Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h41 grrr !

30% de salariés atteints de bore out ? Le Monde récidive

Par
Anne-Sophie Jacques le 05/05/2016

Le Monde adooooore le bore-out – autrement dit le syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui. Déjà, l’an passé, le quotidien consacrait un article à ce "nouveau mal du siècle". Rebelote en mars dernier. A chaque fois, Le Monde cite l’économiste Christian Bourion qui assure qu'un tiers des salariés seraient atteints de bore out. Pourtant, comme l’ont signalé deux professeurs dans un billet de blog hébergé… par Le Monde, et comme nous l’avions également constaté, ce chiffre n’est qu’une estimation. Ce qui n’empêche en rien le quotidien de récidiver avec un troisième article sur le sujet, sans nuancer là encore le chiffre de Bourion.

Et de trois ! En deux ans, Le Monde a consacré trois articles au bore out, syndrome d'épuisement professionnel par l'ennui. Le premier, publié l’an passé, évoque un "nouveau mal du siècle". Le deuxième, publié en mars dernier, assure que "le phénomène est loin d’être marginal". Et enfin le troisième, publié mercredi 5 mai, estime que 15% à 30% des salariés seraient atteints du syndrome, la fourchette haute étant celle de Christian Bourion, professeur à ICN Business School Nancy-Metz et auteur d’un livre sur le sujet. Conclusion du quotidien : "chiffrer le bore-out est particulièrement difficile car il est tabou."

Le Monde Bore out

Tabou, le bore out ? Pas vraiment. Comme nous le racontions ici, les médias raffolent de ce nouveau syndrome – à distinguer du burn-out, syndrome d'épuisement professionnel qui lui tente d’être reconnu comme maladie professionnelle. Et à chaque article sur le sujet, une source : l’économiste Bourion. Pourtant, à la lecture du billet de blog (hébergé par Le Monde) publié le 10 avril dernier et signé par deux professeurs en science de gestion, Emmanuel Abord de Chatillon et Céline Desmarais, les travaux de l’économiste sont à prendre avec des pincettes. Et notamment le chiffre de 30% de salariés atteints par le bore out qui repose sur un sondage réalisé auprès… de demandeurs d’emploi. Interrogé à l’époque par @si, Bourion reconnaissait que ce chiffre était une "espèce de moyenne", une "estimation" établie à partir des données collectées sur Internet. Autrement dit, des conversations de personnes disant s’ennuyer au travail.

Si l’ennui au travail est un vrai sujet en soi, en revanche, conclure qu’un tiers des salariés seraient atteints de ce syndrome susceptible de déclencher des pathologies cardiovasculaires ou des dépressions, est tout de même exagéré. Les deux professeurs ont d’ailleurs alerté de nombreux médias sur cette approximation, et notamment Le Monde. Peine perdue : comme nous le racontions également, le quotidien a refusé de publier un rectificatif ou même de faire un simple renvoi au billet des professeurs. A ce jour, et à notre connaissance, seul le magazine Psychologies a ajouté une ligne à son dossier qui renvoie au billet d’Abord de Chatillon et Desmarais. A noter également le coup de gueule de l’ancien journaliste spécialiste de la santé Vincent Olivier – et aujourd’hui à la tête d’une société de conseil en communication – qui dénonçait hier sur son blog hébergé par L’Express "une manipulation statistique".

Pourquoi un troisième article du Monde ? Peut-être pour surfer sur l’actualité. Comme nous le racontions ici, les médias se sont jetés en début de semaine sur le "premier cas de bore out" examiné par le Conseil des prud’hommes de Paris. Pourtant, à regarder de près, ce cas est plutôt celui d’une mise au placard du salarié – et encore, l’affaire semble compliquée – et non d’un épuisement dû à l’ennui au travail. Mais bore out, c’est tellement plus vendeur et moderne !

>> L’occasion de lire ou relire notre article "Bore out : tabou ou concept bidon ?"

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15h56 grrr !

Manifestants/projectiles : I-Télé pris à partie après une erreur

Par
Anne-Sophie Jacques le 05/05/2016

Les manifestants ont-ils jeté des projectiles hier matin lors de l’évacuation de migrants réfugiés dans le lycée désaffecté Jean-Jaurès dans le 19earrondissement de Paris ? C’est ce qu’affirmait une dépêche AFP – reprise notamment ici – avant d’être démentie par des journalistes et des manifestants – dont le porte-parole du Parti de Gauche Eric Coquerel. Mais l’AFP n’est pas la seule s’être trompée : un caméraman et un journaliste d’I-Télé ont également évoqué des projectiles avant d’être pris à partie par les manifestants. Face à eux, les deux envoyés spéciaux de la chaîne d’info continue ont reconnu une "maladresse".

Il faisait à peine jour quand les forces de l’ordre ont évacué vendredi 4 mai à 6h20 près de 300 migrants réfugiés dans le lycée Jean-Jaurès dans le 19e arrondissement de Paris. Ces migrants, soutenus notamment par le collectif La Chapelle debout, occupaient le lycée désaffecté depuis quinze jours – une occupation faisant suite à leur délogement des arcades sous la station de métro Stalingrad. Selon Libération, l’évacuation du lycée a été ordonnée par la justice le 29 avril – à la demande du conseil régional d’Ile-de-France.

A peine une heure plus tard, l’AFP – reprise notamment ici – publie une dépêche précisant que "la police a employé du gaz lacrymogène pour disperser plusieurs dizaines de manifestants qui avaient formé une chaîne humaine afin d’empêcher l’accès à une entrée du lycée parisien. L’opération a duré une dizaine de minutes". Avant d’ajouter : "des manifestants, dont certains étaient masqués ou cagoulés, ont répondu par des jets de projectiles, aux cris de «tout le monde déteste la police»".

Libération

Des jets de projectiles ? Pas du tout, raconte le journaliste de Libé arrivé sur les lieux vers 9h30. Selon lui, les "manifestants contestent […] s’être montrés violents ou avoir fait usage de projectiles contre les gendarmes, comme l’a écrit l’AFP". En effet, ces derniers s’en étaient émus sur le compte Twitter de la revueVacarme. De son côté, Le Parisien rapporte que "l’intervention des forces de l’ordre a été, de l’avis général, particulièrement rude pour une opération de ce type" mais ne fait mention d'aucune violence de la part des manifestants. Cela dit, l’AFP n’est pas la seule à s’être trompée. Présents également lors de l’évacuation, un cameraman et un journaliste d’I-Télé ont eux aussi évoqué des jets de projectiles… ce qui a provoqué l’indignation des manifestants. Comme on peut le voir dans cette vidéo postée sur Facebook, ces derniers sont allés demander des comptes à l’équipe d’I-Télé. Dans un échange tendu, le caméraman finit par reconnaitre "une méprise" de leur part et le journaliste "une maladresse".

Journaliste I-Télé et Eric Coquerel

Le journaliste d'I-Télé et Eric Coquerel, image extraite de la vidéo évoquée ci-dessus

Parmi les manifestants : Eric Coquerel – que l’on voit à la fin de la vidéo. Interrogé par @si, le porte-parole du Parti de Gauche confirme que les manifestants n’ont "opposé aucune résistance violente" : "une poubelle a certes été poussée, certains manifestants étaient en effet cagoulés, mais moi aussi j’aurais préféré l’être étant donné le tir de gaz lacrymogène effectué par les force de l’ordre". Selon Coquerel, l’équipe d’I-Télé été prise à partie par les manifestants sans heurts : "le journaliste était visiblement embêté. Il m’a proposé une interview sans que je sache si elle a été diffusée sur la chaîne d’info continue à ce jour". Le porte-parole du Parti de Gauche regrette que "les journalistes survendent leurs informations quitte à travestir la réalité."

>> L’occasion de lire notre article "Loi travail : comment la police perd la bataille des images".

