Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h45 buzz

Harcèlement / politique : Bruno Le Maire rétropédale

Par
la rédaction le 16/10/2017

Ce matin, le ministre de l'Economie l'affirmait avec force et sans détours sur France Info : il ne dénoncerait pas un politique coupable de faits de harcèlement s'il en avait connaissance. Raison donnée à Jean-Michel Aphatie par Bruno Le Maire : "C'est compliqué. Mais la dénonciation ne fait pas partie de mon identité politique." Interrogé, il affirmait par ailleurs ne pas connaître de politique harceleur.

Très reprise, la vidéo de sa réponse a suscité l'indignation, notamment sur Twitter, alors que des femmes, sous le hashtag #Balancetonporc, dénoncent des faits d'agressions et de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Et que la révélation de harcèlement et d'abus sexuels commis par le producteur américain Harvey Weinstein, sur des dizaines d'actrices, soulève un tollé. Plusieurs personnes ont rappelé au ministre de l'Economie que le code de la fonction publique, en son article 40, oblige les représentants à rapporter les faits de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail à la justice. D'autres femmes l'ont accusé de "faire partie du problème", en contribuant à faire perdurer l'omerta autour des violences sexuelles.

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Un bad buzz plus tard... Bruno Le Maire a changé d'avis. Dans une vidéo publiée sur Twitter, un peu après midi, il assure s'être "mal exprimé" et le regretter. "J'ai réagi au mot de dénonciation que je n'aime pas, que je n'ai jamais aimé, et j'aurais du réagir au problème du harcèlement sexuel lui-même, que des femmes subissent depuis trop longtemps. (...) Il va de soi que si j'étais au courant de faits de harcèlement sexuel commis contre une femme, je serai le premier à les signaler, parce que nous ne pouvons plus longtemps tolérer ce silence", a-t-il ajouté.

 

L'occasion de lire notre article : "#Balancetonporc : des femmes racontent sur Twitter leurs histoires de harcèlement sexuel"

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16h02 @rrêt sur images

"Fantasmes" et "vrai danger" de l'intelligence artificielle selon Laurent Alexandre

Par
la rédaction le 15/10/2017

L’intelligence artificielle se rebellant contre son créateur ? Des décennies de films, au premier rang desquels 2001, l’odyssée de l’espace, ont agité la menace de ce scénario catastrophe. Mais pour Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo et auteur de La Guerre des Intelligences (JC Lattès), "on est à des décennies, voire peut-être des siècles d’avoir une intelligence artificielle forte". Invité sur notre plateau cette semaine, Alexandre explique : "en réalité, on fantasme sur une intelligence artificielle forte, ayant conscience d’elle-même, hostile et ayant des émotions propres, (…) et on ne s’occupe pas du vrai problème". Le "vrai danger" selon lui ? "C’est que des intelligences artificielles faibles sans conscience d’elles-mêmes, et cons comme une bite, sont capables de faire de mieux en mieux des tâches humaines".

Retrouvez en intégralité notre émission : "Intelligence artificielle : «on plaque des solutions technologiques sur des questions sociales»"

 

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17h27 grrr !

Espagne : France 2 s'emmêle les pinceaux sur les violences

Par
Manuel Vicuña le 13/10/2017

À Barcelone la crise politique tournerait donc à l’affrontement violent entre séparatistes et unionistes ? C’est ce qu'explique le JT de France 2 qui revenait hier soir sur le déroulement du "Día de la Hispanidad", la fête nationale espagnole qui avait lieu jeudi. À cette occasion, en plein bras de fer politique entre Madrid et les autorités séparatistes catalanes, des dizaines de milliers de partisans de l’unité du pays ont défilé dans les rues de Barcelone pour dire "non" au projet indépendantiste. "Mais le rassemblement a dégénéré, des affrontements ont éclaté entre les partisans des deux camps. La police a dû intervenir", raconte Anne-Sophie Lapix sur France 2 qui diffuse les images d’une bagarre de rue à Barcelone. On y voit une poignée d’hommes s’envoyer des chaises à la figure à la terrasse d’un café.

Des pro et anti-indépendance qui en viennent aux mains sur fond de désaccord politique ? Raté. Comme le relatent l’ensemble des médias espagnols, il s’agit ni plus ni moins d’un affrontement entre supporters de foot rivaux, ayant éclaté en marge de la manifestation. Certes pas n’importe quels supporters : des "ultras" d’extrême droite soutenant pour les uns l’équipe du CE Sabadell, pour d’autres les équipes du Real et de l’Atletico Madrid. "Toutes les personnes impliquées dans ces heurts étaient venues manifester ce 12 octobre pour la même cause : contre l’indépendantisme. Mais les rancœurs footballistiques ont débouché sur une bataille rangée", relate, parmi d’autres, le site d’info El Español.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"Des radicaux de Sabadell et d'anciens Ultras Sur, protagonistes de la bataille rangée de Barcelone"

El País relève de son côté que la police catalane a identifié 25 personnes et qu’une enquête a été ouverte sur cette bataille rangée "entre groupes ultras d’extrême droite". De son côté, l’association unioniste Societat civil catalana, à l’origine de la manifestation de Barcelone, a condamné des "actes de vandalisme qui n’ont rien a voir avec notre rassemblement". Voilà qui intervient alors que plus tôt dans la matinée, la police catalane a interpellé à Barcelone un groupe d’une trentaine de militants d’extrême droite munis de poings américains, de fusées éclairantes, de cagoules et de chaînes.

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17h24 @rrêt sur images

Intelligence artificielle : "Nous envoyons nos enfants au casse-pipe" (L. Alexandre)

Par
la rédaction le 13/10/2017

L'intelligence artificielle, ruine de nos enfants ? Le fondateur de Doctissimo, auteur du livre La guerre des intelligences (JC Lattès), et reçu sur notre plateau cette semaine pour parler de l'intelligence artificielle en est convaincu : "Face à l'IA, nous envoyons nos gamins au casse-pipe", assène-t-il. L'entrepreneur appelle à une refonte de l'éducation, sur un modèle pluridisciplinaire, pour protéger les générations futures des intelligences artificielles : "Il faut former des gamins ayant un esprit critique, lisant trois livres par semaine, multidisciplinaires, connaissant la philosophie et l'histoire", avance-t-il. Face à lui, Irénée Regnauld, le fondateur de l'association "Le Mouton Électrique", qui questionne les aspects politiques de l'innovation, tempère. "Il est quand même question [dans le livre de Laurent Alexandre], encore une fois, de rattraper ce déterminisme technologique en faisant de la sélection des embryons". Quelque chose que la Chine s'apprêterait à faire, selon Laurent Alexandre. Mais faut-il pour autant lui emboîter le pas ?

L'occasion de voir dans son intégralité notre émission sur l'intelligence artificielle.

