Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h39 lu

L'Elysée verrouille (encore) la photo du gouvernement

Par
la rédaction le 22/06/2017

Nouvelle tension entre les photographes de presse et l'Elysée autour de la photo du gouvernement. Les photographes ont eu bien du mal à obtenir l'accès à la traditionnelle "photo de famille" du nouveau gouvernement après le premier conseil des ministres mercredi 21 juin, comme le raconte Libération.

Libé Macron

La journaliste Charlotte Beilach raconte : "La com de l’Élysée a décidé d’autoriser seulement un pool : une agence de presse, un magazine et un quotidien, en l’occurrence Le Figaro, raconte le photographe Laurent Troude, qui travaille pour Libération. Alors que traditionnellement, tout le monde accède à la photo." En protestation, les photographes ont décidé de tourner le dos aux ministres lors de l'arrivée, criant "en grève". Sibeth Ndiaye, conseillère presse pour les affaires nationales du président, "a finalement autorisé tous les photographes à venir mais a refusé qu’on prenne de photos de la mise en place", relate le photographe. "Or ce sont précisément l’avant et l’après qui intéressent les photographes, se contenter du cliché de la pose officielle ayant bien moins d’intérêt", écrit Libération. "«On a dit non, mais quand on est arrivés ils étaient déjà positionnés, explique donc Laurent Troude. Mais quand ils ont commencé à se disperser, on a pris des photos. Sibeth Ndiaye s’est énervée.»"

Un incident du même type avait déjà eu lieu lors de la présentation du premier gouvernement d’Édouard Philippe le 18 mai dernier. Après le conseil des ministres, les journalistes avaient été priés d'évacuer la cour de l’Élysée. Quelques photographes parmi ceux accrédités avaient été choisis pour prendre le cliché, dans un vestibule. Le lieu était alors trop étroit pour que tous les photographes puissent être présents. Cette fois-ci, la "photo de famille" était prise depuis les vastes jardins de l’Élysée. "Il n’y avait même pas d’excuse, pas d’argument", déplore Troude dans Libération.

L'Obs avait rapporté que le premier cliché officiel du 18 mai n'avait pas plu à Emmanuel Macron : tous les ministres ne regardaient pas l'objectif, et certains étaient même à moitié cachés.

Philippe I

 

Des photos des ministres, dispersés avant ou après " la" photo, avaient également circulé.

BFMTVPhoto d'illustration utilisée par BFM TV

Echos

 

Photo d'illustration utilisée par Les Echos

 

La communication macronienne est verrouillée depuis le début de la campagne. Restrictions importantes pour les photographes, monopole de Soazig de la Moissonnière comme photographe officielle ou encore fausses photos volées à la Une de Paris Match, comme Bruno Jeudy le racontait sur notre plateau... le président ne veut laisser filtrer aucune image non contrôlée.

L'occasion de relire notre article sur la volonté de contrôle de l'équipe présidentielle sur la presse.

(Par Hélène Assekour)

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16h25 suivi

NKM : l'agresseur présumé nie l'avoir frappée

Par
la rédaction le 22/06/2017

Vincent Debraize livre sa version des faits. Le maire de Champignolles, accusé d'avoir agressé Nathalie Kosziusko-Morizet jeudi 15 juin à Paris a donné une conférence de presse ce jeudi 22 juin pour s'expliquer.

Debraize

L'homme de 55 ans est soupçonné d'avoir jeté des tracts au visage de NKM en la traitant de "bobo de merde." Ce geste aurait provoqué la chute de celle qui était alors candidate à la députation. Inconsciente durant 15 minutes, NKM avait été transportée à l'hôpital où elle avait passé une nuit sous observation. Les faits avaient été abondamment relayés par la presse, et un photographe de l'AFP, présent sur place, avait capturé le moment de l'altercation, puis de NKM à terre. La diffusion de ces photos avait fait polémique.

Debraize raconte aujourd'hui une version très différente des événements, dans laquelle il serait davantage victime qu'agresseur. Lors de sa conférence de presse, il a expliqué avoir interpellé NKM jeudi 15 juin pour lui demander pourquoi elle se présentait dans cet arrondissement. Un soutien de NKM aurait alors menacé de "lui péter la gueule." Debraize se serait éloigné en disant "Eric Zemmour a raison, vous êtes vraiment une bobo de droite." Pas de "bobo de merde", donc, selon lui.

En revanche, le maire de Champignolles affirme que c'est NKM qui l'aurait insulté. "Madame Kosciusko-Morizet s'avance vers moi et avec les tracts qu'elle avait dans la main, camoufle son visage, se penche vers moi et me dit, baissant la voix [...] "dégage, connard".

Quant aux coups, il n'y en a jamais eu selon Debraize. "Les tracts, ils sont [...] sur moi. [...] Je me retrouve avec les tracts dans la main droite, et en même temps qu'elle commence à reculer en face de moi [...] je les jette au sol. [...] A aucun moment, je n'ai porté un coup à Madame Kosciusko-Morizet. [...] Et là, [...] elle me regarde, pouf, elle tombe."

Il affirme également avoir été immédiatement pris à partie par les soutiens de NKM. L'un d'entre eux se serait avancé vers lui, et "effectuant un salut nazi au-dessus de ma tête, par deux fois, se met à hurler "Heil Hitler, Heil Hitler !", décrit Debraize. Menacé par des militants, l'homme explique avoir fui dans le métro, puis avoir été rattrapé par l'un d'entre eux après être ressorti dans la rue. "Et là, les coups pleuvent, il me frappe, il me tape dessus. J'ai la chemise déchirée, j'ai les lunettes cassées." Il annonce avoir l'intention de porter plainte contre ses "agresseurs verbaux et physiques" pour "coups et blessures".

En attendant, son procès pour violences et outrage "sur une personne chargée d'une mission de service public" se tiendra le 11 juillet.

L'occasion de relire notre article : "Agression de NKM: plusieurs medias critiqués pour avoir montré la photo de la candidate à terre"

(Par Hélène Assekour)

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15h35 lu

Wikileaks : Assange mécontent d'un documentaire

Par
la rédaction le 21/06/2017

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, s'oppose à la réalisatrice Laura Poitras, auteur du documentaire primé Citizenfour sur Edward Snowden, nous apprend Le Monde. L'objet de la discorde : Risk, un documentaire consacré à Assange, que la réalisatrice a décidé de remonter entièrement après la révélation d'accusations de viol à l'encontre d'un proche du site. Les avocats d'Assange crient à une tentative de déstabilisation.

Le film était prêt, il avait même été projeté. La réalisatrice américaine Laura Poitras, auteur du documentaire Citizenfour consacré à Edward Snowden et aux fuites sur la surveillance de masse de la NSA, travaille depuis 2011 à un documentaire consacré à Wikileaks et à son patron, Julian Assange. En 2016, le film est projeté à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Mais ne sort pas en salle. Et pour cause : Poitras a brusquement décidé de changer l'angle de son documentaire et de le remonter complètement. A cause de l'élection présidentielle américaine ? Non.

