Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h01 flash

Ulcan : Israël brise le silence

Par
Robin Andraca le 24/10/2014

Dans le dossier Ulcan, ce hacker ultra sioniste qui avait piraté notre site devant les caméras de France 2, les autorités Israéliennes communiquent enfin. Sur Rue89, le site qu'il a co-fondé, Pierre Haski révèle un communiqué officiel de l'ambassade d'Israël en France, publié aujourd'hui.


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Dans un communiqué officiel publié aujourd'hui "à la suite de récentes interpellations dans la presse", l'ambassade d'Israël en France rappelle "l'excellence et la qualité de la coopération judiciaire entre la France et Israël" avant d'ajouter : "En effet, en ce qui concerne le hacker ULCAN, jusqu'à présent, toutes les demandes du Ministère de la Justice française ont été traitées rapidement par l'Etat d'Israël".

Le communiqué précise enfin que "chaque requête formelle sera traitée dans les plus brefs délais, conformément aux règles et à la tradition qui font et fondent les bonnes relations entre les deux Etats de droit".

Début octobre, Haski s'était en effet interrogé sur le silence troublant d'Israël face à la dérive criminelle du hacker Ulcan : "Les plaintes qui s’accumulent, l’ouverture de deux informations judiciaires avec la nomination de deux juges d’instruction, les démarches diplomatiques, finiront-elles par réveiller un gouvernement israélien qui ne peut plus ignorer cette affaire? Ou devra-t-on à un certain moment se demander si ce silence ne devient pas complice?". 


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Le communiqué en question

L'occasion de revoir notre émission de cet été, où nous brossions le portrait de ce militant d'un nouveau genre.

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15h08 lu

Accord européen climat : insuffisant pour les écologistes

Par
la rédaction le 24/10/2014

"Un plan de lutte exemplaire", "Des mesures jugées ambitieuses"... Si vous écoutiez la radio ce matin, l'accord européen de lutte contre le réchauffement climatique avait de quoi vous enthousiasmer. Avec l'accent mis sur un objectif (contraignant) de baisse de 40% des gaz à effet de serre, les chefs d’État s'auto-congratulaient d'avoir vécu un "moment fort de la vie de l'Union européenne". Mais tout le monde n'est pas de cet avis. L'euro-député Europe Écologie Les Verts Yannick Jadot voit au contraire dans cet accord un "frein à la transition énergétique".

Lemonde Climat

Pour lui (et pour Cécile Duflot), les chefs d’État ont "décidé seuls et imposé" au parlement et à la commission des objectifs à minima. En cause, la décision à l'unanimité et la "menace permanente de veto britannique ou polonais", qui ont par exemple poussé à diviser par deux l'ambition de la Commission et du parlement en terme d'énergies renouvelables ou à baisser celle de l'efficacité énergétique, selon Jadot. Surtout, l'euro-député précise que la France n'a pas été du tout exemplaire et s'est plus volontiers alliée "avec le Royaume-Uni pour les EPR [réacteurs nucléaires] qu'avec l'Allemagne sur les renouvelables".

Même constat pour les ONG : les objectifs " sont bien en deçà de ce qui pourrait être fait par l'Europe pour combattre le changement climatique", estiment les Amis de la Terre, cités par LeMonde.fr. Oxfam note de son côté qu'une "action insuffisante de la part des pays les plus riches fait peser le fardeau sur les populations les plus pauvres".

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15h06 suivi

Taubira veut indemniser les mineurs grévistes de 1948

Par
la rédaction le 24/10/2014

La ministre de la justice a précisé aujourd'hui les modalités d'un amendement à son projet de loi des finances pour 2015. Le texte reconnaîtra le caractère discriminatoire et abusif du licenciement des mineurs grévistes de 1948 et se traduira par le versement d'allocations réparatrices.

nouveau media

A l'automne 1948, plusieurs milliers de mineurs des sites du Nord Pas-de-Calais avaient cessé de travailler afin de protester contre des décrets qui prévoyaient, entre autres, la baisse de leurs salaires. Après deux mois de grèves, et de violents heurts avec les forces de l'ordre, près de 3 000 mineurs avaient été licenciés. Certains, poursuivis en justice, avaient même été condamnés à des peines de prison ferme.

En 1981, une première loi d'amnistie avait été votée, permettant aux travailleurs licenciés pour des faits de grève et action syndicale d'obtenir réparation. En mars 2011, la cour d'appel de Versailles reconnaissait, à son tour, le caractère discriminatoire et abusif du licenciement de 17 mineurs et condamnait Charbonnages de France (la société publique qui gérait les sites) à leur verser 30 000 euros chacun. Une décision cassée par la Cour de cassation, un an plus et demi plus tard.

Taubira veut aujourd'hui "réparer" cette injustice. Elle détaille un amendement, dont pourraient bénéficier quelques 31 mineurs et ayant droits. Le texte reconnaîtra "le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève subi par ces mineurs, lors du grand mouvement de l'automne 1948" et se traduira par "le versement d'allocations réparatrices dont le montant sera fixé par l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs". La garde des sceaux souhaite également que les programmes scolaires et de recherche en histoire et en sciences humaines accordent désormais à ces grèves la place qu'elles méritent. Selon Taubira, Hollande aurait exprimé un "accord bienveillant" sur ce dossier.

Norbert Gilmez, aujourd'hui nonagénaire, était l'un de ces grévistes et notre matinaute s'était penché sur le cas de cet ouvrier, "qui ne fera sans doute jamais la Une du journal".

L'occasion aussi de parcourir notre dossier : "Ouvriers, et autres invisibles".

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12h01 grrr !

Marcelle jusqu'au bout censuré (Libé)

Par
Robin Andraca le 24/10/2014

Si près du but... Alors que Pierre Marcelle, journaliste à Libération depuis 25 ans, quittera le journal le 31 octobre prochain, sa chronique hebdomadaire a (encore une fois) été censurée par Laurent Joffrin. La dernière coupe d'une longue série ?

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On finirait presque par s'habituer... Pour la quatrième fois, en un peu plus de six mois, le site satirique Bakchich publie la chronique que les lecteurs de Libé n'ont pas pu découvrir dans leur journal. La faute à Laurent Joffrin qui reproche à Marcelle de "lui porter le coup de pied de l'âne". Ou dans un français plus classique, de douter un peu trop ouvertement de la crédibilité du nouveau projet du journal, qui prévoit de licencier un tiers de ses journalistes et de mettre le paquet sur le web. "Même en acceptant l’augure d’un Libération ressuscité sur tablettes, Smartphones ou écrans GPS, l’optimiste le plus volontariste ne saurait se persuader que la quête effrénée d’une part du gâteau webmatique constitue la raison d’être de Libération", estime Marcelle pour qui on ne change pas le monde en annonçant quarante secondes avant l'AFP que Valérie Trierweiler a publié un livre.

