Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

17h16 ça reste à vérifier

Trump : davantage d'articles mais (un peu) moins de clics que Clinton

Par
Robin Andraca le 30/05/2016

Donald Trump intéresserait-il davantage les journalistes que leurs lecteurs ? C'est la question posée par une étude réalisée par une société américaine d'analyse d'audience, qui a étudié les données de plus de 100 000 articles consacrés à cinq candidats à la Maison Blanche. Conclusion ? Alors que les journalistes écrivent majoritairement sur Trump, les lecteurs cliquent davantage sur Clinton.


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Qui parmi les principaux candidats à la Maison Blanche génère le plus de clics sur Internet ? C'est la question que s'est posée la société américaine Parse.ly, qui fournit depuis plusieurs années des outils d'analyse d'audience à de nombreux médias (parmi lesquels Fox News, Slate ou le Huffington Post). La société a analysé les données de plus de 100 000 articles consacrés à cinq candidats à la Maison Blanche (Ted Cruz, Donald Trump, Bernie Sanders, Hillary Clinton et John Kasich), provenant de plus de 300 médias différents entre novembre 2015 et mai 2016. Des médias américains seulement, ou provenant du monde entier ? L'étude ne le précise pas.

Première constatation : 50% de ces 100 000 articles sont consacrés à Trump. Très loins derrière, les candidats démocrates Clinton et Sanders complètement le podium avec respectivement 20 et 15%.


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Les journalistes écrivent plus sur Trump que sur ses concurrents ? Ce n'est pas un scoop. Ce que l'on ne savait pas, en revanche, c'est que Trump semble moins passionner les lecteurs que les journalistes. Selon cette étude, le nombre moyen de clics sur chaque article ne serait pas, en effet, proportionnel au nombre, plus écrasant, de papiers consacrés au magnat de l'immobilier.

En audience moyenne par article, Trump arrive en effet derrière Hillary Clinton (10 357 clics en moyenne sur un article consacrée à la candidate, contre 9 781 pour le candidat républicain). Pour comparaison, 8 821 internautes cliquent en moyenne sur un article où le nom de Sanders apparaît dans le titre, 9 610 quand c'est celui de Cruz (et 5 580 pour Kasich, le moins en vue des cinq candidats). Un problème pour la société spécialisée dans l'analyse d'audience pour qui rien ne semble justifier l'obsession des médias pour Trump (et surtout pas leurs données). Une autre lecture de cette étude est toutefois possible : Trump recueille presque autant de clics que Clinton, alors que le nombre d'articles le concernant est beaucoup plus important. Autrement dit, les lecteurs ne semblent pas saturés de Trump !


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En rouge Trump, en bleu Clinton

"les données, et non l'intuition, devraient guider la presse"

Ce n'est pas le choix de la société, qui encourage les rédactions à faire davantage confiance aux données (pas très étonnant venant de la part d'une société spécialisée dans l'analyse d'audience). "Cette analyse montre qu'une couverture aussi intense de Trump n'est peut-être pas indispensable et que les rédacteurs en chef et journalistes devraient laisser les données, et non leur intuition, guider leurs décisions éditoriales".

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20h54 vu

Loi Travail : Denis Robert oute des twittos "nauséabonds"

Par
la rédaction le 29/05/2016

"Bluffé par la violence des détracteurs de la grève", le journaliste d'investigation Denis Robert a choisi de livrer les noms et CV détaillés de deux d'entre eux, particulièrement actifs sur Twitter. L'un, cadre chez Danone, a depuis fermé son compte.

Denis Robert contre les "chantres 'anonymes' de la loi El Khomri". Le journaliste l'admet lui-même : il n'est pas "un grand pratiquant de Twitter". C'est sur conseil "d'une amie" qu'il a entrepris de se plonger dans les échanges autour de la loi travail postés sur le réseau social. Là, il est "bluffé par la violence des détracteurs de la grève. Cette amie a constaté qu’un certain nombre de comptes très virulents jouent de leur anonymat pour propager des idées nauséabondes en terme d'ultra-libéralisme, anti-syndicalisme, et pour certains racisme et sexisme. Financièrement très aisés, ils se pensent à l’abri de toute poursuite puisque non identifiables. Sauf que sur internet, difficile de ne pas laisser de traces..."


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Le post de Denis Robert, partagé près de 2000 fois en 24h

Des traces, les amis de Denis Robert en ont rassemblé jusqu'à identifier deux de ces commentateurs "virulents". L'un, François-Xavier Lacroix, est vice-président financier de la branche "eaux" de Danone basé en Amérique du sud, l'autre, Ali Zebodaghi, trader basé à Londres. Ce que leur reproche Robert ? De relayer des "idées nauséabondes en terme d'ultra-libéralisme, anti-syndicalisme, et pour certains racisme et sexisme". Le journaliste produit plusieurs captures d'écran attestant effectivement de propos sexistes qui pourraient être condamnables pénalement, concernant le cadre de Danone :


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"La Cruz", cadre supérieur chez Danone


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Bis

Concernant le trader "Ze Bodag", Robert ne cite qu'un tweet - on peut imaginer que c'est celui qui est qualifié de raciste par le journaliste :


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"Ze Bodag", trader à Londres

Comment les sources de Robert ont-elles pu remonter jusqu'à eux ? A dire vrai, ces twittos "anonymes" ne l'étaient pas tant que ça. Photos, mentions de leur prénom, utilisation de pseudos transparents, références à leur vie professionnelle, personnelle ou familiale : s'ils postent sur les réseaux sociaux sous pseudo, ils ne semblent pas avoir cherché sérieusement à cacher leur identité. Un internaute curieux était en mesure de retrouver leur nom et leur CV en quelques clics, a pu constater @si.

Après la publication du post du journaliste, "La Cruz", le cadre chez Danone, a changé à plusieurs reprise de pseudo Twitter, avant de fermer son compte. Le trader a opté pour la stratégie inverse : lui qui signait "Ze Bodag" (cf capture ci-dessus) a choisi de signer ses messages de son nom, Ali Bodaghi.


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Denis Robert ne semble pas vouloir s'en tenir là. Après avoir déroulé le CV de ses deux adversaires du jour, le journaliste conclut son post ainsi : "Du coup, on s’interroge : combien sont-ils, ainsi, de grands argentiers à jouer au Zorro ultra-libéral sur Twitter ? Sur Facebook ? À suivre les amis et à compléter..."

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14h30 lu

France 2 : "Manipulations médiatiques" contre Mélenchon (Parti de Gauche)

Par
la rédaction le 29/05/2016

"Une soirée de manipulations médiatiques" en défaveur du candidat du Parti de gauche ? Dans un billet repris sur le site de campagne de Jean-Luc Mélenchon, le militant du Parti de gauche et blogueur Antoine Léaument dénonce notamment des "Français lambda pas si lambda" et des choix de tweets orientés.

Jean-Luc Mélenchon avait averti : il n'aime guère le dispositif de l'émission politique de France 2, Des Paroles et des actes. À quelques heures du tournage, il expliquait dans un post Facebook préférer Laurent Ruquier à David Pujadas : "Au contraire des moments d’échanges piquants mais respectueux comme ceux de « On n’est pas couché », l’émission « DPDA » est conçue comme une corrida où l’invité fait office de taureau promis au sacrifice." Le député européen et candidat à la présidentielle de 2017 y soulignait le stress causé par les changements constants de programme et d’invités : "Sachez qu’après trois mois de «préparation», à 48 heures de l’émission, ni les intervenants ni les thèmes n’étaient fixés ni stabilisés."

72h après ce tournage, quel bilan tire son camp de ce passage ? Il n'a pas été convaincu : les téléspectateurs ont assisté à "une émission au cours de laquelle se sont multipliées les manipulations médiatiques", estime dans un billet publié le 28 mai Antoine Léaument, blogueur politique et militant du Parti de gauche.

Deux Français pas franchement représentatifs de leur profession

Léaument relève d’abord que certains des contradicteurs choisis par l’équipe de France 2 n’étaient pas "des Français lambda". Le boulanger favorable à la loi El Khomri, d’abord. Djibril Bodian est introduit par David Pujadas par ces mots : "Djibril Bodian, vous avez 39 ans, vous êtes artisan boulanger à Paris au pied de la butte Montmartre. Votre pain est réputé, vous avez gagné des prix. Vous avez plusieurs employés, 17 même je crois mais à temps partiel." Son "synthé" (le court texte de présentation qui s’affiche à l’écran sous son nom) indique : "Boulanger à Paris".


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Une présentation un peu courte, relève Léaument (à la suite de VSD notamment) : Bodian a aussi et surtout été le boulanger de l’Elysée de 2010 à 2015. Graphique à l’appui, le militant du Parti de gauche rappelle qu’il est difficile de le considérer comme représentatif du métier en France : il emploie (selon Pujadas) 17 salariés à temps partiel, là où 77% des boulangeries françaises comptent entre 1 et 5 salariés (la source du blogueur, la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, ne précise toutefois pas s’il s’agit de temps partiels ou d’équivalents temps plein).


