Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

14h39 ça reste à vérifier

Moody's va-t-elle dégrader la note de la France ? L'Opinion maintient

Par
Robin Andraca le 18/09/2014

L'agence de notation Moody's va-t-elle, oui ou non, abaisser la note de la France demain de Aa1 à Aa2 ? L'Opinion pense que oui mais le gouvernement dément.

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Publié ce matin à 11h24, le titre de l'article du journal de Nicolas Beytout, L'Opinion ne fait aucun doute : Moody's a informé ce matin le gouvernement de la dégradation de la France. Un mail de l'agence de notation serait même déjà arrivé dans les cabinets ministériels (le gouvernement est normalement informé 24h avant). L'information est reprise (au conditionnel) par les Echos, Le Figaro, La Tribune, Atlantico.


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A 12h12, le gouvenement, par l'intermédiaire du ministère des Finances, dément l'information de L'Opinion, affirmant ne pas avoir reçu de mail l'informant de l'abaissement de la note souveraine de la France. Là aussi, l'information est reprise par L'Express, FranceTV Info et RTL.

Joint par @si, Raphaël Legendre, le journaliste auteur du "scoop" maintient ses informations, affirmant que l'abaissement de la note sera rendue public demain. Qui bluffe? Réponse demain.

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14h09 lu

Equateur/Correa : loi controversée sur les médias validée

Par
la rédaction le 18/09/2014

La loi de régulation du secteur des médias de Rafael Correa, président de l’Équateur, ne sera pas invalidée. La Cour constitutionnelle du pays a rejeté les derniers recours déposés contre ce texte controversé promulgué en 2013, rapporte LeMonde.fr.

Cette loi a élargi la possibilité pour les autorités de sanctionner des titres de presse pour des contenus jugés "discriminatoires ou offensants". Elle contient également un volet qui interdit aux groupes financiers de posséder des groupes de presse, approuvé par référendum, et un autre prévoyant la "déconcentration des médias" au profit des secteurs publics et communautaire, et au détriment du privé.

Correa

Depuis son élection en 2007, Correa mène un combat contre les "grands groupes financiers" qui contrôlaient selon lui "60 à 70 % des chaînes de télévision" et constituaient le "principal bloc d'opposition". Et c'est le journal conservateur, El Universo, l'un des plus tirés du pays, qui se retrouve le plus souvent dans le viseur de Correa. En 2011, le journal avait été condamné à 40 millions de dollars d'amende et un de ses journalistes, Emilio Palacio (qui vit depuis en exil aux États-Unis), à trois ans de prison pour avoir présenté le président comme un dictateur.

Une fois la loi sur la communication promulguée, Correa a de nouveau attaqué El Universo fin 2013, pour un dessin cette fois. Selon le président, la caricature, où l'on voit des officiers de police embarquer télévisions et ordinateurs d'un opposant à Correa accusé de corruption, et sa légende, discréditaient "la fonction de la justice et de la police". La Surintendance de la communication et de l'information (équivalent d'un CSA aux pouvoirs élargis), avait alors pris une mesure administrative inédite en condamnant le journal à "rectifier le dessin", et à payer une amende équivalant à 2% des recettes du journal pour le dernier trimestre. Rectification dont le dessinateur s'est acquitté avec ironie.


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Le dessin qui a valu à Bonil et son journal la condamnation. "La police et le fisc perquisitionne Fernando Villavicencio et emporte les documents dénonçant la corruption"


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Le "rectificatif" du dessinateur Bonil présente (ironiquement) la police sous un meilleur jour. Elle perquisitionne toujours un assistant parlementaire d'opposition, Fernando Villavicencio, mais cette fois de façon particulièrement polie... "La police et le fisc perquisitionne Fernando Villavicencio et emporte ses tablettes, ordinateurs, téléphones..."

"Une volonté de censure déguisée"

Face aux poursuites judiciaires, l'opposition et des ONG locales ou internationales expriment régulièrement leurs craintes d'une "volonté de censure déguisée". L'ex-vice président de centre-gauche du pays, Leon Roldos, parle même "d'autoritarisme" et compare certaines méthodes du gouvernement en place à celles d'un "gouvernement totalitaire, quasi-fasciste".

RSF2

Hier, mercredi 17 septembre, deux manifestations se sont tenues à Quito, capitale du pays, l'une en soutien au président et l'autre en opposition, dans un climat tendu (huit policier ont été blessés). Ses partisans mettent notamment en avant le renforcement du droit du travail, les positions fermes de Correa face aux compagnies pétrolières ou la gratuité partielle des soins qu'il a mis en place. En face, selon Le Monde, "centrales ouvrières, groupes autochtones, médecins ou encore étudiants se mobilisaient contre les politiques gouvernementales, et notamment un amendement constitutionnel qui permet à Rafael Correa de se représenter indéfiniment à la présidence [la constitution ne lui permettant pas, en l'état, de se présenter une quatrième fois en 2017]".

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13h28 vous n'êtes pas obligés

Chazal / Match : cette année, les boots sans lacets !

Par
la rédaction le 18/09/2014

Claire Chazal fait (encore !) la couverture de Paris Match cette semaine. La présentatrice vedette du JT de TF1 est le marronnier préféré de Paris Match. Et les couvertures de Paris Match avec Claire Chazal sont le marronnier préféré d'@si. La boucle est bouclée.

Cette semaine, la blonde quinquagénaire (elle aura 58 ans le 1er décembre) s'affiche rock'n roll : boots destroy avec des trous pour les lacets mais sans lacets (l'histoire ne dit pas si elle les a achetées comme ça ou si elle les a retirés pour l'occasion), ceinturon en cuir, jean et petit pull décontract'. Et ce titre, qui barre la page de l'hebdomadaire : "Claire Chazal : la battante".

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Pour Paris Match Claire Chazal est une égérie intemporelle, qui traverse les époques et dont le brushing n'a pas changé depuis 1991, date à partir de laquelle elle a commencé à présenter le JT. La journaliste aime la rédaction et la rédaction le lui rend bien. La preuve en images.

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En juillet 2012, Chazal "reine et sereine"

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En septembre 2011, "plus légère et plus belle"

 

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En août 2010, "libre et épanouie"

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En août 2007, "plein soleil sur [son] bonheur"

 

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En janvier 2012, "la rebelle discrète"

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En octobre 2008, "la force tranquille"

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En novembre 2007, "à l'école du cœur"

Automne, hiver, printemps, été : Claire Chazal est indémodable, en témoignent les unes de Match. Seuls changent les décors et les accessoires : champ de lavande, piscine, plage, compagnon, fillettes cambodgiennes. Et pour la saison 2014, donc, boots sans lacets.

MAJ 15h : Merci à Paris Match de nous avoir indiqué une couverture manquante, celle d'août 2013, que nous nous empressons de rajouter à notre panel. "Claire Chazal : l'amitié, mon seul devoir de vacances" :

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Par Ludivine Bénard

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11h45 vu

Recette rapide pour réaliser une affiche à la Scarface

Par
Alain Korkos le 18/09/2014

Le noir-blanc-rouge est un trio coloré qui remonte à la plus haute Antiquité voire plus loin encore, puisqu'il recouvre certaines parois de grottes préhistoriques. De nos jours on continue de l'utiliser, l'un des plus récents exemples en date est la couverture d'un livre intitulé Éditocrates sous perfusion - les aides publiques pour la presse - trente ans de gabegie.