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20h05 suivi

Militaires / Soubelet : un général tacle Juppé sur le devoir de réserve

Par
Manuel Vicuña le 04/05/2016

"Un militaire, c'est comme un ministre: ça ferme sa gueule ou ça s'en va". Le 25 avril dernier, face aux étudiants de Science-Po à Bordeaux, Alain Juppé prononçait cette sentence assassine. Une réponse martiale au général Bertrand Soubelet, ex-numéro 3 de la gendarmerie et récent auteur de "Tout ce qu’il ne faut pas dire", un livre qui tire à boulets rouges sur la politique pénale du gouvernement et le "laxisme" des juges et qui vient de lui coûter son poste, comme @si vous le racontait ici. Pour Juppé pas de doute : "Si on laisse à chaque militaire la possibilité de critiquer les gouvernements, il n'y a plus de gouvernement". "Faux" lui répond aujourd’hui, un autre haut gradé, Vincent Desportes.


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"Réponse à l'emporte-pièce"

Dans une tribune publiée ce mercredi 4 mai dans Le Monde, cet ardent défenseur du droit d’expression des militaires adresse une réponse cinglante au candidat à la primaire des Républicains. "Monsieur Juppé, les propos que vous avez tenus le 25 avril devant les étudiants de l’IEP de Bordeaux sont indignes. Méprisants, ils montrent une profonde méconnaissance de la réalité stratégique." Pour Desportes l’ex-Premier ministre à tout faux tant sur la forme que sur le fond. Desportes épingle "une réponse à l’emporte-pièce", pas à la hauteur "du discernement attendu de celui qui vise la plus haute magistrature." Et le général de tacler : "Vous devez le respect à ceux qui ont dédié leur vie à la protection de cette nation que vous souhaitez diriger." Voilà donc pour la forme.

Sur le fond, Desportes qui fut lui aussi sanctionné après une interview accordée en 2010 au Monde sur la stratégie américaine en Afghanistan, défend plus que jamais un droit d’expression élargi pour les militaires. "Pourquoi nos concitoyens ne seraient-ils pas informés par «ceux qui savent», comme dans les autres domaines de l’action publique ?" Pour lui aucun doute, comme l'affirme également Soubelet : "Les militaires ont, vis-à-vis de la nation, un devoir d’alerte." Et le général de prendre pour référence les écrits et "l’exacte attitude" du général de Gaulle lors de la défaite de 1940. "Qu’implicitement vous souteniez un exécutif qui a puni d’une « mutation-sanction » un officier général dont le seul tort est d’avoir dit la vérité aux représentants de la nation dénote une attitude dangereuse."

"Vous avez tort, Monsieur Juppé"

Mais pour Desportes, l’erreur de Juppé est aussi politique. "Quelle maladresse de vous aliéner une population qui vous était plutôt favorable." Quant au livre programme du candidat Les Républicains: Desportes égratigne un ouvrage qui "ose s’intituler Pour un Etat fort, alors même que l’armée, à peine mentionnée, en est la grande absente."

Le 11 janvier dernier, le général s’était déjà fendu d’une tribune publiée sur le site de l’association de soutien à l’armée française pour défendre la prise de parole des militaires. Cette fois-ci, il se fait plus explicite encore: "Le devoir de réserve des militaires est en France trop surinterprété. Inhibé par des années de stricte obéissance silencieuse, le militaire, facilement bon élève, s’est autocensuré." Des militaires à la parole corsetée ? Une spécifité française si on l’en croit Desportes, qui cite en exemple les cas américain ou britannique. "Le politique se trompe en voulant limiter la pensée du militaire. Son devoir est au contraire de tout mettre en œuvre pour favoriser l’esprit critique dans les armées." Et le général de conclure : "Pour toutes ces raisons, vous avez tort, Monsieur Juppé."

L'occasion de relire notre enquête : "Le général «anti juges» Soubelet a-t-il le droit de tout dire ?"

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17h31 grrr !

Droit d'auteur : France 3 Alpes déraille

Par
la rédaction le 04/05/2016

Un sujet du journal télévisé de la chaîne reprend exclusivement, et sans les créditer, les images d’un web-documentaire sur le vélo, publié sur Youtube.

"Le virus du vélo gagne les entrepreneurs." Pour illustrer le boom des "boites à vélos", ces professionnels qui travaillent en deux roues dans les zones urbaines, le 12/13 de France 3 Alpes du mardi 22 mars 2016 a choisi de raconter l'histoire d'un collectif nantais, pionnier en la matière. La voix off explique les multiples intérêts de travailler à vélo. À l’image, plombiers, déménageurs et livreurs de repas pédalent à travers la ville.

Problème : ces images sont intégralement extraites du documentaire "Un p'tit vélo dans la tête" réalisé en 2015, et France 3 Alpes n’y fait jamais allusion. Un oubli d’autant plus grossier que la chaine a utilisé pas moins de 2 minutes 40 secondes d’images (1 minute 10 secondes de sujet et 1 minute 40 secondes d’image diffusées en plateau) sans jamais les créditer. Le présentateur du journal parle même d’un "reportage", alors qu’aucune image n’a été tournée par les rédactions de France 3.

Vice-président de l’association nantaise "Place au vélo" qui détient les droits de la vidéo Youtube, Samy Guyet raconte à @si avoir été "très surpris" par les méthodes de la chaîne. "Sur le fond on est très content que les médias parlent des boites à vélo" explique-t-il. "S’ils avaient au moins demandé l’autorisation et sourcé les images on n'aurait rien dit, mais là c’est quand même un travail de professionnel qu’on ne peut pas utiliser comme ça." Guyet souligne que les images ont été remontées par la chaine afin de supprimer les phases d’interview, dont le contenu a été repris par le journaliste dans son commentaire, comme on le voit en comparant les deux vidéos.

France 3 Alpes - 12/13 - "Les boîtes à vélo" - le 22 mars 2016


Web-documentaire "Les boîtes à vélo - Un p'tit vélo dans la tête" (Youtube)

Guyet assure avoir contacté le journaliste de France 3 Alpes qui aurait reconnu le caractère "embêtant" de l'emprunt. La réalisatrice du web documentaire a quant à elle joint le rédacteur en chef de la chaine, Patrick Pinto. Un échange téléphonique "houleux" selon Guyet. Le film est pourtant référencé en "licence standard Youtube", à savoir un copyright classique qui en interdit la reproduction. Le signe copyright figure même à la fin de la vidéo avec le nom de l’association. "Un journaliste ne peut donc pas se tromper sur le fait que cette vidéo était protégée", affirme Guyet. L'association nantaise affirme avoir saisi la médiatrice des rédactions de France 3 début avril, sans succès.

Du côté de France 3 Alpes, on reconnait l'erreur. "L'association grenobloise "boite à vélo" nous a transmis le lien vers la vidéo et à partir de là on est allé se servir. S'il n'y a pas de crédits, c'est sans doute une erreur" explique son rédacteur en chef Patrick Pinto, tout en précisant qu'il n'a pas à "se justifier sur [sa] manière de travailler."

(par Maxime Jaglin)

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15h05 suivi

Le Sénat adopte un cadre pour l'e-sport

Par
la rédaction le 04/05/2016

Un cadre pour les compétitions et un statut pour les joueurs. Lundi 2 mai 2016, les sénateurs ont choisi de donner un cadre juridique aux compétitions de jeux vidéo, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la "République numérique". Jusque-là, l’e-sport relevait par défaut du régime très contraignant du jeu d’argent et de son autorité de régulation, l’Arjel. Cette vision restrictive, défendue par certains députés PS (et par Mediapart, comme @si le racontait ici), a donc été définitivement enterrée par le Sénat.

Désormais, "l’organisation de compétitions réunissant des joueurs sous un même toit sera libre (contrairement aux tournois en ligne)", résume Télérama. Et là où les députés avaient conditionné l’organisation de ces tournois à une "autorisation préalable", les sénateurs se sont montrés encore plus souples, en exigeant une simple "déclaration", conformément aux recommandations du rapport d’étape des deux députés Jérôme Durain et Rudy Salles, chargés par Manuel Valls d'une mission sur le développement de l’e-sport en France, note Numérama.

nouveau media

Le dispositif sénatorial encadre par ailleurs strictement le financement et les gains de ces tournois : "En pratique les organisateurs de tournois ne devront pas reposer uniquement sur les frais d’inscription payés par les joueurs pour financer leurs compétitions, mais ils devront trouver d’autres financements (sponsoring, droits de retransmission, entrées des spectateurs, buvette, goodies, etc.)", selon un rapport de proportion qui sera défini par le ministère de l’intérieur", précise ainsi Numérama. Concernant les tournois en ligne, la règle ne change pas et seuls ceux qui sont gratuits restent autorisés.

