Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

07h52 @rrêt sur images

La semaine de 49 heures : symbole du déclin ? (1914)

Par
la rédaction le 30/07/2014


49 heures de travail par semaine ! Mais que vont pouvoir faire les ouvriers de tout ce temps libre ?

Focalisés sur cette semaine de 49 heures ("la semaine anglaise") pour les manufactures de l’État que le Sénat vient de voter, les journaux français de fin juillet 1914 s'intéressent encore très peu aux suites de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo.

 

La France de 1914 se vivait-elle (déjà) en déclin ? Retrouvez l'intégralité de notre émission du 26 juillet...1914.

Abonnez-vous !
|

17h00 grrr !

Sarkozy / fausses factures / 2007 : erreur du Parisien

Par
la rédaction le 29/07/2014

L'information du Parisien ce matin a fait le tour des médias : selon le journal, Nicolas Sarkozy était visé par une nouvelle enquête, cette fois-ci concernant le financement de la campagne présidentielle de 2007. Mais le procureur de Paris a immédiatement démenti dans un communiqué. Le journal a reconnu une erreur.

Parisien "Ce sera peut-être l' de trop", assurait le Parisien ce matin. "Selon nos informations, le procureur de la République de a ouvert en toute discrétion, début juillet, une nouvelle enquête préliminaire visant Nicolas Sarkozy et l'UMP. Cette fois, les magistrats s'intéressent à la campagne 2007 de l'ex-chef de l'Etat. Les investigations visent un système de fausses factures présumé qui, comme dans le cas de l'affaire Bygmalion, aurait permis d'imputer frauduleusement des dépenses de campagne du candidat sur les comptes de son parti. L'affaire a justement été initiée à la suite des découvertes des policiers saisis du dossier Bygmalion. Comme pour l'agence événementielle, il est apparu qu'au moins une société impliquée dans la campagne de 2007 aurait facturé diverses prestations à l'UMP, alors qu'elles avaient été assurées pour le compte du candidat Sarkozy" "Le Parisien assurait aussi qu'une première perquisition a eu lieu, le 8juillet, dans la foulée de l'ouverture de cette nouvelle enquête.

L'information avait été reprise par plusieurs sites, ici, ici ou ici, qui ont depuis mis à jour leur article. Le Parquet a immédiatement démentit dans un communiqué. Et le Parisien a reconnu son erreur.

"Cette erreur provient d’un regrettable amalgame" explique le quotidien dans un rectificatif, qui fait suite à l'article erroné publié ce matin. Pourquoi cet amalgame ? De nouveaux éléments sont apparus récemment dans le dossier Bygmalion, concernant le financement de la campagne de 2012 - et non de 2007. "Le parquet de Paris a délivré, le 4 juillet, un "réquisitoire supplétif" à la demande des juges d’instruction en charge de l’information judiciaire sur cette affaire de financement illégal présumé de la campagne de 2012 de l’ex-Président de la République"' explique le journal. Les magistrats ont obtenu que leur saisine initiale soit étendue à de nouveaux faits. Ces nouvelles investigations ciblent une seconde société spécialisée dans la communication et l’événementielle ayant organisé trois meetings du candidat Sarkozy au printemps 2012. Les magistrats s’interrogent en fait sur la mise en place d’un système de facturation suspect, similaire à celui de Bygmalion. Cette nouvelle société été perquisitionnée dans la foulée de la délivrance de ce réquisitoire supplétif, d'où l'erreur aussi concernant l'information d'une perquisition. Parisien
"Conscients des conséquences de la diffusion de cette fausse information, nous présentons nos excuses à nos lecteurs et aux protagonistes visés par cet article erroné", conclut le Parisien.
Abonnez-vous !
|

15h05 ça reste à vérifier

Crash Mali : Rumeurs sur la présence d'agents de la DGSE

Par
la rédaction le 29/07/2014

C'est une rumeur qui s'est propagée sur le site algérien Echorouk. Des agents de la DGSE auraient été présents dans le crash du Vol d'Air Algérie du 24 juillet dernier. Le spécialiste de la Défense Jean-Dominique Merchet dément catégoriquement.

Au moins 33 militaires français, dont trois espions auraient été présents dans l'avion qui s'est crashé au Mali, assure ce site. Parmi les victimes, toujours selon ce site, la présence d'un leader libanais du Hezbollah. L'information a été reprise sur le site anglais Ibtimes. Et en français par le site d'extrême-droite NationPresse.info.

La rumeur est catégoriquement réfutée par Jean-Dominique Merchet, journaliste à l'Opinion et spécialiste Défense. "Ni la DGSE, ni les Armées ne déplorent de mort dans l'accident du vol d'Air Algérie", assure-t-il. "Aucune de ces deux institutions ne souhaite réagir officiellement à cette rumeur, afin de ne pas l'alimenter."

Il ajoute : "La France n'est pas un pays où l'on cache les morts et où quelqu'un aurait le pouvoir de faire taire les familles. Il faut avoir une vision totalement complotiste du monde pour croire qu'il en irait autrement et que l'on pourrait passer sous silence la mort d'une trentaine de militaires qu'ils appartiennent au COS, à la DRM ou à la DGSE."

Echorouk

Contacté par @si, Stéphane Gicquel, président de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs - que nous avons interviewé ici - s'étonne aussi de cette rumeur. Il explique avoir eu accès à la liste des passagers, et n'avoir constaté aucune présence de militaire. Il n'a pas accès aux métiers des passagers, mais constate s'ils voyagent seuls ou non. Or, très peu de personnes voyageaient seules, la plupart voyageaient en famille, assure-t-il.

Abonnez-vous !
|

11h08 suivi

Google prié de déréférencer... des demandes de déréférencement (NextINpact)

Par
la rédaction le 29/07/2014

Des ayants droit demandent à Google de déférencer leurs propres demandes de déférencement, qui apparaissent sur le site ChillingEffets, raconte notre site partenaire Next INpact.

