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Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

16h16 suivi

Coupe Davis : jeu, set et match pour... l'évasion fiscale

Par
Robin Andraca le 22/11/2014

L'évasion fiscale grande gagnante de la Coupe Davis ? C'est l'avis de Bastamag, alors que la Suisse et la France se disputent actuellement, à Lille, le Saladier d'argent, qui récompense la meilleure nation de tennis au monde. Sauf que voilà : cette finale oppose des tennismen qui habitent tous dans le même pays... la Suisse (et pas uniquement pour le chocolat).

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Dans les tribunes du stade Pierre-Mauroy, transformé spécialement pour l'occasion, le rouge des supporters suisses tranche avec le bleu des supporters français. Et pourtant... sur le terrain, tous les joueurs habitent dans le même pays, en Suisse ! Il n'en est évidemment pas question à l'antenne (où France Télévisions a déployé un "dispositif de choc") mais Gilles Simon et Richard Gasquet habitent à Neuchâtel, Julien Benetteau à Genève et Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils près de Nyon. Une première à ce niveau-là.

En 2010, le groupe d'Action discrète, émission humoristique diffusée sur Canal+, s'était frotté le premier à ce tabou. Réponse de l'attaché de presse en conférence : "Stop, arrêtez, parce que c'est pas trop le sujet là".

Difficile en revanche, dans le cas d'une finale France-Suisse, d'y échapper et même le quotidien l'Equipe s'y est collé. Dans son édition papier du 17 novembre, le quotidien sportif y consacre même deux pages, en sous-titrant : "Tsonga, Monfils, Gasquet, Benneteau et Simon habitent tous en Suisse. Nous sommes allés voir à quoi ressemble leur vie d'expat". Et on apprend par exemple que Monfils vit à trois minutes à pied de chez Tsonga, et que Gilles Simon habite au bord d'un lac à Neuchâtel et aime "le regarder, jeter des cailloux dedans avec mon fils".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

L'évasion fiscale, c'est le petit encadré en haut à droite

Rassurez-vous, il est quand même (un peu) question d'optimisation fiscale. Dans un petit encadré, à droite de la seconde page intitulé "Le fisc préféré". "Ils sont tellement habitués à entendre les mêmes vacheries qu'ils ne les relèvent même plus. A chaque rencontre de Coupe Davis, le même procès est instruit par les mêmes procureurs". Procureurs dont ne fait visiblement pas partie l'auteur de ce papier, donc. Invité à réagir sur le sujet, l'un des joueurs de l'équipe de France, Julien Bennetteau tente de se justifier : "Je mentirais si je disais que je suis cent pour cent à l'aise avec le sujet". Mais les gens ne savent peut-être pas que 80% de ce que je gagne, je le gagne à l'étranger, où je suis taxé à la source".

Cerise sur le gâteau : le principal sponsor de cette finale de Coupe Davis, qui prendra fin dimanche, n'est autre que BNP Paribas qui réalise, selon l'association Attac, 21% de son activité dans des paradis fiscaux, grâce à 170 filiales. Réponse de la banque : "BNP Paribas veutservir ses clients partout dans le monde et dispose d’un vaste dispositif de lutte contre la fraude et le blanchiment des capitaux".

Si la Suisse reste un paradis pour tennismen, le paradis fiscal du Luxembourg semble bouger ! L'occasion de (re) voir notre émission de la semaine : Evasion fiscale : "Avec Juncker, il faut faire du judo !".

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14h22 lu

Perquisition et démission du secrétaire d'état Kader Arif (Mediapart)

Par
Vincent Coquaz le 21/11/2014

Perquisition puis démission. Le secrétaire d’État aux Anciens combattants Kader Arif a présenté sa démission vendredi 21 novembre à Manuels Valls et François Hollande. La veille, Mediapart révélait que les bureaux de Kader Arif, proche de Hollande, avait été perquisitionné le 6 novembre dans le cadre d'une enquête préliminaire. Dans le viseur de la justice, des soupçons de favoritisme à propos de marchés passés entre le conseil régional de Midi-Pyrénées, présidé par le socialiste Martin Malvy, et une société d'événementiel, AWF Music, détenue par des proches (frère, belle-sœur et neveux) de l'ex-secrétaire d’État.

Autre point d'intérêt, notait en octobre Atlantico : alors qu'Aissa Arif, un des frères de Kader Arif dirige AWF Music, un autre; Ali Arif, travaille au service de la communication institutionnelle et opérationnelle de la région. Le dossier est suivi depuis septembre par le Parquet national financier, créé en mars 2014 suite à l'affaire Cahuzac pour lutter contre la délinquance financière et fiscale, note par ailleurs Mediapart.

Mediapart Arif

Qu'est-ce qui est reproché précisément à Kader Arif ? Difficile de le savoir puisque Mediapart ne donnait aucune information sur le sujet hier, et que le secrétaire d’État ne s'estimait "absolument pas" concerné par l'enquête sur ses proches puisqu'il n'a jamais été conseiller régional. Aujourd'hui Mediapart précise toutefois qu'il est "suspecté d'avoir aidé à ces attributions de marchés", notant qu'il a été "élu dès 1999 à la tête de la puissante fédération de Haute-Garonne".


MAJ 17h30 : Ajout de l'information d'Atlantico

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14h14 vu

Audrey Fleurot, nouvelle icône au parfum surréaliste

Par
Alain Korkos le 21/11/2014

À la une de Télérama cette semaine, cette superbe photo de la sublime Audrey Fleurot par Patrick Swirc :


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L'image peut faire penser à un cliché de l'époque surréaliste, le premier nom qui vient alors à l'esprit est celui de Man Ray, auteur en 1929 de cette Femme aux cheveux longs au corps semblant amputé, arrangé dans une étrange position…


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… comme si elle était posée de manière inhabituelle sur la planche d'une guillotine.

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La guillotine qui figurait
à l'exposition Crime et Châtiment
en 2010 au musée d'Orsay à Paris
Photo extraite de Mail Online


Cette photo de Man Ray fut plusieurs fois reprise, déformée. Voici l'une de ses citations les plus récentes par l'artiste de rue JR, qui colla l'image à l'envers sur un mur suisse à Vevey, en 2010 :


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Ce portrait ci-dessus inversé peut faire penser à une autre image encore, un portrait de Renée Jacobi par Jacques-André Boiffard vers 1930 :


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Jacques-André Boiffard fut l'un des tout premiers surréalistes. Il signa, en 1924, avec Paul Éluard et Roger Vitrac, la préface du premier numéro de La Révolution surréaliste. Puis il devint l'assistant photographe de Man Ray, avant de réaliser en 1928 les photos illustrant le Nadja d'André Breton. Boiffard produisit ainsi pendant une dizaine d'années de nombreuses photographies non signées illustrant les publications surréalistes. Puis il reprit ses études de médecine, devint radiologue. Une exposition lui est aujourd'hui consacrée au Centre Pompidou : Jacques-André Boiffard, la parenthèse surréaliste, du 5 novembre 2014 au 2 février 2015.

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Remerciements à l'aimable @sinaute qui m'a suggéré ce sujet.

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Une semaine de bonté consacrée à un autre surréaliste (également dada), Max Ernst.

