Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h57 lu

"Il s'écoute trop et raconte des conneries" : les pigistes de Radio France humiliés

Par
la rédaction le 25/09/2017

Chaque année, Radio France organise une épreuve interne pour recruter de nouveaux CDD. Et chaque année, les candidats reçoivent leurs résultats par mail. Mais en ce mois de septembre 2017, les résultats étaient accompagnés des commentaires humiliants du jury sur les candidats. Une grossière erreur dénoncée par le SNJ de Radio France, qui fait écho au fichage des salariés de France Télévisions en 2014.

nouveau media

Site du SNJ Radio France, 25 septembre 2017

En ouvrant leurs mails, les candidats du "planning", une épreuve organisée deux fois par an par Radio France pour recruter des CDD (parmi les journalistes sortis d'écoles un an plus tôt), ont dû être surpris : en plus du résultat de l'épreuve à laquelle ils avaient participé, ils ont pu découvrir les commentaires du jury, composé de cinq rédacteurs en chef de stations nationales et de trois autres issus de stations locales. Et certains ont eu la main lourde au moment de commenter la performance des jeunes journalistes. "Il s'écoute trop et raconte des conneries", "Débit un peu désinvolte et limite poissonnière", "A une voix du vendeur de supermarché", "Il serait pas mal en démonstrateur à Auchan ou DJ au Macumba", ou encore "Tchoupi fait du journalisme", détaille le site du SNJ de RadioFrance, qui révèle l'info. Et qui s'interroge : "Comment retourner bosser après ça? Comment garder un minimum de confiance en soi? Comment repasser une nouvelle sélection? Plusieurs pigistes sont laminés".

Le "Planning" n'est pas n'importe quelle épreuve dans l'éco-système de Radio France.Il permet à de jeunes journalistes pigistes de décrocher des CDD successifs et de pouvoir travailler dans toutes les stations du groupe avec, à terme, des chances d'être embauché en CDI. Difficile donc d'y échapper. Pour le SNJ, une réforme du concours est "indispensable et urgente". "Comment est-ce possible que l’« entretien» qui nous avait été présenté comme une manière de préparer les futurs CDD aux recrutements à venir, soit devenu une épreuve notée? Est-ce pour ajouter une dose supplémentaire de subjectivité et d’injustice à une sélection qui n’en manquait déjà pas?", se demande le SNJ, qui s'interroge aussi sur l'opportunité de laisser les rédacteurs en chef noter leurs propres pigistes.

Cette "affaire" en rappelle, dans une certaine mesure, une autre : le fichage, en 2014, de certains salariés de France Télévisions. Fin août, le syndicat FO avait obtenu des fiches "d'évaluation de performance et de potentiel" des journalistes du groupe, avec le système de notation suivant : I pour "insuffisant", C pour "conforme aux attentes" et B pour "au-delà des attentes". Un système de notation ignoré par les salariés eux-mêmes, fichés avec des appréciations (déjà) très tranchées : "n'assure que très partiellement ses missions", "ne sait pas mettre en place une organisation", "n'est pas reconnu comme facteur de motivation pour son entourage"ou encore"approche et traitement inefficace de la complexité et des aléas". A l'époque, Mediapart avait mené sa propre enquête, et conclu que les 39 fiches concernaient des journalistes de France 3 Auvergne, mais que ce système avait vocation à être appliqué à l'ensemble du groupe. La direction de France TV s'était alors défendue en affirmant que la pratique était le fait de managers locaux, et seulement locaux. Et la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, avait tenté de minimiser (et de clore) l'affaire sur France Inter : "Nous avons décidé de stopper ce système car il n'avait pas été discuté avec les partenaires sociaux".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Exemple de fiche d'évaluation

Sur France Inter, au lendemain des révélations sur les commentaires humiliants, Nicolas Demorand a pris la parole pour dénoncer le "rire mauvais" de certains de ses collègues de Radio France : "Ce rire mauvais, ce rire carnassier dit aussi quelque chose de l'époque : la difficulté pour les jeunes d'accéder à l'emploi et surtout le gouffre qui existe entre ceux qui sont installés, protégés, peuvent faire des blagues, et tous les autres qui doivent se taire".

Mise à jour du 26/09/2017 à 11h : ajout de la réaction de Nicolas Demorand sur France Inter. 

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19h43 lu

Rassemblement Insoumis : le surprenant comptage "off" de la préfecture

Par
la rédaction le 24/09/2017

Drôle de com' pour la préfecture de police de Paris. Le rassemblement organisé par La France Insoumise samedi 23 septembre pour protester contre le "coup d’État social" du gouvernement aurait rassemblé 150 000 personnes selon Jean-Luc Mélenchon, et... cinq fois moins, soit 30 000 selon la police. Un chiffre que l'on retrouve dans de nombreux médias depuis samedi 18 heures : l'AFP,Reuters, BFMTV, LCI, Le Figaro, Le Monde, Libération, Ouest-France, Le Point...

Buzzfeed mélenchon préfeture

Sauf que, comme l'ont relevé notamment les Desintox de Libération, Le Lab d'Europe 1 et Buzzfeed, ce chiffre de la préfecture est plus que surprenant. Pour une raison : "la préfecture de police de Paris a habituellement pour consigne de ne compter aucun rassemblement politique", rappelle le journaliste David Perrotin sur Buzzfeed, et ce par souci de neutralité. D'ailleurs, le service Desintox explique de son côté sur Twitter que "hier [vendredi, ndlr] la préfecture nous confirme qu'elle ne donnera pas de chiffres, car la manif est un rassemblement politique".

Mais samedi, revirement total : le chiffre de 30 000 personnes est communiqué. Contactée par plusieurs journalistes, la préfecture de police a expliqué qu'il s'agissait d'un "off". "On l'a communiqué en off, en le sourçant police, à titre indicatif", rapporte Désintox, citant la préfecture de police de Paris, qui reconnaît ne pas faire ce genre d'estimations "off" pour d'autres rassemblements politiques du même genre. Même son de cloche du côté de Buzzfeed et du Lab. Interrogée sur la raison du décompte, la préfecture aurait évoqué le calibrage du "dispositif de sécurité".

Désintox manif préfecture

Mais comme le pointe Désintox, il y a une différence entre effectuer un décompte, et le transmettre aux médias, dans un "off" qui n'a pas grand sens. Pourquoi ce chiffre a-t-il été rendu public ? A cette question, la préfecture n'a pas répondu aux journalistes l'ayant contactée. Le communiqué officiel de la préfecture, lui, ne mentionne aucun chiffre de participation.

Ce n'est pas la première fois que des chiffres de la police circulent sur des rassemblements politiques. En 2013, relève ainsi notamment Buzzfeed, "la préfecture avait aussi dérogé à sa règle pour annoncer 30 000 participants à une manifestation organisée par... le même Mélenchon". Ce jour-là, le 5 mai 2013, la préfecture avait assuré sur Twitter, qu'elle ne fournirait pas de chiffre officiel de participation... avant d'opérer un revirement sans réelle explication.

