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Commentaires

De Cousteau le tendre à Cousteau le tueur de bébés-cachalots

En 2015, tuer des requins ou faire sauter des récifs coraliens n'est plus anodin. Soixante ans après sa sortie, le réalisateur Gérard Mordillat revient sur le documentaire qui a révélé le commandant Cousteau, Le Monde du silence (co-réalisé par Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle). Un film "naïvement dégueulasse", où l'on tue et abime poissons et tortues, estime le réalisateur dans une chronique de Là-bas si j'y suis. Mais aussi un documentaire symptomatique d'une époque où les prouesses techniques de Cousteau intéressaient davantage que la préservation du monde marin, si l'on en juge les critiques du film de l'époque, retrouvées par @si.

Derniers commentaires

Merci à Coin-Coin+Faab+Gauthier pour ces tranches de rigolade.
GauthierR, le Hitler de l'orthographe, a été con-
damné à jouer au pendu à vie pour crime contre
l'animoté.
Oui, ces images de requins massacrés nous laissaient indifférents, à l'époque.

En revanche, on s'émouvait pour les sans abri et personne n'aurait pu imaginer que l'objectif recurrent de la politique économique pusse être de réduire la protection sociale ou de précariser les salariés, ou encore de baisser les salaires et les pensions...

Les bombardements au Vietnam jettaient des foules de manifestants dans la rue, alors que les drones "traitent leur objectif" sans émouvoir le moindre présentateur de JT...

Les maîtres d'école donnaient - horreur - des coups de règles sur les doigts et les enfants qui se battaient dans la cour de récréation prenaient une claque, mais n'atterrissaient pas au poste de police ou devant le juge.

Le salaire annuel de 450 000 euros (en 1989) de Jacque Calvet, PDG de Citroën, paraîtrait minable à ses actuels collègues de Cac 40...

En soixante ans le mail a remplacé le télégramme.

Nos motifs d'indignation aussi ont évolué...
Mon ami Gérard Mordillat, complice de mon frère Jérôme Prieur (depuis 1951), taille un short au commandant Cousteau. Il n'a pas entièrement tort, mais c'est une autre époque...

De plus, à part le bébé cachalot, et là c'est un accident, ils en sont un peu malades d'ailleurs, ils ne butent que des poissons idiots et des tortues, c'est à dire des reptiles !

Plus généralement et c'est là que le Gérard merde grave : Cousteau avec ses défauts et son côté militaire jugulaire-jugulaire a fait beaucoup plus de bien à la préservation de la nature et à sa connaissance que tous les petits écolos de salon.

Et c'est complètement con de l'oublier.

Je vais l'engueuler le Momo, mais il n'est pas facile, il se défend le bougre !

Par ailleurs le débat acharné sur la corrida m'a bien amusé, allez donc lire "Mort dans l'Après-Midi" d'Ernest Hemingway (avec le "Vieil Homme et la Mer" du même, puisque les poissons vous intéressent.)

Et revenez après pour l'interro sur table, vous direz (peut-être) un peu moins de conneries !

Participer activement à une société qui est enchantée d'acheter ses baskets laides et puantes et surtout pas chères, fabriquées par des enfants des pays pauvres qui crèvent d'épuisement dans les vapeurs de colle... Sans se poser de question sur "qui on est" et pleurnicher pour montrer son "bon coeur" devant quelques taureaux sacrifiés dans une vieille coutume, sans même savoir que le jour où la dernière corrida aura été courue la race des taureaux de combat s'éteindra immédiatement !

C'est démontrer, s'il en était besoin, le néant intellectuel et le degré zéro de réflexion des bonnes âmes militantes.

Je suis d'ailleurs très surpris que ces brillants sauveurs d'animaux auto-promus et commissaires-au-respect-des-règles-morales-qu'ils ont-inventées-tout-seuls n'aient pas encore interdit aux lions de manger les gazelles, les bébés zèbres et autres gnous qui ne demandent qu'à vivre, eux aussi ! Non seulement ils sont cons les Brigitte Bardot Boys, mais en plus ils n'ont pas d'imagination !

Et ils n'ont surtout pas les couilles d'aller faire chier les lions !

PG
Cousteau, c'est celui qui a rejeté la musique que lui avait composée François de Roubaix pour son film L'Antarctique.
Et ça, c'est réellement inexcusable.
Heureusement, on a enfin pu l'entendre sur un des volumes consacrés au compositeur, 30 ans après...
En guise de synthèse entre les pro et les anti- corrida, je propose que les abattoirs soient projetés sur grand écran sur les places publiques.
autant certaines images filmées à travers le plancher transparent de la cabine avaient fait mon bonheur, à l'âge de 16 ans (années 90)... autant j'ai le souvenir d'avoir tiré une tronche de six pieds de long, au moment où le Commandant annonce, tranquillou : « Nous décidons alors de pêcher à la grenade. »... (et aussitôt la surface de l'eau vue de la plage, après un « BOOM » étouffé, recouverte de poissons morts qui flottent : un vrai carnage)

mais si j'interviens ici, c'est avant tout pour recommander un petit roman génial - hélas trop méconnu - de Gérard Mordillat, " Comment calmer monsieur Bracke "
(un des trucs les plus drôles que j'ai lus de ma vie)

