Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

19h26 suivi

SFR Presse, "machine à tuer le journalisme de qualité" ? (Le Point)

Par
Capucine Truong le 23/03/2017

Drahi veut-il "tuer le journalisme de qualité" ? Le directeur du Point, Etienne Gernelle, s’est fendu d’une double attaque en règle contre l’initiative du groupe de Patrick Drahi, SFR, qui propose depuis peu 60 titres de presse en accès numérique avec son offre d’accès internet. SFR Presse lui a répondu par la voix de son directeur, par ailleurs à la tête de L’Express, Guillaume Dubois.

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C’est un peu de houle sur la trajectoire du paquebot SFR Presse, dont nous avions suivi, sur @si, la naissance - et les finalités discutables, entre synergie de groupe et optimisation fiscale. Etienne Gernelle, invité au micro de Sonia Devillers, dans l'émission L'instant M (France Inter) le 14 mars, a sévèrement taclé le dispositif proposé par le groupe de télécom de Patrick Drahi : pour lui, "ce système organise le massacre de la presse de qualité". Il a réitéré dans Le Point, le 24 mars. Drahi, martèle-t-il, "estime que la presse et l’info ne valent rien" et "a mis en place une machine à tuer le journalisme de qualité."

L'accusé ? Le pack SFR Presse, créé en avril 2016, qui donne aux abonnés SFR un accès aux éditions numériques de nombreux titres de presse, pouvant aller jusqu'à 65 avec les offres SFR les plus chères. Le prix, on l'a compris, défie la concurrence, voire l'annihile, puisqu'ils sont proposés gratuitement, quoique avec certaines limites selon la formule choisie (Illimité pour les box internet les plus chères, puis Essentiel avec 10 numéros/mois et Accès avec 5 numéros/mois), aux abonnés de SFR. Les autres peuvent avoir accès aux 18 titres de presse du groupe Altice Médias, de SFR, pour 19,99€ par mois.

C'est là le problème, pour le directeur du Point. On a "d’un côté, un abonnement numérique à dix-huit journaux pour 19,99 euros par mois. De l’autre, il offre une box internet à partir de 19,99 euros par mois, avec en prime ce même abonnement à dix-huit journaux. Le calcul est simple: la presse vaut zéro!". A ce prix, explique Gernelle, les journaux ne peuvent être rétribués honnêtement, quand bien même l'intégralité des 19,99 € leur seraient reversés. "Dans la pratique, puisque nous avons nous aussi été démarchés, SFR rémunère les journaux au téléchargement, et ce à une fraction – environ le dixième – de leur prix normal." Contre cette vision de l’information, qu’on braderai à la manière d’une "pochette surprise", Gernelle affirme que Le Point ne rejoindra pas SFR Presse, et défendra la "qualité" de l’information, qui a un coût, contre "l’imagination" des "fake news", qui eux sont effectivement gratuits.

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"Qu’est ce qui vous dit que ce n’est pas le téléphone qui est gratuit ?"

SFR a promptement réagi, par la voix de Guillaume Dubois, son directeur, par ailleurs à la tête de l'hebdomadaire L’Express, propriété de SFR. Celui que Le Monde décrivait comme le "protégé de Patrick Drahi" s’est défendu le 23 mars, dans l'Instant M, d'avoir créé avec SFR Presse un "modèle gratuit" d'accès à la presse puisque, explique-t-il, les abonnés payent. "Qu’est ce qui vous dit que ce n’est pas le téléphone qui est gratuit?" Dans cette logique, l'accès internet serait un "goodies" de l'accès presse, et non l'inverse.

Selon lui, SFR Presse permettrait de valoriser les contenus de presse, en les faisant bénéficier de l’immense réseau d’utilisateurs de SFR, évalué à près de 18 millions d’utilisateurs. L’augmentation de l’audience devrait, à terme, compenser le prix payé par l'opérateur aux titres de presse, rémunérés au téléchargement unique. Mais il a tenu à préserver le flou sur ces prix. Ils se chiffreraient autour d'un "rapport de 1 à 2". Très loin, donc du prix avancé par Gernelle, à 1/10 du prix en kiosque. "C’est clair que ce n'est pas le prix du kiosque" a néanmoins admis Dubois. "Mais dans le kiosque, les trois-quarts vont à la distribution, à la production. Ils ne vont pas non plus aux journalistes et au reportage.(…) L’enjeu principal [de SFR Presse] est de reconquérir des lecteurs, et reconquérir au-delà de ceux qu’on a perdu en papier."

Comme nous le racontions ici, SFR pourrait aussi s’intéresser à la presse pour d’autres raisons, notamment l’optimisation fiscale. Devillers l'a remarqué : "Est-ce que c’est de l’optimisation fiscale?" Réponse : "C’est vous qui le dites."

L'occasion de relire les articles de notre dossier Drahi, magnat compulsif ; notre enquête sur la naissance du géant SFR Médias, ou notre analyse du pack SFR Presse au moment de sa création.

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18h09 @rrêt sur images

Investigation : "Le djihadisme plutôt que les affaires financières" (Jeudy)

Par
la rédaction le 23/03/2017

Où est passée l'investigation chez Paris Match ? Invité sur notre plateau pour discuter de la médiatisation du candidat Macron, Bruno Jeudy, rédacteur en chef de l'hebdo, reconnaît que l'investigation politico-financière a été reléguée au second plan depuis quelques années. "On en fait plutôt moins par rapport à une certaine époque. Peut-être qu'on pourrait en faire plus". Avant de détailler : "A un moment, il faut faire des choix. C'est vrai qu'il y a deux ans, il y a eu ce choix qui a été fait de suivre beaucoup les questions de djihadisme". Plutôt le djihadisme que les affaires financières donc ? "Oui, c'est un fait".

L'occasion de revoir notre émission en intégralité : "Macron, ça booste les ventes"

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19h32 vidéo

Quotidien/Grand Débat : Yann Barthès agent d'ambiance de TF1

Par
Juliette Gramaglia le 22/03/2017

Marine Le Pen a-t-elle vraiment demandé des tabourets pour le Grand Débat ? Le débat est-il vraiment tourné sur le plateau de Danse avec les stars ? Voilà quelques unes des questions (pointues) qu'a posées Yann Barthès, présentateur de l'émission Quotidien sur TMC (groupe TF1), à Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray lundi 20 mars, à quelques minutes du "grand débat" entre les cinq candidats à la présidentielle sur TF1. Barthès est coutumier des duplex pré-débats : en octobre et janvier dernier déjà, il s'interrogeait déjà sur les baskets de Bouleau et la doudoune de David Pujadas.

