Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

12h09 suivi

Médine : "appel à la haine" (Erner/France Culture)

Par
la rédaction le 05/02/2016

Médine, rappeur "diablotin" ? Ce matin, sur France Culture, alors qu'il recevait le président de L'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco (avec qui le rappeur a signé une tribune, après les attentats du 13 novembre), Guillaume Erner a diffusé un extrait d'une chanson du rappeur, "Don't Laïk". Et estimé que Médine appelait, avec ses textes, "à la haine".

Infréquentable, le rappeur Médine, reçu le 22 janvier sur notre plateau pour discuter du sens du mot "laïcité" ? C'est l'avis de l'animateur de radio Guillaume Erner, qui recevait ce matin Jean-Louis Bianco dans la matinale de France Culture. "On vous a reproché d'avoir signé une tribune dont le texte était considéré comme très consensuel, mais qui a été signée par un certain nombre de personnes dont la présence peut être considérée comme embarassante, dont le rappeur Médine. On écoute un extrait d'une chanson du rappeur Medine". Et l'animateur de lancer un (très court) extrait du morceau "Don't Laïk", diffusé en intégralité sur le plateau d'@si fin janvier :

A-t-on le droit, quand on est président de l'Observatoire de la laïcité, de signer un texte avec un rappeur qui chante "Crucifions les laïcs comme à Golgotha" ? Non pour Erner, même s'il dit dit comprendre que "pour battre le diable [le terrorisme], il faut parfois s'allier avec des diablotins !". "Ce qu'il dit là ne me plaît pas, me choque, mais quel est l'intérêt ?", répond Bianco. "L'intérêt c'est d'avoir une tribune où des tas de gens (...) disent « On condamne absolument le terrorisme »". Avant d'ajouter, pour revenir sur la chanson de Médine : "Vous savez, Charlie Hebdo dit bien pire". "Je ne pense pas que ce soit la même chose. Charlie", réplique Erner. "Il y a un contrat de lecture ente les lecteurs et le journal. C'est un journal satirique. Ce que dit Médine dans cette chanson est en quelque sorte un appel à la haine."

Interrogé sur notre plateau sur les critiques de l'essayiste Alain Finkielkraut, qui comme Erner s'en était pris au texte du rappeur, Médine estimait que ses propos révélaient une méconnaissance profonde du monde du rap et de ses codes : "Il s’est arrêté à ce que je représente, plus qu’à ce que j’ai à dire en réalité".

Pour voir (ou revoir) notre émission avec Médine : "Oui, je suis un coktail de Tariq Ramadan, Brassens et Plenel"

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11h18 suivi

Ukraine : 18 journalistes "choqués" par le documentaire de Canal+

Par
la rédaction le 05/02/2016

Décidément, le documentaire de Paul Moreira, Ukraine, les masques de la révolution, ne fait pas l'unanimité. Deux jours après sa diffusion (et une première critique venue du Monde), dix-huit journalistes signent une lettre ouverte adressée au réalisateur, publiée sur le site de l'Obs. Ils lui reprochent "une série d’erreurs factuelles, des informations non recoupées, mais aussi des raccourcis et des manipulations de montage."

 


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L'Obs, le 3 février 2016

 

Les critiques se multiplient contre le documentaire de Canal+ consacré à l'Ukraine. Le 3 février, l'Obs a publié une lettre ouverte signée par dix-huit journalistes (parmi lesquels Marc Crépin de Radio France, Sébastien Gobert de Libération, Olivier Tallès de La Croix ou encore Laurent Geslin de RFI) et adressée à Paul Moreira, à la suite de la diffusion de son film Ukraine, les masques de la révolution, le 1er février sur Canal+."Nous sommes des reporters travaillant régulièrement en Ukraine, précisent les co-signataires en ouverture de leur tribune. Certains sont correspondants permanents à Kiev et dans la région, d’autres sont des envoyés spéciaux très réguliers. Par écrit, radio, télévision et photo, nous avons tous couvert sur le terrain la révolution de Maïdan, l’annexion de la Crimée et la guerre du Donbass". Et les dix-huit journalistes de se déclarer "choqués" par le reportage de Moreira, "non pas par la thèse défendue par le film" (le renforcement de l'extrême-droite en Ukraine depuis la guerre), mais par "l’absence de mise en perspective d’une question complexe", et par une certaine confusion "entretenue par une série d’erreurs factuelles, des informations non recoupées, mais aussi des raccourcis et des manipulations de montage."

Trois critiques principales : manichéisme, surévaluation, et, à l'inverse, minoration de certains événements. On reproche d'abord au documentariste sa vision binaire de l'annexion de la Crimée, mais aussi de la question linguistique en Ukraine. Ainsi, l'opposition établie par Moreira entre ukrainophones et russophones n'aurait pas de sens dans un pays où "l’identité ne se définit certainement pas selon le seul facteur ethno-linguistique". Le journaliste de "Premières Lignes" aurait ensuite surestimé l'impact des formations d'extrême-droite en faisant d'elles "le vecteur principal de la révolution ukrainienne." Enfin, le documentaire minorerait l'importance de la guerre du Donbass ainsi que les actions engagées par le gouvernement ukrainien pour désarmer les milices extrêmistes ou les intégrer à l'armée.

Dans son documentaire, Moreira entendait mettre en lumière un élément selon lui peu connu : le poids grandissant des milices nationalistes ukrainiennes (telles que celles de Secteur Droit, d'Azov ou de Svoboda) à la faveur de la révolution ukrainienne de 2014. Un élément que le gouvernement américain notamment aurait tû afin de ne pas compromettre la révolution.


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Comme @si le détaillait ici, le film avait déjà fait l'objet d'une critique sévère d'un journaliste du Monde, Benoît Vitkine, publiée le 31 janvier 2016.


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Viktine formulait, pour sa part, trois reproches principaux au documentaire : le réalisateur aurait surestimé la puissance de feu de ces milices, amalgamé le nationalisme, l'extrême droite et le néonazisme, et enfin négligé l'impact de l'agression russe contre l'Ukraine. Moreira avait répondu aux critiques de Viktine sur le site de "Premières lignes".

(Par Tifaine Cicéron)

L'occasion de relire notre article : "Ukraine : à la recherche des tanks du bataillon Azov"

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21h04 suivi

Antichrist / Lars von Trier : visa d'exploitation retiré

Par
la rédaction le 03/02/2016

Les annulations se suivent et se ressemblent. Après La Vie d'Adèle, la cour administrative d'appel de Paris, saisie par l'association catholique traditionaliste Promouvoir, a annulé le visa d'exploitation du film de Lars Von Trier, Antichrist, avec Charlotte Gainsbourg.


