Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

17h35 pas vu

Abdeslam / Hongrie : le scoop qui n'intéresse pas les médias français...

... mais la fachosphère, oui

Par Anne-Sophie Jacques le 18/08/2017

Nouvel élément dans l’enquête sur Salah Abdeslam, unique survivant parmi les auteurs des attentats de Paris du 13 novembre 2015 : selon Ouest-France, qui reprend une information du quotidien hongrois Magyar Idök, Abdeslam aurait convoyé depuis la Hongrie treize terroristes se faisant passer pour des migrants, lesquels auraient été hébergés involontairement par des militants d'ONG d'aide aux réfugiés. L’information, relayée par la presse hongroise, n’a pas encore été reprise par l’AFP ni par les médias français. Hormis le site RT France qui titre sur l’aide des ONG.

"Salah Abdeslam aurait convoyé treize terroristes depuis la Hongrie" révèle mercredi 16 août le site du quotidien Ouest-France. Si on savait depuis un an qu’Abdeslam, seul survivant parmi les terroristes des attentats de Paris, s’était rendu à Budapest en Hongrie pour rapatrier les trois auteurs de la tuerie du Bataclan, lesquels arrivaient de Syrie, on ignorait cependant qu’il avait également aidé dix autres terroristes. Toujours selon Ouest-France, "ces derniers s'étaient infiltrés dans la zone Schengen par la frontière entre la Hongrie et la Serbie, dissimulés parmi les flots de migrants. […] Le réseau pourrait aussi avoir profité de l'assistance involontaire des nombreux bénévoles qui venaient en aide aux migrants : Salah Abdeslam a séjourné à deux reprises dans l'appartement d'un membre d'une organisation humanitaire."

Ouest France Abdeslam

Une information au conditionnel, donc prudente, mais sourcée : l’info a été publiée le 14 août dernier par le quotidien hongrois Magyar Idök, proche du gouvernement de Victor Orban. Une info fiable ? Sans conteste, nous assure l’auteur de l’article, Corentin Léotard. En poste à Budapest depuis 2004, ce journaliste indépendant et rédacteur en chef du site Hulala, "le média de l’Europe excentrée", souligne que toute la presse hongroise a repris l’information qui émane du service du contre-terrorisme en Hongrie. Ce que confirme Joël Le Pavou, également journaliste indépendant à Budapest et interrogé par @si. Si l’info est reprise par le site Index le jour-même, dit-il, alors elle est crédible.

Pour autant, alors que l’Espagne a subi deux attentats hier, et que le sujet aurait logiquement dû intéresser la presse française, aucun média, mis à part Ouest-France, n’a repris l’information. L’AFP, qui a publié hier une dépêche annonçant le renvoi pour un procès à Bruxelles d’Abdeslam, actuellement en détention à Fleury-Mérogis, n’a rien diffusé à cette heure sur ces nouveaux éléments. Pourquoi ce silence ? Les vacances, supposent les deux journalistes qui précisent que la Hongrie est aussi "en mode ralenti". Léotard émet également l’hypothèse suivante : "c’est la division des tâches, un pays, un sujet. La Hongrie c’est le nationalisme, donc ça ne peut pas être autre chose."

En revanche, l’info n’est pas passée inaperçue du député Front national du Gard Gilbert Collard qui l'a tweetée (sans citer la source) ou encore du site RT qui titre sur "l'aide d'une ONG humanitaire à Budapest pour convoyer des djihadistes". Léotard soupire : "j’ai expliqué en une phrase à la fin de mon article que ces faux migrants auraient bénéficié de l’aide involontaire des humanitaires, ce qui me semble très plausible au vu du contexte de l’époque, et cette plausibilité m’a été confirmée par la cheffe de la principale organisation humanitaire présente sur les lieux". De la même manière, ajoute-t-il, "le quotidien Magyar Idök a mis en avant l’affaire des humanitaires, sans expliquer le contexte et en laissant penser qu’ils pourraient être de mèche, ce qui est ridicule. Le but de mon article était plutôt de rappeler que Budapest avait été un endroit-clé il y deux ans et de montrer que la crise migratoire avait été mise à profit par l’Etat islamique."

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13h23 lu

Slate.fr : Rothschild majoritaires (Libération)

Par
la rédaction le 18/08/2017

Slate.fr renfloué par une grande fortune. C'est le quotidien Libération qui a annoncé la nouvelle, jeudi 17 août : le site d'information en ligne Slate, déclinaison du pure player américain du même nom, est désormais majoritairement détenu par Ariane et Benjamin de Rothschild. Le couple était déjà le principal actionnaire du média, et "en a pris le contrôle à la faveur d'une augmentation de capital réalisée le 30 juin", dévoile Libé. L'information a été confirmée par le président de Slate, Jean-Marie Colombani.


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Ariane et Benjamin de Rothschild, à la tête de la banque privée suisse Edmond de Rothschild, ont investi 1,15 millions d'euros dans la société éditrice du média, par l'intermédiaire d'une société personnelle, Cattleya Finance, distincte de leur banque et domiciliée au Luxembourg. Selon Libé, ils devraient apporter "un million d’euros supplémentaire dans les dix-huit mois à venir, par le biais de deux autres recapitalisations". Le couple, basé en Suisse, ne doit cependant pas être confondu avec la banque d'affaire Rothschild & Cie, dirigée à Paris par David de Rothschild. Les deux groupes sont en effet distincts, et les deux cousins se disputent notamment depuis 2015 l'utilisation de leur patronyme, comme le rapportait en mars 2015 un article de Challenges.

Depuis sa création en 2009, le site n'a jamais été bénéficiaire selon Libération. Et l'arrivée d'Ariane et Benjamin de Rothschild pour "sauver" Slate.fr ne se fait pas sans dommages collatéraux. Une partie des journalistes a décidé de quitter la rédaction, dont la rédactrice en chef Charlotte Pudlowski. Elle a notamment souhaité sur Twitter "le meilleur" à Christophe Carron, son remplaçant et ex-rédacteur en chef du Grand Journal. La société accueille aussi un nouveau directeur général, Marc Sillam, "proche des Rotschild".

Une nouvelle ligne éditoriale devrait venir chambouler le fonctionnement habituel du média. Désormais, "les journalistes salariés n'écriront plus, ils éditeront les articles qui seront commandés à des pigistes" a confié à Libé un membre de la rédaction. Une autre source interne a déclaré au quotidien que "le but est de ramener les effectifs de la rédaction de douze à sept personnes". Il a ajouté que Slate "ne publiera plus d’articles courts, seulement des longs papiers, dans un genre très magazine".

(Par Clément Boutin)

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19h05 lu

Vacances en Corse : deux ministres attaquent Mediapart (qui change son titre)

Par
Robin Andraca le 17/08/2017

De l'art délicat de la titraille. Ce 16 août, Mediapart sortait son scoop du mois : deux ministres sont en vacances en Corse chez un ex-trafiquant de drogue. Que nous dit cet article, qualifié sur Twitter de "petite bombe du jour" par le journaliste de Quotidien, Hugo Clément ? Que Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre chargé de la transition énergétique, et Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, sont en vacances dans la région ajaccienne, chez un certain Gilbert Casanova, militant nationaliste condamné pour trafic de drogue international.


