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Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

19h56 suivi

Piratage Sony : Hollywood contre Google

Par
la rédaction le 19/12/2014

Où s'arrêteront donc les révélations suite au piratage sans précédent de Sony Pictures ? Le New York Times révèle aujourd'hui, alors que Sony avait tenté de faire pression sur les médias en les menaçant de poursuites s'ils utilisaient les documents piratés, qu'un procureur américain a travaillé de façon très étroite avec la Motion Picture Association of America (MPAA, qui défend les intérêts des six plus grands studios hollywoodiens aux Etats-Unis) pour préparer des dossiers de mise en accusation contre... Google.

nouveau media

Alors que des milliers de gigaoctets de données internes de la société circulent toujours sur le net, les révélations continuent de se multiplier et c'est cette fois au tour de six grands studios hollywoodiens (Disney, Paramount, 20th Century Fox, Universal, Warner Bros et Sony) d'être touchés. Le quotidien américain, comme le rapporte Numerama, a croisé des documents présents dans les fichiers piratés de Sony Pictures avec des copies de courriers obtenus auprès des autorités. Et la neutralité de l'avocat général Jim Hood semble mise en cause, lui qui en novembre 2013 écrivait ceci à Google, tout en les menaçant de poursuites pénales : "Depuis 10 ans que je suis avocat général, j'ai eu affaire à beaucoup de malfaiteurs de grandes entreprises. Je dois dire que la vôtre est la première que je rencontre qui n'a aucune conscience d'entreprise pour la sécurité de ses clients, la viabilité des autres entreprises, ou l'impact économique négatif sur la nation qui a permis à votre entreprise de prospérer".

Sauf que voilà : le New York Times révèle que l'essentiel de cettre lettre a été rédigé par par un cabinet juridique, employé par la MPAA. Hood affirme, pour sa défense, qu'il l'ignorait totalement. Le site américain The Verge a également fouillé dans les fichiers piratés et déniché un e-mail daté du 16 janvier, dans lequel l'avocat de la MPAA raconte que Jim Hood l'a appelé la veille, pour lui demander des exemples de recherche conduisant à des films piratés.

Ces révélations interviennent dans un contexte géopolitique très tendu. Le FBI vient en effet d'assurer, dans un communiqué, avoir "assez d'informations pour conclure que la Corée du nord est responsable" de cette attaque informatique. Barack Obama devait d'ailleurs s'exprimer à ce sujet lors d'une conférence de presse à 19h30, heure française.

L'occasion de relire notre contenu : "Nombreuses condamnations après l'enterrement par Sony de The Interview".

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18h18 suivi

Bygmalion : la trésorière de l'UMP mouille la Sarkozie (Marianne)

Par
la rédaction le 19/12/2014

Qui savait quoi dans l'affaire Bygmalion ? Officiellement, Sarkozy et son entourage n'étaient pas au courant du système de fausse facturation de Bygmalion pour masquer les dérapages des comptes de campagne. Mais cette ligne de défense est en train de s'effondrer. Selon Marianne, qui a eu accès à de nouveaux procès verbaux de l'instruction judiciaire, la directrice administratrice et financière de l'UMP, Fabienne Liadzé, a mouillé le clan Sarkozy en insistant sur "le rôle crucial dans ce montage frauduleux d'Eric Cesari, proche parmi les proches de Sarkozy et ex-directeur général de l'UMP", écrit Marianne. Surnommé "l'oeil de Sarkozy", Cesari a été mis en examen, tout comme Liadzé, pour "abus de confiance".

Bygmalion

Face aux enquêteurs, Liadzé a déclaré que Cesari "avait un pouvoir administratif de décision. Il vérifiait les devis et demandait régulièrement les justification des dépenses". En clair, il était au courant des factures de Bygmalion et des dépassements des comptes de campagne puisque c'est lui qui validait le coût des meetings. Des accusations qui contredisent la version de Cesari, qui a nié avoir été mis au courant de ces fausses factures. 

Dans un droit de réponse adressé à Libé et Marianne en juin dernier, il assurait qu'il n'avait "aucun pouvoir statutaire ou même fonctionnel s'agissant des règlements de dépenses". Pour Liadzé, au contraire, les décisions étaient prises entre Cesari et Jérôme Lavrilleux, le directeur adjoint de campagne de Sarkozy qui s'était confessé sur BFM.

La comptable est même allée plus loin dans ses accusations en citant un exemple précis : le trucage du meeting de Villepinte, qui a coûté 3 millions d'euros. "Dans le cadre de la réunion hebdomadaire de travail avec Philippe Blanchetier [avocat de Nicolas Sarkozy], Philippe Briand [trésorier de la campagne] et Marc Leblanc [expert-comptable] qui a lieu dans mon bureau en ma présence, il a été évoqué la répartition du coût de l'organisation de la journée à Villepinte. Il est finalement proposé par eux (...) de répartir le coût du meeting de Villepinte 50% UMP, 50% campagne", a-t-elle expliqué. Selon elle, c'est Cesari et Lavrilleux qui ont ensuite validé cette répartition. Enfin, lors d'une troisième réunion, Liadzé a prévenu les prestataires de la mise en place de ce système. Etaient notamment présents Jérôme Lavrilleux, Eric Cesari, Franck Louvrier (l'ancien responsable de la communication de Sarkozy) et Jean-Michel Goudard (conseiller stratégique). En clair, le clan Sarkozy.

L'occasion de revoir notre émission sur Bygmalion : Où sont passés les 17 millions d'euros de fausses factures ?

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17h54 suivi

Campagne express de soutien : la Quadrature du Net sauvée ?

Par
Vincent Coquaz le 19/12/2014

"On va fermer boutique. Pas dans un an, dans 2 semaines." Le président de la Quadrature du net, Philippe Aigrain, était plus qu'alarmiste ce matin, sur son blog. L'association "de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet" (bien connue des @sinautes) annonçait avoir besoin d'un minimum de 45 000€ de dons d'ici le 4 janvier 2015 pour subsister, et entre 85 et 150000€ pour "opérer dans des conditions vaguement normales". Aigrain se montrait surtout en colère face au manque de dons : "L’internet raisonnablement libre, [...] ce n’était qu’une manie pour quelque geeks mal dégrossis. Alors on se taille, on vous dira où dès qu’on saura".

Quadrature

"La quadrature c'est terminé", "un drame" : face au risque de fermeture de l'association, la plupart des sites spécialisés et quelques généralistes reprenaient aujourd'hui le message alarmiste de Philippe Aigrain. Résultat : alors qu'il manquait encore près de 70 000€ à la Quadrature ce matin, le chiffre est tombé à 15 000€ en fin d'après midi (chutant de près de 5 000€ en moins d'une heure au moment d'écrire ces lignes), laissant présager que la somme requise serait finalement atteinte.