Le Lab, de son côté, note que lors du rassemblement organisé par François Fillon en mars dernier, pour mobiliser ses soutiens, "aucun chiffré estampillé «préfecture» n'avait été donné". A noter qu'à l'époque, BFMTV avait cité une "source policière" lui ayant avancé le chiffre de 35 000 à 40 000 personnes. D'autres médias avaient repris l'information de BFMTV en renvoyant à la chaîne d'info, mais aucun chiffre officiel n'avait été transmis.

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09h37 lu

Triche carte scolaire : un parent d'élève répond à Libération

Par
Anne-Sophie Jacques le 24/09/2017

"On est toujours le pauvre de quelqu’un" : dans une lettre publiée jeudi soir sur le site de Libération, un parent d’élève a pris la plume pour répondre au rédacteur en chef adjoint et chef d’édition du quotidien Michel Becquembois, auteur d’un article publié en début de semaine épinglant ses "amis qui trichent avec la carte scolaire".

Libération

Dans ce billet coup de gueule malgré tout bienveillant, le journaliste s’inquiétait de voir ses proches "globalement blancs, favorisés, progressistes, tolérants, qui votent à gauche malgré nos déceptions" qui, à l’arrivée de leurs enfants en 6e, "font un autre choix que le collège de secteur". Pour quelles raisons ? "Parce que la mixité scolaire", écrit-il, "ça va bien à la maternelle et à la primaire. Mais au collège, fini de rigoler, on retrouve ses semblables". Et de raconter les astuces de contournement de la carte scolaire, comme mettre son nom sur une boîte aux lettres dans un autre quartier, ou inscrire son enfant dans une classe musique, après lui avoir trouvé "un fulgurant intérêt pour la clarinette".

Ces propos ont, sans surprise, fait réagir un parent d’élève, nommé Pierre-Marie Lasbleis. Dans sa réponse au billet qu’il qualifie d’"adresse un peu donneuse de leçons", il tente d’expliquer que cette triche à la carte scolaire est plus complexe que décrite par le journaliste. Lui-même, à l’heure d’avoir un enfant, a quitté Paris pour la banlieue en raison des prix des loyers parisiens prohibitifs. Il a ensuite décidé d’inscrire son fils dans une classe musique, non pas en Seine-Saint-Denis, son département, mais à Paris.

"Un vrai chagrin"

Au-delà des spécificités propres à son fils qui l’ont poussé à faire ce choix, il évoque son "angoisse" du "déclassement", "la peur que nos enfants ne retrouvent pas notre position", mais aussi sa "foi, celle qu’un petit nombre de filières scolaires peut leur garantir d’y échapper, et que notre rôle de parent est de leur donner le plus de chances d’y accéder". Avant d’ajouter : "j’éprouve […] un vrai chagrin de voir mes idéaux de méritocratie républicaine ainsi bousculés et surtout le morcellement de notre société de plus en plus endogame. […] L’entrée en 6e est un rendez-vous intime pour chaque parent avec ses peurs reptiliennes, ses représentations cachées plus ou moins assumées, et ce qu’il projette sur ses enfants. C’est un moment de vérité où on n’a d’autres possibilités que de choisir un camp, une appartenance. Cela peut être un déchirement. Cela l’a été pour moi."

Cette triche à la carte scolaire, cette peur du déclassement, et finalement cette stratégie de l’entre-soi, sont le sujet de notre émission de la semaine avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot et l’adjoint à la Maire de Paris en charge du logement Ian Brossat. Sur la question scolaire, pour endiguer la fuite des bons élèves et favoriser de nouveau la mixité, Brossat a soutenu la fusion de deux collèges du 18earrondissement de Paris, l’un huppé, l’autre populaire. Une expérience trop récente pour disposer d’un bilan. Quant à cette triche, selon l’adjoint à la Maire, elle est l’œuvre des familles les plus riches, qui ont les ressources pour contourner la carte scolaire, quand les familles les moins aisées décident de mettre leurs enfants dans un établissement privé.

Pour voir l’intégralité de l’émission, c’est ici >>

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15h59 @rrêt sur images

Centre d'hébergement dans le 16e : "La violence des riches ne se cache plus" (Pinçon-Charlot)

Par
la rédaction le 23/09/2017

Quand les riches se lâchent. La sociologue Monique Pinçon-Charlot, invitée sur notre plateau, raconte la genèse du livre-BD qu'elle a co-écrit, Panique dans le 16ème (ed. La ville brûle), sur l'installation d'un centre d'hébergement d'urgence pour les sans-abris dans le 16ème arrondissement de Paris, à la lisière du bois de Boulogne. Le point de départ du récit : une réunion de présentation du projet en mars 2016, à l'université Paris Dauphine, durant laquelle plusieurs membres du public se montrent très insultants. "Salope", "brosse à caca"... Pour Pinçon-Charlot, la parole des plus riches s'est libérée depuis Nicolas Sarkozy, et son "casse-toi pauv'con" : "il y avait des choses qui n'avaient jamais été dites par un président de la République". Aujourd'hui, continue-t-elle, avec Emmanuel Macron, "il y a une atmosphère néo-libérale qui libère les énergies et les pulsions de haine de classe". "La violence des riches, aujourd'hui, ne se cache tout simplement plus", analyse la sociologue.

Pour voir l'intégralité de l'émission avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot et l'adjoint (PCF) à la Maire de Paris en charge du logement et de l'hébergement d'urgence Ian Brossat, c'est ici.

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13h05 suivi

Patrimoine/Bern : Lorànt Deutsch s'en prend à Mathilde Larrère

Par
la rédaction le 23/09/2017

Contre-attaque. Samedi 16 septembre, notre chroniqueuse, l'historienne Mathilde Larrère, reprenait Emmanuel Macron et Stéphane Bern, récemment nommé "Monsieur Patrimoine" du gouvernement, sur une "mésinteprétation de l'édit" de Villers-Cotterêts. Selon les deux hommes, cet édit, signé en 1539 par François Ier, avait imposé le français comme langue unique en France. Sauf que... non, taclait Larrère sur Twitter, c'est la Révolution qui impose le français comme langue unique auprès des Français. Mais le recadrage historique, repris par de nombreux sites d'info, n'a pas été du goût de tout le monde.

Deutsch Larrère

En tout cas pas de celui de Lorànt Deutsch, auteur de Métronome, un ouvrage de vulgarisation historique très critiqué par certains historiens. Ce dernier s'en est pris jeudi dernier à Mathilde Larrère, sans la nommer. "On est face à des militants, assure-t-il, d'après des propos repris par Le Figaro. À propos de la polémique que subit Stéphane Bern sur sa mission patrimoine et l’affaire de Villers-Cotterêts, regardez qui lui fait des reproches, vous verrez que c’est une femme, que je ne vais pas citer pour ne pas lui faire de publicité, qui fait partie de La France insoumise."