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14h10 suivi

Google Contributor : payer pour retirer les pubs

Par
Vincent Coquaz le 21/11/2014

Contributor : le remède de Google face à la montée en puissance des bloqueurs de pub ? Le géant américain a annoncé hier, jeudi 20 novembre, le lancement de Google Contributor, rapporte Gigaom. Son principe ? Pour un montant libre de 1 à 3 dollars par mois versé sur son compte Google, le service vous propose d'enlever les pubs de sites partenaires, tout en continuant "à les soutenir". Le montant reversé par Google aux sites partenaires dépend des visites de l'internaute, qui ne soutient donc financièrement que ceux qu'il visite. En fait, le moteur de recherche mutualise le principe du "payer pour supprimer la pub de contenus gratuits", déjà proposé individuellement par de nombreuses applications mobiles ou des sites comme Ars Technica ou Gameblog.

Contributor

Google Contributor propose rien de moins que de "soutenir les gens qui font le web"

En phase de test sur invitation (uniquement aux États-Unis), Contributor concerne pour l'instant 10 sites partenaires. Parmi eux, Google a déjà communiqué six noms, tous très populaires dans leur domaine : Urban Dictionnary (dictionnaire d'argot), The Onion (journal satirique dont s'est inspiré Le Gorafi), wikiHow (tutoriels), Mashable (actu nouvelles technologies) et Science Daily (actu sciences).

Contributor sites

Problème : impossible de savoir pour l'instant quelle part des contributions - d'un montant déjà très faible - des internautes sera ponctionnée par Google. De plus, le service ne permet a priori de désactiver que les publicités Google (bannières Adsense) en remplaçant les emplacements par des messages de remerciements. Or ces formats ne sont pas forcément les plus intrusifs, et l'on ne sait même pas encore si les publicités de sa plateforme Youtube seront également bloquées. Certains voient également dans cette nouvelle offre une façon de garder dans l'écosystème Google les "déçus" de la pub : "si l'internaute paie, aucune publicité et le site récupère une partie de l'argent de l'internaute, s'il ne paie pas, les revenus demeurent ce qu'ils étaient auparavant" note ainsi le site spécialisé Clubic.

L'occasion de lire notre enquête : Sur TF1 et L'Equipe, le filet se resserre sur les réfractaires à la pub

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09h15 le neuf-quinze

Dos Santos : autopsie d'un emballement

Par
Daniel Schneidermann le 21/11/2014

Les medias français doivent-ils entretenir des sources parmi les djihadistes de l'EI ? On se souvient que Wassim Nasr, de France 24, et Jacques Follorou, du Monde, en débattaient sur notre plateau. A cette question, l'emballement Dos Santos apporte une réponse spectaculaire. Ce sont bien les sources entretenues par quelques journalistes français parmi les djihadistes, qui ont permis de dégonfler en temps réel un étrange emballement médiatico-politico-judiciaire.

Avec un peu de recul, il faudra un jour analyser heure par heure cet emballement qui a conduit le Parquet de Paris à affirmer que des indices "précis et concordants" assuraient que le jeune Mickaël Dos Santos, originaire du Val de Marne, catholique converti à l'Islam, était bien "le second Français" figurant sur la vidéo de décapitation collective de l'EI (sur laquelle avait déjà été identifié le Normand Maxime Hauchard).

Dans son édition du 21 novembre (article donc bouclé le 20, en fin de matinée), Le Monde consacre une page entière (avec grande photo de Une) à "la conversion éclair de Mickaël Dos Santos". S'agissant de l'authentification du jeune homme sur la vidéo, le journal relate ainsi le rôle de sa mère : "Ana Dos Santos a rejoint les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure pour authentifier les images de son fils. A l'isssue de son audition, le Parquet de Paris a identifié le deuxième djihadiste français". Le journal n'écrit certes pas formellement que Ana Dos Santos a authentifié les images de son fils, mais tout lecteur le comprend. L'enquête du Monde, apparemment entreprise de longue date, et qui donne la parole à sa grand mère et à son ancienne petite amie, est-elle la raison de sa précipitation ? Une enquête d'une page entière sur la conversion d'un décapiteur est certes plus vendeuse qu'une enquête sur un djihadiste anonyme...

Revirement sur le site du Monde, dans un article du 21 novembre, à 1 h 35. "Selon des informations du Monde, les services de renseignement n’ont jamais affirmé que Mme Dos Santos avait formellement reconnu son fils sur la vidéo". Ah tiens ! Ne dirait-on pas que la DGSI tente de faire porter le chapeau au procureur ? Qu'a donc dit à la DGSI Ana Dos Santos ? Interrogée chez elle par BFM (vidéo embeddée par Le Monde), la mère du jeune djihadiste raconte une classique histoire d'interrogatoire policier : "Ce n'est pas mon fils je ne le reconnais pas. Je l'ai dit à la DGSI hier, et aujourd'hui, où j'étais interviewée. Ils m'ont dit vous êtes sûre ? Mais ils m'ont fait répéter pendant très longtemps, très longtemps (sanglots dans la voix). Arrivée à un moment donné j'ai cru que j'avais des doutes, et je sais plus, je sais plus si c'est mon fils ou pas mon fils, mais plus je regarde, plus je me dis c'est pas mon fils".

Entretemps, sont passés par là un chercheur, Romain Caillet, et le journaliste de RFI David Thomson, qui ont émis de sérieux doutes. Sur quoi se fondent ces doutes ? Thomson s'est fait un plaisir de le raconter au Monde : sur ses contacts avec quatre djihadistes français combattant dans les rangs de l'EI, lesquels ont démenti la présence de Dos Santos. Et sur ses contacts personnels avec Dos Santos, qui lui ont permis d'authentifier le compte Twitter, sur lequel le jeune homme lui-même a démenti se trouver parmi les décapiteurs. Autrement dit, à ce stade du match du journalisme d'investigation contre le journalisme policier, c'est 1-0. Reste une question : quel est le mobile de l'emballement ? Pourquoi fallait-il absolument qu'on identifie deux Français sur la vidéo ? Si les emballements avaient toujours un mobile unique...

Dos Santos mère BFM

Màj, 11 h 45 : Soreen Seelow, journaliste au Monde, et auteur de l'enquête sur Mickaël Dos Santos, nous précise qu'il n'a commencé à travailler sur le sujet que la veille de la publication de l'article, après que l'identité du jeune homme a été révélée par France 2.

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19h49 buzz

Rosetta, les pineupes et les perroquets

Par
Alain Korkos le 20/11/2014

Le 13 novembre dernier, le Grand-Breton Matt Taylor - l'un des scientifiques grâce auxquels le robot Philae s'est posé sur la comète Tchouri - a répondu aux questions des journalistes alors qu'il arborait une chemise bariolée affichant des pineupes. Émotion de la part des féministes ! Scandale sur le ouèbe !

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Copie d'écran du Guardian


Face à la bronca, Matt Taylor s'excusait le lendemain en pleurant : « J'ai fait une grosse erreur, j'ai offensé pas mal de gens, j'en suis très désolé. »

Féministes 1 - Scientifique sexiste 0.

