Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h30 lu

Norman et Cyprien, de Youtube à TF1

Par
Robin Andraca le 25/06/2016

TF1 poursuit son opération rajeunissement. Après avoir recruté Yann Barthès, qui animera à la rentrée une quotidienne sur TMC et une hebdo sur TF1, la chaîne programmera en septembre une série de fictions courtes avec Norman et Cyprien, les deux humoristes les plus populaires du web français.


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Europe 1, 24/06/2016

C'est le directeur des contenus, Ara Aprikian, qui a annoncé la nouvelle, vendredi 24 juin lors du festival publicitaire Cannes Lions. "Cette toute première fiction télé des deux humoristes, de dix épisodes de six minutes, sera produite par l'agence Mixicom et la société de production Partizan et sera aussi mise en avant sur le digital", précise TF1.

Cyprien et Norman, respectivement 27 et 29 ans, ce sont des chiffres qui font rêver (ou paniquer, c'est selon) la télé depuis plusieurs années. Des chiffres incomparables (difficile de mettre sur le même plan le nombre de vues cumulées pendant plusieurs mois sur Youtube avec un évènement en direct), mais que les médias ressortent dès lors qu'il s'agit d'évoquer la carrière fulgurante des Youtubeurs stars. "Avec 9,1 et 7,6 millions d’abonnés, et des vidéos visionnées plus d’un milliard de fois pour chacun, c’est une très belle prise que vient d’effectuer la chaîne", rappelle ainsi Le Monde.

"Leurs records, le sketch de Cyprien "Technophobe" (16 millions de vues) et l'hommage au jeu vidéo Assassin's Creed de Norman (15 millions de vues), affichent des scores dignes d'une finale du Mondial à la télé", insiste aussi Europe 1, sans préciser que l'"hommage" à Assassin's Creed était sponsorisé par l'éditeur du jeu vidéo en question, Ubisoft. Des partenariats parfois déguisés qui avaient poussé la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) à ouvrir une enquête début 2016. "Les enquêteurs se sont notamment intéressés à une dizaine de YouTubeurs qui ont perçu, en fonction de leur notoriété, des sommes comprises entre 20000 et 100000 euros pour chanter les louanges d’une marque de voiture, sans faire mention de la relation contractuelle qui les liait au constructeur. Pour cette publicité dissimulée, la DGCCRF, peut imposer des amendes allant jusqu’au montant perçu par l’auteur des faits", écrivait Le Monde en mars 2016, sans préciser l'identité de ces dix Youtubeurs.

L'occasion pour Europe 1 (et les autres) de revoir notre Cl@sse télé : "Youtubeurs : sur la piste des publicités cachées de Cyprien"

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18h55 suivi

iTELE : "Aucun plan social" (mais 50 départs forcés)

Par
Vincent Coquaz le 24/06/2016

Un plan social voire une "destruction de la rédaction" à iTELE ? Non, une simple... "mise en conformité" avec la loi, à en croire Vincent Bolloré et le président du directoire de Canal+, qui prétextent d'une inspection du travail pour justifier 50 départs forcés.

Avec 50 départs forcés sur les 200 salariés que compte iTELE, la baisse d’effectifs est massive pour la chaîne d’info en continu du groupe Canal+. "C'était d'une violence inouïe, a même dénoncé Roselyne Bachelot, pourtant chroniqueuse de D8 (groupe Canal+), sur RMC. On a vécu, dans le pôle gratuit de Canal+, un plan massif de licenciements, avec 50 personnes sur les 200 que compte iTELE qui ont été virées, enfin, dont les contrats n'ont pas été renouvelés. Je suis avec des gens dans les couloirs qui se demandent comment ils vont payer leur loyer."

Pourtant, à en croire Vincent Bolloré, président du groupe, et Maxime Saada, son directeur général, interrogés mercredi par le Sénat, il n’y a eu "aucun plan social" ni "licenciement" et encore moins une "destruction de la rédaction". Saada expliquait ainsi au sénateur PS David Assouline que les 50 postes étaient des CDDU, pour Contrats à durée déterminée d’usage. Concrètement, il s’agit de CDD reconductibles de façon illimitée (et sans délai de carence ni indemnité de fin de contrat), réservés à certains secteurs, dont l’audiovisuel. Saada expliquait donc que par souci de "rationalisation" (baisse des coûts), les CDDU n’avaient simplement "pas été reconduits", ce qui est le "principe" même de ces contrats.

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Le président du directoire de Canal+ Jean-Christophe Thiery avance une toute autre explication à ces départs. "On le fait à la demande de l'inspection du travail, pour se mettre en règle avec la loi", assurait-il ainsi aux sénateurs. Une justification, pour le moins étonnante, reprise par Bolloré : "La fin des CDDU à @itele, si j'ai bien compris, c'est l'inspection du travail." Mais les deux responsables ont surtout fait semblant de mal comprendre l’inspection du travail, comme le souligne Ozap : celle-ci ne demandait en aucun cas le non-renouvellement des contrats... mais leur requalification en CDI (le CDD d’usage étant interdit "pour pourvoir des emplois liés à l’activité normale et permanente de l’entreprise").

Une "explication" pour le moins cynique, qui rappelle une autre ligne de défense de Saada : interrogé sur les départs de cadres d'iTELE et les inquiétudes sur l'indépendance de la rédaction, le directeur répète à l'envi que les journalistes de la chaîne d'info "disent eux-mêmes qu'ils sont libres, parfois trop libres". Une interprétation toute personnelle des propos du président de la société des journalistes d'iTELE et Canal+, Olivier Ravanello, qui dénonçait une "rédaction en autogestion" depuis l'éviction de la direction en septembre 2015 : "Les [nouveaux] nommés à la tête de la chaîne ne connaissent pas l'info en continu. Ils ne prennent aucune décision, ne participent pas aux conférences de rédaction et ne sont quasiment pas dans les murs."

L’occasion de lire notre article : Fin de "Special Investigation" ? Bolloré ne répond pas au Sénat

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17h05 suivi

Bug abonnements : retour à la normale "d'ici un mois" ?

Par
Vincent Coquaz le 24/06/2016

On en sait (un peu) plus sur la panne qui a privé la moitié de la presse française de ses bases d’abonnés. Comme @si vous l’expliquait ici, une défaillance technique du prestataire GLI Groupe, qui gère la base d’abonnés du Figaro, de L’Express ou de Libération, paralyse les titres depuis le week-end dernier. Avec une crainte : que des données soient définitivement perdues.