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20h21 ça reste à vérifier

Tariq Ramadan boycotté par France 5 ? La production dément

Par
Hélène Assekour le 11/10/2017

Invité ou pas invité? Tariq Ramadan dit avoir été déprogrammé à la dernière minute de l'émissionC Politique, sur demande de la direction de France 5. La chaîne nie l'avoir jamais invité. Que s'est-il vraiment passé ? @si a cherché à en savoir plus.

ramadan france 5

Capture d'écranL'Express

Tariq Ramadan est-il persona non grata sur France 5 ? C'est en tout cas ce que l'islamologue affirme sur sa page Facebook. Dans un post daté du 9 octobre, il explique avoir"été invité à l'émission C Politique par l'animateur Karim Rissouli et son équipe à l'occasion de la sortie de notre livre L'urgence et l'essentiel"L'islamologue publie ces jours-ci avec le sociologue et philosophe Edgar Morin un livre d'entretiens sur le thème de l'humanisme. Mais "au dernier moment, on m'annonce que la direction de France 5 exige que je sois déprogrammé", poursuit Ramadan. Pour l'islamologue, il s'agit d'une "atteinte[…]au pluralisme et à la liberté de penser."

Un acte de censure décidé en haut lieu ? Dès le lendemain, la communication de France 5 dément auprès de L'Express :"Il n'a jamais été question d'inviter Tariq Ramadan." "Dans C Politique, il n'y a qu'un seul invité fil rouge [...]", la personnalité restant présente tout au long de l'émission. Contacté par @si, France 5 maintient."La question ne s'est pas posée, pour nous, c'était Edgar Morin. Il n'y a jamais deux invités."

UNE DÉCISION DE LA CHAÎNE ?

Pourtant, les éditions Don Quichotte, qui ont fait paraître l'ouvrage, entérinent la version de Ramadandans un communiqué. Contactée par @si, l'attachée de presse qui gère la promotion du livre, Aurélie Michel, assure avoir bel et bien été contactée par la société de production Together Media, qui produit C politique."Edgar Morin et Tariq Ramadan avaient été invités pour la deuxième partie de l'émission consacrée au débat", affirme-t-elle. Et donc pas en tant qu'invité "fil rouge" ? "Le programmateur de l'émission m'a appelée, on a calé ça 15 jours avant la date du direct, et ils ont déprogrammé le lundi précédant l'émission." Une décision qui n'aurait pas été prise par la société de production, mais par France 5." La chaîne ne souhaitaitpas que Tariq Ramadan vienne alors que tout était organisé et que les deux avaient pris leurs dispositions pour être là. Cela a été remplacé par une seule invitation pour M. Morin, en première partie d'émission." Pour quelle raison l'invitation de Ramadan a-t-elle été annulée ? "On ne m'a pas donné de raison particulière, simplement que sa présence n'était pas souhaitée par la chaîne."

Du côté de Together Media, on nie toute intervention de la chaîne. Joint par @si, Félix Suffert-Lopez, le rédacteur en chef de C Politique, explique la situation par un quiproquo. "On n'avait pas à proprement parler invité Tariq Ramadan et Edgar Morin, mais c'était une option, affirme-t-il. On avait effectivement parlé avec les gens de Don Quichotte, et on avait commencé à pré-caler le sujet." Pas d'invitation ferme et définitive, donc. "Mais dans un jeu de programmation, on a décalé cette thématique en première partie, et là, il n'y a qu'un invité, jamais deux personnes." Pourquoi le choix s'est-il porté sur Morin plutôt que sur Ramadan ? "On n'a aucun problème avec Tariq Ramadan. Mais en première partie, l'invité commente l'actualité : Edgar Morin, qui a 96 ans, qui est capable de parler de plein de choses, qui est pétillant, c'était un meilleur choix pour nous."

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18h40 suivi

Salut "fasciste" d'Axel Loustau : Mediapart condamné

Par
la rédaction le 10/10/2017

Mediapart a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à verser 500 euros d'amende au frontiste Axel Loustau. Le motif : avoir diffusé deux photos de lui, bras tendu et main levé, en affirmant qu'il s'agissait d'un salut fasciste. Le site a fait appel.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Le Point, 10 octobre 2017

C'est une dépêche AFP qui l'annonce ce 10 octobre : "Le frontiste Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, a obtenu mardi la condamnation en diffamation du site d'information Mediapart, qui avait diffusé deux photos de lui bras tendu et main levée en affirmant qu'il s'agissait d'un salut «fasciste»".

Ces deux photos, initialement dévoilées dans l'émission Spécial Investigation, ont été publiées le 24 novembre 2014 dans un article de Mediapart, intitulé "Le salut fasciste de l'argentier de Marine Le Pen". Que voyait-on sur ces deux photos ? Loustau, proche de Marine Le Pen, bras tendu, main levée devant un gâteau d'anniversaire à l'occasion de son quarantième anniversaire sur une péniche près de la tour Eiffel, en 2011. Dans l'article accompagnant ces deux clichés, on pouvait lire : "Ce sont des photos qui font voler en éclats la stratégie de«dédiabolisation»du Front national. Sur deux clichés qu'a obtenus le journaliste Thierry Vincent et que Mediapart publie, le trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, Axel Loustau, fait un salut fasciste devant ses amis".

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Loustau de dos

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Loustau de face

Pour les juges, après un procès marqué par des débats sur la verticalité du bras de Loustau, les éléments de preuve apportés par Mediapart ne "suffisent pas à prouver, avec certitude, qu'il s'agit d'un salut fasciste", et Marine Turchi a "manqué au devoir de prudence en affirmant sans nuance" que c'en était un. Le tribunal a condamné le directeur de la publication, Edwy Plenel, à 500 euros d'amende, et la journaliste à 500 euros avec sursis. Tous deux devront verser solidairement 1 000 euros de dommages et intérêts à Axel Loustau, et 2 000 euros pour les frais de justice. Mediapart a immédiatement fait appel, son avocat Me Emmanuel Tordjman ajoutant que le site "demandera à la cour d'appel de reconnaître la qualité de son travail et le fait qu'il pouvait publier cette information relevant à l'évidence de l'intérêt général".

Sur notre plateau, en mai 2017, Turchi était revenue sur la publication de cet article : "Je ne m'explique pas pourquoi, en 2014, quand on publie ces photos, il n'y a pas plus de reprises. On me dit: ce n'était pas probant. Mais avec, il y avait une enquête sur l'antisémitisme d'une grande partie de ce groupe."

L'occasion de revoir notre émission avec Marine Turchi : "Marine Le Pen s'est re-diabolisée toute seule" et de relire notre article : "Le Lab modifie un article faisant le lien entre le FN, les dauphins et Hitler"

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15h36 suivi

Bern : "les sujets sur les révolutionnaires ne marchent pas" (Le Monde)

Par
la rédaction le 10/10/2017

Récemment nommé "Monsieur Patrimoine" par Emmanuel Macron, l'animateur de Secrets d'Histoire sur France 2 répond, dans un portrait du Monde, aux critiques qui l'accusent d'être monarchiste et de proposer une vision orientée de l'Histoire de France.

