Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

09h17 le neuf-quinze

Sarkozy, saison 36

Par
Daniel Schneidermann le 23/09/2014

C'est vrai qu'on nous l'a changé. Prenez cet épisode de sa semaine de thalassothérapie à Monaco, longuement détaillé dans le compte-rendu de sa garde à vue, mis en ligne sur le site de France Inter. Le Sarkozy des saisons précédentes ne se serait pas caché. On l'aurait vu, tout en montres et en lunettes de soleil, se promener sur le port de Monaco. Le nouveau Sarkozy se cache. Il loue un hélicoptère privé pour se rendre du Cap Nègre à Monaco. Il ne veut pas que ça se sache. Une semaine de thalasso à Monaco : mauvais pour la nouvelle image.  Raté : la photo sera dans Voici la semaine suivante.

La vie est injuste avec Nicolas Sarkozy. Qu'il se précipite, dès son élection, sur le yacht de Bolloré, et l'image de ces ronds dans l'eau lui collera à la peau pendant tout son quinquennat. Mais cette tentative de thalasso clandestine à Monaco lui sera également reprochée. La publication quasi-intégrale du compte-rendu de sa garde à vue dans l'affaire Paul Bismuth nous fait pénétrer, avec des délices de voyeurs, dans l'intimité de la jet set, petites magouilles et vols privés, thalassos et loges d'artiste, avec micros cachés dans toutes les penderies, et Buisson en scaphandre au fond de la piscine. A peine arrivés à Monaco, les Sarkozy appellent le Palais, pour demander s'ils pourront profiter de leur séjour pour saluer le prince. Sarkozy précise à son interlocuteur que Carla tutoie le prince. Pas de chance, le prince est en Californie. Mais on se transmet ses amitiés. Elle démarre bien, la saison 36.

Pour le reste, chacun tirera les conséquences qu'il veut, de ce duel en garde à vue. Sarkozy et Herzog, son avocat-dealer en portables prépayés, ont-ils vraiment tenté de corrompre le magistrat Azibert ? Le procès le dira, puisqu'il y aura vraisemblablement procès (l'affaire étant pour l'heure une des plus solidement étayées contre Sarkozy, comme nous le montrions hier). Pour l'heure, ce retour de Sarkozy, et la poussée d'hypersarkomanie dont cette chronique est finalement encore une manifestation, est la seule bonne nouvelle survenue pour Hollande dans les derniers mois. Le retour du bling bling va fournir à la colère publique une cible plus tentante que le feuilleton des capitulations hollandiennes. Déjà, l'humiliant voyage de Valls à Berlin, pour tenter de fléchir la chancelière, en passe presque inaperçu.

Monaco, Hotel de Paris

Monaco, Hôtel de Paris

 

 

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12h09 vu

Les acteurs noirs du plus ancien long-métrage

Par
Alain Korkos le 22/09/2014

Le Museum of Modern Art, nous append le New York Times dans un article daté du 20 septembre, a retrouvé le plus ancien long-métrage de fiction américain : tous les acteurs y sont noirs. Il date de 1913 et a pour vedette Bert Williams, superstar de Broadway.


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C'est un film inachevé d'une demi-heure - prévu pour durer entre trente-cinq et quarante minutes - dont le titre nous demeurera à jamais inconnu, qui raconte la rivalité de trois jeunes hommes désirant séduire une jeune femme interprétée par Odessa Warren Grey. L'un des bijoux de ce film est une danse, un cakewalk dont voici un extrait :


On remarquera le visage de l'acteur principal, peint en noir avec de grosses babines blanches :


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Bert Williams avait la peau suffisamment sombre pour se passer de maquillage mais en cette douce époque, la tradition voulait que les chanteurs, musiciens et acteurs noirs - et plus particulièrement ceux dévolus aux rôles d'idiots - ressemblent à des chimpanzés…

nouveau media

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Deux affiches de spectacle de Bert Williams


Ce tout premier long métrage jamais produit aux USA demeurera inachevé à cause, probablement, de la sortie de Naissance d'une nation, de D. W. Griffith. Premier long métrage officiel américain, il met en scène « des héros du Ku Klux Klan et des personnages noirs stéréotypés interprétés par des acteurs blancs au visage noirci, politiciens ineptes et apprentis violeurs. Quand ce film parut en 1915 il envenima les relations interraciales, réduisant par là même les chances de succès du film de Williams », suppose l'un des conservateurs du MoMA.

Il sera présenté lors d'une exposition consacrée à l'histoire du film noir (100 Years in Post-Production: Resurrecting a Lost Landmark of Black Film History), qui débutera le 24 octobre prochain au MoMA.

Ce n'est pas à côté, d'accord. Aussi pourra-t-on éventuellement se consoler avec la parution prochaine et grand-bretonne d'un livre intitulé Separate Cinema: The First 100 Years of Black Poster Art retraçant cent ans d'histoire d'affiches de cinéma avec des Noirs dedans. Un ouvrage compilant des affiches issues d'une trentaine de pays différents et analysant la manière dont les Noirs y sont représentés.

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L'illustration de couverture est une reprise de l'affiche
de Cabin in the Sky de Vincente Minnelli et Busby Berkeley
avec Ethel Waters, Eddie Rochester et Lena Horne


Quelques pages issues de l'ouvrage signé John Kish, à paraître début octobre chezReel Art Press :

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L'occasion de lire mes chroniques intitulées Avant Depardieu-Dumas, d'autres blancs noircis, Têtes de nègres et Oncle Ben's, le retour ?

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09h15 le neuf-quinze

Nouvelles pathologies : l'hypersarkomanie

Par
Daniel Schneidermann le 22/09/2014

Thomas Thévenoud restera peut-être dans l'histoire comme le patient zéro (et le découvreur) d'une nouvelle maladie : la phobie administrative. C'est Le Monde qui avance l'hypothèse, dans son magazine hebdomadaire, et dans un des articles les plus partagés du week-end, sur le site du quotidien (ce qui est certainement aussi le symptôome de quelque chose). Depuis l'affaire Thévenoud, parait-il, des réalisateurs, des éditeurs, des scénaristes, des écrivains, collent enfin un nom sur leurs réticences à payer leurs impôts et leurs PVs. Cette phobie a même donné un nouveau souffle à la profession de "concierge de luxe" (le gars qui vous organise vos vacances au bout du monde, et ouvre vos enveloppes à votre place). D'ailleurs, l'auteur du Que sais-je sur les phobies se propose de rajouter quelques lignes, dans la prochaine édition, sur la "phorophobie" (du grec phoros, tribut, impôt). Cette avancée médicale considérable est évidemment de nature à amener à reconsidérer le fameux "ras-le-bol fiscal", tel qu'il ressort de manchettes du Monde, ou d'émissions truquées de TF1 : c'est mé-di-cal !