Après de longs jours de silence, le président de GLI, Gilbert Libermanas se veut aujourd’hui rassurant : "Aucune donnée client n'est perdue, elles sont toutes actives et accessibles", explique-t-il à l’AFP. Accessibles pour GLI peut-être, mais pas pour les éditeurs de presse, qui sont dans l’incapacité de facturer les abonnés… ou d’en recruter de nouveaux depuis bientôt une semaine. "Le système sur lequel on y accède habituellement est défaillant, alors un système de secours est en train d'être mis en place. Nous avons eu un problème inédit sur une baie de disques (un sous-ensemble informatique)", poursuit Libermanas, "écartant l'éventualité d'une attaque informatique", un temps envisagé par Presse News. Il souligne surtout que les données sont "triplement sauvegardées". Comprendre : seul le système qui permet d’accéder aux données aurait été perdu, les rendant inaccessibles.

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Résultat : les journaux ne pourront pas utiliser leur base abonnés avant 8 à 10 jours, explique le président de GLI. Soit une période de paralysie de plus de deux semaines en tout. Et pour que le problème soit totalement réglé, il faudra même plutôt compter "un mois". En attendant, le directeur des Echos, Francis Morel, expliquait ce matin que son journal travaille actuellement pour "récupérer les informations disséminées à droite et à gauche" (tout comme Libération). "C’est extrêmement handicapant mais on n’a pas tout perdu", assure-t-il.

L’occasion de lire notre article : Comment la "moitié de la presse" française a perdu ses abonnés

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17h01 vous n'êtes pas obligés

Brexit / titres : au secours, hamlet !

Par
la rédaction le 23/06/2016

C’est fou comme Shakespeare inspire la presse. Depuis le début de la campagne britannique pour la sortie ou non du Royaume-Uni de l’Union européenne, pas une semaine sans qu’une couverture de presse, un article d’analyse, une tribune d’expert ou une dépêche ne reprennent à leur sauce la célèbre ouverture de la tirade d’Hamlet : "To be or not to be, that is the question" pour illustrer le choix crucial des Britanniques à l’heure de mettre leur bulletin dans l’urne. "To be or not to be… dans l’Union européenne", “Brexit or not Brexit: Comment ça marche?”, "Brexit or not Brexit le choix des dix plus grandes marques britanniques", "Brexit or not Brexit… les people choisissent leur camps", revue et corrigée, passée à la moulinette de l'actualité, la formule est déclinée à l’envi.


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Le Figaro du 23 juin


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Direct matin du 23 juin


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Le Parisien du 23 juin

Ne serait-ce qu’en ce jour de vote, Le Figaro, Direct matin et Le Parisien ont opté pour le même titre de Une : "Brexit or not Brexit" Quand de son côté la République du centre ose un très original : "Partir ou rester : That is the question." C'est fou ce que Shakespeare inspire la presse. Or not. Petit échantillon non exhaustif.


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La République du centre du 23 juin

 


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Le site de Francetv info, le 23 juin

 


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Le site de France info, le 23 juin

 


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Le site de Midi Libre, le 23 juin

 


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Le site de TF1 news, le 23 juin

 


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Le site des Echos, le 21 juin

 


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Le site EurActiv.fr, le 23 juin


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La Une de Courrier international du 28 avril

 


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Tribune sur le site du Monde, le 18 février

 


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Le site de Libération, le 17 février

 


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La Une de La Croix du 20 juin

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12h14 suivi

Le Monde atténue ses questions à Martinez (Acrimed)

Par
la rédaction le 23/06/2016

"Les aboiements des chiens de garde ont-ils résonné trop fort pour les colonnes du Monde ?" C’est Acrimed qui pose la question ce jeudi. Le site s’est penché sur la retranscription par le journal, dans son édition du 21 juin du "Grand Rendez-vous" entre Philippe Martinez et ses interlocuteurs au micro d’Europe 1 deux jours plus tôt. Ce jour-là, pendant près d’une heure, Martinez s’était fait taper sur les doigts. Face au trio de journalistes Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Françoise Fressoz (Le Monde), Michaël Darmon (ITélé), Martinez avait essuyé remarques et critiques sur le plateau d'Europe 1 lors d’une interview à charge. Au point que Daniel Schneidermann s’était interrogé sur la raison qui avait pu pousser le leader de la CGT à se plier à ce petit jeu de massacre.


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Deux jours plus tard dans Le Monde, ô surprise, comme le note Acrimed : les questions retranscrites par le quotidien sont "bien loin de refléter l’animosité à laquelle a dû faire face Philippe Martinez, lors de l’interview diffusée sur Europe 1."


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Le site s’est livré au jeu des sept erreurs, comparant les questions posées sur la radio à celles retranscrites par le quotidien. Résultats? Les questions, relances et commentaires les plus virulents ont disparu de la version écrite. Et Acrimed de citer un florilège des saillies les plus à charge contre Martinez que Le Monde n’a pas cru bon de reprendredans sa retranscription. Pour exemple, celles d'Elkabbach: "La nation toute entière est bouleversée par le meurtre de deux policiers, les gens soutiennent les policiers, leur rend hommage, on vous a rarement entendu dire merci à la police." Toujours du même Elkabbach : "Vous n’avez aucune idée [du coût des manifestations pour la CGT], vous qui demandez la transparence? […] Et est-ce que vous avez une idée, depuis quatre mois, de ce que ça a coûté à la fois aux Français, et à la CGT?" Quant aux remarques de la journaliste du Monde au micro d'Europe 1 : "La violence est partout, on l’a vu en Grande-Bretagne avec le débat sur le Brexit qui se termine par un mort. Est-ce que vous, vous dites il faut arrêter, avec un mort on ne peut pas continuer comme ça [sic]." : absente du quotidien. Tout comme cette autre question toujours en référence au meurtre de la parlementaire britannique Jo Cox : "Vous parlez de la radicalité d’extrême-droite, est-ce qu’il n’y a pas, au sein même de vos cortèges, une radicalité d’extrême-gauche qui cultive la même violence?".

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19h09 à l'étranger

Non, les migrants du Daily Mail ne venaient pas d'Europe

Par
Manuel Vicuña le 21/06/2016

Le DailyMail ne lésine pas sur les Unes coup de poing… surtout à quelques jours du référendum sur le Brexit. Jeudi 16 juin, le tabloïd anglais consacrait sa première page à l’interpellation, la veille, à Londres, d’une dizaine de migrants. A côté de la photo de ces personnes entassées à l’arrière d’un camion, s’affiche en gros caractères le titre : "Alors que les politiques se chamaillent sur les contrôles aux frontières, un nouveau groupe de migrants arrive en camion au Royaume-Uni en affirmant : «Nous sommes Européens – laissez-nous entrer!»" La Une s’accompagne d’un article dans lequel les journalistes du Daily Mail James Slack et Jason Groves rapportent que, lors de l’interpellation, les migrants ont expliqué à la police être originaires d’Europe. Thème sensible, alors que l'immigration est un des thèmes les plus exploités par les pro-Brexit.


