Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

08h40 vous n'êtes pas obligés

Cecil le lion : fausse mort de son (faux) frère Jericho

Par
la rédaction le 03/08/2015

Emballement médiatique après que la page Facebook de l'ONG Zimbabwe Conservation Task Force a annoncé la mort de Jericho, lion présenté comme le frère de Cecil, félin abattu par un chasseur américain et objet d’une vendetta médiatique. Pourtant il n’en est rien. Le félin – qui n’est pas son frère mais appartient à la même horde que Cecil – est en bonne santé.

En ce milieu d’été, l’attention des médias est rivée sur le Zimbabwe: depuis la mort du lion Cecil, abattu par un chasseur américain objet d’une cyber-campagne depuis quelques jours et sous le coup d’une demande d’extradition du gouvernement zimbabwéen, les médias occidentaux se passionnent pour la vie des lions de cette région africaine. Dernier épisode en date: l’annonce de la mort de Jericho, présenté comme le frère de Cecil, sur le compte Facebook de l'ONG Zimbabwe Conservation Task Force et reprise par CNN.

Cecil le lion

Emoi immédiat sur les réseaux sociaux et sur les sites d’informations avant que CNN ne démente l’information suite à la publication d’un tweet des Amis de Hwange – nom du parc naturel où vivait Cecil et où vit Jericho, non pas son frère mais simple lion de sa horde. Comme le signale notamment Le Figaro, Jericho, "comme Cecil, est équipé d'un collier GPS. Brent Stapelkamp, qui mène un projet de recherche sur la longévité des lions pour Oxford, a pu photographier Jericho à 7 heures du matin. L'animal finissait une carcasse de girafe en compagnie des lionnes de sa horde. Pour dissiper le moindre doute, une carte des déplacements de Jericho a été publiée pour Twitter". Ouf.

>> L'occasion de relire notre article sur le chasseur et par ailleurs dentiste Walter Palmer : Docteur Palmer, vous êtes une personne écœurante

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18h27 suivi

Vente de la chaîne N° 23 : trafic de fréquences audiovisuelles (Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 02/08/2015

La revente de la chaîne Numéro 23, un scandaleux trafic de fréquences audiovisuelles ? Dans un article publié hier, le journaliste de Mediapart Laurent Mauduit revient sur les conditions de revente de cette chaîne de la TNT, obtenue gracieusement par Pascal Houzelot en juillet 2012, au groupe NextRadioTV, lui-même bientôt dans l’escarcelle de Patrick Drahi, patron de Numericable, SFR, et aussi Libération ou L’Express-L’Expansion. Une culbute de 88 millions d’euros qui n’attend que le feu vert du CSA. A noter également ce précédent : la revente en 2011 par Vincent Bolloré de ses deux chaînes de la TNT avec là encore une belle plus-value et un tremplin in fine vers l’acquisition de Canal+.

"Imagine-t-on qu’un investisseur puisse obtenir à titre gratuit, avec la bénédiction de la puissance publique, une fréquence audiovisuelle et la revendre moins de trois ans plus tard pour 88,5 millions d’euros ?" Ainsi s’ouvre une longue synthèse de Mediapart signée Laurent Mauduit. Le journaliste revient d'abord sur les conditions d’attribution en juillet 2012 de cette chaîne à Pascal Houzelot, ancien membre du cabinet de Jacques Chirac, passé ensuite par TF1 avant de créer la chaîne gay PinkTV.

Numéro 23 Mediapart

L’attribution de ce canal à titre gracieux – parmi les six que le CSA devait alors attribuer – reflète, pour Mauduit, "les chausse-trappes, intrigues, conflits d’intérêts et autres réseaux d’influence qui faussent la compétition" : en effet, quand Houzelot vient défendre en  2012 son projet de chaîne sur la diversité – baptisée initialement TVous – il est notamment soutenu par David Kessler, "directeur général du magazine Les Inrockuptibles, propriété du patron de la banque Lazard et coactionnaire du journal Le Monde, Matthieu Pigasse". Kessler "deviendra, à peine deux mois plus tard, conseiller pour les médias et la communication du chef de l’État". A cette époque, il est même question que France 24 fournisse quelques heures d’émissions pour TVous… un drôle de conflit d’intérêt pointé par Le canard enchaîné comme nous le racontions ici. Le projet sera finalement abandonné et la chaîne produira elle-même ses programmes sur la diversité.

Comme nous le concluions dans notre enquête consacrée à Numéro 23, Mauduit assure que "cette histoire de diversité n’est qu’une duperie imaginée par Pascal Houzelot. Un moyen pour obtenir à titre gracieux un canal de la TNT, le conserver pendant les deux ans et demi que la loi impose quasiment sans embaucher ni investir, et la revendre sitôt passé ce délai, deux ans et neuf mois après, en réalisant la plus formidable des plus-values possibles". En effet, Houzelot a revendu sa chaîne en avril dernier au groupe NextRadioTV dirigé par Alain Weil pour 88 millions d’euros dont plus de la moitié en cash et l’autre sous la forme d’actions du groupe de Weil. Lequel est en passe d’être racheté par Patrick Drahi, nouveau magnat des médias à la tête de Libération, L’Express-L’Expansion ou encore de la chaîne israélienne I24News. Et bientôt donc de Numéro 23. Vous suivez ?

Le précédent Bolloré

Cela dit, Numéro 23 n’est toujours pas vendu : il faut encore que le CSA consente à l’opération. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer à partir de la mi-septembre. Pour l’instant, peu de pistes permettent de supputer que le CSA mette son veto puisque la loi autorise bien la vente des chaînes après deux ans et demi de possession. Une aubaine qui a déjà bénéficié à Vincent Bolloré comme le souligne Mauduit : en 2011, quand ce dernier "cède 60 % des deux chaînes de la TNT qu’il contrôle, Direct Star et Direct 8, il réalise une affaire en or. Direct Star, c’est l’ex-Virgin 17, qu’il a racheté au groupe Lagardère quelque 70 millions d’euros et qu’il rétrocède à Canal, pour près de 130 millions d’euros. Et Direct 8, il l’a obtenue gracieusement, au terme d’une autorisation que le CSA lui a accordée le 23 octobre 2002". Bolloré engrange alors "une plus-value exorbitante en spéculant sur la TNT, grâce à laquelle il peut monter au capital du groupe Vivendi et, par ricochet, devenir le véritable patron de sa filiale, le groupe Canal+". Chaîne sur laquelle il a commencé à prendre le contrôle éditorial comme nous le racontions ici.

Enfin, Mauduit, par ailleurs ancien journaliste du Monde, rappelle que pour constituer sa holding, Houzelot s’est entouré "des plus grandes fortunes de France" dont "Xavier Niel (patron du groupe Iliad-Free, et autre coactionnaire du journal Le Monde) et son compère en aventure dans la vie des affaires et celle de la presse Matthieu Pigasse". Une alliance qui explique le traitement d’une "invraisemblable complaisance" de la part du quotidien, dixit Mauduit. Le journaliste reprend en cela les reproches formulés par Didier Maïsto, candidat malheureux à l’attribution des six canaux de la TNT en 2012 – et donc forcément un peu amer. A lire les articles du Monde cependant, le traitement est davantage factuel que complaisant même si le journaliste qui couvre le dossier peine à souligner les différentes accointances. Tout juste saura-t-on que Houzelot est un "ancien lobbyiste de TF1 et homme de réseaux".

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13h12 suivi

Lion Cecil : le Zimbabwe demande l'extradition du chasseur

Par
Anne-Sophie Jacques le 01/08/2015

Suite à la cyber-campagne menée contre Walter Palmer qui a tué le lion Cecil, le gouvernement du Zimbabwe – dont était originaire le félin-star – a demandé hier l’extradition du chasseur américain qui demeure plus que discret. Selon le site Ici Radio-Canada, le Service américain de la pêche et de la faune a annoncé sur twitter avoir été volontairement contacté jeudi par un représentant de Palmer mais, pour l’heure, les Etats-Unis ne se sont pas prononcés sur la demande d’extradition. Pendant ce temps, la vendetta contre le chasseur ne faiblit pas.

"Quand est-ce que le gouvernement zimbabwéen va faire quelque chose contre le braconnage et les "trophées" de chasse ?" se demandait sur Twitter un des très nombreux internautes dégoûtés par la mort du lion Cecil abattu par un chasseur-dentiste américain comme nous le racontions ici. Première réponse : le gouvernement du Zimbawbe, par la voix de sa ministre de l'Environnement, de l'Eau et du Climat, a annoncé hier qu’il réclamait l'extradition de Walter Palmer, le chasseur en question.