Mathilde Larrère, membre de la France Insoumise ? Si cette dernière ne cache pas ses sympathies pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, elle ne se revendique nullement de la France insoumise (elle a été autrefois encartée au Parti de gauche). Ce que le Figaro, qui ne cite pas une seule fois le nom de l'historienne, ne précise pas. Et qui n'a pas empêché BFMTV de titrer, reprenant l'article du quotidien : "Lorànt Deutsch agacé par les critiques de la France Insoumise sur la mission patrimoine confiée à Stéphane Bern". De son côté, Le Point, contrairement à BFMTV et au Figaro, a pris soin de présenter Mathilde Larrère.

Deutsch et son ouvrage "royaliste"

Le Figaro, justement, qui cite encore Deutsch : "Plutôt que de dire «pourquoi ils vous reprochent ça?», regardez qui font les reproches. Vous verrez qu’eux font une histoire qui fait partie d’un objectif idéologique, une histoire qui flatte et doit servir leur orientation politique. Je ne dis pas que c’est mal, ce n’est juste pas mon propos." Accolées à cette citation, Le Figaro évoque en passant les critiques du porte-parole de la France Insoumise, Alexis Corbière, à l'encontre de Deutsch lui-même et de son ouvrage Métronome, en 2012.

A l'époque, Corbière reprochait à l'acteur des erreurs historiques dans son livre. Et il n'était pas le seul : comme nous le racontions en 2012, des historiens s'en étaient pris trois ans après sa sortie à l'ouvrage de Deutsch, jugé "royaliste". Au-delà d'histoires de miracle et de pactes avec le diable racontées sans conditionnels, les détracteurs de l'ouvrage lui reprochaient des erreurs historiques. L'auteur décrivait par exemple le gothique comme "l'art des hommes du Nord [les Goths, peuple de langue germanique, ndlr]", alors que le terme vient de l'Italie du XVIè siècle et est utilisé pour décrire un art né en Ile-de-France au XIIè siècle. Il s'était également trompé sur la date de construction du Louvre, la situant sept siècles trop tôt (au Ve siècle, au lieu du XIIe siècle).

La nomination de Stéphane Bern, qui ne cache pas ses penchants royalistes, à la tête d'une mission de préservation du patrimoine, a fait grincer plusieurs historiens, à l'exemple de l'historien Nicolas Offenstadt, interviewé par L'Obs. Ce dernier dénonce un "manque de compétences" de Bern, mais aussi un discours historique réactionnaire et une transformation de l'Histoire en "histotainment" centrée sur la monarchie et les beaux châteaux, à l'image de son émission Secrets d'Histoire sur France 2.

L'occasion de (re)voir la chronique de Mathilde Larrère : Non, Macron et Bern, ce n'est pas François Ier qui a imposé le français en France ! Et de (re)lire notre enquête : Métronome : 3 ans après, le best-seller dézingué par des sites d'histoire

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18h44 suivi

Manif travail : black blocs contre Gaspard Glanz

Par
Juliette Gramaglia le 22/09/2017

Altercation entre membres des "black bloc" et le vidéaste et photographe Gaspard Glanz. Le fondateur de l'agence Taranis News, qui couvrait la manifestation contre la réforme du code du travail, jeudi 21 septembre, a été violemment pris à parti par plusieurs manifestants au visage masqué. L'altercation a été filmée par un journaliste du site RT France. La vidéo montre des personnes bousculer Glanz à plusieurs reprises, l'enjoignant à quitter la manifestation. Le vidéaste reçoit ensuite plusieurs coups sur la tête, tandis que d'autres manifestants tentent de séparer les deux parties.

Sur Twitter, Glanz a dénoncé une "crise de paranoïa fratricide de la frange la plus débile du blackbloc". Selon ce que laissent entendre ses tweets, le vidéaste se serait vu reprocher de faire le jeu de la police et de la justice en diffusant des images non floutées des manifestants violents : "Citez-moi une seule affaire où mes images sont dans un dossier sans avoir été mis par un avocat, avant de me traiter de poucave". A quels dossiers Glanz fait-il lui-même référence ? Ce vendredi, le fondateur de Taranis News n'était pas joignable.

Filmer sans flouter et compromettre ainsi des manifestants, le reproche n'est pas nouveau. Invité en mai 2016 sur notre plateau pour évoquer les manifestations contre la loi travail du gouvernement de l'époque, Glanz expliquait que s'il ne floutait pas les visages des manifestants, il faisait cependant attention, au montage, à couper les scènes où apparaissaient les visages des manifestants s'en prenant aux forces de l'ordre ou à des bâtiments. "Il y a des plans que je ne mets pas parce qu'ils mettent clairement en danger une personne", assurait-il. Et d'ajouter : "Je ne me sentirais pas très à l'aise si je participais à mettre quelqu'un en prison à cause de ce qu'il a commis dans une rue de Paris".

L'année dernière a été marquée par des démêlés avec la justice et la police pour le fondateur de Taranis News. Il a été tour à tour gardé à vue en marge du démantèlement de la jungle de Calais, placé sous contrôle judiciaire, fiché S et convoqué par la justice. En juin dernier, Glanz a annoncé que Taranis News allait réduire la cadence de ses publications jusque début septembre, dans l'idée notamment de changer de statut administratif, et, pour Glanz, de pouvoir faire une demande de carte de presse. Taranis News était présente aux deux manifestations de septembre contre les ordonnances travail, celle du 12 et celle du 21.

Mise à jour 23 septembre 2017, à 09h22 : Après publication de l'article, Gaspard Glanz a tenu à préciser qu'il avait été pris à parti par "un groupuscule de féministes qui [l']accuse de sexisme", ce qui n'était pas évoqué dans son tweet. Il précise également que l'altercation ne tournait pas autour de la question des images non floutées, comme écrit plus haut dans l'article. "Ça, c'est un autre débat", explique-t-il. Il évoque pour l'altercation, sans plus de précision, "une affaire personnelle".

L'occasion de (re)voir nos émissions avec Gaspard Glanz : Manifs : "On laisse pourrir pour inciter à la violence" et Calais: "Si je n'étais pas journaliste, j'aurais ramené des paquets de riz"

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19h12 buzz

Mélenchon / classe affaires : "vous comprenez pourquoi on vous déteste ?"

Par
la rédaction le 21/09/2017

Le vol de Jean-Luc Mélenchon en classe affaires lors d'un déplacement à la Réunion fait jaser les médias français. C'est l'animateur Pascal Praud qui a été le premier à s'interroger sur les goûts luxueux du leader de la France Insoumise le 19 septembre. Tout juste rentrée d'un voyage de trois jours sur l'île en compagnie de Mélenchon, la députée Danièle Obono (invitée d'@si en juillet) a dû justifier les préférences de ce dernier pour les voyages en Business class, alors que le thème initiale de l'émission L'heure des pros (CNews) était "Le pouvoir est-il dans la rue ?