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Problème : un vidéaste amateur, Tom Andrews, a filmé la scène. On y voit la police demander aux réfugiés s’ils parlent anglais et d’où ils viennent. Leur réponse, parfaitement audible : "Irak", "Koweït".

La vidéo a été mise en ligne par l'agence de presse britannique SWNS le jour même sur YouTube, avec pour titre : "Voici le moment où des migrants dans un camion disent « Nous sommes Européens.»" Erreur grossière de l'agence, discrètement corrigée le lendemain sur YouTube par le titre :"Voici le moment où des migrants dans un camion disent « Nous sommes d'Irak.»" Trop tard, en tout cas, pour le Daily Mail qui entre temps a relayé l'erreur en Une de son édition du jeudi.


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Capture de la première version de la vidéo postée par SWNS le 15 juin et depuis corrigée.

Comme le pointe le Guardian, pour corriger son gros titre le Daily Mail a procédé à une mise à jour sur son site et s’est fendu le lendemain d’un erratum … de 54 petits mots : "Conjointement à d’autres journaux [notamment The Sun, ndlr], nous avons publié hier un récit provenant d’une agence de presse réputée qui expliquait que des clandestins interpellés à Londres avaient expliqué à la police qu’ils étaient originaires d’Europe. En réalité, bien qu’ils soient arrivés depuis le continent jusqu’au Royaume-Uni à bord d’un véhicule italien, les migrants ont dit à la police qu’ils étaient d’Irak et du Koweit." Ce communiqué lapidaire n’a pas suffi à convaincre l’association de protection des migrants britannique JCWI qui a condamné un "récit inexact" et "une distorsion de la réalité" qui conduisent à "un débat public toxique".


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Le Daily Mail n'en est pas à son coup d'essai. En février dernier, le quotidien expliquait que les migrants étaient coupables de 700 crimes par semaine au Royaume-Uni. Le journal avait publié un correctif... deux mois plus tard, en mai, expliquant que les chiffres en question comprenaient des violations de décisions de justice et des condamnations en appel. Cette première correction faisait suite à une série de plaintes contre le Daily Mail déposées auprès de l'Organisation indépendante des normes de presse par Infacts, un collectif journalistique faisant campagne pour que la Grande-Bretagne reste dans l'Union européenne.

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18h34 lu

David Thomson bloqué sur Facebook (Rue89)

Par
la rédaction le 21/06/2016

Au piquet ! Le compte Facebook du journaliste David Thomson, spécialiste du djihadisme, invité à plusieurs reprises sur notre plateau, a été suspendu 3 jours. La raison ? Une photo postée en 2013, où l'on apercevait un drapeau de l'Etat islamique.

"Toute publication est temporairement bloquée sur votre compte". Lundi 20 juin 2016, Thomson s'est vu notifier le "blocage temporaire" de son compte Facebook (une nouvelle qu'il s'est empressé de partager sur son second compte Facebook).


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Quelques heures plus tard, le journaliste écope de deux jours de blocage supplémentaires. Avec, cette fois, une explication : c'est une photo de reportage, postée en 2013 par le journaliste sur son profil, qui pose problème à Facebook. Une photo où l'on voit en arrière-plan un drapeau noir de l'EI.


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Comment Facebook est-il tombé sur cette photo de 2013 ? Là, en revanche, il y a moins de mystère, le réseau social ne cherchant jamais de manière active les contenus jugés contraire à sa charte. En gros : toutes les actions de modération sont effectuées après qu'un contenu a été signalé par un utilisateur de Facebook.

Contacté par Rue89, le journaliste explique que ce n'est pas la première fois que Facebook bloque son profil : "Depuis 2014, mon compte à été trois fois désactivé par Facebook sans aucun avertissement préalable. Il a fallu, à chaque fois, que le CM [community manager] de RFI intervienne auprès de Facebook pour le rétablir alors que je suis parfaitement identifié comme journaliste. Depuis j’ai dû créer un second compte."

Par le passé, son compte a déjà été désactivé en raison de ses contacts géolocalisés en Syrie et en Irak. "C’est un responsable de Facebook qui lui aurait fourni ces explications il y a un an, assurant que c’était là «le signe que leur système de censure fonctionne»", précise Rue89. "Pour moi, c'est plutôt le signe que leur système de censure ne fonctionne pas et désactive complètement à l'aveuglette", répond le journaliste.

"A l’inverse de Twitter, Facebook ne lui aurait jamais proposé de protéger son compte, par exemple en le certifiant, ou en l’identifiant comme spécialiste d’un sujet aussi sensible que le djihadisme", ajoute Rue89. David Thomson, bientôt "labellisé" par Facebook ?

L'occasion de revoir notre dernière émission avec Thomson : "Les djihadistes seraient ravis que Le Pen gagne les élections"

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16h18 suivi

Syrie : une TV russe montre involontairement des bombes russes à sous-munitions

Par
Vincent Coquaz le 21/06/2016

RT, ou la Russie trahie (par sa propre télévision). Samedi 18 juin, la chaîne de télévision russe RT (anciennement Russia Today) filmait la visite du ministre de la défense russe Sergueï Choïgou, sur une base militaire dans le nord-ouest de la Syrie, à Khmeymim. Sur des plans de coupe, on pouvait voir en gros plan un pilote s’approcher de l’arrière d’un avion de chasse. Fixé sur ce dernier, deux bombes marquées du sigle ""RBK-500", du nom d’une bombe à sous-munitions (type de munitions qui explosent dans les airs et projettent de nombreux autres projectiles plus petits).

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Problème : l’armée russe a toujours catégoriquement nié utiliser ce type de munitions en Syrie. "L’aviation russe n’utilise pas [de bombes à sous-munitions] et ces armes ne sont pas entreposées sur la base de Khmeymim", avait ainsi déclaré le porte-parole du ministère de la défense russe en réponse à des accusations d’Amnesty International, dans des propos rapportés par un autre média russe, Sputnik (dont @si vous parlait ici).

