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Et l'équipe de Trump inventa la "réalité alternative"

A peine intronisé, et déjà une polémique. Depuis deux jours, Trump et ses équipes soutiennent que le nouveau président a rassemblé davantage de gens qu'Obama en 2009, pour son discours d'investiture, alors que les images semblent dire le contraire. Interrogé à ce sujet, l'une de ses attachées de presse préfère parler de "faits alternatifs".

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Voila que Poutine se mêle de la nomination des Académiciens !
Dernier décret en date :

Donald Trump a bouclé sa semaine par une visite au Pentagone, où il a signé un décret intitulé "protection de la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis". Le texte prévoit notamment le blocage pendant trois mois de l’arrivée des ressortissants de sept pays musulmans (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) ainsi que la suspension pour quatre mois de tout accueil de réfugiés. Les réfugiés syriens, eux, seraient définitivement bannis. "C’est du lourd", balance Donald Trump (Libé.fr).

Photo de Trump, montrant fièrement la page où figure le texte du décret signé par ses soins, lèvres pincées, petits yeux porcins inexpressifs.
La face la plus hideuse des USA, celle dont on connaissait l'existence, mais dont on ne soupçonnait pas qu'elle puisse un jour prendre forme avec la prise de pouvoir d'une ordure de ce calibre.
Sur Télérama de cette semaine, la critique musicale dythirambique d'une musicienne folk américaine, nommée Courtney Marie Andrews, débute ainsi :
C'est le moment d'aimer l'Amérique, tandis que s'affiche partout le visage hideux de sa vulgarité satisfaite. On oublie parfois que cette image-là n'est que le revers de celle que nous aimons, que l'une ne va pas sans l'autre.
C'est en effet le moment, à chaque occasion, d'extraire les pépites de la fange dans laquelle une minorité d'électeurs a plongé les USA, et de savourer, dans tous les domaines artistiques, ce que ce pays offre de meilleur, de plus brillant, de plus réjouissant...
En tentant d'oublier, pendant quatre trop longues années, le désastre programmé dont on constate déjà les premiers effets.
D'après le Spiegel on line d'hier "1984" de George Orwell (paru en 1949) est en tête des ventes d'Amazon USA.
Trump avait raison: Voici pourquoi on a l’impression que c’était vide alors que tout était rempli ! :

http://nordpresse.be/wp-content/uploads/2017/01/lkazekezakazkzaekaezk-696x387.jpg

C'est une blague, hein ! ne me tombes pas sur le rable, Gregory !

C'est du rire rouge…
Et si vous avez manqué cela le voilà le poème "Nasty woman" écrit par Nina Donovan qui comme beaucoup d'entre nous trouva qu'un des moments les plus affreux de la campagne et le plus révélateur sur celui qui disait les mots fut quand Trump fit cette remarque derrière Hillary Clinton "What a nasty woman"

On avait vu le menteur, on avait vu l'ordurier, le tricheur, et tant d'autres choses, mais là on voyait le fond incroyable de la déprédation morale, le lâche qui murmure derrière le dos des paroles qui ravalaient un débat présidentiel à un vulgaire accrochage routier entre conducteurs

Les mots du poème sont lisibles sur la page

Le plus effrayant est que parmi les 250.000 qui sont venus à Washington voir cette intronisation, il y avait des femmes. Comme quoi il y a une parité dans l'imbécilité et la veulerie. Et les photos ne mentent pas, il y avait des femmes.
Si l'on tient compte des conditions météorologiques1 pour calculer l'importance de la foule, il n'y a pas photo : Trump l'emporte flouement sur Obama.

1. Sur les photos de 2009 on voit clairement que le temps était ensoleillé alors qu'en 2017 il était pluvieux.
Donc qu'importe le nombre de gens présents
bien que je rappelle qu'il n'y a d'autres moyens de venir que d'emprunter les transports en commun étant donné l'impossibilité de parking à moins de résider dans le nouvel hôtel bâti à la hâte par l'occupant de la White House

mais peu importe
ce qui importe c'est que le nouveau mec qui a juré sur deux bibles (d'ailleurs pourquoi deux et pas dix, est-ce qu'un serment sur deux bibles est plus sûr pour un menteur), ce qui importe donc c'est que ce nouveau mec vérifie son audimat chaque soir