Cecil le lion

Selon le site Ici Radio-Canada, la ministre Oppah Muchinguri a "précisé que les procédures étaient déjà en marche. Elle espère que leur dénouement permettra à la justice du Zimbabwe de rendre le chasseur américain responsable de ses actes". Pour l’instant, précise le site, si "les autorités du Zimbabwe ont décrit M. Palmer comme un «complice d'une chasse illégale», [elles] n'ont pas spécifié les chefs d'accusation qui pourraient être retenus contre lui. La peine à laquelle l'Américain pourrait faire face s'il est jugé et déclaré coupable demeure donc inconnue".

Pour l’heure, signale Le Monde, seul l’opérateur de safari de grande chasse, qui a permis au dentiste de traquer le félin, a été inculpé. Il risque jusqu’à 15 ans de prison. De même, "le propriétaire de la ferme où Cecil a été chassé devrait probablement être inculpé la semaine prochaine". Rappelons que le félin était très prisé des touristes : selon Le Monde, "environ 50 000 touristes, pour moitié étrangers, ont visité la réserve" où vivait Cecil, par ailleurs suivi dans le cadre d'un projet de recherche de l'université d'Oxford.

Que devient Walter, chasseur amateur et dentiste de profession ? C’est peu dire que l'homme, qui fait l’objet d’une cyber-vendetta sans précédent, reste discret. Hormis un communiqué publié mardi où il s’excusait tout en plaidant la bonne foi, le chasseur ne s’est pas manifesté depuis dans les médias. Toujours selon Ici Radio-Canada, "Palmer n'a pas répondu aux nombreux courriels de l'Associated Press". En revanche, on apprend que le service américain de la pêche et de la faune, agence gouvernementale chargée de la protection des animaux qui avait demandé à Walter d’entrer en contact immédiatement avec elle, assure avoir été joint hier par un représentant du chasseur. De son côté, "l'ambassade des États-Unis au Zimbabwe a déclaré vendredi qu'elle ne commentait pas les dossiers d'extradition".

Les autorités américaines restent donc silencieuses pour le moment. Mais visiblement elles vont devoir agir. A en croire le site de BFMTV, une pétition lancée mercredi aux Etats-Unis pour que Washington autorise l’extradition a déjà reçu plus de 160 000 signatures. Or, ajoute le site, "la Maison Blanche est obligée de formuler une réponse dès qu'une pétition atteignant les 100.000 signatures lui est adressée. Elle a désormais 30 jours pour formuler sa réponse, mais son porte-parole, Josh Earnest, a d'ores et déjà rappelé qu'il incombait au ministère de la Justice de prendre cette décision".

En attendant, la campagne dénonçant les agissements de Walter – qualifié de "dentiste le plus détesté des Etats-Unis" – ne faiblit pas et engrange le soutien de stars (ou ex-star): Brigitte Bardot, dans un communiqué, "espère que les Etats-Unis répondront à la demande d’extradition du Zimbabwe pour que ce criminel soit puni plus sévèrement encore que ses complices dont la culpabilité est infiniment moindre !" Quant à Arnold Schwarzenegger, l’acteur et ancien gouverneur de Californie a posté hier sur Instagram le message suivant : "Arrêtez de tuer des félins. Tuer un lion n'est pas «couillu» (...) Rejoindre l'armée, ça c'est «couillu».

>> Vous ne connaissez pas Cecil le Lion et son chasseur le dentiste Palmer ? L'occasion de relire notre article Docteur Palmer, vous êtes une personne écœurante

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13h09 suivi

Terra Eco se place en redressement judiciaire

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Anne-Sophie Jacques le 01/08/2015

Une presse papier mal en point en ce milieu d’été. Un an après la campagne de financement participatif Sauvez Terra Eco, le magazine a choisi de se placer en redressement judiciaire. Un statut sous lequel est placé également Causette – par décision du tribunal de commerce de Paris le 29 avril – et qui fut par ailleurs adopté par Têtu. Ce dernier a finalement été placé en liquidation le 23 juillet. Dans le cas de Terra Eco, ce choix est délibéré et permet, explique David Solon, son directeur de la rédaction, de se mettre à l’écart des créanciers.

Et de trois : après le placement en redressement judiciaire du magazine Causette – dont nous vous racontions la crise vue de l’intérieur – et le redressement puis finalement la liquidation judiciaire du magazine Têtu, c’est au tour de Terra Eco d’adopter ce statut. Mais contrairement aux deux autres titres, le magazine spécialisé sur l’environnement a choisi délibérément de se placer sous ce statut nous explique son directeur de la rédaction David Solon : "le terme fait peur parce qu’il y a le mot "judiciaire" dedans. Mais nous avons simplement choisi de nous placer sous la protection de la justice car nous n’avons plus les moyens de répondre aux créanciers."

Terra Eco

En clair : Terra Eco ne peut plus payer les factures ; leur dette s’élève à moins de 300 000 euros. Pourtant, la campagne de financement participatif lancée en octobre dernier – et racontée ici – a été un franc succès : l’opération a permis de réunir en moins d’un mois plus de 110 000 euros via le site Ulule et la plate-forme J’aime l’info mais aussi d'attirer de nouveaux abonnés. Pour autant, le magazine n’a pas réussi à motiver les actionnaires actuels – dont Thierry Wilhelm, qui a investi également dans Mediapart, ou encore Xavier Niel, patron de Free – ou, mieux, à en trouver de nouveaux. Le titre est sous-capitalisé de l’aveu de Solon : "nous devons trouver un nouveau partenaire, et si possible un industriel de la presse". Des pistes ? Quelques-unes, ajoute Solon sans évoquer de nom.

En attendant de trouver ce financeur, le placement en redressement judiciaire permet d’étaler les dettes et de négocier avec les créanciers pour échelonner les paiements, le temps de trouver une solution : "nous n’étions pas sous la menace d’un fournisseur qui exigeait le règlement de ses factures, mais il nous fallait une respiration pour l’été, période difficile puisque les gens s’abonnent moins. Cette respiration nous permet d’être plus sereins" précise Solon. Autre avantage de ce statut : les salaires sont garantis par le régime AGS, un fonds de soutien qui prend le relais pour assurer les payes, qu’il faudra néanmoins rembourser.

Enfin, ajoute Solon, "le redressement judiciaire permet la nomination d’un administrateur pour nous accompagner" avant de nuancer : "nous sommes sous la protection de la justice mais nous en répondons également : si les comptes tombent dans le rouge ou que la dette se creuse, elle peut décider de stopper notre activité". Le tout est donc d’éviter la liquidation. Solon est confiant : "nous ne sommes pas dans le rouge, la courbe des abonnements ne cesse de monter, et surtout, l’équipe est toujours aussi motivée pour faire ce journal. Nous sommes loin de vouloir jeter l’éponge". Surtout à l’heure de la COP 21 qui se tient au mois de décembre où la question de l’écologie sera (enfin) à la Une.

>> L’occasion de plonger dans notre dossier L’écologie ça commence à bien faire !

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13h06 suivi

Russia Today utilise YouTube contre les médias occidentaux

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la rédaction le 01/08/2015

La Russie gagne-t-elle du terrain dans la "guerre de l'information" ? Depuis 2005, la chaîne à vocation internationale Russia Today lutte contre les médias occidentaux pour proposer une autre vision de l’actualité. Son important succès, appuyé par le Kremlin, repose notamment sur une utilisation stratégique de YouTube.

Sur le bandeau de la page d’accueil de la chaîne YouTube de Russia Today, le message est clair: "La chaîne d’information la plus regardée sur YouTube. Plus de 2 milliards de vues". Russia Today n'hésite pas à mettre en avant les chiffres qui illustrent son succès. Et qui inquiètent l’Amérique. L’Express se demandait ainsi mardi 28 juillet "Avec Russia Today, la Russie a-t-elle gagné la guerre de l'information?". En avril dernier, un rapport de l’institution en charge des médias publics américains, le Broadcasting Board of Governors, pointait aussi l’avance prise par la Russie sur les États-Unis dans la guerre de l’information. L’hebdomadaire relaie l’inquiétude exprimé dans ce rapport: "Nos concurrents qui véhiculent un message anti-américain sont en train de gagner la guerre de l'information qu'ils ont eux même lancée... La stratégie des médias américains doit être revue".


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Article de l'Express du 28/07

Russia Today est le fer de lance de cette offensive russe. La chaîne, lancée en 2005, émet désormais en huit langues différentes. Elle revendique traiter "des principaux problèmes de notre temps sous un angle destiné aux spectateurs qui veulent en savoir plus en soulevant des sujets souvent ignorés par les médias grand public pour produire un contenu qui sort de l’ordinaire. RT propose un point de vue alternatif sur tous les grands évènements du monde et offre au public étranger un aperçu de la position russe", comme indiqué sur RT France.