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La silhouette à écharpe rouge (ensanglantée) de cet ouvrage signé Sébastien Fontenelle (voir notre émission avec lui) rappelle Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express.

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Mais la couverture dans son ensemble est une citation de l'affiche du Scarface de Brian De Palma, sorti en 1983 :

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Il existe une autre version de l'affiche, moins célèbre, avec Michelle Pfeiffer :

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Cette mise en page a maintes fois été reprise, elle a notamment été utilisée pour la réédition en dévédé de Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg (1971), et allez hop, deux affiches avec Pacino pour le prix d'une :

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L'une des affiches de Reservoir Dogs de Quentin Tarantino (1992) fonctionne de la même manière :

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On voit bien le principe : dans un espace séparé verticalement en deux zones, l'une noire et l'autre blanche (ou l'inverse), on inscrit un ou deux personnages en noir et blanc peu contrastés et on n'oublie surtout pas la petite touche rouge.

Si on veut ruser, si on veut faire semblant de ne pas copier Scarface, alors on noie la frontière noir-blanc, comme sur l'affiche française d'American Gangster de Ridley Scott (2007). Sans oublier l'indispensable petite touche rouge :

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Voilà, maintenant vous savez comment confectionner la couverture de votre prochain bestessellère, de votre futur bloquebeustère. Pour ma part, je prépare un ouvrage fourmillant de révélations sur un célèbre magnat de la presse :

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L'occasion de llire ma chronique intitulée
Noir, rouge, blanc.

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09h16 le neuf-quinze

Impôt, illettrés : alors, heureux, les sans dents ?

Par
Daniel Schneidermann le 18/09/2014

"Je ne m'en excuserai jamais assez" : on n'en a pas fini avec le délicieux décomplexé Emmanuel Macron, ministre de l'Economie et des Gaffes. Après avoir, le matin, évoqué les salariées "pour beaucoup illettrées" de l'abattoir Gad, en Bretagne, et devant l'avalanche de réactions outrées, il est venu dans la journée se défoncer la coulpe à l'Assemblée. "Je ne m'en excuserai jamais assez" : mais de quel crime exactement ? Macron, à bien l'écouter, ne dit pas que son assertion était fausse. Il dit qu'elle était "maladroite". Autrement dit (traduction libre du matinaute) : "j'ai évidemment raison, mais puisqu'il faut s'excuser, dans ce pays, d'appeler les sans-dents par leur nom, alors voilà, prenez-les dans la figure, mes excuses". Combien de temps va-t-il tenir ?

La phrase de Macron ne sort pas de nulle part. Dans la journée, le site d'Europe 1, à l'origine en décembre dernier de l'estimation (non sourcée) de 20% d'illettrés chez Gad, réitérait son estimation, "de source syndicale" cette fois. De source syndicale toujours non précisée : nos propres sources syndicales chez Gad n'ont jamais entendu parler de cette estimation. Au printemps, insistait Le Lab (site appartenant à Europe 1), le ministre Michel Sapin et la sénatrice PS du Finistère Maryvonne Blondin avaient d'ailleurs avancé au Sénat des affirmations comparables. Aucun tollé à l'époque. Il est vrai que c'était dans le confortable huis-clos de fait d'un débat sur la formation professionnelle au Sénat. Il est vrai que ce n'était pas Macron. Comme quoi le potentiel explosif d'une information dépend étroitement du lieu, et du locuteur. Ce qu'on savait déjà.

Sapin

Michel Sapin, ministre du travail, chez Gad, le 23 novembre 2013. Les salariés l'avaient obligé à les rencontrer.

Propos faux ou propos maladroits ? Si c'est vrai, pourquoi ne pas le reconnaitre surtout, comme Macron, dans une phrase censée venir à la rescousse des salariés sans permis de conduire, refusant des réaffectations trop éloignées de leur domicile ? Question qui se subdivise en deux : est-il décent, est-il utile de le dire ? Au 20 Heures, France 2 était à la sortie des abattoirs, donnant la parole à des ouvrières outrées. "Nous au moins, on paie nos impôts" disait l'une, en une amicale salutation à l'ex-ministre (et toujours député) Thomas Thévenoud.

Les impôts, donc. Au même moment où Macron trébuchait sur les ouvrières des abattoirs, Valls annonçait la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu. Subrepticement, à la fin de la matinale de France Inter. Ah oui les gars, j'allais oublier de vous dire, on supprime la première tranche de l'impôt. Alors, heureux, les sans-dents ? Comment la mesure, apparemment annoncée sans qu'il en ait prévenu aucun de ses ministres, sera-t-elle financée ? Par une hausse de l'impôt des plus riches ? Oui. Non. Peut-être. On va voir. On va étudier. Ce qui est certain, c'est "qu'il n'y aura pas de perdant". Apparemment, et sans trop vouloir s'avancer, on peut constater que ce pouvoir a comme un problème avec le peuple.

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18h56 lu

France périphérique : Libé promeut (et dézingue) le livre de Guilluy

Par
Robin Andraca le 17/09/2014

Libération consacre 5 pages au dernier livre de Christophe Guilluy, La France périphérique. Dont plus de la moitié met en doute ouvertement les méthodes et les conclusions du géographe, qui avait déjà attiré notre attention lors de la dernière campagne présidentielle. Dans ce nouveau livre intitulé La France périphérique, le géographe dénonce le désintérêt croissant du Parti Socialiste pour une frange entière de la société, éloignée des centres urbains et tentée par l'extrême droite.


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"Bien sûr les thèses de Christophe Guilluy sont contestées par d’autres géographes ou par des sociologues spécialistes des mêmes sujets. Ce n’est pas parce qu’on est iconoclaste qu’on a toujours raison". Contestées, les thèses de Guilluy l'étaient déjà sur notre site en 2012 et le sont encore dans l'éditorial de Laurent Joffrin ce matin et dans les premières pages de Libé.

"Au final, le paradoxe du livre est de vouloir mettre en garde la gauche sur ses impensés, ses abandons coupables, tout en légitimant le discours identitaire d’une partie de la droite et de l’extrême droite : racisme anti-Blanc, peur de ne plus être majoritaire «chez soi», stigmatisation des élites mondialisées...". Parallèlement à la conclusion de son papier principal, le journal donne la parole à des chercheurs, sociologues, géographes. Leur point commun ? Tous réfutent les analyses du géographe.

Ainsi le chercheur en sciences sociales appliquées à l'urbain, Eric Charmes, considère que certaines des idées du géographe sont problématiques : "C’est tout le problème du positionnement politique de Guilluy qui semble pointer davantage les oppositions culturelles plutôt que celles qui peuvent exister dans un système économique de plus en plus inégalitaire. Déjà dans Fractures françaises, il faisait l’hypothèse d’une France minée par un «séparatisme culturel» avec, d’un côté, les minorités «visibles» qui concentrent l’attention dans les métropoles et, de l’autre, la France périphérique peuplée de ménages modestes blancs, ces «invisibles» dont on ne parle jamais et qui se sentent méprisés".

Enfin Violaine Girard et Jean Rivière, respectivement sociologue et géographe, en remettent une dernière couche en pointant deux carences du livre de Guilluy : le fait de s'appuyer sur "des catégories sociologiques et géographiques grossières" et de reposer sur une base empirique qui "semble faible". Les références citées par Guilluy (la démographe Michèle Tribalat, souvent citée par Marine Le Pen, un sondage Ifop pourValeurs actuelles affirmant que 67% des Français estiment que l’on en fait plus pour les immigrés que pour eux et un ouvrage d'Alain Finkielkrault) révèlent aussi, selon Girard et Rivière, un "prisme d'analyse particulier".

