Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

22h27 lu

Macron Leaks : En Marche attaque "La Lettre A"

Par
Manuel Vicuña le 26/05/2017

L'équipe d'En Marche a saisi le parquet de Paris le 11 mai. En cause, un article du site d'information La Lettre A au sujet des premiers grands donateurs du mouvement d'Emmanuel Macron. Un article qui s'appuie sur des informations tirées des Macron Leaks et pour lequel La Lettre A est aujourd'hui visée par une plainte pour "recel d'atteinte à un système automatisé de données".

Dans les relations tendues entre la presse et l’équipe d’Emmanuel Macron, c’est une contre-offensive jusqu’ici passée inaperçue. On vous avait parlé des pressions et menaces de boycott adressées à Quotidien, des coups de fil à Michel Field et à la rédaction en chef de France 2, mais pas encore de poursuites. Et pourtant… Comme le relate ce jeudi La Lettre A, site d’info payant consacré à l'actualité politique, économique et médiatique, celui-ci est aujourd’hui visé par une plainte déposée par l’un des avocats de Macron, Me Jean Ennochi.

"Son candidat à peine élu à l'Elysée, l'une des premières décisions d'En Marche ! (EM) a été de saisir le 11 mai le parquet de Paris", explique ainsi la Lettre A. En cause : un article sur les levées de fonds du candidat publié sur le site le 11 mai, titré "Qui étaient les premiers (grands) donateurs d'En Marche". Un article qui s’appuyait en partie sur des informations contenues dans les Macron Leaks. C’est justement l’angle d’attaque d’En Marche.


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La Lettre A explique : "la plainte ne porte pas sur un éventuel délit de presse car la véracité de nos informations pouvait difficilement être contestée". Pas d’attaque en diffamation donc, mais une plainte pour "recel d'atteinte à un système automatisé de données". En clair, En Marche reproche à la Lettre A d’utiliser des informations issues d’un vol numérique : le piratage de ses boîtes mail. Pour autant la Lettre A constate : "A ce jour, et bien que d'autres médias, dont Mediapart et Libération, aient aussi exploité les informations d'intérêt public contenues dans ces documents, La Lettre A est, à notre connaissance, la seule publication attaquée." Le site note aussi que sur les quatre articles qu'il a consacré à des informations contenues dans les Macron Leaks, seul celui concernant les donateurs et le financement, questions "ultrasensibles pour le mouvement", est dans le viseur.

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14h11 lu

Clips de campagne : En Marche saisit le Conseil d'Etat

Par
Juliette Gramaglia le 26/05/2017

La République en Marche remonté contre le CSA. Le parti d'Emmanuel Macron a décidé de saisir le Conseil d’État pour protester contre la décision du CSA fixant la répartition des temps de diffusion des clips de campagne pour les législatives. En effet, La République en Marche s'est vu attribuer douze minutes d'antenne pour ses clips, contre 120 pour le PS. Le CSA s'appuie dans sa décision sur le code électoral.

12 minutes contre 120. Le parti d'Emmanuel Macron, la République en Marche, a déposé jeudi 25 mai un recours contre le Conseil supérieur de l'audiovisuel, "au nom de la défense du pluralisme politique, de l'équité entre les formations politiques et de la nécessaire prise en compte de la demande profonde de renouveau exprimée par les électeurs lors de l'élection présidentielle". En cause : la décision du CSA du 23 mai 2017 fixant la répartition des temps de diffusion des clips de campagne entre les différents partis candidats aux législatives, clips qui seront diffusés à partir du lundi 29 mai. En effet, le parti du président ne disposera, pour les deux tours cumulés, que de douze minutes de diffusion de ses spots de campagne contre... 120 minutes pour le PS et 104 pour le parti LR.


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Pourquoi une telle disparité ? Pour comprendre la répartition des temps de diffusion, il faut se plonger dans le code électoral. Ce dernier précise que, dans le cadre des élections législatives, "pour le premier tour du scrutin, une durée d'émission [de clips de campagne, ndlr] de trois heures est mise à la disposition des partis et groupements représentés par des groupes parlementaires de l'Assemblée Nationale". Cette durée de trois heures est divisée en "deux séries égales", l'une pour le ou les groupes de la majorité, l'autre pour le ou les groupes de l'opposition. Ce qui donne, pour le premier tour des législatives 2017 : 80 minutes pour le PS, 69 minutes 19 secondes pour LR, 15 minutes 05 pour l'UDI, 10 minutes le Parti Radical de Gauche et 5 minutes 36 secondes pour le PCF. Pour le second tour, le principe est le même, mais la durée totale à répartir est d'une heure trente.

Mais quid des partis non représentés à l'Assemblée Nationale? La loi prévoit que "tout parti ou groupement politique qui n'est pas représenté par des groupes parlementaires de l'Assemblée nationale" dispose de sept minutes de diffusion pour le premier tour, et de cinq pour le second tour. Ce qui donne un total de douze minutes pour les deux tours. Par ailleurs, pour qu'un groupement politique ait droit à ces douze minutes, il faut que 75 candidats au moins déclarent s'y rattacher. Ce qui est le cas de La République en Marche, qui s'est donc vue allouer douze minutes pour ses clips. Au même titre que la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, du FN, dont les deux députés présents au Parlement ne sont dans aucun groupe parlementaire, ou encore d'EELV.

Si le Conseil d’État, qui se réunit en référé lundi 29 mai à 10 heures, décide de casser la décision du CSA, qui applique à la lettre le code électoral, "l'autorité pourrait alors attribuer un temps proportionnellement plus grand au parti de M. Macron", indique Le Monde. Qui ajoute : "Au-delà de ce litige à chaud, la question plus profonde est l'adaptation des règles protégeant le pluralisme dans les médias audiovisuels : le renouvellement de l'échiquier politique, avec notamment l'émergence du mouvement d'Emmanuel Macron, percute l'édifice construit jusqu'ici".

À noter cependant que la répartition des temps de diffusion de clips de campagne n'est pas liée à la répartition du temps de parole. Ce dernier reste en effet réparti selon le principe d'équité, qui prend, lui, en compte beaucoup plus de critères: outre le nombre d'élus, il s'appuie sur les scores aux élections passées, la dynamique de campagne et les sondages... dans lesquels la République en Marche est nettement mieux représentée.

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12h06 flash

Un candidat soutenu par Trump frappe un reporter du Guardian

Par
Capucine Truong le 26/05/2017

Un peu plus qu'une poignée de main musclée. A la veille de l'élection législative partielle de l’État du Montana, le candidat républicain soutenu par Trump, Greg Gianforte, un multi-millionnaire à la tête d'entreprises de technologie, a jeté à terre et frappé un journaliste du Guardian qui venait de l'interroger sur la réforme du système de santé voulue par le président. La scène s'est passée au quartier général de campagne du candidat. Le reporter, Ben Jacobs, a profité de la présence de Gianforte, qui se préparait à une interview télévisuelle, pour lui poser une question.

Dans l'échange qui suit, enregistré par le journaliste et publié par le Guardian, on entend la voix de Gianforte lui-même, congédier le journaliste une première fois : "Nous vous parlerons de ça plus tard." Le journaliste insiste, et Gianforte reprend : "Parlez avec Shane [ndlr : son porte-parole], s'il vous plait". Immédiatement après, on entend des bruits d'échauffourées, le journaliste est jeté au sol, et Gianforte hurle : "Dégagez de là!" Au journaliste qui proteste que le candidat l'a frappé et lui a cassé ses lunettes, Gianforte répète que le dernier journaliste du Guardian venu couvrir la campagne a "fait la même chose", lui criant ensuite à plusieurs reprises de dégager.

