Série d'été : la vraie histoire des complots

Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h06 suivi

Parti démocrate, Turquie, Nice : pluie de critiques sur Wikileaks

Par
Anne-Sophie Jacques le 29/07/2016

Wikileaks sous le feu des critiques. Après la publication de messages privés de dirigeants du parti démocrate américain – que les médias US ont considéré comme une fuite d’origine russe comme nous le racontions ici – l’organisation de Julien Assange est aujourd’hui critiquée pour avoir diffusé, suite au coup d’Etat manqué en Turquie le 15 juillet, des messages provenant de l’AKP, le parti du président Erdogan, mais aussi un lien vers des bases de données électorales turques. Hier, sur Twitter, le célèbre lanceur d'alerte Edward Snowden s’est élevé contre les méthodes de Wikileaks.

"A quoi joue Wikileaks ?" se demandait mardi le site Rue89. La question mérite d’être posée après les nouvelles publications de l’organisation fondée par Julien Assange suite au coup d’Etat manqué en Turquie le 15 juillet dernier. Quatre jours plus tard, le 19 donc, Wikileaks a publié près de 300 000 messages, "fichiers joints compris, provenant de 762 boîtes mails de l’AKP, le parti du président turc Erdogan". Pour Wikileaks, cette publication de matériel piraté une semaine avant le putsch manqué est une réponse (précipitée) aux purges engagées par le gouvernement turc qui s’en prend aussi bien à l’armée, à la justice, à l’enseignement qu'aux médias. Depuis, le gouvernement turc a même ordonné la fermeture de trois agences de presse, 16 chaînes de télévision, 45 quotidiens, 15 magazines et 23 stations de radio. Selon Euronews, on estime qu’au moins 100 000 personnes ont été arrêtées, limogées, licenciées ou suspendues. Mais c'est dès le 19 que les autorités turques ont bloqué l’accès au site Wikileaks qui a subi de son côté 24 heures d’attaques informatiques avant de pouvoir publier ces informations.

Rue 89 Wikileaks

Seulement voilà : selon Rue89 qui cite l’universitaire Zeynep Tufekci, une Américaine d’origine turque, la publication par WikiLeaks est "irresponsable, sans intérêt public et potentiellement dangereuse pour des millions de gens". Visiblement, les messages épluchés par des journalistes turcs et des militants anti-censure n’apportent pas d’indices accablants. La chercheuse regrette également l’utilisation de ces données par certains journalistes : l’un d’entre eux aurait "écrit ainsi que 1 400 des mails sont liés à Fethullah Gulen, l’opposant exilé aux Etats-Unis et accusé par le régime turc d’être l’inspirateur de la tentative de coup d’Etat. Or Gulen signifie aussi «sourire» (le verbe et le nom), et une partie des mails en cause sont des publicités du genre «vacances souriantes en Méditerranée»" raconte Rue89.

Mais il y a pire : "WikiLeaks a posté sur les réseaux sociaux des liens vers des bases de données massives, «contenant des informations sensibles et privées sur des millions de gens ordinaires, dont une base particulière de presque toutes les femmes adultes en Turquie», électrices de 79 des 81 provinces du pays. Cette base de données contiendrait les adresses personnelles et d’autres données, y compris parfois les numéros de téléphone mobile, ainsi que le numéro d’identification nationale qui sert à accéder à divers services."

Le courroux de Snowden

Suite aux accusations de l’universitaire et après des échanges tendus, le compte Twitter de cette dernière a été bloqué par Wikileaks qui assure ne pas avoir publié les bases de données mais seulement un lien "vers la source complète" des données. De fait, comme le raconte Le Monde, "cette source complète, publiée sur Archive.org par le chercheur en sécurité Michael Best, qui a depuis reconnu avoir fait une erreur, contenait en effet une base de données électorale quasi complète, incluant des données personnelles et les adresses postales de citoyens turcs. Archive.org a supprimé l’accès à ces documents". Une boulette donc.

Et cette boulette semble être restée en travers de la gorge d’Edward Snowden – à l’origine des révélations sur la NSA, l'Agence nationale de sécurité américaine. Si ce dernier a relayé le 20 juillet sur Twitter le blocage de Wikileaks par les autorités turques confirmant ainsi l’authenticité (ou l’intérêt) de cette fuite, il a changé de ton hier. Selon lui, "démocratiser l’accès à l’information n’a jamais été aussi important, et WikiLeaks a aidé à le faire. Mais leur hostilité à la plus minime des curations est une erreur". Comme le souligne Le Monde, "la réponse de WikiLeaks [à Snowden] ne s’est pas fait attendre : «L’opportunisme ne vous fera pas obtenir une grâce de Clinton.»"

Snowden Wikileaks

Ce reproche de Snowden fait suite à une série de critiques essuyée par Wikileaks depuis plusieurs semaines et notamment après la publication de messages privés de dirigeants du parti démocrate américain révélant l'aversion de la direction démocrate pour Bernie Sanders (comme nous le racontions ici) et considérée par les médias US comme une fuite d’origine russe (comme nous le racontions ). Pour autant, note Le Monde, les critiques fusent "de la part d’acteurs qui soutiennent habituellement le site de Julian Assange". Et de citer un exemple français : "la publication par WikiLeaks, sur son compte Twitter, d’images non censurées de l’attentat de Nice a […] suscité une vague d’incompréhension. Pris à partie par le journaliste de Télérama Olivier Tesquet, WikiLeaks a estimé que la publication de ces images était importante pour montrer la réalité «à ceux, à gauche comme à droite, qui veulent la balayer sous le tapis»".

L'occasion de relire notre article : "De Wikileaks à France 2, polémiques sur la tuerie de Nice"

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16h05 vous n'êtes pas obligés

La BBC priée de ne pas oublier les daltoniens

Par
la rédaction le 29/07/2016

En Grande-Bretagne, les daltoniens voient rouge. Voilà plusieurs mois que Colour Blind Awareness, l’association britannique de sensibilisation au daltonisme, alerte la BBC. La raison ? Un certain nombre de graphiques électoraux diffusés par les chaînes du groupe public sont totalement inintelligibles pour les personnes affectées par cette anomalie de la perception des couleurs (qui touche près de 2 millions de personnes au Royaume-Uni.)

Après de multiples plaintes déposées auprès de BBC et restées jusqu’ici sans réponse, l’organe de supervision du groupe audiovisuel, le BBC Trust a finalement remonté les bretelles du radiodiffuseur mercredi 21 juillet, comme le souligne ce vendredi le Guardian. L’organe directeur déplore que la BBC n’ait "pas tenu compte des besoins d’une minorité significative" de son audience et demande au groupe de revoir entièrement ses usages pour rendre ses contenus accessibles aux personnes atteintes de daltonisme.


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"La BBC ne peut pas continuer à discriminer sciemment près de 5% de la population" a insisté pour sa part l’association Colour Blind Awareness qui dénonce notamment la couverture par la BBC des élections législatives de 2015, considérée à ce titre comme un véritable "fiasco" en la matière. En cause: les diagrammes et infographies présentant les résultats électoraux et utilisant une palette de couleurs et une variété de tons tout bonnement illisibles pour les daltoniens


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Des textes en lettres blanches sur des fonds de couleurs claires, illisibles pour certains téléspectateurs.

Autre casse-tête pour certains téléspectateurs : des graphiques qui mêlent les couleurs sans plus d’informations textuelles. Comment dès lors, pour un daltonien, différencier le bleu des conservateurs et le violet de l’UKIP ? Ou encore le rouge du Labour et le orange des Libéraux démocrates, lequel peut être lui-même confondu avec le jaune du Parti national écossais... De quoi ne rien y comprendre (est-il déjà compréhensible pour les non-daltoniens ?).