L'occasion de relire notre papier sur le précédent ouvrage de Christophe Guilluy : Fractures Françaises, la deuxième vie "d'un livre de gauche qui inspire la droite".

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15h33 suivi

Nemmouche : scoop du Monde contesté dans le Monde ?

Par
la rédaction le 17/09/2014

Fallait-il dévoiler que Mehdi Nemmouche, le tueur de Bruxelles, avait été le geôlier des ex-otages journalistes en Syrie ? Nous évoquions voici quelques jours ce scoop contesté du Monde. Ce mercredi, un autre ex-otage, Pierre Torres, s'exprime dans les colonnes du même Monde. Et reproche à mots couverts le scoop.

"J'ai commis l'erreur de collaborer avec les services de l'antiterrorisme français". L'ex-otage Pierre Torres s'exprime dans les colonnes du Monde, quelques jours après le scoop qui dévoilait que Mehdi Nemmouche, auteur du quadruple assassinat au Musée juif de Bruxelles le 24 mai, aurait été l'un des geôliers des otages en Syrie. Le quotidien expliquait que cette info était le fruit des éléments transmis, ces derniers mois, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à la section antiterroriste du parquet de Paris. Et notamment issus des témoignages des ex-otages journalistes, interrogés à leur libération par les services de renseignement. L'ex-otage Didier Françoisn avait alors qualifié ce scoop du Monde "d'irresponsable" et "dangereux", notamment pour les otages restés prisonniers en Syrie. (sept ou huit occidentaux, auxquels pourraient, selon des sources policières, s’ajouter six autres, récemment pris par les jihadistes, expliquait Libé). Nemmouche

Torres raconte comment il a été interrogé sitôt sa libération par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à propos de Nemmouche. "Parmi nos hôtes d'importance, Camille Hennetier, procureure, qui dirige le parquet antiterroriste. Elle nous promet qu'aucune instruction ne sera ouverte contre ce suspect, au sujet de notre enlèvement, tant qu'un danger pèsera sur les otages occidentaux. Elle attendra que la crise soit finie. Elle comprend la gravité de la situation. Elle nous rassure." raconte-t-il.

Mais malgré cette promesse, l'info a donc fuité. "Trois mois s'écoulent jusqu'à ce qu'une lecture audacieuse de l'actualité pousse on ne sait qui à décréter que le temps était venu de révéler le contenu de nos dépositions. Qu'il est facile d'être audacieux lorqu'on n'est pas en Syrie enfermé entre quatre murs!" dénonce-t-il.

Torres y voit une fuite organisée, dans un intérêt particulier. "Nos dépositions ont pu fuiter par n'importe quel bout de l'antiterrorisme français mais pas sans l'aval et l'intérêt de tous" (...). "Cela relève évidemment de l'opération de promotion. Promotion de quoi ? Nous ne le savons pas encore – promouvoir la nouvelle loi antiterroriste en discussion au Parlement, démontrer que « les services » servent à autre chose qu'à mettre en examen des adolescentes de 14 ans « pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » –, nous verrons bien. Ce qui est certain, c'est que la seule chose qui puisse justifier la mise en danger des autres otages, c'est que quelqu'un ou quelque institution policière a vu là la possibilité de se faire mousser."

Dans cette tribune du Monde, l'ex-otage ne fait aucune allusion au media qui, le premier, a publié cette information : Le Monde !

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15h29 suivi

Appellation : pour l'AFP, ce sera "groupe Etat islamique"

Par
la rédaction le 17/09/2014

Quelle appellation pour l'Etat islamique (EI) ? Dans un post du blog "Making-of" consacré aux coulisses de l’information, la directrice de l'information de l’Agence France-Presse Michèle Léridon revient sur la couverture des conflits en Irak, en Syrie ou en l’Afrique, des zones de conflits qui posent de nombreux problèmes de sécurité. L’occasion pour l’AFP de "réaffirmer [leurs] valeurs éthiques et [leurs] règles éditoriales" à travers la création d'un blog d'information consacré aux zones dangereuses et à destination de tous les journalistes ainsi que par le choix d'un certain vocabulaire pour désigner l'EI.

Quel nom pour l'EI ? Léridon revient sur le conflit sémantique autour de l'appellation du mouvement (une question dont @asi a parlé récemment). Depuis une semaine, le gouvernement, et notamment le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, a choisi d’employer le terme de "daesh", l’acronyme arabe de "Etat islamique", supposé moins valorisant.

Ei

Sur cette question, l’AFP a donc tranché: "nous avons décidé de ne plus employer telle quelle l’expression « Etat islamique »". Si elle se refuse à employer le terme de "daesh" au motif que "l’acronyme de l’EI en arabe (...) est difficilement compréhensible pour le plus grand nombre", l’AFP ne compte pas non plus leur accorder le titre d’Etat, un terme inapproprié pour deux raisons. "Un, il ne s’agit pas d’un véritable Etat, avec des frontières et une reconnaissance internationale. Et deux, pour de nombreux musulmans, les valeurs dont se réclame cette organisation ne sont en rien « islamiques ». Le nom « Etat islamique » est donc susceptible d’induire le public en erreur." Désormais, l’AFP parlera donc de "l’organisation Etat islamique" ou du "groupe Etat islamique". Dans les titres des dépêches ou dans les alertes sera privilégiée l’expression "djihadistes de l’EI". Pas question pour autant d'utiliser un qualificatif ouvertement dépréciatif. Selon Léridon, "une agence de presse internationale ne peut céder au « politiquement correct », ni aux pressions des uns et des autres pour que nous employions des termes tendancieux comme « terroristes » ou « égorgeurs »".

Par ailleurs, Léridon annonce la création d’un blog consacré aux "zones dangereuses", dont le but est de "partager des informations avec les autres médias", de façon à ce que tous les journalistes sur place soient informés des problèmes rencontrés par leurs confrères, des arrestations, des menaces ou de possibles tirs essuyés. Une façon pour elle d'éviter que les journalistes, entraînés dans une course à l'information potentiellement très dangereuse, ne prennent pas plus de risques que de raison.

Par Ludivine Bénard

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09h41 grrr !

Les salariés, habituels suspects du Monde

Par
Alain Korkos le 17/09/2014

Le Monde.fr a publié, ce mardi 16 septembre, un article intitulé Alerte à la fraude aux cotisations sociales. Il est illustré par une photo montrant un tensiomètre, un stéthoscope, une carte Vitale et une feuille de soins posés sur un champ en papier jetable, tel ceux que l'on pose sur les tables d'auscultation :

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Nous sommes là chez un médecin probablement généraliste, qui s'apprête à ausculter un patient. Un patient qui pratique la fraude aux cotisations sociales, nous dit le titre. Voire, qui tente d'obtenir un arrêt maladie indu !

Or il n'est pas question de cela dans cet article, qui commence par : «Sus aux patrons indélicats ! Après avoir régulièrement dénoncé la fraude aux prestations sociales, la Cour des comptes a décidé de sonner l'alarme à la fraude aux cotisations. »

Il s'agit bien, donc, des patrons fraudeurs. Pas des salariés qui, eux, perçoivent pour leur travail des revenus nets amputés des cotisations de sécurité sociale, des contributions sociales (CSG/CRDS), des cotisations de chômage et de retraite complémentaire.