Reprocher à Libé de faire la course aux clics ? Lors de ses dernières censures, Marcelle s'en était pris directement à ses nouveaux patrons. Le 26 septembre, le chroniqueur écrivait par exemple : "Et voici qu’en ce douloureux automne, j’apprends que Patrick Drahi, notre nouveau propriétaire, promeut dans sa chaîne de télévision israélienne I24 le «dôme de fer des chaînes infos», en référence au système de défense israélien contre les roquettes palestiniennes de Gaza. Espérons qu’il n’ait pas l’ambition de réduire Libération à une «Bordure protectrice», ou une opération «Plomb durci»".

Quelques semaines plus tôt (le 4 avril), François Moulias, nouveau président du directoire de Libé, avait eu le droit au même message de bienvenue : "Tout président du directoire qu’il est, il n‘est pas encore directeur de la rédaction, que je sache, et nulle clause ne me contraint à lui faire allégeance. Qu’il sache seulement, même si ce n’est pas à lui que je m’adresse, que tant qu’il continuera à se comporter comme un menteur, je continuerai à le regarder comme un menteur". Et Marcelle de voir à chaque fois ses chroniques censurées.

Rien, ni personne, ne l'avait pourtant empêché d'écrire, le 14 mars 2014, que les "nouveaux patrons" du journal, qui peinaient alors à gagner la confiance des salariés, étaient, selon lui, des "affairistes ignares". Fin de partie la semaine prochaine avec le dernier épisode de "No smoking". Dans les pages de Libé ou sur le site de Bakchich donc.

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11h50 lu

Lettre Commission européenne : Renzi publie, pas Hollande

Par
Vincent Coquaz le 24/10/2014

"Le temps des lettres secrètes est terminé"... en Italie. Alors que Matteo Renzi a rendu publique une lettre "confidentielle" de la Commission européenne qui lui demande des comptes sur son budget, François Hollande n'en voit lui pas l'intérêt.

Matteo Renzi, le rebelle ? "Nous allons publier les données sur tout ce qui est dépensé par ces palais. On va bien s’amuser !" a lancé hier le premier ministre italien, à propos des institutions européennes, en marge du sommet des dirigeants de l'UE à Bruxelles. La "menace" de Renzi vient surtout après que son gouvernement a rendu public, un peu plus tôt, la lettre que lui a adressée la Commission européenne. Sur un ton très diplomatique, cette dernière s'inquiète d'une "déviation importante" en termes d'objectifs budgétaires et de réduction de la dette et demande à Renzi "d'exprimer son point de vue sur la question, le plus tôt qu'il lui conviendra et si possible avant le 24 octobre".


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Rédigée en anglais, la lettre "strictement confidentielle" de la Commission européenne au gouvernement italien a été publiée sur le site du ministère de l'économie et des finances.

La publication de la lettre a pris de court le président de la Commission, José Manuel Barroso (qui laissera sa place à Juncker le 1er novembre), note le Huff Post. "La Commission européenne n'est pas favorable à cette publication car nous sommes en train de poursuivre des consultations informelles avec différents gouvernements", s'est ainsi agacé Barroso. En face, Renzi s'amuse de la "surprise du président de la Commission" : "l'envoi de la lettre a été révélé par le Financial Times, je crois que le temps est venu de la transparence totale. Le temps des lettres secrètes est terminé", a estimé le chef du gouvernement italien, en référence à un article du Financial Times qui annonçait qu'une lettre serait bientôt envoyée, sans la publier. Hier soir, Renzi continuait son opération (de com ?) en lançant le hashtag #OpenEurope ("Europe ouverte").

OpenEurope

"Nous publierons toutes les lettres et surtout toutes les données économiques des palais de Bruxelles #openeurope"

Un courrier aussi reçu par la France

Mais le Financial Times révélait surtout que la fameuse lettre n'a pas été envoyée qu'à l'Italie, mais aussi à l'Autriche, la Slovénie, Malte... et la France. Interrogé sur la question à son arrivée au sommet européen, François Hollande semble en fait adopter une position (beaucoup) plus conciliante que celle de Renzi, et a tenté de désamorcer la polémique par l'humour. "Avec la Commission nous dialoguons par la voie téléphonique, pas encore par la voie de tweets, et par la voie épistolaire", s'est amusé Hollande, estimant que la lettre de la Commission est un courrier "très banal" qu'on "peut ne pas publier", rapporte France Info. Pour lui, c'est une lettre "qui demandait simplement de l'information, qui demandait à poursuivre le dialogue".

FINfo

 

Trop tard : plusieurs voix s'élevaient déjà pour demander la publication de la lettre adressée à la France. Sur Twitter, un économiste de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), Xavier Timbeau, exigeait la "lettre de la Commission sur le projet de budget français". Idem pour les "frondeurs modérés" de Cohérence socialiste (dont Karine Berger, ex-conseillère économique de François Hollande que nous recevions sur notre plateau juste avant la présidentielle), qui ont publié un communiqué exigeant que la lettre soit "immédiatement publiée" par souci de "transparence".


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Retrouvez la suite de "l'affaire des lettres" dans notre observatoire : Les lettres de Bruxelles que tout le monde voulait publier, sauf l'Elysée

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11h35 suivi

Désobéissance : Perny-le-Jura contre Valls

Par
la rédaction le 24/10/2014

"Manuel Valls doit partir pour la gauche, pour la France." Le président PS du Conseil général du Jura, Christophe Perny, appelle à la "désobéissance" face à la politique "inefficace" du Premier ministre. Dans un communiqué publié jeudi 23 octobre, il vilipende la ligne politique de Manuel Valls,"inefficace économiquement et socialement" et qui "installe comme alternative possible le Front national et Marine Le Pen".

perny

"Les hommes et les femmes de gauche, les socialistes en particulier, ont un devoir de désobéissance, de résistance face à ce désastre politique conduit par le Premier ministre", a ajouté l'élu. Selon Christophe Perny, Manuel Valls est "cohérent" avec la "ligne sociale libérale" défendue lors des primaires socialistes et avec laquelle il avait recueilli "moins de 6%" des suffrages". "Le scandale est que cet homme, ultra minoritaire au PS et à gauche, porte la ligne politique gouvernementale. A ce rythme, le PS portera bientôt, non seulement les idées, mais aussi le score de Manuel Valls", prédit-il.