Budget2

Outre les dons qui représentent 52% de son financement, l'association fonctionne essentiellement grâce au soutien de l'Open Society Foundation (42% du budget), réseau de fondations créé en 1993 par le milliardaire américain George Soros (septième fortune mondiale, dont @si parlait ici ou ) pour "promouvoir la gouvernance démocratique".

L'occasion de voir le débat sur l'investigation participative en Ukraine entre Olivier Berruyer et Jean-Marc Manach, où il est question de la Quadrature... et de son financement par George Soros.


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15h41 suivi

Pyongyang : Guy Delisle dit "Adieu à Hollywood"

Par
la rédaction le 19/12/2014

"Ce matin, j’apprends que le film adapté de ma bande dessinée Pyongyang est annulé." L'auteur de BD et animateur québecois Guy Delisle a confirmé sur son blog l'annulation par la Fox de l'adaptation au cinéma de son album Pyongyang. Une annulation qui fait suite au piratage de Sony Pictures Entertainment et aux menaces qui ont conduit la société à annuler un premier film sur la Corée du Nord (The Interview, @si vous en parlait ici), accusée d'être derrière les attaques.

Delisle

"Ce qui me désole surtout ce sont les raisons qui ont conduit à cette annulation. On aurait pu imaginer qu’une grosse multinationale résisterait devant les menaces d’une bande de hackers nord coréens. Apparemment, ils ont su toucher là où ça fait mal", regrette l'auteur. "Il y a eu l’annonce de Steve Carell dans le rôle principal, le tournage était prévu au mois de mars en Serbie et j’ai eu un coup de fil [du réalisateur] Gore Verbinski. Il m’a parlé de la façon dont il voyait ce film, j’étais enthousiaste et aujourd’hui de savoir que tout ce projet tombe à l’eau me désole profondément."

Dans l'album Pyongyang, Delisle raconte son expérience dans la capitale nord-coréenne, où il est envoyé pour superviser la sous-traitance de séries d'animation.

Pyongyang
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15h40 lu

Kamel Daoud : fatwa et réponse sur Facebook

Par
la rédaction le 19/12/2014

"50 nuances de haine." Le finaliste du Goncourt 2014 Kamel Daoud, auteur algérien de Meursault contre-enquête est dans le viseur des salafistes algériens. Un des chefs du groupe "Front de l'éveil salafiste libre", l'imam Abd El Fettah Hamdache, a appelé mardi "le système algérien à condamner à mort publiquement" l'écrivain, qualifié d'"apostat, mécréant, sionisé" et de "criminel [qui] insulte Dieu".


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Capture TSA-Algérie du post d'Abd El Fettah Hamdache

Aux yeux du chef salafiste autoproclamé, l'écrivain mènerait une "guerre contre Allah" et "si la charia islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie". En cause, les critiques souvent virulentes que Daoud adresse à la société algérienne et à une conception rigoriste de l'islam, dans des chroniques comme "En quoi les musulmans sont-ils utiles pour l'humanité?" ou "Ce pourquoi je ne suis pas 'solidaire' avec la Palestine", rapportent Les Inrocks, qui notent son côté "iconoclaste et provocateur". Mais la fatwa intervient surtout quelques jours après l'intervention de Daoud sur le plateau de Laurent Ruquier, samedi 13 décembre.

Daoud présente son livre, où il revisite l'ouvrage d'Abert Camus, L'Etranger, en se mettant dans la peau du frère de l'Arabe, tué par Meursault dans le roman. Islamiste dans sa jeunesse, Kamel Daoud entretient désormais un rapport "distant" avec la religion. Pour lui, le monde arabe doit mettre "de la distance" avec la question religieuse, "pour avancer"

"Je n'ai pas dit que j'allais le tuer"

Alors que son post et sa page Facebook sont désormais indisponibles, Abdelfatah Hamadache, décrit comme un "petit prédicateur de quartier" qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux, a nuancé mais confirmé ses propos. "C’est qu’il (Kamel Daoud) est impardonnable en disant « quand je lis leur livre » en s’excluant. J’assume ma responsabilité . Mais je n’ai pas dit que j’allais le tuer et je n’ai pas appelé les musulmans à le faire. On demande au pouvoir algérien d’appliquer « al Had » (la condamnation à mort) et c’est une chose dont nous sommes fiers !" a-t-il rapporté au site TSA-Algérie.

En Algérie, un des principaux partis algériens, Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, qui se présente comme une organisation laïque, a exprimé "son entière solidarité" à Kamel Daoud, également soutenu par plusieurs pétitions en ligne. En revanche, les dirigeants algériens font pour l'instant preuve d'un "silence assourdissant", note Le Figaro.


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De son côté, Daoud a lui aussi choisi de s'exprimer sur Facebook pour répondre à l'imam salafiste. Il s'étonne notamment que les vrais problèmes de l'Algérie ("rues sales, immeubles hideux, dinar à genoux, Président malade, une dizaine de migrants tués dans un bus sur la route du rapatriement, dépendance au pétrole et au prêche, niveau scolaire misérable") gênent moins que "l'avis de Kamel Daoud".

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09h15 le neuf-quinze

Maroc : le retour de "l'abominable vénalité" de la presse française ?

Par
Daniel Schneidermann le 19/12/2014

Beau temps pour les pirates. De petits émules de Wikileaks viennent de triompher de Sony, en conduisant la multinationale à enterrer la sortie d'un film, prévue pour la période des fêtes, film qui mettait en scène l'assassinat du président nord coréen Kim Jong un. La Corée du Nord est-elle derrière les pirates ? Cela ferait un formidable scénario de film, mais il est peu probable qu'un producteur prenne le risque de le financer.

Il est un autre pays, plus proche de la France, et dont la classe dirigeante est actuellement obnubilée par un pirate : c'est le Maroc, où tout le monde se demande qui est le fameux twittos, auto-baptisé Chris Coleman, qui fait fuiter par dizaines des documents qui, tous ensemble, brossent la fresque d'une diplomatie marocaine obsédée par le Sahara occidental. Lequel n'est d'ailleurs pas le sul sujet brûlant : l'affaire Ben Barka, elle aussi, semble encore, presque cinquante ans plus tard, obséder les Marocains, jusqu'à les amener à financer de manière détournée des procès en diffamation en France, comme le montrent les mésaventures d'un de nos confrères de France 3, Joseph Tual.

Il est un autre aspect encore plus stupéfiant, dans les documents divulgués par "Chris Coleman" : on y apprend, comme l'a révélé ici Jean-Marc Manach, qu'une poignée de journalistes français, de L'Express, du Point, de Libé, et de LCI, pigent depuis des années pour un site de presse, L'Observateur du Maroc, dont le rédacteur en chef, Mohammed Charai, ne cesse de réclamer des subsides à deux hauts dirigeants du renseignement marocain, afin de rétribuer ces précieux collaborateurs, en échange d'articles favorables aux thèses marocaines dans -encore- l'affaire du Sahara occidental.