L’usage de ces munitions est régulièrement dénoncé par des ONG comme Human Rights Watch et Amnesty International, en raison de leur dangerosité pour les civils. Il est surtout interdit par la convention sur les armes à sous-munitions des Nations unies, signée par 107 états en 2008, mais pas par la Russie ou les États-Unis, rappelle Le Monde. "Moscou a néanmoins ratifié (du temps de l’Union soviétique, en 1981) le protocole III des conventions de Genève sur «l’interdiction ou la limitation de l’emploi des armes incendiaires»." Des armes utilisées dans des bombes à sous-munition, et que la Russie avait déjà utilisées, malgré l’interdiction, "en novembre 2015, lors de l’attaque d’une boulangerie et d’une usine d’huile d’olive à proximité du village de Binin, dans la province d’Idlib" selon le quotidien.

Signe de l’embarras de Moscou : les images ont été supprimées de la vidéo de RT postée sur Youtube, comme l’a noté le groupe appelé "Conflict Intelligence Team", fondé par le blogueur et militant russe d’opposition Ruslan Leviev (qui collabore aussi au site Belling Cat du britannique Eliot Higgins).

Un porte-parole de la chaîne a alors expliqué cette suppression par le fait que la vidéo pouvait représenter un danger pour le pilote visible sur les images. Mais le visage de celui-ci est quasi-intégralement masqué par un casque. La chaîne russe a finalement rétabli les images d’origine, soldat compris.

L’occasion de lire notre série d'articles sur les médias russes : leurs thèmes de prédilection, le penchant complotiste de certains, ou leur proximité avec l'extrême-droite française

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19h50 à l'étranger

Espagne : cyber-accusations de racisme contre le leader socialiste

Par
Manuel Vicuña le 20/06/2016

En Espagne, la campagne électorale pour les législatives du 26 juin tourne à la guerre de coups bas sur le web. A moins d’une semaine du scrutin déterminant qui doit permettre à l’Espagne de dégager une majorité, le leader du parti socialiste (PSOE) Pedro Sanchez est le héros involontaire d'une vidéo mise en ligne sur Twitter ce dimanche. On y voit Sanchez en campagne dans les rues de Madrid, s’essuyer les mains après avoir salué une femme et deux enfants noirs. Le candidat socialiste pris en flagrant délit de racisme? C’est l’accusation portée par ses opposants et rivaux conservateurs du Parti Populaire (PP).

Postée dimanche matin sur Twitter par une internaute espagnole, la première vidéo n’a pas échappé aux cadres du PP (droite) qui l’ont abondamment relayée sur les réseaux sociaux, la section madrilène la première. "Une image vaut mieux que mille mots", a commenté le chef de file catalan du parti, suivi de près par d’autres figures du PP comme la présidente de la communauté de Madrid, Cristina Cifuentes ou encore la porte-parole du parti à l’assemblée de Madrid, Isabel Diaz.


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Logiquement, l'affaire agite donc la presse espagnole depuis dimanche. D'El Pais à La Razon en passant par El Periodico ou infolibre, la majeure partie des médias nationaux y consacre des sujets. Est-ce un geste de mépris ? L'enfant qui regarde ses paumes après le passage de Sanchez avait-il simplement les mains collantes ? Médias et internautes s'interrogent.


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Le quotidien El Pais publie également une autre vidéo de la même scène, filmée sous un autre angle. Le journal précise également que la scène a eu lieu mardi dernier dans le quartier madrilène d'Hortaleza, alors que le leader socialiste était sur le point de se rendre à un meeting en présence du syndicat de l'Union générale des travailleurs (UGT).

 

Mais la droite espagnole n’est pas la seule à saisir l’occasion de tirer sur le leader d’un parti socialiste en perte de vitesse. Plusieurs soutiens de Podemos qui, allié aux communistes de Izquierda Unida pourrait bien déborder le PSOE sur sa gauche le 26 juin, se sont aussi empressés d'épingler Sanchez. Les cadres du front des gauches alternatives n’ont pas directement commenté la vidéo. Mais comme le pointe El Pais, plusieurs relais non-officiels de Podemos sur les réseaux sociaux ne s’en sont pas privés. C'est le cas de plusieurs twittos proches du parti mais également de "Guerrilla", la chaîne du réseau social Telegram qui diffuse les contenus de Podemos et qui s’est fendue pour l’occasion d’un message cinglant: "Pedro Sanchez se nettoie les mains après avoir salué une famille noire. Quelle honte."

"En politique tout n'est pas permis"

La réponse du leader socialiste ne s’est pas fait attendre. "Mon engagement pour la défense de l’égalité, la tolérance et la diversité ne peut être remis en cause", martèle-t-il sur sa page Facebook. "Je sais très bien qui tente de salir mon image, qui est capable de recourir aux pires méthodes pour me faire du mal" écrit-il en affirmant que "en politique tout n’est pas permis". Quant au geste polémique? "Pour dire vrai, je ne m’en souviens pas. Je salue tant de gens et serre tant de mains" s’est justifié Sanchez ce lundi, selon des propos rapportés par le site elconfidencial.com. Il a reçu le soutien de l'association espagnole de lutte contre le racisme, Movimiento contra la intolerencia. De son côté, le leader de Podemos, Pablo Iglesias a tenu à dégager son parti de toute implication dans cette affaire, accusant au passage la droite. Et Iglesias d'affirmer : "L'utilisation de cette vidéo pour attaquer Pedro Sanchez me semble gravissime, je crois qu'il a raison lorsqu'il souligne que tout n'est pas permis."

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18h06 grrr !

Joffrin/Manif Mantes : "Les médias progressent" (mais pas Libé)

Par
Robin Andraca le 20/06/2016

Les médias ont-ils bien couvert le rassemblement de musulmans à Mantes-la-Jolie, dimanche 19 juin ? Oui pour Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, qui dans un édito salue ce rassemblement, ainsi que le travail des sites de presse ou des chaînes de télévision. Seul problème : Libé n'a pas écrit une seule ligne sur le sujet, se contentant d'une dépêche AFP.


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"Cette marche mérite plusieurs commentaires". Dans son dernier édito, publié lundi 20 juin sur le site de Libé, Laurent Joffrin revient sur la marche de Mantes-la-Jolie, où répondant à l'appel d'associations musulmanes locales, 3 000 personnes ont défilé en solidarité avec les deux policiers assassinés la semaine dernière par un terroriste se réclamant de l'Etat islamique.

Une bonne nouvelle pour Joffrin qui estime que "à chaque attentat, en fait, les autorités musulmanes réagissent peu ou prou de la même manière." Et le directeur de Libé de rappeler : "Après la tuerie du 13 Novembre, les principaux responsables de l’islam de France s’étaient réunis à l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, pour dénoncer le terrorisme et rendre hommage aux victimes." Sauf que voilà : "Souvent les médias ne font guère echo à ces réactions, accréditant l'idée fausse selon laquelle les musulmans, dans leur masse, hésiteraient à condamner le terrorisme islamiste".