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Nouvelle victoire judiciaire pour l'association catholique Promouvoir. Après Baise-moi, Love, La Vie d'Adèle, la cour administrative d'appel vient de donner une nouvelle fois raison à l'association en retirant le visa d'exploitation du film franco-germano-danois-polonais, Antichrist, sorti en juin 2009. A sa sortie, le film avait déjà fait polémique, en raison de l'extrême violence de certaines scènes où se côtoient sexe et mutilation.

Ce film comporte des scènes qui ont "un degré de représentation de la violence et de la sexualité qui exige, au regard des dispositions réglementaires applicables, une interdiction de ce film à tous les mineurs", indique la cour administrative d'appel de Paris dans sa décision, tout en estimant que la ministre de la Culture avait "commis une erreur d'appréciation en se bornant à interdire sa diffusion aux seuls mineurs de moins de seize ans".

Comme l'expliquait @si en décembre 2015, la ministre valide le plus souvent l'avis de la commission de classification (qui elle-même suit l'avis majoritaire de la sous-commission). Quels sont les critères exacts de ce classement, qui vise à étiqueter un film "tous publics", "moins de 12 ans", "moins de 16 ans", "moins de 18 ans" ou "X" au moment de sa sortie en salles ? Il n'existe pas vraiment de grille d'évaluation précise, ce qui laisse une grande flexibilité à la commission, qui dit faire preuve d'une "vigilance particulière" concernant les scènes violentes ou les scènes sexuelles crues. Cinq ans après la sortie d'Antichrist en salles, la victoire est surtout symbolique. Mais en attendant que la commission réexamine le film de Lars Von Trier, celui-ci ne peut plus être exploité commercialement en VOD, en vidéo ou à la télévision.

Promouvoir ne devrait pas, à priori, s'arrêter en si bon chemin : le film Bang Gang, sorti en salles de 13 janvier, est dans le viseur de l'association catholique, qui lui reproche ses nombreuses scènes de sexe. Selon Le Canard enchaîné, l'association a demandé auprès du tribunal de Paris "un visionnage au CNC préalablement à sa sortie afin de court-circuiter cette commission, qu'elle juge acquise aux pornographes." La requête a été rejetée et le film devrait poursuivre, et terminer tranquillement, sa carrière en salles. Avant de se voir retirer son visa d'exploitation dans cinq ans ?


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L'occasion de relire notre article : "La Vie d'Adèle : visa d'exploitation retiré deux ans après la sortie du film"

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11h47 ego

Finkielkraut : "Contemporain de Schneidermann, c'est pas de bol" (RCJ)

Par
la rédaction le 03/02/2016

"On ne choisit pas ses contemporains ; mais être celui de Daniel Schneidermann, c'est pas de bol." Cette punchline a été lancée le 31 janvier par Alain Finkielkraut, dans l'émission qu’il anime avec Elisabeth Levy sur RJC (Radio de la Communauté Juive). En cause, la chronique matinale de Daniel Schneidermann publiée deux jours plus tôt sur @si (et reprise sur Rue89) et titrée "À coucher dehors".

Une chronique dans laquelle le matinaute commentait le discours de réception de l'essayiste à l’Académie Française. Finkielkraut évoquait "son nom à coucher dehors" : "S’appeler Finkielkraut et être accueilli parmi vous au son du tambour, c’est à n’y pas croire." Une expression étonnante pour Schneidermann (qui notait déjà la propension du philosophe à se considérer comme souffre-douleur, quelques jours plus tôt) : "À coucher dehors : quelle drôle d'expression. Mais non, Finkielkraut -et qu'il soit permis à un codétenteur de nom à coucher dehors de vous le dire- vous n'avez pas, vous n'avez plus un nom à coucher dehors. A quand remonte la dernière fois où un fonctionnaire hostile vous l'a fait épeler ? […] Qui couche dehors aujourd'hui ? Pas vous, ni moi. Ce sont les sans-nom de la jungle de Calais, et tous les petits Aylan des plages de Lesbos."

Une tribune "extrêmement violente" selon Finkielkraut sur RCJ : "Il n’a rien compris. Parce que ça commence par Bztornski, qui n’est pas un nom juif. Schneidermann est un nom harmonieux comme Levinas. Moi mon nom il est à la fois juif et à coucher dehors. Et il n’a pas vu que je m’inscris dans le temps long de l’Académie française. Simplement pour Schneidermann, les Juifs sont définitivement passés dans le camp des nantis, dans le camp des dominants. Et ils deviennent des salauds s’ils refusent de voir la réalité des démunis, des laissés pour compte, des nouveaux Juifs. Et peu importe que certains de ces nouveaux Juifs aient emporté l’antisémitisme dans leur bagage, Schneidermann reste imperturbable." Finkielkraut se dit donc "blessé" par ce texte d’un homme "aveuglé et abêti par la haine".

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17h09 vous n'êtes pas obligés

Humiliation ? Hanouna et Delormeau répondent à France Inter

Par
la rédaction le 02/02/2016

Les nouilles, la polémique, et maintenant la réponse. Après la chronique sur France Inter du journaliste Bruno Donnet s'indignant des mauvais traitements subis par un chroniqueur de l'émission Touche pas à mon poste (TPMP), Cyril Hanouna et sa bande ont réagi. Assurant, après s'être moqués du journaliste, que personne n'était maltraité autour de la table de D8.

"Personne n'ose dire à Cyril Hanouna que ce qu'il fait avec Delormeau est immonde." Lundi 1er février, dans L'instant M, l'émission medias de France Inter, le chroniqueur Bruno Donnet s'était indigné du mauvais traitement réservé à Matthieu Delormeau, chroniqueur de l'émission d'Hanouna, contraint dans l'émission du 25 janvier de glisser dans son slip un bol de nouilles .

Insoutenable cette séquence, vraiment ? Déguisés à l'occasion de la sortie du film Les Tuches 2, les membres de l'équipe de TPMP sont revenus sur la chronique de France Inter, Hanouna, le premier. Après avoir estimé que Donnet, ancien du Grand Journal, chroniqueur aujourd'hui sur France Inter et dans Medias le magazine sur France 5, n'était "nulle part", l'animateur s'est lancé : "Je ne sais pas où vivent ces gens, mais ils n'ont pas compris... en fait je pense qu'il faut qu'ils sortent un peu, qu'ils aillent voir des gens, qu'ils échangent un peu, qu'ils arrêtent de rester entre eux en fait ! Ils ne comprennent pas, les jeunes aujourd'hui ils font que de se charrier, s'amuser, se marrer. C'est ce qu'on fait ici. Vous me vannez à longueur de journées, je vous vanne aussi. Les mecs se prennent la tête pour rien."

Pour Enora Malagré, chroniqueuse régulière de TPMP, l'explication est ailleurs : "A l'époque de Nulle part ailleurs, quand ça fonctionnait, y avait José Garcia qui balançait de la crème fouettée sur Gildas, tout le monde se marrait mais comme à l'époque, comprenez-vous ils avaient la « carte »... La bienséance, la bien-pensance trouvait que c'était formidable. Et là maintenant, nous, on s'en prend plein la gueule."