La correspondance, notamment, entre Vincent Hervouët, spécialiste de politique étrangère de LCI, -et ancien président de l'association de la presse diplomatique française- et Charai, est édifiante. Si cette correspondance est authentique (et, après minutieuses vérifications, tout montre qu'elle l'est), et si Charai a bien versé aux journalistes les sommes qu'il assure leur avoir versées (ce qui reste à établir, les quatre démentant farouchement), l'information est accablante pour quatre grands medias français, dont les journalistes ont ainsi travaillé en étant stipendiés par une puissance étrangère, comme à la belle époque d'avant la Grande guerre où l'argent russe coulait à flots dans les caisses des journaux français.

Dans l'affaire de l'argent du tsar, il avait fallu vingt ans, et une Révolution bolchevique, pour que la vérité éclate, dans L'Huma, puis dans un livre, éloquemment titré L'abominable vénalité de la presse française. A voir comment, depuis quelques jours, nos révélations sont superbement ignorées par nos confrères, on dirait bien que rien n'a changé. Dans un pays où la presse fonctionnerait normalement, ces révélations seraient reprises (au moins par les medias qui ne sont pas cités). Quant aux confrères mis en cause, ils s'expliqueraient, fouilleraient dans leurs archives pour expertiser les articles mentionnés, mèneraient des investigations internes, pour démentir ou confirmer. A ce jour, rien. Silence radio, et notamment, comme d'habitude, de l'AFP. Jusqu'à quand ?

Journaliste LCI

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14h56 suivi

Maroc / fuites : pas seulement des journalistes français instrumentalisés

Par
la rédaction le 18/12/2014

Combien de journalistes ont été instrumentalisés par le Maroc ? Les révélations se poursuivent après la publication de câbles de la diplomatie marocaine et de mails des renseignements marocains par celui qui se fait appeler Chris Coleman, agent d'un "Wikileaks marocain". Sur la base de ces documents, diffusés via Twitter et Facebook, @si vous a expliqué que quatre journalistes français, dont un de LCI, auraient été instrumentalisés par le Maroc. Sur le site Orient XXI, le journaliste espagnol Ignacio Cembrero assure que d'autres journalistes ont reçu de l'argent du Maroc. Les agents de la DGED (le renseignement marocain) "parviennent, moyennant finance, à ce que des journalistes et des think-tanks français, américains et même italiens produisent des articles et des analyses favorables aux thèses du Maroc et préjudiciables à l’Algérie et au Front Polisario qui revendique, depuis 1973, l’indépendance du Sahara occidental", écrit Cembrero.

Le Sahara Occidental ? C'est l'obsession des autorités marocaines, d'après les documents qui ont fuité. "Ce bout de désert est partout, dans les réunions du Conseil d’association avec l’Union européenne, dans les visites ministérielles en Europe ou dans les relations avec des pays aussi lointains que le Paraguay. Cette « monomanie » saharienne fait que le Maroc s’intéresse peu à d’autres débats qui traversent la planète", relève Cembrero.

Wikileaks marocain

Ces fuites de documents sont prises très au sérieux par les autorités marocaines. Selon le quotidien Akhbar Al Yaoum, cité par le site marocain Le360.ma, les parlementaires vont se saisir du dossier. Des députés "ont demandé la convocation de Salaheddine Mezouar [ministre des Affaires étrangères] devant la commission des Affaires étrangères et de la défense". Objectif ? "Face à ces fuites de documents sensibles, Mezouar est appelé à révéler l’origine de ses fuites et d’expliquer si les documents diffusés via twitter sont authentiques", écrit le quotidien Al Massae.

L'occasion de lire notre enquête : "Quatre journalistes français auraient été instrumentalisés par le Maroc"

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09h15 le neuf-quinze

Cuba si ? Cuba no ? Cuba peut-être...

Par
Daniel Schneidermann le 18/12/2014

Tranchant avec la liesse accueillant le dégel historique américano-cubain, une voix discordante au journal du matin de France Inter : la romancière Zoé Valdès raconte que l'allocution d'Obama, prononcée exactement au même moment que celle de Raul Castro, n'a pas été entendue à Cuba. Et Patrick Cohen, incrédule : "comment ? Elle n'a pas été diffusée ?" Non non. Pas diffusée. Partageons tous l'indignation de la romancière cubaine. En notant cependant un détail : les télespectateurs français qui auraient souhaité entendre en direct le discours de Castro, plutôt que celui d'Obama, n'ont pas pu le faire, les chaînes d'info ayant préféré diffuser celui d'Obama. Mais rien à voir avec la censure cubaine : c'est un choix rédactionnel démocratique, dans un pays démocratique.

Et Valdès qui, elle, a entendu le discours de Castro, d'y relever une phrase ("nous allons apprendre à vivre ensemble dans le respect, avec nos différences") qui montre bien que le régime n'a pas l'intention de changer. D'ailleurs, la levée de l'embargo américain, c'est clair, va selon elle le fortifier. Ah tiens ? On avait entendu exactement le contraire, la veille, dans la bouche d'un éminent spécialiste, le présentateur d'iTélé, qui voyait dans le dégel "les prémisses de la fin du régime castriste, qui ne pourra survivre à la fin de l'embargo".

Réjouissant spectacle, de voir un gros morceau d'Histoire du siècle dernier, de la vraie Histoire, du lourd de chez lourd, prendre de court les petites équipes des chaînes d'info françaises, plus habituées à diffuser en live les réunions UMP, ou à meubler sur d'obscurs faits divers du bout du monde. En quelques secondes, réviser Castro, Kennedy, la Baie des cochons : tâche surhumaine. "Vous n'êtes pas plus ému que ça !" lance le spécialiste étranger d'iTélé, Olivier Ravanello, à Daniel Cohn-Bendit, rameuté au téléphone, avec un étonnement délicieusement nuancé de reproche. C'est vrai, quoi, il pourrait bien pleurer un peu, l'ex-gauchiste, sur la mort de ses idéaux de jeunesse. "Pourtant ils vous ont quand même fait rêver, ces barbudos !" Et Cohn-Bendit d'expliquer gentiment au jeune homme que non, les "barbudos" ne l'ont jamais fait rêver, faudrait pas confondre cocos et anars, les crapules staliniennes c'était la porte à côté, et si la télé veut de l'émotion historique, qu'elle s'adresse plutôt à Régis Debray. Mais les chaînes ne doivent pas avoir son numéro.

Obama Guevara

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18h31 suivi

Ferguson surmédiatisée ? (Haïm / Canal+)

Par
Robin Andraca le 17/12/2014

Laurence Haïm, correspondante à Washington de Canal+ et iTélé, ne s'est pas rendue à Ferguson, alors même que le grand jury venait de prendre la décision de ne pas poursuivre Darren Wilson, l'officier de police blanc qui a tué en août dernier Michael Brown, adolescent noir. La journaliste explique pourquoi dans une tribune publiée hier sur le site "L'important", où elle dénonce "l'hystérie médiatique".