Mais tout ça, c'est du passé ! Depuis Mantes-la-Jolie, les choses ont bien changé selon Joffrin. "Cette fois, les médias ont réagi", estime-t-il dans son édito, citant pêle-mêle "un compte-rendu sur Liberation.fr" (avec un lien censé renvoyer vers le compte-rendu), "un long reportage dans Le Monde" et "un sujet dans un journal de TF1". "On progresse...", conclut l'éditorialiste.

Problème : si Le Monde a en effet consacré un reportage à cette manifestation (et TF1 1 minute et 53 secondes dans son JT du week-end), Libé n'a pas écrit une seule ligne sur le sujet. En cliquant sur le lien de l'édito de Joffrin, censé renvoyer vers le fameux "compte-rendu de Liberation.fr", le lecteur tombe d'ailleurs sur un article datant de... novembre 2015, intitulé "Les musulmans de France à l'unisson contre le terrorisme".

Simple erreur de lien ? Il n'y a, en réalité, pas une seule ligne sur cette manifestation dans l'édition papier de Libé, datée du 20 juin. Et s'il y a bien un compte-rendu sur le site, intitulé "Une marche en mémoire des policiers tués a eu lieu à Mantes-la-Jolie", il est en fait rédigé par... l'AFP, dont Libé, comme d'autres médias français, reprend souvent les dépêches.

L'occasion de relire la chronique de Daniel Schneidermann : "Sur la «touchante» manifestation des musulmantes de Mantes"

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15h39 @rrêt sur images

Moteurs dans les vélos : "Vous avez des caméras thermiques, à France 2 ?"

Par
la rédaction le 20/06/2016

Six ans : c'est le temps qu'il a fallu pour voir la première enquête à la télévision française sur le "dopage mécanique" dans le cyclisme, dans l'émission Stade 2. Alors pourquoi avoir attendu début 2016 pour enquêter sur d'éventuels moteurs dissimulés dans les vélos, alors que les premiers soupçons remontent à 2010 ?

Les journalistes n'avaient pas eu l'idée plus tôt, assure le journaliste à Stade 2 Thierry Vildary, qui raconte sur notre plateau comment l'idée des caméras thermiques (pour détecter les moteurs dans les vélos) lui est venue : "J'étais en caleçon sur mon canapé, devant le Tour de France. Une source m'appelle et me dit «Est ce que vous avez des caméras thermiques chez France Télévisions ? On a des suspicions sur des mecs, des équipes.» Il me donne une volée de gros noms, de trois équipes différentes, et il pense qu'avec des caméras thermiques, on pourra arriver à démontrer quelque chose."

Pour voir l'émission en intégralité, c'est ici : Enquêter sur le dopage: des journalistes racontent

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15h36 Hors Série

Comment le néolibéralisme éteint la démocratie (Laval/Hors-Série)

Par
la rédaction le 20/06/2016

Que veut vraiment le néolibéralisme ? "Mettre des limites au pouvoir populaire" pour le sociologue Christian Laval, co-auteur de Ce cauchemar qui n'en finit pas (éditions La Découverte) et invité de l'émission Dans le texte, présentée par Judith Bernard sur notre site partenaire Hors-Série. "Des limites juridico-politiques, plus précisément encore des limites constitutionnelles. Faire en sorte qu'il y ait une constitutionnalisation du marché, et qu'on ne puisse jamais jamais y toucher", complète-t-il.

Pour Laval, c'est clair : le grand blocage aujourd'hui sur la croissance, c'est la montée des inégalités. Un argument que n'utiliseraient pas assez les opposants à la loi El Khomri, pour le sociologue : "Si on arrive à montrer, comme le fait le FMI que partout où on a flexibilisé le marché du travail, on a accru les inégalités, alors on doit questionner ce gouvernement qui prétend réduire les inégalités et lui dire qu'ils font exactement le contraire."

L'occasion de voir l'intégralité de cette émission : "Ce cauchemar qui n'en finit pas"

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18h25 suivi

Orlando / ventes d'armes : des medias US s'engagent

Par
la rédaction le 17/06/2016

Ce n’est pas la première fois que des médias américains prennent publiquement position pour la réglementation des armes à feu aux Etats-Unis. Mais le massacre dans une boîte gay d’Orlando, où Omar Mateen, un Américain d’origine afghane de 29 ans, a ouvert le feu et fait 49 morts et une cinquantaine de blessés, a suscité un regain d’engagement collectif chez les groupes de presse.

Le New York Daily News, l'un des plus importants quotidiens papier des Etats-Unis a ouvert le bal en choisissant une Une choc titrée "Thanks NRA" en référence à la National Rifle Association, principal lobby pro-armes à feu. Sous une photo d’Omar Mateen, le journal écrit : "A cause de votre opposition continue à l’interdiction des armes d’assaut, des terroristes comme ce dément peuvent légalement acheter une machine à tuer et commettre la pire tuerie de masse dans l’histoire des Etats-Unis". Les jours suivants, le Daily News a continué de montrer son opposition à la vente libre d’armes d’assaut (type AR-15 utilisé par le tueur d’Orlando) avec plusieurs Unes dénonçant le nombre de morts causés par des armes semi-automatiques achetées légalement aux Etats-Unis.


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Unes du DailyNews de début juin 2016

D’autres lui ont rapidement emboîté le pas: le Washington Post a mis en ligne une page où chaque lecteur peut consulter le profil des sénateurs américains afin de savoir si celui ou celle-ci reçoit des dons de la NRA.

Jeudi 16 juin, c’est le Boston Globe qui lançait sa campagne intitulée "Make it stop" en mettant ce slogan en Une sur une image d’un fusil AR-15 (l’arme utilisée par Omar Mateen). Sur internet, le Boston Globe a tweeté les noms des victimes décédées dans les tueries de masse depuis que l’interdiction de vente d’armes semi-automatiques a été levée. Le site du journal met à disposition une application qui permet également aux citoyens d’avoir un accès rapide et simplifié aux principaux sénateurs engagés contre la vente d’armes d’assaut.

