Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

17h48 suivi

En fait, Filoche était bien l'auteur du tweet antisémite

Par
la rédaction le 21/11/2017

Menacé d'exclusion du PS pour avoir posté une image antisémite sur son compte Twitter, Gérard Filoche, qui assurait dans un premier temps n'être pas l'auteur de ce tweet, a affirmé depuis le contraire sur sa chaîne Youtube.

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Dans un premier temps, il n'était pas l'auteur du tweet ci-dessus, posté le 17 novembre au soir, et supprimé 30 minutes plus tard. Sur l'image, Macron au centre lève les bras, un brassard aux couleurs du nazisme au bras, la croix gammée étant remplacée par le symbole du dollar. Le président de la République domine la planète. Derrière lui, trois personnages en lien avec sa carrière, tous Juifs : l'homme d'affaires Patrick Drahi, le banquier et homme politique britannique Jacob Rothschild et l'économiste Jacques Attali. A gauche, un drapeau des États-Unis, à droite, celui d'Israël. Toute l'imagerie antisémite associant les Juifs à l'argent et à un complot de domination de la planète est présente.

"A vrai dire ce n’est même pas moi qui l’ai posté, mais je l’assume. On n’avait pas remarqué le second plan", avait-il répondu dans un premier temps à Libération, au lendemain de la polémique. Le même jour, Filoche avait donné la même version à notre journaliste Hélène Assekour, par téléphone.

Depuis, la version de Filoche, membre du bureau national du PS, a sensiblement évolué. Dans une vidéo postée sur son compte Youtube le 20 novembre, il indique être à l'origine du tweet. "Pour illustrer l'un des tweets, une image se profile", explique Filoche, face caméra, sans dire comment cette image, publiée pour la première fois par le site Égalité et réconciliation le 12 février 2017 s'était "profilée" devant lui. "C'est Macron, au dessus de la planète, un peu dans une position... Je la rajoute. Comme je vais vite, je ne regarde pas le détail de cette image. Elle vient pas de moi, c'est un montage. Je m'endors, on me réveille même pas une demie heure plus tard. Et on me dit : « Attention l'image ! »".

Il continue : "Je vois à ce moment-là le deuxième plan, qui est dans le noir, très sombre. Je l'avais pas vu le premier coup. On me dit que cette photo vient d'un site d'extrême droite. Si j'avais su les deux, je ne l'aurais jamais fait. Immédiatement, j'ai retiré l'image". Après l'avoir postée, donc ?

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17h46 Hors Série

L'autodéfense, recours des opprimés ? (Dorlin / Hors-série)

Par
la rédaction le 21/11/2017

Faut-il, plutôt que de renoncer à la violence, l'embrasser ? Elsa Dorlin, philosophe invitée de Judith Bernard sur Hors-Série, aborde le rapport des corps opprimés à la violence. Confrontés constamment à elle, parfois dans l'incapacité de se tourner vers les formes de protection institutionnelles (police, justice), ils ont développé des réflexes pour y répondre : stratégies d'auto-défense, tactiques d'évitement. "L'expérience de la violence est une éducation à la violence", martèle Dorlin. Dans son ouvrage Se Défendre (La Découverte, 2017), elle reconstitue l'histoire et la diversité des pratiques d'auto-défense qu'ont inventé les opprimés. Et appelle à se les réapproprier, pour sortir d'un rapport uniquement subi à la violence : "Les femmes sont des expertes de l'auto-défense. Elles ont mis en place des tonnes de tactiques d'auto-défense, et aussi parce qu'elles savent, au fond. C'est la réalisation de ce savoir, l'entrainement, l'exercice de soi, dans la conscience de ce savoir, qui manque."

 

 

Pour voir l'émission en intégralité, c'est ici : "Philosophie de la violence"

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15h39 suivi

Les journalistes de LCP demandent le retrait de F. Haziza, visé par une plainte pour agression sexuelle

Par
la rédaction le 21/11/2017

Frédéric Haziza, présentateur vedette de LCP, accusé d'agression sexuelle. Selon la journaliste qui a porté plainte, il lui aurait pincé les fesses en 2014, faits qualifiés d'agression sexuelle par la loi française. La direction lui aurait alors adressé un avertissement, insuffisant pour certains salariés. Alerté de faits de harcèlement sexuel à LCP, François de Rugy, au conseil d'administration de la chaîne, s'agaçait à l'époque, selon Isabelle Attard, de ce qu'il qualifiait de "rumeurs".

Après France 2, LCP. Le présentateur vedette de la chaîne parlementaire, Frédéric Haziza, est accusé d'agression sexuelle par une journaliste de la chaîne, révèle une enquête de Buzzfeed France.

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Les faits remontent à novembre 2014. Alors que la journaliste Astrid de Villaines souhaitait rejoindre son poste de travail, Frédéric Haziza lui aurait bloqué le passage, insistant pour qu'elle passe devant lui. "Monsieur Haziza a alors tendu son bras droit, autour de ma taille. Sa main s'est alors retrouvée au niveau de mes fesses, côté gauche, en l'appuyant fortement. Dans le même temps, monsieur Haziza m'a pincé la fesse gauche.", détaille-t-elle dans sa plainte, à laquelle Buzzfeed a eu accès. Haziza aurait par ailleurs à plusieurs reprises eu un comportement déplacé à son égard : frôlant sa poitrine, ou commentant ses tenues "tout en fixant [sa] poitrine." Un cadre de la chaîne, interrogé par Buzzfeed, confirme "la réputation d'avoir les mains baladeuses" du présentateur, quand d'autres dépeignent un homme à "l'humour salace" ou à la "réputation de sexiste".

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Haziza a reçu un avertissement de la direction pour ces faits, après saisine du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de LCP. Pour les salariés interrogés par Buzzfeed, c'est une sanction jugée "très faible" qui jure avec le traitement d'autres cas de harcèlement ou d'agression sexuelle dans la chaîne : un ingénieur du son accusé d'agressions sexuelles, et une maquilleuse accusée de harcèlement, ont été licenciés. Un "deux poids, deux mesures", pour Thibaud Le Floch, journaliste pour l'émission Le Tube de Canal+, à l'époque en poste à LCP, interrogé par Buzzfeed.

