Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

18h54 lu

Canal+ : documentaire censuré par Bolloré (Society/Mediapart)

Par
Anne-Sophie Jacques le 29/07/2015

Première censure à Canal+ sous l’ère de son nouveau propriétaire Vincent Bolloré. Selon le magazine Society daté du 24 juillet, la diffusion d’un documentaire sur une filiale suisse de la banque Crédit mutuel, pourtant validée mi-mai par la direction de Canal+, a finalement été annulée. L’info est confirmée aujourd’hui sur le site de Mediapart, co-auteur de cette enquête passée à la trappe. Visiblement, un coup de fil du nouveau propriétaire de la chaîne a suffi pour stopper la diffusion de ce documentaire embarrassant pour le patron du Crédit mutuel, un des principaux partenaires financiers du groupe Bolloré.

Si début juillet les médias et les politiques s’inquiétaient pour les Guignols de l’info– qui finalement restent sur Canal+ en crypté et passent en clair sur Dailymotion, tout récemment acquis par… Bolloré– il a fallu attendre un paragraphe au détour d’une longue enquête que consacre le magazine Society à Vincent Bolloré pour découvrir que le nouveau propriétaire de la chaîne a joué des ciseaux courant mai. Selon le magazine sorti en kiosque le 24 juillet, un documentaire consacré à une filiale suisse du Crédit mutuel, pourtant validé par la direction de la chaîne, n’a finalement pas été diffusé : "cette enquête, menée de concert par Mediapart et l’équipe investigation de la société KM production, retrace l’affaire dite de la Banque Pasche", nom de la filiale suisse du Crédit mutuel soupçonnée d’organiser l’évasion fiscale de certains de ses clients. Un soupçon qui pèse également sur la banque UBS comme le racontait récemment sur notre plateau Stéphanie Gibaud, une de ses anciennes employées et témoin de ces exactions.

Pourquoi refuser de diffuser ce documentaire ? Society avance une hypothèse "évoquée en coulisses : Vincent Bolloré ne souhaiterait pas mettre en porte-à-faux ses «amis» du Crédit mutuel avec ce documentaire qui, finalement, sera diffusé à la rentrée… sur France 3". Mais quand le magazine se demande si c’est un hasard ou une coïncidence, Mediapart est aujourd’hui catégorique : cette décision a bel et bien été prise par Bolloré en personne. Dans un article publiéaujourd'hui, le site d’information – partenaire du documentaire donc et à l’origine de plusieurs enquêtes sur cette filiale du Crédit mutuel – assure que "c’est par un simple coup de fil à Canal+ que Vincent Bolloré a signé l’acte de décès du documentaire, selon plusieurs sources internes".

Bolloré Mediapart

L’information est également appuyée par le témoignage de l’avocate des lanceurs d’alerte à l’origine de l’affaire du Crédit mutuel, Sophie Jonquet. Cette dernière, citée par Mediapart, "apprend la censure de la bouche d’un ami, qui se trouve être un cadre supérieur travaillant pour la banque mutualiste. «Il me dit de manière très claire et sans détour que le film ne sera pas diffusé et que Bolloré avait fait droit aux demandes de Michel Lucas. Je n’en revenais pas»".

Selon Mediapart, le documentaire, intitulé Évasion fiscale, une affaire française, était pourtant programmé dans l’émission d’enquête Spécial Investigation le 18 mai comme en témoigne un communiqué de Canal+. De même, "le film (qui contient plusieurs révélations embarrassantes pour la banque mutualiste) avait été validé par la direction des programmes et le service juridique de la chaîne". Mais un coup de fil a eu raison du sort de ce programme. L’intervention de Vincent Bolloré fait le tour de la direction de Canal+ qui découvre que le propriétaire de la chaîne a "fait valoir ses liens d’amitié avec Michel Lucas, le patron du Crédit mutuel". Par ailleurs, la banque "est l’un des principaux partenaires financiers des activités du groupe Bolloré". C’est le Crédit mutuel qui a notamment garanti l’OPA amicale de Vivendi (dont le conseil de surveillance est présidé par Bolloré) pour prendre le contrôle total de Canal+ le 12 mai dernier.

Canal+

Mais pourquoi avoir attendu pour raconter cette censure ? Contacté par @si, Fabrice Arfi, auteur de l’article, explique qu’au mois de mai, il n’avait pas encore toutes les informations. De plus, il attendait la confirmation de la diffusion du documentaire dans le magazine Pièces à conviction sur France 3 pour révéler l’information. A priori, la chaîne publique n’a encore rien signé formellement. C’est la révélation signée Society qui a poussé Mediapart à publier l’information plus tôt que prévu.

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19h12 à l'étranger

35 femmes en Une de "New York Magazine" contre Bill Cosby

Par
Robin Andraca le 28/07/2015

35 femmes assises et une chaise vide : la Une du New York Magazine, cette semaine, a fait parler d'elle. Le magazine hebdomadaire publie le témoignage de 35 femmes qui accusent Bill Cosby, -créateur en 1969 de la première sitcom mettant en scène une famille noire The Cosby Show-, d'agressions sexuelles et de viols.


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Elles sont assises, les bras repliés sur les genoux et fixent le lecteur : elles sont 35, parmi les 46 qui depuis des années accusent Bill Cosby d'agressions sexuelles, à avoir accepté de poser pour New York, magazine de référence aux Etats-Unis dans lequel Tom Wolfe, écrivain américain, aimait bien faire crisser la plume dans les années 70. Un magazine autrefois propriété de Rupert Murdoch (aujourd'hui contrôlé par les enfants du banquier d'affaires Bruce Wassertein) distribué toutes les deux semaines et qui, comme son nom l'indique, contient essentiellement des articles politiques et culturels sur la ville et l'Etat de New York.

35 femmes sur cette couverture mais pas seulement : il y a aussi cette chaise vide, laissée là au cas où d'autres femmes voudraient s'y asseoir, et qui a inspiré à Twitter le hashtag #TheEmptyChair, où des personnes ayant subi des agressions sexuelles dans d'autres contextes ont partagé leur expérience. Et enfin ce titre : "Cosby. Les femmes. Une communauté indésirable". Les membres de cette "communauté" racontent, à l'intérieur du magazine, leur expérience et la difficulté de briser le silence. "J’aurais pu marcher dans n’importe quelle rue de Manhattan, et dire, n’importe où : « J’ai été violée et droguée par Bill Cosby ». Mais qui au monde m’aurait crue ? Absolument personne", explique par exemple Barbara Bowman, 48 ans. Elle avait 17 ans, dans les années 80, elle voulait alors devenir actrice.

Joyce Emmons a croisé, elle, Bill Cosby à la fin des années 70, elle travaillait alors dans un comedy-club. Un soir, souffrant d'une terrible migraine, elle demande à Cosby l'équivalent d'un cachet d'aspirine. "Il a dit : « J'ai quelque chose de beaucoup plus fort ». Je lui ai dit : « Tu sais, je ne prends pas de drogue ». Il m'a dit : « Tu es l'une de mes meilleures, est-ce que je te ferais du mal ? ». Un témoignage qui ressemble à celui de Jewel Alisson, ancienne mannequin de 52 ans et qui raconte : "Il m’a demandé si je voulais un verre de vin. J’en ai bu quelques gorgées. Il avait un goût horrible. Et j’ai commencé à ne pas me sentir bien".

Obama a déjà tranché

Bill Cosby a toujours rejeté ces accusations et n'a jamais été inculpé. Une seule femme, jusque-là, a tenté d'assigner l'acteur en justice : Andrea Constand. Cette ex-directrice du club de basket de Temple University -où Cosby étudiait- affirmait en 2005 avoir été violée et agressée par l'acteur. Un non-lieu avait été prononcé mais selon des documents judiciaires rendus publics par les autorités américaines le 6 juillet 2015, Cosby, interrogé par l'avocate de Costand, avait reconnu s'être procuré des sédatifs dans l'intention de les donner à des femmes avec lesquelles il voulait avoir un rapport sexuel.