Surtout, le Sénat a approuvé un nouvel amendement du gouvernement qui vise à créer un CDD spécifique et renouvelable pour les joueurs pro qui travaillent au sein d'une équipe, inspiré de ce qui se pratique déjà dans le domaine du sport. Jusqu’à maintenant, les joueurs pro d'e-sport devaient déclarer un autre métier fictif ou passer sous le régime d’auto-entrepreneur, plus précaire, comme l’expliquait la joueuse semi-professionnelle de Counter Strike, Marion Lopez, sur notre plateau. La création d'un vrai statut pour les joueurs permettra également l'organisation de compétitions internationales, selon Gamekult. Jusqu'à maintenant, les joueurs étrangers se voyaient en effet refuser leur visa "au motif que leur activité n'existait pas légalement" en France.

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20h24 vu

Djihadistes : le rôle de Telegram (Spécial Investigation)

Par
la rédaction le 03/05/2016

Dans "les Soldats d’Allah", un documentaire de 90 minutes diffusé ce lundi sur Canal+, un journaliste (anonyme) raconte ses six mois d’infiltration au sein d’une cellule terroriste française. Il dévoile notamment leurs dispositifs de communication par les réseaux sociaux ainsi que les failles dans la cybersurveillance.

"Je suis musulman et journaliste, je peux aller là où mes confrères ne pourront jamais mettre les pieds". Saïd Ramzi, c’est le pseudonyme sous lequel ce journaliste de 29 ans a pu filmer, en caméra cachée, "les coulisses d’une organisation qui contrôle parfaitement son image". Pendant six mois, il a infiltré une cellule se revendiquant de Daech en France. Une dizaine de jeunes "fracassés de la vie, mal dans leur peau", tous dans l'attente d'une mort en martyr, en Syrie ou en France. A travers ce film, le journaliste a "tenté de comprendre ce qu’ils ont dans la tête", comme il le raconte dans un entretien accordé à Télérama.


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L' "émir", chef de la cellule qui se fait appeler "Oussama"

"Le principal outil de propagande"

La première étape? Approcher les partisans de l’Etat Islamique en France. Le journaliste n'y parvient pas en fréquentant les mosquées proches des salafistes, hostiles aux "daechiens", mais en se créant un faux compte Facebook. "Entrer en contact avec eux n’est pas si difficile, mais gagner leur confiance, c’est autre chose" explique-t-il à Télérama. Il est vite surpris par les profils qu’il rencontre sur le réseau social. "Je n’ai pas vu d’islam dans toute cette affaire. Aucune volonté de rendre le monde meilleur. Seulement des jeunes paumés, frustrés, perdus, suicidaires, facile à manipuler" explique-t-il dans le commentaire du film.


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Les apprentis terroristes communiquent par l'application Telegram (capture d'écran, "Soldats d'Allah")

L'intérêt principal du film réside dans le décryptage des modes de communication utilisés par les apprentis djihadistes. Et la cible de toutes les attentions, c'est Telegram, application de messagerie chiffrée disponible sur téléphone et particulièrement appréciée des terroristes pour son anonymat. On peut y discuter, mais aussi échanger des vidéos de propagande ou des tutoriels pour fabriquer une ceinture d’explosifs. "Telegram est le principal outil de propagande des sympathisants de Daech. Et il est utilisé par les recruteurs de terroristes, des types par nature très ouverts" explique à Télérama Marc Armone (également un pseudonyme), le journaliste qui l’épaulait à distance pendant son enquête.

"On utilise Google Translate"

Pour lutter contre les réseaux de recrutement sur internet, un centre de cybercriminalité a bien été créé au sein de la gendarmerie. Problème, il n’y a pas d’arabophone dans le service, à la grande surprise du journaliste. Face à la caméra, son responsable le colonel Nicolas Duvinage reconnait les failles : "Nous utilisons des outils de traduction en ligne comme Google Translate, donc la qualité est assez approximative". Les gendarmes ne peuvent donc rester qu’à la surface de la toile djihadiste, forcés de se contenter de "ce qui est visible sur internet". Car pour traquer les profils à risque sur Telegram, il leur faudrait opérer sous pseudonyme, or le droit français est très stricte en la matière: l' "apologie du terrorisme" ne permet pas de mettre en place une surveillance masquée, ce qui représente "un énorme frein à l’enquête" concède Duvinage.

'Les soldats d'Allah", Spécial Investigation, Canal+, le 2 mai 2016

Face au refus de divulguer des données particulièrement bien protégées, "affiché par Telegram comme un élément marketing", les forces de l’ordre n’ont même pas contacté l’application. Lors d’une de ses rares apparitions publiques, Pavel Durov, le créateur de Telegram, à la question "dormez-vous bien la nuit en sachant que des terroristes utilisent votre plateforme?" répond: "C’est une très bonne question. Mais je crois que notre droit à la confidentialité est plus important". Cependant, après les attentats de Paris, l'énigmatique informaticien avait accepté de supprimer 78 comptes, en 12 langues différentes, liés à l’Etat Islamique.

(par Maxime Jaglin)

L'occasion de revoir notre émission sur les ressorts de l'embrigadement djihadiste

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18h56 suivi

Arte/Tchernobyl : documentaire "méprisant la vérité historique" ?

Par
Justine Brabant le 02/05/2016

Un "mépris pour la vérité historique" ? Dans un billet publié sur son blog de Mediapart, le président de l’association "Enfants de Tchernobyl Belarus" Yves Lenoir revient sur le documentaire d'Arte Tchernobyl, Fukushima : vivre avec (auquel @si vient de consacrer une émission). Il regrette notamment que le film ne rappelle pas les liens de l'un des chercheurs interrogés avec l'industrie du nucléaire.

"Le mépris pour la vérité historique, le mépris pour les populations que l’on apprivoise aux conditions d’un environnement contaminé par les radioéléments, le mépris pour les personnes dont on manipule le témoignage, et le mépris pour les esprits faibles que l’on exploite sans vergogne. Que ressentir d’autre après avoir visionné ce film?" Yves Lenoir, président de l’association "Enfants de Tchernobyl Belarus" et auteur de La Comédie atomique : l'histoire occultée des dangers des radiations (2016), n'a pas apprécié le documentaire diffusé par Arte à l'occasion des trente ans de la catastrophe de Tchernobyl, Tchernobyl, Fukushima : vivre avec.


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Image tirée du documentaire diffusé sur Arte le 26 avril

Dans un billet publié le 1er mai, il se propose de rappeler les "intérêts [que] servent" les chercheurs suivis dans ce documentaire. Il revient notamment sur la carrière de Jacques Lochard, l'un des experts interrogés par le réalisateur Olivier Julien. Dans le documentaire, Lochard est simplement présenté comme l'un des radioprotectionnistes du projet Ethos, projet qui de 1996 à 2001 visait à "améliorer durablement les conditions de vie des habitants des villages dont la vie quotidienne a été fortement affectée par la présence à long terme de contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl".

Lenoir revient sur les multiples autres casquettes de cet économiste de formation, notamment celle de président d'un centre de recherche - le Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire, CEPN - qui compte parmi ses membres EDF, Areva et le commissariat à l'énergie atomique (CEA).


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Image tirée du documentaire diffusé sur Arte le 26 avril

Autre aspect contestable du documentaire, pour l'auteur de La Comédie atomique : il donne l'impression que les Français du programme Ethos ont été les premiers à apporter des instruments de mesure de la radioactivité aux habitants des zones faiblement contaminées de Biélorussie. Or, Lenoir rappelle qu'avant l'arrivée d'Ethos, un physicien biélorusse, Vassily Nesterenko, avait déjà créé un institut de radioprotection indépendant (l'Institut de Belrad), fait fabriquer "300 000 compteurs de radiation précis à distribuer dans toutes les zones contaminées du Belarus", et ouvert "370 centres de contrôle de la radioactivité des aliments" dont un à Olmany, l'un des villages où Olivier Julien a posé sa caméra.

Exemple concret de séquence passant sous silence le rôle de l'Institut de Belrad : l'interview de la radiométriste d'Olmany, chargée de mesurer la radioactivité des produits alimentaires. Le documentaire laisse penser qu'elle a été formée par l'équipe du projet Ethos. Après avoir contacté l'intéressée, Lenoir assure pourtant qu'elle a été formée et embauchée par l'Institut de radioprotection de Belrad avant l'arrivée des Français. "Le cahier qu’on la voit feuilleter dans le film est celui où elle note les mesures selon le protocole de Belrad", détaille-t-il.