De Rugy, alerté par Isabelle Attard, s'agaçait de ces "rumeurs"

L'affaire serait par ailleurs remontée jusqu'au conseil d'administration de la chaîne, composé de députés et de la présidente de LCP, Marie-Eve Malouines. La députée écologiste Isabelle Attard, membre du conseil, aurait mentionné un problème de "harcèlement sexuel" au sein de LCP, sans donner le nom de Haziza dans un premier temps. Sur le compte-rendu de la réunion à huis clos, consulté par Buzzfeed, on peut lire que François de Rugy, alors vice-président de l'Assemblée Nationale (EELV), "remercie Isabelle Attard d'avoir abordé le sujet qu'il considère avec gravité. Il souligne qu'il ne faut pas laisser se propager de telles rumeurs qui pourraient nuire à LCP." Sauf que pour Isabelle Attard, "le compte rendu de cette réunion n'est pas fidèle à ce qui s'est passé. François de Rugy s'est tout de suite agacé en m'accusant de relayer des rumeurs." A l'époque, comme le souligne Buzzfeed, il venait de succéder à Denis Baupin, accusé d'avoir agressé et harcelé de nombreuses élues.

Mise à jour, 16h30 : Frédéric Haziza anime l'émission Questions d'info, tous les jeudis. Contactée par @si, la direction de LCP confirme que l'émission est maintenue. Dans un communiqué, la chaîne précise avoir "décidé de diligenter une enquête interne menée par le Secrétaire général de LCP Eric Moniot, avec un délégué du personnel et un membre du CHSCT" pour éclaircir les 'témoignages anonymes et non datés" recueillis par Buzzfeed "mettant en cause le comportement de [Frédéric Haziza]."

Mise à jour, 17h30 : Le comité d'entreprise et la Société des journalistes (SDJ) de LCP ont demandé le retrait de l'antenne et la mise à pied à titre conservatoire de Frédéric Haziza. Simultanément, François de Rugy, le président de l'Assemblée nationale (visé par Isabelle Attard dans l'article de Buzzfeed) a annoncé dans un communiqué avoir convoqué "la présidente de LCP [Marie-Eve Malouines] afin qu'elle détaille les mesures prises pour que toute la lumière soit faite sur la situation au sein de la chaîne."

Mise à jour, 19h : Marie-Eve Malouines a justifié, auprès de la SDJ de LCP, le maintien de Haziza à l'antenne en déclarant, selon Buzzfeed France, ne pas vouloir "céder à la pression des réseaux sociaux et des médias." Elle a ajouté : "Je n'ai pas de raison de croire davantage Astrid que Frédéric", et a conclu en assurant aux journalistes que le présentateur resterait à l'étage de l'administration, sans passer par celui des journalistes. Une enquête préliminaire a été ouverte dimanche 19 novembre par le parquet de Paris, rapporte de son côté FranceInfo

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21h36 suivi

Bourse : Drahi tente de rassurer les salariés de SFR Presse (dont Libé)

Par
Robin Andraca le 20/11/2017

Après le plongeon du titre Altice en Bourse, Patrick Drahi a écrit aux salariés de SFR Presse pour tenter de les rassurer. Et promis 10 nouveaux postes de journalistes en CDI à Libération.

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Le Monde, 17 novembre 2017

Le mail envoyé le 17 novembre, signé "Patrick", se veut rassurant : "Sachez que malgré la chute du cours de bourse, le groupe bénéficie d'une véritable stabilité financière".

En une semaine, en effet, au soir du 17 novembre, l'action de la maison mère de SFR, Altice, a perdu 37% de sa valeur (et 64,7% depuis sa valeur la plus haute en juin 2017). Un plongeon qui a poussé Drahi à prendre le clavier pour rassurer ses troupes par mail. Selon lui, la dette d'Altice est "sécurisée à 85% à taux fixe et le premier remboursement majeur n'arrivera qu'en 2022". "Si les taux remontaient ou si les agences revoyaient la notation de notre dette" ajoute-t-il, "cela n'aura strictement aucun impact pour l'entreprise dans les 5 prochaines années". Il faudra donc faire confiance aux agences de notation.

"Nos dizaines de millions de clients à travers le monde, nos millions de téléspectateurs, auditeurs et lecteurs, nos dizaines de milliers de collègues attendent de nous tous que nous restions pleinement concentrés sur notre travail quotidien", peut-on aussi lire dans ce mail adressé à l'ensemble des salariés de BFM, RMC, Libé et L'Express.

10 postes en plus à Libération

Drahi a aussi décidé de faire un (petit) geste envers Libé, où l'avenir du quotidien semble toujours aussi flou pour ses salariés. Depuis le plan social de 2014 qui a occasionné le départ de près de 90 salariés, la rédaction, à l’effectif amoindri, navigue à vue.

Lors du Comité d'Entreprise de ce 20 novembre, deux annonces ont été faites. Un nouveau directeur général - le sixième en moins de deux ans - a été présenté. Il s'agit de Clément Delpirou, jusque-là à la direction de InfoPro Digital, qui se vante sur son site de "transformer l'information en performance", et offre des solutions aux entreprises pour "accroître leur activité commerciale". Parmi les médias conseillés par InfoPro Digital : L'Usine Nouvelle, l'hebdo consacré à l'économie et aux technologies dans le monde industriel, ou L'Argus de l'assurance. Delpirou, qui prendra ses fonctions le 2 janvier, aura pour mission de recruter de nouveaux abonnés numériques, alors que la majorité des revenus de Libé dépendent encore du papier.

Lors du même CE, la création de 10 postes de journaliste a aussi été annoncée. 6 CDD seront titularisés en CDI, et quatre nouveaux postes vont être créés. "C'est une réponse à notre mobilisation, ils ont senti qu'il fallait bouger", estime Willy Le Devin, journaliste et secrétaire du comité d’entreprise du quotidien.

Il faudra en revanche encore attendre pour connaître le nom du successeur de Johan Hufnagel, numéro 1 bis de Libération, parti pour un projet vidéo, Loopsider, qui verra le jour en janvier. Un nom devrait être proposé par Laurent Joffrin à l'ensemble de la rédaction d'ici la fin de l'année. "A ce moment, on demandera à voter. On ne se contentera pas de dire bienvenue, la doléance existe et on entend bien l'appliquer", précise Le Devin.