Présomption d'innocence ou pas, Barack Obama, lui, a déjà tranché : "Si vous donnez à une femme, ou un homme d'ailleurs, une drogue sans qu'il ou elle en ait connaissance, puis que vous avez une relation sexuelle avec cette personne, sans son consentement, c'est un viol", a expliqué le 15 juillet dernier le président américain. Une procédure civile est toujours en cours : elle oppose Cosby à Judith Huth, qui accuse l'acteur de l'avoir agressé alors qu'elle était mineure, en 1974.

Avant la couverture de "New York", le sketch anti-cosby d'un comique américain

Ironie de l'histoire : malgré les accusations qui se multiplient depuis des années, c'est le sketch d'un... homme qui avait permis à ces accusations de remonter à la surface médiatique. Il s'appelle Hannibal Buress, il est comique et vient de se voir attribuer son propre late-show sur la chaîne Comedy Central. En 2014, il n'avait pas hésité à traiter Cosby de "violeur" sur scène dans une tirade filmée par un spectateur, postée sur le web et devenue virale par la suite. "Une femme peut ne pas être crue pendant trente ans, mais il suffit d'un homme ?", s'interroge aujourd'hui dans New York Magazine l'une des 35 victimes présumées, Victoria Valentino.

Le sketch en question

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19h10 à l'étranger

GB : le Sun fait tomber "Lord Cocaïne"

Par
la rédaction le 28/07/2015

Le nez dans la farine : des photos et vidéos de Lord John Sewel, ancien ministre de Tony Blair, en train de consommer de la drogue en compagnie de prostituées ont été révélées par The Sun, dimanche 26 juillet. Face aux critiques, l’homme politique a démissionné de la Chambre des lords britannique.


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L'une des photos publiée par The Sun

Il était membre de la Chambre des lords britannique et vice-président de l’institution. En trois jours, John Sewel, ancien ministre de Tony Blair, a perdu beaucoup : dimanche, le tabloïd The Sun publie des vidéos et photos le montrant en compagnie de prostituées, et consommant ce qui ressemble à de la cocaïne. Lundi, pressé par la présidente de la Chambre, il quittait son poste de vice-président. Face aux critiques, il s’est résigné aujourd’hui à quitter l'institution.

Comme le rapporte Francetv, l’affaire a fait scandale outre-Manche : "Soupçons d'usage de drogue, recours à la prostitution, propos racistes et attaques virulentes d'hommes politiques : tous les éléments sont rassemblés pour faire scandale au Royaume-Uni." Que voit-on dans ces photos et sur cette vidéo ? L’homme politique sniffer avec un billet de 5 livres ce qui apparaît être de la cocaïne, discuter avec des prostituées ou encore tenir des propos discriminants à l’égard des femmes asiatiques: "Elles ont l'air innocentes mais ce sont des putes". Avant de balancer sur une partie de la classe politique britannique : le premier ministre David Cameron est ainsi qualifié de "plus facile et superficiel Premier ministre qu'il y ait jamais eu". Le maire de Londres, Boris Johnson, quant à lui est "un crétin d'école privée de la haute", et Tony Blair, dont il a été le ministre se serait "planté sur la guerre en Irak parce qu'il est en quelque sorte tombé amoureux de George W. Bush". Le Monde précise que ses confrères de la Chambre des lords ont aussi été visés par, Sewel n'hésitant pas à la qualifiier de "voyous" et de "voleurs".

 


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Une du Sun datée du 27/07

Le quotidien français explique en quoi cette démission était inéluctable : "Le scandale provoqué par la diffusion des clichés où il inhalait de la poudre blanche a été d’autant plus vif que Lord Sewel présidait la commission de l’immunité et de la tenue, chargée de mettre en œuvre les règles de bonne conduite, prévenir les conflits d’intérêt et vérifier le bon usage des indemnités parlementaires."

The Sun a donc fait tomber John Sewel. Et le quotidien est visiblement bien renseigné sur la vie privée de l’homme politique puisqu'il vient, aussi, de révéler une relation adultère qu'il aurait eu avec une présentatrice vedette de la BBC... 

(par Martin d'Aboville)

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13h25 suivi

"Donald Trump, c'est nous" (Huff Post)

Par
la rédaction le 28/07/2015

Comment expliquer le sucès de Donald Trump, candidat à l'élection présidentielle américaine de 2016, en tête des sondages dans le camp républicain, risée et attrape-clics des médias ? Le directeur de la version américaine du Huffington Post, qui a décidé de traiter la campagne de Trump dans sa partie "divertissement" et non "politique", émet plusieurs hypothèses dans une tribune publiée hier.


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"C’est triste à dire, mais Trump, c’est nous". Howard Fineman, directeur de la version américaine du Huffington Post en est persuadé : si Trump est actuellement en tête des sondages dans le camp républicain, alors que l'élection présidentielle aura lieu en novembre 2016, c'est qu'il ressemble aux électeurs américains, et plus encore, à son époque. "A bien des égards, il n’est que le résultat logique de courants corrosifs qui n’ont cessé de prendre de l’ampleur dans l’arène politique au cours de ces dernières décennies. Même si nous ne voulons pas l’admettre, nous avons largement contribué aux conditions qui lui permettent de s’épanouir", estime Fineman.

En quoi Trump ressemble-t-il aux électeurs américains ? Dans la défiance que les deux camps partageraient, vis à vis du gouvernement américain, estime Fineman. Pour lui, le succès de la série télévisée House of Cards (ce monde politique dominé par le calcul et le cynisme, décrypté sur notre plateau en avril 2014) serait même symptomatique de cette défiance : "Il en va de même pour ce qui concerne la culture populaire. Le personnage principal de la série à succès House of Cards, plusieurs fois récompensée, est un président criminel qui urine sur la tombe de son père et crache sur une statue de Jésus".

"Il est fait pour les rafales de Twitter, où les conflits éclatent en tout anonymat"

Surtout, selon le directeur du Huff Post US, Trump serait "l'homme d'une époque, d'une ère où les accusations et le divertissement sont rois (...) Il est fait pour les rafales de Twitter, où les conflits éclatent en un instant et en tout anonymat". Le journaliste relève d'ailleurs que Trump a 3,34 millions d'abonnés sur le réseau social, plus que n'importe lequel de ses rivaux républicains.

Les médias, selon lui, jouent aussi un rôle important dans la montée en puissance du candidat Trump (au moins dans les sondages) : "Les médias en général et la télé en particulier (surtout le câble) n’arrivent jamais à détacher leurs yeux et leurs caméras d’un accident de la route. Trump est un crash qui n’en finit pas, mêlant controverses, accusations, irascibilité et foutaises. En plein calme estival, quand les audiences du câble sont en berne, c’est du pain béni".

Du pain béni que la version américaine du HuffPost a décidé de traiter dans sa rubrique... divertissement, et non politique. "Notre choix est simple : la campagne de Trump est un vrai cirque. Nous ne mordrons pas à l'hameçon. Si ce que dit Trump vous intéresse, vous le trouverez aux côtés des Kardashians et de l'émission du Bachelor", s'était justifié Danny Shea, directeur éditorial du site. Et le HuffPost tient bon. La preuve : la tribune de leur patron a été publiée dans la partie... divertissement !

L'occasion de relire notre article : "Où s'arrêtera donc la plaisanterie Donald Trump ?".

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18h34 suivi

Système bancaire parallèle : le "plan secret" de Varoufakis fait des vagues

Par
la rédaction le 27/07/2015

Après Varoufakis ministre et économiste, Varoufakis hacker ? Dans un échange avec des membres de fonds d’investissement, l’ancien ministre grec de l’économie Yanis Varoufakis précisait il y a deux semaines les contours de son "plan B" en cas d’échec des négociations avec les créanciers. Des propos, retranscrits par le quotidien grec Ekathimerini (distribué avec l’édition internationale du New York Times), jugés "surprenants", "incroyables" voire "explosifs" par la presse française.

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Lors de l’échange téléphonique avec ces membres de fonds d'investissements, qui a eu lieu le 16 juillet – soit une semaine après sa démission -, Varoufakis décrit en effet un plan qui aurait impliqué de "pirater" le système de l’administration fiscale pour mettre en place un "système bancaire parallèle". "Ce plan aurait consisté à créer un système permettant de transférer des fonds directement des contribuables aux organisations ou entreprises créancières de l'Etat en cas de tarissement des fonds voire de fermeture des banques", explique la Tribune. Un système basé sur une sorte de monnaie provisoire donc, aussi appelée "IOUs".