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Le Monde, 10 octobre 2017

Mandaté par Macron en septembre, et chargé d'établir dans les six mois une liste de monuments de bâtiments en péril en France, Stéphane Bern n'est plus "seulement" animateur télé. C'est cette nouvelle vie que raconte Raphaëlle Bacqué dans Le Monde. En revenant sur les critiques qui le touchent depuis plusieurs années, sur son côté "vieille France" et ses positions monarchiques.

En mai 2015, Alexis Corbière et Jean-Luc Mélenchon, notamment, avaient écrit une lettre à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, pour contester le contenu idéologique de ses Secrets d'Histoire, reprochant à l'émission de donner trop de place aux monarques, et pas assez à la République. Les signataires avaient fait les comptes : 60% des émissions étaient consacrées aux monarques, et seulement 6% à des personnalités ou des lieux liés à la République. Bern, qui dans une interview à La Libre Belgique en 2011, assumait "parfaitement" d'être monarchiste", montrerait-il à ses (nombreux) téléspectateurs une vision orientée de l'Histoire de France ? "Il y a eu 700 ans de monarchie et moins de 250 ans de République. Et puis, les sujets sur les révolutionnaires ne marchent pas !", répond l'animateur au Monde. Avant d'en donner la preuve par... les audiences de son émission : "C’est simple, pour Louis XVI – Louis XVI, il n’est tout de même pas si populaire ! – nous avons fait 4,5 millions de téléspectateurs. Pour Clemenceau, 2,5 millions. Danton et les femmes dans la Révolution, cela a été pire…".

Soupçonné par ses détracteurs de vouloir ouvrir le patrimoine au mécénat privé dans le cadre de ses nouvelles missions, Stéphane Bern sera entendu dans les prochaines semaines par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

Et en attendant, l'occasion de voir ou de revoir la chronique de Mathilde Larrère : "Non, Macron et Bern, ce n'est pas François Ier qui a imposé le français en France"

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15h31 suivi

Pub dove : l'actrice noire explique ne pas être "une victime"

Par
Juliette Gramaglia le 10/10/2017

"Je ne suis pas la victime silencieuse d'une campagne de beauté manquée". Le Guardian a publié ce mardi 10 octobre 2017 une tribune de Lola Ogunyemi. La jeune femme noire, qui apparaissait dans la pub de Dove, supprimée après que la marque a été accusée de racisme ce week-end, y défend sa participation à la campagne publicitaire de la marque.

Guardian pub dove

The Guardian, 10 octobre 2017

"Avoir l'opportunité de représenter mes sœurs de couleur pour une marque de cosmétiques me paraissait être le moyen parfait de rappeler au monde que nous sommes là, que nous sommes belles, et plus important encore, que nous sommes estimées", commence la jeune femme. Elle se dit donc "bouleversée" de s'être retrouvée, un matin, "la figure emblématique involontaire d'une publicité raciste". De nombreux internautes ont en effet compris la publicité, qui montrait notamment une femme noire retirant son t-shirt et remplacée par une femme blanche, l'image d'une femme noire devenant blanche parce que "lavée" par le gel douche (même si, comme nous vous le racontions, la vidéo était plus longue).

A rebours de la polémique, Ogunyemi assure que le travail avec l'équipe de Dove a été "positif". "Si j'avais eu la moindre crainte d'être représentée comme inférieure, ou comme l'«avant» dans un clip avant-après, j'aurais été la première a dire «non» avec véhémence", assure-t-elle. "[Une telle chose] va contre tout ce pour quoi je me bats". Et que ce soit la courte vidéo diffusée sur Facebook (et qui a fait le tour des réseaux sociaux) ou la version plus longue, prévue pour la télé et regroupant sept femmes "d'origines et âges différents", Ogunyemi dit avoir été "aux anges", et "fière" du résultat.

Pour autant, la jeune femme ne nie pas l'importance de la polémique. Elle dit notamment "comprendre comment les captures d'écran qui circulent sur Internet ont pu être mal interprétées", d'autant plus que Dove a déjà été la cible de critiques pour des publicités accusées de racisme. "Je pense que l'indignation initiale du public était fondée", admet Ogunyemi. "Mais une fois dit cela, je pense que beaucoup de choses ont été omises", continue-t-elle, déplorant que "le récit [qui a été fait de la publicité, ndlr] a été déroulé sans donner aux consommateurs un contexte qui permettrait de se faire une opinion informée". Soutenant les excuses apportées par la marque après la polémique, elle regrette toutefois que cette dernière n'ait pas plus mis en avant la "créativité" de son projet. Et appelle à la vigilance : "il y a incontestablement quelque chose à dire sur la manière dont les publicitaires doivent regarder au-delà de la surface et considérer l'impact que leurs images peuvent avoir, notamment lorsque cela concerne des groupes de femmes marginalisées".

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15h26 suivi

"Contrefaçon" : un site parodique insoumis contraint de changer de nom

Par
la rédaction le 10/10/2017

Le site parodique Francetvdesinfo, créé par des cyber-militants insoumis, a été mis en demeure de fermer par Radio France et France Télévisions, qui dénonce un "acte de contrefaçon de marque."

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"Et si Mélenchon provoquait la fin du monde ?", "Macron + Castaner = Aimez le printemps !" ou encore "23 septembre : périlleuse excursion en terres insoumises !" Voici quelques uns des titres du site Francetvdesinfo, créé en juin à l'initiative de cyber-militants du forum Discord Insoumis (très actif, comme nous vous le racontions ici et ). À vocation parodique, le site s'inspirait de celui de Francetvinfo. Outre le nom, presque identique, il en reprenait notamment la charte graphique. Des éléments constitutifs d'un "acte de contrefaçon de marque" selon les services juridiques de Radio France et de France Télévisions qui ont envoyé aux militants une mise en demeure le 26 septembre. Pour le groupe, il existe un "risque réel de confusion" entre le site officiel et le site parodique. L'équipe de Francetvdesinfo, qui s'est exprimée dans un communiqué, dénonce de son côté "une volonté de nous nier un droit à la parodie pourtant reconnu par le code de la propriété intellectuelle comme par la Cour de Justice de l’Union Européenne."

Plusieurs journalistes étaient en tout cas tombés dans le panneau de la parodie il y a quelques mois. Comme nous vous le racontions, Le Figaro et BFMTV avaient cité le site des Insoumis et son faux "cahier d'été" En marche !, pensant se trouver sur le site officiel du service public.

