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Fêtes de quartier : filmer les riches, filmer les pauvres

Deux manifestations de convivialité entre voisins. L'une, filmée par France 2, dans un lotissement de classes moyennes supérieures. L'autre, dans "Rue des Allocs" (M6) dans un quartier pauvre d'Amiens. Deux reportages très différents : gros plans, vocabulaire, tout diffère. Pour @si, les élèves du collège Gérard Philipe (Paris) ont regardé les deux émissions.

Derniers commentaires

J' ai jamais été fan de la série: souvenirs de gosse, ou parano exacerbée, j' ai toujours l' impression d' une " orientation " des réponses...Et le montage, la forme très "policée", les commentaires, ne font rien pour alimenter l' effet spontex!
Reste le fond...Et le fond dit quoi!?
Comme d' hab': un bout de réel, découpé judicieusement, et NOUS faisons le reste...Et il y a, aussi, pas mal de glands, qui se la jouent "chef de bande" à tatouages publicitaires...Faut pas croire, la délinquance, surtout fantasmée, se porte bien ( À Neuilly, comme dans le 93... ), et la frime, tout pareil...Les uns, en alignant les canettes ( Vides, œuf corse! ), les autres, en servant leur soufflé aux huîtres tièdes, et leur tolérance envers la "mixité" sociale!
Bref, les medias nous servent la soupe...Populaire, c' est à dire, aimée par la majorité: on a le monde qu' on mérite, pas vrai!?
Carpe diem...
Pas dupes, les collégiens? Si, un petit peu quand même, les premiers commentaires ne sont guère distanciés, et le fait que la voix off ait dit "sans autorisation, bien sûr" leur fait reprendre le mot "illégal" avec une grimace ambiguë mêlant excuse et désapprobation. Leur observation de ce qu'il y a sur les tables est assez juste, mais pas du tout reliée au fait que dans un cas ce sont semble-t-il des hommes qui organisent (bière et charcuterie) alors que dans l'autre, ce sont plutôt des femmes (tartes et plats cuisinés). Mais plutôt reliée à l'idée que les uns se nourriraient "sainement" et pas les autres.

Pas de commentaire sur la manière dont est filmé "le patriarche", en marche, de trois quarts dos, avec vue plongeante sur ses tatouages, avant qu'on ne lui donne enfin la parole. Lui insiste plus sur le plaisir des enfants (pas souligné), peut être en effet (souligné) parce que faire connaissance avec les voisins est moins nécessaire que dans un lotissement où c'est chacun chez soi.

Peut être cette émission gagnerait-elle à être un peu plus longue?
Ben Pisa vient encore de souffler sa bougie annuelle avec des mauvais résultats pour la France mais à voir la classe de Laura Mougel, on est rassuré.

Merci à vous, Fatou, Proponi, David, Mohammed, Jade et Alexandre de nous redonner espoir.

D'ailleurs, @SI devrait faire deux vidéos : l'une nous montrant le fait brut de décoffrage, l'autre après avec le regard des enfants. Et entre temps, nous aurions eu le temps d'analyser nous-même la situation. Et je doute fort qu'on soit arrivé, nous les adultes aux yeux et oreilles avertis, à la même pertinence que nos petits cadets !
Il est réjouissant de constater que nos collégiens ne sont pas dupes des artifices grossiers employés par un média privé, dont le but -s'il est utile de le rappeler- n'est pas d'éclairer des citoyens mais d'élever des con-sommateurs, et qu'ils intègrent facilement la différence de traitement avec un média public, certes perfectible dans sa mission d'éveil et d'ouverture.

Une touche d'optimisme dans cet avenir incertain.
J'ai failli rater le tout dernier commentaire, magistral. Bravo !
Filmer les riches, filmer les pauvres....
Pensez-vous vraiment que ce sont des riches que l'autre émission filme?
En tout cas, plus riches que ceux du premier programme...
Et suffisamment riches pour ne pas être dévalorisés quand ils font les mêmes choses que d'autres, qui eux, sont traités comme des délinquants en faisant la même chose.
Ça me fait penser à la presse locale dans ma jeunesse.

free parties -> regroupement illégal d'une horrible bande de drogués en transe à l'initiative de probable dealers (3 gars mal habillés ayant pour tout bien une camionnette, un stroboscope, leurs platines et 3 vieux amplis crachottants), nuisant au voisinage en faisant du bruit jusqu'à pas d'heure au fin fond de zones industrielles paumées où y'a pas un chat, ... mais que fait la police ?

rave légale -> se mettant au gout du jour notre ville accueillera un événement culturel festif réunissant la jeunesse amatrice de musiques électroniques, qui dansera à en perdre la tête au son des décibels (dont le volume devrait battre un nouveau record !), jusqu'au bout de la nuit, sur le terrain municipal prêté à un collectif d'artistes (sapés à la mode, venus avec 3 gros camions, un impressionnant mur d'amplis, une armée de projecteurs, de techniciens et de personnel de sécurité) ayant reçu l'agrément de la préfecture avec le soutien du ministère de la culture.