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Le contradicteur de Jean-Luc Mélenchon au salon mondial de la boulangerie, en février 2016

Deuxième invitée dont le CV pose problème, pour Léaument : l’agricultrice avec qui Mélenchon est invité à débattre. "Pensant avoir affaire à une exploitante agricole favorable à l’agriculture productiviste, Jean-Luc Mélenchon a en face de lui une agriculture qui avait auparavant été… directrice financière de Bolloré au Chili (comme tous les agriculteurs, c’est bien connu)."


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"Directrice financière de Bolloré" ? Le blogueur tient son information d'un article de presse locale. On trouve une biographie plus précise de l'invitée de France 2 sur le site des conférences TedX. Et de fait, elle a un parcours atypique : "Titulaire d’une licence en droit public et diplômée de Sciences Po Paris, elle a finalement choisi d’intégrer le monde du privé. C’est pourquoi elle a complété sa formation initiale à l’Essec avec un mastère en International Business. L’envie de parcourir le monde l’a faite atterrir au Chili, où elle a commencé sa carrière dans la finance en tant que DAF de la filiale Bolloré Logistics. Elle est ensuite revenue à Paris, où elle a intégré le cabinet PricewaterhouseCoopers en conseil finance, réalisant des missions pour des clients prestigieux", avant de reprendre l'exploitation agricole familiale.


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Si Pujadas se garde d’insister sur le caractère atypique de ce parcours, il l’évoque tout de même dans son entrée en matière :
"Céline Céline Imart-Bruno, vous êtes en direct avec nous à Péchaudier, dans le Tarn. Vous avez 33 ans, vous étiez dans l’audit puis dans l’entreprise, et puis il y a six ans vous avez tout lâché parce que vous aviez envie de devenir agricultrice. Vous faites des céréales, vous êtes aussi vice-présidence des jeunes agriculteurs", annonce-t-il ainsi.

"Dans quel pays vit Pujadas ?", tweet pas vu sur France 2

Après avoir souligné le caractère anxiogène de certaines images d'illustration choisies par France 2 pour illustrer le mouvement social contre la loi travail (pneus et voiture de police en flammes, manifestants encagoulés, ...), Léaument revient enfin sur un dernier aspect : les tweets. Ils sont distillés en cours d'émission, parfois utilisés pour faire réagir l'invité. Le militant feint de s'étonner de leur caractère non "neutre et objectif", certainement pas fait "par hasard" (mais les journalistes de France 2 ont-ils réellement revendiqué de choisir ces messages "au hasard" ?), avant de relever un exemple savoureux : celui des tweets de la militante féministe (et actrice importante de la mobilisation contre la loi travail) Caroline de Haas.

Ce soir là, France 2 reprend deux de ses messages : "Y a que moi qui trouve vraiment bizarre la position de Mélenchon sur l’immigration ? #DPDA" et "Mélenchon sur l’immigration, ça a donné l’impression d’un grand flou. Et quand c’est flou… #Triste #DPDA". Une voix particulièrement critique du fondateur du Parti de gauche, donc. Mais d'autres tweets postés durant la soirée n'ont curieusement pas été repris à l'antenne, grince Léaument, qui en relève deux :


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17h24 suivi

Le poulailler filmé par L214 vidé sur décision du préfet

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la rédaction le 28/05/2016

L'élevage sera donc vidé, et ses poules très probablement abattues. Après les vives réactions suscitées par la publication par l'association L214 d'une vidéo montrant des poules entassées, déplumées, mortes ou en état de décomposition avancée dans un élevage de l'Ain, le préfet a exigé que les bâtiments soient vidés et nettoyés sous trois semaines. Une décision qui signifie l'abattage probable des 200 000 poules.

Cette fois, la vidéo ne sera pas restée lettre morte. Le préfet de l'Ain a demandé le 27 mai à ce que le Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) du Perrat, dans l'Ain, soit vidé de ses animaux et nettoyé dans un délai de trois semaines. La préfecture précise dans son communiqué que la décision a été prise "sur instruction" des ministres de l'Environnement et de l'Agriculture, Ségolène Royal et Stéphane Le Foll, rapporte Le Monde.

L'exploitation était suivie depuis plusieurs années par les services départementaux (voir notre article sur le sujet), mais aucune réelle mesure n'avait été prise jusqu'à présent pour mettre fin à ces pratiques. Le déclencheur de la décision du préfet est une vidéo, postée le 25 mai par l'association de défense des animaux L214. On y voit des poules dans leurs cages, évoluant dans des conditions de confort et d'hygiène problématiques : déplumées, aux becs partiellement amputés sans anesthésie pour éviter les cas de cannibalisme, couvertes de poux, évoluant parmi les cadavres de leurs congénères en voie de décomposition, ou au dessus de mares d'asticots.


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Extrait de la vidéo sur le GAEC du Perrat diffusée par L214 le 25 mai 2016


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Extrait de la vidéo sur le GAEC du Perrat diffusée par L214 le 25 mai 2016

En 2013, l'association de défense des animaux L214 avait une première fois filmé les mauvaises conditions d'élevage au Gaec du Perrat, mais le gérant, alerté par une lettre de l'association, avait réussi à en faire interdire la diffusion. Trois ans plus tard, de nouvelles images tournées par l'association ont pu être publiées. Elles ont provoqué une réaction quasi-immédiate de Le Foll et Royal, ainsi que de la marque Matines, qui commercialisait les œufs en provenance de l'élevage incriminé.

La préfecture précise qu'elle sera "vigilante" quant "aux possibilités de réembaucher localement les employés de l’exploitation", une vingtaine au total. Le doute subsiste en revanche sur le sort des 200 000 poules et 150 000 poulettes du Gaec. Si le préfet indique qu'elles "seront abattues ou vendues à des tiers", le directeur départemental de la protection des populations, lui, laisse moins de doute sur leur sort : "Soit l’exploitant vend ses poules à un abattoir, soit elles seront euthanasiées, à moins qu’il ne trouve un autre élevage pour les accueillir, mais cela reste hautement improbable", assure ainsi Laurent Bazin. Des associations de défense des animaux se sont manifestées pour en recueillir certaines.

Pour en savoir plus sur L214 et son combat pour la fermeture de ce poulailler géant, replongez-vous dans notre article. Et pour une analyse du traitement médiatique de l'antispécisme, revisionnez notre émission avec Aymeric Caron et Eros Sana : "Il y a quelques années, les images d'abattoirs auraient laissé indifférent".

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19h24 suivi

Les "drôles de pratiques" du nouveau patron d'i-Télé (Streetpress)

Par
la rédaction le 27/05/2016

"Liste noire de politiques, publicités déguisées en articles, journalistes muselés." Streetpress dresse le portrait du nouveau patron d’i-Télé, Serge Nedjar, "personnage clef du système média de Vincent Bolloré", propriétaire du groupe Canal+, dont dépend la chaîne d’info en continu. Selon Streetpress, c’est quand il dirigeait le quotidien gratuit Direct Matin, autre propriété de l'homme d'affaires, que Nedjar a montré sa façon de faire : "Règle numéro un : ne jamais déplaire à l’actionnaire. Règle numéro deux : ne jamais nuire aux clients et partenaires de l’empire et si possible en assurer la promotion". Une "philosophie" qui colle en tout point à la conception de Bolloré, comme décrite par le journaliste Jean-Baptiste Rivoire sur notre plateau.

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En se basant sur le témoignage de sept anciens journalistes (anonymes, en raison d’une "clause de confidentialité dans leur contrat"), Streetpress décrit comment Nedjar, qui est aussi président de la régie publicitaire du groupe, a multiplié "les synergies entre le contenu rédactionnel et la publicité ou les intérêts de l’empire Bolloré". C’est Nedjar qui imposait ainsi les sujets sur l’AutoLib, le service de véhicules en libre-service à Paris, qui fonctionne avec… la BlueCar du groupe Bolloré. Et l’obsession pour la BlueCar aurait même poussé Nedjar à favoriser, lors des municipales, la candidate Anne Hidalgo dans ses colonnes, au détriment de Nathalie Kosciusko-Morizet, car le contrat AutoLib a été signé sous la gauche. On apprend même au passage que Nedjar faisait valider chaque jour la Une du journal, par mail, à Vincent Bolloré en personne.

"Des mails signés de Havas, avec la consigne d'en faire un article"

Toujours dans un souci de "synergie de groupe", le quotidien gratuit faisait également la part belle aux clients de l’entreprise de conseil Havas, autre propriété de Bolloré. "Havas passait directement commande auprès de Serge Nedjar, ensuite il transférait le mail au rédacteur en chef qui nous le faisait passer. […] Un exemple parmi tant d’autres : dans l’édition du 8 septembre 2015, on trouve une étonnante interview du Dr. Yusof Basiron, directeur du Conseil malaisien de l’huile de palme. Et devinez qui est en charge de la promo de ce lobby ? Havas, la boîte de com’ de Bolloré (qui par ailleurs a des intérêts dans la production d’huile de palme en Afrique)."