Lire aussi la chronique de Daniel Schneidermann, "Drahi pour les Nuls"

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16h19 @rrêt sur images

"Le leak est devenu une marque"

Par
la rédaction le 20/11/2017

La fuite de données, une marque ? Les "leaks" et autre "papers" se sont multipliés ces dernières années, avec une influence sur la politique mondiale. Pour Pierre Gastineau, invité sur notre plateau cette semaine, et co-auteur, avec Philippe Vasset d'Armes de destabilisation massive, consacré au "business des fuites de données", le "leak" est devenu une arme qui jette automatiquement la suspicion sur la personne ou l'entreprise visée.

L'occasion de voir notre émission : "Les Panama Papers ont permis à beaucoup de gens de gagner beaucoup d'argent"

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14h01 lu

JCDecaux veut faire retirer des articles d'une association anti-pub

Par
la rédaction le 20/11/2017

JC Decaux a mis en demeure l'association Résistance à l'agression publicitaire de retirer des contenus de son site, invoquant le secret des affaires. En cause : la diffusion de son contrat avec la Mairie de Paris, que l'association dénonçait.

RAP

L'affaire commence en mars, lorsque la mairie de Paris souhaite renouveler son contrat avec son prestataire pour les panneaux publicitaires, JCDecaux via sa filiale Somupi, qui arrive à échéance le 31 décembre. Les nouveaux termes prévoient notamment la pose d'écrans numériques. L'association Résistance à l'agression publicitaire, qui dénonce cet accord et s'est procuré le contrat, le publie alors sur son site. Un article contenant des captures d'écran de ses annexes est également mis en ligne le 23 mars. "La Mairie de Paris explique que les écrans numériques permettent de faire moins de déplacements de véhicules, affirme Thomas Bourgenot, chargé de plaidoyer de l'association RAP, qui était invité sur notre plateau la semaine dernière. Avec ce contrat, on voit qu'en fait, JCDecaux fait des contrôles quotidiens avec ces véhicules. Ca ne change absolument rien en terme de déplacement, et les écrans sont beaucoup plus énergivores que les panneaux classiques."

Surtout, la pose d'écrans numériques est interdite par le règlement local de publicité (RLP) de Paris. Une interdiction qui motive le tribunal administratif en avril à invalider l'accord en avril, puis le Conseil d'Etat à confirmer cette décision en septembre. Mais la Mairie ne renonce pas, puisqu'elle souhaite désormais réviser son RLP, pour pouvoir enfin poser des panneaux numériques. L'association RAP publie alors un nouvel article le 9 novembre, contenant à nouveau des éléments du contrat de mars.

Une publication peu appréciée par JCDecaux, qui a mis en demeure, le 13 novembre, l'association de retirer ces contenus de son site, invoquant le secret des affaires. "La publication de ces éléments procède d'une violation manifeste des dispositions afférentes aux procédures de mise en concurrence ...], ainsi que d'un recel de violation secret professionnel [...]" peut-on lire dans le courrier, qu'@si s'est procuré.

L'association RAP, elle, invoque l'intérêt général. "On est les seuls à avoir mis ça en ligne, soutient Bourgenot. Si JCDecaux arrive à gagner son procès, ces informations ne seront plus accessibles." L'association a néanmoins retiré le contrat qui figurait en intégralité sur son site, mais a maintenu ses articles, captures d'écran incluses.

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18h22 suivi

Le trader "outé" par Denis Robert débouté par la justice

Par
la rédaction le 16/11/2017

Denis Robert ne s'est pas rendu coupable d'atteinte à la vie privée en dévoilant l'identité d'un twitto, trader à Londres, qui avait violemment attaqué les opposants à la loi travail en 2016. C'est ce que vient d'établir la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Le journaliste est cependant débouté de ses demandes de réparation.

zebodag

Capture d'écran du compte Twitter @zebodag le 15 novembre 2017

L'audience, qui s'est tenue début octobre, opposait Denis Robert et le trader londonien Ali Bodaghi (nous vous résumions l'histoire ici). Lors des débats autour de la loi Travail en 2016 le journaliste avait révélé, avec sa consoeur Myriam Tonelotto, l'identité de deux twittos (puis d'un troisième) dans un texte publié sur Facebook. Il était d'ailleurs venu sur notre plateau pour expliquer sa démarche. Les deux hommes visés propageaient alors "des idées nauséabondes en terme d'ultra-libéralisme, anti-syndicalisme, et pour certains racisme et sexisme" sur le réseau social selon Robert. L'un d'entre eux, Ali Bodaghi, utilisait Twitter sous le pseudonyme "Zebodag". Robert avait rendu public son nom, sa profession de trader et "ancien de Lehman-Brothers", ainsi que le montant de ses impôts. S'estimant lésé, Bodaghi (qui a depuis fait passer son compte en privé) avait porté plainte pour atteinte à la vie privée, et demandé le retrait de la publication ainsi que 10 000 euros de dommages-intérêts.

Dans son jugement du 15 novembre, le tribunal "n'établit aucune violation du droit au respect dû à sa vie privée" dans la mesure où "l'identité de Monsieur Ali Bodaghi avait été révélée sur les réseaux sociaux dont Twitter, notamment du fait de l'intéressé lui même, avant la publication du passage litigieux sur Facebook." Le tribunal poursuit : "Son activité de trader, activité professionnelle ne relevant pas non plus de la sphère privée, n'est pas davantage entourée du moindre mystère", puisqu'elle est évoquée par un de ses interlocuteurs sur le réseau social, dans un article de presse, ainsi que sur ses profils LinkedIn et Twitter. Quant au montant de ses impôts et de ses revenus, Bodaghi s'est lui-même "répandu" publiquement sur ces sujets, note la chambre. "M. Denis Robert s'est ainsi contenté de relayer des informations disponibles sur internet, [...] sans rien révéler de la vie privée de M. Ali Bodaghi qui ne l'ait été auparavant", conclut le tribunal.

Robert, qui avait répliqué en demandant une condamnation de Bodaghi pour procédure abusive, ainsi que 10 000 euros "en réparation de son préjudice moral et d'atteinte à sa réputation", a également été débouté. Le tribunal a en effet estimé d'une part que les faits reprochés (des insultes) ne peuvent être qualifiés d'"atteinte à la réputation", et d'autre part, que les poursuites menées par Bodaghi ne relèvent pas d'une intention de nuire.

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18h41 lu

Fuites / Audiovisuel : Nyssen annonce porter plainte. Doutes sur la recevabilité

Par
Juliette Gramaglia le 15/11/2017

Tensions entre Le Monde et la ministre de la Culture. Françoise Nyssen a annoncé vouloir porter plainte contre X après la publication par le quotidien de documents internes sur des pistes de réformes de l'audiovisuel public français. Une plainte qui, selon le ministère, ne vise pas directement le Monde, mais est dénoncée par le directeur de la rédaction comme une attaque contre la protection des sources.