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Mediapart, 16 août 2017

Ou plutôt, comme le précise l'article : chez la femme de Casanova, Christelle Godani, à qui la maison appartient. Qui est, au juste, ce Casanova ? Un "ancien militant nationaliste" et "l'homme le plus puissant d'Ajaccio dans les années 90, avant de basculer dans la grande criminalité", écrit Mediapart. L'homme a été condamné à deux reprises par la justice française : une première fois en 2005 pour abus de biens sociaux et banqueroute frauduleuse (trois ans de prison). Une seconde en 2010 pour avoir orchestré un trafic de cannabis à grande échelle entre le Maroc et la France (huit ans de prison ferme).

Contacté par la journaliste Hélène Constanty, Lecornu affirme qu'il ignorait tout du pedigree de son hôte (ou plutôt du mari de son hôtesse ) : "Je tombe des nues ! Cette villa a été louée par des amis de l’Eure, avec qui nous partageons les frais de location. Je ne connais pas les propriétaires. Je dors et je bois du rosé, je commence juste à déconnecter. Vous êtes la première personne à me parler de cela !" Même chose pour Darmanin, qui affirme ne pas être "au courant des subtilités corses". Et Mediapart de s'interroger : "En Corse, le ministre est bien le seul à ignorer qui est Gilbert Casanova. Pourquoi les services de l’État ne l’ont-ils pas alerté sur la réputation de celui chez qui il mettait les pieds?".

L'article n'a en tout cas pas plu aux deux ministres qui ont annoncé, le jour de sa publication, leur volonté de porter plainte. "Diffamés dans un article de Mediapart, nous déposons plainte avec Sébastien Lecornu", écrit le ministre des comptes publics sur son compte Twitter. Sur sa page Facebook, il développe : "Nous avons fourni à la journaliste le contrat de bail prouvant que ce Monsieur Casanova n’est pas le propriétaire de la maison que nous avons louée. Nous lui avons également fourni les très nombreux échanges de mails que nos cabinets ont eus avec la Préfecture qui, depuis plus de 3 semaines, sait où nous allons passer nos vacances et quel est le nom de la propriétaire qui n’a jamais eu aucun problème avec la Justice". Avant d'ajouter : "Nous trouvons particulièrement scandaleux la formulation du titre de cet article qui n’a manifestement d’autre objectif que de nuire et d’annoncer des choses formellement inexactes et ce d’autant plus que nous avons répondu à toutes les questions de la journaliste et que nous lui avons transmis tous les documents pour clarifier la situation".

Mediapart a depuis modifié son titre, passant de "Deux ministres sont en vacances en Corse chez un ex-trafiquant de drogue" à "Deux ministres louent la villa en Corse d'un repris de justice", ajoutant ainsi la dimension locative. Contacté par @si, Fabrice Arfi, responsable du pôle Enquêtes à Mediapart, assure que le titre a été changé pour des raisons de "commodités graphiques". Rien à voir, donc, avec la réaction des deux ministres ? "Nous assumons l'article qui a été écrit, et les deux titres, dont le second est apparu après être descendu à l'étage inférieur sur la page d'accueil du site".


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Montage : Sébastien Rochat

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15h52 suivi

Paparazzi : la plainte "déséquilibrée" de Macron

Par
Juliette Gramaglia le 17/08/2017

Doit-on vraiment porter plainte contre un photographe lorsqu'on est président, et donc protégé ? Après la plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" déposée par Emmanuel Macron contre le photographe Thibaut Daliphard, la question se pose à nouveau. Car le président de la République dispose de l'immunité présidentielle qui le rend "intouchable" : nul ne peut porter plainte contre lui, même en étant poursuivi par lui. Une situation unique.

Et pour Mediapart, qui revient ce 16 août sur le "déséquilibre" entre les deux parties dans cette histoire, cela ne fait aucun doute : que Macron attaque un photographe dans ces conditions "risque de faire pencher la balance de la justice de son côté". Le site d'information rappelle ainsi à titre de contre-exemple qu'en 2014, lorsqu'était parue dans Closer la photo de François Hollande en scooter allant retrouver Julie Gayet, le président avait décidé de ne pas porter plainte, mettant en avant une "question de principe" et expliquant qu'il refusait le "deux poids deux mesures".


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Mediapart, 16 août 2017

Pour rappel, Daliphard, qui s'était illustré dans cette spécialité en 2014 avec une photo à la Une de Voici montrant François Hollande à la plage, le front enduit de crème solaire, a été placé en garde à vue le week-end dernier alors qu'il essayait de prendre en photo le couple présidentiel, en vacances à Marseille.

Une Voici Hollande ok

Une de Voici avec la photo prise par Daliphard

L’Élysée assure que Daliphard, qui a couvert la campagne de Macron pour l'agence E-Presse, qu'il dirige, s'est introduit dans la demeure où logent Emmanuel et Brigitte Macron, mais ce dernier a démenti. "Cas d’école, pointe Mediapart : voudrait-il déposer plainte contre Emmanuel Macron pour diffamation qu’il ne le pourrait pas. Le président peut raconter ce qu’il veut sur ce photographe, sans se soucier d’être poursuivi". 

Toujours est-il que pour plusieurs photographes d'agence de presse contactés par le site, la démarche de Macron ne manque pas d'hypocrisie, quand on sait comment il s'est mis en scène pendant sa campagne. Reçu sur notre plateau en mars dernier, en pleine campagne présidentielle, le rédacteur en chef de Paris Match Bruno Jeudy racontait par exemple les "fausses paparazzades" du couple Macron : "les personnalités politiques ne posent pas, elles ne savent même pas où est le photographe", expliquait Jeudy. Mais elles savent que ce jour-là, à cette heure-là, des photographes seront présents.

Autre preuve, s'il en fallait, que Macron n'a pas toujours dédaigné la présence de photographes pendant ses déplacements personnels : un contrechamp éloquent du couple Macron se promenant dans les dunes du Touquet, sous les yeux attentifs des photographes fascinés de la presse étrangère.

contrechamp Macron photographes

Photo en contrechamp du couple Macron en balade dans les dunes du Touquet

"Avec cette plainte, il ne s'agit sûrement pas de « protection de la vie privée » mais avant tout du contrôle total de l'image et de protéger l'accord qui lie les Macron à «Mimi» [Michèle Marchand, directrice de l'agence Bestimage, qui gère les "paparazzades" des Macron, ndlr]", estime ainsi un photographe à Mediapart. Et ce photographe, qui reste anonyme, de rappeler que le photographe "attitré" de l'agence Bestimage qui suit Macron et son épouse depuis la campagne pour des photos "volées" n'est autre que Sébastien Valiela... celui-là même qui photographiait Hollande en scooter en 2014.

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15h19 suivi

CNews plombée par un lourd déficit (Libération)

Par
Juliette Gramaglia le 16/08/2017

De la gestion des chaînes télé par Bolloré. Alors qu'on a appris récemment que les comptes de C8 étaient plombés par les émissions de Cyril Hanouna –du fait du coût de ces émissions ou des amendes et sanctions publicitaires du CSA contre l'animateur – CNews se retrouve aussi dans le rouge. Comme nous l'apprend Libération ce mercredi 16 août, la chaîne d'info continue aurait cumulé en 2016 31,9 millions d'euros de déficit – soit trois fois plus qu'en 2015, où le déficit s'était élevé à 11,2 millions.