Décrit par Streetpress, le processus était particulièrement direct (et totalement contraire à la déontologie journalistique) : "Quatre rédacteurs passés par le titre nous assurent avoir eu entre les mains des mails signés de Havas, avec consigne d’en faire un article." L’objectif de Nedjar à son nouveau poste chez i-Télé ? Faire des économies. En plus du non-renouvellement des CDD déjà annoncé par le nouveau patron, des "synergies" sont donc à prévoir sur la chaîne d'info en continu.

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19h22 suivi

L'Obs : bataille de tribunes autour du licenciement de Lancelin

Par
la rédaction le 27/05/2016

Politique ou pas le licenciement de Aude Lancelin, numéro 2 de L'Obs et responsable des pages "Débats" de l'hebdo ? Depuis le 25 mai, intellectuels et dirigeants de l'hebdomadaire se renvoient la balle, à coup de tribunes. Dernier en date : Jean Daniel, fondateur historique de l'Obs, qui s'étonne que des universitaires cèdent ainsi à des "thèses complotistes".

Pour eux, pas de doute : c'est un licenciement politique. "Très" politique même. Mercredi 25 mai, dans Libé, une quarantaine d'intellectuels (parmi lesquels Emmanuel Todd, Julia Cagé, Alain Badiou, Jacques Rancière ou François Bégaudeau) ont publié une tribune pour soutenir Lancelin.


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"On lit, en effet, dans la presse qu’il y aurait eu un conflit entre la prétendue ligne de M. Croissandeau, dite «de toutes les gauches», et celle d’Aude Lancelin que certains ont voulu mensongèrement réduire à la «gauche de la gauche». Il suffit de lire les éditoriaux dudit directeur de la rédaction pour s’apercevoir que «toutes les gauches», ce sont, en fait, les seules «gauches» de Hollande, Valls et ­Macron…", écrit le collectif.

Six jours plus tôt, Libé sous-entendait en effet que Lancelin aurait été virée pour avoir fait battre le coeur de l'Obs un peu trop à gauche. "Cette décision a été prise la veille d’un conseil de surveillance réunissant le 11 mai les actionnaires du titre : le trio Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse (deux tiers du capital) et Claude Perdriel, le cofondateur historique (un tiers)", écrivaient en effet les journalistes Tristan Berteloot et Jérôme Lefilliâtre.

"La chose est donc clairement signifiée" pour le collectif : "Toutes les gauches n’ont pas droit de cité dans certains journaux de gauche. Il fallait par conséquent en chasser la personne qui leur donnait la parole. Cette opération de police intellectuelle ne prend pleinement son sens qu’à la lumière de l’élection de l’année prochaine que François Hollande, dont la candidature est désormais un secret de polichinelle, envisage visiblement avec appréhension. Et avec le souci que ce qu’il considère comme «sa» presse soit en ordre de marche, c’est-à-dire débarrassée de toute voix dissonante. Propriétaires des médias, les actionnaires de groupes qui vivent en symbiose avec l’Etat sont là pour comprendre les instructions. Et les faire exécuter."

L'Obs au chevet de François Hollande ? Sur le site de L'Obs, le directeur du magazine, Matthieu Croissandeau, a tenu à démentir ces accusations : "La récente publication d’une tribune aux accents conspirationnistes, imaginant une conjuration ourdie au sommet de l’Etat pour mettre L’Obs aux ordres de l’Elysée, n’a donc pas manqué de nous faire réagir. Tout simplement parce qu’elle est diffamatoire et mensongère." "J’ai pris la décision, en toute indépendance, de remanier l’équipe de direction du journal pour des raisons d’efficacité qui tiennent à notre organisation interne, rien de plus. N’en déplaise aux adeptes de la théorie du complot…", explique-t-il aussi dans cette tribune.


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Dernier, mais pas des moindres, à entrer dans la bataille des tribunes : Jean-Daniel, co-fondateur du l'hebdomadaire, qui dénonce à son tour, dans Libé, "l'insoutenable légèreté des calomniateurs de l'Obs" : "Je suis consterné par les romans bâtis par ces pétitionnaires sur les motivations soi-disant politiques du renvoi de notre consœur Aude Lancelin, dont j’ai publiquement regretté le procédé (...) Le procès que l’on nous fait est aberrant et les universitaires qui viennent de lui apporter un appui ont cédé aux thèses complotistes dont on fait les romans."

Ce procédé soulignerait, selon Daniel, le "caractère sectaire et militant de ses inspirateurs". "Il est important de savoir qu’auprès de moi, Matthieu Croissandeau n’a jamais argué de différences idéologiques avec Aude pour expliquer les désaccords profonds qui ont fini par le conduire à se séparer d’elle".

On s'arrête là ? Non, car la société des rédacteurs du Monde a publié, vendredi 27 mai, un communiqué pour "déplorer", à son tour, le "licenciement brutal" de Lancelin. "Nous réaffirmons le principe de l'indépendance de la rédaction à l'égard de ses actionnaires - et du pouvoir politique", peut-on lire dans ce communiqué qui se termine en rappelant que Le Monde détient 2% de l'Obs et que les actionnaires majoritaires du groupe Le Monde (Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse) sont par ailleurs actionnaires de référence de l'Obs.

L'occasion de lire ou de relire la chronique de notre matinaute : "Obs : de quoi Aude Lancelin est-elle le nom ?"

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16h27 grrr !

Exxon : le Guardian interdit d'Assemblée Générale

Par
Justine Brabant le 26/05/2016

Le pétrolier Exxon ne veut pas du Guardian dans ses assemblées générales. L'entreprise américaine a rejeté la demande d'accréditation du quotidien britannique, connu pour ses nombreuses campagnes contre l'exploitation d'énergies fossiles. Le Guardian le raconte dans un billet acide.

nouveau media

"Il faut grandir". Le tacle est signé du rédacteur en chef Finance du Guardian, le dûment encravaté Nils Pratley. Il vise les dirigeants du pétroler américain Exxon, qui a refusé d'accorder au journal une accréditation pour assister à son assemblée générale annuelle. La réponse envoyée au quotidien ? "Nous rejetons votre demande en raison du manque d'objectivité du Guardian concernant le changement climatique, illustré par son partenariat avec des militants anti-pétrole et anti-gaz et sa campagne contre les entreprises qui fournissent l'énergie nécessaire à la vie moderne, y compris aux journaux."

Une référence à la campagne "Keep it in the ground", lancée par le Guardian début 2015 (dont @si vous parlait ici), et qui visait à freiner l'extraction de combustibles fossiles en incitant les investisseurs à se retirer de ce secteur. Pour cela, le quotidien avait répertorié les plus gros pollueurs, lancé une pétition invitant deux puissantes fondations (la Bill et Melinda Gates Fondation et le Wellcome Trust) à désinvestir du fossile (signée par 235 000 personnes)... et bouleversé sa page d'accueil pour faire en sorte qu'aucun de ses lecteurs n'y échappe :

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Une campagne dont Exxon garde certainement un souvenir cuisant. Pour autant, "il est rare aujourd'hui de rencontrer une arrogance et une hypersensibilité d'entreprise de cette ampleur", commente Pratley à propos de la fin de non-recevoir qui lui a été adressée. Pour le journaliste du Guardian, il y a une raison supplémentaire à l'agacement du pétrolier américain : "On peut imaginer que le conseil d'administration d'Exxon est encore en colère d'avoir perdu sa bataille pour empêcher les résolutions sur le changement climatique d'être évoquées durant l'assemblée".

La veille de l'AG, l'organisme américain de réglementation des marchés financiers (la Securites and Exchange Commission, SEC) avait en effet demandé aux dirigeants d'Exxon de soumettre au vote une résolution qui, si elle avait été adoptée, aurait contraint l'entreprise à mesurer le "risque" que le changement climatique et les lois visant à l'enrayer font peser sur ses activités financières. Le pétrolier avait tenté de la retirer du vote, arguant qu'elle était trop vague.

D'autres résolutions dédiées au climat ont été présentées lors de l'assemblée dont était privé le Guardian, rappelle le site spécialisé Novethic : elles concernaient la nomination d'un expert climat dans son conseil d'administration, ou encore l'arrêt de la fracturation hydraulique. Elles ont toutes été retoquées par l'assemblée, rapporte le correspondant du Monde à New York : "Même si ces motions ont obtenu de bien meilleurs scores que les années précédentes, elles sont restées minoritaires."

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19h36 suivi

Valls/Autain : d'où vient l'accusation "d'islamo-gauchisme" ?

Par
Vincent Coquaz le 25/05/2016

"Vous avez parlé d'islamo-gauchisme et notamment à propos de Clémentine Autain et Tariq Ramadan." Dimanche 24 avril, sur le plateau d'i24news et en direct sur BFMTV, la journaliste Apolline de Malherbe a demandé au premier ministre s'il s'excusait pour ses propos contre la conseillère régionale Ile-de-France Front de Gauche, et porte-parole du mouvement Ensemble, Clémentine Autain, qualifiée "d'islamo-gauchiste". Refus catégorique de Manuel Valls, qui dénonce les "ambiguités" d'une partie de la gauche sur des thèmes comme l'antisémitisme ou la laïcité.

