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Dégoulinades monarchisantes

Aux Journées Européennes du Patrimoine, 17 000 monuments français

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tout ce qui choquait sous Naboléon le 1, c'est-à-dire mettre des genssss de l'entertainment aux affaires, a l'air de laisser indifférent la caste journalistique sous Jupiter le Grand Tout ?
serait-ce entre les "chiens de garde" et les "historiens de garde" un pacte de non-ingérence tacite ??
Jamais oh jamais je n'écoute Europe 1
Par une erreur pardonnable, croyant allumer France Info, je mets Europe 1 et j'entends une rubrique qui se veut pleine d'humour, et n'arrive pas à faire vaciller le moindre rictus chez moi. Celle de Bernard Fripiat "Le mot de la semaine."

Si on retire l'humour absent, j'ai appris néanmoins des choses intéressantes sur les règles d'orthographe totalement absconses de la langue française, et plus particulièrement celle du mot "jeu" qui comme le dit le chroniqueur est héritée d'une faute de SMS de plusieurs siècles. Oh temps béni où l'on écrivoit le François comme il nous chante.

Cette camisole de force qu'est la langue française qui n'a eu de cesse d'étouffer les langues régionales et patois au point d'engendrer des complexes d'ordre psychanalytique chez des millions de gens perdus qui ne pouvaient utiliser leur langue maternelle, ni la transmettre à leurs enfants sous le prétexte que ceux-ci n'arriveraient pas à bien apprendre le Français et sous la conviction qui leur était inculquée que leur langue était une langue de pecnots, et le Français la langue de l'avenir.
Résultat, ces bilingues disparurent avec leur richesse linguistique et le Français est aujourd'hui en voie de devenir inadapté. Pour le sauver, il faut donc redonner vie à ces langues régionales en se maniant le cul tout comme on sauve à vitesse grand V une langue que les sauvages avaient presque détruit : le Yiddish.

Il est vrai que de savoir que des gens ont bravé les intempéries pour visiter le palais du Roy souriant et de sa belle qui redécore nous dit même Le Monde qui n'a rien d'autre à foutre de plus urgent qu'à se préoccuper de cela, ça me laisse pantois. L'idée d'aller déambuler dans un palais habité fut-il royal est étrange. Ce serait pour moi comme d'arpenter un restaurant étoilé pour voir les convives sans avoir le droit de manger ou boire.

Degemer mat, willkumme, Brukhim Ha-Bo'im, bienvenus pour une renaissance du Français libéré de ses tendances fratricides et castratrices.

Et bienvenus dans la dernière éruption d'une petite crise infantile de royalisme, fut-elle dégoulinante à la Berg.