"Je ne m’intéresse qu'aux détails et aux questions bêtes", reconnait Praud. "Vous, vous avez voyagé en [classe] éco mais Jean-Luc Mélenchon a voyagé en business et vous êtes députés France Insoumise tous les deux. Il y a une hiérarchie dans la France Insoumise ?" "C'est quand même un voyage d'au moins dix heures" explique d'abord la députée, embarrassée, avant de demander quel est "l'enjeu financier derrière cette question". Puis, très vite, Obono s'offusque de ne pas avoir l'opportunité d'évoquer les motifs de son déplacement : "Ça ne vous intéresse pas de savoir plutôt ce que l'on a fait à La Réunion ?"


"On va en parler" promet Praud avant d'insister une nouvelle fois sur le "businessgate". Après la coupure pub, le débat est recentré sur les manifestations. Exit la Réunion.

"Vous comprenez pourquoi on vous déteste ?"

Interrogé sur ce même sujet par Elizabeth Martichoux (RTL) le jeudi 21 septembre, tout comme Obono, Mélenchon reproche aux médias de ne pas s’intéresser aux motifs de son déplacement. Il explique : "J'apprécierais que les mêmes qui s’intéressent à mes places d'avion se soient intéressés à savoir ce que j'ai foutu à la Réunion et quelle est la situation. Les mêmes n'en n'ont pas dit un seul mot. Vous comprenez après ça, madame, pourquoi on vous déteste ?". Le leader de la France Insoumise assure aussi avoir payé lui-même son billet. "Chacun d'entre nous a payé sa place d'avion donc moi, j'ai évalué, compte tenu des expériences lombaires malheureuses que j'ai faites en classe économique, que je ne pouvais pas m'offrir le luxe de me faire démolir physiquement trois jours avant une manifestation " explique-t-il.

Ces questions sur son choix de la classe affaires ne sont pas nouvelles. Tout est parti d'une déclaration de Mélenchon, en juin 2013 lors de son passage au Salon de l'aéronautique du Bourget, immortalisé dans un reportage diffusé dans le 13h15 de France 2. Il avouait déjà que, "quand je voyage, je vais en classe affaires. J'ai passé l'âge d'aller me faire briser le dos à la classe économique. Parce qu'ils vous mettent comme des sardines là-dedans". Depuis, certains médias en ont fait des gorges chaudes, comme l'écrivait la journaliste Marion Lagardère dans son livre Il est comment Mélenchon, en vrai ? Jusqu'à dire des âneries puisque, pendant les présidentielles de 2017, le site Atlantico a assuré que non seulement Mélenchon voyageait en classe affaires, mais qu'en plus il disposait d'un jet privé. Une info bidon puisé dans un article... du Gorafi comme nous le racontions ici.

Trêve de voyage de luxe, que diable Mélenchon a-t-il "foutu" à la Réunion ? A partir des compte-rendus disponibles de la visite, difficile de la trouver vraiment captivante. Il a notamment visité l’École Maritime et un marché local avant de partir à la rencontre des syndicats. Lors d'un meeting organisé dans un restaurant, le député a appelé à "la résistance positive et pacifique". Selon la presse locale, il a ensuite invité les 500 présents à s'organiser pour que "cette colère puisse atteindre les plus hauts sommets de l’État et du gouvernement". Pour découvrir le but de ces trois jours à la Réunion, il fallait tendre l'oreille sur BFMTV le 15 septembre. Le leader de la France Insoumise, arrivé en tête sur l'île lors des présidentielles, a ainsi expliqué qu'à la Réunion, "il y a une situation sociale qui est incandescente. C'est le territoire français d'outre-mer le plus peuplé et Il fallait trouver l'occasion de donner un signal. Souvent, en situation insulaire, on a l'impression d'être oublié et de pouvoir rien contre son sort. Je voudrais dire aux Réunionnais, au nom de tout notre groupe, qu'ils gardent espoir et que le pays est capable d'avoir besoin de tous ses enfants".

(Par Valentin Le Roux)

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19h01 suivi

RT France : la directrice dénonce les medias français

Par
la rédaction le 21/09/2017

La France a fait sa connaissance lors de la conférence de presse conjointe d'Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, en mai dernier, à Versailles. Une journaliste se présentant comme "de RT France", Xenia Fedorova, prend la parole : "Comment pensez-vous construire vos relations avec les journalistes étrangers, sachant qu'une journaliste russe n'avait pas eu accès à votre quartier général pendant la campagne ?" Quelques semaines plus tôt, RT n'a pas été accrédité au quartier général d'En Marche. Lors de la conférence, Macron, aux côtés de Vladimir Poutine, lui répond sèchement, accusant RT et Sputnik d'être des "organes d'influence" répandant des "contre-vérités sur [sa] personne."

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Xenia Fedorova est en fait présidente de RT France. Sa biographie, sur le site de RT, indique : "Journaliste, Xenia Fedorova a rejoint RT en 2005. Après avoir sillonné l'Europe et la Russie plusieurs années, elle a endossé divers rôles de direction au sein du groupe. Elle est aujourd'hui Présidente et directrice de l'information de RT France." Et avec l'arrivée de la nouvelle chaîne du groupe RT, en France, pour cet hiver, elle a récemment pris la parole, en critiquant les "médias mainstream" et en prenant la défense de RT.

Notamment dans les Inrockuptibles. Le magazine a consacré dans son dernier numéro (dont la couverture montre un dessin de Poutine, de face, en big brother inquiétant) un long article  à l'arrivée de la chaîne télé RT en France.

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La journaliste, Amélie Quentel, a obtenu une interview de Xenia Fedorova : hors des actuels locaux de RT, "sans intérêt", selon ses dires, et en présence du "chargé de com du média". Fedorova y décrit l'objectif de la chaîne : "Notre but est de donner aux audiences françaises des infos rapides, crédibles, et qui n'apportent pas un seul point de vue, qui présentent aussi l'autre partie de l'histoire (...) Offrir une perspective différente en somme, et en disant cela je ne parle pas de ce que les médias nomment "le point de vue russe" : c'est totalement faux." Elle donne aussi des éléments sur les futurs locaux de la chaîne : à Boulogne. Et sur les recrutements en cours : "même des gens issus des médias mainstream nous ont sollicités", assure-t-elle, avec -estime Quentel- de l'"ironie".

La critique de RT par les médias français est au coeur de ses préoccupations. Suite à la publication de l'article des Inrockuptibles, Fedorova a elle-même publié une tribune d'opinion sur le site de RT France, titrée "Les médias mainstream ont cessé de faire leur travail." Elle y dénonce une forme de "complot" visant à dénigrer la chaîne RT, pourtant même pas encore lancée, et accuse (sans citer aucun exemple) les journalistes de ne pas vérifier leurs articles sur RT. "Dès qu'il est question de RT, il semble que ces élémentaires vérifications soient rarement, voire jamais effectuées, comme si les médias mainstream n'entendaient pas laisser les faits faire obstacle à leurs scénarios alarmistes pré-écrits."