Mais d'où vient cette accusation ? Tout est parti du secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen. Dans son livre La gauche qui vient, publié fin avril, il s’en prenait à cette gauche "qu’on pourrait être tenté de qualifier – de manière polémique – «d’islamo-gauchisme»". "Pour des raisons compassionnelles, en ne voyant les personnes d'origine arabo-musulmane que comme des victimes et des opprimés, cette gauche, bien incarnée par Clémentine Autain, est prête à céder totalement au différentialisme culturel", lançait Le Guen.

Autain lui a répondu sur Facebook, le 24 avril : "Où a-t-il vu que je souhaite remplacer nos règles républicaines par des normes religieuses ? Jamais je n'ai défendu une telle ineptie. Que signifie «islamo-gauchiste» ? Jamais je n'ai défendu le «différentialisme culturel», je suis profondément universaliste et laïque, mais je défends la mixité culturelle, comme une richesse." Déjà début avril, interrogée par Libération sur ce terme, Autain s’en expliquait : "Je ne comprends pas exactement ce que veut dire le mot [islamo-gauchisme], mais si ça désigne l’intersectionnalité des luttes [le fait de considérer des discriminations, racistes et sexistes par exemple, comme s’additionnant ou se recoupant], alors oui, c’est ça qui me préoccupe. Je suis de gauche, et je me bats contre le rejet des musulmans en France."

Un meeting en décembre 2015... auquel Autain n'a pas participé

Pas suffisant pour Manuel Valls. Dimanche matin, alors qu’il estimait que Tariq Ramadan n’avait pas à obtenir la nationalité française, le premier ministre a repris à son compte l’accusation "d’islamo-gauchisme", citant Le Guen. "Il y a toujours ces capitulations, ces ambiguïtés, avec Les Indigènes de la République, les discussions avec Madame Clémentine Autain et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation", détaillait le premier ministre. Des propos maintenus le jour même, donc, en direct sur i24news et BFMTV.

Entre temps, Autain avait pourtant vivement démenti avoir jamais "rencontré personnellement" Ramadan. "Ces propos sont mensongers. Je n'ai jamais rencontré personnellement Tariq Ramadan, ni partagé de tribune avec lui. Ces accusations ineptes visent à dire que moi-même, et à travers moi ma famille politique, seraient le terreau du terrorisme", dénonçait-elle à l’AFP. "Je n’ai jamais de ma vie rencontré Tariq Ramadan, je ne le connais pas. J’ai exprimé publiquement mon désaccord profond avec les propos et les partis pris réactionnaires de Tariq Ramadan", insistait-elle encore, interrogée par France Info. "Sans excuse" de la part du premier ministre, elle envisageait donc de "porter plainte". Des excuses que Valls a refusé de lui présenter, maintenant ses propos sur le plateau d’i24news, sans que les intervieweurs du groupe Drahi ne lui demandent de préciser ce qu’il reprochait à Autain.

Mais alors à quoi fait-il référence ? Le "contentieux" remonte en fait à décembre dernier, quelques jours avant les élections régionales, raconte L’Obs. Le site du mouvement Ensemble, dont Autain est porte-parole, avait alors relayé une "invitation" au "meeting pour la paix de Saint-Denis" contre l’islamophobie et l’état d’urgence, où s’exprimait, entre autres, Tariq Ramadan. "Le parti de Clémentine Autain appelle à se rendre" à "une réunion controversée" s’indignaient alors Le Figaro et Causeur, notamment en raison de la présence de Ramadan mais aussi de la participation du Collectif contre l’Islamophobie en France ou du Parti des Indigènes de la République. Un meeting auquel Clémentine Autain n’a pas assisté. Reste que sur France Culture, l’essayiste Caroline Fourest avait estimé que c’était "sans doute en partie à cause" d’Autain, colistière de Claude Bartolone, que "le PS a perdu en Île de France" aux élections régionales de décembre 2015. Et ce parce que son mouvement avait "relayé l’appel" au meeting.

L'occasion de lire nos articles relatifs à ce sujet : Ramadan : Mediapart et Le Monde entrerrent la thèse du double discours, et BFMTV, Libé, L'Express, i24news: quatre medias, une seule ligne?


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16h20 suivi

Photographe / manifs : "on t'interdit, on te menace, et puis..."

Par
la rédaction le 25/05/2016

"Y'a trop de journalistes". Dans une note publiée sur Facebook et reprise hier sur le site du Huffington post, le photoreporter Pierre Gautheron fait le point sur ce qu’il a appris en deux mois à photographier les manifestations.

Après avoir commencé à se concentrer sur les AG des étudiants à Lille et à Paris au mois de mars – "y'en a pour un mois, pas plus" croyait-il à l’époque – Gautheron a couvert les premières manifestations contre la Loi Travail avant de suivre le mouvement Nuit Debout, "une parenthèse calme et agréable après les manifestations, où il n'y a nul besoin d'être sur le qui-vive en permanence."

Une parenthèse vite refermée pour ce photographe pigiste, sans carte de presse, qui publie ou a publié pour Le Journal du Dimanche, Libération ou encore pour le site Taranis News dont le fondateur Gaspard Glanz était récemment l’invité de notre émission sur les violences policières. Quelques semaines après, raconte Gautheron, "les manifestations nocturnes ont commencé et avec elles, les premières fatigues. Trois fois par semaine, des journées de dix heures, de la manif' de 14h à la fin de la nasse nocturne, vers 3h du matin. Un burger dégueu mangé rapidement pour ne rien rater. La peur de ne pas être bon, la tension permanente, la frustration de ne pas avoir fait l'image souhaitée. Et l'impossibilité de décrocher, de se prendre une pause, à quoi s'ajoute la peur d'être blessé."

Pierre Gautheron

Pierre Gautheron

Que lui ont appris ces deux mois de manifestations ? D’abord la solidarité entre photographes : "nos relations n'ont jamais été marquées par une concurrence quelconque assure-t-il. Plus le mouvement avance et plus nous faisons attention les uns aux autres. […] Et de se répéter au fil des semaines : «Le jour où ça se termine, on se voit tous ensemble et on fait la fête»". Ensuite le goût du gaz lacrymogène, "une vraie saloperie, pourtant interdite par la Convention de Genève et considérée comme une arme chimique". Et enfin, la méfiance : "à chaque déplacement, on me contrôle, on relève mon identité. Je sais que je suis surveillé, tout le temps. Qui est photographe, policier en civil ou manifestant ?"

Bilan : "c'est très formateur un mouvement social pour un jeune photojournaliste. Tu comprends la difficulté d'être une faction neutre sur le terrain. Les syndicats policiers t'accusent d'être «des ennemis du camp de la paix publique» et les manifestants te voient comme un acolyte des médias dominants et du capitalisme. On t'interdit de faire des photos, on te menace, et puis à la moindre violence policière, on vient te dire «Montre bien tout ce qui se passe hein !» Personne ne s'imagine que tu n'as même pas l'argent pour te repayer ton matériel en cas de casse". Pour finalement comprendre qu’il y a trop de journalistes présents et qu’il ne vendra rien "parce qu'une voiture de police incendiée fait plus le buzz que la Gare Saint-Lazare bloquée par des cheminots et des étudiants unis dans la lutte".

>> L'occasion de voir notre émission sur les manifs, avec le photographe Nnoman : "On laisse pourrir pour inciter à la violence".

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12h47 suivi

30 millions d'amis : Renaud "censuré" par France 3 (productrice)

Par
la rédaction le 24/05/2016

Les téléspectateurs de France 3 n'entendront pas Renaud pester contre les "patrons de chaîne". Pour sa dernière émission sur France 3, l'équipe de 30 millions d'amis a choisi de faire réagir son invité, le chanteur Renaud, à la décision de la chaîne de cesser de diffuser l'émission consacrée aux animaux de compagnie. Début janvier, la directrice des programmes de France 3 avait estimé que l'émission créée en 1976 (et d'abord diffusée par TF1, avant de passer sur France 2 puis France 3) "ne se renouvelait pas", et avait annoncé que sa chaîne cesserait de la diffuser en juin 2016.

La réaction de Renaud à cette nouvelle ? Quelques commentaires acerbes sur "les patrons de chaîne qui éliminent les animateurs parce qu'ils ne touchent pas les jeunes, parce qu'ils sont trop vieux, parce que l'émission a assez duré...". Une séquence qui n'a pas plu à la direction de France 3, à en croire la productrice de 30 millions d'amis Reda Hutin. Interrogée ce 24 mai sur Europe 1, elle expliquait que le passage avait été coupé au montage : "Malheureusement les téléspectateurs ne verront pas [cette séquence] parce que la direction, la directrice de France 3, a demandé à ce qu'on coupe cette séquence où il dit que c'est vraiment idiot de supprimer une institution. Donc voilà, nous serons censurés, Renaud sera censuré pour cette émission du 1er juin. C'est un peu idiot."