Sans surprise, c'est la grève historique de 31 jours de feu I-Télé (avant qu'elle ne soit rebaptisée Cnews début 2017) et qui s'est soldée par le départ de 85 salariés, qui a plombé les comptes. "En 2016, les revenus d’exploitation de la chaîne ont accusé une baisse de 12 %, tombant à 41,1 millions d’euros, contre 46,9 l’année précédente. En cause, une chute de 4 millions d’euros des recettes publicitaires : soucieux de leur image de marque et peu enclins à communiquer sur une antenne vide de programmes, les annonceurs ont déserté", révèle notamment Libé. Pour rappel, en octobre dernier, les annonceurs avaient notamment déserté le créneau horaire de l'émission de Jean-Marc Morandini, dont la présence à l'antenne alors qu'il était mis en examen pour "corruption de mineurs" était l'une des raisons de la grève. "Mais si l’entreprise a autant creusé ses pertes, c’est surtout à cause d’une provision «pour risques et charges» de 15,4 millions d’euros qu’elle a passée dans ses comptes", ajoute le journaliste. Un grosse somme qui a servi à payer les indemnités aux salariés ayant quitté la chaîne après la grève.

Il n'y a pas que les finances qui coincent : les audiences aussi se sont écroulées en un an. "Largement distancée par BFMTV, CNews est désormais devancée en audience par LCI, la chaîne d'info de TF1", note Libé, qui rappelle que la saison 2016-2017 s'est conclue à 0,6% de part d'audiences pour CNews, contre 1% l'année précédente.

Des audiences en berne, et des salariés en sous-effectif

Le site Lesjours.fr révélait par ailleurs le 21 juillet dernier que le projet d'une "News Factory", rassemblant la rédaction du gratuit papier CNews Matin (ex-Direct Matin) et celle de CNews, allait être relancé. Les sites des deux médias devraient fusionner pour devenir une "vitrine digitale unique", même si les deux rédactions devraient rester "indépendantes", assure-t-on du côté de la direction. Pas sûr, cependant, que ces projets arrangent les affaires de la chaîne : outre les inquiétudes des salariés et les problèmes posés par le rapprochement de deux rédactions appartenant à des groupes différents (Canal pour CNews et Bolloré Média Régie pour CNews Matin), "le gratuit de Bolloré a perdu 100 millions d'euros depuis sa création en 2007", rappelle Libération. Qui, en vis-à-vis de l'article dans son édition papier, publie une pleine page de publicité pour... la concurrente de CNews, BFMTV (propriété, comme Libé, de Patrick Drahi).


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Libération, édition du 16 août 2017

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13h50 suivi

Navire anti-migrants "sauvé" par une ONG ? Bataille de com'

Par
Robin Andraca le 12/08/2017

Bataille de com’ au large de la Tunisie. Un navire affrété par une ONG qui vient au secours des migrants a tenté de porter secours au navire anti-migrants affrété par des identitaires européens, qui a refusé l’aide. Les deux bateaux s’affrontent depuis à coup de… messages publiés sur les réseaux sociaux.

L’ironie était-elle trop belle pour être vraie ? Ce 11 août, l’ONG Sea Eye, qui vient en aide aux migrants en mer, poste un message sur sa page Facebook, affirmant qu’elle a été mandatée par les autorités maritimes européennes pour aller porter secours à un "navire nazi" qui aurait émis un "signal de détresse". Le bateau "nazi" en question : le navire anti-migrants C-Star, qui a récolté plusieurs dizaines de milliers d'euros en ligne pour entraver les missions de sauvetage des ONG en Méditerranée (et qui était depuis dimanche bloqué au large de la Tunisie, où des pêcheurs s’opposaient à son ravitaillement).

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"Comme notre bateau Sea Eye est le plus proche du C-Star, le centre de contrôle de détresse de la Méditerranée nous a demandé de les aider", écrit l'ONG sur son compte Facebook. "Aider les navires en détresse est le devoir de tous en mer, sans distinction de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion ou de leurs convictions", complète le président de Sea-Eye, Michael Buschheuer, dans un post partagé depuis plus de 3 000 fois.

Le bateau anti-migrants secouru par une ONG pro-réfugiés ? C’était le titre du premier article du Huffington Post sur le sujet, qui a depuis revu sa copie. Et pour cause : le C-Star, loué à Djibouti par le groupe d’extrême-droite français "Génération identitaire" a refusé l’aide de l’ONG. Avant de communiquer à son tour sur le sujet. Sur Twitter, "Defend Europe", du nom du projet, a nié avoir émis un signal de détresse. "Le C-Star a développé un léger problème technique dans la nuit. Afin de le régler avant que le bateau entre dans la zone de recherche et sauvetage et navigue près des autres vaisseaux, le moteur principal a été stoppé". Selon l'organisation, cette information, selon le respect de la loi, a simplement été communiquée aux bateaux aux alentours, comme la loi le prévoit.

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Sea-Eye a confirmé que le bateau affrété par Defend Europe avait refusé toute assistance. "Sur les conseils du MRCC (Maritime Rescue Coordination Center), le Sea-Eye a repris sa route vers les naufragés et ceux qui se noient". Le message a été dix moins partagé que le précédent.

L'occasion de relire notre article : "Crowdfunding anti-réfugiés : PayPal sommé de réagir"

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15h22 suivi

Canal+ abandonne "Le Petit Journal" version Eldin

Par
la rédaction le 11/08/2017

Canal+ met fin à son émission historique, mais garde Eldin pour présenter une émission qui ressemble fortement... au Petit Journal.

Le Petit Journal version Cyrille Eldin n'aura pas fait long feu. Un temps annoncée une fois par semaine, le samedi, l'ancienne émission phare de Canal+ ne reviendra finalement pas en septembre, comme le révèle la grille des programmes de Canal+. La faute aux mauvaises audiences du programme, liées au départ de son animateur historique Yann Barthès sur TF1. Face au million de téléspectateurs que l'émission fédérait époque Barthès, il n'y avait plus que 70.000 personnes en première partie et 250.000 curieux en deuxième partie à partir du 20 mars 2017. Le Petit Journal avait pourtant été remanié en cours de saison, obtenant quinze minutes supplémentaires et un nouveau plateau. En vain !

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Canal+ n'abandonne pas pour autant son animateur. Cyrille Eldin va animer chaque samedi en clair à 19h15 un nouveau programme intitulé La case en +, où l'on pourra voir "Cyrille et son équipe de reporters se déplaceront hors les murs à la rencontre de personnalités, qu'elles soient des acteurs clés de la sphère politique, médiatique ou sociétale", selon le dossier de presse de la chaîne cryptée. Une description qui fait grandement penser à l'ancienne émission de l'animateur, Eldin Reporter, diffusée dans... Le Petit Journal de Barthès en 2014.

(Clément Boutin)

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14h36 flash

Les Inrocks, sexistes dans le choix de leurs unes ? (Acrimed)

Par
la rédaction le 09/08/2017

Chaque été depuis 2004, le magazine Les Inrockuptibles publie un numéro spécial sexe. Et chaque été, il met en couverture "des femmes nues et/ou dans des poses lascives" , remarque le site Acrimed.

Cette année, c'est la performeuse X Stoya qui fait la une de l'hebdomadaire culturel. Pourquoi? Elle représenterait, dixit l'édito des Inrocks, "un majeur levé bien haut à la face du porno sexiste, du conservatisme frileux, des préjugés bloquants". Autant de maux évidemment étrangers à l'hebdomadaire.