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Image tirée du documentaire diffusé sur Arte le 26 avril

Quant aux photos d'archives présentées dans le film, où l'on voit "des séances de mesure de la charge corporelle avec les fauteuils ou bien des opérations de contrôle de la nourriture", "bon nombre proviennent de Belrad", sans que cela ne soit précisé, assure le fils du fondateur de l'Institut, également interrogé par Lenoir.

"On aimerait connaître les objectifs que la chaîne de télévision de service public Arte se donnait en sélectionnant ce documentaire pour le diffuser un jour très symbolique, celui du trentième anniversaire du début du désastre de Tchernobyl", conclut l'auteur du billet. Sollicitée par @si lundi, la direction des programmes "Découverte et connaissance" de la chaîne n'était pas disponible pour répondre à nos questions.

Pour (re)voir l'émission que nous avons consacrée à ce documentaire, avec les explications de son réalisateur, c'est par ici : "Tchernobyl: «Etre préparés à une catastrophe nucléaire serait une bonne idée». Débat sur un documentaire contesté d'Arte"

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17h42 suivi

Prudhommes : "Bore out", ou placardisation ?

Par
la rédaction le 02/05/2016

Pour la presse, le "bore out" semble désormais plus vendeur que le simple "ennui au travail". Présenté par certains médias comme "le nouveau fléau des entreprises", le "bore out" fait les gros titres ce lundi à l’occasion de l’examen par le Conseil des prud’hommes de Paris du cas d'un Parisien de 44 ans, Frédéric Desnard, qui accuse son ancien employeur de l'avoir conduit à l'épuisement en le mettant pendant près de quatre ans au "placard". Il poursuit l'entreprise Interparfums pour "harcèlement moral" et "licenciement abusif" après avoir été congédié en 2014 au motif d’absences prolongées pour arrêts maladie. Comme il le raconte à l’AFP, le syndrome "d’épuisement professionnel par l’ennui" a été pour lui "une longue descente aux enfers insidieuse, un cauchemar" qui a conduit à "de graves problèmes de santé: épilepsie, ulcère, troubles du sommeil, grave dépression".


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Article publié sur le site du Point le 2 mai 2016

 


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20Minutes.fr, 02/05/2016


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FranceInfo.fr, 02/05/216


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FranceTvInfo.fr, 02/05/2016

Mais comme souvent aux prud’hommes, l’histoire semble en réalité plus complexe. Comme l’explique le journal 20 minutes, Desnard avait été condamné en 2015 à 1 000 euros d’amende pour diffamation après avoir contacté une journaliste dans l'espoir de médiatiser son cas. La justice avait alors considéré qu’il était "inspiré par le ressentiment et l’animosité personnelle" contre son employeur. Selon l’avocat de la défense, il aurait "changé d'argumentaire au fil du temps, parlant d'abord de burn-out, épuisement professionnel par suractivité, puis à partir de 2015 seulement, de bore out".

Malgré les zones d'ombres, nombreux sont les médias à insister sur le "premier cas de bore out" aux prud'hommes. L'occasion d'illustrer ce nouveau syndrome de la souffrance au travail jugé "ignoré" voir "tabou" ? Pourtant, selon l'avocat spécialiste du droit du travail Sylvain Niel interrogé par l'AFP, la justice prend déjà en compte les faits de harcèlement liés à l'ennui professionnel. "Il existe 244 arrêts de la chambre sociale de la cour de Cassation portant sur des faits de mise au placard ou de déshérence professionnelle intentionnelles, considérés comme harcèlement moral" explique-t-il. Le succès médiatique que rencontre ce nouvel anglicisme masque par ailleurs le débat qui divise les spécialistes, économistes comme médecins du travail, sur l'ampleur de ce syndrome qui n'est, au même titre que le "burn out", toujours pas considéré comme une maladie du travail.

(par Maxime Jaglin)

Pour tout comprendre au "bore out", relisez notre enquête "Bore out : tabou ou concept bidon ?"

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17h36 Hors Série

"La prisonnière du désert", western raciste ? (hors-série)

Par
la rédaction le 02/05/2016

Western culte de John Ford sorti en 1956, "La prisonnière du désert" est-il un film raciste? Invité de l’émission Dans le Film, produite par notre site partenaire Hors-Série, le critique de cinéma, spécialiste du film de genre et directeur de la programmation de la Cinémathèque française Jean-François Rauger se penche sur les ambiguïtés de ce monument du cinéma américain mettant en scène John Wayne aux prises avec des Indiens Comanches.

Un film souvent critiqué pour la représentation qu’il donne à voir des Indiens et de leur relation avec les Blancs. "Un film progressiste essaierait d’englober les indiens dans une sorte d’universalisme", affirme Rauger. Si ce n'est pas le cas ici, pour lui, "La prisonnière du désert" révèle en revanche en filigrane ce qu'a été la violence de cet épisode historique: "Ce que dit le film, de façon très sombre, c’est que la conquête de l’Ouest c’est faite dans la violence et dans le massacre." Mais quid du racisme dont a souvent été taxé le film ? "Si l’on voit la prisonnière du désert du point de vue de la question du racisme,on se rend compte d’un point de vue finement objectif de ce qu’on voit: les racistes ici c’est les Blancs, les Comanches sont beaucoup moins racistes."

Pour voir l'intégralité de cette émission : La prisonnière du désert, une enquête

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17h12 ça reste à vérifier

Discrimination : le New York Times poursuivi

Par
la rédaction le 29/04/2016

"Les discriminations de sexe, d'âge et de race sont devenus le mode opératoire au New-York Times". C'est en tout cas ce qu'affirment deux employées sexagénaires noires du plus célèbre des quotidiens américains, qui ont déposé ce jeudi une plainte devant la justice fédérale. Ernestine Grant et Marjorie Walke, qui travaillent au service publicité, accusent le journal, son directeur général Mark Thompson et sa directrice commerciale Meredith Levien de discriminer "les employés âgés, noirs et/ou féminins" dans leurs politiques salariale, de nomination et de promotion.

Du client idéal au salarié idéal

Le New York Times tenterait d'orienter le profil de ses employés pour le rendre "plus jeune et plus blanc", selon l'accusation de ces salariés relayée par le journal britannique The Guardian . "À l'insu du monde entier, non seulement le Times a un client idéal (jeune, blanc, riche), mais aussi un membre du personnel idéal (jeune, blanc, célibataire) pour attirer ce client idéal présumé", affirment les plaignantes. Elles s'appuient sur des propos tenus en interne par Levien affirmant le besoin de "nouvelles têtes", de "personnes qui ressemblent à ceux à qui on vend le journal".

Composé majoritairement de femmes, de personnes de couleur ou âgés, le service commercial du journal serait donc "scandaleusement en proie à des insinuations racistes". Certains responsables auraient même été "poussés vers la sortie contre rémunération, ou carrément licenciés, remplacés par de jeunes blancs célibataires" peut-on lire dans la plainte. Des cas de "jeunes blancs célibataires beaucoup mieux payés au même poste et à compétences égales" ou de refus de promotion sont également pointés du doigt.


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Mark Thompson, le PDG du New York Times, (The Guardian, 29/04/2016)

Depuis sa nomination en 2012, Thompson, ancien directeur général de la BBC, aurait donc cherché à"importer outre-atlantique" sa conception "misogyne et discriminatoire envers les plus anciens". La plainte fait d'ailleurs référence à des précédents cas de sexisme dans la gestion des présentateurs de la radio-télévision britannique. Au New York Times, la politique discriminatoire serait "tellement endémique" que la première femme rédactrice en chef du journal, Jill Abramson, "n'avait pas pu changer la triste réalité de la salle de rédaction", toujours selon les deux employées. Remerciée brutalement en 2014, Abramson avait accusé le journal de licenciement abusif et de sexisme après avoir assuré, à tort, être moins rémunérée que son prédécesseur masculin (nous le racontions ici).