Effet Streisand à prévoir pour France 3 ? Le passage de l'interview de Renaud concernant "les patrons de chaîne" a été mis en ligne par le site de la fondation 30 millions d'amis le 13 mai. Le coup de ciseaux de de France 3 pourrait lui donner une seconde vie sur les réseaux sociaux.

Pour relire notre article consacré à la fin de l'émission, c'est par ici : "Comment France 3 a euthanasié "30 Millions d'amis""

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12h46 suivi

UE : un journaliste français demande du renfort

Par
la rédaction le 24/05/2016

35. C’est le nombre de journalistes de médias français accrédités à Bruxelles – autrement dit, un nombre largement insuffisant comme le déplore le correspondant du site Contexte Jean-Sébastien Lefebvre sur son blog. Et de demander du renfort pour couvrir l’actualité européenne.

"«Un hamster dans sa roue» est l’expression que l’on utilise régulièrement pour se définir en tant que correspondant. Et après plusieurs années de crises à répétition, autant vous dire que les rongeurs sont parfois un peu fatigués". La confession est signée du correspondant du site Contexte Jean-Sébastien Lefebvre qui, dans un billet paru sur son blog L'expérience européenne lundi 23 mai, déplore le faible nombre de journalistes de médias français accrédités à Bruxelles : autrement dit, "même pas l’équivalent de la rédaction de l’américain Politico.eu qui dispose maintenant d’une équipe d’une cinquantaine de personnes". Une armée dont l’arrivée au cœur des institutions européennes l’an dernier avait fait l’objet d’un article sur @si.

Dans ces conditions, poursuit le journaliste, "comment imaginer qu’une trentaine de correspondants, aussi dévoués soient-ils à leur métier, puissent couvrir l’ensemble de l’actualité issue des institutions de l’UE pour un pays de 65 millions d’habitants ?" Selon Lefebvre, "bien des journaux font semblant d’ignorer que l’UE est avant tout un lieu de pouvoir, un des échelons. Une partie de la souveraineté française y a été transférée, et les décisions qui y sont prises affectent la vie des citoyens. On aime ou on n’aime pas, mais c’est un fait et la responsabilité des journalistes est d’être là où est le pouvoir. Comment s’octroyer le titre de «gardiens de la démocratie» si on en délaisse tout un pan, sous prétexte «que c’est compliqué», «que c’est loin», ou je ne sais quel argument futile."

L'expérience européenne JS Lefebvre

Le journaliste de Contexte déplore également la vision idéologique qui prime sur l’actualité factuelle. Ainsi, sur la question de l’euro – voir notre dossier ici"les journalistes bruxellois se retrouvent dans le no man’s land de la bataille politique. Vous évoquez la nécessité d’une intégration plus poussée pour combler les failles ; les militants FN vous tombent dessus en vous lançant des noms d’oiseaux. Vous expliquez pourquoi la Grèce n’a aucune chance d’obtenir telle ou telle chose, ce sont les petits soldats du Front de Gauche qui voient en vous le suppôt du FMI. Vous planchez sur les scénarios de sortie de fin de l’euro, vous êtes un alarmiste qui fait le jeu des extrêmes. Bref, dans tous les cas, vous êtes perdant et accusé d’avoir une lecture faussée de l’histoire, sous prétexte que vous vous refusez de jeter le bébé (l’UE) avec l’eau du bain (les crises)."

Enfin, Lefebvre fustige "les feux d’artifices, assez rares mais violents, quand toute la machine médiatique hexagonale s’emballe en relayant des informations erronées sur ce qu’il se trame à Bruxelles. Le dernier exemple en date est le cas du secret des affaires et de la vidéo de Nicole Ferroni". En effet, comme nous le racontions ici, le journaliste de Contexte s’était offusqué de voir la directive sur le secret des affaires étrillée par la presse française alors que le texte voté le 14 avril pose des garde-fous inexistants dans la première version.

Face au constat de sous-effectif, le journaliste demande du renfort. Ce n’est pas la première fois qu’il s’émeut des conditions de travail des correspondants à Bruxelles : dans notre enquête sur la crise grecque en juillet 2015, Lefebvre s’estimait – tout comme ses collègues – à bout de forces. Un an plus tard, la situation n’a visiblement pas évolué.

>> L’occasion de lire Crise grecque : comment les journalistes courent le marathon

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12h43 lu

Start-up : Le Monde "oublie" de rappeler le code du travail

Par
la rédaction le 24/05/2016

"Mi-Macron, mi-Nuit debout"... et hors la loi ? Le Monde faisait ce week-end le portrait d’une start-up spécialisée dans le développement de sites Internet et d’applications, à l’organisation du travail originale : "neuf passionnés d’informatique […] âgés de 19 ans à 26 ans, partagent une maison et leurs compétences". Comme dans une colocation, "tout est fait en commun" : "Le rituel du matin, c’est réveil aux alentours de 10 heures, enfin, quand on n’est plus fatigué, chercher les œufs, faire le café et les gaufres", raconte un des fondateurs. "Le soir, vers 22 heures, tout ce petit monde dîne, assis dans un canapé d’angle situé au fond de la pièce, derrière les écrans d’ordinateurs, les fers à souder et les enceintes connectées", poursuit Le Monde. Derrière l’entreprise ? "L’idée est née en 2014 à la suite d’une rencontre entre Paul Poupet, 24 ans, aujourd’hui patron de la jeune entreprise et Robin Lambertz, 20 ans, diplômé de l’Ecole 42". Deux entrepreneurs ensuite rejoints par un ancien de l’Ecole centrale et deux anciens de l’Ecole 42. Une école fondée par Xavier Niel, "par ailleurs actionnaire à titre personnel du Monde", comme le rappelle le quotidien.

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Le Monde tente donc d’analyser cette organisation, "à la frontière entre une flexibilité du travail d’inspiration libérale assumée, inspirée d’un modèle entrepreneurial porté par Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, et la revendication d’une plus grande horizontalité dans les rapports hiérarchiques, défendue notamment par les «nuitdeboutistes»".

Problème : plusieurs des aspects de la vie de cette start-up semblent en contradiction avec le droit du travail,comme le souligne le blog de deux graphistes qui fustige les méthodes de la start-up, sans que Le Monde ne prenne le soin de le préciser. Dans l’article du quotidien, on apprend ainsi que Seed-Up a par exemple "dû augmenter la cadence pour répondre aux commandes, et il a fallu renforcer l’équipe, trouver de la main-d’œuvre qualifiée et rentable". Ni une ni deux : "trois stagiaires ont renforcé les troupes, pour six mois".

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Sauf que faire appel à des stagiaires pour occuper une "tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent" ou "pour faire face à un accroissement temporaire de l'activité" est strictement interdit par la loi. Une précision qui n’est jamais apportée par l’article du Monde. Or, les stagiaires semblent bel et bien occuper ce type de postes dans l’entreprise. L’un d’eux, 26 ans, est par exemple "responsable de toute l’interface graphique des projets". Une autre de 19 ans est, elle, "responsable de la communication".

il est "interdit de faire travailler un même salarié plus de six jours par semaine"

Et leur "recrutement, très sélectif" s’apparente d'ailleurs bien plus à de véritables procédures d’embauche qu’à une procédure classique pour les stages, qui sont définies par la loi comme "des périodes temporaires de mise en situation en milieu professionnel au cours desquelles l'élève ou l'étudiant acquiert des compétences professionnelles et met en œuvre les acquis de sa formation". Pour avoir la chance d'être stagiaire chez Speed-Up, "après examen du curriculum vitae, les candidats planchent, jusqu’à quatre heures, sur des sujets techniques de développement informatique, avec l’aide des potentiels futurs colocataires". Et ce n'est pas tout : après un entretien d'embauche, un dîner constitue la "dernière étape du recrutement".

Trois stagiaires pour six mois : la politique de "recrutement" de la start-up correspond exactement au maximum autorisé par la loi, tant en termes d’effectifs que de durée de stage. Mais pourquoi "recruter" trois stagiaires pour des postes permanents, plutôt que des CDD, prévus pour ça ? Plutôt que de payer un salarié au SMIC avec les charges sociales (soit environ 1 500 euros), l’entreprise préfère sans doute "gratifier" trois stagiaires, dont la gratification mensuelle mininum n’est que de 554 euros mensuels. "On commence, donc c’est une question de coût", assume d’ailleurs un des fondateurs, Paul Poupet.

Et les "entorses" au droit du travail ne concernent pas que les stagiaires. "«On travaille tous les jours, samedi et dimanche compris», lance Paul Poupet à ses employés, en guise de rappel. Un manège qui n’a pas échappé aux voisins, habitués à voir «de la lumière à tous les étages en permanence et les jeunes pianoter sur leurs claviers comme des fous»", rapporte Le Monde. Si travailler "tous les jours de la semaine" est sans aucun doute une organisation originale pour une entreprise, c’est surtout - et toujours - interdit par la loi. Le Code du travail précise en effet qu’il est "interdit de faire travailler un même salarié plus de six jours par semaine". Et les règles sont encore plus strictes pour les stagiaires, qui doivent "bénéficier du repos dominical" et ne peuvent "accomplir d’heures supplémentaires".