 


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Une du Boston Globe en ligne jeudi 16 juin

Enfin, le quotidien le plus diffusé aux Etats-Unis USA Today s’est aussi fendu d’un édito : "Est-ce que l’interdiction éviterait des tueries de masse? Bien sûr que non. Est-ce que ces interdictions peuvent aider à l’identification, et à contrecarrer de potentiels terroristes islamistes? Non. Est-ce que ces interdictions sauveraient des vies et compliqueraient les projets de tuerie de masse? Oui. Et pour cette seule raison, elles valent le coup." USA Today a également publié la tribune contre-pied du directeur exécutif de la NRA Chris W. Cox dans laquelle celui-ci défend le droit au port d'armes semi-automatiques ( type AR-15) présentées comme les plus "populaires aux Etats-Unis pour les sports de tir, la chasse, et l'auto-défense".

même les plus conservateurs...

Généralement, l’autre camp a aussi ses médias défenseurs. Or, même certaines figures de la très conservatrice chaîne Fox News revoient leurs positions : La présentatrice Gretchen Carlson a publiquement déclaré être favorable au rétablissement de l’interdiction des armesd’assaut type militaire (non reconduite par le Congrès en 2004) alors qu’un sondage effectué par la chaîne affichait 89% d’opinions négatives à la question .

Un autre présentateur de la chaîne, Bill O’reilly, a également appelé à une plus forte régulation des armes "individuelles de destruction massive". Sans pour autant remettre en cause le deuxième amendement de la Constitution qui garantit à tout citoyen le droit de porter une arme. "Il y a trop de meurtres par armes à feu aux Etats-Unis, et les armes sont très faciles à acheter donc faisons avec: nous avons tous le droit de porter des armes, pas de les acheter et d’entretenir des mortiers" a déclaré Bill O’Reilly.

Le choc suscité par la tuerie d’Orlando pousse donc ces gros titres de presse à s’engager publiquement, une prise de positionencore considérée comme polémique il y a peu. Comme nous vous le racontions ici, le New York Times avait publié un édito en Une (une première depuis 1920) le 5 décembre 2015 contre la vente libre d’armes d’assaut aux Etats-Unis en réaction à la fusillade de San Bernardino, qui avait fait 14 morts quelques jours auparavant. Le blogueur et commentateur politique Erick Erickson(CNN, WSB) avait montré sur Fox News l’édition du Times criblée de trous expliquant avoir tiré sur l’édito en Une car "C’était tellement creux que j’ai décidé de rajouter quelques trous.". Malgré la relance du débat sur le contrôle des armes, et l’élan médiatique, un long chemin reste à parcourir. Le lobby de la NRA à beau perdre des soutiens au fil de la multiplication des fusillades, il reste toujours aussi influent aux Etats-Unis.

(Par Juliette Bourgeois)

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18h05 grrr !

Pubs illégales : et maintenant, Télé-Loisirs ?

Par
la rédaction le 17/06/2016

Mystère, mystère. Entre une brève sur le prince William et un sujet sur les audiences de Fun Radio, l’article passerait presque inaperçu sur le portail "news" de Télé-loisirs.fr (mis à part ce titre accrocheur : "Buzz. Le mythique Whopper star d’une mystérieuse vidéo"). Ce jeudi 16 juin, Télé-Loisirs.fr met donc le paquet pour faire saliver les lecteurs.


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"Depuis ce matin, une mystérieuse bande-annonce est en ligne, et annonce la sortie prochaine d'un documentaire intitulé Whopper Blackout", explique le site. La vidéo en question ?

On y voit un homme cheveux en broussaille et barbe longue ouvrir un congélateur dans lequel il a placé un sandwich de la chaîne de fastfood. "Si les générations futures tombent dessus, ils auront la recette", lâche-t-il hilare. "La vidéo interpelle. On sait très peu de choses pour le moment si ce n'est que Whopper Blackout, annoncé comme «le documentaire qui lève le voile sur une période taboue», sortira prochainement sur Internet" affirme Télé-Loisirs.fr au pied de la vidéo annonçant la levée de ce "vrai mystère" le 21 juin. Et Télé-loisirs.fr de renvoyer au site whopperblackout.fr, qui n’est autre qu’un... site de campagne publicitaire de la marque Burger King. Rien de très mystérieux donc.

Si ce n’est que dans l’article en question il n’est fait nulle mention de l’aspect publicitaire de ce contenu, nulle mention non plus d’un quelconque partenariat entre Télé-Loisirs.fr (Prisma Média) et la marque de restauration rapide. Le groupe de presse a-t-il été rémunéré par Burger King pour intégrer cette vidéo sur son portail de news ? Contacté par @si à ce sujet, la rédaction de Télé-loisirs.fr n'a pas donné suite à nos sollicitations. Comme @si le rappelle régulièrement, la publicité cachée est formellement interdite par la loi. L’Article 20 de la loi du 21 juin 2004 dispose en effet que "toute publicité, sous quelque forme que ce soit, accessible par un service de communication au public en ligne, doit pouvoir être clairement identifiée comme telle. Elle doit rendre clairement identifiable la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est réalisée".

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14h38 grrr !

Obama / Orlando : faux direct du Petit journal

Par
la rédaction le 17/06/2016

"Arrivée prévue du président américain: maintenant, donc on y va vite ! " En ouverture du Petit journal du jeudi 16 juin à 20h10, Yann Barthès propose de se rendre in extremis à Orlando où le président américain Barack Obama atterrit. Martin Weill, reporter, est présent sur le tarmac. Le journaliste explique que l'avion présidentiel "vient de se poser, pour l'instant le président est encore à l'intérieur …Non, voilà il sort (…)". Barthès : "On a eu le président à la seconde près !" Puis Martin Weill montre le pool des journalistes : "des caméras du monde entier sont présentes pour faire le direct et juste ici par exemple c’est notre consoeur d’iTELE". Un timing parfait.

Le Petit journal du 16/05

Problème : la séquence où l'on voit la journaliste d’iTELE envoyée sur place, Philomène Remy, se déroule....à 19h04, soit plus d'une heure avant l'ouverture du Petit journal. Philomène Remy était effectivement présente pour un duplex sur le tarmac quelques minutes après l’atterrissage d’Obama. Après un bandeau "dernière minute" qui apparaît au moment où l'Air force One se pose à Orlando, la présentatrice d’iTELE Laurence Ferrari annonce l’atterrissage de l’avion en direct, comme on peut le voir sur ces images:


iTELE - 16/05

Le journaliste de Radio Canada Thomas Gerbet était aussi sur place à l’arrivée d'Obama à Orlando. Comme il l’écrit dans une tribune publiée sur Facebook , l’Air Force One d’Obama a atterri à 12h51 heure locale (soit 18h51 heure française). Le journaliste canadien écrit "Pour avoir été aux côtés de Martin Weill sur le tarmac, il a tout simplement enregistré ses réponses les unes à la suite des autres, sans les questions de Yann Barthès qui discute donc avec une bande vidéo sur le plateau." Et Barthès de conclure comme si le journaliste se trouvait encore en temps réel à l'aéroport "on te retrouve dans deux minutes, Martin ne bouge pas". Comme le dit Thomas Gerbet dans son post intitulé "Arroseur arrosé" : "Rien de grave, mais j'estimais juste de rapporter ce petit travers comme LPJ le fait si bien avec ses confrères".


