vous habitez votre maison comme nous depuis trente-huit ans. J'avoue que j'ignorais complètement ce point, bien que j'aie été rapporteur du budget pendant dix ans". Le député assure qu’il ne discutera pas la décision des services fiscaux et paiera sans rechigner car "ce n’est pas un drame". Avant d’ajouter : "la seule chose qui m'ennuie, c'est que dans cette affaire, je suis complètement de bonne foi."

Pour autant, rappelle la journaliste, "le député UMP est justement l'auteur de l'amendement qui a instauré l'abattement de 30% sur la résidence principale (auparavant limité à 20%), co-signé à l'été 2007 avec Jean-François Copé". De même, Carrez a défendu la "réforme du gouvernement Fillon qui a fait passer le seuil d'entrée dans l'ISF de 800 000 euros à 1,3 million d'euros". Jamais mieux servi que par soi-même ? C’était notre conclusion sur l’utilisation de la réserve parlementaire par Carrez qui n’a pas hésité, en 2011, à reverser l’essentielle de cette cagnotteau Perreux-sur-Marne (94), à la municipalité dont il est maire. Une cagnotte dont l’utilisation est aujourd’hui connue de tous depuis l’action du citoyen Hervé Le Breton que nous avions reçu sur notre plateau en juillet.

Transparence justement : depuis l’affaire Cahuzac, la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est chargée d'éplucher les déclarations de patrimoine et d'intérêts des hauts responsables publics et de demander des comptes le cas échéant – mais pas forcément de demander de remplir soigneusement les déclarations comme on le racontait cet été. Or la mise en place de cette structure égratigne sérieusement le secret fiscal selon Carrez : "ce que je souhaite, c'est que le secret fiscal soit préservé, lui qui fonctionnait encore à peu près, en tout cas un peu mieux que le secret de l'instruction. Mais là, à partir du moment où des listes se baladent... À partir du moment où vous mettez en place des procédures de type HAT, avec une liaison avec les services fiscaux (d'ailleurs nécessaire), vous mettez dans la boucle des dizaines de personnes. Et il y en a une qui se fait un malin plaisir..." La faute aux petits malins.

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18h01 flash

Ulcan : Israël brise le silence

Par
Robin Andraca le 24/10/2014

Dans le dossier Ulcan, ce hacker ultra sioniste qui avait piraté notre site devant les caméras de France 2, les autorités Israéliennes communiquent enfin. Sur Rue89, le site qu'il a co-fondé, Pierre Haski révèle un communiqué officiel de l'ambassade d'Israël en France, publié aujourd'hui.


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Dans un communiqué officiel publié aujourd'hui "à la suite de récentes interpellations dans la presse", l'ambassade d'Israël en France rappelle "l'excellence et la qualité de la coopération judiciaire entre la France et Israël" avant d'ajouter : "En effet, en ce qui concerne le hacker ULCAN, jusqu'à présent, toutes les demandes du Ministère de la Justice française ont été traitées rapidement par l'Etat d'Israël".

Le communiqué précise enfin que "chaque requête formelle sera traitée dans les plus brefs délais, conformément aux règles et à la tradition qui font et fondent les bonnes relations entre les deux Etats de droit".

Début octobre, Haski s'était en effet interrogé sur le silence troublant d'Israël face à la dérive criminelle du hacker Ulcan : "Les plaintes qui s’accumulent, l’ouverture de deux informations judiciaires avec la nomination de deux juges d’instruction, les démarches diplomatiques, finiront-elles par réveiller un gouvernement israélien qui ne peut plus ignorer cette affaire? Ou devra-t-on à un certain moment se demander si ce silence ne devient pas complice?". 


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Le communiqué en question

L'occasion de revoir notre émission de cet été, où nous brossions le portrait de ce militant d'un nouveau genre.

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15h08 lu

Accord européen climat : insuffisant pour les écologistes

Par
la rédaction le 24/10/2014

"Un plan de lutte exemplaire", "Des mesures jugées ambitieuses"... Si vous écoutiez la radio ce matin, l'accord européen de lutte contre le réchauffement climatique avait de quoi vous enthousiasmer. Avec l'accent mis sur un objectif (contraignant) de baisse de 40% des gaz à effet de serre, les chefs d’État s'auto-congratulaient d'avoir vécu un "moment fort de la vie de l'Union européenne". Mais tout le monde n'est pas de cet avis. L'euro-député Europe Écologie Les Verts Yannick Jadot voit au contraire dans cet accord un "frein à la transition énergétique".

Lemonde Climat

Pour lui (et pour Cécile Duflot), les chefs d’État ont "décidé seuls et imposé" au parlement et à la commission des objectifs à minima. En cause, la décision à l'unanimité et la "menace permanente de veto britannique ou polonais", qui ont par exemple poussé à diviser par deux l'ambition de la Commission et du parlement en terme d'énergies renouvelables ou à baisser celle de l'efficacité énergétique, selon Jadot. Surtout, l'euro-député précise que la France n'a pas été du tout exemplaire et s'est plus volontiers alliée "avec le Royaume-Uni pour les EPR [réacteurs nucléaires] qu'avec l'Allemagne sur les renouvelables".

Même constat pour les ONG : les objectifs " sont bien en deçà de ce qui pourrait être fait par l'Europe pour combattre le changement climatique", estiment les Amis de la Terre, cités par LeMonde.fr. Oxfam note de son côté qu'une "action insuffisante de la part des pays les plus riches fait peser le fardeau sur les populations les plus pauvres".

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