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Capture extraite de la bande-annonce du film

Le Monde raconte, dans un article publié ce matin, que sont les accusations de viol et de harcèlement portées contre l'un des proches d'Assange, Jacob Appelbaum, avec qui elle a eu une relation, qui ont poussé Poitras à réécrire son documentaire. Appelbaum a démissionné en juin 2016 du projet Tor, le réseau d'anonymisation des communications, après que plusieurs femmes, dont certaines ayant témoigné anonymement, l'ont accusé d'agressions et de harcèlement sexuels, de comportements déplacés et manipulatoires. Très célèbre au sein de la communauté des défenseurs des libertés en ligne, Appelbaum a collaboré avec Wikileaks et est même intervenu sur les documents de la NSA révélés par Snowden pour le Spiegel. Appelbaum a toujours nié avoir été coupable de tels comportements. Mais pour Poitras, l'annonce de son départ de Tor fait l'effet d'une déflagration.

Au Daily Beast, cité par Le Monde, elle déclare ainsi : "J'avais un film que je ne pouvais publier tel quel. Cela me laissait deux choix : abandonner le film, ou évoquer plus directement les questions de harcèlement dans cette communauté." Sur la bande annonce du film remonté, tournée à la manière d'un teaser de film d'espionnage, on entend Poitras énoncer : "Ce n'est pas le film que je pensais être en train de faire. Je pensais pouvoir ignorer les contradictions, qu'elles ne faisaient pas partie de l'histoire. J'avais tort. Elles sont l'histoire." Et de cette histoire, une scène émerge : une conversation dans laquelle Assange, forcé à demeurer confiné dans l'ambassade de l'Equateur, à Londres, pour échapper à une enquête pour viol en Suède - depuis abandonnée -, parle des deux femmes à l'origine de l'accusation. (Le film n'étant pour le moment accessible qu'aux Etats-Unis, nous n'avons pas pu la visionner.)

"Il s'agit de protéger des sources journalistiques"

Assez pour que les avocats de Wikileaks réagissent, en menaçant de porter l'affaire sur le plan judiciaire. Dans une lettre ouverte à Newsweek, ils accusent Poitras d'avoir intentionnellement trompé Assange et ses proches sur la nature du film qu'elle voulait tourner.

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La seconde version du film inclut en effet nombre de scènes qui ne se trouvaient pas dans la première version, visionnée à l'ambassade d'Equateur. "Le fait que le «vrai» film contenait ces éléments a été dissimulé, empêchant Assange d'exercer ses droits contractuels", assurent-ils. "Au lieu d'un documentaire sur les abus de pouvoir étatiques et le rôle central de Wikileaks dans son dévoilement, le film est maintenant centré sur des allégations hautement discutées sur un ex-petit ami [de la réalisatrice]." Le revirement de Poitras ne serait motivé que par des considérations personnelles ou, comme le sous-entendent également les avocats, une volonté de "déstabiliser Wikileaks, juste au moment où l'administration Trump a annoncé son intention de poursuivre les journalistes, les éditeurs et leurs collaborateurs." Mais comme le remarque Le Monde, les arguments déployés par Wikileaks rappellent "de manière inversée, des critiques faites à Wikileaks lors de la publication des documents confidentiels de l'armée et de la diplomatie américaine." Les avocats ont en effet invoqué la protection des sources journalistiques, et la sécurité des membres de Wikileaks, en sus de leur "intégrité personnelle et professionnelle".

Les producteurs de Risk et la réalisatrice leur ont répondu, également dans Newsweek, en accusant clairement Assange de vouloir les censurer : "Dans leur effort d'empêcher la diffusion de Risk, ils utilisent les mêmes tactiques qui ont souvent été utilisées contre eux - menaces légales, fausses craintes sur la sécurité, attaques personnelles - et avec le même but : supprimer de l'information et réduire au silence."

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Pour eux, Assange a consenti dès le début à un documentaire "indépendant" : "Ni Wikileaks ni Assange n'ont de contrôle éditorial sur Risk." Assange ne protesterait par le biais de ses avocats que parce que Poitras aurait refusé d'inclure dans le documentaire des scènes présentant Wikileaks sous un jour favorable, et d'en enlever d'autres, à leur désavantage. Quoi qu'il en soit, le film est d'ores et déjà sorti au cinéma aux États-Unis.

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18h19 vous n'êtes pas obligés

Marianne culbutée : deux dessins de Plantu, deux réactions du Monde

Par
la rédaction le 20/06/2017

Marianne culbutée en Une du Monde ? C'est ce qui est apparu, mardi 20 juin, aux lecteurs les plus attentifs du quotidien, grace au dessinateur Plantu. Il a niché, sur le frontispice de l'Assemblée Nationale représentée en arrière-plan de son dessin, une Marianne à quatre pattes, tenue fermement aux hanches par un binoclard caractéristique des bureaucrates de Plantu. Sans doute un député.

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Détail du dessin

Plantu a lui-même avoué se prêter à ce jeu, sur le plateau de C Politique (France 5), en octobre dernier. "Ça fait quarante ans que, à chaque fois, dans la frise, je dessine toujours (…) un petit député qui est en train de se faire la petite Marianne, qui est en train de se faire baiser." Il ajoutait que les rédacteurs en chef successifs n'avaient pas remarqué le détail. Cette fois-ci, il était pourtant assez peu caché.

Un dessin d'Hollande culbutant Marianne censuré en 2014

D'autant que Le Monde a déjà fait corriger un dessin "salace" de Plantu. En 2014, il avait dessiné, à l'occasion d'une exposition dédiée au tatouage au Quai Branly, un François Hollande en pleins ébats avec Marianne, dans une vitrine d'exposition.

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Le dessin original, diffusé dans la newsletter aux abonnés du Monde

Le dessin était passé dans la Une destinée aux abonnés de la newsletter du journal... avant d'être modifié par le caricaturiste à la demande du journal. Le "détail" Hollande avait été gommé, ne laissant plus que la femme nue. C'est cette version qui est finalement passée à l'impression. Contactée par puremedias.com, la direction de la communication avait affirmé : "Le dessin que vous avez pu voir était une première version, qui a été soumise à la direction de la rédaction. Comme elle a été jugée choquante, Plantu a accepté de modifier le dessin".

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Le dessin modifié, imprimé en Une

En une du Monde de demain, mercredi 21 juin, Plantu a de nouveau choisi de représenter l'Assemblée Nationale. Cette fois-ci sans culbutage dissimulé.

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16h13 suivi

Arte va diffuser le documentaire "censuré" sur l'antisémitisme

Par
Juliette Gramaglia le 20/06/2017

Fin d'une polémique ? Le documentaire allemand sur "l'antisémitisme en Europe" qu'Arte avait initialement rejeté sera finalement diffusé ce mercredi 21 juin à 23 heures. La chaîne franco-allemande s'incline ainsi devant la décision du groupement audiovisuel public allemand ARD, qui a décidé de montrer ce documentaire, objet d'une polémique depuis plusieurs semaines, principalement outre-Rhin (et que nous avions pu visionner).