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(Couvertures du spécial sexe de 2005 à 2016, source : Acrimed)

Mais, "si l'on compte cette dernière édition, sur 22 personnes figurant sur la couverture du magazine, 18 sont des femmes et 4 sont des hommes", a dénoncé Acrimed. Et ces corps de femmes omniprésents sont souvent blancs et sveltes, présentés de manière assez crue, contrairement à ceux des hommes. L'acteur porno François Sagat pose ainsi de profil sur la couverture du numéro de 2010, et seules ses fesses sont visibles. L'hebdomadaire donnerait à voir "une représentation calibrée, homogène et ainsi parfaitement exclusive des corps féminins", selon Acrimed.

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(Couverture du spécial sexe de 2017)

Le directeur de la rédaction des Inrocks, Pierre Siankowski, a été interrogé à ce sujet lors du "Mag de l'été spécial sexe" de France Inter et a répondu : "Pourquoi pas l'année prochaine, on peut y réfléchir et se dire que l'année prochaine on se retrouve avec un homme en couverture". On attend la couverture de 2018 !

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14h28 suivi

Migrants : 4 mois de prison avec sursis pour Cédric Herrou

Par
Capucine Truong le 08/08/2017

"L'homme qui n'a plus de vie", la passe au tribunal. L'agriculteur de la vallée de la Roya Cédric Herrou a été condamné mardi 8 août par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé des migrants à entrer en France depuis l'Italie. Il a annoncé qu'il se pourvoirait en cassation.

En première instance, il a été condamné à 3000 euros d'amende avec sursis par le tribunal de Nice. Mardi 8 août, la cour d'appel d'Aix-en-provence a été moins clémente : quatre mois de prison avec sursis, pour l'"homme qui n'a plus de vie", Cédric Herrou, l'agriculteur de la vallée de la Roya. Celui-ci était accusé d'avoir pris en charge des migrants sur le sol italien, principalement erythréens et soudanais, déterminés à traverser la frontière vers la France.

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Il lui était aussi reproché d'avoir installé sans autorisation, aux côtés de l'association Roya citoyenne, une cinquantaine de migrants, dont vingt-neuf mineurs, dans un centre de vacances désaffecté depuis plus de dix ans appartenant à la SNCF. Sur le camp, ces migrants avaient pu être momentanément nourris et soignés dans des conditions décentes. Alors que le tribunal de Nice l'avait relaxé de ces derniers faits, la cour d'appel d'Aix-en-provence l'a condamné à verser, en sus de sa peine de prison avec sursis, 1000 euros de dommages et intérêts à la SNCF, pour délit d'occupation illicite. "C'est une peine d'avertissement", a commenté le président de la cour d'appel, selon des propos rapportés par Le Monde.

En effet, le magistrat n'a, cette fois-ci, pas accordé d'exemptions humanitaires à l'agriculteur. "Lorsque l'aide s'inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n'entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie" à l'aide humanitaire apportée par Cédric Herrou, a ainsi jugé le président, toujours selon Le Monde.

Commentant le jugement, Cédric Herrou a réaffirmé la nécessité de son action en termes humanitaires. "J'invite le parquet à venir dans la vallée de la Roya entendre les familles des quinze personnes mortes en tentant de franchir la frontière. J'attends avec impatience les trente prochaines décennies et on verra qui se retrouvera devant les tribunaux. Je continuerai à me battre. Ils n'ont qu'à me mettre directement en prison, ce sera plus simple." Sur le plateau d'@si, Cédric Herrou s'était déjà exprimé sur les raisons de son action : "Je ne me considère pas vraiment comme un désobéissant. J'aide les gens à accéder à leurs droits. Donc si on est obligés de contourner une partie de la loi pour une loi plus importante qui sert à l'intégrité de femmes et d'hommes, je pense que ce n'est pas de la désobéissance."

"Quand je n'étais pas médiatisé, l'affaire était classée sans-suite"

Selon lui, la sévérité du jugement de la cour d'appel serait directement liée à la médiatisation de son combat. "Quand je n'étais pas médiatisé, l'affaire était classée sans-suite, on brandissait l'immunité humanitaire alors même que j'avais été attrapé en train de faire passer des gens à la frontière. (...) Maintenant, il n'y a aucune flagrance de passage à la frontière, rien, je revendique seulement le fait d'accueillir des gens qui ont passé la frontière par leurs propres moyens. La réponse c'est quatre mois avec sursis", a-t-il confié à l'Obs. Il a d'ores et déjà annoncé, ce matin, qu'il se pourvoira en cassation pour contester le jugement de la cour d'appel.

Déjà convoqué devant la justice à l'été 2016 pour avoir transporté des Érythréennes - une affaire classée sans suite -, Cédric Herrou a été interpellé le 24 juillet à la gare de Cannes en compagnie de plus d'une centaine de migrants, qu'il accompagnait, selon ses dires, déposer leur demande d'asile. Mis en garde à vue pour la sixième fois, le parquet a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour des faits d'aide au séjour et à la circulation d'étrangers en situation irrégulière.

L'occasion de revoir notre émission avec Cédric Herrou : "Migrants/Evasion fiscale : « on utilise les médias comme porte-voix»" ; ou de relire son portrait : "Une visite à Cédric Herrou, l'homme qui n'a plus de vie"

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14h19 @rrêt sur images

Mitterrand élu : "Les élèves de 15 ans de mon lycée pleuraient"

Par
la rédaction le 05/08/2017

"Ils disaient que c'était terrible". Comment ont réagi les catégories les plus aisées de la population au lendemain de l’élection de Mitterrand en 1981 ? Sur notre plateau, Virginie Linhart, auteure d’un film sur l'élection de Mitterrand, raconte qu’elle était alors élève au lycée Victor Duruy, à Paris, où étudient les enfants de la grande bourgeoisie parisienne. "Le lendemain de l’élection de Miterrand, après avoir fait la fête la veille au soir, j’arrive au lycée et tout le monde pleurait. Les élèves de 15 ans pleuraient en expliquant que c’était terrible, qu’ils allaient devoir aller s’installer en Suisse, que les banques de leurs parents allaient fermer".

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission : "Mitterrand : "C'est la dernière fois qu'un politique tient ses promesses""

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15h35 suivi

Hanouna et TPMP plombent les comptes de C8 (BFM Business)

Par
Capucine Truong le 02/08/2017

Quand Cyril Hanouna creuse les comptes de C8. La chaîne divertissement de Vincent Bolloré, qui diffuse l'émission phare d'Hanouna Touche Pas à mon Poste, ne cesse de creuser ses déficits, avec des coûts qui augmentent "encore plus vite" que son chiffre d'affaires, révèle BFM Business.

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Selon le site, ce sont les achats de programmes qui pèsent particulièrement dans le budget de C8 qui, depuis sa création sous le nom de Direct 8, n'a cessé être déficitaire : ils ont bondi de 30%, en 2016, pour atteindre 103 millions d'euros. Les pertes totales, quant à elle, ont augmenté "de 67% pour atteindre 50 millions d'euros", écrit BFM Business.

Or, s'il y a quelque chose qui pèse dans la tirelire de C8 (donc dans la poche de Vincent Bolloré), ce sont les émissions produites par Cyril Hanouna pour C8, via sa boite de production H2O. Il faut dire que le nouveau contrat d'Hanouna, entré en vigueur à la mi-2016, lui garantit 50 millions d'euros de commandes par an, contre 19 millions en 2015, pour un panel d'émissions qui, outre TPMP, principale manne publicitaire de la chaîne, sont restées dans le plus complet anonymat : entre autres L'oeuf ou la poule, Pour nous c'est cadeau, Touche pas à mon sport, etc.

