Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

19h20 vu

Grâce partielle de Manning : Fox News critique "l'hypocrisie" d'Obama

Par
Juliette Gramaglia le 18/01/2017

Ce sera l'un des derniers grands actes politique de Barack Obama. Le président sortant a décidé mardi 17 janvier d'écourter la peine de Chelsea Manning pour qu'elle sorte de prison en mai prochain. La lanceuse d'alerte avait livré en 2010 à Wikileaks des centaines de milliers de documents sur les activités de l'armée américaine en Irak et avait été condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour espionnage. La décision d'Obama d'écourter sa peine, célébrée notamment par l'organisation d'Assange, a été l'occasion pour Fox News de s'en prendre encore une fois, dans les derniers jours de sa présidence, au président sortant.

C'est une victoire pour les lanceurs d'alerte aux États-Unis. Chelsea Manning, la lanceuse d'alerte qui avait fait fuiter en 2010 des centaines de milliers de documents sur les activités de l'armée américaine en Irak à Wikileaks, a vu sa peine réduite par Barack Obama, mardi 17 janvier. Elle sortira donc en mai prochain, au lieu de purger la totalité des 35 années auxquelles , alors de sexe masculin, elle avait été condamnée en 2013 sous le nom de Bradley Manning pour espionnage, et est incarcérée dans une prison militaire masculine. En isolement, elle a par ailleurs commis deux tentatives de suicide, liées notamment à son changement de genre et à des conditions d'emprisonnement difficiles.

NyTimes Manning

"Chelsea Manning sera libérée plus tôt, Obama commue sa peine de prison",
New York Times, 17 janvier 2017

Sans surprise, la nouvelle a été saluée par Edward Snowden, mais aussi Glenn Greenwald, à l'origine des révélations de Snowden, et fondateur du site The intercept. Les deux hommes se sont réjouis sur Twitter, Greenwald s'exclamant que la nouvelle était "extraordinaire", et Snowden déclarant : "Je peux dire de bon cœur et très sérieusement : Merci Obama".

Greenwald

Snowden Manning

Et Wikileaks, bien sûr, a salué la nouvelle d'un "VICTOIRE" en lettres capitales sur Twitter. L'organisation avait affirmé le 12 janvier dernier sur Twitter : "Si Obama accorde à Manning la clémence, Assange acceptera d'être extradé aux États-Unis malgré l'inconstitutionnalité claire du dossier du Département de la Défense". Ce mercredi 18 janvier, on ne sait pas encore si Assange va tenir parole. Un avocat du fondateur de Wikileaks a indiqué au Guardian qu'Assange "était prêt à faire face à une procédure d'extradition". Sur Twitter, le compte de Wikileaks tempère tout de même : "Assange se rendra toujours volontiers aux États-Unis pour peu que ses droits soient garantis".

Du côté des médias américains, la réduction de peine accordée à la lanceuse d'alerte a quelque peu surpris : "Ça a dû rester en travers de la gorge d'Obama de donner une victoire à Wikileaks", suppute par exemple CNN. Sur le site de la chaîne, Stephen Collinson rappelle la politique de la tolérance zéro du président sortant envers les lanceurs d'alerte, ainsi que ses critiques envers l'organisation de Julian Assange : "De bien des manières, la décision semble aller à l'encontre de certains instincts d'Obama en tant que président, et de la sensibilité politique du moment", note Collinson.

Une "ironie stupéfiante" (FOX NEWS)

Le changement d'orientation d'Obama n'a pas non plus échappé à la chaîne Fox News, opposante au président sortant. Les invités, comme les présentateurs, n'ont pas hésité à ironiser sur le fait que le président sortant n'a jamais hésité à condamner Wikileaks. Surtout lorsqu'il s'agissait de la publication des mails piratés du directeur de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta. Une fuite jugée pourtant moins grave par les journalistes de la chaîne, que celle causée par Manning. C'est l'argumentaire notamment de Neil Cavuto qui, face à son invité le gouverneur républicain du Kentucky Matt Bevin, a déploré : "[Dans le cas de Manning], on parle de fuites potentiellement beaucoup plus dangereuses pour la nation entière. Et le type derrière ça, celui qui a fait fuiter les documents, va sortir de prison dans les prochains mois".

Un invité de Cavuto, le politologue et auteur Larry Sabato, a aussi tenu à "pointer l'ironie" de la situation : "Le président vient de pardonner Chelsea Manning, qui a fait fuiter des secrets confidentiels importants qui ont fait du mal aux États-Unis, à Wikileaks ! Alors que Wikileaks a joué un rôle, qu'il soit majeur ou mineur, dans la défaite [d'Hillary Clinton]." Ce à quoi Cavuto répond : "Oui l'ironie est stupéfiante".

Mais Cavuto n'est pas le seul à se scandaliser de la libération anticipée de Manning sur le plateau de Fox News. A noter également l'échange plein de connivences entre la présentatrice Heather Childers et le journaliste Charles Krauthammer. "Chelsea Manning a révélé des documents classifiés dont beaucoup disent qu'ils ont mis des vies en danger, et elle ne purgera qu'une partie de sa peine. Mais la fuite des mails de Podesta est un crime absolument impardonnable", ironise Childers. Aussitôt soutenue par son interlocuteur: "Vous pointez là l'incroyable hypocrisie dont ont fait preuve l'administration et le président envers Wikileaks pendant la campagne".

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15h28 suivi

Morandini / harcèlement sexuel : classé sans suite, mais...

Par
la rédaction le 18/01/2017

Pas de suite dans l'enquête ouverte pour harcèlement sexuel dans l'affaire des castings douteux de Jean-Marc Morandini. C'est ce qu'a appris, ce mercredi 18 janvier, l'AFP. Une dépêche reprise par l'ensemble des médias, dont le blog de Jean-Marc Morandini, qui "oublie" toutefois de préciser que l'animateur reste mis en examen dans une autre affaire, pour corruption de mineurs aggravée.

lemonde morandini

Site du Monde, 18 janvier 2017

Affaire des "castings douteux" de Morandini, suite. Après les révélations, l'été dernier, des Inrocks sur les conditions d'une websérie diffusée sur Dailymotion, Les Faucons, cinq comédiens avaient porté plainte contre l'animateur. Après plusieurs mois d'enquête pour harcèlement sexuel et travail dissimulé, l'affaire a été classée sans suite : "Les investigations n'ont pas permis de démontrer que les postulants «avaient subi une forme de contrainte, de pression ou de menaces»", explique l'AFP dans sa dépêche, reprise notamment sur le site du Monde. Et l'agence, toujours citée par le quotidien, d'expliquer : "Des courriels échangés prouvent que les plaignants, majeurs au moment des faits, avaient connaissance des conditions de tournage, impliquant des scènes de nudité". Jointe par @si, la journaliste des Inrocks qui avait enquêté sur les faits, Fanny Marlier, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Morandini toujours mis en examen pour "corruption de mineurs aggravée"

Morandini reste mis en examen dans une autre affaire, pour corruption de mineurs aggravée. A la suite de l'enquête des Inrocks, deux autres plaintes avaient, en effet, été déposées par deux jeunes hommes, mineurs au moment des faits qu'ils dénoncent. L'un affirme avoir posé nu pour l'animateur à son domicile, dans le cadre d'un projet de film. L'autre fait état de conversations d'ordre sexuel avec Morandini. Les faits seraient antérieurs aux castings, remontant respectivement à 2009 et 2013.

Alors que la dépêche AFP, et que l'ensemble des médias, rappellent que l'animateur reste mis en examen pour corruption de mineurs aggravée, l'information ne figure pas sur... le blog de Jean-Marc Morandini. Si la dépêche de l'AFP explique que "cinq jeunes comédiens, dont deux avaient témoigné dans le magazine [Les Inrocks, ndlr], avaient porté plainte contre l'animateur, qui reste mis en examen dans une autre affaire, pour «corruption de mineurs aggravée»", le site de Morandini, pourtant habitué à reprendre mot à mot les dépêches de l'agence comme l'avait remarqué notre chroniqueuse Klaire, n'a pas jugé utile de retenir la dernière partie de la phrase.