Une association demande à Twitter de bloquer l’accès à un tweet jugé raciste ou antisémite ? La requête sera mise en ligne sur ChillingEffects. Et ce quelle que soit la suite accordée à la demande. Le site ChillingEffets, plateforme gérée par des universitaires et des associations, stocke et publie, au nom de la transparence et de la liberté d’information et d’expression, la plupart des demandes de déréférencement transmises aux géants du Net (Google, Twitter...).


Après une dizaine d’années de fonctionnement, la plate-forme est devenue un formidable répertoire pour accéder à des contenus piratés. Le mois dernier, Google a par exemple été prié de déréférencer près de 25 millions d’URL, dont principalement du contenu "pirate", hébergé sur Rapidgator, mp3juiced ou Uploaded. Voilà comment, en quelques années, ChillingEffets s'est progressivement transformé en "bonnes adresses" de sites proposant du contenu illicite.

nextinpact

"En n'enlevant pas les informations sur les URL litigieuses identifiées dans les requêtes, ChillingEffects est effectivement devenu le plus grand répertoire d'URL hébergeant des contenus illicites sur Internet" estime Sandra Aistars, représentante de la Copyright Alliance, porte-parole de puissants lobbys d'ayants droit aux Etats-Unis.

Pour contrer ChillingEffets, des petits malins ont donc demandé à Google de déréférencer... les demandes de déréférencement, conservées précieusement sur ChillingEffects. "Plus concrètement, ils ont invité le géant de l’internet à ne plus afficher dans son moteur de recherche des pages du site ChillingEffects sur lesquelles se trouvaient de précédentes demandes de déréférencement. Une requête pour en cacher une autre en quelque sorte, mais uniquement sur Google...", précise Next INpact.

Sans surprise, Google n'a pas accédé à leurs demandes. Il faut, légalement, que le contenu illicite soit hébergé sur la page notifiée par les ayants droit pour que le moteur de recherche procède à la purge. ChillingEffects a encore de beaux jours devant lui.

Par Garance Bousquin

Abonnez-vous !
|

19h24 lu

Evasion fiscale : Sapin évacue les sous-effectifs (Décodeurs / Le Monde)

Par
la rédaction le 28/07/2014

28 milliards sortis de l'ombre. 1,8 milliards d'impôts et de pénalités recouvrés fin 2014 : les chiffres avancés par le ministre des finances Michel Sapin dans une interview accordée au Journal du Dimanche ont été repris un peu partout mais laissent dubitatifs les journalistes du Monde.fr.

sapin BFMles echos sapinnouvel obs sapinsapin lexpresssapin le figaro

Les sites de presse font passer le message. Problème : selon LeMonde.fr, la réalité de la lutte contre l'évasion fiscale n'est pas aussi simple.

"Nous sommes quasiment sûrs d'atteindre l'objectif de 1,8 milliards fin 2014 et de disposer encore de recettes en 2015". "28 milliards d’euros détenus à l’étranger sont sortis de l’ombre et vont accroître les bases fiscales pour l’avenir".

Les déclarations de Michel Sapin, extraites de son interview au JDD, sont largement reprises dans la plupart des sites de presse (Les Echos, L'Express, BFM TV, Le Figaro et Le Nouvel Observateur). Mais sur le site du Monde, Les Décodeurs estiment en revanche que le ministre des finances a peut-être tiré des conclusions un peu hâtives. Sur le chiffre des 1,8 milliards par exemple : un  document émanant de son propre ministère et diffusé en mai dernier atteste ainsi que les 764 millions revendiqués au titre des sommes collectées en 2014 faisaient en fait référence aux sommes collectées depuis... juin 2013. En s'appuyant un précédent décryptage, LeMonde.fr a donc des doutes sur les chiffres de Sapin "qui ont régulièrement été exagérés" et alors même "qu'aucune preuve ne vient attester ses propos".

 

Quant aux "28 milliards d’euros détenus à l’étranger sortis de l’ombre (qui) vont accroître les bases fiscales pour l’avenir", Michel Sapin s'avance aussi un peu vite selon Le Monde. "Il y a une différence entre repérer les sommes cachées et récupérer son dû. Tous ces dossiers ne seront pas traités dans l'année. D'une part en raison de l'hésitation de certains contribuables, d'autre part en raison des délais de traitement d'une cellule en sous-effectif : à la Direction nationale des vérifications de situations fiscales, l'équipe du service de traitement des déclarations rectificatives devrait compter une centaine de personnes pour gérer tous les dossiers qui arrivent, avance le JDD, or ils ne sont actuellement qu'une petite trentaine...", écrit le journal. sapin décodeurs

Autre élément évoqué par Les Décodeurs : le passage à l'échange automatique d'informations. Le ministre des finances espère qu'il convaincra les derniers récalcitrants de déclarer leurs avoirs à l'étranger. Problème : cette loi ne devrait pas entrer en vigueur avant quelques années, l'aile droite du Parlement et l'opinion publique suisses restant farouchement opposés à la fin du secret bancaire.


Abonnez-vous !
|

18h49 ça reste à vérifier

Mazarine / 1984 : Mitterrand aurait fait asphyxier Le Monde par la BNP (Le Monde)

Par
la rédaction le 28/07/2014

Cet été, Le Monde raconte pendant deux semaines les dates qui ont marqué sa propre histoire, de 1945 aux année 80. L'article d'aujourd'hui assure que François Mitterrand, en 1984, a fait asphyxier le journal par sa banque, la BNP, en raison d'une allusion à sa fille alors cachée, Mazarine Pingeot.