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Pour rappel, Arte refusait de diffuser le documentaire allemand "Prédestinés et exclus - Antisémitisme en Europe" des allemands Joachim Schröder et Sophie Hafner. La chaîne expliquait notamment que le réalisateur n'aurait pas respecté le contrat initial, en filmant par exemple pour une grande partie hors d'Europe. Mais ce dernier accusait la chaîne de "censure" contre un documentaire qui "dérange". Dans la foulée, plusieurs intellectuels allemands, personnalités publiques et médias outre-Rhin avaient appelé la chaîne à montrer le fameux film. Le tabloïd Bild avait même créé la surprise (et la désapprobation de certains médias) la semaine dernière en décidant de mettre en accès libre, pendant 24 heures, le film sur son site internet. Ue démarche inédite et discutable sur un plan légal, puisque le quotidien le plus lu d'Allemagne ne possède pas les droits du film.

Alors qu'Arte avait réitéré récemment sa volonté de ne pas diffuser le documentaire, la chaîne WDR (qui possède les droits de rediffusion pour l'Allemagne et a cofinancé l’œuvre de Schröder) avait annoncé qu'elle étudiait en interne la possibilité de montrer le film. La chaîne s'interrogeait notamment sur quelques erreurs factuelles dans la séquence sur les financements des ONG pro-palestiniennes par des organisations européennes.

Finalement, le groupement public audiovisuel ARD, dont dépend donc la chaîne WDR, a pris la décision de diffuser le documentaire vendredi 16 juin, à partir de 21h15, insistant sur l'importance de traiter de la thématique de l'antisémitisme. Volker Herres, le directeur des programmes de la chaîne Das Erste, qui diffusera le documentaire, justifie cette décision par la volonté de "mettre à disposition d'un public large le documentaire controversé, malgré ses défauts de construction. Seulement ainsi, le public télévisé pourra s'en faire une opinion". La chaîne a prévu de consacrer le talk-show Maischberger qui suit à un débat autour du film, afin justement de pouvoir discuter des "défauts" du film, notamment ses erreurs factuelles.

Ce mardi 20 juin, Arte s'aligne sur la décision de ses chaînes partenaires. La chaîne franco-allemande, qui se refuse toujours à diffuser elle-même le documentaire, a annoncé qu'elle reprendrait le signal de l'antenne allemande, "afin que le public d'Arte des deux pays puisse avoir la même connaissance [du documentaire]", explique-t-elle dans un communiqué. Le débat dans l'émission Maischberger, en allemand, sera lui aussi repris. Il sera doublé pour le public français, soit au préalable, soit en direct.

L'occasion de (re)lire notre enquête: "«Censure» sur Arte: nous avons vu le documentaire sur«l'antisémitisme en Europe»"

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16h32 Hors Série

La lutte des classes vue par Chabrol (Hors-Série)

Par
la rédaction le 19/06/2017

"A partir du moment où vous travaillez pour quelqu’un, c’est foutu" lance le critique de cinéma Jean-François Rauger, invité de Hors-Série cette semaine. C’est foutu "parce que le rapport est faussé. Il y a de la domination. Il y a de la violence. D’autant plus que la famille bourgeoise essaie de la cacher".

Cette bourgeoisie, et sa façon de retenir ses pulsions ou d’enfouir ses secrets, est au cœur du cinéma de Claude Chabrol. Et c’est autour du film La Cérémonie, sorti en 1994, qu’Hors Série poursuit son enquête sur les grands films de l’histoire du cinéma. Un film où, pour une fois, les secrets inavouables sont du côté de la domestique (Sandrine Bonnaire) et d'une postière (Isabelle Huppert). Les deux femmes vont commettre l'indéfendable. Des personnages monstrueux, sanguinaires, pour qui on n’éprouve aucune sympathie. Preuve que Chabrol, dans sa façon d’aborder la lutte des classes, n’est jamais manichéen.

>> Pour voir l’émission Hors-Série animée par Murielle Joudet, avec Jean-François Rauger, c’est ici.

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11h03 @rrêt sur images

Attard, chroniqueuse sur BFMTV ? Pourquoi pas !

Par
la rédaction le 18/06/2017

Isabelle Attard, bientôt chroniqueuse sur les chaînes d'info ? La question, très hypothétique, est posée par Daniel Schneidermann, la réponse ne se fait pourtant pas attendre : "Je réponds présente", assure la désormais ancienne députée sur notre plateau. L'invitation est lancée !

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission, avec Isabelle Attard: "On peut être novice en politique et parler français".

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11h40 @rrêt sur images

Attard, les futurs députés En Marche et le "sujet-verbe-complément"

Par
la rédaction le 17/06/2017

Sujet, verbe, complément. Quel regard porte Isabelle Attard sur les deux candidates en Marche, qualifiées au second tour des législatives et moquées sur les réseaux sociaux suite à leurs prestations lors de débats locaux ? "Je voudrais dire qu'on peut être novice en politique et parler français. Ce n'est absolument pas incompatible. Ce n'est pas une question d'éducation. C'est juste une question de sujet, verbe complément".

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission avec Isabelle Attard : "On peut être novice en politique et parler français".

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17h59 suivi

Gaspard Glanz (Taranis News) va demander la carte de presse

Par
Manuel Vicuña le 16/06/2017

"Taranis News n’a pas dit son dernier mot", assure son fondateur. Dans un billet publié cette semaine, le vidéaste et photographe Gaspard Glanz annonce que son agence spécialisée dans la couverture des mouvements sociaux va ralentir la cadence jusqu’à septembre. Le temps pour lui de repartir du bon pied après une année de démêlés avec la police et la justice. Tour à tour gardé à vue en marge du démantèlement de la jungle de Calais, placé sous contrôle judiciaire, fiché S, convoqué par la justice, Glanz raconte: "Sans avoir pu me déplacer pendant huit mois je n’ai pas pu travailler et je n’ai pas gagné d’argent". Pour autant, assure-t-il "l’aventure continue", simplement "Taranis News va changer de forme juridique et se transformer pour devenir moins vulnérable". En clair, pas question de fermer boutique, mais simplement de changer de statut au regard de l’administration, afin, entre autres, pour Glanz de pouvoir faire une demande de carte de presse. "Ça fait longtemps que j’aurais dû faire ces démarches" confie le journaliste à @si.

"La carte de presse, si on l’a, on n’est pas emmerdé". Gaspard Glanz en sait quelque chose, lui qui ne l'a pas. En novembre dernier sur notre plateau le fondateur de Taranis News revenait sur les difficultés auxquelles il était confronté en tant que vidéaste "sans carte" couvrant, en première ligne, les violences policières durant les manifestations anti-Loi Travail : "Je suis allé trois fois en garde à vue à cause de la carte de presse en un an. Parce que je ne l’ai pas", soupirait le vidéaste sur notre plateau.

"Mais cette fois, je vais demander la carte de presse en espérant que les forces de l’ordre arrêtent de me faire chier, on verra bien", lâche Glanz, contacté ce vendredi par téléphone. Il ajoute : "Pas question a priori que la commission de la carte me la refuse, étant donné que ça fait six ans que je tire 100% de mes revenus du journalisme en vendant mes images à la presse".