"Vous êtes celui qui êtes biaisé"

Fedorova, aux Inrocks comme dans sa tribune, retourne l'accusation de ce qu'elle appelle les "médias mainstream" : ce n'est pas le traitement de RT de l'information qui serait biaisé, mais le traitement des médias mainstream à l'égard de RT. Ou, formulé autrement par le New York Times, dans une longue enquête sur la "nouvelle théorie de la guerre" de l'information menée par la Russie, "Si RT vous parait biaisé, c'est parce que vous vivez dans une bulle d'arrogance et d'hypocrisie occidentale. Vous êtes celui qui est biaisé." Elle attribue ainsi, dans sa tribune, le désamour du public français envers sa presse à l'existence d'un tel biais dans les médias français - que RT n'aurait évidemment pas : "La clé de notre succès est précisément de donner la parole à un large spectre d'acteurs de la société, politiques comme sociaux. Or le public, et en particulier sa frange la plus jeune, est las de cette couverture à sens unique, de lire les mêmes papiers, les mêmes mensonges partout."

Poutine lui-même l'avait explicité, sans langue de bois, lors d'une visite dans les locaux de RT, à Moscou, en 2013 : l'objectif de RT, comme Sputnik, est de "briser le monopole anglo-saxon des circuits globaux d'information." De son côté, Fedorova a confié à Quentel qu'elle "voulait être diplomate - avant de se rendre compte que le journalisme était un «meilleur moyen de changer le monde»". A suivre, en décembre, lors de l'ouverture de la chaîne en France.

L'occasion de relire notre enquête en trois volets sur les médias russes en France: "Loi travail et immigration, thèmes préférés des médias russes en France", "Sputnik, le site qui se demande si les USA ont causé le crash Germanwings", "Pourquoi les médias russes raffolent de l'extrême-droite française".

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16h20 suivi

Syrie : Youtube censure des vidéos d'exactions

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la rédaction le 21/09/2017

Des vidéos documentant les crimes du conflit syrien, confondues avec des vidéos de l'Etat Islamique, sont supprimées par Youtube. La nouvelle politique de modération de la plateforme, filiale de Google, pourrait ainsi faire disparaître des preuves nécessaires à la conduite de futurs procès sur les exactions commises pendant le conflit.

Comment distinguer une vidéo de propagande de l'Etat Islamique en Syrie et une vidéo d'exactions commises en Syrie aussi, par d'autres parties prenantes au conflit ? Le nouvel algorithme de Youtube, conçu pour supprimer les contenus de propagande à caractère violent, n'y parvient pas. Des vidéos d'observateurs ou d'organisations indépendantes basées en Syrie, mises en ligne pour documenter les crimes commis durant le conflit, sont supprimées par le réseau social. Un problème grave, alors que les vidéos amateur, sur un terrain depuis longtemps difficile d'accès aux journalistes, sont les principales sources d'information sur la répression et les exactions.

Jusqu'à récemment, Youtube se reposait sur ses utilisateurs et sur un réseau de modérateurs professionnels pour réguler ses contenus. Mais sous le feu des critiques, notamment dûes à la présence massive de contenus de propagande djihadiste en accès libre, Youtube a récemment mis en place une nouvelle technologie d'intelligence artificielle, basée sur le "machine learning". Cette technologie identifie les vidéos au contenu particulièrement violent, et liste celles qui doivent rapidement être examinées par un consultant humain. Youtube affirme que toutes les vidéos, tôt ou tard, passent par un examen humain. Mais la nouvelle technologie de modération peut aussi supprimer automatiquement certaines vidéos, et envoyer des avertissements aux créateurs de contenus.

sur syrian archive, 150.000 à 200.000 vidéos disparues

Airwars, organisation indépendante basée à Londres documentant les frappes aériennes et leurs conséquences sur les populations civiles, raconte ainsi au New York Times l'effet de l'arrivée soudaine de la nouvelle technologie : "Nous avons brusquement reçu de nulle part des dizaines d'e-mails se succédant, disant que nos vidéos archivées semblaient violer les termes et conditions de Youtube. Nous avons reçu un avertissement formel, comme quoi si nous avions encore deux violations avérées [de la politique de Youtube en matière de contenus], notre chaîne serait supprimée." Or, la technologie de Youtube identifie mal les contenus à problème : trois des vidéos de Airwars effacées de leur chaîne étaient des "captures aériennes de frappes, publiées par le Pentagone", selon le New York Times. Elles ne contenaient aucune image violente.

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Le manager d'une agence de presse militante qui compte de nombreux correspondants en Syrie, "Qasioun News Agency", témoigne aussi avoir "reçu des avertissements pour toutes [ses] chaînes - anglaises, kurdes et arabes. (...) La chaîne en arabe avait le plus d'abonnés et a été complètement effacée." Plus de 6000 vidéos portant sur le conflit, engrangées depuis 2014, auraient ainsi été rendues temporairement inaccessibles.

Le travail d'archive assuré par les activistes syriens, pour engranger des preuves des exactions commises pendant le conflit -alors que les journalistes n'ont depuis longtemps plus accès au terrain dans des conditions convenables-, et porter leurs auteurs devant la justice lorsqu'il sera terminé, est ainsi gravement mis en danger. Le site Syrian Archive, conçu précisément pour cataloguer et consigner des preuves des atrocités commises depuis 2012 en Syrie, a vu "entre 150 000 et 200 000 vidéos disparaître depuis juillet", selon un témoignage recueilli par France 24. Et tandis que les grosses organisations de défense des droits de l'homme jouissent du support technologique pour télécharger et sauvegarder ces vidéos sur des supports extérieurs, les petits observateurs indépendants, eux, n'ont parfois que Youtube.

L'entreprise assure que l'intelligence artificielle de la nouvelle technologie de filtre va s'améliorer avec le temps et le nombre de vidéos analysées. Elle a aussi garanti que les comptes ou vidéos supprimées injustement sont rapidement remises en ligne, dès que ses équipes en sont averties.

L'occasion de consulter notre dossier : "Syrie, guerre à huis clos".

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15h47 @rrêt sur images

Cyclones à la télé : "Le Jour d'Après", ça cogne beaucoup plus"

Par
la rédaction le 19/09/2017

Des reporters trempés, hurlant dans le micro tandis que le vent fait claquer leur imper sur leur visage. Ces images familières, marronniers des ouragans, sont-elles vraiment utiles pour alerter l'opinion publique sur l'effet du changement climatique? Question posée aux invités de notre émission de la semaine. Pour Stéphane Foucart, journaliste au Monde chargé des questions environnementales, ces images ne sont pas assez choquantes, comparées aux blockbusters catastrophistes à la "Jour d'Après", pour choquer qui que ce soit. Mais en même temps, tempère Jean-Louis Caffier, journaliste et consultant environnement pour BFMTV, ces images pourraient représenter l'avenir qui attend les hommes si rien n'est fait. Une sorte de "pédagogie" par anticipation, en somme.

 

Pour voir l'intégralité de l'émission, c'est ici.