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De son côté, la BBC s’est finalement justifiée en expliquant qu’elle n’avait alors fait qu’utiliser les couleurs officielles des partis. Depuis, elle aurait pris les choses en main, en utilisant les logiciels spécialisés Snook et Vischek pour la conception de ses graphiques et sensibiliserait également ses graphistes à la question du daltonisme via des formations. "Malheureusement, beaucoup de graphiques de la BBC sont encore inadaptés, nous sommes impatients de savoir comment et quand la BBC à l'intention de mettre en œuvre ces changements", juge Colour Blind Awareness.

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19h58 on aurait aimé le dire

Coalition Ei : erreur de date dans un édito du Monde

Par
la rédaction le 28/07/2016

Erreur de taille dans Le Monde. Le 27 juillet dans un éditorial intitulé "Résister à la stratégie de la haine", le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, écrivait, au lendemain de l'attentat dans une église près de Rouen où un prêtre a été tué : "Nous ne sommes pas visés au hasard, mais pour ce que nous sommes. Nous ne sommes pas frappés pour notre appartenance à la coalition qui combat l'EI en Irak et en Syrie : la France ne l'a rejointe qu'après avoir été attaquée."

Les attentats en France, revendiqués par l'EI ou d'autres groupes terroristes, n'auraient donc rien à voir avec l'engagement de l'armée française en Irak et en Syrie ? Problème : comme l'a fait remarquer l'enseignant et chercheur Julien Salingue sur Twitter, la France a rejoint la coalition internationale plusieurs mois avant les attentats de janvier 2015 en France. C'était en septembre 2014, comme cela est très bien expliqué dans un article intitulé : "Contre l'EI, chronologie d'une coalition internationale en ordre dispersée", publié le 23 novembre 2015 sur le site du... Monde. 60 pays s'unissent alors pour former une coalition contre l'EI menée par les Etats-Unis. Parmi eux ? La France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, l’Australie, le Danemark et le Canada rejoignent la campagne américaine de bombardements en Irak, débutée un mois plus tôt.


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Le Monde, 23/11/2015

Le directeur du Monde a-t-il confondu l'entrée de la France au sein de cette coalition avec les premières frappes en Syrie ? En effet, en septembre 2015, l'armée française menait ses premières frappes près de Deir Ezzor, dans l'est du pays. En marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, François Hollande avait déclaré : "Nos forces ont atteint leurs objectifs : le camp a été en totalité détruit. Six avions ont été utilisés, dont cinq Rafale.Les cibles ont pu être identifiées grâce à des vols de reconnaissance mais aussi grâce à la coalition qui nous a fourni également des informations."

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19h34 suivi

Nice : renfort refusé, effectifs en berne... Les autres conclusions de l'IGPN

Par
la rédaction le 28/07/2016

Les effectifs de police n'étaient donc "pas sous-dimensionnés" le soir du 14 juillet à Nice ? Hier soir, les journaux télévisés ont abondamment relayé cette conclusion du rapport, dévoilé hier, de la police des polices (l'IGPN) sur le dispositif de sécurité le soir de l’attentat qui a fait 84 morts sur la Promenade des Anglais.

Pourtant, c’est loin d’être la seule conclusion digne d’intérêt du rapport commandé le 21 juillet par Bernard Cazeneuve pour éteindre les polémiques sur les failles éventuelles du dispositif déployé ce jour-là à Nice. Car si l’IGPN conclut en définitive à un service d’ordre "correctement dimensionné" et affirme que "64 policiers nationaux étaient bien sur la Promenade des Anglais" le soir de l’attentat, contrairement à ce qu'affirmait l'élu niçois, Christian Estrosi, les enseignements du rapport ne s’arrêtent pas là.

Une demande de renfort refusée

En effet, rares sont les médias à mentionner, par exemple, que peu avant le 14 juillet, une demande de renfort de forces mobiles (CRS ou gendarmes) avait été refusée à la préfecture. C’est pourtant écrit dans le rapport, comme le relevait Le Monde hier.


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"La demande de la préfecture des Alpes-Maritimes, sur la base d’une évaluation à 30 000 du nombre de spectateurs répartis en divers lieux, et en l’absence de risque particulier signalé par le renseignement territorial, n’a, en conséquence, pas été satisfaite", explique ainsi le rapport. La raison ? Priorité avait été mise sur d’autres villes : Marseille et Toulouse ("risques de violences urbaines"), Montpellier ("départ de la douzième étape du Tour de France"), Carcassonne ("500 000 spectateurs attendus pour «l’embrasement» de la ville") et Avignon où se tient le festival. Pas de renfort de CRS ou de gendarmes mobiles donc à Nice ce 14 juillet à la différence des années précédentes.

effectifs en berne par rapport aux années précédentes

Mais quels étaient les effectifs réels ? Comme le souligne Le Monde, "si le calcul n’est jamais présenté clairement, les notes de bas de page du rapport permettent de dresser un comparatif du nombre de membres des forces de l’ordre" de la police nationale mobilisés sur les trois dernières fêtes nationales. En 2014 ? En tout, 89 personnes dépendant du ministère de l’Intérieur étaient mobilisées (52 policiers de la direction départementale de la sécurité publique, DDSP, ainsi que 37 CRS). En 2015 ? Pas moins de 104 agents (44 policiers de la DDSP et 60 gendarmes). Et cette année donc ? 64 policiers nationaux selon le chiffre de l’IGPN. C’est là l’un des autres enseignements du rapport : cette année, le dispositif déployé par le ministère de l’Intérieur était (bien) moins conséquent que les deux années précédentes.

Et ce n’est pas tout. Cette année, la DDSP a donc puisé sur "ses seules ressources propres", pointe le rapport, en faisant appel à "des effectifs inhabituellement employés sur ce type de mission (formateurs, chargés de prévention, cadets)". Les cadets ? Il s’agit d’agents non titulaires, de jeunes non diplômés qui préparent le concours de gardien de la paix. Finalement, si l’inspection juge "satisfaisant" et "pertinent dans son principe" le niveau d’engagement des effectifs par rapport aux éditions précédentes du feu d’artifice du 14 juillet à Nice, elle considère néanmoins que le dispositif déployé, des points de contrôles aux entrées de la zone piétonne et des contrôles aléatoires dans la zone, "n’était pas adapté à ce type d’attaque dont la nouveauté et l’intensité étaient au-delà de toute prévision." De quoi démonter les polémiques qui sont, selon l’IGPN, "le fruit d'une mauvaise compréhension et interprétation des informations"? Pas si sûr.


L'occasion de relire nos articles : "Guerre de com' après les accusations de Sandra Bertin contre le ministère de l'Intérieur" et "Nice : Libé accuse Cazeneuve d'avoir menti sur le rôle de la police nationale"

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19h34 suivi

Ne plus montrer le visage des terroristes : "Le Monde" revient sur sa position

Par
Robin Andraca le 28/07/2016

Le débat continue. Après l'attentat de Saint-Etienne-de-Rouvray, où un prêtre a été égorgé, Le Monde et BFMTV avaient annoncé qu'ils ne diffuseraient plus les photos des auteurs d'attentats. Le Monde est depuis revenu sensiblement sur sa décision. De leur côté, Libération et Mediapart ont expliqué pourquoi ils continueraient à montrer le visage des terroristes.

Hier, 27 juillet, dans un long édito publié en Une, le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio affirmait que son journal ne publierait plus de photos de terroristes : "Pour éviter d'éventuels effets de glorification posthume". Une décision forte pour le quotidien, rejoint quelques heures plus tard par la chaîne BFMTV, qui ne souhaitait pas, de son côté, "créer un trombinoscope des terroristes".

Plus de visages de terroristes dans les pages ou sur le site du Monde ? Dans un mail adressé à sa rédaction ce mercredi, évoqué dans un article publié sur le site du quotidien aujourd'hui, Fenoglio a tenu à préciser ses propos : "Cette demande porte principalement sur des images tirées de leur vie quotidienne ou sur celles, souvent prises par eux-mêmes, précédant leur passage à l’acte" écrit-il, avant d'ajouter : "Cette demande ne concerne pas les documents de type pièce d’identité, ou les images apportant différents type de preuves (par exemple capture écran attestant d’une présence à tel endroit, photo de groupe donnant des informations sur des proximités entre personnes ou réseaux), accompagnées d’explications, et/ou éventuellement recadrées."


