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Hommes, femmes, et "non binaires" : comment définit-on le genre ?

Retour sur notre émission sur le pinkwashing, dans laquelle un de nos invités a refusé l'assignation au genre masculin.

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Restreindre les moqueries et l'ironie à la fashosphère est un poil tendancieux.  De toute façon, elle ricane de tout ce qui touche au mouvement ou revendication lgbt.Si Gauthier-Fawas (désolée, je sais que c'est son nom d'état civil donc pas cer(...)

Ce qui n' a pas été abordé, c'est : pourquoi une personne ne se reconnait-elle pas dans son sexe biologique ? (par ex: pourquoi un homme ne se voit-il pas comme homme ?)


Le problème vient-il vraiment d'un manque de catégorisations ?
Le problème ne vie(...)

(...)

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C’est bien la seule fois où une émission d’arret sur images m’a fait mourir de rire.

Ça me donne une idée, je vais la revoir...

De quel droit ce clown impose-t-il que le mot "Monsieur" désigne désormais l'identité de genre ?


Le mot "Monsieur" a toujours désigné dans la langue française l'expression du genre, c'est bien connu !


Certains fâcheux diront qu'autrefois le mot "Monsieur" désignait le sexe d'un individu possédant une paire de chromosomes sexuels XY. I'm s'agit bien évidemment de plaisantins.


Pour ma part, je suis Monsieur-fluid, je n'aime pas qu'on m'impose une définition du mot "Monsieur". Il désigne selon les jours l'identité sexuelle, l'expression du genre ou la couleur de mon slip.

« Chacun, quand de son moi dont il est entiché,

Rigide, il fait tirer un orgueilleux cliché. »


Raymond Roussel Nouvelles impressions d'Afrique.

Je croyais que le sexe était caractérisé par un système fonctionnel de reproduction de l'espèce .

Bite, couilles, spermatozoïde et ses éléments connexes.

Chatte, utérus, ovaires et ses éléments connexes.

La fonction première des sexes (l’attirail technique) étant la reproduction de l'espèce, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas suffisant pour définir le sexe (définition sociale) quand c'est nécessaire.

Ah zut, c'est le "quand c'est nécessaire"qui pose problème; puisque l'humain n'a ne cesse de contraindre ses semblables, dans les systèmes sociaux qu'il invente pour assurer la primauté de ses propres gènes, en modifiant continuellement les "nécessités" à son bénéfice.

La survie de l'espèce en a bénéficié, l'excès de ce comportement continuera à servir la survie de l'espèce, en réduisant le nombre de ses membres sur la planète finie qu'est la notre.

Pas de problème... :-)

Peut-être que l'avenir, c'est tout simplement d'abolir les genres ? Ca nous délesterait tous des injonctions de genre absurdes.


Question naïve de néophyte : s'il n'existait plus de genre, est-ce que les gens nés dans le mauvais corps ressentiraient toujours le besoin de changer de sexe biologique ?

Si on cessait d'associer des comportements somme toute très humain (douceur, agressivité, etc. sont partagés par tous les humains) à des organes génitaux, peut-être que les personnes transgenres s'épargneraient les galères de changements physiques (opérations, médicaments...) et pourraient vivre peinard.e.s sans être jugé.e.s "bizarres" par la société.

Ce qui n' a pas été abordé, c'est : pourquoi une personne ne se reconnait-elle pas dans son sexe biologique ? (par ex: pourquoi un homme ne se voit-il pas comme homme ?)


Le problème vient-il vraiment d'un manque de catégorisations ?
Le problème ne viendrait-il pas plutôt de la personne qui se construit un imaginaire autour du mot "homme" dans lequel il ne se retrouve pas ? De la même manière que certains hommes deviennent violents pour correspondre à une idée qu'ils se font de la masculinité (cf le clip qui a tourné aux USA sur le conditionnement des garçons).

Mais si une personne ne se voit pas "homme" pour la simple raison qu'elle considère que ses traits de caractères sont plutôt "féminins", est-ce qu'il ne joue pas simplement le jeu des préjugés sur les traits de caractères ?
Pourquoi un homme ne pourrait-il pas être sensible ou sujet à autre ? tout ça est une construction sociologique et ne concerne pas la nature intrasèque d'un individu (et donc son genre).

Bref, mon analyse personnelle est qu'il faut plutôt déconstruire les préjugés autour de ce qu'est un homme et ce qu'est une femme, plutôt que d'ouvrir des catégories car ce serait sans fin.
On est tous plus ou moins uniques donc il y a autant de catégories potentielles que de personnes.