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12h41 Hors Série

Non-mixité : "Dans une assemblée syndicale, on n'invite pas le patron" (Hors-Série/Dupuis-Déri)

Par
la rédaction le 22/03/2017

Vive la non-mixité ! Françis Dupuis-Déri, professeur québécois en sciences politiques et auteur de l'ouvrage La peur du peuple (Lux Editeur, 2016), était l'invité de Hors-Série pour évoquer la renaissance des mouvements citoyens militants. Il revient notamment sur les assemblées non-mixtes, à l'exemple des assemblées féministes non-mixtes de Nuit Debout, fortement critiquées à l'époque.

Depuis-Déri insiste sur l'importance de tels groupes non-mixtes. "Dans l'histoire occidentale, les groupes subalternes ont toujours fait ça", explique-t-il. A l'exemple des syndicats : "Dans une assemblée syndicale, on n'invite pas le patron pour voter avec nous", s'amuse-t-il. D'ailleurs, si la non-mixité est nécessaire pour réfléchir aux rapports de force entre différents groupes, cela n'empêche pas ensuite les alliances et les coalitions, explique encore Dupuis-Déri, à l'occasion par exemple de "manifestations unitaires".

Par ailleurs, tout le monde ne peut pas participer à tous les mouvements : "Il faut parfois réfléchir aussi à notre propre positionnement", insiste Dupuis-Déri, qui prend son propre exemple. En tant que professeur, il ne se rendrait pas à des rendez-vous militants où il pourrait se retrouver à discuter avec certains de ses étudiants, car alors, en tant que "dominant", il ne serait "plus du tout dans un rapport égalitaire". Cette (auto-)exclusion de groupes non-mixtes n'est cependant pas forcément négative : "Si on reproche aux autres de vouloir se retrouver parfois en non-mixité, je pense qu'il faut se demander pourquoi on voudrait être tout le temps partout", conclut-il.

Pour voir l'émission de Hors-Série dans son intégralité, c'est par ici : "La peur du peuple"

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12h38 suivi

Temps de parole : France Culture choisit le FN contre Mediapart

Par
la rédaction le 22/03/2017

De l'effet pervers des règles sur le temps de parole. Invité d'une émission de France Culture consacrée au FN et à ses affaires, le secrétaire général adjoint du parti frontiste, Jean-Lin Lacapelle, a fait savoir à la radio qu’il ne participerait pas à l’émission si la journaliste de Mediapart, Marine Turchi, était présente. La journaliste d’investigation, qui a multiplié ces dernières semaines les révélations embarrassantes sur les affaires financières qui touchent le FN, a ensuite été décommandée.

"Depuis quand un dirigeant politique, qu’il soit du Front national ou d’un autre parti, choisit-il les invités?", s’indigne la journaliste dans un article publié hier sur Mediapart. Turchi y déplore que le FN "décide du casting du plateau" de France Culture. La radio publique dont l’émission (avec Lacapelle, mais sans Turchi) a été diffusée le 11 mars, s’est excusée auprès de la journaliste, tout en motivant son choix par la nécessité de se plier à la règle des temps de parole.


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Turchi explique avoir été sollicitée le 1er mars par France Culture pour participer deux jours plus tard, en tant que journaliste couvrant le FN, à l’émission L’atelier du pouvoir. Une émission, en présence du secrétaire général adjoint du FN Jean Lin Lacapelle, consacrée au Front national, à son fonctionnement mais aussi à l'affaire des assistants parlementaires du FN. Comme le raconte la journaliste, au lendemain de son invitation par France Culture, la radio fait subitement marche arrière. Explication de France Culture : "Vous comprenez, avec les temps de parole, il faut qu’on invite le FN". Dans la foulée, le journaliste du Monde, Thomas Wieder, qui co-anime l’émission, s'excuse par texto auprès de la journaliste de Mediapart, tout en lui faisant savoir que "ça n’a évidemment rien à voir avec le fait qu’il soit FN. Il arrive que des invités déjà bookés réagissent ainsi dans tous les domaines".

Sur BFMTV, le mois dernier, dans un cas de figure comparable, c'est Florian Philippot qui s'était décommandé, comme nous l'avions signalé : "Et Philippot refusa de passer sur BFM"

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15h56 vu

PMU Sevran : "on a été les premières choquées" (brigade des mères)

Par
la rédaction le 21/03/2017

La contre-enquête du Bondy Blog n'a toujours pas fait son chemin dans les esprits. Lundi soir, l'émission d'Arte 28 Minutes évoquait cette enquête qui démentait le reportage du JT de France 2 selon lequel les femmes étaient interdites dans un café à Sevran. En plateau, l'une des deux auteures de la caméra cachée pour la chaîne publique, Nadia Remadna, n'a pas voulu en entendre parler. Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron évoquait également à demi-mots le fameux bar PMU.

Et revoilà, encore, le PMU de Sevran. Lundi soir, Elisabeth Quin recevait dans son émission 28 Minutes (Arte) Nadia Remadna, fondatrice de l'association la "Brigade des Mères" pour parler "radicalisation". Remadna est l'une des deux femmes parties filmer en caméra cachée un bar PMU de Sevran dans lequel, affirmait le 7 décembre dernier un reportage au JT de 20 heures de France 2, les femmes étaient interdites. Un reportage depuis contredit par une contre-enquête au long cours du Bondy Blog, qui explique que ce bar a "une clientèle féminine et fidèle, dont certaines viennent tous les jours".