Dans un communiqué diffusé par le porte-parole de sa campagne, Gianforte met l'altercation sur le compte du journaliste, assurant qu'il est "entré dans le bureau sans permission, a agressivement poussé l'enregistreur au visage de Greg, et s'est mis à le harceler de questions. Il a été prié de partir. Après qu'il lui a demandé de baisser l'enregistreur, ce que Jacobs a refusé de faire, Greg a essayé d'attraper le téléphone qui était collé contre son visage. Jacobs a alors attrapé le poignet de Greg, et a été éjecté, les attirant tous deux au sol." Ajoutant ensuite : "Il est dommage que ce comportement agressif de la part d'un journaliste démocrate ait créé une scène à notre barbecue pour les volontaires de la campagne." Trois autres journalistes, dont une de Fox News, ont pourtant assisté à la scène, et confirment les dires de Jacobs : Gianforte l'a agressé unilatéralement.

Un journaliste de Buzzfeed présent dans la pièce adjacente durant l'altercation, Alexis Levinson, aurait par ailleurs entendu avant l'incident l'équipe de Gianforte exprimer son mécontentement au sujet de la couverture du Guardian de leur campagne. Mardi 23 mai, le Guardian a publié le dernier épisode de leur série vidéo "Anywhere but Washington", consacrée à l'élection spéciale au Montana. On y voit Gianforte refuser à deux reprises d'être interrogé. Le Guardian est à l'origine d'un scoop qui a dû fortement déplaire à Gianforte : celui-ci détient des parts dans des des entreprises russes sanctionnées par les Etats-Unis suite à l'annexion russe de la Crimée.

Le journaliste du Guardian, Ben Jacobs, a annoncé avoir porté plainte auprès des autorités locales, dont le shériff, Brian Gootkin a donné 250 euros pour la campagne de Gianforte. Il a néanmoins assuré que cela ne changerait rien à l'enquête, qui a abouti. Greg Gianforte a depuis été mis en examen pour agression avec violences ("misdemeanour assault"). Il a aussi, ce matin, remporté l'élection.

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17h08 suivi

Hanouna : Canal suspend les pubs

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la rédaction le 25/05/2017

Privé de pub… pour le moment. Suite au canular homophobe de Cyril Hanouna lors de son émission Radio Baba diffusée le jeudi 18 mai, les annonceurs présents ce soir-là ont préféré, les uns après les autres, boycotter l’émission quotidienne de l’animateur, Touche pas mon poste (TPMP), sous la pression des internautes comme nous le racontions hier. La chaîne a alors annoncé la suspension de la pub mardi soir, puis hier mercredi.

Hanouna

Une suspension qui va se prolonger si on en croit un courrier de la régie publicitaire de Canal+ que s’est procuré BFM Business. Francine Mayer, patronne de la régie de Canal+, qui vend la pub de C8, s’adresse aux annonceurs pour leur signifier sa volonté d'interrompre "pour un temps la totalité des écrans publicitaires en contexte afin de préserver les marques de l'ensemble de nos annonceurs". Puis vient l’heure du mea culpa: "nous sommes conscients que ce sketch, qui comme le dit aujourd'hui Cyril Hanouna «n'avait pas lieu d'être» ait pu vous choquer et vous peiner. Nous déplorons que vos marques aient pu être associées à ce dérapage regrettable". Une référence à la lettre d’excuse d’Hanouna publiée dans Libération mercredi.

Mayer rappelle également que la régie pub de Canal+ "s’engage à poursuivre et à amplifier l’accès gracieux à nos écrans publicitaires auprès des associations qui soutiennent la cause homosexuelle". Une générosité déjà avancée par le directeur général de C8, Franck Appietto. Interrogé mardi matin surEurope 1, il était formel: "on produira et diffusera sur les antennes du groupe un message pour lutter contre l'homophobie".

Selon le site Les jours, la régie pub a tenté […] "d’offrir les espaces vacants à des associations, notamment de lutte contre l’homophobie…" Histoire de combler les trous en somme. Le site Les Jours rappelle également que "la totalité des spots de Touche pas à mon poste, soit 80 % du chiffre d’affaires publicitaire de C8 pour la journée, [représente] 135 000 euros de recettes nettes pour la seule émission d’Hanouna". Autant d’argent "qui partent en fumée" donc. Pour combien de temps ?

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18h14 ça reste à vérifier

Investiture / foule : la com' de Macron préférait les plans serrés

Par
la rédaction le 24/05/2017

Nouvel épisode dans la série "la com’ élyséenne remonte les bretelles des journalistes". Après les pressions et menaces de boycott adressées à Quotidien, après le coup de fil rageur à Michel Field au soir du second tour, révélés par Le Monde, c’est cette fois le Canard enchaîné qui y va de son anecdote. Dans son édition de ce mercredi, l’hebdo rapporte une scène qui serait survenue le 14 mai, jour de l’investiture d'Emmanuel Macron. Ce jour-là, raconte le Canard, le conseiller com’ du nouveau président, Sylvain Fort, aurait téléphoné à l’un des rédacteurs en chef de France 2, Pascal Doucet-Bon pour lui faire savoir qu'il n'appréciait pas les images de la retransmission en direct de la visite du nouveau président à l'Hôtel de Ville. En cause, les plans larges aériens montrant une foule très clairsemée sur le parvis de l'Hôtel de Ville.


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Plan du parvis de l'Hôtel de Ville, diffusé par BFMTV (à défaut d'avoir pu accéder aux images de France 2)

Visiblement, France 2 a tenu compte des conseils de réalisation du nouveau chargé de com' de l'Elysée. "Heureusement, le téléspectateur a pu profiter de plans plus resserrés par la suite, mais aussi de belles images du nouveau chef de l’Etat", explique Le Canard. France 2 a retenu la leçon. Quelques heures plus tard le JT de 20h retrace la visite du président à l'Hôtel de Ville... à grand renfort de zooms et de plans serrés. Et cette fois, exit les plans aériens de foule clairsemée.


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L'occasion de regarder notre Classe Télé sur la cérémonie d'investiture de Macron, commentée par des collégiens.

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15h37 lu

Investigation : "assurance vie" anti-censure à l'échelle mondiale

Par
la rédaction le 24/05/2017

Et si leurs enquêtes pouvaient survivre aux journalistes emprisonnés, censurés, ou assassinés ? Telle est l'ambition d'une plateforme, Freedom Voices Network, soutenue et financée par Reporters Sans Frontières (RSF), en partenariat avec l'International Consortium for Investigative Journalism (ICIJ), dans laquelle des reporters du monde entier pourront protéger et sauvegarder les données de leurs enquêtes, "afin qu'elles puissent être poursuivies, terminées et diffusées par des confrères en cas d'arrestation, d'enlèvement ou d'assassinat de leur(s) auteur(s)", explique l'Obs. Edward Snowden y apportera son soutien technique. En clair, selon l'Obs, les journalistes membres du réseau disposeront d'une "safe box", hébergée sur Tor, un réseau "permettant d'anonymiser l'origine des connexions", faisant l'objet, comme le reste du "Dark net", de bien des fantasmes

nouveau media

L'initiative a été lancée cette semaine par Laurent Richard, journaliste d'investigation (société Premières Lignes, Cash Investigation), dans le cadre du Doc Corner, l'espace consacré au film documentaire au sein du Festival de Cannes. "L'idée est de dire : «laissez-nous vos instructions, s'il vous arrive quelque chose.» Cela peut concerner des sujets qui touchent à l'évasion fiscale, aux droits de l'homme, ou encore à l'environnement. Elle sera particulièrement utile aux journalistes qui travaillent dans des régimes dictatoriaux", a-t-il expliqué. Le système pourrait aussi fonctionner comme une "assurance-vie", en garantissant la publication de l'enquête, même si le journaliste est tué. Dès lors, en effet, pourquoi le tuer ? Ses fondateurs comptent aussi sur le possible "effet Streisand" du dispositif - du nom de la chanteuse qui avait engagé en 2003 des poursuites contre l'auteur d'une photographie de sa propriété privée, espérant arrêter sa propagation (du nom, aussi, de notre dossier portant sur la censure). Les poursuites, à l'inverse, avaient eu pour effet de la faire connaître partout. "In fine, ce que d'aucuns voulaient ne pas voir publié ou diffusé nationalement, le sera dans le monde entier", résume ainsi Laurent Richard à l'Obs.