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Et au passage, l'abbé Grégoire, avec tout le respect qu'on peut avoir pour lui, avait-il raison de vouloir "anéantir les patois" ? N'est-ce pas là une erreur de la jeune République dans son aspiration universaliste qui aurait pu trouver une autre manière de se faire accepter ? On connaît la suite - les difficultés de l'ancrage républicain du pays profond, mais aussi les ténèbres de la colonisation accomplie aussi au nom de l'aspiration universaliste, etc.
"Saint-Cyr"film dans lequel Isabelle Huppert tient le rôle de Mme de Maintenon (prix Jean Vigo 2000) montre l'arrivée des filles de la noblesse qui seront les futures pensionnaires. Les patois et langues régionales s' entrecroisent,bien vivaces plus de deux siècles après l'édit de Villers-Cotterêt. Et le discours de Mme de Maintenon tant à l'adresse du roi qu'à celle des pensionnaires montre une claire volonté d'unification linguistique. Cette volonté réaffirmée à la révolution n'était pas réalisée en 1914. On sait que certains des "fusillés pour l'exemple" le furent parce qu'ils ne comprenaient pas les ordres donnés en français. Mais la télé est en train d'achever cette grande oeuvre avant de passer à la suivante où tout le monde devra parler anglais.
Pour ce qui est du PATRIMOINE j'avoue que j'ai ce goût mais sans être dupe.Quand on visite un monument c'est toujours une reconstruction plus ou moins complète et une mise en scène autour. Par exemple le MONT SAINT MICHEL,prison d'état,reconstruit par Viollet -le Duc (avec les idées qui étaient les siennes sur ce que devait être le moyen âge),presqu'île puis île (presque!),vidée de ses moines jusqu'à ce que De Gaulle les y réinsère est une sorte de décor pour touriste japonais et chinois. Moins connue dans la même région l'abbaye de la Lucerne que j'ai visitée en 1963. Il ne restait que les bases des murs en délimitant le plan au sol mais un curé s'était mis en tête de "faire revivre ce témoin du passé",avait gagné une partie des fonds nécessaires dans un jeu télévisé et en avait profité pour lancer un appel aux dons. J'y suis repassé une dizaine d'années plus tard et il y avait l'ébauche d'une vieille-nouvelle abbaye avec une crêperie pour nourrir les touristes près de la porte.
Mais voilà! il se trouve que pendant la révolution et l'empire (blocus continental), les tissus anglais ne parvenant plus en France,un entrepreneur avait installé des métiers à tisser dans la nef après avoir acheté ce "bien national" et il avait détruit la toiture pour que la pluie refroidisse les machines, les paysans avaient récupéré des pierres pour renforcer leurs habitations...Alors pourquoi ne pas avoir choisi de reconstituer cette usine, N'y-a-t-il pas là un CHOIX?
La même clairvoyance qui vous fait repérer, dans Libération ce matin, que Quotidien est le canal officieux de l'Elysée, devrait vous conduire à une circonspection comparable quand il s'agit de la montée en puissance de notre historienne préférée qu'est Mathilde Larrère dans le débat public. Se contenter de relayer qu'elle a magistralement mouché E. Macron et S. Bern, et que ceci a été repris par de nombreux médias, sans vous interroger sur la raison précise pour laquelle M. Larrère a fait mouche à ce point est un peu court.
Cela est très probablement du à son talent avant tout, mais que ce soit volontaire ou non, cela l'installe de facto dans la galaxie de ceux qui sont visibles et dont la parole anti-Macron porte et fait débattre, c'est donc une dimension nouvelle qu'elle prend à l'occasion de cette escarmouche. Il y a lieu de s'en réjouir, mais un site d'analyse des médias ne devrait pas laisser de côté la question de savoir pourquoi elle vient sous nos yeux de changer de division médiatique. Face à une équipe au pouvoir qui aime la communication (même si elle se prend assez souvent les pieds dans le tapis), et qui aime à choisir ses opposants et les mettre en scène pour alimenter son propre storytelling, on pourrait avoir l'impression que la promotion de M. Larrère l'installe comme punching-ball potentiel à court ou moyen terme, et que ça risque de secouer. Pour l'instant, tout le monde la trouve fantastique, punchy, pertinente (c'est d'ailleurs mon avis), mais le compte à rebours est enclenché en prévision du moment, où, quand il s'agira d'arrêter de rire, on fera sonner l'hallali et on se déchainera sur l'historienne-politisée-qui-utilise-ses-titres-académiques-pour-refourguer-son-gauchisme-impénitent. Puisque M. Larrère est notre historienne organique ici sur @si, je propose donc un observatoire sur sa trajectoire médiatique dans les temps à venir. Ce sera, à n'en pas douter, un beau cas d'école.
On avait décelé chez Bern un certain don d'ubiquité, ce qui nous avait conduit à le surnommer l'"Ubicuit" ('ou cuite). Bon. Il s'avère qu'on était sur la bonne voie....
Bonjour
A la Guadeloupe, la visite permettait-elle de voir le lit de camp où jupiter a dormi en rêve lors de sa visite chez les gueux des colonies ?
Beaucoup de châteaux chez moi aussi... et quelques expo photo ou "balade croquée en paysage industriel", sur les usines de tissage mortes éparpillées dans nos collines, vieilles usines parfois transformées en... brasserie, parfois en ruines, un film de Gilles Perret, "Mémoires d'ouvriers". Rien sur le patrimoine "vivant" que sont les nouveaux paysans bio... mais ils font parallèlement "portes ouvertes" toute cette semaine.

