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Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

11h29 suivi

Départs Libé : le n° 2 critique une enquête de Télérama

Par
Robin Andraca le 28/11/2014

L'heure des grands départs a sonné. Alors que la clôture du plan social de Libération a lieu aujourd'hui, deux journalistes de Télérama se sont baladés dans les couloirs (désertés) du quotidien.

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C'est une ambiance très morose que décrivent Emmanuelle Anizon et Richard Sénéjoux, alors que la clôture du plan social devrait confirmer aujourd'hui le départ d'un tiers de l'effectif de Libé - soit une centaine de salariés. Certains journalistes restent (Luc Le Vaillant, que nous avions reçu sur notre plateau), beaucoup partent. On savait déjà que Pierre Marcelle en ferait partie, Télérama cite quelques autres noms de partants : Bayon, Gérard Lefort, Olivier Séguret (culture), Patricia Tourancheau (30 ans à Libé, en charge des affaires criminelles) et Lorraine Millot (25 ans de maison, ex-correspondante à Washington).

Jean-Pierre Perrin, reporter de guerre, souhaite également démissionner, mais il fait partie des rares que la direction a essayé de retenir. Il a finalement accepté de rester... quelques mois. "La plupart de ceux qui restent sont ceux qui n'ont pas pu partir" confie une journaliste (non nommée) à Télérama.

Alors que deux à trois semaines sont nécessaires pour la validation du plan par l'inspection du travail (et que les partants ont ensuite un délai de rétraction de 21 jours), Johan Hufnagel, directeur adjoint, peine visiblement à y voir clair. "C’est très long et donc difficilement gérable. On a beaucoup de mal à se projeter dans l’avenir", confie-t-il à Télérama. Si l'on en croit ses propos sur Twitter ce matin, il n'a que très modérément apprécié l'enquête.

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Négatif ? L'enquête donne pourtant la parole à quelques journalistes "positifs".  "C'est au moins l'occasion de réfléchir vraiment à une réorganisation du travail, le challenge est plutôt excitant !", s'exclame par exemple Sybille Vincendon, rédactrice en chef adjointe. Ou encore Lilian Alemagna, journaliste et nouveau gérant de la Société civile des personnels de Libération. "Une nouvelle génération arrive aux commandes, un peu comme en 2006 après le départ de Serge July. Une nouvelle page de Libération s'ouvre, et c'est nous qui allons l'écrire !". Toujours selon Télérama, une nouvelle formule papier, avec moins de pages, est prévue fin mars 2015. Quant à la refonte de l'offre numérique, elle est programmée pour fin juin.

L'occasion de relire notre enquête : "Les salariés sous le choc du plan massif de suppressions d'emplois à Libé".

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09h15 le neuf-quinze

Et voici papa Juncker

Par
Daniel Schneidermann le 28/11/2014

A quoi ça ressemble, un système de défense qui bascule ? A cette stupéfiante interview de Jean-Claude Juncker au Monde, que le journal a choisi de titrer sur cet aveu : "le Luxembourg n'avait pas le choix, il fallait diversifier notre économie". Finies les dénégations hautaines devant Pujadas. Finies les tentatives sournoises sur le mode "tout le monde a fait pareil que nous". Acculé comme un malfrat en fin d'interrogatoire, Juncker avoue. Et dégaine, pour attendrir le jury, un storytelling bien peu dans la manière des eurocrates : la sidérurgie s'étant effondrée, nous n'avons pas eu d'autre choix, au Luxembourg, que de nous tourner vers la finance. "Mon père était un ouvrier sidérurgique, j’ai grandi à l’ombre des hauts-fourneaux (...) Quand j’ai été nommé ministre délégué au ministère du travail (...) ma première décision à ce poste a été d’envoyer mon père en préretraite".

Que l'on se trouve à un moment de grand basculement de l'UE, ce n'est pas seulement l'apparition de papa Juncker qui en donne un indice éclatant, mais aussi le plan, le fameux plan du fiston. Ce plan, vendu par des communicants en panique sur le chiffre illusoire de 315 milliards, ce plan dont nous racontions hier comment il est construit sur du vent, ce plan avorton, présenté précipitamment pour amadouer les députés européens, n'est pas seulement un plan d'investissements et de relance. C'est la dernière chance de cette jeune commission, et peut-être même de l'UE, sous sa forme actuelle. 

Que Juncker, justement parce qu'il traine le boulet des "tax rulings" luxembourgeois, soit peut-être le moins mal placé pour le mettre en oeuvre, comme nous le suggérions, n'est peut-être pas une hypothèse totalement absurde. S'il a été soutenu, au-delà de la droite européenne, par les sociaux-démocrates, rappelle encore Le Monde, c'est justement sous condition qu'il présente un plan de relance, un vrai, seule solution pour éviter, dans plusieurs grands pays européens, les raz de marée lepénistes, grillinistes, ou ukipistes qui menacent. Oui, comme je le rappelais sur notre plateau de la semaine dernière, les grands gouvernements européens le tiennent. Ils le tiennent par ses turpitudes passées, et qu'il vient de commencer de confesser. Cette pression lui donnera-t-elle la force de convaincre l'Allemagne d'y injecter davantage de vrais euros, et pas seulement d'euros virtuels ? En attendant, au coeur de la tempête, la politique européenne n'a jamais été aussi transparente, et aussi passionnante.

Luxembourg sidérurgie timbre

 

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14h15 grrr !

La couverture déjà vue du New Yorker

Par
Alain Korkos le 27/11/2014

Le New Yorker, prestigieux hebdomadaire étazunien, publiera le 8 décembre prochain ce joli dessin de  Bob Staake illustrant les événements de Ferguson. On y voit l'Arche de Saint Louis (Ferguson est dans sa banlieue) brisée en deux avec un côté blanc, et un côté noir. Petit problème…


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… cette idée avait déjà été formulée par John Cole dans un dessin paru le 28 août dernier sur un blog hébergé par The Times-Tribune.com :


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Elle fut aussi illustrée, nous apprend Yahoo News, par R.J. Matson dans le St. Louis Post-Dispatch en août dernier itou :

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Questionné à propos du dessin ci-dessus à droite, Bob Staake a répondu sur sa page Facebook : « C'est la première fois que je vois le dessin de mon collègue R.J. Matson qui lui aussi fait référence à l'Arche symbolisant Saint Louis. Quand j'ai eu cette idée, je me suis souvenu des célèbres photos en noir et blanc de l'Arche inachevée. Nous avons eu des idées similaires et je tends la main vers lui, espérant que nous pourrons joindre nos forces pour réparer ce qui a été malheureusement cassé à Ferguson. » Pas un mot à propos du dessin de John Cole, dont le sien est encore plus proche.


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Photo de l'Arche inachevée, prise le 5 mai 1965


Voici un autre dessin encore, toujours à propos de Ferguson. Signé Mac Murphy, il est paru le 26 novembre dans Courrier-Journal.com et s'inspire lui aussi de l'Arche inachevée :

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L'Arche de Saint Louis, qui dresse sa courbe d'acier inoxydable au centre de la ville dans le Jefferson National Expansion Memorial, est dédiée à Thomas Jefferson et symbolise la Conquête de l'Ouest. Conçue par Eero Saarinen (l'homme des chaises tulipe des années 60), sa construction s'étendit de 1963 à 1965.