Si plusieurs médias nationaux ont repris ces déclarations, peu ont rappelé que la source de la colère de Perny se trouve aussi dans des motivations...locales. Elu président du conseil général du Jura en mars 2011, Perny s'était exprimé notamment en avril dernier pour dénoncer la décision de Valls de supprimer les départements.

Si la sortie de Perny va sans doute lui valoir une certaine notoriété auprès des journalistes nationaux, ses rapports avec la presse locale sont plus orageux. Nous avions déjà évoqué ici le président du Conseil général du Jura, alors qu'il avait fait pression sur un journal local qui avait dévoilé avant l'heure une carte de redécoupage électoral.

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09h15 le neuf-quinze

Margerie : le déneigeur et les pilotes

Par
Daniel Schneidermann le 24/10/2014

Le coupable, le voici. En gros plan. Derrière des barreaux, de gros barreaux. L'avez-vous bien vu ? Les avez-vous bien vus, les barreaux, au premier plan ? Voulez-vous un autre angle ? Un zoom ? Un autre éclairage ? Le voici. Ivre. Il était ivre, on vous dit. 0,6 grammes d'alcool dans le sang. 0,6 grammes, ce n'est pas énorme, quand la limite française pour les conducteurs, par exemple, est fixée à 0,5 grammes. Mais c'est assez pour que nous ayions trouvé le coupable du crash. De toutes façons, un conducteur poutinien de déneigeuse ne peut qu'être saoul. Ne dit-on pas "saoul comme un déneigeur russe" ? Bon. On apprend qu'il "avait pu consommer quelques gouttes d'alcool", par exemple un café arrosé. Peu importe. C'est toujours trop.

conducteur déneigeuse

De cette exhibition publique des coupables, les enquêteurs russes sont les principaux metteurs en scène. Des coupables, il faut des coupables. Que l'accident puisse être simplement dû à un malencontreux concours de circonstances, personne ne s'en satisfera. Quatre employés de l'aéroport ont été placés en garde à vue, tandis que le directeur de l'aéroport a démissionné. De la profusion de détails sur l'enquête (l'aiguilleuse du ciel stagiaire, sa date d'embauche à la tour de contrôle, son niveau d'études, la présence de son superviseur, la sobriété ou non des personnels de la tour de contrôle), on pourrait  tirer tout simplement la conclusion que l'enquête russe est bien menée, avec énergie, on pourrait saluer la "tolérance zéro" manifestée en Russie à l'égard de l'alcoolisme. Mais non. Dans la recherche frénétique de responsables, si le déneigeur Vladimir Martynenko est présumé coupable, les enquêteurs russes semblent l'être tout autant. Que l'enquête soit trop lente, et ils seront soupçonnés de l'enterrer. Qu'elle soit trop rapide, et ils seront taxés de désigner à tout prix des boucs émissaires, après la mort d'un puissant.

En revanche, voici que les boîtes noires nous apprennent que les pilotes du jet de Christophe de Margerie, alors que le processus de décollage avait commencé depuis quatorze secondes, avaient perçu un obstacle sur la piste. "Ils ne l'ont pas considéré comme une menace" écrit, sans le moindre commentaire sur leur qualification, Le Figaro. Personne ne se demande si les pilotes -paix à leur âme- avaient consommé quelque substance que ce soit, qui ait entravé leur perception du risque, ou même simplement s'ils n'ont pas eu une mauvaise perception du risque.  La question ne sera pas posée. Par définition, les pilotes du jet privé du patron de Total sont insoupçonnables.

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07h13 suivi

"Search Box" : Google accusé de "détournement de trafic"

Par
Vincent Coquaz le 24/10/2014

Le front européen anti-Google a trouvé une nouvelle cible : la "Search box". Cette nouvelle "boîte de recherche", ajoutée aux résultats associés à certains sites (comme Amazon par exemple) depuis septembre, permet de faire une recherche sur le site concerné uniquement, et non pas sur l'ensemble du web, comme le permet normalement Google. A priori anodin (surtout que la fonction a toujours existé même si elle n'était pas directement accessible), cet ajout a pourtant fortement déplu à certains professionnels européens d'Internet, regroupés au sein de l'Open Internet Project (OIP).

Comme son joli nom ne l'indique pas, l'OIP regroupe les plus gros éditeurs de sites en Europe dont des groupes de presse comme Lagardère Active et l'allemand Axel Springer, ou le GESTE (qui rassemble des sites de presse français, @si vous en parlait ici), mais aussi des sites de e-commerce et tourisme. Formé en mai dernier, l'OIP milite contre la tendance qu'aurait Google "à favoriser ses propres services" dans son moteur de recherche, en l'attaquant notamment devant la Commission européenne pour abus de position dominante.


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Ici encadrée en rouge (par nos soins), la "Search box" que Google ajoute aux résultats associés à certains sites

L'ajout de la "Search box" constitue donc, aux yeux de l'OIP, une nouvelle forme de "parasitisme" puisque en permettant à l'internaute de court-circuiter les moteurs de recherche internes des sites, il risquerait de faire baisser le trafic des sites concernés. Du coup, les éditeurs y voient une nouvelle perfidie mercantile du géant américain, qui affiche évidemment de la pub sur toutes ses pages de recherche, qu'elles soient cantonnées à un site ou non. Des arguments repris par Le Figaro, Les Echos et L'Express... tous trois membres du GESTE, qui fait partie de l'OIP.

Pourtant, face aux premiers signes de grogne en France et en Europe, Google a pris les devants en désactivant la fonction pour des sites comme Le Bon Coin (qui fait partie de l'OIP) qui ont publiquement annoncé ne pas en vouloir, détaille Next Inpact. Surtout, l'Américain a précisé que les sites pourront bientôt désactiver eux-mêmes la fonction "Search Box" s'ils le souhaitent (sans préciser quand). Enfin, d'autres sites pourraient se réjouir que Google propose une solution de recherche facile d'accès et souvent plus efficace que les moteurs de recherche internes... et leur amener du même coup du trafic.

L'occasion de voir notre dernière émission 14h42 : Et si on essayait de se passer de Google?