Ce système serait revenu à "créer un système bancaire parallèle au moment où les banques étaient fermées à cause de l'action agressive de la Banque centrale européenne visant à nous étrangler (…) C’était particulièrement bien développé et nous aurions pu faire une grosse différence, estime Varoufakis, puisque très vite on aurait pu l’étendre, en utilisant des applis pour smartphones. Bien sûr ce serait formulé en euro mais en un clin d’œil il pourrait être converti en nouvelles drachmes".

Plus surprenant : pour arriver à ses fins, Varoufakis explique avoir fait appel à un ami d’enfance spécialisé en sécurité informatique à l’université de Columbia, pour pirater les installations de sa propre administration. Ce dernier n’aurait cependant pas réussi à pirater certains logiciels, alors sous contrôle de la Troika.

"Schaeuble a un plan"

Interrogé par le Telegraph sur ces échanges, Varoufakis a reconnu leur authenticité mais regrette "la récupération" qui en est faite en Grèce. "Ils veulent me faire passer pour un escroc et me faire tomber pour trahison. C'est une tentative d'annuler les cinq premiers mois de ce gouvernement et de les mettre dans la poubelle de l'Histoire", avance-t-il, rappelant qu’il a toujours été opposé à la sortie de son pays de l’euro. L'économiste fait référence à l'opposition, qui demande une enquête du gouvernement, et à certains élus qui l'ont accusé de trahison. Dans le même article, on apprend enfin que c’est le refus de Tsipras de mettre en place le plan Varoufakis le soir du "non" grec au référendum qui a causé la démission du ministre.

En dehors de ce plan B, un autre passage (moins repris) de la retranscription d’Ekathimerini donne une idée de la position allemande et française vue par Varoufakis et évoque un autre plan plus ou moins secret, mais allemand cette fois. "Schaüble [le ministre allemand des finances] a un plan. […] Il pense que l’eurozone n’est pas viable comme elle est. Il pense qu’il faut des transferts fiscaux, et un certain degré d’union politique. Mais il pense que pour cette union fonctionne sans fédéralisme, sans la légitimité d’un parlement fédéral élu, il faut mettre en place une discipline stricte pour y arriver. Et il m’a dit explicitement que le Grexit lui donnerait ce pouvoir de négociation, un pouvoir de la terreur suffisant pour imposer aux Français une idée à laquelle Paris résistait. Laquelle ? Transférer une partie du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles."

L'occasion de voir notre émission Grexit: "en théorie, je suis pour. Mais j'ai peur de ce chaos-là"

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18h04 flash

Rachat RMC et BFMTV : Drahi en règle avec la loi anti-concentration

Par
Vincent Coquaz le 27/07/2015

Quand Libération rejoint BFMTV (et RMC, L'Express, L'Expansion ou encore i24news). L'homme d'affaires franco-israélien Patrick Drahi, qui multiplie depuis quelques mois les acquisitions, veut désormais absorber BFMTV et RMC. Ce matin, l'AFP rapportait que la holding du milliardaire, Altice, nouait un "partenariat stratégique avec NextRadioTV, le groupe d'Alain Weill, en vue, à terme, de le racheter". Concrètement, une "nouvelle société sera créée, dans laquelle seront transférés tous les actifs de NextRadioTV" précise Le Monde. Cette société sera "détenue à 51% par M. Weill et à 49% par Altice Contents, une filiale créée pour l’occasion par Altice Média, elle-même détenue par la maison mère Altice" précise le quotidien, soulignant que cette "cascade de holdings" est une spécialité de Drahi. Dès 2019, Drahi disposera en outre d'une option de rachat sur l'ensemble des actions aujourd'hui détenues par Weill ("en d’autres termes, cela signifie qu’Altice achèvera le rachat total de NextRadioTV dans quatre ans", note Le Monde).

Monde1

La liste des médias détenus par Drahi, par ailleurs propriétaire de SFR-Numéricable et Virgin Mobile, est désormais interminable. En plus de NextRadioTV (BFM TV, BFM Business, RMC, RMC Découverte mais aussi le site 01Net/Telecharger.com), le milliardaire possède déjà Libération, L'Express, L'Expansion, Mieux vivre votre argent, Point de vue, Studio Cinélive, L'Etudiant et la chaîne franco-israélienne i24news, énumère NextInpact. Et il y a quelques jours à peine, Altice annonçait être entré en négociations exclusives pour le rachat de Stratégies, Coiffure de Paris et Cosmétique Mag.

Drahi et la règle du "deux sur trois"

Cette liste impressionnante pose évidemment la question de la concentration, régulée dans le secteur des médias en France. La loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication (aussi appelée loi Léotard) consacre notamment le principe de "deux sur trois" qui empêche en principe à un même groupe d'être présent dans la radio, la télévision et la presse quotidienne. Or avec BFMTV, RMC et Libération, Drahi serait précisément sur les trois fronts.

Heureusement pour l'homme d'affaires, les règles anti-concentration, bien que jugées trop strictes par certains patrons de presse, sont en fait plutôt permissives. La règle de "deux sur trois" ne vaut ainsi que si l’opérateur détient "une ou plusieurs publications quotidiennes imprimées d'information politique et générale représentant plus de 20 % de la diffusion totale, sur le territoire national, des publications quotidiennes imprimées de même nature". Concernant NextRadioTV, le seul quotidien détenu est Libération. Or, avec un tirage inférieur à 100 000 exemplaires, le quotidien est bien loin des 20% de la diffusion totale des publications quotidiennes (les cinq plus grosses publications représentant à elles seules plus d’un million d’exemplaires).

Concernant i24news, BFMTV et RMC Découverte (mais aussi Numéro23, en cours de rachat par NextRadioTV), Drahi ne devrait pas non plus être inquiété : les dispositions anti-concentration ne concernent que les chaînes hertziennes (ce qui n'est pas le cas d'i24news) et il est possible de détenir jusqu'à sept autorisations de diffusion de services sur la TNT à condition que "ces services soient édités par des sociétés distinctes". Un jeu d'enfant pour Drahi, spécialiste ès filiales.

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15h07 lu

Enderlin (F2) : "Le conflit israélo-palestinien n'intéresse plus tellement"

Par
Justine Brabant le 27/07/2015

Sur le point de prendre sa retraite après 34 ans comme correspondant de France 2 à Jérusalem, le journaliste Charles Enderlin livre au JDD et à l'Obs son analyse du conflit israélo-palestinien. Il revient sur l'affaire al-Dura, sur la deuxième intifada, et estime que le conflit "n'intéresse plus tellement" les rédactions aujourd'hui.

Comment devient-on l'emblématique correspondant à Jérusalem de France 2 ? Dans le cas de Charles Enderlin, en allant passer six mois dans un kibboutz pour "un projet citoyen" après avoir été viré de la fac de médecine. C'était en 1968. Ce sont les premiers pas du reporter dans une région du monde où il passera ensuite 34 ans de sa vie comme journaliste. Il commence à piger pour France 2 en 1981, puis est titularisé en 1988.


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Ces trente années ont été notamment marquées, pour le reporter, par la deuxième intifada : "Pour les équipes israéliennes et palestiniennes qui travaillaient pour France 2, il y a eu un moment où cela a été très difficile, raconte Enderlin au JDD. On a même envisagé de mettre en place une cellule psychologique."

Episode marquant de cette deuxième intifada : l'affaire al-Dura, du nom de cet enfant palestinien de douze ans mort en septembre 2000 dans les bras de son père, filmé par un caméraman de France 2 (notre point complet ici). Enderlin dira dans son commentaire que les balles provenaient "de la position israélienne". Version contestée par un général israélien, par un reportage diffusé sur une chaîne publique allemande et par des agences ou sites de "réinformation" sur Israël, mais maintenue par le journaliste qui attaque en justice ses détracteurs. Quel regard porte-t-il aujourd'hui sur cette affaire ? "Je ne retire pas une virgule, assure-t-il à l'Obs. Mon seul regret, c'est d'avoir attaqué en justice, car les juges sont parfois imprévisibles et on n'en sort jamais."