Mais s'agit-il vraiment d'une victoire des féministes ? C'est la question que pose Julie Bindel, journaliste et co-fondatrice de Justice for Women, dans un article publié par le Guardian et intitulé Feminism is in danger of becoming toxic (Le féminisme est en passe de devenir toxique). « Moins qu'une victoire, affirme-t-elle, il faut plutôt voir là le signe d'un changement dans les tactiques féministes. Au lieu de s'attaquer aux racines de la cause des inégalités dont sont victimes les femmes, nous nous sommes déplacées vers la diabolisation d'individus. »

C'est, considère Julie Bindel en rappelant la pétition lancée contre le sulfureux "coach en séduction" Julien Blanc pour qu'il ne trouve pas asile en Grande-Bretagne, une défaite du féminisme que de lancer des pétitions contre des individus, « substituts d'une action politique contre les racines de la misogynie et autres maladies sociales. Les pétitions ont remplacé la politique ».

Et plus loin : « Plutôt que de s'acharner sur un homme qui porte une chemise sexiste, ne vaut-il pas mieux s'occuper du fabricant ? »

Se liguer contre un bonhomme se faisant tatouer une délicieuse Rosetta sur la cuisse droite…

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… alors qu'il porte un superbe ticheurte Cannibal Corpse convoité par des miliers d'adolescents (il n'est plus fabriqué)…

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… un bonhomme qui (quand il ne permet pas la découverte d'éléments organiques sur une comète) aime à s'afficher dans une liquette digne des plus belles chemises hawaiiennes, n'a en effet pas grand sens.

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Chemise en vente par là mais en rupture de stock
grâce à Matt Taylor, il va falloir être patient


C'est un peu comme si l'Association de Défense des Perroquets avait intenté un procès à Magnum pour maltraitance envers les animaux…

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… comme si le Mouvement de Protection des Cocotiers avait assigné en justice George Clooney pour harcèlement moral :

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La cause féminine a sans aucun doute des combats plus importants à mener.


L'occasion de lire ma chronique intitulée Male Gaze, l'analyse était presque parfaite.

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18h48 ça reste à vérifier

Second djihadiste français : beaucoup de doutes

Par
Robin Andraca le 20/11/2014

Un deuxième Français, Mickaël Dos Santos, aurait été identifié sur la vidéo d'égorgement de 18 soldats syriens, publiée dimanche dernier par l'Etat Islamique (EI). Mais plusieurs experts du sujet en doutent et un compte, présenté comme celui de Dos Santos, dément.

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> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

"Mickaël Dos Santos, des églises du Val-de-Marne au djihad en Syrie" : Le Monde fait sa une aujourd'hui sur ce jeune homme, soupçonné d'être un des bourreaux de l'EI. L'article a fait la une du site du quotidien cet après-midi. Qu'y apprend-t-on ? Que Dos Santos, ce jeune Français originaire du Val de Marne, a rejoint les rangs de l'EI en août 2013. Il n'était pas le seul. "Cet été-là, ils ont été une petite dizaine à rejoindre le chaos syrien en deux vols distincts", écrit Le Monde, qui précise aussi que le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire sur cette filière le 10 octobre 2013. Voilà ce que le journaliste dit savoir "de façon certaine".

Le papier consacre un paragraphe à l'aspect plus incertain de l'affaire : deux spécialistes des mouvements djihadistes, le chercheur Romain Caillet et le journaliste David Thomson (RFI), ont émis des doutes sur l'identité de ce jeune homme sur Twitter. Selon eux, Dos Santos n'apparaîtrait pas dans la vidéo diffusée dimanche par l'EI.

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Sur le plateau de France 24, Wassim Nasr, que nous avions reçu sur notre plateau en août, émet les mêmes doutes en se fondant sur plusieurs éléments :

Son apparence physique et son accent arabe font planer le doute

Le mystère s'est encore épaissi dans l'après-midi sur Twitter où, sur un nouveau compte,que  David Thomson affirme avoir authentifié, Dos Santos affirme qu'il ne figure pas dans la vidéo, avant d'ajouter : "La France, les médias, service de renseignements font bien rire, tous des clowns. Le pire, c'est que ma famille leurs ont bien dit que non ce n'était pas moi, ils ont reconnu direct que c'était pas moi. Mes frères étaient mort de rire, mais les rg, les médias, la france quoi, ont toujours ce besoin de mentir pour faire du buzz ! (2)".

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L'occasion de revoir notre émission : "Pour les occidentaux, l'Etat islamique est plus audible que Al Qaida".

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09h15 le neuf-quinze

Radios : une soirée à Cumul City

Par
Daniel Schneidermann le 20/11/2014

C'est jour de classement Mediamétrie, et donc la fête aux radios en avant-soirée télé. L'élite des interchangeables radiotélé se félicite et se congratule. Tous contents, tous gagnants, dans leur tranche ou leur segment. C'est l'occasion d'un coup de projecteur sur le difficile métier de matinalier. Le saviez-vous ? Il faut se lever tôt, révèle Thomas Sotto (Europe 1) sur le plateau du Grand journal, devant un Aphatie (RTL / Canal+) approbateur. Car le problème du matin, c'est qu'il faut vraiment travailler ses interviews (à la différence du soir ?) D'autant qu'on a aussi des obligations le soir. D'ailleurs, Léa Salamé (France Inter / France 2) ne peut pas rester : elle doit aller recevoir son prix de "femme de l'année" décerné par le magazine GQ.

Sacrée Léa ! Laurent Ruquier (France 2 / RTL) l'adore. Il le confie au même moment sur le plateau de C'est à vous (France 5), devant Patrick Cohen (France Inter / France 5). Avec Natacha Polony (Europe 1 / Canal+ / ex-France 2), avant, Ruquier rigolait moins : "c'est une beauté froide". Mais Salamé, quelle bonne copine ! Ce n'est pas Cohen (l'autre patron de Salamé) qui dira le contraire. Polony peut se consoler  : son quart d'heure (sur Europe 1) est en plus forte progression sur la tranche des CSP++- 18-25 (à moins que ce soit le segment CSP-+ 25-32, on n'est pas sûr).

Après le Grand journal, arrive le patron de Radio France en personne, Mathieu Gallet, devant Yann Barthès. Tout va bien pour lui : il est jeune, ambitieux, il est en tête sur les matinales 18-75, et roule sur le même scooter depuis dix ans. Même s'il se perd encore dans la Maison Ronde (reportage), il apprend vite : au blind test, il sait reconnaître la voix de Joël Collado (météo de France Inter), mais fait un remarquable blocage sur celle de Daniel Mermet. Accessoirement, il triomphe aussi au classement des hommes de medias les plus sexy publié par le magazine Têtu : pensez, il fait neuvième, "alors que vous n'êtres que 23ème" balance-t-il à Barthès. Tiens, ça fait bien vingt minutes qu'on n'a plus entendu parler de Léa Salamé. Que devient-elle ?

Salamé google

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16h25 grrr !

Dassault et les 53 millions : service minimum au Figaro

Par
Sébastien Rochat le 19/11/2014

Quelques lignes sur le web, pas mieux dans le papier. Le Figaro a fait le service minimum après le nouveau rebondissement dans l'affaire dite des "achats de votes" présumés de Serge Dassault (propriétaire du Figaro) dans les cadre des élections municipales de 2008 à 2012 à Corbeil (Essonne). Selon Libération et France inter, le comptable suisse de Serge Dassault, un certain Gérard Limat, a indiqué aux juges d'instruction, lors de sa garde à vue en octobre 2014, qu'il avait remis près de 53 millions d'euros en liquide à Dassault, entre 1995 et 2012. Des fonds transférés depuis la Suisse. "Sur la seule période 2008-2012, qui englobe les trois élections visées par l’enquête, Gérard Limat a livré 7,45 millions d’euros en cash à Dassault. Il a également effectué pour 4,2 millions d’euros de virements suspects, pour l’essentiel à des habitants de Corbeil, dont plusieurs acheteurs de voix présumés", indique Libération.