D'autant qu'Hanouna, en plus de ses gages mirifiques, coûte à la chaîne en amendes et en contenus publicitaires. De quoi prévoir d'autres comptes en rouge en 2017 : après une première interdiction de publicité pendant deux semaines, suite à des sketchs douteux de l'animateur, le CSA a infligé une amende de 3 millions d'euros à C8. Cette amende sanctionne le canular visant de jeunes homosexuels effectué par Hanouna lui-même. La chaîne a, dans les deux cas, fait savoir qu'elle contestait les décisions du CSA. Vincent Bolloré a même réclamé 13 millions d'euros à l'autorité publique, montant selon lui des pertes de revenus publicitaires dues à l'interdiction de publicité durant deux semaines.

L'occasion de revoir notre émission sur Hanouna : "Un système à produire des séquences homophobes"

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18h08 suivi

PMU de Sevran : France 2 blanchie par le CSA

Par
Capucine Truong le 31/07/2017

Pour le CSA, France 2 n'a rien à se reprocher quant au reportage polémique du "PMU de Sevran". Dans une décision rendue ce lundi 31 juillet, le gendarme de l'audiovisuel français (sévère ces dernières semaines, à l'encontre de Cyril Hanouna et de son émission TPMP) a estimé que la chaîne n'avait nullement manqué "à ses obligations en matière de respect des droits et libertés."

France 2 sevran

Souvenez-vous : le 7 décembre dernier, un sujet du 20 heures de la chaîne publique, en caméra cachée, affirmait qu'un bar PMU de la ville de Sevran, en Ile-de-France, refusait l'accès aux femmes, en faisant l'exemple même de "territoires perdus de la République", d'où les femmes seraient exclues. Pour preuve : dans le reportage, un homme filmé en caméra caché, flouté, intimait à la femme tenant la caméra qu'ici, c'était comme "le bled", elle n'était pas bienvenue.

Largement repris, lors d'émissions de télévisions autant que dans des déclarations politiques sur l'identité et l'état des banlieues (dont nous avons fait état ici et ici), le reportage avait fait l'objet d'une contre-enquête du Bondy Blog, réalisée par sa rédactrice en chef elle-même, Nassira El Moaddem. Selon le Bondy Blog, le bar accueillait bien des femmes, et même des habituées. Le sujet de France 2 aurait donc été le résultat d'un traitement journalistique biaisé, induisant une image fausse du bar PMU, voire de la ville elle-même.

Un des griefs contre la journaliste de France 2, Caroline Sinz, à l'origine du sujet était la séquence issue de la caméra cachée, mentionnée plus haut. Elle a été tournée non par la journaliste de France 2 elle-même, qui admet ne pas s'être rendue sur les lieux avant de rendre son sujet, mais par des militantes de l'association La brigade des mères. Or, celles-ci auraient exclu du montage, selon le Bondy Blog, l'accueil du patron du bar, leur offrant de consommer. Sur ces faits, le CSA considère qu'il n'appartient pas aux plaignants "de contrôler les modalités du montage effectué par les équipes de France Télévisions".

De même, pour le CSA, le reportage n'a pas stigmatisé les habitants de la commune de Sevran, "les faits étant présentés comme représentatifs d'un problème de société global". Le CSA a néanmoins souhaité "assurer les plaignants de sa vigilance s'agissant du traitement, sur les services de radio et de télévision, de sujets controversés susceptibles d'avoir des répercussions sur la cohésion nationale."

France 2 averti par le CSA pour un sujet sur un stage viriliste

En revanche, le même jour, le CSA a tapé sur les doigts de France 2, à nouveau du fait d'un sujet de son journal télévisé de 20 heures. Le reportage "Stages : c'est quoi un homme" (chroniqué par OcéaneRoseMarie sur notre site) s'intéressait à la retraite non-mixte d'hommes en "recherche" de leur masculinité, poussant des voitures et égrenant des poncifs sur les personnalités féminines et masculines. En introduction du sujet, David Pujadas avait évoqué "la fin du patriarcat" pour justifier l'intérêt du reportage. Cette fois, le CSA n'a pas laissé passer : il a "attiré l'attention des responsables de la chaine sur le nécessaire respect" de la "juste représentation des femmes et des hommes dans les programmes des services de communication audiovisuelle" et, d'autre part, de "l'image des femmes qui apparaît dans les programmes".

L'occasion de revoir notre émission tournée au PMU de Sevran : "Bar PMU de Sevran : "Il n'y aura aucun compromis avec France 2".

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16h24 @rrêt sur images

Chirac et la "solitude du pouvoir"

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la rédaction le 30/07/2017

La solitude traquée par une moto et un journaliste. Aujourd'hui, ce sont des images classiques, vues et revues à la télévision. En 1995, au soir de l'élection de Chirac, c'était pourtant une première : sur sa moto, le journaliste Benoît Duquesne poursuit Chirac, essayant d'arracher un mot, une image, au nouveau président dans sa voiture, assis à côté de sa femme, Bernardette. Pour Jean-Luc Barré, historien, co-rédacteur des Mémoires de Chirac, "ce couple est déjà dans une forme de solitude de pouvoir. Ils ne quittent pas cette voiture, et ne vont pas saluer leurs partisans".

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission sur les débuts de Chirac à l'Elysée : "Cette pomme, c'était le symbole de la simplicité de Chirac"

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15h04 lu

Obamacare : les médias US face aux attaques confuses de Trump

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Manuel Vicuña le 30/07/2017

Après son cuisant revers au Sénat, Trump plaide pour un chamboulement des règles législatives et s'emmêle les pinceaux. Alors que le sénat américain, pourtant à majorité républicaine, a rejeté vendredi, l’abrogation partielle de l’Obamacare souhaitée par Trump, le président n’en démord pas. Dans une série de tweets publiés ce samedi, décortiqués par une partie de la presse américaine, le président s’en est pris aux règles en vigueur au Sénat et a exhorté celui-ci a revoir son fonctionnement législatif.

Dans le collimateur de Trump : la procédure d'obstruction parlementaire dite "filibuster". Une procédure qui permet à une partie minoritaire des sénateurs de bloquer un projet de loi qui passerait ordinairement avec la majorité simple des voix. Selon cette règle, il faut obtenir non pas une majorité de 51 mais de 60 voix (sur 100 sénateurs) pour faire adopter une réforme. "Le sénat républicain doit se débarrasser de la règle des 60 votes, maintenant! " a martelé Trump sur Twitter, estimant que cette règle est "une blague" qui "tue le parti républicain" et permet à une minorité de démocrates de "contrôler le pays".

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Seulement voilà, comme le fait remarquer CNBC, dans tous les cas cette révision des règles législatives "n’aurait pas permis aux républicains de venir à bout de l’Obamacare" ce vendredi. En effet, le revers essuyé par Trump vendredi sur l’Obamacare n’est pas le fait d’une minorité de blocage. L’abrogation partielle de l’Obamacare a été rejetée par 51 voix contre 49, soit une majorité simple.

D'ailleurs, comme l’explique le Washington Post l’obstruction parlementaire "n’a rien à voir" avec le revers essuyé par les républicains au Sénat en fin de semaine. Dans ce cas précis, pour espérer remporter la partie ce vendredi au Sénat, les républicains n’avaient pas besoin d’obtenir une super-majorité de 60 voix favorables à l’abrogation, "ils avait seulement besoin de 51 votes pour passer, mais ne les ont pas obtenus", explique pour sa part Politico. La faute notamment à trois sénateurs républicains dont John MacCain qui ont préféré se joindre aux parlementaires démocrates contre le projet de Trump. "Imbéciles", c'est le terme employé par Trump pour qualifier ces sénateurs sur Twitter. 