L'invention de la phorophobie s'inscrit parfaitement dans une époque, qui ripoline d'appellations médicales toutes sortes de violences politiques et sociales, ou de manies inoffensives. Une époque qui rebaptise la lutte des classes "harcèlement moral", et qui considère que les sinistrés d'une tempête ont davantage besoin de "cellules psychologiques" que de réparations matérielles. Quelle est la différence entre l'hyperphagie et la gourmandise ? Entre "le trouble compulsif d'entassement", et le fait d'accumuler des ojets inutiles ? Nul doute que la "prorophobie" fera son entrée dans le DSM 6, quand il succédera au DSM 5, pour le plus grand bonheur des labos pharmaceutiques, qui trouveront sûrement une solution.

Tant qu'à faire, il faudrait aussi trouver un nom pour l'attraction exercée, sur les journalistes politiques et leurs confrères des chaînes d'info continue, par tout ce qui touche à Nicolas Sarkozy. Par les fuites et les rumeurs annonçant le retour de Nicolas Sarkozy. Par les questions à toute la classe politique sur déclarations de Nicolas Sarkozy, au détriment de tout autre sujet. Par les hypersensibles aux trouvailles de vocabulaire de Nicolas Sarkozy. On n'aura pas résolu le problème, mais on l'aura nommé. Certes, à la différence d'Ebola, le mal semble pour l'instant circonscrit aux deux populations précitées, et la majeure partie de la population semble immunisée depuis la dernière grande épidémie, mais on n'est à l'abri de rien.

Phobie administrative

Phobie administrative, par Google images

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18h10 lu

Amazon/Hachette : les écrivains embarrassés (New York Times)

Par
Anne-Sophie Jacques le 21/09/2014

"Les écrivains refroidis par le feu de Bezos" : selon le New York times, la tenue ce week-end d’un événement littéraire très confidentiel organisé par le fondateur d’Amazon cristallise les tensions entre le monde des écrivains et le géant de la distribution depuis que ce dernier a décidé de s’attaquer à Hachette, quatrième éditeur au monde, sur le prix des livres numériques.

Heureux l’écrivain invité à Campfire, l’événement littéraire organisé du côté de sante Fe par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, depuis maintenant cinq ans. Du moins jusqu’à cette année, comme le raconte le New York Times (concurrent du Washington Post, qui appartient à Bezos). Car depuis six mois un conflit s’est ouvert entre le géant de la distribution et Hachette sur le prix des livres numériques comme nous le racontions ici. Un conflit qui met les écrivains dans l’embarras… quand ce n’est pas dans la peur.

Campfire n’est pas vraiment un "feu de camp" mais plutôt un rassemblement fastueux. Selon le New York Times, on ne sait pas grand-chose sur la manifestation, et Internet reste muet à ce sujet. Tout juste si on trouve quelques infos pour l’édition 2011 : parmi les invités se trouvaient Jeff Tweedy de Wilco et les réalisateurs Jason Reitman and Werner Herzog.

On sait en revanche que, dans un cadre luxueux, un certain nombre d’artistes influents participent à des conférences et repartent chez eux les bras chargés de cadeaux et, pour certains, en jet privé. Les écrivains adorent ça raconte le quotidien. "On a accès au prochain Steeve Jobs, confie un invité, l’homme qui contrôle également le nombre de livres que vous vendez. "

Amazon

En contrepartie, le silence est de mise. L’événement doit rester secret et si Amazon ne fait pas signer de clause de confidentialité, aucun invité ne se risque à parler, encore moins sur les réseaux sociaux. "L’homme qui vend la moitié des livres en Amérique semble ne vouloir rien d’autre que les écrivains passent un bon moment. Tout ce qu’il demande en échange est le silence". Et "quand Jeff Bezos demande aux écrivains de se taire, ils obéissent."

Mais le conflit qui oppose Amazon et Hachette conduit à rompre ce silence. Certains écrivains, invités les années précédentes, ont annoncé ne pas vouloir participer à l’événement. C’est le cas de James Patterson, qui publie chez Hachette. Certes il n’a pas été invité mais il aurait de toute façon refusé tout en reconnaissant le caractère splendide de la manifestation. Même Hugh Howey, auto-édité et fervent défenseur d’Amazon, a préféré s’abstenir afin de garder sa liberté de pensée. D’autres encore refusent tout net de parler et supplient de ne pas être cités de peur que Bezos soit offensé. Cette peur du dieu distributeur tout-puissant n’est pas nouvelle, affirme le quotidien : lorsque le groupe d’écrivains Authors United a publié sa lettre ouverte dans le New York Times pour soutenir Hachette, certains auteurs ont préféré rester anonymes de peur des représailles potentielles d’Amazon. Avec ce Campfire, le monde littéraire redouble de tension, conclut le New York Times.

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18h44 suivi

Evasion fiscale : mesures choc proposées par l'OCDE (Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 20/09/2014

Les intaxables, nom de ces multinationales qui échappent à l’impôt, peuvent-elles commencer à trembler ? Mediapart l’assure après avoir épluché les propositions formulées mardi par l’OCDE qui concluent deux ans d’études sur l’érosion de l’assiette fiscale et le transfert de bénéfices. Ces propositions discutées ce week-end au G20 réuni en Australie sont un grand pas dans la lutte contre l’évasion fiscale même si, reconnaît Mediapart, il reste beaucoup à faire.