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Les précisions du Monde

Le Monde aurait-il retourné sa veste, comme semble le penser sur Twitter le directeur adjoint de la rédaction de Libération, Johan Hufnagel ? En attendant d'en avoir le cœur net, le débat continue et les éditos pleuvent. Pour Laurent Joffrin, directeur de publication de Libé, cesser de publier les photos des terroristes est une fausse bonne idée. "Croit-on sérieusement qu’en étant privés d’image, les terroristes s’en trouveront modérés, ralentis, dissuadés ?", écrit-il dans un édito publié ce 28 juillet. "Dans leur pathologie criminelle, ils obéissent aussi à des mots d’ordre calculés. Nourrie de folie identitaire, de dogmatisme religieux, de haine antimoderne, leur pulsion meurtrière est aussi politique (...) Soyons réalistes : une photo publiée ou retenue ne changera rien à cette stratégie."


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Que faire alors ? "Mieux vaut, pour les citoyens, regarder la menace en face", selon Joffrin, "savoir à qui ils ont affaire, constater que les meurtriers qui commettent ces terribles forfaits ont aussi été des jeunes gens d’apparence inoffensive, semblables à tant de jeunes Français, issus ou non de l’immigration". Le directeur de Libé conclut son édito ainsi : "La meilleure résistance consiste aussi, en même temps que de lutter avec la dernière énergie contre l’entreprise terroriste, à faire fonctionner normalement les mécanismes de la démocratie (...) La liberté d’informer en fait partie. L’écorner, c’est déjà faire une concession au terrorisme."

"Faire face, avec distance"

Mediapart aussi continuera à montrer le visage des terroristes. Dans un édito également, le journaliste Antoine Perraud explique pourquoi. Selon lui, la mission des médias n'est pas de "garantir le regard" mais de "faire face, avec distance." "Le journalisme sombre dès qu'il part en mission, dès qu'il troque sa fonction pour une autre : justice naguère (affaires Alègre ou d'Outreau) ; moraliste prohibiteur aujourd'hui." "Un tel aveuglement collectif, décidé d’en haut, s’avère d’abord sociologiquement provocateur", estime Perraud qui, dans son "parti-pris", se questionne : "N'est-ce pas renvoyer davantage à son invisibilité un pan entier de la société, avec une violence symbolique décuplée parce que nationale, donc à même de favoriser des phénomènes d’identification au prétexte de les empêcher ?"

L'occasion de relire notre observatoire : "Le Monde et BFMTV ne montreront plus le visage des terroristes (mais l'AFP continuera)"

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12h11 vous n'êtes pas obligés

Photo/Hommage père Hamel : l'Elysée a-t-il supprimé Sarkozy ?

Par
la rédaction le 28/07/2016

L’Elysée a-t-il sciemment évincé Nicolas Sarkozy de la photo prise hier lors de l’hommage au père Hamel ? Comme le signale le site Le Lab d’Europe 1, la photo diffusée sur le compte Twitter de l’Elysée montre au premier plan Valéry Giscard d'Estaing, Claude Bartolone, Gérard Larcher, Manuel Valls et François Hollande présents dans la cathédrale Notre-Dame de Paris lors de la cérémonie en hommage au prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray tué – ou égorgé, c’est selon – le 26 juillet dernier.


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Un choix également fait par le site La Croix qui publie la photo resserrée. Or, sur d’autres clichés et notamment celui diffusé sur le compte Twitter de Ouest-France, apparaît Nicolas Sarkozy, à la gauche de Giscard d’Estaing.


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D’où l’émoi de certains élus Les républicains qui dénoncent une "censure élyséenne". Mais les élus ne sont pas les seuls à s’indigner. Le journaliste Robert Namias – ancien directeur général adjoint chargé de l'information de TF1 et aujourd’hui sur Europe 1 – trouve le procédé "franchement nul". Quant à Carl Meeus, rédacteur en chef du Figaro Magazine, il pose cette question : "l’Elysée met déjà en œuvre ce que des médias veulent faire : ne publier ni photo ni nom des «méchants»" ? Une référence au choix de certains médias de ne pas publier les photos des terroristes comme nous le racontions ici.

Sarkozy sur les photos, c'est une longue histoire. L'occasion de relire notre vite-dit : "Sarkozy/Charlie : Paris Match se ravise"

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19h26 suivi

Canal+ : Biraben licenciée pour "faute grave" (Les Jours)

Par
Justine Brabant le 27/07/2016

Officiellement le communiqué diffusé par Canal+ indiquait que "Maïtena Biraben a[vait] souhaité quitter la présentation du “Grand Journal” à la fin de la saison". L'histoire pourrait être moins rose : la présentatrice du Grand journal de Canal+ aurait été licenciée pour "faute grave", indique le site Les Jours dans un article publié ce mercredi 27 juillet.


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Le motif de cette "faute", qui lui a été exposé lors d'un entretien avec sa direction le 7 juillet : "Canal+ lui reproche une forme de déloyauté, d’avoir tout fait pour aboutir à une situation de blocage pour se faire payer sa clause de sortie, alors qu’elle voulait partir." Sa clause de sortie ? L'animatrice aurait en effet négocié, au moment de sa signature de contrat, "qu’en cas de licenciement du fait de l’employeur, l’animatrice toucherait des indemnités conséquentes" avance le site - qui s'est spécialisé dans le suivi de l'Empire Bolloré. Indemnités que Canal n'est pas tenu de lui verser en cas de "faute grave".

En juin, d'autres explications (pas forcément incompatibles) avaient été avancées au départ de Biraben. Des sites de presse avaient rapporté que l'animatrice souhaitait changer de producteur pour l'émission (et se débarrasser de Flab Productions), au contraire de Canal+, ou encore que Canal+ n'avait pas apprécié qu'elle tente de négocier son arrivée sur TF1.

Les Jours relèvent en tout cas qu'elle n'est pas la seule à avoir bénéficié de ce singulier traitement : avant elle,Rodolphe Belmer (directeur général du groupe Canal) et Ara Aprikian (qui dirigeait le pôle gratuit du groupe) avaient été licenciés pour "faute grave". Quant au patron du Zapping, Patrick Menais, il avait écopé d'une sanction plus élevée encore : la "faute lourde". Pour Belmer et Aprikian, le départ s'est finalement réglé via des négociations. "Une façon, souvent, de faire peur, de mettre la pression, histoire que le viré ne fasse pas d’histoire", analysent Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts.

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19h16 @rrêt sur images

Illuminatis/complot : que veut dire l'oeil sur le billet vert américain ?

Par
la rédaction le 27/07/2016

L'oeil qui surplombe une pyramide tronquée sur le billet d'un dollar américain est-il le symbole des Illuminatis ? Pour notre première émission de la série d'été consacrée à l'histoire des complots, nous avons posé la question à Yves Pagès, écrivain, responsable des Editions Verticales (groupe Gallimard) et auteur d'une longue enquête, intitulée "Le pseudo complot illuminati" dans le premier numéro de La Revue du Crieur.

Pas du tout, estime Pagès : "Contrairement à la France, il n'y a aucune tradition de secret sur le maçonnisme aux États-Unis ! Les gens sont fiers : « Thomas Jefferson était franc-maçon. Et alors ? C'est grâce à eux qu'on a fait une révolution dans le calme et la paix pour les bonnes valeurs humanistes du maçonnisme ! »" Pour l'écrivain, les symboles sur le billet sont ainsi les "signes de toutes les maçonneries qui ont existé dans le monde", des "signes positifs de la sagesse, du savoir etc.".

Pour tout savoir de la vraie histoire des Illuminatis, c'est ici.