Et Delormeau, au fait, que pense-t-il de cette chronique ? Cinq minutes après le début de la séquence, Hanouna donne la parole à son chroniqueur. "L'article est surtout humiliant pour moi, parce qu'il laisse entendre que je suis prêt à tout. Or je peux vous le dire, je ne me suis jamais autant amusé que depuis des années maintenant, je reconnais en plus toute la sympathie que ça m'attire dans la rue. Si les gens nous aiment un petit peu, c'est parce qu'ils se rendent compte que les premiers dont on se moque, c'est nous."

"Hey Bruno, je viendrai vous mettre des nouilles dans le slip à France Inter, ça va vous faire du bien", lance Hanouna pour conclure ce surréaliste droit de réponse.

Hanouna n'a peut-être pas l'indulgence de la critique, mais il bénéficie d'un soutien de poids : en septembre 2015, le propriétaire du groupe Canal+ Vincent Bolloré avait déboursé 250 millions d'euros pour conserver Hanouna à son poste.

L'occasion de relire la chronique de notre matinaute : "Hanouna humilie Delormeau : s'indigner ou pas ?"

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15h17 grrr !

Guardian : un article sur Nestlé et l'esclavage... sponsorisé par un concurrent

Par
Vincent Coquaz le 02/02/2016

Un article sur la position ambiguë de Nestlé vis-à-vis de l’esclavage, "sponsorisé" par un concurrent direct de Nestlé ? L’article du Guardian pouvait sembler à première vue plutôt favorable à l’initiative de Nestlé, consistant à prendre les devants en annonçant que l’entreprise avait trouvé des cas de travail forcé dans sa chaîne d’approvisionnement de fruits de mer en Thaïlande. Une décision, précédée d’une enquête d’un an de la multinationale suisse, par ailleurs saluée par de nombreux médias et ONG, souligne ainsi le quotidien britannique.

Mais, à raison, le Guardian souligne aussi que la dénonciation de l'esclavage par Nestlé relevait sans doute davantage de la communication que de la véritable introspection : "C’est facile de reconnaître quelque chose qui a déjà été dévoilé, rappelle le patron de l’ONG Freedom Fund, Nick Grono, cité par le journal. Au moment où Nestlé a assumé l'existence d’esclavage dans l’industrie des fruits de mer thai, c’était déjà un fait reconnu. Ce sera un vrai changement quand les entreprises enquêteront vraiment sur des parties de leur chaîne d’approvisionnement qui demeurent en dehors de la vue du public". Le quotidien dénonce d'ailleurs le paradoxe de la position de Nestlé : l’entreprise suisse se défend toujours de toute responsabilité "dans l’utilisation d’enfants esclaves pour [sa] production de cacao en Côte d’Ivoire". "Ce qui met Nestlé dans la position inconfortable de dénoncer l’esclavage pour une partie de ses opérations, pendant que dans le même temps elle combat les accusations que l’esclavage existe dans une autre partie – plus rentable – de ses activités".

Mondelez

"Nestlé admet l'esclavage en Thailande tout en combattant les accusations dans un procès sur le travail d'enfants en Côte d'Ivoire" - À gauche, la mention "Supported by Mondelez International". À droite, une bannière de pub "traditionnelle" pour la campagne sur le "bien être du monde" de Mondelez - Capture d'écran Theguardian.com

"La marque peut avoir un rôle dans la suggestion du sujet"

Problème : outre les encadrés publicitaires autour du contenu, un encadré situé en haut à gauche de l'article précise qu'il est "soutenu par" la multinationale Mondelez International, nouveau nom de la branche internationale de Kraft Foods (Milka, LU, Oreo etc.), deuxième acteur mondial de l’agroalimentaire… juste derrière Nestlé. Alors que veut dire ce "Soutenu par" ("Supported by" dans le texte) ? Contrairement à d’autres sites, le Guardian explique clairement ce qu’il désigne, sur une page dédiée. Le terme est utilisé par le quotidien pour "décrire un contenu indépendant éditorialement" mais où "la marque [qui] apparait dans le contenu peut avoir un rôle dans la suggestion du sujet traité" détaille ainsi le Guardian, qui assure par ailleurs que le contenu est bien rédigé par ses journalistes (principe même du native advertising) et que la marque n’a pas le droit de relire le papier avant publication.

Si selon les propres règles du Guardian, Mondelez n’avait pas le "contrôle éditorial" final sur le papier, qui a bien été rédigé par une journaliste du quotidien, il est possible que le géant agroalimentaire ait "suggéré" le sujet sur Nestlé et l’esclavage. Sans doute parce que comme le dit l’attaque de l'article elle-même : "Il est difficile d’imaginer un problème avec lequel vous auriez moins envie de voir votre entreprise associée que l’esclavage moderne."

Ou comment le Guardian et Mondelez ont inventé le concept de "campagne négative sponsorisée" ? Interrogé sur la question, le géant de l'agroalimentaire s’en défend, expliquant qu’il n’a pas de "contrôle éditorial" sur les contenus et qu’il sponsorise toute la rubrique "Chaîne d’approvisionnement durable" du Guardian, et pas seulement cet article. Mais le communiqué de Mondelez ne précise en revanche pas si c’est la marque ou non qui a "suggéré" le sujet, comme les règles du quotidien l’y autorisent.

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14h52 Hors Série

Marx aurait-il aimé le jazz ? (Hors-Série/Béthune)

Par
la rédaction le 02/02/2016

Le jazz, victoire du "divertissement" sur "l'élévation de l'esprit" ? Cette semaine sur Hors-Série, le philosophe Christian Béthune (Adorno et le jazz, Klincksieck, 2003) explore la place de cette musique chez un philosophe et compositeur d'inspiration marxiste : Theodor Adorno. Ce dernier détestait le jazz, considéré comme un symbole de l'industrie culturelle aliénée et aliénante : "Adorno reproche au jazz d'être une musique de pur divertissement, et, d'une certaine manière, de menacer de substituer le divertissement à l'élévation de l'esprit", rappelle Béthune. Une musique terrestre, le jazz ? La thèse d'Adorno trouve une forme de confirmation dans... les mouvements des danseurs de jazz, relève le philosophe :

Pour visionner en intégralité l'entretien entre Raphaëlle Tchamitchian et Christian Béthune, c'est ici : "Marx aurait-il aimé le jazz ?"

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19h35 vu

Sondage : le JDD se prend les pieds dans les préjugés

Par
la rédaction le 01/02/2016

Sur une double page, le Journal du dimanche du 31 janvier commente les résultats d'une étude commandée par la Fondation du judaïsme français à l'IPSOS sur "la façon dont se perçoivent et sont perçues les communautés juives et musulmanes en France". Une question en particulier pose un (gros) problème méthodologique : elle invite à préciser l'origine géographique (supposée) ou la confession (supposée) de "personnes" avec qui les enquêtés "ont personnellement rencontré des problèmes". Bien malin qui saura répondre...