C'est pour évoquer ce reportage, et la contre-enquête, que Remadna était invitée. "Nadia Remadna, vous nommez les choses, vous avez dénoncé régulièrement la non-mixité dans les banlieues comme une manifestation de l'intégrisme dans certains quartiers en France", lance la chroniqueuse Nadia Daam. Et de revenir sur le reportage de France 2, qui "a marqué les esprits". La journaliste précise ensuite que la contre-enquête du Bondy Blog a tout de même "un peu démonté" la caméra cachée des deux membres de l'association. Face à la chroniqueuse, la fondatrice de la "Brigade des Mères" a l'air moins que convaincue : "Le Bondy Blog, franchement, c'est le Bondy Blog", lâche-t-elle. Une réponse peu claire, qui pourrait, peut-être, faire référence à la polémique déclenchée par les tweets à caractère antisémite et homophobe d'un ancien chroniqueur du Bondy Blog, Mehdi Meklat. Le site, comme vous le racontait @si dans son enquête, s'était rapidement désolidarisé de Meklat dans un communiqué:

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Outre la contre-enquête citée, et que Remadna écarte rapidement, la fondatrice de l'association se défend d'avoir voulu s'en prendre à l'islam: "On n'a pas été faire une caméra cachée pour voir s'il y avait des musulmans ou pas. Nous, c'était pour la place des femmes", affirme-t-elle Et d'ajouter: "On a été les premières choquées à avoir été virées de ce café". Rien à voir avec la religion ? Dans le reportage diffusé par France 2, la militante de l'association Aziza Sayah, qui accompagnait Remadna, déclarait pourtant, après le passage en caméra cachée : "Pour moi l'islam, c'est comme le code pénal maintenant. [Il dit] faut pas faire ça, ça c'est interdit. Tout est interdit, alors qu'on est en France quand même". La voix off l'assurait : pour les militantes, l'effacement des femmes dans l'espace public était "aussi un problème de religion".

Ce n'est pas seulement sur Arte que le Bondy Blog peine à s'imposer. Lundi soir, au cours du débat sur TF1 qui a opposé cinq des onze candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron est revenu sur sa conception de la laïcité. Le candidat d' "En Marche" a ainsi notamment déclaré: "A aucun moment, les lois de la religion, dans l'espace public, ne peuvent prévaloir sur les lois de la République. Et de la même façon que cette laïcité protège celui qui croit, elle protège par exemple une femme qui s'installe à une terrasse de restaurant lorsqu'un tel ou un tel, au nom de sa religion, voudrait l'en éloigner." Bien qu'il n'ait pas été cité nommément, la phrase fait clairement référence au bar PMU de Sevran. La contre-enquête du Bondy Blog, elle, n'a pas été citée.

L'occasion de compter le silence de Pujadas depuis la contre-enquête du Bondy-Blog.

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12h18 @rrêt sur images

Macron : la "fausse paparazzade" de Paris-Match

Par
la rédaction le 21/03/2017

Emmanuel Macron, chouchou de Paris-Match. Sur notre plateau, Bruno Jeudy, rédacteur en chef de Paris-Match revient sur les Unes que son magazine a consacré à quatre reprises au fondateur d’En marche. La photo de Macron et sa femme en vacances sur la plage du Miramar, à Biarritz, que Match a mis à sa Une en août 2016 : "dans le métier, on appelle ça une fausse paparazzade", raconte Jeudy. Explication du journaliste de Match : "C’est à dire que les personnalités politiques ne posent pas et elles ne savent même pas où est le photographe", mais elles ont été prévenues qu’un photographe est dans les parages, le jour-dit à telle heure, pour prendre des clichés. "C’est ce qui est arrivé" avec Macron cette fois-là, explique Jeudy.

L’occasion de voir notre émission sur Macron avec Bruno Jeudy de Paris Match et Mathieu Magnaudeix de Mediapart : "Macron, ça booste les ventes"

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12h13 lu

Prix littéraire pour le directeur du Figaro littéraire : un jury entre amis

Par
la rédaction le 21/03/2017

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Une remise de prix entre amis ? Comme l'annonçait hier l'AFP, lundi 20 mars 2017, le prix littéraire Jean-Freustié, doté d'une somme de 20 000 euros, a été remis à Etienne de Montety, directeur du Figaro littéraire, pour son roman "L'Amant noir" (Gallimard). Le prix lui a été décerné à l'unanimité, moins deux voix, des huits membres du jury, comprenant Charles Dantzig, Jean-Claude Fasquelle, Annick Geille, Henri-Hugues Lejeune, Anthony Palou, Frédéric Vitoux, Anne Wiazemsky, et le président du jury, Eric Neuhoff.

Il faut dire que parmi ceux-là, Etienne de Montety n'était pas en terrain étranger.

Dans le jury, on trouve deux confrères du primé. Anthony Palou est chroniqueur au Figaro magazine. Eric Neuhoff, le président du jury, est quant à lui chroniqueur au Figaro littéraire - le service du primé ! Il a d'ailleurs salué le travail de son patron : "Drieu la Rochelle n'est pas loin. Les feux follets ne s'éteignent jamais", a-t-il déclaré en reférence au célèbre ouvrage de Drieu la Rochelle.

Quant aux quatre autres, deux d'entre eux ont vu leur oeuvre recevoir des articles élogieux de Montety dans les pages du Figaro. Charles Dantzig, par exemple, s'est vu gratifier d'une critique élogieuse de De Montety en novembre 2016, lors de l'entrée de l'auteur dans la collection "Bouquins" - celle "où l'on peut lire Hugo en une quinzaine de volumes, et Diderot en cinq". Dantzig "n'est plus un homme, c'est une bibliothèque où ces livres seraient ouverts, lus à vois haute et étudiés pour le commun que nous sommes", écrivait Montety à l'époque. "La littérature", concluait -il, a besoin de sa superbe intransigeance et de son étincelante leçon de goût."

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Etienne De Montety a également commis une critique en janvier 2016 de l'ouvrage de Frédéric Vitoux, autre membre du jury, dans Le Figaro Scope. Il décrivait Au Rendez vous des Mariniers comme une "promenade chaleureuse, insolite et fragmentée dans l'histoire littéraire de la première moitié du XXe siècle et dans l'Ile Saint-Louis, pour ne pas dire de la France tout court." Quatre membres du jury conquis sur huit, avec deux voix contre, on n'est pas loin du compte.