Morandini AFP Tweet

L'occasion de relire la chronique de Klaire fait grr : "Dans l'internet de Jean-Marc Morandini"

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16h20 Hors Série

Démondialiser, oui, mais pas n'importe comment (Bernier/Hors-Série)

Par
la rédaction le 17/01/2017

Le déclin français ? Quel déclin ? A l’opposé des discours sur la dégringolade économique de la France, l’essayiste et collaborateur au Monde diplomatique Aurélien Bernier rappelle dans Hors-Série cette semaine que notre pays dispose d’une force de frappe colossale avec son réseau de multinationales – le quatrième au monde – et que jusqu’à présent ces grands groupes font à peu près ce qu’ils veulent. Pour en sortir : la démondialisation mais pas n’importe comment. Pour l’auteur de La Démondialisation ou le chaos (Utopia, 2016), si l’on souhaite "renouer avec l’idée de justice sociale au sens le plus global", il s’agit d’opérer conjointement un retour à la souveraineté populaire, mettre en place la coopération internationale et s’engager dans la décroissance. Un message adressé notamment à la gauche radicale – et à Jean-Luc Mélenchon – dont Bernier doute de la capacité à tordre le cou de Vinci ou Total.

 

>> Pour regarder en intégralité l’émission présentée par Maja Neskovic avec Aurélien Bernier, c’est ici : Alterdémondialisation.

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16h16 buzz

Pub pro-vie/Le Figaro : "Une opinion qui a le droit d'être défendue" (Brézet)

Par
Robin Andraca le 17/01/2017

Le Figaro avait créé la polémique le 12 janvier, en acceptant la publicité d'un collectif militant pour l'abolition de l'avortement en France. Interrogé le lendemain par la Société des Journalistes, le directeur des rédactions, Alexis Brézet invoque une opinion "qui n'est pas illégale" et qui "représente une partie" des lecteurs du journal.

"Une opinion qui a le droit d'être défendue". Interrogé par la SDJ du Figaro sur une publicité anti-avortement parue dans son journal la semaine dernière, le directeur des rédactions du journal, Alexis Brézet a répondu vendredi 13 janvier "qu'il s'agissait d'une publicité (et payée en tant que telle) comme il en parvient de temps en temps au Figaro. Il a été questionné par la régie pub sur l'opportunité de la passer et il a pris la décision de le faire. Il ne sagit donc pas d'une erreur ou d'une publicité qui serait passée sous les radars", écrit dans un communiqué la SDJ du Figaro. "Pour Alexis, il s'agit d'une opinion (les pro-life) qui a le droit d'être défendue, qui n'est pas illégale, pas injurieuse et qui représente la position de l'église catholique et du Pape, donc d'une partie de nos lecteurs. Il ajoute que les publicités ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale. Il dit comprendre que certaines personnes (en interne ou en externe) puissent être choquées par cette publicité".

Dans son édition du 12 janvier, en marge d'un article sur la grippe, était parue dans Le Figaro cette publicité payée par "IVG tous concernés", une association créée en 2005, et qui milite depuis pour l'abolition de l'avortement en organisant tous les ans, en janvier, "une marche pour la vie". On y voyait un homme en costume-cravate serrer la main d'une femme. "Félicitations" pouvait-on lire en bleu et en gras. En dessous, entre parenthèses : "Vous venez de perdre votre emploi". Sous-entendu : les patrons sont hypocrites et poussent, en réalité, les femmes à avorter pour garder leur travail. Contactée par Les Inrocks, l'association affirme avoir aussi acheté des encarts publicitaires dans Valeurs Actuelles et Valeurs Chrétiennes.

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Ces derniers jours, l'association s'est aussi fait remarquer en "piratant" les panneaux publicitaires JCDecaux, à Paris. Alors que plusieurs internautes se sont indignés, lundi 16 janvier, de voir dans les rues de la capitale des publicités pour cette association, le leader français de l'affichage urbain publicitaire a dénoncé un "piratage" et dépêché une équipe pour retirer les affiches en question. L'entreprise va porter plainte selon le Huffington Post et LCI.

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17h54 vu

Primaire PS : Filoche soutient Montebourg (aujourd'hui)

Par
Robin Andraca le 16/01/2017

C'est officiel : le socialiste Gérard Filoche, qui a commenté aux côtés de Daniel Schneidermann le premier débat de la primaire de gauche sur notre site, soutiendra Arnaud Montebourg. Pourtant, Filoche n'a pas toujours été très tendre avec l'ancien ministre du redressement productif sur Twitter.

"Après beaucoup de réflexion avec mes amis de Démocratie et Socialisme, on s'est consulté, on a hésité évidemment entre Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, et finalement on a choisi Arnaud Montebourg". Lundi 16 janvier, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, Filoche a apporté son soutien à Montebourg, ajoutant : "Si on avait un choix au second tour entre Arnaud et Benoît, ce serait mieux pour tout le monde".

Filoche soutien de Montebourg ?  Lors de sa venue sur notre plateau pour commenter le premier débat de la primaire de gauche, le socialiste hésitait encore. Au regard des archives de son compte Twitter, déterrées depuis quelques heures par un internaute sur Twitter, on comprend mieux pourquoi.

Le 22 septembre dernier, par exemple, Filoche estimait que "Montebourg hélas est a droite de Hollande" :

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Avant d'en remettre une couche, en réponse à un internaute :

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Dix jours auparavant, Filoche trollait déjà un compte de soutien à Montebourg qui écrivait, photos à l'appui : "Macron rencontre des anti mariage pour tous, Montebourg un prix Nobel d'économie. Choisis ton camp camarade !". Réponse de Filoche ? "Si Montebourg pouvait apprendre là un peu d'économie, et de revendications sociales, ca ne peut que lui faire du bien". Ambiance.

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Un peu plus tôt encore, le 24 août 2016, toujours sur son compte Twitter, l'ancien inspecteur du travail dénonçait le "coeur du désaccord avec Montebourg". "On crée d'abord de la richesse AVANT de la distribuer. Non elle est là, il faut redistribuer D'ABORD".

Et les désaccords entre Filoche et Montebourg remontent à loin : en avril 2014, le premier écrivait : "le gouvernement Vals-Montebourg-Hamon, le pire gouvernement de l'histoire de la gauche depuis cent ans : 50 milliards pris aux pauvres". Avant de dénoncer, en septembre 2013, un "Montebourg complètement moulé dans la défense du paiement de la dette". Enfin, en novembre 2010, il tweetait : "Arnaud Montebourg contre le Smic, ça me fait enrager (entre autres...)". La rage est, semble-t-il, depuis passée.

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L'occasion de revoir notre émission : "On a repêché Filoche à la primaire à gauche"

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20h45 lu

Soutien de Hollande à Macron ? Le "scoop" à quatre temps de Lagardère

Par
Manuel Vicuña le 15/01/2017

"François Hollande va probablement soutenir Macron." En pleine primaire du PS, la phrase à de quoi aiguiser les tensions. C’est un proche du chef de l’Etat, l’avocat Dominique Villemot qui a lâché cette petite bombe au JDD dans une interview parue ce dimanche. A quelques heures du deuxième débat de la primaire, Villemot confiait ainsi au Journal du Dimanche : "le Président (…) ne soutient personne dans cette primaire". Au détriment du futur vainqueur de la primaire à gauche, Macron donc, le transfuge du PS, serait le chouchou de Hollande pour 2017 ? Le JDD tient son scoop et revient à la charge : Hollande, chef du PS pendant onze ans, "ferait donc une infidélité" à son parti ? Villemot, "l’intime" du chef de l’Etat , son ex-copain de promo à l'Ena, est formel : "On ne peut pas dire que l'appareil du PS l'ait aidé… Par ailleurs, je ne vois pas quel autre candidat il pourrait soutenir", explique Villemot qui lâche au JDD que le chef de l'Etat "se prononcera fin février ou début mars".

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A peine l’interview est-elle publiée par le JDD ce dimanche matin, que le Lab d’Europe 1 (propriété de Lagardère Active comme le JDD) apporte un ferme démenti venu de l’Elysée. "C’est évidemment la phrase du week-end", écrit le Lab d'Europe 1 évoquant les propos de Villemot dans le JDD.