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"Trumps insulte et menace les sénateurs républicains après l'échec du projet de loi santé", Washington Post

"Si sa logique vous apparaît confuse, vous n'êtes pas seul"

Le président américain méconnaît-ils les subtilités réglementaires du Sénat ? "Si sa logique vous apparaît confuse, vous n'êtes pas seul" observe le Washington Post qui taxe les sorties de Trump de contradictoires. En effet, après avoir tonné sur Twitter contre la règle de l’obstruction parlementaire, le président a pourtant reconnu dans un tweet publié quelques minutes plus tard qu’effectivement, "certains volets sur l’assurance maladie pourraient être adoptés par 51" votes, soit la majorité simple. Et que donc l'obstruction parlementaire n'était pas en cause dans son échec de vendredi au Sénat.

"Trump sait que certains projets de loi sur les soins de santé pourraient passer par le Sénat avec une majorité simple de votes. Comme cela aurait pu être le cas pour la loi d'abrogation du vendredi, par exemple" estime le Washington Post qui poursuit : "Mais, selon Trump, les républicains ont besoin de tuer la règle de l’obstruction parlementaire de toute façon, de sorte qu’elle ne permette pas aux démocrates de bloquer un futur projet de loi de réforme de la santé plus vaste, qui n'existe pas encore".

Par ailleurs, le Post rappelle qu’"alors que Trump attaque maintenant le «filibuster» comme obsolète, il l'a défendu quatre ans plus tôt comme une vénérable tradition datant de Thomas Jefferson." De fait, aux Etats-Unis, cette procédure d’obstruction parlementaire est devenue une tactique presque routinière dont usent les partis minoritaires pour entraver les projets de loi. Une pratique que les républicains n’ont pas manqué d’utiliser, sous la présidence Obama, pour faire obstruction au réforme de l'ex-président démocrate.

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15h54 lu

"Qui a fait fuiter cette info ?" : le nouveau directeur de com' de Trump dérape

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Robin Andraca le 28/07/2017

On connaissait Sean Spicer, moqué dans les late-show américains, voici Anthony Scaramucci, nouveau directeur de la communication de la Maison-Blanche. Ce dernier a téléphoné à un journaliste du New Yorker pour le pousser à révéler ses sources. Et insulter une bonne partie de l'équipe de communication de Trump.

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The New Yorker, 27 juillet 2017

On avait vu passer son nom en juin dernier, quand CNN avait viré trois de ses journalistes, coupables de ne pas avoir vérifié leurs infos avant de publier un article sur des liens supposés entre lui et un fonds d'investissement russe : ce 27 juillet, Scaramucci, ancien banquier de Goldman Sachs dans les années 90, devenu depuis directeur de la communication de la Maison Blanche, est revenu sur le devant de la scène par la grande porte.

L'histoire commence sur Twitter. Ce 26 juillet, Ryan Lizza, correspondant à Washington du New Yorker, poste le message suivant sur son compte : "Scoop : Trump dîne ce soir avec Sean Hannity, Bill Shine (ancien cadre de Fox News) et Anthony Scaramucci, selon deux sources fiables". Le président des États-Unis qui dîne avec son plus fervent supporter sur Fox News (Hannity), un ancien cadre de la chaîne et son directeur de communication, voilà qui méritait d'être écrit.

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Ce n'est pas l'avis de Scaramucci, qui appelle dans la foulée le journaliste sur son portable, comme le raconte Lizza dans un article publié quelques heures plus tard sur le New Yorker. "Qui a fait fuiter cette info ?", demande le nouveau directeur de la com' de la Maison Blanche. Hors de question pour le journaliste de révéler sa source. "Ce que je vais faire, c'est virer tout le monde dans l'équipe de communication, et tout recommencer à zéro. J'ai demandé à ces types de ne rien faire fuiter, et ils ne peuvent pas s'en empêcher", insiste Scaramucci. Qui revient ensuite à la charge : "C'est un assistant du président ?". Puis : "Très bien, je vais tous les virer, et comme vous avez voulu protéger tout le monde, toute l'équipe sera virée dans les deux prochaines semaines".

D'humeur bavarde, il se lâche ensuite sur Reince Priebus, persuadé que le chef de cabinet de la Maison Blanche, vexé de ne pas avoir été invité au dîner, est à l'origine de la fuite : "Reince est un putain de schizophrène paranoïaque, un paranoïaque". Pour ne pas faire de jaloux, il aura aussi cette phrase pour le conseiller spécial de Trump, ancien patron de Breitbart, Steve Bannon : "Je ne suis pas Bannon, je n'essaie pas de sucer ma propre bite".

Qu'a pensé Breitbart de cette sortie ? Dans un article intitulé "Le show Scaramucci", le journaliste Tony Lee écrivait dans la foulée : "Si Trump estime que les emportements de Scaramucci peuvent endommager la marque Trump sur le long terme, il risque de considérer Scaramucci comme un pari qui ne vaut pas la peine d'être pris".

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Scaramucci a finalement réagi sur son compte Twitter. "Je m'exprime parfois avec un langage fleuri. Dorénavant je m'abstiendrai de le faire dans ce cadre mais je ne renoncerai pas à mon combat passionné pour le programme de Donald Trump", a-t-il posté dans un premier temps. Avant d'ajouter quelques heures plus tard : "J'ai fait une erreur en faisant confiance à un journaliste. Cela ne se reproduira pas". Le difficile apprentissage du off ?

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15h54 suivi

Ruffin publie sur Facebook sa déclaration de patrimoine

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Capucine Truong le 28/07/2017

François Ruffin, champion de la transparence ? Le député de la Somme a publié, sur sa page Facebook, sa déclaration de patrimoine complète. Une façon, dit-il, de mettre fin aux rumeurs qui le disent "millionnaire, voire payant l'impôt sur la fortune".

François Ruffin semble s'être lancé dans un concours d'exemplarité. Il vient de publier, sur sa page Facebook, l'intégralité de sa déclaration de patrimoine. Il est de toute façon tenu par la loi de déposer, comme les autres parlementaires, sa déclaration auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique avant le 18 août, soit deux mois après son élection. La Haute Autorité les examinera ensuite, avant de les rendre publiques.

Mais Ruffin a souhaité devancer le délai : une manière, dit-il, de répondre aux rumeurs qui le disent "millionnaire, voire payant l'impôt sur la fortune" grâce aux droits de son film Merci Patron! et à l'augmentation des abonnés de son journal Fakir. Déjà, dans un portrait qui lui était consacré dans Libération en octobre 2016, Ruffin déclarait "en avoir marre qu'on [lui] demande ce [qu'il va] faire du pognon."

En terme de "pognon", donc, il s'agit de : 130 500€ de liquidités, dont seulement 10 000€ de droits déjà perçus liés à Merci Patron! Mais "un peu moins de 100 000€, après impôts et cotisations", devraient suivre. Si l'on en croit ses déclarations à Libération, en octobre 2016, il aurait aussi reversé une somme importante dans les caisses de Fakir : "entre 600.000 et 1 million d'euros avant impôts, dont le fondateur du bimestriel, qui intègre dans ce calcul les ventes à venir du DVD et les passages sur Canal + et France 3, n'a pas encore vu la couleur."