Des révélations reprises par LeMonde.fr (avec infographie), Les Echos, Le Parisien, L'Express, 20 minutes, Challenges, FranceTV info, entre autres.

Et Le Figaro ? Sur le site web, l'affaire a été expédiée en dix lignes, avec la version de Dassault : "Serge Dassault reconnaît des dons mais a toujours réfuté avoir acheté des votes lors des municipales de 2008, 2009 et 2010", conclut une brève qui n'a pas été ouverte aux commentaires.

Brève du Figaro.fr

Dans la version papier du Figaro, c'est encore mieux : le quotidien a publié "un Zoom", rubrique au nom prédestiné tant il faut zoomer pour lire le texte.

Zoom zoom

 

Le texte du Figaro reprend... le démenti de l'avocat de Serge Dassault : "Me Pierre Haïk, l'avocat de l'industriel, a dénoncé dans un communiqué les «allégations infondées» du quotidien et réaffirmé que Serge Dassault «n'a jamais procédé à aucun achat de votes». Me Haïk précise que le compte luxembourgeois évoqué par Libération est le «compte historique» des parents de Serge Dassault. Il ajoute que ce compte «est connu de l'administration fiscale française puisqu'il a fait l'objet, à l'initiative de Serge Dassault, d'une déclaration et d'une procédure de régularisation».

Un démenti qui ne répond pas aux révélations de Libé et de France Inter. Car ces deux médias n'ont jamais parlé de compte luxembourgeois non déclaré. Les révélations concernent le circuit de l'argent liquide de Dassaut. Un circuit complexe, qui passe par deux fondations au Liechtenstein, deux comptes en banque au Luxembourg et une chambre de compensation à Genève, qui permettait au bras droit de Dassault de se faire livrer les liasses dans des sacs, directement à Paris, sans qu'il ait besoin de passer la frontière avec toute ces liquidités. Ces mouvements de fonds étaient si douteux que la banque Rothschild au Luxembourg avait bloqué les comptes pour suspicion de "blanchiment".

Et pour tout savoir sur cette affaire, consultez notre copieux dossier "Dassault, Don de Corbeil"

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12h01 lu

Soylent, la panacée alimentaire qui empêche de penser

Par
Alain Korkos le 19/11/2014

C'est un aliment complémentaire étazunien, une potion miraculeuse qui vous évitera de perdre du temps dans les magasins, à la cuisine et à table. Un peu de poudre, un peu d'huile spéciale, un peu d'eau dans le mixeur, brrzzzzz ! et hop, vous vous retrouvez avec l'équivalent d'un repas que vous avalez en une poignée de secondes. Le nom de cette panacée alimentaire ? Soylent.

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A Point of View: Are we really interested in saving time? (Point de vue : Avons-nous vraiment envie de gagner du temps ?), tel est le titre de cet article de la BBC qui nous présente cette révolutionnaire mixture. Car son argument de vente principal est le gain de temps : « Préparez plusieurs repas en quelques minutes, nous dit le site du produit. Pas besoin de se procurer une liste d'ingrédients ou de prévoir des repas à l'avance. »

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« Soylent a été mis au point pour satisfaire le besoin d'une source d'alimentation plus simple. Son créateur Robert Rhinehart et son équipe ont développé Soylent après avoir constaté que le temps et l'argent consacrés à l'élaboration de repas complets étaient démesurés. »

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What if you never had to worry about food again?
(Et si vous n'aviez plus besoin
de vous occuper de la nourriture ?
)
nous suggère ce jeune homme
qui tourne définitivement le dos
à des instruments de cuisine


Sauf que. Avons-nous tant que ça envie de gagner du temps en avalant ce "fastefoude ultime" ? se demande le philosophe grand-breton John Gray, persuadé qu'avoir du temps libre nous angoisse.

Les repas sont des temps de réflexion s'ils sont solitaires, ou des temps de partage, d'échange d'idées s'ils sont pris en commun. Les abandonner pour avaler en deux secondes une mixture énergétique nous fait certes gagner du temps. Mais cela nous permet surtout de ne pas trop réfléchir, de ne pas se demander dans quel état j'erre entre la poire et le fromage. Voilà pourquoi, selon John Gray, ce Soylent empêcheur de penser est promis à un bel avenir.

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Soylent. Un nom qu'on a déjà vu, évidemment. Un nom emprunté à un film célèbre, Soylent Green, réalisé en 1972 par Richard Fleischer (en français, la bobine fut bizarrement titrée Soleil vert).

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Nous sommes à New York en 2022, la ville surpeuplée est une fournaise, plus aucune plante ne pousse, les habitants se nourrissent d'aliments synthétiques fabriqués par l'entreprise Soylent dont le nom est la contraction de soya (soja), et lentille. Les tablettes de Soylent étaient jusqu'alors bleues, jaunes ou rouges, or voici que sont lancées sur le marché des tablettes vertes, le Soylent Green. Rares et chères, elles déclenchent des émeutes.

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Émeute dans New York pour du Soylent Green
(on remarquera, en arrière-plan, l'enseigne d'un restaurant abandonné)


L'un des dirigeants de Soylent est assassiné chez lui, et le flic chargé de l'enquête (Charlton Heston) va progressivement découvrir que les tablettes de Soylent Green sont fabriquées à partir des cadavres de suicidés.

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À la fin du film, sérieusement blessé, il hurle pendant qu'on l'emmène : «Soylent Green is people! » (Le Soylent Green est fabriqué avec des humains !)

Le créateur du complément alimentaire Soylent (le truc buvable, pas les plaquettes vertes du film) a probablement bien réfléchi avant de choisir le nom de sa firme et de son produit…

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… car il fait par deux fois au moins - outre le nom - référence au film de Fleischer dans sa communication. Une fois dans la vidéo publicitaire, et une fois sur le site de vente du produit.

1. Dans la vidéo publicitaire, on voit des images noir et blanc du XXe siècle se succéder dans un verre. En voici deux :

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Cette idée d'enchaîner des images du passé est empruntée à l'introduction du film qui nous montre une succession tout à fait similaire. Voici deux des images issues de Soylent Green :

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2. Sur le site du produit, une page nous présente les composants de la divine mixture :

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En haut, sous le titre What's Soylent made of? (Avec quoi Soylent est-il fabriqué ?), il est écrit Hint: It's not People (Clin d'oeil : Pas avec des êtres humains) :

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Référence au cri de Charlton Heston à la toute fin du film : «Soylent Green is people! ».

On peut se demander ce qui s'est passé dans la tête du créateur de cette boisson miracle quand il a choisi ce nom. Pas sûr que son humour ait du succès, pas sûr que ce Soylent beige empêcheur de penser soit promis à un bel avenir. Du moins, c'est tout le mal qu'on lui souhaite !

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L'occasion de lire ma chronique intitulée Tout est bon dans le cochon… ou presque !