Le dernier roman de Salman Rushdie, The Golden House,  offre un riche développement de ces questions à travers les interrogations de l'un de ses personnages. Il paraîtra fin août en français. (Entre autres, il y est aussi beaucoup question de l'élection de Trump.)

Le billet d’Alice Coffin me semble plus important que le sujet traité ici (qui n’est pas inintéressant).

Pourtant, il est tout réduit dans un encadré.

Par ailleurs, il n’est pas interdit de contacter des chercheuses en étude de genre (ça existe !).

Les deux personnes consultées pour l’article présent sont des hoooommeees.


Et ça continue, encore et encore. C’est que le début, d’accord, d’accord…


Qui aviez-vous invité pour l'émission ?

La présidente de l’Inter-LGBT, par exemple ?


(Bon, par ailleurs, j’ai été gênée dans l’émission que «Camille» ait piqué la zone de tonsure d'Arnaud Gauthier-Fawas.)

Restreindre les moqueries et l'ironie à la fashosphère est un poil tendancieux.  De toute façon, elle ricane de tout ce qui touche au mouvement ou revendication lgbt.Si Gauthier-Fawas (désolée, je sais que c'est son nom d'état civil donc pas certaine qu'iel soit très à l'aise avec ça mais je ne sais pas comment lae nommer) est moqué.e sur les RS (et pas uniquement  par la fashosphère) c'est à cause de son arrogance et surtout parce qu'iel s'offusque que dans un cadre non privé, non intime, ses interlocuteurs soient pris au piège de son passing d'homme blanc. Et iel exige que tout à chacun connaisse non seulement tous les débats et nuances des questions de genre mais également qu'il devine que son genre psychique est en total décalage avec son corps biologique et son genre social. Or, c'est absolument impossible. Gauthier-Fawas a non seulement un passing d'homme mais ce passing, dont il n'est pas responsable, est accentué par une barbe  choisie. Iel sait pertinemment qu'iel va être pris.e pour un homme et être appelé.e monsieur si son interlocuteur est poli. Iel n'est pas mérengé.e par malveillance ni même par maladresse, c'est tout bonnement impossible de deviner qu'iel se définisse comme non-binaire. Et s'offusquer de cela est vraiment de mauvaise foi; voir même gonflé lorsque l'on connait les difficultés pour les trans à ne pas être assignés au genre auquel ils n'apartiennent pas, qu'ils commencent leur transition et même lorsque celle-ci est achevée. C'est très bien de réfléchir sur le genre (mais ce n'est pas une obligation non plus) mais lorsque celui-ci est uniquement défini par l'intime, on peut difficilement exiger que le reste du monde, le monde social, qui  par définition n'a pas accès au psychisme de chacun, se plie, sans se tromper, du premier coup, sans indice, au genre intime d'un individu. Or, je reste persuadée que Gauthier-Fawas le sait et iel a surjoué l'offense. C'est sa mauvaise foi qui est risible.

"mérengé.e " pour mérangé.e ou mégenré.e?

Aaah ! Ma dyslexsie ne s'arrange pas  (et franchement comme j'ai fait l'effort d'écrire en inclusif tout le long, ça ne m'a pas aidée). ça doit être mégenré.e (puisque je cause de Gauthier-Fawas). Cela dit, je doute que ce soit ma seule faute. (et ce, sans l'excuse de la dyslexie)


Par contre, je serais plus prudent sur «C'est très bien de réfléchir sur le genre (mais ce n'est pas une obligation non plus)»


J'ai l'intime conviction de si, c'est aussi important que de réfléchir au racisme, «obligatoire», pas vraiment, mais nécessaire à évoluer hors du carcan d'une société d'une très grande violence normatrice comme la notre.


Accessoirement, c'est parce que nos filtres cognitifs intègre une représentation profonde du genre (rien que la langue: francophone de naissance, penser le monde hors du genre est une gageure dans une langue ou la grammaire a fait de cette question un point central de sa structuration) qu'on pense le monde avec [qu'on le nomme ainsi ou non, qu'on ai même un mot pour le concept ou non].


Du coup, réduire le genre à l'intime est aussi ridicule que d'imaginer qu'il est universel. Il existe forcement dans un contexte social, et la limite entre «ton genre est standard, il fait mème hors de ton cercle» et «ton genre est un truc intime, il ne sera pas reconnu hors de ton cercle proche» est une question de diffusion de l'information et de consensus sur des codes, pas de légitimité.


