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Charlie : "Comment faire perdurer la bienveillance du 11 janvier ?"

Des minutes de silence, une cérémonie de naturalisation au ministère de l’Intérieur, des larmes, des baisers, des mots qui claquent comme laïcité, République, Apartheid : rarement médias et politiques ne s’étaient autant étourdis de symboles en tout genre. Mais au-delà de cette débauche de symboles, comment faire pour regagner ce que certains appellent "les territoires perdus de la République" où ont grandi les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ? Et comment faire pour que change le regard qu’on porte sur eux ? Pour en discuter, quatre invités : Jérôme Guedj, président socialiste du Conseil général de l’Essonne (91), Omar Dawson, militant associatif et investi dans la vie politique de Grigny (91), Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie dans un collège de Seine-Saint-Denis (93) et Samba Doucouré, journaliste pigiste.

Derniers commentaires

http://www.francesoir.fr/culture-medias/onpc-nicolas-bedos-fait-ses-adieux-aymeric-caron-video
Mon très cher ami !

J'étais sûr que vous ne répondriez pas à ma question !
Tout simplement parce que vous n'avez pas de réponse appropriée ...
Une grande campagne de stérilisation des racistes permettrait de libérer des places pour ces immigrés qui sont notre avenir.
Mes très chers amis !

Tous les gens bien-pensants connaissent, évidemment les solutions ... Dans le désordre : stopper l'immigration de masse, renvoyer au "bled", le fauteur de troubles, supprimer, mes amis, le droit du sol, qui est insupportable, arrêter le regroupement familial ...

Bref, mes amis, que des idées que nous avons tous, et que, malheureusement, nous devons rappeler constamment !
Dans les années 30 face aux attaques anti républicaines de plus en plus virulantes, les gens ont réagit en créant le front populaire.

Je pense que cela répond à la question initiale : comment faire perdurer la bienveillance ... => créer un nouveau front populaire.
http://gauchedecombat.net/2015/03/03/au-front-de-gauche-aussi-nos-candidats-devraient-etre-exemplaires-dep2015-fdg-antifa/
sur Médiapart (abonnés malheureusement) ou dans Medium n°43
Amedy Coulibaly : ses étranges liens avec un producteur financé par l'ambassade américaine
http://attentatsdeparis.over-blog.com/2015/02/amedy-coulibaly-ses-etranges-liens-avec-un-producteur-finance-par-l-ambassade-americaine.html
en 6ème des élèves ne savent ni lire, ni écrire ni compter
ils sortent du collège c'est pareil;
????????????????????????????
pourquoi ma génération celle du babyboom, à la sortie du
primaire, les élèves savaient écrire, lire et compter ?
qu'est-ce qui a changé ?

foutez la paix aux musulmans SVP;
c'est une religion commes les autres;
mn de silence ou pas, Charlie ou pas:
ce n'est pas important tout ça, non ?
j'ai des proches plutôt agés qui ont dit du massacre à Charlie ils
l'ont cherché; beaucoup de personnes pensent cela;
cela veut dire que maintenant la pensée unique a fait de terribles dégâts
et ça continue;
le positif de tout cela c'est qu'un élément fédérateur est apparu et c'est très
important dans la période de vide que nous vivons
C’était il y a très longtemps, c’est-à-dire plus de trois semaines. On entendait alors en boucle : « Rien ne sera plus comme avant ». Les rassemblements de masse que nous avons connus en France début janvier ont eu une vertu cathartique. Les participants se sont rassurés collectivement plus qu’ils n’ont témoigné d’une volonté de changer vraiment la vie. Aujourd’hui, des hommes politiques expriment leur impatience de passer à autre chose. Les débats autour du mot « apartheid » marquent à cet égard une diversion significative. Des attitudes de déni des réalités ou de transfert de responsabilités se manifestent également. Des commentaires sans nuances continuent à alimenter la spirale de la haine, tandis que beaucoup s’en remettent aux représentants qu’ils n’ont pourtant cessé de dénigrer depuis des mois. D’émouvantes références à l’école républicaine remplacent aussi pour un temps les attaques diverses qui l’ont souvent accablée. Ceux qui ignorent son fonctionnement deviennent des prescripteurs zélés de remèdes incertains. Le recours à la bienveillance - qui ne préserve pas de la démagogie - est tout à coup avancé comme une panacée, ce qui laisse donc supposer que la malveillance était jusqu’ici de règle. En fait, on attend juste que l’école résolve des problèmes qui la dépassent quitte, en toute incohérence, à entraver dans le même temps son fonctionnement.
Les difficultés économiques et sociales avec, notamment, le chômage et l’accroissement des inégalités frappent des populations dont on ne prend pas assez en compte la grande diversité. Elles sont renvoyées à leurs origines, qu’elles revendiquent parfois dans un comportement de repli sur une appartenance urbaine, ethnique, sociale, religieuse. Dans une situation de souffrance dont l’économie souterraine est l’un des symptômes, elles sont particulièrement vulnérables à l’instrumentalisation de fragments de croyances. Bien sûr, la situation que l’on connaît au Moyen- Orient alimente ces tensions. Un discours seulement victimaire serait stérile. En revanche, quelques perspectives positives restent entrouvertes à moyen terme, si l’on réaffirme des repères comme l’Etat de droit, la laïcité, la solidarité, à moins que l’on s’en tienne une fois de plus à la politique de l’autruche, au risque d’en subir davantage les funestes conséquences.
Comme je vais être lu par des prof, pour être pris au sérieux je corrige mes fautes d'orthographes !!

Merci Daniel pour ce débat bien mené. heureusement que Samba Doucouré est là, avec Omar c'est le seul à comprendre les ados !!!

INCROYABLE !!! les français sont devenu fous, Samba Doucouré dit le BA-A-BA, un enfant a besoin de dialoguer, il n'est pas totalement responsable de ce qu'il affirme, il imite ses parents, l'école est faite entre autre pour apprendre par le dialogue !!!

Si les Guedj et CIE continuent ainsi a vouloir sanctionner des enfants et brandir systématiquement la loi sur tout ce que les enfants disent ou font de travers, on sera envahi de terroristes potentiels d'ici une petite dizaine d'années !!!

Le problème de l'école est pour moi le dialogue, il est souvent sanctionné ou ridiculisé ou répondu avec condescendance. Je me souviens élève avoir parfois de la bonne volonté et avoir agacé un prof pour lui avoir simplement posé une question ... Les réponses sont souvent abstraites, fuyantes, ou non maîtrisés lorsque les enfants agissent plus pour exister ou questionner l'autorité voir la tester ...

laissez tomber les CMP ils sont SUR SATURES !!! 500 Malades pour un psychiatre à Crest !!!
Merci Daniel pour ce débat bien mené. heureusement que Samba Doucouré est là, c'est le seul à comprendre les ados !!!

INCROYABLE !!! les français sont devenu fous, Samba Doucouré dit le BA-A-BA, un enfant a besoin de dialoguer, il n'est pas responsable de ce qu'il affirme, il imite ses parents, l'école est faite pour apprendre entre autre par le dialogue !!!

Si les Guedj et CIE continuent ainsi a vouloir sanctionner des enfants et brandir systématiquement la loi sur tout ce que les enfants disent ou font de travers, on sera envahie de terroristes potentiels d'ici une petite dizaine d'année !!!
Bonjour,

Je suis professeur de mathématiques, et je ne sais pas comment gérer un débat politique en classe.

Comment faire lorsque des élèves refusent de séparer les évènements récents de la politique de la nation ?