Sondage à la méthodologie "étrange", "bourré de clichés", et comportant une question particulièrement "douteuse" : Les Décodeurs du Monde ne cachent pas leur scepticisme face à l'enquête publiée par le JDD sur le "vivre-ensemble" en France. L'objet de ces critiques : une étude menée par l'IPSOS pour le compte de la Fondation du judaïsme français, de juillet 2014 à juin 2015, auprès "du grand public" (1 005 répondants), de personnes se déclarant juives (358), et de personnes de déclarant musulmanes (500). Une méthodologie "plutôt inusitée", relève Le Monde : il est en effet inhabituel de s'appuyer sur trois échantillons différents. Le JDD en a néanmoins repris certaines conclusions le 31 janvier, dans une double page intitulée "La grande peur des juifs de France".

nouveau media

Sous la plume d'une journaliste du JDD, on peut d'abord lire une synthèse des principales conclusions de l'enquête : un climat de "méfiance générale", un "choc des religions" et enfin un "antisémitisme en progression". Deux articles viennent compléter cette synthèse : un entretien avec le président de la Fondation du judaïsme français Ariel Goldmann, qui a commandé l'étude à l'IPSOS, et un article intitulé "Les musulmans victimes de rejet", qui revient sur certains résultats de l'étude spécifiquement relatifs à la perception des musulmans en France.

A ces trois textes s'ajoute une infographie – c'est par là que la polémique a surgi : un encadré intitulé "des préjugés tenaces". Ce dernier vise, comprend-on, à donner à voir les préjugés des enquêtés sur les immigrés, les chômeurs, ou encore les juifs. Répertorier des préjugés sans les corriger : l'exercice, en soi, est risqué. Il devient encore plus difficile à défendre lorsqu'il propose aux personnes interrogées de nommer l'origine géographique ou l'appartenance religieuse de personnes avec qui ils ont "personnellement rencontré des problèmes".

nouveau media

"En lisant tout le sondage, on comprend que cette question est posée dans le but de comprendre les clichés et représentations présentes dans la population. Mais sa formulation est pour le moins abrupte", note Le Monde. Une formulation abrupte, et des réponses orientées par les choix possibles : pas de catégorie "athées", ni de "personnes d'origine française", sans même parler de la catégorie des "Ne répond pas" ; un mélange hasardeux entre origines géographiques et confessions, et au final une question à laquelle, en pratique, il est à peu près impossible de répondre (il est rare de demander à son agresseur de décliner ses origines et sa confession). La question d'IPSOS, reprise par le JDD, laisse pour le moins perplexe.

Dans les conclusions de l'enquête, consultables en intégralité sur le site de l'institut de sondages, on apprend en effet que les personnes interrogées étaient invitées à s'exprimer non seulement sur les "agressions" et "insultes", mais également les "comportements agressifs" - une notion particulièrement large et difficile à définir.


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Contacté par @si, le rédacteur en chef du JDD Laurent Valdiguié défend la démarche de la question : "Cette question est importante dans l'étude d'IPSOS parce qu'elle contient le mot "personnellement". Ils ont voulu passer du ressenti général et global à quelque chose de personnel." Mais, interrogé sur le problème de méthode qu'elle pose, Valdiguié esquive : "Le problème, c'est ce que mesure cette étude". En effet.

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17h38 vu

Etat d'urgence pendant 30 ans : qu'a dit Valls à la BBC ?

Par
la rédaction le 01/02/2016

Manuel Valls veut-il prolonger l'état d'urgence "jusqu'à ce que l'on puisse se débarrasser de Daech" ? C’est ce qu’annonçait la BBC, vendredi 22 janvier, dans une interview du premier ministre français tournée la veille. Sous la vidéo, doublée en anglais, on apprenait ainsi que "Manuel Valls a dit que la France chercherait à rester en état d'urgence jusqu'à ce que la «guerre totale et mondiale» contre le prétendu Etat islamique soit terminée", rapporte France TV Info.

Emoi en France où les propos sont repris par la plupart des médias français, et dénoncé par certains politiques. Mais la BBC fait ensuite marche arrière : sur le site, le texte qui reprend les propos de Valls est modifié à plusieurs reprises. Dans un premier temps, la BBC précise que Valls a bien indiqué que l'état d'urgence durerait "aussi longtemps que nécessaire" mais qu’il a ajouté "on ne peut pas vivre tout le temps avec l'état d'urgence". Surtout, la mention "jusqu'à ce que la guerre contre l’EI soit terminée" disparaît… avant de réapparaitre ensuite en toute fin d’article.

Finalement, sans doute pour lever les dernières ambiguïtés, la BBC a publié la version sans le doublage en anglais, mais uniquement sous-titrée. Alors que dit vraiment Valls ? Si l’article de la BBC était ambigu c’est peut-être parce que Valls l’était lui-même : "La guerre, c'est utiliser tous les moyens dans notre démocratie pour protéger les Français. Donc, c'est en effet l'état d'urgence. Nous allons voir si nous allons le prolonger." "Jusqu'à quand ?" lui demande la journaliste, Lyse Doucet. "Le temps nécessaire. Nous ne pouvons pas vivre tout le temps avec l'état d'urgence. Mais tant que la menace est là, nous pouvons utiliser tous les moyens", répond le premier ministre. "Cela peut être pour toujours ?" relance Doucet. "Jusqu'à ce qu'on puisse, évidemment, en finir avec Daech", lance alors Valls. "Certains disent que c’est le combat d’une génération, 30 ans…" poursuit-elle. "Je le crois. Et il faut dire la vérité, pas seulement aux Français, mais à tous ceux qui sont concernés par le terrorisme. C’est une génération qui peut être concernée par cette guerre", conclut Valls.

Alors prolongation pour 30 ans de l’état d’urgence ou bien les propos de Valls ne visait-il que "la guerre" contre Daech en général et pas l'état d'urgence en particulier ? "L'entourage" de Manuel Valls a finalement assuré à l'AFP "que l'exécutif n'avait nullement l'intention de prolonger l'état d'urgence pendant des années".