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Bank par Andy Warhol, 1968

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16h52 suivi

Jouyet : "tout sauf un joyeux crétin" (Quatremer)

Par
la rédaction le 18/11/2014

Ils ont eu raison de griller le off, mais pas pour les raisons qu'ils ont données. Dans un billet de blog un peu tortueux, le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, explique que les journalistes du Monde, auteurs de Sarkozy s'est tuer, ont eu raison de griller le off de Jouyet. Mais selon lui, les justifications apportées par Gérard Davet et Fabrice Lhomme - Jouyet ne serait pas une source à proprement parler, il n'a fait que confirmer une information que les journalistes détenaient déjà - ne sont pas les bonnes. Car pour expliquer comment Jouyet a pu démentir des infos données au cours d'une conversation enregistrée en toute transparence, Davet et Lhhomme ont présenté Jouyet, qu'il n'avaient jamais rencontré auparavant, comme "un haut fonctionnaire (...) qui a gaffé toute sa vie dès qu'il a pris la parole publiquement". En clair, Jouyet a fait une boulette.

Quatremer

Or, Quatremer, qui dit connaître Jouyet depuis 1990, assure qu'il "est tout sauf [un] joyeux crétin". Autrement-dit, pour le journaliste de Libé, Jouyet aurait tout calculé. "S’il a raconté sa rencontre avec Fillon, il savait ce qu’il faisait, explique Quatremer. Une version qui tient d’autant plus la route qu’il n’est pas facile d’obtenir un rendez-vous avec cette éminence de la République (je peux en témoigner et je ne suis pas le seul) : rappeler les deux journalistes, c'est une démarche active qui montre qu'il savait ce qu'il faisait". En brisant le off, Davet et Lhomme n'auraient fait que révéler les manœuvres de Jouyet, désireux de mouiller Fillon en rapportant le déjeuner au cours duquel il aurait demandé à l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre Sarkozy. Dit autrement : on peut griller le off d'un manipulateur, pas de Gaston Lagaffe.


Sur le statut du off et celui des sources, regardez notre émission de cette semaine avec Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

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15h13 lu

Brétigny : Pépy fait sa com' sur la radio de la SNCF

Par
Sébastien Rochat le 18/11/2014

Opération contre-feu. Après la publication d'un rapport sur l'accident de Brétigny, pointant le manque d'effectifs pour assurer la sécurité et la maintenance des voies, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a tenté de décrédibiliser le rapport dans une interview à la radio de la SNCF. Avec de curieux arguments, comme l'a relevé le site Bastamag.

Le 5ème rapport d'expertise sur l'accident de Brétigny-sur-Orge, qui a fait sept morts le 12 juillet 2013 ? "Il ne s’agit pas d’un nouveau rapport puisque celui-ci avait fuité déjà dans la presse il y a déjà une quinzaine de jours et il avait déjà été commenté", a réagi Guillaume Pépy sur la radio de la SNCF, dans son entretien hebdomadaire animé par un journaliste de iTélé, Thomas Lequertier.

Le rapport serait donc du réchauffé, et ses conclusions peu crédibles. Et pour cause : "ce n'est pas un rapport d'expertise, c'est le rapport des syndicats qui ont demandé à une société qui s'appelle Apteis de faire une analyse de son accident et de l'environnement", assure Pépy. Sous-entendu : ce rapport est partisan. D'autant plus partisan qu'il réclame davantage d'effectifs pour la maintenance des voies, précisément ce que réclament les syndicats. Mieux : les chiffres avancés par le rapport, à propos de la baisse des effectifs contrôlant les voies, seraient obsolètes. Les effectifs de maintenance auraient augmenté. Et devraient augmenter davantage grâce... à la fusion SNCF/RFF, explique Pépy. Qui fait donc coup double avec cette interview : réduire la crédibilité du rapport Brétigny et faire la promo de la réforme ferroviaire.

 

Pour Bastamag, les arguments de Pépy sont pour le moins "étranges". Exemple ? Quand Pépy assure que le rapport n'est pas nouveau, il joue sur les mots : "’il s’agit bel et bien d’un nouveau rapport, c'est le 5ème précisément depuis l’accident", explique Bastamag. Certes, les conclusions de ce rapport avaient fuité dans la presse fin octobre. Cela n'en a pas fait un rapport obsolète lorsqu'il a officiellement été présenté devant le CHSCT (comités d’hygiène et de sécurité des conditions de travail) le 12 novembre.

Autre argument déconstruit par Bastamag : ce ne serait que le "rapport des syndicats". "Une affirmation inexacte et surprenante de la part d’un grand patron, censé savoir de quoi il parle, explique Bastamag. Il s’agit bien d’un rapport d’expertise réalisé selon les dispositions légales du code du travail par un cabinet d’expertise agréé".

Quant aux effectifs chargés de la surveillance des voies, ils ont effectivement augmenté depuis 2010, ajoute Bastamag. Sauf qu'ils avaient baissé entre 2000 et 2010. Et d'après le rapport, cité par Bastamag dans un deuxième article, "l’expertise, réalisée en 2014, constate que les délais pour réparer des anomalies sur les voies ferrées se sont... allongés depuis l’accident de Brétigny". Ainsi, "pour un défaut sur les voies devant être réparé en urgence, le délai d’intervention est passé de « immédiat » à dix jours maximum. Pour des anomalies « affectant à court terme la sécurité ou ayant un fort impact sur la régularité des circulations », le délai de « remise en conformité » est passé d’un mois à trois mois".

Basta

Autant d'éléments qui ne figuraient pas dans l'interview de SNCF, la radio. Pourtant, les questions étaient posées par un journaliste, Thomas Lequertier qui officie en tant que pigiste sur Itélé, après avoir travaillé à BFM TV. Contacté par @si, Lequertier rejette le qualificatif  de "ménage": "Je ne suis pas rémunéré par la SNCF, je suis rémunéré par Goom, qui produit l'émission. Il n'y a aucune complaisance, je suis avant tout journaliste. Je pose les questions que je veux, j'envoie juste un mail à la SCNF pour préciser le thème de l'interview, mais je ne donne jamais les questions à l'avance". Et Lequertier de nous préciser qu'il a même interviewé Guillaume Pépy sur BFM, alors même qu'il animait la matinale de SNCF, la radio. Sans que cela pose le moindre problème à la chaîne d'info.

Certes, Lequertier est pigiste et n'est pas payé par la SNCF. Sauf que Goom, la société qui produit l'émission pour la SNCF, s'est spécialisée dans les services radio aux entreprises. Et la SNCF n'est pas un petit client : selon Les Echos, en 2013, ce contrat pèse "plus du tiers de son chiffre d'affaires (2 millions sur un total de 5,5 millions)". Un contrat qui avait permis à l'entreprise "dont les comptes sont à l'équilibre, d'assurer la transition vers son nouveau modèle". De quoi motiver les journalistes pour mener des interviews pugnaces face à Pépy.

L'occasion de revoir notre émission consacrée à l'après-Brétigny : "Au-delà de la com', une exigence de transparence"

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13h46 suivi

Uber : un responsable suggère d'espionner des journalistes

Par
la rédaction le 18/11/2014

"Salir les journalistes critiques." Un vice président d'Uber, Emil Michael, a avancé l'idée que sa société (qui concurrence les taxis avec ses VTC, comme @si l'expliquait ici) pourrait créer une équipe dédiée à "faire les poubelles" des journalistes les plus critiques. Michael a lancé cette réflexion lors d'un dîner organisé à New York par un consultant d'Uber, auquel étaient conviés des responsables de l'entreprise et des journalistes, pensant que la conversation était "off". Mais le journaliste de Buzzfeed qui rapporte aujourd'hui les propos de Michael, a indiqué n'avoir jamais été informé du caractère off des discussions.