Ce cas a-t-il pu attirer l'attention des juristes de Francetvinfo sur le site parodique ? Radio France et France Télévisions ont en tout cas demandé aux militants de "cesser [...] toute exploitation qui pourrait être faite de la marque, du nom de domaine et des éléments de la charte graphique" et de "prendre l'engagement [...] de ne plus utiliser, pour l'avenir ces éléments ou tout autre élément pouvant entraîner une confusion".

Les cyber-militants ont décidé d"obtempérer et de geler le site et les comptes associés sur les réseaux sociaux. "On a consulté des juristes, on s'est dit qu'avec la jurisprudence européenne ça devrait passer, explique le responsable du site, au pseudonyme de "Da Schtroumph", au Huffington Post. Mais clairement, on fait pas le poids face à deux entreprises publiques et leurs avocats. On n'a pas les moyens de se lancer dans une longue procédure."

Une nouvelle version a néanmoins été mise en ligne, avec quelques modifications : les couleurs ont changé, et le site s'appelle désormais "Worldtvdesinfo". Avec une mention supplémentaire : "Quand la réalité dépasse la parodie."

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19h23 buzz

Pub gel douche jugée raciste : la vidéo était plus longue !

Par
la rédaction le 09/10/2017

Excuses d'une marque de gel douche après une pub jugée raciste - et tronquée. L'information a fait le tour des médias français (et internationaux) ce lundi 9 octobre. La marque Dove a dû retirer une de ses publicités Facebook, après un mouvement sur les réseaux sociaux ce week-end l'accusant de racisme. La marque a expliqué dans un tweet : "Une image que nous avons récemment postée sur Facebook n'a pas réussi à représenter les femmes de couleur avec prévenance. Nous regrettons profondément le tort que cela a causé".

Que voyait-on dans cette pub de quelques secondes, depuis supprimée ? Les capture d'écran extraites du GIF publicitaire qui ont circulé sur Facebook, puis sur Twitter, avant d'être reprises sur les sites d'info, montrent une jeune femme noire retirant son t-shirt marron, et remplacée par une femme blanche, rousse, habillée d'un t-shirt blanc. Le gel douche est posé en bas à droite de l'image.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Captures de la pub

Pour beaucoup, il s'agit d'une image montrant une femme noire devenant blanche parce que "lavée" par Dove. Ce qui a provoqué un tollé sur Twitter, s'organisant notamment autour du mot-clé #BoycottDove. Tollé qui a conduit la marque à retirer rapidement sa publicité, et à s'excuser. D'autant que, comme l'ont rappelé plusieurs sites, ce n'est pas la première fois que la marque crée la polémique sur ce sujet. En 2011, une autre de ses publicités avait été vertement critiquée comme véhiculant un message raciste (une accusation à laquelle ont dû faire face d'autres marques ces dernières années).

Dove pub 2011

Pub de la marque, datant de 2011, et jugée raciste

Sauf que la pub Dove est en réalité plus longue de quelques secondes, ce que de nombreux internautes n'ont pas relevé. Dans la suite du GIF, que l'on peut retrouver facilement sur Twitter, on y voit en effet la jeune femme blanche retirer à son tour son t-shirt, et...remplacée par une troisième femme, au teint plus mat, dont l'origine semble être moyenne-orientale.

Une troisième femme susceptible tout de même de changer la perception que l'on a de la publicité... mais qui n'a pas été évoquée sur tous les sites. Certains, comme l'AFP, Le Monde, La Parisienne (supplément féminin du Parisien), 20 Minutes ou encore Le Figaro, ont bien précisé qu'une troisième femme au "teint mat" ou "à la peau plus sombre" apparaissait dans la publicité, tout en ne diffusant pas la pub dans son entièreté (exception faite de 20 Minutes). Et en étant parfois un peu vague : Libération évoque "une troisième femme", mais sans plus de précision - et sans image.

D'autres ont tout simplement omis cette troisième femme : Franceinfo, Paris Match, le Huffington Post, Les Inrocks, Closer ou encore Glamour... aucun de ces sites ne mentionne son apparition dans la vidéo.

L'occasion de (re)lire notre article : "Détournement du mouvement «Black Lives Matter» : une marque retire sa pub"

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18h30 Hors Série

Pour une "allocation universelle d'autonomie" aux étudiants (Issehnane, Moulin/Hors-Série)

Par
la rédaction le 09/10/2017

La fac pour tous. Les Économistes Atterrés Sabina Issehnane et Léonard Moulin, membres du collectif ACIDES(Approches Critiques et Interdisciplinaire des Dynamiques de l'Enseignement) et co-auteurs de Arrêtons les frais ! Pour un enseignement supérieur gratuit et émancipateur (Raisons d'agir, 2015), étaient invités cette semaine sur le plateau de Hors-Série pour parler de l'université. Un service public qui, comme beaucoup d'autres, souffre selon Issehnane, d'un discours "profondément idéologique" de restrictions, notamment budgétaires : "Constamment, on va mobiliser ce discours, [par exemple] de solidarité intergénérationnelle, c'est-à-dire que «la dette va être payée pas nos petits-enfants», alors que c'était un discours qu'on utilisait auparavant pour les questions environnementales."

Alors comment garder l'université accessible à tous ? "On pourrait accorder à tous les étudiants et étudiantes une allocation universelle d'autonomie, qui dépendrait de si ils ou elles vivent chez leurs parents, ou si ils sont des cohabitants ou des cohabitantes, évoque Moulin. Et qui serait financée par extension ou par création d'une nouvelle branche de la Sécurité Sociale, de la même manière qu'on a un système de retraite financée par la Sécurité Sociale." En somme, une "prestation sociale qui serait financée par cotisation sociale".

L'occasion de voir l'intégralité de l'émission, sur le site de Hors-Série

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12h19 suivi

Baffie/Nolwenn Leroy : "On ne souleve pas la jupe des filles, c'est tout" (Rousseau)

Par
la rédaction le 09/10/2017

Soulever la jupe d'une femme, c'est non et définitivement non. Rappelez-vous : le 23 septembre dernier, Laurent Baffie soulevait sur le plateau de Salut les Terriens la jupe de Nolwenn Leroy, et ça ne passait pas. Pour l'ancienne cadre EELV Sandrine Rousseau et la journaliste et porte-parole du collectif Prenons la Une Lauren Bastide, reçues sur notre plateau à propos des violences faites aux femmes, le constat est le même. Quand bien même la chanteuse ne serait pas mal à l'aise parce que Baffie est "son ami", comme elle le disait en plateau. "Si ils sont amis et que elle, elle peut se permettre à la limite de lui tirer le T-shirt ou je ne sais quoi... Ça se fait pas à la télévision, explique Rousseau. Là, on est dans un espace public. Le message qui est envoyé c'est : on peut soulever la jupe d'une femme sans lui demander". Sauf que non : "On ne soulève pas la jupe des filles, c'est tout. Il n'y a même pas à discuter".