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Citépar Le Lab, "l'Elysée" rappelle que Dominique Villemot est "le seul responsable de ses propos". "Il ne parle pas avec l'aval de l'Elysée. Il n'est pas le porte-parole de la présidence et nous ne sommes pas en contact avec lui", explique "l’Elysée" au Lab. Quelques heures plus tard, peu avant midi, le site du JDD publie une mise à jour de son article dans laquelle Villemot dément "ce qui est écrit dans le JDD". Il affirme : "Contrairement à ce que laisse entendre le JDD, le président ne m’a jamais dit qu’il soutiendrait Emmanuel Macron, je démens donc formellement ce qui y est écrit."

Le Lab cite dans cette même mise à jour un autre article du JDD, paru entre-temps, contestant le démenti de Villemot : "Le «démenti» de Dominique Villemot n’a pas lieu d’être, écrit le JDD qui ajoute que "le service politique du JDD a eu plusieurs conversations avec lui vendredi et samedi. Il a pu relire ses propos et a validé par téléphone, samedi en début de soirée, le texte intégral que nous avons publié."

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L’hebdomadaire dominical de Lagardère affirme : "Le JDD maintient l’intégralité de ses informations et certifie à ses lecteurs que les propos que nous avons attribués à Dominique Villemot sont conformes à ceux qu’il a tenus et accepté de rendre publics."

"Le président me demande de faire un démenti"

Dans un autre article paru également ce dimanche, le JDD raconte cette fois les coulisses de cet entretien effectué vendredi après-midi.

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"La phrase initiale prononcée par Dominique Villemot était : le président «pourrait tout à fait soutenir Macron». Dans la version qu'il nous a renvoyée, vendredi peu avant 22 heures, cette phrase est devenue : «Je pense qu’il n’est pas exclu qu’il soutienne Macron.»" Le JDD, explique que le lendemain à la suite d’une discussion téléphonique avec Villemot, le journal et l’intéressé vont tomber d’accord sur la formule qui sera finalement publiée : "Le président va probablement soutenir Macron" Une formule que le JDD estime "plus conforme à l'esprit initial, beaucoup plus affirmatif, des propos tenus lorsque nous les avions recueillis, et que l'avocat a validé sans difficulté". Le JDD précise par ailleurs que Villemot aurait finalement adressé un SMS à l’hebdo ce dimanche après la parution de l’entretien : "Le président me demande de faire un démenti." Nouvelle info du JDD, reprise aussitôt par le Lab : "C’est donc,François Hollande en personne qui lui a demandé de corriger cette phrase".

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18h32 ça reste à vérifier

YouTube / droits d'auteur : controverse entre Mélenchon et France Inter

Par
Manuel Vicuña le 15/01/2017

France Inter aurait "essayé de tuer" la chaîne YouTube de Jean Luc Mélenchon ? C’est du moins ce que prétend le candidat de la "France insoumise". En préambule de sa revue de presse de la semaine, diffusée vendredi 13 janvier sur la plateforme de partage vidéo, le candidat-youtubeur aux 160 000 abonnés (nous vous en parlions ici et ici) accuse la radio d’avoir tenté de faire supprimer sa chaîne. Comment ? En multipliant les signalements auprès de YouTube pour non respect du droit d’auteur.

De quoi s’agit-il ? Les 11 décembre et 4 janvier dernier, Mélenchon était de passage sur France Inter, la première fois dans l'émission Questions politiques de Nicolas Demorand, la seconde dans la matinale de la radio publique. Deux interviews filmées que l’équipe de Mélenchon a par la suite reprises et diffusées sur la chaîne du candidat, comme elle le fait régulièrement après ses passages dans les médias.

Mais quid du droit d’utilisation de ces images ? "En général ça se règle à la bonne franquette parce que les gens comme moi on besoin d’accéder aux images qui me représentent", explique Mélenchon dans sa vidéo en citant par exemple le cas de TF1 avec qui il estime avoir pu discuter "pour essayer de s’entendre". Ce n'est pas le cas avec la radio publique, affirme le candidat-youtubeur qui raconte : "J’ai fait deux émissions à France Inter, qu’on a mis sur ma chaîne Youtube. Vous croyez qu’ils m’ont téléphoné pour dire : «Ah nous faites pas ça monsieur Mélenchon». Non, ils ont rien dit. ils ont téléphoné directement à Youtube deux fois."

Voilà qui, selon Mélenchon, s’apparente à un "coup tordu" visant à faire disparaître son compte YouTube, étant donné, affirme-t-il, que la plateforme se réserve le droit de suspendre une chaîne, "au bout de trois alertes". Pour Mélenchon, la chose est entendue : "Les gars (France Inter) ils savaient qu’il n’y avait plus besoin que d’une (fois) et après couac, ça coupait ma chaîne."


La chaîne de Mélenchon menacée par les signalements de France Inter ? Le site de 20 minutes s’est penché sur le sujet en posant la question à YouTube. Conclusion ? "La politique de YouTube en matière de suspension n’est pas «linéaire» et «automatique»", relate 20 minutes qui ajoute que la suppression définitive d’une chaîne serait "rarement automatique, y compris après trois signalements".

L'"étonnement" de France Inter

De fait, interrogée par le site de LCI, la radio confirme avoir procédé à un signalement. 20 minutes, qui a également joint la radio, explique pour sa part que le signalement par France Inter pour "non-respect du droit d’auteur" n’est pas intervenu tout de suite. La première fois, lorsque l’équipe de Mélenchon publie sur YouTube son passage chez France Inter du 11 décembre, la radio aurait d’abord décidé de ne pas réagir.

Ce n’est que la seconde fois, après l’interview de Mélenchon du 4 janvier, reprise une nouvelle fois sur sa chaîne YouTube que France Inter aurait procédé au signalement. "Cette fois France Inter, soudain beaucoup moins coulante, réplique avec une ardeur d’une étonnante rigidité", explique Libération qui précise : "Sans en référer à l’équipe du candidat, elle fait la démarche, volontaire et manuelle, de signaler à YouTube, directement sur la plateforme vidéo, la double violation du droit d’auteur."

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Quant à savoir si France Inter a signalé la chaîne de Mélenchon, sans échanger un mot avec son équipe, l’affaire semble plus compliquée. "Au regard des échanges par SMS et par mails auxquels 20 Minutesa eu accès, ce n’est pas le cas", affirme le site du quotidien gratuit qui précise : "contrairement à ce qu’a affirmé l’entourage de Mélenchon et Mélenchon lui-même, la radio a précisé dès le 11 décembre par texto la marche à suivre en matière d’utilisation de leur contenu." La marche à suivre ? "Nous ne cédons pas les droits sur les vidéos produites par France Inter, mais vous pouvez utiliser librement les embeds [codes d’intégrations, ndlr] de l’intégrale et des extraits", écrit alors la station à l'attachée de presse de Mélenchon, comme le raconte Libération qui précise que ce message est resté sans réponse et que la vidéo n'a pas été retirée de la chaîne de Mélenchon. Interrogé par le site de LCI, France Inter raconte : "Ce qui s'est passé avec Jean-Luc Mélenchon, c'est que ce process n'a pas été respecté."

La chaîne de Mélenchon, "deux fois plus d'abonnés que celle de France Inter"

Fin de la discussion ? Non, si l’on en croit France Inter. Le 7 janvier, alors que les deux vidéos ont été signalées à YouTube et supprimées par la radio, un membre de l’équipe de Mélenchon a tenté de négocier par courriel. Il demande le retrait des signalements et avance deux propositions : soit tout simplement tirer un trait sur la diffusion des deux vidéos, soit monétiser les vidéos sur la chaîne YouTube du candidat. En d'autres termers, vendre de la publicité sur ces vidéos. Libé cite l'échange de mails du 7 janvier dans lequel le directeur de la com' numérique de Mélenchon explique à France Inter : "La chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon comptant deux fois plus d’abonnés que celle de France Inter, ce peut être utile pour la diffusion de vos émissions".

