Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h59 lu

Brésil et Antarctique : la semaine sans Trump d'un journaliste du NYTimes

Par
Juliette Gramaglia le 23/02/2017

Que se passe-t-il dans le monde, à part Donald Trump ? Un journaliste du New York Times raconte comment il a essayé de passer une semaine sans "actualités Trump". Il en profite pour dénoncer l'omniprésence médiatique du 45ème président des États-Unis, qui contamine toutes les informations. A commencer par ses propres articles.

Une semaine sans Trump. C'est ce qu'a tenté de faire Fahrad Manjoo, journaliste au New York Times. Pendant une semaine, il a tenté de s'informer sans jamais lire quoi que ce soit sur le président des États-Unis. La raison ? "J'ai commencé à me demander si nous n'étions pas en train de faire une overdose de Trump dans l'actualité, à l'exclusion de tout le reste, explique Manjoo. Il a établi une résidence semi-permanente dans tous les médias, qu'ils soient politiques ou non".

Pas d'actualité Trump pendant une semaine, la tâche s'est révélée plus difficile que prévue, pour Manjoo, qui dit s'être plongé dans les méandres du site de la BBC, de Reddit, ou encore des réseaux sociaux : "Même quand je trouvais des actualités non-Trump, raconte le journaliste, la plupart était reliées à des actualités Trump", raconte-t-il. Que ce soit les Golden Globes, avec ses discours d'acteurs et actrices anti-Trump, le Super Bowl et ses spots publicitaires pour la tolérance, ou bien même des épisodes de la série Big Bang Theory (dans laquelle le scénariste a inclus un message anti-Trump à la fin), Trump est partout.

NYT sans Trump

"J'ai ignoré Trump pendant une semaine. Voilà ce que j'ai appris",
Article de Farhad Manjoo pour le New York Times, 22 février 2017

Le "Chaos" du Brésil et la crevasse de l'antarctique

Pendant que Trump accapare l'essentiel de l'attention médiatique, le monde continue de tourner. L’État Islamique recule en Irak et en Syrie, raconte notamment le journaliste du Times. Il fait ainsi référence aux forces armées irakiennes qui, aidées par les forces américaines, reprennent peu à peu le contrôle de la ville de Mossoul, l'un des bastions du groupe terroriste. Manjoo évoque aussi, sans donner plus de détails, un Brésil "au bord du chaos". Depuis plusieurs semaines, des officiers de police font en effet grève pour demander une augmentation voire, pour certains, le versement de leurs salaires (dans certains États, le pouvoir n'a plus les moyens de payer ses fonctionnaires). Des grèves qui ont eu pour résultat l'augmentation d'activités criminelles dans certaines parties du pays (pillages, ou encore meurtres). L'armée a par exemple été dépêchée à Rio de Janeiro pour assurer la sécurité du carnaval, qui débute le 24 février prochain.

Manjoo est allé également fouiller du côté des sciences, s'intéressant à Zealandia, un possible nouveau continent immergé, dont les seules terres émergées seraient la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie (une partie de la communauté scientifique réfuterait l'appellation de "continent" pour cette vaste terre, qui fait a priori les deux-tiers de l'Australie). Le journaliste du New York Times mentionne enfin un iceberg en formation dans l'Antarctique : une crevasse géante se développe depuis 2014 sur la barrière de glace Larsen C, accrochée au continent Antarctique. La barrière devrait bientôt se déchirer complètement, créant un iceberg "grand comme les Bouches-du-Rhône" - la comparaison est du Huffington Post.

La faute aux réseaux sociaux ?

Malgré cette actualité variée, Trump reste omniprésent. Le 45ème président des États-Unis est probablement la personnalité publique dont on a le plus parlé ces dernières décennies, suppose Manjoo. Il en veut pour preuve les analyses de MediaQuant, une entreprise américaine qui mesure notamment la récurrence de certains noms. L'entreprise recense toutes les mentions d'une marque ou d'une personnalité et, pour chaque mention, y attribue virtuellement un dollar. Une manière de calculer la "valeur publicitaire" d'une personnalité. "En janvier, Monsieur Trump a brisé les records de MediaQuant, écrit Manjoo. En un mois, il a reçu l'équivalent [virtuel, ndlr] de 817 millions de dollars en couverture médiatique". Par comparaison, l'ancien président des États-Unis Barack Obama obtenait des chiffres qui oscillaient entre 200 et 500 millions de dollars.

plus lus NYT

Articles les plus lus sur le New York Times le 23 février en fin d'après-midi (heure française) :
6 d'entre eux sont liés à Trump

Comment expliquer cet emballement médiatique autour de Trump ? Le journaliste du Times pointe du doigt les réseaux sociaux, qui fonctionnent comme des accélérateurs lorsqu'il s'agit de relayer les actualités sur Trump. "Contrairement aux médias de la vieille école, les médias d'aujourd'hui travaillent en regardant les retours sur les réseaux sociaux, [ce qui forme] une boucle. Chaque histoire qui montre un quelconque signe de vie sur Facebook ou Twitter est copié sans fin par tous les médias, devenant impossible à éviter".

Pour le journaliste, il est urgent que les médias retrouvent un équilibre entre Trump et le reste de l'actualité : "Trump sera probablement président pendant les quatre prochaines années. Et ce n'est probablement pas une bonne idée d'être concentré sur un seul sujet pendant aussi longtemps."

Mais Manjoo lui-même n'est pas à l'abri de la dérive, et un coup d’œil à la liste de ses articles récents suffit pour le comprendre. La plupart des articles du journaliste du Times de ces dernières semaines, bien que ne traitant pas toujours directement de Trump, le mentionnent. A l'exemple d'un article sur l'importance des travailleurs immigrés dans la Silicon Valley – en pleine polémique sur le "Muslim Ban". Ou d'un autre article, datant du 11 février, intitulé : "Trump partout, Trump tout le temps". "Aussi important que Monsieur Trump soit, il n'est pas tout – et ce serait bien que l'écosystème médiatique le reconnaisse", conclut Manjoo dans son article sur sa semaine sans Trump.

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11h47 suivi

Yiannopoulos, éditorialiste phare de Breitbart, démissionne

Par
Juliette Gramaglia le 22/02/2017

Breitbart perd l'un de ses chouchous. Milo Yiannopoulos, figure de proue très contestée de l'alt-right, troll misogyne et raciste, a annoncé mercredi 22 février qu'il démissionnait de Breitbart. Il était l'un des éditorialistes phare du site très conservateur, qui a milité pour Donald Trump, et dont le fondateur Steve Bannon est désormais l'un des proches conseillers du président.

Guardian Yiannopoulos

"Milo Yiannopoulos démissionne de Breitbart News après des remarques pédophiles",
The Guardian, 22 février 2017

La démission de Yiannopoulos fait suite à la dernière polémique en date. Il est accusé d'avoir justifié la pédophilie dans une vidéo datant de l'année dernière, et exhumée ces derniers jours par le site conservateur The Reagan Battalion. Suite à ses propos, le journaliste a également perdu son partenariat avec son éditeur.

Yiannopoulos est un habitué des polémiques et des provocations. Comme @si le rappelait, à l'été 2016, il avait été banni de Twitter après avoir lancé une campagne raciste et misogyne contre l'actrice Leslie Jones, féministe militante et soutien actif du mouvement de défense des Noirs aux Etats-Unis, Black Lives Matter.

L'occasion de lire notre portrait de Milo Yiannopoulos : "Trump menace Berkeley, pour cause de lèse-Yiannopoulos"

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20h45 lu

Turquie : journaliste turco-allemand arrêté

Par
Juliette Gramaglia le 21/02/2017

Regain de tension entre les médias allemands et le gouvernement turc. Le correspondant en Turquie de Die Welt, Deniz Yücel, a été placé en garde à vue le 14 février. D'après les autorités turques, il est soupçonné d' "appartenance à une organisation terroriste" et d' "utilisation abusive de données". Parallèlement, plusieurs journalistes allemands accrédités ont été refoulés à l'entrée d'un meeting du premier ministre turc en Allemagne.