Avec "un million de dollars", Uber pourrait recruter quatre "enquêteurs d'opposition" (pratique courante en politique américaine, qui consiste à embaucher un consultant avec pour seul but de "salir" un concurrent) et quatre journalistes pour aller chercher "dans la vie professionnelle et familiale" des journalistes et leur rendre "la monnaie de leur pièce", a indiqué Michael lors du dîner.

Buzzfeed

Pire, le vice président d'Uber s'en serait pris nommément à une journaliste spécialisée de la Silicon Valley, Sarah Lacy du site PandoDaily, sur lequel elle accusait récemment la multinationale de "sexisme et misogynie" pour une campagne publicitaire en France. Michael estimait que son équipe d'enquêteurs pourrait "démasquer" Lacy et révéler un aspect de sa vie privée apparemment problématique.

Buzzfeed précise toutefois qu'à aucun moment le vice-président n'a semblé indiquer qu'Uber allait effectivement embaucher cette équipe spéciale, mais simplement que l'entreprise aurait intérêt à le faire. Michael a finalement été contraint de s'excuser, estimant que ses propos, "tenus lors d'un débat informel sur la frustration de la couverture médiatique", ne reflétaient pas "son opinion ou celle de la société" et qu'il les regrettait.

Il y a quelques semaines, Uber était déjà critiqué pour ses méthodes déloyales, employées contre ses concurrents Lyft et Gett (@si vous en parlait ici). Sous le doux nom "d'opération SLOG", la société de VTC contactait massivement les chauffeurs des concurrents dans le seul but de les débaucher durant le trajet. Pire, Uber aurait également commandé également des milliers de véhicules de Lyft et Gett... pour ensuite les annuler.

L'occasion de voir notre émission consacrée à la guerre (numérique) VTC/taxis : "Ciel, il y a des applis dans le taxi !" et l'analyse de Nicolas Colin, fonctionnaire-blogueur-entreprenaute : "Un barbare numérique contre les empires"

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11h24 lu

Sexisme : la preuve par le costume

Par
Alain Korkos le 18/11/2014

Un animateur télé peut-il se présenter tous les jours pendant un an dans le même costume sans que cela se remarque ? Et la nouvelle coiffure de la présentatrice, vous en pensez quoi ? Un peu trop blond cendré, non ?

Karl Stefanovic, qui officie sur la chaîne de télé australienne Channel Nine, a porté le même costume à l'antenne pendant un an sans que personne ne le remarque.

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Karl Stefanovic évoquant cette expérience en compagnie
de Sylvia Jeffreys, sa co-présentatrice


« Il a commencé cette expérience, nous dit la BBC, en portant le même costume deux jours de suite. Sans qu'aucun commentaire ne soit émis. Il le porta alors pendant plusieurs jours, plusieurs mois, et s'aperçut que personne ne lui en faisait la remarque. » Un an dans le même costume Burberry bleu bas de gamme, précise le site The Age Entertainment, qui a recueilli le scoupe de l'animateur.

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« Personne n'a rien remarqué, tout le monde s'en fout, a confié Stefanovic. Mais les femmes, qu'elles portent la mauvaise couleur et elles sont rappelées à l'ordre. Qu'elles disent une bêtise et des milliers de tweets en parlent. »

« Je suis jugé sur la qualité de mes intervious, sur mon horrible sens de l'humour, sur la manière dont je fais mon boulot. Alors que les femmes sont le plus souvent jugées sur les vêtements qu'elles portent, sur leur coiffure… C'est ce que j'ai voulu prouver. »

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Seules ses deux co-présentatrices, Lisa Wilkinson et Sylvia Jeffreys, étaient au courant de l'expérience. « Elles m'ont souvent fait la remarque que [mon costume] commençait à puer un peu. J'espère pouvoir le porter au pressing d'ici la fin de l'année », a conclu le présentateur monovêtu qui vient de relater cette expérience dans son émission diffusée sur Channel Nine.

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Si le Monsieur-qui-cause-dans-la-télé est un professionnel averti, la femelle télévisuelle est un porte-manteau affublé d'un casque souvent blond, c'est bien connu. La chaîne américaine Fox News en est une preuve étincelante, comme le montre ce trombinoscope vieux de plusieurs années affichant 51 présentatrices blondes (plus 3 présentateurs égarés) :

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Source


Un décompte plus récent, opéré en juillet de cette année, totalisait chez Fox News 23 présentatrices blondes contre 11 non blondes. Toutes issues d'un élevage Barbie, leurs vêtements sont garantis 100% inodores.


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L'occasion de lire ma chronique intitulée Petit manuel hyper-rapide d'entomologie humaine où il est question des vêtements en tant que marqueurs sociaux.


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09h15 le neuf-quinze

Maxime Hauchard, bourreau pavillonnaire

Par
Daniel Schneidermann le 18/11/2014

Donc, on en tient un, un djihadiste bien de chez nous, Maxime Hauchard, un bourreau made in France, repéré dans la dernière vidéo de décapitations de l'EI, soldat Hauchard Maxime, originaire du Bosc-Roger-en-Roumois, dans l'Eure. Localité à clocher et colombages, montre l'image choisie par France 2 dans ses titres, localité dans laquelle jusqu'au week-end dernier, écrit Libération, le seul événement notable était "un thé dansant organisé par le duo Guinguette, de 14 h 30 à 19 h 20". Ils sont bien loin, les thés dansants : dans la vidéo, Maxime Hauchard, comme ses copains, prend un poignard dans un vase, avant de s'aligner devant la caméra et, au commandement, de trancher la gorge et de couper la tête de l'un des 18 exécutés de l'EI, présentés comme des militaires syriens.

Autoradicalisé sur Internet, arrivé en Syrie après un passage décevant en Mauritanie, Maxime Hauchard coche toutes les cases du djihadiste français, tel que nous le présentait, sur le plateau, le juge Marc Trévidic. Toutes les cases, jusqu'à ce village de l'Eure, le Bosc-Roger-en-Roumois, avec son thé dansant, et son hard discount Mutant, incluant un rayon poissonnerie. Au point que l'on peut se demander si "l'enfant du pays", comme dit Le Courrier de l'Eure, n'a pas été casté par ses sous-offs de l'EI pour cette raison précise, parmi les quelques dizaines de Français qu'ils ont sans doute à leur disposition. Pour cette raison : pour ce paisible village à colombages, ce pavillon parental aux volets fermés, ce cadre idéal pour reportages sur l'effroi des voisins, les braves gens, la factrice, telle que les surprend la caméra du 20 Heures de France 2. En sélectionnant Hauchard, l'EI montre que la désertion atteint la jeunesse française jusque dans ses pavillons les plus pavillonnaires, loin des "cités à problème", dans sa moyenneté la plus médiane, car plus moyen que le Bosc-Roger-en-Roumois ce n'est pas possible, à croire que les casteurs djihadistes ont fait les repérages sur Google Street, et choisi le pavillon autant que le bourreau.