Sur Facebook, Ruffin précise avoir aussi investi 37 500€ dans une "société audiovisuelle à but non lucratif", les Quatre cent clous, dont il est actionnaire à 75%, et qui devrait lui donner les moyens de produire son prochain film. "Elle ne reverse aucun dividende", poursuit-il, "et je n'en suis pas le gérant." "J'ai regardé, d'après l'INSEE, ça me placerait dans la médiane [des revenus], au milieu", insiste même Ruffin, apparemment très soucieux de ne pas passer pour riche, et qui publie même une photographie de sa voiture, "mon Berlingo, acheté 5000 euros d'occase en 2012".

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Déjà lors de la campagne des législatives, il avait porté l'exigence d'exemplarité très haut en annonçant qu'il "se mettrait au SMIC" : c'est-à-dire qu'il baisserait son indemnité parlementaire, de 7 209,74€ au niveau du SMIC, à savoir 1 480,27€ s'il était élu. Ce geste avait mis dans l'embarras ses collègues du groupe France Insoumise, et notamment Alexis Corbière, sommé sur RTL par Elisabeth Martichoux de préciser s'il allait faire de même. Réponse de Corbière : "C'est un bel exemple. Moi je suis pour, après, que chacun soit dans une réalité en fonction de ses revenus, en fonction de son patrimoine." Il termine en précisant : "Il ne vivra pas avec le SMIC, Ruffin. Il a d'autres sources de revenus." Elles sont désormais connues. 

L'occasion de revoir notre émission avec François Ruffin et Frédéric Lordon : "Merci Patron : «mes inspirateurs? Michael Moore et Lafesse»"

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12h19 suivi

Crowdfunding anti-réfugiés : le navire des identitaires stoppé à Chypre

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Manuel Vicuña le 27/07/2017

Le navire anti-migrants, affrété par des activistes identitaires européens, stoppé dans le nord Chypre ? C’est ce que relate ce mercredi le site du quotidien britannique The Telegraph et l’organisation antiraciste Hope not Hate, confirmant des informations du site chypriote Cyprus Post. Le capitaine du bateau et son adjoint ont été arrêtés dans le port de Famagouste pour falsification présumée de documents.

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Jusqu’ici, ni la fermeture de leur cagnotte sur Paypal, ni la clôture de leur compte par le Crédit mutuel, n’avaient réussi à mettre un coup d’arrêt au projet "Defend Europe". Début mai, plusieurs factions européennes de jeunes d’extrême droite avaient lancé une campagne de financement en ligne. L’objectif ? Réunir assez de moyens pour affréter un grand bateau afin d’entraver les missions de sauvetage de refugiés des ONG en Méditerranée. Une campagne de crowdfunding qui, comme nous vous l’expliquions, avait soulevé l’indignation de nombreux internautes et associations. Ce qui n’avait pas empêché les militants identitaires de se procurer un navire, le C-Star, parti la semaine dernière de Djibouti, en Afrique de l’Est pour entraver le sauvetage des migrants.

"Ces militants d’extrême-droite et l’équipage qui les accompagne sont-ils armés ?". Très probablement, avançait ce mardi Bastamag en s’appuyant sur une enquête menée par Hope not Hate (L’espoir pas la haine). Ces dernières semaines, cette organisation antiraciste, basée à Londres a livré quasi-quotidiennement des éléments sur l’opération menée en mer par les activistes d’extrême droite. "Hope not Hate craint désormais que des armes aient également été transbordées" La raison ? Le C-Star et son équipage de bord ont été loués aux identitaires par un certain Sven Tomas Egerstrom, entrepreneur suédois aux manettes d’une société de sécurité maritime privée. Cette entreprise Sea Marshals Risk Management Ltd, possède deux navires, dont le C-Star qui effectuent habituellement des prestations de sécurité le long des côtes est-africaines, dans des zones maritimes confrontés à la piraterie. "Durant les cinq dernières années, Sea Marshals Risk Management Ltd a fourni des personnels de sécurité armés dans les zones à haut risque" peut-on lire en page d'accueil du site de la société. "Nous avions l'habitude de ne recruter que des ex-militaires britanniques, mais le marché a été inondé et nous employons maintenant des hommes d'autres pays comme l'Inde, l'Ukraine et la Serbie", relatait en mai dernier, le directeur de la société au site d’information gallois, Wales online, expliquant que ces vigiles des mers étaient équipés d’armes semi-automatiques.

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"Le fait que Sven Egerstrom ait des intérêts au sein d’une compagnie de sécurité maritime privée et qu’il admette avoir fourni un équipage pour l’opération Defend Europe, le fait que Defend Europe communique sur son équipage ukrainien, combiné à un mystérieux rendez-vous avec un bateau transportant des gardes armés, pose sérieusement question", commente l’organisation antiraciste. Le bateau "anti-réfugiés" avait été bloqué une première fois pour inspection le 20 juillet au port de Suez par les autorités égyptiennes. Ce mercredi, selon le Telegraph et Cyprus Post, le navire de Defend Europe avait changé d’équipage à Chypre et se préparait à reprendre la mer. Alertée par des associations, dont Hope not Hate, la juridiction turque de la moitié nord de l’île de Chypre a ouvert une enquête et fait évacuer le bateau, sans préciser si des membres de l'équipage étaient armés. "L’éventualité que le navire puisse reprendre la mer dans la foulée avec un nouvel équipage est encore incertaine", explique le Telegraph. Ce mercredi, les membres de Defend Europe se sont, quant à eux, dits déterminés à poursuivre leur opération : "Nous suivrons les règles, attendons le résultat des enquêtes et prendrons tout le temps nécessaire pour commencer correctement notre mission."

L'occasion de relire notre article : "Crowdfunding anti-réfugiés : Paypal sommé de réagir"

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16h08 vu

Hanouna / canular : C8 condamnée à une amende de 3 millions

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la rédaction le 26/07/2017

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel condamne C8 à une amende de 3 millions d'euros pour son canular homophobe diffusé dans l'émission Touche pas à mon poste le 18 mai dernier. Il s'agit de la troisième sanction en moins de deux mois contre l'émission de Cyril Hanouna.

Nouvelle sanction pour C8. La chaîne du groupe Canal s'est vue condamnée à verser une amende de 3 millions d'euros suite à une décision du CSA, édictée ce mercredi 26 juillet. Dans son rapport, le CSA justifie cette sanction en rappelant avoir "privilégié le dialogue et multiplé les avertissements sans manifestement être entendu". Il insiste sur la gravité des faits survenus dans l'émission Touche pas à mon poste le 18 mai dernier : "C8 ayant méconnu le principe de respect de la vie privée, ainsi que son obligation de lutter contre les discriminations".

Au cours de son émission, le présentateur "machine à cash" de C8, à l'origine de 50% des recettes publicitaires de la chaîne, avait mis en place un canular téléphonique dans lequel il se faisait passer pour un homme homosexuel, après avoir posté une fausse annonce sur les réseaux sociaux, finissant par ridiculiser ses interlocuteurs. La séquence - visionnée des millions de fois sur internet - avait rapidement soulevé une forte indignation et provoqué le boycott de certains annonceurs (nous vous le racontions ici).

