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Hommes, femmes, et "non binaires" : comment définit-on le genre ?

Retour sur notre émission sur le pinkwashing, dans laquelle un de nos invités a refusé l'assignation au genre masculin.

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Restreindre les moqueries et l'ironie à la fashosphère est un poil tendancieux.  De toute façon, elle ricane de tout ce qui touche au mouvement ou revendication lgbt.Si Gauthier-Fawas (désolée, je sais que c'est son nom d'état civil donc pas cer(...)

Ce qui n' a pas été abordé, c'est : pourquoi une personne ne se reconnait-elle pas dans son sexe biologique ? (par ex: pourquoi un homme ne se voit-il pas comme homme ?)


Le problème vient-il vraiment d'un manque de catégorisations ?
Le problème ne vie(...)

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« Chacun, quand de son moi dont il est entiché,

Rigide, il fait tirer un orgueilleux cliché. »


Raymond Roussel Nouvelles impressions d'Afrique.

Je croyais que le sexe était caractérisé par un système fonctionnel de reproduction de l'espèce .

Bite, couilles, spermatozoïde et ses éléments connexes.

Chatte, utérus, ovaires et ses éléments connexes.

La fonction première des sexes (l’attirail technique) étant la reproduction de l'espèce, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas suffisant pour définir le sexe (définition sociale) quand c'est nécessaire.

Ah zut, c'est le "quand c'est nécessaire"qui pose problème; puisque l'humain n'a ne cesse de contraindre ses semblables, dans les systèmes sociaux qu'il invente pour assurer la primauté de ses propres gènes, en modifiant continuellement les "nécessités" à son bénéfice.

La survie de l'espèce en a bénéficié, l'excès de ce comportement continuera à servir la survie de l'espèce, en réduisant le nombre de ses membres sur la planète finie qu'est la notre.

Pas de problème... :-)

Peut-être que l'avenir, c'est tout simplement d'abolir les genres ? Ca nous délesterait tous des injonctions de genre absurdes.


Question naïve de néophyte : s'il n'existait plus de genre, est-ce que les gens nés dans le mauvais corps ressentiraient toujours le besoin de changer de sexe biologique ?

Si on cessait d'associer des comportements somme toute très humain (douceur, agressivité, etc. sont partagés par tous les humains) à des organes génitaux, peut-être que les personnes transgenres s'épargneraient les galères de changements physiques (opérations, médicaments...) et pourraient vivre peinard.e.s sans être jugé.e.s "bizarres" par la société.

Ce qui n' a pas été abordé, c'est : pourquoi une personne ne se reconnait-elle pas dans son sexe biologique ? (par ex: pourquoi un homme ne se voit-il pas comme homme ?)


Le problème vient-il vraiment d'un manque de catégorisations ?
Le problème ne viendrait-il pas plutôt de la personne qui se construit un imaginaire autour du mot "homme" dans lequel il ne se retrouve pas ? De la même manière que certains hommes deviennent violents pour correspondre à une idée qu'ils se font de la masculinité (cf le clip qui a tourné aux USA sur le conditionnement des garçons).

Mais si une personne ne se voit pas "homme" pour la simple raison qu'elle considère que ses traits de caractères sont plutôt "féminins", est-ce qu'il ne joue pas simplement le jeu des préjugés sur les traits de caractères ?
Pourquoi un homme ne pourrait-il pas être sensible ou sujet à autre ? tout ça est une construction sociologique et ne concerne pas la nature intrasèque d'un individu (et donc son genre).

Bref, mon analyse personnelle est qu'il faut plutôt déconstruire les préjugés autour de ce qu'est un homme et ce qu'est une femme, plutôt que d'ouvrir des catégories car ce serait sans fin.
On est tous plus ou moins uniques donc il y a autant de catégories potentielles que de personnes.

Le dernier roman de Salman Rushdie, The Golden House,  offre un riche développement de ces questions à travers les interrogations de l'un de ses personnages. Il paraîtra fin août en français. (Entre autres, il y est aussi beaucoup question de l'élection de Trump.)

Le billet d’Alice Coffin me semble plus important que le sujet traité ici (qui n’est pas inintéressant).

Pourtant, il est tout réduit dans un encadré.

Par ailleurs, il n’est pas interdit de contacter des chercheuses en étude de genre (ça existe !).