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18h24 suivi

Nice : le "héros" de l'AFP n'existait pas (FranceTVinfo)

Par
la rédaction le 27/07/2016

Timothé Fournier, buraliste parisien de 27 ans, mort héroïquement en sauvant sa femme enceinte : une belle histoire que de nombreux médias ont reprise au lendemain de l'attentat de Nice. Une (trop) belle histoire racontée par l'AFP... qui s'est fait entourlouper par un faux témoignage, comme le révèle FranceTVInfo.

Le faux héros de Nice avait ému la France au lendemain de l'attaque du 14 juillet sur la promenade des Anglais, à Nice. Tout commence avec une dépêche de l'AFP : "Timothé Fournier, 27 ans, buraliste à Paris, est mort en protégeant sa femme, enceinte de sept mois, qu'il a poussée sur le côté juste avant que le camion le percute". La source serait, d'après l'Agence France-Presse, une cousine de Timothé Fournier, une dénommée "Anaïs" qui les a contactés sur Twitter.

L'information est publiée dès le 15 juillet sur des sites comme Le Dauphiné Libéré ou 20 minutes :

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L'information se propage le jour-même sur des sites internationaux et notamment laBBC ou encore leHuffington Post :

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Elle sera reprise par de nombreux sites d'information : Konbini le 16 juillet, Francetv info et Metronews le 17 juillet ou encore Paris Match le 18 juillet.

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Les journalistes essaient alors de retrouver la trace du soi-disant héros. Une journaliste de France 2, Valérie Heurtel, appelle toutes les fédérations de buralistes de Paris, raconte FranceTVinfo : "Je n'ai trouvé aucune trace de Timothé Fournier" assure-t-elle. Des appels à témoignages sont lancés sur les réseaux sociaux, ils ne donnent rien non plus. Le 19 juillet, la mairie de Nice publie une liste des 84 victimes de l'attentat. Le nom de Timothé Fournier n'y figure pas.

Le fin mot de l'histoire ? L'Agence France-Presse pense avoir été victime d'un "fake". Une journaliste de l'agence basée sur la côte d'Azur soupçonne "une personne qui s'est fait passer pour un proche de cette supposée victime, en donnant un luxe de détails, induisant en erreur un de nos journalistes à Paris". L'AFP ignore encore les motivations de l'auteur du faux témoignage - qui n'est pas sans rappeler l'histoire de l'homme qui passe pour mort à chaque attentat.

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19h43 suivi

Morandini "provisoirement" écarté d'Europe 1

Par
Manuel Vicuña le 26/07/2016

Jean-Marc Morandini ne sera pas à l'antenne d'Europe 1 à la rentrée. C’est confirmé. L’animateur et producteur accusé par l’hebdomadaire Les Inrocks d’organiser des castings douteux a finalement été écarté de la station de radio. Dans un communiqué publié aujourd’hui, la radio annonce que Morandini, qui officiait sur Europe 1 depuis 15 ans, va "se mettre provisoirement en retrait de l’antenne".


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Une décision prise "d’un commun accord", selon la radio, afin que l’animateur "soit libre de ses propos" et dans le but "de préserver la sérénité de la rentrée de la station". Une mise en retrait provisoire donc, et non un licenciement : "Jean-Marc Morandini demeure salarié d’Europe 1" assure le communiqué, qui précise que l’animateur "accompagnera" la radio (sans préciser en quoi cela consistera) pour la production du Grand direct des médias (9h-12h) qui sera animé pendant son absence par Thomas Joubert, son remplaçant.

De son côté, Morandini a également publié le communiqué d’Europe 1 sur son blog. Mais cette fois-ci la formulation est quelque peu différente. On peut y lire qu’il "reste en charge des contenus du Grand direct des Médias" et non pas qu’il "accompagnera la station pour la production" de l’émission.

Son retour à l’antenne était initialement prévu le 22 août, mais Europe 1 ne donne pas d’échéance à cette mise à en retrait. "Nous déciderons avec Jean-Marc de la date de son retour à l’antenne", indique simplement le communiqué.

L'occasion de relire notre observatoire sur l'enquête des Inrocks : "Les castings douteux de Jean-Marc Morandini"

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15h05 suivi

Nice : une policière municipale dénonce l'Intérieur. Cazeneuve porte plainte

Par
Manuel Vicuña le 24/07/2016

La polémique sur le dispositif policier déployé le 14 juillet à Nice ne désenfle pas, plus d’une semaine après l’attaque au camion qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais. Après les accusations sérieuses portées par Libération contre le ministère de l'Intérieur accusant l’Etat de "failles" et de "mensonges" sur la présence policière le soir de l’attentat (lire notre enquête), c’est la responsable de la vidéosurveillance de Nice qui monte au créneau dans une interview au Journal du Dimanche (JDD), affirmant avoir subi des pressions du ministère de l'Intérieur lui donnant ordre de rendre compte de faits qu'elle n'a pas vus. Ce dimanche, le ministre riposte en annonçant sa décision de plainte pour diffamation.

Dans une interview au JDD de ce dimanche, Sandra Bertin, cheffe du centre de supervision urbain (CSU) de Nice et secrétaire générale du syndicat autonome de la fonction publique territoriale (SAFPT) livre son témoignage sur l'attaque du 14 juillet à Nice et affirme avoir subi des pressions de la part du ministère de l'Intérieur. A son poste, aux manettes du centre de supervision, devant les écrans de vidéosurveillance le soir du drame, la policière raconte comment elle a assisté en direct à la tuerie. "Je me rappellerai toute ma vie de cette heure-là : 22h33. J’étais devant les écrans du CSU avec les équipes. Nous recevons alors des policiers municipaux positionnés sur la Promenade le signalement d’un camion fou. Nous récupérons tout de suite son image à l’écran et nous demandons son interception. Le camion était lancé à 90 km/h, sans phares, sans qu’on l’entende à cause du bruit. Il contourne le barrage de la police municipale. Les équipes n’ont pas pu l’arrêter."


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L'interview de la cheffe du centre de supervision urbain (CSU) de Nice dans le JDD de ce dimanche

Un témoignage qui semble corroborer les informations de Libération (lire notre enquête). A savoir que contrairement à ce qu’avaient affirmé ou laissé entendre dans un premier temps le ministère et la préfecture, le premier point d’entrée de la zone piétonne où le poids lourd a pénétré sur la promenade des Anglais n’était pas tenu ce soir-là par la police nationale mais par un barrage de la police municipale.

"Harcelée par un représentant du ministère

Bertin explique avoir reçu, au lendemain de l’attentat, la visite d’un "représentant" du cabinet du ministère de l’Intérieur, lequel l'a mise en communication avec la place Beauvau. A l’autre bout du fil ? "Une personne pressée" qui lui demande de faire un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale "et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité." Or, si dans l’interview, Bertin évoque la présence et l’intervention de policiers nationaux, plus loin sur la promenade (avec lesquels elle était en liaison radio) elle constate ne pas avoir vu la police nationale à ce premier point d’entrée, sur ces écrans. "La police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos.", explique-t-elle au JDD. Elle explique donc au ministère qu’elle ne compte écrire que ce qu’elle a vu. "Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport, pour "ne pas tout retaper", affirme celle qui dénonce des pressions : "J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran." A tel point, explique-t-elle, qu’elle aurait dû "physiquement renvoyer" du centre de supervision urbain le représentant du ministère. "J’ai finalement envoyé par e-mail une version PDF non modifiable et une autre modifiable."

Effacement des vidéos

Dans l’interview, Bertin réagit également, à la demande qu’elle a reçue, quelques jours plus tard, de la sous-direction anti-terroriste d’effacer complètement les enregistrements de vidéosurveillance du 14 juillet sur la promenade des Anglais. Le 20 juillet, une réquisition judiciaire des magistrats chargés de l’enquête avait réitéré cette demande. La raison invoquée ? Eviter les fuites et la diffusion d’images de l’attentat par les médias. Ce qui était arrivé après le 13 novembre, avec la fuite de séquences vidéo de caméras de surveillance issues de restaurants visés par les attentats. Réaction de la responsable du CSU ? "On nous a demandé pour les besoins de l’enquête, d’extraire huit jours de bande sur 180 caméras. Et maintenant il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public… Le CSU existe pourtant depuis six ans et il n’y a jamais eu la moindre fuite d’images de notre part."