C'est une nouvelle séquence "gouvernement contre presse". La ministre de la Culture Françoise Nyssen a fait savoir lundi 13 novembre qu'elle avait l'intention de porter plainte contre X après un article du Monde citant un document interne au ministère.

Le Monde Nyssen

De quoi s'agit-il ? Le quotidien s'est procuré une synthèse de 31 pages, sur laquelle il a publié un premier article lundi 13 novembre, et qui fait part de "pistes exposées le 3 novembre par le ministère dans sa «contribution au Comité action publique 2022», ou «CAP 22»". Un comité qui vise à proposer d'ici à mars 2018 des réductions de dépenses publiques. Pour rappel, le projet de loi de finances de l'année qui vient prévoit une baisse de budget pour l'audiovisuel public.

D'après Le Monde, le texte interne "envisage de regrouper France Télévisions, Radio France et les autres sociétés du secteur au sein d'une structure commune, une «holding», mais aussi de supprimer France Ô, la chaîne des outre-mer, ou de cantonner les médias jeunesse France 4 et la radio Le Mouv' à une diffusion seulement numérique". Par ailleurs, le document "n'exclut pas des suppressions de postes", poursuit le quotidien, alors que France Télévisions ne remplace déjà pas un départ à la retraite sur deux. Qualifié par le cabinet de Nyssen de "document de travail", dont "les hypothèses ne sont pas validées par la ministre", la synthèse proposerait également une réorganisation des réseaux de France 3 et de France Bleu, ainsi qu'une fermeture des bureaux régionaux de France 2.

Par ailleurs, le ministère souhaiterait, selon Le Monde, "retirer au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) le pouvoir de nommer les présidents [des groupes audiovisuels publics], afin de le confier aux conseils d'administration des sociétés concernées, en révisant au passage leur composition". Quand à la holding imaginée par le ministère, "le gouvernement devra aussi en principe imaginer comment [elle] sera commandée", note le quotidien. Qui ajoute : "Et nommer potentiellement ce nouveau dirigeant".

La plainte de Nyssen

La réponse de la ministre de la Culture à cette fuite n'a pas tardé. "J'ai découvert, avec stupéfaction, que des documents internes au ministère de la Culture avaient été divulgués. Il s'agit de documents contenant des pistes de travail, et non validés", a fait savoir cette dernière par un communiqué de presse lundi 13 novembre. Nyssen conclut : "J'ai l'intention de porter plainte contre X après cette diffusion de documents provisoires, qui n'avaient pas vocation a être rendus publics". On ignore pour le moment sous quelle qualification juridique la ministre compte porter plainte.

Nyssen Plainte

Le directeur de la rédaction du quotidien Luc Bronner a aussitôt dénoncé une "démarche inquiétante". "Car, si son entourage assure que la plainte ne vise pas Le Monde, elle cible, de façon évidente, nos sources d'information en cherchant à les tarir par la menace de poursuites judiciaires", écrit Bronner. Et de dénoncer "une culture du secret en opposition complète avec la défense de la liberté de la presse et de la protection des sources". Le quotidien a également publié mardi 14 novembre un article plus général sur "les pistes de réforme envisagées pour la culture", se basant sur le même document de synthèse.

Le précédent Pénicaud

Au-delà de la question de la liberté de la presse, et des relations compliquées entre le gouvernement Macron et les médias (notre dossier est ici), l'avocat et ancien secrétaire général du Conseil national du numérique (CNN) Jean-Baptiste Soufron s'interroge dans un post de blog sur la recevabilité de la plainte de la ministre, qui vise "un ou plusieurs fonctionnaire(s) qui ont diffusé des documents de travail à l'extérieur de leur administration sans l'accord de leur hiérarchie". L'avocat rappelle la différence entre discrétion professionnelle (qui interdit de révéler toute information relative au fonctionnement de son administration, d'après le site de la fonction publique), et secret professionnel (qui interdit de divulguer des informations personnelles, relatives par exemple à la santé ou au comportement d'une personne). D'après Soufron, "la communication des documents de travail ne relève pas d'une atteinte au secret professionnel du fonctionnaire, mais seulement d'une atteinte à son obligation de discrétion professionnelle". Et dans ce cas, les sanctions devraient alors être "de nature administratives" (pouvant aller jusqu'au renvoi du ou des fonctionnaires), et non pas pénale, et nécessiteraient plutôt une enquête interne qu'une saisine de la justice.

Ce n'est pas la première fois qu'un membre du gouvernement use de la carte judiciaire. En juin dernier, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait annoncé porter plainte contre X pour "vol", "violation du secret professionnel" et "recel". Cette plainte intervenait après la divulgation par le quotidien Libération de documents du gouvernement portant sur la modification du code du travail. Quelques jours après, la ministre abandonnait la plainte pour "recel", qui visait directement le quotidien, pour ne garder que les plaintes visant les sources de Libération. Une plainte que plusieurs journalistes dénonçaient déjà à l'époque comme une atteinte à la liberté de la presse.

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14h49 lu

Paradise Papers : Arnault sucre 600 000 euros de pub au Monde (Canard)

Par
la rédaction le 15/11/2017

Bernard Arnault n’a visiblement pas apprécié les révélations du journal de son gendre, Xavier Niel. Alors que Le Monde a dévoilé la semaine dernière, les méthodes d’évasion fiscale de Bernard Arnault, dans le cadre des Paradise Papers, la réponse de celui- ci ne s’est pas fait attendre.

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C’est ce qu’explique le Canard Enchaîné de ce mercredi. Le Monde, détaille le Palmipède, "s’est vu retirer jusqu’à la fin de l’année les pages de pub de LVMH, soit un manque à gagner de 600 000 euros". Exit donc, dans le quotidien et son magazine de fin de semaine, les encarts pour les champagnes, parfums, montres, ou sacs à main du groupe LVMH. Déjà, la semaine dernière, dans les heures qui ont suivi la publication de l'enquête du Monde, Arnault avait tenu à dénoncer une "opération journalistique de ce média pour créer une sensation forte". Une contre-offensive qui s’est poursuivie dans les colonnes du JDD par la tribune (masquée) d’une avocate de LVMH.