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12h23 suivi

Paparazzi : Macron n'a pas "retiré" sa plainte. Elle allait être classée sans suite

Par
Capucine Truong le 19/09/2017

Pas vraiment un "geste d'apaisement" de la part de l'Elysée? Ce mardi 19 septembre, Mediapart révèle que la plainte d'Emmanuel Macron contre le photographe Thibault Daliphard n'aurait pas été retirée par le président comme Challenges l'avait avancé vendredi dernier, dans un souci "d'apaisement" mais classée sans suite pour "absence d'infraction" par le parquet de Marseille.

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Pour rappel, un communiqué de l'Elysée du 15 août indiquait qu'une plainte avait été déposée "au nom du président" pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre Daliphard, lui reprochant d'avoir tenté de s'introduire dans la propriété dans laquelle le président séjournait durant ses vacances à Marseille. Une version démentie par le photographe lui-même. Comme le rapporte Mediapart, le photographe raconte avoir été contrôlé une première fois par un policier aux abords de la demeure où devait séjourner le couple présidentiel, et "s'est vu répondre qu'il n'y aurait pas de possibilité de prendre des clichés ce jour-là, mais éventuellement quelques jours plus tard." Revenu le lendemain pour "prendre des nouvelles", sans appareil, il aurait alors été "embarqué et placé en garde à vue pendant six heures."

Contacté par Franceinfo, l'Elysée affirmait au contraire que le photographe s'était montré "très insistant et désagréable pendant la campagne" et qu'il avait "déjà franchi à plusieurs reprises les limites."

"une façon de réchauffer ses relations avec les médias"

L'enquête préliminaire a donc amené le parquet de Marseille à trancher dans le sens de la version du photographe, en classant sans suite l'enquête préliminaire pour "harcèlement" et violation de la vie privée, pour "absence d'infraction" : il ne se serait nullement rendu coupable des faits reprochés. Un camouflet pour l'Elysée qui, selon Mediapart, aurait décidé de retirer sa plainte en ayant pris connaissance du tour que prenait l'enquête préliminaire.

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Une habile manoeuvre de communication, déguisée en geste magnanime, et relayée via l'hebdomadaire Challenges (dont le nouveau porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, est un ex-collaborateur), qui titrait le 15 septembre son scoop : "Exclusif. Emmanuel Macron vient de décider d'abandonner les poursuites judiciaires qu'il avait engagé (sic) contre un paparazzi. Une façon aussi de réchauffer ses relations avec les médias." Pas sûr que ce soit un succès.

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00h36 lu

Réseau mobile : la presse couvre les opérateurs

Par
la rédaction le 19/09/2017

L'Autorité de régulation des opérateurs télécom (Arcep) met son nez dans les mensonges des opérateurs télécom... mais l'information ne fait pas la une. Lundi 18 septembre, l'Autorité a mis en activité un nouvel outil, une carte permettant de mesurer la couverture réseau de quatre opérateurs, Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR, avec une précision inégalée jusqu'à présent. La carte est accessible sur monreseaumobile.fr, sur la base des données publiées par les opérateurs eux-mêmes, suite à une décision de l'Arcep. Et les résultats mis en évidence par la carte sont bien différents de ce que ces opérateurs prétendaient.

Alors qu'ils assurent officiellement couvrir 90% du territoire pour Bouygues Telecom et 98% pour Orange, "[Orange] offre une très bonne couverture seulement sur 60% de la surface du pays, Free, qui bénéficie d'un accord d'itinérance avec Orange, sur 57%, SFR 54% et Bouygues Telecom 48%", analyse Sandrice Cassini, du Monde. De même, la couverture de la population, officiellement assurée à 99%, se situe en réalité à 90% pour Orange et Free, 87% pour SFR et 85 pour Bouygues Telecom.

Les consommateurs seraient donc trompés par les opérateurs? Ce n'est pourtant pas l'information qui ressort dans la majorité des titres des articles qu'a consacré la presse en ligne au sujet. La plupart titrent sur le nouvel outil, la carte, qui permettrait aux consommateurs de mieux choisir leurs opérateurs... maintenant qu'ils savent qu'ils sont trompés sur la véritable couverture réseau. Ainsi, Libération, L'Express, Les Echos Start, LCI, Sud Ouest, le Huffington Post, La Croix.fr, et Le Figaro.fr Particulier ont tous titré sur le nouvel outil, et non sur les véritables chiffres de la couverture.

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A l'autre extrémité du spectre, seul Le Monde a mis les pieds dans le plat avec un titre négatif : "Téléphonie mobile : seul 60% du territoire français est parfaitement couvert."

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01net.com, un site d'actualité informatique gratuit, titre aussi : "3G : la couverture des opérateurs n'est pas si bonne que ça." Apparemment, la couverture de la presse non plus.

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19h05 lu

Cabrel/Deezer : articles et pub se chevauchent dans Le Parisien

Par
Anne-Sophie Jacques le 18/09/2017

40 ans de carrière, ça se fête. Et pour fêter ces quatre décennies, le chanteur Francis Cabrel n’a pas seulement livré en exclusivité ses deux dernières chansons (inédites) à RTL et à RFM, mais il a décidé de mettre son répertoire sur les plateformes de musique en ligne qu’il boudait jusqu’à présent.

Cabrel Le Parisien

De nombreux médias saluent le geste aujourd’hui, et notamment Le Parisien qui interroge le chanteur sur ce choix de la modernité. Cabrel l’avoue : "je me suis rendu compte que les gens étaient demandeurs. […] Je me suis moi-même abonné à une plate-forme il y a un an. Et j’ai trouvé ça extrêmement pratique". Si le chanteur ne va pas jusqu’à révéler le nom de cette plate-forme, Le Parisien de son côté en profite pour publier un deuxième article, sous l’interview, consacré cette fois-ci à Deezer, site de streaming français qui proposera, comme son concurrent suédois Spotify (numéro un mondial), Apple Music ou encore Quobuz, les quelques 200 chansons de Cabrel.

Deezer Le Parisien

Et là encore, c’est une histoire d’anniversaire, puisque Deezer fête ses dix ans. L’occasion de rappeler que le site est "indétrônable dans l’Hexagone, avec 40% de parts de marché" et d’interroger son patron, Alexis de Gemini. Ce dernier nous apprend que Deezer a "7 millions de visiteurs uniques par mois en regroupant nos utilisateurs qui ont un abonnement à 9,99€ et ceux qui écoutent gratuitement de la musique entrecoupée de pubs". On apprend également que le site "met à disposition 43 millions de chansons dont 125 000 nouvelles par semaine". Et quand le quotidien pointe du doigt les maigres 0,0003 euros reversés aux ayants droit à chaque écoute, le patron du site balaie le reproche en assurant que "le streaming a sauvé l'industrie musicale". Pour autant, comme le souligne le journaliste de Libération Alexandre Hervaud sur Twitter, Le Parisien ne rappelle pas les débuts de Deezer, né sous le nom de BlogMusik, et qui fut fermé en 2007, selon le site Numérama, "après une mise en demeure des sociétés de gestion collective de droits" avant de rouvrir six mois plus tard sous le nom d’aujourd’hui, en règle cette fois-ci avec la Sacem.