Finalement, les deux parties optent pour une troisième solution, comme l'explique 20 minutes : "Une solution est finalement adoptée : France Inter autorise Mélenchon à diffuser son contenu (à condition de mentionner la source et de renvoyer vers le site) et accepte de lever ses réclamations auprès de YouTube." Les termes de cet accord auraient d’ailleurs été qualifiés de "conditions parfaites" par l’équipe de Mélenchon, selon 20 minutes qui cite l’échange de mail remontant au 7 janvier. "Ça s’est réglé", confirme à LCI France Inter qui fait part de son "étonnement en voyant cette vidéo" de Mélenchon publiée ce vendredi dans laquelle il taxe la station de "déloyauté absolue". Une vidéo d’ores et déjà visionnée plus de 100 000 fois.

19h17, mise à jour : article de Libération

L'occasion de (re)lire notre enquête "Comment Cyber-Mélenchon est devenu le premier youtubeur politique de France", de (re)voir notre émission "Mélenchon a explosé l'extrême droite sur YouTube", et notre Classe Télé "Mélenchon : youtubeur pour de vrai ou pour de faux ?"

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19h54 grrr !

Primaire : Pinel "star" des réseaux sociaux pour La Dépêche

Par
Robin Andraca le 13/01/2017

A chaque débat son article sur les candidats les plus cités sur Google. Le débat de la primaire à gauche, commenté en direct par Gérard Filoche et Daniel Schneidermann sur notre site, n'y a pas échappé. Et comme souvent, ce sont les plus petits candidats qui l'ont emporté. Pour récompenser leurs prestations pendant le débat ? Pas vraiment. Sauf pour La Dépêche, toujours prompte à soutenir son propriétaire, Jean-Michel Baylet, ou ses proches.

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La Dépêche, 13/01/2017

"Sylvia Pinel star du débat sur les moteurs de recherches et les réseaux sociaux". Pour La Dépêche, propriété de Jean-Michel Baylet, ancien président du Parti radical de gauche, Pinel, qui lui a succédé à la tête de ce parti, a dominé le débat sur le net. "Sylvia Pinel, la seule femme candidate à la primaire de la gauche et ancienne ministre du Logement, a été la candidate la plus recherchée sur Google pendant le premier débat des primaires citoyennes, jeudi, devant Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy", écrit le quotidien, camembert à l'appui pour bien montrer que, sur le web, il y avait vraiment Pinel et les autres.


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Infographie réalisée grâce aux données recueillies par Google, en partenariat avec La Dépêche du Midi

Sauf que voilà : si Pinel, comme Bennhamias ou de Rugy, ont cartonné hier sur Google, ce n'est pas grâce à la qualité de leur prestation, comme le titre de La Dépêche pourrait le laisser penser, mais parce que les internautes ne... les connaissent pas ! On comprend mieux pourquoi Manuel Valls, ancien premier ministre, ou Arnaud Montebourg, ancien ministre du redressement productif, apparaissent si bas dans le même classement.

Les équipes de Google ont d'ailleurs publié, hier, sur leur compte Twitter, les questions les plus posées, sur le moteur de recherche, concernant Pinel. En deuxième position : "Qui est Sylvia Pinel ?". La "star du débat" donc, ou presque.

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La Dépêche du Midi et Jean-Michel Baylet, son propriétaire, l'histoire d'amour n'est pas nouvelle. En février 2016, lors de sa nomination comme ministre de l'Aménagement du Territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, La Dépêche du Midi avait mis son patron en une (sans rappeler à aucun moment qu'il était aussi propriétaire du quotidien) et salué un remaniement et un "gouvernement de combat". Ce traitement contrastait, à l'époque, avec le reste de la presse française qui saluait un "grand recyclage" ou "un dernier replâtrage pour finir le quinquennat".

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19h16 Hors Série

Pourquoi Guillaume Meurice ne veut pas rire de Nuit Debout (Hors Série)

Par
la rédaction le 11/01/2017

Le rire comme forme d’engagement... Guillaume Meurice assume sa démarche. Chaque jour sur France Inter et deux fois par semaine sur scène, l’humoriste se fait un malin plaisir de ridiculiser les puissants, dézinguer les contradictions des politiques, la langue de bois des lobbyistes et des communicants.

Invité cette semaine de Hors Série, Meurice y évoque sans détour ses opinions de gauche, la façon dont il choisit le sujet de ses chroniques, des thèmes et des sujets qui l'inspirent. Exemple ? Oui, il aurait pu faire une chronique sur l’organisation de Nuit Debout qui l’a bien faire rire : "une demi-heure de discussion pour savoir ce qu'on fait à manger et comment on le fait", s'amuse Meurice. "Mais je ne l’ai pas fait parce que je n’avais pas envie de décrédibiliser un mouvement que j’aimais bien", explique-t-il. "Je préfère des gens qui s’engueulent une demi-heure sur ce qu’ils vont faire à manger plutôt que des gens qui sont sûrs qu’il faille absolument fournir en armes l’Arabie saoudite", précise l’humoriste sur le plateau de Hors-Série. L’occasion aussi pour lui de revenir pêle-mêle sur l’interdiction du spectacle de Dieudonné, l’abstention, la corrida ou encore sur le renouveau des formes de luttes.

L'occasion de revoir l'intégralité de l'émission : "Guillaume Meurice, l'arme du rire"

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16h25 suivi

Tarnac : qualification "terrorisme" écartée (Cour de cassation)

Par
la rédaction le 11/01/2017

Julien Coupat ne sera pas jugé pour "terrorisme". Mardi 10 janvier, la Cour de cassation a estimé que les sabotages de lignes de chemin de fer, en 2008, dont sont accusés les membres du groupe dit "de Tarnac", parmi lesquels le chef présumé Coupat, ne relèvent pas du terrorisme.

Lemonde tarnac cassation

La décision de la Cour de cassation marque un revers pour le parquet de Paris : à l'été 2015, les juges d'instruction en charge de l'affaire avaient décidé d'écarter la qualification de terrorisme et de renvoyer en correctionnelle la "bande de Tarnac" pour "association de malfaiteurs". Le parquet avait alors fait appel, mais en juin dernier, la Cour d'appel de Paris avait confirmé la décision des juges d'instruction, comme @si le racontait, obligeant le parquet à se pourvoir en cassation. Et c'est la Cour de cassation vient donc d'écarter définitivement toute dimension terroriste à l'affaire.

Pour justifier la qualification de "terrorisme" de l'affaire, le parquet de Paris avait établi un lien entre le sabotage et un ouvrage paru en 2007, L'insurrection qui vient. Ce court livre, rédigé par le Comité invisible, et dont Coupat est accusé d'être l'auteur, est considéré par le parquet comme un ouvrage incitant à un passage à l'acte violent. Des journalistes avaient à l'époque notamment repéré cette phrase dans l'ouvrage : "Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd'hui de reconquérir et réinventer les moyens d'interrompre ses réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique?". Par sa décision la Cour de cassation réfute donc tout lien entre le sabotage et l'ouvrage.

Ce revers pour le parquet est le dernier acte en date dans huit années d'une affaire fleuve marquée par les emballements de la justice... mais aussi des médias, entre témoignages douteux, propos déformés, et titres discutés. En novembre 2008, Libération titrait ainsi une Une "l'ultragauche déraille", une manchette à l'époque très critiquée. Les premiers suspects venaient alors d'être interpellés par la police. Le directeur de Libération Laurent Joffrin était également venu s'expliquer face à Judith Bernard sur le plateau d'@si au sujet de la double page accompagnant la Une. Une double page intitulée "Raid à grande vitesse contre les pirates du rail", et qui comportait un édito affirmant, en référence au sabotage : "Il n'y a pas d'attentat propre". Un "attentat" qui, selon la Cour de cassation, n'en est donc pas un.

Libé Tarnac

Une de Libération, 12 novembre 2008

La décision de la Cour de cassation n'annule toutefois pas la procédure judiciaire : deux des huit accusés, parmi lesquels Coupat, seront jugés en correctionnelle pour "association de malfaiteurs" et "dégradations en réunion". Les autres prévenus sont renvoyés en correctionnelle pour "refus de se soumettre à des prélèvements biologiques" et "recel de faux documents administratifs".

Pour revoir l'émission avec Laurent Joffrin, c'est ici: "Les journaux n'ont pas la science infuse dès le premier jour!"

Pour lire l'analyse de Judith Bernard sur "la double page TGV de Libé", c'est ici.

L'occasion également de relire notre enquête: "Pourquoi le parquet considère Coupat comme un terroriste".