Ces journées du patrimoine, au lieu de se désoler de leur côté "pierres mortes", qui nous empêche de leur donner, par des initiatives locales, un autre visage? De "pierres vivantes" ou de terres vivantes?
Drôle d'interprétation... "Eh oui, à la grande fête du patrimoine, les gueux méritent aussi toute leur place". Mouais... Précisément, en imposant le Français, la Révolution n'a pas vraiment fait montre que "les gueux méritaient toute leur place" (puisqu'elle a marginalisé de facto l'usage de leur langue).

Mathilde Larrère a seulement rappelé que Villers-Cotterêt était d'abord une affaire entre le Roi et les élites, et que l'usage courant, populaire, de la langue "des gens", était bien le cadet de ses soucis.

Il y a des faits d'armes plus positifs de la Révolution française, pour qu'on ne chante pas bêtement les louanges de ce Français imposé qui, malgré tout l'amour que je lui porte pour la littérature qu'elle nous a donnée, a castré une luxuriante diversité de langues sur le territoire et engendré bien des souffrances - et possiblement une unification corollaire de la pensée...
Cette luxuriante diversité de langues crée aussi une uniformité dans l'incompréhension.
Imposer le français, c'est garantir que la langue utilisée dans le manuel scolaire est la même pour tous. C'est bien un pas en avant vers l'accession à la connaissance du plus grand nombre.
Et quand vous ne parlez que la langue de votre région d'origine, il est bien plus difficile de trouver du travail à l'extérieur de cette région.
Mouais... m'enfin le fait d'avoir une langue commune qui unifie les différentes composantes d'un pays n'implique pas ipso facto d'éradiquer les particularités d'icelles.
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Ma grand mère m'a raconté comment on avait déraciné le "patois" dans son école: bien entendu, il n'avait pas sa place en classe. Mais pendant la récré, hein? Un enfant avait dans sa poche un genre de mistigri, qu'il devait refiler à celui de ses "copains" qu'il surprenait, ou qu'il incitait (c'était plus sûr!), à parler patois. Lequel à son tour, l'air de rien, cherchait une nouvelle victime. Celui qui rentrait de récré avec le mistigri était puni.

Ainsi, en même temps qu'on a détruit les langues populaires, on a appris aux enfant la délation et la fourberie. Et la lâcheté de la soumission, car quelle étrange contrainte les empêchait de jeter le mistigri aux orties? Plus la honte de soi et de sa famille. Pas oublier que quand on détruit une langue, on détruit une part irremplaçable de la culture qui va avec, une certaine manière de penser, de le dire, de l'évoquer, plus des chansons, des poèmes, des contes, des proverbes. Dont une part seulement sera, peut être, sauvée.

Je précise que ça n'empêchait nullement les gens de se comprendre: chaque village parlait sa langue, mais comprenait très bien celle des voisins. Et ne mettait pas longtemps à comprendre aussi de nouvelles langues quand il voyageait, tant il est vrai que le seul fait de parler ou de comprendre plusieurs langues améliore votre souplesse d'apprentissage.
Notre seul salut : la traduction.
Gavagaï !
(W.V.O.Quine; indétermination de la traduction)
* aussi appelé bingo (jeu de hasard) !
La délation et la fourberie existent depuis bien plus longtemps que la langue française, et il n'y a pas besoin de l'enseigner...
La quantité de cultures disparues depuis le début de l'humanité me fait cependant dire qu'elles ne lui étaient sans doute pas indispensables.
De plus, tout ce qui a disparu est sans doute tout ce qui n'a pas été traduit, mais dans ce tas qu'est-ce qui était digne d'être traduit ?

Se comprendre, en revanche, c'est indispensable. Vous imaginez internet si tout le monde ne parle que la langue de son village ? Ça paraît tout de suite bien moins intéressant.
C'est souvent ce qu'on ne comprend pas qui est intéressant.

