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Fichage ou arrestations de militants : l'algorithme comme arme politique

Quel rapport entre la police américaine à Baltimore et les militants sarkozystes en pleine campagne des primaires ? Les deux utilisent des algorithmes de géolocalisation pour arriver à leur fin. Avec l’application Knockin, créée par un sarkozyste français, les militants peuvent repérer facilement les "sympathisants" (au sens large) de l’ancien président, pour mieux les démarcher en porte à porte. De l’autre côté de l’Atlantique, une enquête a révélé que les forces de l’ordre avaient utilisé un service de géolocalisation appelé Geofeedia, qui se base sur les posts de réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram), pour arrêter des manifestants contre les violences policières à Baltimore. Premier volet de notre série sur les boîtes noires que sont les algorithmes.

Derniers commentaires

C'est normal que des passages entiers de cet article soient identiques à celui d'un article du Monde rubrique Pixel publié le 12-10-2016 soit 12 jours avant ?

Il y a coopération ou plagiat ?
Faudrait jeter un oeil à l'API twitter/facebook ! et expliquer comme ça marche.

Viteuf :
Une API c'est une porte d'entrée dans une application tierce. Je donne un exemple concret (faux, mais réaliste) : je développe une application de compta personnelle. Je veux offrir la possibilité à mes utilisateurs de se connecter sur le site de leur banque et de récupérer leurs données bancaires, tout ça automatiquement. Pour se faire je vais appeler un bout de programme accessible sur le web et mis à disposition par la banque. Moyennant les codes de l'utilisateur je vais pouvoir m'y connecter et récupérer ses données bancaires.

On a donc 2 applications bien distinctes, mais capables de communiquer entre elles. C'est une révolution informatique qui date de quelques années et qui permet la création d'applications décentralisées (plus facile à maintenir, de gérer les performances), la mutualisation de services (on ne réinvente pas l'eau chaude systématiquement), la collaboration des applications (l'une fait les calculs, l'autre stocke les données par ex). Ce qui est révolutionnaire c'est que tout ça peut se faire avec 5 lignes de codes, pas plus ! (Avant on devait se coltiner des tartines de codes...)

C'est tout bête à comprendre donc et tout bête à utiliser dès que l'on possède les bases du développement web. Donc accessible à quasiment n'importe qui.

Voilà pour le topo technique.

Maintenant, pour les motivés qui capte un minimum l'anglish je vous invite à regarder ça, en diagonale : https://dev.twitter.com/overview/api/users
Et bien ça, c'est la liste des données (attributs) et des actions (méthodes) que l'on peut réaliser avec l'API twitter.
Donc en gros, avec ce bidule, n'importe quel développeur peut récupérer toutes les données publiques des utilisateurs de twitter.

Et alors sur facebook... c'est la fête... https://developers.facebook.com/docs/graph-api/reference/v2.2/user
Alors là, toute la vie des gens peut être analysée à partir du moment où ils ont laissé leur profil un minimum ouvert... Et il y a ENORMEMENT de profils ouverts. Je crois que c'est même la majorité... Tout ça gratuitement, moyennant l'obtention d'une clé d'entrée auprès de facebook qui s'obtient via un formulaire en ligne (https://developers.facebook.com/docs/facebook-login/access-tokens/)

Voili voilou, donc c'est bien sympa de faire le buzz sur l'appli des sarkozystes, mais ils n'ont rien inventé, mais alors rien du tout. Leur appli ils ont dû la développer en 15 jours à tout casser... Et oui, les monstres sont bien twitter, facebook et google. That's all folks !

Donc au lieu de faire des reportages alarmistes en mode "mon dieu, ma brave dame, vous avez vu ce que font ces sal*** de sarkozystes !", vous feriez tous (@si mais surtout les autres) mieux de dire aux gens : "PROTEGEZ VOTRE VIE PRIVEE !" Parce que le problème est là : on baigne dans la niaiserie absolue et trop peu d'utilisateurs d'internet sont éduqués à son utilisation ! Et il est totalement hypocrite de demander aux équipes de campagne de la droite de faire preuve de morale sur ce sujet, si la techno existe ils ne vont surtout pas s'en priver ! (déjà qu'il faut être bisounours pour croire à une morale à gauche... Et d'ailleurs, http://nationbuilder.com/ fait des trucs du même genre, et c'est la plateforme de Mélenchon... donc bon... ça me fait marrer tout ça)

Et le pompon c'est que la CNIL se fout de nous et ne sert strictement à rien. Ils n'ont aucun moyen de contrôle si personne ne dénonce une société qui commettrait des abus.
Or si je développe une application d'analyse des données facebook et twitter, qui reste chez moi (sur mes serveurs) et que je vends discrètement et très cher à quelques clients choisis, la CNIL n'en saura jamais rien. Et pourtant l'application en question peut être sacrément dégueulasse en terme de respect de la vie privée.