Contacté par @si, le journaliste du Monde Maxime François estime que ce n'était "pas à [lui] de juger" de la légalité ou non d'une pratique : "Ca serait à un juge de le faire. Pour moi tout est dans le papier, après à eux [les fondateurs de Seed-Up] d'assumer ou non leurs propos. Moi je les ai interrogés, mais aussi les stagiaires, ou les voisins. Après je comprends que ça soit un débat d'actualité, sur les stagiaires, le droit du travail. Ca fait réagir, et tant mieux."

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19h13 Hors Série

"C'est aux policiers de fraterniser avec nous !" (Larrère)

Par
la rédaction le 23/05/2016

Comment les mouvements sociaux "digèrent"-ils les expériences révolutionnaires qui les ont précédés ? Comment s'emparent-ils de leurs symboles, leur iconographie et leurs grilles d'analyse, ou au contraire les mettent-ils à distance ? Pour y répondre, Hors-Série (site adossé à @si) accueille, pour une émission spéciale, une invitée à la double casquette : Mathilde Larrère est militante engagée dans le mouvement Nuit debout, et historienne des révolutions (à l'université Paris Est Marne la Vallée). Concernant le recours à la violence, systématiquement "considéré comme illégitime aujourd'hui", elle rappelle comment cette dernière a nourri des mouvements comme mai 68. Quant à l'éventualité d'une fraternisation des forces de l'ordre avec les manifestants - débat qui agite lui aussi la Nuit debout et le mouvement contre le projet de loi travail -, Larrère préfère prendre la question... à l'envers :

 

Pour retrouver l'intégralité de l'entretien de Laura Raim avec Mathilde Larrère, c'est par ici : "La trajectoire des révolutions"

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18h54 @rrêt sur images

Manifs : flouter ou pas les visages de "casseurs" ?

Par
la rédaction le 23/05/2016

"Les gens ne voient pas tout ce qu'on supprime au montage !" Vidéaste spécialisé dans la couverture des mouvements sociaux, Gaspard Glanz filme de longues heures de manifestations avant de proposer des reportages de 20 à 30 minutes sur son site, Taranis News. Il fait partie des invités de notre émission de cette semaine sur les images de manifestations.

Que garder, que couper ? Glanz explique prendre un soin particulier à couper les scènes où les visages de manifestants violents apparaissent : "Il y a des plans que je ne mets pas parce qu'ils mettent clairement en danger une personne. (...) Je ne me sentirais pas très à l'aise si je participais à mettre quelqu'un en prison à cause de ce qu'il a commis dans une rue de Paris". Une position qui ne convainc pas le secrétaire général de la CGT-Police Alexandre Langlois, autre invité de notre émission de cette semaine. Ecoutez-les :

Pour retrouver l'intégralité de notre émission sur les images de manifestations, de violences policières et de violences contre les policiers, c'est par ici : "Manifs : On laisse pourrir pour inciter à la violence"

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16h04 suivi

"Success story" Buzzfeed : L'Obs oublie les difficultés financières

Par
la rédaction le 23/05/2016

"L'une des plus belles réussites web en termes de pure player." Dans un long article publié ce week-end, TéléObs raconte l’ascension de Buzzfeed, ce "site de divertissement conçu comme un laboratoire viral" qui "s’attaque désormais à l’info" et ce "sans états d’âme". Le supplément de l’hebdo insiste sur le succès du site, qui cumule "7 milliards de vues par mois" (contre 4 en 2015), notamment via ou sur les réseaux sociaux, et qui se déploie "désormais dans 11 pays, du Brésil au Japon en passant par la France, où il s'est implanté fin 2013".

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Depuis quelques années, en plus des listes plus ou moins légères qui ont fait sa renommée (on vous en parlait ici), Buzzfeed s'est développé en investissant des moyens importants dans le journalisme, notamment politique, raconte TéléObs. Et les résultats ne se sont pas fait attendre : "Le site inonde la campagne [des primaires américaines] de scoops. Et émerge aussitôt. Aujourd'hui, l'équipe new-yorkaise occupe six étages près d'Union Square et emploie environ 500 journalistes. Sans compter les correspondants à Los Angeles et Washington DC. Le site a ensuite essaimé à l'étranger, faisant par exemple une entrée spectaculaire au Brésil."

Certains scoops ont même un retentissement planétaire, comme avec "l’affaire des trucages dans les matchs de tennis de haut niveau" (dont @si vous parlait ici). Et ce n'est pas tout : Buzzfeed est également à l’origine de révélations sur des conflits d’intérêt à la NSA, qui ont conduit à la démission d’une haute responsable. Pour ces raisons et pour "sa connaissance unique d'Internet", le magazine The Atlantic allait même jusqu'à qualifier Buzzfeed "d’organe de presse le plus influent des Etats-Unis" début 2015. En France aussi, le site a publié quelques "scoops". Buzzfeed France, dirigé par Cécile Dehesdin (passée par Slate.fr et l'Express.fr) a par exemple enquêté sur des témoignages bidon publiés par Madame Figaro ou a révélé plus récemment qu'un journaliste avait été interdit de manifestation par la préfecture de Paris.

Native advertising et revers financier

Globalement très positif, l’article de L’Obs oublie toutefois certains "details" de la "succes story". L'article ne dit par exemple pas un mot sur la publicité déguisée en articles, au coeur du modèle économique de Buzzfeed. Une pratique qui a pourtant valu à Buzzfeed une remontrance de l'autorité de régulation de la publicité au Royaume-Uni, qui jugeait que le caractère publicitaire d'un article n'était pas explicite.

Surtout, Buzzfeed a connu un (gros) revers financier en 2015, jamais abordé dans l'article de TéléObs. "Buzzfeed n’a pas rempli ses objectifs financiers de 2015 et a dû diviser par deux ses revenus espérés pour l’année prochaine", rapportait ainsi le Financial Times le mois dernier. "Un coup majeur porté à Buzzfeed, fondée par Jonah Peretti, qui était jusque-là le fils prodige de l’industrie des médias", estimait par exemple le Guardian, notant par ailleurs que "l’audience mondiale combinée de Buzzfeed.com sur ordinateur et mobile avait chuté de 14% entre avril de l’année dernière et mars de cette année". Des analystes interrogés par le site britannique estimaient que "ces mauvais résultats pouvaient être le signe d’une bulle, autour de marques comme Mashable ou Vice, qui pourrait être proche de l’explosion".

L’occasion de lire notre observatoire "La pastèque de Buzzfeed, "l'avenir de la télévision", vraiment ?" et notre émission avec le journaliste de Buzzfeed David Perrotin Etat d'urgence: "la com' des préfectures est totalement verrouillée"

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11h12 on aurait aimé le dire

Non, Robert Ménard, le rappeur Black M n'a pas menti (Libé/Désintox)

Par
la rédaction le 22/05/2016

Après l'annulation de son concert à l'occasion des commémorations du centaire de la bataille de Verdun, le rappeur Black M avait rappelé que son grand-père avait combattu dans les tirailleurs sénégalais, également présents à Verdun. Faux pour une partie de la fachosphère, relayée par Robert Ménard, qui a appelé les journalistes à vérifier les propos du chanteur. Ce que la rubrique Désintox de Libé a fait.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Libe.fr, 21/06/2016

De passage sur LCI, mercredi 18 mai, Robert Ménard semblait dubitatif : "Il y a un historien qui s’appelle Pascal Guy, qui est allé à Vincennes. Vous savez, là où il y a les archives et il n’a trouvé personne du nom d’Alpha Mamoudou Diallo, le grand-père tirailleur sénégalais de notre rappeur. C’est tout. Je pose la question." Trois jours plus tard, la rubrique Désintox de Libé a chassé les doutes du maire de Béziers.

"Après l’annulation de son concert à l’occasion des commémorations du centenaire de la Bataille de Verdun, le rappeur Black M avait pensé mettre fin à la polémique en évoquant sur Facebook, l’« immense fierté » qu’il avait ressenti quand on avait fait appel à lui, mais aussi, photo à l’appui, l’histoire de son « grand-père Alpha Mamoudou Diallo, d’origine guinéenne, [qui] a combattu lors de la guerre 39-45 au sein des tirailleurs sénégalais - ces mêmes tirailleurs sénégalais qui étaient également présents lors de la bataille de Verdun »", rappelle le site du quotidien, parti pour l'occasion à la recherche du tirailleur perdu.

Comment ? En contactant d'abord Pascal Guy, qui n'est en fait pas vraiment historien. Interrogé par Libé, Guy raconte être un "autoditacte", "pas du tout doctorant", qui n'a pas étudié l'histoire mais l'archéologie à l'université de Tolbiac, et travaillerait aujoud'hui comme réceptionniste de nuit. "A l’entendre parler, Pascal Guy est définitivement un passionné de l’histoire de France, mais d’habitude quand on cherche un expert crédible, on essaie de trouver un universitaire spécialiste du sujet", tacle Libé. D'autant que la métholodogie du passionné d'histoire, qui ne s'est en réalité jamais rendu à Vincennes comme l'affirmait Ménard, laisse à désirer. Troublé par le fait que le nom d'Alpha Mamodou Diallo n'apparaisse pas dans les listes du site des pensionnés et sur Mémoire des hommes, qui répertorie 1,3 millions de militaires décédés pendant la Première Guerre Mondiale, il en a conclu que le rappeur mentait.