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19h07 buzz

TF1 / Malfaçons : excuses du candidat

Par
la rédaction le 23/10/2014

Finalement, il s'excuse. Après avoir dénoncé des malfaçons dans la rénovation de sa maison, le père de famille de l'émission "Tous ensemble" fait marche arrière. Dans une interview accordée au Courrier de L'Eure, il explique avoir trouvé un accord avec TF1. "Ils vont m'envoyer un plombier pour tout vérifier, faire la plomberie de A à Z", explique-t-il avant de préciser qu'il s'est "emballé" en dénonçant publiquement toutes les malfaçons. "Je regrette un peu ce geste. Je m'excuse encore auprès des bénévoles, artisans et fournisseurs qui l'ont mal pris. Mais ce n'est pas du tout après eux que j'en avais. Je le redis : je les remercie du fond du coeur de ce qu'ils ont fait", a-t-il ajouté.

L'accord trouvé avec la production intervient après plusieurs jours de "bad buzz" à propos de cette émission dans laquelle des bénévoles viennent en aide à des familles dont le logement nécessite des travaux. Ce n'était pas la première fois que des familles se plaignaient : ces dernières mois, deux autres familles avaient dénoncé des malfaçons liées à des chantiers trop expéditifs.

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19h05 lu

Agression femme voilée : Fourest condamnée

Par
Robin Andraca le 23/10/2014

Caroline Fourest a été condamnée aujourd'hui par le tribunal de grande instance de Paris pour diffamation dans le dossier l'opposant à Rabia Bentot, jeune femme voilée agressée à Argenteuil en 2013. L'information, relayée sur quelques sites internet, nous a été confirmé par l'avocat de Fourest, qui va "très probablement" faire appel.

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C'est l'avocat de Bento, Hosni Maati, qui a annoncé le premier la nouvelle sur sa page Facebook.

Ce litige remonte au 25 juin 2013 et une chronique de Fourest intitulée "Faut-il être féministe pour dénoncer l'agression des femmes voilées ?". Dans cette chronique, la journaliste mettait en doute les propos d'une jeune femme voilée, agressée quelques semaines plus tôt à Argenteuil : "C’est une jeune femme d’à peine 17 ans qui aurait été insultée, traitée de sale arabe et de sale musulmane par deux hommes, deux autres crânes rasés ayant porté des coups et arraché son voile. Cette fois aussi la jeune femme n’a pas déposé plainte tout de suite, il a fallu attendre que son père, en voyage à l’étranger, ne revienne accompagnée de militants du CRI (ndlr - Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie) bien décidés à médiatiser l’agression, notamment sur le site communautariste Oumma.com, où le père, pourtant absent au moment des faits, passe son temps à couper la parole à sa fille, pour donner sa version. Et là aussi c’est une version qui n’a pas arrêté de changer, dont la police d’ailleurs doute. Elle n’exclut pas un règlement de comptes familial, une opération punitive destinée à faire payer à la jeune femme son style de vie, jugé trop libre, ce qui changerait évidemment tout". Jugeant ces propos diffamants, la jeune femme en question, Rabia Bentot, a déposé plainte.

La 17ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris a donné aujourd'hui raison à Bentot et condamné Fourest à verser 3 000 euros de dommages et d'intérêts à la plaignante. Contacté par @si, Richard Malka, avocat de l'éditorialiste, confirme ces informations, même s'il ne comprend pas la décision : "Cette décision m'apparaît non fondée. Caroline Fourest était dans un débat d'idées complètement légitime, elle n'a pas cité le nom de la personne, elle a pris énormément de précautions oratoires en parlant au conditionnel. C'est une décision très restrictive en qui concerne la liberté d'expression et d'opinion". Envisagent-ils de faire appel ? "Très probablement", répond l'avocat.

Une précédente chronique de Caroline Fourest, à propos de globes oculaires prétendûment arrachés en Ukraine, avait retenu l'attention du... CSA, qui estimait que certaines informations n'avaient pas "fait l'objet de vérifications préalables suffisantes".

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17h22 @rrêt sur images

Ulcos : "Ayrault a menti" (Batho)

Par
la rédaction le 23/10/2014

"C'est l'exemple même de ce qui n'est plus possible en politique'. L'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho était l'invité de notre dernière émission. Dans l'extrait ci-dessous, elle reproche à Jean-Marc Ayrault - alors Premier ministre - de mentir lorsqu'il assure que le gouvernement a obtenu l'engagement du groupe Mittal de maintenir les Hauts fourneaux de Florange pour mettre en place le projet Ulcos, projet européen qui vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone liées à la production d'acier en Europe.

Le site de Florange en Moselle était candidat pour expérimenter ce projet et être transformé en usine de captage et de stockage de CO2. A l'époque, l'objectif était de donner une perspective aux salariés du site, à qui on demandait de fermer les deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine. Jean-Marc Ayrault annonce donc le 30 novembre que le groupe Mittal propriétaire des Hauts fourneaux s’engage à mettre en place Ulcos.

Mais Batho souligne qu'à ce moment, contrairement aux propos du Premier ministre, l'accord signé entre Matignon et Mittal "mentionne explicitement l'abandon du projet Ulcos".

 

 

Pour retrouver notre émission en intégralité, c'est ici.

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16h45 buzz

F2 : Quand un "préfet fantôme" s'énerve...et se ravise (Canard)

Par
Robin Andraca le 23/10/2014

"Vous êtes tous des fascistes ! Des ennemis de la démocratie !" Si l'on en croit Le Canard Enchaîné, ce cri du cœur, lancé par le député Michel Vauzelle à la figure de deux journalistes de France 2 dans la salle des Quatre Colonnes de l'Assemblée Nationale le 14 octobre dernier, aurait pu être diffusé dans le 20h de la chaîne deux jours plus tard, dans une très instructive enquête sur les "préfets fantômes". Mais toujours selon l'hebdo du mercredi 22, les choses ont tourné autrement.

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Motif de la colère du député ? il a été interviewé "par surprise", selon Le Canard. France 2 réalisait une enquête sur "les préfets fantômes", ces préfets nommés pour leurs bons et loyaux services mais qui ne sont rattachés à aucun territoire (et coûtent si cher à l’État que la Cour des comptes propose de les supprimer). Cette enquête a finalement été diffusée le 16 octobre. Et il est bien question de Vauzelle, promu préfet en 1985 par Mitterrand, dans ce reportage de quelques minutes. De sa retraite de préfet aussi, d'un montant de 2370 euros, qui vient s'ajouter à ses indemnités de parlementaire (5148 euros) et de patron de la Région Paca (2750 euros). Mais lorsqu'il est interrogé sur sa fonction et ses revenus, il n'est absolument plus question de "fascistes" ou "d'ennemis de la démocratie".