Les journalistes allemands, persona non grata pour le pouvoir turc ? Le correspondant en Turquie pour le quotidien conservateur Die Welt, Deniz Yücel a été arrêté par les autorités turques. Il est en garde à vue depuis le 14 février, soupçonné d' "appartenance à une organisation terroriste", et d'"utilisation abusive de données". La police turque a annoncé dimanche 19 février que la garde à vue du journaliste turco-allemand serait prolongée jusqu'au 28 février. Le journaliste, explique Die Welt, s'était présenté de lui-même à la police pour répondre aux questions à propos d'une enquête en cours, et n'a pas pu repartir. Cette enquête concernait le piratage de mails du ministre turc de l'énergie Berat Albayrak, par un groupe de hackers, RedHack.

Die Welt Yücel

"Le correspondant turc Deniz Yücel en garde à vue",
Die Welt, 19 février 2017

D'après les informations de Die Welt, le correspondant a été arrêté pour avoir publié, comme plusieurs de ses collègues, des articles en octobre dernier concernant ces mails.

L'arrestation de Yücel rappelle celle, en novembre dernier, du journaliste des Jours, Olivier Bertrand, auteur de plusieurs articles sur la Turquie pour le site d'info. Après avoir été détenu plusieurs jours par les autorités, il avait finalement été expulsé du pays.

Nombreux soutiens pour le journaliste de Die Welt

Alors qu'elle se trouvait à la conférence sur la sécurité de Munich, la chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir qu'elle avait évoqué l'arrestation de Yücel avec le premier ministre turc Binali Yildirim.

En soutien au journaliste emprisonné, les mot-clé #FreeDeniz et #WirsindDeniz ("Nous sommes Deniz") ont fleuri sur Twitter, et le quotidien Die Welt a consacré, ce mardi 21 février, sa Une à son correspondant : "Nous sommes Deniz" peut-on lire sur une photo en noir et blanc de Yücel.

Une Die Welt

Une de Die Welt, 21 février 2017

A cette arrestation se sont ajoutées des tensions entre journalistes allemands et autorités turques sur le sol allemand. Le premier ministre turc Binali Yildirim était en meeting le 18 février dernier à Oberhausen, dans le Land de Rhénanie-du-nord-Westphalie. Il venait y défendre le projet de réforme constitutionnelle, qui doit renforcer les pouvoirs du président turc Erdogan. Plusieurs journalistes, accrédités pour l'occasion, se sont vus refuser l'accès au meeting. Parmi eux, un journaliste du quotidien national de gauche, Die Tageszeitung (taz), a été refoulé par le service de sécurité du parti turc au pouvoir AKP, comme l'a notamment rapporté l'hebdomadaire Der Spiegel. La raison ? "[Cette exclusion] a été justifiée par des considérations de sécurité, et un prétendu accord avec la police [locale], écrit le Spiegel. Mais cette dernière a démenti à la taz qu'une tel accord ait jamais été donné".

Le site Correctiv, un groupe de journalistes fondé par un ancien du Spiegel en 2014, a rapporté d'autres exclusions. Notamment celles de deux journalistes travaillant pour leur partenaire Özgürüz, site d'info fondé par Can Dünder, ancien rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet désormais exilé en Allemagne. L'association des journalistes allemands (DJV), principal syndicat de journalistes outre-Rhin, a fait savoir qu'elle condamnait les exclusions de journalistes.

Correctiv Erdogan

"Liberté de la presse : Erdogan ne l'aime pas - que ce soit en Turquie comme en Allemagne",
Correctiv, 21 février 2017

Chasse aux sorcières contre les médias et les journalistes

Les relations tendues entre presse allemande et pouvoir turc ne sont pas une nouveauté. En septembre dernier, déjà, un journaliste de la radio internationale allemande Deutsche Welle avait dénoncé la confiscation d'une de ses interviews avec le ministre turc de la Jeunesse et des Sports Akif Kilic par les conseillers du ministre.

Plus globalement, le climat entre médias et autorités turques est tendu depuis le coup d'Etat raté du 15 juillet 2016. Le président Recep Tayyip Erdogan, a accusé le prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, d'être l'instigateur de ce putsch manqué. Erdogan a lancé une chasse aux sorcières contre les médias et les journalistes accusés d’être proches du prédicateur. Depuis, de très nombreux journalistes ont été arrêtés, et plus d'une centaine d'organes de presse et journaux ont été fermés.

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19h14 vu

Pub téléphone : la presse repeinte en bleu

Par
la rédaction le 20/02/2017

Une partie de la presse a vu la vie en bleu. Ce lundi matin, les maquettes de plusieurs médias, imprimés ou en ligne, se sont vues redécorées en bleu. La couleur du nouveau téléphone portable d'une marque de téléphonie mobile coréenne (que nous ne citerons évidemment pas), avec qui certains titres ont signé un partenariat commercial. Cette campagne publicitaire de grande ampleur n'a pas été du goût de la Société des Journalistes et des Personnels de Libération (SDJPL), qui en critique le caractère intrusif.

Adieu les traditionnelles pages blanches de nos journaux ? Pas tout à fait. Le temps d'une journée, certains médias de la presse française, quotidiens et hébdomadaires, imprimés ou en ligne, ont vu les pages blanches de leurs maquettes repeintes en bleues. La raison ? Les Échos, Le Figaro, Libération et Le Parisien, entre autres, ont signé un partenariat publicitaire avec une marque coréenne de téléphonie mobile. A l'occasion de la sortie de l'un de ses produits dans un nouveau coloris, le bleu corail, les journaux ont donc adopté la même couleur.

Figaro bleu

La mise en oeuvre de cette publicité s'est opérée de manière différente selon les titres. Le Figaro a opté pour des pages bleues, accompagnées d'une publicité du produit sur sa Une. Le Parisien et Aujourd'hui en France ont préféré un large bandeau au pied de leur Une pour expliquer la démarche. Les sites internet de certains hebdomadaires, comme Les Inrockuptibles ou Biba, ont revu, eux, la charte graphique de leurs pages d'accueil. Jusqu'au plus petit détail, pour Les Inrocks : le traditionnel orange du logo de l'hebdomadaire a été aussi remplacé par du bleu corail, y compris sur son profil Twitter.

Les Inrocks bleu

"Samsung se 'paye' Libé"

Une refonte qui pose problème à Libération. Le quotidien détaille à ses lecteurs la raison de l'opération dans un message de quelques lignes, en haut à droite de sa Une du 20 février : "Aujourd'hui, Libération se lit sur fond bleu. Aucune prise de position politique subreptice dans ce choix de couleur. Une simple opération publicitaire, pour les mobiles Samsung cette fois-ci, comme les journaux en font de temps en temps..." D'après le site Next Inpact, ce message, relativement neutre mais désapprobateur, fait référence à un courrier interne rédigé par la Société des Journalistes et des Personnels de Libération, que le site d'actualités numériques s'est procuré. Dans cette lettre, les journalistes regrettent que la direction du journal ait décidé de ne pas tenir compte de leur avis négatif, formulé avant la publication. Ils critiquent également l'intrusion trompeuse de la publicité dans l'information : "L'immixtion de la publicité dans l'espace dévolu à l'éditorial est regrettable. Et l'effet produit – Samsung se 'paye' Libé – désastreux."