Bastian Obermayer, le journaliste du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung à l'origine des Panama Papers (avec un de ses collègues) comptera parmi les directeurs du bureau avec le Français Edouard Perrin, derrière les révélations du scandale financier des Luxleaks en 2014. Elise Lucet, Fabrice Arfi, ou le rédacteur en chef d’Envoyé Spécial, Jean-Pierre Canet, en seront également membres. RSF a d'ores et déjà garanti qu'il soutiendrait financièrement le projet.


L'occasion de relire notre article : "Panama Papers : Wikileaks déclare la guerre au Consortium International de Journalistes d'Investigation", ou de consulter notre dossier : "Censure et effet Streisand

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14h55 suivi

Député / frais : premier scoop des Macronleaks (Mediapart)

Par
Manuel Vicuña le 24/05/2017

C’est la première vraie révélation issue des Macron Leaks. Jusqu’ici les milliers de documents internes de l’équipe de campagne, piratés et mis en ligne à quelques heures du second tour, n’avaient débouché sur aucune révélation sérieuse. Rien de compromettant pour l’équipe d’En Marche dans les MacronLeaks ? Jusqu’à la publication d’une enquête de Mediapart, qui a épluché 11 mois de relevés bancaires d’Alain Tourret, député sortant (PRG) du Calvados, et candidat aux législatives sous la bannière La République en marche. Des documents issus du hacking qui en disent long sur la façon dont cet élu, proche d’Emmanuel Macron a utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM).

nouveau media

"Selon nos informations cet élu proche d’Emmanuel Macron, investi par La République en marche (REM) aux législatives de juin prochain, a abusé de cette enveloppe de fonds publics à plusieurs reprises ces dernières années", affirme Mediapart. Abuser ? L’IRFM, c’est cette indemnité de 5 300 euros net par mois que chaque parlementaire touche en plus de son "salaire". Une enveloppe d’argent public qui a vocation à couvrir des frais strictement liés au mandat d'élu. Or, en épluchant les relevés bancaires de Tourret (datant de 2013, 2014 et 2016), Mediapart a constaté que l’élu avait utilisé une partie de cette indemnité à des fins personnelles : achat d’une télévision, de places de cinéma, paiement de parties de golf et de vacances au Club Med au Sénégal…

Une entorse d’autant plus fâcheuse, estime Mediapart, que Tourret a tenu un rôle de conseil auprès de Macron sur la question de la moralisation de la vie publique. Joint par le site, l’intéressé concède : "Il est certain qu’on peut estimer que c’était plus prudent [de payer avec des fonds personnels], plus opportun si vous voulez." Il a par ailleurs fait savoir au site qu’il venait de régulariser en partie sa situation en remboursant plus de 16 000 euros.

"l’urgence d’instaurer un contrôle"

Selon Mediapart voilà qui vient "démontrer une fois de plus, l’urgence d’instaurer un contrôle sur cette indemnité représentant 66 millions d’euros de fonds publics par an, et régulièrement détournée à des fins privées". Le site rappelle en effet les précédents : "nous avons dévoilé que Jérôme Cahuzac dépensait son enveloppe chez un fabricant de hammams, que sa collègue Marie-Hélène Thoraval (LR) la siphonnait pour une croisière en Méditerranée, Bruno Retailleau (LR) pour un chèque au candidat Sarkozy, ou encore Yves Jégo (UDI) pour son micro-parti."

Depuis, le règlement de l’Assemblée nationale s’est fait plus strict. "Cependant, un contrôle efficace en interne et la transparence pour le public restent inexistants et les sanctions se retrouvent ainsi quasi-inapplicables", note quant à lui le collectif Regards Citoyens qui milite pour davantage de transparence et dont nous avons reçu l'une des représentantes dans notre dernière émission. Pour ce faire, cet observatoire citoyen de l'activité parlementaire a lancé une intiative : demander à chaque député de communiquer publiquement les relevés de comptes bancaires consacrés à l’IRFM. Le collectif a ainsi mis en place une plateforme permettant de suivre l'avancement des demandes et de distinguer les députés volontaires et réfractaires. Regards Citoyens a prévenu : "En cas de refus, nous saisirons les juridictions nationales et européennes pour obtenir cette légitime transparence".

L'occasion de voir notre émission de la semaine avec Suzanne Vergnolle, membre de "Regards Citoyens" et Laurent Cibien, réalisateur du documentaire sur Edouard Philippe, Mon pote de droite.

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12h41 suivi

Hanouna : des annonceurs boycottent TPMP

Par
la rédaction le 23/05/2017

Boycott grandissant pour Touche pas à mon poste. Après le "canular" homophobe exécuté par Hanouna le 18 mai, dénoncé par plusieurs associations anti-homophobie et signalé plus de 20 000 fois au CSA, plusieurs annonceurs ont décidé de ne plus diffuser de publicités pendant l'émission phare de C8.

Interpellées sur les réseaux sociaux, et par des journalistes, pendant le week-end, plusieurs marques ont fait savoir qu'elles cessaient dès maintenant leurs publicités et activités de sponsoring de l'émission. Ainsi Bosch, Chanel et Petit Navire ont expliqué à Buzzfeed qu'elles ne "cautionn[aient]" pas les propos tenus par Hanouna.

Depuis, d'autres ont suivi le mouvement, faisant part, pour certains, de leur décision sur Twitter : Decathlon, Disneyland Paris, le groupe PSA, Skoda, Thomson, Orange ou encore Flunch. Le mouvement semble s'étendre, puisque ce mardi matin Bouygues Immobilier, Guerlain, Pringles, Groupama, ENGIE, SFR, la Maaf, Trivago, La Fourchette et PMU ont rejoint le boycott. D'après Buzzfeed, sur la soixantaine de marques qui avaient diffusé des publicités (ou avaient été sponsors) pendant l'émission du jeudi 18 mai, un tiers environ avait décidé de mettre fin à leurs accords avec TPMP mardi midi. Et leur nombre continue d'augmenter

Decathlon Hanouna

Decathlon Hanouna

Flunch Hanouna

Guerlain Hanouna

PMU Hanouna

Easy Jet et Lu hésitent, Sodastream persiste

Certaines marques sont encore en réflexion, mais envisagent sérieusement le boycott, comme Easy Jet et Lu. Ainsi, la marque agroalimentaire, sponsor de l'émission le lendemain de la polémique, soit vendredi 19 mai, a assuré : "Nous désapprouvons ce canular", ajoutant que "cela [les] amènera certainement à revoir [leurs] futures décisions de plan média". Quant à la compagnie aérienne, elle a tenu à faire savoir qu'elle "condamne tout propos discriminatoire" et qu'elle "étudiera la possibilité de communiquer de nouveau sur cette chaîne".