Les deux personnes consultées pour l’article présent sont des hoooommeees.


Et ça continue, encore et encore. C’est que le début, d’accord, d’accord…


Qui aviez-vous invité pour l'émission ?

La présidente de l’Inter-LGBT, par exemple ?


(Bon, par ailleurs, j’ai été gênée dans l’émission que «Camille» ait piqué la zone de tonsure d'Arnaud Gauthier-Fawas.)

Restreindre les moqueries et l'ironie à la fashosphère est un poil tendancieux.  De toute façon, elle ricane de tout ce qui touche au mouvement ou revendication lgbt.Si Gauthier-Fawas (désolée, je sais que c'est son nom d'état civil donc pas certaine qu'iel soit très à l'aise avec ça mais je ne sais pas comment lae nommer) est moqué.e sur les RS (et pas uniquement  par la fashosphère) c'est à cause de son arrogance et surtout parce qu'iel s'offusque que dans un cadre non privé, non intime, ses interlocuteurs soient pris au piège de son passing d'homme blanc. Et iel exige que tout à chacun connaisse non seulement tous les débats et nuances des questions de genre mais également qu'il devine que son genre psychique est en total décalage avec son corps biologique et son genre social. Or, c'est absolument impossible. Gauthier-Fawas a non seulement un passing d'homme mais ce passing, dont il n'est pas responsable, est accentué par une barbe  choisie. Iel sait pertinemment qu'iel va être pris.e pour un homme et être appelé.e monsieur si son interlocuteur est poli. Iel n'est pas mérengé.e par malveillance ni même par maladresse, c'est tout bonnement impossible de deviner qu'iel se définisse comme non-binaire. Et s'offusquer de cela est vraiment de mauvaise foi; voir même gonflé lorsque l'on connait les difficultés pour les trans à ne pas être assignés au genre auquel ils n'apartiennent pas, qu'ils commencent leur transition et même lorsque celle-ci est achevée. C'est très bien de réfléchir sur le genre (mais ce n'est pas une obligation non plus) mais lorsque celui-ci est uniquement défini par l'intime, on peut difficilement exiger que le reste du monde, le monde social, qui  par définition n'a pas accès au psychisme de chacun, se plie, sans se tromper, du premier coup, sans indice, au genre intime d'un individu. Or, je reste persuadée que Gauthier-Fawas le sait et iel a surjoué l'offense. C'est sa mauvaise foi qui est risible.

Ou bien on peut voir la chose comme ca :


-je suis délicat

-je suis protecteur vis a vis de mes enfants

-je suis romantique

-j'aime l'art

-j'aime discuter


tout autant d'attributs, et tant d'autres, qui ont été, au fur et a mesure de l'histoire (européenne seulement toutefois rappelons le), attribués a la féminité.


Mais


-je suis aussi vindicatif

-je suis aussi sur de moi

-je suis aussi quelqu'un qui m'emporte facilement

-je suis aussi quelqu'un qui aime les polars, les films d'action, les films de sf

-je suis aussi quelqu'un qui aime la science


tout autant d'attributs, et tant d'autres la aussi, qui ont été, au fur et a mesure de notre histoire occidentale, marqués comme masculins.


Au niveau de mon corps biologique, je suis un homme.


Mais socialement.... Je suis simplement un peu de tout a la fois, avec des traits de caractère qui me sont bien spéciffiques et qu'on ne retrouvera entièrement chez personne d'autre, et dont certains sont socialement marqués comme féminins, d'autres comme masculins, mais ceci n'est qu'un marqueur social, en aucun cas un fait. Une autre histoire, dans une autre société, aurait marqué ces concepts d'attributs différents, et ç’aurait juste été tout aussi con.


Si je veux aujourd'hui pouvoir être accepté comme je suis, ce que je dois expliquer, c'est que notre construction sociale est faite de beaucoup d'illusions, notemment en ce qui concerne ce que "doit être" un homme ou une femme. Mais commencer a me definir en fonction de ces illusions, et me revendiquer comme appartenant au "genre" masculin ou feminin, parce que je me reconnais plus dans la construction sociale qui a été faite autour de ce genre, c'est prendre le problème par le mauvais bout, selon moi. Et jouer le jeu des cons qui cherchent a assigner un rôle a un sexe.
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