Libé bleu

Comme le rappelle Next Inpact, ce dispositif de colorisation n'est pas nouveau. En octobre 2015, plusieurs journaux avaient vu leurs pages se colorer en jaunes après la signature d'une campagne publicitaire avec La Poste, pour la promotion d'une évolution du service Colissimo. Cette fois, c'était près d'une soxantaine de médias régionaux et nationaux qui avaient accepté d'abandonner leurs pages blanches le temps d'une journée.

Jaune Poste

(Valentin Etancelin)

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19h01 Hors Série

Revenu universel : béquille du capitalisme ? (Zamora/Hors-Série)

Par
la rédaction le 20/02/2017

Le revenu universel est-il le faux ami de la justice sociale? C’est l’avis du sociologue Daniel Zamora, co-auteur de l’essai Contre l’allocation universelle, paru aux éditions Lux en janvier. Invité de l'émission Aux Ressources, mise en ligne sur le site Hors Série, il revient sur la logique sous-tendant, selon lui, ce projet intellectuel et politique : avec le revenu universel, "on va couper dans la sécurité sociale d’une main, et de l’autre main donner un dixième voire moins de ce qu’on a coupé aux pauvres". Autrement dit, "la promotion de la pauvreté va se faire de pair avec la dérégulation de la sphère économique, et la réduction ou les attaques contre les dépenses de sécurité sociale". Faut-il pour autant renoncer à l’idée ? Pour lui, si la garantie d’un revenu minimal est souhaitable, elle ne doit pas pour autant faire renoncer à la lutte contre les causes de la pauvreté, "à savoir le capitalisme, et le marché".

L'occasion de voir cette émission, sur le site de Hors-Série: "L'entourloupe du revenu universel".

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18h28 lu

Allemagne : Merkel privée de conversations "off" ?

Par
Juliette Gramaglia le 20/02/2017

Opération transparence en vue pour la Chancellerie allemande ? Le tribunal administratif de Berlin a exigé de la chancelière Angela Merkel qu'elle dévoile le nom des journalistes avec lesquels elle a eu des discussions en "off" en 2016, ainsi que les thèmes évoqués lors de ces discussions. La décision du tribunal fait suite à la plainte d'un journaliste, qui dénonce les liens confidentiels entre presse et politique.

Vers la fin du "off" entre journalistes politiques et la chancelière allemande ? L'hebdomadaire Der Spiegel a révélé dans son édition du 18 février qu'Angela Merkel va devoir révéler avec quels journalistes elle a eu des entretiens confidentiels. Le tribunal administratif de Berlin a rendu un jugement dans ce sens le 22 décembre 2016. En conséquence, la chancelière allemande doit rendre publiques un certain nombre d'informations sur les conversations privées tenues en "off" avec des journalistes en 2016. Le tribunal exige que soient connus le lieu, la date, les participants aux discussions et les médias pour lesquels les journalistes présents travaillent. Les thèmes évoqués lors de ces rencontres doivent également être communiqués. En revanche, note le Spiegel, "le contenu précis [des conversations] pourra rester confidentiel".

Spiegel off Merkel

"Décision de justice : Merkel doit rendre publics les discussions «off» avec les journalistes"
Article du Spiegel, 18 février 2017

Cette décision inédite fait suite à une plainte datant de mai dernier. Elle avait été déposée par un journaliste du Tagesspiegel, l'un des principaux quotidiens berlinois. Le journaliste, Jost Müller-Neuhof, désirait savoir "avec quels journalistes la chancelière a discuté de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, de son rapport avec l'AfD [parti d'extrême droite allemand, ndlr], et de la crise des réfugiés", rappelle Der Spiegel.

En parallèle des révélations du Spiegel, le journaliste qui avait porté plainte est revenu, dans un article pour le Tagesspiegel, sur les raisons de sa démarche. Müller-Neuhof explique avoir voulu savoir avec qui la Chancelière avait discuté de certains thèmes précis Il raconte avoir demandé à la Chancellerie des détails sur les réunions en "off" alors qu'il menait "une recherche à propos des liens entre la presse et la politique". Mais le service presse de la Chancellerie n'a pas répondu à sa demande, expliquant qu'il s'agissait de "rencontres confidentielles". Pour protéger la nature confidentielle de ces discussions, le journaliste explique également avoir proposé aux autorités de "n'utiliser ces informations sur les rendez-vous que de manière confidentielle et de ne demander au tribunal administratif de Berlin que la publication d'un arrêté provisoire" pour avoir accès aux informations. Las : la demande aura finalement débouché sur une plainte et un procès.

Une décision critiquée par le principal syndicat de journalistes

Le tribunal a tranché en faveur du journaliste, considérant que "les journalistes doivent, dans le cadre de leur mission de droit public, savoir tout ce que les autorités savent", explique Müller-Neuhof. Le journaliste du Tagesspiegel se félicite de la décision de la justice. Elle est, selon lui, l'occasion pour les "citoyens intéressés" de voir "quels médias sont informés [par le pouvoir, ndlr] de manière privilégiée", dans une époque où la crédibilité des médias face au pouvoir est fortement entamée.

La décision de la justice allemande, qui pourrait s'appliquer également pour les prochaines années, n'est pas encore entrée en application. Elle fait pourtant déjà des mécontents : l'association des journalistes allemands (DJV), le principal syndicat allemand des journalistes outre-Rhin, a dénoncé dans un communiqué une décision semblable à une "farce". Son représentant fédéral, Frank Überall, dont les propos ont été rapportés par le Tagesspiegel, a déclaré lundi qu'il lui paraissait "plus important de savoir avec quels lobbyistes la chancelière discute". Quant à la Chancellerie, elle a fait savoir qu'elle avait formé un recours devant le tribunal administratif supérieur.

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17h55 grrr !

Delahousse, recycleur d'éditocrates

Par
Anne-Sophie Jacques le 20/02/2017

Quand on a la chance d’avoir deux éditorialistes politiques sous le coude, autant les exploiter à fond. C’est ce que fit Laurent Delahousse hier dans le JT de la mi-journée et du soir. Aux manettes d’un Club de la presse à 13h15, le présentateur a sollicité Christophe Barbier de L’Express et Caroline Fourest de Marianne pour "analyser la situation politique" à 63 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Une tragi-comédie qui se joue entre les candidats selon Barbier qui – ô lucidité – annonce qu’au soir du 7 mai "il n’en y aura qu’un".

Interrogés en toute fin de ce Club de la presse sur le rôle des réseaux sociaux, nos deux éditorialistes jugent qu’il serait dangereux pour la démocratie de se passer des journalistes. Pour Barbier, ce ne sont pas "les réseaux sociaux qui sont l’expression pure et parfaite du peuple, au contraire, ils peuvent être l’instrument de grandes manipulations".

Caroline Fourest

Caroline Fourest au Club de la presse de 13h15 le 19 février 2017 sur France 2

Christophe Barbier

Christophe Barbier au Club de la presse de 13h15 le 19 février 2017 sur France 2

En revanche, la voix d’éditorialistes aguerris semble indispensable à la compréhension des grands enjeux politiques. Aussi, quand le soir-même au JT de France 2, Delahousse se demande si Marine Le Pen peut remporter la présidentielle, le reportage qui suit interroge… Barbier et Fourest dans les couloirs de la chaîne – probablement filmés à l’issue du Club de la presse. Le patron de L’Express juge alors que le seul scénario possible pour une victoire de la leader du Front national serait... un affrontement avec le socialiste Benoît Hamon. Grande manipulation vous disiez ?