Google, Starbucks ou encore Apple ont du mouron à se faire. Selon Mediapart qui consacre au sujet un long et limpide papier, les propositions en matière d’évasion fiscale dévoilées par l’OCDE mardi dernier sont un coup de poing sur la table. Entamés fin 2012, les travaux des experts de l’Organisation consistaient à "identifier les cas où des entreprises parviennent à n’être taxées ni dans le pays où elles sont implantées, ni dans celui où elles commercent réellement, puis supprimer les raccourcis et les chausse-trappes qui permettent cette situation". Mediapart

But de la manœuvre : proposer des remèdes au G20 qui se tient ce week-end en Australie. Des remèdes de cheval : d’après Mediapart, "ces propositions de règles constituent la première réponse mondiale cohérente à des pratiques qui minent l’économie mondiale". Faut dire que le mal est connu : l’entourloupe fiscale se fait à grande échelle et ne cesse d’être dénoncée notamment par les ONG comme CCFD-Terre solidaire (bien connu de l'éconaute). Récemment, on a découvert la façon dont les profits du site de location entre particuliers Airbnb échappaient au fisc français. Plus récemment encore, selon une information du Figaro de la semaine passée et reprise par Mediapart, on sait que Google France a payé en France l’an dernier 7,7 millions d’euros d’impôt sur les sociétés pour un chiffre d'affaire déclaré de 231 millions d'euros quand celui-ci dépasse en réalité le milliard d’euros.

Concrètement, quelles sont les propositions de l’OCDE ? Mettre fin au prix de transfert qui "consiste à localiser artificiellement les profits d’une société dans un paradis fiscal, alors que les filiales implantées dans des pays à fiscalité classique (où se déroule généralement la véritable activité de l’entreprise) n’affichent plus que des charges financières". Autre point : mettre – enfin – en place la comptabilité pays par pays. Les multinationales seront tenues de "transmettre aux fiscs des pays où elles opèrent les informations détaillées, pays par pays, sur leur chiffre d'affaires, leurs profits, leurs effectifs, ainsi que les impôts qu’ils y ont payés. Le tout devra être complété par une liste de toutes les filiales existantes, avec un descriptif de leur activité". Dernier coup d’épée: la fin du "treaty shopping, ce choix par les multinationales des pays où elles s’installent (bien souvent simplement sur le papier, grâce à une coquille vide), en fonction des traités de double imposition qu’ils ont signés".

Si ces propositions soulèvent l’enthousiasme de Mediapart, nos confrères rendent compte cependant de bémols. Les géants du numérique, par exemple, ont encore un peu de temps avant de trembler : les mesures préconisées par l’OCDE sur les Google et autre Facebook attendront un an. De même, sont dans l’impasse "les discussions sur la suppression du régime de la «patent box» («la boîte à brevet»), […] une substantielle exonération d’impôts sur tous les revenus tirés de la propriété intellectuelle. Idéal pour les multinationales qui utilisent beaucoup de brevets ou qui, comme Starbucks ou Google, facturent à leurs filiales, partout dans le monde, le droit d’utiliser leur marque ou leurs services de marketing". Enfin, les réactions des ONG engagées sur la question de l’évasion fiscale laissent à croire que l’OCDE a sorti la boîte à rustines. Si ces organisations saluent l’avancée des propositions, elles regrettent notamment que la comptabilité pays par pays, longtemps exigée par ces dernières, ne soient pas rendue publique.

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14h34 grrr !

Moody's/dégradation : le scoop de l'Opinion était bidon

Par
Anne-Sophie Jacques le 20/09/2014

Et la France garda sa note AA1. Contrairement à ce que le journal L’Opinion avait annoncé jeudi, qui fut l'objet d'un démenti catégorique de Bercy, l’agence de notation Moody’s n’a pas dégradé la note de la France tout en maintenant une perspective "négative". L’Opinion relaie aujourd’hui la décision finale de l’agence sans faire allusion à son erreur.

AA1: la note de la France n’a donc pas été dégradée par l’agence Moody’s contrairement à ce que prétendait jeudi le journal libéral L’Opinion. Comme nous le racontions ici, le site semblait sûr de son coup, et assurait même qu’un mail de l'agence de notation était déjà arrivé dans les cabinets ministériels. Ce que le gouvernement a immédiatement démenti. Courroucé, le ministre des Finances Michel Sapin a demandé à l'AMF – Autorité des marchés financiers – une enquête sur la fausse rumeur. Malgré ce démenti, le site d’information a maintenu jusqu’au bout ses propos. Patatras: le verdict rendu ce matin par Moody’s contredit le scoop du quotidien. L’agence n’a en effet pas dégradé la note française. Un verdict relayé ce jour par L’Opinion sans que le site fasse aucune allusion à son erreur. Moodys

La décision de Moody's a suscité la réaction de Michel Sapin qui, dans un communiqué, estime que "cette décision reflète la cohérence de notre stratégie économique : mise en œuvre du Pacte de responsabilité et de solidarité et de réformes pour retrouver une économie plus compétitive." Voilà un discours qui plaira sûrement aux agences de notation mais pas à nos deux invités de l’émission de cette semaine.

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18h32 suivi

F24 / djihadistes : "analyser sans parti pris"

Par
Laure Daussy le 19/09/2014

Rétropédalage du directeur de France 24 ? Après le mail virulent que Marc Saikali avait envoyé à la rédaction de France 24 pour appeler la rédaction à prendre position" contre les "barbares" du groupe de l'Etat islamique - nous l'évoquions ici, les différentes directions des rédactions ont publié un communiqué commun.

"Nous tenons à rappeler ici l’attachement aux valeurs démocratiques et déontologiques de notre groupe. Les chaînes de France Médias Monde sont attachées aux principes de base journalistiques: elles exposent les faits, les décryptent et les analysent sans parti pris et en veillant avec une extrême vigilance à ne pas être l’objet de manipulations." Il n'est plus question, donc, de prendre position. "Nous avons tous réaffirmé ces principes à Marie-Christine Saragosse qui nous a réunis ce matin. C’est dans ce cadre que se tiendra la semaine prochaine la réunion qu’elle a annoncée dans son message le lundi 15 septembre", ajoute le communiqué. Celui ci-est signé par 13 directeurs et directrices de rédaction, dont Marc Saikali.

Sur Twitter, le journaliste de RFI David Thomson spécialiste du djihadisme se félicite de ce communiqué :


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18h27 buzz

Les médias vous présentent : "Sarkozy le retour"

Par
Vincent Coquaz le 19/09/2014

Les journalistes politiques trépignaient, et Nicolas Sarkozy ne les a pas déçus : il est revenu. Depuis plusieurs jours, des "fuites" savamment organisées entretenaient les articles sur un retour imminent en politique du président battu. Petit à petit, les ténors de la droite qui s'étaient démarqués en le critiquant ouvertement, en ont profité pour rentrer dans le rang. Que ce soit le chiraquien François Baroin, l'anti-sarko Laurent Wauquiez et même l'adversaire de toujours Dominique de Villepin, tous vantent aujourd'hui les mérites de l'ancien président, raconte Le Monde.