Alors pourquoi les accuser de tous les maux dans la photo d'illustration ? Parce qu'il n'existe aucune image suggérant que les patrons trichent, peut-être… On s'en remet alors, puisqu'il faut bien illustrer l'article, aux suspects habituels.

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Il y avait pourtant moyen d'éviter cette facilité : Libé.fr, qui a publié un article très similaire, l'a illustré avec une photo de feuilles de paie :

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Mise à jour, 15h45
Le Monde.fr a remplacé, ce matin à 10h47, la photo de l'arrêt maladie par un dessin d'Aurel. Ce dessin, nous a-t-il confié, lui a été commandé hier soir vers 18h pour Le Monde papier, qui devait paraître aujourd'hui midi. L'article a été repris dès hier sur le ouèbe avec l'illustration qu'on sait, et ce matin (peut-être après avoir lu @si), ladite photo a été remplacée par le dessin d'Aurel.

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L'occasion de lire ma chronique intitulée Les habituels suspects, justement.

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09h15 le neuf-quinze

Moati aime Le Pen

Par
Daniel Schneidermann le 17/09/2014

L'amour a ses raisons. Pauvre Serge Moati ! Il faut le voir, au Petit journal, expliquer que oui, il aime Le Pen. Pas la fille ("je la connais moins"), mais le père. Il l'aime. Pas ses idées, non bien sûr, quelle horreur, le détail de l'Histoire, tout ça. Mais l'homme. Tellement sympa dans la vie, la vraie vie. Il y a la vie, et il y a les idées. C'est deux choses. Lui, juif, franc-maçon, et de gauche, s'il s'y attendait. Mais ça lui est tombé dessus, comme un coup de foudre. On ne décide pas. "Vous le tutoyez ?" lui demande Barthès. Evidemment, il le tutoie. Comme Sarkozy ou Hollande. A force de les filmer. Mais s'agissant de Le Pen, ça va bien au-delà. Tant de bons moments partagés. Barthès : "Vous vous souvenez du meilleur moment ?" Oui, le soir où Marine Le Pen est devenue présidente du FN, son père a chanté, et dansé. Quel bon moment ! Bref, il l'aime tellement qu'il en a fait un livre. Chez Flammarion. En vente partout.

On en est là, à plaindre le naufrage, quand Barthès envoie un extrait du prochain film de Moati. Les Le Pen, père et fille, sont avachis dans une loge, après le discours d'intronisation de Marine Le Pen comme présidente du FN. Il est tourné vers elle. On parle boutique. Technique des meetings. Importance du ventilateur. De la pendule. Nécessité de toujours vérifier le micro. Et les ventilateurs des loges, aussi. Toujours toujours. Elle écoute distraitement. Il lui donne des conseils. "Je pense que tu as besoin d'une chose" On tend l'oreille. "C'est prendre des cours d'orthophonie". Zoom avant sur les deux visages. "Parce que tu chutes un peu sur les finales des phrases". Il appuie sur "finales". En technicien. Elle le regarde. Lui : "Faute de souffle". Elle, impénétrable : "Non mais t'as raison". Elle se lève. Exaspérée ? Qui saura ? "Tu es à un stade où il faut une organisation professionnelle". Elle est sortie du champ.

Papa et fifille, au sommet du FN. Papa qui veut envoyer fifille chez l'orthophoniste. La vérité profonde, indicible, des rapports d'une monstrueuse famille si ordinaire. Oui, indicible, comme le disait l'autre jour sur notre plateau le collègue Yves Jeuland, parce qu'elle laisse chaque spectateur libre d'y trouver ce qu'il voudra. Sacré Moati ! N'importe quel documentariste aurait donné un an de sa vie, pour cette image. Les reporters de Barthès peuvent bien tendre leurs micros, capter tous les bâillements du monde, tous les grattages de nez, ils ne capteront jamais ça. Et si papy Moati a décroché le pompon, si c'est lui qui était là, dans la loge, à cet instant, si proche des deux, c'est bien pour ça, parce qu'il a noué avec le père Le Pen cette relation inexprimable, inavouable, qui le fait bafouiller sur le plateau, se perdre dans d'impossibles explications sur l'homme Le Pen, tellement plus sympa dans la vie. Sacré Moati. Sacré métier, documentariste.

Le Pen Moati orthophonie

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17h58 vu

Dédiaboliser ? Usul défend Chouard, et se ravise

Par
Vincent Coquaz le 16/09/2014

L'ancien chroniqueur jeux vidéo Usul (bien connu des @sinautes) parle désormais politique et philosophie sur Youtube. Dans une de ses vidéos, Usul dresse le portrait d'Etienne Chouard, en défendant le professeur d'économie contre les accusations de complotisme et de liens avec l'extrême droite. Mais le jour même Usul s'est rétracté, estimant que la proximité de l'essayiste avec des mouvements comme celui d'Alain Soral n'est pas excusable.

Usul a-t-il eu tort de vouloir "dédiaboliser" Etienne Chouard ? Connu des @sinautes comme chroniqueur à grande audience sur les jeux vidéo, Usul a quitté en début d'année le site jeuxvideos.com et publie désormais des chroniques sur Youtube à propos de politique et des médias. Il y a conservé la forte audience qui était la sienne à propos des jeux vidéo : entre 130 et 240 000 vues par vidéo. Une vidéo, publiée cet été, lui a valu une attention toute particulière : un portrait d'Etienne Chouard, professeur d'économie et blogueur controversé (interrogé ici par @si).

Dans cette vidéo du 22 juillet, Usul revient sur les polémiques qui entourent Chouard, et notamment sur ses liens, supposés ou non, avec l'extrême-droite, notamment dénoncés par des sites anti-fascistes ou des médias en ligne comme Reflets.info. En cause, des déclarations de Chouard sur le polémiste antisémite Alain Soral ou l'auteur de L'effroyable imposture, Thierry Meyssan (président du Réseau Voltaire), dans lesquelles il les considère par exemple comme des "intellectuels authentiquement subversifs et libres", ou sa participation à des évènements organisés par Egalité et Réconciliation (mouvement d'Alain Soral).

Extrait de la vidéo "Le Citoyen (Etienne Chouard)" d'Usul2000

Usul prend la défense de Chouard en expliquant par exemple que Noam Chomsky a été victime des mêmes accusations quand il défendait sa conception de la liberté d'expression, notamment en faveur du négationniste Robert Faurisson. "Pour des anarchistes comme Chouard et Chomsky, ce n'est pas à l'Etat de définir le périmètre des idées qui peuvent être formulées" estime Usul. Et pour "finir de dédiaboliser Chouard" selon ses propres termes, Usul rappelle que Chouard cite Franck Lepage et Frédéric Lordon quand on lui demande vers quels intellectuels il faut se tourner.

"Sur le mur d'Etienne Chouard, ça pullulait de soraliens et de nationalistes"

Problème : le jour même de sa publication, Usul est revenu sur la vidéo. "Si j'avais à refaire cette vidéo sur Chouard, je changerais certainement deux ou trois trucs", explique d'abord le Youtubeur. "Il y avait tout de même une différence significative entre Chomsky et notre étrange spécimen [Chouard] : le linguiste engagé défend une conception radicale de la liberté d'expression sans pour autant soutenir Faurisson. Chouard, lui, fricote activement avec Egalité et Réconciliation, au point d'aller jusqu'à qualifier leur gourou de «résistant»." Usul fait ici référence à un propos en off rapporté par un blogueur écolo, par nature difficilement vérifiable, mais Chouard a bien aussi qualifié de résistant Thierry Meyssan, pour qui aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone le 11 Septembre.