Nous sommes le 4 octobre 1984. Dans sa chronique quotidienne, Claude Sarraute (vedettarisée depuis par ses participations à de nombreuses émissions telles que "Les Grosses Têtes" ou "On a tout essayé") critique l'accueil fait par Mitterrand au président gabonais Bongo : "Il ne peut pas se plaindre, Bongo, on l'a gâté [...] Vous avez vu, à la télé, l'arrivée à Orly. Tous ces ministres attroupés au pied de la passerelle derrière le président de la République. Le tapis rouge, les drapeaux, les estrades, les discours, les autos officielles, les motards, les sirènes, la garde républicaine, la poignée de main sur le perron de l'Elysée. Bongo très fringant, très hautain, avec ses semelles compensées, sa cape et ses grosses lunettes. Et Mitterrand de plus en plus impérial [...] avec son masque d'empereur romain. Moi, mes copains, on ne l'appelle plus que Mittolini". sarraute 

Ce n’est pas tant le jeu de mots, qui l’associe au duce italien, que la fin de la chronique sur sa vie privée, qui aurait mis hors de lui l’ancien président. “Quand il s'agit de préserver sa vie privée, Mitterrand se montre beaucoup moins serein. Beaucoup moins large d'esprit. Il cherche et il trouve les moyens d'empêcher la parution de journaux, de bouquins qui risqueraient de le faire dégringoler de son piédestal”.

C'est l'allusion fatale. Mazarine, sa fille cachée, est alors âgée de neuf ans et son existence ne sera révélée à l’opinion publique que dix ans plus tard. Mitterrand est alors l'objet d'un chantage par l'écrivain Jean-Edern Hallier, qui menace de rendre publique l'existence de la jeune fille. Les représailles contre la chronique de Sarraute sont terribles. Alors que le journal frôle la faillite, René Thomas, patron de la BNP placé deux ans plus tôt à ce poste par Mitterrand, exige la destitution du directeur André Laurens. Les salaires ne seront pas versés, sauf si vous me promettez que Laurens s'en va, aurait asséné Thomas aux représentants du journal, fin 1984. Coïncidence : selon Le Monde, Thomas "fréquente" alors une chargée de mission à l'Elysée, Laurence Soudet, précisément chargée de maintenir le secret autour de l'existence de Mazarine, et que le banquier épousera dix ans plus tard. En janvier 1985, la Société des rédacteurs du journal retire sa confiance au directeur André Laurens, et porte André Fontaine à la tête du Monde.

Abonnez-vous !
|

15h56 suivi

Grenoble : France 2 sur les traces de Valeurs actuelles (Terrain de luttes)

Par
la rédaction le 28/07/2014

Procès perdu, mais instructif. Des Grenoblois habitants du quartier de la Villeneuve avaient porté plainte pour diffamation contre France 2, pour un reportage d'Envoyé spécial en septembre 2013, s'estimant "stigmatisés". Nous avons évoqué le procès ici. Ils ont été déboutés le 26 juin. Mais dans un article du site "Terrain de luttes", publié par Acrimed, on apprend quelques détails édifiants sur la genèse de l'enquête.

Le tribunal de Grenoble a débouté, le 26 juin dernier, l’association d’habitants du quartier de La Villeneuve qui avait déposé plainte pour diffamation contre France 2 après la diffusion du reportage "La Villeneuve: le rêve brisé" dans l’émission Envoyé spécial, en septembre 2013. L'association de la Crique Sud accusait France Télévisions d'avoir commandé un reportage à charge avant même les premiers repérages sur le terrain. Pour preuve : un contrat signé en décembre 2012 entre France Télé et l'agence de production Ligne de Mir, intitulé - déjà - "Villeneuve, de l'utopie à l'enfer", très axé sur l'insécurité. Le tribunal n'a pas jugé l'affaire sur le fond, mais a jugé l'action de l'association irrecevable, celle-ci n'étant pas une victime directe et n'est pas citée nommément dans le reportage.

Acrimed

Le procès aura toutefois permis de remplir "deux objectifs majeurs" souligne l'article de Terrain de luttes : "médiatiser le point de vue de ces habitants mobilisés et mettre à jour le fonctionnement de l’univers journalistique qui a conduit à la production de ce reportage "stigmatisant", selon les propres termes du CSA."

Pour sa défense, France 2 avait souligné que d'autres productions journalistiques avaient abouti aux mêmes conclusions dans leur reportage. Parmi elles, un reportage intitulé "Enquête au cœur de l’ultraviolence" diffusé sur France 3 dans l’émission Pièces à conviction, en octobre 2010, et quatre articles de presse écrite parus en 2012 et début 2013: "La Villeneuve: les plaies d’un quartier" (L’Humanité, 9 octobre 2012), "Grenoble: de l’utopie à l’horreur" (Valeurs Actuelles, 11 octobre 2012), "Drame d’Echirolles: qui sont ces nouveaux barbares?" (VSD, 11 octobre 2012), et "Une utopie bien abimée" (Le Monde, 30 mars 2013). Mais pour Terrain de luttes, c'est justement la preuve de la "circulation circulaire de l'information", mise au jour par le sociologue Pierre Bourdieu : les journalistes se copient les uns les autres.

L'article dénonce surtout des similitudes entre le reportage de Valeurs Actuelles et celui de France 2. A commencer par le titre: "Grenoble: de l’utopie à l’horreur" pour l’article de Valeurs Actuelles publié en octobre 2012, transformé en "La Villeneuve: de l’Utopie à l’Enfer" dans le contrat de production signé par France 2. D'autres éléments similaires concernent la forme du reportage : le reportage de France 2 commence par une scène de patrouille de la police dans le quartier, comme le reportage de France 3 et l’article de Valeurs actuelles. Par ailleurs, la journaliste se met en scène, bravant le danger : "Malgré les mises en garde, trop dangereux, trop compliqué, je passerai du temps dans ce quartier". Et dans Valeurs actuelles : "de bienveillants contacts nous mettent en garde" .