Tiens, pour parler de l'époque François 1er, du Rabelais, Pantagruel :
"Pour tant, mon amy, dictes moy : Qui estes vous ? Dont venez vous ? Où allez vous ? Que querez vous ? Et quel est vostre nom ? "

Le compaignon luy respond en langue Germanicque : " Juncker, Gott geb euch gluck unnd Hail. (...) "
A quoy respondit Pantagruel : " Mon amy, je n'entens poinct ce barragouin ; pour tant, si voulez qu'on vous entende, parlez aultre langaige. "
Adoncques le compaignon luy respondit : " Al barildim gotfano dech min brin alabo (...)
Dont dist le compaignon : " Signor mio, voi videte per exemplo (...)
Dont dist Panurge : " Lord, ilf you be so vertuous of intelligence,(...)

Adoncques dist Panurge : " Jona andie, guaussa goussyetan behar da erremedio beharde versela ysser lan da. Anbates, oytoyes nausu eyn essassu gourr ay proposian ordine den. Non yssena bayta fascheria egabe genherassy badia sadassu noura assia. Aran hondovan gualde eydassu nay dassuna. Estou oussyc eguinan soury hin er darstura eguy harm. Genicoa plasar vadu. "
(...)
Lors respondit Panurge : " Prug frest strinst sorgdmand (...)
Dont dist Panurge : " Herre, ie en spreke anders (...)
Dont dist Panurge : " Seignor, de tanto hablar yo soy cansado. (...).
Lors dist le compaignon : " Myn Herre, endog jeg med (...)
Adoncques, dist le compaignon : " Adoni, scolom lecha : im ischar harob (...)
Dont dist le compaignon : " Despota ti nyn panagathe, (...)
Donc dist le compaignon : " Agonou dont oussys vou denaguez algarou (...)
le compaignon dist : " Jam toties vos, per sacra, (...) "

- Dea, mon amy, dist Pantagruel, ne sçavez vous parler Françoys ?
- Si faictz tres bien, Seigneur, respondit le compaignon ; Dieu mercy, c'est ma langue naturelle et maternelle, car je suis né et ay esté nourry jeune au jardin de France, c'est Touraine.

- Doncques, dist Pantagruel, racomptez nous quel est vostre nom, et dont vous venez, car, par ma foy, je vous ay jà prins en amour si grand que, si vous condescendez à mon vouloir, vous ne bougerez jamais de ma compaignie, et vous et moy ferons un nouveau pair d'amitié, telle que feut entre Enée et Achates.
- Seigneur, dist le compaignon, mon vray et propre nom de baptesme est Panurge, et à present viens de Turquie, où je fuz mené prisonnier lorsqu'on alla à Metelin en la male heure. (...)
"


J'ai laissé en entier un des passages en langue "étrangère", c'est du basque.
Mais bon, on se demande pourquoi ces gens ont voulu parler françoys à cette époque, comme si ça avait quelque dignité par rapport au latin...
"C'est souvent ce qu'on ne comprend pas qui est intéressant. "
Dois-je considérer cette phrase comme intéressante ?
[quote=amenbroken]La délation et la fourberie existent depuis bien plus longtemps que la langue française, et il n'y a pas besoin de l'enseigner...
Vous avez raison, j'aurais dû écrire, plus précisément, que les rendre obligatoires sous l'autorité d'un enseignant leur donne une fameuse légitimité. Et préciser que cette déviance hypocrite est fréquente.
Tout à fait d'accord, sans oublier la chasse aux accents, aux patois, la transformation du français en langue écrite avant d'être orale..
Alors que l'article CXI de l'Ordonnance de Villers-Cotterêts contient pas moins de quatre tildes (dont deux, sur le « q » et sur le « e » qu'on ne saurait reproduire ici), le Tribunal de Grande Instance de Quimper a décidé que le petit Fañch, né le jeudi 11 mai 2017 à Quimper, serait privé de tilde.
D'accord avec Totorugo. En fait on touche là à un impensé du républicanisme des "Insoumis"
"Non, certes, elle n'est pas bâtie
Non, certes elle n'est pas bâtie
Sur du sable, sa dynastie
Sur du sable , sa dynastie
Il y a peu de chances qu'on
Détrône le roi des cons
Il peut dormir , ce souverain
Sur ces deux oreilles, serein
Il y a peu de chances qu'on
Détrône, le roi des cons ... "
( notre ami Georges )
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