Au moment de laisser son poste au journaliste Franck Genauzeau, Enderlin semble avoir un regret : l'intérêt déclinant des rédactions pour le conflit israélo-palestinien. "Le conflit israélo-palestinien n’intéresse plus tellement. J’ai vu des bureaux littéralement fondre. Les grandes chaines américaines (ABC, NBC, CBS), à l’exception de CNN et Fox, n’ont maintenant plus qu’un “Young Correspondant” sur place", relève-t-il. Avec Enderlin s'en va "le plus beau carnet d'adresse de la région", assure l'Obs.

L'occasion de relire notre point sur l'affaire al-Dura, et de revoir notre émission avec Charles Enderlin.

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14h31 lu

Applis et sites font des vagues dans le surf (Le Monde)

Par
la rédaction le 26/07/2015

Internet va-t-il ruiner la résistance organisée par une bande de surfeurs de Tarnos, dans le sud des Landes, qui refusent depuis des années de partager leurs vagues avec les touristes ? C'est tout l'enjeu d'une palpitante (et excellente) enquête publiée dans Le Monde magazine.


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Cette semaine, Le Monde Magazine nous emmène dans le sud-ouest de la France, où une guerre de territoire fait rage sur les plages : les locaux font la guerre aux touristes qui voudraient surfer les mêmes vagues qu'eux. Une guerre perturbée par l'arrivée d'un nouvel acteur : Internet, ses sites et ses applications gratuites telles que "Wind Guru" qui indiquent les meilleurs spots pour surfer. "C’est comme si une application te disait les bons coins à cèpes ou à truffes", explique au Monde Erwann Lameignère, éditeur de Hotdogger, revue spécia­lisée dans la culture surf. "Les gens regardent une webcam pendant cinq minutes, mais ne vont pas voir la mer, alors que c’est un sport du regard et qu’un bon surfeur a un sens marin".

Parmi ces sites Surf-Report.com, qui annonce plus de trois millions de pages vues chaque mois, avec lequel Gérard Duval, 52 ans, a eu le malheur de collaborer en publiant des bulletins météo quotidiens contre un peu de publicité pour son magasin de planches. Très rapidement, les messages d'insulte s'empilent sur la page Facebook d'un surfeur local. "Qu’il nous pourrisse pas la maison, ça va mal se passer", "Le mec va avoir toute la côte de Tarnos contre lui, il veut couler sa boîte ou quoi ?", "Prends un bon avocat, ou sinon un très bon dentiste… et prévois de sortir la nuit parce que le jour on va te voir !" ou encore "Ça sent l’incendie aux Forges", son quartier. Le site, qui étudierait un rapprochement avec le mensuel de référence Surf Session, racheté en juin dernier par l'ancien propriétaire de Libé Bruno Ledoux, cesse rapidement sa collaboration avec celui qui est aussi originaire de la région.

Devant l'afflux des menaces, Duval alerte les gendarmes puis Sud-Ouest qui titrait, début mai : "Surf à Tarnos : il subit la guerre des spots". C'est ensuite au tour de M6 et de RTL de débarquer dans la région, quelques jours plus tard. Et puis Le Monde.


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Capture d'un article de Sud-Ouest, publié le 06/05/2015

Personne ne s'est finalement attaqué à la dentition de Duval et sa plainte s'est soldée par la convocation à la gendarmerie de quelques uns des auteurs des messages sur Facebook. "Le shaper de Tarnos n’a pas repris ses bulletins météo sur Surf Report, mais il a trouvé refuge chez un concurrent, AlloSurf, signant ses prévisions et ses nouvelles photos d’un provocateur« votre dévoué reporter »", conclut Le Monde.

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11h32 ça reste à vérifier

Non, Merkel ne s'est pas évanouie à l'opéra !

Par
Robin Andraca le 26/07/2015

Angela Merkel a-t-elle perdu connaissance, hier, lors de l'ouverture du festival d'opéra de Bayreuth ? La nouvelle a fait les gros titres des sites allemands, avant d'être reprise par plusieurs médias français. Problème : la chancellière, visiblement, ne s'est pas évanouie.


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La Une du site de Bild, hier soir : "Choc à Bayreuth : Merkel s'effondre !"

Que d'émotions ! Samedi soir, la presse en ligne allemande était en émoi. Et pour cause : la chancellière, qui assistait ce soir-là à l'ouverture du prestigieux festival d'opéra de Bayreuth (elle n'a loupé qu'une seule des dix dernières éditions) se serait évanouie pendant l'entracte, au bar de l'opéra. Venue assister à la représentation de Tristan et Iseult, mise en scène par Katharina Wagner, arrière petite-fille du compositeur, elle aurait fait un malaise et serait tombée de sa chaise aux alentours de 19h. C'est en tout cas ce qu'affirmait hier le site de Bild, suivi de près par le Spiegel et Focus Online.

En France, Le Parisien, Gala et le site TF1 (qui se base sur une dépêche AFP) ont repris le malaise de la chancelière :


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Seulement voilà, il semblerait que dans sa chute Merkel ait entraîné aussi quelques médias : en effet, la chancelière n'a vraisemblablement jamais fait de malaise devant Wagner (en tout cas, pas hier soir). Ainsi, les sites du Spiegel et de Focus Online, premiers hier sur le malaise, font marche arrière depuis ce matin. La réalité serait moins dramatique : la chancelière aurait simplement glissé d'une chaise défectueuse pendant une pause café. Selon le porte-parole de Merkel, cité par la version allemande du Huffington Post, "la chancelière a vacillé à cause de l'état de sa chaise". La chaise, depuis, aurait été remplacée. Tout comme l'ensemble des titres de presse allemands et français qui ont repris l'information ?

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15h06 lu

NYTimes : polémique après la correction d'un article sur H. Clinton

Par
Robin Andraca le 25/07/2015

Première polémique politico-médiatique dans la course aux présidentielles américaines, qui auront lieu en novembre 2016 : le New York Times a modifié un article sur Hillary Clinton, et une possible enquête criminelle la concernant, sans en avertir ses lecteurs.


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L'article polémique en question, après édition

Pas de doute : sur l'affaire des mails personnels d'Hillary Clinton, le New York Times est en en pointe. En mars 2015, le quotidien révélait déjà que la candidate à l'élection présidentielle de 2016 avait utilisé une adresse e-mail personnelle, plutôt qu'une fournie par le gouvernement, lorsqu'elle était secrétaire d'Etat des Etats-Unis (chef du département d'Etat chargé des Affaires étrangères), entre 2009 et 2013. Et c'est encore le Times qui révélait, jeudi dernier, que deux enquêteurs avaient demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si, oui ou non, Hillary Clinton avait fauté. "Cette demande fait suite à un mémorandum du 29 juin dernier, dans lequel des inspecteurs généraux du département d'Etat et des services de renseignement selon lequel le compte privé de Mme Clinton contenait « des centaines d'emails potentiellement classifiés »", indique l'AFP.

En attendant l'ouverture, ou non, d'une telle enquête, c'est le New York Times qui a fauté et nul besoin de l'intervention de la Justice américaine pour le savoir. Le site du quotidien américain a, en effet, très sensiblement modifié le chapeau de son article, sans en prévenir ses lecteurs. Et ça change tout ! Ainsi, dans la première version du papier, Clinton était la cible directe de cette enquête dans le premier paragraphe : "Deux enquêteurs ont demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si Hillary Clinton avait commis une faute en utilisant une boîte email privée pour des correspondances gouvernementales à l'époque où elle dirigeait le département d'Etat".

Quelques heures plus tard, ce n'était déjà plus le cas : "Deux enquêteurs ont demandé au département américain de la Justice d'ouvrir une enquête criminelle pour savoir si des correspondances gouvernementales avaient été envoyées sur l'adresse mail personnelle d'Hillary Clinton, à l'époque où elle dirigeait le département d'Etat". Subtile mais néammoins importante rectification puisque dans cette nouvelle version, la candidate ne paraît plus être la cible directe de cette enquête.

"Comme cela arrive souvent, les rédacteurs continuent de révisers leur papier après publication"

Interrogé jeudi par Politico (dont une antenne vient de débarquer à Bruxelles), Michael Schimdt, l'un des auteurs de cet article, justifiait ainsi cette correction : "C'était une réponse aux plaintes que nous recevions de la part du camp Clinton, que nous estimions acceptables, donc nous avons fait la modification". Par mail, la porte-parole du quotidien, Eileen Murphy, s'est aussi justifiée : "Comme cela arrive souvent, les rédacteurs continuent de réviser leur papier après publication pour le rendre le plus clair et précis poissible. Il n'y avait aucune erreur factuelle, donc aucune raison de le mentionner".