D'autres ont mis plus longtemps à se décider. Ainsi, la marque Sodastream, qui était sponsor officiel de l'émission le jeudi 18 mai (le jour du "canular" qui fait polémique), a d'abord expliqué à Buzzfeed qu'elle ne "choisi[ssait] pas l'émission en fonction des éventuelles polémiques qu'elle peut provoquer ou non, mais en fonction de l'audience et de la clientèle qu'on veut toucher. On s'associe à une émission qui fait beaucoup d'audience". Le contrat de sponsoring devait être maintenu jusqu'à sa date d'expiration, le 27 mai prochain. Mais finalement, à la mi-journée mardi 23 mai, la marque a tenu "à s'excuser pour la mauvaise interprétation de ses propos". "Sodastream ne cautionne en aucun cas ce type de dérapage. Sodastream ne fait plus partie des marques à l'antenne du live de Touche Pas à Mon Poste".

Sodastream Hanouna

Hanouna n'est pas le premier à avoir subi la perte de ses annonceurs. En octobre dernier, comme nous vous le racontions, plusieurs annonceurs avaient boycotté l'émission de Jean-Marc Morandini, Morandini Live, sur feu iTELE, qui connaissait également une forte chute de ses audiences (ce qui n'est pas le cas, pour le moment, de TPMP). Après la renaissance de la chaîne d'info en continu qui s'est muée en CNews, l'émission de Morandini n'était pas réapparue.

MAJ 19h17 : Mardi en fin de journée, d'après un internaute qui a recensé tous les boycotts des annonceurs, sur plus de 70 d'entre eux, seuls 14 ne se sont pas encore retirés des plages pub de l'émission. Et selon le site Puremedias, la chaîne a finalement décidé de ne diffuser aucune publicité pour l'émission de ce mardi 23 mai.

L'occasion de lire notre article : "Le cas Hanouna : les associations anti-homophobie partagées"

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19h05 lu

Macron/com' : Joffrin pour le journalisme de la petite phrase

Par
Anne-Sophie Jacques le 22/05/2017

Emmanuel Macron veut trier les journalistes qui couvrent ses déplacements ? Laurent Joffrin ne s’en remet pas. Dans un billet paru ce jour dans Libération, le directeur du quotidien dézingue le verrouillage de l’information opéré par le président. En effet, comme nous le racontions ici, Macron a fait savoir jeudi dernier, jour du premier conseil des ministres, qu’il souhaitait dorénavant solliciter les journalistes experts des différentes rubriques – dits les rubricards – pour ses déplacements. Conséquence : les journalistes politiques sont mis sur la touche. Ce choix a été dénoncé par une quinzaine de sociétés de journalistes, dont celle de Libé.

Joffrin

Mais Joffrin aujourd’hui en remet une couche. Avec ironie, il commence par saluer la disparition de "l’insupportable parti pris de transparence adopté sous la présidence Hollande" en rappelant que l’ex-président "accueillait volontiers enquêteurs et équipes de télévision, ayant choisi, à tort ou à raison, de démystifier le pouvoir. […] Cette horrible manipulation se termine. Ouf !" s’exclame-t-il. Sous l’ère Macron, poursuit Joffrin, ce sera différent. Exemple avec le choix des journalistes invités dans le pool pour suivre le voyage au Mali (dont Libération ne fit pas partie). Pour Joffrin, "l’Elysée a voulu éliminer […] les journalistes politiques suspects de vouloir savoir ce qui se passait en coulisses, au profit de reporters spécialisés dans les affaires de défense, peu susceptibles de fourrer leur nez là où il ne faut pas". Sympa pour les experts de la défense, que Joffrin juge incapables de poser les questions qui dérangent.

En somme, Joffrin se morfond de la fin du "règne des petites phrases, des confidences intempestives, des indiscrétions qui flattent la curiosité du lecteur mais qui gênent tant le gouvernement". Et de citer un autre exemple de la méthode Macron : le président "a refusé de répondre en Allemagne à une question qui sortait du champ par lui délimité". Une question probablement fort à-propos mais l'anecdote fait écho au malaise décrit par le journaliste de Politico Europe, Quentin Ariès. Sur son fil twitter, ce dernier regrettait le manque de pertinence des journalistes politiques parisiens en déplacement à Bruxelles.


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Même point de vue chez le blogueur Authueil qui résume en ces termes : "les journalistes attendent, tranquillement dans leur coin, qu'un officiel français, de préférence le ministre, vienne les débriefier, et ils ne posent que des questions en lien avec la politique nationale, en général au ras des pâquerettes". Des pâquerettes que regrette déjà Joffrin.

>> L'occasion de lire le billet du matinaute "Macron et les médias : bienvenue dans la nouvelle ère"

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16h47 Hors Série

Les questions au gouvernement, instant pub pour députés (Ollion/Hors-Série)

Par
la rédaction le 22/05/2017

Comment faire sa pub' quand on est député ? Invité de Hors-Série, le sociologue Etienne Ollion, co-auteur de Métier : député (Raisons d'agir, 2017) dissèque le rapport de dépendance étroit des membres de l'Assemblée avec les médias. On le sait, les parlementaires ne brillent pas tous par leur présentéisme dans l'hémicycle. Pour qu'ils viennenttout de même voter les textes importants, une réforme a placé les principaux votes le mardi et le mercredi : juste après les Questions au gouvernement. "Les questions au gouvernement, s'amuse Ollion, les députés viennent, parce que c'est LE moment médiatique de la semaine. Et donc les députés sont très visibles à ce moment là, ce sont des choses qui sont très regardées."

Véritable moment de mise en scène du travail parlementaire, les Questions au gouvernement voient les députés rivaliser pour apparaître à la caméra. "On a vraiment des élus qui vont se déplacer dans l'Assemblée pour se mettre derrière l'orateur afin de capter les quelques secondes de questions." Certains en sont mêmes spécialistes : jusqu'à développer des stratégies de visibilité. "Il y a un élu les Républicains qui est célèbre pour ça. Il a une veste canari, qu'il ne sort que ces jours-là, pour être très reconnaissable."

 

Pour voir l'émission en intégralité sur le site de Hors-Série, c'est ici : "Députés : les pièges du renouvellement"

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12h59 flash

Crise / France Télés : Field démissionne

Par
Manuel Vicuña le 22/05/2017

Michel Field jette l’éponge. Le directeur de l’information de France Télévisions a présenté ce matin sa démission à Delphine Ernotte, la présidente du groupe, qui l’a acceptée. Quelques jours après la mise à l’écart de David Pujadas du JT de 20h, et alors que deux motions de censure (contre Field et Ernotte) devaient être proposées au vote cette semaine, le directeur de l’info a préféré quitter ses fonctions, plutôt que d’affronter encore une fois les tensions internes à France Télés.

Depuis sa nomination par Ernotte en décembre 2015, Il lui aura suffi de quatre mois à la tête de l’information de France Télévisions pour se mettre à dos les rédactions. A son arrivée, Field avait pour mission d’apporter "un nouveau souffle" à l’information de France Télés, avec en toile de fond l’élection présidentielle de 2017. Il aura surtout soulevé contre lui un vent de protestation sans précédent. Si bien que quelques mois à peine après son arrivée, en avril 2016, il était déjà visé par une motion de défiance des rédactions. A la question "Faites-vous confiance à Michel Field pour diriger l’information de France Télévisions?", les journalistes ont répondu "non" à 65%. Un désaveu cinglant de la part des rédactions qui dénoncent "le mépris, la désinvolture et parfois la grossièreté" affichés par le directeur de l’information et qui protestent notamment contre "l’absence de réponses concrètes aux multiples interrogations suscitées par le projet de chaîne d’info publique", alors en chantier.