Un "aperçu de la position russe" ? Sans doute, mais surtout un outil diplomatique du Kremlin. En 2005, c’est Vladimir Poutine qui pousse à sa création pour améliorer l’image du pays, et fixe deux objectifs au nouveau groupe: "briser le monopole des médias anglo-saxons et dresser un portrait «non biaisé» de la Russie", rappelle L’Express. En fait, RT apparaît comme une chaîne qui maîtrise les codes télévisuels occidentaux de l'information en continu (newsroom, bandeaux, duplex, etc.) pour séduire un large public, dans l'objectif de servir une vision russe de l'actualité. Néanmoins, au sein même de la chaîne, certains dénoncent cette ligne éditoriale: en mars 2014, une journaliste avait ainsi démissionné en direct, en pleine crise ukrainienne.

La France, un "public plus réceptif" ?

Son succès, RT le doit surtout à YouTube, où elle diffuse ses vidéos et émissions. "Décrite par YouTube comme « surprenante » et comme « un des plus grands fournisseur d’actualités sur YouTube », la plateforme YouTube de RT est l’atout majeur d’une chaîne d’information axée sur la fourniture de contenus multimédias", relaie ainsi RT France. En mars dernier, le Washington Post revenait sur la manière dont la chaîne utilisait la plateforme de vidéos en ligne. En plus de la chaîne principale en anglais, sept chaînes sont consacrées à une région ou une langue spécifique, comme RT France ou RT Amérique. Or, pour chaque chaîne, RT dispose d’une stratégie spécifique. Elle publie ainsi moins sur RT Amérique ou RT Royaume-Uni que sur RT en Arabe, RT France, ou encore RT Allemagne (30-40 vidéos par semaine sur RT Amérique, contre 140 pour RT en Arabe). "La Russie semble avoir décidé de concentrer ses efforts sur des publics perçus comme plus réceptifs" explique le Wash Post.

L’analyse du Wash Post va plus loin, puisqu’il propose plusieurs graphiques présentant le pourcentage de vidéos et de vues selon le sujet traité pour chaque chaîne de Russia Today.


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Pourcentage de vidéos et de vues selon le sujet traité pour la chaîne RT Amérique

Sur la chaîne RT Amérique par exemple, plus de 70% des sujets concernent les États-Unis. Il n'y pas de sujets sur l'Afrique, l'Asie, l'Europe, et très peu sur la Russie ou l'Ukraine. Le Wash Post explique ces données "Sur la chaîne RT Amérique, les vidéos décrivent le gouvernement américain comme raciste, incompétent et abusif. Quand quelque chose se passe aux États-Unis qui pourrait alimenter les représentations anti-américaines, vous pouvez être sûr que RT Amérique le couvrira".


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Pourcentage de vidéos et de vues selon le sujet traité pour la chaîne RT France

Sur la chaîne RT France, les vidéos publiées traitent plutôt de l'Ukraine, de l'Europe et de la Russie. Les sujets sur l'Ukraine et la Russie sont ceux les plus visionnés par les internautes. "Le Kremlin estime que son message sur l'Ukraine a une plus forte probabilité de succès en Europe" explique le Wash Post. Concernant l'Europe, le journal américain poursuit : "Le parti pris anti-UE de RT est clair: il présente une attention toute particulière aux partis anti-UE que sont Podemos en Espagne et Syriza en Grèce".

(par Martin d'Aboville)


L'occasion de voir notre émission : Ukraine: "En occident, la propagande russe l'a emporté" - Journalistes contre blogueurs, deux logiques


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13h01 suivi

"Droit à l'oubli" mondial : Google dit non à la CNIL

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la rédaction le 01/08/2015

"Cette mise en demeure est disproportionnée et inutile." Google a annoncé le 30 juillet son refus d’étendre le "droit à l’oubli" européen au reste du monde. Depuis un l'arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) daté de mai 2014, Google est en effet tenu de supprimer de ses résultats des informations "non pertinentes, obsolètes ou inappropriées" à la demande de particuliers européens. Des suppressions que Google a mises en place, avec un formulaire dédié, mais qui ne concernent que les extensions européennes (.fr, .de, .es, etc.) et pas les autres versions (.org, .com ou .ru par exemple).

En juin, la Cnil avait toutefois mis en demeure Google de déréférencer les contenus sur toutes les versions du site, et pas uniquement sur les versions européennes, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 1,5 millions d’euros, rappelle Next Inpact. Pour la Cnil, les différentes extensions ne représentent que des "chemins d'accès" différents à un seul et même "traitement" des données. Le fait que des informations supprimées de certaines versions du moteur de recherche soient toujours accessibles sur d'autres est donc un manquement à la jurisprudence européenne, selon la commission.

NXi

Mais pour le moment, Google refuse : "Nous pensons qu’aucun pays ne devrait avoir l’autorité de contrôler les contenus auxquels une personne peut accéder depuis un autre pays, avançait hier l’Américain sur un de ses blogs. Cette mise en demeure est disproportionnée et inutile, l’écrasante majorité des internautes français – environ 97 % – accèdent aux versions européennes du moteur, comme Google.fr, plutôt que par Google.com ou toutes autres versions." Autre argument de poids, ce que Google appelle les "effets de bord" : "Il y a d’innombrables exemples où des contenus déclarés illicites par un pays sont légaux dans d’autres. La Thaïlande criminalise par exemple les propos qui critiquent son roi, la Turquie sanctionne ceux qui s’en prennent à Atatürk, la Russie réprime les discours qualifiés de propagande gay".

Conséquence : Google a demandé à la CNIL de retirer sa mise en demeure. "Ce différend devrait maintenant déboucher sur un nouveau contentieux, l’arrêt de la CJUE n’ayant pas clairement pris position sur la portée géographique du droit à l’effacement", conclut Next Inpact.

L'occasion de (re)voir : Droit à l'oubli - Google, le géant embarrassé

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18h41 suivi

Sondages Elysée : après Buisson mis en examen, Guéant impliqué ?

Par
Anne-Sophie Jacques le 30/07/2015

(Petite) accélération dans l’affaire des sondages de l’Élysée avec la mise en examen hier de Patrick Buisson et la probable implication de Claude Guéant dans ce même dossier, comme le révèle aujourd’hui Le Monde.

Tous les Républicains (ex-UMP) ne connaissent pas la trêve judiciaire dont Eric Woerth a bénéficié cette année. Et surtout pas Patrick Buisson, mis en examen hier dans l’affaire des sondages de l’Elysée. Une vieille affaire puisqu’elle remonte à 2009. Cette année-là, le lanceur d’alerte Raymond Avrillier – reçu l’an dernier sur notre plateau – demande à obtenir le détail des commandes de sondages passées par l’Elysée entre 2007 et 2009 à l’époque de Sarkozy. Bingo : non seulement on découvre la boulimie du président en termes de sondages mais aussi des contrats passés aux sociétés de Patrick Buisson et Pierre Giacometti, tous deux conseillers du président. L’association anticorruption Anticor porte plainte en 2012 pour favoritisme et détournement de fonds publics estimant qu’une bonne partie de ces sondages n'avaient pas d'intérêt public lié à la fonction présidentielle. L’affaire traîne – on faisait le point déjà l’an dernier – mais connaît un (petit) coup d’accélérateur donc avec la mise en examen de Buisson. Pour l’heure, Giacometti est toujours en garde à vue.

Autre personne interrogée en juin dans le cadre de cette enquête : l’ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant. Ce dernier s’est toujours défendu d’avoir participé à la commande de ces sondages. Patatras : le site du Monde révèle aujourd’hui qu’une note, sous forme de carte de visite, prouve que le contrat passé entre la société de Buisson et l’Elysée est bien passé entre ses mains avant d’être validé par Emmanuelle Mignon, chef de cabinet de Sarkozy.

Sondage elysée

Guéant n’est pas au bout de ses peines avec la justice : mis en examen en mars pour faux et blanchiment dans l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007 de Sarkozy (suite à l’étrange vente de deux tableaux dont nous vous parlions ici), Guéant est sous la menace d’une autre mise en examen mais cette fois-ci dans l’affaire Tapie. Comme le rapportait Le Monde le 17 juillet, "le parquet de Paris a demandé aux juges d’instruction de mettre en examen Claude Guéant pour son rôle présumé, quand il était secrétaire général de l’Elysée, dans l’arbitrage dont a bénéficié l’homme d’affaires Bernard Tapie."

>> L’occasion de revoir notre émission avec Raymond Avrillier, le lanceur d’alerte à l’origine de l’affaire des sondages de l’Elysée ou de relire les saisons 1 et 2 de notre série "mais bordel, on en est où des affaires ?"