"Dire de quelqu'un qui défend des racistes et des réactionnaires de la pire espèce qu'il n'a que "des fréquentations douteuses" et qu'on peut le lui pardonner parce que quand même, il est mignon et qu'à côté, il défend quand même un certain nombre d'idées qui paraissent aller dans le bon sens, je pense que ça n'est possible que quand on ne se sent pas concerné directement par la menace que ces gens là représentent", poursuit Usul, expliquant en avoir longuement discuté avec sa "chère et tendre", ainsi qu'avec des "militant-e-s progressistes, féministes" qui trouvent qu'il a "raté le coche".

Chouard Usul 2

Usul a ajouté il y a quelques jours un panneau d'avertissement au début de sa vidéo, qui renvoie vers sa (longue) explication Facebook.

Usul a également été choqué par les réactions à sa vidéo, mais du côté des partisans de Chouard cette fois. "J'ai lu également les réactions sur le mur d'Etienne Chouard, qui s'est empressé de partager ma vidéo (qu'il a qualifié de "synthèse bienveillante") : DAMNED, ça pullulait de soraliens et de nationalistes. [...] S'il y avait eu ici, un jour, des progressistes éclairés, ils se sont fait la malle pour laisser la place à pas mal de drôles d'oiseaux auxquel-le-s on aimerait qu'il ne puisse pas servir d'alibi." Et le Youtubeur s'adresse finalement à Chouard : "J'avais mis ces erreurs sur le compte de ton égarement, en me disant que tu ne te rendais pas vraiment compte de ce qui était en jeu [...] Aujourd'hui je me dis juste, comme bien d'autre, que si tu persistes à cultiver ces sympathies c'est que tes erreurs de jugement n'en sont peut être pas, ou qu'elles ne sont pas des erreurs pardonnables".

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17h22 suivi

Trierweiler : l'éditeur dénonce le "buzz monstrueux"

Par
la rédaction le 16/09/2014

Avec plus de 590 000 exemplaires vendus, le livre de Valérie Trierweiler est un indéniable succès, même s'il a été abondamment critiqué par les médias. Silencieux jusque-là, son éditeur Laurent Beccaria (Les Arènes) s'explique dans une lettre adressée à Livres hebdo, lisible ici en PDF.

Pourquoi avoir publié ce livre? Souvent interpellé sur cette question, Beccaria répond : "J’imagine reproduire avec elle {Valérie Trieweiler] l’aventure partagée avec Eva Joly lorsqu’elle instruisait l’affaire Elf. Vilipendée par les médias, elle avait réussi à se faire comprendre grâce à une autobiographie publie par Les Arènes." Il ajoute : "Dans le catalogue des Arènes, les enquêtes parfois brûlantes coexistent avec des témoignages. Le récit de Valérie Trierweiler est un croisement des deux, une histoire d’amour publique et un document sans filtre sur l’ exercice du pouvoir aujourd’hui."

Beccaria et Patrick de Saint Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI, avaient publié un manifeste, "Pour un nouveau journalisme", nous y avions consacré une émission. Aux lecteurs qui pointent une contradiction entre ce manifeste et le livre, il répond : " Les Arènes, comme toute maison d’édition, publient des textes différents, parfois contradictoires, dont les lecteurs ne sont jamais les mêmes. Un catalogue relève du pointillisme : chaque touche de couleur est indépendante de sa voisine. il se révèle avec le recul. C’est la liberté et la singularité qui priment".

beccaria

Beccaria cite aussi son collègue Saint-Exupéry : "C’est tout ce que je n’aime pas a priori, le people et la confession publique". Mais c’est un document unique, une effraction au cœur du pouvoir. Et c’est dévastateur pour le système médiatique."

Est-ce le livre qui est scandaleux ou son traitement médiatique qui en fait un torchon? demande Beccaria. Il déplore le traitement médiatique du livre : "une avalanche d’opinions hors sol, de surinterprétations, d’informations bidon, de bribes détournées, de buzz monstrueux, de dizaines de milliers de tweets, de posts et de n’importe quoi".

L'éditeur réfute plusieurs rumeurs parues dans la presse: pas d’"écrivain fantôme": c'est bien Valérie Trierweiler et elle seule qui a écrit le livre. "elle est journaliste depuis vingt sept ans et c’est son histoire", dit-il. "Ce sont les conseillers de l’Elysée qui accréditent aujourd’hui "en off" cette rumeur, afin de nourrir la suspicion d’un montage." Il réfute aussi d’éventuelles "coupes". Un article du Nouvel obs estimait que l'éditeur avait demandé à Trierweiler de couper des passages jugés trop "durs" envers Segolène Royal. "Certains ont évoqué des passages diffamatoires qui auraient été enlevés. Cela relève du fantasme", assure Beccaria. Il évoque juste des "coupes" qu’il a suggéré ici ou là, pour éviter des "digressions inutiles".

Quelle stratégie médiatique? Il raconte avoir voulu garder le secret le plus longtemps possible, pour éviter une "pression intenable". Seules quatre personnes étaient au courant au sein de la maison d'édition. Il donne le livre en avance seulement à "deux journalistes respectées" : Pascale Robert-Diard et Françoise Fressoz. du Monde (Fressoz ayant toujours été critique envers Trierweiler précise-t-il), qui écrivent cet article. C’est Le Monde qui pointe la fameuse expression des "sans-dents". A ce propos, d'ailleurs, Beccaria raconte : "En juin, j’avais été saisi en découvrant la formule sous sa plume. J’avais demandé à Valérie Trierweiler si c’était une plaisanterie de mauvais goût, reprise hors contexte. Elle m’avait répondu que c’était un trait qu’elle avait entendu plusieurs fois".On apprend aussi dans la lettre que c'est Trierweiler qui demande de contacter Paris Match, l’hebdo qui l’emploie depuis un quart de siècle. Le patron Olivier Royant parcourt le livre une après-midi, et décide de lui consacer la couverture et 12 pages, "sous l'angle de la romance".

L'éditeur souligne au final "un divorce entre la totalité des médias, notamment audiovisuels, et le rush des lecteurs, puisque nous avons dû imprimer 590.000 exemplaires en quinze jours pour répondre à leur demande", souligne-t-il.

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16h22 suivi

Monde.fr : et de trois contributeurs "non identifiés"

Par
la rédaction le 16/09/2014

Le Monde.fr persiste et signe. Une nouvelle fois, il semblerait que le site du Monde n'ait pas indiqué aux lecteurs toutes les informations nécessaires sur l'auteur d'une tribune publiée lundi dans la rubrique "Idées" du site et intitulée "Sortir par le haut du débat sur l'euro". En guise de signature de ladite tribune, ces maigres informations : "Victor Collard (étudiant en économie à l'EHESS) et Etienne Perrin (étudiant en économie à Nanterre et en philosophie à la Sorbonne)". Pourtant, une simple recherche sur Google permet d'en savoir un peu plus sur le premier : Victor Collard se trouve en effet être le responsable de la communication presse de Terra Nova, un think tank proche du Parti socialiste.