Caroline Fourest

Caroline Fourest au JT de 20 heures le 19 février 2017 sur France 2

Christophe Barbier

Christophe Barbier au JT de 20 heures le 19 février 2017 sur France 2

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19h00 tweet

Et Philippot refusa de passer sur BFM

Par
Manuel Vicuña le 18/02/2017

Des responsables du FN qui refusent une invitation de BFMTV ? Voilà qui n’est pas courant. D’habitude si prompt à squatter l’antenne de la chaîne en continu, aucun cadre du parti frontiste n’a accepté de participer hier soir au talk de la chaîne Weekend Direct. BFMTV (pourtant d'habitude plus intéressée par les affaires Fillon que par les affaires Le Pen) avait invité la journaliste Marine Turchi qui enquête sur l’affaire d'emplois présumés fictifs du parti frontiste. Ce mercredi 16 février, la journaliste de Mediapart, conjointement avec Marianne a publié des extraits d'un rapport de l'Office européen pour la lutte anti-fraude (OLAF) concernant des assistants parlementaires de Marine Le Pen. L'OLAF soupçonne la présidente du FN d'avoir fourni des faux contrats d'assistants parlementaires, notamment à son garde du corps, Thierry Légier, ainsi qu'à sa cheffe de cabinet, Catherine Griset.

"Hier BFM m’appelle et me propose de venir parler de l’enquête, ils souhaitaient également avoir quelqu’un du FN sur le plateau", nous confie la journaliste. C’est là que ça se corse. Comme la journaliste de Mediapart l’a fait savoir ce matin dans un tweet : "aucun responsable n’a voulu venir en plateau parler de l’affaire des assistants de Le Pen avec nous"

Tweet Turchi FN

Ce qu'a confirmé à son tour sur Twitter, le présentateur de l’émission Weekend Direct François Gapihan.

Tweet Gapihan BFM FN

BFMTV avait pourtant multiplié les invitations. Comme @si se l'est fait confirmer, la chaîne a successivement sollicité le secrétaire général du parti Nicolas Bay, le délégué national du rassemblement bleu marine, Sébastien Chenu ainsi que le très médiatique vice-président du FN, Florian Philippot. En vain.

Le premier a fait savoir à la chaîne qu’il n’était pas disponible, les deux autres ont tout simplement refusé. "Habituellement ils ne se font pas prier pour passer sur BFM, mais quand ils ont compris qu’un des deux auteurs de l’enquête serait sur le plateau, c’était fini", remarque Turchi. Philippot a finalement réagi ce samedi par un tweet : "On n’a pas l’habitude de débattre avec des journalistes, notion étrange non ? Ou joli aveu ?"

nouveau media

Alors que Marine Le Pen nie avoir fictivement employé son garde du corps en tant qu'assistant parlementaire, ce samedi, Mediapart et Marianne publient une deuxième salve d'articles pointant les zones d'ombre du contrat d'assistant du garde du corps de Marine Le Pen. L'occasion d'une deuxième tentative d'invitation ?

L'occasion de lire notre article : "Scandales : FIllon intéresse davantage les télés que Le Pen"

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18h46 flash

Fillon/BFMTV : 3 heures de duplex, rien sur les conférences rémunérées

Par
Juliette Gramaglia le 17/02/2017

BFMTV aime toujours François Fillon. Ce vendredi 17 février, le candidat du parti Les Républicains était en déplacement à Tourcoing pour discuter sécurité et éducation. L'occasion pour la chaîne d'info en continu d'envoyer sur place un de ses journalistes, Jérémy Brossard. Brossard est resté plus de trois heures sur place, ce qui lui a donné le temps de décrire, en longueur, le côté "baroque" et "mystérieux" de ce déplacement. Grand absent de ce duplex : les dernières révélations en date sur Fillon. Libération a en effet publié ce vendredi un article sur les conférences bien rémunérées du candidat LR. Retour en image sur trois heures de répétitions (presque) mot pour mot.

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15h04 lu

MSNBC : la conseillère de Trump blacklistée d'une émission

Par
la rédaction le 16/02/2017

Kellyanne Conway, persona non grata ? Mercredi 15 février, la journaliste Mika Brzezinski, animatrice de l'émission Morning Joe, diffusée tous les matins sur la chaîne d'information en continu MSNBC, a annoncé qu'elle n'invitera plus Kellyanne Conway, conseillère spéciale de Donald Trump. Rappelant au passage les nombreux faux pas de la conseillère, célèbre pour avoir inventé les "faits alternatifs".

Nouvel épisode dans la bataille qui oppose l'administration Trump aux médias mainstream. Mercredi matin, la journaliste américaine Mika Brzezinski a annoncé, lors du Morning Joe, l'émission matinale de la chaîne MSNBC, ne plus vouloir inviter Kellyanne Conway, conseillère spéciale de Donald Trump. En cause, les nombreux mensonges proférés à la télévision de la conseillère. "Chaque fois que je l'ai vue à la télévision, quelque chose était dit de travers, absent ou incorrect", explique l'animatrice, qui estime que la conseillère de Trump n'est "pas fiable". Une décision soutenue à l'antenne par Joe Scarborough, l'un de ses collègues : "Elle débarque et ment. Puis vous découvrez la vérité quelques heures plus tard."


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Mika Brzezinski et Joe Scarborough

Conway est notamment célèbre pour avoir inventé le concept de "réalité alternative". Interrogée le 22 janvier sur NBC, sur les propos du porte-parole de la Maison-Blanche qui affirmait la veille, sans aucune preuve, que davantage de personnes s'étaient déplacées pour l'investiture de Trump que pour celle d'Obama, Conway avait déclaré : "On ne peut jamais vraiment quantifier une foule. Nous savons tous cela. Vous pouvez vous moquer autant que vous voulez, je pense que cela symbolise la façon dont nous sommes traités par la presse (...) Ne surdramatisez pas, Chuck. Vous dites des choses fausses. Et notre porte-parole, Sean Spicer, a donné des faits alternatifs".

Ce n'est pas le seul faux pas de la conseillère spéciale depuis l'investiture de Trump : invitée à commenter le 9 février sur Fox News la décision de certaines enseignes de ne plus vendre les produits de la fille du président des Etats-Unis, elle avait encouragé, à l'antenne, les gens à acheter les produits d'Ivanka Trump. "Je vais faire un peu de publicité gratuite : allez acheter tous ses produits. Vous pouvez les trouver en ligne". D'après le Washington Post, elle déroge là à une règle d'éthique clé car "les employés fédéraux n'ont pas le droit d'utiliser leur fonction pour promouvoir des produits".

Enfin, le 2 février, en direct sur MSNBC, Conway évoquait un massacre survenu dans la petite ville de Bowling Green, dans le Kentucky, aux Etats-Unis, pour défendre le traité anti-immigration du président. Sauf qu'il n'y a jamais eu de massacre à Bowling Green. En réalité, deux Irakiens, qui habitaient là-bas, ont été inculpés en 2011 pour avoir essayé d'envoyer de l'argent et des armes à Al-Qaïda. Les deux individus purgent actuellement leurs peines en prison. Après ces révélations, Conway a alors tenté de se défendre sur Twitter : "Je voulais dire 'les terroristes de Bowling Green' et non le massacre de Bowling Green."

(Valentin Etancelin)

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16h58 lu

Fillon / Hollande : Renaud Revel supprime un billet douteux (Buzzfeed)

Par
la rédaction le 15/02/2017

"C’est un texte bourré de fantasmes que la droite s’échange massivement sur les réseaux sociaux." Dans un article publié mardi, le site Buzzfeed s’est penché sur un intrigant message qui se propage à grande vitesse sur internet depuis près de deux semaines. Une histoire selon laquelle c’est l’Elysée et Emmanuel Macron qui auraient fait fuiter au Canard enchaîné l’explosive affaire Fillon. Un post viral fait d’insinuations, d’affirmations supposément fracassantes mais sans preuves, comme en circulent sur les réseaux sociaux. Mais la rumeur en question a été à son tour reprise (sans plus de preuve) par le journaliste médias Renaud Revel (ex-l’Express) qui lui a consacré un billet sur son blog. Avant de faire machine arrière et de le dépublier.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"Tout commence le 29 janvier, quatre jours après la parution de la première salve du Canard enchaîné sur l’affaire Fillon" raconte Buzzfeed. C’est alors que sur Facebook, un certain "Michel Jacquet" s’interroge "Mais à qui profite le crime?" Dès le lendemain, il publie sur son profil un long texte : "A qui profite le plus cette affaire ? A Emmanuel MACRON, bien évidemment. La gauche étant hors jeu, il ne reste que François FILLON comme adversaire pour passer le 1 er tour".