Les ennuis judiciaires ne sont pour autant pas entièrement dissipés pour Glanz. Soupçonné d'avoir volé un talkie-walkie à un CRS dans la "jungle" de Calais, il comparaissait le 17 juin au tribunal de Boulogne-sur-Mer, où deux mois de prison avec sursis ont été requis contre lui. Le délibéré doit être rendu le 21 juin. "En cas de condamnation, je ferai évidemment appel. Dans cette affaire, pour moi c’est la relaxe ou rien", martèle-t-il, en se disant prêt à saisir la justice à son tour pour demander "réparation". L’audience du 17 juin met fin, en tout cas, au contrôle judiciaire sous lequel il était placé depuis octobre 2016, ainsi qu’à son interdiction de séjour à Calais.

L'occasion de voir notre émission avec Gaspard Glanz : Calais : "Si je n'étais pas journaliste, j'aurais ramené des paquets de riz"

Et aussi cette autre émlission sur les violences policières : "On laisse pourrir pour inciter à la violence"

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14h28 suivi

Blocus : Twitter et les "estomacs qataris"

Par
Anne-Sophie Jacques le 15/06/2017

Un hastag sur l’estomac des qataris, des vaches envoyées par les airs, des bateaux de fruits et légumes venus d’Iran : dix jours après la rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et plusieurs Etats du Golfe – dont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis – les qataris s’organisent pour faire face au blocus.

Un blocus ? Quel blocus ? Mardi 13 juin, selon une dépêche AFP reprise sur le site de La tribune, l’Arabie saoudite se défendait de bloquer son voisin le Qatar mis au ban le lundi 5 juin par une poignée de pays du Golfe. Le chef de la diplomatie saoudienne était formel : "Il n'y a pas de blocus contre le Qatar [...], les ports sont ouverts, les aéroports sont ouverts. […] Nous leur avons interdit notre espace aérien, ce qui est notre droit souverain. […] Techniquement, cela n'est pas un blocus. Le Qatar peut importer et exporter des biens quand il veut. Ils ne peuvent juste pas utiliser nos eaux territoriales. […] Nous sommes prêts à approvisionner (le Qatar) en vivres et en médicaments, si nécessaire".

Pour autant, souligne le site belge La Libre, "l’Arabie saoudite contrôlant la frontière terrestre, les denrées commerciales ne peuvent plus passer que par mer ou par les airs, mais sans utiliser les eaux territoriales ni les espaces aériens de ses voisins immédiats. Or, les ports émiratis jouaient jusqu’ici un grand rôle dans l’approvisionnement maritime du Qatar". Une situation décrite également dans notre émission consacrée à cette crise diplomatique où nous rappelions que la seule frontière terrestre du Qatar est celle que ce petit pays partage avec l’Arabie saoudite.

Qatar La Libre

 

Dès lors, comment le Qatar s’organise-t-il ? En ouvrant des liaisons avec des pays plus lointains et notamment avec l’ennemi juré de l’Arabie saoudite et dorénavant de Donald Trump : l’Iran. Toujours selon Libé, dimanche 11 juin, l’Iran "a ouvert le premier axe commercial alternatif avec le Qatar. La République islamique a fait parvenir au Qatar cinq avions remplis de plusieurs centaines de tonnes de denrées alimentaires. La Turquie a également affiché son soutien à l'émirat isolé et exporte désormais des volailles et des produits laitiers à destination de Doha. L’Algérie et le Liban ont, quant à eux, exporté des fruits et des légumes." 

Des vaches qui volent, et un # sur l'estomac des qataris

Blocus oblige, les Qataris se voient confortés dans l’idée d’être moins dépendants de leurs voisins. A en croire Libération et Le Monde, qui tous deux citent le titre économique américain Bloomberg, "pour éviter la pénurie de lait aux 2,5 millions d’habitants, des solutions créatives sont imaginées : le chef d’entreprise qatari Moutaz Al Khayyat va faire venir par avions 4 000 vaches de 590 kg chacune. Il faudra soixante avions, affrétés par la compagnie Qatar Airways, pour transporter les animaux achetés aux Etats-Unis et en Australie". Cet homme d’affaires est déjà à la tête d’une ferme géante installée à cinquante kilomètres de Doha, en plein désert, qui devrait être opérationnelle en septembre.

Qatar Le Monde

Tandis que les Qataris s’organisent en plein ramadan, le blocus fait également rage sur les réseaux sociaux. Comme le raconte L’Obs, "des utilisateurs de Twitter ont tourné en dérision des propos de Jamil al-Ziabi, rédacteur-en-chef d'un journal saoudien, qui s'est inquiété du recours par les Qataris à la nourriture envoyée par l'Iran et la Turquie après la fermeture de la frontière par l'Arabie. «Je suis vraiment inquiet parce que je ne pense pas que des estomacs qataris puissent s'habituer si vite à de tels produits», a affirmé ce dernier. Conséquence selon l’Obs : "un hashtag #estomacqatari est vite devenu «tendance» en arabe". Il faut savoir, comme l’explique sur l’Observatoire du Qatar son directeur Nabil Ennasri, invité de notre émission citée plus haut, que "le taux de pénétration des réseaux sociaux dans ces pays est l’un des plus importants au monde."

Rien de surprenant donc, poursuit le chercheur, que les Emirats arabes unis aient "prévenu que toute expression publique en faveur du Qatar (notamment sur Twitter) était passible d’une amende d’un million de dollars et d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans d’emprisonnement". Cette déclaration, véridique, est pourtant à l’origine d’une fake news reprise par tous les médias français mais aussi italiens et anglo-saxons, lesquels ont assuré que le port du maillot du FC Barcelone, qui affiche son sponsor Qatar Airways, était interdit en Arabie saoudite. Une info bidon décortiquée par Les décodeurs du Monde.

Rappelons enfin que la crise diplomatique prend source dans le piratage du site de l’agence de presse officielle du Qatar ainsi que de son compte Twitter comme l'expliquait Ennasri sur notre plateau :

Plus globalement, estime le chercheur sur l’Observatoire du Qatar, "ce conflit entre monarchies pétrolières doit nous amener à comprendre que le Moyen-Orient est entré dans un nouveau cycle d’alliances qui va durablement recomposer l’équation stratégique régionale". On pourrait donc voir apparaître "un nouvel axe Turquie/Iran/Qatar/Hamas qui ferait de Téhéran l’Etat-pivot le plus influent de toute la région. Cet axe s’opposerait à la triade Arabie/Emirats/Egypte dont l’alliance ouvertement assumée avec Israël lui vaut dans le monde arabe le sobriquet «d’alliance sioniste arabe»".

>> L’occasion de voir ou revoir notre émission sur la crise du Qatar avec Nabil Ennasri, le journaliste du Figaro Georges Malbrunot, et la communicante Sihem Souid.

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19h24 lu

Incendie à Londres : le blog lanceur d'alerte, que personne n'a lu

Par
Juliette Gramaglia le 14/06/2017

Douze morts et plus de soixante blessés. C'est le bilan provisoire du très impressionnant incendie qui a ravagé la tour Grenfell dans le sud-ouest de Londres, dans la nuit de mardi 13 juin à mercredi 14 juin. Un bilan qui aurait peut-être pu être moins lourd. C'est ce que laisse penser un blog de locataires de l'immeuble, qui se plaignait depuis des années de manquements aux règles de sécurité - dans l'indifférence générale.