L'article reconnait que contrairement à Valeurs Actuelles, le reportage de France 2 ne formule pas explicitement de lien de causalité entre immigration et insécurité. Toutefois ce lien est établi indirectement, estime-t-il, quand la journaliste rappelle que les "315 élèves" du collège sont "de 24 nationalités différentes" . A l'inverse, Terrain de luttes souligne que le reportage de l'Huma insistait sur les causes sociales de la situation et notamment sur les licenciements et les mobilisations successives des enseignants et des éducateurs contre la suppression de postes dans les services publics du quartier. Un état des lieux "complètement absent d’Envoyé spécial", selon l'article.

Abonnez-vous !
|

13h33 vous n'êtes pas obligés

Closer, "presse à encoupler" (Cespedes)

Par
la rédaction le 27/07/2014

Vincent Cespedes victime d’un encouplement forcé. Le philosophe et écrivain revient dans Rue89 sur la une de Closer du 18 juillet qui lui prête une liaison avec Sophie Marceau fraîchement séparée de Christophe Lambert. Et c’est peu dire qu’il est furieux contre cette presse people qui "impose par la force et la diffamation" "le triste moule de l’amour normalisé". Furieux donc, il invite au boycott de Closer, un geste qui servirait "d’indice à notre libération contagieuse".

"J’ai été attrapé par Closer, la machine à encoupler" : dans un billet paru sur Rue89, l’écrivain et philosophe Vincent Cespedes ne dément pas seulement le scoop du magazine people qui annonce en couverture sa prétendue liaison avec Sophie Marceau tout juste séparée de Christophe Lambert – avec pour preuve des clichés d’une simple bise transformée en patins langoureux – mais il dénonce plus largement la médiocrité de cette presse qui fabrique du couple à tour de bras et cherche à faire scandale "en distillant à jet continu son venin aphrodisiaque et rose".

Dans quel but ? "Tenter de déclencher ce que le psychologue autrichien Wilhelm Reich nomme la «peste émotionnelle», une flambée de perversion et de sadisme inquisitorial, extrêmement lucrative si le buzz médiatique prend pour de bon". Et le buzz a visiblement pris : le faux scoop s’est répandu aussi vite que la crème solaire tartinée sur les corps des vacanciers.

Porté par son élan, Cespedes nous invite – nous qui valons mieux que la médiocrité – à boycotter Closer car "un peuple qui se sauve de la «normalité», se libère de l’encouplement obligatoire et se hisse à la hauteur de ses générosités véritables n’a plus besoin de people, ni de presse people". 

Closer Cespedes Rue89

Une de Closer du 18 juillet froissée par Rue89

Mieux : "le boycott de Closer peut servir d’indice à notre libération contagieuse". Car, sachez-le, "nous sommes infiniment plus affamés que les appétits financiers, plus complexes que les clichés nationalistes, plus intenses que des bises de Parisiens maquillées en patin". Closer vecteur de l’insurrection qui vient ? On vous laisse juge.

L’encouplement ? Heureux hasard, c'était justement le thème du dernier livre de Cespedes. Ecoutez-le en parler à Judith Bernard, en 2010, dans notre émission D@ns le texte.

Abonnez-vous !
|

17h11 vu

Humanize Palestine : mettre un visage sur les victimes (blog)

Par
la rédaction le 25/07/2014

Un blog créé au début du mois de juillet tente de donner aux victimes palestiniennes un visage plus humain. Humanize Palestine a été lancé en réaction à l'assassinat d'un jeune Palestinien et son illustration médiatique.

Gazaadolescent israéliens

 

Le 2 juillet dernier, en réponse à la mort de trois jeunes Israéliens, Mohammad Abu Khdei est kidnappé et brûlé vif. La couverture médiatique de cet assassinat est le point de départ de ce blog. L'auteur, anonyme, s'en explique sur sa page d'accueil : "Après que cette histoire fut rapportée, des images du corps de Mohammad Abu Khdeir lors de ses funérailles ont circulé. Pourquoi, quand il s'agit de la disparition ou du meurtre d'un Israélien les médias présentent des images de lui à une époque plus heureuse ? Ils sont souvent souriants ou posent à côté de leurs amis ou de leur famille. Cela créé de l'empathie dans nos coeurs et permet de nous associer à la personne de manière plus profonde et plus personnelle. Mais quand un enfant palestinien est tué, des images de son corps brûlé ou mutilé circulent et associent immédiatement les Palestiniens à la mort. Les personnes sont dépouillées de leur identité, d'une familles, d'êtres aimés et d'une histoire".

En France, pour illustrer la mort d'Abu Khdei, le site du Monde avait choisi une photo de son corps, inerte, dans un cercueil soulevé par la foule. Pour illustrer celle des trois jeunes Israéliens, disparus le 12 juin en Cisjordanie occupée, le même site avait opté pour un montage photo, où les trois victimes sourient.

 

 

 

 

Le blog, à volonté participative, propose donc d'humaniser les victimes palestiniennes et se donne pour mission "d'honorer les morts comme des martyrs en les ramenant à la vie à travers leurs photos, leurs histoires, l'art et la poésie".

Le principe est simple : tous les internautes sont invités à poster des images, des vidéos, des œuvres d'art "rappelant et commémorant les vies palestiniennes".

humanize palestine

Inégales devant les images, les victimes de cette guerre le sont aussi souvent devant les mots. L'occasion de lire ou de relire la chronique de Daniel Schneidermann : Hebron, les trois adolescents et les trois "mineurs".

(par Garance Bousquin)

Abonnez-vous !
|

14h49 grrr !

Excisions en Irak : l'ONU et les agences reprennent un faux

Par
Robin Andraca le 25/07/2014

"Selon l'ONU, les djihadistes de l'Etat Islamique ordonnent des mutilations génitales sur les femmes". L'information, lâchée hier par la numéro 2 de l'ONU en Irak, a été reprise par tous les principaux titres de presse. Problème : c'était (sûrement) un canular.