Ce témoignage n'a rien d'anodin à l'heure où la ville de Nice et son ancien maire Christian Estrosi mènent un bras de fer avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. La municipalité les Républicains et Estrosi, premier adjoint et président de la métropole, dénoncent depuis une semaine "les mensonges de l’Etat" au sujet des effectifs de police nationale déployés. La municipalité de Nice refuse, quant à elle d’effacer les images de vidéosurveillance du 14 juillet. La ville entend d’ailleurs, demander au procureur de la République de Nice une mise sous séquestre des vidéos "afin de ne pas hypothéquer les éventuelles autres procédures qui pourraient voir le jour au-delà de l’enquête antiterroriste en cours."

Cazeneuve porte plainte

De son côté, le ministère de l’Intérieur réagit ce dimanche au propos de la responsable du CSU. Dans un communiqué, il annonce qu’il va porter plainte pour diffamation. "Contrairement à ce que Madame Bertin affirme, ce n’est donc en aucun cas le cabinet du ministre de l’Intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU ou qui aurait eu des échanges avec elle", assure Bernard Cazeneuve, qui ajoute qu'"il serait très utile que MmeSandra Bertin soit auditionnée par les enquêteurs et puisse leur produire les identités et les fonctions des personnes qu’elle met cause, les mails qu’elle évoque et leur contenu." Quelques jours plus tôt, le 21 juillet, Cazeneuve avait annoncé l'ouverture d'une enquête interne, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Ses conclusions doivent être dévoilées dans la semaine.

L'occasion de (re)lire notre enquête : "Nice : Libé accuse Cazeneuve d'avoir menti sur le rôle de la police nationale"

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14h07 suivi

Salafistes : Appel du ministère de la Culture pour maintenir l'interdiction aux - de 18 ans

Par
la rédaction le 23/07/2016

François Margolin se dit "scandalisé". Le coréalisateur du documentaire Salafistes réagissait ce vendredi à la décision du ministère de la Culture, annoncée hier, de faire appel pour que soit finalement maintenue l’interdiction du film aux moins de 18 ans.


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Un nouveau rebondissement pour ce documentaire sorti en salles le 27 janvier 2016, qui entend montrer les djihadistes "tels qu'ils sont" (selon leurs auteurs, reçus sur notre plateau fin janvier). Dès sa sortie, le film consacré aux djihadistes du Mali, de Tunisie, de Mauritanie, de Syrie et d'Irak, avait fait l’objet d’une interdiction aux mineurs par l’ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin. Cette décision avait finalement été levée le 12 juillet dernier par le tribunal administratif de Paris. Le tribunal estimant que ce film "permet au public, du fait même de sa conception d’ensemble et du réalisme de certaines scènes, de réfléchir et de prendre le recul nécessaire face à la violence des images ou des propos qui ont pu y être présentés (...)" La justice avait également estimé que: "contrairement à ce que soutient la ministre de la Culture et de la Communication, ledit documentaire ne peut être regardé comme véhiculant une propagande en faveur de l’intégrisme religieux ou incitant, même indirectement, des adolescents à s’identifier à des mouvements prônant l’action terroriste."

"Un cas de censure absolue"

Mais jeudi soir, en annonçant qu’il allait faire appel de cette décision, le ministère de la Culture a estimé que le documentaire mettait en avant "des propos et des images extrêmement violents et intolérants susceptibles de heurter le public". Pour Margolin cité par l’AFP: "On est sur un cas de censure absolue, qui n'a pas existé en France depuis la guerre d'Algérie, je trouve ça minable pour un pays démocratique comme la France." Quant à son avocat, Patrick Klugman, également adjoint PS à la maire de Paris Anne Hidalgo, il évoque auprès de l’AFP "une décision politique réitérée qui veut à tout prix cacher ce qu'est le terrorisme plutôt que de le nommer et de l'affronter" et dénonce "une faute grave, dans le contexte de l'attentat de Nice, qui dénote une incompréhension totale de ce qu'est le rôle de la création et de l'information dans la lutte contre un fléau tel que le terrorisme salafiste".

L'occasion de (re)visionner notre émission autour de Salafistes, en compagnie de ses deux réalisateurs, Lemine Ould Salem et François Margolin, et de relire notre enquête sur la genèse de ce film: "Lemine Ould Salem, le journaliste dont les images ont inspiré un film césarisé... mais pourraient ne jamais être vues en salles".

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17h36 buzz

Le plagiat de Melania Trump dans le texte et en vidéo

Par
la rédaction le 22/07/2016

Plus c’est gros plus ça passe? Pas cette fois-ci pour Melania Trump. Venue soutenir son mari à Cleveland, lors de la convention républicaine, l’épouse du milliardaire a prononcé un discours...copieusement copié-collé de celui qu’avait prononcé Michele Obama en 2008 lors de la convention démocrate d’intronisation de Barack Obama. Si les médias du monde entier n’ont pas tardé à relayer cette supercherie, reste une question : comment pareil plagiat a-t-il pu passer devant près de 23 millions de téléspectateurs ? "Ça n’aurait jamais dû arriver, réagissait une plume de George W. Bush dans le New York Times. Ils avaient tout à gagner avec ce speech à propos d’une immigrée belle et ayant réussi."


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"Comment le discours de Melania Trump a dérapé et provoqué un tollé", New York Times, 19 juillet 2016

Face au malaise,et alors que Melania Trump avait expliqué avant la convention avoir écrit son speech "avec le moins d’aide possible", l’équipe Trump a finalement décidé de faire porter le chapeau à l’une des proches conseillères du candidat et de son épouse, Meredith Melver. Dans un communiqué c’est elle qui endosse la responsabilité: "Au téléphone, [Melania Trump] m'a lu des passages du discours de Michelle Obama, à titre d'exemples. Je les ai écrits et en ai inclus certains dans le brouillon qui est ensuite devenu le vrai discours.", explique-t-elle affirmant avoir, depuis, posé sa démission, laquelle a été refusée.

"Ses" valeurs

Quant au plagiat du discours : qu’en est-il exactement ? Les passages en questions ? Ceux dans lesquels Melania Trump y évoque "ses" valeurs : "Mes parents m’ont transmis leurs valeurs, comme de travailler dur pour ce que tu veux dans la vie, ils m’ont appris que ta parole t’engage, que tu dois traiter les gens avec respect. Parce que nous voulons que nos enfants dans cette nation sachent que la seule limite à votre réussite est la puissance de vos rêves et votre volonté de travailler dur pour les atteindre." Un plagiat quasi mot à mot du discours de 2008 de Michel Obama, comme l'ont souligné plusieurs journalistes politiques, tel Javier Panzar, du Los Angeles Times :


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Mais, pour se faire une idée du plagiat le mieux est encore de l'entendre et de le voir. Le site américain Gawker, qui a été l’un des premiers à relever le copié-collé, en a fait un montage saisissant, à voir ci-dessous en version traduite.

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15h04 suivi

Guerre Irak : crowdfunding des familles pour poursuivre Tony Blair

Par
la rédaction le 21/07/2016

"Les responsables doivent rendre des comptes. C'est aux familles de s'assurer que justice soit faite." Une campagne de financement participatif d’un nouveau genre a été lancée par Red Keys et Roger Bacon, parents de deux soldats tués lors de la deuxième guerre du Golfe et représentants d’une association de familles de victimes du conflit, la IWFCG. Le but de leur campagne de crowdfunding ? Financer des poursuites contre les responsables politiques, dont l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, pour leur rôle dans l’intervention britannique en Irak, lors de laquelle 179 soldats sont morts. "Nos forces armées ne doivent plus jamais être sacrifiées à cause de l'ambition politique, de l'irresponsabilité et des échecs du gouvernement", estime la IWFCG. Pour cela, l’association propose de poursuivre les responsables politiques concernés devant des tribunaux de droit commun en se portant partie civile.