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Est ce que ça va, oui ou non péter ? C'est la question que s'est posée Laurence Haïm alors que le grand jury venait de décider de ne pas poursuivre Darren Wilson. Pour en avoir le coeur net, la correspondante de Canal+ le raconte aujourd'hui dans sa tribune, elle a même posé la question à l'Associated Press, avec qui elle travaille régulièrement. Réponse de l'agence de presse internationale : "Non ça n’a pas pété, mais ça va péter. On est en train de s’installer devant le tribunal, c’est à 10 minutes d’où ça va péter".

La journaliste décide alors de rester à New York et appelle Paris pour justifier son choix : "Moi, je ne vais pas à 10 minutes d'un endroit où ça n'a pas pété pour raconter que ça va péter, sans voir où ça va péter. Je suis beaucoup mieux à New York pour suivre ce qui va se passer dans le reste de l'Amérique, là où ça va être sérieux". Le lendemain, un reporter de CNN se prend un pavé dans la tête et ça pète enfin.

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La journaliste de CNN touchée à la tête pendant les manifestations

Haïm décroche (encore) son téléphone. Cette fois, à l'autre bout du fil des producteurs américains "de confiance", précise-t-elle, avant de restituer le dialogue suivant :

- C'est vraiment la guerre à Ferguson ?

- Il y a 500 caméras, il y a 3 immeubles qui brûlent, mais comme c’est construit en papier mâché, ça fait des grosses flammes, et on est tous en direct.

- Mais combien de personnes dans la rue, combien qui manifestent contre le racisme ?

- Bah c’est un peu compliqué car il y a la famille qui était devant le tribunal en disant qu’il fallait tout casser, mais objectivement il n'y a que 50-80 personnes. Des pilleurs qui mettent le feu et fracassent des vitrines pour piquer des télés.

- Mais vous le dites ça ?

- Bah les images, c’est beau, c’est impressionnant.

Beau et impressionnant mais pas très déontologique selon Haïm qui conclut sa tribune ainsi : "Je dénonce l’hystérie médiatique sur Ferguson, je pense que c’est extrêmement dangereux. Nous sommes au début de quelque chose qui est en train d’arriver. Quand il y a plus de caméras que de manifestants, c’est la télé qui crée l’événement".

Nous n'étions pas non plus à Ferguson mais nous en avons parlé. L'occasion de relire notre papier : "Le harcèlement policier des journalistes et des internautes amplifie les émeutes de Ferguson".

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17h13 vous n'êtes pas obligés

Cartes lumineuses, réseaux sociaux, avions et taxis

Par
Alain Korkos le 17/12/2014

Slate et Rue89 ont tout récemment publié des cartes géolocalisant des tweets dans le monde entier :


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Carte de Paris


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Carte de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle


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Carte de l'Europe de l'ouest


Six milliards de tweets sur une période de trois ans et demi (soit seulement 9% des tweets émis pendant cette période) ont été analysés par un développeur nommé Eric Fischer qui a réalisé cet impressionnant planisphère sur lequel on peut zoomer jusqu'à votre chez vous pendant que vous pensez touiter en toute discrétion, avachi(e) dans le canapé.


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Ces points verts fluorescents posés sur un fond noir rappellent, évidemment, la fameuse matrice :

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Mais pensons en bleu, et nous voici devant une carte du monde concurrente de Twitter, puisque tracée par les connexions Facebook !


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Elle a été mise au point par Paul Butler, employé chez FB, qui a référencé en 2010 les connexions de dix millions de paires d'amis. Voici deux gros plans, l'un sur l'Europe et l'autre sur les États-Unis :


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Il existe d'autres cartes de ce genre, beaucoup plus récentes. Un article d'Architizer.com, publié le 16 décembre dernier, nous présente plusieurs vidéos très impressionnantes. La première, mise au point par le NATS (le National Air Traffic Services grand-breton), permet de visualiser une journée de trafic aérien au-dessus de l'Angleterre et du Pays de Galles. C'est-à-dire 6 000 vols, dont 3 500 au-dessus des cinq aéroports londoniens. Deux captures d'écran :


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Voici maintenant trois autres captures d'écran provenant d'une vidéo créée par Aaron Koblin, illustrant une journée de trafic aérien au-dessus des États-Unis :


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7h10 du matin (heure de la côte Est)
7 353 avions dans le ciel étazunien


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14h16 (heure de la côte Est)
18 752 avions dans le ciel étazunien


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

0h13 (heure de la côte Est)
6 499 avions dans le ciel étazunien


On peut aussi, nous apprend Architizer, visualiser les trajets des taxis new-yorkais ! NYC Taxis: A Day in the Life est une vidéo interactive nous montrant les courses effectuées pendant une journée de 2013 par les taxis de la Grosse Pomme (ne vous fiez pas à l'indication 1913 affichée en haut à gauche de l'écran, à cette époque les taxis ne coûtaient pas le prix indiqué en haut à droite) :


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La NYC Taxi Holiday Vizualization permet, quant à elle, de voir se dessiner les trajets effectués par tous les taxis new-yorkais au départ des aéroports de JFK et de La Guardia pendant la période allant du 15 novembre au 31 décembre 2013 :


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Toutes ces cartes lumineuses sont, bien entendu, absolument inutiles. Mais si jolies !


L'occasion de lire ma chronique intitulée Autour de moi : la cartographie sens dessus dessous.

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16h28 vu

Bruni, femme sandwich dans Madame Figaro

Par
la rédaction le 17/12/2014

Carla Bruni, c'est la version chic de la femme sandwich : pas de pancarte avec la dernière promo du moment, mais c'est pas loin. Dans Le Figaro Madame de cette semaine, Bruni a accepté de dialoguer avec la philosophe Cynthia Fleury. Un échange autour de thèmes variés : la fidélité, la féminité, la politique. Et aussi, "l'importance de l'image" dans la société d'aujourd'hui. A ce sujet, Bruni constate que l'image est "omniprésente, puissante et trompeuse (...). Elle domine le monde d'aujourd'hui. Elle nous tient par la barbichette". Et c'est une experte qui parle. Car comme l'a constaté Le Canard enchaîné, juste avant ce dialogue Bruni-Fleury, le magazine a publié quatre pages de publicité pour la marque de luxe Bulgari dont l'hégérie n'est autre que... Bruni Carla.

Regardez ce petit bijou en matière de marketing :
quatre pages de pub (on a rajouté un logo pour bien les identifier)... suivi de quatre pages d'entretien.