Pour voir en intégralité notre émission sur la violence faites aux femmes avec Sandrine Rousseau, Clémentine Autain et Lauren Bastide, c'est ici.

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11h58 @rrêt sur images

Viol : "Je dois avoir honte ? Et pourquoi ?" (Autain)

Par
la rédaction le 08/10/2017

Après un viol, doit-on se déclarer victime publiquement ? Sur le plateau d'On n'est pas couché, face à Sandrine Rousseau venue parler de sa difficulté à se faire entendre après l'agression sexuelle qu'elle a subie, la chroniqueuse et écrivaine Christine Angot refusait de se présenter comme victime. A l'inverse, Clémentine Autain députée de la France insoumise invitée sur notre plateau cette semaine, a témoigné à plusieurs reprises du viol qu'elle a subi, notamment dans un documentaire de 2012. Elle explique que pendant longtemps, elle mentait aux journalistes qui la questionnaient sur les origines de son engagement féministe."C'est le poids de ce mensonge qui a été très dur pour moi (...) Pourquoi mentir ? Je dois avoir honte ? Je peux pas le raconter ? Et pourquoi ? (...) A un moment donné, je me dis il faut arrêter avec ce mensonge."

L'occasion de voir l'intégralité de notre émission : Angot / Rousseau : "Les violences faites aux femmes systématiquement traitées comme un spectacle"

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11h20 vu

"La télé ça pue" : le rappeur Vald tacle Ardisson

Par
la rédaction le 08/10/2017

Il y a des émissions qui ne passent pas. Le rappeur Vald, invité de Salut les Terriens le même soir que l'épisode de la jupe de Nolwenn Leroy soulevée par Laurent Baffie, a pris la parole dans une story Snapchat (comme Raquel Garrido cette semaine) pour critiquer Thierry Ardisson... et la télé en général. "J'ai la haine, dit-il. Je déteste la télé. Ça pue du cul la télé. Ardisson me dit : "Bonjour ta première teuch à 9 ans. Ensuite il me demande c'est quoi d'être blanc. Ensuite il me dit t'es le Eminem français, non mais... Et là surprise, il arrive à finir sur "eh au fait ton frère muz est-ce que tu l'envies." (...) Et là-dessus il insiste, "mais il est musulman...". J'étais pas préparé j'ai dit une connerie j'ai dit ""il est revenu, il est revenu à ses croyances de base. Et là tout le monde applaudit!"" Le rappeur trouve ces questions "hors propos", lui étant venu pour parler "de musique". Il aurait donc demandé à ce que la séquence soit retirée... ce que la production n'a pas fait.

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L'interview correspond-il vraiment au tableau qu'en fait Vald? Ardisson l'ouvre en tout cas avec des remarques semblant montrer qu'il ne tient pas le rap en haute estime, ni les rappeurs : "Vous n'êtes pas vraiment un rappeur comme les autres. Vous n'êtes pas noir, vous ne passez pas vos journées en salle de muscu, et vous savez que le verbe croiver n'existe pas en Français." Il va ensuite conduire l'interview en le ponctuant de mots en "verlan" ou d'argot, alors que Vald n'emploie ni l'un ni l'autre. Il fait ainsi une biographie accélérée de Vald, relevant qu'"à 9 ans, vous découvrez votre première teuch." Pour parler argent, il demande : "Tu prends de la caillasse?" avec une fausse voix menaçante.

Les autres questions dénoncées par Vald, en revanche, sont posées par Ardisson au sujet des paroles des chansons du rappeur. Ardisson demande ainsi : "Vous avez un morceau qui s'appelle Blanc. C'est très marrant parce que c'est un morceau sur votre couleur. C'est vrai que les Noirs ils parlent des Noirs, y'a jamais un Blanc qui parle des Blancs. Donc dans ce morceau vous parlez de vous. C'est quoi d'être Blanc?" A nouveau, Ardisson aborde la question de la foi parce qu'il cite un des morceaux du rappeur : "Vous dites, je suis le miroir d'une civilisation essouflée à court d'illusions où le sexe la drogue et les jeux vidéo sont les seuls échappatoires à une société privée d'idéaux. Est-ce que vous aimeriez avoir un idéal par exemple est-ce que vous aimeriez avoir la foi?" Mais c'est là que l'interview prend un tour inattendu, et totalement hors propos. Ardisson embraie : "Est-ce que vous enviez votre frère qui est devenu musulman?" Vald : "Très peu. mais je l'aime beaucoup." Ardisson : "Mais il est musulman." Pourquoi ce "mais", on ne sait pas. Vald, en tout cas, dément, comme il l'a expliqué sur Snapchat : "Il l'était, mais il est revenu." L'interview se termine ainsi, sur une musique orientalisante.

Sollicitée par Asi au sujet de son engagement non tenu de retirer la séquence, la production n'a pas encore donné suite.

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18h24 suivi

OGM : comment Monsanto a effacé une étude critique (Le Monde)

Par
Robin Andraca le 06/10/2017

Un "torpillage". Ce 5 octobre, Le Monde raconte comment Monsanto a oeuvré, en coulisses, pour obtenir la rétractation d'une étude.

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Le Monde, 5 octobre 2017

 

Une étude qui ne lui était pas franchement favorable : publiée en 2012 par le biologiste français Gilles-Eric Séralini, elle affirmait que plusieurs rats nourris avec un maïs transgénique et/ou au Roundup (l'herbicide de Monsanto à base de glyphosate) avaient développé des tumeurs énormes.

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Les rats en question avaient fait la une de la presse mondiale, entamant sérieusement l'image de Monsanto et déclenchant une bataille entre pro et anti-OGM sur les plateaux télé français. Les pro estimaient notamment que le nombre d'animaux étudiés était trop faible, ou que ce type de rat utilisé développait plus facilement des tumeurs. Séralini aussi était visé, lui qui avait été recadré par l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments en 2007, après une expérience similaire sur des rats (avec un maïs OGM, le Mon 863). "La méthode statistique de l'auteur a conduit à des résultats trompeurs", avait déclaré à l'époque le commissaire européen à la Santé. Et la campagne des pro-OGM avait été couronnée de succès : en 2013, l'étude avait été retractée, puis effacée, de la revue scientifique Food and Chemical Toxicology, pour son manque de "conclusion probante". Une première dans l'histoire du magazine scientifique.

Un rédacteur en chef lié à Monsanto

Quatre ans plus tard, Le Monde raconte les coulisses de cette décision : c'est Monsanto qui a fait pression pour désavouer cette publication. Comment ? Grâce au rédacteur en chef de la revue, Wallace Hayes, alors lié par un contrat de consultant à Monsanto, ce que personne ne savait à l'époque. Sa mission, rémunérée 400 dollars de l'heure, dans une limite de 3200 dollars par jour et un total et de 16 000 dollars ? Développer un réseau de scientifiques sud-américains prêts à participer à un colloque sur le glyphosate.