On est en plein mirage : vous avez le chef de la nation qui se sait la plus puissante du monde qui vérifie son score lui-même et attrape un ulcère quand on lui dit qu'il a moins bien fait que son prédécesseur qui pour sa part s'était passé de faire des commentaires, trop occupé à sa nouvelle tâche

Quelle honte

Et la honte est que des gens viennent en plus lui porter secours en faisant le calcul

Mais qu'importe que 250.000 fachos racistes soient venus à son show. Qu'ils sachent ceux-là qu'ils n'ont pas retiré de l'évènement un centième de l'espoir qu'en ont retiré d'autres venus à d'autres occasions, et surtout qu'en leur très fond il restera toujours cette honte même déguisée car ils sont peut-être fachos racistes, ils n'en restent pas moins entendants et pas si cons que cela et ils savent pour qui ils ont voté, et ce vote, ils ne peuvent l'expliquer qu'en rejetant d'un revers de main les tares de celui qui va symboliser à jamais la fin des USA

Peu importe les chiffres, ils étaient trois millions de moins à voter pour lui
"Les faits sont têtus" surtout... les faits alternatifs !
Donc, premier effet bénéfique de Trump, c'est que les journalistes vont enfin bosser, et arrêter de se faire relais de la classe au pouvoir. Cool, pas mal, ils vont se former à nouveau à l'investigation, au contradictoire, à dévoiler les faits au lieu de les maquiller, vous vous rappelez les armes chimique Irakienne, si ça avait été Trump, on aurait su que c'était faux .
Je suis rassuré de constater que le comptage des manifs aux Zétazunis et aussi merdique que de ce côté de l'atlantique.
Je suis moins rassuré d'apprendre que ce qui doit fonder la légitimité de Tru(c)mp ou de machin, c'est le nombre d'entrées à son spectacle d'inauguration.

Je ne saurais que trop vous conseiller l'écoute de la diffusion sur France Culture des conférences d'Alain Supiot dont l'intitulé est : "Du gouvernement par les lois au gouvernement par les nombres" , surtout les leçons 6 à 12.

C'est par ici.

Parce qu'enfin, il n'y a pas que les chiffres ! Il y a aussi tout le barnum que font lémédia autour d'un truc (la cérémonie d'investiture) dont tout le monde se fout. Le POTUS elect vient de s'asseoir sur le trône avec son tout petit zizi et son gros cul.
"Et l'équipe de Trump inventa la "réalité alternative"
Meuh non, c'est une vielle histoire, depuis Edward Bernays jusqu'aux spin doctors d'Obama, en passant par celui de Bush (K. Rove: "We're an empire now, and when we act, we create our own reality")...
La liste est longue, et comprend Churchill aussi savez-vous?
Obama le perfect cool guy, le king du stand-up politique, le prix Nobel de la paix, dans une autre réalité fut le président qui a pourchassé les lanceurs d'alerte comme jamais avant, bombardé plus de pays souverains que Bush himself, a apporté plus de clients à Big Pharma, détient le record historique de vente d'armes, de budget militaire et de fabrication de têtes nucléaires pendant ses mandats à la fin desquels 45 millions d'américains se nourrissent avec des tickets d'alimentation, des records de richesse et donc fatalement de pauvreté aussi.
La réalité alternative n'est pas une invention du clan Trump, c'est juste un truc qu'il serait judicieux de ne pas découvrir sur le tard.
Spécialement éviter d'en faire un titre, comme de faire une référence au Goulag pas très loin...
Si on veut attaquer Trump, et on en a besoin, il faudrait oublier la com que tous font, les murs qui existent déjà, le machisme universel du mâle mondialisé, le manque de coolitude médiatique, et creuser les choix durs en matière de commerce, de défense, d'écologie.
La fumée ça fait tousser.
Alors finalement on en revient toujours à un concours de bites. Pendant ce temps, les femmes sortent acheter des cintres.Réjouissant.
J’ai un super jeu : trouver dans son public toutes les personnes noires. Sisi, j’en ai trouvé au moins une (je ne compte pas le type qui squatte sur la chaise juste dernière trump). Pour l'anecdote, Washington est l'un des états les plus noirs US.
Purée, quelle déception pour le travail d'@si.
Je suis tombé sur cette histoire ce matin et dans mon plumard, en 10 minutes sur un tel hors d'age, j'ai trouvé un bottom line plus clair que cette pauvre, très pauvre investigation.