Comment encadrer en classe, par exemple, un débat sur le lien entre la violence fanatique et le soutien français à des régimes comme celui de l'Arabie Saoudite ?

Des suggestions ?
J'ai pas l'impression que quiconque ait fait un commentaire sur le nouveau look d'Anne-Sophie Jacques.
Je vais peut-être me faire mal voir par les féministes de service, mais voici le mien :

. . [large]Woooohhhh !!!!!![/large]
.
Et "islamophobie", ça lui arracherait la bouche à Guedj ?!
Je vois qu'il a Jérôme Guedj ... Va falloir que je prenne sur moi pour suivre l'émission.
Faut-il remettre en cause la version officielle des évènements ?
Pas forcément, mais il y a tout de même 3 éléments troublants peu médiatisés qui mériteraient une enquête indépendante avec de vrais journalistes :

1) Dans une vidéo amateur de l'assaut à Vincennes diffusée par France3, on voit assez clairement que Amedy Coulibaly ne tire pas, il avait les mains attachées et un fusil en bandoulière lorsqu'il a été abattu par les policiers.

2) Témoignage du journaliste de BFM sur la prise d'otage de Vincennes, il est accusé d'avoir mis en danger les otages en indiquant sur BFM qu'un otage s'était caché dans la chambre froide. Il dit : "Je ne veux pas vous parler, je me suis fait dézinguer par tout le monde, y compris Arrêt sur images. J'ai fait une liste. Le jour où je vais expliquer ce qui s'est passé, tout le monde va se sentir complètement con". Ainsi que : "Je sais qu'il y en a qui vont se faire bouffer les couilles. Je ne veux pas en rajouter, vous faites votre boulot, j'ai fait mon boulot. Je fais gaffe à tout, je sais ce que je fais. Je sais qu'il [l'otage, ndlr] était parfaitement en sécurité".

3) Le commissaire Helric Fredou, qui enquêtait sur Charlie Hebdo, a été retrouvé "Suicidé" le soir même avant de rendre son rapport. Dans une enquête faite par un journaliste indépendant, sa soeur temoigne : "Mon frère était chez lui ce soir-là et comme il était de permanence, ils l'ont appelé et il est venu au commissariat vers 23h30… La journée avait été très tendue selon ses collègues…. Des policiers de Paris étaient présents dans la soirée… Il devait rédiger un rapport mais il y a eu des frictions, je ne sais pas sur quoi… Il leur a dit qu'il devait passer de toute urgence un coup de téléphone et comme ils ont vu qu'il ne revenait pas, un collègue est allé le chercher à son bureau et l'a découvert mort"

Plus d'info ici
J'aimerais rajouter qu'aucun journaliste de "Charlie"n'est allé à l'enterrement de Frédéric Boisseau mais lui aussi est un sans dent.
J'ai beaucoup aimé les interventions de Samba Doucouré, un peu moins (mais pas mal) celles de Omar Dawson, et je n'ai pas du tout aimé celles des deux autres invités. Ces derniers sont pétris de certitudes et ont visiblement une haute opinion d'eux-mêmes et une bien piètre des autres. D'ailleurs il aurait fallu rappeler à Iannis Roder que Samba Doucouré n'est pas son élève et qu'il n'a pas à lui faire la leçon.
Sur les quatre invités, deux ont visiblement vécus dans un quartier sensible, sont issus de l'immigration comme on dit et ont reçu un certain regard de la société. Ils ont une vision très juste. Ce n'est pas le cas de MM. Guejd et Roder qui devraient apprendre à se remettre en question.
Et Guedj parle trop, c'est insupportable.
J'ai été horrifiée par le début de l'émission!on demande à des profs de dénoncer leurs élèves!et certains l'ont fait!cela me rappelle les heures sombres de la France!

Les français ont manifesté pour le droit à la liberté d'expression!Quelle est la réponse de Valls,la restriction des libertés;plus d'armée et de contrôle!C'est notre société qui fabrique des monstres tels les 3 "tocards"qui ont assassiné.Plutot que de chercher à punir,à régenter,il faudrait guérir
Rien que d'avoir mis le mot bienveillance dans le titre! dans notre société brutale méchante, je dis bravo. J'ai trouvé les intervenants intéressants,et savoir ce qui se passe dans une classe ou une commune, ça m'apprend beaucoup(.Message naïf puiqu'il ne critique pas!)
Tentative d'explication et de solution sur le Monde Diplo (et c'est "vieux" : 2005)
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/FELOUZIS/13004
bravo Daniel
bonne émission
« Prof-doc ! Prof-doc prof-doc ! Prof-doc ! ». J'ai l'impression qu'on découvre l'éducation aux médias : il existe dans chaque établissement du secondaire (collège + lycée), un professionnel expert en ce domaine : le ou la professeure-documentaliste. Oui, la dame du CDI n'est plus, elle est devenue une prof à part entière, titulaire d'un concours de l'enseignement, le CAPES de documentation au même titre que les enseignants de discipline ont un CAPES dans leur matière. Elles (nous sommes très majoritairement des femmes) accueillent et animent plusieurs heures par semaines des cours. Des cours de quoi, me demanderez-vous ?? Des cours d'info-documentation où l'on apprend aux élèves à se repérer dans le web, et à exercer son esprit critique envers les médias : à discerner une information d'une communication, à distinguer une rumeur d'une info, à faire de la lecture d'images, à réfléchir à son identité numérique avant de publier sur les réseaux... Ces heures ne sont pas « obligatoires » car elles ne sont pas – pour l'instant – inscrites comme telles à l'emploi du temps de l'élève, mais elles ont lieu sur le temps d'un cours avec l'enseignant disciplinaire qui amène sa classe au CDI. Les situations sont donc très variables selon les établissements mais les référentiels de compétences et les missions de notre profession sont clairement connus et nous avons un corps d'inspection qui travaille à les valoriser.

Pour ma part, je trouve désolant de voir que certains collègues ne maîtrisent pas les bases, et les connaissances pour discuter et transmettre les valeurs républicaines. Si cela ne s'est pas construit lors de notre parcours scolaire et universitaire, il peut se construire au quotidien en ouvrant ses oreilles, ses yeux. Avant d'être un prof de maths, un prof est d'abord un citoyen (qui s'est engagé en préparant le concours d'enseignement à accompagner les élèves vers leur future citoyenneté). Chaque prof devrait avoir sinon les bases du moins l'appétence pour ces débats...

Je suis aussi surprise que, lorsque vous abordez cette thématique d'éducation aux médias, vous ne pensiez pas à inviter un membre de cette profession, ou ne mentionniez même pas ses missions.
Malaise.

Ce débat part d'un a priori implicite, jamais formulé. Dans une émission précédente, il avait été affirmé que les crimes du 7 janvier étaient inexplicables. Force est de constater que depuis, l'explication semble être devenue évidente, à tel point qu'il est inutile de la formuler: La cause serait sociale, imputable à trois individus isolés qui se seraient marginalisés, radicalisés simplement du fait de leur détresse sociale.

Or voilà. L'attentat de Charlie a été revendiqué par Al Qaïda, ce de manière crédible, manifestement préparé et organisé de longue date. Les noms de Charb et Charlie figuraient depuis longtemps sur l'agenda de cette organisation. Ce n'est donc en rien le fait d'individus isolés mais bien un acte de guerre.

Si l'on veut réfléchir sainement à l'après Charlie et en tirer les conséquences, ne devrait-on pas tout d'abord s'interroger sur les enchaînements causaux. Ne faudrait-il pas plutôt regarder du côté de la politique internationale ?