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17h05 @rrêt sur images

Mitterrand 1991 : "les gouvernements arabes nous mangeront dans la main" (Chevènement)

Par
la rédaction le 01/02/2016

"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne". A l'occasion de la démission de Christiane Taubira, nous recevons un spécialiste du genre sur notre plateau : Jean-Pierre Chevènement. A trois reprises, en 1983, 1991 et 2000, il a démissionné d'un gouvernement. En 1983 et en 2000, pour des questions de politique intérieure (le tournant de la rigueur, la réforme territoriale en Corse). En 1991, Chevènement a quitté son poste de ministre de la Défense pour contester l'engagement de la France dans la guerre du Golfe, estimant cette intervention militaire dangereuse pour l'équilibre géopolitique du monde arabe. Avant de démissionner, il avait exprimé cette crainte à François Mitterrand. Sur le plateau d'@rrêt sur images cette semaine, il raconte que le président de la République lui aurait alors répondu :

Pour voir l'intégralité de notre émission, c'est ici : "C'est toujours le coeur lourd qu'on se résigne à démissionner"

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15h30 lu

Sciences : Huet quitte Libération et arrête son blog

Par
la rédaction le 30/01/2016

Un post et puis c'est fini. Sur son blog, Sylvestre Huet, journaliste spécialisé en sciences à Libération, a annoncé la fin de Sciences², créé en 2008. L'occasion pour lui de revenir sur sept ans de science, du réchauffement climatique à Fukushima.


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Sept ans, 25 millions de connexions et plus de 60 000 commentaires plus tard, Science² s'éteint. "Une conséquence directe du départ de son auteur du quotidien où il travaillait depuis 1995", précise Huet, dans un article posté le 29 janvier. "Créé en 2008, le blog s'est développé surtout après 2009, donnant une dimension nouvelle à mon activité de journaliste spécialisé en sciences à Libération. Il a permis la publication de nombreux articles qui n'auraient pas trouvé place dans l'édition papier du quotidien."

Sept ans plus tard, quels sujets ont le plus intéressé les lecteurs ? Huet retient trois évènements marquants : le mouvement de protestation des universitaires et des scientifiques en 2009 contre la politique de Sarkozy. "Le 26 mars 2009, au plus fort de ce mouvement de protestation, le blog enregistrait ainsi plus de 58 000 connexions dans la journée".

Le réchauffement climatique (les débuggages du livre de Claude Allègre, notamment) a aussi attiré beaucoup de monde, avec ses inévitables vagues de climato-scepticisme. "Les notes de climatologie continuent d'attirer des commentaires virulents, souvent de mauvaise foi, de militants climatosceptiques, dont certains sont scientifiques de profession. Il est assez curieux de constater que cette virulence ne faiblit pas, malgré les évidences apportées par les études du climat actuel et passé", constate le journaliste/blogueur, à l'heure de fermer boutique.

Et puis il y eut l'accident nucléaire de Fukushima. "La couverture régulière de cet accident provoque un afflux sans précédent d'internautes, avec près de trois millions de pages vues entre mars et juillet 2011. Au plus fort de la crise, à la mi-mars, la fréquentation atteignait 220 000 pages vues dans la journée. Cette période intense a infléchi le contenu du blog donnant aux sujets nucléaires une place très importante au détriment d'autres sujets."

Ce blog aura-t-il une suite ailleurs ? "Cette question n'a pour l'instant de réponse", écrit le journaliste, invité à plusieurs reprises sur le plateau d'@si. Deux fois en 2009, pour parler du nucléaire, d'Areva et de ses "déchets" mais aussi de la guerre du climat sur le plateau de Ligne J@une. Plus récemment, en juillet 2014, Huet était venu discuter avec Marie-Charlotte Morin, lauréate de Ma thèse en 180 secondes, de l'état de la recherche en France, depuis l'arrivée de François Hollande.

Quelques semaines avant la signature de l'accord de Paris, l'un de ses posts de blog, où Huet estimait que l'objectif de ne pas dépasser de 1,5°C le réchauffement de la planète d'ici la fin du siècle était "physiquement impossible à atteindre", avait aussi retenu notre attention.

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19h49 lu

Enlèvement / Berlin : les TV russes avaient accusé à tort les migrants

Par
la rédaction le 29/01/2016

Du fait-divers à l’affrontement diplomatique entre l’Allemagne et la Russie. L'histoire de l'enlèvement présumé d'une adolescente  germano-russe empoisonne les relations entre les deux pays depuis bientôt deux semaines. Le gouvernement et les médias russes accusaient en effet les autorités allemandes d'opacité dans ce dossier pour "embellir la réalité à des fins de politique intérieure" et masquer "les problèmes migratoires".

Problème : alors que l'adolescente de 13 ans Lisa F., "avait prétendu avoir été enlevée et violée par des «Méditerranéens» à Berlin", cette Berlinoise née dans une famille russe a "en fait dormi chez un ami allemand car elle craignait de rentrer chez elle en raison de «problèmes scolaires»", rapporte aujourd’hui l’AFP, de source judiciaire. "La justice a par ailleurs pu établir que la jeune fille avait eu des relations sexuelles consenties, avant sa disparition, avec deux hommes d'une vingtaine d'années, un ressortissant turc et un Allemand d'origine turque." Des faits pour lesquels une enquête pour abus sexuels a été ouverte, en raison de l’âge de la jeune Germano-russe, mais qui n'ont donc rien à voir avec les migrants.

Les tensions entre l’Allemagne et la Russie ont commencé le 16 janvier, quelques jours après que "Lisa F." a été retrouvée. Des chaînes russes proches du Kremlin, dont Perviy Kanal, s’étaient alors emparées du sujet "à des fins de propagande anti-occidentale", explique Le Monde. "Selon des témoignages, les migrants ont commencé à violer des enfants mineurs. Sur le nouvel ordre qui s’est instauré en Allemagne, un reportage d’Ivan Blagoï", lançait ainsi la première chaîne russe avant un sujet de plus de quatre minutes lors du journal du soir.

Cologne

Ensuite ? Les réseaux sociaux russes s’enflamment, et la protestation arrive jusqu’en Allemagne, où se trouve une grande communauté russe (2,5 millions de personnes). Des manifestants se sont ainsi regroupés à Berlin ou en Bavière, à l’appel des mouvements xénophobes NPD ou Pegida. Mardi, l’affaire prenait enfin un tour diplomatique : le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait accusé l’Allemagne d’avoir caché la disparition de Lisa pour des raisons politiques, et assurait qu’elle avait été enlevée. Lavrov souhaitait à l’Allemagne "du succès pour faire face aux énormes problèmes des migrants", rapporte Le Monde. "J’espère que les problèmes ne seront pas cachés sous le tapis et que le cas de «notre fille» Lisa, ne se répétera pas, car l’information sur le fait qu’elle a disparu est restée longtemps dissimulée pour des raisons inconnues". Trois jours plus tard, donc, l'affaire se dégonflait.