Ce n'est pas tout : le rédacteur en chef de la revue s'est ensuite affairé pour que la revue reçoive plusieurs "lettres à l'éditeur", signées par la communauté scientifique, pour que la revue puisse justifier la suppression de l'étude. Des échanges de mails, publiés par Le Monde, le prouvent. En septembre 2012, l'un des toxicologues de Monsanto, David Saltmiras, écrit à des collègues : "Wally Hayes m’a appelé ce matin en réponse à mon message d’hier. Il s’est inquiété de ne recevoir que des liens vers des blogs ou des billets publiés en ligne, des publications de presse, etc., et aucune lettre formelle à l’éditeur". Avant de poursuivre : "Il a donc un besoin urgent de lettres formelles à l’éditeur, objectives, rationnelles et faisant autorité (...) Je pense qu’il aimerait recevoir ces lettres aujourd’hui". Deux mois plus tard, une demi-douzaine de lettres individuelles et une lettre collective signée par 25 chercheurs sont publiées dans la revue. En janvier 2014, Hayes justifie dans un éditorial la suppression de l'étude en citant "les nombreuses lettres exprimant de l'inquiétude quant à la validité de ses conclusions". Le tour est joué.

Cette enquête du Monde est signée par deux journalistes, Stéphane Hornel et... Stéphane Foucart, invité en 2012 sur notre plateau aux côtés du biologiste Séralini. En fin d'émission, Foucart avait confessé qu'il ne "croyait" pas en l'étude de Séralini : "Moi, à titre personnel, je n'y crois pas. Je ne crois pas que les OGM, ça puisse faire des choses aussi massives (...) Une étude qui montre quelque chose de super massif, d'incroyable. 24 études qui montrent rien (...) Aucune autre étude n'a observé quelque chose d'aussi énorme".

Croit-il davantage à cette étude après avoir découvert son torpillage par Monsanto ? Non. "Je maintiens à la virgule près ce que j'ai dit sur le plateau à l'époque. Je pense toujours que ces travaux ne sont pas convaincants. D'un point de vue statistique, cette étude n'a pas la puissance nécessaire pour prouver un lien entre l'OGM et les effets qu'ils montrent", répond Foucart, contacté par @si. Toutefois, le journaliste reconnaît qu'il n'aurait pas écrit de la même façon son article de 2013, sur l'étude désavouée du professeur Séralini, s'il avait su ce qu'il sait aujourd'hui : "J'aurais beaucoup plus insisté sur le fait que le retrait était une décision inédite dans l'histoire de la revue".

L'occasion de revoir notre émission : "Si on me prouve que les OGM sont dangereux, je l'écrirai"

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18h20 suivi

"On se débrouille" : Angot revient sur la séquence polémique d'ONPC

Par
la rédaction le 06/10/2017

Au tour de Christine Angot. Silencieuse depuis la séquence très médiatisée (sur notre site également) diffusée samedi dernier, où l'écrivaine a violemment pris à partie, sur le plateau d'On n'est pas couché, Sandrine Rousseau, venue discuter de son livre Parler, Angot a accordé une interview à Télérama. La chroniqueuse de Laurent Ruquier y revient la séquence, qui a fait l'objet d'une saisine au CSA


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Dans Télérama, Angot revient sur le sens de son "on se débrouille, c'est comme ça", dirigé contre les structures qui recueillent les paroles de victimes. "Ce que je veux dire par : «on se débrouille», en réponse à «comment on fait ?» (c'est qu')on ne nous laisse pas le choix. Il ne faut pas «aider» les gens, ce n’est pas assez, il faut les sauver." Angot explique : "Personnellement, j’en ai assez qu’on demande aux femmes de revendiquer la souffrance. Une souffrance toujours rapportée au travail, aux tâches ménagères, aux enfants qu’il faut faire garder, au sexe, à la séduction, à l’âge, on n’en peut plus." Elle ajoute : "Je dis simplement que revendiquer un statut de victime n’est pas une ambition."

Quant à son départ du plateau, coupé au montage, Angot assure qu'il n'est pas lié à son désaccord avec Rousseau. "Je commençais à parler, et j’ai entendu des huées, à plusieurs reprises. A la télévision, il y a du public et un chauffeur de salle pour l’ambiance. Mais les huées se sont reproduites, je ne pouvais plus parler, ma tête s’est vidée. Je n’y arrivais plus, alors pourquoi rester sur le plateau ? A ce moment-là, je me suis dit que je quittais l’émission." Finalement, Angot raconte que c'est la productrice de l'émission, Catherine Barma, qui l'a convaincue de rester.

Un mystérieux "message" de Laurent Ruquier enregistré

D'après Téléstar, Laurent Ruquier aurait de son côté décidé d'enregistrer un message en début de l'émission de samedi 7 octobre, pour revenir sur la polémique. "S'il n'a pas présenté d'excuses pour cette séquence, l'animateur s'est défendu d'avoir voulu faire le buzz", rapporte le site. Qui ajoute : "[Il] a tenu à rappeler que malgré leur clash, ces deux femmes ont connu "la même douleur" et la "même souffrance" même si elles les ont exprimées de manière différente en notant cette fois-ci qu'à l'instar de Sandrine Rousseau, Christine Angot avait été elle aussi victime d'une agression sexuelle sans entrer dans les détails." Pour rappel, Angot a raconté dans plusieurs de ses romans que son père la violait. 

Depuis une semaine, la séquence d'On n'est pas couché n'en finit en tout cas pas d'agiter France 2, qui se félicitait dimanche dernier d'avoir battu des records d'audience pour l'émission. La chaîne, dont la directrice a dit "déplore[r] le malaise qui a été suscité dans le public par cette séquence [entre Angot et Rousseau]", a dû également s'expliquer auprès des SDJ de France 2 et Franceinfo après avoir censuré l'émission Vu lundi dernier, qui revenait justement sur ce passage.