Mais comment Sarkozy prévoyait-il de mettre en scène son retour ? Un message sur le réseau social Facebook, une interview dans la presse quotidienne régionale d'ici demain (PQR) puis un JT de France 2 en fin de weekend. Depuis une semaine, tout le calendrier était donc déjà connu des rédactions. Mais cela ne les a pas empêché de trépigner.

Sarkoisback

Gradation en "Sarko" majeur. Hortefeux est obligé de les faire patienter.

Cet après-midi, sur Twitter, le hashtag #sarkozyleretour monte petit à petit. A 15h40, Le Point en est certain : Nicolas Sarkozy interviendra dans l'heure. A leurs claviers, les twittos politiques font chauffer la touche F5. A 16h14, trois mots résonnent : "ça y'est".

 

Sakorzy le point Leparmentier

Appoline

Bayet

 


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Le post Facebook est tombé, avec un poil de retard sur l'heure prévue. Sans aucune surprise, les fuites disaient donc vrai. Préparées depuis des jours, les chaînes d'information n'en sont pas moins prises de court. Que faire d'un texte de 4 200 signes ? Malheureusement, BFMTV a pris le parti de le lire...

... et offre du même coup la séquence la moins télégénique de l'histoire

Seul point positif de cette annonce annoncée : les rédactions politiques ont pu préparer à l'avance leurs papiers d'analyse. À peine le post Facebook publié, Le Monde publie ainsi un long article sur ce "retour par défaut" d'un Sarkozy qui "passe par la petite porte" et qui n'a pas pu rester "au dessus des partis". L'occasion de rappeler les sept affaires dans lesquelles Sarkozy est toujours directement mis en cause, de Tapie à Karachi en passant par le tout récent Bygmalion.

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17h14 suivi

Moody's / dégradation : Sapin réclame une enquête de l'AMF

Par
la rédaction le 19/09/2014

Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics a demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) une enquête sur l'information diffusée jeudi matin par le journal L'Opinion. Le journal affirmait, en effet, hier dans la matinée que l'agence de notation Moody's allait abaisser la note de la France aujourd'hui, de Aa1 à Aa2, affirmant même qu'un mail de l'agence de notation serait déjà arrivé dans les cabinets ministériels.


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L'information a été reprise sur plusieurs sites de presse (Les Echos, Le Figaro, La Tribune, Atlantico) avant d'être démentie une heure plus tard par le ministère des finances. Joint par @si, Raphaël Legendre, le journaliste auteur du "scoop" maintenait ses informations.

Vingt-quatres heures plus tard, la France n'a toujours pas été dégradée et le bureau de Michel Sapin a publié un communiqué de presse, dans lequel le ministre demande à l'AMF une enquête sur la "fausse" information du journal. En cause : son impact sur les marchés avant le démenti. Michel Sapin justifie ce choix ainsi : "Je demande à l’Autorité des marchés financiers d’examiner avec précision les fausses allégations du journal l’Opinion. Cette pratique est non seulement éthiquement répréhensible ; elle pose aussi dans le cas d’espèce un problème au regard du bon fonctionnement des marchés financiers".


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14h33 entendu

Une filiale "low cost" au Monde ?

Par
Vincent Coquaz le 19/09/2014

"Le Monde traverse depuis hier un conflit social." Patrick Cohen, en direct du Monde ce matin pour fêter les 70 ans du quotidien, a fait part de l'inquiétude de salariés du groupe Le Monde. Dans son 7-9, l'animateur explique que les "personnels administratifs et techniques refusent d'être regroupés au sein d'une filiale autonome", au sein de laquelle les conventions collectives de la presse ne seraient plus appliquées. En cause, un projet qui vise à regrouper les personnels "non-journalistes" de la société éditrice du Monde (SEM), du Monde Interactif (MIA) et de VM Magazines (Télérama, La Vie) au sein d'une nouvelle structure autonome. Ces salariés craignent de ne plus bénéficier de conventions collectives de la presse (quotidienne ou magazine) au sein de cette filiale qui ne comptera aucun journaliste.

Ecoutez : Patrick Cohen sur le conflit social, en direct du Monde

Pendant la matinale, Antonin Sabot, journaliste au Monde.fr, délégué syndical CNT (Confédération Nationale du Travail) au Monde Interactif et secrétaire du CE, publiait plusieurs photos sur Twitter, montrant notamment deux grandes bannières, au dessus du plateau d'Inter : "Salariés en lutte contre la création d'une filiale lowcost".


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Selon nos informations, des salariés du quotidien voulaient en fait prendre la parole lors de la matinale, ce que l'équipe de France Inter a refusé, menaçant de couper l'antenne s'ils essayaient. Des salariés ont finalement fait parvenir un texte, qu'a repris en partie Patrick Cohen à l'antenne.

"Un projet qui masque en réalité un plan social"

Le communiqué complet des représentants du personnel estime que "le projet de la direction de création d’une filiale «low cost» regroupant tous les salariés «non journalistes» [...] remet en cause non seulement nos conventions collectives et accords d’entreprise, mais aussi l’unité de celle-ci. Notre journal,Le Monde, et l’ensemble des publications du groupe ne sont pas constitués uniquement de journalistes, mais d’une communauté œuvrant collectivement à la fabrication et à la diffusion." Toujours selon ce communiqué, "la direction s’obstine à maintenir son projet, «à prendre ou à laisser», qui laisse présager un grand nombre de départs, et qui masque en réalité un plan social".

Contacté par @si, Sabot tient à préciser que ce n'est pas le projet de regroupement en soi qui pose problème. "Regrouper le personnel, ce n'est pas un souci. Mais changer la convention collective c'est rompre le lien qui existe entre les personnels concernés et les journalistes" se désole le journaliste, qui note que Patrick Cohen a parlé de "filiale autonome" et pas "low cost" comme indiqué dans le communiqué. "Allez dire aux personnels d'Air France que Transavia est une « filiale autonome »" ironise le délégué syndical, en référence à la compagnie aérienne à bas prix, filiale d'Air France-KLM.