Mise à jour le 17 juin à 17h25 : Au Petit journal, on précise que Martin Weill et Yann Barthès ont dialogué de vive voix et non par bandes interposées comme l'écrit notre confrère canadien Thomas Gerbet. On ajoute que Le Petit Journal est toujours enregistré dans les conditions du direct, environ une heure avant la diffusion (ce qui n'est toutefois pas signifié aux télespectateurs).

(Par Juliette Bourgeois)

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16h53 suivi

Photo Figaro : Martinez pensait... au cinéma italien (blog AFP)

Par
la rédaction le 16/06/2016

Le 25 mai dernier, Philippe Martinez fait la Une du Figaro avec un article-portrait intitulé "L’homme qui voulait mettre la France à genoux". Un titre fort, illustré par une photo du leader de la CGT en gros plan, l’air menaçant et le doigt pointé vers l’objectif. Le choix de cette Une (sortie uniquement en version numérique en raison des blocages d'imprimeries) n’a pas manqué d’en intriguer certains sur Twitter qui voient un parallèle avec les caricatures de grands dictateurs comme le relatait cette chronique de Alain Korkos.


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Réactions au choix de la Une du Figaro du 25 mai sur Twitter

Mais la photo a été prise dans un tout autre contexte, raconte son auteur, Joël Saget, sur le blog making-of de l’AFP. Comme l’explique le photographe, cette photo a été réalisée au cours d’une séance détendue, voire sympathique : "A un moment, je demande à l’homme fort de la CGT s’il existe un geste qui soit caractéristique de lui. Il réfléchit un court instant, puis il me raconte qu’il a l’habitude de pointer le doigt droit devant lui quand il s’exprime en public, dans des réunions, dans la chaleur d’un meeting . Et de lui-même, il joint le geste à la parole tout en prenant un air ombrageux, peut-être influencé par la conversation sur le cinéma italien des années soixante que nous avons eue quelques instants plus tôt."

De la photo cinéma au cliché inquiétant

Saget s’étonne lui-même du succès, un an plus tard, de son cliché pour illustrer les articles sur "l’homme fort" des manifestations contre la Loi Travail. Plusieurs médias comme La Croix, l’Obs, France 24 ou LCP ont relayé une depêche de l’AFP illustrée par ce même portrait intitulé "Philippe Martinez, l’épine dans le pied du gouvernement". Même la presse italienne utilise la photo pour insister sur le côté inquiétant de cet homme qui "bloque" la France.

Seul Ouest France utilise le portrait dans un article plus léger sur… la moustache de Philippe Martinez.

Mais comme le raconte Joël Saget : "Une image peut raconter plein de choses. En fonction du contexte, on peut lui faire porter un message ou un autre. Mais il n’y a pas pour autant de manipulation de la réalité." Avant de conclure : " Le geste du doigt qu’effectue Philippe Martinez donne à penser qu’il s’agit d’une personne combative, tenace sur ses positions. Qui, aujourd’hui, pourrait dire le contraire?".

(Par Juliette Bourgeois)

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15h11 ça reste à vérifier

Photos de dockers CGT jetant pavés ? (préfecture)

Par
la rédaction le 16/06/2016

Y a-t-il eu des militants syndicaux parmi les casseurs lors de la manifestation du mardi 14 juin ? Des images issues d’une caméra de vidéosurveillance fournies aux medias par la préfecture de Police montrent des manifestants, vêtus de chasubles, ramassant des pavés place Vauban dans le VIIe arrondissement de Paris lors de la manifestation du mardi 14 juin, avant de les lancer en direction des forces de l’ordre.

Sur l'une de ces photos, on lit en effet le sigle des dockers CGT sur la chasuble du manifestant.


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Sur d'autres photos fournies par la préfecture à @si, à notre demande, aucun sigle n'est clairement identifiable (voir ci-dessous).

 


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Capture d'une vidéosurveillance fournie par la Préfecture de Police

Interrogé sur ces images le 16 juin par Olivier Mazerolle sur RTL, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a répondu que "dans la manifestation, il y a eu un ordre de la préfecture de foncer sur les manifestants, alors que notre service d'ordre essayait de dégager la manifestation. Donc il y a eu des incidents entre la police et les manifestants". Pour le syndicaliste, le jet de pavés visait à se protéger des charges de la police : "quand c'est comme ça, chacun essaie de se défendre parce que c'est assez violent ce genre de contacts". Au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent a estimé qu’il s'agissait d'"images isolées (...) d’un seul syndicaliste". Dans un communiqué publié ce matin, la CGT confirme qu’un militant a bien été placé en garde à vue sans savoir "la nature des faits qui lui sont reprochés".

"Attitude ambigüe de la CGT "

La diffusion de ces photos par la préfecture fait écho aux propos du Premier ministre tenus mercredi 15 juin : Manuel Valls a dénoncé sur France inter "l’attitude ambigüe de la CGT". Plus tard dans la journée, le préfet de police de Paris a déclaré avoir "constaté sur les caméras qu’il y avait au moins une quarantaine de drapeaux CGT mélangés parmi des éléments parmi lesquels un nombre élevé de casseurs" et de poursuivre : "une petite partie des militants de la CGT ont participé à la fin de la manifestation à des actes de violence notamment des personnes venues de l’Ouest et du Havre." La CGT a déjà annoncé deux autres manifestations prévues pour les 23 et 28 juin.

Captures d'une vidéosurveillance fournies par la Préfecture de Police


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(Par Juliette Bourgeois)

Mise à jour 17 heures, avec description plus précise des photos.

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19h42 suivi

Vandalisme / Necker : que disent les images ?

Par
la rédaction le 15/06/2016

Les images des vitres de l’hôpital Necker brisées par "des casseurs" tournent en boucle sur les chaînes de télévision. Au micro de Patrick Cohen sur France inter, le Premier ministre Manuel Valls a pointé "une attitude ambiguë du service d’ordre de la CGT qui n’assume plus ses responsabilités" en réaction aux violences en marge de la manifestation du mardi 14 juin contre la Loi Travail. Plusieurs JT y ont consacré une place importante, comme ci-dessous le 13 Heures de TF1.