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(montage : Axel de Velp)

Un mélange des genres à classer dans notre dossier : "Pub : les mille ruses"

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09h15 le neuf-quinze

Zemmour, le dérapage, et vice-versa

Par
Daniel Schneidermann le 17/12/2014

Alerte générale : Zemmour a-t-il dérapé ? C'est le débat du soir au Grand Journal. En voilà, un bon sujet. Et qui pour en débattre ? Ménard (celui de la crèche, voir notre émission de la semaine sur la laïcité) et Polony. C'est de plus en plus formidable, une avant-soirée à la télévision. En avant-première mondiale, @si est en mesure de vous révéler les prochains débats du Grand journal : demain, "regards croisés sur la crèche de Ménard" (Invité, Eric Zemmour, chroniqueuse Natacha Polony). Et après demain "Natacha Polony a-t-elle réussi à rester de droite à Canal+ ?" (Invités, Eric Zemmour et Robert Ménard). Bref, il est de plus en plus dispensable de regarder le Grand Journal, entre ses néanmoins excellents rendez-vous : le bulletin d'infos du Gorafi, et la délicieusement surréaliste météo de Monsieur Poulpe et Allison Wheeler.

Sans compter que cet accaparement est tout de même très injuste pour Eric Brunet, le réac de BFM, qui fait ce qu'il peut, mais qu'on n'invite jamais ailleurs. Et Yves Thréard, du Figaro ? Où est passé Yves Thréard ? Quand on pense au mal que se sont donné des flopées d'éditorialistes réacs pour construire une honnête carrière, tout ça pour finir par le monopole de l'hyperzemmour. On ne pourrait pas introduire un article dans la loi Macron, pour déverrouiller tout ça ?

Mais ne perdons pas de vue le vrai débat : Zemmour a-t-il dérapé ? Quelle drôle de question. Comme si Zemmour était autre chose qu'un dérapage sur pattes. Zemmour ne dérape pas. Zemmour EST la figure du dérapage, et vice-versa. S'interroger sur le dérapage chez Zemmour, c'est comme s'interroger sur l'aboiement chez le chien, sur le trou dans le Gruyère. Si le Système a promu en Zemmour le Libérateur de la Parole Longtemps Muselée par le Terrorisme Bobo, c'est pour produire du bon gros dérapage qui tache. Mais tout de même, là, cette fois, aujourd'hui, tout de même, est-il allé plus loin que loin ? OK, examinons. Qu'a-t-il dit ? Qu'il faudrait déporter 5 millions de musulmans. Ah. C'est tout ? Tout ce foin pour ça ? Oui. Et encore, il n'a pas tout à fait dit ça, dans une interview au Corriere della Sera, dont le correspondant à Paris est invité sur le plateau, pour relater les circonstances précises de l'incident (voir ici la traduction par Mélenchon, qui a repéré le passage). C'est plus compliqué. Bref, sur le plateau, on révise sa grammaire, chapitre articles définis et indéfinis. Le problème, est-ce LES musulmans, ou DES musulmans ? Polony tient beaucoup à l'article indéfini. C'est la petite pluvalue de l'agrégée de lettres.

Zemmour dérapé

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18h07 suivi

"L'ami" de Philippot répond à Closer

Par
la rédaction le 16/12/2014

L'homme qui accompagne Florian Philippot, vice-président du FN, sur les photos publiées par Closer vendredi dernier a choisi Rue89 pour publier une lettre ouverte, très critique, adressée au magazine people.

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Cette tribune revient évidemment sur les photos publiées la semaine dernière dans Closer, où l'on voit Florian Philippot, vice-présient du Front National, en week-end à Vienne avec un "ami", présenté comme un "journaliste de télévision toujours là pour défendre la cause gay à coup d'articles et de vidéos". Lundi, le numéro 2 du FN s'était déjà exprimé sur cette affaire, estimant avoir été victime d'une "atteinte gravissime à sa vie privée". C'est au tour de l'homme flouté de prendre la parole, dans une lettre ouverte, publiée sous le nom Tyto Alba, un pseudonyme, sur le site Rue89.

Dans celle-ci, "Tyto Alba" s'en prend directement à "Madame Pieau", directrice de la rédaction de Closer : "En me présentant comme le petit ami du vice-président du Front national, il apparaissait évident que mes sensibilités politiques seraient associées avec celles de ce parti [...] Dès lors, il apparaissait inévitable que je sois la cible de menaces de mort, d’une chasse à l’homme venant s’ajouter à la violence de cette exposition. Et que mon image soit marquée de façon indélébile au sein de ma profession".

Le journaliste estime aujourd'hui être une victime collatérale de ce papier qui a fait grand bruit : "J'ai du mal à percevoir la vertu dans ce geste. C’est un sort que je ne souhaiterais à personne. Encore moins à un confrère. Encore moins à un jeune qui débute. La réponse se trouvait peut-être là : comme je n’étais rien, peu importe si je retournais à la poussière".

L'occasion de relire notre papier : "L'outing de Philippot suscite un vaste débat sur les limites de la vie privée"

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16h05 lu

Rachat Express/Expansion : Drahi (Libération) s'allie au Figaro

Par
Anne-Sophie Jacques le 16/12/2014

Au grand bonneteau des médias, L’Express, L’Expansion ainsi que 18 autres titres du groupe belge Roularta semblent bien partis pour être rachetés par Patrick Drahi – qui a renfloué au printemps Libération – et Le Figaro qui appartient au groupe Dassault. Ce dernier reprendrait ainsi des magazines qu’il avait cédés à Roularta en 2006 pour un prix bien supérieur à celui d'aujourd'hui. Ce changement de mains intervient après deux grands chamboulements dans la presse cette année : le rachat du Nouvel Observateur par le trio Pigasse-Bergé-Niel, actionnaires du Monde, ainsi que la vente de dix titres par Lagardère qui aurait fait un chèque à ses repreneurs pour s’en débarrasser.

Nouveau bouleversement dans le paysage de la presse française : selon une information de BFM Business confirmée hier par l’AFP, le groupe belge Roularta vient de mandater une banque d’affaires afin de vendre ses publications françaises, cinquième pôle de magazines en France, aujourd’hui déficitaire selon le groupe. Il y a dix jours, via un communiqué, Roularta assurait "avoir reçu différentes marques d’intérêt pour ses activités françaises" et "étudier toutes les options stratégiques possibles". En lice à l’époque : Prisma Media, filiale de l’allemand Bertelsmann, le groupe Vivendi qui cherche à se recentrer sur les médias après la vente de SFR à Patrick Drahi, patron d’Altice, également intéressé tout comme Le Figaro du groupe Dassault. Drahi Express

Finalement, Drahi et Dassault viennent de s’allier pour proposer une offre commune : le premier, associé à Marc Laufer, fondateur du groupe de presse NewsCo, vise le rachat de L’Express et L’Expansion tandis que Dassault récupérerait les 18 autres titres de Roularta dont l’Etudiant, Point de vue ou encore Mieux vivre Votre argent. Ironie de l’histoire, comme le souligne BFM Business, "Dassault ne ferait que remettre ainsi la main sur les magazines qu’il avait lui-même vendus en 2006 à Roularta. A l’époque, l’industriel avait fait une excellente affaire, vendant à l'éditeur belge l’ensemble de ces magazines pour plus de 200 millions d’euros. Soit bien plus que le prix de vente actuel, chiffré à quelques dizaines de millions d’euros."