France Inter est revenu sur le sujet dans son journal de 13h

Contacté par France Inter, qui est revenu sur le conflit social dans son journal de 13h, le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, justifie ce projet par un besoin d'uniformisation des statuts : "aujourd'hui nous avons, dans plusieurs services, des gens qui ont des statuts différents et qui font pourtant le même travail. L'inspection du travail, à plusieurs reprises, nous a alerté là dessus". Les organisations syndicales ont, elles, indiqué qu'elles n'excluaient pas de bloquer la parution du journal et du site internet, si elles n'étaient pas entendues lors des prochaines négociations, mardi.

L'occasion de lire notre enquête sur le conflit social en cours dans un autre quotidien : "Les salariés sous le choc du plan massif de suppressions d'emplois à Libé"

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12h23 suivi

Plan social Libé : colère des salariés dans le journal

Par
Robin Andraca le 19/09/2014

Le projet de restructration proposé lundi dernier par la direction de Libération ne passe pas. Alors que la direction a annoncé son intention de supprimer 93 postes sur 250, la réponse des salariés du journal s'exprime sur une pleine page ce matin dans le quotidien.

Ce projet leur apparaît "irréaliste" et "met en danger le journal". "Il risque ainsi d’anéantir l’aventure que Libération a menée depuis plus de quarante ans avec ses lecteurs : un regard critique mais non partisan sur les évolutions de la société", ajoutent-ils.

nouveau media

La baisse massive des effectifs ne permettra pas, selon eux, de mettre en oeuvre la mutation numérique ou de défendre l'héritage du journal. Au contraire, "c’est un climat de défiance qu’installe le projet proposé, qui, outre un plan social mutilant, entend refondre les contrats de travail, avec à la clé un chantage au licenciement". Les salariés indiquent aussi qu'ils vont continuer les négociations avec la direction mais assurent qu'ils opposeront un refus catégorique à tout départ contraint.

Ce texte, dans la lignée de tous ceux qui ont été publiés depuis le début de l'année et qui avaient conduit dans un premier temps à la démission de Nicolas Demorand puis à l'arrivée de Laurent Joffrin (sur fond de recapitalisation), a été voté hier. Réunis en assemblée générale, les salariés ont menacé de faire grève si la direction refusait de faire paraître l'encart dans le quotidien, comme l'indique Le Monde.

L'occasion de relire notre enquête : "Les salariés sous le choc du plan massif de suppressions d'emplois à Libé".





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09h15 le neuf-quinze

Xynthia, impressions

Par
Daniel Schneidermann le 19/09/2014

C'est un naufragé. Un homme perdu dans un monde moderne qu'il ne comprend pas. Presque un rescapé, lui-même. Déroutant portrait : dans la couverture du procès Xynthia, qui s'est ouvert cette semaine aux Sables d'Olonne, la chroniqueuse judiciaire du Monde, Pascale Robert-Diard, exprime une certaine empathie à l'égard de l'ex-maire de La Faute sur Mer, René Marratier, responsable principal de l'urbanisation accélérée des terrains inondables, sur lesquels a déferlé la tempête (29 victimes en 2010). Dans son compte-rendu de l'interrogatoire de Marratier, elle se place dans la peau de l'ex-maire, ce "naufragé". L'audience, on la voit par les yeux de Marratier, même si les certitudes, l'autocratisme, l'arrogance du maire bâtisseur, à l'égard de ses opposants locaux et des autorités, transparaissent évidemment aussi, à petites touches, dans le portrait. Mais Marratier, vu par Robert-Diard, est avant tout un naufragé dans cette modernité bardée de "cellules psychologiques", de "devoir de mémoire", de "syndrome du survivant", et de lanceurs d'alerte (les guillemets sont de Robert-Diard).

Cette empathie, on la comprend mieux à la lecture du billet suivant. C'est le ton excessivement onctueux et compassionnel du président interrogeant les victimes ; et c'est la trivialité des récits de ces victimes survivantes évoquant comme une tragédie planétaire la perte de leur machine à laver, qui ont exaspéré la journaliste. Au point de lui faire reporter toute son empathie sur l'ex-maire ?

Et pourquoi pas, d'ailleurs ? C'est un art très impressioniste, la chronique judiciaire. Et inévitablement impressioniste. Car une audience judiciaire est un spectacle conçu pour pouvoir basculer sur une simple impression. Une impression imprévisible, injuste, manipulée parfois. Ce qu'on appelle un effet d'audience. Oui, même si ce n'est pas politiquement correct, on peut être exaspéré par la compassion sur commande d'un président de tribunal, et juger plus intéressant de se glisser dans la psychologie de l'autocrate bâtisseur à l'ancienne.

Mise à jour, 11 h 30 : suppression du dernier paragraphe, injustifié au vu d'un article précédent de Robert-Diard

 

Xynthia Google images

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16h55 vous n'êtes pas obligés

France Dimanche : Pernaut "lutte contre la mort"... de LCI

Par
Vincent Coquaz le 18/09/2014

Vous le savez, à @si, on adore Ici Paris et France Dimanche, notamment pour leurs Unes bidon. Mais cette semaine, France Dimanche s'est "surpassé" avec en Une, Jean-Pierre Pernaut. "Il lutte contre la mort ! Anéantis, tous ses amis de TF1 le soutiennent dans cette épreuve" peut-on ainsi lire en Une du numéro daté du 12 septembre.


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"Et il faudrait la voir agoniser puis mourir sans un murmure ? Ce n'est pas son genre !"

L'article commence par rappeler le combat qu'a mené sa compagne, Nathalie Marquay, contre la leucémie... avant de la comparer à la "mort annoncée" de la chaîne LCI. "Le malade en question, c'est LCI, cette chaîne d'information continue créée par TF1 il y a tout juste vingt ans. Au mois de mai, le Conseil supérieur de l'audiovisuel refusait qu'elle passe à la TNT gratuite [...] Ce refus équivalait à une condamnation à mort", raconte France Dimanche, qui estime que pour Pernaut, "c'est un crève coeur" de voir mourir "cette chaîne soeur, qu'il a vue naître et grandir, presque comme son propre enfant".

Reste à savoir si "la croisade de la dernière chance, lancée par Jean-Pierre Pernaut" et qui "n'en finit pas de recruter de nouveaux chevaliers", suffira "à éviter la mort programmée de LCI". Qu'à cela ne tienne, "on sent bien que, jusqu'à l'ultime minute, le journaliste et ses camarades se battront". Courage Jean-Pierre.