Ce n’est pas la première fois, en tout cas qu’Arnault en tant que principal annonceur de la presse française, décide de taper au porte-monnaie les médias qui mettent à mal son image. Le Monde en sait quelque chose, lui qui en 2012, avait révélé la réplique publicitaire de LVMH dont Libé avait fait les frais après sa Une sur la demande de nationalité belge d’Arnault, titrée "Casse-toi riche con!".

Libé Arnault

LVMH avait à l’époque décidé de suspendre ses opérations publicitaires pour l’année en cours, soit un manque à gagner de 700 000 euros pour Libé. Une stratégie au pouvoir de dissuasion certain. Les exemples sont multiples, qui trahissent le poids de LVMH sur la presse et les efforts de certains médias pour éviter de fâcher leur annonceur, comme nous l'écrivions ici. Déjà, quand en 2011 le magazine Géo histoire s'intéressait au rôle de la maison Louis Vuitton (le V de LVMH) sous l'occupation, le service pub de Prisma presse (aujourd’hui Prisma media) qui possède le magazine mais également Gala ou Femmes actuelles avait tout simplement préféré... supprimer l'article.

L’occasion de (re)lire nos articles "Serge Dassault et Bernard Arnault cités dans les Paradise Papers" et "«Merci patron», le film qui ridiculise Bernard Arnault, gros annonceur français"

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14h45 Hors Série

Les droits de l'homme, frein à la démocratie ? (Chollet/Hors-Série)

Par
la rédaction le 15/11/2017

Les droits de l'Homme peuvent-ils parfois freiner ou réduire la démocratie ? C'est l'avis d'Antoine Chollet, docteur en science politique, auteur de Défendre la démocratie directe (édition PPUR), et invité de l'émission Aux Sources, publié sur notre site partenaire Hors-Série. "Les attaques les plus importantes contre les droits fondamentaux n'ont pas été le fait de référendums et de décisions populaires. Nous vivons actuellement en France sous un régime d'état d'exception ou d'état d'urgence depuis maintenant presque deux ans. Ce n'était pas une décision populaire. Les décisions de l'attribution des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain non plus".

L'occasion de revoir l'intégralité de cette émission : "La démocratie directe, une chimère ?"

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15h56 lu

Paradise papers / JDD : tribune masquée d'une avocate de LVMH

Par
la rédaction le 13/11/2017

Avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit pénal et du droit de la presse... Mais pas seulement.Le Journal du Dimanche a publié ce week-end dans sa rubrique "Opinion" une tribune de l'avocate Delphine Meillet, visiblement remontée contre les révélations des "Paradise Papers", la nouvelle enquête internationale sur l'optimisation fiscale des plus riches. Meillet s'y agace d'un "journalisme de sensation" de la part du Monde, qui mettrait "des noms connus en avant", et mélangerait "ce qui est légal et ce qui ne l'est pas". Sur trois paragraphes, l'avocate dénonce surtout le "haro sur Bernard Arnault", le PDG du groupe LVMH, sujet de l'une des enquêtes du Monde (on vous en parlait ici). Bien que le Monde précise que l'optimisation fiscale de Bernard Arnault n'est pas illégale, Meillet maintient que le journal entretient une "ambiguïté", qui plonge le lecteur dans la confusion et "jette la suspicion sur le groupe LVMH, qui verse pourtant plus d'un milliard d'euros d'impôts en France chaque année".

Delphine Meillet

JDD, 11 novembre 2017

Cette défense passionnée de "la plus grande réussite de France", qui la mène exactement ? En introduction de la tribune, le JDD la présente comme "Avocate au Barreau de Paris, spécialiste du droit pénal et du droit de la presse". Sauf que Delphine Meillet est un peu plus que cela, pointe le journaliste des Décodeurs du Monde Maxime Vaudano sur Twitter :

Vaudano JDD

11 novembre 2017

Meillet, avocate de LVMH ? Un tour rapide sur le site grands-avocats.com nous livre quelques éléments biographiques. Meillet, apprend-on, "conseille le groupe LVMH dans plusieurs domaines" - domaines qui ne sont pas précisés. On apprend aussi qu'elle a déjà fait condamner Le Monde en 2012 pour "atteinte à la présomption d'innocence à l'encontre de l'homme d'affaire Pierre Falcone". Mis en cause pour avoir fait livrer du matériel militaire à l'Angola entre 1993 et 1996, l'homme d'affaires et marchand d'armes avait été condamné à six ans de prison en première instance, en octobre 2009. Au terme du second procès, en avril 2011, la cour d'appel de Paris n'avait retenu que des abus de bien sociaux, pour le condamner finalement à 30 mois de prison ferme. Qu'était-il reproché au Monde dans ce qu'on appelle plus communément l'affaire de L'Angolagate ? D'avoir présenté Falcone comme coupable de faits de corruption, dans un article publié en 2009, alors qu'il n'était pas définitivement jugé. Le 23 mai 2012, le journal a été condamné à verser un euro à l'homme d'affaires pour préjudice moral.

D'après le site grands-avocats.com Meillet défend encore Falcone "dans plusieurs dossiers en cours contre le journal Le Monde". Des précisions qui auraient pu, en effet, trouver bonne place en introduction de la tribune.

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15h15 @rrêt sur images

Keynotes Apple : les journalistes "sont invités tous frais payés"

Par
la rédaction le 13/11/2017

A chaque nouveau produit Apple, sa présentation lors des keynotes, les grands-messes de la marque. Les journalistes spécialisés dans la technologie y sont invités par la marque, comme le montrait une émission du Tube de Canal + en septembre dernier. Difficile dans ces conditions de rester critique. Invité sur notre plateau cette semaine, le rédacteur en chef de Mac4Ever.com, Didier Pulicani, confirme ces pratiques. Les journalistes sont non seulement invités, mais reçoivent également les produits avant leur sortie. De quoi leur assurer de bonnes audiences, mais aussi rogner sur leur indépendance.

L'occasion de revoir notre émission : "Apple est le symbole de la colonisation de l'imaginaire"

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15h14 suivi

Campagnes de financement : Ebdo et Le Média font le plein

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Juliette Gramaglia le 13/11/2017

Campagne de financement réussie pour Ebdo. Le nouvel hebdomadaire, lancé par les équipes de la revue XXI, a clos vendredi 10 novembre sa campagne de pré-abonnement sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank. Une collecte de fonds qui a largement dépassé ses objectifs, puisque Ebdo, qui tablait sur une collecte de 150 000 euros, a récolté plus de 400 000 euros, pour 5959 pré-abonnés. Le premier numéro de ce journal qui se veut "non partisan", publié uniquement sur papier et sans pub, devrait paraître en janvier prochain.