Le photographe Joel Meyerowitz avait, à partir de 1977, commencé à photographier l'Arche sous tous les angles et points de vue possibles. Ses images sont parues en 1980 dans un ouvrage intitulé St. Louis & The Arch :

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Le travail de Meyerowitz rappelait les Trente-six vues du mont Fuji gravées par Hokusai entre 1831 et 1833. Le mont de près, le mont de loin, le mont parfois quasiment invisible.


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La Grande Vague au large de Kanagawa fait partie de cette série, le mont y apparaît tout au fond :


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Henri Rivière s'en inspira en 1902 pour créer les Trente-six vues de la tour Eiffel :


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La tour en construction


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La tour vue de la rue Beethoven


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La tour vue des jardins du Trocadéro en automne


Et le dessinateur de bédé André Juillard avait livré en 2002 sa version des Trente-six vues de la tour Eiffel :

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L'occasion de lire ma chronique intitulée La Chine, la copie, le confucianisme et les nems.

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13h25 suivi

Luxleaks : Motion de censure contre Juncker rejetée

Par
la rédaction le 27/11/2014

Sans surprise, la motion de censure visant l’ensemble de la Commission Juncker a été rejetée à la mi-journée par le Parlement européen. Cette motion fait suite aux révélations LuxLeaks et a été déposée la semaine dernière par 77 députés – dont le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, les Italiens du Mouvement 5étoiles ou encore le Front national. Si le vote n’avait aucune chance de passer, l’alliance inédite entre des forces qui, par ailleurs, peinent à se trouver des points communs, risque de chambouler les forces politiques au sein du Parlement.

 

Affaire LuxLeaks, suite. Après les révélations du consortium de journalistes d’investigation sur les pratiques d’évasion fiscales opérées par le Luxembourg dont Jean-Claude Juncker, tout nouveau président de la Commission européenne, fut le premier ministre et le ministre des finances, 77 députés majoritairement hostiles aux institutions européennes ont signé une motion de censure contre l’ensemble de la Commission Juncker, motion enregistrée par l’administration du Parlement européen le 18 novembre dernier selon Le Monde.

Le quotidien recense parmi ces signataires des représentants des partis EFDD – qui comprend le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni mené par le Britannique Nigel Farage et le Mouvement 5étoiles de l’Italien Beppe Grillo – mais aussi des représentants de la délégation du Front national à Strasbourg qui n’a pas réussi à constituer un groupe parlementaire. Pourtant connus pour n'être d'accord sur pas grand chose hormis leur hostilité aux insitutions européennes, ces derniers se sont pourtant alliés contre Juncker estimant "intolérable qu’une personne qui a été responsable d’un système d’évasion fiscale soit un représentant de l’Union européenne".

Juncker motion Le Monde

Si cette motion a finalement été rejetée comme on pouvait s’en douter, elle a néanmoins perturbé l'agenda de la Commission. Ainsi, comme le raconte Le Monde qui a suivi l’affaire toute la semaine, "la réunion prévue lundi matin à Bruxelles pour valider les avis sur les budgets 2015 des pays de l’eurozone […] a été repoussée au 28 novembre". De même, toujours selon le quotidien, la motion a précipité l’annonce d'un "grand plan à 300 milliards d’euros" pour l’économie européenne porté par Juncker. Un chamboulement qui inquiète l’eurodéputée socialiste Pervenche Berès citée dans Les Echos: "ce qui est inquiétant, c’est la capacité de nuisance qu’ils incarnent. Ils prouvent qu’ils peuvent prendre en otage l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement européen, et rien n’indique qu’ils ne le feront pas à nouveau très vite".

Mais c’est surtout les forces politiques qui sont chamboulées par cette alliance inédite. Pour Les Echos, "cette motion Le Pen/Farage pourrait avoir pour effet inattendu de resserrer les rangs chez les socialistes qui avaient refusé de voter la confiance à la Commission Juncker en octobre". On est loin de la position du député socialiste Yann Galut qui, comme nous l’avions rappelé sur notre plateau consacré à LuxLeaks, appelait Juncker à la démission. La situation est plus complexe du côté de la gauche unitaire européenne (GUE) et des Verts qui ne veulent pas apparaître aux côtés des partis europhobes mais ne veulent pas non plus adouber le président de la Commission. Cité par Le Monde, Gabriele Zimmer, président de la GUE, est amer: "nous avions l’intention de déposer une motion contre la commission Juncker, nous sommes déçus que les Verts et les socialistes ne nous aient pas suivis". De son côté, Pascal Durand, eurodéputé EELV, dans un communiqué envoyé avant le vote, estime qu'"il faut refuser de tenir la main au nationalisme d’un côté ou à l’injustice de l’autre, et, oui, l’abstention s’impose".


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09h15 le neuf-quinze

Koons, Mister Too Much chez les Français

Par
Daniel Schneidermann le 27/11/2014

Koons
Regardez ce Monsieur bien sage, sur le plateau du Grand Journal. Regardez sa coiffure, sa posture, son costume, sa rosette de la Légion d'honneur. Qui est-ce ? Un député du Loir et  Cher, soutien de Bruno Le Maire ? Un directeur de banque qui vient dénoncer un système d'évasion fiscale ? Non. C'est Jeff Koons. Qui donc ? Le Jeff Koons des chiens saucisses à Versailles, de Popeye, de Michaël Jackson, et de la Cicciolina ? Oui. Lui-même. Ah. Il ressemble à ça ? Oui. Il s'asseoit comme ça ?  Oui. Et il porte la Légion d'honneur, pour de vrai ? Apparemment, oui.
Dernier avatar du prodige US en tournée à Paris, figure connue, voici Jeff Koons au carrefour géométrique de la reconnaissance institutionnelle française, un pied à Beaubourg, un autre chez Antoine de Caunes. La France s'est mise en quatre pour accueillir Mister Too Much. Car la France n'est pas dupe. Elle sait qu'elle accueille à la fois un provocateur déjanté, et un homme d'affaires, dont les montants des ventes chez Christies donnent le vertige. Elle le sait, elle le dit, elle le répète, elle tourne autour de cette dualité, émoustillée comme un chien autour d'une saucisse. Il faut lire le critique d'art du Monde, Philippe Dagen, dans un excellent portrait, tentant de percer le secret de la diabolique dualité, alors quoi, Koons, artiste bien que businessman, artiste parce que businessman, avant de conclure d'un triomphant eurêka : j'ai compris, l'artiste a été pris en otage par le businessman !
Mais quel est le vrai sujet ? Le costume-cravate de Jeff Koons, ou notre stupéfaction devant ce costume-cravate ? Ce que nous renvoie l'image de Koons, c'est notre attente pavlovienne de l'image du déjanté, notre attente d'un Warhol ou d'un Dali, d'une créature de folklore, d'excès, de provoc. Or voici un cadre sup', exactement aux antipodes de toute excentricité. Il s'est dessiné, sculpté, dans toutes les positions imaginables avec la Cicciolina, et le voilà dans ce costume de banquier, rosette de la Légion d'Honneur à la boutonnière. Ah, notre tête ! Notre tête de bourgeois du XIXe au salon des impressionistes ! Il nous faut un peu de temps, avant de nous souvenir que toute prose sur Jeff Koons, toute interrogation sur Jeff Koons, toute indignation devant l'obscénité décomplexée de Jeff Koons, est évidemment incorporable à l'oeuvre de Jeff Koons. Nous ne sommes pas seulement son public perplexe ou admiratif, ses acheteurs pour les plus riches d'entre nous, mais son sujet.
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18h52 vu

Ferguson : verdict en dessins

Par
Alain Korkos le 26/11/2014

Le grand jury a rendu son verdict lundi soir : Darren Wilson, le policier blanc qui a tué le jeune Michael Brown au mois d'août dernier à Ferguson (Missouri), ne sera pas poursuivi par la justice. La décision, qui a entraîné de nouvelles manifestations violentes, est abondamment critiquée dans la presse papier, sur les chaînes de télé, et aussi en dessins d'humour.