Ce qui me rappelle que pour certaines personnes (voire même moi à l'occasion maintenant que je me fais vieux), la loi est parfois justifiée, genre devoir demander des autorisations pour faire des trucs qui pourraient éventuellement nuire au voisinage, causer des accidents ou on ne sait pas trop.
D'un autre coté de manière évidente, ce n'est pas ceux qui ont les moyens et contacts pour le faire qui n'en demandent pas (ni ceux qui n'en ont pas qui se les voient accordées le feraient ils). Et cet unique critère sert de prétexte à des traitements médiatiques complètement opposés.
Ouai une petite bande de voisin...j'ai tremblé de peur devant le reportage.
On arrive un peu aux limites du journaliste de decryptage qui manipule suffisament les gosses pour leur faire dire ce qu'il veut.
Personellement le terme bande m'a plus fait pensé à une bande de pote, mais bon je regarde jamais la télé.

Sinon une question me taraude, dans toutes ces emissions de Beaufs (tellement vrai par exemple) est ce qu'ils sont payés pour être filmés où c'est une reconnaissance en soi de passer à la télé ?
Par exemple, aux questions d'actualités à l'assemblée, il suffit de voir comment nos chers députés vont jusqu'à s'écraser pour qu'on les voit à la télé. Pour le paiement des pauvres, pas de problème, un pack de 1664 fait l'affaire.
Oui, moi aussi l'interprétation de "bande" m'a surprise ... pour moi ça évoque juste un groupe de copains, ce que les gens du 2ème reportage ne sont pas, ils disent qu'ils n'ont presque aucune occasion de se croiser dans l'année.
Pareil.
Et spontanément, au début de ce Classe télé, Mohammed dit à propos des Amiénois : « ce sont des voisins qui forment une famille ».

Dans un documentaire, les images disent des choses. Aussi.
Dans l'autre reportage le ton est moins familier, bande, c'est un terme pas forcément péjoratif, mais tout de même familier. On ne dit pas une "bande de sénateurs", sans avoir l'idée d'en sourire au moins.
Oui judith, ...mais ces gens sont effectivement une bande de voisins, qui s'installent dans la rue et font la fête.
Je ne leur reproche pas ( je ne trouve pas ça génial non plus, en plus j'habite pas là donc ça me concerne de très loin) ...

Eux sont une bande, ceux du deuxième document ne le sont pas.

Après, je suis d'accord sur le fait qu'ils ne sont pas filmés de la même manière, mais le terme "bande" pour le coup ne m'a pas choquée dans ce contexte et pour eux.

Le "bien sûr" qui ponctue le "sans autorisation" en voix off pour le coup est bien plus un marqueur de mépris.
Voici ce que dit le dictionnaire de l'Académie Française à propos du mot "bande" :

"
(2)II. BANDE n. f. XIVe siècle, bende, « réunion de soldats » ; XVIe siècle, « réunion de personnes ». Emprunté de l'ancien provençal banda, « troupe, compagnie de gens », d'origine germanique.
1. HIST. Troupe de gens de guerre rangés sous la même bannière. Le pays était ravagé par des bandes ennemies. 2. Class. Groupe de musiciens. 3. Le plus souvent péj. Groupe d'individus réunis par les mêmes mobiles. Des bandes de pillards infestaient le pays. Une bande de voleurs, de voyous. Former une bande. Être chef de bande. S'intégrer à une bande. Bande noire, association secrète de spéculateurs, d'hommes d'affaires véreux. Terme d'injure collectif. Bande d'imbéciles ! Par anal. Groupe d'animaux vivant ordinairement ensemble. Les loups vont toujours par bandes. Par ext. Groupe de gens unis par les mêmes affinités, les mêmes occupations. Une joyeuse bande. Une bande de gais lurons, de joyeux drilles. Il ne fait pas partie de notre bande. Expr. Faire bande à part, se détacher d'un groupe pour former un groupe distinct et, fig., se tenir à l'écart.
"

La définition 1) renvoie à des "gens de guerre", donc quelque chose de très inquiétant mais on dirait que ce n'est pas ce sens qui est employé. La définition 2 renvoie à un groupe de musique, là aussi, ce n'est pas le sens employé.
La définition 3 "groupe d'individus réunis par les mêmes mobiles" semble coller mais le dictionnaire indique que le mot employé dans ce sens là est souvent péjoratif.
Remarque accessoire, Mohammed a son appareil dentaire qui le gêne ou qui lui fait mal.
II y a peut-être quelque chose à faire ?
(Je n’y connais rien, je précise).
Savez-vous pourquoi le CSA n’a pas sanctionné M6 pour la Rue des allocs ?

Je pense que la réponse est ici.
La conclusion du petit garçon en bleu est réjouissante , il semble avoir compris énormément de choses et se pose LA bonne question: "Pourquoi ?" !
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