Les images sont aussi spectaculaires que rares. Un incendie a ravagé dans la nuit de mardi à mercredi une tour de 24 étages dans le quartier de North Kensington, au sud-ouest de Londres. D'après les premiers bilans, l'incendie a fait douze morts et plus de 60 blessés. Au milieu des multiples directs médiatiques, le blog du Grenfell Action Group a fait une apparition remarquée ce mercredi matin : ce groupe de résidents dénonce en effet depuis plus de quatre ans des graves problèmes de sécurité dans l'immeuble, mais sans grande couverture médiatique.

Feu Grenfell

La tour Grenfell en feu, photo du Grenfell Action Group

Le groupe a été fondé en 2010, pour protester contre la construction d'un centre sportif à Kensington (qui a finalement ouvert en 2015). Le blog du Grenfell Action Group se décrit comme une instance de défense "des droits des résidents de la cité de Lancaster West [où se trouve la tour Grenfell, ndlr], un complexe de logements sociaux tentaculaire dans le centre-ville, de presque mille ménages de classe ouvrière principalement, multi-culturels et multi-ethniques".

S'exprimant sur des sujets variés, qui concernent la vie quotidien des résidents, le blog s'inquiète également fortement des manquements aux règles de sécurité dans l'immeuble, et ce depuis plusieurs années, sans sembler pour autant avoir tenté de mener des actions médiatiques. En février 2013, le groupe a notamment publié un extrait du rapport de la visite d'analyse des risques liés au feu, menée en novembre de l'année précédente. On y lisait que de nombreux équipements, notamment les extincteurs, n'avaient plus été testés depuis plusieurs années, parfois trois ans. Mais aussi qu'il était impossible de savoir si les tests mensuels des équipements comme les lumières d'urgence étaient effectivement menés. Par ailleurs, il n'y avait qu'un seul escalier pour tout l'immeuble, rendant la fuite difficile en cas d'incendie, notamment.

Dans plusieurs articles, le Grenfell Action Group s'en prend au manque de réactivité de l'organisation de gestion des locataires de Kensington et Chelsea (KCTMO), qui gère la tour Grenfell, ainsi que d'autres immeubles, pour le compte du conseil du Bourough de Kensington et Chelsea (équivalent d'un arrondissement parisien) qui en est propriétaire. Il accuse la KCTMO de "nier" les problèmes qui lui sont rapportés, ou de mettre bien trop longtemps à les régler.

En 2013, des surtensions fréquentes - et peu de réactions

Exemple particulièrement marquant : en mai 2013 Grenfell Action Group ainsi que d'autres associations de locataires, ont dénoncé de sérieux problèmes dans le réseau électrique du bâtiment, qui provoquaient des surtensions. Sur le blog, le groupe avait alors reproduit plusieurs mails envoyés au conseil du district, ainsi qu'à la KCTMO. Suite à ces mails, mais aussi à des déplacements devant les bureaux de l'organisme de gestion de la cité, les locataires avaient fini par obtenir la visite d'électriciens d'urgence, qui n'avaient cependant pas réussi à empêcher d'autres surtensions qui, selon le blog, avaient mis en danger les locataires.

Grenfell Action Group

"De nouveaux problèmes à la Tour Grenfell",
Grenfell Action Group

Il s'avère que l'immeuble, construit en 1974, avait finalement été rénové par les pouvoirs publics, les travaux se terminant en mai 2016. Pendant les travaux de rénovation, en janvier 2016, le groupe avait toutefois relevé le fait qu'il n'existait qu'une seule sortie dans l'immeuble pendant la durée des travaux, ce qui s'avérerait très dangereux en cas d'incendie.

En novembre, soit six mois après la fin des travaux de rénovation, le groupe ne semblait pas convaincu par le résultat : il craignait en réalité que "seul un événement catastrophique exposera l'inaptitude et l'incompétence de notre propriétaire", une prophétie qui semble s'être désormais réalisée. En mars dernier, le groupe se réjouissait tout de même de voir qu'après leurs plaintes, la KCTMO avait enfin accroché des panneaux d'instructions à suivre en cas d'incendie.

Sursaut dans les médias

Malgré les plaintes répétées du Grenfell Action Group, il ne semble pas que les craintes du blog aient été relayées par les médias britanniques, que ce soit le Guardian, le Daily Mail, ou encore le Telegraph, par exemple. Pourtant, ce cas de négligence qu'il dénonce n'est a priori pas isolé. En 2009, un autre immeuble avait en partie brûlé à Londres, conduisant à la mort de six personnes. L'incendie avait été particulièrement marquant, le Guardian le qualifiant de "pire incendie de barre d'immeuble depuis toujours", et le conseil du district de Southwark, propriétaire de l'immeuble, avait plaidé coupable en février dernier, admettant que les régulations pour assurer la sécurité en cas d'incendie n'avaient pas été respectées.

Alors que la situation de la tour Grenfell était jusque là restée plutôt confidentielle, le drame de ce 14 juin a finalement propulsé sur le devant de la scène ce blog et les problèmes qu'il dénonce. De nombreux médias se sont fait le relais des accusations du Grenfell Action Group, le Daily Mail évoquant même des "failles de sécurité dignes du «tiers-monde»". D'après le Guardian qui, comme d'autres, a commencé à enquêter sur les manquements aux règles de sécurité, la KCTMO "a placé sa politique de sécurité contre le feu sous évaluation l'année dernière et ordonné de multiples changements" dans plusieurs de ses propriétés. La KCTMO se défend cependant auprès du quotidien d'avoir négligé les risques. Le Guardian ne lui a posé aucune question relative à l'existence, depuis quatre ans, d'un blog lanceur d'alerte.

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17h29 suivi

Plainte/ministère du travail : le gouvernement abandonne le "recel"

Par
la rédaction le 14/06/2017

Plainte allégée, mais plainte tout de même. Comme nous le racontions ici, vendredi 9 juin, la ministre du travail Muriel Pénicaud a porté plainte contre X pour "vol", "violation du secret professionnel" et "recel" suite à la publication d’informations internes concernant le projet de réforme du Code du travail. Libération, visé par la plainte pour avoir publié un document de la Direction générale du travail listant des réformes inédites, estimait alors que le vol et la violation du secret professionnel pointaient directement la source à l’origine de la fuite, tandis que le recel permettait d’attaquer le quotidien.

De même, Le Parisien et Mediapart sont potentiellement dans le viseur du Ministère du Travail: le premier pour avoir publié le 5 juin un document qualifié d’avant-projet de loi – document non-officiel selon Pénicaud – et le second pour avoir publié le 31 mai le calendrier "ultra-serré" de la réforme – agenda non démenti ce coup-ci. La plainte pour recel permettait donc de poursuivre ces trois titres.