Dans un article intitué The Meaning of the Ferguson Riots (Le sens des émeutes de Ferguson), le New York Times dresse la liste des trois griefs adressés au procureur de Saint Louis, Robert McCulloch.

1. Alors qu'il est connu comme étant tout acquis à la police (L'Express précise que McCulloch, dont le père était un policier qui fut abattu par balles à Saint Louis, a déjà, par le passé, protégé des policiers dans des affaires similaires ), « il a refusé de se dessaisir en faveur d'un procureur spécial que Jay Nixon, gouverneur du Missouri, aurait pu nommer. »

2. « Il a ensuite un peu plus perdu la confiance du public en menant les débats d'une façon tout à fait inhabituelle » en ne définissant pas la nature des charges qui pouvaient éventuellement être retenues contre le policier mais « a laissé les jurés se noyer sous une masse de documents ».

3. « Il a retardé l'annonce de la décision toute la journée, l'a faite tard le soir alors que l'obscurité avait déjà mis les forces de police en difficulté face à la foule en colère qui s'était amassée à l'annonce d'une décision imminente. »

Un dessin de Jeff Darcy, paru dans The Cleveland Plain Dealer le 26 novembre et titré Les incendiaires de Ferguson, résume l'article du NY Times, se permet en outre d'apporter quelques précisions supplémentaires :

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Les incendiaires de Ferguson

Les protestataires - Le gouverneur Nixon, pas de procureur spécial -
Annonce à 9 heures du soir -
le procureur McCulloch, mauvaise utilisation du grand jury -
Pas de contre-interrogatoire -
Fuites dans la presse


Voici quelques autres dessins parus le 25 et le 26 novembre dans la presse étazunienne. Tous, sauf un, condamnent ce simulacre de justice :

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L'arsenal du policier de Ferguson :
revolver, matraque, taser, bureau du procureur
Dessin de Matt Davies, Newsday, 26/11/2014

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Le mot Justice, tel un cadavre
par David Hayward, Nakedpastor.com, 25/11/2014

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La même idée que précédemment
avec le mot Shame, honte,
par Dan Wasserman, The Boston Globe, 25/11/2014

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Le rêve de Martin Luther King
et le cauchemar récurrent de l'Oncle Sam
face à la justice raciale
par Steve Sack, Star Tribune, 25/11/2014

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« Je n'avais pas rêvé ça », se dit Martin Luther King
tenant un journal qui annonce des émeutes
et des pillages à Ferguson
par Michael Ramirez, Townhall.com
26/11/2014

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La question raciale en Amérique
par Patrick Chapatte, New York Times, 25/11/2014


Le dessin de Chapatte évoque les écrans de télé partagés entre les émeutes de Ferguson et Obama qui appelait ses concitoyens au calme, @si en parla par là.

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Le dernier dessin de cette série est étrange. Il est l'oeuvre de David Sipress, est paru aujourd'hui sur le compte Facebook du New Yorker qui est un hebdo classé à gauche. Or le dessin de Sipress renvoie dos à dos Blancs et Noirs, comme s'il n'y avait pas une vérité mais plusieurs…

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L'occasion de lire ma chronique intitulée I am a Man, de Memphis à Ferguson.

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16h17 vu

Braquage Paris : iTélé rate la fin

Par
Sébastien Rochat le 26/11/2014

C'était bien la peine d'envoyer un journaliste sur place. Hier soir, BFM et iTélé suivaient en direct les suites du braquage de la bijouterie Cartier dans le XVe arrondissement de Paris. Un braquage à suspense, puisque les deux malfaiteurs en fuite s'étaient réfugiés dans un salon de coiffure, transformant le hold up en prise d'otage. A 20h40, un témoin, qui habite dans un immeuble lui permettant de voir la prise d'otage, assure en direct sur BFM TV que les deux braqueurs sont en train de se rendre. A 20h42, BFM dégaine son premier bandeau : "Deux hommes sont sortis de la boutique du XVe en levant les bras en l'air". Et à 20h46, BFM précise que la préfecture de police "confirme la fin de la prise d'otage".

Sauf qu'à 20h46, sur iTélé, on était loin du dénouement. Quand Audrey Pulvar demande au journaliste d'iTélé, Thomas Lequertier, présent sur place, la confirmation de la fin de la prise d'otage, le reporter assure qu'au contraire, rien n'est terminé : "On n'a pas cette information là, ce syndicaliste [policier] qui vient de nous parler nous confirme qu'ils ne se sont pas du tout rendus, il n'y a pas d'otage, ils sont retranchés, ils ont commencé à parler avec la BRI". Le journaliste d'iTélé explique même que sa source ne sait pas si les malfaiteurs sont bien dans un salon de coiffure ou dans un "autre commerce de proximité".

Une intervention interrompue par Audrey Pulvar, qui apprend donc, au journaliste sur place, que les malfaiteurs se sont rendus :

L'envoyé spécial d'iTélé n'est pas un inconnu pour les @sinautes. C'est lui qui assure l'interview hebdomadaire du président de la SNCF sur la propre radio du groupe et qui a posé des questions faussement impertinentes au PDG à propos du drame de Brétigny. De la com, plus que du journalisme ? Lequertier s'en était défendu, même si la SNCF est un client important de la société de webradio qui l'emploie. Contacté par @si pour cette histoire de braquage, Lequertier n'a pas donné suite.

L'occasion de la chronique de Daniel Schneidermann sur ce braquage : "Le fait divers, paradis perdu des journalistes"

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15h41 suivi

Sivens / UE : procédure d'infraction contre la France

Par
la rédaction le 26/11/2014

La Commission Européenne a ouvert aujourd'hui une procédure d'infraction contre la France pour "non-respect de la législation européenne" dans le projet controversé du barrage de Sivens.

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La Commission a pris cette décision car "sur la base des informations dont elle dispose, les autorités françaises ont lancé le projet nonobstant la détérioration de l'état écologique de la masse d'eau qu'il est susceptible d'entraîner". Bruxelles va adresser "une lettre de mise en demeure" à Paris pour "violation présumée de la directive sur l'eau dans la réalisation du projet". Les autorités françaises ont deux mois pour répondre.

Une procédure qui pourrait être suivie par d'autres. La mise en demeure pourrait être suivie d'un avis motivé et d'une saisine de la Cour de justice de l'Union Européenne, susceptible de mener à des sanctions financières contre l'Etat jaugé fautif.

Lundi, le Premier ministre français, Manuel Valls, s'était dit confiant sur l'évolution d'une telle procédure, rappelant que les experts, mandatés par la ministre de l'écologie Ségolène Royal, "ont fait un certain nombre de propositions qui correspondent à un certain nombre de préconisations de la Commission européenne". De son côté, Royal a aussi dédramatisé, déclarant que "les observations qui vont être dans ce document européen, notamment sur la qualité des masses d’eau (...) vont nous permettre, en intégrant ces critères, de faire en sorte que le nouveau projet respecte ces critères".