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16h03 suivi

PMU Sevran : Ardisson ne veut pas entendre parler du Bondy Blog

Par
Capucine Truong le 20/03/2017

Samedi 18 mars, Thierry Ardisson recevait l'humoriste Yassine Belattar pour débattre de la question : "Peut-on critiquer l'islam ?". Au cours de cette discussion, Ardisson a invoqué le café de Sevran interdit aux femmes, montré dans un reportage de France 2 diffusé en décembre 2016. Belattar a alors cité la contre-enquête du Bondy Blog, mais Ardisson ne voulait pas en entendre parler, au motif que Mehdi Meklat y avait écrit.

Peut-on critiquer une enquête de France 2 quand on s'appelle le Bondy Blog ? Ce n'était hélas pas le thème du "Match des idées" du samedi 18 mars 2017, sur le plateau de Salut les Terriens. Ce "match" opposait l'humoriste Yassine Belattar à l'animateur Thierry Ardisson, sur un tout autre thème : "Peut-on critiquer l’islam?". Sur Twitter, Belattar avait accusé Ardisson de "faire de l'audience en caressant le FN" dans son émission du 11 mars consacrée à l'islamisme. Ardisson l'a donc invité à poursuivre le match sur son plateau. Au cours du débat, Ardisson s'écrie soudainement : "Y’a les cafés, les cafés !" De quels cafés parle-t-il ? "Le café, par exemple" explique-t-il dans une tirade un peu confuse : "Quand on dit y'a pas de femmes dans les cafés, et le mec dit, bah oui au bled y’a pas des femmes dans les cafés." Avant de conclure : "Bah ici on est pas au bled. On est en France."

A quoi Ardisson fait-il référence ? Au reportage en caméra caché dans un café-bar-PMU de Sevran, diffusé le 7 décembre dernier au 20 heures de France 2, dans lequel deux femmes se voyaient refuser l'entrée dans un établissement soit-disant non-mixte. Après sa diffusion, ce reportage a largement infusé dans le débat politique, à gauche comme à l'extrême droite. Depuis, le Bondy Blog est allé contre-enquêter, et a constaté que l'établissement avait "une clientèle féminine et fidèle, dont certains viennent tous les jours".

Sur le plateau de Salut les Terriens, Bellatar fait référence à cette contre-enquête pour répondre à Ardisson : "Le café ? On est allés au point de faire une contre-enquête faite par le Bondy Blog sur ce café." Réaction immédiate de l'animateur : "Ne me parlez pas du Bondy Blog, parce que je vais vous parler de Mehdi Meklat, qui est encensé par la gauche islamo-gauchiste."

Meklat ? Un temps chroniqueur pour le Bondy Blog, puis pour France Inter, cet écrivain/réalisateur publiait sous un nom d’emprunt des tweets à caractère homophobe et antisémite, comme nous l'expliquions dans notre enquête. Le Bondy Blog s'était désolidarisé de son ancien chroniqueur dans un communiqué :

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L'occasion de revoir notre émission avec Yassine Belattar, et de compter le silence de Pujadas depuis la contre-enquête du Bondy-Blog.

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15h21 @rrêt sur images

Macron/Fillon : le "gros dilemme" de Paris Match

Par
la rédaction le 19/03/2017

C’est un choix éditorial qui saute aux yeux. Alors que François Fillon venait de créer la surprise au premier tour de la primaire, Paris-Match décide de faire, à nouveau, sa Une sur Emmanuel Macron et sa femme. Fillon, lui, aura droit à un encart. Paris-Match, qui a multiplié les couvertures sur le fondateur d’En Marche, a-t-il choisi son candidat ? Sur notre plateau, le rédacteur en chef de l’hebdo, Bruno Jeudy, revient sur cette couverture et évoque un "gros dilemme". Il explique : "A l’époque, on se dit, on va faire le deuxième tour avec Fillon en couverture, on est en négociation pour faire une photo soit avec sa femme, soit avec ses enfants." Et puis, non. "On en a beaucoup discuté, et puis les photos de Macron sont pas mal réussies".

L’occasion de voir notre émission sur Macron avec Bruno Jeudy de Paris Match et Mathieu Magnaudeix de Mediapart: "Macron, ça booste les ventes"

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18h16 flash

France 2 retire Madenian et VDB au montage de "VU"

Par
la rédaction le 18/03/2017

Mathieu Madenian et Thomas VDB persona non grata sur France 2 ? Lundi 13 mars les deux humoristes apprenaient la déprogrammation de leur nouvelle pastille humoristique initialement programmée après le JT de la chaîne publique. Une déprogrammation à la dernière minute (alors que 80 numéros de la pastille avaient déjà été commandés) que n’avait pas particulièrement apprécié les deux ex-chroniqueurs d’Actuality (France 2). Ils l’avaient fait savoir à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, en l’interpellant sur Twitter. La réponse cinglante de celle-ci, en moins de 140 caractères ne s’est pas fait attendre: "Je vous dois la vérité vous ne me faites pas rire".

Fidèle à ses clins d’œil malicieux, Patrick Menais, ex-réalisateur du Zapping de Canal+ désormais aux manettes de Vu, déclinaison du "Zapping" sur France 2, ne s’est pas privé de faire référence à l’incident. Jeudi 16 mars, Vu a glissé dans sa pastille deux séquences de l’émission Quotidien (TMC) de la veille dans lesquelles VDB et Madenian, invités de Yann Barthès ce soir-là, jouent sur le plateau l’une de leurs saynettes déprogrammées par France 2.

Ce numéro de Vu a été diffusé une première fois jeudi à 16h45, puis une seconde fois, comme chaque jour après le journal de 20h. Sauf que lors de sa diffusion à 20h35, la pastille Vu a été diffusée dans une version plus courte (4 minutes 20 au lieu de 6 minutes). Surtout : sans les deux extraits du passage des humoristes sur TMC.

"Plus surprenant encore",note Ozap, "contrairement à ce que fait la chaîne chaque jour", ce jeudi le numéro de Vu n'a pas été publié sur les réseaux sociaux. Il a fallu attendre vendredi matin pour retrouver le replay de Vu sur Twitter et Facebook, mais dans sa version courte, là encore sans les séquences avec les deux humoristes. Idem sur Pluzz, la plateforme de replay de France télé.