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17h33 lu

"Propos haineux" : un groupe de médias belge ferme les commentaires

Par
la rédaction le 10/01/2017

C’est sa "bonne résolution" pour 2017. Ce mardi 10 janvier le groupe de médias belge Roularta annonce qu’il ferme les commentaires sur ses sites de presse. "Nous estimons que le caractère trop souvent virulent et irrespectueux des échanges y rend impossible tout dialogue constructif", explique Vincent Genot, rédacteur en chef adjoint de l'hebdo LeVif.be, vaisseau amiral du groupe Roularta.

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Dans un édito paru sur le site de l’hebdo belge, Genot explique : "Notre mission n'est pas de modérer les rancoeurs du monde, elle est d'informer". Selon lui, "à l'heure où les fausses informations, relayées par les réseaux sociaux, ont pris le pas sur les véritables informations, il est urgent pour la presse de revenir à ces fondamentaux : informer en évitant de surfer sur la vague du buzz et de l'audience."

"Les propos constructifs sont noyés"

Dans cet édito, LeVif.be rappelle qu’il y a trois ans, déjà confronté aux flots de commentaires haineux et racistes, le groupe Roularta avait décidé d’interdire la publication de commentaires anonymes. "Nous pensions avoir trouvé une parade à la haine qui envahit trop souvent ces lieux d'échanges." Raté : c’était sans compter sur la recrudescence de commentaires envoyés sous pseudonyme, depuis de faux profils, raconte LeVif.be. Genot déplore l'"effet boule de neige nauséabond" initié par des "extrémistes des forums". Il explique : "les propos modérés et constructifs sont noyés dans un flot de paroles péremptoires desquelles toute recherche de dialogue est absente."

Résultat ? "Une petite portion de la population donne à penser que ses valeurs sont représentatives de l'opinion publique, accentuant, par-là, le risque de décomplexer certains discours radicaux." Fini donc la publication de commentaires, annonce le groupe Roularta qui possède aussi le site de presse Knack.be et les magazines Trends et Sport/Foot Magazine. Le groupe assure que les internautes pourront tout de même continuer à interagir avec la rédaction (et les autres lecteurs) par le biais de la rubrique "opinion", ou par mail.

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12h29 vu

"Pulsions répressives" de Mediapart (Lagasnerie / CliqueTV)

Par
la rédaction le 10/01/2017

Interrogé par Mouloud Achour dans Le Gros Journal, diffusé sur Canal+, le sociologue Geoffroy de Lagasnerie, invité sur le plateau d'@si en janvier 2016, a critiqué les "pulsions répressives" de Mediapart et critiqué l'irresponsabilité de Ruquier, complice selon lui d'avoir rendu Zemmour "acceptable".

Sur le plateau du Gros Journal, installé près du mur de la Prison de la Santé à Paris, il a été question de justice sociale, de l'affaire Adama Traoré, de la politique contre le terrorisme de Manuel Valls, mais aussi des médias. Durant les 36 minutes d'interview (la version longue est disponible sur le site de Clique TV), le sociologue, auteur de Penser dans un monde mauvais, aux éditions PUF, a critiqué les "pulsions répressives" d'une partie de la gauche, en prenant pour exemple le site Mediapart : "Je suis abonné, je le lis, je pense que c'est un journal très important, mais en même temps tu vois chez eux une forme de jubilation quand ils ont mis quelqu'un en prison, quand quelqu'un a dû démissionner, quand quelqu'un est condamné, quand quelqu'un est arrêté. C'est comme si c'était la réussite de leur enquête. Et moi, je ne crois pas qu'on fasse vivre une gauche libertaire, émancipatrice aujourd'hui, si jamais on pense que la solution au problème c'est plus de répression, plus d'Etat pénal et plus de gens en prison".

Interrogé aussi sur la présence de nombreux intellectuels ou idéologues de droite sur les plateaux télé, Lagasnerie en est persuadé : "Il n'y a pas de débat possible avec les intellectuels et les idéologues de droite (...) Nous sommes en désaccord radical, nous ne parlons pas le même langage (...) Par conséquent, si nous allons dans ces émissions, nous ratifions leur présence comme des gens acceptables" (sic). Selon le sociologue qui prend l'exemple de Zemmour, certaines opinions seraient, de fait, "inacceptables". "Le fait que Ruquier ait invité Zemmour comme chroniqueur est une honte. Moi, ça me ferait presque pleurer de penser qu'un gay comme lui ait pu supporter de passer ces opinions-là comme étant des opinions débattables, acceptables, dont on rigole etc. Je pense que c'est une responsabilité majeure qu'il a eue, dans ce pays, et que tout intellectuel qui est allé chez Ruquier est complice de cette opération de transformation de Zemmour comme une personne qui dit des choses acceptables".

Comment dès lors désigner l'inacceptable dans les médias ? "Ce qu'il faut, c'est casser les systèmes. Il ne faut pas dire des choses, même radicales, dans des dispositions instituées. Il faut casser les dispositifs, si on veut faire un petit peu la révolution". En commençant par Canal + ?

L'occasion de revoir notre émission avec Geoffroy de Lagasnerie : "Les terroristes se retrouveraient totalement dans le discours de Valls"

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19h57 lu

Toyota, la Chine, la chanteuse, et les tweets de Trump (Washington Post)

Par
Juliette Gramaglia le 08/01/2017

Quelle influence a véritablement le compte Twitter de Trump ? Le Washington Post, opposant au candidat républicain pendant la campagne, a analysé l'impact de certains des tweets du président élu au cours de la première semaine 2017. Conclusion : avec son compte, auquel sont abonnés plus de 19 millions de personnes, Trump fait couler le cours des actions des entreprises qu'il attaque - et tente de créer de nouvelles tendances dans la musique.

Une semaine avec le compte Twitter de Donald Trump. Après avoir lancé une application qui fact-checke Trump sur le compte Twitter de ce dernier, le Washington Post a étudié les répercussions des tweets du président élu, à quelques jours de son investiture. Conclusion du quotidien, qui s'est toujours fortement opposé au Républicain : en une semaine, Trump, qui se décrit comme le "Hemingway de Twitter", a "attisé les angoisses, bougé les marchés et modifié des plans".

WP Twitter Trump

"Comment un semaine de tweets de Trump a attisé l'angoisse, bougé les marché et modifié des plans",
Washington Post, 7 janvier 2017

A quoi ressemble cet emballement autour des déclarations de Trump, dont la portée dépasse largement les réseaux sociaux ? Le Post a relevé plusieurs exemples marquants. Sur le thème des délocalisations, d'abord, pratique à laquelle Trump s'oppose officiellement (même si les marques qui portent son nom la pratiquent). Le 5 janvier, Trump a affirmé dans un tweet repris plus de 32 000 fois : "Toyota Motor a déclaré qu'il allait construire un nouveau site à Baja, au Mexique, pour construire des voitures Corolla pour les Etats-Unis. Hors de question ! Construisez des sites aux États-Unis ou payez des taxes élevées aux frontières". Une déclaration qui a obligé Toyota à publier, deux heures à peine plus tard, un communiqué affirmant que le site de Baja était là en appui de celui de San Antonio (Texas) et que les emplois aux États-Unis ne décroitraient pas. Las. "Ce n'était pas assez pour effacer les dégâts causés par le message de Trump", déplore le Post. Car même après qu'un haut responsable japonais a affirmé que les États-Unis étaient un partenaire important pour Toyota, le cours des actions de l'entreprise n'a cessé de chuter.

Trump Toyota

Tweet de Trump, 5 janvier
Retweeté 32 340 fois, plus de 20 000 réponses

Toyota n'était pas la première entreprise victime cette semaine des attaques de Trump : lundi 2 janvier, General Motors avait été accusée de construire ses Chevy Cruze au Mexique, ce qu'elle avait dû démentir dans un communiqué - après que, là aussi, le cours de ses actions ait chuté.