Cette offre marque surtout l’appétit de Drahi pour la presse. Après avoir renfloué de 4 millions Libération cette année, le patron d’Altice – qui a racheté SFR et lorgne à présent sur Portugal Telecom mais aussi sur Bouygues Telecom – s’apprête ainsi à mettre la main sur deux titres qui souffrent, comme les autres magazines, d’une baisse des ventes et des recettes publicitaires. En témoignent la vente au rabais du Nouvel Observateur, rebaptisé L’Obs, par les actionnaires du Monde Pierre Bergé, Mathieu Pigasse et Xavier Niel, patron de Free, ainsi que la vente à perte de dix magazines sur les 39 détenus par Lagardère au printemps dernier. En effet, selon Les Echos, Lagardère a cédé huit magazines au groupe français Reworld Media (qui détient notamment Marie France et Télé Magazine) et deux autres au groupe belge Rossel (propriétaire de La Voix du Nord ou encore de Le Soir) avec à la clé un chèque d’une quinzaine de millions d’euros aux repreneurs. Une information démentie par Lagardère mais reprise aujourd’hui par la dépêche AFP qui évoque la cession des magazines pour un prix négatif. La preuve que la presse se porte comme un charme.

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14h09 vu

Déportation, détournement, et dinguerie

Par
Alain Korkos le 16/12/2014

Un nostalgique des redingotes en cuir noir et des bruits de bottes martelant la nuit et le brouillard s'affiche sur son site dans un costume de déporté d'Auschwitz. Examinons un peu cette image illustrant un appel aux dons de ce triste sire obsédé du complot judéo-maçonnique, qui se revendique national-socialiste.

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Il porte sur la poitrine un triangle rouge avec un F noir, réservé aux prisonniers politiques français. Ce n'est là qu'un grossier collage, car cette pièce de tissu, on le verra plus tard, ne figure pas sur le costume original.

Le panneau d'identification affiche les lettres BV et F suivies du n°45476, ainsi que la mention "Dissident".

Les lettres BV signifient Befristete Vorbeugungshaft, détenu préventivement à titre de justice. Elles peuvent aussi faire référence à Berufsverbrecher, criminel récidiviste.

Le F signifie France et le mot "Dissident" remplace "KL Auschwitz", KL signifiant Konzentrationslager, camp de concentration.

Ce lugubre loustic, peut-être un tantinet dérangé, s'assimile donc à un prisonnier politique, un dissident interné à Auschwitz. Pour ce faire, il a collé sa sinistre bobine sur celle d'un véritable interné politique, un Français nommé Jules Huon dont voici la photo d'identité, prise à Auschwitz le 6 juillet 1942. Plaçons à droite celle du sombre cinoque, et constatons qu'il s'agit bien de la même image détournée :

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Jules Huon, nous dit le site Mémoire vive, était un militant communiste qui fut arrêté une première fois le 4 décembre 1940, puis à nouveau le 26 février 1942. Emprisonné à la maison d'arrêt de Reims, il est transféré le 8 mars au camp d'internement allemand de Compiègne et le 6 juillet, il embarque avec 1 170 autres prisonniers dans un train pour Auschwitz. Deux jours plus tard, il est enregistré à Auschwitz-I sous le n°45675. Il y meurt peu de temps après, le 30 septembre 1942.

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« Sa photographie d’immatriculation à Auschwitz, précise le site Mémoire vive,a été reconnue par des rescapés lors de la séance d’identification organisée à l’Amicale d’Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletinAprès Auschwitz, n°21 de mai-juin 1948). »

Par une rapide permutation en forme de copié-collé visant à probablement s'éviter un procès de la part des descendants de Jules Huon, le zigomar azimuté en quête de dons a transformé le n°45675 en n°45476…

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…lequel ne correspond à aucun déporté connu. Ce numéro, en effet, fut un temps attribué à Jules d'Haese (voir sa biographie par là), autre militant communiste également envoyé à Auschwitz dans le même train que Jules Huon. Mais sa photo d'identité prise au camp ayant disparu, rien n'est certain. D'après les registres, Jules d'Haese y est mort le 21 septembre 1942.


Quand on tape dans Google "Auschwitz 45476", la première occurrence qui apparaît concerne Jules d'Haese :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


La seconde évoque un total de 45 476 Juifs tués en novembre 1941 par le SS Einsatzgruppe B qui les fusilla ou les asphyxia, précise le Global Jewish News Source, dans des camions transformés en chambres à gaz. Les membres du SS Einsatzgruppe B, qui sévirent en Pologne, en Biélorussie et en Russie, assassinèrent également des Tziganes et des communistes russes. En mai 1962, six d'entre eux furent jugés et condamnés à Berlin.

 

L'occasion d'écouter-regarder notre émission intitulée Le discours social des fachos d'aujourd'hui, c'est du baratin, et de lire ma chronique intitulée Du neuf avec du vieux.

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09h15 le neuf-quinze

Politiques : le piège de D8

Par
Daniel Schneidermann le 16/12/2014

Ô surprise : un fauteuil de handicapé, c'est large. S'il s'y attendait, le député UMP des Français de l'étranger Thierry Mariani, ancien ministre des Transports ! S'il a accepté de jouer un handicapé en fauteuil, pour l'émission-buzz de D8 Politiques Undercover, c'est justement pour redécouvrir quelques aspects de la vie en fauteuil roulant. Ô surprise, non seulement c'est large, mais il arrive que ça ne passe pas dans l'étroit espace laissé entre le coin de l'abribus et la portière ouverte du bus à l'arrêt. Qu'à cela ne tienne : le chauffeur du bus, de bonne grâce, ferme sa portière pour laisser passer le fauteuil. Un amour de chauffeur. Après avoir signifié au député et à son accompagnatrice (une vraie handicapée) que le règlement ne lui permettait pas d'embarquer plus d'un fauteuil en même temps, il finit par laisser monter le duo. Bref, tout va bien. Ce qui ne fait pas les affaires de l'émission, laquelle aurait sans doute préféré pouvoir montrer quelques réactions hostiles de valides, pour mieux convaincre le spectacteur de la dureté de la vie en fauteuil.

Heureusement, voici la sénatrice-maire socialiste du huitième secteur de Marseille Samia Ghali, grimée en smicarde blonde, fraîchement divorcée et avec deux enfants à charge, courant les agences immobilières de sa ville, à la recherche d'un quatre pièces de location. Ô surprise ! Impossible d'en trouver un. Comment donc ? Impossible de louer un T4, avec un salaire de 1200 euros ? Est-ce possible ! Tentons une autre agence ! Toujours impossible. Quelle découverte !