Tout a commencé hier. Jacqueline Badcock affirme, au cours d'une visioconférence organisée à Genève, que les djihadistes de l'Etat Islamique ont ordonné que les femmes âgées de 11 à 46 ans de la région de Mossoul (l'Etat Islamique contrôle cette région depuis juin dernier) subissent des mutilations génitales. "C'est quelque chose de très nouveau en Irak, particulièrement dans cette région-là, c'est très préoccupant et il faut en parler", ajoute-t-elle.


La plupart des titres de presse reprennent aussitôt l'information. Sur leur site internet, Le Parisien, Le Figaro, Ouest-France, 20 minutes et Le Monde tombent tous dans le panneau, en reprenant l'AFP ou Reuters. Francetvinfo, qui a mis à jour son contenu hier à 20h13, en a aussi profité pour mettre un peu d'eau dans son vin : "Les jihadistes de l'Etat islamique ordonneraient-ils des mutilations génitales de filles et de femmes en Irak ?". A ce jour (vendredi 25 juillet), les titres des autres médias cités sont encore affirmatifs : les djihadistes ordonnent, ou ont ordonné, des mutilations génitales sur les femmes.

ouest france20 minutesle mondele figaro madame

 

 

france 24

 

Il apparaît pourtant de plus en plus probable que l'information soit fausse. Comme le note Libération, la méprise de l'ONU pourrait avoir été provoquée par la diffusion ces derniers jours d'un communiqué attribué à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Or ce document, qui circule sur les réseaux sociaux depuis l'an dernier et indique qu'Abou Bakr al-Bahgdadi, leader de l'organisation, recommande l'excision en réaction à la perversité et la fornication qui se développent parmi nos femmes, est... un faux, comme le démontre France 24. Plusieurs éléments permettent effectivement de douter de son authenticité. Le document est daté du 11 juillet 2013 et fait référence aux villes syriennes d'Alep et Azaz, que l'autoproclamé Etat Islamique ne contrôle plus aujourd'hui. S'il n'est pas possible, pour le moment, de savoir si Jacqueline Badcock s'est fondée sur ce document pour faire ses déclarations, un porte-parole de l'ONU basé à Genève indiquait, jeudi après-midi, que l'organisation cherchait désormais à clarifier la situation et à établir les faits.

Abonnez-vous !
|

17h04 suivi

Manifestations : "nuit de cristal" (député UDI / chaîne israélienne)

Par
la rédaction le 22/07/2014

"Des dizaines de milliers de manifestants criant Mort aux Juifs" : ainsi le député UDI franco-israélien Meyer Habib, élu de la 8e circonscription des Français de l'étranger, a-t-il décrit la manifestation pro-palestinienne du 13 juillet dernier, dans le quartier de la Bastille, sur une chaîne israélienne. Très reprise sur Internet, cette interview illustre la manière déformée dont le public israélien est informé de l'état d'esprit en Europe par ses propres medias.

Interrogé le 14 juillet par la chaîne de télévision israélienne Aroutz 2, le député franco-israélien Meyer Habib revenait sur les manifestations de la veille dans le quartier de la Bastille. Il évoque les violences mutuelles de certains manifestants et de la Ligue de Défense Juive – violences que l’AFP n’a pas vraiment vues, comme nous le racontions ici. Selon le député, seule la présence "d’une quinzaine" de jeunes Juifs a permis de faire reculer les manifestants. Des événements que l’élu trouve inquiétants et qu’il compare à la Nuit de cristal, nom donné aux pillages contre les Juifs en Allemagne dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. Dans son élan, il parle "d’intifada en plein Paris" avec "des dizaines de milliers de musulmans qui crient Morts aux Juifs".

 

 

Dans cette interview, en ligne ici, le député assure avoir entendu "des appels aux meurtres de Juifs" et semble persuadé que bientôt des Juifs seront tués.

 

Meyer Habib

Les manifestations parisiennes de soutien à la population de Gaza donnent-elles lieu à des débordements antisémites ? Si le co-fondateur de Rue89 Pascal Riché assure avoir entendu de nombreuses "phrases antisémites", lors de ses conversations avec les manifestants  du 19 juillet à Barbès, on ne retrouve pas trace de tels slogans dans les reportages de Mediapart ou Libération (lire à ce sujet notre article du week-end.).

Abonnez-vous !
|

16h26 buzz

Tube US contre l'immigration latino (Daily Beast)

Par
la rédaction le 22/07/2014

La chanson "La Bestia", qui cartonne sur 21 stations de radio au Honduras, Guatemala et El Salvador, fait partie d’une vaste campagne médiatique initiée par… la Customs and Borders Protection (CBP), agence américaine chargée de contrôler les frontières.


 

C'est l'histoire d'une chanson sur un train. "La Bestia,” fait référence au fameux et dangereux train de marchandises à bord duquel des milliers de migrants embarquent depuis le sud du Mexique, risquant vols, kidnapping, viols et meurtre dans le but d'atteindre la frontière avec les USA. C'est un récit familier par une source inattendue" explique le site d'info "The Daily Beast".

Le "Daily Beast" a révélé que cette chanson fait partie d'une campagne médiatique financée par les États-Unis visant à décourager les candidats à l'immigration. Très ciblée, elle s'adresse aux pays d'Amérique Centrale (Guatemala, Honduras et El Salvador) et plus particulièrement aux parents qui envoient leurs enfants tenter leur chance aux États-Unis. Elle s'appuie sur une diffusion de pancartes montrant des enfants perdus dans le désert et sur des messages subliminaux diffusés sur les stations de radio.

Selon l’article du "Daily Beast", si la chanson cartonne dans la région, c’est que le public qui l’écoute ne sait pas réellement qui lui parle.picto

daily beast

La CBP a en effet donné deux versions, une standard de 3 minutes environ et une autre beaucoup plus courte annonçant à la fin qu'il s'agit d'une campagne publique mais toujours sans nommer l’auteur de cette bonne parole.

honduras 2

Le quotidien du Honduras "La Prensa", dénonce lui aussi, le caractère "un peu manipulateur" de la chanson, qui ne provoquerait pas le même engouement si les auditeurs connaissaient son émetteur réel.