Trop compliqué ? Trop douloureux ?
A 17 minutes d'émission, on a déja un clivage entre un discours qui tente de faire face à une certaine réalité (il existe un assentiment à différents degrés des meurtres de Charlie) et un autre discours dont semble faire partie DS, va argumenter pour minimiser ou banaliser cette horrible réalité. Exemple: le nombre d'incidents rapportés par l'éducation nationale sur la masse des totales des élèves. Résultat... presque rien: 70 sur des milliers... raisonnement totalement érronné. Toute personne un peu au fait de ce qu'est un système de déclaration d'incidents sait que évidemment, les incidents déclarés ne représentent que le haut de l'içeberg. C'est ce que tente d'expliquer le prof: qu'est-ce qu'un incident et pour qui? Lui, il a eu à faire avec au moins 50 élèves ne condamnant pas les attentats. Pas suffisant pour dire qu'il y a un problème..!!! DS se met de façon haurrissante à dire que dans le huis clos de la classe, c'étaient des "discussions". Alors pourquoi les méchants profs ont balancé à la police... Et voilà notre prof, obligé de se défendre , de clarifier encore une fois les choses... Et le député obligé de rappeller qu'il y a une loi.

Desespérant... Je vais essayer de voir le reste de l'émission mais je crains que déja les rôles soient distribués.
C'est bien, tout ça... mais ça me paraît être beaucoup de bavardages, surtout de la part du politique (évidemment, il se croit élu pour ça)...
Au début, j'ai pensé que les gens présents demandaient (en même temps que le gouvernement) aux profs de remplacer les parents dans l'éducation de leurs mômes... alors que ce sont les parents qu'il faut éduquer...
Je me souviens qu'à Paname, dans mon quartier branché, je voyais souvent des jeunes couples installés à la terrasse des cafés (avec connexion wi-fi), chacun penché sur son ordinateur portable, et le môme dans sa poussette, à côté, sur le trottoir, gênant le passage des mamies encombrées de retour du marché. J'imagine qu'actuellement, ils ont tous les trois cinq ans de plus et qu'ils pianotent sur leur Iphones, avec peut-être une autre poussette sur le trottoir...

Notre société n'est pas bienveillante. C'est plutôt l'inverse. Ca l'fait de guetter le moment de faiblesse de l'autre, et de le bâcher plus ou moins violemment.
Tout est prétexte à commentaires désobligeants : trop gros, trop maigre, trop effeminé, trop masculine, va te faire f.. avec ton voile, t'es trop conne, y'a qu'à pas leur faire l'école, l'homme africain n'est pas entré dans l'histoire...
Société de porcs-épic aux piquants acérés, trop entassés les uns sur les autres ;o((... avec les riches enfermés dans des ghettos où on ne veut pas voir les pauvres...
C'est effarant de constater que les enseignants ne voient pas la contradiction d'imposer une minute de silence au nom de la liberté d'expression! Ils ne cessent de de rengorger en disant qu'ils sont là pour former des citoyens ayant l'esprit critique alors qu'ils ne veulent qu'en faire que des singes savants!
Ils ne cessent de parler laïcité en appliquant des lois laïcides , ils affichent les droits de l'Homme sans les avoir lus pire sans les appliquer.
L'école est un lieu où la liberté d'expression, où les droits de l'Homme ne sont pas appliqués.

Le symbolisme n'a qu'une utilité: cacher la merde sous le tapis.

Nous nageons en pleine novlangue, en plein big brother.
La liberté d'expression a l'école?
Eh bien non, ce n'est pas le lieu.
Votre réponse est édifiante!
L'école est faite pour apprendre, et apprendre ça veut dire se forger un esprit critique.
Souvent les mineurs, manquant encore de sur- moi, disent n'importe quoi, se traitent de sale juif au lieu de sale con, si,si, Mondieur desbois, la liberté s'apprend.
Apprendre et se forger un esprit critique sont deux choses différentes!

si la liberté s'apprend , ce n'est hélas pas à l'école.
Eh bien si, RD, on apprend en s'opposant.
L'interdit suscite le désir.
Faut réapprendre les fondamentaux!
L'opposition n'a rien à voir avec l'esprit critique.

"L'interdit suscite le désir"

C'est bien une phrase de bourgeois judéo chrétien!

Vous reconnaissez vous dans cela vous?
Puisque vous ne savez pas échanger sans prendre a partie: quand on veut interdire l'IVG aux femmes et qu'on prône " l'apprentissage de la liberté a l'école"????, c'est juste me semble- t-il et pour rester polie, qu'on a un petit problème avec le sens des mots et la cohérence intellectuelle.
Ca c'est de l'argument hein? La liberté d'opinion c'est quand ça vous arrange n'est-ce pas?
Je vous invite à réfléchir sur cette phrase:
"Ma liberté de tuer s'arrête à votre droit de vivre"

Hou la la quel méchant fasciste fais-je là!

Novlangue, novlangue....
D'autres confondent pistolets à eau et kalachnikov.
"C'est effarant de constater que les enseignants ne voient pas la contradiction d'imposer une minute de silence au nom de la liberté d'expression! "

Si, si, on peut être prof, voir la contradiction, ne pas savoir la résoudre, et imposer la minute de silence à ses élèves.
Faut pas forcément nous prendre pour plus con qu'on ne l'est.
L'acte d'enseignement est paradoxal en soi, et une loi qui parle de liberté d'expression est paradoxale en soi : c'est ça le truc !

Cela dit, vous parlez de la minute de silence suite à Charlie Hebdo j'imagine.
C'était une minute de silence en hommage aux victimes. Voir le communiqué du ministère de l'éducation

Pas au nom de la liberté d'expression.
On fait des minutes de silence en hommage à des gens, pas à des idées.
Elle est où la pédagogie?

Je ne prends pas les enseignants pour des cons, j'en ai rencontré beaucoup qui l'étaient!

Que ce soit en hommage aux victimes ou pas, le fait de l'imposer est en totale contradiction avec la libre pensée, le libre arbitre, la liberté d'opinion!

Pas étonnant que les gosses ne respectent plus les adultes! L'autorité , le respect ça ne s'impose pas, ça se mérite!
Oh là là, tout de suite les points d'exclamation partout.

Tout au long de sa vie d'élève, un élève n'est jamais un individu libre et ne dispose que d'une très petite liberté d'expression :
- il est soumis à l'obligation de recevoir une instruction qu'il n'a pas librement choisie avant de la recevoir.
- Il est contraint d'aller en cours si ses parents ont choisi que cette instruction soit dispensée à l'école par des professeurs.
- Il est contraint de suivre TOUS les cours et pas seulement ceux qu'il choisit.
- il doit se soumettre au règlement intérieur de l'école sur lequel il n'a aucune prise jusqu'au CM2 ( on ne lui demande jamais son avis et il n'élit pas de représentants) et ses représentants sont en nombre tout à fait insuffisant pour que leur voix compte lorsqu'ils votent l'adoption du règlement intérieur en conseil d'établissement ou d'administration ( de la 6ème à la terminale) : par contre, il doit signer et respecter ce règlement.
- il est éventuellement consulté concernant son orientation, si les profs et ses parents souhaitent le faire, mais légalement des tas d'adultes peuvent prendre des décisions le concernant sans jamais lui demander son avis.

... alors, avec tout ça, vous pouvez considérer que le problème c'est ce qui a été imposé pendant 60 secondes ( se taire pour rendre hommage aux victimes d'une fusillade).
C'est la troisième fois dans ma vie professionnelle que je suis en situation de faire faire une minute de silence à mes élèves et à chaque fois cela me met mal à l'aise parce qu'à titre personnel je suis dubitative sur cette forme d'expression collective du deuil ou de la compassion.