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18h36 suivi

Plan B : plaintes contre Varoufakis

Par
Anne-Sophie Jacques le 30/07/2015

Varoufakis ministre, économiste, hacker, et maintenant traitre ? Les révélations sur le "plan B" fomenté par l’ancien ministre de l’économie grec en cas d’échec des négociations avec les créanciers se traduisent aujourd’hui par deux plaintes déposées auprès de la Cour suprême, l’une par le chef de file du parti Teleia, l’autre par un avocat qui accuse Varoufakis de trahison. L’ancien ministre, qui se défend d’avoir voulu mettre en action son plan, est soutenu par certains économistes dont James K. Galbraith et Jacques Sapir.

Après avoir révélé les contours du plan B imaginé par Yanis Varoufakis – la mise en place d’un système bancaire parallèle basé sur une monnaie provisoire comme nous le racontions ici – le journal conservateur Kathimerini est revenu sur le sujet hier en assurant que la Cour suprême grecque a transmis au Parlement deux plaintes déposées contre l’ancien ministre des finances. Selon Le Monde qui reprend l’information, la première est signée du chef de file du parti Teleia et accuse Varoufakis d’avoir exposé la Grèce à des représailles ; quant à la seconde, déposée par un avocat, elle l’accuse carrément de trahison.

Varoufakis

Le quotidien ajoute qu’une "troisième plainte pourrait être déposée par un groupe de cinq avocats s’il s’avère que des personnalités non politiques ont participé au projet. Elles seraient alors poursuivies pour violation de données privées, manquement à une obligation, appartenance à une organisation criminelle et violation des lois". En effet, dans l'échange de Varoufakis avec des membres d'un fonds d'investissement révélé par Kathimerini, l'ancien ministre raconte avoir sollicité un ami d’enfance pour l’aider à pirater les installations de l’administration fiscale. Cet ami – "personnalité non politique" visée par cette menace de plainte – est spécialiste en sécurité informatique à l’université de Columbia. Si on ne connaît pas son identité, on suppute, selon Le Monde, qu’il s’agit de "Michalis Hatzitheodorou, secrétaire général des systèmes informatiques. Ce dernier a formellement démenti ces accusations mardi dans un communiqué".

Varoufakis a répliqué  sur son blog à l’accusation de trahison, "bizarres allégations" qui reflètent selon lui la volonté de discréditer cinq mois de négociations avec la Troïka. Pourtant, ajoute-t-il, "il est évident que le gouvernement grec a le devoir de récupérer la souveraineté nationale et démocratique sur tous les départements de l’État, et en particulier ceux du ministère des Finances. S’il ne le fait pas, il continuera à confisquer les instruments de l'élaboration des politiques que les électeurs attendent à utiliser dans la poursuite du mandat qu'ils lui sont dévolues".

C’est sur son blog aussi que James K. Galbraith donne sa version de l’affaire du plan B comme le note le site de L’Obs. L’économiste raconte sa collaboration avec Varoufakis et un groupe de travail afin d’étudier "les questions opérationnelles qui se poseraient si la Grèce était contrainte d'émettre une monnaie parallèle voire de quitter l'euro". En aucun cas, précise-t-il, ces travaux n’avaient pour but de précipiter la sortie de la Grèce de l’euro, mais bien de se préparer à cette éventualité. De même, ce plan B n’avait pas pour objectif de jouer un rôle dans les négociations entre la Grèce et les créanciers. L’économiste assure avoir achevé cette collaboration en mai et que le groupe de travail a rendu un long mémorandum exposant les différents scénarios. Il tient également à préciser que ce travail n'était ni officiel, ni rémunéré.

Un long mémorandum dans lequel, croit savoir Jacques Sapir, le système de paiements parallèle n’était que l’un des éléments du plan B. Sur son blog, l’économiste assure que "la réquisition des banques et de la Banque Centrale, dans le cadre des pouvoirs d’urgence qu’auraient dû réclamer Tsipras, en faisait partie. Dans les conversations que j’ai eues avec des membres du cabinet, j’ai expliqué qu’il fallait être conscient que ces mesures de réquisitions constituaient une rupture des traités, et qu’il fallait les présenter comme une réponse aux actions illégales de la BCE envers la Grèce". Une explication qu’il avait déjà formulée face à Jean-Luc Mélenchon lors de notre émission consacrée à l’hypothèse d’une sortie de l’euro.

Autre émission à voir ou à revoir : Grexit: "en théorie, je suis pour. Mais j'ai peur de ce chaos-là"

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18h33 flash

Pernaut partage un statut anti-immigrés sur Facebook

Par
la rédaction le 30/07/2015

Jean-Pierre Pernaut n'est pas content. Hier, via sa page Facebook, le présentateur phare du JT de 13h sur TF1 a poussé un coup de gueule, visant le gouvernement français. Problème : quelques curieux ont poussé plus loin la lecture et découvert que le présentateur n'hésitait pas à partager, sur sa page Facebook, des articles de sites complotistes et une photo stigmatisant les étrangers, reprise par le FN.

Jean-Pierre Pernaut aurait peut-être dû se taire. En vacances, le présentateur a poussé un coup de gueule sur Facebook, mécontent que le roi d'Arabie Saoudite ait réussi à faire privatiser une plage publique, à Vallauris. "C'est ballot ! J'aurais dû penser à faire privatiser ma plage le temps des vacances... Mais là où je suis l'Administration fait le contraire. Elle emmerde les plagistes (et les vacanciers) en multipliant les contrôles, en mesurant la distance des matelas de la mer, la largeur des espaces, qui ont été réduits cette année, 6 000 emplois perdus cet été sur le littoral...".


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Le coup de gueule de Pernaut sur Facebook

La publication a été reprise par la plupart des médias français, avant que le profil du présentateur ne devienne inaccessible. Contacté par Francetvinfo, le présentateur a confirmé être l’auteur du post, et déclaré "Je ne comprends pas, je n'arrive pas à me connecter à Facebook". Dans la soirée, il publiait un post pour annoncer que son compte avait été "rétabli", en commentant la nouvelle d’un "Bizarre !" suspicieux. A un commentaire sur ce même post "On a censuré ton coup de gueule?", Pernaut a répondu avec ironie: "Non bien sur. Dans une démocratie, pas de censure ! C'est ça... Bug informatique... Ca colle mieux..,".


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Compte rétabli dans la soirée du 29...


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...suite à la censure?

Manque de chance : quelques curieux ont continué la lecture du profil Facebook de Jean-Pierre Pernaut. Et au milieu des nombreuses publications auto-promotionnelles, renvoyant au 13h de TF1, ou en lien avec les sports automobiles, BuzzFeed a déniché deux posts qui interpellent.

Le premier est un article de Media Presse Info, site proche des catholiques traditionnalistes, intitulé "La France rurale est plus pauvre que les banlieues mais on n’y brûle pas de voitures…". Dans cet article, le site reprend un extrait de l'émission "C dans l'air", diffusée le 13 avril 2010, dans lequel le criminologue Xavier Raufer explique que la vraie misère, en France, n'est pas en Seine-Saint-Denis mais dans le Cantal et dans la Creuse. "Des propos de bon sens qui font du bien", pour Media Presse Info et visiblement Pernaut.


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L'article dont l'origine laisse à désirer...

Une photo discriminant les immigrés a été également partagée le 13 juin dernier par le présentateur. BuzzFeed précise que le cliché "a été largement relayé par la fachosphère à l’instar du site ouvertement islamophobe Riposte Laïque. Lors de la dernière campagne pour les élections départementales, la candidate FN dans le 86 avait également partagé cette même publication".


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Une photo habituellement visible sur des sites de la fachosphère

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18h29 vous n'êtes pas obligés

Filippetti enceinte : Match à nouveau attaqué

Par
la rédaction le 30/07/2015

Paris Match et le couple Montebourg-Filippetti, c'est une grande histoire d'amour. Après avoir révélé leur idylle en septembre 2014, l'hebdo annonce cette fois, photos à l'appui, la grossesse d'Aurélie Filippetti. Comme l'année dernière, le couple va porter plainte pour "photos volées".


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Capture Paris Match

Après San Francisco, en 2014, Match continue de suivre de (trop ?) près les aventures du couple Montebourg-Filippetti. Cette fois, le vice-président d'Habitat France et la députée de Moselle sont en Grèce et, scoop, Filippetti est enceinte. "Les enfants terribles du gouvernement s’apprêtent à devenir des parents heureux". écrit Match, photos du couple au bord de la piscine de leur hôtel en Grèce à l'appui.