Extraits du journal de 13 h de TF1

Mais de quelles images dispose-t-on pour comprendre ce qu'il s'est passé ? Plusieurs vidéos (comme les images reprises ci-dessus par le 13 heures de TF1) montrent des personnes cagoulées arrachant des morceaux de bitume à proximité de la station de métro Duroc, devant l'hôpital Necker donc, afin de s’en servir comme projectiles contre les policiers. Mais on ne voit pas ces projectiles impacter la façade.

La seule vidéo, disponible aujourd'hui, dans laquelle on voit les vitrines en cours de dégradation, a été publiée sur Periscope par Pierre Trouvé, journaliste au Monde (voir ci-dessous). On y aperçoit un individu s’en prenant aux vitres de la façade de l’hôpital, sur le boulevard Montparnasse. Une seconde personne vient donner un coup de pied pour faire tomber les vitres. Interrogé par @si, Pierre Trouvé décrit : "Quand je suis arrivé au niveau de Necker, du côté d'une des bouches du métro Duroc, des membres des forces de l'ordre étaient pris à partie au croisement de la rue de Sèvres et du Boulevard des Invalides dont l'hôpital fait l'angle. (…) J'ai vu une personne avec une masse qui frappait les vitres de l'hôpital une par une." Mais le journaliste n'a pas vu d'autre casseur en action contre les vitres. Si plusieurs casseurs ont dégradé des enseignes diverses et variées sur le chemin du cortège, il semblerait donc qu’un seul soit à l’origine du vandalisme de l’hôpital Necker.

Vidéo Periscope du Monde montrant un casseur isolé s'en prenant à la facade de l'hôpital Necker

A priori, un seul individu a donc effectivement - et délibérément - brisé à coup de masse plusieurs vitres de la façade de l’hôpital, comme en atteste la vidéo du journaliste du Monde. Mais pour le reste des dégradations, la cible des casseurs semble être les policiers qui se tiennent devant l’hôpital. Mais rien ne permet d’affirmer que d’autres personnes n’ont pas participé, volontairement ou non (en visant la police par exemple), à la dégradation des vitres.

D'autres images en possession de l'AP-HP ?

Peut-être existe-t-il d'autres images. Sur BFMTV, le président de la Fédération hospitalière de France Frédéric Valletoux affirme que l’AP-HP est en possession de séquences filmées depuis l’intérieur des blocs opératoires (qui donnent sur la rue). On y verrait des parpaings arriver sur les vitres de l’hôpital. Le film n'a pas été diffusé par l'AP-HP.

-> L'occasion de lire la chronique de Daniel Schneidermann "L'enfant, les casseurs, et l'hôpital"

(Par Juliette Bourgeois)

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11h26 vu

"Pelle" dans un stade ? Mazerolle (RTL) piégé par un montage grossier

Par
la rédaction le 15/06/2016

Le premier degré a encore frappé. Le ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll était l’invité de l'intervieweur politique Olivier Mazerolle mardi 14 juin sur RTL. Après avoir évoqué le double meurtre de Magnanvile, Mazerolle interroge Le Foll sur les violences lors du match Angleterre-Russie au stade vélodrome de Marseille, et lui demande : "Sur les images on voit même un moment donné un homme brandir une pelle, comment tout cela a pu entrer au stade ?"avant d'insister une deuxième fois sur la présence de la pelle :

Extrait de l'interview politique sur RTL du 14/06

Sauf que l'"image" en question est….un vulgaire montage trouvé sur Twitter.

 


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Capture de la photo citée par Olivier Mazerolles

Ce n’est pas la première fois que Mazerolle se fait piéger par un faux document trouvé en ligne. Mais c’est peut-être la plus grossière. L’homme à la pelle ajouté sur la photo des supporters du stade (sans grande précaution esthétique) est bien connu sur internet : il s’agit d’un des riverains qui avait pris à partie des militants écologistes venus détruire les pièges à oiseaux dans un champ voisin.


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Photo originale de l'AFP

La photo de cet habitant des Landes était rapidement devenue virale. Après l'avoir rebaptisé "l’homme en slip", plusieurs internautes s’étaient amusés à coller sa silhouette sur divers paysages. Ce qui a visiblement échappé à Mazerolle.

(Par Juliette Bourgeois)

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17h15 suivi

Italie : un journal vend Mein Kampf en cadeau-bonus

Par
la rédaction le 14/06/2016

Mein Kampf dans le domaine public, une manne pour les journaux en manque de trésorerie ? En Italie, le quotidien Il Giornale a pris l'initiative de proposer à ses lecteurs, en "supplément" du journal, un exemplaire de Mein Kampf d'Adolf Hitler ainsi que d'un exemplaire de Le Troisième Reich : des origines à la chute du journaliste américain William L. Shirer. Le tout, pour 11,90 euros.

Le sens de cette étonnante promotion ? "Etudier le mal pour éviter qu'il revienne", a expliqué le journal, qui estime que "lire Mein Kampf est un véritable antidote aux toxines du national-socialisme". Il Giornale, quotidien classé au centre-droit, est possédé par le frère de l'ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi, Paolo Berlusconi. La vente à prix cassé de Mein Kampf par le quotidien italien a été rendue possible par le fait que depuis début 2016, en vertu de la législation sur le droit d'auteur, le livre a basculé dans le domaine public.


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L'opération a notamment fait réagir le président du Conseil italien Matteo Renzi - qui l'a jugée "glauque" - et le président des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna (cité par la RTBF) : "C'est un fait sinistre, à des années lumière de toute logique d'approfondissement et d'étude de la Shoah".

En France, un projet de réédition est porté par Fayard. Faut-il rééditer Mein Kampf, et si oui, à quelles conditions ? Quels éditeurs doivent s'en charger ? Nous évoquions ces questions sur le plateau d'@si dès janvier, avec l'historien Christian Ingrao (spécialiste de l'histoire du nazisme et membre de l'équipe d'historiens en charge de la future édition critique chez Fayard), le traducteur Olivier Mannoni (choisi par Fayard pour retraduire Mein Kampf) et du secrétaire national du Parti de gauche Alexis Corbière, opposé à la réédition de Mein Kampf.

Ingrao et Mannoni y expliquaient pourquoi une réédition permettrait, en corrigeant les premières traductions, de mieux mettre au jour l'idéologie raciste et antisémite de son auteur afin de la combattre :

Pour retrouver l'intégralité de notre émission sur Mein Kampf dans le domaine public, c'est par ici : "Rééditer le livre de Hitler ? Qui ? Comment ? Pourquoi ?"

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