L'occasion de voir notre émission de la semaine, avec Sandrine Rousseau, Clémentine Autain et Lauren Bastide : "Les violences faites aux femmes systématiquement traitées comme un spectacle"

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18h29 suivi

Censuré, "Vu" répond à France 2

Par
la rédaction le 05/10/2017

Esprit France 2, es-tu là ? Après la censure du Vu de lundi 2 octobre par la chaîne France 2, l'émission de Patrick Menais, "réincarnation" du Zapping de Canal +, a répondu à son diffuseur par l'image. Sur le ton ironique qui fait sa marque, Vu ouvre sa pastille de mercredi avec un extrait de L'Info du Vrai, animé par Calvi et ses Calvinologues, et diffusé sur Canal+. "Esprit Canal, es-tu là ?", demande la Miss Météo de l'émission. "Mon antique fonction d'annonceur de spectacle est gênée par la mystérieuse conduite des esprits. On tenterait en vain d'user de la raison pour expliquer leurs actions pleines de confusion"", répond en echo un opéra d'Arte. Retour sur L'info du vrai. L'esprit Canal répond à la question de la Miss Météo : "Vous pourriez juste arrêter de m'invoquer tout le temps ? Tout le monde est là, ouais il est où l'esprit canal... Laissez-moi tranquille, merde. L'esprit France 2 on l'emmerde pas lui". L'opéra de Berlin approuve, toujours sur Arte : "Pourquoi t'associer avec moi si tu ne l'assumes pas jusqu'au bout ? Tu veux voler, et tu as le vertige ?". Conclusion sans appel des Reines du Shopping(M6) de ce montage légèrement crypté : "C'est chaud".

A voir au moins deux fois pour comprendre : quand le Vu de France 2 se moque de France 2 (et par extension de Canal)

Réactions à la censure de Vu toujours : mercredi, les Sociétés des Journalistes de France 2, de la chaîne Franceinfo et du site franceinfo.fr se sont associées pour demander "à la direction du groupe de s'expliquer en détail sur les raisons de cette déprogrammation". Pour rappel, la chaîne avait expliqué aux Inrocks avoir "pris la décision de ne pas diffuser Vu, suite à l'attention et à l'émoi suscités par la séquence d'On n'est pas couché avec Christine Angot et Sandrine Rousseau".

L'explication de France 2 n'avait pas convaincu les SDJ. "Il serait regrettable que le service public remette en cause la liberté de ton dont devrait bénéficier cette émission officiellement présentée par France 2 comme «un regard impertinent et libre sur le monde de l'image»", notait le communiqué. Et d'ajouter : "Rappelons que le Zapping, version Canal +, n'a jamais été censuré par le passé". Censuré, peut-être pas (il avait diffusé de larges extraits d'un documentaire sur le Crédit Mutuel, documentaire justement censuré par Canal + version Bolloré), mais Canal+ version Bolloré n'avait pas conservé longtemps l'irrévérence du Zapping : l'émission avait été supprimée de la chaîne en juin 2016.

France 2 invoque Marlène Schiappa

Ce jeudi, les SDJ ont finalement été reçues par la direction de France 2. Elles livrent dans un communiqué la réponse de la chaîne, qui explique avoir été prise de court par la saisine du CSA par la secrétaire d'Etat à l'égalité des femmes et des hommes, Marlènes Schiappa : "Le problème, c'est qu'avec cette saisine, nous ne connaissons pas le statut réglementaire de ces images et cela peut être un facteur aggravant de les rediffuser." Selon le texte des SDJ, la direction assure par ailleurs que "la censure aurait été de couper les 40 min de débat qui est, comme vous le savez, enregistré". Les SDJ ont annoncé qu'elle "[prenaient] acte de cette réponse". Rappelons toutefois que la saisine par Schiappa du CSA était surtout symbolique, puisque le gendarme de l'audiovisuel se penche sur une séquence télé dès lors qu'un spectateur, quel qu'il soit, la lui signale.

Dans son numéro du 6 octobre, Vu n'a pas repris le passage de Sandrine Rousseau dans l'émission Quotidien (TMC), au cours duquel a été citée une réaction officieuse de France 2 à l'émission de Laurent Ruquier.

L'occasion de voir notre émission, avec Sandrine Rousseau, Clémentine Autain et Lauren Bastide : "Les violences faites aux femmes systématiquement traitées comme un spectacle"

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17h58 vous n'êtes pas obligés

Besançon : l'élue LREM, le journaliste "en retraite", et le dé à coudre

Par
Juliette Gramaglia le 05/10/2017

C'est une remarque qui a du mal à passer. La responsable En Marche du département du Doubs, Alexandra Cordier s'est fendue dimanche 1er octobre d'un tweet surprenant : "Se demande quand L'Est Républicain mettra en retraite Jean-Pierre Tenoux. Vérifier ses sources est le b.a.-ba de la profession, non ?" - sans préciser à quelles "sources" elle fait référence.

Cordier Est Répu

A quoi réagit-elle? A un billet politique du journaliste de L'Est Républicain Jean-Pierre Tenoux, paru dans l'édition régionale du quotidien ce même dimanche. Il y revient sur le "mélange des genres" pratiqué par Cordier. Car cette dernière, en plus d'être référente du parti LREM dans le Doubs, est aussi, selon son compte Twitter, "conseillère grands projets urbains" à la mairie de Besançon (dont le maire, Jean-Louis Fousseret, ancien PS, s'est rallié à Macron mais conserve des adjoints PS, Front de Gauche et EELV) et attachée de presse de cette même mairie. Une multiplicité de fonctions qui, selon Tenoux, ont tendance à se confondre. Le journaliste cite dans son billet le compte Twitter @BesanconPresse. "Alimenté par Mme Cordier, [...] [le compte Twitter] a déjà bataillé avec un adjoint PS, ferraillé avec l'assistant du groupe PS, relayé la parole gouvernementale, bloqué un blogueur qui s'en étonnait", écrit Tenoux. "Entre militant d'un parti minoritaire dans une collectivité et porte-parole officiel de celle-ci, il serait sain de choisir", conclut Tenoux. Une injonction qui n'a donc visiblement pas plu à l'intéressée.

"conception inquiétante de la liberté de la presse"

Contacté par France 3 Franche-Comté, le rédacteur en chef adjoint de l'Est Républicain, et directeur régional de Franche-Comté, a jugé le propos de Cordier "inélégant et surprenant de la part d'une attachée de presse dont la fonction est de mettre du liant." Et de dénoncer "une conception inquiétante de la liberté de la presse de la part d'une porte-parole de parti".

Mais y a-t-il vraiment un tel mélange des genres sur le compte Twitter pointé par Tenoux ? Il apparaît que Tenoux fait référence dans son billet à une conversation en particulier, entre les comptes @BesanconPresse, celui personnel d'Alexandra Cordier, celui de l'adjoint PS à la mairie Jean-Sébastien Leuba et celui d'un secrétaire du PS dans le Doubs Nicolas Béliard autour d'une citation d'Edouard Philippe relayée par le compte du service presse.

L'échange, assez haché et peu clair, il faut bien le dire, n'a rien de proprement scandaleux, mais il illustre pour Tenoux la confusion entre les différents rôles de Cordier. Contacté par @si, le journaliste explique avoir été "interpellé" par ces quelques tweets qu'il a repérés sur le compte du service presse. Quant à la réaction de Cordier, Tenoux dédramatise : "Je suis conscient que ça pose une question de principe, de demander à un quotidien de mettre en retraite son journaliste, mais je n'ai pas envie de me commenter moi-même". Il conclut à une "tempête dans un dé à coudre". On est tenté d'approuver.