Mais je ne pense pas leur manquer davantage de respect pendant ces 60 secondes-là que tout au long de l'année :
- en les ayant par 30 dans une classe avec une hétérogénéité ingérable qui me pousse à avancer à un rythme qui ne convient ni aux plus fort, ni aux plus faibles et ne permet pas aux moyens de sortir de leur moyenne,
- en leur prétendant que ceux qui travaillent bien s'assurent un avenir alors que je sais que c'est faux,
- en leur faisant des cours d'éducation civique où j'énonce des grands et beaux principes en sachant qu'ils ne sont pas appliqués dans la vraie vie

Si les élèves savaient, par l'expérience, que l'école leur assure un avenir enviable ( et pas seulement professionnellement), ils la respecteraient forcément : ils sont moins libres que les adultes mais pas plus idiots.

Le vrai manque de respect de notre société envers les enfants, c'est de leur demander de respecter une école que la société ne respecte pas ( puisqu'elle ne lui donne pas les moyens de faire du bon boulot),

...et aussi de croire que tous les élèves manquent de respect à l'école et à leurs professeurs : je suis dans le 94 et il n'y a aucun problème de respect dans l'établissement où je suis. Gare aux caricatures, donc, quand elles ne sont pas le fruit de la liberté d'expression mais celui de la généralisation qui stigmatise certains élèves et les professeurs.

Franchement, depuis le 9 janvier on dirait que des tas de gens découvrent qu'il y a des problèmes et ils arrivent avec leur toute récente découverte pour faire des discours pleins de bienveillance ou de bon sens, croient-ils, qui commencent à sérieusement me gonfler.
Il y a des gens, et je crois qu'on est nombreux ici, qui depuis 20 ans se prennent dans la gueule toutes les décisions les plus stupides en ce qui concerne l'éducation, venues de la droite comme de la gauche, avec toutes pour conséquence de rendre à chaque fois les choses un peu plus difficiles et de prendre un peu plus les gamins et leurs profs pour de la marchandises et des pions sur le plateau d'un jeu dont les règles changent par un claquement de doigt ...
je trouve que malgré tout, vu les conditions dans lesquelles on bosse, ce à quoi on arrive, bine que franchement pas glorieux, c'est très au-dessus de ce qu'on aurait si on n'y mettait, pas nous, beaucoup de respect envers nos élèves et notre fonction.

Si ce sont des exemples que vous voulez, vous n'avez qu'à demander, et vous verrez que ce fil sera la plus fourni du forum vu le nombre de profs abonnés à @si ...
" en leur prétendant que ceux qui travaillent bien s'assurent un avenir alors que je sais que c'est faux"

euh cela leur donne plus de chance pour réussir, tout de même ...

Les métiers les plus pénibles physiquement et les plus contraints sont les métiers qu'on réserve pour les moins diplômés.
ça leur donne plus de chances de pas devenir complètement stupides et incultes, pas plus de chances de réussir, non
Ce que vous dites est vrai Kithy, mais il n'en demeure pas moins qu'on peut faire un parcours scolaire honorable et ne pas trouver de boulot correct.
Ceux qui travaillent beaucoup et bien mais partent de loin parce que leur famille n'est pas en mesure de leur apporter ce sur quoi ils seront jugés et que l'école ne leur apporte pas ne s'assurent pas un avenir : ils augmentent leur chance d'ne avoir un, mais ne l'assurent pas.
Ce serait bien de ne pas parler de "les enseignants" comme s'ils appliquaient tous la même chose et avaient les mêmes idées.
Pour rappel les enseignants n'ont imposé aucune minute de silence. Elle a été décidée par le Président, demandée par la Ministre, imposée par les recteurs aux chefs d'établissements qui ont eux mêmes relayé la parole d'en haut.
C'est une minute de silence qui a eu lieu à midi. A l'heure où un établissement scolaire est le moins silencieux de la journée. A l'heure de la cantine, de la file d'attente, de la sortie des classes.
Dans mon lycée, les profs étaient très réticents à la faire faire aux élèves en prévision des troubles pratiques et idéologiques que cela allait causer. Mais la proviseure a répondu que c'étaient les directives d'en haut et que le rectorat lui mettait une pression monstre pour qu'elle nous mette la pression.
C'est très juste et hélas on n'a pas donné la parole aux enseignants qui trouvaient cela pas très pédagogique.

Est-ce que expliquer aux élèves que les enseignants eux aussi ne sont pas libres serait subversif?
Ca dépend probablement de l'âge des élèves.

Mes élèves ont tous moins de 11 ans.
Avec les " + de 8 ans" j'explique régulièrement ce que sont les instructions officielles.
Avec les " - de 8 ans", non, j'accepte d'incarner ces instructions, sans faire percevoir à mes élèves que je suis à la fois une personne et une fonction et qu'il y a parfois un peu de schizophrénie là-dedans.
d'accord sur mes doutes pour la minute de silence, dans ce cas comme dans tous les autres. Pour ma part, il n'y en a qu'une que je n'ai pas pu esquiver, le jeudi soir, au théâtre, et je me suis un peu sentie prise en otage qu'on m'oblige de partager ma peine, ma hargne, ma douleur, mon désarroi avec d'autres personnes. J'ai hésité à aller à la marche le 11 pour cette raison, mais l'atmosphère était différente, pas dans le deuil.
Quand j'ai à en faire en classe, en général, quand je sais que j'ai des élèves intelligents en face de moi, je leur donne le droit de faire une pause à ce moment-là, et de respecter ceux qui souhaitent la faire. Et moi je fais autre chose, de façon neutre. Parce que je suis contre le principe de la minute de silence.
Ca m'arrive de leur dire aussi ce que l'administration m'oblige à faire faire - toutes ces choses que je ne fais généralement pas, et tous mes chefs le savent. J'applique quotidiennement mon droit à la désobéissance, et celui que ça gêne, je peux lui expliquer pourquoi.
" Pour rappel les enseignants n'ont imposé aucune minute de silence. "

Encore une fois, ça dépend de l'âge des élèves ... en primaire et au lycée les questions ne se posent pas de la même manière.
Ce que je veux dire, c'est que les profs ont été, comme souvent, le dernier maillon d'une chaine de commandement. Au lycée comme en maternelle. Imposer cette minute de silence à chaud dans l'émotion donc sans aucune réflexion pédagogique collective, la voilà l'absurdité...
je propose de raccourcir les minutes de silence à trente secondes pour les ados.
Ils ne savent plus compter jusqu'à soixante ?
et quinze secondes dans le primaire, un quart d'heure dans les maisons de retraite.
[quote=Romain Desbois] ils affichent les droits de l'Homme sans les avoir lus pire sans les appliquer.
L'école est un lieu où la liberté d'expression, où les droits de l'Homme ne sont pas appliqués.

Grave c'est vrai. La preuve : la déclaration est ici (legifrance.gouv.fr quand même, je me fous pas de vous)


Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Alors même que les profs ils font rien qu'à nous coller des notes et dire untel c'est le premier, mention toussa, et untel c'est un gros naze.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Une fois, j'ai convaincu quelques potes de faire une belote avec moi après le lunch. Notre groupe s'est fait dissoudre par le pion pas content qu'on sèche l'étude. Scandaleuse attente à notre liberté politique.

Art. 3. Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Et donc je demande, qui donne l'autorité au prof de math ? J'ai pas souvenir que la classe ne vote en début d'année pour lui attribuer les pleins pouvoirs.

Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Et donc quand je préfère dormir le samedi matin plutôt que d'aller faire 2 heures d'EPS (eeeek, cross-country dans la boue :-( ), je ne nuis à personne. Liberté !

Art. 5. La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.
Qu'on me montre la loi qui dit que je n'ai pas le droit d'écrire sur la table avec mon crayon de papier pour ne pas abimer le mobilier : "Madame Michu, elle a des gros lolos". C'est pas de la diffamation, c'est vrai, j'ai une vingtaine de noms qui pourraient témoigner.

Art. 6. La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Vous avez déjà mis le nez en salle des profs ? J'ai tenu 12 secondes, mais parce que je cours vite. Je suis libre, je veux aller où je veux. Scandaleux.

Art. 7. Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance.
Cours d'histoire, avec un pote on se rejoue le sketch des inconnus. Louis croix-V-baton, tout ça. Le prof nous fous une heure de colle. Je proteste, demande un habeas corpus. Il me répond qu'on n'a pas de ça chez nous et me rajoute une heure.

Art. 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Avant mon passage, le réglement intérieur ne précisait pas qu'on n'avait pas le droit de ramener les phasmes de la salle de bio et de les déposer dans la salade du réfectoire. J'ai quand même pris cher.

Art. 9. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
Jamais eu droit à un procès équitable avant une retenue

Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Vous vous souvenez de vos cours de musique ? Vous avez déjà dit "madame, je trouve que la flute, ça pue du bec" ? Ca passe moyen. Pourtant, j'ai dit "je trouve", c'est une opinion et pas une affirmation.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Qui ne s'est pas pris la honte parce qu'il s'est fait choper en train de passer des mots à sa voisine, sérieux ?

Art. 12. La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Une fois j'ai demandé au pion pourquoi les profs, ils font pas la queue pour le réfectoire, et de leur demander gentiment de ne pas passer devant ceux qui attendent depuis 1/2 heure. Rien. Les puissants sont au dessus des lois du peuple.

Art. 13. Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Ah ça, rien à dire, quand je mange un chewing-gum en classe, il faut que j'en file à tout le monde. Par contre c'est pas souvent que j'en reçoit en retour.

Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
"Madame, c'est quand même moi qui paye votre salaire avec mes impôts". "Occupe toi de tes miches et viens plutôt nous expliquer le problème au tableau". Ca se passe de commentaires.

Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.
Quand vous vous prenez une sale note, ça sert à rien de demander au prof si lui, quand il était jeune ("au temps des dinosaures" huhuhu) il faisait ses dictées toutes parfaites. Silence total. Ah si une fois le prof de philo il nous a répondu. Certaines choses, il vaut mieux ne pas savoir.

Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.
Le réglement intérieur, c'est de la merde.

Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.
Quand la prof m'a pris mon walkman (oui, j'étais jeune il y a longtemps...), j'ai toujours pu courir après ma "juste et préalable indemnité"...


Voilà, je crois que c'est clair. L'école, c'est le bagne, nos droits les plus élémentaires y sont trainés dans la boue. C'est sans doute pour ça que les élèves sont si pressés que ça se termine. Pour enfin pouvoir rentrer dans le monde du travail et être libre comme l'oiseau...
Très marrant JC2 si vous êtes enseignant, j'en frémis de lire le résultat de vos réflexions!

Cependant intéressez vous à ces deux articles suivants , non pas de la déclaration de 1789 qui n'a pas à être le préambule d'un état laïc (être suprême) mais de la déclaration de 48 signée par tous les états siégeant à l'ONU.

http://www.un.org/fr/documents/udhr/#a18

Expliquez moi comment la loi sur les signes ostentatoires présentée par les enseignants à leurs élèves comme l'application de la laïcité est conforme à cet article?

http://www.un.org/fr/documents/udhr/#a19

Expliquez moi comment cet article est respecté à l'école aujourd'hui, au regard des actes meurtriers actuels?


Pour répondre à votre dernière phrase, je reconnais être influencé par ma propre expérience scolaire; oui je me suis senti beaucoup plus libre le jour où je suis enfin sorti de cette prison qu'était pour moi l'école et ses gardes chiourmes chargés de me laver le cerveau .
Esprit critique? Quand un élève peut-il l'exercer à l'école?
oui je me sens plus libre depuis que je travaille, bien plus libre qu'à l'école.
Et avec le recul , quand je constate le nombre de mensonges, de conneries, de choses inexactes, de propagande historique souvent par omission d'ailleurs que l'on a essayé de m'inculquer, je n'ai aucune reconnaissance, ni nostalgie à avoir.

PS: ha si déjà les enseignants commençaient par ne pas dire aux élèves que l'école est obligatoire. Gros mensonge qui n'a de but de faire croire aux gosses voire aux parents qu'il n'y a pas d'alternative possible à ce système carcéral et manipulateur!
" PS: ha si déjà les enseignants commençaient par ne pas dire aux élèves que l'école est obligatoire. Gros mensonge qui n'a de but de faire croire aux gosses voire aux parents qu'il n'y a pas d'alternative possible à ce système carcéral et manipulateur! "


Ah, bein, moi je commence toujours la réunion de rentrée par ce rappel.... Qui ne donne aucune liberté particulière, mais au contraire contraint encore plus les familles, puisque ça revient à leur dire qu'ils n'étaient pas obligés de venir ici, et que, par conséquent, s'ils sont venus, c'est en probablement en parfaite connaissance de cause et qu'ils sont libres à tout moment d'aller voir ailleurs si ça ne leur convient pas.
Vous, voyez, le même argument pourrait prouver qu'on est encore plus totalitaire que ce que vous dites !
Je préfère votre façon de faire bien plus honnête.
Faudrait savoir : personnellement, je prône la règle de la liberté totale, et en plus je n'ai que des + de 16ans (oui, cette règle-là ne marche pas du tout avec les plus petits) qui ne sont pas obligés d'aller à l'école.
Mais beaucoup ne cautionnent pas ce que je fais, même certains élèves me demandent plus de cadre ; je refuse, je leur dis qu'il faut qu'ils apprennent à être autonomes et à savoir ce qu'ils veulent, qu'ils arrêtent de travailler pour les notes, de venir en cours par peur des représailles des cpe et de leurs parents. Clairement, ceux qui aiment sont nos futurs frondeurs, ceux qui n'aiment pas sont ceux qui s'intégreront très facilement à la société de consommation capitaliste.
D'un autre côté, on nous dit qu'il faut les encadrer, les éduquer, leur imposer des trucs, parce que c'est pour leur bien. Perso je ne pense pas, mais je suis bien contente qu'il y ait plein de profs qui ne font pas comme moi et qui leur apprennent à dire bonjour et au revoir, et à travailler un minimum pour que leur niveau augmente....
Leur apprendre a travailler de manière autonome, c'est bien.
Leur laisser une totale liberté, c'est ne pas leur fixer de limites et les laisser dans l'angoisse.
Le laxisme de la part des adultes envers les enfants et les ados s'avère contre- productif. Je me suis toujours aperçue, avec mes propres enfants par ex, qu'ils aimaient les profs qui expliquaient et reexpliquaient( étaient donc a l'écoute de leurs questionnements) mais qui étaient intransigeants avec la discipline. Sans cela, ils décrochaient immédiatement et se mettaient eux aussi a bordeliser les cours, pour pas avoir l'air d'être " les intellos" ( c'est devenu une insulte) de service.
c'est ça....
Quelle réponse!
Vous avouez vous- même être contente qu'il y en ait d'autres qui fassent le boulot qui vous ennuie.
non, en vérité, je m'arrange pour n'avoir que des élèves qui sont capables d'être autonomes, parce que ça m'agacerait trop d'avoir à faire à des gens qui ne font des choses uniquement parce qu'on les leur impose... Je pense cela aussi des adultes.
Et quand il m'arrive d'en avoir qu'il faut cadrer, eh bien je le fais, et je les méprise. Et comme par hasard, assez vite, ils deviennent autonomes, acquièrent une forme de liberté de penser, et travaillent pour eux-mêmes.
D'ailleurs, rappelons que l'école est avant tout un lieu de loisir (scholè en grec), qu'on fait sur le temps de l'otium (le loisir) qui s'oppose au negotium (le commerce, le travail). Et qu'on apprend bien que quand l'on comprend les raisons d'apprendre. Désolée, j'ai l'impression de faire mon travail justement. On n'impose pas la culture. Comme on n'impose pas la laïcité, l'égalité, et tous ces principes qui fondent la république. Chacun doit les comprendre de l'intérieur, en enrichissant ses liens sociaux et sa culture.... Le b.a.-Ba
En étant méprises ils deviennent autonomes?
C'est une nouvelle méthode?
Et comment peut- on " s'arranger"
Pour avoir des élèves motives?
Enfin, c'est tant mieux pour vous tout ça mais je ne crois pas que ce doit le sort de la plupart du corps enseignant en France.
Je les méprise uniquement quand ils n'arrivent pas à travailler pour eux-mêmes, parce que la raison de leur motivation est méprisable, je ne les méprise jamais en tant qu'humains et futurs citoyens.
Bref, on ne se comprend pas bien, mais c'est pas très très grave tout cela.
C'était juste pour souligner le tiraillement de l'enseignant censé apprendre les fondements de la liberté et de l'humanisme mais censé aussi encadrer et parfois imposer.
Et plus les élèves sont jeunes, plus le tiraillement est grand...
j'adore l'approche de Delphes. Je crois que quelque soit l'âge de l'enfant , il n'entend pas l'argument "c'est pour ton bien", "pour ton futur", "pour que tu trouves plus facilement un boulot" etc....