Rôle de fusible

Mais surtout, ce qui va choquer les rédactions avec Field, c’est le ton, "la désinvolture". Invité sur le plateau du Supplément de Canal+ il y a un an, le nouveau patron de l’info a marqué durablement les esprits. Interrogé sur la fronde des journalistes de France Télévisions, il commentait : "Comme disait Jacques Chirac, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre". Après ses débuts mouvementés, les tensions sont loin de s’apaiser. À l’image de celles qui ont violemment opposé Field et l’équipe d’Envoyé spécial à l’automne dernier. En jeu: la diffusion d’une enquête du magazine sur l’affaire Bygmalion. Comme nous vous le révélions à l’époque, sur volonté de Nicolas Sarkozy, Field avait tenté de reporter après les primaires de la droite cette enquête embarrassante pour l’ex-chef de l’Etat. Une manœuvre qui avait soulevé un vent de fronde au sein des rédactions et du SNJ qui dénonçait  "un directeur de l'info qui semble avoir oublié les principes du journalisme".

Malgré sa gestion de l'affaire Envoyé Spécial, malgré ses nombreux faux pas, Ernotte a pourtant toujours affiché un indéfectible soutien à Field. Un patron de l’info qui lui n’a semble-t-il pas digéré la fronde des rédactions. Dans une tribune acide publiée la semaine dernière dans Libé, Field épinglait ses propres équipes et appelait les journalistes à faire leur "examen de conscience". Sa tribune a fait s’étrangler les rédactions, chauffées à blanc par l’annonce dans la foulée de l’éviction de l’équipe du 20h de France 2. "On pressentait depuis quelques jours que M. Field allait sauter. La présidence était furieuse de faire l’objet d’une motion. Field joue le rôle de fusible", glisse au Monde ce lundi un journaliste du groupe. Il y a un an, alors visé par une motion de défiance, Field avait prévenu qu'il ne démissionnerait pas. Cette fois-ci, Field a dressé un message à l’ensemble des équipes: "Par souci d’apaisement, j’ai demandé à la présidente de me relever de mes fonctions de directeur de l’information".

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19h28 lu

Frères Hufnagel : Johan à Libération, Charles à Matignon

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la rédaction le 21/05/2017

Prévenir plutôt que guérir. "Quelles étaient les probabilités pour qu’un des responsables de la rédaction d’un titre de gauche soit le frère du responsable de la communication d’un Premier ministre de droite?" demande le directeur des éditions du journal Libération, Johan Hufnagel. Qui annonce ainsi la nomination de son propre frère, Charles Hufnagel, comme conseiller à la communication du nouveau premier ministre Édouard Philippe, auquel nous avons consacré une émission.


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Avec son article, paru ce dimanche 21 mai sur le site de Libération, Hufnagel (Johan), tient à prévenir toute critique envers la neutralité du journal. "Durant nos parcours respectifs, nous avons toujours veillé à ériger un mur entre nous. Un double mur pour être exact. Pas d’interférence, pas de discussions, pas d’informations, pas de conseils", raconte-t-il. Et d'expliquer que durant toutes les années où Libération a traité de Charles Hufnagel, le communicant, jamais lui, le journaliste, n'a eu d'information à donner à ses collègues. "Pour la simple et bonne raison que je n’en avais pas reçu la moindre miette".

"Bien sûr, les choses sont compliquées", concède le directeur des éditions de Libération, "bien sûr, vous n'êtes pas obligés de me croire". Mais le journaliste assure que, comme auparavant, ce lien familial n'influera pas sur le journal. "Pour ceux qui auraient encore des doutes, (sans parler de ceux qui ne seront jamais convaincus), je rappelle que la rédaction de Libération est totalement libre. De même, les actionnaires n’interviennent jamais dans la ligne éditoriale, n’en déplaise aux paranoïaques et aux complotistes. ALibération, nous sommes collectivement responsables de la «ligne» éditoriale, le débat y est vif, et ce n’est pas près de changer", conclut Hufnagel (Johan).

La Société des journalistes et personnels de Libération (SJPL) a quant à elle tenu à "exprime[r] sa pleine confiance" à Johan Hufnagel, n'ayant jamais "constaté d'interférences entre les fonctions publiques ou privées exercées par Charles Hufnagel (responsable de la communication d’Areva, d’Alain Juppé, puis de Saint-Gobain) et nos choix éditoriaux". Toutefois, a prévenu la SJPL, elle "restera particulièrement vigilante, conformément à sa mission, quant à l'indépendance de la rédaction vis-à-vis de toutes pressions extérieures, d'où qu'elles viennent". 

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16h37 lu

Le Monde épingle les communicants de Macron

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la rédaction le 20/05/2017

Une com’ cadenassée, des journalistes tenus à l’écart, une parole présidentielle réduite au minimum, pas de off… Dans une enquête parue vendredi dans "M" le magazine du Monde, les journalistes Zineb Dryef et Laurent Telo racontent les pratiques de la com’ façon Macron.


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Quand la plupart des rubricards politiques échangeaient par SMS avec François Hollande, Macron et son équipe ont pris le contre-pied. Avec un leitmotiv : tenir les médias à bonne distance (lire notre enquête sur le premier conseil des ministres), raréfier la parole de Macron et bannir le off et les fuites. Des exemples ? "Il y a cette consœur qu’on plante au pied d’un avion en lui transmettant un horaire de décollage fantaisiste. Celui à qui on promet, semaine après semaine, un «moment avec le candidat» et qui attend toujours."

Pression et boycott

Dans cette stratégie, pas question de laisser paraître une interview sans relecture. A une exception près, rappellent les journalistes. L’entretien "littéraire" que Macron a accordé au responsable des pages culture de L’Obs, Jérome Garcin, et qui sera ensuite repris dans Les Inrocks, conduisant la com' de Macron à qualifier le travail de ces derniers de "travail de sagouin".  (comme le montrait le documentaire Coulisses d'une victoire). Les auteurs racontent : "En confiance, le candidat livre une parole spontanée. Il reproche à François Hollande d’avoir mal mené le débat sur le mariage pour tous. Certains Français –les opposants à la loi– ont été «humiliés», dit-il." Résultat ? Un début de polémique dans les médias et une résolution. "On ne les y reprendra plus".

Quand l’image du candidat est en jeu, l’équipe de com’ du candidat n’hésite pas non plus à durcir le ton. Comme au soir du premier tour. Ce soir-là, au sortir de la Rotonde, Macron se fait interpeller : "La Rotonde, c’est votre Fouquet’s?", demande le journaliste de Quotidien Paul Larrouturou au candidat. "Une question manifestement malvenue. En guise de rétorsion, on lui complique au maximum l’accès au candidat. Quotidien reçoit des menaces de boycottage et des pressions directes", raconte Le Monde. Quant à Yann Barthès ? "l’animateur de l’émission, se fait agonir par Sylvain Fort [le communicant en chef de Macron]: «Gros connard.» «Débile profond» (après lecture le 18 mai, l’intéressé dément le deuxième terme)", précisent les auteurs de l'enquête.

L’équipe de Quotidien n’est pas la seule a avoir dû affronter les remontrances de l’équipe de com’. Le Monde rapporte en effet qu’au soir du deuxième tour, c’est le directeur de l’info de France Télévisions, Michel Field qui, au téléphone, se fait remonter les bretelles par un conseiller de Macron. En cause : la couverture de France 2 qui a diffusé le discours de Mélenchon au lieu de se concentrer exclusivement sur l’élection de Macron.

Celui qui, avec le fondateur d’En Marche, aurait impulsé ce nouveau rapport aux médias selon Le Monde, c’est Ismaël Emelien. Avant de devenir conseiller spécial du nouveau président, il a fait ses classes à 17 ans auprès de Dominique Strauss-Kahn puis chez Euro RSCG. Emelien fait partie de la brochette de communicants pur jus, stratèges précoces,"jeunes gens brillants, sans passé militant" qui, biberonnés au marketing direct, ont construit le rapport à la presse du nouveau président.