Deezer Cabrel Pub

Page 31 du Parisien du 18 septembre 2017

Hasard du timing : deux pages plus loin, le lecteur du Parisien peut découvrir une pub… pour Deezer qui fête l’arrivée de Cabrel dans son catalogue. Interrogé par @si sur cette concomitance, le pôle culture du quotidien répond sèchement qu’il "ne [travaille] pas avec le service pub".

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18h59 Hors Série

"La bourgeoisie est demandeuse de déficit" (Friot/Hors-Série)

Par
la rédaction le 18/09/2017

"Tant que nous sortons pas du capitalisme, nous ne sortirons pas du déficit !" Invité sur le plateau de Hors-série cette semaine, Bernard Friot est venu présenter son dernier ouvrage intitulé Vaincre Macron à paraître en octobre aux éditions La Dispute. Le sociologue et économiste, connu pour ses travaux sur le revenu universel – qu’il a exposés sur Hors-série et sur @si – propose tout bonnement de changer de stratégie pour "sortir de la logique de défaite où se trouve piégée la contestation des travailleurs depuis plusieurs décennies", comme l’écrit Judith Bernard qui mène l’entretien avec Friot. Exemple, poursuit Judith : "il faut arrêter de réclamer un meilleur «partage» de la valeur, [il est] urgent de ne plus vouloir «une plus grosse part du gâteau». S'agissant de gâteaux, il faut changer de braquet : on ne veut pas «une plus grosse part». On veut la maîtrise de la boulangerie".

Dans cet échange, long d’une heure et demie, le sociologue se penche sur le cas de la Sécurité sociale – le fameux trou de la sécu. Selon lui, "la bourgeoisie est demandeuse de déficit car comme elle est prêteuse […] pour avoir l’occasion de faire du profit sur les prêts. Elle revend la dette de la sécu sur les marchés privés. On amortit 80 milliards de dettes en payant 41 milliards d’intérêts payés par nos cotisations". Un système pervers et délétère, dont Emmanuel Macron est aujourd’hui le héraut, qui conduit Friot à vouloir sortir du capitalisme, et vite.

Pour retrouver l'intégralité de l'émission avec Bernard Friot animée par Judith Bernard, c'est ici >>

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15h56 @rrêt sur images

"Avant 2005, le mot climatosceptique n'existait pas en français"

Par
la rédaction le 18/09/2017

En France, dans les années 80, les industriels et les groupes d'intérêt pestent contre les écolos qui les empêchent de polluer. Mais personne ne remet en cause le changement climatique. C'est des Etats-Unis, via internet, que va s'infiltrer la vulgate climatosceptique en France, explique Stéphane Foucart, journaliste au Monde chargé des questions environnementales, sur notre plateau cette semaine. Sans internet, les climatosceptiques n'auraient pas aujourd'hui leur place dans le monde de la presse et de l'édition.

 

Pour voir l'émission en intégralité, c'est ici.

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11h38 vu

Patrimoine : la leçon d'histoire de Mathilde Larrère à Macron

Par
la rédaction le 17/09/2017

Ne joue pas aux apprentis historiens qui veut. En visite hier au château de Monte-Cristo (Yvelines) pour les journées du Patrimoine, le chef de l’Etat s’est fait recadrer par… notre chroniqueuse, l’historienne Mathilde Larrère. Accompagné par son nouveau "Monsieur Patrimoine", Stéphane Bern, Emmanuel Macron a entrepris, devant les caméras de son service com', un petit cours d’histoire improvisé face à des élèves de CM2 au sujet de l’édit de Villers-Cotterêts. La vidéo a été postée par le compte Twitter du président.

Et c’est Bern qui débute la leçon : "Ça s’appelle les ordonnances de Villers-Cotterêts. François Ier a signé ces ordonnances qui font du français la langue officielle. Si nous parlons tous le français, c’est grâce à l’ordonnance de Villers-Cotterêts." Et Macron d’enchaîner en professant : "On est tous Français alors qu’on parlait souvent des patois un peu différents. Notre pays s’est fait par la langue.Le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français."

"Oh purée ça commence fort"

Une leçon d’histoire improvisée qui a bien failli faire s’étrangler notre chroniqueuse. "Oh purée ça commence fort" s’écrie sur Twitter Mathilde Larrère, qui se lance alors dans une mise au point historique en une série de tweets sur cette "mésinterprétation de l’édit".

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Comme elle le rappelle, l’édit de Villers-Cotterêts, signé en 1539 par François Ier, "n’impose en aucun cas le français comme langue aux populations du royaume (…) il dit juste que les actes légaux et notariés sont en français et non plus latin". Voilà qui "n’a rien à voir avec une lutte contre le patois", explique-t-elle, avant de tacler l’animateur de Secrets d’histoire (qui n’a jamais fait secret de ses penchants royalistes) : "L’édit, c’est surtout une étape dans l’imposition du pouvoir royal (et ça il aime Stéphane, le pouvoir royal !)". En historienne des révolutions et de la citoyenneté, elle ajoute à l’adresse du tandem Bern-Macron : "Ce que vous tentez d’attribuer à François Ier… c’est la révolution qui l’impose", allusion au décret du 2 Thermidor an II, et au rôle de l'abbé Grégoire.Un recadrage aussitôt repris par nombre de sites d’info qui, du Huffington Post, à BFM, en passant par le Lab et le site du Point, n’ont pas manqué de souligner la "leçon d’histoire ratée" du président.

L'occasion de voir ou revoir les chroniques de Mathilde Larrère pour Arrêt sur images

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19h09 lu

Unanimisme JO : les journalistes aussi ? (Le Monde)

Par
la rédaction le 15/09/2017

Quand on couvre la candidature de Paris aux JO, le fait-on en journaliste ou en Français ? Manifestement, l'équipe française de Paris 2024 considère qu'on doit le faire en Français. C'est ce que raconte,dans un billet publié aujourd'hui, Yann Bouchez, journaliste au Monde et envoyé spécial à Lima pour l'annonce officielle. "Vous devriez être contents", aurait lancé la ministre des Sports, Laura Flessel, aux journalistes présents sur place. Contents, pourquoi ? Parce que toutes les autres villes concurrentes se sont désistées, certaines arguant notamment, comme Oslo, que les JO coûtent trop cher ? Parce que les organisateurs se montrent optimistes sur le budget des Jeux 2024, alors que les précédents jeux de Rio ont occasionné un dépassement de près de 50 % par rapport au coût initial ?