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16h26 ça reste à vérifier

Guerre de diplômes entre Cambadélis et Mediapart

Par
Vincent Coquaz le 18/09/2014

"Il a alors un projet insensé: celui d’usurper un doctorat." Selon Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart qui publie A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a fait "fabriquer" un faux diplôme dans une université parisienne pour pouvoir soutenir une thèse de sociologie, à la fin des années 80, sans avoir les diplômes nécessaires. L'actuel premier secrétaire du Parti socialiste aurait ainsi disposé d'un "allié" à l'université Paris VII-Jussieu, un certain Pierre Fougeyrollas, résistant communiste et sociologue.

Mauduit ajoute que le jury qui a ensuite accordé "haut la main" son doctorat à Cambadélis, en 1985 et non 1987 comme il le prétend, comptait deux proches de l'homme politique, dont Fougeyrollas. Mais le journaliste de Mediapart ignore si Cambadélis a utilisé le faux diplôme : "Cambadélis a-t-il abusé Pierre Fougeyrollas en lui montrant son faux diplôme du Mans sans le verser dans son dossier universitaire, ou bien le sociologue s’est-il porté garant sans avoir vu ce faux diplôme, simplement en lui faisant confiance?"

Mediapart Cambadélis

Mauduit a retrouvé sur Internet la thèse de Cambadélis

Mais pourquoi Cambadélis aurait-il voulu obtenir à tout prix ce diplôme ? Pour Mauduit, Cambadélis souffrait d'un "manque de légitimité intellectuelle" au sein du PS qui risquait de défavoriser "son plan de carrière". "Lorsqu’il publie son premier livre, en mars 1987, intitulé Pour une nouvelle stratégie démocratique, il arbore fièrement en quatrième de couverture ses nouvelles qualités:«docteur en sociologie, chercheur en sciences sociales à l’université de Paris-I».Tous ces titres, il n’aurait pas pu en faire étalage s’il n’avait pas fraudé la loi pour s’inscrire en doctorat", note le journaliste de Mediapart, qui estime par ailleurs que la thèse, "très médiocre", est une "logorrhée interminable". Et le livre ? Selon Mauduit, "il n'en a pas écrit une ligne".

"Vengeances et mesquineries" d'un ancien camarade

Sommé de s'expliquer sur son CV, Cambadélis a répondu sur son blog. "J’ai obtenu une dérogation de l’Université Paris VII-Jussieu [...] pour m’inscrire en maîtrise, c’était légal et usuel, dans le cadre d’une inscription sur compétences acquises. J’ai obtenu ma maîtrise puis j’ai passé mon doctorat de 3ème cycle" indique le socialiste. Il voit dans les accusations de Mediapart sur l'obtention de son diplôme des "vengeances et mesquineries" d'un ancien camarade, Laurent Mauduit ayant également été militant OCI (organisation trotskyste) et dirigeant de l'Unef au milieu des années 1970. "Laurent Mauduit n’ignorait rien de cet épisode, estime Cambadélis. A l’UNEF, la MNEF et l’OCI il a toujours fait partie de mon parcours. Mais voilà! Depuis notre sortie de l’OCI en 1985, il instruit mon procès car je suis entré au Parti socialiste qui n’est plus pour lui un parti de gauche."

Dans la foulée, l'université Paris VII, directement citée dans le livre de Mauduit, a publié un communiqué démentant les accusations d'usurpation de diplôme. "Le cursus universitaire de M. Cambadélis dans l'établissement ainsi que l'obtention de son doctorat se sont réalisés de manière tout à fait régulière", a estimé l'établissement "après vérification".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Mais Mediapart maintient : ce démenti de Paris VII a été "rédigé par un responsable socialiste, proche du premier secrétaire du PS et ancien responsable de l'Unef et de l'ex-Mnef". L'auteur du communiqué, Quentin Guillemain, est le directeur de cabinet de la présidente de l'Université Paris 7 et un militant socialiste de longue date, proche de Jean-Christophe Cambadélis selon Mediapart. Le site estime finalement que "la balle revient dans le camp du premier secrétaire du PS, sommé déjà par plusieurs responsables politiques de rendre publics ses titres, diplômes et«dérogations»dont il dit avoir bénéficié".

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16h25 vu

Écosse : quelques quotidiens aux unes perfides

Par
Alain Korkos le 18/09/2014

Le site du Guardian a compilé - sans aucun commentaire - les unes de la presse du jour relatives au referendum sur l'indépendance de l'Écosse. Les écossaises, et les autres. Examinons-en quelques-unes, histoire de voir comment certains journaux tentent de manipuler leurs lecteurs.

Le Times de Londres a publié plusieurs unes. La première, sur l'édition nationale, affiche en gros titre, comme plusieurs autres quotidiens, Scotland decides (L'Écosse décide) ; avec, au-dessous, un article titré Nerves and excitement as the big day dawns (Nervosité et excitation à l'aube du grand jour).

La seconde une, réservée à l'édition écossaise, adopte un ton radicalement différent puisque sous le gros titre inchangé elle publie une prise de position du journal pour le non, sans ambiguïté aucune : Our Proud Union (Notre fière union). Avec notamment ces mots en chapeau : The Times believe its citizens should reject independence (Le Times pense que les citoyens [écossais] doivent rejeter l'indépendance) :

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Cela a au moins le mérite d'être clair.

The Independent, lui, semble être pour l'indépendance écossaise avec un titre annonçant 307-year itch. Référence à 7-year itch, expression qui signifie Sept ans de réflexion (comme le film du même nom), mais qui désigne aussi cette maladie qu'on appelle par chez nous la gale. Le chiffre 307, quant à lui, fait référence au nombre d'années pendant lesquelles l'Écosse a été rattachée à l'Angleterre. Peut-être est-il temps de s'en défaire ?

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Voici maintenant deux unes de Metro, dont on peut se demander ce qu'elles signifient. La première affiche un texte disant que Metro est distribué en Écosse depuis près de quinze ans, que ce journal n'a jamais pris position en faveur du oui ou du non et qu'il laisse ses lecteurs décider par eux-mêmes en prenant part à l'un des moments les plus importants du pays, en allant… voter. Au-dessous de ce texte, une publicité pour la série télé Defiance, Défi en français. Drôle de coïncidence. Quel est le défi ? Aller voter ?