“Il est plus important pour nous que le message soit délivré, nous voulons nous assurer que le public visé nous écoute". a déclaré Laurel Smith, directeur de la communication et de la diffusion pour la CBP au "Daily Beast".

Selon le quotidien "La CBP a annoncé au début du mois son projet d'investir 1 million de dollars dans des campagnes de conscientisation dirigées sur les familles centro-américaines".

"La Prensa" ajoute que la migration des mineurs non-accompagnés est devenu un véritable problème politique pour le président Obama. Il s'agit même maintenant d'une "crise humanitaire" selon le quotidien.

 

Par Garance Bousquin

Abonnez-vous !
|

15h00 suivi

Corée Sud / ferry : Mort du propriétaire (et photographe milliardaire)

Par
Anne-Sophie Jacques le 22/07/2014

On a enfin mis la main sur le Sud-Coréen Yoo Byung-eun… ou plutôt son cadavre.

Comme le raconte Le Monde, cette découverte met fin à une chasse à l’homme qui a mobilisé près de 5000 policiers visant à trouver cet homme d’affaires impliqué dans le naufrage du ferry Sewol à l’origine de la mort de 300 personnes, et disparu depuis des semaines.

Mais Yoo Byung-eun n’était pas seulement un homme d’affaires visé par un mandat d'arrêt depuis le 22mai: il était également connu comme photographe en France sous le pseudonyme d’Ahae. Notre chroniqueur Alain Korkos lui avait dressé le portrait. On découvrait ainsi que le Sud-Coréen avait exposé dans un pavillon provisoire installé au jardin des Tuileries à Paris en 2012 ainsi qu’à l'Orangerie du château de Versailles en 2013 mais moins du fait de son génie que de son immense fortune qui lui a permis de louer les lieux. Sa société Ahae Press France a par ailleurs fait don de 1,1 million d'euros à l’établissement public du Louvre.

nouveau media

Les circonstances de la mort de Yoo Byung-eun sont troubles. Selon Le Monde, "son corps, retrouvé le 12 juin, gisait dans un état de décomposition avancée dans un verger à Suncheon", à quelques kilomètres d’une de ses maisons. On ne sait encore s’il s’agit d’un meurtre ou d’un suicide. Pour le quotidien, "sa mort pourrait arranger pas mal de gens. Proche des puissants, notamment des anciens présidents Chun Doo-hwan (1981-1988) et Lee Myung-bak (2008-2013) ou de l'ex-ministre de la culture Yoo In-cheon (en poste de 2008 à 2010), et malgré des déboires avec la justice qui lui ont valu quatre ans de prison dans les années 1990, il disposait d'une «liste Yoo Byung-eun», contenant les noms des nombreuses personnalités posant avec lui sur les photos qu'il prenait à chaque rencontre et conservait précieusement". Ses talents de photographe ne se sont visiblement pas arrêtés à la porte des Tuileries.

>> Qui était Yoo Byung-eun alias Ahae? Un mystérieux sud-coréen, milliardaire, photographe et (ex) armateur du ferry Sewol à retrouver dans la chronique d’Alain Korkos.

Abonnez-vous !
|

11h52 ça reste à vérifier

Terrorisme : FBI pousse-au-crime ? (Rapport ONG)

Par
Robin Andraca le 22/07/2014

Quand la réalité dépasse la fiction... Un rapport remis cette semaine par une ONG américaine accuse le gouvernement américain d'avoir "encouragé, poussé et parfois même payé" des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats dans leur pays.

Depuis le 11 septembre 2001, le gouvernement américain a fait de la lutte anti-terrorisme l'une de ses priorités et plus de 500 affaires ont été jugées devant les tribunaux fédéraux américains depuis cette date. Human Rights Watch, une ONG réputée aux Etats-Unis, vient de publier une étude de 214 pages qui pourrait faire grincer quelques dents au sein de l'administration américaine. "On a fait croire aux Américains que le gouvernement assurait leur sécurité avec la lutte anti-terrorisme [...] mais si vous regardez de plus près, vous réalisez que beaucoup de ces personnes n'auraient jamais comis de crimes si elles n'avaient pas été encouragées par les autorités américaines", résume Andrea Praso, directeur-adjoint de l'ONG à Washington.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Le FBI aurait ainsi "encouragé, poussé et parfois même payé" des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d'opérations de filature montées de toutes pièces. "Le ministère américain de la justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique", dénonce l’ONG, en s’appuyant sur de nombreux exemples.

L'étude cite l'affaire des "Newburgh Four", ces quatre musulmans américains accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine et condamnés à 25 ans de prison ferme. Problème : le gouvernement aurait, selon un juge cité dans le rapport, "fourni l'idée cu crime, les moyens et dégagé la voie" à ces quatre individus.

Cet épisode est raconté dans un documentaire diffusé hier soir sur la chaîne câblée HBO, à l'origine des plus grandes séries télévisées de ces dernières années.


(avec Garance Bousquin)

Lutte anti-terrorisme : dans la fiction aussi, les méthodes américaines interpellent. Retrouvez notre enquête sur le drôle de monde de la série Homeland.

Abonnez-vous !
|

14h10 suivi

Crash / journaliste indélicat : excuses de Sky news

Par
la rédaction le 21/07/2014

La chaîne britannique Sky News a présenté ses excuses hier pour avoir diffusé l'image d'un de ses journalistes fouillant les valises des victimes du crash en Ukraine du vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines qui conduisait 298 passagers entre Amsterdam et Kuala Lumpur.