Le quotidien américain s'est finalement résolu à le faire. Samedi matin, en bout de l'article publié deux jours plus tôt, le message suivant est apparu : "Un article et son titre parus dans certaines de nos éditions vendedi et concernant une enquête concernant la message électronique personnelle d'Hillary Clinton, alors secrétaire d'Etat, ont déformé la nature de la demande, en utilisant des informations provenant de hauts fonctionnaires. Cette demande concerne les informations classifiées et potentiellement compromises en lien avec cette messagerie électronique. Cela ne vise pas spécifiquement Hillary Clinton". Même le département de Justice américain a réagi à cet article du Times, confirmant avoir bien reçu une demande d'enquête sur les e-mails privées d'Hillary Clinton , mais se refusant à parler d'enquête "criminelle". En France, seuls BFM et Le Parisien ont repris "l'information" du New York Times, en se basant sur une dépêche AFP.

Cette polémique est née en mars, quand le quotidien américain avait révélé que celle qui n'était pas encore candidate à la présidentielle américaine de 2016 avait utilisé son adresse e-mail personnelle dans ses fonctions de secrétaire d’État des États-Unis. En utilisant un nom de domaine spécialement créé pour l’occasion, "@clintonemail.com", la secrétaire d’Etat pouvait communiquer avec des personnes "dans et en dehors du gouvernement, indépendamment du système de communication du département d’État", note le NYTimes. Un mélange des genres qui dérange aux États-Unis : l’utilisation d’une adresse mail personnelle entre, en effet, en contradiction avec les règles sur l’archivage des correspondances des responsables américains.

L'occasion de relire la chronique de Daniel Schneidermann : "Hillary Clinton, l'hyper décryptage".

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11h51 ça reste à vérifier

Été meurtrier Canal+ : les auteurs des "Guignols" virés

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Robin Andraca le 25/07/2015

"Massacre à la tronçonneuse" chez Les Guignols de l'info, épisode 3. Prétendument menacés de disparition en juin dernier, finalement maintenus mais en crypté (sauf sur Dailymotion, où ils seront visibles en clair), Le Parisien nous apprend aujourd'hui que les quatre auteurs des Guignols ont été virés.


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Lionel Dutemple, Julien Hervé, Philippe Mechelen et Benjamin Morgaine sont virés. Les quatre plumes des marionnettes -depuis seize ans pour les deux premiers, sept pour le troisième et trois pour le dernier- ne verront pas la rentrée 2015 où dorénavant Les Guignols, et leurs 17 millions de budget intacts seront diffusés à 20h50 en crypté. Et ce pour "développer l'exposition de cette pépite qui contribue à l'attractivité de la chaîne", si l'on en croit les propos de Maxime Saada, nouveau directeur général de la chaîne. Une "pépite" qui sera pourtant consultable gratuitement sur Dailymotion dans la foulée de sa diffusion à la télévision...

"Sans ses auteurs historiques, quel sens a encore le programme ?", se questionne déjà Le Parisien, avant d'avancer une première hypothèse pour expliquer ce licenciement groupé : les rémunérations des auteurs, de l'ordre de 35 000 euros brut par mois pour les deux plus anciens. "Pas difficile d'en trouver des moins chers, et plus dociles, estime le journaliste, même si la chaîne et le groupe Vivendi refusent pour l'instant de confirmer cette information.

Autre information du Parisien : Renaud Le Van Kim, producteur historique de la chaîne, aurait donné hier sa démission de l'entreprise KM (inspiré de son patronyme). "C'était la condition pour que cette dernière, qui produisait « Le Grand Journal» depuis onze ans, continue à assurer les cérémonies des Césars, du Festival de Cannes et l'émission « Conversation secrète », de Michel Denisot, pour la chaîne", croit savoir le quotidien. La société de production devrait récupérer, en échange de la perte du « Grand Journal», « La Nouvelle Edition », qui sera désormais présentée par Daphé Bürki (ex « Le Tube »). Dernière tête coupée : celle de Ara Aprikian, patron de D8, D17 et iTélé, qui a été remercié hier. Où s'arrêtera donc l'été meurtrier de Canal+ ?

L'occasion de revoir les auteurs virés, interrogés par Maja Neskovic dans cette émission.

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19h19 lu

Le Financial Times vendu 1,2 milliard : les journaux pour riches sont-ils plus chers ?

Par
Sébastien Rochat le 24/07/2015

Un record ? Le Financial Times vient d'être vendu par le groupe britannique Pearson au groupe de médias japonais Nikkei pour la modique somme de... 1,2 milliard de dollars. Un chiffre qui détonne dans un contexte de crise où les groupes de presse sont plutôt dépréciés.

Détenu par le groupe britannique Pearson depuis 1957, le Financial Times (FT) devient japonais. Le groupe Nikkei le rachète 844 millions de livres (soit 1,2 milliard). Une vente qui s'inscrit dans un recentrage de Pearson vers le secteur éducatif. Avant le FT, le groupe avait déjà revendu Les Echos à LVMH en 2007. Comment expliquer que le FT se soit vendu 1,2 milliard alors que le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, n'a déboursé que 250 millions de dollars en 2013 pour acquérir le Washington Post (le titre affichant à l'époque une dizaine de millions d'euros de pertes sur l'année) ? Selon Challenges et Les Echos, c'est sa mutation numérique (le virage payant a eu lieu dès 2007) qui explique sa valorisation. Sans donner de chiffres précis, le groupe avait annoncé avoir triplé ses profits en 2014. "Ce qui laisse penser qu’ils ont approché les 250 millions d’euros", estime Challenges. Aujourd'hui, le FT est d'abord un site, avant d'être un journal papier : sur ses 720 000 abonnés, près de 500 000 sont des abonnés numériques.

FT


"Le Financial Times est une exception, nous explique Bernard Poulet, auteur du livre La fin des journaux et l'avenir de l'information. Les autres traversent la crise de la presse comme la quasi-totalité des titres. Les journaux financiers sont sur un créneau spécifique, avec des lecteurs prêts à payer cher, comme dans le cas du FT. Ils ont donc une vraie valeur". A raison de 6 à 9 euros par semaine, l'abonnement est haut de gamme. Selon un dossier d'information destiné aux annonceurs, cité par Challenges, le FT revendique 13% de lecteurs millionnaires. Et le nombre d'abonnés ne cesse d'augmenter : +21% en un an.

En France, les chiffres sont beaucoup plus faibles : L'Obs n'a été vendu que 4 millions d'euros par Perdriel au trio Bergé-Niel-Pigasse, L'Express a été racheté par Drahi pour environ 7 millions d'euros. Seul Le Monde affiche un chiffre plus élevé, le trio BNP ayant acquis le titre contre une recapitalisation de 110 millions d'euros.

"Dans tous ces cas de revente, ce sont de riches hommes d'affaires qui s'achètent une influence. En rachetant Le Monde avec Bergé et Pigasse, Niel s'est acheté un statut qu'il n'avait pas, pour pas cher vu sa fortune. Dans ces cas-là, on rachète des dettes", conclut Bernard Poulet.

L'occasion de relire notre article sur le modèle économique du Financial Times

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12h34 lu

EI : le dilemme des géants du web (Wash Post)

Par
la rédaction le 24/07/2015

Liberté d'expression ou lutte contre les contenus djihadistes ? Un article du Washington Post publié le 16 Juillet analyse la difficulté pour les géants du web de lutter contre l'expansion de l'EI sur la toile. Facebook, Twitter ou encore Google sont confrontés à des obstacles d'ordre technologique, mais également des dilemmes idéologiques. Un article où l'on apprend également que la visite de Bernard Cazeneuve auprès des géants du web en février 2015, ne s'était pas spécialement bien passée.