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Et c’est ce terme de recel qui a été aujourd’hui retiré, selon une information d’Elizabeth Martichoux. Dans un tweet diffusé ce matin, après son interview de François Bayrou, maire de Pau, citoyen ou ministre de la Justice, c’est selon, la journaliste de RTL cite Matignon qui précise que "la presse n'est nullement visée par la plainte". L’information a été confirmée ce midi par l’AFP. L’agence cite également un proche du premier ministre Edouard Philippe qui, en début de semaine, assurait que "la plainte ne vise pas Libé, mais le fonctionnaire en poste qui a fait fuiter". Il précisait également qu’il ne fallait pas analyser la plainte à travers "le prisme de nos rapports avec la presse", mais "celui d’un pouvoir qui veut travailler en pleine confiance avec son administration et qui a été trahi par un fonctionnaire".

Des rapports avec la presse qui se tendent de jour en jour avec la publication hier d’une tribune intitulée Le nouvel exécutif a-t-il un problème avec la liberté de la presse ? et signée par une vingtaine de sociétés de journalistes. On se souvient que les mêmes signataires s’étaient ouvertement offusqués mi-mai de voir la communication du gouvernement et du président Emmanuel Macron totalement verrouillée.

Cette requalification de la plainte ne convainc pas certains journalistes qui, sur Twitter, rappellent que viser les sources, c'est déjà en soi une atteinte à la presse. Elle ne convainc pas non plus Mediapart, qui estime que ce retrait "sert surtout à redorer [le] blason [du gouvernement], en surface. Car cette procédure contournant le droit de la presse est désormais une méthode classique pour museler l’émergence d’informations dérangeantes."

>> L'occasion de lire notre article autour des pressions du gouvernement sur Radio France et Libération.

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14h31 Hors Série

Adieu démocratie, vive la misarchie ! (Emmanuel Dockès/Hors Série)

Par
la rédaction le 14/06/2017

Liberté, liberté chérie ! Ce pourrait être le mot d’ordre d’Emmanuel Dockès, professeur de droit du travail à l’Université Paris Ouest-Nanterre, qui, dans son livre Voyage en misarchie. Essai pour tout reconstruire paru aux éditions du Détour en mars dernier, décrit un pays qui s’est doté d’un régime un peu spécial… nommé justement misarchie. Invité d’Hors Série cette semaine, le juriste présente cette politique fiction où les habitants disposent de services publics en abondance mais pas d’État, travaillent 15 heures par semaine, et notamment dans des entreprises auto-gérées, et bénéficient donc de beaucoup de temps libre.

Du temps pour flâner ou fumer des drogues dures, pour mener une vie sexuelle débridée ou s’adonner à une religion farfelue, bref, de la liberté. Mais ce mode de vie n’est-il pas un danger pour la compétitivité, demande Maja Neskovic à son invité ? Pas du tout… et au contraire, étaye Dockès : "la liberté permet l’essor des sciences, l’essor des techniques, et donc ce n’est pas quelque chose qui peut nuire à l’économie". Mieux : "un système où les travailleurs ont plus d’influence sur les entreprises permet à un certain nombre de catastrophes économiques gérées par les puissances financières de ne pas arriver. Les gens gèrent un peu mieux leur boîte quand c’est leur boîte justement". Un système qui n’a rien à envier à nos démocraties, lesquelles ont colonisé le monde de façon raciste et sanglante, selon Dockès.

Pour voir l’intégralité de l’émission Voyage en Misarchie avec Emmanuel Dockès, c’est ici >>

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14h30 suivi

Crowdfunding anti-réfugiés : PayPal gèle la collecte des identitaires

Par
Manuel Vicuña le 14/06/2017

"PayPal a bloqué notre compte", peut-on lire désormais sur le site "Defend Europe". Il aura fallu attendre plusieurs semaines pour que le service de paiement en ligne décide de réagir contre la souscription "anti-migrants". C’est chose faite. Ce mardi, le site Rue 89 signale que "PayPal a (enfin!) gelé le compte" de Génération identitaire.

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Le 13 mai plusieurs factions européennes de ce groupuscule d’extrême droite avaient lancé une campagne de financement en ligne, baptisée Defend Europe. Un crowdfunding visant à entraver les missions de sauvetage des ONG en Méditerranée et à repousser les embarcations de refugiés loin des côtes européennes pour"arrêter l’invasion"et"chasser"ceux qu'ils appellent"les ennemis de l’Europe".

Une campagne qui, comme nous l’expliquions, avait soulevé l’indignation de nombreux internautes et d’une association d'aide aux migrants, le BAAM qui s’était mobilisée sur internet pour interpeller PayPal et exiger de l’entreprise qu'elle supprime ce crowdfunding (contrevant à ces propres règles d’utilisation), opéré depuis sa plateforme.

"on ne doute pas de nos capacités à ramasser cet argent"

Sommé de réagir, le service ce paiement en ligne a fini par bloquer il y a quelques jours la collecte qui a atteint plus de 65 000 euros, explique Rue 89. Le site d’info s’est vu confirmer le gel de l’opération par l’un des responsables de Génération identitaire, Clément Galant, qui a fait savoir qu’ "une partie des fonds" avait toutefois pu être récupérée par le groupuscule avant le blocage. "Le reste a été réexpédié à tous nos donateurs" a expliqué Galant à Rue89. Selon le site, les militants envisageraient cependant de "rouvrir un compte" dès ce mercredi. Et "pourquoi pas" sur PayPal. Interrogé sur le sujet, Clément Galant semble confiant : "On ne se fait pas trop de soucis, on ne doute pas de nos capacités à ramasser cet argent", explique le militant d'extrême droite.

Quant à Paypal? L’entreprise, explique Rue 89, "a refusé de répondre précisément à nos questions, invoquant le «secret bancaire» et leur «politique de confidentialité»". Le service en ligne n’entend pas prendre publiquement position sur ce cas. Et renvoie les médias à une réponse officielle d’ordre général : "La politique de Paypal est d’interdire que nos services soient utilisés pour accepter des paiements ou des dons pour des organisations dont les activités prônent la haine, la violence ou l’intolérance raciale. Notre politique de confidentialité nous interdit en revanche de faire un quelconque commentaire sur un compte PayPal spécifique."

L'occasion de relire notre article : "Crowdfunding anti-réfugiés : PayPal sommé de réagir"

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15h27 suivi

Bayrou / Radio France : Philippe désavoue, Bayrou persiste

Par
la rédaction le 13/06/2017

Bayrou et les pressions sur les journalistes qui enquêtent sur le Modem, suite. Invité ce mardi matin de France Info, le Premier ministre Édouard Philippe a désavoué le ministre de la Justice sur son appel d'intimidation  à Radio France.

Le coup de téléphone de Bayrou au directeur de la cellule investigation de Radio France Jacques Monin, avait été révélé par Mediapart le 9 juin, comme nous vous le relations. Le garde des Sceaux s'était plaint auprès de Monin de l'enquête de journalistes de France Info visant le Modem. Le parti que le ministre préside aurait en effet usé d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens entre 2009 et 2014.