Par quel miracle ? Un simple coup de fil de Vauzelle à Rémy Pflimlin selon Le Canard et le problème était réglé. Après son coup de gueule de l'Assemblée, le député PS s'est même déplacé au siège de France Télévisions pour accorder une seconde interview, beaucoup plus soft.

Contactés par @si, les deux journalistes en charge de l'enquête ont refusé de nous en dire plus. Également contacté, Eric Monier, directeur de la rédaction de France 2, nous a répondu qu'il ne commentait pas les articles du Canard.

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15h39 suivi

Notre-Dame-des-Landes plus petit que l'actuel aéroport ? (Canard)

Par
la rédaction le 23/10/2014

"Tout ça pour ça..." En mettant la main sur le permis de construire de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), Le Canard Enchaîné du 8 octobre ne s'attendait sans doute pas à découvrir que les installations prévues... sont plus petites que celles de l'actuel aéroport. Alors même que l'argument principal avancé par les tenants de ce nouveau chantier, dont les pouvoirs publics, est la saturation de cet aéroport existant de Nantes-Atlantique ! Du coup, Le Canard s'est aperçu que les dimensions du nouvel aéroport ne correspondent même pas aux recommandations du Service technique de l'aviation civile (Stac), qui avait rendu un rapport sur l'augmentation des capacités de Nantes-Atlantique.

Canard1

Article du Canard Enchaîné du 8 octobre 2014

Déposé par Vinci, à qui l'Etat a confié la construction pour la somme de 450 millions d'euros (partenariat public-privé), le permis de construire de NDDL prévoit par exemple un hall d'accueil de 2 670 m², alors que le hall de Nantes-Atlantique mesure 4 200 m², et que le Stac préconise 5 000 m² pour accueillir 5 millions de passagers, note l'hebdo. Idem pour les comptoirs d'enregistrement (28 pour NDDL, 34 pour Nantes-Atlantique et 40 préconisés par l'aviation civile), les salles d'embarquement (30% plus petites à NDDL) ou les zones de parking des avions. Selon un porte-parole de Vinci cité par Le Canard Enchaîné, cette petite taille s'explique parce que "Notre-Dame est mieux pensé" et "qu'avec le digital, les passagers font plus de choses eux-mêmes".

Permis suspendu

Pourtant, une semaine plus tard, le syndicat aéroportuaire du Grand Ouest, présidé par le patron PS de la région Jacques Auxiette, a changé de version. Il qualifie désormais le permis de construire "d'évolutif" et précise que le "grand aéroport est bien envisagé"... mais pas avant 2030 ! Surtout, un communiqué du 16 octobre (une semaine après la parution du premier article du Canard) annonçait que l'examen du permis était "suspendu" jusqu'à nouvel ordre, officiellement en "attente de recours environnementaux". Pour Le Canard, dans son édition d'hier 22 octobre, il s'agit surtout pour les pouvoirs publics de revoir le discours, et la copie.

L'occasion de (re)voir notre émission spéciale tournée à Nantes : Notre-Dame-des-Landes : "Ça va plus loin qu'une lutte de pré carré"

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09h15 le neuf-quinze

Dans la petite cour

Par
Daniel Schneidermann le 23/10/2014

Le matin, pour commencer, c'est Benoît qui a expliqué sur une radio que Manuel et François étaient nuls, et même s'ils continuaient comme ça ils menaçaient la République. Ca n'a pas plu à Stéphane, qui a répondu sur une autre radio que le mois dernier, Benoît disait tout le contraire, il s'en souvenait. Si c'était comme ça, Benoit n'avait qu'à quitter la bande. C'est vrai, quoi. Il faut être cohérent, il a dit Stéphane, la République quand même c'est grave. Aurélie, qui était aussi sur une radio, s'est fâchée tout rouge. Depuis la rentrée, elle forme une petite bande, avec Arnaud et Benoît. Elle a dit qu'elle n'avait aucune leçon à recevoir de Stéphane, mais alors aucune, et qu'on avait bien le droit de critiquer, on fait ce qu'on veut, on est grands.

Stéphane n'a pas eu le temps de répondre. Il devait aller voir Manuel et François, justement, qui faisaient une fête avec toute la bande. François mettait une sorte de ruban bleu à Manuel, ils étaient tous drôlement contents. Il en a profité pour critiquer un peu Manuel, en expliquant qu'il aimait bien la bagarre, ce qui était bien, mais qu'il fallait de temps en temps faire la paix, aussi. François rigolait bien. Il faut dire qu'il rigole toujours, même quand tout le monde le critique. Manuel, lui, avait un drôle de sourire. On ne savait pas vraiment ce qu'il pensait, surtout quand François lui a dit qu'on pouvait être très heureux sans être président, ce qui a fait rigoler tout le monde.

Il faut dire que Manuel venait de chercher la bagarre avec Martine, dans un journal. Il l'avait critiquée, comme quoi elle était vieille, archaïque, du passé, et qu'elle avait un "surmoi marxiste". Le "surmoi marxiste", c'est nouveau, comme insulte. Avant, dans la bande, ils se traitaient de "social démocrate". Le surmoi marxiste, c'est aussi méchant, mais dans l'autre sens, si vous voyez. Parce que Martine venait elle-même de critiquer Manuel dans une autre journal, comme Benoît : François et Manuel avaient tout faux, ils allaient à la catastrophe de la République. C'est comme ça qu'ils se parlent, d'une radio à une radio, d'un journal à un journal. Quand ils ne sont pas contents, ils se critiquent dans un journal, l'autre répond, et c'est parti pour la bagarre. Ils ne disent même pas les noms de ceux qu'ils critiquent, mais comme ils ont l'habitude, ils se reconnaissent.