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Twitter, plateforme préférée des djihadistes ? Dans un long article, publié le 16 juillet dernier, les deux journalistes Scott Higham et Ellen Nakashima reviennent sur l’attitude des réseaux sociaux et des plateformes face à l’Etat Islamique. Si Facebook applique des mesures strictes à l’encontre des publications de propagande du groupe, YouTube et Twitter n’exercent pas un contrôle aussi important. Twitter est même présenté dans l’article comme "la plateforme la plus fructueuse pour le groupe". Des explications du Washington Post qui confirment l’analyse proposée par @si en mars dernier sur la manière d'agir des jihadistes sur le réseau social.

Dans le combat contre l'EI, toute volonté de régulation est confrontée à des dilemmes idéologiques. Le gouvernement américain peut difficilement agir contre la liberté d’expression. Comme l'explique le Washington Post, aux Etats-Unis, toute tentative du gouvernement de régulation de la liberté d’expression est considérée comme anti-constitutionnelle au regard du premier amendement de la Constitution. Et pour ne rien arranger, les groupes sont de toute façon de plus en plus méfiants vis-à-vis de toute collaboration avec le pouvoir américain depuis les révélations de l’affaire Snowden.

Facebook, Twitter ou encore Google déterminent ainsi leur propre politique de contrôle, et sont là aussi confrontés à des choix. Un ancien cadre de Google et désormais associé dans la jeune société Betaworks spécialisée dans les technologies et les médias, Andrew McLaughlin, résume pour le Post ce dilemme que rencontrent les géants du web: "Vous voulez vivre dans un monde où les gens ont accès à l’information. En d’autres termes, des documents qui prouvent ce qu’il se passe vraiment. Et une vidéo de l’Etat Islamique où les otages se font décapiter est à la fois un acte de propagande et en elle-même un fait. Donc si vous êtes une plateforme, vous ne voulez pas supprimer les faits. D’un autre côté, vous ne voulez pas mettre en avant la propagande."

En Février, Bernard Cazeneuve a incité les compagnies à agir

Le journal américain revient aussi sur la visite du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, quelques semaines après les attentats de Charlie Hebdo, auprès des cadres de Google, Twitter et Facebook. Une opération séduction analysée par @si en février dernier. Facebook avait alors confirmé au ministre français son intention de poursuivre la lutte contre les djihadistes.

Google avait affirmé de son côté participer à l'effort, en notant que "les utilisateurs de YouTube signalent environ 100 000 postes chaque jour qui sont suspectés de violer les conditions d’utilisation de la plateforme", comme le rapporte le Washington Post. Qui relate également les divisions au sein du groupe concernant la vidéo de Charlie Hebdo où l’on voit les frères Kouachi exécuter un policier sur le trottoir. Les cadres ont finalement estimé que la vidéo avait un intérêt informatif et médiatique. Néanmoins, la vidéo a depuis été supprimée de YouTube France ... à la demande des pouvoirs français.

En revanche, "la rencontre entre le ministre français et Twitter ne s’est pas bien passée" rapporte le Washington Post. A l’issue de la réunion, Twitter n'avait pas pris d'engagements précis. Le réseau social avait mis en avant la difficulté de mettre en place un algorithme efficace pour détecter les comptes et tweets liés à l'EI. En effet, les djihadistes mettent désormais en place la politique des comptes privés et des comptes jetables. De plus, beaucoup utilisent maintenant Twitter uniquement pour prendre contact avec des individus dans l'objectif de les entraîner vers d'autres plateformes... plus discrètes.

(par Martin d'Aboville)

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19h32 ça reste à vérifier

Burundi : F24 modifie un titre jugé "tendancieux" par la présidence

Par
Justine Brabant le 23/07/2015

Des remerciements plutôt embarrassants. Après s'être plainte du titre d'un article publié sur le site de la chaîne France 24 concernant les élections dans le pays, la présidence du Burundi a diffusé, jeudi, un communiqué dans lequel elle remercie "vivement" la chaîne de l'avoir finalement modifié.

C'est le genre de communiqué un peu trop enthousiaste, dont une rédaction se passerait bien : "Le bureau Presse, Information et Communication de la Présidence de la République du Burundi tient à remercier France 24 pour avoir répondu positivement à la requête de la Présidence, qui consistait à modifier le titre d'un article publié sur le site, lequel était selon notre appréciation tendancieux."


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L'article incriminé ? Un papier concernant l'élection présidentielle qui s'est tenue le 21 juillet au Burundi, initialement titré : "Faible participation, violences, critiques : la présidentielle au Burundi ne trompe personne". On en trouve trace dans les moteurs de recherche :


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La présidence burundaise, très active sur les réseaux sociaux par le biais de son conseiller Willy Nyamitwe, n'a pas tardé à réagir, dénonçant dans un premier communiqué, publié le 22 juillet, un article "très tendancieux" et "loin d'être conforme à la réalité".


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Communiqué de la présidence du Burundi protestant contre
un article "tendancieux" paru sur le site de France 24

Ce qui gêne la présidence ? La mention de "violences", d'abord : le conseiller présidentiel admet "trois morts" et des "tirs et explosions entendus dans certains quartiers de la capitale", mais réfute l'idée d'un scrutin "émaillé de violences". Si France 24 n'était pas le seul média à évoquer un "climat de violences" (Mediapart ou encore Euronews l'ont fait), les heurts se sont en fait, pour l'essentiel, déroulés avant le scrutin.

La présidence burundaise regrette par ailleurs l'expression "ne trompe personne", qui "cache très mal la volonté [de l'auteur de l'article] de manipuler négativement l'opinion". Le texte se conclut par une demande : "De tout ce qui précède donc, la Présidence de la République exige de France 24 la rectification de cet article tendancieux".

Le message passe, puisque quelques heures plus tard, un second communiqué de la même présidence (repéré par le journaliste burundais Roland Rugero) "tient à remercier" France 24 pour la modification de l'article incriminé. Le nouveau titre ? Il relaie des critiques de l'opposition, mais cette fois sans prendre position : "Élection présidentielle : l'opposition dénonce une "mascarade"."


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Pourquoi ce revirement de la part de France 24 ? Joint par @si, le directeur adjoint de France 24 chargé des nouveaux médias, Sylvain Attal, explique "avoir changé le titre, mais pas le contenu de l'article" : "Ce sont des choses que l'on n'aime pas faire. Mais on l'a fait à contrecoeur, parce que l'expression "ne trompe personne" relevait effectivement plutôt du commentaire. Il y avait un peu de fondement dans la demande [de la présidence], on a peut-être laissé passer un titre un peu abusif. On peut dire la même chose sur le fond sans verser dans le commentaire". Attal explique par ailleurs avoir voulu protéger ses journalistes sur le terrain : "Il y avait énormément de nervosité, qui pouvait laisser penser que la sécurité de nos envoyés spéciaux était compromise. On a aussi fait ça pour apaiser les choses et ne pas les mettre en danger in utilement", assure le directeur adjoint de la chaîne, sans pouvoir en dire davantage sur la nature des menaces rencontrées par ses reporters.

Mise à jour, 24 juillet 2015, 11h : ajout de la réaction de Sylvain Attal, de France 24.

L'occasion de relire notre interview de la journaliste Sonia Rolley, à propos de la couverture médiatique de la crise politique au Burundi : "Les gens s'envoyaient mes tweets par sms".

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19h30 suivi

Grèce / réformes : 900 pages "que personne ne lira jamais" ?

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la rédaction le 23/07/2015

Un deuxième plan et deux (nouvelles) énormes réformes. Le second volet de réformes exigées par les créanciers de la Grèce a été voté hier par le parlement grec avec une marge plus importante que le premier : 230 votes pour, et trente six députés de la majorité qui votent contre ou s'abstiennent. Pour le premier volet, 39 députés de Syriza avaient dit non, emmenés par la présidente du parlement, la Syriza Zoe Konstantopoulou. "C’est le basculement du toujours imprévisible Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances, passé du non mercredi dernier – sur des hausses de taxes et de cotisations – à un oui cette fois-ci, qui est notamment à l’origine de cette légère différence", précise Le Monde.