Accordons-leur, puisqu'ils le proclament dans les émissions d'accompagnement, que leur démarche -attirer l'attention sur un problème social ou sociétal- est sincère. Accordons à Samia Ghali qu'elle sait parfaitement qu'on ne peut pas louer un quatre pièces, à Marseille, avec un SMIC. Et il est probable, en effet, qu'elle connait les tarifs de location immobilière dans sa ville. Mais pourquoi, alors, accepte-t-elle de surjouer la surprise pendant un quart d'heure ? Ce dispositif est une machine à coincer ses victimes. De deux choses l'une : s'ils découvrent vraiment la réalité dans laquelle on les projette pour quelques heures, alors où donc vivaient-ils auparavant ? Et s'ils la connaissaient, cette réalité, dans quel but cette comédie ? Ce que nous voyons, ce n'est pas la situation d'une mère seule avec deux enfants. Ce que nous voyons, ce sont des politiques inaudibles et désespérés, confirmant les soupçons qui pèsent sur eux, à savoir qu'ils ne savent faire qu'une chose : jouer. Bien joué !

Ghali D8

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17h59 vu

Normes urbaines : M6 remplace (trop vite) tous les potelets

Par
Sébastien Rochat le 15/12/2014

Vous les croisez tous les jours dans la rue, mais peu connaissent leur petit nom : les potelets sont les petits poteaux installés sur les trottoirs pour protéger les piétons des véhicules. Dans le cadre de son enquête sur l'enfer des normes, diffusée dimanche 14 décembre, Zone interdite s'est notamment intéressé à ces potelets en sous-entendant que de nouvelles normes obligeaient les mairies à les changer. Du gaspillage ? Sans doute. Sauf que M6 a oublié de préciser que tous les potelets ne devaient pas être changés.

Tout est une question de taille. Pour un potelet de 1,10 mètre, le diamètre doit être de 0,06 mètre. Comptez plutôt 0,21 mètre de largeur pour une hauteur de 0,6 mètre. Dans tous les cas, le diamètre ne peut être inférieur à 0,28 mètre. Et si vous n'avez rien compris sur les normes des potelets, il fallait regarder Zone interdite hier. En cinq ans, la règlementation de ces petits poteaux qui jonchent les trottoirs a changé deux fois. Avant, les potelets étaient de couleur unie. Désormais, il faut une bande blanche pour qu'ils soient mieux repérés par les malvoyants. Selon la règlementation, leur hauteur a également varié. Ce qui rend fou le maire du Mans, Jean-Claude Boulard (PS), co-auteur d'un rapport sur l'inflation normative en France, remis en mars 2013 (document PDF).

Devant les caméras de M6, Boulard veut montrer l'absurdité de cette règlementation en invitant la journaliste à faire un petit tour de la ville. Avec une première séquence "étonnement" : "Oh bah dis-donc, ils ont changé, ils sont différents, c'est pas les mêmes, c'est encore de nouveaux potelets", constate le maire face à un petit poteau rouge orné d'une bande blanche. Et le maire d'enfoncer le clou (ou le potelet) : "On change la taille, la hauteur, la largeur, pfiouuu". Alors que les anciens potelets, des petits rouges sans bande blanche, ils étaient très bien.

"Si la ville du Mans devait changer tous ses potelets pour les mettre aux normes, cela coûterait près de 120 000 euros", précise la journaliste en voix off. Heureusement, monsieur le maire ne va pas remplacer ses vieux potelets : "Non, on ne va pas les changer tout de suite, parce qu'ils sont très bien comme ça, pourquoi voulez-vous que je dépense l'argent des contribuables pour les changer". Tant mieux pour les finances publiques. Et tant pis pour les fabricants de potelets, qui, paraît-il, "se frottent les mains" à chaque fois que les normes changent.


Entre le maire qui refuse de changer ses potelets et les fabricants qui se frottent les mains, M6 sous-entend que les normes obligent les mairies à les changer. C'est d'ailleurs ce qu'écrit la journaliste, Elise Richard, dans le making of de son enquête publié sur le Plus de L'Obs : "en l’espace de 5 ans, [les normes des potelets] ont changé deux fois, ce qui contraint les mairies à dépenser de l’argent pour remplacer leurs potelets". Avec un coût forcément élevé : par exemple, entre 2001 et 2008, la ville de Paris a remplacé près de 85 000 potelets car ils étaient endommagés ou ne comportaient pas de boule blanche pour les malvoyants.

Sauf qu'après vérification, le dernier changement de norme n'oblige pas les mairies à changer tous leurs potelets. Le dernier arrêté sur les potelets date du 18 septembre 2012 et prévoit que la nouvelle règlementation "s'appliquera aux nouveaux obstacles bas installés à compter du 1er avril 2013 à l'occasion de la réalisation de voies nouvelles, ou d'aménagements, ou de travaux de réhabilitation, ou de réfection des voies, des cheminements existants ou des espaces publics". En clair, les nouvelles normes s'appliquent aux nouveaux potelets installés après le 1er avril 2013 dans le cadre d'une rénovation urbaine (ou si la ville décide de remplacer les potelets endommagés). Mais si votre maire n'a pas décidé de refaire les trottoirs, votre bon vieux potelet d'avant 2013 peut rester debout en toute légalité. Ouf !

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15h32 suivi

UberPop : interdit par la loi, mais les décrets tardent

Par
la rédaction le 15/12/2014

Opération escargot pour dénoncer la lenteur dans la publication de décrets ? Lundi 15 décembre, une centaine de chauffeurs de taxi ont roulé au ralenti aux abords des aéroports d'Orly et Roissy pour protester contre Uber, le service de VTC dont l'application UberPop permet à des particuliers de faire office de chauffeur contre rémunération. Un service que la justice a refusé d'interdire, malgré le vote de la Loi Thévenoud. Et pour cause : les décrets d'application tardent à être publiés.

La loi Thévenoud, votée le 18 septembre, devait mettre un terme au conflit opposant les Taxis aux VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). Le PDG des taxis G7 évoquait même une loi "relativement équilibrée". Trois mois plus tard, rien ne va plus. Une centaine de taxis ont mené une opération escargot entre les aéroports parisiens et le centre de la capitale pour protester contre la décision du tribunal de commerce de Paris, qui a refusé d'interdire le système UberPop. UberPop ? C'est un service qui permet à des particuliers de véhiculer d'autres particuliers, moyennant finance. Un service différent du système de VTC d'Uber, qui met en relation des conducteurs professionnels et des clients.

UberPop

Service UberPop

Ce service UberPop, interdit dans plusieurs pays européens, notamment la Belgique, est dans le collimateur des taxis mais aussi des autres sociétés VTC qui voient dans ce service une "concurrence déloyale" puisque les chauffeurs ne sont pas professionnels. Vendredi 12 décembre, le tribunal de commerce de Paris a débouté les concurrents d'Uber en refusant d'interdire le UberPop. Pourtant, dans la loi Thévenoud votée le 18 septembre et publiée au journal officiel le 2 octobre, l'article 12 "punit de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende" le fait de participer à un système mettant en relation des chauffeurs non professionnels avec des clients. Un article de loi censé interdire le système UberPOP. Sauf que dans ses ordonnances, citées par l'AFP, les juges ont noté que certains des articles de cette loi, dont le fameux article 12, "entrent en vigueur à une date fixée par voie réglementaire". Or, les décrets d'application fixant cette date n'ont toujours pas été publiés.