Dans la foulée, le Front National a dénoncé une "situation inacceptale" dans un communiqué rédigé par Steeve Briois, secrétaire général du parti. "Ce n'est pas à l'Union européenne de décider de la poursuite ni du projet du barrage de Sivens ni de tout autre projet d'intérêt général, mais à l'Etat français. A ce titre le Front National demande que le gouvernement français refuse d'abandonner le projet sous la pression de la Commission européenne".

L'occasion de voir ou de revoir notre plateau, consacré à Sivens : "Pour s'informer, il ne fallait pas regarder TF1".

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13h07 suivi

Youtubeurs / GB : coup d'arrêt à la pub clandestine (Guardian)

Par
Robin Andraca le 26/11/2014

En Angleterre, on ne plaisante pas avec le native advertising. Des Youtubers, payés par les biscuits Oreo pour faire la pub de leur produit, ont été épinglés par l'autorité de régulation de la publicité britannique.

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Alors qu'en France les liens entre publicité et Studio Bagel sont de plus en plus troubles, de l'autre côté de la Manche, on ne plaisante pas avec la publicité déguisée. Que voit-on dans cette vidéo, déjà vue par plus d'un million de personnes ? Deux Youtubeurs stars britanniques, Phil Lester et Dan Howell, lécher frénétiquement un biscuit de la marque Oréo. Mais ce qui pose problème, selon The Advertising Standards Authority (ASA), alertée par un journaliste de la BBC, c'est plutôt ce que l'on ne voit pas. "Ces vidéos publicitaires doivent être immédiatement identifiables", assujre l'ASA.

L'autorité de régulation estime, par ailleurs, que le message "Merci à Oréo d'avoir permis la réalisation de cette vidéo" (que l'on peut entendre dans la vidéo et lire dans sa description) n'est pas "suffisant". "Ces vidéos ne doivent donc plus apparaître sous cette forme-là. Nous avons prévenu Mondelez UK (propriétaire de la marque Oreo) de s'assurer que leurs prochaines publicités sur Internet soient beaucoup plus claires sur leurs intentions commerciales", prévient l'ASA.

Conséquence (presque) directe : la vidéo est toujours en ligne mais un petit bandeau bleu, prévenant de l'aspect commercial du produit, apparaît maintenant en haut à gauche de la vidéo après quelques secondes :

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L'occasion de lire ou de relire notre enquête : "Une filiale de Canal + pratique la pub clandestine".

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09h15 le neuf-quinze

BFM : au paradis perdu du fait-divers

Par
Daniel Schneidermann le 26/11/2014

Breaking news : braquage, course-poursuite et prise d'otages, "en plein Paris", à l'heure des avant-soirées télé. Et pas dans n'importe quels quartiers parisiens : la bijouterie braquée est située rue François Ier, la mythique rue des locaux d'Europe 1, à un jet de sarbacane de RTL, et la prise d'otages du coiffeur en direct se situe dans une rue sans nom du 15e arrondissement, tout près des anciens locaux de iTélé, non loin de BFM, bref au coeur de l'audiovisuel palpitant. BFM, donc, a dépêché deux envoyés spéciaux sur les deux théâtres du drame, et tient l'antenne. Plus rien d'autre n'existe que ce suspense. Car à partir de ces pièces disparates, une bijouterie des beaux quartiers, une course-poursuite avec la police, un salon de coiffure d'une rue sans nom, un hélicoptère qui tourne, les témoignages des voisins, des riverains, des passants, à partir de cette image unique, en boucle, d'un scooter blanc renversé par terre, à partir de ces pièces il faut reconstituer le fil géographique et chronologique de l'histoire, jusqu'au moment présent. "Où est situé votre bar par rapport au salon de coiffure ? interroge en rafale le présentateur de BFM. Avez-vous encore des clients à l'instant présent ? Connaissez-vous le tenancier du salon ? Pouvez-vous voir ce qui se passe dans la rue ?"

Et c'est fascinant. Car au coeur de la boursouflure ordinaire du dispositif mis en place, c'est le journalisme originel qui se donne à voir dans toute sa pureté, un journalisme imaginaire d'avant les perversions, avant la connivence avec les puissants, avant la compromission avec les sources, avant la soumission aux idéologies, avant les loges de maquillage, avant les coupures pub, bref avant qu'il soit chassé du paradis terrestre, le journalisme à la Tintin, houpette aux vents, qui n'a encore besoin ni de sources policières manipulatrices, ni de sociologues bidon, ni d'économistes de plateau, ni de spécialistes de la sécurité, ni d'éditocrates politiques disputant de savoir si ça va être meilleur pour Sarkozy ou pour Le Pen, un journalisme qui ne s'assigne pour but que de répondre aux questions essentielles, les fameux "w" mythiques (what ? who ? when ? where ? why ?), en dénichant les meilleurs témoins, rien d'autre que les plus pertinents.

Et c'est BFM qui rafle la médaille d'or de l'olympiade, mettant la main au téléphone sur "le" témoin idéal, avec fenêtres donnant sur le drame, au moment exact du dénouement. "Alors là le salon de coiffure vient de se rallumer, on voit quelqu'un assis au sol, alors il y a le propriétaire, enfin le gérant du salon de coiffure qui ouvre la porte, en ce moment même, il sort dans la rue, il y a quelqu'un qui est assis au sol, mais je ne vois que les jambes, il y a deux personnes, un homme au pantalon noir et un homme au pantalon rouge, les deux hommes sortent les bras levés, ils posent leur arme sur le toit d'une voiture noire..." Et l'on écoute se dérouler cet insoupçonnable récit, mère de toutes les narrations, on le regarde couler comme du miel dans les veines épuisées du système.

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17h58 suivi

France Culture / Copier-coller : chronique Chauveau supprimée

Par
Robin Andraca le 25/11/2014

"Nous devons à nos auditeurs de reconnaître qu’il s’agit là d’un réel manque de rigueur, aussi avons-nous décidé d’interrompre cette chronique". Dans un communiqué publié dimanche, la direction de France Culture annonce que la chronique d'Agnès Chauveau dans l'émission Soft Power, diffusée chaque semaine sur France Culture, est interrompue suite aux révélations d'@si sur les nombreux copier/coller que ses chroniques comportaient.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

La direction de France Culture a décidé de supprimer la chronique d'Agnès Chauveau, également mise "en congé" de ses fonctions de directrice exécutive de l'Ecole de journalisme de Science Po Paris la semaine dernière. Chauveau assurait cette chronique, une revue de presse axée sur les médias, chaque semaine, depuis septembre 2013 dans l'émission Soft Power, présentée par Frédéric Martel, dont elle est par ailleurs productrice déléguée.

"Certains de nos confrères ont relevé dans quelques-unes de ses chroniques des copier-coller d’extraits d’articles avec un déficit de citations de source". Le communiqué de la direction de France Culture évoque ici l'enquête d'@si, publiée le 16 novembre dernier, dans laquelle nous relevions que, dans plusieurs de ses chroniques, Agnès chauveau reprenait des phrases entières de ses confrères (Mediapart, Le Monde ou RFI) sans jamais les citer.