C'est un nouveau camouflet pour la chaîne du groupe dirigée par Vincent Bolloré. En effet, le CSA a déjà sanctionné l'émission Touche pas à mon poste à deux reprises au cours des derniers mois. Suite à deux séquences polémiques visant des chroniqueurs de l'émission, la chaîne avait été contrainte de suspendre toutes ses pages publicitaires pendant 3 semaines, durant toute la durée du programme, mais aussi 15 minutes avant et après l'émission. La première séquence concernait une caméra cachée dans laquelle Mathieu Delormeau était accusé d'un meutre simulé. Un canular morbide qui, pour le CSA, plaçait le chroniqueur dans "une situation de vulnérabilité et d'humiliation". La deuxième séquence, selon le CSA, relevait d'un manquement à la responsabilité de l'acteur audiovisuel de lutter contre "les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes." Elle impliquait directement Cyril Hanouna puisque le présentateur avait, lors d'un jeu, amené à son insu la chroniqueuse Capucine Anav à toucher son entrejambe. Selon Vincent Bolloré, cette sanction aurait coûté pas moins de 13 millions d'euros à C8 - 13 millions qu'il réclame au CSA, selon les informations du Canard Enchainé.

A cette addition déjà salée s'ajoutent maintenant les 3 millions de l'amende décidée par le CSA. Après avoir déjà contesté les deux premières sanctions, C8 a d'ores et déjà annoncé vouloir déposer un recours contre cette dernière sanction, dans un communiqué. C'est, pour la chaîne, une sanction à nouveau "disproportionnée" et coupable d'un "traitement inéquitable et discriminatoire" - accusations qu'avait déjà développées Hanouna, directement dans son émission TPMP. Quant aux 3 millions d'euros, ils seront reversés au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

(par Emilien Diaz)

L'occasion de revoir notre émission : "Hanouna, un système à produire des séquences homophobes"

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18h11 @rrêt sur images

Sarkozy au Fouquet's : "On voit ce qu'on veut bien nous montrer" (Ridet)

Par
la rédaction le 22/07/2017

Circulez, y a rien à voir ? Au soir du second tour, en 2007, le cortège du nouveau président Sarkozy file sur les Champs Elysées, pour rejoindre la place de la Concorde, où l'attendent ses partisans, et... s'arrête avant, au Fouquet's. Pour "savourer" sa victoire, raconte à l'époque le journaliste de France 2. Surtout pour convaincre sa femme de l'accompagner à la Concorde, détaille dix ans plus tard sur le plateau de notre première émission d'été, le journaliste du Monde, Philippe Ridet. "C'est ce qui fait tout le charme et la limite du poste de rubricard « embedded », c'est qu'on ne voit que ce qu'on veut bien nous montrer."

 Pour voir l'intégralité de notre première émission d'été : "Sarkozy, on ne le croit jamais sincère", c'est ici

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15h33 suivi

Dieudonné /fraude fiscale : fuites dans Le Parisien

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la rédaction le 22/07/2017

Dieudonné devant le juge. L'enquête portant sur les pratiques fiscales douteuses de l'humoriste controversé Dieudonné, mis en examen pour "fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, abus de bien sociaux et organisation frauduleuse d'insolvabilité" vient d'être bouclée, le 27 juin dernier par le juge Renaud Van Ruymbeke. Le Parisien a mis la main sur des déclarations de Dieudonné au juge, dans lequel il tente de se justifier sur ces irrégularités, évoquant "une période très difficile, tant médiatique que financière."

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L'envers du business de l'"humoriste" Dieudonné? Le Parisien, dans un article publié ce jeudi, révèle plusieurs éléments du dossier, et les justifications difficiles de l'artiste, dans l'enquête dujuge Renaud Van Ryumbeke, bouclée, le 27 juin dernier, sur les pratiques fiscales de l'humoriste Dieudonné. Dieudonné et sa compagne Noémie Montagne, mis en examen en juillet 2014, sont soupçonnés d'avoir détourné une partie des recettes non comptabilisées des spectacles à leur profit, et d'avoir cherché à échapper au paiement de l'impôt sur la fortune.

Les enquêteurs se sont interrogés sur près de 400 000 euros envoyés au Cameroun depuis 2009, pays où Dieudonné conserve des liens familiaux, alors même qu'il a, durant plusieurs années, refusé de s'acquitter d'amendes s'élevant au total à près de 65 000 euros. Ce refus a motivé l'enquête préliminaire sur son patrimoine. Ils se sont aussi penchés sur le rachat, par la société de production gérée par la compagne de l’artiste, Noémie Montagne, d'une propriété de Dieudonné mise aux enchères publiques forcées en raison d’une dette fiscale de près de 900 000 euros, pour un montant de 550 000 euros. Et ce, alors même qu'environ la même somme, toujours selon Le Parisien, auraient été levée par Dieudonné après un appel aux dons.

Enfin, fin janvier 2014, les enquêteurs ont découvert 650 000 euros en liquide au domicile du couple en Eure-et-Loir. Selon son avocat, l'argent proviendrait de la billetterie de son spectacle. Mais ces montants en espèces surprennent le juge Van Ruymbeke, étant "hors de proportion" avec les recettes en espèces déclarées par le couple sur les mois précédents, "compris entre 1.500 et 2.800 euros en liquide". Autrement dit, alors que la part d'argent liquide dans les recettes des spectacles était basse, elle a brusquement grimpé à plus de 100 000 euros par mois, fin 2013. Pour Dieudonné, l'explication réside dans la frénésie des spectateurs souhaitant assister à son spectacle, selon des propos rapportés par Le Parisien : "Les rares privilégiés qui pouvaient accéder au spectacle devaient être rapides et volontaires. Si j'avais été à leur place, j'aurais tiré de l'argent au distributeur qui se trouve à côté du théâtre et payé en espèces pour rentrer plus rapidement. C'est certainement ce qu'ils ont fait." Il aurait choisi d'entreposer ces espèces chez lui, dans un coffre fort plutôt qu'à la banque, pour cause de méfiance à l'égard des banques.

Des comptes en Suisse, Belgique et Singapour liés à Dieudonné

Mais les enquêteurs ont aussi découvert plusieurs comptes à l'étranger liés à Dieudonné. Un compte en Suisse, appartenant à son producteur helvéte, aurait servi à acheter, pour un montant de 26.625 euros, une "pénichette", pour "anticiper la perte du théatre de la Main d'or" et qui n'aurait jamais servi, selon Dieudonné. Sauf que le producteur, interrogé par les enquêteurs, a indiqué qu'il reversait une partie des recettes des spectacles en Suisse à la société des Productions de la plume, gérée par Noémie Montagne. Mais que depuis 2013, il devait verser l'argent à Merlin, l'un des fils de Dieudonné, sur un compte ouvert dans une banque à Singapour. Il a refusé d'en livrer les coordonnées à la police.

Un autre compte, celui-là domicilié en Belgique et depuis clôturé, aurait été utilisé pour financer partiellement l'achat d'une maison. L'argent ayant été viré, juste avant la transaction immobilière, depuis un compte ouvert au Luxembourg, sous le pseudonyme de "Merlin". Dieudonné affirme que cet argent viendrait d'un "don" de son père. "J'ai reçu deux dons de mon père, l'un en 2002, l'autre en 2009/2010". Seul le second a été déclaré à l'administration fiscale française. Selon Dieudonné, sa soeur, présente au moment du don, lui aurait assuré qu'il avait été déclaré au Cameroun. Ni la soeur ni le père de Dieudonné n'ont pu confirmer, termine Le Parisien : ils sont tous deux décédés.

L'occasion de lire notre enquête : "Soral contre Dieudonné, la guerre du quenelle-business"

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