Contactée par Le Lab, Aurélie Filippetti parle de "photos volées" et annonce "lancer une procédure" contre le magazine. Ce n'est pas la première fois : en septembre 2014, après la publication de photos montrant une certaine proximité entre les deux anciens ministres, Filippetti et Montebourg avaient décidé d'engager des poursuites judiciaires à l'encontre de l'hebdo pour "atteinte à l'image et à la vie privée".


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Paris Match, septembre 2014

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18h54 lu

Canal+ : documentaire censuré par Bolloré (Society/Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 29/07/2015

Première censure à Canal+ sous l’ère de son nouveau propriétaire Vincent Bolloré. Selon le magazine Society daté du 24 juillet, la diffusion d’un documentaire sur une filiale suisse de la banque Crédit mutuel, pourtant validée mi-mai par la direction de Canal+, a finalement été annulée. L’info est confirmée aujourd’hui sur le site de Mediapart, co-auteur de cette enquête passée à la trappe. Visiblement, un coup de fil du nouveau propriétaire de la chaîne a suffi pour stopper la diffusion de ce documentaire embarrassant pour le patron du Crédit mutuel, un des principaux partenaires financiers du groupe Bolloré.

Si début juillet les médias et les politiques s’inquiétaient pour les Guignols de l’info– qui finalement restent sur Canal+ en crypté et passent en clair sur Dailymotion, tout récemment acquis par… Bolloré– il a fallu attendre un paragraphe au détour d’une longue enquête que consacre le magazine Society à Vincent Bolloré pour découvrir que le nouveau propriétaire de la chaîne a joué des ciseaux courant mai. Selon le magazine sorti en kiosque le 24 juillet, un documentaire consacré à une filiale suisse du Crédit mutuel, pourtant validé par la direction de la chaîne, n’a finalement pas été diffusé : "cette enquête, menée de concert par Mediapart et l’équipe investigation de la société KM production, retrace l’affaire dite de la Banque Pasche", nom de la filiale suisse du Crédit mutuel soupçonnée d’organiser l’évasion fiscale de certains de ses clients. Un soupçon qui pèse également sur la banque UBS comme le racontait récemment sur notre plateau Stéphanie Gibaud, une de ses anciennes employées et témoin de ces exactions.

Pourquoi refuser de diffuser ce documentaire ? Society avance une hypothèse "évoquée en coulisses : Vincent Bolloré ne souhaiterait pas mettre en porte-à-faux ses «amis» du Crédit mutuel avec ce documentaire qui, finalement, sera diffusé à la rentrée… sur France 3". Mais quand le magazine se demande si c’est un hasard ou une coïncidence, Mediapart est aujourd’hui catégorique : cette décision a bel et bien été prise par Bolloré en personne. Dans un article publiéaujourd'hui, le site d’information – partenaire du documentaire donc et à l’origine de plusieurs enquêtes sur cette filiale du Crédit mutuel – assure que "c’est par un simple coup de fil à Canal+ que Vincent Bolloré a signé l’acte de décès du documentaire, selon plusieurs sources internes".

Bolloré Mediapart

L’information est également appuyée par le témoignage de l’avocate des lanceurs d’alerte à l’origine de l’affaire du Crédit mutuel, Sophie Jonquet. Cette dernière, citée par Mediapart, "apprend la censure de la bouche d’un ami, qui se trouve être un cadre supérieur travaillant pour la banque mutualiste. «Il me dit de manière très claire et sans détour que le film ne sera pas diffusé et que Bolloré avait fait droit aux demandes de Michel Lucas. Je n’en revenais pas»".

Selon Mediapart, le documentaire, intitulé Évasion fiscale, une affaire française, était pourtant programmé dans l’émission d’enquête Spécial Investigation le 18 mai comme en témoigne un communiqué de Canal+. De même, "le film (qui contient plusieurs révélations embarrassantes pour la banque mutualiste) avait été validé par la direction des programmes et le service juridique de la chaîne". Mais un coup de fil a eu raison du sort de ce programme. L’intervention de Vincent Bolloré fait le tour de la direction de Canal+ qui découvre que le propriétaire de la chaîne a "fait valoir ses liens d’amitié avec Michel Lucas, le patron du Crédit mutuel". Par ailleurs, la banque "est l’un des principaux partenaires financiers des activités du groupe Bolloré". C’est le Crédit mutuel qui a notamment garanti l’OPA amicale de Vivendi (dont le conseil de surveillance est présidé par Bolloré) pour prendre le contrôle total de Canal+ le 12 mai dernier.

Canal+

Mais pourquoi avoir attendu pour raconter cette censure ? Contacté par @si, Fabrice Arfi, auteur de l’article, explique qu’au mois de mai, il n’avait pas encore toutes les informations. De plus, il attendait la confirmation de la diffusion du documentaire dans le magazine Pièces à conviction sur France 3 pour révéler l’information. A priori, la chaîne publique n’a encore rien signé formellement. C’est la révélation signée Society qui a poussé Mediapart à publier l’information plus tôt que prévu.

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19h12 à l'étranger

35 femmes en Une de "New York Magazine" contre Bill Cosby

Par
Robin Andraca le 28/07/2015

35 femmes assises et une chaise vide : la Une du New York Magazine, cette semaine, a fait parler d'elle. Le magazine hebdomadaire publie le témoignage de 35 femmes qui accusent Bill Cosby, -créateur en 1969 de la première sitcom mettant en scène une famille noire The Cosby Show-, d'agressions sexuelles et de viols.


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Elles sont assises, les bras repliés sur les genoux et fixent le lecteur : elles sont 35, parmi les 46 qui depuis des années accusent Bill Cosby d'agressions sexuelles, à avoir accepté de poser pour New York, magazine de référence aux Etats-Unis dans lequel Tom Wolfe, écrivain américain, aimait bien faire crisser la plume dans les années 70. Un magazine autrefois propriété de Rupert Murdoch (aujourd'hui contrôlé par les enfants du banquier d'affaires Bruce Wassertein) distribué toutes les deux semaines et qui, comme son nom l'indique, contient essentiellement des articles politiques et culturels sur la ville et l'Etat de New York.

35 femmes sur cette couverture mais pas seulement : il y a aussi cette chaise vide, laissée là au cas où d'autres femmes voudraient s'y asseoir, et qui a inspiré à Twitter le hashtag #TheEmptyChair, où des personnes ayant subi des agressions sexuelles dans d'autres contextes ont partagé leur expérience. Et enfin ce titre : "Cosby. Les femmes. Une communauté indésirable". Les membres de cette "communauté" racontent, à l'intérieur du magazine, leur expérience et la difficulté de briser le silence. "J’aurais pu marcher dans n’importe quelle rue de Manhattan, et dire, n’importe où : « J’ai été violée et droguée par Bill Cosby ». Mais qui au monde m’aurait crue ? Absolument personne", explique par exemple Barbara Bowman, 48 ans. Elle avait 17 ans, dans les années 80, elle voulait alors devenir actrice.

Joyce Emmons a croisé, elle, Bill Cosby à la fin des années 70, elle travaillait alors dans un comedy-club. Un soir, souffrant d'une terrible migraine, elle demande à Cosby l'équivalent d'un cachet d'aspirine. "Il a dit : « J'ai quelque chose de beaucoup plus fort ». Je lui ai dit : « Tu sais, je ne prends pas de drogue ». Il m'a dit : « Tu es l'une de mes meilleures, est-ce que je te ferais du mal ? ». Un témoignage qui ressemble à celui de Jewel Alisson, ancienne mannequin de 52 ans et qui raconte : "Il m’a demandé si je voulais un verre de vin. J’en ai bu quelques gorgées. Il avait un goût horrible. Et j’ai commencé à ne pas me sentir bien".

Obama a déjà tranché

Bill Cosby a toujours rejeté ces accusations et n'a jamais été inculpé. Une seule femme, jusque-là, a tenté d'assigner l'acteur en justice : Andrea Constand. Cette ex-directrice du club de basket de Temple University -où Cosby étudiait- affirmait en 2005 avoir été violée et agressée par l'acteur. Un non-lieu avait été prononcé mais selon des documents judiciaires rendus publics par les autorités américaines le 6 juillet 2015, Cosby, interrogé par l'avocate de Costand, avait reconnu s'être procuré des sédatifs dans l'intention de les donner à des femmes avec lesquelles il voulait avoir un rapport sexuel.

Présomption d'innocence ou pas, Barack Obama, lui, a déjà tranché : "Si vous donnez à une femme, ou un homme d'ailleurs, une drogue sans qu'il ou elle en ait connaissance, puis que vous avez une relation sexuelle avec cette personne, sans son consentement, c'est un viol", a expliqué le 15 juillet dernier le président américain. Une procédure civile est toujours en cours : elle oppose Cosby à Judith Huth, qui accuse l'acteur de l'avoir agressé alors qu'elle était mineure, en 1974.