La seconde une est barrée par ce titre ronflant qui est une expression consacrée : Should auld acquaintance be forgot? (Doit-on laisser tomber les anciens amis ?). Et là encore, au-dessous du texte, une publicité pour la série télé Defiance, Défi en français. Drôle de coïncidence one more time. Quel est le défi ? Aller voter pour contrer les partisans du oui qui veulent lâcher les anciens copains ? Aller voter en osant lâcher les anciens copains ? Metro semble pratiquer la valse alternée.

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Passons maintenant aux choses sérieuses avec The Herald, quotidien écossais qui titre Scotland's day of reckoning (Écosse : Le jour du Jugement dernier ou Le jour de l'implosion). Ce quotidien serait contre l'indépendance qu'on ne serait pas vraiment étonnés. Mais que penser de la la publicité immobilière, tout en bas de la page, qui affiche un carré bleu, couleur de l'Écosse, dans lequel est écrit NO ? Encore une sacrée coïncidence, izeunetite ?

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Le ponpon, aujourd'hui, revient au Sun qui titre en haut As Scotland decides.. (Pendant que l'Écosse décide…), et qui finit la phrase en bas avec un énormissime Better together (Mieux ensemble), slogan des partisans du non à l'indépendance. Sauf que présentement il ne s'agit pas du tout de cela, non non non vous vous trompez vous voyez le mal partout, il est ici question de la réconciliation du prince Harry et de Cressida Bonas, laissons l'Écosse décider de son sort, les premiers résultats seront connus vers 3 heures du matin heure française, les résultats définitifs plus tard dans la matinée.

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L'occasion de lire ma chronique intitulée Un palindrome pour l'Écosse (ou pas).

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16h24 lu

Moscovici / livre : plan com' payé par Bercy ?

Par
la rédaction le 18/09/2014

"Un peu d’argent de Bercy pour le bouquin de Mosco". Ainsi titre le Canard Enchaîné dans son édition du 17 septembre. Le palmipède accuse l’ancien ministre de l’Economie et des Finances Pierre Moscovici (parachuté commissaire européen depuis) d’avoir utilisé le budget de communication du ministère pour payer plusieurs communicants de l’agence Havas afin que ces derniers lui prodiguent "des conseils, une aide à l’organisation de réunions, des topos écrits («analyse et positionnement stratégique») et des notes préparatoires" lors de la rédaction de son dernier livre, Combats : pour que la France s’en sorte, paru en octobre 2013 chez Flammarion.

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Toujours selon Le Canard, 19136 euros par mois, de novembre 2012 à fin mars 2013, (pour un joli montant de 95 680 euros tout de même) auraient été versés par Bercy lors de cette "mission de conseil en communication". Mélange des genres ? Contacté par l'hebdomadaire, Moscovici répond qu’il a écrit ce livre en tant que ministre, qu’il ne s’agit donc pas d’un livre privé.

Malheureusement pour le ministre, son ouvrage n'aura que peu intéressé les lecteurs puisque, selon ses dires, il n’a touché aucun droit d’auteur du fait des ventes d’une faiblesse "cuisante". Et en effet, comme le souligne Atlantico qui se base sur les statistiques de vente du site Edistat, seuls 826 exemplaires de Combats auraient été écoulés.  Sur son blog "Bibliothrapie", Anne Brigaudeau, journaliste à France TV info, précisait que le livre a été tiré à … "10 000 exemplaires, soit sept fois moins que celui de Cécilia Attias".

Si Moscovici visait le carton plein, c'est manqué : il reste 9174 exemplaires à écouler. Pourtant, le ministre s’était démené  pour la promotion de Combats : invité sur France Inter, sur I-télé, sur Europe 1, le ministre avait aussi été reçu à Salut les Terriens ou sur le plateau du Grand Journal.  Cela n'aura pas suffi.

Par Ludivine Bénard

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14h39 ça reste à vérifier

Moody's va-t-elle dégrader la note de la France ?

Par
Robin Andraca le 18/09/2014

L'agence de notation Moody's va-t-elle, oui ou non, abaisser la note de la France demain de Aa1 à Aa2 ? L'Opinion pense que oui mais le gouvernement dément.

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Publié ce matin à 11h24, le titre de l'article du journal de Nicolas Beytout, L'Opinion ne fait aucun doute : Moody's a informé ce matin le gouvernement de la dégradation de la France. Un mail de l'agence de notation serait même déjà arrivé dans les cabinets ministériels (le gouvernement est normalement informé 24h avant). L'information est reprise (au conditionnel) par les Echos, Le Figaro, La Tribune, Atlantico.


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A 12h12, le gouvenement, par l'intermédiaire du ministère des Finances, dément l'information de L'Opinion, affirmant ne pas avoir reçu de mail l'informant de l'abaissement de la note souveraine de la France. Là aussi, l'information est reprise par L'Express, FranceTV Info et RTL.

Joint par @si, Raphaël Legendre, le journaliste auteur du "scoop" maintient ses informations, affirmant que l'abaissement de la note sera rendue public demain. Qui bluffe? Réponse demain.

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14h09 lu

Equateur/Correa : loi controversée sur les médias

Par
la rédaction le 18/09/2014

La loi de régulation du secteur des médias de Rafael Correa, président de l’Équateur, ne sera pas invalidée. La Cour constitutionnelle du pays a rejeté les derniers recours déposés contre ce texte controversé promulgué en 2013, rapporte LeMonde.fr.

Cette loi a élargi la possibilité pour les autorités de sanctionner des titres de presse pour des contenus jugés "discriminatoires ou offensants". Elle contient également un volet qui interdit aux groupes financiers de posséder des groupes de presse, approuvé par référendum, et un autre prévoyant la "déconcentration des médias" au profit des secteurs publics et communautaire, et au détriment du privé.

Correa

Depuis son élection en 2007, Correa mène un combat contre les "grands groupes financiers" qui contrôlaient selon lui "60 à 70 % des chaînes de télévision" et constituaient le "principal bloc d'opposition". Et c'est le journal conservateur, El Universo, l'un des plus tirés du pays, qui se retrouve le plus souvent dans le viseur de Correa. En 2011, le journal avait été condamné à 40 millions de dollars d'amende et un de ses journalistes, Emilio Palacio (qui vit depuis en exil aux États-Unis), à trois ans de prison pour avoir présenté le président comme un dictateur.