Nous avons hérité de la boite à outil conceptuel implicite de nos ancêtres et si nous n'y prenons pas garde, nous nous éffondrerons sous les coûts des condradictions qu'elle nous impose.

Ce que je voulais dire par là, c'est que si ce sujet m'intéresse, j'entends parfaitement qu'il puisse laisser indifférent. Et que des personnes, parfaitement à l'aise avec leur genre, puissent considérer qu'il y a tant de sujets et/ou de causes qui requièrent leur attention que les réflexions sur le genre ne les attirent pas plus que ça. Voir même puissent penser que le refléchir et même le déconstruire soit une perte de temps et d'énergie. 


Il me semble que ce que ce sujet soulève, au delà de la question même du genre, est la question de la page blanche de la nature humaine. Théorie (dîtes-moi si je me trompe) à laquelle vous semblez adhérer.

Nous serions, chacun de nous, une page blanche à la naissance, une tablette de cire et notre éducation, notre sociabilisation et la société dans laquelle nous naissons nous forment tout entier.

Le fait qu'il y ait des sociétés qui proposent d'autres genres que le genre féminin/masculin irait dans ce sens.

Mais là où je suis dubitative c'est que toutes ses sociétés que l'on présente comme la preuve qu'il n'y a pas de catégorisation de genre universelle, ont beau offrir des genres bien plus divers que la notre, il n'empêche que toutes ont un genre féminin associé aux soins des enfants direct et un genre masculin associé à la violence et à la dominance du domaine public. Toutes (jusqu'à preuve du contraire). Et aucune est dépourvue de genre.

Cet invariant montrerait donc qu'il y a une catégorisation universelle de genre, même minuscule (et pas franchement progressive).


Quant à la grammaire française qui effectivement martelle le genre jusque sur les objets inanimés, je veux bien croire qu'elle n'aide pas à penser le genre comme multiple ou même comme inexistant. Mais est-ce que les langues plus neutres, bien moins genrées sont issues de société plus ouvertes, moins rigides à ce sujet? Ou ont-elles permis une transformation des sociétés qui les parlent dans un sens plus progressif pour les individus qui les composent ?


Si oui, si les droits des "femmes" et des "homosexuels" sont plus avancés et si ces personnes ont les mêmes droits et les devoirs que les "hommes" et les "hétéros", alors d'accord, j'adopte immédiatement l'écriture inclusive.

Mais si ce n'est pas le cas, alors ça veut dire que plus ou moins de neutralité grammaticale n'influence en rien la politique d'une société. Et que la grammaire n'est pas si constitutive de nos représentations mentales et anthropologiques.


Ce qui n'empêche pas que je trouve la question du genre absolument fascinante.


La page «blanche», scientifiquement non, le dimorphisme sexuelle concerne aussi les humains.  Et puis, être humain ça n'est pas neutre.


Cependant, il est montré que la différence inter-individuelle est plus importante que la différence inter-sexe (qui n’apparaît qu'à un niveau statistique).

On ajoutera à cela que la sexuation s'exprime de façon inégale, au point que certains en viennent à parler de sexe génital, génétique, hormonal…


Mais en fait, je trouve la question de la tuyauterie et des breloques associée plutôt secondaire. D'autant plus que la différence est bien moindre au niveau du cerveau, et ne concerne certainement pas des fonction cognitives de haut niveau (d'abstraction).


Ça n'est pas parce qu'en tant qu'homme mes muscles disposent de fibres musculaires moins nombreuses, mais de coupe plus grande (meilleur capacité en tension, endurance et précision des mouvement moindre) qu'il devient légitime de faire de moi un déménageur et de ma sœur une dessinatrice, ou même de me pousser par là plus qu'elle.


Je suis étonné cependant, il n'est pas besoin de tomber dans de tels détails pour expliqué le fait que la société se soit structuré autour des sexes, et donc y associe un genre : «avec qui on fait les bébé, comment ils poussent et de qui ils sont» est un mécanisme qui semble suffisant pour expliqué la majorité des comportement liée au genre.