La direction de France Culture reconnaît qu'il s'agit d'un "réel manque de rigueur" et a donc décidé d'interrompre cette chronique. Le communiqué précise enfin qu'Agnès Chauveau, dont la chronique était déjà absente de la dernière émission de Soft Power, restera néammoins "collaboratrice" de cette émission. Comprendre : elle continuera à être présente sur le plateau, à animer les débats mais sa chronique a été retirée des habitudes de l'émission.

L'occasion lire ou de relire notre enquête : "La directrice de l'école de journalisme de Science Po, serial copieuse".

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13h51 suivi

Ferguson : écrans partagés entre émeutes et Obama

Par
Robin Andraca le 25/11/2014

En déterminant "qu'il n'y avait pas de raison suffisante d'intenter des poursuites contre l'officier Wilson" (l'auteur des coups de feu qui ont tué Michael Brown le 9 août 2014), la décision des douze jurés de Ferguson n'a pas seulement provoqué la colère de milliers d'Américains, aux quatre coins des Etats-Unis. Elle a aussi donné lieu à un curieux moment de télévision, repéré par Slate.

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Il était 22 heures à Washington, hier soir, quand Barack Obama s'est adressé au peuple américain, en direct de la Maison Blanche. Dans un discours d'une dizaine de minutes, le président a appelé les habitants de Ferguson, et du reste des Etats-Unis, à conserver leur sang-froid après la décision du grand jury. Problème : au même moment, à Ferguson, la ville s'embrase et les émeutes commencent (et se poursuivront toute la nuit). Comment choisir, entre le discours feutré du président et l'embrasement de la ville du comté de Saint-Louis ? Les chaînes de télévision américaines ont choisi de... ne pas trancher en partageant l'écran (split screen) le discours du président et des images (en direct) de l'embrasement de Ferguson, où manifestants et policiers se faisaient (à nouveau) face.

MSNBC n'est pas la seule chaîne à avoir choisi cette option : Twitter (puis Slate) ont bien noté le procédé des chaînes d'infos américaines.


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Le policier a donné sa version au grand jury

Le procureur de Ferguson a également diffusé à la presse le compte rendu de l'audition du policier, dont la version n'avait encore jamais été entendue. Après son interpellation, soupçonné d'avoir volé des cigarillos un peu plus tôt, Brown se serait montré menaçant. Selon le témoignage de Darren Wilson, Brown aurait passé la tête et les bras à travers la porte de la voiture (le policier venait de se garer) puis aurait frappé le policier au visage. Ce dernier aurait alors attrapé son arme et menacé de tirer. Le jeune homme serait alors parvenu à saisir la main du policier, mettre la main sur son arme et pointer le pistolet vers la hanche du policier. "A ce moment-là, je suis sûr qu'il va tirer", ajoute dans son audition le policier. Selon LeMonde.fr, cela entérine la thèse de la légitime défense, même si Michael Brown n'était pas armé au cours de la course-poursuite fatale, à pied, qui a suivi cette scène de la voiture et qui, elle, a été largement racontée.

L'occasion de relire notre papier consacré aux (premières) émeutes de Ferguson : Le harcèlement policier des journalistes et des internautes amplifie les émeutes de Ferguson.

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12h55 grrr !

Les femmes et la technique, pfff...

Par
Alain Korkos le 25/11/2014

Les panneaux publicitaires du métro parisien affichent actuellement, pour le site de vente Rue du Commerce, deux réclames un tantinet sexistes. Voici la première :


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IL AIME ses hautes performances pour / nous dit l'homme sur fond bleu, avec le signe de la masculinité inscrit en bleu clair, en haut à gauche.

ELLE ADORE des selfies toujours réussis nous dit la femme sur fond blanc avec une typographie rouge et le signe de la féminité inscrit en rose, en haut à droite.

Monsieur aime de hautes performances. Parce qu'il est féru de technique et parce qu'il a un esprit rationnel. Madame, elle, adore (oh oui elle adddore) ce truc un peu futile mais si rigolo que sont les selfies.

Monsieur est pragmatique, Madame se laisse guider par ses émotions.

La seconde affiche est du même tonneau :


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IL AIME le recto-verso automatique / ELLE ADORE gagner encore plus de temps. Là aussi Monsieur se passionne pour la technique pendant que Madame est dans son agenda, en train de jongler entre le ménage et les soldes, pffiou ! pffiou ! c'est pas facile !

Rue du Commerce en fait des tonnes, en pensant qu'il s'agit là d'humour décalé. Ils sont comme ça, chez Rue du Commerce. Sans complexes, sans tabous. Le 5 novembre dernier, cette glorieuse entreprise s'était déjà fait remarquer avec un écran d'accueil pour le moins provocateur interdisant l'entrée de son site aux femmes :


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Lequel était suivi par d'autres spécialement concoctés pour vous, Monsieur :


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Le jour suivant, le 6, les boute-en-train de Rue du Commerce inversaient la vapeur en interdisant leur site aux hommes, en le réservant aux femmes d'une manière tout aussi subtile :


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Le site Madmoizelle.com n'apprécia guère les plaisanteries égrenées tout au long du site, en dressa une liste commentée et c'est affligeant, qui a encore envie de passer commande chez ces gros lourdeaux de la Rue du Commerce ?

On assiste, dans la pub (voir par ici, par là ou encore par là), à un retour en force du sexisme. Dans le monde des jouets et celui de l'édition, aussi. Après la Madame neuneu de la Rue Machin tout émerveillée par un appareil photo ou une imprimante, voici Barbie qui rêve de devenir ingénieure informatique : I can be a Computer Engineer.

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L'ouvrage est paru en 2010 mais il fait ces jours-ci les choux gras des médias amerlocains et européens grâce à un article de blogue paru le 17 novembre, intitulé Barbie Fucks It Up Again, (Barbie se plante de nouveau), dans laquelle la blogueuse décrit sur un ton pour le moins sarcastique les aventures de Barbie

qui crée sur son ordi rose le design d'un jeu mais est incapable de réaliser le programme nécessaire pour le faire fonctionner,

qui porte autour du cou une clé USB fixée à un lacet pour être sûre de ne rien oublier elle est si tête en l'air,

dont l'ordi chope un virus qu'elle va aussitôt transmettre bêtement à celui de sa soeur grâce à la clé USB portée en sautoir,

qui va appeler Brian et Steven à l'aide pour brancher le disque dur de sa soeur sur l'ordi de la bibliothèque parce que ça ira plus vite, eux ils savent où se trouvent les prises, etc.

Pas de doute, Barbie est un peu empotée question informatique. Et si elle se contentait de faire des selfies avec son téléphone rose ?


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Les affiches de Rue du Commerce, le livre de Barbie ingénieure informatique : voici des sujets qui devraient mobiliser certains adeptes de Twitter toujours prompts à réagir. Et sans doute vont-ils se mobiliser, intenter de percutantes actions envers Rue du Commerce, Mattel et l'éditeur Random House (ces deux-là viennent de présenter leurs excuses mais ils n'enlèvent pas pour autant le livre de la vente).

Parce que les affiches publicitaires et les livres pour enfants roses ou bleus imprimés par milliers assurent plus sûrement la promotion des stéréotypes détestables qu'un type tout seul dans sa chemise de mauvais goût avec la tête dans les étoiles.