Et évidemment ça fonctionne. La découverte du bourreau français terrorise bien davantage que la victime française (le guide Gourdel, le mois dernier, en Algérie). Avec le guide, le spectateur français est du bon côté, du côté des victimes. Rien d'autre à faire que de serrer les mâchoires, et de se sentir si courageux par procuration. Le bourreau normand pavillonnaire, c'est autre chose. Ce n'est pas tant la peur de-ce-qu'il-sera-capable-de-faire-à-son-retour, qui saisit, que la sidération devant la conversion, c'est à dire la désertion. C'est toute notre jeunesse, qui est suscpetible de basculer dans la secte meurtrière. Et les spécialistes de la spécialité de se demander gravement pourquoi. C'est vrai, pourquoi donc ? Pourquoi aller chercher dans les déserts lointains des raisons de vivre et de mourir, pourquoi, à 20 ans, quitter ce confortable paysage dont les points cardinaux s'appellent le Mutant, le duo Guinguette, François Hollande et Nabilla ?

Houchard France 2

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18h58 suivi

Assassin's Creed : Mélenchon s'explique...

Par
Robin Andraca le 17/11/2014

Dans la polémique qui l'oppose à Assassin's Creed Unity, Jean-Luc Mélenchon contre attaque. Sur son blog, le député européen revient sur la polémique lancée par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti Gauche, qui estime que la dernière production d'Ubisoft, dont l'action se déroule en 1789, véhicule une propagande réactionnaire sur la Révolution Française.

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Après s'être expliqué sur le sujet sur France Info et sur le site du Figaro, Mélenchon en remet une couche. "Peut-on parler des jeux vidéo ? Je l'ai fait". Sur son blog, Mélenchon revient longuement sur la polémique l'opposant à la dernière production de Ubisoft. Selon lui, la critique d'art doit s'étendre au jeu vidéo : "Pourquoi la critique sur le fond et la forme d’une œuvre serait-elle réservée à certains arts et serait-elle futile pour d’autres ?".

Et l'auteur du billet de se lancer dans une déclaration d'amour au virtuel : "La 3D et l’implication personnelle du joueur donne à l’expérience du jeu vidéo une force qui ne se distingue que fort peu de l’expérience réelle. Attention, ce surlignage ne doit pas conduire à une autre erreur d’évaluation. Le jeu n’est pas meilleur que la vie, mais il n’est pas moins bon que la vie réelle". Le député européen n'entend pas hiérarchiser les genres d'expression. De l'auteur de science-fiction Philip K.Dick à Mickey ou Tintin, de "Pilote" à "Hara Kiri Hebdo", de Corto Matese à Enki Bilal, Mélenchon fait un petit tour d'horizon de ces "genres mineurs" qui ont joué un rôle important dans son auto-éducation. Qu'on se le dise : Mélenchon n'a rien contre les jeux vidéo et envisage même de "s'offrir une console de jeu".

Dans ces conditions, Mélenchon refuse de croire à "la neutralité purement ludique du jeu". Et l'affirme : il y a, dans Assassin's Creed, ou tout du moins ans le trailer "écrit par un débile américain" un parti pris idéologique. "Les gentils, ici, ce sont la reine, cette infâme traitresse et corruptrice, le roi, ce mollasson vendu, les aristocrates agents des Autrichiens, des Anglais et de n’importe qui qui soit contre le peuple, voilà les héros, subliminaux ou bien déclarés [...] Que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et donc de l’égalité en droit de tout être humain, soit présentée comme l’œuvre de brutes sanguinaires et absurdes ne peut-être un hasard ludique", estime Mélenchon.

Dans le dernier paragraphe de son billet consacré à Assassin's Creed, Jean-Luc Mélenchon s'en prend, à mots couverts, aux dirigeants d'Ubisoft : "A vos heures libres, essayez de savoir qui est qui, politiquement, parmi les décideurs de ce jeu. Ce n’est pas trop dur à éclaircir, croyez moi". @si a cherché mais n'a rien à trouvé. Que ce soit autour de la famille Guillemot, fondatrice et propriétaire du groupe depuis 1986 et aujourd'hui numéro deux européen du secteur des jeux vidéo et numéro quatre mondial. Ou des créateurs de la franchise du jeu.

"mon rôle était très limité" (historien)

Autre cible de Mélenchon : les historiens qui ont participé au développement du jeu. "Quant aux historiens qui minaudent, demandez aussi lesquels travaillent pour les sociétés de jeu et pour combien", écrit, tout aussi mystérieusement, le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle de 2012. Curieux (et joueur), nous avons contacté Jean-Clément Martin, l'un des deux historiens à avoir conseillé Ubisoft dans le développement d'Assassin's Creed Unity (l'autre est Laurent Turcot, professeur universitaire québécois, spécialiste de l'histoire urbaine et culturelle française, consulté sur la physionomie de la Révolution française et la vie quotidienne à cette époque). "J'ai travaillé l'équivalent de quatre journées pour le jeu. Ils m'ont envoyé le scénario et mon boulot était de dire, dans une note que je leur ai renvoyée, si telle image, tel personnage ou telle situation était inapproprié ou irréaliste. Mon rôle était très limité", confie Martin, historien français, spécialiste de Révolution Française et des guerres de Vendée, qui ont opposé pendant trois ans pro et anti-révolutionnaires et se sont terminées en 1796 après avoir fait plus de 200 000 morts.

"J'ai fait un travail d'expertise que je fais auprès de n'importe quel organisme, mais qui n'excède pas les tarifs universitaires classiques, donc assez bas. Je n'ai négocié aucun pourcentage", tient-il aussi à préciser. Pour l'historien, qui dans son étude de la guerre de Vendée adopte une position plutôt modérée, estimant que ce n'était pas un génocide, rien de réellement choquant dans la représentation de Robespierre ou de la révolution Française dans ce jeu.

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13h00 à voir et revoir

Lucien Clergue, photographe d'Aphrodite

Par
Alain Korkos le 17/11/2014

Le photographe Lucien Clergue est décédé ce samedi 15 novembre à l'âge de quatre-vingts ans.

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Nus par Lucien Clergue, 1985


Né en 1934 à Arles, Lucien Clergue commence à pratiquer la photo en 1949. Quatre ans plus tard, âgé de seulement dix-neuf ans, il fait ses premiers clichés de corrida et va les présenter à Picasso. Les deux hommes deviendront amis pour la vie. En 1956, Clergue met en scène une Grande Parade


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… dans laquelle se retrouvent certains personnages favoris de Picasso :


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Rideau de scène du ballet Parade par Pablo Picasso, 1917


En 1956 il  photographie les Gitans aux Saintes-Marie-de-la-Mer :


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

 

C'est à cette même époque que Clergue devient l'ami du guitariste Manitas de Plata, décédé le 5 novembre dernier :


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Dali et le happening des plumes avec Manitas, 1965


En 1957 paraît son premier livre, un recueil de douze photographies illustrant des poèmes de Paul Eluard intitulé Corps mémorable. La couverture est ornée d'un dessin de Picasso, la quatrième de couverture affiche une photo de Clergue :

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En 1968 paraît Née de la vague, ouvrage pour lequel Lucien Clergue a encore une fois photographié des corps de femmes nues sur la plage. Corps sans tête, sable et eau :

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Clergue avait une passion pour les femmes nues étêtées voire zébrées…

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Nu zébré, Sarah, New York City, 2012


… plusieurs livres paraîtront sur ce sujet.

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Lucien Clergue à New York en 1966,
présentant Naissances d'Aphrodite


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Le nu foudroyé, 2004

 

Mais sa plus grande œuvre demeure les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles, festival annuel de renommée mondiale qu'il créa en 1969 avec Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette, conservateur des Musées d'Arles.