"Michel Jacquet" avance que le ministère des Finances détenait "un dossier" sur Fillon et sa femme. Un dossier que le secrétaire général de l’Élysée aurait remis à François Hollande. Lequel Hollande aurait ensuite transmis le prétendu "dossier" au responsable de sa communication, Gaspard Gantzer, qui l’aurait fait fuiter au... Canard enchaîné.

nouveau media

 

"Ce texte repose sur des insinuations difficiles à démonter en tant que telles. Il n’avance pas de preuves mais une suite de relations plus ou moins fantasmées qui, mises bout à bout, formerait un dessein néfaste et commun entre toutes ces personnes", constate Buzzfeed. Gantzer y est présenté comme "un grand ami d’Emmanuel Macron (même Promotion à l’ENA) auquel il doit son poste à l’Elysée)" Et le texte d’expliquer : "Entre amis, on se doit des services et des renvois d’ascenseurs".

Buzzfeed, qui a cherché en vain à joindre l’auteur du message, constate : "Il existe plusieurs versions de ce texte mais sa trame ne varie pas. Dans tous les cas, il n’y a pas de source, pas de témoignage. On ne sait pas d’où sortent toutes ces affirmations" Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, le texte de se propager sur Facebook puis sur Twitter. Celui-ci est massivement partagé par des soutiens de François Fillon et de Nicolas Sarkozy, puis repris le 7 février par le site complotiste RéseauInternational.net.

"Ce papier, je regrette presque de l’avoir fait" (REVEL)

Plus étonnant, ce 14 février, Buzzfeed a constaté que cette théorie avait trouvé une place sur le blog de l’ex-rédacteur en chef de L'Express, Renaud Revel. Dans un billet, depuis dépublié mais dont Buzzfeed a gardé trace, Revel soulignait "le gros travail d’enquête" d’un "certain nombre de blogs, de sites, soutenus par les réseaux sociaux" pour relayer "l’envers médiatique du Pénélope Gate". À quoi faisait-il référence ? À "quelques fines plumes" qui "ciblent ostensiblement le secrétaire adjoint de l’Elysée [Thomas Cazenave]" comme étant l’homme à l’origine des fuites de l’affaire Penelope.


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"Dans ce post [de Revel, ndlr], on retrouve cette idée que François Hollande a demandé à Gaspard Gantzer de faire «bon usage» du dossier qui lui a été transmis, ce sont les mêmes mots que dans le statut Facebook que les militants de Fillon s’échangent massivement depuis deux semaines", remarque Buzzfeed, qui a contacté Revel pour le questionner sur ses sources.

Auprès de Buzzfeed, le journaliste assume dans un premier temps, parlant d’"une thèse qui n’est pas folklorique", expliquant qu’ "il a passé des coups de fil" à l’Élysée, et "vu des gens chez Fillon" qui "ont des éléments plus solides". Il explique même avoir "parlé" avec le responsable com’ de L’Élysée Gaspard Gantzer à ce sujet. Ce dernier, joint plus tard par Buzzfeed le conteste catégoriquement. Revel est-il bien sûr de ce qu’il avance ? Il semblerait que non. "À la fin de la conversation, alors qu’on l’interroge sur son blog, Renaud Revel semble faire soudainement marche arrière" écrit Buzzfeed qui retranscrit la réponse du journaliste : "Ce blog, c’est une source d’emmerdement permanent. Ces blogs, c’est pas du journalisme, on travaille trop rapidement. Ce papier, je regrette presque de l’avoir fait. Avec un mois de boulot, en s’y mettant à plusieurs, on réussirait à répondre à la question." Après le coup de téléphone de Buzzfeed, Revel a finalement supprimé son billet.

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18h24 vidéo

Fillon : rengaine contre le "lynchage médiatique"

Par
Juliette Gramaglia le 14/02/2017

"Halte au feu !" C'est l'appel lancé, le 12 février, par le Syndicat National des Journalistes à François Fillon. Le SNJ reproche au candidat de s'en prendre systématiquement aux médias dans "l'affaire Penelope". Il appelle Fillon et ses soutiens "à se ressaisir et à faire cesser ce «spectacle» indigne d'une démocratie, avant que ne survienne un grave incident dont ils porteraient alors l'entière responsabilité". L'ONG Reporters sans frontières (RSF) s'est aussi inquiétée des "attaques de plus en plus violentes de la part de responsables politiques" contre les médias ces dernières semaines. Qu'a donc dit Fillon ? Retour en images sur trois semaines de tacles appuyés du candidat (et de ses soutiens) contre les médias.

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17h40 suivi

Ambassadeur assassiné en Turquie : le World Press 2017 critiqué

Par
la rédaction le 14/02/2017

Et encore un prix de photo contesté ! Le World Press de l'année 2017 a été attribué au photographe turc de l'Associated Press Burhan Ozbilici. Le choix du jury ne fait pas l'unanimité. La raison ? Pour certains, son cliché qui montre un policier turc brandissant fièrement son arme après avoir assassiné l'ambassadeur de Russie en Turquie, le 19 décembre dernier à Ankara, valoriserait l'acte du meurtrier.

C'était le 19 décembre dernier. Un policier turc, Mevlut Mert Altintas, assassine de sang-froid Andreï Karlov, l'ambassadeur de Russie en Turquie, dans une galerie d'art d'Ankara, à l'occasion d'un vernissage. Les articles sur le sujet sont accompagnés de plusieurs clichés saisissants. Ils montrent le tueur, visiblement fier de son acte, le poing levé, le corps gisant à ses côtés. L'un d'entre eux, où l'on voit l'assassin de face avant qu'il ne soit à son tour abattu par la police, a été élu meilleure photo de l'année par le concours World Press, à l'occasion de sa 60e édition. Le jury, présidé par le photographe Stuart Franklin, de la coopérative de photographes Magnum, récompense l'auteur de la photo, Burhan Ozbicili, de l'Associated Press, pour avoir eu le réflexe de saisir l'instant et sa capacité à avoir été là au bon endroit, au bon moment.

World Press 2017

Mais cette décision ne fait pas l'unanimité. A commencer par le président du jury. Dans une tribune du Guardian, Stuart Franklin explique s'être opposé à cette décision : "Mettre cette photographie sur un tel piédestal, est une invitation à contempler ce genre de mises en scènes spectaculaires, et joue le rôle d'intermédiaire entre le martyr et sa publicité." Des propos soutenus en France par le journaliste de Télérama Laurent Abadjian qui déplore la capacité d'une telle image à mettre en lumière un acte abject et odieux. Bien qu'il admette que publier une telle photo est nécessaire puisqu'elle montre que "les terroristes n'ont pas toujours le visage de leurs caricatures", le journaliste estime que récompenser cette dernière valorise ainsi une information, un geste. Pas celui du photographe, mais celui du tueur.

Lors de sa publication, le cliché en avait déjà heurté plus d'un, comme @si le racontait en décembre. Plusieurs abonnés du New York Times s'étaient plaints auprès du quotidien qui avait publié la photo en question en Une de son édition du 20 décembre 2016 puis sur la page d'accueil de son site. L'éditeur en chef adjoint du Times Phil Corbett avait alors défendu le choix du quotidien estimant que la photo disait la violence de l'attaque plus efficacement que n'importe quel texte. D'après lui, "ce n'est pas gore ou sensationnel de manière gratuite".