L'occasion de lire ma chronique intitulée Schtroumpfs à lunettes dans laquelle est démonté le lien reliant intelligence et lunettes. Regardez Barbie, elle en porte sur la couverture du livre et pourtant, pfff… quelle quiche !

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09h16 le neuf-quinze

La dame dans le métro avec sa peur et un candidat

Par
Daniel Schneidermann le 25/11/2014

Vous vous souvenez de Lionel Jospin ? C'est cet ancien Premier ministre socialiste, forcément angélique comme tous les socialistes d'avant Manuel Valls, et qui niait l'insécurité qui oppressait alors le pays. "On était dans une situation où Jospin avait dit à une dame qui avait peur dans le métro : madame, vous n'avez pas peur. Vous avez l'impression d'avoir peur". C'est Nicolas Sarkozy qui a récemment rappelé l'anecdote, dans un meeting à Mulhouse.

Sauf que cette histoire est fausse. Pas seulement un peu fausse. Totalement créée de toutes pièces. Jospin n'a jamais prononcé cette phrase. Il ne s'est jamais trouvé, dans une circonstance publique rapportée, devant "une dame qui avait peur dans le métro". Comment Sarkozy, tout seul, a constitué pièce à pièce cette anecdote, en l'enjolivant de meeting en meeting (la dame, le métro), à partir d'une citation tronquée de l'ex-ministre de l'Intérieur de Jospin, Daniel Vaillant, c'est ce que raconte le décrypteur de Libé, Cédric Mathiot, aujourd'hui, et qui nous replonge à la grande époque des belles histoires de l'oncle Nicolas (nous avions même créé un dossier spécial).

Dans sa pureté, cet exemple est fascinant. Habituellement, dans les légendes urbaines (rumeur d'Orléans, mygales dans les yuccas), les provenances des ajouts d'éléments scénaristiques ne sont pas identifiées. Chaque propagateur anonyme de la légende rajoute dans l'ombre un détail, contribuant à la fresque collective. Avec la légende de Jospin et de la dame, on tient un exemple parfait de légende urbaine à un seul locuteur, et vraisemblablement résistante à tous les traitements. Il est probable que le décryptage de Libé ne bridera nullement le processus d'autoradicalisation du romancier politique Sarkozy. Dans deux ou trois meetings, Jospin, penché à la station Strasbourg Saint Denis sur une passagère se vidant de son sang, lui expliquera : "Madame, vous n'êtes pas morte. Vous avez l'impression d'être morte". Fascinant, oui, sur la résistance des mensonges politiques aux antidotes médiatiques.

mygales et yuccas

mygales et yuccas, par Google images

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18h52 ça reste à vérifier

Bordeaux / UMP : qui a financé les siffleurs anti Juppé ? (Marianne / Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 24/11/2014

Alain Juppé hué dans sa ville de Bordeaux lors du meeting de Nicolas Sarkozy, le 22 novembre, pour l'élection du président de l'UMP ? Un comble qui ne manque pas d’alimenter les commentaires politiques depuis samedi dernier. Selon Marianne, Alain Juppé est tombé dans un traquenard organisé par Yves Foulon, député-maire d’Arcachon, ami de Nicolas Sarkozy et fondateur de l’association du même nom. Est-ce lui qui a payé les bus pour affréter les sarkozystes venus de tout le Grand-Ouest ? Sans donner la réponse, Marianne rappelle un précédent révélé par Mediapart : Foulon aurait fourni gratuitement une salle et des employés municipaux pour un meeting de Sarkozy à Arcachon en septembre 2013.

Mais qui sont ces sarkozystes qui sifflent sur la tête de Juppé ? Des militants venus de tout le Grand-Ouest pour assister au meeting de Sarkozy qui se tenait à Bordeaux samedi dernier, assure Marianne qui raconte que le chauffeur de salle n’est autre qu’Yves Foulon, député-maire d’Arcachon, ami de Sarkozy. Rien d’étonnant donc que la salle favorable à Sarkozy hue la brève apparition de Juppé, tout maire de Bordeaux qu’il est. Mais qui a financé la venue de ces amateurs de sifflets ? Marianne interroge Anny Bey, élue municipale d’Arcachon et étiquetée DVD, qui s’étonne : «On nous avait dit qu’il n’y aurait pas de bus depuis Arcachon, et il y en a eu. Mais on ne sait pas qui finance tout ça...»

De là à sous-entendre que le maire d'Arcachon lui-même aurait payé les bus, sur fonds municipaux, pour s’assurer d’une salle conquise, il n’y a qu’un pas que Marianne ne franchit pas. Pourtant l’hebdo rappelle un précédent, dévoilé en son temps par Mediapart : lors du meeting des Amis de Nicolas Sarkozy qui s’est tenu à Arcachon en septembre 2013, le site d’information en ligne accusait déjà Foulon d’avoir mis à disposition de l’ancien président une salle, le Tir-au-Vol (sic), et des employés municipaux. Des accusations étayées par de nombreux témoignages et qui ont donné lieu à une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Bordeaux. Et devinez qui est à l’origine de la plainte ? Anny Bey, l’élue DVD qui, selon Mediapart, a été exclue de l'UMP en 2013 pour avoir refusé de faire la campagne municipale aux côtés de Foulon.

Marianne

Mise à jour le 25 novembre : contactée par @si, Annie Bey "ne pense pas" que le maire d'Arcachon, Yves Foulon, ait payé les bus affrêtés vers Bordeaux où se tenait le meeting de Sarkozy. Foulon n'aurait pas pris le risque d'un financement illicite, estime-t-elle. Ces bus - entre 11 et 13 selon Le Petit Journal de Canal+ - ont probablement été réglés par les militants.

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17h12 suivi

Pollution : et maintenant, les particules ultrafines et ultranocives

Par
Anne-Sophie Jacques le 24/11/2014

Le fond de l’air est frais… mais surtout très pollué. C’est ce qui ressort des données publiées par l'Observatoire Atmosphérique Generali – connu également sous le nom de "Ballon de Paris" installé dans le parc André Citroën – et épluchées dans les pages du Monde qui en fait sa une aujourd’hui. Conclusions : la pollution de l’air à Paris est aussi nocive que le tabagisme passif et coûte six mois d’espérance de vie aux Parisiens. En cause : le diesel.

Vous voyez cette montgolfière en bord de Seine installée dans le parc André Citroën à Paris ? Comme le raconte Le Monde, depuis un an et demi, ce ballon est équipé "d’un appareil laser, mis au point par le CNRS, capable de mesurer en continu les nanoparticules présentes dans l’air". Des toutes petites particules dont le diamètre est inférieur à un micron (1 µm).

Pour Les Echos, ce "laboratoire volant" mesure la qualité de l'air parisien de zéro à 300 mètres, sept jours sur sept, en temps réel, contrairement à Airparif, l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air en Ile-de-France, qui mesure les particules supérieures à un micron avec des stations au sol proches des axes de circulation. Ainsi, le ballon de Paris est beaucup plus précis. Comme le souligne Le Monde, "il pèse les particules et caractérise «l’empreinte» de la pollution, pour déterminer notamment si elle est carbonée, c’est-à-dire provenant de combustions fossiles, ou d’origine naturelle."