LeMonde

Mais que contient ce nouveau volet, qui dépasse tout de même les 900 pages, "que personne ne lira jamais" selon un local cité par le blog Greekcrisis ? Tout d'abord, il permet de transposer une directive européenne de 2013 sur le renflouement des banques en difficulté. "C'est ce que l'on appelle le BRRD, mis en place au moment de la crise à Chypre. Concrètement, si la banque en difficulté demeure solvable, elle pourra bénéficier d'un renflouement public. Dans le cas contraire, les premiers à devoir mettre la main à la poche seront les actionnaires, suivi des créditeurs, contraints de couvrir un minimum des pertes de la banque. Par ailleurs, les dépôts seront garantis jusqu'à 100 000 euros", détaille L'Express.

Une autre réforme, plus difficile à mettre en place jusque-là, concerne la justice civile (litiges entre les personnes, physiques ou morales, privées). "La tâche fut particulièrement rude pour le gouvernement, qui a dû réussir l'exploit d'instaurer en droit grec un code de procédure civile qui n'existait tout simplement pas jusqu'à présent. Le tout pour réduire les délais, simplifier les procédures et en réduire le coût", explique L'Express. Mais difficile d'en savoir plus dans la presse française, si ce n'est que les créanciers insistaient pour obtenir cette réforme.

Pour en savoir plus, mieux vaut se tourner vers la presse anglo-saxonne, que ce soit le Guardian ou Ekathimerini, supplément sur la Grèce de l'édition internationale du New York Times. On y apprend que l'actuel code de procédure civile (qui existait donc bel et bien, contrairement à ce qu'avance L'Express) "avait très peu changé depuis son adoption en 1967". "Certains contentieux civils ou commerciaux pouvaient prendre deux à trois ans pour être jugés, et les justiciables avaient très peu d'options pour régler leurs différends en dehors des tribunaux. Le nouveau code, qui réduit le nombre de procédures spéciales et remplace le papier par des procédures électroniques, devait normalement être adopté en 2014." Problème : ces réformes, qui incluent également de passer de procédures orales à écrites et qui durcissent les conditions d'appel, s'étaient heurtées à la grogne des avocats, dont l'activité baissait mécaniquement si elles étaient adoptées. Jusque-là, les gouvernements grecs successifs n'avaient pas osé affronter ou avaient entendu les arguments des professionnels de justice. Cette fois, ils semblent qu'ils n'aient pas eu le choix.

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15h22 suivi

"Les Guignols" bientôt en crypté sur Canal+, mais en clair sur Dailymotion

Par
la rédaction le 23/07/2015

Prétendument menacés de disparition en juin dernier, Les Guignols de l'info seront bien présents à la rentrée sur Canal+ mais l'émission satirique occupera désormais une case cryptée, avant le prime time de 20h50. Pas de panique cependant pour les non-abonnés : les émissions devraient être disponibles sur Dailymotion, propriété de Vivendi, après leur diffusion sur Canal+.


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"Donner plus de valeur aux abonnements". Voilà comment Maxime Saada, nouveau directeur général de la chaîne, justifie le passage en crypté des Guignols à la rentrée, dans un entretien accordé au Figaro jeudi 23 juillet. Programmés depuis des années en clair à 20h, Les Guignols vont donc passer en payant... sauf sur le web où, selon Le Figaro et Le Monde, les internautes pourront retrouver l'émission sur Dailymotion après sa diffusion sur Canal +. Crypter, tout en laissant libre d'accès sur le net : une position en apparence paradoxale, justifiée par Saada qui, tout en voulant donner plus de valeur aux abonnements, souhaite "développer l'exposition" de cette "pépite qui contribue à l'attractivité de la chaîne". "L’essentiel est que tout le monde puisse nous voir", assure de son côté un membre de l’équipe au Monde.

L'émission satirique n'est pas la seule à passer en crypté. Ce sera aussi le cas pour L'Effet Papillon, consacrée à l'actualité internationale et diffusée jusque-là en clair, le samedi après-midi. Concernant le nouveau Grand Journal, Maïtena Biraben succèdera bien à Antoine de Caunes (qui de son côté présentera un late show hebdomadaire à partir du mois d'octobre avec l'équipe du Gorafi). Le casting sera prochainement dévoilé mais selon Saada, l'émission devrait mettre "beaucoup plus l'accent sur les sujets culturels". Et la politique ? "A chaque fois que l'actualité le justifiera", prévient Saada. Apparemment, elle se limitera donc désormais au Petit Journal, dont la durée devrait être rallongée.

L'occasion de relire notre article : "Bolloré contre les Guignols ? Inquiétude à Canal+ dans la classe politique et sur la toile".

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11h46 lu

Jacquie et Michel : dans les coulisses du site porno (Snatch Mag)

Par
la rédaction le 23/07/2015

Qui se cache derrière Jacquie et Michel ? Le site du magazine mensuel Snatch Mag vient de mettre en ligne une enquête publiée en mars 2014 sur les dessous du site porno français. Au menu : gros sous, petites payes et conditions de tournages dégradantes pour les femmes.


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"Jacquie et Michel, c'est un peu le porno dont vous êtes le héros". Ou bien : "Le succès de Jacquie et Michel, c’est simple. C’est la petite boulangère qui, la minute d’avant, vend sa baguette, et la minute d’après, se fait tringler". Derrière les formules qui claquent, qui se cache derrière ce site mystérieux créé en 1999, qui proposait au départ aux internautes de partager des photos de libertins avant de lancer en 2007 Jacquietmicheltv.net, dédié à la vidéo, considéré comme le site français le plus populaire et dont le chiffre d'affaires oscillerait entre cinq et huit millions ? Cette enquête de Loïc H. Rechi, initalement publiée dans le numéro 21 de Snatch, vient d'être mise en ligne sur le site du magazine.

Qu'en ressort-il ? Snatch Mag a rencontré Marion, 23 ans, qui a accepté de raconter son premier tournage avec Jacquie et Michel. "On a bu une coupe de champagne et les acteurs se sont pointés petit à petit. Je ne pensais pas qu’il y en aurait autant. J’avais dit que j’étais “ OK ” pour trois ou quatre. Mais six, ils y sont allés fort. Je n’avais jamais autant baisé de mecs en même temps (...) "La scène a duré cinq heures et ça c’était horrible. Cinq heures ! Pendant trois jours, je n’ai plus bougé. J’étais bloquée psychologiquement et physiquement. On n’est pas fait pour baiser cinq heures". Et puis ? Marion est repartie avec 150 euros et une porte d'entrée dans le milieu.

Une certaine Anna a aussi accepté d'en dire un peu plus sur les conditions de tournage : "A aucun moment, ils ne te précisent que tu te prends des claques dans la gueule. Tu te fais traiter comme un objet et c'est salement banal pour eux". Avant de développer : "On était en pleine scène et, à un moment, le mec me faisait super mal. Je leur ai dit :« Là ça ne va pas, il faut qu’on s’arrête». Leur réponse a été :« Attends, tu as vu le temps qu’on a mis à installer tous les trucs ? Il faut qu’on finisse là, on a des trucs à faire cet après-midi». Et là, tu as trois mecs qui te mettent la pression. Alors t’enquilles et tu fermes ta gueule". Ambiance.

Après avoir harcelé tout ce qu'il compte de collaborateurs pendant un mois, le journaliste de Snatch Mag a pu joindre Michel. Que dit-il ? "Nous, on aime bien faire des vidéos qui ressemblent un peu à l’émission Strip-Tease sur France 3. Notre succès a rendu les pros hyper jaloux. Et comme ils sont tous en train de se casser la gueule à part Dorcel, ils sont encore plus jaloux". Les femmes sont-elles respectées dans ses vidéos ? "L’idée que l’on dégrade la femme, je ne suis pas d’accord. Il y a la pudeur d’extrême droite et le féminisme de gauche qui ne nous apprécient pas. Mais les tartes dans la gueule, ce sont les filles qui aiment ça ! C’est du SM. Il y a une sorte de domination avec les tartes dans la gueule ou une tarte sur le cul...".

L'occasion de revoir notre émission, avec Ovidie, sur la possibilité d'un alter-porno : "Youporn, c'est le Monsanto du porno !".