Crash en Ukraine : que peuvent montrer les télés ? s’interrogeait-on vendredi. Sûrement pas le contenu des valises des victimes comme l’a fait le présentateur de Sky News, Colin Brazier. Selon The Guardian, dans un reportage diffusé hier sur la chaîne britannique, le journaliste présent sur place a fouillé et montré à l’écran le contenu des bagages éventrés – y compris un ensemble de clés et une brosse à dents – avant de dire : "nous ne devrions pas vraiment faire cela, je suppose."

Bronca immédiate des téléspectateurs mais aussi des confrères : la présentatrice de BBC Sport Jacqui Oatley s’est dite "totalement ahurie" par le geste de Brazier tandis que Shelagh Fogarty, de BBC Radio, l’a trouvé "consternant." Selon elle, ces objets sont maintenant des choses sacrées pour les proches.

La chaîne et le présentateur se sont confondus en excuses.

Aujourd’hui, selon Le Monde, une équipe néerlandaise a rejoint les enquêteurs de l'Organisation de l'aviation civileinternationale (OACI), un organisme émanant de l'Organisation des Nations unies (ONU), ainsi que les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui, depuis vendredi, tentent d’analyser les restes de l’avion.

Sky news The Guardian

Des enquêtes fastidieuses car la zone est contrôlée par des séparatistes prorusses armés, soupçonnés par ailleurs par les Etats-Unis d’être responsables du tir du missile sol-air à l’origine du crash.



Abonnez-vous !
|

11h31 suivi

Découvrez qui finance votre élu ! (appli US)

Par
Robin Andraca le 21/07/2014

Un outil web pour y voir plus clair dans la lutte des lobbys au sein du Congrès américain ? C'est possible grâce à un adolescent américain de 16 ans et son plug-in GreenHouse.

Voilà une innovation que Frank Underwood, héros de la série House of Cards (rappellez-vous, nous en parlions en plateau) aurait certainement peu goûté. Fan de code et de politique, Nick Rubin, 16 ans, a fait d’une pierre deux coups : en allant piocher dans la base de données d’OpenSecrets.org (qui depuis plusieurs années traque l’argent qui circule au sein de la classe politique américaine et son influence sur les élections ainsi que sur les politiques publiques) Nick a eu cette idée : permettre aux internautes, en une fraction de seconde, de voir défiler l’ensemble des soutiens financiers et des sommes versées à leurs élus. En France, un seul site en a parlé : Tirage-EuroMillions.net.

@si s'est évidemment prêté au jeu. Et ça marche ! Une fois le plug-in téléchargé (sur Chrome, Safari ou Firefox), il suffit de taper le nom d’un membre du Congrès américain (au hasard, Eric Cantor, membre du Parti Républicain et représentant du 7ème district de Virginie), de se rendre sur n’importel quel site référençant son nom (que ce soit sa page Wikipedia ou un blog du Monde), de pointer sa souris sur son nom pour voir défiler la liste des lobbys qui le soutiennent.


Et voilà le travail ! picto


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Pour Nick Rubin, la transparence est la réponse à tout : "Un accès simple à ces données-là permettra aux électeurs de prendre de meilleures décisions. Quand les gens seront informés, ils rejetteront les élus uniquement motivés par l’appât du gain”, a-t-il confié sur le site de Vice. Peut-on espérer voir débarquer cet outil dans d'autres pays ? “La première chose serait de trouver une base de données fiables. Mais bien sûr, pourquoi pas ?estime l'adolescent.

Tous les lanceurs d'alerte citoyens enquêtant sur les pratiques des élus ne sont pas américains. La preuve, deux d'entre eux étaient sur notre plateau il y a deux semaines !

Abonnez-vous !
|

16h48 tweet

Israéliens "ordures" : journaliste CNN mutée

Par
la rédaction le 20/07/2014

Canapé de Sderot, Acte 2. "Les Israéliens sur la colline de Sdérot applaudissent lorsque les bombes frappent Gaza. Ils menacent de détruire notre voiture si on dit un mot de travers. Ordures." : c'est pour ce tweet que Diana Magnay, journaliste de CNN qui couvrait Gaza, a été mutée à Moscou. Suite à un direct sur la colline de Sderot (et son fameux canapé, dont @si vous parlait ici), la reporter a exprimé sa colère face à des menaces proférés par des Israéliens avant de retirer son tweet, rapporte Ozap.

Le mot "scum" peut également être traduit par "salaud" ou "pourriture" picto
Diana Magnay

"Après avoir été menacée et harcelée avant et pendant son direct, Diana a réagi avec colère sur Twitter" a ainsi expliqué une responsable de la chaîne au Huff Post. Elle regrette profondément le langage qu'elle a utilisé, qui visait directement ceux qui avaient pris pour cible l'équipe de reportage. Elle n'a aucunement voulu heurter qui que ce soit d'autre que ce groupe, et elle se joint à CNN pour s'excuser si quiconque a pu se sentir insulté", a détaillé la porte parole, précisant que Magnay avait été mutée à Moscou.

L'occasion de lire notre dossier : Israël-Palestine, le cauchemar asymétrique

Abonnez-vous !
|

15h16 lu

Malaysia : début de controverse sur les responsabilités

Par
Vincent Coquaz le 20/07/2014

Bévue russe, pro-russe ou erreur ukrainienne ? Si tout le monde s'accorde pour estimer que le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a été abattu, une controverse s'est ouverte dès les premières heures sur le point de savoir qui du gouvernement ukrainien, des rebelles pro-russes ou des forces russes, en porte la responsabilité.

Côté ukrainien, on pointe notamment du doigt le fait que l'armée ukrainienne n'utilisait pas le type de missile sol-air qui aurait abattu l'avion, pour la simple raison que les rebelles pro-russes ne disposent pas d'aviation. Les autorités du pays ont également mis en avant des revendications attribuées à des rebelles.

Un des responsables pro-russes a en effet posté sur son compte Facebook un message revendiquant l'attaque d'un "avion ukrainien" dans la même zone et à la même heure que le vol MH17, accompagné de vidéos très semblables aux vidéos amateurs consécutives à la chute du Boeing de la Malaysia. Surtout, le gouvernement ukrainien a publié des conversations téléphoniques entre les rebelles pro-russes et le renseignement russe, qu'il aurait interceptées.