Pour relire notre article sur les agressions sexuelles en Allemagne lors du soir du Nouvel An, et la manière dont les médias s'en sont (tardivement) emparés, c'est ici : "Agressions sexuelles en Allemagne : accusés d'occultation, les medias accusent la police"

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14h49 suivi

"Le CSA garant de l'indépendance ? Un cauchemar !" (syndicat journalistes)

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la rédaction le 29/01/2016

"Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) comme garant de l’indépendance, de l’honnêteté et du pluralisme de l’Information : c’est un véritable cauchemar !" La proposition de loi de Patrick Bloche (dont @si vous parlait hier ici), n’a pas fait que des heureux. Le Syndicat National des Journalistes fustige en effet, dans un communiqué, les nouvelles prérogatives accordées au CSA concernant l’indépendance des rédactions des chaînes TV et radio (notamment le fait de pouvoir imposer des modifications aux conventions passées avec les chaînes).

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"Le SNJ rappelle que le CSA est une instance administrative composée de personnalités nommées par le pouvoir politique. Elle a, de par la loi, des responsabilités de régulation des entreprises audiovisuelles. Le CSA n’a aucune responsabilité ni aucune légitimité en matière de contrôle de l’Information et des journalistes. Il ne doit pas en avoir !", lit-on dans le communiqué publié hier sur le site du syndicat. Ce dernier met par ailleurs en avant la "Charte d'éthique professionnelle des journalistes" dont disposent les journalistes de France Télévisions et Radio France, ainsi que les commissions paritaires déjà existantes. "Pourquoi distinguer les journalistes de l’audiovisuel des autres ?" se demande aussi le SNJ, puisque les dispositions avancées par Bloche ne concernent que la télévision et la radio.

Le communiqué évoque toutefois "deux points essentiels réclamés depuis longtemps par la profession" que les parlementaires devraient adopter selon le syndicat : "la création d’une instance nationale paritaire de déontologie" indépendante et surtout la "reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle dans chaque entreprise de presse". L’enjeu de cette reconnaissance ? Si des pressions des actionnaires contre la rédaction sont exercées, "il deviendrait possible de les dénoncer en justice", expliquait la sénatrice Nathalie Goulet qui avait déjà proposé, sans succès, un texte dans ce sens en 2014. La disposition figurait d’ailleurs dans le rapport de Bloche de 2011, repris dans ses grandes lignes par le candidat Hollande en 2012. Mais elle ne figure pas dans la proposition de loi de 2015.

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16h13 lu

Jeux vidéo : la (fausse) mort de "l'un des plus gros trolls du XXIe siècle"

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Robin Andraca le 28/01/2016

C'était l'un les plus gros trolls du siècle, de ceux qui passent leur à vie à polluer le web. Et puis, en avril 2015, il a simulé son suicide, provoquant le désarroi de toute une communauté de joueurs du jeu Epic Mafia, qui reprend le principe du jeu de société Les Loups Garous de Thiercelieux. The Guardian a rencontré et retracé le parcours de ce troll professionnel, qui n'aurait jamais imaginé faire tant de peine "à des gens qu'il n'avait jamais rencontrés".


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The Guardian, 28/01/2016

Le 25 avril 2015, Eris s'est suicidé. Ou tout du moins, il a tenté de le faire croire. Comment ? En publiant une lettre de suicide sur Tumblr, et en créant un site d'information entièrement faux, supprimé depuis, où apparaissait sa nécrologie et une très courte biographie du défunt.

Qui est Eris, 32 ans, développeur informatique ? Personne, ou presque. En revanche, dans la petite communauté de joueurs du jeu en ligne Epic Mafia, où le but est de deviner le rôle des autres joueurs (villageois ou mafieux ?) c'est une star. "Le plus grand troll du XXIe siècle" même, selon les témoignages de quelques joueurs recueillis par un journaliste du Guardian, qui s'est (longuement) penché sur son cas dans un article intitulé : "La mort d'un troll".


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Capture d'écran du jeu Epic Mafia

Quel genre de troll était Eris ? Le genre à aimer poster des liens, a priori innocents, menant en fait vers une photo d'une poupée My Little Pony recouverte de liquide séminal. Sur le forum du jeu, il avait répondu à un joueur afro-américain en postant une photo de King Kong. Il n'hésitait pas, non plus, à pirater les comptes d'autres joueurs, pour mettre en ligne quelques unes de leurs informations confidentielles - leur poids, leur âge, et parfois même des photos de leurs appartements.

Fin 2014, Eris est viré de ce "Loup Garou" en ligne, accusé d'avoir bloqué l'ensemble de ses modérateurs, le temps d'une journée. Six mois plus tard, Eris fait semblant de se suicider et tous les joueurs d'Epic Mafia tombent dans le panneau. "Pendant quatre ans et demi, tu as été comme un père pour moi", "Tu as été comme le grand frère que je n'ai jamais eu" : les hommages se multiplient sur le forum, où chaque jour plusieurs milliers de personnes se réunissent. Même les joueurs qui détestaient Eris y vont de leur petit message : "Je ne t'aimais pas, mais personne ne mérite ça. T'étais un putain de mec intelligent, grossier, souvent déplacé mais toujours très marrant. T'étais l'un des plus grands trolls du XXIe siècle", écrit SirAmelio. "Est-ce qu'on pourrait démarrer une sorte de collecte de fonds en son honneur ?" propose même wakemeupxo, le lendemain de l'annonce de sa mort. Le créateur du site, Lucid, en est alors persuadé : Eris s'est suicidé parce qu'il ne pouvait plus jouer. Mais une semaine plus tard, il avoue la supercherie.

Le troll qui ne voulait pas se faire troller

Interrogé par The Guardian, Eris, bien vivant, n'aurait jamais imaginé que sa mort aurait autant d'impact "sur des gens que je n'ai jamais rencontrés." Pourquoi avoir passé deux jours à créer un faux site d'information et mis ainsi en scène son propre suicide ? Pour éviter que le troll se fasse troller à son tour. Au quotidien britannique, Eris raconte que les modérateurs d'Epic Mafia l'avaient menacé de publier ses informations sur le net, afin de l'empêcher de revenir. Eris a donc pris les devants et simulé sa propre mort, pour qu'on le laisse tranquille. Qui oserait, en effet, révéler les informations personnelles d'un mort ?

Après avoir posté sa nécrologie, Eric a déconnecté son téléphone et regardé son plan se dérouler. Ensuite, il est retourné jouer à Epic Mafia. Sous un nouveau nom.

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14h29 Hors Série

La neige, ce personnage de fiction (Hors-Série/Lavin)

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la rédaction le 28/01/2016

La neige au cinéma, un personnage de fiction comme les autres ? C'est la théorie de Mathias Lavin, maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Paris VIII, auteur de L'Attrait de la neige, paru en 2015 aux éditions Yellow Now, invité cette semaine de l'émission Dans le film, présentée par Murielle Joudet sur le site Hors-Série. "Selon tel ou tel film, on va avoir une représentation, une figuration de la neige qui va être particulière, ou étrange, ou très peu réaliste. Dans le court-métrage de Renoir, par exemple, La Petite Marchande d'allumettes, on a effectivement des flocons dont la taille est démesurée, dont on sent très bien l'artifice qui a servi au cinéaste pour évoquer la neige dans le délire final de l'héroïne".