Mon filleul qui s'obstinait à ne pas vouloir apprendre à lire à 7 ans passés , j'ai usé de la ruse.

Un jour où l'on devait aller à sa demande dans un parc d'attraction et que nous devions prendre le train, je lui ai proposé de me guider. Le pari était qu'il réussisse à me conduire sans aide de ma part.
Ne sachant décrypter les signes cabalistiques dans la gare, nous avons tourné en rond quelques minutes et faillit partir dans un train allant dans la mauvaise direction.

Là j'ai pu lui montrer l'utilité de savoir lire. Il s'est rendu compte que sans ce savoir, c'est lui qu'il pénalisait et qu'il ne pourrait jamais être indépendant.

Ho il n'est pas devenu pour autant prof de littérature mais il a acquis l'essentiel pour moi. Il sait qu'il peut demander de l'aide mais qu'il ne doit pas se reposer sur les autres pour faire les choses à sa place.
Ce n'est pas toujours parce que les enfants ne comprennent pas l'utilité d'un savoir qu'ils refusent, ou ne sont pas en mesure, de fournir le travail nécessaire à l'acquisition de ce savoir.
Bien sur Bruanne, je n'ai pas prétendu avoir utilisé LA méthode universelle.

Il est évident que l'on doit s'adapter aux circonstances et à la personne.

C'est bien ce qui est impossible à l'éducation nationale. La règle est la même pour tous, comme si tous les enfants étaient du même moule.

Et là l'enseignant n'a pas les moyens de faire du sur mesure.
" Et là l'enseignant n'a pas les moyens de faire du sur mesure. "

... on est bien d'accord, mais ça n'empêche aucun de nos ministres de parler de différenciation et personnalisation des parcours...
Tant que ce ne sont que des mots, ça ne coûte pas cher.
Puis, quand ils voient ce que ça coûterait, ils n'investissent pas assez, et nous demandent, sur le terrain, de prendre à notre charge leur manquements en bricolant des solutions de survie.
N'oublions pas l'accompagnement personnalisée (sic) au lycée. En classe entière.
Génial !!!!!!
Je ne comprends pas pourquoi on invite encore des personnes du type de Jérôme Guedj.

Certes, il a l'air sincère dans ses affirmations. Mais je pense que c'est l'archétype même du politique de gauche qui, à part produire du discours, n'a aucun impact sur la réalité.
Rappelons nous les manifs de 2002 et tous ces moments de crises où il a été question d'intégration, de mixité sociale, de tolérence etc... A chaque fois, on a eu des politiques comme Jérôme Guedj, avec des discours sincères - on allait voir ce qu'on allait voir... On voit bien en 2015.

Donc ce type, passé par l'ENA, qui n'a surement jamais connu pole emploi, la vie en HLM (etc...), qui rebondit de mairie en Conseil Général, n'est en fait qu'un leurre : en l'écoutant, on a l'impression que les choses vont s'améliorer, qu'on y travaille... Mais soyons réalistes, des personnes telles que lui ne produisent rien d'autre que de l'illusion.

30 ans qu'on nous sert ça.
Je reviens sur l'apparition des adjectifs "tarés", " abrutis" concernant les hommes qui ont exécuté les dessinateurs de Charlie Hebdo ainsi que ceux et celles qui se trouvaient là en même temps.

Ils ne le sont pas, "abrutis" "tarés". Les frères Kouachi sont des laissés pour compte, dès leur enfance, témoins de la mort violente de leur mère dans leur prime jeunesse, éjectés à 18 ans de la structure où ils avaient ensuite été placés, sans viatique, sans boulot. La violence, elle est là, aussi, dans ce qu'ils ont vécu.
Petits délinquants et fumeurs de shit, ils n'avaient pas un parcours de terroristes tout tracé ! Lâchés dans la nature, ils ont fini par être récupérés, manipulés, façonnés et notre société a sa large part de responsabilité là-dedans car je crois que certains ont moins le choix que d'autres.

Et puis (cela a fort peu été dit, on voit bien que ce n'est pas dans l'air du temps et que ce n'est pas politiquement correct) ces assassins restent des hommes. Les forces spéciales qui sont intervenues sont surentraînées et "pro". Elles savent très bien (c'est tout de même leur boulot !) mettre hors d'état de nuire les individus violents qui lui font face. La consigne était donc d'exécuter ces hommes. Leur mort n'était pas nécessaire, elle va à l'encontre de nos lois, la peine de mort ayant été abolie en 1981. Personne, encore moins ceux qui nous gouvernent et nous représentent, n'est autorisé à tenir tribunal et à décider d'une sentence, en l'occurence celle de mort, illégale, qui a manifestement été rendue dès le départ.