De la promo pour la chanteuse invitée à son investiture

Quand Trump n'est pas occupé à s'en prendre à des compagnies, il fait aussi de la promotion. Pour Jackie Evancho, par exemple. Cette dernière est "une chanteuse à peine connue de 16 ans dont le plus grand exploit pour le moment est d'avoir été une participante à l'émission de téléréalité «America's Got Talent»", la décrit le Washington Post. Et surtout, elle a été choisie par Trump pour chanter l'hymne national pendant la cérémonie d'investiture, le 20 janvier prochain. Mercredi 4 janvier, ce dernier à tweeté : "Les ventes de l'album ont explosé après qu'elle ait annoncé sa performance à l'investiture. Certaines personnes ne comprennent juste pas le «mouvement»".

Trump chanteuse

Effet immédiat : en quelques heures, les recherches à propos d'Evancho ont quadruplé sur Google, raconte le Post. Quant aux journalistes, ils se sont empressés d'essayer de vérifier l'affirmation de Trump en appelant l'agente de la chanteuse. Trump disait-il vrai ? Le Washington Post l'admet de son côté, "les ventes d'Evancho ont augmenté depuis son annonce le 14 décembre qu'elle allait chanter à l'investiture. Mais, continue le quotidien, la raison n'est pas claire. Son dernier album, Someday at Christmas, est un album de fêtes, dont les ventes augmentent toujours en décembre". Peu importe la raison pour laquelle les ventes ont augmenté, conclut le Post, Trump a réussi son coup de communication : "L'agente [de la chanteuse, ndlr] attribue à Trump le mérite d'avoir généré un intérêt grand public pour Evancho". Car, affirme l'agente, toutes les grandes télévisions américaines, ABC, CBS ou Fox News, l'ont appelée pour décrocher une interview avec la chanteuse.

L'agacement à l'étranger

Si Trump est capable de générer énormément d'attention sur un sujet, ses tweets péremptoires, entachés d'inexactitudes, agacent aussi à l'étranger : "En Chine, par exemple, raconte le Post, un média d’État a récemment tancé Trump pour sa «politique Twitter envers l'étranger», qualifiée de«jeu d'enfant». Une attaque qui pourrait bien faire suite à la remarque du Républicain sur la récupération d'un drone américain par la Chine, un acte qualifié de "sans précédent" par ce dernier. Le Post rappelle d'ailleurs avec une certaine délectation que ce tweet, dans sa première version, contenait une grosse faute d'orthographe : "unprecedented" avait été écrit "unpresidented" ("inprésidenté"). Cette première version a ensuite été supprimée, et remplacée par la version bien orthographiée.

L'influence majeure des tweets de Trump est reconnue par sa propre équipe : le futur attaché de presse de la Maison Blanche Sean Spicer a confié au Post qu'il regardait "en premier" le compte de Trump en se levant le matin, "car c'est ce qui va faire les actualités [de la journée, ndlr]". Et ce n'est pas prêt de s'arrêter : après son investiture, le président élu n'a pas l'intention de cesser de communiquer sur son canal favori.

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09h06 lu

Valls / F2 : "Pourquoi j'ai refusé d'être la femme voilée"

Par
la rédaction le 07/01/2017

"Je m'inquiète d'une mode, qui est celle d'un voile revendiqué". Ce jeudi soir, invité de L’Emission politique de France 2, Manuel Valls n'en démord pas. "Il y a aujourd’hui un voile porté comme un étendard politique". Face à lui, sur le plateau: une jeune femme, voile vert posé sur les cheveux, fait de gros yeux. Attika Trabelsi, entrepreneure diplômée de Normal Sup’ et militante associative est présentée comme "musulmane" et "féministe". Confrontée au candidat, elle soupire: "Lorsque j’entends ce genre de discours, je me sens profondément blessée, je me sens humiliée."

Tenir le rôle de "la-femme-voilée" sur un plateau télé ? Très peu pour Karima Mondon. Dans un billet paru sur le site de débat Melting Book, cette professeure de lettres explique pourquoi elle a refusé, pour sa part, de participer à L’Emission politique avec Valls. "Courant décembre, je suis contactée par une journaliste de l’émission politique pour précisément «débattre» avec M Valls. La journaliste m’explique le format et le concept de l’émission car je n’ai pas la télé et je ne l’ai donc jamais vue cette fameuse émission.Nous échangeons par téléphone, puis par courriel", explique-t-elle dans son billet.

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Approchée par France 2, Mondon raconte: "Eh oui, l’équipe de l’émission politique ne m’a pas contactée pour donner la parole à une citoyenne, une militante associative, une parente, une éducatrice, non, non je suis la femme voilée". Et d'ajouter : "Je refuse cette assignation à n’être que la femme voilée, le jeune, le chômeur, le gréviste…. " Le problème selon elle réside notamment dans le format de l'émission "qui donne la part belle aux politiques et réduit les citoyens à des archétypes. Ces formats qui stérilisent la pensée et empêchent tout débat." Pour elle, pas de doute : "Ce ne sont pas les journalistes qui devraient nous «offrir» cinq minutes de paroles pour servir de faire valoir aux hommes politiques. C’est nous qui devrions convoquer les hommes politiques pour leur demander des comptes sur leur gestion des affaires, leurs actions…" En septembre dernier, Mondon avait interpellé Valls dans Libé : "Monsieur le Premier ministre, laissez-moi vous dire que je refuse que vous utilisiez le tissu couvrant nos cheveux pour essuyer les plâtres de votre politique délétère. Ma France est plurielle, c’est ce qui fait sa force", écrivait-elle.

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20h57 lu

Allemagne / Mein Kampf : succès inattendu en librairie

Par
Juliette Gramaglia le 04/01/2017

Le best-seller que l'on n'attendait pas. Paru en janvier 2016 avec un tirage de 4 000 exemplaires, l'édition critique commentée de Mein Kampf, l'ouvrage tristement célèbre d'Adolf Hitler, s'est déjà vendue à 85 000 exemplaires en Allemagne. Il s'est même maintenu plusieurs semaines sur l'une des listes les plus connues de best-sellers outre-Rhin : celle du magazine Der Spiegel.

Mein Kampf, le "best-seller contre son gré". Un an après la parution d'une édition commentée critique du brûlot d'Adolf Hitler, qui avait basculé dans le domaine public au 1er janvier 2016, les chiffres de vente de l'ouvrage ont explosé : alors que le premier tirage s'élevait à 4 000 exemplaires, l'édition critique de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich (IfZ) s'est vendu à 85 000 exemplaires, et en est à son sixième tirage. L'ouvrage a même atteint en Allemagne la première place de la liste des best-sellers du Spiegel en avril dernier. Et s'est maintenu dans la liste pendant de nombreuses semaines.

Mein Kampf Bestseller

"Mein Kampf est un best-seller sans le vouloir",
Die Welt, 3 janvier 2017

Un succès auquel l'Institut ne s'attendait pas, d'autant que la parution du livre, affirme l'IfZ, n'a pas souffert d'une campagne de dénigrement qui aurait pu contribuer à médiatiser l'ouvrage : "Il n'y a pas eu de plainte déposée contre l'édition de l'IfZ, pas d'actions de propagande de la part de l'extrême-droite et pas non plus de campagnes éclatantes de maisons d'éditions sympathisantes de l'extrême-droite pour publier Mein Kampf juste après la fin des droits d'auteur du livre". A noter tout de même que la maison d'édition d'extrême-droite "Der Schelm" a annoncé son intention de republier le texte originel d'Hitler sans commentaire. Mein Kampf est par ailleurs listé comme une "source scientifique" sur leur site internet.

2016, "l'année Hitler"

Au-delà du succès inattendu de l'ouvrage critique de l'IfZ, 2016 aura été "l'année Hitler pour les historiens", notait le quotidien Die Welt le 30 décembre dernier. Cela va du livre "Adolf Hitler. Das Itinerar" (l'itinéraire), paru au printemps et qui retraçait avec précision les déplacements du Führer, jour par jour, (pour 500 euros l'ouvrage) à "Qui était Hitler" du journaliste Hermann Pölking, qui dressait le portrait du dictateur à l'aide de citations de ses contemporains. Sans oublier la découverte d'un historien allemand, Thomas Weber, qui affirme que la première biographie parue de Hitler en 1923 avait été écrite par Hitler lui-même, et non par le baron Adolf Victor von Koerber, qui signait l'ouvrage.