France 2 a-t-elle sciemment décidé d’expurger Vu des séquences des deux trublions ? France Télévisions s’en défend catégoriquement. "Le groupe audiovisuel explique que la version diffusée à 20h35 est toujours raccourcie par rapport à celle diffusée à 16h35. La présence du sketch de Thomas VDB et Mathieu Madénian parmi les séquences coupées au montage serait purement fortuite selon le groupe", explique Ozap. Quant à l’absence de la version intégrale de Vu sur les réseaux sociaux et Pluzz, le groupe France Télés évoque "un bug technique". Questionné par Ozap, "France 2 ajoute aussi avoir choisi de publier la version courte de "Vu" en attendant la résolution du problème". Vendredi vers 15h, la version intégrale a finalement été publiée sur la page Facebook de l’émission. Mais, toujours pas sur Twitter ni sur Pluzz.

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17h56 grrr !

Le Figaro, Le Point et la fake news du manuscrit de Jules Verne

Par
Manuel Vicuña le 18/03/2017

Le Point présente l’info comme "exclusive". Un véritable scoop littéraire. "On a retrouvé le manuscrit du Tour du Monde en 80 jours", titre ainsi l'hebdo. "On le croyait perdu", mais le chef d’oeuvre de Jules Verne "sort enfin de l’ombre", peut-on lire dans cet article signé du directeur adjoint de la rédaction du Point, Jérôme Béglé.


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Le 14 mars, Le Figaro, lui aussi, y allait de son article sur "l’incroyable destin" de ce manuscrit. Le quotidien y interviewe Jessica Nelson, la cofondatrice des éditions des Saints Pères, qui lance ces jours-ci un coffret "édition limitée" contenant le fac-similé du manuscrit jusqu’ici "disparu". Une interview dans laquelle Nelson (également chroniqueuse de l'émission littéraire de TF1 Au Fil des mots) explique comment sa boîte d’édition a miraculeusement retrouvé la trace du manuscrit perdu. Comment ? En fouillant, dans les recoins de la Bibliothèque nationale de France (BnF). C'est là, dans un mystérieux dossier, que la main tremblante, les éditeurs exhument le trésor oublié. "Nous avons eu la grande surprise de trouver un bloc de feuilles manuscrites. Sur l'une d'entre elles, le nom Phileas Fogg est inscrit. Nous étions très excités… Et nous avions du mal à y croire…", explique l’éditrice au Figaro.

L’histoire est belle, sauf que voilà… le manuscrit du Tour du Monde en 80 jours n’a en réalité jamais été perdu. Loin de là, comme l’a pointé dès le 14 mars sur Twitter, Charles-Éloi Vial, conservateur des manuscrits de la BnF.

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En effet, comme l’a fait savoir, à son tour, la BnF, le manuscrit "perdu", figure à son catalogue numérique, en accès libre sur internet, depuis… 2012. Il est téléchargeable ici par tout un chacun depuis chez soi.


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"Mauvais romantisme à la Indiana Jones"

Le 16 mars, l’historien et conservateur à la BnF, Rémi Mathis lève lui aussi le voile, sur son blog, sur ce qu’il qualifie tout simplement de "fake news". Le manuscrit, sommeillait-il dans un recoin oublié de la BnF, à l’insu des bibliothécaires ? "Pas du tout, il est tout bêtement conservé dans les papiers du célèbre éditeur de Jules Verne, Pierre-Jules Hetzel. Dans le dossier sur l’auteur", explique le conservateur qui rappelle que le manuscrit dispose de surcroit d’une notice "tout à fait claire" dans le catalogue de la BnF, et qu’il est régulièrement cité dans les études sur Jules Verne.

Alors pourquoi Le Point et Le Figaro reprennent-ils l’info de la "fabuleuse découverte" ? Pas de doute pour le conservateur : "Il a visiblement été jugé plus sexy de raconter la recherche semée d’embûches d’un manuscrit disparu et retiré d’entre les griffes du temps, afin de redonner à la Littérature un chef d’oeuvre que l’on croyait disparu que de dire : «Ben, c’est un livre hyper connu, j’ai cherché dans Google où était le manuscrit, vu qu’il était déjà numérisé, et commandé des photos pour proposer une version sur papier»", déplore le conservateur, agacé contre ces articles du Point et du Figaro qui "visent uniquement à annoncer la publication d’un livre". Une pratique qu’il assimile à du publi-reportage, "sans aucune volonté de regard critique". Reste selon lui une question : "A-t-on besoin de ce mauvais romantisme à la Indiana Jones pour vendre un livre ?"

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19h42 vidéo

CNews/Grasse : "Vous n'étiez pas présent au moment de la fusillade"

Par
Juliette Gramaglia le 16/03/2017

A la recherche des témoins qui ne savent pas. Après les coups de feu tirés dans un lycée de Grasse (Alpes-Maritimes) ce jeudi 16 mars en milieu de journée, et qui ont fait d'après les derniers rapports huit blessés, dont quatre par des plombs, BFTMV et CNews sont partis à la recherche des témoins de l'attaque qui savaient quelque chose. Sans toujours réussir à trouver leur bonheur. Petit florilège de ceux qui ne "savent pas", ou "n'étaient pas là".


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19h41 lu

Un reportage de France Culture censuré par la justice (Mediapart)

Par
Manuel Vicuña le 16/03/2017

Dans les tribunaux français, la justice s’administre loin des caméras et des micros. A titre exceptionnel, pour une série de reportages au long cours, France Culture avait obtenu l’autorisation d’enregistrer les audiences du tribunal de Marseille. "Mais lors d'un procès en comparution immédiate, les magistrats ont tellement dérapé, dans l'expression et dans la sanction, que le tribunal a pris peur et rompu l'accord", explique Mediapart dans une enquête publiée ce jeudi qui évoque un cas de censure.


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La journaliste de la radio publique Pascale Pascariello avait en effet obtenu le feu vert exceptionnel de la justice pour enregistrer pendant plusieurs mois le tout venant des petits procès qui font le quotidien du tribunal. C'est ainsi que le 10 février, elle suit et enregistre le procès d’ "Ahmed", 18 ans, jugé en comparution immédiate pour avoir volé des téléphones portables à de jeunes collégiennes. À chaque fois, il a violenté les victimes et provoqué des interruptions temporaires de travail inférieures à huit jours. "Pendant les 48 minutes que dure le procès, tout interpelle, depuis la première phrase jusqu’au prononcé du jugement, que nombre de magistrats marseillais jugent d’une sévérité injustifiable. Et injustifiée", explique Mediapart qui a récupéré l’enregistrement intégral "grâce à des magistrats et avocats effarés" par la tournure prise par l'audience. Mediapart en publie des extraits.