Sur Itélé, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a reconnu que ces décrets n'avaient pas encore été publiés tout en promettant qu'ils le seraient avant la fin de l'année afin de permettre à la loi Thévenoud d'entrer pleinement en vigueur le 1er janvier 2015.

D'ici là, le service UberPOP est toujours actif. Aux risques et périls des conducteurs. A Bordeaux, certains chauffeurs ont ainsi été arrêtés par la police et convoqués au commissariat pour une audition. Ils pourraient être poursuivis pour défaut de contrat d'assurance couvrant le transport de passager. Un problème juridique qu'@si avait déjà soulevé au moment du lancement d'UberPop, en février 2014.

L'occasion de revoir notre émission 14h42 consacrée à la bataille Taxi vs VTC

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15h29 suivi

Turquie : offensive d'Erdogan contre la presse et l'opposition

Par
Robin Andraca le 15/12/2014

Coup de filet spectaculaire en Turquie, qui détient déjà le record mondial du nombre de journalistes emprisonnés : le directeur de la publication de Zaman, premier quotidien du pays, a été arrêté dimanche par la police, ainsi que 32 autres personnes. Dans le viseur de M. Erdogan, les partisans de l'imam Fetuhullah Gülen en conflit ouvert avec le président turc depuis des mois.

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Vendredi, dans l'un de ses discours, le président Erdogan avait promis "d'aller traquer ce gang dans ses derniers repaires. Quels que soient ceux qui se tiennent à leurs côtés, derrière eux, nous détruirons ce réseau et le forcerons à rendre des comptes". Des milliers de policiers ont ainsi été mobilisés ce week-end et 32 personnes ont été arrêtées. Parmi elles, Ekrem Dumanli, rédacteur en chef de Zaman et Hidayet Karaca, directeur de la chaîne de télévision Samanyolu. Un quotidien et une chaîne de télévision, fleurons de l'empire médiatique des "gulénistes", principal parti de l'opposition turque. Des réalisateurs, des producteurs et des policiers jugés proches de l'imam Gülen ont aussi été arrêtés lors de ce coup de filet, qui a eu lieu dans près d'une dizaine de régions du pays. Tous se retrouvent aujourd'hui accusés "d'avoir formé un groupe pour tenter de s'emparer de la souveraineté de l’État".

Cette confrérie, présentée par Libé comme "longtemps toute puissante dans la justice et la police, fer de lance ces dix dernières années de la remise au pas de l'armée et des opposants laïcs trop virulents avec des procès en bonne part montés sur de fausses preuves" avait fini par inquiéter l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Comment ? En lançant en décembre 2013 des opérations judiciaires anticorruption visant des hauts responsables du parti, dont Bilal Erdogan, fils cadet du président. La guerre depuis est actée entre la confrérie islamiste et le président turc, qui les accuse d'avoir voulu préparer un coup d’État au travers de ces opérations.

Deux hauts responsables de l'Union européenne ont dénoncé dimanche l'opération de la police turque, "incompatible avec la liberté de la presse". Dans Libé toujours, Ahmet Sik, journaliste de gauche emprisonné pendant près de deux ans après avoir enquêté sur la confrérie, jette un regard plus sombre sur les "gulénistes" : "La Cemaat (ndlr - autre nom de la confrérie) était le leader, ces dernières années, d’une politique fasciste, mais elle en est aujourd’hui la victime et c’est toujours une vertu que de s’opposer au fascisme".

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09h15 le neuf-quinze

Avec Camille, libérons miss France !

Par
Daniel Schneidermann le 15/12/2014

"Mais où est Maxime ?" demande Miss France, à peine couronnée, filmée par la caméra de 7 à 8 (TF1). Maxime, c'est son petit ami. Autant dire la part d'ombre, de celle qui est devenue pour un an "la fiancée de la France". Maxime ne doit jamais être dans le champ des caméras, c'est la règle jalouse du business Miss France. Maxime n'a pas d'existence officielle. Et l'on voit le brave petit soldat souriant Camille Cerf faire les premiers pas de son parcours d'un an d'optimisme et de bonheur, prendre la pose presque nue dans une station service glaciale, puis escortée par Mickey dans sa suite à quelques milliers d'euros du parc Mickey, où elle n'aura même pas le temps de dormir. Et sans cesse cette complainte timide, cette bouteille à la mer : "où est Maxime ? Il va pouvoir venir demain ?" "Dans ces conditions, un couple peut tenir ?" demande Miorandini à la chaperonne de Camille, Sylvie Tellier, directrice générale de la société Miss France, celle qui remplace la dame au chapeau dans la nouvelle saison produite par Endemol. Réponse dans les rires : "Ca tient rarement. Mais ça peut tenir."

Pourquoi TF1 a-t-elle choisi de privilégier au montage l'angle Maxime ? Pourquoi 7 à 8 met-il en scène ce cruel spectacle de la jeune fille arrachée par la gloire à son amant ? Un instant, on croit que l'on entrevoit "l'envers du décor" du business des Miss, on croit que l'enquête de TF1 démystifie le spectacle de TF1. Mais non. Ce n'est pas l'envers du décor. C'est encore le décor lui-même. Cette image furtive du couple enlacé un bref instant n'est pas volée par Elephant (producteur de 7 à 8) à Endemol. Elle est consentie par Endemol. Le conte de fées peut bien tourner au pathos du couple qui vole en éclats, peu importe, du moment que l'histoire rebondit. Et faire rebondir une histoire, Endemol sait le faire.

Camille et Maxime vont-ils arriver à sauver leur relation ? Qui va gagner ? Le couple, ou la règle ? La compétitivité, ou la tentation des matinées buissonnières ? D'un côté, le contrat, les 5000 euros mensuels, l'appartement de fonction, les palaces, le conte de fées, la tyrannie de l'éternel sourire. De l'autre, la vie, la simple vie, avec ses mauvaises herbes, et ses petits bonheurs qui ne rapportent rien. Souris et endure, si tu veux être compétitive ! Souris et tais-toi, si tu ne veux pas que les touristes chinois partent à Londres le dimanche, intime-t-on à Miss France, dont on filme impitoyablement les timides rebellions. Camille ne veut pas jeter sa couronne. Elle veut tout. Les palaces, les courants d'air, ET Maxime. Se soumettra-t-elle ? Ce qui se joue, c'est la capacité de résistance de la société à la loi de fer macronienne que l'on veut lui imposer. Avec Camille, libérons Miss France !

Miss France et Maxime

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