L'occasion de voir l'intégralité de cette émission : "L'attrait de la neige"

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16h59 grrr !

Migrant / Belgique / "agression" : emballement de la presse belge

Par
la rédaction le 27/01/2016

De la presse belge à la fachosphère française. Samedi 23 janvier, un demandeur d’asile de 22 ans était arrêté par la police, soupçonné d'avoir agressé sexuellement une fillette de dix ans à la piscine de Coxyde, en Belgique. Mais le jeune homme est relâché peu après avoir été entendu, et les parents de la petite fille décident de ne pas porter plainte : le jeune Irakien aurait en réalité voulu secourir la fillette qui se trouvait en difficulté dans l’eau. Trop tard. Les médias parlaient déjà d’"agression"... et sans conditionnel.

C’est l’agence de presse Belga qui diffuse l’information dans les médias belges francophones, en citant le quotidien néerlandophone Het Nieuwsblad dimanche 24 janvier : "Samedi, une mineure a été agressée sexuellement à la piscine par une personne résidant au centre d'accueil de la commune". Aussitôt, le bourgmestre de la ville Marc Vanden Bussche –connu pour sa réticence face à l’accueil des migrants- évoque une agression similaire signalée plus tôt dans la semaine, et déclare vouloir fermer la piscine à tous les demandeurs d’asile durant un mois.

L'homme aurait essayé de la secourir

C’était sans compter l’intervention du journal De Morgen qui, s’appuyant sur "des sources proches de l’enquête", révèle lundi que le jeune homme aurait en fait agrippé la petite fille, non pas pour l'agresser, mais pour la secourir, et que la situation aurait donné lieu à une "erreur de jugement". Le jeune homme, contre qui les parents de la fillette n'ont pas porté plainte, avait été relâché par la police après avoir été entendu, avant d'être toutefois emmené dans un centre fermé sur ordre de Theo Francken, le secrétaire d’Etat à l’asile et la migration, qui assurait ne vouloir prendre "aucun risque". Finalement, le collège des échevins (conseil communal) de Coxyde réuni lundi a décidé de ne pas fermer la piscine aux migrants, contre l’avis du bourgmestre.

Si la presse belge parle à présent prudemment de l’incident, à grand renfort de conditionnels, la première réaction des médias ne faisait pas dans la demi-mesure. Une grande partie de la presse (7 sur 7, Sud Info, L'Avenir, RTL Info ou encore Metrotime) affirmait ainsi dès dimanche qu'une mineure avait été agressée, y compris dans ses titres. Les jours suivants, les articles publiés sur le sujet -par ces mêmes journaux- parleront d'une mineure qui "aurait été agressée".


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7 sur 7, 24 janvier 2016

L'hebdomadaire Le Vif a, lui, modifié (discrètement) la formulation de son article, passant de l'indicatif (le matin) au conditionnel (le soir).


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Le Vif, 24 janvier 2016, à 9h58


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Le Vif, 24 janvier 2016, à 18h46

Et "l'information" est bien arrivée jusqu'en France : trois sites de la fachosphère (Fdesouche, Reinformation.tv et Medias-presse.info, dont @si vous parlait ici) ont également repris l'histoire de l'agression. Mais contrairement aux médias belges, deux jours après la rectification, aucun n'avait fait la mise à jour.


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Medias-Presse-info, 25 janvier 2016

(Par Tifaine Cicéron)

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16h55 suivi

Fox News : Trump sèche le prochain débat télévisé

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Robin Andraca le 27/01/2016

Pas touche à Donald Trump ? Le milliardaire américain ne participera pas au prochain débat télévisé, opposant les différents candidats républicains, au motif qu'il sera animé par la journaliste de Fox News Megyn Kelly. "Je ne pense pas qu'elle puisse me traiter équitablement", estime Trump.

Il ne savait plus comment se faire remarquer, alors il a décidé de sécher le dernier débat télévisé républicain. "Il ne participera pas au débat de Fox News et va tenir à la place un évènement en Iowa afin de lever des fonds pour les anciens combattants", a annoncé, mardi 26 janvier, son équipe de campagne dans un communiqué très... trumpien. "En tant que personne ayant écrit l'un des livres les plus vendus de l'histoire sur le business, ou encore en tant que personne ayant une fortune de plusieurs milliards de dollars, Monsieur Trump sait reconnaître une mauvaise affaire quand il en voit une."


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La raison de cette absence à quelques jours du début des votes, alors que les sondages donnent Trump au coude à coude avec le sénateur du Texas, Ted Cruz, dans l'Iowa ? La présence, en tant que modératrice de Megyn Kelly, l'ultra-réac présentatrice de Fox News dont @si vous avait déjà parlé. Lors du débat du 6 août 2015, la journaliste avait interrogé Trump sur ses nombreuses sorties sexistes. Traiter les femmes de "grosses truies", de "chiennes" ou "d'animaux dégueulasses" ? Pas un problème pour Trump qui a visiblement d'autres chats à fouetter. "On m'a souvent posé cette question, et franchement je n'ai pas le temps pour le politiquement correct. Et ce pays non plus d'ailleurs", avait-il répondu devant une foule conquise.

Interrogé le lendemain de ce premier débat télévisé sur CNN, Trump avait provoqué un tollé en insinuant que la journaliste de Fox News avait... ses règles. "On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son... où que ce soit".

Fox News a réagi à ce forfait de dernière minute. "Trump est toujours le bienvenu au débat de vendredi et sera traité de façon juste, comme il l'a été lors de ses 132 apparitions sur nos chaînes, mais il ne peut décider des modérateurs ou des questions." Interrogé par le site américain Mediaite, l'un des porte-parole de Fox explique comment l'équipe de campagne de Trump a tenté de faire pression sur la chaîne, et sur la présentatrice. "Dans une conversation téléphonique avec un cadre de la chaîne, samedi, Corey Lewandowski [directeur de campagne de Trump] a déclaré que Megyn avait eu « quelques jours difficiles après le dernier débat» et qu'il « détesterait qu'elle doive revivre ça »".

L'occasion de relire notre article : "Megyn Kelly, la star de Fox News victimisée par Trump"

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14h24 suivi

"Salafistes" interdit aux moins de 18 ans, F3 "retire son soutien" au film

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Justine Brabant le 27/01/2016

Il sera finalement interdit aux moins de 18 ans. Après plusieurs jours de suspense, le réalisateur Lemine Ould Salem a annoncé ce mercredi que son documentaire sur le salafisme et le djihadisme, Salafistes (coréalisé avec François Margolin) serait interdit aux moins de 18 ans. C'est la ministre la Culture Fleur Pellerin qui en a décidé, après que la Commission de classification des œuvres du CNC a jugé qu'il faisait "l'apologie du terrorisme". Plus tôt dans la journée, les réalisateurs avaient appris que France 3, l'un des coproducteurs "retirait son soutien" au film et ne le diffuserait pas.