Avant la couverture de "New York", le sketch anti-cosby d'un comique américain

Ironie de l'histoire : malgré les accusations qui se multiplient depuis des années, c'est le sketch d'un... homme qui avait permis à ces accusations de remonter à la surface médiatique. Il s'appelle Hannibal Buress, il est comique et vient de se voir attribuer son propre late-show sur la chaîne Comedy Central. En 2014, il n'avait pas hésité à traiter Cosby de "violeur" sur scène dans une tirade filmée par un spectateur, postée sur le web et devenue virale par la suite. "Une femme peut ne pas être crue pendant trente ans, mais il suffit d'un homme ?", s'interroge aujourd'hui dans New York Magazine l'une des 35 victimes présumées, Victoria Valentino.

Le sketch en question

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19h10 à l'étranger

GB : le Sun fait tomber "Lord Cocaïne"

Par
la rédaction le 28/07/2015

Le nez dans la farine : des photos et vidéos de Lord John Sewel, ancien ministre de Tony Blair, en train de consommer de la drogue en compagnie de prostituées ont été révélées par The Sun, dimanche 26 juillet. Face aux critiques, l’homme politique a démissionné de la Chambre des lords britannique.


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L'une des photos publiée par The Sun

Il était membre de la Chambre des lords britannique et vice-président de l’institution. En trois jours, John Sewel, ancien ministre de Tony Blair, a perdu beaucoup : dimanche, le tabloïd The Sun publie des vidéos et photos le montrant en compagnie de prostituées, et consommant ce qui ressemble à de la cocaïne. Lundi, pressé par la présidente de la Chambre, il quittait son poste de vice-président. Face aux critiques, il s’est résigné aujourd’hui à quitter l'institution.

Comme le rapporte Francetv, l’affaire a fait scandale outre-Manche : "Soupçons d'usage de drogue, recours à la prostitution, propos racistes et attaques virulentes d'hommes politiques : tous les éléments sont rassemblés pour faire scandale au Royaume-Uni." Que voit-on dans ces photos et sur cette vidéo ? L’homme politique sniffer avec un billet de 5 livres ce qui apparaît être de la cocaïne, discuter avec des prostituées ou encore tenir des propos discriminants à l’égard des femmes asiatiques: "Elles ont l'air innocentes mais ce sont des putes". Avant de balancer sur une partie de la classe politique britannique : le premier ministre David Cameron est ainsi qualifié de "plus facile et superficiel Premier ministre qu'il y ait jamais eu". Le maire de Londres, Boris Johnson, quant à lui est "un crétin d'école privée de la haute", et Tony Blair, dont il a été le ministre se serait "planté sur la guerre en Irak parce qu'il est en quelque sorte tombé amoureux de George W. Bush". Le Monde précise que ses confrères de la Chambre des lords ont aussi été visés par, Sewel n'hésitant pas à la qualifiier de "voyous" et de "voleurs".

 


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Une du Sun datée du 27/07

Le quotidien français explique en quoi cette démission était inéluctable : "Le scandale provoqué par la diffusion des clichés où il inhalait de la poudre blanche a été d’autant plus vif que Lord Sewel présidait la commission de l’immunité et de la tenue, chargée de mettre en œuvre les règles de bonne conduite, prévenir les conflits d’intérêt et vérifier le bon usage des indemnités parlementaires."

The Sun a donc fait tomber John Sewel. Et le quotidien est visiblement bien renseigné sur la vie privée de l’homme politique puisqu'il vient, aussi, de révéler une relation adultère qu'il aurait eu avec une présentatrice vedette de la BBC... 

(par Martin d'Aboville)

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13h25 suivi

"Donald Trump, c'est nous" (Huff Post)

Par
la rédaction le 28/07/2015

Comment expliquer le sucès de Donald Trump, candidat à l'élection présidentielle américaine de 2016, en tête des sondages dans le camp républicain, risée et attrape-clics des médias ? Le directeur de la version américaine du Huffington Post, qui a décidé de traiter la campagne de Trump dans sa partie "divertissement" et non "politique", émet plusieurs hypothèses dans une tribune publiée hier.


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"C’est triste à dire, mais Trump, c’est nous". Howard Fineman, directeur de la version américaine du Huffington Post en est persuadé : si Trump est actuellement en tête des sondages dans le camp républicain, alors que l'élection présidentielle aura lieu en novembre 2016, c'est qu'il ressemble aux électeurs américains, et plus encore, à son époque. "A bien des égards, il n’est que le résultat logique de courants corrosifs qui n’ont cessé de prendre de l’ampleur dans l’arène politique au cours de ces dernières décennies. Même si nous ne voulons pas l’admettre, nous avons largement contribué aux conditions qui lui permettent de s’épanouir", estime Fineman.

En quoi Trump ressemble-t-il aux électeurs américains ? Dans la défiance que les deux camps partageraient, vis à vis du gouvernement américain, estime Fineman. Pour lui, le succès de la série télévisée House of Cards (ce monde politique dominé par le calcul et le cynisme, décrypté sur notre plateau en avril 2014) serait même symptomatique de cette défiance : "Il en va de même pour ce qui concerne la culture populaire. Le personnage principal de la série à succès House of Cards, plusieurs fois récompensée, est un président criminel qui urine sur la tombe de son père et crache sur une statue de Jésus".

"Il est fait pour les rafales de Twitter, où les conflits éclatent en tout anonymat"

Surtout, selon le directeur du Huff Post US, Trump serait "l'homme d'une époque, d'une ère où les accusations et le divertissement sont rois (...) Il est fait pour les rafales de Twitter, où les conflits éclatent en un instant et en tout anonymat". Le journaliste relève d'ailleurs que Trump a 3,34 millions d'abonnés sur le réseau social, plus que n'importe lequel de ses rivaux républicains.

Les médias, selon lui, jouent aussi un rôle important dans la montée en puissance du candidat Trump (au moins dans les sondages) : "Les médias en général et la télé en particulier (surtout le câble) n’arrivent jamais à détacher leurs yeux et leurs caméras d’un accident de la route. Trump est un crash qui n’en finit pas, mêlant controverses, accusations, irascibilité et foutaises. En plein calme estival, quand les audiences du câble sont en berne, c’est du pain béni".

Du pain béni que la version américaine du HuffPost a décidé de traiter dans sa rubrique... divertissement, et non politique. "Notre choix est simple : la campagne de Trump est un vrai cirque. Nous ne mordrons pas à l'hameçon. Si ce que dit Trump vous intéresse, vous le trouverez aux côtés des Kardashians et de l'émission du Bachelor", s'était justifié Danny Shea, directeur éditorial du site. Et le HuffPost tient bon. La preuve : la tribune de leur patron a été publiée dans la partie... divertissement !

L'occasion de relire notre article : "Où s'arrêtera donc la plaisanterie Donald Trump ?".

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18h34 suivi

Système bancaire parallèle : le "plan secret" de Varoufakis fait des vagues

Par
la rédaction le 27/07/2015

Après Varoufakis ministre et économiste, Varoufakis hacker ? Dans un échange avec des membres de fonds d’investissement, l’ancien ministre grec de l’économie Yanis Varoufakis précisait il y a deux semaines les contours de son "plan B" en cas d’échec des négociations avec les créanciers. Des propos, retranscrits par le quotidien grec Ekathimerini (distribué avec l’édition internationale du New York Times), jugés "surprenants", "incroyables" voire "explosifs" par la presse française.

Varoufakis1

Lors de l’échange téléphonique avec ces membres de fonds d'investissements, qui a eu lieu le 16 juillet – soit une semaine après sa démission -, Varoufakis décrit en effet un plan qui aurait impliqué de "pirater" le système de l’administration fiscale pour mettre en place un "système bancaire parallèle". "Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l'Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques", explique la Tribune. Un système basé sur une sorte de monnaie provisoire donc, aussi appelée "IOUs".

Ce système serait revenu à "créer un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l'action agressive de la Banque centrale européenne visant à nous étrangler (…) C’était particulièrement bien développé et nous aurions pu faire une grosse différence, estime Varoufakis, puisque très vite on aurait pu l’étendre, en utilisant des applis pour smartphones. Bien sûr ce serait formulé en euro mais en un clin d’œil il pourrait être converti en nouvelles drachmes".

Plus surprenant : pour arriver à ses fins, Varoufakis explique avoir fait appel à un ami d’enfance spécialisé en sécurité informatique à l’université de Columbia, pour pirater les installations de sa propre administration. Ce dernier n’aurait cependant pas réussi à pirater certains logiciels, alors sous contrôle de la Troika.