Sauf que l'investigation méritait d'être un peu plus poussée, ce qu'a fait Désintox en contactant l'Association des enfants des tirailleurs sénagalais de Guinée. "Après avoir vérifié dans les registres guinéens, son président Lamarana Amadou Diallo nous a alors communiqué une attestation où il certifie « qu’Alpha Diallo » (la véritable identité de Black M) « est le petit-fils de l’ancien combattant : Alfa Mamoudou DIALLO », « combattant de la 2e Guerre mondiale 1939-1945 »". Preuve supplémentaire : le document en question associe également une adresse dans le 13e arrondissement de Paris au descendant du soldat, adresse correspondant à l'ancien domicile du chanteur.

"Je demande aux journalistes toujours prêts à vérifier n’importe quel propos d’un certain nombre de gens, suivant où ils sont situés sur l’échiquier politique", avait déclaré Ménard sur le plateau de LCI quelques jours plutôt. Le voilà sans doute rassuré.

L'occasion de relire notre article : "Comment l'extrême-droite a gagné la bataille de Verdun contre un rappeur"

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15h59 suivi

Canal+ : les syndicats de la chaîne "haussent le ton" (Les Jours)

Par
la rédaction le 21/05/2016

Les élus du Conseil d'entreprise (CE) de Canal+ ont engagé cette semaine une procédure d'alerte à destination de la direction de la chaîne. Pertes financières, détails sur les contrats d'Hanouna et Ardisson, activités africaines de Bolloré : les élus formulent une série de questions portant sur la gestion et la stratégie du groupe.

"Une grande inquiétude tant au niveau des élus que des salariés". C'est ce qu'expriment, dans une lettre envoyée lundi à la présidente du CE de Canal+ les syndicats de la chaîne qui entament une procédure de "droit d'alerte". Prévu par le code du travail, le "droit d'alerte" peut-être invoqué "lorsque le comité d’entreprise a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l’entreprise", et ce dans le but de "demander à l’employeur de fournir des explications". Selon une information du site Les Jours, les élus de la chaine ont donc communiqué à la direction une liste de neuf interrogations dans un document intitulé "Questions posées par le CE dans le cadre de la procédure de droit d'alerte".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Les Jours - 20 mai 2016

"Des chiffres inquiétants"

"Des explications et précisions sur les chiffres inquiétants rendus publics". La première demande formulée par les élus du Comité d'entreprise fait référence aux pertes financières du groupe Canal+, qui s'élèveraient à 400 millions d'euros selon les chiffres communiqués par Bolloré. Les syndicats exigent également des informations sur les recettes publicitaires liées à la diffusion en clair, la communication du nombre exact d'abonnements en cours (dont Les Jours annonçaient une baisse importante) et des enquêtes de satisfaction réalisées récemment auprès des abonnés de la chaîne. Le but étant bien sûr d'analyser la variation de ces données depuis la reprise en main de la chaîne par Bolloré.

Au delà des résultats économiques du groupe, et spécifiquement de la chaîne Canal+, le CE exige une clarification de la politique de ressources humaines menée chez Canal. Il demande particulièrement "des détails sur les contrats signés par Vincent Bolloré avec plusieurs animateurs producteurs, dont Cyril Hanouna et Thierry Ardisson".

Les syndicats aimeraient donc pouvoir établir un premier bilan objectif de l'action de Vincent Bolloré, mais ils interrogent également avec insistance sa stratégie future pour le groupe. Ce dernier serait donc appelé à jouer franc jeu sur son "plan B" en cas de refus par l'Autorité de la concurrence de l'accord prévu avec la chaîne BeIn Sports d'une part, et sur la destinée de la chaîne d'info en continu I-Télé d'autre part. "Quel est le projet de développement et le plan d’actions ?", insistent les élus dans leur courrier.

Les liens avec les activités africaines de Bolloré en question

Enfin, dernier motif d'interrogation pour les élus du CE, les "royalties versés à Canal+ dans le nouveau sigle CanalOlympia", du nom du réseau de salles de concerts qu'est en train de construire Bolloré sur le continent africain. Les répercussions sur le groupe Canal+ des activités africaines de Bolloré semblent préoccuper les syndicats. Ces derniers lui demandent par exemple de s'expliquer sur le financement d'un concert (diffusé sur D17, propriété du groupe Canal) à Conakry en septembre dernier - soit juste avant la victoire d'Alpha Condé, un proche partenaire économique de Bolloré, à la présidentielle dans ce pays.

"Commencer à hausser le ton", c'est donc la ligne de conduite derrière laquelle se sont rangés tous les syndicats de la chaine qui défendent ce droit d'alerte, rapportent Les Jours. "Tous", c'est à dire la CGT Canal+, minoritaire, +Libres, syndicat autonome majoritaire, ainsi que la CGC qui s'est associée à la démarche et dénonce par ailleurs la situation actuelle de la chaîne dans un tract intitulé "#stopcanalbashing". Selon la procédure du droit d'alerte, la direction du groupe doit désormais organiser un Conseil d'entreprise extraordinaire pour apporter des réponses précises à ces questions. Faute de quoi les syndicats pourront saisir les conseils de surveillance et d'administration de Canal+.

(par Maxime Jaglin)

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18h07 lu

Free : fichage illégal de salariés en 2009 (Politis)

Par
Anne-Sophie Jacques le 20/05/2016

"Fichage de salariés, licenciements montés de toutes pièces, répression syndicale, management brutal…" C’est la fête de Free et de sa maison mère Iliad dans le dernier numéro de Politis qui charge l’opérateur et son patron, Xavier Niel. Document à l’appui, l’hebdo révèle l’existence d’un plan dit Marco Polo qui, en 2009, avait listé les salariés indésirables du centre d’appel de Marseille. De son côté, Iliad nie en bloc sans apporter de réponses factuelles.

"On a construit une machine à broyer". L’aveu est signé Giorgio Mariani, ancien responsable des ressources humaines du site marseillais de Free, qui confie à Politis les preuves sur la gestion des salariés dans ce centre d’appel. L’homme est le seul à témoigner sans requérir à l’anonymat. Et son témoignage est précis : un plan secret nommé Marco Polo aurait été lancé en interne dès 2009. Politis explique son dessein : "45 salariés sont fichés par les ressources humaines et progressivement poussées vers la sortie. Il s’agit d’un tableau récapitulant la situation de chacun." On y trouve des notifications pour chaque salarié comme "marié, 50 ans, 3 enfants. Risque CPH [cour des prud’hommes] fort et très onéreux à voir pour transac" ou encore, comme en témoigne le listing publié par l'hebdo, "dossier vide à construire". Un fichage illégal, notamment au regard des droits et obligations des employeurs en matière d’évaluation de leurs salariés résumés par la Cnil (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés).


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Le listing du plan Marco Polo

Parmi ces "dossiers à construire", celui de Frédéric qui découvre ce plan alors qu’il est interrogé, sept ans plus tard, par Politis : "ce salarié va subir plusieurs changements de bureau (entre 2 et 4) pour finir à côté de la «salle de cantine» séparé du reste de l’équipe. Sa direction le submerge de missions contradictoires". Lorsque le salarié se plaint, "son responsable lui écrit qu'il lui décèle une forme de paranoïa. Au bout de quelques mois, le salarié craque, tombe en dépression peu avant d’être licencié pour insuffisance professionnelle". Mariani confie avoir dû "renvoyer une ingénieure qui n’avait rien à se reprocher. On l’a broyée psychologiquement". Le responsable RH finit par vendre la mèche à la CFDT qui évoque ce fichier lors d’un comité d’entreprise. La direction nie et, selon Politis, l’affaire ne va pas plus loin. Mariani est licencié.

But de la manœuvre selon l’hebdo : échapper à un plan social (PSE) bien plus coûteux que les indemnités à verser à l’issue du passage aux prud’hommes, comme en témoigne un autre tableau publié par Politis et qui chiffre précisément les coûts. Exemple : "pour un responsable plateau, il en aurait coûté, selon les calculs du groupe, 123 000 euros dans le cadre d’un PSE et seulement 48 500 aux prud’hommes". Le reste des sept pages du dossier est à l’avenant : les conditions de travail déplorables, le rôle de la toute puissante directrice des centres d'appel Angélique Gérard... Ce dossier se conclut par la réaction du groupe – sollicité à deux reprises en mai – qui "conteste fermement les propos et les faits et menace d’une action en justice".