Ce qui interpelle, c’est d’abord l’attitude de la présidente, qui apostrophe le prévenu d’un: "C’est honteux, monsieur. Il n’y a même pas de mots. On ne sait même pas comment est-ce[sic]qu’on arrive encore à vous regarder comme un être humain." C’est ensuite la procureure qui poursuit sur le même ton: "Vous êtes odieux et en plus, vous faites semblant de vous excuser.[...]Vous serez peut-être engagé d’ici quatre ans, cinq ans, six ans, dans une émission de télé-réalité où vous viendrez nous expliquer le bonheur que vous avez eu à agresser des gamines. Mais enfin, dans quelle société vit-on ?" Au bout du compte, le tribunal condamne le jeune homme, au casier judiciaire vierge et traité pour troubles psychiatriques, à cinq ans de prison, dont quatre ans et demi ferme, avec mandat de dépôt.

"un miroir a été tendu à la justice. Elle a préféré le casser."

Après ce procès dont des extraits ont été diffusés le 20 février dans l’émission Les Pieds sur terre, le tribunal a soudain décidé de retirer à France Culture son autorisation d'enregistrer. Motif invoqué : le reportage de la journaliste serait biaisé, non contextualisé. C’est pourtant le concept même de l’émission de France Culture que de donner à entendre des extraits sonores exempts de commentaire. Sans compter, précise Mediapart, "que la présidente de l’audience, Delphine Belmontet, avait elle-même écouté le reportage avant sa diffusion et qu’elle n’avait rien trouvé à y redire".

Alors pourquoi cette volte-face du tribunal ? Parce que cette audience de comparution immédiate est "un condensé de ce qui se fait de pire en matière de justice d’urgence", une justice "inhumaine, brutale, déloyale" pointe Mediapart. Le site constate qu’"un miroir a été tendu à la justice. Elle a préféré le casser." Syndicat de la magistrature, juges et avocats abondent. Tel ce magistrat "très respecté au sein du tribunal" de Marseille, interrogé par Mediapart et qui s’étrangle : "Quand la présidente du tribunal dit qu’on ne peut plus regarder ce jeune homme comme un être humain, c’est inqualifiable. Que dirait dans ce cas un président d’assises devant un crime ou même le président d’un tribunal correctionnel devant des faits autrement plus graves?" Ce même magistrat n’en revient pas : "Cette audience est effrayante tellement elle est conduite de façon peu professionnelle. C’est “collector”. Un juge d’instruction qui tiendrait des propos de ce genre dans son cabinet, ça ne tiendrait pas deux minutes."

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21h14 vous n'êtes pas obligés

Un film distribué par le groupe Canal en promo dans CNews Matin

Par
la rédaction le 15/03/2017

Le groupe Bolloré, jamais mieux servi que par soi-même. CNews Matin, dans son édition du 15 mars, redouble de superlatifs pour décrire le dernier film du réalisateur américain James Gray, inspiré par la vie de l'explorateur Percy Harrison Fawcet. Sans préciser que le film est distribué par Studio Canal, filiale du groupe Canal+, propriété du Groupe Vivendi de Vincent Bolloré, qui possède aussi CNews Matin.


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"Un film d'aventure aussi grand que bouleversant". "Cette quête de l'enfer amazonien n'a pas à rougir à passer après les oeuvres cultes de Werner Herzog". "La photographie et la lumière sont tout simplement magnifiques". Le scénario est "captivant", les acteurs "formidablement dirigés" : pour promouvoir un film distribué par son patron, le quotidien de Bolloré a montré qu'il maîtrisait bien l'hyperbole.

Ce n'est pas la première fois que le quotidien fait la promo des mille talents du groupe. Il avait notamment mis en avant le présentateur Pascal Praud, la dernière version du Grand Journal, et même les oeuvres de l'abbé Grimaud, le curé préféré de Vincent Bolloré.

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19h12 suivi

Luxleaks : peines allégées... ou scandaleuses ?

Par
Anne-Sophie Jacques le 15/03/2017

Des peines allégées… mais des peines quand même. Ce 15 mars, à l’annonce du jugement du procès Luxleaks des deux lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet et du journaliste Edouard Perrin, la dépêche AFP reprise par Le Monde, L’Est Républicain ou encore Challenges a choisi de titrer sur les peines allégées en appel.

Luxleaks

En effet, à l’issue du procès en première instance qui s’est tenu en mai 2016 au tribunal correctionnel du Luxembourg, les deux anciens employés du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC) accusés d'avoir fait fuiter des milliers de pages dévoilant les pratiques fiscales de multinationales établies au Luxembourg, ont été condamnés pour violation du secret des affaires : 12 mois de prison avec sursis et 1 500 euros d'amende pour Deltour, et 9 mois avec sursis et 1 100 euros d'amende pour Halet. Perrin, le journaliste et auteur de deux Cash investigation sur l’affaire Luxleaks, a lui été acquitté. Les deux lanceurs d’alerte ont alors fait appel de cette décision… tout comme le procureur du Grand-Duché, avec pour conséquence un second procès pour le journaliste comme nous le racontions ici.

Résultat aujourd’hui : Deltour a été condamné à 6 mois de prison avec sursis (soit une peine divisée par deux) et à 1 500 euros d’amende et Halet à 1 000 euros d’amende (exit la prison avec sursis). Le journaliste Perrin a été de nouveau relaxé.À en croire le communiqué de presse de la cour du Grand-Duché, relayé sur Twitter par le journaliste luxembourgeois Pierre Sorlut, Perrin "s’est vu reconnaître la clause justificative du «journaliste responsable»". Quant aux deux ex-employés de PwC : Deltour a bénéficié de la clause justificative de "lanceur d’alerte". Mais pas Halet.