Le ministre de la Justice s'était défendu auprès de Mediapart de toute tentative d'intimidation, bien qu'il ait menacé Radio France "d'éventuelles plaintes pour harcèlement." Surtout, il avait affirmé avoir réalisé cet appel en-dehors de ses fonctions : "Ce n'est pas le ministre de la justice ni le président du Modem qui a appelé, c'est le citoyen", s'était-il justifié.

Il a donc été recadré aujourd'hui par le chef du gouvernement. "Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen", avertit Philippe au micro de France Info, même s'il "comprend" que Bayrou ait pu être "agacé" par "la façon dont les questions étaient posées" par les journalistes aux salariés du Modem. "J'ai indiqué à l'ensemble des ministres qu'il fallait systématiquement penser à cette question de l'exemplarité" ajoute-t-il.

 

Cet après-midi, Bayrou persiste et signe. "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", affirme-t-il, faisant fi des recommandations du Premier ministre.

Le ton de Philippe tranchait avec celui du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner qui, le dimanche 11 juin dernier, relativisait sur BFMTV l'attitude de Bayrou : "Je vais vous faire une confidence mais chacun le sait ici. Nous passons notre vie à échanger, entre journalistes et politiques, ça s'appelle le off, c'est un grand sport national et on en fait tous." Le "off" consiste à recueillir des informations auprès d'une source sans que celle-ci accepte d'être citée, ou sans que l'information ne puisse être dévoilée publiquement. Une pratique assez différente d'un appel de pression de la part d'un ministre sur une enquête en cours.

(Par Hélène Assekour)

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15h04 suivi

Documentaire "censuré" d'Arte : Bild décide de le diffuser

Par
Juliette Gramaglia le 13/06/2017

Une "action courageuse" ou plus simplement un bon coup de com'? Le tabloïd allemand Bild a décidé ce mardi 13 juin de mettre en accès libre, pendant 24 heures, le documentaire sur l' "antisémitisme en Europe" qu'Arte refuse de diffuser. "Notre responsabilité historique nous oblige à nous confronter à l'indicible que nous révèle ce documentaire. Pour que nous puissions tous savoir de quoi il en retourne", assure le directeur des rédactions du quotidien le plus lu d'Allemagne, Julian Reichelt.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"Bild montre le documentaire qu'Arte ne veut pas diffuser",
Bild, 13 juin 2017

Pour rappel, la chaîne franco-allemande a refusé de diffuser le documentaire allemand "Prédestinés et exclus - Antisémitisme en Europe" des allemands Joachim Schröder et Sophie Hafner. La chaîne justifiait sa décision en expliquant notamment que le réalisateur n'aurait pas respecté le contrat initial, en filmant notamment pour une grande partie hors d'Europe. Mais ce dernier accuse la chaîne de censurer un documentaire dont les vérités sur l'antisémitisme, notamment chez les musulmans, "dérangent".

C'est dans ce contexte que Bild a décidé de publier le documentaire pendant 24 heures sur son site, une "action courageuse" selon le site d'actualité médias Meedia, qui rappelle que plusieurs médias allemands (dont ceux du groupe Springer, propriétaire de Bild) ont appelé Arte à diffuser le documentaire. Le directeur des rédactions du quotidien le plus lu d’Allemagne, explique sa décision par le fait que "depuis des semaines on discute de ce documentaire, produit avec l'argent des impôts, jusque dans les plus hautes sphères de la politique. Sans que les citoyens ne puissent le voir. Sans qu'ils puissent se faire un avis". Et de rappeler qu'on soupçonne Arte de refuser de diffuser ce documentaire pour des raisons politiques, notamment du côté français.

Rien sur la théorie plus que discutable autour du Bataclan

Pour ceux qui n'auraient pas envie, ou pas le temps, de regarder les 90 minutes du documentaire, le tabloïd a également décidé de résumer quelques moments importants dans un article. Le documentaire, explique Bild, donne ainsi à voir un antisémitisme latent ou déclaré chez certains membres du Parlement européen, dans des villes de France et d'Allemagne, sur la chaîne Hamas-TV, dans le rap, ou encore chez les journalistes. Le quotidien évoque également la longue partie consacrée au rôle des ONG pro-palestiniennes (et antisémites, selon le réalisateur). A noter que ce long moment consacré aux ONG, tourné en grande partie à Gaza et en Israël, est justement critiqué par Arte car le documentaire était censé être tourné uniquement en Europe, explique la chaîne. En revanche, Bild n'évoque pas l'analyse plus que discutable de l'attaque au Bataclan, le 13 novembre 2015, comme un attentat spécifiquement antisémite. Une théorie qui, comme nous vous l'expliquions, ne se fonde sur aucun élément vérifié.

Si, en France, l'affaire a fait relativement peu de bruit, ce documentaire interpelle beaucoup plus outre-Rhin. Ainsi, outre quelques médias, plusieurs personnalités publiques, des historiens et chercheurs, mais aussi le président du Conseil central des Juifs en Allemagne, Josef Schuster, ont appelé à la diffusion du documentaire. Arte, par la voix de son directeur des programmes Alain Le Diberter, a réitéré sa décision dans une lettre ouverte, réfutant toute censure. 

La chaîne Arte a jugé ce mardi l'action du tabloïd "déconcertante", tout en assurant qu'elle n'avait "aucune objection à ce que le public se fasse sa propre idée sur le film", rapporte le quotidien Die Welt, qui appartient comme Bild au groupe de presse Axel Springer. Elle se refuse cependant toujours à diffuser le documentaire, pour ne pas "légitimer" un film qui "s'éloigne gravement du concept qui avait été convenu".

L'occasion de (re)lire notre enquête : "«Censure» sur Arte : nous avons vu le documentaire sur«l'antisémitisme en Europe»"

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17h24 @rrêt sur images

Qatar : les Russes à l'origine du piratage de l'agence de presse qatari ?

Par
la rédaction le 12/06/2017

C’est établi : l’agende de presse officielle du Qatar a bel et bien été piratée. Comme l’explique le chercheur Nabil Ennasri dans notre émission cette semaine, le mardi 30 mai, vers minuit, l’agence de presse qatari a publié un communiqué dans lequel l’émir du Qatar, Al-Thani, tirait à boulets rouges sur l’administration Trump, félicitait l’Iran, considérait le Hamas comme le représentant légitime du peuple palestinien, et jugeait les relations avec Israël excellentes. Or le communiqué est un faux. D’après le FBI, qui s’est rendu à Doha pour enquêter, le piratage aurait été exécuté par des Russes. Doit-on y voir le Kremlin derrière cette opération qui a conduit à la rupture diplomatique entre huit Etats – dont l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis – et à une crise sans précédent dans les pays du Golfe ? Pas forcément, car ce peut être l’œuvre de mercenaires russes isolés, estime notre invité… qui n’écarte pas pour autant une déstabilisation d’origine saoudo-russe.

>> L'occasion de voir notre émission consacrée à la crise du Qatar avec Nabil Ennasri, Sihem Souid et Georges Malbrunot.