(Valentin Etancelin)

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09h46 vidéo

Sketches sur l'équipe Trump au Saturday Night Live

Par
la rédaction le 14/02/2017

L'administration de Trump, version alternative. Samedi dernier, la comédienne américaine Melissa McCarthy a une nouvelle fois investi le plateau du Saturday Night Live, l'émission satirique de la chaîne NBC, avec sa caricature de Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche. Applaudie par les médias et les rires du public, la parodie a moins plu à Trump qui n'apprécierait pas que son porte-parole soit interprété par une femme.

La mèche grise sur le côté, un costume mal taillé mais impeccablement repassé. Samedi 4 février, l'actrice américaine Melissa McCarthy était méconnaissable sur le plateau de l'émission américaine du Saturday Night Live, programme phare de la chaine NBC qui mélange sketchs humoristiques et séquences musicales depuis quarante-deux ans. Derrière un pupitre presque aussi grand qu'elle, la comédienne, déguisée ce soir-là en Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, se lance dans une parodie de la conférence de presse du conseiller politique du 21 janvier dernier. Au lendemain de l'investiture de Donald Trump, il s'en était pris aux journalistes pour avoir minimisé le nombre de personnes venues assister au discours de leur nouveau président. Il avait alors affirmé, sans fournir d'éléments concrets : "Ce fut la plus grande foule jamais vue lors d'une investiture, point barre."

McCarthy SNL

Résultat : dans son sketch, McCarthy le dépeint comme un fou furieux, agressif avec les journalistes et en mangeur de chewing-gum compulsif, en rapport à la consommation extraordinaire qu'il en fait dans la vie de tous les jours. Le résultat est sans appel : le public s'amuse et en redemande. La presse, elle, s'enthousiasme, jusqu'à récompenser l'actrice de 46 ans du titre de "meilleure chose vue au SNL depuis des années". Samedi soir dernier, la comédienne a récidivé. Elle a revêtu ses habits de porte-parole de la Maison Blanche pour un second sketch, encore plus caricatural. Spicer/McCarthy s'en est cette fois pris physiquement aux journalistes, en tentant de leur "rouler" dessus avec son pupitre. Illustration, avec humour, des relations tendues entre le conseiller de Trump et les journalistes.

Sean Spicer version NBC

Depuis plusieurs semaines, le Saturday Night Live caricature chacun des membres de son administration. Kelyanne Cownway, Steve Bannon, et maintenant Sean Spicer : tous ses conseillers y passent. Donald Trump, lui-même, n'a pas été épargné. Alors qu'il s'est déjà rendu à deux reprises sur le plateau de l'émission, en 2004 et 2015, il a témoigné en décembre dernier de son aversion pour le programme télé après une imitation de lui par l'acteur Alec Baldwin : "J'ai essayé de regarder 'Saturday Night Live', impossible ! Complètement orienté, pas drôle et l'imitation par Alec Baldwin ne pourrait pas être pire. Triste."

D'après le site d'information Politico, Trump n'aurait pas apprécié l'humour des sketchs de McCarthy. Non pas pour l'agressivité du personnage, mais pour le fait qu'il soit interprété par une femme. "Trump n'apprécie pas que ses proches paraissent faibles", explique l'un de ses collaborateurs à Politico.

Pas de quoi faire peur aux équipes de NBC à priori : les producteurs révèlent vouloir renouveler entièrement le casting pour n'avoir, au final, que des femmes. Leslie Jones serait ainsi susceptible de remplacer Alec Baldwin dans son imitation du président et l'actrice Rosie O'Donnell est pressentie pour jouer le rôle de Steve Bannon, conseiller en stratégie de Trump et co-fondateur du site néo-conservateur Breitbart, dont @si vous parlait ici. En attendant le prochain tweet du président des États-Unis ?

(Valentin Etancelin)

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15h44 lu

Léophane, la notice canular qui révèle les failles de Wikipédia

Par
la rédaction le 13/02/2017

Il a voulu mettre Wikipédia à l’épreuve. Journaliste au Monde, Pierre Barthélémy relatait ce dimanche sur son blog Passeur de sciences l’expérience qu’il vient de mener. A l’heure où les fausses nouvelles se multiplient dans le sillage de l’élection américaine, à l’heure où, en France, Le Monde se proclame désormais "en guerre" contre les sites de désinformation, Barthélémy a voulu tester la capacité de l’encyclopédie collaborative à faire face aux intox et autres fake news.

Fausse mort de Philippe Manœuvre et de Pascal Sevran, notices d’hommes politiques "expurgées" d’informations plus ou moins compromettantes, ou infiltration de la communauté des contributeurs par le groupuscule d’extrême droite Egalité et réconciliations… par le passé, Wikipédia s’est montrée vulnérable face aux intox, qu’il s’agisse de grossiers canulars ou d’entreprises plus discrètes de manipulation. Mais est-ce toujours le cas ? Pour le savoir, Barthélémy a eu l’idée de faire le test en créant fin décembre une entrée dans l’encyclopédie au sujet d’un obscur savant grec de l’antiquité du nom de Léophane.


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Si le personnage en question a bien existé, s’il a été mentionné dans les écrits d’Aristote et d’Hippocrate, "on ne sait pratiquement rien de lui et aucun de ses éventuels écrits n’est parvenu jusqu’à nous", explique Barthélémy qui raconte : "J’ai donc décidé de créer cette entrée en écrivant le peu que l’on connaissait sur ce savant et en inventant le reste"

Le journaliste explique "avoir laissé libre cours à [s]a fantaisie, tout en lui conférant les apparences du plausible, à coups de références." Exemple d’éléments inventés ? "Sous ma plume numérique, le savant voyageait dans toute la Méditerranée orientale. Sous ma plume, il estimait que les êtres hybrides de la mythologie grecque, comme les centaures, étaient réels mais provenaient d’autres mondes et qu’ils étaient arrivés sur terre à cheval sur des comètes" énumère le journaliste.

"Personne n'a détecté la supercherie"

Barthélémy va laisser sa notice sur Léophane en ligne un bon mois. "Il fallait laisser le temps et la chance aux «globules blancs» de Wikipédia, qu’ils soient administrateurs, patrouilleurs, contributeurs ou simples lecteurs (puisque n’importe qui peut apporter une correction), de faire leur travail." Résultat ? En près de cinq semaines, plusieurs dizaines de personnes sont venues lire la fiche de ce savant sur l’encyclopédie. Certains contributeurs y ont fait des modifications, une rubrique bibliographe a même été ajoutée. "Mais, explique Barthélémy, force est de constater que personne n’a détecté la supercherie."

Barthelemy décide alors de révéler son expérimentation aux contributeurs de l’encyclopédie et contacte"Enrevselu", l'administrateur qui avait édité et mis en forme l’entrée sur Léophane. Barthélémy lui adresse un message sur sa page de discussion le 7 février. Le journaliste raconte la suite : ce message "a attiré l’attention de wikipédiens et, après une petite enquête, un autre administrateur, Jules78120, a supprimé l’entrée Léophane et m’a interpellé sur Twitter, ce qui a, bien sûr, entraîné l’ire de la communauté." Barthélémy se défend pour autant d'avoir voulu se moquer de l'encyclopédie : "Le but n’était pas de leur infliger cette vexation mais de contribuer à renforcer la sûreté du système."