 

Pollution Le Monde

Si ces données sur les particules ultrafines ont attendu un an et demi avant d'être publiées, vous pouvez désormais consulter les derniers relevés en vous connectant sur le site ballondeparis.fr. A l’heure où ces lignes sont écrites, on dénombre 260 000 particules ultrafines par litre d’air. Inquiet ? On est pourtant très loin du pic de pollution du 13 décembre 2013 où l’on comptait 6 millions de particules ultrafines par litre d’air soit 30 fois plus que la normale. Un deuxième pic – ou plutôt un "plateau" comme le disait un de nos invités dans l'émission consacrée à la pollution– a été constaté en mars dernier. Pendant cet épisode largement médiatisé, non seulement les particules ultrafines ont atteint des sommets mais les particules fines, celles mesurées par Airparif, ont également contribué à la pollution exceptionnelle qui a contraint la municipalité de Paris à prendre des mesures choc.

On pensait que Paris était pollué ? Grâce au ballon, on découvre que la situation est catastrophique. D’autant que ces particules ultrafines sont très nocives pour la santé : selon Le Monde, "elles pénètrent profondément dans les poumons, entrent dans la circulation sanguine et peuvent atteindre les vaisseaux du cœur". Image qui fait tousser : durant le pic de décembre, "les rues de Paris étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs". Pour Les Echos, cette pollution de l’air coûte six mois d’espérance de vie aux Parisiens.

Et pourtant, ces particules ultrafines ne font l’objet d’aucun aucun seuil réglementaire, contrairement aux émissions de particules fines, réglementées depuis la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air. A l’origine de ces particules, qu’elles soient fines ou ultrafines, on trouve la pollution industrielle, le chauffage au bois… mais surtout le diesel, ce poison subventionné qui fait l’objet, sur @si, d’un copieux dossier. Selon Le Monde, Christophe Najdovski, l’adjoint (EELV) du maire de Paris en charge des transports, vise la sortie du diesel d’ici à 2020. Promis, dans six ans, on arrête de tousser.

Voir ou revoir notre émission consacrée à la pollution suite au pic du mois de mars : "Arrêtons de parler de pics de pollution, ce sont des plateaux!"

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14h14 lu

Chouard : les "gentils virus" sont-ils si gentils ? (Les Inrocks)

Par
Robin Andraca le 24/11/2014

Le site des Inrocks consacre un papier aux "Gentils virus", cette communauté de fans d'Etienne Chouard, professeur d'économie et blogueur controversé que nous étions allés rencontrer en 2012. Et s'interroge sur les méthodes et les dérives de ce nouveau groupe, bien décidé à innonder le web avec les idées de Chouard.

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Mais qui sont les "gentils virus" ? En 2012, au cours d'une conférence exhumée aujourd'hui par Les Inrocks, Chouard tenait les propos suivants : “Il me semble que nous devrions, comme des virus, à la base, [nous] passer le mot entre nous, en se disant : «il ne faut plus que l’assemblée constituante soit élue, il faut absolument que les constituants soient tirés au sort», c’est de là que tout va découler”. Message bien reçu par les "Gentils virus", une communauté de fans bien décidés à innonder le web avec l'idée d'une refondation démocratique par le tirage au sort des constituants (le concept phare de Chouard, qui s'en expliquait encore récemment sur le plateau de "Ce soir ou jamais").

Les méthodes de cette communauté, qui tente de se greffer au Mouvement pour la VIe république (M6R) lancée fin septembre par Jean-Luc Mélenchon et une soixantaine de signataires, ne plaisent pas à tout le monde. Interrogé par Les Inrocks, Clément Sénéchal, qui anime la Commission VIe République du Parti de Gauche, raconte par exemple comment son mur Facebook a été pris d'assaut après la publication sur son blog d'un article remettant en cause l'arbitraire du tirage au sort : “J’ai vu arriver sur mon mur Facebook et mon blog une minorité agissante de gens dissimulés sous pseudo pour contester ma position avec des moyens plus ou moins élégants. Ils détournent auteurs et concepts, utilisent des syllogismes spécieux et des tautologies qui ne mènent à rien. Ils font surtout du flooding, c’est-à-dire qu’ils asphyxient la discussion, en la noyant souvent dans des copier-coller. Etienne Chouard lui-même s’y est mis, en publiant frénétiquement ses propres vidéos dans mes fils de commentaires. A la fin cela virait franchement au harcèlement numérique, procédé grossier pour masquer ses carences argumentaires”. De leur côté, les mélenchoniens refusent d'ailleurs toute association avec ce mouvement.

"nous n'inviterons plus chouard" (Billard, pg)

Parmi les défenseurs des "Gentils virus", Judith Bernard, proche de Chouard, fondatrice et directrice du site Hors-Série, édité par @si, qui confie aux Inrocks sa sympathie pour le mouvement : Pour une idée aussi fragile que celle du tirage au sort, je comprends la stratégie des Gentils virus d’inonder la toile. C’est une idée qui doit lutter contre des tonnes de préjugés, qui a besoin qu’on l’arme un peu, par la force du nombre et de l’insistance, cela me paraît un combat légitime”.

Le papier des Inrocks -qui ne donne pas la parole à Chouard- pose une autre question. Alors que le site d'extrême droite Egalité et Réconciliation relaie régulièrement les vidéos de Chouard (interrogé récemment par Mediapart, Chouard qualifie d'ailleurs Soral de "résistant à l'Union Européenne"), faut-il assimiler les "Gentils virus" à cette constellation rouge et brune ? Judith Bernard : "Le site d’E&R est un agrégateur de contenus, on peut aussi y trouver des articles de Mediapart par exemple, ce n’est donc pas forcément un indicateur. On ne peut pas être tenu responsable du fait que certains contenus soient répercutés par E&R. Chouard est un démocrate alors que Soral est dans le culte du chef : leurs modèles politiques sont absolument incompatibles”.

Les "gentils virus" réussiront-ils à contaminer le Parti de gauche ? En janvier dernier, la co-présidente du PG, Martine Billard, assurait sans ambiguïté sur son blog que le parti se refuserait désormais à inviter Chouard, et à participer à tout débat avec lui.

En 2012, @si était parti à la rencontre d'Etienne Chouard, chez lui, à Aix-en-Provence. L'occasion de voir ou de revoir cet entretien fleuve.

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09h15 le neuf-quinze

Quelques assouplissements matinaux

Par
Daniel Schneidermann le 24/11/2014

Ce n'est pas pour me vanter, mais je crois que je pourrais faire économiste. On reproche sa pingrerie à l'Allemagne, et son laxisme financier et social à la France ? Qu'à cela ne tienne ! On pourrait imaginer un plan génial : l'Allemagne dépenserait (un peu) plus, et la France gèlerait les salaires. En même temps. En dégainant simultanément, comme dans les duels. Plus précisément, l'Allemagne pourrait doubler ses investissements dans les infrastructures, en échange de quoi la France gèlerait les salaires sur trois ans, et "assouplirait"' les 35 heures. Ce sont les préconisations d'un rapport co-rédigé par deux économistes, un Français et un Allemand, et qui a fuité ce week-end dans Der Spiegel. Comme prévisible, et selon la bonne habitude, le ministère français de l'Economie a démenti sans démentir.

Assouplissons, assouplissons ! Ces mots innocents qui nous pénètrent dès le matin. Dans Le Figaro, me signale notre éconaute, on apprend que Macron réfléchit à "desserrer" ou "dépoussiérer" un autre carcan réglementaire. Lequel ? Celui qui empêche un même groupe de medias de détenir à la fois une radio, une chaîne de télé, et un quotidien national. C'est effectivement ce qui manque au paysage médiatique ! Vivement que Bouygues puisse avoir sa radio et son quotidien, vivement que Lagardère puisse se payer une chaîne de télé, et Dassault une radio, qui puisse tranquillement et vaillamment faire silence sur le rapatriement de Suisse de mallettes de liquide.