A l'image des débats qui avaient agité l'Allemagne en 2015, en France, le basculement de de Mein Kampf dans le domaine public avait lancé une polémique sur la nécessité de publier ou non une édition commentée de l'ouvrage. En cause : une édition critique commentée en cours de préparation, et qui devrait être publiée par les éditions Fayard. Jean-Luc Mélenchon avait publiquement pris position contre l'initiative. L'historien Christian Ingrao, membre du groupe de travail sur cette édition, défendait à l'époque sur le plateau d'@si le droit de "démythifier" l'ouvrage de Hitler, malgré les réticences de Mélenchon : "Il faut combattre [la sacralisation de Mein Kampf, ndlr] à coup de notes de bas de pages, en faisant une édition qui, pas à pas, donnera les références, ré-historicisera les choses et montrera cet ouvrage pour ce qu'il est, c'est-à-dire un brûlot de 1924".

L'occasion de revoir notre émission : "On va refroidir Mein Kampf"

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19h04 vu

Départ présentatrice météo TF1 : 11 minutes chez Quotidien (groupe TF1)

Par
la rédaction le 03/01/2017

Loin déjà semble le temps où Barthès narguait Bolloré sur Canal+. L'animateur de Quotidien a consacré sur TMC (propriété du groupe TF1) 11 minutes d'antenne au départ de Catherine Laborde, qui avait annoncé la veille qu'elle ne présenterait plus la météo sur TF1.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

11 minutes et 23 secondes. C'est le temps consacré hier, dans Quotidien, à l'annonce du départ de Catherine Laborde. La veille, en clôture de son bulletin, l'animatrice avait annoncé son départ : "Il y a aussi le temps qui passe et ce temps-là, c’est le temps ou je vais vous quitter. Après vingt-huit ans de bons et loyaux services, je m’en vais, je pars avec le froid, avec le temps mais aussi avec ces souvenirs que vous m’avez donnés au fil des années (...) Vous m'oublierez, moi non. Je vous aime".

Le lendemain, Laborde était donc sur le plateau de Quotidien, diffusé sur TMC, (groupe TF1), pour revenir sur les coulisses de ce départ. Raconter notamment, qu'elle avait fait ses adieux sans prompteur.

"Vous êtes douce dans un monde de brutes"

Barthès, qui avait reçu quelques minutes plus tôt Benoît Hamon, candidat à la primaire de gauche, pour lui demander notamment s'il était capable de "tuer" (en référence aux confessions de Hollande qui avait révélé avoir ordonné au moins quatre éxécutions ciblées), s'est montré nettement moins offensif avec l'ex-présentatrice de TF1. "C'est quoi le style Laborde ?", lui a-t-il par exemple demandé. "Au début, je ne mettais que des trucs Agnès B.", répond Laborde, persuadée que l'animateur voulait parler de son style vestimentaire. Raté. "Moi, j'ai une théorie", enchaîne Barthès : "Vous êtes douce dans un monde de brutes. Vous ne parlez pas fort, même vos gestes sont délicats. On a l'impression que vous ne vous adressez qu'à vous". Corporatiste, Yann Barthès ? Quelques minutes plus tôt, à la question : "Comment expliquez-vous l'émotion que cela a suscité ?". Laborde répondait : "Je crois que c'est une histoire familiale, intime. Voilà, on est ensemble. Moi, je le savais. Mais je ne pensais pas que tout le monde le savait en même temps que moi". Elle ne croyait pas si bien dire. Et si Barthès, accusé il y a quelques semaines d'avoir passé sous silence une transition douteuse de Jean-Pierre Pernaut sur les migrants, avait en fait hier soir été adoubé par la grande famille TF1 ?

L'occasion de relire notre article : "Bisbilles Hanouna-Barthès sur fond de censure"

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18h47 suivi

Procès Obiang : La "Françafrique", aussi en dessins

Par
la rédaction le 03/01/2017

L'affaire dite des "biens mal acquis" fait la Une. A l'heure où le procès mettant en cause le fils du président (et vice-président) de la Guinée équatoriale Teodorin Obiang pour détournement de fonds publics et corruption pourrait être reporté, La Revue Dessinée a mis en libre accès une enquête dessinée du printemps 2015 menée par Xavier Harel et Julien Solé, intitulée Françafrique, le grain de sable. Une enquête qui explique, en dessins, le système "Françafrique" et fait le récit de la genèse de cette affaire dite des "biens mal acquis".

Comment dessiner le système de la "Françafrique" ? Alors que le tribunal correctionnel de Paris doit se décider mercredi 4 janvier sur le report ou non du procès dit des "biens mal acquis", La Revue Dessinée a mis en lecture libre l'enquête de Xavier Harel et Julien Solé, Françafrique, le grain de sable.

Cette enquête, publiée dans le numéro du printemps 2015, revenait sur les origines du procès qui voit comparaître le fils du président et vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang, accusé notamment de détournement de fonds publics et corruption. Après un rapport de l'organisation CCFD-Terre Solidaire en 2007, deux associations, Transparency International et Sherpa, entre autres, s'étaient constituées parties civiles contre Obiang en 2008.

A partir de cette affaire judiciaire des "biens mal acquis",qu'ils dénoncent comme un "secret de polichinelle", Harel et Solé racontent en dessin les mécanismes de la "Françafrique". Sur 54 planches, les auteurs rappellent par exemple que la "Françafrique" est composée de trois entités inter-dépendantes, toutes liées par des intérêts financiers et politiques : les chefs d’État des anciennes colonies françaises, la classe politique française et le groupe pétrolier Elf, depuis racheté par Total. Mais Harel et Solé montrent également la difficulté rencontrée par ceux qui veulent combattre ce système, à l'exemple de Benjamin Toungamani ou encore Bruno Ossebi, qui dénonçaient tous deux la corruption de certains dirigeants africains, et dont les domiciles ont été incendiés.

franceafrique revue dessinée

revue dessinée opposants

Extraits de "Françafrique, le grain de sable", de Xavier Harel et Julien Solé,
La Revue Dessinée N°7, printemps 2015

Cette enquête dessinée n'est pas le seule du genre. C'est dans le même numéro du printemps dernier de La Revue Dessinée que paraissait sous le titre Les Barbouzes de la République la deuxième partie de l'enquête sur le Service d'Action Civique (SAC), service d'ordre du mouvement gaulliste. Cette grande fresque, rassemblée depuis dans l'album Cher pays de mon enfance, a été menée par le dessinateur Etienne Davodeau et le journaliste Benoît Collombat, tous deux invités sur le plateau d'@si le mois dernier. Le journaliste revenait alors sur la difficulté de mettre en images la "violence politique" dans laquelle baigne l'histoire du SAC : "Comment ça se dessine, l'impunité ? Ça peut se montrer, se faire sentir par des silences, des attitudes", expliquait-il sur notre plateau.

L'occasion de revoir cette émission : "Enquêtes dessinées : comment ça se dessine, l'impunité ?"

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12h55 suivi

Sondages : "pause" très partielle au Parisien

Par
Anne-Sophie Jacques le 03/01/2017

La fin des sondages politiques dans les quotidiens Le Parisien et Aujourd'hui en France ? C’est la décision "forte" et "détonante", "une décision radicale et inédite dans la presse quotidienne" vendue ce matin par la présentatrice de L’Instant M, Sonia Devillers sur France Inter. A son micro : Stéphane Albouy, directeur des deux rédactions détenues par le groupe de Bernard Arnault LVMH.

France Inter Le Parisien Sondages

Finis les sondages après le fiasco des dernières primaires de la droite comme nous le racontions ici ? Dès les premières minutes de son interview, Albouy douche l’enthousiasme de la présentatrice en précisant vouloir "dissiper un éventuel malentendu" : il n’a rien contre les sondages qui "font bien leur travail" mais condamne l’utilisation que les médias en font. Pourtant, rappelle Devillers, Le Parisien et Aujourd’hui en France ont été très friands de sondages par le passé. Une façon de faire un "mea culpa" demande-t-elle ? Pas du tout se défend le directeur des rédactions qui précise vouloir se recentrer "sur le terrain", "humer l’air du temps" en interrogeant davantage les citoyens.