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Le premier objectif de 50 000 livres (environ 60 000 euros) a déjà été atteint en à peine 9 heures, et le projet a déjà récolté 94 000 livres sur son nouvel objectif de 150 000 livres (180 000 euros), qui permettrait de couvrir l’ensemble du coût de la procédure. Tony Blair n'a lui pas de souci à se faire sur ce plan : l'ensemble de ses frais de justice éventuels sur ce dossier seront couverts par l'Etat.

L'information sur cette campagne de crowdfunding a été reprise par la plupart des grands titres anglo-saxons, en Grande-Bretagne par le Guardian ou le Telegraph, et aux Etats-Unis par le Washington Post par exemple. Et en France ? Seul le site russe francophone RT France (dont @si vous parlait ici) a repris l’information (Le Point mentionnant les "pétitions" contre Blair mais pas le crowdfunding).

Blair à Bush : "Je serai avec toi, quoi qu'il arrive"

Cette mobilisation en ligne fait suite à la publication du rapport Chilcot après sept années d’enquête parlementaire (@si vous en parlait déjà ici en 2009) sur l’entrée en guerre britannique. Les résultats de l’enquête, rendue publique le 6 juillet 2016 (avec environ six ans de retard), ont été jugés "accablants" par la quasi-totalité de la presse anglaise et européenne, comme le rapporte Le Monde. "Un verdict impitoyable" pour le Guardian par exemple, qui souligne la "réputation saccagée" de l’ancien premier ministre travailliste. A l’époque, "Tony Blair n’a pas obéi au peuple britannique mais au président américain", dénonce le quotidien, qui mettait en une un mémo secret envoyé par Blair à Georges W. Bush : "Je serai avec toi, quoi qu’il arrive…".


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The Independant dénonce de son côté l’impunité dont semble encore jouir Tony Blair aujourd’hui. "Le soutien [de l’intervention] – du public comme des parlementaires – a été gagné à l’aide de preuves déguisées. Nos troupes ont été envoyées en Irak sous-équipées. […] Le résultat ? Une nation en ruines, la mort de 179 soldats britanniques et, selon une estimation à la baisse, de 150 000 civils. Mais un homme continue de danser sur leurs tombes."

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15h01 pas vu

Val d'Oise / mort d'un interpellé : les JT aux abonnés absents

Par
Anne-Sophie Jacques le 21/07/2016

Comment les JT du soir ont-ils traité la mort d’Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise survenue mardi en fin d’après-midi ? Très mal, selon la journaliste Nassira El Moaddem qui, sur le site du Bondy Blog, enrage de constater que TF1 a consacré au sujet quelques secondes sans évoquer la controverse sur les circonstances de sa mort, et en focalisant sur les échauffourées qui ont éclaté par la suite. Quant au JT de France 2, c’est simple : il n'y a pas consacré une seconde.

Mort d'Adama Traoré : dans les 20h, c'est «circulez y a rien à voir»" se désole ce matin Nassira El Moaddem sur le site du Bondy Blog – dont elle prendra la direction en septembre. La journaliste, que nous avons reçue récemment sur notre plateau, déplore que les JT de TF1 et de France 2 aient relégué la mort pourtant controversée d’Adama Traoré au rang de brève... voire de néant.

Adama Traoré Bondy Blog

Et la journaliste de resituer les faits : "ce jeune homme noir de 24 ans originaire de Beaumont-sur-Oise, dans le Val d’Oise, est décédé mardi soir, dans des circonstances encore très troubles, après une interpellation par les gendarmes de Persan, une commune voisine. Selon le procureur de la République, Yves Jannier, Adama Traoré a été arrêté après être «allé au contact» des gendarmes qui procédaient à l’arrestation de son grand frère Baguy Traoré dans le cadre d’une affaire «d’extorsion de fonds et d’agression à domicile»."Or cette version est contestée par la famille et les proches d’Adama qui estiment que le jeune homme a succombé aux coups reçus lors de son arrestation. En réaction, de vives tensions dans le quartier ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi (et se sont poursuivies la nuit suivante) comme le racontait notamment Le Parisien.

Comment le JT de TF1 a-t-il couvert l’affaire ? Par une brève de 22 secondes. Il faut attendre 20h21 pour que "le présentateur déroule son off, une brève en jargon télé. Les images qui défilent proviennent d’une vidéo amateur montrant un incendie urbain à Beaumont-sur-Oise. […] C’était très court. 22 secondes sur un journal de 35 minutes". Et en effet, le présentateur ouvre sur les échauffourées de la nuit :

La brève ignore purement et simplement la version des proches et de la famille d’Adama Traoré. Et sur France 2 ? C’est pire : "l’information n’existe pas" constate la journaliste qui note que le JT de 13 heures a néanmoins consacré au sujet une brève avec les "mêmes images que TF1 et les mêmes mots de début de commentaire : les échauffourées…"

Un silence étonnant alors que, selon Nassira El Moaddem, "sur la presse web, sur Twitter, sur Periscope, sur les chaînes d’information aussi, toute la journée de mercredi, cette information était l’une des plus traitées". Si les réseaux sociaux ont en effet relayé les tensions dans la ville et les rassemblements des proches – rassemblements couverts notamment par la journaliste Sihame Assbague sur Twitter et Periscope – les chaînes d’info continue n’ont pas fait tourner le sujet en boucle. LCI n’a diffusé aucun reportage.

En revanche, sur BFMTV comme sur I-Télé, l’information a été traitée de façon équilibrée. Les deux chaînes ont diffusé un reportage en milieu d’après-midi en donnant d’abord la parole aux proches de la famille (la sœur d’Adama sur BFM et ses amis sur I-Télé) puis la version de la gendarmerie ou du procureur pour qui Adama aurait fait l'objet d'un malaise cardiaque pendant son transport. Deux enquêtes ont été ouvertes sur les circonstances de sa mort.

Conclusion de la journaliste : "Pourtant, c’est ce même genre d’affaires qui fait les grands titres de ces mêmes JT lorsqu’elles ont lieu aux Etats-Unis."

> L’occasion de voir ou revoir notre émission avec Nassira El Moaddem : "Sur les musulmans, les rédactions françaises sont mal à l'aise"

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13h16 suivi

"Agression vestimentaire" : TF1 persiste (et tronque les propos du procureur)

Par
Vincent Coquaz le 20/07/2016

Du conditionnel, mais pas de démenti à 20 heures. Comme @si vous l’expliquait ici, TF1 racontait hier dans son JT de 13 heures qu’une "mère et ses trois filles" avaient été "agressées à coups de couteau pour leur tenue légère", "mardi matin vers 10 heures dans un centre de vacances VVF situé à Garde-Colombe, dans les Hautes-Alpes". En plateau, le "spécialiste police de TF1", expliquait que "c’est bien la tenue, jugée trop légère aux yeux de l’agresseur" qui est "semble-t-il, le mobile de l’agression". Si le pronostic vital de la plus jeune des fillettes était alors engagé, les quatre victimes seraient désormais hors de danger.

Après de nombreuses récupérations politiques de la part de responsables de droite et d’extrême-droite, le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, avait toutefois "tenu à démentir la «rumeur» sur le mobile qui a poussé l’auteur présumé à agresser les quatre victimes", à 15h30, à la fin d'une conférence de presse, rapportait Le Dauphiné. "Je tenais à démentir la rumeur qui court car en aucun cas cet homme a eu de tels propos sur le fait que l’agression serait motivée par les tenues vestimentaires des victimes, court vêtues ou autres", a-t-il précisé.