Euronews a traduit une partie de l'enregistrement où deux rebelles pro-russes affirmeraient avoir abattu "un avion civil" picto

Tandis que les rebelles pro-russes ont eux même accusé l'Ukraine, la Russie n'a pour l'instant pas exclu leur responsabilité. Vladimir Poutine a ainsi simplement estimé que l'Ukraine "portait la responsabilité de cette terrible tragédie" puisqu'elle "n'aurait pas eu lieu si la paix avait régné dans ce pays, si les opérations militaires n'avaient pas repris dans le sud-est de l'Ukraine".

RussEurope

En France, l'économiste Jacques Sapir, spécialiste de la Russie, pointe sur son blog ce qu'il estime être "les incohérences dans la mise en cause, du côté des gouvernements de l’OTAN et de la presse de ces pays, des insurgés ukrainiens". Pour lui, si les caractéristiques techniques de l'armement à la disposition des insurgés leur permettaient (difficilement) d'abattre un avion de ligne, le lieu du crash est situé trop à l'ouest pour être le fait des rebelles.

picto Capture RussEurope, blog de Jacques Sapir

"Si l’avion MH17 de la Malaysian Airlines avait été touché par un missile provenant d’une batterie située là où l’affirment les sources américaines et ukrainiennes, l’avion aurait dû s’écraser 20 à 30 km à l’est de son point d’impact. [...] Pour s’écraser sur le lieu du crash, si l’avion a bien été abattu par un missile « Buk », il a du être atteint par un missile tiré depuis le territoire contrôlé par les forces ukrainiennes", estime ainsi l'essayiste pro-russe. "On peut s’interroger sur le fait que l’Armée ukrainienne ait pu confondre le vol MH17 avec un vol militaire russe, en provenance du Belarus et cherchant à prendre «de dos» les forces déployées contre les insurgés" avance Sapir, qui ne se prononce pas sur les enregistrement ou les revendications des pro-russes.

Abonnez-vous !
|

07h15 suivi

La manif pro-palestinienne interdite très couverte sur Twitter

Par
la rédaction le 20/07/2014

Cette fois, elle a été sur-couverte. Après les polémiques sur les exactitudes des compte-rendus de la manif pro-palestinienne du 12 juillet, celle de samedi 19 juillet, quoique interdite par la préfecture de police de Paris, a été suivie par plusieurs journalistes qui l'ont relayée en temps réel sur Twitter.

Au coeur de la manif, et donc des affontements avec la police qui se sont déroulés en marge du cortège, se trouvaient par exemple le directeur de la rédaction de Rue89, Pascal Riché, un reporter de Libération, Willy Le Devin (qui a ensuite raconté son live-tweet et les réactions qu'il a suscitées), et un journaliste du JDD, Thomas Liabot. Selon Riché, les CRS auraient contenus les manifestants boulevard Barbès, au niveau du métro Chateau Rouge, notamment grâce à des gaz lacrymogènes : "Chaleur + foule coincée + colère + charges aux lacrymos = dangereuse configuration à Barbès".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"La manif (la vraie) se poursuit boulevard de Strasbourg. Dans le 1e, ce ne sont plus que des affrontements" expliquait ensuite Le Devin, qui a constaté "plusieurs drapeaux d'Israël brulés". Selon lui, la grande majorité des personnes présentes (2 000 selon lui), "calmes et responsables", ont été débordées par "50 casseurs" qui ont provoqué les CRS. Quelques heures après le début de la manif, Le Devin s'étonnait d'ailleurs que dans "une manif pour la Palestine, plus personne ne parle de la Palestine mais de Valls, du FN, de Sarkozy..." Surtout, il déplorait que "la police [ait été] incapable de contrôler la situation".

Vers 18h30, "les CRS ont dispersé les manifestants dans tout le 18e et le calme est revenu boulevard Barbes" racontait finalement Liabot tandis que la circulation reprenait. Quelques affrontements ont toutefois persisté dans la soirée.

Plusieurs journalistes, dans leurs tweets, relayaient les craintes des manifestants de voir les "incidents" (bris de matériel urbain, drapeaux brûlés) mis en avant par les medias. Craintes conformées. Si vous ne suiviez pas la manifestation sur Twitter, Le Figaro.fr (dont un des journalistes était sur place) offrait complaisamment... un panorama "des incidents". Europe 1, de son côté, se taillait un beau succès en estimant (ci-dessous à droite) que "plus d'une centaine de manifestants [avaient] afflué samedi à Barbès", au dessus d'une vidéo montrant que le chiffre se comptait plutôt en milliers.

Le Fig1


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

L'occasion de lire notre observatoire sur la couverture médiatique de la précédente manifestation (et ses débordements) à Paris, et sur la façon dont les journalistes français présents à Gaza couvrent l’offensive terrestre menée par Israël.

Abonnez-vous !
|

17h13 @rrêt sur images

Juillet 1914 : ce mois où la presse a oublié Sarajevo

Par
la rédaction le 19/07/2014

19 juillet 1914. Lors de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche à Sarajevo, il y a trois semaines, tous les journaux titraient sur l'affaire. Depuis plus rien. Alors qu'est-ce qui passionne la presse française aujourd'hui ?

Évidemment l'affaire Caillaux met toute la presse  en ébullition : le 16 mars dernier, la femme du ministre des finances, Henriette Caillaux, assassinait le patron du Figaro. Un fait-divers ? Oui, mais bien davantage qu'un fait-divers. Une loi déchaîne également les passions : la loi qui a porté l'année dernière la durée du service militaire à trois ans.

Pour tout savoir sur la loi des trois ans, et le procès de Henriette Caillaux, retrouvez l'intégralité de notre émission du 19 juillet 1914

Abonnez-vous !
|