En revanche, Albouy ne s’interdira pas de commenter les sondages des autres. La preuve dès aujourd'hui avec cet article du Parisien sur les sondages commandés par les candidats Les Républicains à la candidature des prochaines législatives de Neuilly-sur-Seine (92). Autre bémol : ce choix est une simple "pause" et ne concerne que les sondages politiques. On pourra ainsi toujours compter sur le quotidien pour savoir ce que pensent les Français de la circulation alternée ou découvrir que trois Français sur quatre aiment beaucoup Noël.

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18h10 lu

Voitures brûlées : manips de chiffres ? (Le Monde)

Par
Matthieu Beigbeder le 02/01/2017

Le Monde conteste la comptabilisation par le ministère de l’Intérieur du bilan des voitures brûlées lors de la nuit du Nouvel An.

Chaque année, le ministère de l’Intérieur publie le "bilan des voitures brûlées" de la nuit de la Saint-Sylvestre. Et à en croire la Place Beauvau, les chiffres du millésime 2016/2017 sont plutôt bons : 650 "mises à feu directes", contre 602 l’an passé. Un phénomène "contenu" par rapport au réveillon 2015/2016, estime le ministère.

communiqué intérieur VB

Le communiqué du ministère de l'Intérieur

Un petit jeu de tromperie statistique du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux que Les Décodeurs du Monde se sont amusés à démonter ce lundi 2 janvier. Le quotidien explique que Le Roux a "brusquement changé de thermomètre" par rapport à ses prédécesseurs en évoquant, non pas le nombre total de véhicules brûlés, mais les "mises à feu directes". Le Roux a donc omis les véhicules enflammés par propagation, c'est-à-dire ceux situés à côtés des voitures incendiées directement.

Pour retrouver le nombre total de véhicules brûlés, Le Roux ayant évoqué "une baisse de 20% sur les cinq dernières années", Le Monde a sorti sa règle à calcul, en se fondant sur les chiffres communiqués les quatre années précédentes. Résultat : 945 voitures brûlées, au total, le soir du réveillon cette année...

Pourquoi l'Intérieur a-t-il oublié ce chiffre dans son communiqué ? Question de pourcentages : selon les chiffres donnés par le ministre - ceux des "mises à feu directes" -, le phénomène n'est en augmentation "que" de 8% par rapport à l'an dernier. Si l'on prend le nombre total de véhicules brûlés, on obtient une hausse de 17,5% par rapport au réveillon passé !

Pour le porte-parole de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, "il n’y a pas de volonté de dissimuler", a-t-il assuré au Monde. Le chiffre des mises à feu directes est l’indicateur le plus pertinent, car il correspond au fait délictuel. Les autres véhicules ne sont pas tous détruits, certains ne sont atteints que légèrement."

Impossible de dénombrer le nombre d'incendies volontaires

Ce n’est pas la première fois que le bilan des voitures brûlées est contesté. Au réveillon 2008, Europe 1 révélait que les chiffres officiels avaient été largement sous-estimés (372 contre 1 147 en réalité), obligeant la Place Beauvau à corriger le tir.

Si ces chiffres cristallisent tant de polémiques, c'est qu'il est impossible "de dénombrer avec exactitude le nombre d’incendies volontaires de véhicules", rappelait en 2013 l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). L'Observatoire dispose en effet de quatre sources différentes (la police, la Police-secours, les sapeurs-pompiers et les chiffres des assurances), qui ne permettent pas d'obtenir "un ordre de grandeur précis" du nombre de véhicules brûlés chaque année.

Enfin, un article de Rue89 datant de 2012 rappelle que la traditionnelle annonce des chiffres des voitures brûlées du Nouvel An s'était brutalemment arrêtée en 2010, sous Brice Hortefeux et Claude Guéant, qui invoquaient, à l'époque, le risque de "surenchère" et de "compétition entre villes". Une initiative qui n'a pas duré : l'annonce de ces chiffres a repris en 2012, sous l'impulsion de l'ex-futur-candidat-Premier-ministre, ministre de l'Intérieur à l'époque, Manuel Valls, afin de ne "pas banaliser des actes qui sont une forme de violence insupportable contre les biens".

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17h45 lu

Syrie : Mediapart dépublie puis republie un post de blog critique

Par
la rédaction le 31/12/2016

Mediapart a dépublié, puis republié, le post de blog d'un de ses abonnés, qui critiquait "un traitement à sens unique de la crise syrienne" et accusait le site d'information de "verser dans la propagande de guerre la plus grossière".


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"Lettre ouverte aux journalistes de Mediapart (et à quelques autres)". Le 19 décembre, Swank, abonné à Mediapart, publie un billet de blog dans "L'espace Club" du site. "Une lettre énervée d'un abonné dégoûté", précise-t-il dès introduction de son billet, son dixième sur le site. Avant d'expliquer la raison de sa colère : "Ce à quoi nous assistons depuis quelques jours, c'est une atlantisation du débat public à marche forcée (...) Mediapart, journal indépendant qui n'a même pas l'excuse d'être détenu par Patrick Drahi, verse tristement dans le même matraquage éditorial". Selon le blogueur, qui ne donne aucun exemple pour justifier ses propos,"depuis la reprise d’Alep par les forces armées syriennes, les articles du site nous imposent le récit manichéen conforme à la ligne politique de Washington et du Quai d’Orsay".Dans un article publié le 14 décembre 2016, Mediapart, sous la plume de son journaliste René Backmann, critiquait pourtant "la passivité de Barack Obama et des diplomaties occidentales" depuis le début du conflit en Syrie.

Egalement dans le viseur du blogueur : le débat vidéo organisé par Mediapart le 14 décembre, intitulé "Le martyre du peuple syrien". "Pendant plus d’une heure donc, nos invités – dont certains n’avaient plus mis les pieds en Syrie depuis des décennies - déroulèrent en toute tranquillité et sans qu’aucune contradiction ne leur soit opposée, le récit romantique de la révolution syrienne de 2011", critique Swank, pour qui "s’allier avec des groupes terroristes – au premier rang duquel Al-Qaïda - pour renverser le régime, fut un jeu dangereux et inconscient auquel Poutine a définitivement mis fin il y a quelques jours".

"Atlantiste", Mediapart ? Le 21 décembre, sur le plateau de Mediapart Live, le directeur éditorial du site, François Bonnet, répondait aux critiques, en égrenant la liste de tous les articles anti-Otan que le site avait publié depuis sa création.

Un post supprimé puis republié

Le débat aurait pu s'arrêter là. Mais le post du blogueur a ensuite été supprimé par les équipes de Mediapart, le week-end du 23-24 décembre. Une censure dénoncée par Swank dans un nouveau post le 25 décembre, intitulé "Juste une mise au point". Dans celui-ci, il s’interroge : "Quelques heures avant d’être effacé, mon article était relayé sur la page Facebook de Jean-Luc Mélenchon. Faut-il y voir un rapport de cause à effet? Je l’ignore". "J’avais encore une croyance naïve dans la possibilité d’une presse libre, indépendante, critique, ouverte au dialogue et au débat. Cette illusion a disparu", ajoute-t-il, avant d’annoncer sa volonté de se désabonner de Mediapart. "Je ne peux décemment pas continuer à payer l’abonnement d’un organe de presse qui censure mes billets de blog".

Ultime coup de théâtre : le 26 décembre, le billet est remis en ligne. Dans les commentaires de la mise au point de Swank, Edwy Plenel, président du site, explique : "Nous avons republié votre «lettre énervée d’un abonné dégouté». Elle avait été dépubliée par l’équipe restreinte chargée de la permanence du week-end qui a parfois bien le droit d’être à son tour «énervée et dégoutée»". Pour le fondateur de Mediapart, ce billet est un "pur délire", "sans aucune source, ni preuve". "Diaboliser ainsi ceux avec qui on est en désaccord, ce n’est pas débattre ni argumenter (…) C’est surtout verser dans une vision complotiste du monde, propre aux idéologies les plus régressives et les plus obscures", ajoute le journaliste.

Pourquoi, dès lors, l’avoir republié ? Plenel s’appuie sur la déclaration des droits de l’homme, dans laquelle il est question de la liberté comme "pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui". "Cette dépublication éphémère de votre billet est un rappel à ce principe de base d’une discussion argumentée et raisonnée, dans le respect de toutes celles et de tous ceux qui en sont témoins", estime-t-il. 

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