Un démenti ferme… que TF1 n’a pas cru bon de diffuser lors de l’édition de 20 heures de son JT. La première chaîne est pourtant revenue longuement sur l’affaire des Hautes-Alpes. Et a insisté de nouveau sur le motif "vestimentaire", mais cette fois au conditionnel : "D'après de premiers éléments, le suspect de confession musulmane aurait reproché aux fillettes une tenue jugée trop légère, mais le parquet reste prudent : impossible pour l'instant de confirmer un acte lié à l'islam radical."

Ensuite ? Un extrait de la conférence de presse où le procureur explique que le motif de l’agression est "flou". Mais aucune mention du démenti catégorique du magistrat.

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11h41 lu

35 Heures : le rapport "secret" de l'IGAS dont toute la presse parle

Par
Justine Brabant le 20/07/2016

La direction de l'Igas aurait voulu faire parler de son rapport qu'elle ne s'y serait pas prise autrement. Le directeur de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) Pierre Boissier a choisi de ne pas transmettre au gouvernement un rapport, rédigé par deux de ses inspecteurs, qui dresse un bilan plutôt favorable des 35 heures. Mediapart est le premier média à avoir révélé cette décision, considérée comme un acte de "censure" par le Syndicat des membres de l’Inspection générale des Affaires sociales (Smigas).

Le rapport - qui porte sur "les politiques d'aménagement et de réduction du temps de travail" - conclut que "des dispositifs tels que les 35 heures, instaurées par les « lois Aubry » de 1998 et 2000, peuvent, sous certaines conditions, contribuer à réduire le nombre de demandeurs d’emplois" rapporte Le Monde, qui a pu consulter le document. Son contenu a depuis été repris par Libération, L'Obs, Le Point ou encore Europe 1.

Pas transmis au ministre

Comment et pourquoi le rapport a-t-il été bloqué ? En principe, les rapports de l'Igas sont le fruit d'une mission d'un à cinq mois qui se termine par "l'envoi du rapport aux destinataires : commanditaires [dans ce cas, le gouvernement français, ndlr] et organismes concernés", indique l'Inspection sur son site.


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Mais les textes prévoient effectivement la possibilité que le rapport ne soit finalement pas communiqué : le chef de l'Igas "peut décider de ne pas transmettre ces conclusions, après avis d'une commission constituée de membres du corps de l'inspection générale des affaires sociales, dont la composition et le fonctionnement sont fixés par arrêté des ministres chargés des affaires sociales", peut-on lire dans ce décret détaillant le fonctionnement de l'institution.

Dans le cas du rapport sur la réduction du temps de travail, la procédure semble bien avoir été respectée : un arrêté portant création de la fameuse commission a été publié le 3 juin, relève Mediapart. Ce n'est qu'après avoir recueilli son avis que Boissier, le chef de l'Igas, a décidé de ne pas transmettre le rapport. En cause, selon lui : des "insuffisances" et "faiblesses" dans le document. Un avis partagé par un autre journaliste à avoir consulté le rapport : le chroniqueur économique de BFM Business Emmanuel Lechypre, pour qu'il s'agit d'un rapport "indigent" car "militant" (en faveur de la réduction du temps de travail), qui n'apporte "aucune contribution nouvelle ou calcul nouveau".

Avis négatifs du relecteur et du comité des pairs ?

Pour justifier sa décision, la direction de l'Igas a également assuré à la presse que la commission n'était pas la seule à souhaiter bloquer le rapport : "un relecteur" et "un comité des pairs" (dont la procédure veut qu'ils donnent également leur avis sur le rapport) se seraient également "prononcés dans le même sens, « celui de la non-transmission »", a-t-elle assuré au Monde. Problème (soulevé par le quotidien) : il semble qu'il n'en soit rien. Selon le syndicat des membres de l'Igas, ni l'avis du relecteur ni l'avis du comité des pairs ne demandent la non-transmission du rapport au gouvernement.


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Qu'il ait suivi ou non l'avis du relecteur et du comité, une chose est sûre : c'est bien en dernier ressort Boissier, le patron de l'Igas, qui a pris la décision de bloquer le document. Cet énarque passé dans les années 1990 par le cabinet d'une ministre du gouvernement Juppé a selon Les Echos "l'avantage de posséder une double expérience, de haut fonctionnaire et de chef d'entreprise" : avant le prendre la tête de l'Igas, il est notamment passé par la direction des ressources humaines du groupe Hachette Filipacchi Médias (filiale du groupe Lagardère). L'histoire ne dit pas si, lors de ce passage dans le monde de la presse, il a appris à connaître l'une des lois les plus implacables du net : l'effet Streisand.

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19h55 suivi

Castings douteux : pugilat judiciaire Morandini-Fogiel

Par
Justine Brabant le 19/07/2016

"Ce maître-chanteur, je vais vous donner son nom : c'est Marc-Olivier Fogiel". Le ton était dramatique mardi 19 juillet, lors de la "déclaration" de l'animateur et producteur Jean-Marc Morandini à la presse. Accusé d'avoir incité de jeunes acteurs à envoyer des photos et vidéos d'eux nus ou en train de se masturber, Morandini (Europe 1) a répondu en annonçant son intention de porter plainte pour "chantage" contre un autre animateur, Marc-Olivier Fogiel (RTL), qui voudrait son "assassinat public". Ce dernier a lui aussi indiqué qu'il allait porter plainte pour "dénonciation calomnieuse".

Une quarantaine de journalistes étaient venus assister à la "déclaration" de Jean-Marc Morandini, dans la salle de conférences d'un hôtel de Boulogne-Billancourt (déclaration et non conférence de presse, car l'animateur est venu lire un texte mais n'a pas répondu aux questions des journalistes). Le Parisien est allé jusqu'à retransmettre l'événement en direct via Periscope. Des dizaines de journalistes, mais personne des Inrocks, dont la journaliste a été empêchée d'accéder à la salle. Ce sont les Inrocks qui, la semaine passée, ont publié une enquête accusant l'animateur d'avoir poussé, via sa société de production, de jeunes comédiens (et, dans un cas, le frère mineur de l'un d'eux) à lui envoyer des photos et vidéos dénudées.

En costume sombre et chemise sombre, protégé par un agent de sécurité, l'animateur et producteur a démenti avoir eu des relations sexuelles non consenties et/ou avec des mineurs : "Je vais vous le dire clairement, même si ça me dégoute de devoir me justifier et d'avoir l'impression qu'on piétine ma vie privée. Je n’ai jamais abusé de personne ou forcé quiconque à avoir des relations sexuelles avec moi. Et je vous le dis clairement, puisque vous l’attendez : je n'ai jamais couché avec un mineur."


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Image de la "déclaration de presse", tirée du direct du Parisien

Ce n'est pas exactement ce dont l'accusent les témoignages recueillis par les Inrocks, qui décrivent plutôt des faits pouvant s'apparenter à du harcèlement sexuel, commis via une boîte mail dont l'utilisateur principal pourrait être Jean-Marc Morandini. Mais ce dernier n'a pas répondu aux questions soulevées par l'article de l'hebdomadaire - qui est cette mystérieuse "Catherine", auteure de nombreux mails à caractère sexuel ? A-t-il ou elle effectivement proposé à l'un des candidats de venir au casting avec son frère de 14 ans ? A-t-il ou elle effectivement proposé à un autre d'avoir une relation sexuelle avec Jean-Marc Morandini ?

"Depuis deux mois, je suis victime d'un chantage"

Morandini a simplement indiqué qu'aucun casting ne s'était déroulé dans ses bureaux d'Europe 1 - Les Inrocks écrivaient qu'il avait rencontré l'un des acteurs, à qui il a demandé de poser nu, dans les locaux de la radio en juillet 2015. Pour le reste, l'animateur a préféré placer l'affaire sur le terrain du règlement de comptes personnel. "La vérité, c'est que depuis deux mois je suis victime d'un chantage, qui m'est fait par un animateur télé. Un animateur, qui m'a dit : «tu arrêtes de parler de mes mauvaises audiences, ou je balance des dossiers». Comme je n'ai pas cédé, il a mis ses menaces à exécution." Morandini a livré le nom de cet animateur - non sans avoir ménagé un certain suspense : "Ce maître-chanteur, je vais vous donner son nom, parce que je n'ai plus envie de rire : c'est Marc-Olivier Fogiel".