Vérification à posteriori

Mais comment Wikipédia peu-elle lutter plus efficacement contre ce type d’intox ? Interrogé par Barthélémy, l’un des administrateurs de l’encyclopédie, Jules78120 (par ailleurs journaliste), rappelle que le principal garde-fou est "la patrouille". De quoi s’agit-il ? D’un ensemble de contributeurs bénévoles qui, au moyen d’un logiciel, repèrent les modifications et les vérifient. "Grâce à ce filtre environ 90 % des dégradations disparaissent dans la minute qui suit", explique Jules78120.

Quant au canular sur Léophane, l'administrateur confesse : "il n’y a pour ainsi dire aucune chance qu’un vandalisme aussi bien fait que le vôtre soit détecté : sur un sujet tel qu’un savant grec de l’Antiquité, un canular peut rester un an voire plus sans que personne ne s’en aperçoive."

Comment alors renforcer la fiabilité de Wikipédia ? En maintenant les contenus en quarantaine, le temps que les informations soient vérifiées ? Cette piste a été suivie par la version allemande, pas par le version française où le principe d’une quarantaine fait toujours débat. L’un des administrateurs contacté par Barthélémy rappelle à ce propos que "la philosophie de Wikipédia a toujours été la vérification a posteriori et non pas a priori."

L'occasion de voir notre émission de la semaine : "Decodex : «On s'engage dans une guerre contre les fake-news»"

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17h02 suivi

Migrants : Herrou condamné à 3000 euros d'amende avec sursis

Par
Juliette Gramaglia le 10/02/2017

3000 euros avec sursis : Cédric Herrou a finalement été condamné pour avoir aidé des migrants. L'agriculteur était poursuivi en justice pour avoir aidé des migrants en situation irrégulière dans la vallée franco-italienne de la Roya, dans le Sud de la France. Lors du procès, début janvier 2017, la procureur avait requis huit mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve, ainsi qu'une limitation du permis de conduire de Herrou, et la confiscation de son véhicule.

Le Monde Herrou condamné

Article du Monde, 10 février 2017µ

Ces réquisitions n'ont pas été suivies : le tribunal correctionnel de Nice l'a condamné, vendredi 10 février, à 3 000 euros d'amende avec sursis pour avoir pris en charge des migrants sur le sol italien. Il a été relaxé des autres faits qui lui sont reprochés. A savoir l'installation non autorisée, en octobre 2016, d'une cinquantaine d'Erythréens dans un centre de vacances désaffecté appartenant à la SNCF, et l'aide au séjour et à la circulation de migrants en situation illégale.

La condamnation sonne comme un avertissement pour l'agriculteur, qui avait déjà été convoqué devant la justice à l'été 2016 pour avoir transporté des Erythréennes. A l'époque, l'affaire avec été classée sans suite. Mais en janvier 2017, Herrou s'est de nouveau retrouvé devant la justice. Dans un article sur ce jugement, Le Monde rappelle: "[Lors du procès] au début du mois de janvier, la présidente du tribunal s'était dès lors étonnée de ce que cette procédure, dont il a fait l'objet [en 2016], n'ait pas mis un coup d'arrêt à ses actions. «Même si vous me condamnez, le problème continuera», avait répliqué le militant".

Invité sur notre plateau après son procès, Herrou était revenu sur les raisons de son action : "Je ne me considère pas vraiment comme un désobéissant. J'aide les gens à accéder à leurs droits. Donc si on est obligés de contourner une partie de la loi pour une loi plus importante qui sert à l'intégrité de femmes et d'hommes, je pense que ce n'est pas de la désobéissance. J'ai même plutôt l'impression que la police, le préfet, le président du conseil départemental désobéissent plus à nos valeurs que moi".


L'occasion de voire notre émission : "Migrants/Évasion fiscale : «On utilise les médias comme porte-voix»"

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07h15 suivi

Bolloré / diffamation : relaxe Bastamag confirmée en appel

Par
la rédaction le 10/02/2017

Relaxe confirmée pour Bastamag face au groupe Bolloré. Le site indépendant était poursuivi en diffamation par le groupe pour un article, paru en octobre 2012, sur l'accaparement des terres par l'industriel en Afrique et en Asie. La relaxe de Bastamag (ainsi que de Rue89 et de deux blogueurs poursuivis pour avoir relayé l'article) avait été prononcée en avril dernier. Elle vient d'être confirmée par la Cour d'appel de Paris.

Tweet Bastamag relaxe

La Cour d'appel de Paris a tranché : la relaxe de Bastamag, poursuivi en diffamation par Bolloré pour une enquête de 2012 sur l'accaparement des terres par l'industriel en Afrique et en Asie, vient d'être confirmée. Contacté par @si, l'avocat de Bastamag, Me Antoine Comte, salue une décision "logique" : "Ça a été la confirmation du jugement des premiers juges sur le sérieux de l'enquête, et sur la nécessité de considérer qu'ils étaient de bonne foi [dans leur travail, ndlr]".

Le procès en premier instance, dont les neuf heures d'audience en février 2014 avaient été suivies par @si, s'était conclu en avril de cette même année par une relaxe. Le Tribunal de grande instance de Paris avait jugé que l'enquête de Bastamag présentait "incontestablement un caractère d'intérêt général".

Dans son enquête, Bastamag évoquait notamment l'accaparement de terres par la société Socfin, filiale de Bolloré, qui exploite des plantations d'hévéas et d'huile de palme en Afrique et en Asie. L'avocat du groupe Bolloré avait reproché, entre autres, au site indépendant d'avoir accusé le groupe Bolloré directement, alors que c'est une de ses filiales qui était concernée. Mais dans le jugement en première instance, les juges avaient considéré que la société Bolloré étant le principal actionnaire de la Socfin, "[elle] est perçue au même titre voire davantage que la Socfin comme l’interlocuteur naturel à la fois des personnes s’estimant lésées et des institutions internationales".

Parallèlement à cette affaire, Bastamag fait toujours l'objet d'une seconde plainte en diffamation pour un article datant de 2014 et traitant du même sujet. Le groupe de l'industriel breton est également engagé dans d'autres procédures judiciaires, notamment autour d'un reportage de Complément d'enquête de France 2 sur les activités africaines du patron de Vivendi. Alors que Bolloré a multiplié les plaintes contre la chaîne et les journalistes, l'affaire a connu un nouveau rebondissement début janvier 2017. Un jeune employé d'un plantation de palmiers de la Socapalm, dont Bolloré est actionnaire, attaque le patron de Vivendi pour "diffamation". L'employé avait affirmé devant les caméras de France 2 être mineur - une affirmation que Bolloré avait publiquement récusée, accusant les journaliste d'avoir payé l'employé pour qu'il se déclare mineur.

L'occasion de lire notre article sur le procès Bastamag : ¨Procès: Bolloré contre Bastamag, Rue89, et un blogueur ébéniste... dont l'article a été lu 7 fois"

L'occasion de lire notre article : "Cameroun : un employé de plantation attaque Bolloré pour «diffamation»"

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07h12 lu

Attentat / racisme : les députés québecois contre une tribune du Washington Post

Par
la rédaction le 10/02/2017

L'Assemblée nationale du Québec a voté à l'unanimité, le 9 février, une motion demandant la rectification de propos tenus dans une tribune du Washington Post, publiée quelques jours après l'attentat meurtrier dans une mosquée de Québec. Pourquoi ? L'article du chroniqueur conservateur de Vancouver J.J. McCullough dépeint la province canadienne francophone comme un État inhospitalier, raciste et au passé antisémite.