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21h06 lu

Gabon : Un documentaire déprogrammé par Canal+ (Mediapart)

Par
la rédaction le 04/10/2017

Changement d'avis, ou documentaire qui dérange? La chaine Planète+, propriété du groupe Canal a déprogrammé à la dernière minute la diffusion d'un documentaire consacré à plusieurs femmes de dictateurs, dont Patience Dabany, l'ancienne première dame du Gabon. Selon Mediapart, la décision a été prise suite à une mise en demeure transmise par l'avocat de Dabany, menaçant le groupe de poursuites judiciaires.

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"Despot housewives", contrairement à son inspiratrice Desperate Housewives, ne fait pas l'unanimité. La série de documentaires réalisée par Joël Soler, consacrée aux femmes de dictateurs, a vu son dernier épisode, "Les matriarches", déprogrammé à la dernière minute. C'est la chaîne Planète +, propriété du groupe de Vincent Bolloré, qui a pris la décision, jeudi 28 septembre, selonMediapart. La cause de cette annulation ? Une mise en demeure de l'avocat de Patience Dabany, l'ancienne épouse d'Omar Bongo et première dame du Gabon de 1967 à 1987 : une des femmes évoquées dans le documentaire de Soler. Dabany, par l'intermédiaire de son conseil, menaçait la chaîne de poursuites judiciaires si le documentaire était diffusé. Il aurait donc été déprogrammé "par prudence", selon Christine Cauquelin, directrice des chaines "Découverte" du groupe Canal+, interrogée par Mediapart. Aucune décision définitive n'a cependant encore été prise par la chaîne, qui pourrait reprogrammer le documentaire.

L'initiative de Dabany surprend pourtant le réalisateur du documentaire. Il raconte s'être soumis à un protocole lourd pour recueillir le témoignage de Dabany : une autorisation officielle, une liste de questions transmises à l'ex-première dame, et la présence de son manager pour filtrer les questions. "Je suis donc surpris que madame Dabany fasse pression pour faire interdire la diffusion du film", commente-t-il auprès de Mediapart. La décision du groupe interroge aussi le site d'information, qui rappelle le double contexte dans laquelle elle intervient : "celui de la reprise en main éditoriale du groupe Canal+ par Vincent Bolloré et celui des liens de l'industriel avec le Gabon." Ce ne serait, en tout cas, pas la première fois que Bolloré fait déprogrammer un programme qui ne lui plait pas.

L'occasion de relire notre enquête, "Comment Bolloré a censuré l'enquête de Canal+ sur le Crédit Mutuel".

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14h56 suivi

Glyphosate (3) : dans la machine à désinformer de Monsanto (Le Monde)

Par
Capucine Truong le 04/10/2017

Le Monde replonge dans les papiers sales de Monsanto. Après avoir scanné la campagne de dénigrement du Centre International de Recherche contre le Cancer orchestrée (CIRC) par Monsanto (avec le concours inopiné de l'agence Reuters), les journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel dévoilent comment la firme américaine a coécrit et fait signer par des scientifiques des articles, notamment publiés par l'hebdomadaire américain Forbes, pour "contrer les informations dénonçant la toxicité du glyphosate."

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On n'est jamais mieux servis que par soi-même, a dû penser Monsanto. Ecrire soi-même des articles assurant que le glyphosate, agent actif du Round Up, pesticide et produit numéro 1 de la firme américaine, n'est pas cancérogène et les faire signer par des scientifiques reconnus revient moins cher que de les faire écrire par ces scientifiques eux-mêmes. Le "ghost writing", littéralement "écriture fantôme" a été largement utilisé par Monsanto pour désinformer dans l'intérêt de l'entreprise, révèle Le Monde, dans son dernier article issu de l'analyse des "Monsanto papers".

Après le dénigrement du CIRC, le Centre International de Recherche contre le Cancer, et la publication d'articles dans des revues scientifiques par des chercheurs en fait rémunérés par Monsanto, l'enquête lève le voile sur une troisième stratégie de désinformation de la firme pour contrer le verdict du CIRC, ayant déclaré le glyphosate "cancérogène probable" en mars 2015.

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Consistant à faire écrire par ses propres employés textes et études, puis à les faire signer par des scientifiques "sans lien de subordination" payés pour apporter leur "prestige à la publication", la pratique du "ghost writing" est considérée comme une forme grave de fraude scientifique. Elle s'apparente en fait à une forme de "blanchiment", sous le nom de scientifiques apparemment indépendants et donc crédibles, des vues et intérêts de l'entreprise.

Monsanto y a eu largement recours pour faire publier dans des revues scientifiques respectées des articles remettant en cause la nocivité du glyphosate. Le Monde raconte ainsi comment "une des toxicologues en chef de la firme", Donna Farmer, a fait parvenir les "46 premières pages" du manuscrit d'un article à un cabinet de consultant spécialisé en affaires scientifiques... en enlevant son propre nom de la liste des auteurs. L'article, constate Le Monde, est ensuite paru dans la revue Journal of Toxicology and Environmental Health, part B, "sous la seule signature des consultants extérieurs. Elle conclut à l'absence de risques du glyphosate pour le développement du foetus et la reproduction."

Des articles écrits "à partir d'un brouillon de haute qualité"

Mais la pratique du "ghost writing" a aussi été utilisée par Monsanto pour diffuser ses vues dans des médias généralistes. Le Monde met en avant l'exemple d'Henry Miller, un biologiste américain rédigeant régulièrement pour le Wall Street Journal et le New York Times des tribunes "contre l'agriculture biologique", pour les OGM et les pesticides. Le biologiste collaborait aussi avec le magazine économique Forbes.

Or, les documents déclassifiés à la demande de la justice américaine montrent que certaines de ces tribunes étaient en fait préécrites par une équipe de Monsanto. Ainsi, en mars 2015, prévoyant le verdict négatif à son encontre du CIRC, la firme agroalimentaire contacte Miller pour "écrire davantage au sujet du CIRC, son processus et sa décision controversée". Réponse de Miller : oui, mais à condition de "partir d'un brouillon de haute qualité". La version publiée par Forbes s'avèrera être quasiment identique à la version fournie à Miller par Monsanto, selon Le Monde. Forbes, suite à ces révélations, a retiré en août 2017 l'intégralité des tribunes signées du nom d'Henry Miller de son site internet. Mais le mal est fait.

L'occasion de voir notre émission "Irma, Harvey : «Les idées climatosceptiques se forgent dans le marigot d'internet»", avec Stéphane Foucart, journaliste au Monde, Jean-Louis Caffier, journaliste et consultant environnement pour BFMTV et Sabrina Speich, professeur à l’École normale supérieure en sciences du climat.

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