"décision inique"

Ce titre de l’AFP sur les peines allégées tranche avec les réactions des soutiens des lanceurs d’alerte qui dénoncent une décision inique. Dans son communiqué de presse, la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires – qui compte notamment les ONG CCFD-Terre solidaire, Oxfam ou les Amis de la terre – se dit "scandalisée par cette décision. [...] Plutôt que d’être condamnés, Antoine Deltour et Raphaël Halet devraient avant tout être remerciés pour leurs actions. Il demeure inacceptable que des citoyens qui défendent l’intérêt général soient punis, tandis que des multinationales, aidées par des cabinets d’audit comme PwC, continuent à contourner massivement l’impôt, sans jamais être inquiétées. La donne doit être inversée."

Pourquoi inique ? Comme nous l’expliquions dans cet article, la loi Sapin 2 (adoptée en France l’an passé) censée protéger les lanceurs d'alerte n'a été d'aucun secours pour Deltour et Halet puisque l'optimisation fiscale n'est pas pénalement répréhensible. Même topo à l’échelle européenne : le projet de directive sur le secret des affaires estime que seuls les citoyens ayant révélé une faute professionnelle ou une activité illégale doivent être protégés. Pourtant, comme le signale Paul Moreira, journaliste et réalisateur de la société Premières lignes qui produit les Cash investigations, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a déclaré lundi dernier, deux jours avant le jugement en appel, que c’était "une bonne chose" que les lanceurs d’alerte aient averti les autorités. Une bonne chose… sanctionnée.

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16h29 suivi

Fillon, Lacharrière : échanges de bons procédés (Le Monde)

Par
la rédaction le 15/03/2017

Retour de flammes pour la Revue des deux Mondes ? Pris dans la nasse du Penelope Gate, l’antique revue qui a grassement rémunéré l'épouse de François Fillon pour un emploi dont la réalité semble se dérober, a bien tenté d'ouvrir un contre-feu médiatique, comme nous l'expliqions hier. Ainsi, dans son numéro d’avril, en kiosque mardi, la directrice de la revue Valérie Toranian et son compagnon, l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert se sont fendus de deux tribunes incendiaires. Objectif : dénoncer les "calomnies" du Monde et de ces récents articles (ici et ici) sur "la tourmente" que traverse la Revue des deux Mondes aux prises avec les soupçons d’emploi fictif de Penelope Fillon.

Mais si le tandem Toranian-Giesbert n’a pas apprécié que Le Monde s’interroge sur l’indépendance politique et le virage à droite pris par la revue depuis leur reprise en main, les snipers Toranian-Giesbert ne devraient pas davantage goûter l’enquête que Le Monde consacre ce mercredi au patron de la Revue des deux Mondes, l’ami de Fillon et milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière.


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Ce long article se penche sur cette "figure incontournable du capitalisme français", propriétaire depuis 1991 de la revue, PDG de la holding Fimalac et proche de François Fillon. Une relation amicale tissée d'échanges de bons procédés. Comme le Canard enchaîné l’indiquait déjà le 8 mars, Lacharrière a en effet prêté à son ami Fillon quelque 50 000 euros en 2013, sans exiger d’intérêts. "Une somme remboursée depuis, a indiqué son avocat. Le bienfaiteur avait aussi mis à la disposition de l’élu son jet privé", souligne Le Monde qui rappelle par ailleurs que la holding de Lacharrière s’était également adjoint les services de la société de conseil personnelle de Fillon, F2C.

Dans cet article intitulé "Marc Ladreit de Lacharrière, l'ami public n°1", Le Monde revient longuement sur le parcours du patron de la Revue, ses années passées aux conseils d’administration des plus grands groupes (Renault, L’Oréal), son rôle d’"homme de confiance" de la famille Bettencourt, la constitution de son empire Fimalac, mais aussi sur son acquisition de l’agence de notation Fitch puis de la société d'enquêtes d'opinion, Sofres. Autant de leviers d’influence. "Jamais un dirigeant du privé n’a autant excellé dans l’art de réseauter", explique Le Monde.

L'ami adoubé par fillon

Concernant les liens entre Fillon et Lacharrière justement, Le Monde rappelle - comme il l’avait déjà révélé le 6 février - que les enquêteurs s'interrogent aussi sur l'élévation en 2010 de Ladreit de Lacharrière au grade de grand-croix de la Légion d'honneur. La règle veut que ce soit le Premier ministre qui défende auprès du président de la République le nom des heureux promus. "C’est donc, comme la règle l’exige, sur le «rapport» de François Fillon que Nicolas Sarkozy a signé le décret du 31 décembre 2010, qui distingue Marc Ladreit de Lacharrière", raconte Le Monde qui s’étonne cependant : "s’il est une chose qui intrigue, c’est la rapidité avec laquelle le chef d’entreprise a gravi les marches de l’ordre : il s’est élevé de chevalier à grand-croix en vingt-quatre ans."

Pour comparaison, Le Monde rappelle que rares sont ceux qui ont reçu si vite tant d'honneurs. Exemple : L’ancien "patron des patrons", Yvon Gattaz, aura dû patienter trente-huit ans. Quant à la résistante et déportée Geneviève de Gaulle-Anthonioz ? Elle a attendu cinq décennies avant de devenir première femme grand-croix en 1997. De plus, explique Le Monde, "François Fillon aura adoubé son futur client [Ladreit de Lacharrière] deux fois, en le faisant officier en 1994, alors qu’il était ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement Balladur, puis grand-croix en 2010". Une distinction que Fillon lui remettra d’ailleurs lui-même par délégation du président de la République cette année-là, "ce qui est autorisé, mais plutôt rare", notent les journalistes. "Que de changements dans sa vie depuis le 25 janvier [date des premières révélations du Canard]… Désormais, certains patrons du CAC40, qui enviaient son succès et jalousaient son entregent, ricanent", rapporte Le Monde qui ajoute : "Peut-être l’homme, trente-deuxième fortune de France avec 2,25 milliards d’euros de patrimoine, selon le classement 2016 de Challenges, a-t-il clamé trop haut et trop fort, et depuis toujours, qu’il ne devait rien à personne?"