Ebdo

Campagne de financement Ebdo, clôturée le 10 novembre

Autre média, autre financement. La web-télé Le Média, lancée par des proches de la France insoumise, est elle aussi en pleine campagne de lancement, avant son premier 20 heures le 15 janvier prochain. Au cours de sa soirée de lancement, Le Média avait présenté son modèle économique, jusque-là plutôt mystérieux. Le projet, fondé comme une association loi 1901, devrait être transformé rapidement en coopérative, détenue par ceux qui souhaitent en devenir "propriétaires". Des propriétaires nommés "socios", en référence aux fans de foot qui, en Espagne ou en Amérique Latine, possèdent des parts du club qu'ils soutiennent. La campagne, lancée il y a un mois, a déjà récolté plus de 927 000 euros, pour 8003 socios.

Le Média

Campagne de financement de Le Média, 12 novembre 2017

L'occasion de (re)voir notre émission sur les projets d'Ebdo et Le Média.

L'occasion, également, de (re)lire notre article : Thierry Mandon, directeur général ou ancien ministre ?

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09h28 @rrêt sur images

Apple / obsolescence : "On aurait dû rester à l'iPhone 4 !"

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la rédaction le 12/11/2017

Apple, une entreprise aux préoccupations écologiques ? La marque mise en tout cas beaucoup sur ses efforts environnementaux dans sa communication. Pour Thomas Bourgenot, chargé de plaidoyer pour l'association Résistance à l'agression publicitaire, qui participe à la campagne #iPhonerevolt, invité sur notre plateau cette semaine, le vraie question est celle de la surconsommation et de l'obsolescence programmée. Les smartphones, au coût écologique important, devraient avoir une durée de vie plus longue, et Apple ne devrait pas sortir de nouveaux modèles tous les ans, si elle veut prétendre être verte.

L'occasion de revoir notre émission : "Apple est le symbole de la colonisation de l'imaginaire"

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18h51 lu

Fichée illégalement, Camille Polloni ne connaitra pas ses fiches

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Juliette Gramaglia le 11/11/2017

C'est une décision de justice qui laisse un goût amer. La journaliste Camille Polloni, qui écrit sur les sujets police-justice pour le site Les Jours, a appris mercredi 8 novembre que les services de renseignement militaire français l'ont illégalement fichée. Après six ans de procédure, le Conseil d’État a "enjoint la ministre des armées […] de procéder à l'effacement des données concernant Mme Polloni illégalement contenues dans les traitements de données nominatives de la direction du renseignement militaire", explique la journaliste sur le site des Jours, citant la décision de la plus haute juridiction administrative du pays. "Il y avait donc quelque chose, et quelque chose d'illégal, commente Polloni. En l'état actuel du droit français, ces données doivent disparaître, mais sans que j'apprenne de quoi il s'agit". Un décision "qu'on ne peut pas vraiment appeler une victoire", note-t-elle.

Polloni

Les Jours, 10 novembre 2017

L'histoire commence en septembre 2011. La journaliste, reçue en février dernier sur notre plateau pour évoquer l'affaire Théo, décide de demander à la Cnil d'accéder aux éventuelles fiches de police et de renseignement que l’État pourrait avoir rassemblé sur elle. Par curiosité et pour s'assurer qu' "aucune surveillance n'a porté atteinte au secret de mes sources", explique-t-elle aujourd'hui à l'AFP. "Il m’est arrivé trois ou quatre fois de surprendre une filature ou d’être prise en photo pendant un rendez-vous professionnel avec des personnes vraisemblablement surveillées. Ces épisodes ont-ils laissés une trace écrite quelque part ? Laquelle ?", résume-t-elle sur le site des Jours.

En 2014, trois ans après sa première demande, elle racontait sur le site de Rue89 éprouver "une certaine méfiance" quant aux renseignements conservés par les services de renseignement de la police : "Un chiffre tournait beaucoup : seules 17% des fiches Stic (le plus gros fichier de police) contrôlées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) sont exactes. Soit 83% d’erreurs. Et la mienne ?".

Si elle arrive à obtenir des réponses en 2012 en ce qui concerne "les fichiers de police les moins «sensibles»", elle rappelle en 2015, toujours sur Rue89, que "le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense refusent de me communiquer la moindre information sur ce qui figure à mon sujet dans les fichiers de renseignement – DGSI, DGSE, DRM, DPSD– au nom de la sécurité nationale."

Difficulté supplémentaire évoquée par la journaliste : la loi renseignement votée en 2015 "est venue donner une assise légale aux refus des ministères, devenus systématiques depuis une dizaine d'années". Impossible donc d'obtenir une réponse à ses demandes.

Audiences à huis clos pour cause de secret-défense

Après ce qui ressemble à une Odyssée judiciaire, Polloni se retrouve au Conseil d’État. Au cours d'une audition préalable où elle doit défendre sa démarche "«c’est un droit » ou «par curiosité» ne leur suffisant pas", les magistrats lui font savoir qu'ils "vont s'assurer pour moi que tout s'est fait dans les règles, mais ne me révéleront jamais le résultat de leurs recherches". Une réponse qui ne satisfait pas l'avocat de la journaliste, Camille Mialot: "Il demande aux magistrats si, dans le cas où ils découvriraient une surveillance illégale, ils dénonceront les faits au procureur de la République […]. En réponse, les magistrats jouent à ni oui ni non", raconte Polloni.

Après cette audition, deux audiences ont eu lieu cette année, tenues à huis clos pour cause de secret-défense. L'une en janvier dernier, pour la demande d'accès aux fichiers récoltés par la DGSI, les renseignements du ministère de l'Intérieur. "Sans surprise, le Conseil d’État a rejeté ma demande d'accès. C'est pourquoi j'ai saisi la Cour européenne des droits de l'homme", fait savoir Polloni. Après la décision du Conseil d’État concernant les fichiers du ministère de la Défense, qui seront donc effacés sans que la journaliste puisse y avoir accès, la journaliste explique qu'elle va "saisir une nouvelle fois la justice".

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11h35 @rrêt sur images

Apple : la rareté organisée, réalité ou fantasme ?