Je vous laisse imaginer si l'application en question fait des statistiques avancées (le fameux "big data"), qui peuvent se faire en trois coup de cuillère à pot (genre avec ça : https://fr.wikipedia.org/wiki/Partitionnement_de_donn%C3%A9es c'est une technique de regroupement automatique d'individus statistiques, ça se met en place avec 40 lignes de codes... et ça fait des rapprochements sidérants, tout seul...)

Bref, il faut parfois rentrer au moins légèrement dans la technique pour comprendre. Et je crains que les journalistes maîtrisant a minima cette technique se fassent de plus en plus rare...
Jacques Ellul, "Le "bluff technologique", "La technique ou l'enjeu du siècle", etc. , sociologue critique et intéréssant de la technologie, confiait déjà en 1979 avant la rédaction d'un livre sur l'impact du fait technique mais que les évolutions étaient si rapides que la matière de son essai fuyait entre ses doigts. D'autres sociologues et essayistes avait déjà entre temps écrit à ce sujet. Tous ne connaissaient pas Internet, bien sur. Que ne dirait-il aujourd'hui alors que la vitesse et l'impact du numérique et plus largement les technologies se sont considérablement accrus ? Il ne s'agit pas de dire qu'il faut arrêter la technologie mais de se rendre compte que la technique est un fait autonome, à savoir qu'elle possède une dynamique propre difficilement contrôlée. Il faudrait une émission d'Asi sur ce sujet ... vite dépassée mais il faut bien commencer et poser des jalons.
algorithmes/logiciels/robots

c'est fou ce que les "boites noires" (titre du livre de Denis Robert en ... 2002!) se multiplient... algorithmes, dark pools, secrets défense, secrets industriels, off, négociations secrètes...

Bizarrement les neuneus à l'antenne nous expliquent la "dictature de la transparence", comme quoi avec la délocalisation de tout sur la ternette on ne pourrait plus rien cacher... en même temps c'est vrai, mais pas pour tout le monde...

Le moment de rappeler le nom de Eliot Spitzer!
D'abord procureur général de l'état de New York, avec l'appui de Giuliani et de Trump, puis gouverneur de l'état de New York, le gars qui pourtant mangeait aux bons rateliers (il a aussi été partisan et bailleur de fonds pour Hillary) s'oppose en 2007 au plan Paulson pour sauver les banques lors de la crise des subprimes...
Le gars avait promis lors de son élection de procéder à des réformes "éthiques et humaines"...
Il publie une lettre ouverte dans le WaPo le 14 février 2008.
Début mars 2008 le New York Times et le FBI publient ses petites facturettes honteuses dans un réseau de call-girls.
Le 12 mars le gars jette l'éponge, démissionne, perd son poste et sa famille.

On imagine le levier qu'ont aujourd'hui les puissances en place, la capacité d'anéantissement de toute opposition non validée, et les remords qu'auront les petits oppenheimers dans leurs vieux jours...

Et l'autre tocard par contre doit utiliser l'état d'urgence pour museler la contestation écologiste, alors qu'il suffirait de rendre public les historiques de navigation des militants...
Un coup de fil à "nos amis américains" aurait pu le faire.

(le mec qui fera l'application qui brouillera la totalité des infos perso sur tous les serveurs aura fortune faite, même s'il ne pourra pas en profiter longtemps...)

Mentionner aussi le nom de Paul Jorion, qui parle de "survie de l'espèce", et d'algorithmes.

Bon dernier truc, vous écrivez "Premier volet de notre série sur les boîtes noires que sont les algorithmes"
Je suis sûr que vous traiterez du vote électronique dont "nos amis américains" sont les ardents précurseurs.
Le passage d'une urne transparente, du comptage par les électeurs aux "boites noires" soumises aux algorithmes et au secret, un sujet de choix.
Dans l'attente de vous lire.
Que ceux qui ont l'intention d'aller voter à des élections qui ne les concernent pas y réfléchissent à deux fois avant de donner leur identité.
A voir le titre, je me suis dis: "tiens, encore un journaliste qui emploie le mot algorithme sans un sens erroné". A ma grande surprise, le premier paragraphe correctement ce qu'est un algorithme, et le reste de l'article ne parle plus d'algorithme. Ce dont on parle dans cet article, et ce qui est problématique, c'est la collecte de données leur usage (théoriquement contraires aux conditions FB/twitter) pour fliquer les gens à leur insu.

Bref, l'erreur se limite au titre et est sans doute volontaire pour attirer plus de clics. Je vous conseils de lire les deux articles (partie I & partie II) qu'à écrit David Monniaux sur son blog et qui, je pense, résume bien ce qui pose problème dans "les algorithmes"... et dans le traitement qu'en font les journalistes.
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