Collard

Une troisième bourde pour le Monde.fr. Lundi, @si notait déjà que derrière la tribune "Non, la dissolution de l'euro n’entraînerait pas un cataclysme financier" signée par un certain "Aloïs Navarro, étudiant en droit et en économie", se cachait en réalité le trésorier du Collectif Marianne, un collectif étudiant affilié au Rassemblement Bleu Marine et parrainé par Marine Le Pen. A la suite de notre publication, Le Monde avait rajouté ces indications, déplorant une "erreur" et se fendant de quelques lignes d'excuses vis-à-vis des lecteurs. Alertés par des internautes attentifs, nous avions aussi remarqué qu'une autre de ces tribunes, "Le Front national et la sortie de l'euro : des simplifications dangereuses", signée modestement "David Amiel et Paul-Adrien Hyppolite (élèves à l'Ecole normale supérieure)" se gardait bien de préciser que le premier d'entre eux était l'ancien secrétaire de la section PS de l'ENS, une information que Le Monde a également rajoutée par la suite.

Une simple histoire de caractères ? Que la rubrique "Idées" du Monde.fr soit le relais de la parole étudiante est une excellente chose. Plus ennuyeux est le manque de précisions sur les contributeurs. Comment s'explique ce déficit d'enquêtes ? A en croire Navarro sur son compte Twitter, il ne pourrait d'agir que d'une simple histoire de caractères !

Alois

Plusieurs questions se posent sur l'origine de ces tribunes : qui peut en proposer, comment sont-elles sélectionnées, sont-elles vérifiées, qui décide de leur publication ? Contactés, les services du Monde, n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

Sur ce sujet de l'identité des participants au débat public, lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann Débats d'idées par temps de brouillard

Par Ludivine Bénard

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15h42 éconaute

TF1 / impôts : l'avis d'imposition était faux

Par
Anne-Sophie Jacques le 16/09/2014

Dans la série "les impôts mon ennemi", le reportage de Sept à huit diffusé le 14 septembre sur TF1 fait très fort. Afin d’illustrer le cas de contribuables qui ne peuvent cette année payer leurs impôts sur le revenu, l’équipe s’est appuyée sur un couple aux revenus apparemment confortables mais soi-disant assassiné par le fisc. Avec un plan étrange sur un avis d'imposition, qui n'a pas échappé à certains spectateurs attentifs. Explication.

Le matraquage fiscal continue : à la veille de ce 15 septembre fatidique – date butoir pour payer le dernier tiers de ses impôts sur le revenu – Harry Roselmack, présentateur de Sept à huit (TF1), est revenu sur ces contribuables incapables de régler la douloureuse en raison des fortes augmentations d’impôts depuis les réformes fiscales.

Extrait du Sept à huit diffusé le 14 septembre 2014

L’équipe de TF1 a choisi de montrer, comme l’indique le titre du reportage, que les contribuables négocient de plus en plus en vue d’échelonner, voire d’être exonérés d’impôts. Soit l'illustration télé d’un article du Monde daté de lundi dernier. Parmi les trois cas étudiés : celui d’un couple qui voit sa facture s’alourdir en raison du changement de barème du quotient familial. Souvenez-vous, ce sujet fut déjà l’objet d’une querelle entre M6 et Christian Eckert, aujourd’hui secrétaire d’Etat au budget et à l’époque rapporteur de la commission des finances à l’Assemblée.

"On va payer plus que des impôts !"

Ce couple est présenté comme un foyer aux revenus confortables. Lui est informaticien, elle est infirmière libérale, ils ont trois enfants. On apprend qu’à eux deux ils gagnent 6000 euros net par mois. Tout deux sont désespérés de devoir payer tant d’impôts cette année. Ils ont gagné 4000 euros de plus en 2013 et leurs impôts ont augmenté de 4000 euros. "On va payer plus que des impôts !" se désole l’informaticien quand son épouse se dit "dégoûtée d’aller au boulot". Le reportage zoome sur de nombreux documents dont l'avis d’imposition du couple. Petit hic relevé par un téléspectateur qui nous alertés sur twitter : l'avis indique un montant d’impôt sur le revenu de 42 556 euros.TF1 est en train de nous enfumer, les chiffres sont bidon ! s’indigne alors le téléspectateur au regard d’aigle (avouons que l’image est fugace).

Sept à huit impôts

Arrêt sur images opéré par le téléspectateur et diffusé sur twitter

Des chiffres bidonnés ? Pas du tout ! m’explique l'auteur du reportage Géraldine Doussier, journaliste d'Elephant, groupe de production dirigé par Emmanuel Chain. Laquelle reconnait néanmoins une maladresse : "ce qu’on voit à l’écran est la première feuille d’imposition reçue par le couple. L’homme m’a dit que son cœur a failli s’arrêter de battre quand il a vu le montant. En réalité, le couple s’était trompé dans sa déclaration et ils ont demandé une rectification au fisc". Rectification faite, cette année, ils paient 16 362 euros d’impôts et non 42 566. Mais ils n’ont toujours pas reçu la nouvelle feuille d’imposition avec le bon montant. La journaliste souhaitait ouvrir son reportage sur cette frayeur de départ, mais sa rédaction en chef a préféré la couper, prétextant que le sujet était déjà assez complexe comme ça. Reste pourtant dans le reportage diffusé une image de l’ancienne feuille d’impôt non corrigée. La journaliste convient qu’elle aurait dû l’ôter.

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15h18 vu

Le secret millénaire de la courbure magique de Netflix

Par
Alain Korkos le 16/09/2014

Netflix par-ci, Notflix par là (sans faute de frappe, @si vous en a récemment causé), le service de vidéos en ligne étazunien est ces jours-ci à la une par chez nous. Voici la première (?) parodie Made in France, pondue par les jus de fruits Oasis :

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Netfruix reprend l'apparence de l'écran de présentation de Netflix, en profite pour parodier les affiches de certains films amerlocains (Django, Robocop, Breaking Bad, Wolverine, etc.).


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

La vraie page de présentation de Netflix

Aux États-Unis, les détournements du logo Netflix sont nombreux et rarement drôles. Ici, sous le nom de la marque, est inscrit On y passe en réalité plus de temps à chercher qu'à regarder :

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Des ticheurtes reprennent parfois la typographie du logo avec un texte différent, ici est inscrit le titre d'une série, Breaking Bad :

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Des autocollants destinés aux adolescents attardés détournent le nom de la marque, voici Wetflix :

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Dans un superbe sketch d'Official Comedy, la NSA concurrence Netflix en mettant à la disposition de ses abonnés le tout nouveau service NSAFLIX qui propose des vidéos, des appels téléphoniques et des e-mails inédits…

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… des enregistrements de personnes âgées qui causent sur Skype ainsi que beaucoup d'autres exclusivités, y compris « votre ex au téléphone avec n'importe qui sauf vous » :

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• • •


Amie lectrice, ami lecteur, tu rêves de détourner à ton tour le logo Netflix pour rire entre amis ? Rien de plus facile, voici le mode d'emploi.

Attention, le logo actuel est celui-ci :

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Base-toi plutôt sur celui-là, beaucoup plus connu :

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Le caractère employé est du Graphique Pro, il a été créé en 1945 par le designer suisse Hermann Edenbenz :

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Le fond rouge porte la référence b9090b :

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Voilà, tu es prêt pour créer ton logo parodique et hilarant ;-)

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« Ah oui mais la petite courbure sous le mot, comment je la fais ? », te demandes-tu.