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la rédaction le 11/11/2017

Apple organise-t-elle la rareté de ses produits ? A chaque sortie de nouveau smartphone, les consommateurs attendent longuement devant les magasins pour obtenir le leur. Le dernier modèle n'y déroge pas, puisqu'il était disponible uniquement sur pré-commande le premier jour. Est-ce une stratégie délibéré de la marque, ou est-ce dû à des contraintes techniques. Nos invités de l'émission de cette semaine ne sont pas d'accord. Alors que pour Dominique Plihon, porte-parole d'Attac, la rareté organisée permet de faire grimper les prix, pour le rédacteur en chef de Mac4Ever.com Didier Pulicani, la rareté organisée relève du "fantasme."

 

L'occasion de voir notre émission de la semaine : "Apple est le symbole de la colonisation de l'imaginaire"

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17h50 suivi

De F2 à LCI, Pujadas emporte le café de Sevran avec lui

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la rédaction le 10/11/2017

On prend les mêmes, et on recommence. Nouvelle tête de gondole de LCI, l'ancien animateur du JT de France 2 a consacré, ce 8 novembre, dans sa nouvelle émission quotidienne 24H Pujadas, un sujet aux lieux publics où "les femmes sont contraintes de se faire discrètes en raison de la prégnance de l'islamisme". Il y cite l'exemple du "café de Sevran", le Jockey Club, où a été tourné, en caméra cachée, un sujet diffusé au 20 heures de France 2, où il officiait alors : "Il y a eu des polémiques sur la porte de la Chapelle à Paris, sur Sevran, sur des cafés, y compris dans la région lyonnaise (...) les femmes sont-elles devenues indésirables dans certains quartiers, dans certains cafés, ou bien sont-elles contraintes de se faire discrètes parfois en raison de la prégnance de l'islamisme dans ces quartiers?" demande-t-il en plateau.

Le sujet s'intéresse d'abord à la place de la Chapelle, où des femmes ont dénoncé des faits de harcèlement sexuel. "Mais, poursuit le reportage, dans d'autres villes comme Creil ou Sevran, les femmes seraient indésirables dans certains quartiers." Pour preuve : le sujet de France 2 sur le Jockey Club, incluant une caméra cachée réalisé par une militante de la Brigade des mères, dans laquelle on entendait un homme lui conseiller d'attendre dehors, le café étant réservé aux hommes. LCI ne montre pas les images du reportage diffusé par France 2, mais on aperçoit en revanche la présidente de l'association La Brigade des Mères, Nadia Remadna, sur un marché.

245 jours sans réaction de Pujadas

De la contre-enquête du Bondy Blog démontrant que le café décrit comme "interdit aux femmes", en accueille en fait régulièrement, ou de notre émission tournée au sein même du café, en présence de femmes, il n'est fait nulle mention. Le propriétaire du bar, Amar Salhi, contacté par @si, avait pourtant démontré que la journaliste de France 2, Caroline Sinz, n'était pas allée elle-même vérifier les dires de Remadna, qui a tourné la caméra cachée. Il faut dire que Pujadas n'a jamais souhaité réagir à ces critiques. Selon notre compteur, son silence dure depuis 245 jours.

nouveau media

Source : Le Bondy Blog

Durant la campagne présidentielle, de nombreuses figures politiques avaient fait référence à ce "café de Sevran" interdit aux femmes, pour en faire un exemple des dérives sexistes ou religieuses de certains "quartiers". De nombreuses plaintes avaient été déposées auprès du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, notamment par le Sénateur Yannick Vaugrenard, arguant que "la contre-enquête fait apparaître une réalité contraire à celle présentée par le journal télévisé", alors même que le reportage a "contribué à former notre opinion de citoyens". En juillet, France 2 a été blanchie par le CSA. Ce dernier a considéré que la chaîne ne pouvait se voir reprocher son montage, dont elle est libre. L'autorité a aussi estimé que le reportage ne stigmatisait pas les habitants de la commune, "les faits étant présentés comme représentatifs d'un problème de société global".

L'occasion de revoir notre émission tournée en direct du PMU Le Jockey Club, "Il n'y aura aucun compromis avec France 2"

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17h41 lu

Libération écrit sur la "magouille TVA" de Drahi (en citant Niel)

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Robin Andraca le 09/11/2017

A Libération, il est interdit de troller Patrick Drahi sur les réseaux sociaux. En revanche, on peut dire, sur le site, qu'il a inséré de la presse dans ses forfaits téléphoniques pour bénéficier d'une TVA réduite. Le tout en s'appuyant sur la citation d'un des plus grands concurrents de Drahi, Xavier Niel.

nouveau media

La question est posée par un certain Djaffar à CheckNews, service mis en place le 19 septembre dernier par le service Desintox de Libé, qui répond depuis directement aux questions des internautes. Elle est simple : "Est-il vrai que Patrick Drahi a mis de la presse dans ses forfaits téléphoniques pour bénéficier d'une TVA réduite ?". La réponse est limpide : "En offrant à ses abonnés mobile et fixe la lecture des journaux du groupe (dont Libération) dans des offres combinées, SFR a appliqué le taux réduit de la TVA presse (2,1% contre 20% pour la téléphonie) à une partie de la facture acquittée par les abonnés".

Dans cet article, les journalistes de Libé précisent aussi que ce modèle aurait permis au groupe d'économiser entre 216 et 360 millions d'euros de TVA, en se fondant sur les comptes du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne. Comble de l'irrévérence : dans sa réponse, Libé cite Xavier Niel, l'un des concurrents directs de Drahi dans le secteur de la presse et des telecoms, et qui avait dénoncé, le 22 octobre, une "magouille de TVA" de Drahi sur le plateau de l'émission de Mouloud Achour, Clique Dimanche, diffusée sur Canal+.

Quand Niel tacle Drahi sur Canal+

Comme l'explique aussi Libé, cette économie pourrait bientôt être partiellement remise en cause par les parlementaires. "Dans le projet de loi de Finances, l'Assemblée nationale a voté un amendement au code des impôts limitant l'application de ce taux réduit aux seules sommes versées aux journaux en échange de l'intégration des contenus", explique CheckNews. Si cet amendement était voté, l'économie de TVA serait beaucoup moins importante pour SFR (et se limiterait à 10 millions d'euros selon Les Echos, cité par Libé).