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Non, tout cela, raconte Bouchez, il est préférable de ne pas le crier sur les toits et d'agir en patriote. Bouchez estime que durant tout le temps de la candidature, les dirigeants de Paris 2024 auraient gentiment intimé aux journalistes de respecter un certain "unanimisme", mâtiné d'humeur amicale. Si, explique le journaliste, "l'objectif d'une bonne entente est louable (...) il tend à effacer les barrières entre médias et membres de Paris 2024." De même que "la recherche de cohésion a tendance à se transformer en volonté d'unanimité." Ainsi, dit-il, les journalistes sont invités à se laisser prendre dans l'enthousiasme général, à reprendre "les notions, parfois floues et répétées ad nauseam, de «valeurs olympiques», de «Jeux durables», ou encore d'«héritage pour tous.»"

Et surtout à ne pas voir "le verre à moitié vide", par exemple s'interrogeant sur l'adhésion des Français au projet ou les dépenses en infrastructures. Toute critique ou réticence étant vue au mieux comme une plainte de grincheux rabat-joie, au pire comme une attaque. 

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19h06 vu

Pilule : erreur laissée en ligne par Brut

Par
la rédaction le 15/09/2017

"On a plus de femmes qui vont décéder à cause de la pilule chaque année que de violences conjugales." C'est par cette phrase particulièrement anxiogène que débute une vidéo publiée par Brut le vendredi 8 septembre. Le média, diffusé exclusivement sur les réseaux sociaux, y laisse la parole à la journaliste Sabrina Debusquat à l'occasion de la sortie du livre J'arrête la pilule dans lequel elle décrit le moyen contraceptif comme "un scandale sanitaire touchant 4.5 millions de femmes".

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Seulement voilà, le 12 septembre,Buzzfeed conteste la véracité de l'information. Concrètement, en 2016, 123 femmes seraient décédées suite à des violences conjugales, tandis que la pilule n'aurait fait que 20 victimes. Sur twitter, les comptes ComSciComCa et Galamolecules expliquent que la jeune femme aurait comparé "une donnée à vie sur les cas de cancers liés à la pilule à une donnée annuelle sur le nombre de victimes de violences conjugales". Sur son blog, la journaliste reconnaît s'être trompée et indique que l'information sera corrigée dans les réimpressions éventuelles de son livre.

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Extrait de l'erratum publié par Sabrina Debusquat sur son blog.


Interrogé par Buzzfeed, Laurent Lucas, le rédacteur en chef de Brut affirme que "cette vidéo est le point de vue de la journaliste, pas celui de Brut" tout en admettant "avoir fait une erreur". Pourtant, la vidéo contestée est toujours en ligne et n'a connu aucune modification. Un simple commentaire a été publié par l'équipe de Brut sous la vidéo sur Facebook (mais toujours rien sur Twitter). Vue plus d'1,3 million de fois sur Facebook, cette dernière continue d'être massivement partagée sur les réseaux sociaux.

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Commentaire rectificatif de Brut à la suite de la vidéo

(Par Valentin Le Roux)

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16h59 vu

Macron et les lingettes : l'intox relayée sur LCI

Par
la rédaction le 15/09/2017

On la pensait enfin disparue. L'histoire des lingettes utilisées par Emmanuel Macron après avoir serré des mains a fait son retour dans La Médiasphère sur LCI. Hier, Elodie Mielczareck, une sémiologue intervenant régulièrement dans l'émission, était encouragée à donner son avis sur le déplacement du président de la République aux Antilles à la rencontre des victimes de l'ouragan Irma. Pour souligner l'opération de communication et "le décalage entre ce qui est montré et la réalité", elle va s'appuyer sur une information contestée de nombreuses fois au cours de la campagne présidentielle. Mielczareck s'interroge : "La question que je me posais, c'est : est-ce qu'il a prévu ses lingettes ? Parce qu'il a serré beaucoup de mains sur cette île." Elle poursuit : "Il avait fait beaucoup parler de lui justement quand il avait serré beaucoup de mains et qu'il était là [à demander] " est-ce qu'il y a des lingettes, des lingettes ?".

Lors de sa visite à Whirlpool Amiens durant l'entre-deux-tours, les ouvriers avaient accusé Macron de ne pas vouloir leur serrer la main. Une enquête du Monde avait pourtant révélé que Macron n'avait pas tenu de tels propos mais qu'une fake news inspirée d'un article du Gorafi puis relayée par des pages Facebook d'extrême droite et par le site pro-frontiste Riposte laïque avait répandu la rumeur. Censée démontrer la véracité de l'information, une séquence tronquée du documentaire Emmanuel Macron, la stratégie du météore avait aussi été partagée via des sites tels que bellacio.org ou le compte twitter de Ridicule TV. On pouvait y voir Macron s'essuyer les mains après avoir serré la main de prétendus ouvriers. Une fausse information là encore puisqu'en regardant l'extrait dans son intégralité, il venait de prendre une anguille dans ses mains au cours d'une rencontre avec des pêcheurs.

Interpellée par les internautes sur son compte twitter, Elodie Mielczareck se défend d'avoir relayé une fake news à l'antenne.

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Contactée par la rédaction d'Arrêt sur Images, la sémiologue estime savoir d'un "ami chargé de la sécurité du président lors de son déplacement à Sciences-Po qu'il ne s'agit pas d'une fake news". Elle regrette cependant d'avoir évoqué la séquence tronquée - dont elle ignorait la malhonnêteté - plutôt que d'avoir "explicité sa propre source".

L'occasion de (re)lire notre article :Macron / "mains sales": l'intox s'inspirait du Gorafi (Le Monde)

(Par Valentin Le Roux)

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15h34 suivi

Marseille : Macron retire sa plainte contre un paparazzi

Par
la rédaction le 15/09/2017

Un "geste d'apaisement" d'après l’Élysée. Selon une information de Challenges confirmée ensuite par le site FrancetvInfo, Emmanuel Macron a retiré sa plainte contre Thibaut Daliphard, le paparazzi auquel il reprochait d'avoir tenté de s'introduire dans la propriété dans laquelle il séjournait avec Brigitte Macron pendant leurs vacances à Marseille.

Même si le photographe niait cette accusation, un communiqué de l’Élysée datant du 15 août révélait qu'une plainte avait été déposée "au nom du président" pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée". Contacté par Francetvinfo, l’Élysée continue d'affirmer que ce photographe s'était montré "très insistant et désagréable pendant la campagne" et qu'il avait "déjà franchi à plusieurs reprises les limites" avant d'ajouter qu'aujourd'hui, "c'est du passé".

La saisie de la justice par l'actuel président avait créé la polémique. Dans un article de VSD, le photojournaliste estimait avoir été "traité comme un criminel" lors de sa garde à vue. D'autres médias comme Mediapart se demandaient si la plainte de Macron contre un photographe n'était pas une décision "déséquilibrée" puisque ce dernier dispose d'une immunité présidentielle.

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Article publié sur le site internet de VSD le 14 août 2017

L'occasion de (re)lire nos articles : "Vacances: plainte de Macron contre un photographe pour «tentative d'atteinte à la vie privée»" et "Paparazzi: la plainte «déséquilibrée» de Macron"

(Par Valentin Le Roux)

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