J'en viens à la raison première de mon intervention. Quand on parle de bienveillance et concernant les réactions des jeunes à propos des attentats et de la minute de silence, je vous conseille de lire le témoignage sensible et nuancé d'une enseignante sur son blog. Elle aurait apporté beaucoup au plateau d'@si :

http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
Merci Françoise Dolto!!!......parcequ'il faudrait bien revenir à l'origine....l'apologie du traumatisme,la discussion de tout et surtout de rien,la transformation de l'autorité en autoritarisme,le dénigrement de toute punition à l'école et dans la famille....
Une fabrication systématique d'enfants rois ,puis tyrans....et.....Ho! surprise! 10 élèves par classe ingérables.......
A l'aide les psys(ceux là mêmes qui nos ont mis dans cette merde).....Mais de qui se fout-on?
Continuons à parler de la supression des notes (trop traumatisant!) ,la fin de la fessée et autres âneries....Sans voir que ces convictions petit-bourgeois de l'éducation ont mis l'école à terre,les familles à l'Ouest....Nos gosses kidnapés par facebook,Macdo et autres phares de la culture....1éres victimes les enfants des classes populaires.
Je ne vois aucune surprise à ce que,devant un événement aussi complexe que celui de Charlie,il y ait eu des incidents.
Quand on grandit en stabulation libre,sans aucun repères que l'on accepte ou combat,que l'on ne respecte aucunes régles
depuis l'enfance(sommeil,nourriture,télé,etc),vous voyez une surprise à ce que la régle répuplicaine(pour peut qu'il eut été judicieux d'en parler en primaire et en collége)ne soit pas comprise ou acceptéé;MOI PAS
Etude de la littérature, maîtrise de la langue pour apprendre la nuance et l'esprit critique.

Y a du boulot

Les ministres du gouvernement donnent l'exemple : lecture littérale des textes , ergo
Mise en cause d'un écrivain qu'on n'a pas lu à la tribune de l'Asseblée Nationale, par le premier ministre.

Valls n'a pas lu Houellbecq, Khomeyni n'avait pas lu Rushdie. Dieu leur pardonne.
C'est ainsi que [.] est grand.


PS : je comprends maintenant pourquoi Giscard exigeait de son premier ministre Chirac qu'il lui lise à haute voix un discours avantd'aller à l'Assemblée.
Je dois avoir un pet au casque, je ne comprends plus rien.

D'abord, à propos de la "communauté musulmane", même si je suis persuadée qu'elle n'existe pas, je vous ferai remarquer qu'il n'y a été trouvé en dix ans, que cinq tarés, Kelkal, Merah, les frères Kouachi, et Coulibaly pour commettre des attentats terroristes. Même si la capacité de nuisance de ces hommes, comme de provoquer l'horreur sont énormes avec des explosifs ou des armes de guerre, et même si leur enfermement psychologique n'est plus à démontrer, au bout du compte, le problème est quand même négligeable. Surtout compte tenu du nombre de millions de musulmans en France. Quatre sur des millions, c'est peanuts.

Alors donc penchons-nous sur la "communauté musulmane", même s'il n'y a aucun rapport entre un soufi et un salafiste, et encore moins avec un athée.

Donc des attentats islamistes sont une occasion de se pencher sur cette communauté hétéroclite et caricaturée, pas par Charlie, par la presse en général.
D'abord, je constate qu'il y a de plus en plus de gens à mon boulot qui portent des noms arabes ou africains.Quand je regarde les annuaires des services de la fonction publique où je bosse, je vois ces noms qui augmentent année après année.
Je vois ces stagiaires plein d'enthousiasme (ça leur passera, ils ne s'imaginent pas les lourdeurs de l'administration qui va les engloutir) qui débarquent de notre école administrative. Elles et ils posent les mêmes questions que les autres il y a vingt ans, et si leurs yeux et parfois leur peau sont plus noirs que ceux d'autrefois, dans leur tête, c'est formaté pareil. Ils parlent de fiscalité, de droit, de notre travail de tous les jours. Peu importe le reste.
Certains font le ramadan, ou ont des obligations alimentaires, mais ils font ce qu'ils veulent.
On voit de plus en plus de journalistes arabes et noirs, de politiques, de médecins, de toutes les professions, et on ne les reconnaît même plus dans leurs costumes croisés et leur allure décontractée. La première génération a bossé dans les chantiers et leurs usines, et leurs enfants ont bossé à l'école et ont réussi. De plus en plus.
Le meilleur ami de mon fils a un prénom et un nom arabes, mais il n'ont jamais discuté d'islam ni de leurs origines ensemble. Mon fils n'en sait rien. Ils traînent ensemble en parlant de leurs profs. De leurs copains de classe. De leurs parents.
Comme tous les ados.
Tout cela pour dire que petit à petit, les arabes et les noirs s'intègrent quand ce n'est pas fait depuis longtemps, et deviennent des français moyens au même titre que les bretons ou les alsaciens. Des citoyens un peu bizarres.

Alors pourquoi on focalise comme ça ? C'est absurde. Pourquoi ça ressort uniquement au moment d'attentats ? Hors de ces évènements, ces quartiers n'existent pas.

Je n'ai pas compris ce qu'était l'esprit Charlie, ça m'a échappé, marcher par millions dans les rues m'a toujours ahurie.
Cette réaction de se serrer les uns contre les autres, y compris avec des gens que j'aurais évité de croiser dans la rue en passant sur l'autre trottoir. me stupéfie.Sans doute ma névrose à moi. Admettons.
Maintenant, cette idée qu'il faudrait changer les musulmans, non pas parce que l'islam est une pensée réductrice, mais parce que quelques tarés, 5 sur des millions, je le répète, se sont réclamés de cette religion, avec des enjeux de pouvoir et de stratégie difficiles à cerner, vraiment je ne comprends pas. Pour quelle raison, une telle injonction ?
OK, la religion m’inquiète. Je viens de chez les cathos bretons, et si je vis dans la région parisienne, c'est parce que je n'ai pas à gérer mes relations avec eux. Même si ça s'est bien calmé depuis 50 ans, la résurgence des anti mariage pour tous m'a bien pris la tête. Toute cette pensée "dieu a dit", à qui il est facile de répondre : mais si dieu est tout-puissant et a donné des règles aussi précises, comment se fait-il qu'il existe plusieurs religions, avec d'autres règles ?

Un argument parmi d'autres qui n'est pas audible par les tenants des religions.
Mais déjà, comment par un désastreux sortilège, les victimes de racisme que sont les arabes et les noirs, potentiellement de toutes les religions ou agnostiques, sont-ils devenus des musulmans ? Cette espèce de glissement sémantique qui met tout le monde dans le même sac, qui identifie une population stigmatisée à une religion, laquelle dans ses marges, justement, produit des fous de dieu violemment lobotomisés, comment est-ce arrivé ? Comment un mec comme Edwy Plenel marche là-dedans ?
J'ai lu je ne sais où que c'était Khomeiny qui avait inventé le terme d'islamophobe. Si c'est vrai, on commence à voir le début de la manipulation.
Personnellement, je me sens islamophobe, cathophobe, bouddhophobe, hindouiphobe, jupiterophobe... Parce que je me méfie des gens qui imaginent que quelqu'un qu'on ne peut pas voir puissent leur imposer des règles. Mais après tout, tant que ces gens ne viennent pas m'imposer leur morale, ces gens croient ce qu'ils veulent. Dommage pour leurs enfants, mais enfin...