Eh ! eh ! Abonne-toi à Arrêt sur images, amie lectrice et ami lecteur. Car alors, tu recevras sous pli discret l'incroyable révélation du secret millénaire venu des Incas de la courbure magique de Netflix.

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Le sourrie de Bettie Page qui n'a rien à voir avec ce qui précède, et en plus c'est même pas bientôt Noël.

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12h50 suivi

Ukraine / globes oculaires : Fourest épinglée par le CSA

Par
la rédaction le 16/09/2014

Dans l'affaire des "globes oculaires arrachés" en Ukraine, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a tranché : dans une décision publiée sur son site le 15 septembre, il a estimé qu'une chronique de la journaliste Caroline Fourest sur France Culture contenait des informations qui n'avaient "pas fait l’objet de vérifications préalables suffisantes".

Le CSA avait été saisi de plaintes à la suite de l'émission "Le Monde selon Caroline Fourest" le 6 mai, après une chronique sur l'Ukraine. La journaliste y faisait état d'exactions commises, selon elle, à l'encontre d'officiers ukrainiens par des pro-Russes. On pouvait l'entendre dire que "les paramilitaires séparatistes venaient de leur arracher les globes oculaires avec un couteau". Des informations qu'elle explique avoir obtenues d'un "journal ukrainien, qu'une universitaire et une journaliste lui auraient assuré qu'il était "sérieux et moins propagandiste que d'autres médias ukrainiens". Des sources pas assez convaincantes pour le CSA qui a estimé l'information trop peu fiable, "eu égard à sa sensibilité". Ces propos avaient déjà été contestés sur le plateau d'@si par le blogueur Olivier Berruyer, que nous avions reçu lors d'une émission le 9 mai.

Dans sa décision, le CSA a "rappelé fermement à la société Radio France la nécessité de faire preuve de davantage de vigilance et de rigueur, notamment pour des sujets sensibles d’actualité", l'invitant à se conformer à sa recommandation de 2013 relative au traitement des conflits internationaux, des guerres civiles et des actes terroristes.

fourest

La chroniqueuse n'a pas tardé à se défendre dans une tribune parue sur le Huffington Post et intitulée "A quoi joue le CSA ?". Elle y attaque violemment le CSA, l'accusant de ne pas réprimander ces "confrères [qui] servent de relais, bêtes et neutres, à des intox ou à des propos mensongers" et ces "émissions de service public censées élever le débat [qui] servent de relais aux théoriciens de l'incitation à la haine ou du complot". Pour elle, par ses avertissements, le CSA empêche tout simplement les journalistes d'enquêter, de "faire émerger un discours-vérité" : "les radicaux, les démagogues et les désinformateurs professionnels peuvent dormir tranquilles. Le CSA veille à les protéger. Les pro-Russes, parfois aussi militants du Front national, peuvent aussi se réjouir." Fourest rappelle aussi qu'en tant qu'"éditorialiste par temps de guerre 2.0", elle est continuellement "insultée ou menacée sur les réseaux sociaux".

(Ludivine Bénard)

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12h39 lu

Les lettres de Breivik à l'AFP : Playstation 3 et fascisme

Par
Vincent Coquaz le 16/09/2014

"Un simple coup d'œil sur le pli me suffit dorénavant à identifier l'expéditeur." Le correspondant de l'AFP à Oslo, Pierre-Henry Deshayes, reçoit depuis un an des courriers un peu particuliers qui parlent fascisme, prison... et Playstation 3. Leur auteur ? Le tueur de masse Anders Breivik, extrêmiste de droite, qui a abattu 77 personnes en Norvège fin 2011.

"En un an, j'ai reçu trois lettres d'Anders Behring Breivik, explique le journaliste sur le blog Making Of de l'AFP. [Elles] sont dactylographiées. Seules l'adresse et la signature sont écrites à la main. Elles sont volumineuses : la dernière fait dix-sept feuillets recto-verso." Ce qui transparait le plus dans les écrits du terroriste ? "Son incapacité à distinguer l'hyper-anecdotique du fondamental". "Tout juste arrêté sur Utoeya où il vient de massacrer 69 personnes, des adolescents pour la plupart, et d'en traumatiser physiquement et psychologiquement des centaines d'autres, il demande aux policiers un pansement pour son index douloureux..." rappelle d'ailleurs le correspondant de l'AFP.

AFP Breivik Libe breivik 2

Reste la question du traitement journalistique de ces lettres par l'AFP. La première lettre, "un salmigondis interminable", n'a volontairement pas été traitée par le journaliste. La seconde en revanche, reçue en février 2014, a fait l'objet d'une dépêche, très reprise (Le Monde, Libération, The Telegraph etc.). On pouvait y lire certaines des revendications de Breivik, comme celles d'avoir un PC pour écrire ses lettres et une console de jeux plus moderne. Pire, le tueur se décrivait "comme un militant des droits de l'homme" victime de "supplices" dont les médias seraient complices.

Pourquoi contacte-t-il l'AFP (en premier) ?

"Ayant -implicitement- souligné le ridicule de la Playstation dans mon papier ce jour-là, je pensais m'être « privé » de toute nouvelle lettre du tueur. Jusqu'à cette nouvelle épaisse enveloppe avec la même écriture rigide et froide reçue le 5 septembre" poursuit le journaliste, qui se demande pourquoi Breivik, qui dispose d'un quota limité d'envoi de lettres, continue à contacter l'AFP. "Parce que, d'une minutie quasi maladive, Breivik contacte les médias par ordre alphabétique ?" Cela expliquerait pourquoi l'agence française est souvent la première à recevoir les courriers du prisonnier. Surtout, Breivik estime dans ses "manifestes", que "90% des informations mondiales proviennent de trois agences seulement: Associated Press (Etats-Unis), Reuters (GB) et l'Agence France-Presse (France)" qui "soutiennent toutes la mondialisation et le multiculturalisme", qu'il dit combattre.

Cette dernière lettre, reçue le 5 septembre dernier, est la plus problématique selon Deshayes, puisqu'il n'est plus question des conditions de détention, mais des contours d'un projet politique d'Anders Breivik. "Sur 34 pages, il dit vouloir fonder un parti « fasciste », ce qui permettrait, selon lui, de poursuivre son combat sur le mode démocratique plutôt que par la violence" raconte Deshayes. Là aussi l'AFP a choisi de publier une dépêche, en prenant de "multiples précautions", explique le correspondant à Osla : peu de citations du courrier, rappels sur les doutes quant à sa santé mentale et contextualisation.

Alors que la plupart des médias norvégiens ont choisi de taire cette troisième lettre de Breivik, Deshayes s'interroge : faut-il rapporter les propos d'un criminel au risque de lui donner une large tribune ? Mais au contraire, peut-on les passer sous silence au risque d'ignorer des motivations politiques importantes ? Deshayes reste perplexe : "A en juger par les réactions de lecteurs [qui reprochent globament la tribune offerte à Breivik], les avis semblent très tranchés. Personnellement, à ce jour, j'ignore encore la réponse."

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09h15 le neuf-quinze

Onfray, Taddeï, Le Pen : débats d'idées par temps de brouillard

Par
Daniel Schneidermann le 16/09/2014

Une tribune sur le site du Monde, et un invité chez Taddeï. Deux sujets traités hier sur le site. Signée d'un étudiant en droit et en économie, la tribune du Monde dédramatisait la perspective d'une sortie de l'euro. Elle répétait beaucoup de choses que nous avons écrites dans nos articles, et qui ont été répétées sur le plateau de nos émissions (dossier complet ici). L'invité de chez Taddei était libraire. Il avait apposé une affiche sur la devanture de sa librairie, expliquant qu'il ne vendrait pas le livre de Valérie Trierweiler. On pouvait se sentir parfaitement en accord avec ce qu'il expliquait sur le plateau.