Dernier au classement de la parité

Le Times affirme sur la page de présentation de son site que son équipe "reflète les spectateurs, les lecteurs et les annonceurs que nous servons " et s'avère être "aussi diverse dans ses origines que dans ses expériences " afin de " capturer la multitude de voix de l'Amérique et le monde , avec une véritable fidélité". Pourtant, dans une enquête de 2014 du Women's media center relayée par le Guardian, le journal pointait à la dernière place du classement des dix plus grands titres américains en terme d'équité homme/femme, les hommes signant 69% des papiers, et 75% des articles d'opinion.

Le journal américain, qui restitue sobrement l'objet de la plainte sur son site, a opposé, par la voix de son service de communication, un démenti absolu aux allégations de ses deux employées, dénonçant "une série d'accusations recyclées, grossières et injustifiées". Le journal compte donc "combattre avec vigueur cette requête au tribunal", alors que l'avocate des plaignantes affirme vouloir engager une action collective regroupant une cinquantaine d'employés du journal.

(par Maxime Jaglin)

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19h01 suivi

A quoi ressemble le nouveau "Netflix de la presse" version SFR ?

Par
Manuel Vicuña le 28/04/2016

SFR ambitionne d’en faire "le Netflix de la presse". Le géant des télécommunications a lancé hier SFR Presse, à l'occasion de l'annonce du rachat d'Altice Média Group. Un service d’un nouveau genre qui permet aux abonnés chez l’opérateur d’accéder gratuitement à l’ensemble des titres de presse du groupe SFR (Libération, L'Express...), sur une même application. Soit dix-sept titres. A peine lancée, SFR Presse s'est placée, dans la nuit suivant le lancement, au quatrième rang des applis les plus téléchargées sur l’Apple Store France.


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Interviewé ce matin sur Radio Classique, le PDG de Numéricable-SFR, Michel Combes parle de "plusieurs dizaines de milliers de clients qui ont déjà téléchargé cette application et qui m’envoyaient des mails pendant la nuit pour plébisciter l’intérêt de cette application."

Au passage, Combes a confirmé que l'offre est bien "gratuite" pour les abonnés SFR... avant de se reprendre et de préciser qu'elle serait plutôt "intégrée dans les offres" car elle "a une très grande valeur" et que c'est "un élément de l'offre" pour les clients SFR. Une précision de langage due à la stratégie de SFR de transformer ses abonnements Internet en offre "Internet + Presse"... qui permet de payer moins de TVA. Car si l'offre s'inscrit certes dans la stratégie de convergence des entreprises détenues pour partie ou en totalité par Patrick Drahi, le service SFR Presse tient, comme @si vous l'expliquait aussi de l'astuce fiscale.

Intuitif mais limité

Alors à quoi ressemble donc ce nouveau pack presse qui entend proposer tout à la fois "le meilleur d’internet et le meilleur des contenus" ? Pour l’instant, à une application dont l'utilisation est plutôt intuitive.


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Pour l’heure si dans sa première version, le service n’est encore accessible qu’aux seuls clients de SFR, il sera d’ici peu accessible aux non abonnés au tarif de 19,99 euros par mois. "Ici, pas d'achat à l'unité ou de pack à construire soi-même comme pour d'autres kiosques concurrents tels qu'ePresse ou LeKiosk, plutôt une offre «façon Netflix»", constate le site Next Inpact. Un pack tout compris donc pour SFR Presse à moins de 20 euros quand l'abonnement à Libération seul coûte par exemple 15 euros par mois et celui de L'Express 7,99 euros.

Accessible sur ordinateurs, tablettes et smartphones, SFR Presse propose d’ores et déjà de consulter 17 journaux et magazines dans leur intégralité (pubs comprises) classés sous les catégories "actualité", "culture et divertissement", "décoration & cuisine" et "étudiants". Une fois l’application installée, on peut ainsi avoir accès à l’ensemble de l’offre dès la page d’accueil, consulter le sommaire détaillé des titres et télécharger les différentes publications du groupe SFR. A savoir : L’Express, Libération, L’Expansion mais aussi 01net, Mieux vivre votre argent, Point de Vue, Studio Ciné Live, A Nous Paris, Lire, Classica, Pianiste. Ou encoreCôté Paris, Côté Est, Côté Ouest, Côté Sud, Zeste et L’Etudiant.


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Les anciens numéros sont également consultables. Une trentaine de numéros archivés pour Libération et L'Express par exemple. Côté navigation, il est possible de zoomer mais également de n’afficher qu’une partie du texte comme sur une liseuse ou encore de poursuivre la lecture sur une présentation en double page (un peu compliqué tout de même sur smartphone ou tablette).


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Intuitif et plutôt épuré donc mais tout de même un peu limité, tout du moins pour la presse d’information générale. "Pour le moment, les services concurrents qui proposent des forfaits à 5, 10 ou 15 euros par mois n'ont pas totalement de souci à se faire puisqu'ils ont l'intérêt d'une offre bien plus étoffée pour eux", fait remarquer Next Inpact. En Effet E-presse propose par exemple une offre à 15 euros par mois pour l'accès à 25 titres de presse, quand le Kiosk propose au tarif de SFR l'accès à 25 journaux et magazines (dont Libération). Reste la force de frappe de SFR, sans commune mesure : ses 18 millions d'abonnés qui d'ores et déjà bénéficient de l'offre. Sans compter que, SFR l'a annoncé, à l'avenir le groupe entend bien proposer davantage de titres...

L'occasion de relire notre enquête "SFR Médias, naissance d'un géant flou"

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17h25 vu

Républiques : Collard piège Bourdin (et se trompe aussi)

Par
la rédaction le 28/04/2016

"Je vais vous appeler Madame El Khomri" annonce triomphant Gilbert Collard à Jean-Jacques Bourdin. Invité de la matinale de RMC ce jeudi 28 avril, le député FN s'est mué en professeur et a interrogé le journaliste sur ses connaissances en histoire française. Une tentative de destabilisation... ratée : Collard s'est lui aussi trompé sur deux dates.

Jean-Jacques Bourdin - dont les sources s'avèrent parfois douteuses - s'est fait une spécialité de piéger ses invités politiques. Le 5 novembre dernier, la ministre du Travail n'avait pas su répondre à une question portant sur le nombre de CDD que pouvait renouveler un employeur (@si racontait l'histoire et la polémique ici). Ce jeudi 28 avril c'est pourtant Bourdin qui a du admettre ses lacunes en matière d'histoire française.

Le présentateur de la matinale de RMC recevait l'ex-avocat et député FN Gilbert Collard. Interrogé sur les déclarations de Marion Maréchal-Le Pen qui déclarait récemment être "saoûlée par les valeurs de la République" l'ex-avocat s'est élevé contre les "usages abusifs qu'on fait des termes «les valeurs de la République»" invitant les députés socialistes à "revisiter ces valeurs". C'est alors que Collard s'est mué en professeur et a interrogé Bourdin sur sa connaissance de l'histoire française "attendez, la Première République elle date de quand, M. Bourdin ? ". Réponse évasive de l'intéressé : "la Révolution".

L'élu FN revient à la charge "Quelle date ?". "Dix-sept heu.. je ne sais plus ! Quatre-vingt onze ? Quatre-vingt douze ?" lui rétorque le journaliste de RMC, visiblement mal à l'aise. A la quatrième tentative bingo ! Collard valide la réponse de Bourdin : "1793"... sauf que la bonne réponse est1792 (le calendrier républicain court à compter du 22 septembre 1792, date de l'abolition de la monarchie constitutionnelle). Raté.

Mais l'interrogatoire ne s'arrête pas là : vient ensuite la date de la deuxième République, "je ne sais plus" répond Bourdin de plus en plus mal à l'aise. C'était 1848. La Troisième République ? Cette fois-ci après un rire gêné et (très) forcé, le journaliste répond "1870". Une bonne réponse... mais que Collard refuse, avançant la date de 1875 qui correspond en réalité au vote des lois constitutionnelles qui fixent le régime de la Troisième République, proclamée officiellement le 4 septembre 1870. Encore raté.

L'interview avait pourtant bien commencé. Revenant sur l'annulation par Bourdin de son interview de Guaino en raison du retard de celui-ci, Collard l'avait félicité sur ses "méthodes" lui déclarant que ce qu'il faudrait à la France ce serait... "des maître d'école comme vous". Des maîtres d'école pas très calés en histoire visiblement.