NK, l'invité d'Agnès
Comme tant d'autres, enfant, je n'avais pas vu le traitement, aujourd'hui indéfendable, fait aux animaux. J'avais quand même compris, un peu plus tard, que lui et son équipe pourrissaient un peu la tranquillité du monde sous-marin de leur présence et avec leur attirail. Cependant il est aisé de constater également que tous ces films sont construits autour de la personne du commandant Cousteau. De nombreuses séquences lui sont consacrées ou quand elles ne le sont pas il est nommé. C'en était devenu inregardable, on aurait dit des films de propagande de la grande époque soviétique, la couleur en plus. Quant aux avancées scientifiques, en tout cas celles qui étaient parfois évoquées elles ne paraissaient pas évidentes. Il semble que souvent elles ne sont que le prétexte à justifier et à financer un mode de vie qui lui convenait. Si c'est le cas tant mieux pour lui.
Au début de sa chronique, Mordillat vilipende: "Ce qui est assez amusant, c’est qu’il semble ignorer bâbord et tribord ; alors dans des scènes on le voit conduire le bateau comme si c’était un autocar : “Mettez la barre à gauche, mettez la barre à droite”… » "
Mon dieu quelle dent dure ce Mordillat! Et vlan sur la gueule à Cousteau.
Ouais... sauf que.
Sauf que dans la marine à vapeur, bâbord et tribord sont bannis depuis longtemps et même formellement interdits depuis 1987.
Alors du coup, Mordillat, son côté humour grinçant, ça fait plus dans le sarcasme que dans l'ironie.
Et comme disait du côté de chez Corto: "Tu voudrais être ironique mais tu n'es que sarcastique, et entre les deux il y a la même différence qu'entre un soupir et un rôt."
De là à disqualifier tout son propos, il y a certes un pas... ou pas.

Via Embruns, ici.
Ah, le regard des enfants d'aujourd'hui sur le passé, sur ce qui ne nous choquait pas ... les miens ont été horrifiés quand je leur ai parlé des cadeaux Bonux.
"- Quoi ? les enfants plongeaient leurs mains dans la lessive pour y trouver un jouet, alors que dans les lessives il y a plein de produits dangereux qui peuvent provoquer des allergies ou des intoxications ? ! Mais c'est n'importe quoi !! Il ne faut pas laisser la lessive à portée des enfants. Et ils se lavaient les mains et ils lavaient le jouet au moins ? "
- Euh ...
- Mais les petits ils devaient mettre le jouet à la bouche ?
- Bein, c'est à dire ....
- Et en plus, à ton époque, il n'y avait pas de ceinture à l'arrière dans les voitures ! "

Je suis une rescapée des temps préhistoriques. j'ai eu plus de chance que les requins et cachalots qui ont croisé Cousteau, mais ça tient à peu de choses.
Juger les attitudes du passé avec nos valeurs d'aujourd'hui est un exercice périlleux. Il est probable que nos "successeurs" auront également la dent dure envers nos propres comportements et nos propres valeurs. En vertu de la marche inexorable du progrès, chaque être humain se pense meilleur que celui qui l'a précédé dans le temps.
Contrairement à Bracam, je ne suis pas sûr que "j'aurais été profondément choqué déjà" il y a 60 ans, par ce qui me choque effectivement aujourd'hui. Comme je ne suis pas un surhomme ni un être parfait, j'aurais plus probablement réagi en fonction des valeurs qu'on m'aurait inculquées.
"pointer l'idiotie/ l'insouciance / le non-respect de la nature dans les mentalités de la génération précédente" ? C'est ce que fera à notre égard la génération suivante, qui rira en prime de notre fatuité.
Et ainsi de suite, bien entendu.
Eh oui à l epoque ont mettait l'humain au centre de tout, les animaux n avaient été créés que pour le servir (comme il est dit dans les livres religieux). Celà a bien changé aujourdhui, même si il y a encore du chemin à faire.
Je me souviens qu' enfant dans les années 60, mes parents me l avaient présenté comme un film écolo (même si le mot n était pas encore utilisé ).
Cousteau était un marin, et même un marin qui avait un bateau, et ce bateau était affrété par une compagnie pétrolière

http://www.nicematin.com/article/derniere-minute/francine-cousteau-le-commandant-serait-furieux.203622.html

Sensibiliser la population...on finit par se demander à quoi ça sert. Le fond des mers est une poubelle!
Le film d'Anderson, La vie aquatique de Steve Zissou, avec l'irremblaçable Bill Murray, montrait déjà, en même temps qu'un amour pour ce cinéma d'un autre temps, la nature ambigüe du personnage de Cousteau. Ces films parlaient plus d'aventure que de l'océan. Et ils parlaient plus de sa personne et de sa légende que de poissons ou de nature. Mais grâce à lui, beaucoup de gamins se sont passionnés pour l'océan. Comme quoi, d'un mal peut naître un bien.
Juger avec 60 ans de retard et avec le regard d'aujourd'hui un document(aire) quasi historique, et le clouer au pilori, est-ce que ça a un sens vraiment?
Aussi peu que le concert de louanges et les hagiographies de Cousteau qui accompagnèrent sa disparition.
Je crois me souvenir que la famille Cousteau était pourtant assez liée à divers consortiums industriels (Air Liquide?) et militaires.
Il me semble que le Canard Enchaîné avait en son temps écrit quelques articles piquants sur la famille Cousteau et le commandant lui-même.
Est-ce que "Fan de..." peut confirmer où infirmer?
Il n'en reste pas moins que le film et la technique qui l'a rendu possible restent remarquables malgré tout.
C'était aussi l'époque où les gentils cow-boys massacraient encore hardiement du sauvage et réécrivaient l'histoire dans les productions américaines.
J'ai très mal compris l'esprit de cet article . Doit-on vraiment classer une personne dans un camp ou un autre selon qu'on tue ou pas un requin . En tant que poisson rouge , je me suis fait courser , une fois , par un requin affamé ( et daltonien ) et je puis vous assurer que sa capture inespéré par l'homme au bonnet rouge m'as rendus possible ce modeste post .

Merci Jacques-Yves , te laisses pas faire , reste debout , ne t'asi pas . ( quel humour ! )
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