Après la fête du ruban, François est allé dans un incubateur. Il a posé une pierre qui n'était pas vraiment une pierre, avec une drôle de forme. Il était avec Anne et Fleur. Un incubateur, personne ne sait vraiment ce que c'est, surtout pas François qui n'a pas d'ordinateur dans son bureau, on l'a vu un jour sur une photo, mais ce sera le plus grand du monde, ça tout le monde l'a compris. François a dit qu'il fallait aller très vite. De toutes manières, personne ne critique, parce que c'est une idée de Xavier, qui n'est pas de la bande, et surtout qui est très riche. Beaucoup plus riche que François, Martine, Benoit, Aurélie, Stéphane, Manuel, Anne, Fleur, et tous les autres, même si on additionne tout ce qu'ils ont, vraiment tout.

Il rit tout le temps, Xavier. Il est toujours content. Comme il n'a pas de bande, il ne critique jamais personne. Du coup, personne ne le critique. C'est peut-être aussi parce qu'il possède tous les journaux où les autres se critiquent, ce qui est bien pratique. Quand un journal pourrait le critiquer, il l'achète, et tout le monde est content. Le soir, après la fête de l'incubateur, il répondait à Natacha, qui lui demandait pourquoi il était toujours content comme ça, alors que les enfants n'apprennent plus rien à l'école, quand même. Il disait qu'il était d'accord, mais que ce n'était pas de sa faute, c'est pour ça qu'il fait des incubateurs avec son argent. Il était aussi d'accord avec Manuel. Ca tombait bien, parce qu'il était le propriétaire du journal où Manuel avait critiqué Martine. Lui, il ne critique jamais, mais il est quand même content que les autres se critiquent dans ses journaux, il ne critique même pas ceux qui critiquent. Il a dit aussi qu'on vivait dans un beau pays, c'est vrai quoi, un pays avec plein de musées qui se créent tous les jours, et des incubateurs, il ne faut pas exagérer, quand même.

Le Petit Nicolas

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18h00 vu

Hamon : docile hier, frondeur aujourd'hui

Par
la rédaction le 22/10/2014

La solidarité gouvernementale varie selon les postes. Invité de RFI ce mercredi 22 octobre, le député PS Benoît Hamon a justifié son abstention lors du vote du volet recettes du budget 2015 en ces termes : "J'ai fait un choix hier de m'abstenir qui est cohérent avec les raisons pour lesquelles je ne suis plus membre du gouvernement", a-t-il déclaré. En clair, il ne cautionne pas "une politique économique qui privilégie la réduction des déficits, de la dépense publique pour financer 40 milliards d'aides et de soutien aux entreprises".

Une fronde du député Benoît Hamon que n'aurait pas cautionné... le ministre Hamon Benoît, il y a seulement quatre mois, comme l'a constaté Le HuffingtonPost. Sur France inter, en juin 2014, celui qui était encore ministre de l'Education s'adressait aux députés frondeurs en leur demandant le contraire de ce qu'il vient de faire, c'est-à-dire "qu'on se rassemble derrière les textes qui sont des textes budgétaires".

 



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15h58 grrr !

Staline dans les Vosges...

avec sa paire de ciseaux et son pot de colle !

Par Alain Korkos le 22/10/2014

En mai dernier, Michel Heinrich, député-maire d'Épinal, participait à l'inauguration d'un monument aux morts dans la petite commune de Rehaincourt, dans les Vosges. Un hebdomadaire local rendit compte de l'événement qu'il illustra avec une photo sur laquelle le député-maire fut effacé, remplacé par une brave dame anonyme à lunettes. Staline incognito était en visite dans les Vosges, avec sa paire de ciseaux et son pot de colle…

avant


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Le député-maire d'Épinal est à droite,
il regarde l'objectif
Image © FR3 Lorraine


après


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La brave dame à lunettes a remplacé
le député-maire
Image © FR3 Lorraine


Et voici maintenant l'image qui a permis le collage où l'on peut voir à la fois le député-maire et la brave dame à lunettes :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Image © FR3 Lorraine


Michel Heinrich a porté plainte contre L'Écho des Vosges, propriété de l'industriel Alain Thirion, vieil adversaire politique du député-maire. Ce dernier vient de demander au tribunal un euro de dommages et intérêts, le jugement sera rendu le 12 décembre. Le temps, probablement, que les juges contemplent de vieilles photos soviétiques pleines d'enseignement :

Molotov à gauche, Staline au centre et Iejov à droite sur la rive du canal de Moscou, photo prise avant 1940 :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <


Molotov à gauche, Staline au centre et plus personne à droite sur la rive du canal de Moscou, parce que le camarade Nikolaï Ivanovitch Iejov a subitement disparu contre sa volonté en 1940 :


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Staline adorait la photo. Le voici avec quelques-uns de ses collaborateurs, avant…

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… et après quelques purges salvatrices.

Staline avait de qui tenir car chez Lénine déjà, on avouait une certaine passion pour ce medium. Sur ce cliché, probablement pris en 1919, figurent Lénine au centre, Trotsky en uniforme à droite, Kamenev à gauche avec casquette et lunettes, et Khalatov derrière, entre Lénine et Trotsky :

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Au fil des purges, Trotsky, Kamenev et Khalatov ont disparu de la vraie vie et de la photo rééditée en 1967 dans un ouvrage intitulé V.I. Lénine dans l'art de la photographie :

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Il existe bien d'autres photos retouchées de ce genre, et pas seulement en URSS. On voit par là que L'Écho des Vosges s'inscrit dans une longue tradition qui met à l'honneur les petits métiers, et fait la fierté de nos nations !

L'occasion de lire ma chronique intitulée Kim Jong-il, clone triste en Corée encore où il est grandement question de montages photographiques.

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12h32 suivi

Des expertes, y compris dans le numérique !

Par
Laure Daussy le 22/10/2014

Dans certains domaines, il n'y aurait pas de femmes expertes. C'est un argument que l'on entend souvent pour justifier la faible proportion -20%- de femmes invitées sur les plateaux (selon le dernier rapport du CSA). Pour y remédier, l'association Girlz in web vient de lancer un annuaire en ligne des femmes expertes dans le domaine du numérique.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"E-Commerce", "Crowdfunding", "gaming", mais aussi, plus technique, "développement CSS", développement PHP", "technique DBA", "Cloud Computing"... Dans tous les domaines du numérique, le site "Les expertes du numérique" propose plusieurs noms de femmes. Au total, 150 noms sont proposées à destination des médias ou des organisateurs de conférence, et l'annuaire a vocation à s'étoffer. Le site incite à proposer d'autres expertes. Pour en faire partie, il faut avoir au moins trois ans d'expérience dans son domaine, et remplir l'un des critères suivants : publication d'article en ligne, intervention lors d’un événement professionnel, prise de parole dans les medias ou encore expérience dans l'enseignement.