(par Pierre Meloni)

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17h15 suivi

Second Life, dix ans après le "phénomène" (Le Monde)

Par
la rédaction le 28/04/2016

"Absurde, créatif et débauché." Le Monde est retourné sur Second Life, cette "simulation de société" en ligne, dix ans après son éphémère âge d’or. Première surprise : la journaliste a découvert un monde étrange mais "toujours bien vivant", où quelque 900 000 personnes se connecteraient chaque mois, selon le développeur (contre 13 millions de "résidents" et 10 000 inscriptions quotidiennes en 2008). Créé en 2003, le jeu "explose entre 2006 et 2007" rappelle Le Monde. Il "fait la Une des médias et attire de nombreux curieux. [...] L’agence de presse Reuters y ouvre même un bureau doté d’un envoyé spécial permanent. Mais le soufflé retombe vite, au point qu’en 2010, Linden Lab licencie un tiers de ses effectifs."

nouveau media

Capture Le Monde.fr

Aujourd’hui ? "Je m’attendais à trouver, une décennie plus tard, un univers déserté, une technologie vieillissante et quelques toiles d’araignées dans les coins. Ce fut exactement l’inverse. […] Même si le nombre d’utilisateurs s’est largement étiolé, ceux qui restent sont extrêmement actifs."

"Le sexe est omniprésent sur Second Life", note surtout Le Monde. Un des tous premiers avatars que la journaliste rencontre lui propose d’ailleurs bien vite de "l’accompagner dans un lieu plus privé et intime pour faire l’amour". "Difficile d’imaginer le nombre impressionnant de possibilités prévues par Second Life pour les relations sexuelles : un véritable festival du Kama-sutra", raconte la journaliste du Monde. "Des publicités pour des services sexuels pullulent dans Second Life. Le jeu est ainsi devenu une porte d’entrée vers des échanges érotiques payants par voix ou par webcam [et] le lieu où s’expriment les fantasmes interdits : certains avatars s’adonnent ainsi à la pédophilie ou la zoophilie." Mais qui est le public de Second Life en 2016 ? "De l’adolescent au senior. Environ 50% des utilisateurs sont des femmes", estime le studio qui développe le jeu, Linden Lab. Et l'univers virtuel compte par ailleurs une "importante communauté de personnes handicapées ou isolées ici, à qui cela permet d’avoir un semblant de vie" voire de "trouver leur sexualité", selon une joueuse.

"Vous avez raté Second Life ? Trop tard. Maintenant, c'est Facebook !"

Pour se faire une idée du "phénomène" médiatique qu’a représenté Second Life en 2007, il suffit de revoir… une émission d’Arrêt sur Images, version TV, qui décortiquait tant le jeu que sa médiatisation, le 22 avril 2007. Et le monde virtuel n'a pas tant changé : l'exploration de Judith Bernard ou Maja Neskovic de 2007 ressemble fortement à celle de la journaliste du Monde de 2016.

Beaucoup de batiments vides, quelques utilisateurs très actifs et beaucoup de sexe : en 10 ans, Second Life n'a pas tant changé...

Et Second Life était même le thème… de la toute première chronique de Daniel Schneidermann sur arretsurimages.net. Avec un titre délicieusement désuet (et visionnaire), dix ans après : "Vous avez raté Second Life ? Trop tard. Maintenant, c'est Facebook !"

"Ca va trop vite pour moi, se désespérait alors le matinaute. Au printemps encore, il n'y en avait que pour Second Life. Vous vous souvenez ? C'était il y a cent douze ans environ. L'ouverture de la permanence de Ségolène Royal sur Second Life, vous vous en souvenez ? […] Maintenant, c'est Facebook. Le buzz, exactement le même, le buzz léger, aérien, impalpable, excitant, irrésistible, qui dansait autour de Second Life, virevolte maintenant autour de Facebook (la porte d'entrée est là), la nouvelle machine à se faire plein de chouettes amis."

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16h58 suivi

Pneumologue payé par Total : le Sénat saisit le parquet

Par
la rédaction le 28/04/2016

Le bureau du Sénat va transmettre au Parquet le dossier de Michel Aubier, le médiatique pneumologue accusé d’avoir menti sous serment devant une commission d’enquête parlementaire.

"Il appartiendra au Procureur de la République d’apprécier l’opportunité d’engager des poursuites". C'est ce que déclare aujourd'hui le bureau du Sénat dans un communiqué, expliquant que la déclaration du médecin "pouvait apparaitre mensongère".Cette décision est une première dans l’histoire du Sénat, qui rappelle que "la prestation sous serment devant une commission d’enquête était un acte solennel qui engageait son auteur" .


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Communiqué du Bureau du Sénat, 28/04/2016

"Je n’ai aucun lien avec les acteurs économiques"

C’est après avoir levé la main droite et dit "je le jure" qu'Aubier avait affirmé le 16 avril 2015 n’avoir aucun lien avec l’industrie pétrolière. Il était entendu en tant que représentant de l'Assistance Publique-Hopitaux de Paris par une commission d'enquête du Sénat sur le coût de la pollution de l'air. Mais en mars dernier, Libé et le Canard Enchainé révélaient que le pneumologue était en réalité rémunéré depuis plus de vingt ans par le groupe pétrolier Total, producteur notamment de carburant diesel, pour qui il officie comme "médecin-conseil". Un oubli qui pourrait donc lui valoir jusqu'à 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d'amende pour faux témoignage devant une commission parlementaire.

"J’aurais dû le déclarer, c’est vrai, mais ça ne m’était même pas venu à l’esprit" avait concédé Aubier lors d'une audition à huis clos, organisée en urgence par le bureau du Sénat, après ces révélations. Le pneumologue avait alors reconnu avoir touché entre 50.000 et 60.000 euros par an de la part de Total depuis les années 1990. Indignée, la rapporteure de la commission, la sénatrice écologiste Leila Aïchi, avait qualifié cet épisode de "mensonge d’autant plus inadmissible qu’il touche une question de santé publique".

Ancien chef du service de pneumologie-allergologie à l’hôpital Bichat à Paris et professeur à l’université Paris-Diderot, Aubier s’est plusieurs fois employé à "dédramatiser" sur les plateaux de télévision la pollution par particules fines (comme nous vous le racontions ici), expliquant que la dangerosité du diesel "n’était pas encore démontrée" ou que le rôle cancérigène de la pollution atmosphérique était toujours "discuté".

(par Maxime Jaglin)

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19h05 à l'étranger

GB / Hillsborough : le Sun (encore) poursuivi par son erreur

Par
la rédaction le 27/04/2016

Connu pour ses Unes choc, le tabloïd anglais The Sun a provoqué l'indignation de certains confrères pour ne pas avoir mentionné en Une de son édition du 27 avril le verdict d'un procès innocentant les familles des victimes du drame de Hillsborough en 1989. Une tragédie que le Sun avait mis sur le dos... des victimes et de leurs familles.

Après deux ans de procédure judiciaire (l'une des plus longues de l'histoire du pays) un jury a officiellement innocenté, ce mardi 26 avril 2016 les familles des victimes de la tragédie de Hillsborough. Lors de la demi-finale de la Coupe d'Angleterre le 15 avril 1989 qui voyait s'affronter Liverpool et Nottingham Forrest, un mouvement de foule provoqué la mort de 96 personnes et fait plus de 700 blessés au stade de Hillsborough.

La police avait alors accusé les supporters de Liverpool d'avoir voulu frauder en masse l'entrée du stade, ce qui avait mené à la bousculade meurtrière. Une version reprise telle quelle par le quotidien The Sun qui, sur sa Une accusatrice du 19 avril 1989, intitulée "La Vérité", s'en prenait aux "fans ivres" qui auraient "fait les poches des victimes" et "uriné sur les forces de police".