Politis Free

Contacté par @si – mais aussi par l’AFP – le service de presse de Free s’en tient à cette position. Mais une source interne est plus loquace : "cette histoire de listing date de 2009 et le responsable RH de Marseille a quitté l’entreprise depuis 7 ans. De plus, le groupe a investi 4 millions d’euros sur le centre de Marseille qui est loin d’être fermé et qui recrute toujours. Pourquoi l’histoire sort-elle maintenant ?" Cela dit, le groupe Iliad se refuse à une réplique factuelle point par point et préfère, pour l’instant, rester aux abonnés absents malgré les reprises dans la presse, de Rue89 (qui appartient au groupe Le Monde, dont Niel est actionnaire à titre personnel) à RTL.

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11h54 grrr !

Pas vu dans Le Figaro : proche de Dassault condamné à 15 ans de prison

Par
Robin Andraca le 20/05/2016

Un proche de Serge Dassault a été condamné, mercredi 18 mai, à quinze ans de prison pour tentative d'assassinat (alors que l'avocat général avait requis une peine de douze ans). Comme l'a noté Le Petit Journal, toute la presse nationale a repris l'info sauf... Le Figaro, propriété de l'avionneur. Dassault épargné par son propre journal ? Juste une vieille habitude.

Difficile de passer à côté de l'info cette semaine. Le Monde, Libération, L'Obs, Le Parisien, Le Point, L'Express, Francetv info, Mediapart, 20 Minutes, BFMTV, Marianne : toute la presse nationale s'est penchée cette semaine sur le cas de Younès Bounouara, proche de Serge Dassault, condamné à quinze ans de réclusion pour tentative d'assassinat. Le 19 février 2013, Bounouara a tiré sur Fatah Fou, qui circulait en voiture dans le centre de Corbeil-Essonnes, en région parisienne. "M.Bounouara était devenu l’un des«préférés»de M. Dassault quand ce dernier a ravi la ville aux communistes en1995. L’industriel l’a notamment utilisé comme relais dans le quartier des Tarterêts pour désamorcer les émeutes", précise Le Monde.


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Le Monde, 18/05/2016

En toile de fond dans cette affaire, les soupçons d'achat de votes aux élections municipales de Corbeil-Essonnes qui valent à Serge Dassault, maire de la ville de 1995 à 2009, une mise en examen dans un dossier distinct. En 2009, la victime avait en effet dénoncé au Conseil d'Etat des achats de votes, contribuant à l'annulation des élections et la condamnation de Dassault à un an d'inéligibilité.

A-t-il été question de cette condamnation, ou même de ses prolongements, dans Le Figaro, propriété de l'avionneur ? Absolument pas, pas une ligne, que ce soit dans les pages du journal ou sur son site internet.

Il a pourtant déjà été fait mention de Bounouara sur le site du Figaro. Le 6 novembre 2013, dans une petite brève, on apprenait ainsi que Bounouara, "suspecté d'être l'auteur d'une tentative d'assassinat en février à Corbeil-Essonnes (Essonne)", s'était rendu à la justice. "En fuite depuis le 19 février, il a été appréhendé par la police à sa descente de l'avion et devait être présenté dans l'après-midi aux juges du tribunal d'Evry en charge du dossier, en vue d'une probable mise en examen. Le sénateur (UMP) Serge Dassault (propriétaire duFigaro) a été entendu le 14 octobre comme témoin assisté dans ce dossier", précisait LeFigaro.fr.


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Même chose en octobre 2013 après l'audition en tant que témoin assisté de Dassault, entendu pendant quatre heures par trois juges d'instruction d'Evry qui enquêtaient alors sur cette tentative d'assassinat. "Ce dernier, qui réfute pied à pied toutes les accusations portées contre lui dans les deux dossiers, s'est expliqué sur ses liens avec le fuyard. Il admet que M.Bounouara l'a longtemps aidé à mieux connaître les quartiers populaires de Corbeil et les problèmes de leurs habitants. Lorsque M.Dassault a quitté la mairie, il a considéré que cette collaboration n'avait plus lieu d'être. Pour autant, il a souhaité aider financièrement l'homme, avec lequel il avait tissé « une relation importante, affective et ancienne », pour un projet industriel en Algérie - d'où une remise de fonds à l'été 2011", écrivait alors le chroniqueur judiciaire du journal, Stéphane Durand-Souffland.


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Et ce n'est pas la première fois que Le Figaro épargne son patron. Le bureau du Sénat qui refuse de nouveau la levée d'immunité de Serge Dassault en janvier 2014 ? Pas vu dans Le Figaro. Le comptable suisse de l'avionneur qui aurait remis près de 53 millions d'euros en liquide à Dassault entre 1995 et 2012 ? Service minimum. Enfin, les violences dans la ville de Dassault ? Pas un mot, non plus, dans Le Figaro.

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19h07 lu

Interpellations Veilleurs / Loi Travail : une intox d'Eric Brunet (Libé/Marianne)

Par
la rédaction le 19/05/2016

L'animateur de RMC et éditorialiste au journal d'extrême-droite Valeurs actuelles Eric Brunet "démontre" le laxisme des forces de l'ordre à l'encontre des manifestants contre la nouvelle loi Travail en assurant que la "répression policière" avait été plus importante lors de la Manif pour tous. Flagrant délit d'intox débusqué par Marianne et Libération.

"Y a-t-il eu deux poids deux mesures dans la répression policière, lors de deux mouvements qui ont marqué le quinquennat de Hollande : les Veilleurs en 2013, ceux qui étaient contre le mariage pour tous, et les Nuit debout aujourd’hui ? Et bien je peux répondre à cette question". Dans une vidéo de trois minutes postée sur Twitter, Eric Brunet annonce avoir trouvé l'argument statistique imparable pour dénoncer la "mansuétude" du gouvernement à l'encontre des manifestants anti-loi Travail. Dans le message qui accompagne la vidéo, il annonce la couleur : "Incroyable : il y a eu plus de Manif pour Tous arrêtés en 2013 que de casseurs de la Nuit Debout". Un argumentaire qu'il a également asséné dans une tribune de Valeurs actuelles.


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"D'abord les chiffres"

"D'abord les chiffres", annonce Brunet au début de sa vidéo. Statistiques à l'appui, il développe : "Il y a eu 193 Nuit debout qui ont été arrêtés, alors qu’il y a eu plus de Veilleurs : 201. Ce qui est tout à fait étrange, c’est que les Veilleurs n’ont blessé aucun policier, ils ne faisaient que lire des textes d’Albert Camus ou de Victor Hugo sur la voie publique mais ils n’ont blessé aucun policier. Il y a donc eu moins de Nuit debout arrêtés et gardés à vue alors qu’il y a eu 350 policiers blessés selon les chiffres officiels" .

Et c'est là que le bât blesse : ces chiffres sont entièrement déformés. Selon Libé, les "193 arrestations en marge de Nuit debout" que Brunet évoque correspondent en réalité au nombre de gardes à vue. Le nombre d'arrestations s'élève donc en réalité à 412 dans l'agglomération parisienne entre début mars et mi-avril, selon le bilan du préfet de police. Le chiffre de 201 côté "veilleurs" avancé par Brunet correspond bien, en revanche, à des interpellations, si l'on se fie au communiqué de la préfecture de police du 15 avril 2013. Les gardes à vue concernaient quant à elles 68 personnes entre le 12 et le 15 avril 2013. Mélanger interpellations et gardes à vue biaise donc la comparaison "implacable" de Brunet. Et Libé ajoute "pour être précis, parler de 201 «Veilleurs» interpellés n’a guère de sens puisque le mouvement des veilleurs s’est précisément constitué après les 201 arrestations et 68 gardes à vue de ce week-end du 14avril".

Pour rendre la démonstration imparable, l'éditorialiste défend également le caractère "pacifiste" des "veilleurs". Mais pour Marianne, "il est par ailleurs faux que «les cathos de La Manif pour tous ne faisaient rien d’autre que lire pacifiquement des textes». Rien que leur grand raout du dimanche 26 mai 2013 s'était terminé aux Invalides par plus de deux heures de violents affrontements avec les forces de l'ordre sur l'esplanade des Invalides. Bilan : 174 interpellations mais aussi 36 blessés dont un journaliste, un manifestant et… 34 policiers et gendarmes".


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Libération.fr - 18 mai 2016

 


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Marianne.fr - 18 mai 2016

Dernière erreur dans la tribune de Brunet, le Défenseur des droits Jacques Toubon aurait "jugé «disproportionnée» la répression policière contre les Veilleurs, évoquant même «un recours excessif à la force»". "Faux", déclare Marianne. La décision rendue par le défenseur des droits ne mentionne en effet aucunement "la répression policière" des "veilleurs", et ne dénonce pas non plus de "recours excessif à la force". Tout juste Toubon condamne-t-il le recours "disproportionné" à des cordons de CRS pour encercler les manifestants.

Sur son blog, Brunet admet aujourd'hui que l'"on pourrait débattre de l'imprécision des chiffres" qu'il avance, mais réfute les termes d'"intox" et de "bobard" utilisés par les deux journaux et qui lui semblent "malhonnêtes". L'éditorialiste souligne à nouveau l'aspect tardif de la réponse policière et le fait que "l’État a eu deux façons «très différentes» d'aborder ces deux mouvements de rue en 2013 et 2016".

(par Maxime Jaglin)

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