Fleur Pellerin a donc suivi l'avis de la Commission de classification du CNC, mais pas celui de Claude Lanzmann. Après plusieurs jours de suspens, durant lesquels la Commission a notamment visionné une version expurgée de Salafistes, la ministre de la Culture a tranché en faveur d'une interdiction aux moins de 18 ans. Alors que le réalisateur de Shoah avait pris la plume pour défendre Salafistes - un "chef d’œuvre, estime Lanzmann -, Fleur Pellerin explique son choix au Monde : "J’ai choisi de suivre l’avis de la commission avec une interdiction aux mineurs, car le public a besoin d’une certaine maturité pour apprécier ce film, qui est d’une grande violence, comme étant une dénonciation du monde salafiste. Mais je ne l’ai pas censuré, car je ne souhaite pas empêcher un auteur de produire un documentaire."

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Le coréalisateur Lemine Ould Salem a annoncé l'interdiction au moins de 18 ans,
mercredi 27 janvier

Plus tôt dans la journée, alors que l'on attendait des nouvelles du ministère de la Culture, c'est France Télévisions qui avait fait savoir que France 3 ne diffuserait pas le film (dont la chaîne est pourtant coproductrice) "dans le contexte actuel". Le groupe avait précisé que cette décision vaudrait même si le film n'était pas interdit aux moins de 18 ans.

Télérama expliquait cette position en citant en détail une "source à l'intérieur" du groupe France Télévisions : "Notre ligne éditoriale est claire, les images produites par Daech sont de la propagande et nous ne les montrons pas à l’antenne. A partir du moment où nous avons cette position, il ne serait pas cohérent de diffuser ce film en l’état alors qu’il contient des extraits de vidéo de propagande de Daech et des discours très structurés de responsables salafistes intégristes."

Selon Le Figaro, qui rappelle que France 3 Cinéma a financé le film à hauteur de 26%, France Télévisions serait allé jusqu'à demander le retrait du logo de la chaîne des affiches du film : "Nous ne soutenons pas ce film et nous demandons que l’affiche retire toute mention du soutien de France 3".

L'occasion de relire notre article sur l'histoire de Salafistes, et de son réalisateur Lemine Ould Salem, dont le travail a inspiré Timbuktu : "Lemine Ould Salem, le journaliste dont les images ont inspiré un film césarisé... mais qui pourraient ne jamais être vues en salles"

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19h16 suivi

Eau toxique / Ohio : la presse US se précipite sur un "nouveau Flint"

Par
la rédaction le 26/01/2016

Après le retard au démarrage sur Flint, un emballement médiatique sur Sebring ? Quelques jours seulement après que Barack Obama a décrété l'état d'urgence à Flint, où l'austérité avait conduit à un empoisonnement de l'eau de cette petite ville pauvre du Michigan, un nouveau cas d'eau contaminée par le plomb a été découvert mardi 26 janvier, à Sebring (Ohio).


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LeMonde.fr, 26/01/2016

Des tests menés par l'agence de protection de l'environnement de l'Ohio ont, en effet, fait état d'un taux anormalement élevé de plomb dans "plusieurs" habitations, et dans une école de cette ville de 4 400 habitants. Tous les établissements scolaires de la ville ont été fermés et l'agence a demandé aux habitants de ne pas consommer l'eau du robinet. Les services environnement disent avoir des raisons de soupçonner l'opérateur de l'usine de traitement de l'eau, à Sebring, qui aurait "falsifié des données", concernant la qualité de l'eau destinée à la population. L'agence a demandé l'aide de l'agence fédérale de l'environnement pour ouvrir une enquête pénale.

Sebring, le nouveau Flint ? Quelques jours seulement après le scandale sanitaire du Michignan, où dix personnes sont mortes, plusieurs medias américains (et français) n'ont pu s'empêcher de faire le rapprochement entre ces deux villes du Midwest :


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"Une ville de l'Ohio pourrait être la prochaine Flint, avec sa crise de l'eau" - CBS News


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"La prochaine Flint ? Enquête pénale ouverte après de hauts niveaux de plomb trouvés dans l'eau" - Fox 17

nouveau media

"Sebring, Ohio, Crise de l'eau : cette ville pourrait être la prochaine Flint" - Mic (via Yahoo News)

 


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20 minutes


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Ouest-France


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Le Parisien

A tort ou à raison ? Dans les deux cas, les autorités compétentes sont directement mises en cause. Alors que Bernie Sanders, candidat aux primaires démocrates, réclame toujours la démission du gouverneur du Michigan, accusé d'avoir "empoisonné" l'eau de sa ville pour réaliser des économies, les autorités environnementales de l'Ohio ont blâmé la ville de Sebring pour "avoir échoué à informer comme il se doit les usagers", et pour ne pas avoir fourni à leurs représentants des "informations fiables et dans les temps impartis" sur la qualité de l'eau. Mais pour le reste, dans le cas de Sebring, l'enquête reste à faire.

L'occasion de relire notre article : "Eau empoisonnée du Michigan : les medias américains ont-ils bu la tasse ?"

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16h22 @rrêt sur images

"La consécration ? Faire sourire Elisabeth Lévy avec du rap" (Médine)

Par
la rédaction le 26/01/2016

Le philosophe et le rappeur. Interrogé par Elisabeth Lévy le 4 janvier 2015 sur la Radio Communautaire Juive (RCJ), Alain Finkielkraut s'en était pris au rappeur Médine : "Il a débuté dans la carrière par une apologie musicale des attentats du 11 septembre et de Ben Laden (...), puis a pris son propre contrepied en adoptant pour devise : « I am muslim, don’t panik »".

Un an plus tard, venu sur notre plateau pour discuter du sens du mot laïcité en 2015, Médine répond à Finkielkraut. Selon lui, ses propos révèlent une méconnaissance profonde du monde du rap : "Il s’est arrêté à ce que je représente, plus qu’à ce que j’ai à dire en réalité", explique-t-il sur le plateau d'@si. Être taclé par Finkielkrault, une consécration pour un rappeur ? "La consécration, c’est de pouvoir faire sourire Elisabeth Lévy avec un morceau de rap", répond l'artiste, faisant référence à un autre moment de l'interview où Lévy répond "C'est drôle d'ailleurs" lorsque Finkielkraut cite les premières notes du morceau "Don't Laïk" : "Tu es mort, disait Nietzsche, Nietzsche est mort signé Dieu".

L'intégralité de notre émission consacrée au rappeur Médine est par ici : "Oui, je suis un coktail de Tariq Ramadan, Brassens et Plenel"

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