Une fois la loi sur la communication promulguée, Correa a de nouveau attaqué El Universo fin 2013, pour un dessin cette fois. Selon le président, la caricature, où l'on voit des officiers de police embarquer télévisions et ordinateurs d'un opposant à Correa accusé de corruption, et sa légende, discréditaient "la fonction de la justice et de la police". La Surintendance de la communication et de l'information (équivalent d'un CSA aux pouvoirs élargis), avait alors pris une mesure administrative inédite en condamnant le journal à "rectifier le dessin", et à payer une amende équivalant à 2% des recettes du journal pour le dernier trimestre. Rectification dont le dessinateur s'est acquitté avec ironie.


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Le dessin qui a valu à Bonil et son journal la condamnation. "La police et le fisc perquisitionne Fernando Villavicencio et emporte les documents dénonçant la corruption"


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Le "rectificatif" du dessinateur Bonil présente (ironiquement) la police sous un meilleur jour. Elle perquisitionne toujours un assistant parlementaire d'opposition, Fernando Villavicencio, mais cette fois de façon particulièrement polie... "La police et le fisc perquisitionne Fernando Villavicencio et emporte ses tablettes, ordinateurs, téléphones..."

"Une volonté de censure déguisée"

Face aux poursuites judiciaires, l'opposition et des ONG locales ou internationales expriment régulièrement leurs craintes d'une "volonté de censure déguisée". L'ex-vice président de centre-gauche du pays, Leon Roldos, parle même "d'autoritarisme" et compare certaines méthodes du gouvernement en place à celles d'un "gouvernement totalitaire, quasi-fasciste".

RSF2

Hier, mercredi 17 septembre, deux manifestations se sont tenues à Quito, capitale du pays, l'une en soutien au président et l'autre en opposition, dans un climat tendu (huit policier ont été blessés). Ses partisans mettent notamment en avant le renforcement du droit du travail, les positions fermes de Correa face aux compagnies pétrolières ou la gratuité partielle des soins qu'il a mis en place. En face, selon Le Monde, "centrales ouvrières, groupes autochtones, médecins ou encore étudiants se mobilisaient contre les politiques gouvernementales, et notamment un amendement constitutionnel qui permet à Rafael Correa de se représenter indéfiniment à la présidence [la constitution ne lui permettant pas, en l'état, de se présenter une quatrième fois en 2017]".

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13h28 vous n'êtes pas obligés

Chazal / Match : cette année, les boots sans lacets !

Par
la rédaction le 18/09/2014

Claire Chazal fait (encore !) la couverture de Paris Match cette semaine. La présentatrice vedette du JT de TF1 est le marronnier préféré de Paris Match. Et les couvertures de Paris Match avec Claire Chazal sont le marronnier préféré d'@si. La boucle est bouclée.

Cette semaine, la blonde quinquagénaire (elle aura 58 ans le 1er décembre) s'affiche rock'n roll : boots destroy avec des trous pour les lacets mais sans lacets (l'histoire ne dit pas si elle les a achetées comme ça ou si elle les a retirés pour l'occasion), ceinturon en cuir, jean et petit pull décontract'. Et ce titre, qui barre la page de l'hebdomadaire : "Claire Chazal : la battante".

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Pour Paris Match Claire Chazal est une égérie intemporelle, qui traverse les époques et dont le brushing n'a pas changé depuis 1991, date à partir de laquelle elle a commencé à présenter le JT. La journaliste aime la rédaction et la rédaction le lui rend bien. La preuve en images.

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En juillet 2012, Chazal "reine et sereine"

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En septembre 2011, "plus légère et plus belle"

 

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En août 2010, "libre et épanouie"

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En août 2007, "plein soleil sur [son] bonheur"

 

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En janvier 2012, "la rebelle discrète"

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En octobre 2008, "la force tranquille"

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En novembre 2007, "à l'école du cœur"

Automne, hiver, printemps, été : Claire Chazal est indémodable, en témoignent les unes de Match. Seuls changent les décors et les accessoires : champ de lavande, piscine, plage, compagnon, fillettes cambodgiennes. Et pour la saison 2014, donc, boots sans lacets.

MAJ 15h : Merci à Paris Match de nous avoir indiqué une couverture manquante, celle d'août 2013, que nous nous empressons de rajouter à notre panel. "Claire Chazal : l'amitié, mon seul devoir de vacances" :

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Par Ludivine Bénard

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11h45 vu

Recette rapide pour réaliser une affiche à la Scarface

Par
Alain Korkos le 18/09/2014

Le noir-blanc-rouge est un trio coloré qui remonte à la plus haute Antiquité voire plus loin encore, puisqu'il recouvre certaines parois de grottes préhistoriques. De nos jours on continue de l'utiliser, l'un des plus récents exemples en date est la couverture d'un livre intitulé Éditocrates sous perfusion - les aides publiques pour la presse - trente ans de gabegie.

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La silhouette à écharpe rouge (ensanglantée) de cet ouvrage signé Sébastien Fontenelle (voir notre émission avec lui) rappelle Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'Express.

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Mais la couverture dans son ensemble est une citation de l'affiche du Scarface de Brian De Palma, sorti en 1983 :

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Il existe une autre version de l'affiche, moins célèbre, avec Michelle Pfeiffer :

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Cette mise en page a maintes fois été reprise, elle a notamment été utilisée pour la réédition en dévédé de Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg (1971), et allez hop, deux affiches avec Pacino pour le prix d'une :

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L'une des affiches de Reservoir Dogs de Quentin Tarantino (1992) fonctionne de la même manière :

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On voit bien le principe : dans un espace séparé verticalement en deux zones, l'une noire et l'autre blanche (ou l'inverse), on inscrit un ou deux personnages en noir et blanc peu contrastés et on n'oublie surtout pas la petite touche rouge.

Si on veut ruser, si on veut faire semblant de ne pas copier Scarface, alors on noie la frontière noir-blanc, comme sur l'affiche française d'American Gangster de Ridley Scott (2007). Sans oublier l'indispensable petite touche rouge :

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Voilà, maintenant vous savez comment confectionner la couverture de votre prochain bestessellère, de votre futur bloquebeustère. Pour ma part, je prépare un ouvrage fourmillant de révélations sur un célèbre magnat de la presse :

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L'occasion de lire ma chronique intitulée
Noir, rouge, blanc.

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