"La prochaine fois que tu me cherches, je balance..."

Morandini (dont la radio, Europe 1, est concurrente directe de RTL, où officie Fogiel) a lu certains des messages reçus de Fogiel, dont celui-ci : "La prochaine fois que tu me cherches, je balance tous les dossiers, c'est clair" (message que Morandini a fait relever par constat d'huissier, et qui figure dans une mise en demeure envoyée à Fogiel le 14 avril 2016). Interrogé la semaine dernière par @si sur des tweets laissant penser qu'il était au courant des méthodes de casting de Morandini, Fogiel avait indiqué : "Je n'imaginais pas une seconde ce que révèlent aujourd'hui Les Inrocks. Quand je bossais à Europe 1, des tonnes de rumeurs circulaient, mais personne ne savait si elles étaient vraiment fondées... Après son "harcèlement" incessant sur son blog, un peu sur un ton léger je l'ai grattouillé, sans penser qu'il y avait tout ça derrière !".

Le producteur des Faucons a ensuite détaillé comment Fogiel aurait "mobilisé ses nombreux réseaux" pour le salir : "Tout tourne autour de lui dans cette affaire". Pour l'animateur, ce n'est ainsi "pas un hasard" si l'article l'accusant est paru dans les Inrocks : un "journal appart[enant] à Mathieu Pigasse, qui n’est autre que l’associé de Marc-Olivier Fogiel" a-t-il relevé, faisant référence au travail de Fogiel au sein des Nouvelles éditions indépendantes de Pigasse. "Pas un hasard" non plus si le site Les Jours a été le premier à évoquer les réticences d'une partie de la rédaction d'i-TELE à l'idée que Morandini vienne travailler sur la chaîne : Fogiel et Pigasse figurent parmi leurs actionnaires. Les Jours, premiers sur l'info Morandini car manipulés par leur actionnaire, Fogiel ? Notons simplement que la rédaction de ce site suit de très près, depuis sa création, tout ce qui touche au groupe Canal+.


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Dernier "réseau" que Morandini accuse Fogiel d'avoir "activé" : celui de "son ex-amant", le chroniqueur de l'émission Touche pas à mon poste Matthieu Delormeau (qui aurait "appelé plusieurs personnes pour les pousser à témoigner" contre Morandini) - accusation paradoxale de la part de l'animateur, qui s'est targué dans la même déclaration de "ne s'être jamais servi" des informations dont il avait connaissance sur "la vie privée des animateurs et journalistes".

Morandini a indiqué qu'il comptait porter plainte contre Les Inrocks, la journaliste Fanny Marlier, Marc-Olivier Fogiel (pour chantage) et Matthieu Delormeau. Peu après la fin de la déclaration de Morandini, Fogiel a indiqué à son tour qu'il porterait plainte également, pour "dénonciation calomnieuse" et "diffamation".

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En début de soirée enfin, Les Inrocks ont publié le deuxième volet de leur enquête sur Morandini. La journaliste Fanny Marlier y relate le témoignage d'un jeune homme, âgé de 15 ans au moment des faits (en 2012, soit trois ans avant l'affaire des "Faucons"), à qui l'animateur aurait notamment proposé via sa messagerie privée Twitter de "participer à un casting pour un calendrier comme celui des Dieux du stade" et de se faire épiler le sexe.

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18h24 suivi

Tortures au Bataclan ? Des rumeurs démenties par la justice

Par
la rédaction le 19/07/2016

Egorgements et castrations. À en croire Valeurs Actuelles, le Washington Times et Russia Today, certains otages du Bataclan auraient été sauvagement torturés à l'arme blanche. Pire, le Daily Mail va jusqu'à affirmer que le gouvernement français a sciemment dissimulé ces faits... que rien n'atteste pourtant aujourd'hui.

Tout commence avec la publication le 5 juillet dernier d'un rapport de la commission d'enquête consacrée aux moyens de l'Etat pour lutter contre le terrorisme. Georges Fenech, président de la commission, cite "la copie d'une lettre du père d'une des victimes". Père anonyme, à qui une source à l'institut médico-légal de Paris aurait fait des révélations à propos de la mort de son fils. "On lui avait coupé les testicules, on lui avait mis dans la bouche, il avait été éventré."

Ces déclarations semblent concorder avec des rumeurs nées au lendemain du 13 novembre. Des témoins, cités par exemple par Slate, affirmaient avoir entendu des gens hurler "comme s'ils étaient torturés". Par ailleurs, un policier de la BAC, anonyme lui aussi, avait parlé de personnes "décapitées, égorgées, éviscérées". Des faits qu'il n'avait pas pu constater lui-même, se trouvant à l'extérieur, mais qui lui auraient été rapportés par un collègue.

Il n'en fallait pas plus pour que la rumeur se répande. Elle a initialement été lancée le 13 juillet sur le site anti-israélien Panamza (bien connu des @sinautes), avant d'être reprise sur le site ultra-nationaliste breton Breiz Atao le 14 juillet.

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Le lendemain, 15 juillet, le Daily Mail affirme carrément que le gouvernement français "a empêché les médias de parler des faits de torture" sur certains otages. Le New York Post et le Washington Times reprennent ces affirmations le jour même. Le 16 juillet, c'est au tour de Russia Today (dont @si vous parlait ici) de reprendre la rumeur en dénonçant une "campagne médiatique d'intimidation contre la diffusion des images et des rumeurs". Hier, 18 juillet, c'est finalement un média français qui reprend l'information : le très conservateur Valeurs Actuelles.

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François Molins a démenti tout acte de barbarie ou utilisation d'arme blanche

Problème : les déclarations du soi-disant père d'une victime ont été démenties par les légistes. Plus loin, dans le même rapport de la commission d'enquête, le préfet de police de Paris Michel Cadot est d'ailleurs très clair : "Je ne dispose pas de cette information et, si ces faits avaient été établis, je pense qu'une telle information ne m'aurait pas échappé." Idem pour le procureur de Paris François Molins, qui a démenti dans son audition par la commission d'enquête tout "acte de barbarie ou utilisation d'arme blanche" au cours de l'attaque, comme le rapportent les Décodeurs du Monde. Enfin, les autopsies confirment qu'il n'y a eu aucune mutilation volontaire de corps. En revanche, les explosions et les tirs d'armes automatiques ont pu entraîner des blessures donnant l'impression de torture physique.

La plupart des articles sont toutefois toujours en ligne.

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Mise à jour du 19 juillet à 19h : A la demande d'avocat de victimes, l'article de Valeurs Actuelles a été supprimé

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Mathieu PAPION

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16h23 @rrêt sur images

Attentats : "S'approprier le malheur en faisant des blagues"

Par
la rédaction le 18/07/2016

L’humoriste Yassine Belattar a eu connaissance des attentats du 13 novembre sur scène, alors qu’il jouait son spectacle... dans lequel il fait le choix de rire du terrorisme, comme avec les attentats du 7 janvier. Quand et pourquoi a-t-il eu envie de rire de ces événements douloureux ? Quasiment tout de suite après les larmes et le traumatisme, répond Belattar. Car il faut bien rire, même du pire. Une forme de catharsis "à la Luz", dessinateur rescapé des attentats du 7 janvier, que nous avions reçu sur notre plateau.

Rire sur scène, d’accord, mais aurait-il pu rire de la sorte sur un plateau télé ? Oui ! répond Belattar qui regrette aujourd’hui que certains humoristes s’autocensurent.

Pour voir l'émission avec Yassine Belattar en intégralité, c'est ici.

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