L'occasion de lire nos enquêtes : "En souhaitant choisir ses journalistes, l'Elysée fâche la presse" et "Les Inrocks ont-ils vraiment travaillé comme des sagouins ?

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16h34 lu

Education : interview de Blanquer retirée (Les Inrocks)

Par
Juliette Gramaglia le 20/05/2017

Mais où est passé l'interview exclusive du nouveau ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer ? A la date du jeudi 17 mai, l'association SOS Éducation, proche de la cathosphère comme nous vous le racontions, publiait sur son blog un long entretien de Blanquer, fraîchement nommé ministre, dans laquelle ce dernier détaillait sa "vision systémique" de l'éducation. Pourtant, comme l'ont noté Les Inrocks le 19 mai, l'interview avec le nouveau ministre de l’Éducation Nationale n'est plus disponible sur leur site.

Publiée, puis supprimée. L'association SOS Éducation a mis en ligne sur son blog, à la date du 17 mai, une interview exclusive du tout nouveau ministre de l’Éducation Nationale. Avant de la supprimer, deux jours plus tard, comme l'ont remarqué Les Inrocks vendredi 19 mai, qui sont partis à la pêche à l'interview, encore disponible grâce à la version cache de Google.

Les Inrocks Blanquer

Article des Inrocks, 19 mai 2017

Que disait Blanquer dans cette interview, qui d'après SOS Éducation, contactée par Les Inrocks, ne date pas du 17 mai, mais de "plusieurs mois" ? Blanquer y critique une "dérive de l’éducation due au fait qu’elle a été trop saisie par la temporalité politique, par les effets d’alternance et de stop-and-go" et appelle à dépasser "le clivage droite-gauche" dans l'éducation (argument qui colle bien à ceux du nouveau président).

Le nouveau ministre vante les "sciences cognitives", qui pourraient révolutionner les méthodes d'enseignement (tout en n'étant pas "l'alpha et l'oméga" en matière d'éducation). Surtout, Blanquer explique vouloir donner "plus d'autonomie aux acteurs" de l'éducation. C'est-à-dire qu'il faut, selon lui, "donner de la liberté à certains territoires, à certaines structures", en créant par exemple des établissements autonomes, dont le principe pourrait, à terme être généralisé. "Il faut commencer sur une petite base de 5 à 10 % d’établissements volontaires, montrer que c’est un jeu gagnant pour tout le monde, y compris pour les professeurs qui pourront choisir leur lieu de mutation, développe-t-il. Par ailleurs, il faut aussi faire saisir qu’il y a des effets de système et que si un élément administratif est modifié, des éléments pédagogiques le seront aussi : si le recrutement des professeurs est modifié, leur formation le sera également, ainsi que le contenu des programmes.

SOS Éducation, une association "sulfureuse"?

Mais quelle est cette association à qui Blanquer a accordé une interview, et que Les Inrocks qualifient de "sulfureuse", "anti-avortement" et "proche de l'extrême droite" ? Fondée en 2001, SOS Éducation se présente comme une association "apolitique", "libre et indépendante, ni confessionnelle, ni partisane" et revendique 60 000 membres. Elle lutte contre l'insécurité à l'école et souhaite remettre au goût du jour l'enseignement des "savoirs fondamentaux" (lecture, écriture, mathématiques). 

L'association est en tout cas liée à la cathosphère de droite. Comme nous vous le racontions, SOS Éducation a, malgré son "apolitisme" appelé à voter François Fillon à la primaire de la droite et du centre. Elle s'est également engagée contre les "ABCD de l'égalité" à l'école, qu'elle qualifiait d'"idéologie" propageant la "théorie du genre" (un argumentaire que l'on retrouve notamment au sein du mouvement de la Manif pour Tous). Le délégué général de SOS Éducation a quant à lui été "consulté" par le pôle éducation de Sens Commun, l'émanation de la Manif pour Tous proche des Républicains, en vue de l'élaboration d'un "programme politique".

SOS Education soutien Fillon

Soutien de SOS Éducation à François Fillon, en novembre 2016

De l'interview de Blanquer, on ne trouve donc aujourd'hui plus trace sur le site de l'association. Le sommaire d'un recueil intitulé Si j'étais ministre de l’Éducation, qui devait paraître le 12 mai, a même été modifié. Au lieu de l'entretien de Blanquer, c'est désormais celui d'Eric Mestrallet, fondateur des écoles Espérance Banlieue, écoles "hors contrat" surveillées par l’Éducation Nationale, qui est annoncé sur le blog de SOS Éducation (l'ancienne version est visible en cache). Et à la place de l'interview en ligne de Blanquer, on peut désormais lire une lettre ouverte du délégué général de l'association Mongin, qui se réjouit de la nomination d'un ministre "pragmatique" dont "l’héritage humaniste [...] doit permettre de tourner définitivement la page d’une politique éducative jacobine et égalitariste, longtemps démagogique et brouillonne, devenue proprement ruineuse."

L'association a expliqué que l'interview de Blanquer ne réapparaîtrait pas sur le site, mais qu' "une demande pour une nouvelle interview sera faite «dans les prochains jours»", racontent Les Inrocks. Dans un droit de réponse publié le même jour que l'article des Inrocks, Mongin a expliqué avoir "jugé opportun" de remplacer l'interview, réalisée "il y a plusieurs semaines", publiée sur le site par sa lettre ouverte, qui "suffit à démontrer que SOS Éducation ne cherche nullement à dissimuler ce que lui inspirent certaines propositions de Monsieur Blanquer". Pourquoi, alors, ce remplacement ? "Je n'ai reçu aucune consigne, explique Mongin au Figaro. J'ai décidé de moi-même d'effacer ces textes, craignant que l'étiquette conservatrice et parfois droitière de SOS Éducation ne cause du tort à ces deux hommes lorsque, par exemple, ils auraient à négocier avec les syndicats d'enseignants". Mystère résolu.

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17h35 suivi

Action EDF : France 2 évoque la baisse-Hulot, mais pas la hausse-Macron

Par
Anne-Sophie Jacques le 19/05/2017

Alerte au 20H de France 2 ! La nomination de Nicolas Hulot comme ministre de la Transition écologique et solidaire fait chuter le cours de l’action EDF de 6,7% (et même de - 5% dès l'annonce du gouvernement). Mais pas un mot dans les JT sur... les 27% gagnés par le cours en un mois en pleine ascension d’Emmanuel Macron.

Les actionnaires d'EDF tremblent. Les voilà inquiets de l'arrivée de Nicolas Hulot au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. Et cette inquiétude a touché le JT de France 2. Comme l’explique un court sujet diffusé dans le 20H du jeudi 18 mai, l’image d’un "partisan de la sortie de nucléaire au Conseil des ministres [...] inquiète les professionnels du secteur".

Même si la position de Hulot a évolué au fil du temps, rappelle de son côté le site de Capital, il est vrai que l’écolo, depuis la campagne présidentielle de 2011, s’est prononcé pour un référendum sur le nucléaire et a proposé qu’on en sorte. Une position qui trouble le patron de l'entreprise publique Jean-Bernard Lévy qui, selon France 2, a mis "en garde le nouveau ministre de l'Environnement… mais sans le citer".

Une mise en garde étrange : Hulot s’est engagé à appliquer le programme de Macron, lequel a promis de poursuivre la transition énergétique telle qu’elle est inscrite dans la loi votée en 2014 – à savoir, selon son site de campagne, atteindre "l'objectif de 50% d'énergie nucléaire à l'horizon 2025" (au lieu des 75% actuellement). Côté promesses, Macron souhaite également la fermeture de la centrale de Fessenheim (qui "interviendra au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville") et dit vouloir attendre les conclusions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en 2018 pour se prononcer sur la poursuite ou non de nos vieilles centrales.