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"L'objectif est de promouvoir la visibilité des femmes dans le numérique" explique Marine Aubin, co-présidente de l'association Girlz in web. Une récente étude du Syntec (1er syndicat professionnel de l’écosystème numérique français) estimait que 28% de femmes travaillent dans les entreprises du numérique. Certains métiers de ce domaine sont déjà largement féminisés (marketing web, community management,...) mais dans d'autres elles restent encore rares (développeuse, data-scientist). Aubin souligne un problème d’"'identification" et d'orientation" vers ces métiers.

"Il n'y a aucun modèle de femme auquel s'identifier, les "grands" ingénieurs en informatique sont des hommes, comme Bill Gates ou Steve Jobs. Les conseillers d'orientation n'orientent pas les jeunes femmes vers ce type de métiers, ce n'est pas dans leurs schémas mentaux. Si elles s'intéressent à ce domaine, on leur conseille de travailler dans le marketing, mais pas de devenir développeuse" déplore-t-elle. "Même dans des métiers déjà féminisés comme le "social média", on continue à n'inviter que des hommes", ajoute-t-elle. "Ainsi, une récente conférence sur ce thème a réuni une seule femme pour 9 hommes". Sur l'annuaire en ligne pas moins de 35 expertes sont proposées dans cette rubrique "social media".

Nous évoquions aussi un autre guide des expertes qui proposait 400 noms d'expertes sur plusieurs domaines. Retrouvez aussi notre émission sur le sujet.

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11h33 flash

Watergate : mort du rédac-chef du Washington Post

Par
Alain Korkos le 22/10/2014

Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post de 1965 à 1991 qui couvrit l'affaire du Watergate avec Bob Woodward et Carl Bernstein, vient de mourir à l'âge de 93 ans.

En juin 1972, des cambrioleurs étaient arrêtés dans l'un des immeubles du Watergate à Arlington, en Virginie (le Watergate est un complexe immobilier situé au bord du fleuve Potomac, d'où son nom). Ces "cambrioleurs" étaient en réalité venus poser des micros au siège du Parti démocrate, alors en pleine campagne électorale pour la présidentielle. Très vite, le FBI soupçonna ces espions d'être pilotés par la Maison Blanche où siégeait le Président Nixon, membre du parti républicain. Nixon nia, l'affaire n'intéressa pas grand-monde et il fut réélu en novembre de la même année.

Bob Woodward et Carl Bernstein, journalistes au Washington Post, continuèrent toutefois d'enquêter grâce au soutien de Ben Bradlee, leur rédacteur-en-chef, et parvinrent à faire toute la lumière sur l'affaire qui se solda par la démission de Richard Nixon. Leur histoire donna lieu à un film d'Alan J. Pakula, Les Hommes du Président (1976), d'après un livre de Woodward et Bernstein.

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Bob Woodward, Carl Bernstein et Ben Bradlee
dans la salle de rédaction du Washington Post
, 1973


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Assis : Bob Woodward interprété par Robert Redford,
Carl Bernstein interprété par Dustin Hoffman
et Ben Bradlee interprété par Jason Robards
dans Les Hommes du Président (1976)

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Mini-conférence de rédaction
dans le bureau de Ben Bradlee, 1973

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La même scène, dans le film

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Ben Bradlee devant la forme de la une
du Washington Post annonçant la démission
de Nixon, 9 août 1974

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Ben Bradlee au centre, Carl Bernstein à gauche
et Bob Woodward à droite en 2005
Capture d'écran The Guardian

Avec la mort de Ben Bradlee, c'est une légende, une icône du journalisme américain qui s'en va. L'ancien rédac-chef du Washington Post avait avoué, dans ses mémoires, n'avoir jamais eu aucun conseil à donner aux journalistes hormis cette maxime empruntée à son instituteur : « Faites de votre mieux aujourd'hui, et encore mieux demain » qu'il adapta à son métier : « Faites paraître ce qu'il y a de mieux et de plus honnête comme journal aujourd'hui, et faites mieux demain. »


L'occasion de lire ma chronique intitulée Last but not least, la dernière une de Newsweek.

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09h15 le neuf-quinze

Filoche, le cas pendable

Par
Daniel Schneidermann le 22/10/2014

Il existe donc, au PS, une "haute autorité", indépendante de la direction, et chargée de trancher les cas éthiquement complexes. Elle n'a jamais connu du cas Thévenoud. Elle a failli voir arriver sur son bureau le cas Guérini, mais le dossier semble s'être perdu en route. Elle va connaître du pendable cas Gérard Filoche, auteur du tweet ci-dessous, au lendemain de la mort du PDG de Total Christophe de Margerie.

Filoche tweet Margerie

Présidée par Jean-Pierre Mignard, qui entre autres titres, est avocat de Mediapart et, parait-il, ami proche de François Hollande -ce qui suffit à témoigner de son ouverture intellectuelle- la haute autorité trouvera certainement un moyen de lui taper sur les doigts après quelques mois de réflexion, en le maintenant évidemment à la direction du PS, où il a précisément pour fonction implicite de dire ce qu'il a dit, et de tweeter ce qu'il a tweeté , c'est à dire d'exprimer outre des analyses solitaires sur le droit du travail, les colères tripales de la gauche, comme ses douleurs consubstantielles (ci-dessous, pour mémoire, ses mémorables sanglots en apprenant les aveux de Cahuzac).

Evidemment, ce tweet est non seulement odieux, s'agissant d'un mort, mais surtout stupide. Le successeur, cher Filoche, nous "volera" exactement tout autant que le défunt. Si Total paie si peu d'impôts en France, il ne le doit pas à la ruse de Arsène Margerie Lupin, mais au jeu de toute une série de dispositions fiscales, votées ou maintenues par vos amis socialistes, et l'autorisant à le faire. Le successeur en fera autant, la moustache et le whisky en moins. Avec la bénédiction de tous vos camarades du Bureau National du PS.