"Schaeuble a un plan"

Interrogé par le Telegraph sur ces échanges, Varoufakis a reconnu leur authenticité mais regrette "la récupération" qui en est faite en Grèce. "Ils veulent me faire passer pour un escroc et me faire tomber pour trahison. C'est une tentative d'annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l'Histoire", avance-t-il, rappelant qu’il a toujours été opposé à la sortie de son pays de l’euro. L'économiste fait référence à l'opposition, qui demande une enquête du gouvernement, et à certains élus qui l'ont accusé de trahison. Dans le même article, on apprend enfin que c’est le refus de Tsipras de mettre en place le plan Varoufakis le soir du "non" grec au référendum qui a causé la démission du ministre.

En dehors de ce plan B, un autre passage (moins repris) de la retranscription d’Ekathimerini donne une idée de la position allemande et française vue par Varoufakis et évoque un autre plan plus ou moins secret, mais allemand cette fois. "Schaüble [le ministre allemand des finances] a un plan. […] Il pense que l’eurozone n’est pas viable comme elle est. Il pense qu’il faut des transferts fiscaux, et un certain degré d’union politique. Mais il pense que pour cette union fonctionne sans fédéralisme, sans la légitimité d’un parlement fédéral élu, il faut mettre en place une discipline stricte pour y arriver. Et il m’a dit explicitement que le Grexit lui donnerait ce pouvoir de négociation, un pouvoir de la terreur suffisant pour imposer aux Français une idée à laquelle Paris résistait. Laquelle ? Transférer une partie du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles."

L'occasion de voir notre émission Grexit: "en théorie, je suis pour. Mais j'ai peur de ce chaos-là"

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18h04 flash

Rachat RMC et BFMTV : Drahi en règle avec la loi anti-concentration

Par
Vincent Coquaz le 27/07/2015

Quand Libération rejoint BFMTV (et RMC, L'Express, L'Expansion ou encore i24news). L'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi, qui multiplie depuis quelques mois les acquisitions, veut désormais absorber BFMTV et RMC. Ce matin, l'AFP rapportait que la holding du milliardaire, Altice, nouait un "partenariat stratégique avec NextRadioTV, le groupe d'Alain Weill, en vue, à terme, de le racheter". Concrètement, une "nouvelle société sera créée, dans laquelle seront transférés tous les actifs de NextRadioTV" précise Le Monde. Cette société sera "détenue à 51% par M. Weill et à 49% par Altice Contents, une filiale créée pour l’occasion par Altice Média, elle-même détenue par la maison mère Altice" précise le quotidien, soulignant que cette "cascade de holdings" est une spécialité de Drahi. Dès 2019, Drahi disposera en outre d'une option de rachat sur l'ensemble des actions aujourd'hui détenues par Weill ("en d’autres termes, cela signifie qu’Altice achèvera le rachat total de NextRadioTV dans quatre ans", note Le Monde).

Monde1

La liste des médias détenus par Drahi, par ailleurs propriétaire de SFR-Numéricable et Virgin Mobile, est désormais interminable. En plus de NextRadioTV (BFM TV, BFM Business, RMC, RMC Découverte mais aussi le site 01Net/Telecharger.com), le milliardaire possède déjà Libération, L'Express, L'Expansion, Mieux vivre votre argent, Point de vue, Studio Cinélive, L'Etudiant et la chaîne franco-israélienne i24news, énumère NextInpact. Et il y a quelques jours à peine, Altice annonçait être entré en négociations exclusives pour le rachat de Stratégies, Coiffure de Paris et Cosmétique Mag.

Drahi et la règle du "deux sur trois"

Cette liste impressionnante pose évidemment la question de la concentration, régulée dans le secteur des médias en France. La loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication (aussi appelée loi Léotard) consacre notamment le principe de "deux sur trois" qui empêche en principe à un même groupe d'être présent dans la radio, la télévision et la presse quotidienne. Or avec BFMTV, RMC et Libération, Drahi serait précisément sur les trois fronts.

Heureusement pour l'homme d'affaires, les règles anti-concentration, bien que jugées trop strictes par certains patrons de presse, sont en fait plutôt permissives. La règle de "deux sur trois" ne vaut ainsi que si l’opérateur détient "une ou plusieurs publications quotidiennes imprimées d'information politique et générale représentant plus de 20 % de la diffusion totale, sur le territoire national, des publications quotidiennes imprimées de même nature". Concernant NextRadioTV, le seul quotidien détenu est Libération. Or, avec un tirage inférieur à 100 000 exemplaires, le quotidien est bien loin des 20% de la diffusion totale des publications quotidiennes (les cinq plus grosses publications représentant à elles seules plus d’un million d’exemplaires).

Concernant i24news, BFMTV et RMC Découverte (mais aussi Numéro23, en cours de rachat par NextRadioTV), Drahi ne devrait pas non plus être inquiété : les dispositions anti-concentration ne concernent que les chaînes hertziennes (ce qui n'est pas le cas d'i24news) et il est possible de détenir jusqu'à sept autorisations de diffusion de services sur la TNT à condition que "ces services soient édités par des sociétés distinctes". Un jeu d'enfant pour Drahi, spécialiste ès filiales.

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15h07 lu

Enderlin (F2) : "Le conflit israélo-palestinien n'intéresse plus tellement"

Par
Justine Brabant le 27/07/2015

Sur le point de prendre sa retraite après 34 ans comme correspondant de France 2 à Jérusalem, le journaliste Charles Enderlin livre au JDD et à l'Obs son analyse du conflit israélo-palestinien. Il revient sur l'affaire al-Dura, sur la deuxième intifada, et estime que le conflit "n'intéresse plus tellement" les rédactions aujourd'hui.

Comment devient-on l'emblématique correspondant à Jérusalem de France 2 ? Dans le cas de Charles Enderlin, en allant passer six mois dans un kibboutz pour "un projet citoyen" après avoir été viré de la fac de médecine. C'était en 1968. Ce sont les premiers pas du reporter dans une région du monde où il passera ensuite 34 ans de sa vie comme journaliste. Il commence à piger pour France 2 en 1981, puis est titularisé en 1988.


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Ces trente années ont été notamment marquées, pour le reporter, par la deuxième intifada : "Pour les équipes israéliennes et palestiniennes qui travaillaient pour France 2, il y a eu un moment où cela a été très difficile, raconte Enderlin au JDD. On a même envisagé de mettre en place une cellule psychologique."

Episode marquant de cette deuxième intifada : l'affaire al-Dura, du nom de cet enfant palestinien de douze ans mort en septembre 2000 dans les bras de son père, filmé par un caméraman de France 2 (notre point complet ici). Enderlin dira dans son commentaire que les balles provenaient "de la position israélienne". Version contestée par un général israélien, par un reportage diffusé sur une chaîne publique allemande et par des agences ou sites de "réinformation" sur Israël, mais maintenue par le journaliste qui attaque en justice ses détracteurs. Quel regard porte-t-il aujourd'hui sur cette affaire ? "Je ne retire pas une virgule, assure-t-il à l'Obs. Mon seul regret, c'est d'avoir attaqué en justice, car les juges sont parfois imprévisibles et on n'en sort jamais."

Au moment de laisser son poste au journaliste Franck Genauzeau, Enderlin semble avoir un regret : l'intérêt déclinant des rédactions pour le conflit israélo-palestinien. "Le conflit israélo-palestinien n’intéresse plus tellement. J’ai vu des bureaux littéralement fondre. Les grandes chaines américaines (ABC, NBC, CBS), à l’exception de CNN et Fox, n’ont maintenant plus qu’un “Young Correspondant” sur place", relève-t-il. Avec Enderlin s'en va "le plus beau carnet d'adresse de la région", assure l'Obs.

L'occasion de relire notre point sur l'affaire al-Dura, et de revoir notre émission avec Charles Enderlin.

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14h31 lu

Applis et sites font des vagues dans le surf (Le Monde)

Par
la rédaction le 26/07/2015

Internet va-t-il ruiner la résistance organisée par une bande de surfeurs de Tarnos, dans le sud des Landes, qui refusent depuis des années de partager leurs vagues avec les touristes ? C'est tout l'enjeu d'une palpitante (et excellente) enquête publiée dans Le Monde magazine.


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Cette semaine, Le Monde Magazine nous emmène dans le sud-ouest de la France, où une guerre de territoire fait rage sur les plages : les locaux font la guerre aux touristes qui voudraient surfer les mêmes vagues qu'eux. Une guerre perturbée par l'arrivée d'un nouvel acteur : Internet, ses sites et ses applications gratuites telles que "Wind Guru" qui indiquent les meilleurs spots pour surfer. "C’est comme si une application te disait les bons coins à cèpes ou à truffes", explique au Monde Erwann Lameignère, éditeur de Hotdogger, revue spécia­lisée dans la culture surf. "Les gens regardent une webcam pendant cinq minutes, mais ne vont pas voir la mer, alors que c’est un sport du regard et qu’un bon surfeur a un sens marin".