Mais étonnement : ces promesses n’ont pas inquiété la filière. Au contraire ! Comme le signale Le Figaro, lors de la nomination du premier ministre Edouard Philippe, le titre d’EDF "a bondi de 7 % pendant la seule journée de mardi". Mieux : on apprend que ce même titre "avait gagné 27 % en un mois à la Bourse de Paris" durant "la folle ascension d'Emmanuel Macron". Explication du Figaro : "le nouveau président de la République est considéré par les investisseurs comme un solide partisan du modèle actuel d'EDF". Tout comme Philippe qui fut directeur des affaires publiques d'Areva, géant du nucléaire français, en 2007 et 2010. Mais cette hausse, les JT de France 2 n’avaient pas cru bon de la signaler.

EDF, mécène de la fondation Hulot

Le groupe EDF restera-t-il longtemps inquiet ? Pas sûr. Selon un autre article du Figaro, "si Nicolas Hulot fait son entrée au gouvernement, l'industrie nucléaire française compte beaucoup sur Édouard Philippe pour faire contrepoids si nécessaire". A en croire un spécialiste interrogé par le quotidien, son passé rassure la filière : "disons-le tout net, dit-il, c'était le lobbyiste de l'entreprise. Même si quelques années se sont écoulées depuis cette période, je le vois mal prendre le contre-pied des intérêts de la filière".

D’autres ne se font pas trop de cheveux blancs non plus concernant Hulot. Certaines mauvaises langues, dixit Capital cité plus haut, rappellent qu’"EDF et sa filiale RTE comptent parmi les mécènes de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. Selon le rapport annuel 2015 de l’organisation, les entreprises privées ont contribué à hauteur de 2,5 millions d’euros, soit plus de la moitié de son budget. Outre EDF, les principaux donateurs sont TF1, Carrefour, Kering, L’Oréal, Lesieur, la SNCF et Veolia". De nouveaux sujets en perspective et à inscrire, le cas échéant, dans le dossier conflits d’intérêt de l’équipe Macron.

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17h31 vidéo

Pujadas : hommes (et femmes)-tronc solidaires

Par
Juliette Gramaglia le 19/05/2017

Hommages en série pour David Pujadas. Le présentateur du 20 heures de France 2 a appris mercredi 17 mai qu'il sera écarté définitivement du JT qu'il présentait depuis 16 ans, à la fin de la saison. Depuis, les hommages des hommes (et femmes) tronc de la télé française, ses ex et actuels collègues, se multiplient.

C'est un bel élan confraternel. La présentatrice du 13 heures de France 2, Marie-Sophie Lacarrau, le présentateur du 20 heures de TF1, Gilles Bouleau, le "joker" de David Pujadas au 20 heures, Julian Bugier, tout comme Léa Salamé, qui co-présente avec PujadasL’Émission Politique, ont tous tenu à saluer le travail de leur collègue, qui quittera la présentation du 20 heures de France 2 à la fin de la saison. Rien d'exceptionnel dans cette vague d'hommages : en 2015, lors du départ de Claire Chazal du JT Week-end de TF1, les éloges avaient été nombreux également.

Messages d'amitié et de solidarité sur Twitter

Sur Twitter, plusieurs journalistes (pas forcément présentateurs) ont également donné de la voix. Ainsi, la rédactrice en chef du 20 heures, Agnès Vahramian, a tenu à réaffirmer son soutien face à l'annonce inattendue du départ de Pujadas, dont elle n'avait pas été informée : "Merci à David Pujadas. Tête haute et grande attitude. Un immense professionnel avec qui j'ai partagé trois belles années". Histoire d'appuyer son hommage, Vahramian a également partagé sur Twitter une séquence vidéo où l'on voit Pujadas être applaudi pendant une longue minute par le public de L’Émission Politique jeudi 18 mai, avant le début de l'émission en question.

L'ancien présentateur de TF1, Patrick Poivre d'Arvor, et la présentatrice de CNews, Laurence Ferrari, ont également fait part de leur amitié à leur confrère, avec pour Ferrari un "mot-clé" tout en retenue : "#theboss".

Ferrari Pujadas

PPDA Pujadas

Michel Grossiord, qui présente notamment la revue de presse matinale de Radio Classique et Ruth Elkrief de BMFTV ont eux exprimé leur soutien, à leur façon : "Solidarité et émotion devant le traitement infligé à David Pujadas, un des plus grands professionnels, un repère dans notre métier", s'est ainsi émue Elkrief.

Grossiord Pujadas

Elkrief Pujadas

Quant au journaliste d'Europe 1 Robert Namias, ancien directeur de l'information de TF1, il n'y est pas allé de main morte : "Pujadas écarté. Le dégagisme s'empare des médias" a-t-il tweeté. "On n'a pas fini de mesurer l'onde de choc provoquée par l'élection d'un Président de 39 ans".

Namias Pujadas

C'est Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, qui a pris la décision, mercredi 17 mai, d'écarter définitivement Pujadas du 20 heures de France 2, au nom d'un "renouvellement" des visages. L'annonce a provoqué la colère de la Société des journalistes de France 2, qui dénonçait "l'irresponsabilité d'une annonce faite le jour de la nomination du gouvernement (alors même que des éditions spéciales doivent être mises à l'antenne)". Une motion de défiance contre Ernotte et une autre contre le directeur de l'information de France 2, Michel Field, auteur d'une tribune acide publiée mercredi dans Libération, dans laquelle il appelait les journalistes à faire leur "examen de conscience", devraient être soumises au vote de la rédaction en début de semaine prochaine, a rapporté Le Monde.

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13h07 vu

"Sans projet" "technocrate" : quand les nouveaux ministres critiquaient Macron

Par
Juliette Gramaglia le 18/05/2017

Ils critiquaient Macron... et sont désormais ses ministres, pour le plus grand bonheur de Twitter. Depuis l'annonce officielle mercredi 17 mai de la composition du premier gouvernement d'Emmanuel Macron, des twittos se sont amusés à ressortir les vieux tweets de certains nouveaux ministres. A l'exemple de Bruno Le Maire, désormais Ministre de l’Économie, et qui en février dernier semblait nettement moins convaincu par les propositions du candidat : "Emmanuel Macron est le candidat sans projet, car c'est le candidat sans convictions : il change de discours suivant l'auditoire". L'une de ses (très) nombreuses salves contre Macron et... sa vision économique.

Le Maire anti-Macron

Des ralliements moins tardifs n'ont pas non plus manqué d'éveiller l'amusement, ou l'agacement d'internautes. Ainsi François Bayrou, fraichement nommé ministre de la Justice et soutien de Macron depuis fin février, s'est vu rappeler qu' il n'avait jamais hésité à tacler l'ancien ministre de l'Economie : "Emmanuel Macron est le principal responsable de la politique économique de François Hollande depuis quatre ans. Pour quel résultat ?", dénonçait-il par exemple en septembre dernier.

Baryou anti-Macron

Le ministre de l'Action et des comptes publics, le sarkozyste maire de Tourcoing Gérald Darmanin, n'était pas en reste. Outre ses nombreux tweets contre la loi sur le mariage pour tous, exhumés ces dernières heures, plusieurs twittos ont retrouvé des attaques de Darmanin envers Macron datant de 2014. A l'époque, Macron venait d'arriver au gouvernement, et le maire de Tourcoing s'insurgeait : "Comment les députés PS peuvent voter la confiance à ce gouvernement avec Macron ministre de l'économie sans se renier?". Et d'ajouter : "«Mon ennemi c'est la finance», dit Hollande en campagne. Macron, banquier chez Rothschild, nommé par Hollande président... House Of Cards". Une tribune dans L'Opinion, parue en janvier dernier, a également refait surface : Darmanin y attaquait le "bobopulisme de Monsieur Macron", qu'il accusait de "ne pas dire la vérité aux Français, de ne pas faire de réformes, de ne pas préciser ses intentions", et d'être le "poison définitif" de la France.