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17h35 suivi

Charlie Hebdo devient entreprise solidaire de presse

Par
Anne-Sophie Jacques le 22/07/2015

Charlie Hebdo change de structure et devient la toute première entreprise solidaire de presse. Ce statut est issu d’une proposition de loi sur la modernisation de la presse adoptée par les députés en décembre et entrée en vigueur le 17 avril dernier. Il impose de réinvestir dans l’entreprise au moins 70 % des bénéfices annuels et assure que seuls les collaborateurs du titre pourront détenir des actions. Une ouverture du capital, pour l’instant détenu par son directeur Riss et Eric Portheault, directeur financier, est prévue à la rentrée et pourrait concerner cinq à six salariés. De quoi apaiser les tensions sur la gestion du journal apparues deux mois après les attentats du 7 janvier.

Les tensions s’apaisent au sein de Charlie Hebdo. Comme nous le racontions ici, début avril, un collectif de onze salariés publiait une tribune dans Le Monde pour dénoncer la mise à l'écart des salariés dans la réorganisation du journal et les projets à venir. Ce collectif demandait par ailleurs un changement de statut, type coopérative, et une redistribution des actions à tous les salariés afin, non pas de s’approprier des dividendes, mais de peser sur l’avenir du journal. Le collectif a su faire entendre sa voix puisque le 17 juillet, le directeur du titre Riss a annoncé l’adoption du tout nouveau statut d’entreprise solidaire de presse. L'occasion pour la ministre de la culture Fleur Pellerin d'organiser hier une petite fête en présence d'une partie de l'équipe de Charlie, fête suivie par Le Monde.

Charlie Hebdo

Créée par la loi du 17 avril, cette nouvelle forme d’entreprise, vaguement calquée sur l’économie sociale et solidaire, vise à aider l’émergence et la consolidation de nouveaux titres de presse d’information politique et générale conformément à la proposition de loi adoptée en décembre par les députés. Ce statut impose de réinvestir dans l’entreprise au moins 70 % des bénéfices annuels et interdit toute prise de participation par un tiers : seuls les collaborateurs de Charlie Hebdo pourront donc détenir des actions. Pour cette année, selon Le Monde, la totalité des bénéfices sera bloquée et réinvestie dans le journal. De même, Riss a annoncé une probable ouverture du capital à cinq ou six salariés – mais pas à tous les salariés comme souhaité par le collectif. A ce jour, Riss possède 70% des parts du journal, le reste étant détenu par le directeur financier Eric Portheault.

Interrogé par @si, Laurent léger, membre dudit collectif, se dit ravi de ce changement de statut "qui tombe à pic". Est-il déçu de voir s’envoler l’idée de créer une coopérative ? "La coopérative n’était pas un but en soi, nous souhaitions seulement trouver la façon dont les salariés allaient pouvoir être représentés au sein du titre, et ce quelle que soit sa forme juridique. Nous voulions faire entendre notre voix. L’adoption de ce nouveau statut est une première étape dans la refondation du journal. On ne peut que s’en réjouir."

De même, selon Le Monde, les dons recueillis par le journal seront gérés par un comité de personnalités indépendantes chargées de définir comment répartir, parmi les familles des victimes, la somme de 4,3 millions d'euros – provenant de 36 000 donateurs – et rendue publique par la direction du journal en mai (nous l’évoquions ici). "Ce comité sera nommé par arrêté ministériel", explique Léger, "et trois ministres devront nommer chacun une personnalité indépendante". Mais ce n’est pas encore fait, précise-t-il.

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13h47 @rrêt sur images

1996 : Bourdieu à Arrêt sur images

Par
la rédaction le 22/07/2015

Bourdieu et Arrêt sur images, c'est une émission en 1996. Et plusieurs années de controverse, Bourdieu et ses partisans estimant que le dispositif lui avait été défavorable. Le sociologue a-t-il été dominé par les deux contradicteurs, Jean-Marie Cavada et Guillaume Durand, des professionnels de la télévision ? Vingt après, à l'occasion de notre série d'été, Daniel Schneidermann estime que non : "C'était une très bonne émission dans le sens où l'on a bien vu le choc des logiques et la mécanique intellectuelle de chacun. Et j'ai vu Bourdieu dominant les deux autres par son humilité et sa faiblesse".

Pour voir l'intégralité de notre émission, "Ce qui est étonnant, c'est qu'on ait survécu si longtemps sur France 5", c'est ici




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19h54 ça reste à vérifier

Interview Tusk : pourquoi Le Monde a publié deux versions

Par
Anne-Sophie Jacques le 21/07/2015

Pourquoi Le Monde a-t-il supprimé un passage significatif de l’interview du président du Conseil européen Donald Tusk ? Parue initialement sur le site du quotidien le 16 juillet, l’interview a été modifiée pour la version papier en date du 18 juillet mais aussi sur le site Internet. A l’origine, Tusk se disait inquiet des risques de contagion idéologique suite aux derniers épisodes de la crise grecque puisqu’apparaît l’idée qu’on peut construire une alternative à l'austérité. Dans la version corrigée, ces propos ont été remplacés par d’autres. Pourtant ils ont bien été tenus par Tusk, assure le journaliste du Financial Times présent également lors de cet entretien.

Caviardage en règle ? L’interview du président du Conseil européen Donald Tusk publiée à l’origine sur le site du Monde a été passablement modifiée avant son passage dans la version papier. Le quotidien ne s’en cache pas et le précise dans cette mise à jour à l'article en ligne : "une première version de cet entretien a été publiée jeudi 16 juillet. Le texte a été réédité et mis à jour vendredi 17 juillet pour les besoins de l’édition du Monde daté du 18 juillet". Les propos ont été recueillis par la correspondante à Bruxelles Cécile Ducourtieux – hyper productive comme nous le racontions dans notre enquête consacrée à la couverture journalistique de la crise grecque – et c’est un morceau significatif de l’interview qui a été remplacé.

Le Monde Donald Tusk

Selon la copie des deux versions qui circulent (notamment sur le compte twitter d'Alexandre Alaphilippe), dans la première, Tusk se disait "inquiet des risques de contagion politique et idéologique. Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une alternative à la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité". Dans la seconde, fini l’inquiétude, fini l’alternative à l’austérité. Ce passage a été remplacé par celui-ci : "parfois, il me semble que certains politiciens et quelques intellectuels en Europe sont prêts à remettre tout en question en Europe, les traités, mais aussi la façon traditionnelle de penser l’Europe, la construction européenne et nos valeurs. La Russie n’est pas l’élément le plus important de cette menace".

Ces propos ont bien été tenus par Tusk, assure le correspondant du Financial Times à Bruxelles, Peter Spiegel. Sur son compte twitter, il suppose que la première version du Monde a été modifiée par manque de place et renvoie vers son article.

Donald Tusk Peter Spiegel

Une suppression par manque de place ou la volonté de nuancer les propos de Tusk ? "Je vais décevoir les lecteurs complotistes mais c’est un banal souci de place qui nous a contraints de remplacer ce passage par un autre", explique le directeur de la rédaction du Monde Luc Bronner, contacté par @si. Et de retracer l’histoire de ces deux versions : "l’entretien de Donald Tusk, suivi par plusieurs médias internationaux, était sous embargo jusqu’au jeudi soir. Nous l’avons publié en ligne ce soir-là". C’est le lendemain, en découvrant l’interview du président du Conseil européen dans un quotidien allemand – Bronner ne se souvient plus du titre mais peut-être est-ce la Frankfurter Allgemeine Zeitung – qu’il découvre le passage sur ces politiciens et intellectuels "prêts à remettre en question tout en question en Europe" et le trouve intéressant. Il souhaite l’intégrer à la version papier mais, par manque de place, est obligé de couper un autre élément.

"C’est un choix journalistique, concède Bronner, mais lié à une question technique : nous sommes limités par la place dans le journal papier. Si nous avions supprimé un autre passage, on aurait pu nous faire le même reproche, en nous accusant de minorer, par exemple, le côté conservateur de Tusk". Mais pourquoi ne pas avoir gardé la première version en ligne en y ajoutant le paragraphe intéressant ? Là encore, problème technique : "la version papier a écrasé la version publiée sur le site". Alors pourquoi ne pas remettre maintenant le passage passé à la trappe ? "Vous voulez dire publier une troisième version?" demande Bronner qui ne semble pas convaincu par cette solution. Il admet cependant qu’ils auraient dû faire davantage de pédagogie et expliquer, pourquoi pas dans un making-of, les raisons de ces deux versions. C’est chose faite, ici.

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