Seulement voilà. L'auteur de la tribune, que le site du Monde présentait sans plus de précisions comme étudiant, était en réalité trésorier du "collectif Marianne", un mouvement d'étudiants proche du Rassemblement Bleu Marine de Marine Le Pen. Ce que Le Monde a aussitôt ajouté, dès qu'ils ont été avertis par la parution de notre article. Quant au libraire, Xavier de Marchis, il nourrit une particulière affection pour le polémiste antisémite Alain Soral, qu'il a par deux fois invité à dédicacer ses ouvrages, ainsi que pour une kyrielle d'auteurs d'extrême-droite. Ce qui est évidemment parfaitement son droit. Mais que les télespectateurs de Taddeï auraient eu aussi le droit de savoir.

Les journalistes du site du Monde, et Frédéric Taddeï, ont plaidé qu'ils ne connaissaient pas le pedigree de l'étudiant, et du libraire. Et nous nous sommes fait reprocher par certains, dans les forums et sur Twitter, de dénoncer ainsi un honnête étudiant et un vertueux libraire, au risque de disqualifier leurs thèses et leurs arguments. C'est une vraie question. Faut-il signaler d'où parlent tous les intervenants du débat public ? Oui. Toujours. Autant qu'on le peut. A gauche comme à droite, d'ailleurs. Et d'autant plus que sur de nombreux sujets, les repères se brouillent comme jamais. Pour la fin de l'euro, pour l'agriculture biologique, dans le combat contre la diabolisation dont est victime la Russie en Ukraine, contre le réchauffement climatique, contre les maltraitances animales, ou même contre la corruption journalistique dans les jeux vidéo, (pour ne prendre quelques exemples, on en trouverait plein d'autres), voilà que l'on peut se retrouver au coude à coude avec des compagnons de lutte inattendus, et indésirés. Savoir quelles forces politiques sont reliées, inspirent, nourrissent, exploitent, quelles composantes du débat public, est un élément d'information indispensable dans l'échange d'arguments. Une idée n'est pas une pure essence.

Puisque tout se brouille, n'est-il pas un peu rapide de qualifier le virage du philosophe Michel Onfray de "réac", comme nous l'avons fait dans le titre de notre article ? Non. Sur les études de genre comme sur le contrôle d'Internet, les provocations d'Onfray sont "réac", dans le sens où elles proposent d'en revenir à un état de choses antérieur, réel ou fantasmé (quand le débat public était limité à un petit nombre de medias institutionnels, ou quand le rôle de l'école était centré sur l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, et du calcul). Pour autant, faut-il fermer ses oreilles à ces arguments ? Non plus. Savoir qui parle, mais écouter tout de même. Le savoir pour mieux écouter. Vaste programme.

brouillard

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18h02 vu

Netflix : pas "frais" selon Canal + et BFM

Par
la rédaction le 15/09/2014

Accueil mitigé de Netflix en France. Netflix, le géant américain de vidéos à la demande par abonnement, a fait son entrée sur le marché français ce lundi 15 septembre. Une arrivée loin de faire l'unanimité, notamment chez ses principaux concurrents, Canal + en tête, qui possède son propre service de vidéo à la demande, Canal Play.

"Il est pas frais, mon poisson ?!" pourrait vociférer Netflix si on se trouvait dans un album d'Astérix. Et pour cause, c'est le terme de "fraîcheur" qui revient assez souvent pour qualifier le catalogue de Netflix. Ce dernier, à en croire Canal + et BFM, en manquerait cruellement. Programmes pas assez alléchants, déjà vus, pas novateurs, trop américains : les critiques fusent. Anthony Morel, sur BFM, revient dans l'émission Culture Geek sur la "fraîcheur des plats" de ce "buffet à volonté". Après avoir vanté les forcess du géant d'outre-Atlantique, il pointe le côté "relativement alléchant" du catalogue Netlfix, auquel il manque certaines séries à succès, telles que Game of Thrones ou House of Cards, pourtant produite par Netflix mais dont tous les droits de diffusion ont été rachetés par Canal +.

Moins étonnant et somme toute, assez logiquement, le JT de Canal+ du 15 septembre va plus loin. Selon un reportage consacré au distributeur américain, sa première faiblesse serait de passer à côté de "l'exception culturelle française", qui voudrait que le consommateur français moyen recherche, avant tout, des programmes nationaux. "Ce que redoutent les médias traditionnels, c'est que Netflix mette à mal l'exception culturelle française et sa spécificité de production qui lui permet de proposer des films aussi bien populaires que des films plus initimistes, et c'est là justement que l'offre américaine peut s'avérer décevante".

L'offre de Netflix, qui plus est, ne serait "pas de première fraîcheur". Comparée à ? A Canal +, évidemment, dont le reportage s'empresse de démontrer tous les mérites. Ainsi est-il  précisé, à toutes fins utiles, qu'un film sera proposé sur Netflix plus de trois ans après sa sortie au cinéma, "beaucoup plus tard que Canal Play, qui a déjà 520 000 abonnés, propose 3 600 heures de série et est présent sur les box de tous les opérateurs". Un joli palmarès et une attaque en règle.

Mieux vaut tard que jamais : de leur côté, certains n'avaient pas attendu le jour d'arrivée en France de Netflix pour souligner la relative pauvreté du catalogue proposé : ainsiLe Monde avait voulu se frotter au système de VOD américain dès juin et Télérama, précurseur, l'avait découvert dès avril.

Par Ludivine Bénard

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15h37 vous n'êtes pas obligés

OTAN : France 5 s'emmêle dans les faux Hollande

Par
la rédaction le 15/09/2014

Médias le mag voit des fakes là où il n'y en a pas (et inversement). Pour la chroniqueuse à Médias le mag et directrice adjointe de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, Alice Antheaume, la presse pourrait être influencée par "le Hollande-Bashing" et "l'iconographie à charge" contre le président de la République qu'on trouve sur les réseaux sociaux. Un exemple ? Cette photo de François Hollande au sommet de l'OTAN, qui regarde dans une toute autre direction que les autres dirigeants. "Il se trouve que cette photo est un photo-montage" réalisé avec deux clichés pris à des moments idfférents, estime Antheaume, capture à l'appui, interpellant le directeur Point Etienne Gernelle sur le fait de savoir si ce "Hollande bashing" le pousse à être lui-même plus dur à l'égard de Hollande.

 Hollande1

Problème : la photo n'est absolument pas un photomontage, comme l'a répété plusieurs fois son auteur, preuves à l'appui (@si en parlait ici). Ce dernier voulait simplement photographier Cameron et Obama et s'est étonné de toute les histoires autour de son cliché.

En fait, le fake auquel fait référence Antheaume, est au contraire un photomontage dans lequel Angela Merkel se trouve à côté de François Hollande et regarde dans le même sens que lui. Et c'est précisément ce que montre la capture qu'utilise la journaliste, réalisée par le rédacteur photo du Nouvel Obs Cyril Bonnet.

Fake Hollande

En haut, la vraie photo (qu'Alice Antheaume a pris pour un fake) et en bas, le montage où l'on a rajouté Angela Merkel

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