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17h18 lu

Législatives : Le Monde intègre l'abstention à la Une

Par
la rédaction le 12/06/2017

Comment représenter les résultats électoraux, et quelle place donner à l'abstention ? Jusque là, les journaux préféraient se focaliser sur les votants. Pour la première fois, Le Monde choisit pour sa Une un graphique réalisé sur la base des inscrits sur les listes électorale et non plus sur celle des suffrages exprimés, rendant visible la très forte abstention.

Le Monde 2017

Le quotidien met en Une de son édition datée du mardi 13 juin un diagramme circulaire représentant les résultats du premier tour des élections législatives, en fondant son calcul non sur le pourcentage des suffrages exprimés mais sur le pourcentage des inscrits. Ce choix de représentation donne une visibilité à l'abstention, qui apparaît telle qu'elle est : majoritaire. Voilà qui relativise largement la "vague jaune", la couleur choisie par Le Monde pour représenter La République en marche et le Modem.

C'est le seul quotidien à avoir choisi cette représentation des résultats. Le Figaro fait figurer sur sa Une du lundi 12 juin les résultats du premier tour en part des suffrages exprimés, et en projection du nombre de sièges à l'Assemblée nationale. L'abstention, quant à elle, est représentée à part. Ici, c'est le jaune Macron, et non le gris de l'abstention, qui domine.

Le Figaro 2017

 


Les mêmes choix de représentation graphiques (un diagramme en barre fondé sur les suffrages exprimés, et un hémicycle) ont été faits par Le Parisien et Libération.

Le Parisien

Le Parisien

 


Libération

Libération


Le Monde, en décalage par rapport aux autres quotidiens ? C'est en tout cas la première fois que le journal choisit de donner une telle place à l'abstention. En 2012 après le premier tour des élections législatives, Le Monde avait représenté les pourcentages de suffrages exprimés par des disques de couleur.

Le Monde 2012

L'abstention était totalement absente de la représentation graphique choisie par le journal. Pourtant, elle était déjà de 42,8%. Elle n'a cessé d'augmenter depuis, et culmine aujourd'hui à 51,29%.

L'occasion de relire la chronique de Daniel Schneidermann : Législatives, la complainte silencieuse des répertoires obsolètes.

(Par Hélène Assekour)

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17h57 vidéo

Etat d'urgence : Barbier en redemande

Par
Juliette Gramaglia le 08/06/2017

L'état d'urgence ad vitam æternam ? Voilà qui ne déplairait pas à Christophe Barbier. Alors qu'un projet de loi du gouvernement dévoilé par Le Monde pourrait faire entrer l'état d'urgence dans le droit commun, l'éditorialiste a offert une ode à la militarisation des rues et à la surveillance généralisée... au nom de la "protection de chacun".

L'état d'urgence, approuvé par Christophe Barbier. Alors que les prorogations régulières de cet état d'exception depuis novembre 2015 ont été critiquées pour ses atteintes aux libertés individuelles (la France a d'ailleurs fait savoir plusieurs fois au Conseil de l'Europe qu'elle allait déroger à la Convention européenne des droits de l'Homme), l'éditorialiste se démarque par sa défense acharnée de la mesure. Le 24 mai dernier, dans un édito pour l'hebdomadaire L'Express, il assurait que l'état d'urgence était devenu "un état normal", et appelait même à une modification de la Constitution pour acter la réalité de cet "état d'urgence permanent".

Lundi 5 juin, invité de l'émission C dans l'air sur France 5, Barbier a remis ça, convoquant "les opinions", dont il s'est fait le porte-parole. Selon lui, aucun doute : la population a "accepté" le principe de l'état d'urgence, avec tout l'attirail de surveillance, de militaires "aux coins de rues" et d'entorses aux "codes judiciaires habituels" que cela implique. "L'opinion a basculé du côté sécurité avant liberté", s'est-il réjoui. Et l'éditorialiste d'appeler à l'arrestation préventive des "3 000 fichés S" jugés "dangereux".

Projet de loi du gouvernement

Que Barbier se réjouisse : il pourrait bien voir certains de ses souhaits exaucés. Comme l'a révélé Le Monde mercredi 7 juin, le gouvernement d'Emmanuel Macron a préparé un avant-projet de loi pour renforcer la lutte contre le terrorisme. Et selon le texte présenté ce mercredi au Conseil de défense, et dont Le Monde a pu se procurer une copie disponible sur leur site, "ce sont quasiment toutes les mesures de l'état d'urgence qui vont se retrouver dans le droit commun". Assignations à résidence, perquisitions administratives de jour comme de nuit, fermetures de lieux de culte, instauration de zones de protection... tout l'attirail de l'état d'urgence, état d'exception par nature, deviendrait ainsi la norme.

Point marquant de cette pérennisation de l'état d'urgence sous forme de droit commun, "l'autorité judiciaire est maintenue à l'écart, s'inquiète Le Monde, toutes ces mesures resteront l'apanage du ministère de l'intérieur et des préfets, sans l'intervention d'un juge judiciaire". Une décision que le quotidien interprète comme "une forme de défiance" envers la justice.

Ce projet de loi, susceptible d'être modifié, a été présenté selon les informations du Monde au Conseil d’État dans la journée de mercredi. Il devrait être examiné en conseil des ministres le 21 juin prochain, quelques jours après le second tour des élections législatives, en même temps que le sixième projet de loi de prorogation de l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre prochain. De quoi donner matière à Barbier pour ses prochains éloges.

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17h33 Hors Série

Non, gauche et droite ne disparaitront pas (Keucheyan/Hors-Série)

Par
la rédaction le 07/06/2017

L'opposition gauche-droite a encore de beaux jours devant elle. Alors que plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron en tête, ont préféré abandonner dans leurs discours ce clivage pour d'autres oppositions (conservateur-progressiste, ou peuple-élite), le sociologue Razmig Keucheyan ne croit pas à sa disparition. L'auteur de Hémisphère gauche, une cartographie des nouvelles pensées critiques, publié aux éditions Zones, est cette semaine l'invité de Hors-Série. Selon lui, "il est clair qu'on est dans une phase où le clivage gauche-droite a l'air d'être brouillé" : "par les représentants politiques", mais aussi par un discours médiatique "dominant" qui s'accorderait à dire qu'il faudrait réformer la société.

Mais pour Keucheyan, "on a toujours tort d'imaginer que la distinction gauche-droite va disparaître". Pour une raison très simple : la place centrale, dans les sociétés capitalistes actuelles, de la propriété privée, "distribuée de manière inégalitaire". La gauche souhaite une distribution plus égalitaire de la propriété privée (voire l'abolition de la propriété privée, dans certains cas). La droite, elle, "se caractérise par une forme de tolérance accrue sur cette forme de distribution inégalitaire de la propriété privée".

Ces deux notions, l'égalité et la propriété privée, sont intimement liées : "C'est parce qu'il existe une propriété privée qu'il y a des gens qui sont favorables à sa distribution plus égalitaire et d'autres qui sont plus tolérants", explique Keucheyvan. Il en tire ainsi un "syllogisme imparable" : "Cette distinction entre la gauche et la droite disparaîtra le jour où disparaîtra la propriété privée".

Retrouvez l'intégralité de l'émission d'Hors-Série : "Hémisphère gauche"

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