Parmi ces sites Surf-Report.com, qui annonce plus de trois millions de pages vues chaque mois, avec lequel Gérard Duval, 52 ans, a eu le malheur de collaborer en publiant des bulletins météo quotidiens contre un peu de publicité pour son magasin de planches. Très rapidement, les messages d'insulte s'empilent sur la page Facebook d'un surfeur local. "Qu’il nous pourrisse pas la maison, ça va mal se passer", "Le mec va avoir toute la côte de Tarnos contre lui, il veut couler sa boîte ou quoi ?", "Prends un bon avocat, ou sinon un très bon dentiste… et prévois de sortir la nuit parce que le jour on va te voir !" ou encore "Ça sent l’incendie aux Forges", son quartier. Le site, qui étudierait un rapprochement avec le mensuel de référence Surf Session, racheté en juin dernier par l'ancien propriétaire de Libé Bruno Ledoux, cesse rapidement sa collaboration avec celui qui est aussi originaire de la région.

Devant l'afflux des menaces, Duval alerte les gendarmes puis Sud-Ouest qui titrait, début mai : "Surf à Tarnos : il subit la guerre des spots". C'est ensuite au tour de M6 et de RTL de débarquer dans la région, quelques jours plus tard. Et puis Le Monde.


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Capture d'un article de Sud-Ouest, publié le 06/05/2015

Personne ne s'est finalement attaqué à la dentition de Duval et sa plainte s'est soldée par la convocation à la gendarmerie de quelques uns des auteurs des messages sur Facebook. "Le shaper de Tarnos n’a pas repris ses bulletins météo sur Surf Report, mais il a trouvé refuge chez un concurrent, AlloSurf, signant ses prévisions et ses nouvelles photos d’un provocateur« votre dévoué reporter »", conclut Le Monde.

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11h32 ça reste à vérifier

Non, Merkel ne s'est pas évanouie à l'opéra !

Par
Robin Andraca le 26/07/2015

Angela Merkel a-t-elle perdu connaissance, hier, lors de l'ouverture du festival d'opéra de Bayreuth ? La nouvelle a fait les gros titres des sites allemands, avant d'être reprise par plusieurs médias français. Problème : la chancellière, visiblement, ne s'est pas évanouie.


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La Une du site de Bild, hier soir : "Choc à Bayreuth : Merkel s'effondre !"

Que d'émotions ! Samedi soir, la presse en ligne allemande était en émoi. Et pour cause : la chancellière, qui assistait ce soir-là à l'ouverture du prestigieux festival d'opéra de Bayreuth (elle n'a loupé qu'une seule des dix dernières éditions) se serait évanouie pendant l'entracte, au bar de l'opéra. Venue assister à la représentation de Tristan et Iseult, mise en scène par Katharina Wagner, arrière petite-fille du compositeur, elle aurait fait un malaise et serait tombée de sa chaise aux alentours de 19h. C'est en tout cas ce qu'affirmait hier le site de Bild, suivi de près par le Spiegel et Focus Online.

En France, Le Parisien, Gala et le site TF1 (qui se base sur une dépêche AFP) ont repris le malaise de la chancelière :


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Seulement voilà, il semblerait que dans sa chute Merkel ait entraîné aussi quelques médias : en effet, la chancelière n'a vraisemblablement jamais fait de malaise devant Wagner (en tout cas, pas hier soir). Ainsi, les sites du Spiegel et de Focus Online, premiers hier sur le malaise, font marche arrière depuis ce matin. La réalité serait moins dramatique : la chancelière aurait simplement glissé d'une chaise défectueuse pendant une pause café. Selon le porte-parole de Merkel, cité par la version allemande du Huffington Post, "la chancelière a vacillé à cause de l'état de sa chaise". La chaise, depuis, aurait été remplacée. Tout comme l'ensemble des titres de presse allemands et français qui ont repris l'information ?

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15h06 lu

NYTimes : polémique après la correction d'un article sur H. Clinton

Par
Robin Andraca le 25/07/2015

Première polémique politico-médiatique dans la course aux présidentielles américaines, qui auront lieu en novembre 2016 : le New York Times a modifié un article sur Hillary Clinton, et une possible enquête criminelle la concernant, sans en avertir ses lecteurs.


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L'article polémique en question, après édition

Pas de doute : sur l'affaire des mails personnels d'Hillary Clinton, le New York Times est en en pointe. En mars 2015, le quotidien révélait déjà que la candidate à l'élection présidentielle de 2016 avait utilisé une adresse e-mail personnelle, plutôt qu'une fournie par le gouvernement, lorsqu'elle était secrétaire d'Etat des Etats-Unis (chef du département d'Etat chargé des Affaires étrangères), entre 2009 et 2013. Et c'est encore le Times qui révélait, jeudi dernier, que deux enquêteurs avaient demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si, oui ou non, Hillary Clinton avait fauté. "Cette demande fait suite à un mémorandum du 29 juin dernier, dans lequel des inspecteurs généraux du département d'Etat et des services de renseignement selon lequel le compte privé de Mme Clinton contenait « des centaines d'emails potentiellement classifiés »", indique l'AFP.

En attendant l'ouverture, ou non, d'une telle enquête, c'est le New York Times qui a fauté et nul besoin de l'intervention de la Justice américaine pour le savoir. Le site du quotidien américain a, en effet, très sensiblement modifié le chapeau de son article, sans en prévenir ses lecteurs. Et ça change tout ! Ainsi, dans la première version du papier, Clinton était la cible directe de cette enquête dans le premier paragraphe : "Deux enquêteurs ont demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si Hillary Clinton avait commis une faute en utilisant une boîte email privée pour des correspondances gouvernementales à l'époque où elle dirigeait le département d'Etat".

Quelques heures plus tard, ce n'était déjà plus le cas : "Deux enquêteurs ont demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si des correspondances gouvernementales avaient été envoyées sur l'adresse mail personnelle d'Hillary Clinton, à l'époque où elle dirigeait le département d'Etat". Subtile mais néammoins importante rectification puisque dans cette nouvelle version, la candidate ne paraît plus être la cible directe de cette enquête.

"Comme cela arrive souvent, les rédacteurs continuent de révisers leur papier après publication"

Interrogé jeudi par Politico (dont une antenne vient de débarquer à Bruxelles), Michael Schimdt, l'un des auteurs de cet article, justifiait ainsi cette correction : "C'était une réponse aux plaintes que nous recevions de la part du camp Clinton, que nous estimions acceptables, donc nous avons fait la modification". Par mail, la porte-parole du quotidien, Eileen Murphy, s'est aussi justifiée : "Comme cela arrive souvent, les rédacteurs continuent de réviser leur papier après publication pour le rendre le plus clair et précis poissible. Il n'y avait aucune erreur factuelle, donc aucune raison de le mentionner".

Le quotidien américain s'est finalement résolu à le faire. Samedi matin, en bout de l'article publié deux jours plus tôt, le message suivant est apparu : "Un article et son titre parus dans certaines de nos éditions vendedi et concernant une enquête concernant la message électronique personnelle d'Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, ont déformé la nature de la demande, en utilisant des informations provenant de hauts fonctionnaires. Cette demande concerne les informations classifiées et potentiellement compromises en lien avec cette messagerie électronique. Cela ne vise pas spécifiquement Hillary Clinton". Même le département de Justice américain a réagi à cet article du Times, confirmant avoir bien reçu une demande d'enquête sur les e-mails privées d'Hillary Clinton , mais se refusant à parler d'enquête "criminelle". En France, seuls BFM et Le Parisien ont repris "l'information" du New York Times, en se basant sur une dépêche AFP.

Cette polémique est née en mars, quand le quotidien américain avait révélé que celle qui n'était pas encore candidate à la présidentielle américaine de 2016 avait utilisé son adresse e-mail personnelle dans ses fonctions de secrétaire d’État des États-Unis. En utilisant un nom de domaine spécialement créé pour l’occasion, "@clintonemail.com", la secrétaire d’Etat pouvait communiquer avec des personnes "dans et en dehors du gouvernement, indépendamment du système de communication du département d’État", note le NYTimes. Un mélange des genres qui dérange aux États-Unis : l’utilisation d’une adresse mail personnelle entre, en effet, en contradiction avec les règles sur l’archivage des correspondances des responsables américains.

L'occasion de relire la chronique de Daniel Schneidermann : "Hillary Clinton, l'hyper décryptage".

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