Ce n'est pas la première fois que CheckNews répond à une question sur son patron. Le 9 octobre, un certain Johan avait déjà demandé : "Pouvez-vous critiquer Patrick Drahi, dirigeant de l'empire luxembourgeois Altice et surtout propriétaire de Libération ?". Qu'avaient répondu les journalistes du quotidien ? "Traite-t-on Patrick Drahi à Libération avec la même liberté que des journalistes n'appartenant pas à son groupe de presse? Il serait naïf de le prétendre sans réserve. Probablement que certains médias seraient plus enclins à lancer certaines enquêtes sur Patrick Drahi. Probablement y a-t-il une part d'autocensure". Avant de rappeler qu'il y avait eu dans le quotidien de Drahi davantage d'enquêtes sur SFR que sur Free ou Orange. Récemment, avec en toile de fond une assemblée générale houleuse, Libé avait aussi publié une double page pour le moins critique sur la stratégie globable de Drahi à la tête du groupe, titrée : "Patrick Drahi, avec SFR, le risque du très haut dépit".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Pour le reste, la situation à Libération, qui a récemment déménagé pour rejoindre la pépinière Altice (L'Express, RMC, BFMTV, etc.), reste toujours aussi floue. Depuis le plan social de 2014 qui a occasionné le départ de près de 90 salariés, la rédaction, à l’effectif amoindri, navigue à vue. Le 20 novembre, lors du prochain comité d'entreprise, le nouveau directeur général du journal, le sixième en deux ans, devrait être présenté. Des réponses devraient aussi être apportées aux journalistes, qui ont notamment demandé un droit de vote sur la nomination du successeur du numéro 2 de Libé, Johan Hufnagel, parti rejoindre une start-up vidéo.

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15h00 Hors Série

Polony, spécialiste de L'éducation ? "Comme moi je suis évêque" (Hors-Série/Decker)

Par
la rédaction le 09/11/2017

L'école, c'était mieux avant ? C’est du moins le discours décliniste de Natacha Polony, Alain Finkielkraut et autres nostalgiques de l’école de la 3e République. Une idée que vient battre en brêche l’institutrice Véronique Decker qui a passé plus de trente ans dans une école élémentaire de Bobigny. Invitée cette semaine de notre site partenaire Hors-Série, cette enseignante, auteure des livres Trop Classe et L’école du peuple (éditions Libertalia), devenue directrice d’une école Freinet, ironise sur la prétendue expertise de Polony en matière d’éducation : "Natacha Polony, elle est spécialiste de l'éducation comme moi je suis évêque", estime Decker au sujet de la journaliste qui "a passé 9 mois en Seine-Saint Denis". Selon Decker, "ce que ne disent jamais" les partisans de l’école de la sélection que sont Polony ou encore Finkielkraut, "c'est : qu'est-ce qu'on fait de ceux qui ne passent pas la barre ? On les composte ? On en fait des protéines bio ?".

L'occasion de voir l'émission "L'école du Peuple" avec Véronique Decker en intégralité sur Hors-Série

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15h18 suivi

Forums 18-25 / pub : Libé désintoxe la présidente de Webedia

Par
Juliette Gramaglia le 08/11/2017

Pas de pub sur les forums 18-25 de jeuxvideo.com ? C'est ce qu'a affirmé Véronique Morali, la présidente du directoire du groupe Webedia, qui héberge le site, au micro d'Europe 1 lundi 6 novembre. Reçue pour évoquer le cyber-harcèlement lancé à partir du forum 18-25 de jeuxvideo.com, et qui a visé tour à tour les créateurs d'un numéro "anti-relous" et la journaliste Nadia Daam , Morali a assuré "qu'il n'y a aucune publicité sur ces forums Blabla [dont le forum 18-25 fait partie, ndlr]". Et de répéter catégoriquement, qu'il n'y a "aucune publicité" sur ces forums, concluant : "Si l'audience doit aller ailleurs et qu'on se débarrasse de tous ces messages épouvantables, on en sera très heureux".

Sauf que, comme le signalent les Désintox de Libé, il y a bel et bien de la publicité sur les forums de jeuxvideo.com. A la fois sur la page d'accueil des forums, sur la page d'accueil des forums 18-25, et sur les sujets de discussion. Premier exemple évoqué par Désintox : les publicités pour une "wootbox", un coffret avec des goodies de culture geek. Or wootbox est "possédé par Webedia", note Libération, ce qui en fait donc "une publicité maison, en somme".

Désintox JVC

Pub "Wootbox" sur un sujet de discussion du forum 18-25,
capture d'écran prise le 8 novembre 2017

Outre les publicités "maison", on peut également trouver sur ces pages "un espace boutique dédié aux sites de vente en ligne... mettant en avant des jeux vidéo", constate Désintox. Des jeux vendus sur les sites Amazon ou Orange. Idem pour les vidéos qui apparaissent en bas de page, et qui sont précédées, ou suivies, par des publicités.

Et ces publicités n'ont pas disparu depuis les vérifications de Libération. Un rapide tour sur le site jeuxvideo.com ce mercredi 8 novembre a permis de trouver, outre une publicité pour des promotions de jeux vidéo Cdiscount en page d'accueil des forums, une vidéo publicitaire pour Coca-Cola après une bande-annonce pour le jeu "Gravel" en bas d'un sujet de discussion.

Accueil forum JVC 2

Page d'accueil des forums de jeuxvideo.com,
capture d'écran prise le 8 novembre 2017

JVC pub vidéo

Pub concluant une bande-annonce du jeu "Gravel",
capture d'écran prise me 8 novembre 2017

Depuis ce week-end, jeuxvideo.com est aussi sous le coup d'un appel au boycott lancé par Sophie Gourion, une ex-conseillère au ministère des droits des femmes, à l'intention des annonceurs. Cette dernière interpelle les marques pour qu'elles retirent leurs publicités du site. Plusieurs marques ont depuis réagi. D'après LCI, "le fabricant de pâtes Barilla indique que leur campagne est d'ores et déjà suspendue". A ses côtés, la Française des jeux, et les groupes Odalys Vacances "confirment avoir également retiré leurs annonces", assure LCI. Interpellés sur Twitter, le site de streaming de musique Spotify, la banque Hello ou encore l'entreprise de crédits Sofinco ont également annoncé suspendre leurs campagnes publicitaires en cours.

L'occasion de (re)lire nos articles: "Harcelée par le forum 18-25, la journaliste Nadia Daam soutenue par ses confrères et le gouvernement" et "Menacés, des activistes anti-harcèlement mettent en cause le groupe Webedia"

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