J'ai juste été assez futé pour mettre 24h de limite sur les termes "Trump vs Obama investiture" et à laisser passer tout ce qui serait du camp le plus bruyant. Je crois pas être un génie. Mais soit c'est ça, soit les autres sont des crétins. "les lecteurs jugeront".

J'ai donc trouvé ça:

http://ijr.com/2017/01/783445-trump-vs-obama-inauguration-here-are-the-real-photos-you-decide/

Notez: il y a du monde dans les allée latérale pour Trump, pas pour Obama.

Et vers le fond ? C'est dans le dernier lien de l'article

https://cdn1.ijr.com/wp-content/uploads/2017/01/Screenshot-1_22_2017-1_27_43-AM.jpg

Voilà voilà. Sur les photos, il y a, au moment ou le pingouin présidentiel se tient devant le micro, plus de gens pour Trump que pour Obama. Pareil jusqu'au fond, un peu de monde dans les allées latérales pour Trump pas pour Obama.

C'est pas de la science. Il y avait peut être plein de gens dans les immeubles qui regardaient Obama. Ou ils étaient plus serrés. Ou plus maigres. Plus probablement, les gens dans les allées latérales compensent peu ou prou pour l'espace en moins dans l'allée principale à cause des installations ajoutées. Ou on peut analyser tel ou tel détail. Mais de 250 K à plus d'1M ? Non, vraiment, non. Il y a difficilement 10% de variance sur les images, et si on trouve que commenter ces images est une mauvaise méthode, soit, mais que ne l'a-t-on pas dit des les premières, même si elles moquaient si agréablement l'abominable Trump. Agréablement quand on n'est pas pour Trump (une petite moitié des électeurs US) ou dégouté raz la gueule de l'establishement et de ses médias (un bon 80% à mon joli doigt mouillé).

Bref. Ce qui est sur, c'est qu'un site de critique des médias qui prétend couvrir le sujet devrait trouver les preuves photographiques et conclure qu'il y avait à peu près autant de monde pour Trump qu'à l'investiture record d'Obama. Parce que c'est bien ce qui s'est passé. Il devrait aussi envoyer les baffes que je lui envoie (dépité) aux médias qu'il est sensé critiquer en disant ces faits au regard de leurs mots, postures, suffisances. Et en demandant comment diable ils peuvent prétendre que ce n'est pas de l'incompétence, mais de la franche manipulation, la vraie question du jour (et de l'année, vu que c'est quasiment un jour sur deux ces temps-ci).

Merci d'avance à celles et ceux, les plus intelligents, qui comprennent d'emblée que disant celà je ne dis rien pour ou contre Trump. Je suis simplement exaspéré de l'incompétence des médias, et des médias sur les médias, qui même pour un fait aussi simple, ne savent tout simplement pas le décrire. C'est la victoire soit de l'imbécilité hurlante, soit de la lâcheté crasse, soit d'un doux mélange des deux.

Il y a mieux à faire. Au boulot. Reprennez-vous.
"il y avait beaucoup plus de monde en 2017 qu'en 2009, et l'investiture de Trump est un véritable bide."

Cette phrase aussi est un véritable bide ( inversion de dates ).

Cordialement.
Je vous conseille ce documentaire que l'on peut voir en ce moment sur Arte +7, qui raconte le parcours édifiant de Donald Trump : http://www.arte.tv/guide/fr/072806-000-A/president-donald-trump

Où l'on apprend que son premier biographe a créé le terme d'"hyperbole véridique" pour expliquer le type d'exagérations qui a permis à Trump de vendre facilement tous les étages de la Trump tower : il augmentait artificiellement la hauteur à laquelle étaient placés les étages (l'étage 28 est ainsi appelé "l'étage 38"), parce que plus c'est haut, plus c'est classe.

"A vrai dire", commente le biographe, "une hyperbole véridique, ça ne veut rien dire, mais la formule a frappé les gens."

On voit que Trump continue à vivre dans le monde de l'hyperbole véridique (comme Kim Jong Un et le chef de la propagande de Saddam Hussein).
En ce moment, dans la réalité réelle, Trump signe compulsivement des décrets :
Un abrogeant le traité transpacifique... un autre interdisant toute assistance fédérale pour financer les aides à l'avortement.
Et ce n'est que le début des nuisances de ce malade.
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