Quebec vs WP
Le Québec demande un droit de réponse. L'Assemblée nationale de la province canadienne a adopté mercredi 9 février une motion réclamant au gouvernement québécois de condamner publiquement, et de faire rectifier les propos tenus dans une tribune du chroniqueur conservateur canadien J.J. McCullough, publiée sur le site du Washington Post le 1er février. Cet article d'opinion, intitulé "Pourquoi autant de massacres surviennent dans le Québec'progressiste'  ?" est paru quelques jours après la fusillade dans une mosquée de Sainte-Foy à Québec. McCullough y affirme notamment que la société québécoise est dotée d'un "passé sombre d'antisémitisme, de bigoterie religieuse et de sentiment pro-fasciste". Une affirmation qu'il n'étaie pas d'exemples. Mais ce même passé expliquerait pourquoi, selon l'auteur, il y aurait autant de "fous prompts à perpétrer des massacres" au Québec. Il argumente : il n'y a pas autant de massacres dans le reste du pays. Encore une fois, le chroniqueur ne livre pas de chiffre pour comparer la fréquence des massacres au Québec et au Canada, se contentant de citer quelques fusillades survenues au Québec.

Le Québec, une province qui concentre plus de tireurs fous ? Les députés québecois n'ont pas apprécié. La motion présentée par leur collègue a été votée à l'unanimité afin de "défendre la réputation de leur pays sur la scène internationale". D'après Le Journal du Québec, la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, a indiqué, mercredi 8 février après-midi, qu'une lettre sera envoyée au quotidien américain. Elle demande la publication de ce courrier dans les pages du Washington Post.

"Le Québec n’est pas une société violente, a déclaré, quant à elle, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée. Nous avons été confrontés à des événements violents, mais nous sommes une société pacifique et ouverte." McCullough, lui, nargue ouvertement la province canadienne sur son compte Twitter : "A l'attention des politiciens québécois : ça ne fait que m’encourager davantage."

(Valentin Etancelin)

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17h13 suivi

"Fausses infos" ? Berruyer répond au Decodex du Monde

Par
la rédaction le 09/02/2017

Passe d'armes entre le Monde et Olivier Berruyer. Le nouvel outil des Décodeurs pour vérifier la fiabilité des sites d'info, Decodex, a classé le blog "d'analyses économiques et géopolitiques" de Berruyer, les-crises.fr, comme site très peu fiable. Pour appuyer sa décision, le Monde s'appuie sur un billet de blog accusant Berruyer d'avoir utilisé une fausse citation de l'ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mais dans un article de son blog, Berruyer réaffirme la véracité de sa citation - et fournit sa source.

Olivier Berruyer répond à Decodex. Comme le racontait @si, le blog "d'analyses économiques et géopolitiques" de Berruyer, les-crises.fr, a été classé en rouge par le nouvel outil des Décodeurs, qui classe les sites selon leur fiabilité. Le Monde reproche au blog de Berruyer "d'héberge[r] parfois des théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne". La raison de cette classification ? Sur leur site "Verificator", les Décodeurs renvoient à un article d'un blog du Monde, "Crise et économie aux USA", tenu par un certain Onubre Einz. L'article d'Einz qui attaque Berruyer date de juillet 2014.

les-crises Berruyer

Article du blog les-crises.fr, 9 février 2017

Einz, qui avait auparavant écrit quelques articles pour le blog de Berruyer, sous son véritable nom, Bruno Zeni, reproche notamment à celui-ci d'avoir utilisé, dans un article sur les causes de la guerre en Ukraine, une fausse citation de José Manuel Barroso, à l'époque président de la Commission européenne. Dans la citation utilisée par Berruyer, Barroso déclarait : "Un pays ne peut à la fois être membre d’une union douanière et dans une zone avancée de libre-échange avec l’Union européenne". Une fausse citation qui, selon Einz, avait pour résultat d'imputer la responsabilité de la crise en Ukraine à l'Union européenne.

Dans un article de son blog, Berruyer a répondu le 9 février. La citation qu'il a utilisée, explique-t-il, provenait notamment d'une notice de Wikipédia et d'une dépêche datant de février 2013 sur le site UkrInform, agence de presse ukrainienne. UkrInform (que Berruyer avait cité en source dans son article originel) citait pour sa part l'agence de presse Associated Press (AP). Berruyer explique qu'en 2015, après le billet d'Einz, il avait contacté AP directement pour s'assurer que la dépêche – et la citation de Barroso – provenaient bien de leurs services. Le blogueur de les-crises reproduit une capture d'écran de la réponse d'AP, qui lui écrit, en français : "En effet, on a trouvé [la dépêche]. Elle existe donc". La dépêche originelle en anglais est aussi reproduite dans le mail. On peut effectivement y lire la citation utilisée par Berruyer (qu'il a traduite en français).

Par ailleurs, l'organe de communication du Conseil de l'Union Européenne a publié sur son site la conférence de presse du 25 février 2013. C'est au cours de cette conférence, qui faisait suite à un sommet réunissant l'Union Européenne et l'Ukraine, que Barroso a prononcé les mots repris par Berruyer. Barroso déclare lors de cette conférence de presse : "C'est à l'Ukraine de trouver le genre de relations qu'elle veut avoir avec notre partenaire russe. Nous devons être clairs sur un point : un pays ne peut pas être à la fois membre d'une union douanière et dans une zone de libre-"change avancée avec l'Union Européenne".

Si cette citation de Barroso n'a, semble-t-il, pas été reprise dans les médias français, on peut la lire dans certains médias russes (dont The Moscow Times, journal russe anglophone) et ukrainiens (parmi eux, l'agence UkrInform). Mais on trouve aussi cette citation dans un article en anglais du site de l'hebdomadaire allemand der Spiegel, qui traitait en novembre 2014 de la crise ukrainienne.

Màj 09/02/2017, 18h37 : Ajout de la vidéo de la conférence de presse durant laquelle Barroso prononce la fameuse citation.

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16h14 entendu

Théo / Aulnay : Canteloup plaisante sur le viol présumé

Par
la rédaction le 08/02/2017

Quand la rédaction d'Europe 1 critique sa propre station. Ce mercredi 8 février, la société des rédacteurs de la station a exprimé son "malaise" suite à une chronique de l'humoriste Nicolas Canteloup dans la matinale. En cause : une plaisanterie au sujet de Théo, 22 ans, gravement blessé par des policiers à Aulnay-sous-Bois lors de son interpellation.

Dérapage incontrôlé. Dans sa Revue de presque de ce mercredi 8 février, l'humoriste a tenté une plaisanterie au sujet d'un jeune homme de 22 ans violemment agressé lors de son interpellation par des policiers à Aulnay-sous-Bois, jeudi 2 février. Alors que le jeune homme souffre d'une blessure à l'anus apparemment consécutive à l'introduction d'une matraque téléscopique, et que la qualification de viol a été retenue à l'encontre de l'un des policiers, Canteloup en a plaisanté, dans sa chronique du 8 février. "Amis gays, pas la peine de chercher un 2 pièces sur Aulnay, la police ne recommencera plus", a-t-il lancé en imitant François Hollande. Avant de poursuivre : "Si Théo se découvre des sentiments pour le policier qui lui a introduit la matraque, ils pourront grâce à moi s’épouser en toute légalité."

La société des rédacteurs d'Europe 1 a fait part, sur son compte Twitter, de son "malaise" après la chronique de Canteloup. Aux alentours de midi, après que plusieurs sites de presse ont dénoncé des propos homophobes, Jean-Marc Dumontet, producteur de Nicolas Canteloup, a présenté ses excuses sur le plateau de l'émission Europe Midi. "C'était un très gros dérapage ce matin, évidemment involontaire. Très mauvaise inspiration qui ne nous ressemble pas. On pensait que c'était trash, ce n'était juste pas drôle et vulgaire. Très sincèrement désolé.", a-t-il déclaré. L'humoriste a, quant à lui, partagé ce même message sur son profil Twitter. La vidéo de son passage à l'antenne n'est plus disponible en podcast sur le site de la chaîne.

(Valentin Etancelin)

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