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La Une du Sun du 19 avril 1989

The Sun s'était basée sur les déclarations officielles des responsables de la police de l'époque, qui avait tenté de couvrir ses erreurs. Cette Une avait provoqué un tollé dans tout le pays, et en particulier dans la région de Liverpool, à mesure que la version de la police était mise à mal. En 2012, à la suite de la publication d'un rapport public accablant pour les forces de l'ordre, The Sun avait publié ses excuses et titré, cette fois, sa Une "La vraie vérité" : "Il y a ving-trois ans The Sun faisait une erreur terrible. Nous avions publié une histoire inexacte et offensante à propos des événements de Hillsborough. Nous avons dit que c'était vrai - alors que ça ne l'était pas. [...] Il a fallu plus de deux décennies et 400 000 documents [...] pour découvrir avec horreur qu'il aurait été bien plus juste d'écrire «Les Mensonges» plutôt que «La Vérité»"


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La Une du Sun du 13 septembre 2012

Le verdict rendu ce mardi 26 avril innocente définitivement les supporters et leurs familles, reconnus comme victimes et non plus comme de potentiels fautifs. Une décision qui a fait la Une de tous les journaux outre-manche... excepté The Sun et The Times, (groupe Murdoch). Les deux journaux en ont parlé dans leurs colonnes, mais n'y on pas fait référence à la Une. Le Guardian précise "[qu']une photo des familles devant le tribunal de Warrington apparaissait sur une seconde édition du Times" ainsi qu'un éditorial, et qu'un article de deux pages présentait les faits dans le Sun.

Une absence en Une qui a soulevé l'indignation sur Twitter où "The Sun" a été le sujet le plus commenté nationalement dans la soirée du 26 avril. Le journaliste sportif du Times Tony Barrett s'est même excusé auprès de "tous ceux qui se sont sentis déçus", qualifiant "d'incroyable" ce choix éditorial.


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Le Times a expliqué que la couverture du procès avait fait l'objet de deux pages pleines dans l'édition papier, et d'une large couverture sur la version web, reconnaissant toutefois avoir fait une "erreur sur leur première édition" en ne publiant rien en Une. L'éditorialiste politique du Sun, Tom Newton Dunn, n'a quant à lui pas donné d'explication déclarant simplement au micro de Sky News que "l'on peut critiquer les choix éditoriaux à propos de ce qui devrait ou ne devrait pas être en Une, mais dans notre journal il y a deux grandes pages très fournies sur la couverture du procès qui traitent de l'importance cruciale aujourd'hui, pour les familles qui ont souffert, de rétablir la vérité".

Des familles qui ne semblent d'ailleurs toujours pas avoir pardonné au tabloïd : lors d'une conférence de presse la veille du verdict, elles avaient explicitement demandé à ce "qu'aucun membre du Sun" ne soit présent.

 

(par Pierre Meloni)

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19h04 suivi

Réforme temps de parole : les petits partis ne décolèrent pas

Par
la rédaction le 27/04/2016

La loi organique sur la réforme des règles de l’élection présidentielle a été publiée ce mardi 26 janvier au Journal Officiel. Très critiquée (nous vous l'expliquions ici), elle rompt notamment avec l’égalité du temps de parole entre les candidats.

Les petits partis devront donc faire avec. Pour l'élection présidentielle, la "règle d’égalité" du temps de parole ne s'appliquera plus désormais qu'aux deux seules semaines de campagne officielle, et non plus aux cinq semaines précédant le scrutin. Ce sera donc le "principe d’équité", aux contours plutôt flous, que devront observer les médias audiovisuels entre la publication de la liste des candidats et le début de la campagne. Conformément à la nouvelle loi, les temps de parole devront ainsi être évalués selon la représentativité des candidats, à savoir en fonction de leur "contribution à l’animation du débat électoral", des résultats aux dernières élections, et des sondages.

Le texte, voté le 5 avril dernier au parlement, a été validé jeudi 21 avril par le Conseil Constitutionnel qui affirme que "la différence de traitement qui peut en résulter est justifiée par le motif d’intérêt général de clarté du débat électoral" et "accorde aux opérateurs audiovisuels une liberté accrue dans le traitement de l’information en période électorale".

Une loi "antidémocratique"

C’est donc le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel qui sera chargé de veiller au "traitement équitable" des candidats. De quoi ranimer la colère des petits partis. Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, avait déclaré : "Qui ici peut accepter que le CSA, nommé par le pouvoir, soit désormais celui qui juge de l’utilité, de l’importance, de la pertinence de la participation d’un candidat au débat ?", et le député de Seine-Saint-Denis de conclure que "cela transforme ce régulateur de l’audiovisuel qu’est le CSA en censeur".


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Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a fustigé pour sa part un texte que "même l'URSS n'aurait pas osé" avant de signer ce mercredi une tribune dans Le Figaro pour dénoncer "un mensonge d'Etat (...) digne d'une république bananière". Europe-écologie-Les Verts (EELV) a de son côté qualifié cette loi de "hold-up démocratique". La députée écologiste Isabelle Attard estime que "respecter l’égalité du temps de parole dérange peut-être le CSA, ou les rédactions de presse. Mais nous n’avons pas à obéir à des rédactions souhaitant se simplifier la vie en n’invitant que trois ou quatre candidats".


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Malgré les protestations, les nouvelles règles du débat politique s'appliqueront bien dès 2017, alors que plusieurs grands médias audiovisuels en avaient déjà fait la demande au moment de l'élection présidentielle de 2012.

L'occasion de relire notre observatoire sur les "petits candidats" et les "grands médias".

(par Maxime Jaglin)

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18h28 suivi

Panama Papers / Espagne : éclaboussé, le patron d'El País contre-attaque

Par
Manuel Vicuña le 27/04/2016

L’un des plus importants patrons de la presse espagnole, mouillé par les Panama Papers? C’est ce qu’affirme le site d’information espagnol El Confidencial. Associé au consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ) pour enquêter sur les archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, El Confidencial vient de révéler que Juan Luis Cebrián, président du groupe de presse Prisa (El País) est actionnaire d’une société pétrolière offshore, Star Petroleum.


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Au centre de cette affaire: un entrepreneur irano-espagnol, Massoud Farshall Zandi, intime du patron d’El País. "Les amitiés peuvent être dangereuses, surtout lorsque l’on fait du business avec des personnes qui résident dans des paradis fiscaux", souligne El Confidencial qui explique que Zandi a utilisé les services du cabinet Mossack Fonseca pour cacher au fisc les activités offshore de la société espagnole Star Petroleum au Luxembourg mais aussi à Samoa ou aux Seychelles.

Or, comme l’affirme le site, le patron d’El Pais détient actuellement 2% de la société, cédés gracieusement par Zandi en gage "de leur longue amitié". Le site assure que Cebrián, ex-administrateur de la société, aurait même prévu d’acquérir de nouvelles parts dans Star Petroleum pour près de 14,5 millions d’euros. Dans ce business, Cebrián se retrouve également associé à des figures comme Javier Merino, accusé en 2014 par des ONG de mener des activités commerciales opaques au Soudan du Sud. "Ces insinuations sont totalement fausses", se défend Cebrián qui nie avoir détenu une quelconque société offshore (mais ne précise pas s'il en détient des parts). Pourtant comme le souligne El Mundo, "les documents de l’enquête montrent manifestement que l’entrepreneur [Zandi] a été aidé par le cabinet Mossack Fonseca pour constituer des sociétés offshore aux Seychelles et aux Samoa, à travers lesquelles il controlait Star Petroleum, dont le siège administratif se trouve à Madrid et le siège fiscal au Luxembourg."

Des médias blacklistés

Le président du groupe Prisa a décidé de contre-attaquer. Il vient de poursuivre El Confidencial pour diffamation, ainsi que la chaîne de télévision la Sexta (également partenaire de l’ICIJ) et le site de presse eldiario.es pour avoir relayé les détails de l’affaire et l’avoir relié aux Panama papers. Ce n’est pas tout. Les journalistes du groupe Prisa (El País), qui sont collaborateurs réguliers de La Sexta, ont reçu des consignes comme le relève El Mundo : plus question pour l'instant pour eux de s'exprimer sur la chaîne de télévision qui a "diffamé" leur patron. Autre mesure coup de poing : les journalistes des trois médias à l’origine des révélations ne sont plus les bienvenus au sein du groupe Prisa.


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Comme il le raconte ici, le rédacteur en chef d’eldiario.es, Ignacio Escobar a ainsi reçu un courrier de la direction de la radio Cadena Ser (propriété de Prisa) pour laquelle il intervient comme chroniqueur, lui annonçant qu’il était viré. Sa réponse : "Je ne regrette rien de ce qu’a publié le journal que je dirige, malgré les conséquences. J’ai accompli mon devoir de journaliste."