En fait, a titre personnelle, je trouve que le plus simple pour se rendre compte de la part de construction, c'est d'étudier la construction en question, chose très bien faite, par exemple dans la série documentaire de france culture: https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-24-combattre-les-heros-construction-deconstruction

 (je pense que cette série d'émission fournis de très bonne pistes pour certaines de vos interrogations, d’ailleurs)



Pour ce qui est de la grammaire, la linguistique comparée nous montre une chose: dans langues construite dans des milieu différents comportent des propriété radicalement différentes (au point que «exit» la théorie de la grammaire universelle). Pensons typiquement à ces langues où le status social relatif des interlocuteur nécéssite des accords, et cette autre, issue d'iles voclanique, ou l'accord à lieu sur la différence d'altitude entre les interlocuteurs. Le fait de transmettre dans toutes phrase les deux informations «ils sont de quel genre, ils sont combien?» n'est pas du tout systématique ou «neutre».

Les langues sont des constructions et comme toutes constructions elles sont le fruit de rétro-action avec le milieu qui les produit. Une société sexiste construit une langue sexiste, et une langue sexiste construit des représentations sexistes qui influencerons la société, qui influencera la langue, qui…


L'écriture inclusive permet plus de nuance dans l'expression, je ne vois aucune raison de la rejeter. Elle ne retire en rien la problématique du genre dans la langue, il est plus question de lutter contre l'invisibilisation des femme dans une langue centrée sur le genre.


Notons enfin, et je concluerai là dessus, qu'il est très différent d'intéroger son genre et d'intéroger le genre. Bien dans mon corps, collant sans avoir a y faire attention à une bonne partie des éléments du masculin, je n'ai jamais eu a me remettre en cause à ce sujet. Mais travaillant avec des ados, voyant les pressions normalisatrice qu'impose ces constructions sur eux, et spécifiquement sur les atypiques qui ne rentre pas dans le moule à ce niveau là plus qu’ailleurs, et sont déprécier pour ça.


Quand on connait l'influence drastique de l'image de soit renvoyée par les autres dans la construction des capacités métacognitives (qui influence directement la capacité à réaliser correctement une tâche, la littérature à ce sujet est riche), on ne peut que constaté les dégâts de tels catégories mentales, à fortiori binaire.


Parce que c'est ça la bonne question, quelque soit la raison de l'existence de ces catégories normatives, elle cause le sexisme, elle cause l'oppression des sexualités non-hétéronormée-monogame, elle cause la misère sexuelle de millions, elle détruit les vies de ceux qui ne peuvent s'y conformer et n'ont pas le droit de s'y soustraire.

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Mais il n'y a pas eu de rejet, une langue appartient à ceux qui la parle, et je vois de nombreuses personnes s'en servir.


Mais ce n'est pas un neutre en effet.


Certaines féministes suggère de virer le féminin, ce qui me semble la meilleur façon de construire un neutre.


Mais là, on quitte la connaissance pour se diriger vers l'opinion. Je n'ai rien compris a votre dernier paragraphe.

écriture inclusive insupportable, elle rend le post illisible.

Ou bien on peut voir la chose comme ca :


-je suis délicat

-je suis protecteur vis a vis de mes enfants

-je suis romantique

-j'aime l'art

-j'aime discuter


tout autant d'attributs, et tant d'autres, qui ont été, au fur et a mesure de l'histoire (européenne seulement toutefois rappelons le), attribués a la féminité.


Mais


-je suis aussi vindicatif

-je suis aussi sur de moi

-je suis aussi quelqu'un qui m'emporte facilement

-je suis aussi quelqu'un qui aime les polars, les films d'action, les films de sf

-je suis aussi quelqu'un qui aime la science


tout autant d'attributs, et tant d'autres la aussi, qui ont été, au fur et a mesure de notre histoire occidentale, marqués comme masculins.


Au niveau de mon corps biologique, je suis un homme.


Mais socialement.... Je suis simplement un peu de tout a la fois, avec des traits de caractère qui me sont bien spéciffiques et qu'on ne retrouvera entièrement chez personne d'autre, et dont certains sont socialement marqués comme féminins, d'autres comme masculins, mais ceci n'est qu'un marqueur social, en aucun cas un fait. Une autre histoire, dans une autre société, aurait marqué ces concepts d'attributs différents, et ç’aurait juste été tout aussi con.


Si je veux aujourd'hui pouvoir être accepté comme je suis, ce que je dois expliquer, c'est que notre construction sociale est faite de beaucoup d'illusions, notemment en ce qui concerne ce que "doit être" un homme ou une femme. Mais commencer a me definir en fonction de ces illusions, et me revendiquer comme appartenant au "genre" masculin ou feminin, parce que je me reconnais plus dans la construction sociale qui a été faite autour de ce genre, c'est prendre le problème par le mauvais bout, selon moi. Et jouer le jeu des cons qui cherchent a assigner un rôle a un sexe.
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