Mais tout au long de la journée d'hier, la violence verbale changea de camp. On aurait dit que Filoche s'était rendu coupable de trahison devant l'ennemi. Jamais le terme de "classe médiatico-politique" n'avait si bien mérité son nom. De la colère froide de Valls à la colère rentrée de Patrick Cohen, instruisant le "cas Filoche", sur le plateau de France 5, devant Laurence Dolorosa Parisot, en passant par ces "dizaines" (assure Le Monde) de députés socialistes demandant son exclusion du parti, le concert disait où sont leurs amitiés, leurs évidences, leurs points aveugles, vers où les portent leurs tropismes. Irrésisitiblement, malgré nous, cette unanimité nous ramenait dans le camp de l'odieux auteur de la fausse note, ce porteur de colères si indécentes, si inaudibles, si indicibles, si stupides, si nécessaires.

 

 

 

 

 

 

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17h48 suivi

Dieudonné et Soral lancent un parti sur fond d'antisémitisme (Mediapart)

Par
la rédaction le 21/10/2014

Le FN étant trop "pro-israélien" à son goût, Alain Soral a décidé de créer son propre parti politique avec Dieudonné. Mediapart s’est procuré les statuts de la future organisation qui doit s’appeler "Réconciliation nationale".

dieudonne

Un succès en ligne se traduit-il par un succès dans les urnes ? Lorsque Soral et Dieudonné s'étaient présentés aux élections régionales sur une liste "antisioniste" en 2009, ils n'avaient obtenu que 1,30% en Ile-de-France. Cette fois-ci, Alain Bonnet, dit Soral, et Dieudonné M’bala M’bala ont créé un nouveau parti, intitulé "Réconciliation nationale", dont ils seront tous deux co-présidents. Ils ont simultanément créé une Association de financement pour bénéficier des aides publiques en cas d’élection, et préparent leur demande d’agrément auprès de la commission des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Pourquoi la création de ce parti ? Un temps proche du FN, dont il a été membre du comité central de 2007 à 2008, Soral semble rompre définitivement avec le parti de Marine Le Pen. Dans une vidéo diffusée le 6 septembre et intitulée "la trahison de Chauprade" du nom d'un conseiller de Marine le Pen, Soral annonce son projet de "se dissocier totalement du Front national", et de "rouler pour lui-même, en tant que parti politique", à la suite des prises de position "pro-israéliennes" de Chauprade. Le patron d’Égalité et Réconciliation explique avoir été "sollicité" par Chauprade pour le soutenir lors des élections européennes, et d'avoir donc incité des "patriotes musulmans" à voter pour lui. "Il m'a trahi totalement" dit Soral, le traitant allégrement de "fils de pute". La raison de la colère de Soral ? Un texte publié en août par Chauprade, "face à la question islamique", que Soral estime être "un texte de soumission au sionisme".

Egalité et Réconciliation au service du parti

L’association Égalité et Réconciliation (E&R) devrait être mise au service du futur parti politique. Selon les documents que Médiapart s'est procuré, le parti Réconciliation nationale est domicilié au 3, rue du Fort de la Briche, à Saint-Denis (93), précisément là où est déjà installée Égalité et réconciliation. Depuis quelques mois, "E et R" profite d’une vague d’adhésions suite aux mesures d'interdiction des spectacles de Dieudonné et compterait aujourd’hui 12 000 inscrits, selon Mediapart.

Comme pour l'association, "Réconciliation nationale" risque d'être marqué par une certaine obsession antisémite. Dans sa dernière vidéo, le 18 octobre, Dieudonné s’est ainsi lancé dans une longue tirade contre le Congrès juif mondial, et son président Ronald Lauder. "Ronald Lauder. Ouais, ouais l’odeur. Ouais, il porte bien son nom. Quand il ouvre la bouche, c’est vrai (…) même une mouche à merde, s’est évanouie… Alors vous imaginez l’odeur… C’est un multi milliardaire Lauder. Il achète des tableaux à 140 millions comme toi tu achètes un Pif gadget. Il met ça au-dessus de sa cheminée, il regarde ouais, je suis content, et quand il a plus de feu, il met ça au feu. Ils ont du pognon… Il chie le fric."

"Insister lourdement sur la confidentialité"

Face à la vague d'adhésions, le groupuscule Egalité et réconciliation s'est réorganisé. Mediapart s'est également procuré son nouveau protocole de recrutement, qui pourrait aussi servir au futur parti. Tout est fait pour éviter d'éventuel "infiltrés". Ainsi, le responsable de section doit effectuer "des recherches préventives" pour obtenir des éléments "d’ordre professionnel ou personnel" . Toute nouvelle recrue fait l'objet d'un entretien. Le premier rendez-vous est aussi important: il "devra être fixé dans un lieu public, fréquenté, et facilitant le contrôle visuel de la zone", "où l’on se rendra un quart d’heure en avance afin de surveiller tout élément suspect". Le chef de section confronte ses recherches à la présentation du demandeur : "situation familiale, vie professionnelle, type de lectures, connaissance d’ER et des ouvrages d’Alain Soral, (…) expériences politiques, casier judiciaire". Le futur adhérent est briefé sur la sécurité et la confidentialité : "insister lourdement sur ce point en imposant une certaine pression au membre afin qu’il soit tout de suite dans le bain", précise le protocole.

Rappelons que Soral est sous le coup d'une série de poursuites judiciaires. Le 17 octobre, il comparaissait à Paris pour "incitation à la haine et la discrimination" après ses propos sur le journaliste Frédéric Haziza. Au même moment, le site d’Alain Soral recensait avec fierté ses litiges judiciaires – une quinzaine – en chiffrant à 476 792 euros les dommages et intérêts réclamés par ses adversaires. Il vient également d’être condamné en appel pour ses injures contre l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë. Le mois prochain, Alain Soral doit aussi comparaître en appel pour la publication de cinq livres antisémites par sa maison d’édition Kontre Kulture. Le tribunal correctionnel de Bobigny a interdit L’Anthologie des propos contre les juifs, Le Judaïsme et le Sionisme de Paul-Éric Blanrue, et ordonné le retrait de passages de quatre autres livres parmi lesquels La France juive d’Édouard Drumont (@si l'évoquait ici). De son côté, Dieudonné, a été à plusieurs reprises condamné pour des propos antisémites, (@si détaillait ses condamnations ici) et mis en examen en juillet pour fraude fiscale et abus de biens sociaux.

En septembre 2013, le matériel militant utilisé par Égalité et Réconciliation a fait l’objet d’une dispute entre Alain Soral et la compagne de Dieudonné, Noémie Montagne, qui dirige plusieurs sociétés de la galaxie Dieudonné. Nous l'évoquions ici. Retrouvez aussi notre dossier "Dieudonné, et ses quenelles piège-médias".

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