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L'affiche des Rencontres photographiques d'Arles de 2014

 

Le musée Réattu d'Arles expose actuellement et jusqu'au 4 janvier 2015 de nombreuses photographies de Lucien Clergue.

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée De l'utilité persistante de la femme-objet.

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10h22 suivi

Copier/coller : Chauveau mise "en congé"

Par
la rédaction le 17/11/2014

"Le plagiat est une affaire sérieuse en matière de journalisme." Dans un mail adressé aux étudiants et aux enseignants, le directeur de l'Ecole de journalisme de Sciences Po Paris, Bruno Patino, a annoncé que la directrice exécutive de l'école, Agnès Chauveau, est "mise en congé de ses fonctions". En cause, les révélations d'@si sur les chroniques qu'elle rédigeait pour France Culture et le Huffington Post, et les nombreux copier/coller qu'elles comportaient.

Chauveau

"L'école, qui enseigne la déontologie, ne peut prendre ce genre de chose à la légère. C'est pourquoi, après en avoir parlé avec Agnès, je vais demander une évaluation indépendante des faits reprochés à notre directrice exécutive. Et je souhaite que cette évaluation soit faite dans les prochains jours. Dans l'intervalle, Agnès sera en congé de ses fonctions de direction exécutive au sein de l'école de journalisme. Avant, je l'espère, que les choses puissent reprendre un cours apaisé", indique dans son mail le directeur de l'école de journalisme, également directeur général délégué à France Télévisions (lire ici notre portrait).

Pour comprendre l'affaire, lire notre enquête sur les chroniques d'Agnès Chauveau et ses (nombreux) copier/coller

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09h15 le neuf-quinze

Surprise : Sarko est démago !

Par
Daniel Schneidermann le 17/11/2014

Si on s'y attendait ! Quelle surprise ! Ainsi donc Sarkozy a changé d'avis, en direct, sur le mariage pour tous, sous la pression de "Sens commun", le lobby pro-manif pour tous au sein de l'UMP, qui auditionnait les trois candidats à la présidence du parti. Arrivé sur scène en espérant se contenter de "réécrire de fond en comble" la loi, il s'est heurté à une salle hurlant "abrogation". "Si vous préférez qu'on dise qu'on doit l'abroger, en français ça veut dire la même chose, mais si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher" a-t-il lancé. Ils veulent l'abrogation ? Qu'à cela ne tienne. Et, comme Louis XVI coiffant le bonnet révolutionnaire sous la pression de la foule en 1789, il a donc concédé l'abrogation à une salle hurlante.

Il n'est pas certain que ce "Je vous ai compris" à la mode Sarko soit électoralement payant. Indépendamment de ce que l'on pense de leur combat, les adversaires de la loi Taubira, et autres "veilleurs", sont des gens de foi et de conviction, d'une conviction solide, indéracinable, d'intégristes. Pas certain qu'ils se laissent avoir par la manoeuvre politicarde et se détournent de leur candidat de coeur, Mariton.

Mais le meilleur de la séquence, c'est la surprise des éditorialistes, à commencer par l'équipe de la Matinale de france Inter. Si on s'y attendait ! Et Patrick Cohen de ressortir des archives une déclaration de l'ex-président, se vantant de ne jamais céder à la pression de la rue. Et Thomas Legrand de fustiger la "politique à l'ancienne". Pourtant, qu'est-elle d'autre, cette scène, que l'illustration en image du sarkozysme, comme méthode de gouvernement ? Cinq ans durant, ce fut avant tout cela, le sarkozysme : un gouvernement à la boussole des sondages, des chers, des très chers sondages Buisson, à commencer par la création du fameux "ministère de l'identité nationale", improvisée en 2007 sous la pression d'un sondage. La scène dite "de l'abrogation forcée" n'en est que l'illustration, parfaite, quoique tardive.

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12h54 suivi

Sarkozy/Kadhafi : Arfi (Mediapart) dénonce le silence de l'AFP

Par
Sébastien Rochat le 16/11/2014

Il n'y aura pas de dépêche AFP sur les dernières révélations de Mediapart sur le supposé financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007. C'est ce que déplore le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi, dans un commentaire publié au bas de son article, relayé ensuite sur Twitter : "l'Agence France Presse (AFP) m'a fait savoir par écrit aujourd'hui qu' « après lecture attentive » de cet article les conclusions des quatre experts sur l'authenticité du document libyen n'étaient pas une information digne d'être reprise et de faire l'objet d'une dépêche. D'où la faible reprise de cette révélation à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur d'autres sites. Il est vrai que la traque d'un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques..." 

Mais que contient l'article de Mediapart pour mériter une reprise de l'AFP ? Trois graphologues, dont l'expertise a été réclamée par les juges d'instruction en charge de l'enquête sur le financement libyen de Sarkozy, ont authentifié la signature de l'ancien chef des services secrets du régime libyen, Moussa Koussa, au bas d'un document évoquant un "accord de principe" pour le versement de près de 50 millions d'euros pour la campagne de Sarkozy en 2007.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Des révélations très bien illustrées : Sarkozy transpirant sous le regard de Kadhafi et Guéant

Et alors ? Pour comprendre l'importance (ou non) de la nouvelle information de Mediapart, il faut revenir au point de départ de l'enquête : entre les deux tours de la présidentielle 2012, Mediapart avait publié un article expliquant que le régime libyen de Kadhafi avait financé la campagne de Sarkozy en 2007 avec un titre qui ne laissait planer aucun doute : "Sarkozy-Kadhafi : la preuve du financement". La preuve ? Un document "officiel libyen", daté du 10 décembre 2006 et signé par Moussa Koussa. Certes, il ne s'agissait que d'un "accord de principe" du versement des fonds, mais Mediapart y voyait "la preuve du financement". Ce que conteste Nicolas Sarkozy, qui a décidé de contourner le droit de la presse en poursuivant le site d'information, non pas en diffamation, mais pour "faux et usages de faux".

Dans son combat contre Mediapart, Sarkozy a reçu le soutien indirect de plusieurs médias, qui ont émis des doutes sur l'authenticité du document. A commencer par Le Monde qui, dès le mois de mai 2012, s'étonnait de l'existence de ce document, qui proviendrait des archives personnelles de Moussa Koussa. Or, ces archives "ont été visitées par un chercheur de Human Rights Watch peu après la chute de Tripoli, fin août 2011 : il n'y a rien vu de tel et n'est pas en mesure de certifier la signature du responsable libyen", écrivait Le Monde.

De son côté, le magazine Vanity Fair a contesté à deux reprises l'authenticité de ce document, comme @si vous l'avait raconté. Notamment en s'appuyant sur l'audition de Moussa Koussa, lequel a déclaré devant les enquêteurs que "ce document est falsifié. Il s'agit d'un faux car la signature est fausse". Ironie de l'histoire, avec la même audition, Mediapart faisait la démonstration inverse puisqu'à un autre moment de son audition, Koussa avait déclaré que "le contenu n’est pas faux, mais la signature est fausse". Finalement, les experts judiciaires ont estimé que la signature était bien celle de Moussa Koussa, réfugié au Qatar depuis la chute du régime libyen en 2011.

Sur ce sujet, écoutez l'analyse (prudente) de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, investigateurs du Monde, sur notre plateau de cette semaine.

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