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08h44 vu

Cambodge : les internautes pleurent l'éléphante Sambo

Par
la rédaction le 27/04/2016

Elle est devenue un symbole de l'exploitation des éléphants par l'économie touristique cambodgienne. La photo d'une éléphante nommée Sambo, morte d'une crise cardiaque alors qu'elle transportait des touristes vers le temple d'Angkor, a poussé des internautes à lancer une pétition demandant l'arrêt des visites à dos d'éléphant sur ce site archéologique.

Les quatre photos ont été postées sur Facebook le 22 avril. Elles montrent, sous différents angles, le cadavre d'une éléphante effondrée au sol, entourée de quelques passants. Le pachyderme était utilisé par l'Angkor Elephant Company pour transporter des touristes sur le site archéologique.


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Quatre jours plus tard, le post a été partagé par près de 9000 internautes, et une pétition demandant à mettre fin à ce type de visites a été signée plus de 35 000 fois. Entre temps, les médias ont eu le temps d'enquêter : ils ont appris que l'animal était une femelle nommée Sambo, et qu'elle était morte d'une crise cardiaque alors qu'elle convoyait des touristes depuis 40 minutes sous une chaleur écrasante.

La puissante ONG américaine PETA rappelle dans un communiqué que "plus d'un million d'animaux exotiques sont esclavagisés dans le monde par l'industrie touristique". Dans la foulée des associations de protection des animaux, de nombreux internautes ont manifesté leur compassion pour le pachyderme.


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L'occasion de revoir notre émission sur l'antispécisme, les défenseurs de la cause animale, et leurs stratégies médiatiques : "Il y a quelques années, les images d'abattoirs auraient laissé indifférent", avec Aymeric Caron et Eros Sana.

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18h13 lu

Migrants/Lesbos : "Oui, je veux vous choquer" (blog AFP)

Par
la rédaction le 26/04/2016

Aider les migrants, au risque d'enfreindre la loi grecque ? C’est un des nombreux dilemmes auxquels le reporter vidéo à l’AFP Athènes, Will Vassilopoulos, a été confronté lors de ses reportages sur l’île grecque de Lesbos, qui fait face depuis deux ans à l’afflux de réfugiés. En un an, il s’y est rendu à treize reprises, et raconte sur le blog "Making-of" de l’AFP la difficulté de couvrir une crise où la détresse humaine est quotidienne.


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Le billet de Will Vassilopoulos sur le blog "Making-of" de l'AFP, 26/04/2016

À la première personne, Vassilopoulos explique l'impossibilité de "garder ses distances" et de se "comporter en professionnel, pour raconter les événements avec mesure, de façon équilibrée". L’histoire qui se joue sur cette île dépasse le regard du journaliste pour se faufiler "jusque dans la moelle de [ses] os", explique-t-il. "J’ai deux enfants, de quatre et six ans. Je ne peux m’empêcher de penser à eux en regardant ces familles. Qui sont ces gens ? Des migrants illégaux ? Des migrants irréguliers ? Des réfugiés ? Moi je vois des gens comme vous et moi."

Comment choisir les mots, et comment raconter par l'image la violence du quotidien ? Quand Alexis Tsipras ou le pape François se rendent sur l'île, le journaliste, sceptique, "ne partage pas l’excitation ambiante". Car la réalité des conditions d’accueil provisoire et de la gestion des réfugiés échappent à la mise en scène médiatique. "Pourquoi est-ce qu’on ne [leur] montre qu’un camp où tout est bien organisé et d’une propreté immaculée ? Je suis déçu". Les convois officiels repartent, et le journaliste reste en première ligne.

"Oui, je veux vous choquer"

À tel point qu'il est parfois le premier et seul contact humain lorsque les réfugiés arrivent sur les plages. Doit-il leur porter assistance, au risque de se soustraire à " cette vieille loi grecque qui interdit de venir en aide à des migrants illégaux" ? C'est en tout cas le choix qu'il a fait : le reporter leur donne des vêtements ou en fait monter neuf dans sa Fiat panda pour leur éviter de parcourir 60 kilomètres à pied. Les journalistes aident aussi parfois à transporter les cadavres, observent les enterrements sommaires dans des fosses communes, faute de places au cimetière.

Vassilopoulos filme aussi la mort. "Une ! Deux ! Trois ! Quatre ! Cinq… Vingt-huit ! Vingt-neuf ! Trente ! Deux respirations. Allez mon gars, accroche-toi ! Ne meurs pas devant ma caméra ! C’est un vrai médecin qui s’occupe de toi, qui te fait une réanimation cardio-pulmonaire. Tout va bien se passer. Tout DOIT bien se passer. Ne meurs pas devant ma caméra". Et quand son reportage est coupé par les éditeurs du bureau de l’AFP à Londres, qui le jugent "trop dur pour les clients", l'incompréhension laisse place à la rage. "Mon cul! Nous sommes des journalistes. Notre travail, c’est de montrer ce qui se passe. Et ce qui se passe à Lesbos, c’est ça. Pas seulement aujourd’hui. Tous les jours. Pourquoi empêcher le monde de le voir ? Oui, je veux vous choquer ! Mais seulement pour vous faire comprendre ce qui se passe ici. Quelque chose de sinistre, d’horrible. Peut-être que si vous êtes choqué, cela s’arrêtera (…). Mais les éditeurs avaient raison. C’était beaucoup trop dur pour montrer ça aux clients. C’était même au-delà de la dureté."

Enfin, début avril, les premières reconduites de réfugiés vers la Turquie ont débuté. "Pour moi, la boucle est bouclée. Je les ai vus arriver. Maintenant je les vois retourner. Tout ce qui s’est passé dans l’intervalle n’a compté pour rien."

(par Maxime Jaglin)

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18h10 lu

Medias, "vous faites de la merde" (Topolsky/The Verge)

Par
la rédaction le 26/04/2016

"Votre problème c'est que vous faites de la merde". Dans un billet publié sur la plateforme de blogs Medium, le journaliste américain Joshua Topolsky - fondateur du site d'actualité technologique et des médias The Verge - revient sur la crise que traverse l'industrie médiatique face au défi du numérique. Dans son viseur, le modèle économique de nombreux médias qui repose, selon lui, sur l'innovation de "format" (applications vidéos, contenus Snapchat, Instant Articles, newsletter...) plutôt que sur le contenu.

nouveau media

 

Topolosky est un acteur important du web journalisme aux Etats-Unis. Son site The Verge, edité par Vox Media - société qualifiée par le New York Times "d'entreprise de technologie qui produit des médias, en opposition aux entreprises médias qui utilisent la technologie" - avait notamment décidé en 2014 de passer en version 100% web arguant que "les applis c'est super, mais The Verge est un site web, et nous voulons que nos lecteurs aient la meilleure expérience avec nos contenus, là où ils sont conçus pour être vus. Et c'est sur le web".

Pour lui le passage à "l'ère digitale" a destabilisé un marché jusque là "ordonné", où "l'éventail de ce que nous lisions, regardions et écoutions" était contrôlé par des grands groupes. L'auteur ajoute que les industriels de la presse ont cédé le contrôle de la distribution de l'information à des acteurs "qui se fichent ou ne comprennent rien aux médias" (Facebook, Google, Twitter). Ces-derniers ont imposé l'idée que la solution à cette crise était de "produire le plus possible" et non pas "le meilleur possible".

"Bordel, ils iront même jusqu'à payer pour en avoir"

"L'industrie des médias pense désormais largement que son seul modèle économique fonctionnel consiste à toucher le plus de personnes possible et de leur vendre le plus de publicité possible" ajoute-t-il avant de s'adresser directement à ces médias : "Votre problème c'est que vous faites de la merde. Beaucoup de merde. Et tout le monde se fiche de vous ou de votre merde. [...] Ils ne veulent pas de votre merde bon marché. Ils veulent de la bonne merde. Et ils iront la chercher autre part. Bordel, ils iront même jusqu'à payer pour en avoir". Et de conclure en conseillant aux médias de produire un contenu de qualité pour un lectorat restreint : "Si vous voulez faire quelque chose de vraiment bien, vous ne pouvez le faire pour tout le monde. Vous devez le faire pour quelqu'un. Un certains nombre de personnes, mais pas tout le monde".

(par Pierre Meloni)

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