Etrangement, le projet a fuité voici déjà une dizaine de jours dans Les Echos, sans rencontrer beaucoup...d'écho. Etrangement, le concert des éditorialistes ne s'est pas précipité sur la proposition -que ce soit d'ailleurs pour la soutenir ou la critiquer. Quant aux deux quotidiens qui ont fait état de l'étrange initiative, ils divergent sur un point : chez LVMH, on assure que le ministère de la Culture, "garant du pluralisme" n'a pas été "vraiment associé" à la démarche de Bercy. Chez Dassault, on assure le contraire. Laissons à nos lecteurs le soin de décrypter, ce dont on est bien incapable.

assouplissements

Assouplissements selon Google images

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16h10 lu

Grenoble : Piolle va supprimer les panneaux publicitaires (JDD)

Par
Robin Andraca le 23/11/2014

C'était un engagement de campagne et il est en passe d'être tenu : selon le JDD, Grenoble ne renouvellera pas son contrat avec le groupe JCDecaux, principal acteur du marché français de l'affichage publicitaire. Une première en Europe.

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A partir de janvier, et pendant quatre mois, les 326 panneaux publicitaires que compte la commune vont être démontés. "Nous sommes la première grande ville à ne pas renouveller son marché de la publicité. C'est marquant pour nous, mais aussi au niveau national et européen", révèle ce dimanche au JDD Eric Piolle, maire de Grenoble depuis le 30 mars sous l'étiquette Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes. Selon lui, la publicité urbaine n'a plus sa place à Grenoble et les anciens panneaux vont être repensés pour un affichage "libre, culturel et citoyen".

Le groupe JCDeceaux perd donc 2000 m² d'installations publicitaires mais conserve 1000 abribus dans la cité grenobloise (fruit d'un marché remporté en 2004) et reste sous contrat avec pas moins de 3700 communes françaises, et tout autant à l'international. Pas de quoi s'en faire donc pour l'un des leaders mondiaux de l'affichage. "Nous avons pris acte de la décision" a d'ailleurs (brièvement) commenté Albert Asséraf, directeur général en charge de la stratégie pour JCDeceaux.

Et pour la ville de Grenoble, est-ce un gros manque à gagner ? "La redevance que nous pouvions attendre d'un nouveau marché allait être divisée par quatre" confie au JDD l'adjointe aux espaces publics de Grenoble. "De 600 000 euros par an, ces dix dernières années, la part des recettes publicitaires reversées par JCDecaux, ou un nouveau prestataire, allaient tomber à 150 000 euros", précise le journal. Comment combler ce trou ? "En 2008, les élus avaient augmenté leurs indemnités . Nous, dès le premier conseil municipal, nous les avons baissées d'autant. Ce sont 300 000 euros d'économies par an", assure Piolle au quotidien du dimanche.

Une première en Europe mais pas dans le monde. En 2007, Sao Paulo, sixième ville la plus peuplée au monde, avait aussi lancé son programme "Ville propre" pour lutter contre la pollution visuelle. Et visiblement, les Brésiliens aimaient bien leur ville sans pub. Sauf que voilà : cinq ans plus tard, la plus grande ville brésilienne a fait marche arrière et JCDecaux a remporté l'appel d'offre des horloges publicitaires de Sao Paulo pour les 25 prochaines années.

avant après pub grenoble

Avant et après la fin des panneaux publicitaires à Grenoble : dans son dossier de presse, la mairie donne quelques exemples

Nous avons suivi de très près l'élection municipale de Grenoble. L'occasion de voir ou de revoir notre émission réalisée à Grenoble, entre les deux tours : "Et nous sommes partis ensemble, un week-end dans le Vercors".

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16h16 suivi

Coupe Davis : jeu, set et match pour... l'évasion fiscale

Par
Robin Andraca le 22/11/2014

L'évasion fiscale grande gagnante de la Coupe Davis ? C'est l'avis de Bastamag, alors que la Suisse et la France se disputent actuellement, à Lille, le Saladier d'argent, qui récompense la meilleure nation de tennis au monde. Sauf que voilà : cette finale oppose des tennismen qui habitent tous dans le même pays... la Suisse (et pas uniquement pour le chocolat).

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Dans les tribunes du stade Pierre-Mauroy, transformé spécialement pour l'occasion, le rouge des supporters suisses tranche avec le bleu des supporters français. Et pourtant... sur le terrain, tous les joueurs habitent dans le même pays, en Suisse ! Il n'en est évidemment pas question à l'antenne (où France Télévisions a déployé un "dispositif de choc") mais Gilles Simon et Richard Gasquet habitent à Neuchâtel, Julien Benetteau à Genève et Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils près de Nyon. Une première à ce niveau-là.

En 2010, le groupe d'Action discrète, émission humoristique diffusée sur Canal+, s'était frotté le premier à ce tabou. Réponse de l'attaché de presse en conférence : "Stop, arrêtez, parce que c'est pas trop le sujet là".

Difficile en revanche, dans le cas d'une finale France-Suisse, d'y échapper et même le quotidien l'Equipe s'y est collé. Dans son édition papier du 17 novembre, le quotidien sportif y consacre même deux pages, en sous-titrant : "Tsonga, Monfils, Gasquet, Benneteau et Simon habitent tous en Suisse. Nous sommes allés voir à quoi ressemble leur vie d'expat". Et on apprend par exemple que Monfils vit à trois minutes à pied de chez Tsonga, et que Gilles Simon habite au bord d'un lac à Neuchâtel et aime "le regarder, jeter des cailloux dedans avec mon fils".


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L'évasion fiscale, c'est le petit encadré en haut à droite

Rassurez-vous, il est quand même (un peu) question d'optimisation fiscale. Dans un petit encadré, à droite de la seconde page intitulé "Le fisc préféré". "Ils sont tellement habitués à entendre les mêmes vacheries qu'ils ne les relèvent même plus. A chaque rencontre de Coupe Davis, le même procès est instruit par les mêmes procureurs". Procureurs dont ne fait visiblement pas partie l'auteur de ce papier, donc. Invité à réagir sur le sujet, l'un des joueurs de l'équipe de France, Julien Bennetteau tente de se justifier : "Je mentirais si je disais que je suis cent pour cent à l'aise avec le sujet". Mais les gens ne savent peut-être pas que 80% de ce que je gagne, je le gagne à l'étranger, où je suis taxé à la source".

Cerise sur le gâteau : le principal sponsor de cette finale de Coupe Davis, qui prendra fin dimanche, n'est autre que BNP Paribas qui réalise, selon l'association Attac, 21% de son activité dans des paradis fiscaux, grâce à 170 filiales. Réponse de la banque : "BNP Paribas veutservir ses clients partout dans le monde et dispose d’un vaste dispositif de lutte contre la fraude et le blanchiment des capitaux".

Si la Suisse reste un paradis pour tennismen, le paradis fiscal du Luxembourg semble bouger ! L'occasion de (re) voir notre émission de la semaine : Evasion fiscale : "Avec Juncker, il faut faire du judo !".

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