Darmanin anti-Macron

Sont réapparues également les critiques de la ministre des Affaires Européennes, Marielle de Sarnez, qui en novembre dernier, semblait dubitative face au parcours du nouveau président : "Je ne sais pas qui est Emmanuel Macron. Plus je le lis, moins je le connais. Je crois que le temps n'est pas aux aventures individuelles".

De Sarnez anti-Macron

Avant le gouvernement, Édouard Philippe

Avant le nouveau gouvernement, le Premier ministre Édouard Philippe a également fait les frais de la mémoire permanente de Twitter. Après sa nomination, lundi 15 mai, nombreux sont ceux qui ont exhumé une ancienne tribune du maire du Havre dans Libération, dans laquelle il décrivait notamment un Macron "qui n'assume rien, mais promet tout, avec la fougue d'un conquérant juvénile et le cynisme d'un vieux routier". Et en 2014, Édouard Philippe critiquait la nomination de Macron, "ancien banquier de chez Rothschild" comme ministre de l’Économie. Les temps, depuis, ont changé.

Philippe anti-Macron

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11h53 lu

Chut, Trump déréglemente à tire-larigot ! (Les Echos)

Par
Anne-Sophie Jacques le 18/05/2017

On aurait tort de réduire les premiers mois de la présidence Trump à ses turpitudes. Car des dizaines de lois et réglementations votées lors des mandats précédents volent en éclats, comme le raconte la correspondante des Echos aux Etats-Unis, Lucie Robequain. Un détricotage opéré dans l’indifférence générale : "obsédés par les grands projets que sont la réforme de l'assurance-santé, la construction d'un mur à la frontière mexicaine et les baisses d'impôts, écrit la journaliste, les commentateurs laissent penser que Donald Trump n'a rien produit de tangible depuis son arrivée au pouvoir. C'est faux : son grand génie est de déréglementer le pays comme aucun président avant lui - dixit le très sérieux Wall Street Journal - sans susciter la moindre attention du public".

Trump Les Echos

L’article paru le 15 mai dresse une liste non-exhaustive de cette déréglementation effectuée à tours de bras. Le domaine le plus touché ? L’énergie et l’écologie. Selon Robequain, "une dizaine de lois ont déjà été abrogées par la Maison Blanche. L'une interdisait aux entreprises charbonnières de déverser leurs résidus dans les cours d'eau. L'autre prohibait la commercialisation d'un insecticide produit par Dow Chemical (Chlorpyrifos), soupçonné d'endommager le cerveau et le système nerveux des fœtus". A cela s’ajoutent une quinzaine de réglementations bientôt passées à la trappe dont "la réductions d'émissions de carbone demandées à l'industrie automobile" ou "le droit des compagnies pétrolières de forer de nouveaux puits «offshore » en Arctique , ainsi que dans une trentaine de canyons sous-marins de l'océan Atlantique".

Mais l’éducation et la santé sont aussi dans le viseur de Trump. Ainsi "l'Etat fédéral n'a désormais plus aucun droit de regard sur les établissements scolaires". De même, "l'industrie agro-alimentaire a également obtenu la suppression des contraintes nutritionnelles que Michelle Obama venait d'imposer aux écoles. Celles-ci devaient réduire la proportion de sel et de graisses dans les déjeuners, et augmenter celle de fruits, légumes et céréales. Estimé à 3 milliards de dollars sur trois ans, le programme vient d'être jugé «trop coûteux» et supprimé, au grand bonheur des fabricants de pizzas et hot-dogs".

Comment ce dérèglement massif est-il possible en si peu de temps ? Grâce au Congressional Review Act, "dispositif qui permet d'abroger des mesures votées par les administrations précédentes à condition qu'elles n'aient pas été publiées depuis plus de 60 jours au «Journal officiel». La grande chance de Donald Trump est que l'administration procède rarement au dépôt officiel des nouvelles lois. Le délai de 60 jours n'est donc par définition, jamais atteint". Autrement dit, des centaines de réglementations, dont certaines datent des années 90, peuvent être ainsi démantelées – sous couvert tout de même d’un débat express au Congrès.

Et la liste est loin d’être terminée. La journaliste rappelle que les lobbys ont désormais un accès privilégié à la Maison Blanche. Le registre des hommes d’influence a purement été supprimé, et la loi votée sous Obama obligeant à respecter un délai de deux ans avant de pantoufler est partie elle aussi en fumée.

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13h21 flash

Pujadas écarté du 20 H de France 2 : choc à France Télévisions

Par
la rédaction le 17/05/2017

Exit Pujadas ! La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a confirmé ce matin à la rédaction de France 2 ce que le présentateur avait lui-même annoncé : il ne présentera pas le 20h de France 2 la saison prochaine. La veille, Michel Field, le directeur de l'information de France Télévisions avait publié une tribune dans Libération, dans laquelle il semblait mettre en cause la qualité du travail de ses propres équipes.

David Pujadas ne sera pas reconduit à la rentrée. Ce dernier devrait être remplacé par Anne-Sophie Lapix, actuellement présentatrice de C à vous sur France 5.

La décision, brutale, est annoncée alors qu'une tribune du directeur de l'information de France Télévisions, Michel Field, dans le quotidien Libération invite à une remise en cause des journalistes, dans un contexte de défiance accrue des citoyens envers la profession. Field va jusqu'à s'interroger sur l'existence d'une "idéologie spontanée du journalisme aujourd'hui qui présuppose les réponses aux questions qu'il pose" et épingle "le manque de diversité sociale et géographique dans le recrutement des grandes rédactions ; l’affaiblissement des «capteurs sociaux» ; les nouvelles pratiques du métier où le rapport au monde se fait plus par la médiation numérique que par la fréquentation assidue du terrain ; l’absence d’approche contradictoire des grands enjeux économiques et sociaux". Un message subliminal à sa propre rédaction ?

Dans la matinée, devant la rédaction de France 2, Delphine Ernotte et Michel Field ont été sommés de s'expliquer sur l'éviction de Pujadas et la tribune de Field. Ernotte aurait démenti toute implication politique de cette décision, assurant à propos de Pujadas :"C'est ma décision. Il incarne le 20h depuis seize ans c'est normal que je me pose la question de l'incarnation. Ce n'est absolument pas un désaveu." Elle aurait également ajouté que son choix "n'est pas lié au nouveau président de la République."

Mise à jour du 18 mai à 13h31 : Pujadas est écarté, mais pas la rédaction du 20h, comme écrit dans une première version.

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17h19 @rrêt sur images

Macron, modèle générationnel des journalistes ?

Par
la rédaction le 16/05/2017

Les journalistes français se retrouveraient-ils en Emmanuel Macron ? C'est la théorie d'Ana Navarro, correspondante de l'hebdomadaire portugais Visao, invitée sur notre plateau la semaine dernière. "A l'époque où Macron a été nommé ministre à Bercy, je fréquentais un peu certaines rédactions parisiennes. Et j'ai été extrêmement surprise de voir une sorte de transfert d'image, des journalistes de sa génération qui s'identifiaient avec lui (...) C'est un mec plus jeune, quelque chose à quoi ils voulaient ressembler". Comment expliquer ce "transfert" ? Navarro a demandé à ces journalistes, qu'elle ne cite pas, ce qui les poussait à être si "acritiques", ou "séduits" par le personnage ? "La première réponse, c'était : « Il est jeune. Il peut y arriver à son âge, donc ça me donne un espoir à moi aussi»".

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission : "Macron, c'est le Michel Drucker de la politique"

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