L'occasion de lire notre article : "Revue des deux Mondes contre Le Monde : massacre dans la presse"

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16h25 suivi

Tensions Allemagne-Turquie : Bild s'attaque à Erdogan

Par
Juliette Gramaglia le 15/03/2017

Pas de réchauffement en vue entre la Turquie et l'Allemagne. Le tabloïd allemand Bild s'en prend en Une ce mercredi 15 mars au président turc Recep Tayyip Erdogan, le déclarant"indésirable" outre-Rhin. Les tensions médiatiques et diplomatiques persistent entre les deux pays après l'arrestation d'un journaliste turco-allemand en Turquie le mois dernier.

Voilà qui ne va pas calmer les tensions germano-turques. Le tabloïd allemand Bild, quotidien le plus lu outre-Rhin, s'en prend directement au président turc Recep Tayyip Erdogan dans son édition du mercredi 15 mars. "Bild dit la vérité en face à Erdogan. Vous n'êtes pas un démocrate ! Vous faites du tort à votre pays ! On ne veut pas de vous ici !", peut-on lire à la Une. Une attaque qui intervient dans un contexte de fortes tensions entre la Turquie et plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, notamment après l'arrestation d'un journaliste turco-allemand en février dernier.

Bild Une Erdogan

Une de Bild,
15 mars 2017

Bild accompagne sa Une d'un édito de sa rédactrice en chef Tanit Koch, accessible également sur le site de journal. Elle y explique que la Turquie est devenue un "État injuste", et condamne les arrestations arbitraires de journalistes. "Nous ne pouvons pas tolérer qu'Erdogan importe sa crise chez nous. Celui qui parle et agit [comme il le fait], n'a rien à faire en Allemagne. Erdogan est indésirable", assène-t-elle.

Outre le court édito au vitriol, le quotidien allemand publie un portrait d'Erdogan, disponible exceptionnellement en allemand et en anglais sur le site, retraçant la jeunesse du président turc, le "petit homme du Bosphore". Erdogan est décrit comme un homme n'ayant "pas d'ami", qui "ne fait confiance qu'à son clan (famille, conseillers, services secrets)" et qui vit dans "la paranoïa du putsch".

En conclusion du portrait, les deux auteurs l'assurent : "Erdogan n'a plus qu'un seul but : SON empire ottoman. SA super-puissance au Proche-Orient. LUI à sa tête, comme patron protecteur de tous les musulmans. Erdogan dans sa propre Erdo-manie". Un mot qui fait référence à une chanson parodique qui critiquait les répressions du régime turc contre la liberté d'expression et de la presse – et qui inspira le poème injurieux contre le président Erdogan de l'humoriste Jan Böhmermann.

Portrait Erdogan Bild

"Un jeune du port maritime, un espoir, un dirigeant. Comment Recep TAyyip Erdogan est devenu ce qu'il est.
Le petit homme du Bosphore", Bild, 15 mars 2017

Tensions Germano-Turques après l'arrestation d'un journaliste

Cette Une et ces articles particulièrement virulents ont été publiés alors que les appels à la libération du journaliste turco-allemand Deniz Yücel, emprisonné à la mi-février en Turquie, se multiplient. Le correspondant du quotidien conservateur Die Welt (qui appartient au même groupe de presse que Bild, Axel Springer), est accusé de "propagande pour une organisation terroriste", et "d'incitation à la révolte populaire". Il était, comme @si le racontait, dans le viseur des autorités turques depuis près d'un an pour avoir critiqué l'emprisonnement de journalistes en Turquie.

Et les tensions ne semblent pas prêtes de s'arrêter. Mercredi matin, de très nombreux comptes Twitter en France, en Allemagne, ou encore au Royaume-Uni ont été piratés au travers de l'application Twitter Counter, qui gère les statistiques d'un compte Twitter. Pendant plusieurs minutes, le drapeau turc a remplacé les photos de profil, et le tweet "Allemagne nazie et Pays-Bas nazie. Une petite gifle ottomane pour vous. On se reverra le 16 avril [date du référendum, ndlr]" est apparu sur les nombreux comptes, assorti d'une croix gammée. Parmi les nombreux comptes touchés, notamment plusieurs médias – dont le quotidien Die Welt, pour lequel travaillait le journaliste emprisonné.

Die Welt pirate Turquie

Capture d'écran du tweet publié sur le compte piraté de Die Welt

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18h11 Hors Série

L'égo tue-t-il le "faire ensemble" ? (Jérôme Baschet, Hors-Série)

Par
la rédaction le 14/03/2017

Trop d’égo pour qu’émerge le post-capitalisme ? Cette semaine, dans Hors-Série, Manuel Cervera-Marzal reçoit l’historien Jérôme Baschet qui, dans son livre Adieux au capitalisme (La Découverte), s’inspire de l’expérience des zapatistes au Mexique, dans la région du Chiapas, pour esquisser les formes concrètes que pourrait prendre une société post-capitaliste. AMAP, circuits courts, coopératives, entreprises autogérées... aujourd’hui, toutes les pièces du puzzle sont à portée de main, il suffit de les rassembler. Pour autant, nuance l’historien, "même au sein d’une mouvance critique à l’égard du capitalisme, la difficulté à faire ensemble quand on n’a pas absolument les mêmes opinions est vraiment très difficile car on survalorise ce qui nous semble constitutif de notre propre opinion". Un trop d'égo à dépasser donc ?

Pour regarder en intégralité l’émission, c’est ici : L'expérience zapatiste

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19h08 @rrêt sur images

Le front républicain, cette arnaque (Rama Yade)

Par
la rédaction le 13/03/2017

Les acteurs du système politique jouent-ils avec Marine Le Pen ? C’est ce qu’affirme la candidate à l’élection présidentielle Rama Yade invitée sur notre plateau consacré à l’abstention. Pour l’ancienne secrétaire d’Etat sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ancienne responsable de l’UMP et du Parti radical et aujourd'hui à la tête de son parti La France qui ose, les candidats en lice espèrent arriver en deuxième position face à la présidente du Front national pour garantir leur victoire sans faire le moindre effort, portés par le fameux front républicain. Un petit jeu qui dure depuis quinze ans, soupire Yade. Mais pour encore combien de temps ?

>> Et pour prolonger, regardez donc notre émission "On nous oblige à sauver la République" avec Rama Yade, le sociologue Nicolas Framont et l'auteur du livre No vote, manifeste pour l’abstention, Antoine Buéno.

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