Donc on aborde le problème de la relégation sociale de populations nouvellement arrivées par l'école.
Mais qu'est ce que l'école vient faire là-dedans ? Pourquoi en est-elle venue à avoir une telle importance ?
Allons en Seine St Denis ou à Grigny, où des collégiens en mal de provocation disent qu'ils ne veulent pas faire la minute de silence. Donc faisons de la pédagogie ou réprimons. Focalisons, et @SI le fait sans état d'âme, sur les écoles, les collèges, un peu les lycèes, mais mollo, à partir de 16 ans, ils risquent de nous renvoyer des arguments dans la tête.
Stigmatisons les jeunes (normal, nous sommes de vieux blancs, focaliser sur l'école a l'avantage de s'en prendre à la fois aux jeunes et aux gens d'origine étrangère, nous avons bonne conscience en plus).
D'accord, parlons de l'école, mais tant qu'à faire, parlons des parents de ces jeunes, soit ils sont démissionnaires, soit ils sont d'accord, soit carrément c'est ce qu'ils pensent, et ce qu'ils disent à la maison, et les gamins répètent. D'ailleurs, ce n'est pas la dernière solution qui est la bonne, non ? Mais on évite soigneusement d'en parler.
Comme si la relégation les effaçait. On ne parle dans les quartiers défavorisés que des collégiens, mais surtout on parle du fait que les enseignants sont choqués et agissent.
Les enseignants sont des gens de classes relativement favorisées, qui sont en interface avec ces populations reléguées par leurs enfants. Donc on focalise sur les collégiens, et honnêtement, personne ne sait ce qu'ils pensent vraiment, et encore moins leurs parents.
Mais les membres de cette population initialement reléguée montent dans l'échelle sociale et quittent ces quartiers. Qui, n'étant pas obligés, resterait vivre dans les quartiers de relégations ? Il faut être spécialement militants pour cela. Et ce n'est pas les militants qui morfleront le plus, ce sera leurs enfants.

Bref, on va aider les quartiers de relégation, et on le fait avec bonne conscience, parce que quelques tarés psychotiques avec une histoire lourde, ont tué quelques Français au hasard et des journalistes coupables de je ne sais quoi, comme si le rapport était direct entre cette population et le terrorisme. Pourtant, les quartiers de relégation devraient être traités et améliorés pour de bonnes raisons, pas parce qu'on a peur, et que des terroristes surgiraient de ce terreau fertile, ou de quelque chose de diffus qu'on n'arrive pas à définir, et qu'une étrange bonne conscience empêcherait de prononcer les mots qui permettraient de nommer le malaise. Ces gens différents, ces pauvres qui vivent à nos portes et qui individuellement réussiront à s'en sortir mais quoi qu'il arrive, devraient toujours être stigmatisés, même avec les meilleures intentions du monde. Cette idée qu'on ne parvient pas à exprimer qu'ils sont nos enfants, parce qu'on n'a pas suffisamment procréé au moment où il fallait, et que nous vieillissons, et qu'on devrait les regarder en face comme nos héritiers, pas comme des étrangers.

Les gens dans les quartiers de relégation ne sont pas bons ni mauvais par essence, parce qu'ils seraient à ces endroits-là. Ils ne sont pas musulmans et potentiellement terroristes parce qu'ils y sont. Nos enjeux, c'est d'en faire des citoyens utiles à notre démocratie, et peu importe qu'ils ne le deviennent pas, et de leur faciliter la vie et l'intégration. C'est pour cette raison que nous devons améliorer les conditions de vie dans ces quartiers, et pas en focalisant sur des jeunes qui disent n'importe quoi, comme des ados, ou pas....
Parce que le problème, ce n'est pas les populations qui quittent le quartier et s'intègrent, ce sont qui y restent et ne peuvent pas en sortir, qui voient leurs enfants tenir les murs, sans rémission.
Être victime du racisme, quand on a un emploi, et que vos voisins ne vous regardent pas de travers parce qu'ils sont du même niveau social élevé que vous, on peut s'y faire,c'est plus facile à supporter en relativisant parce qu'il y a des cons partout.
Quand ce n'est pas le cas, et que tout le monde autour est aussi paumé que vous, qu'on n'a que la religion à laquelle se raccrocher, en se disant que dans ce monde sans morale et où on n'a pas eu sa chance, c'est cela, être bon, respecter les préceptes de dieu ou d'allah, c'est un enfer. Car la morale hors de la religion n'est pas naturelle, elle procède d'une réflexion. Penser les quartiers comme des lieux où se trouvent des citoyens comme les autres, et pas des terroristes potentiels, c'est le premier pas vers une normalisation.

C'est peut-être à tout cela qu'on devrait penser. Et l'émission est tombée dans tous les pièges de cette stigmatisation, même si des choses très intelligentes y ont été dites par tous les intervenants.
Pas de chance.
Encore une fois il faut entrer dans le consensus mou du "nous somme tous Charlie". J'ai pas vue le quart de l'émission que tous le monde s'offusque ébai des "incidents" durant les minutes de silence.
Excusé moi, il y a marqué où l'obligation de suivre une minute de silence ? Depuis quand est on obligé de suivre les minutes de silences ? On est clairement dans le TOTALITARISME quand pour le coût on demmande à des gens de torturé leurs conscience en faveur de la parole sainte savament instigué par l'état !

C'est pas par une répression débile que l'on convaint. Sa n'a jamais marché, et c'est même contre productif. Qu'en j'entend exclusion d'établissement, mais où va t'on ? J'ai même vue des remontés à la JUSTICE ?????!!!!!!!! Faudrat m'expliquer le motif d'incrimination, cava être la sacré farce. Apologie du terrorisme pour n'avoir pas fait silence dans les rangs ?
Dommage, effectivement, que M. Roder n'ait pas dit durant l'émission que les profs en ont vraiment ras-le-bol d'être la solution toute trouvée (facile) aux problèmes de société les plus divers. Tantôt décriés (y compris par bon nombre de journalistes), tantôt appelés à restaurer un tissu social déchiqueté.
Ils doivent tout à la fois "réparer" les inégalités sociales (que certains creusent à coups de bulldozers par appât du gain), endiguer les discours de haine qu'ils soient sexistes, xénophobes ou autres, emmener les élèves vers des contenus culturels exigeants, leur enseigner les bases d'une alimentation équilibrée, les mettre en garde vis à vis des séductions perfides de la publicité, leur apprendre à porter secours, les éloigner de certains "jeux" vidéos et émissions de télévision (en effet, on trouve des adeptes de GTA5 ainsi que des consommateurs assidus de télé réalité dès la classe de CE2), sans oublier le lire, écrire et compter. Education tous azimuts dans laquelle la formation intellectuelle devient portion congrue.
Que l'école ait un rôle à jouer dans l'affirmation des valeurs républicaines et leur transmission, sûrement (mais elle le fait déjà…). Mais chacun à un rôle à jouer. L'école se porterait beaucoup mieux si chacun d'entre nous se posait la question de sa responsabilité au sein de notre société et de l'intérêt collectif de ses fonctions ou pratiques.
Et encore le même prof celui qui dispense le discours que les médias attendent dans toutes les émissions et sur les radios,alors vous aussi asi?Quelle déception!!!
Je suis assez étonné d'entendre qu'un prof de collège ne soit pas capable de gérer un moment d'émotion semblable au lendemain du drame, pour tenter d'en discuter avec ses élèves, combien meme il ne serait pas prof d'histoire. Donc, des adultes citoyens intégrés au milieu scolaire sacrément secoués, et que l'on impose dans ce meme temps un cérémonial de cet ordre à ces jeunes qui de principe, sont tout autant troublés à dire tout et surtout n'importe quoi durant la sidération nationale ! Comment dès lors, les capitaines du gouvernement peuvent-ils etre aussi supris des quelques cas de provocs ou sidérantes paroles de certains ? Le sentiment que l'on se fait plaisir a réinventer le fil à couper le beurre, la ré-écriture de la sidération sidérante proche de l'hystérie collective... Merci de me lire
Cette émission me rappelle une douloureuse expérience en.... 1993...
j'étais enseignante d'histoire âgée de 26 ans dans un collège difficile en banlieue parisienne. Lors d'un cours sur la Seconde Guerre mondiale, un élève de Troisième relayé par de deux autre crie "A mort les Juifs! Hitler n'en a pas tué assez". Choquée, je leur demande s'ils ont bien conscience de ce qu'ils viennent de dire et les retiens à la fin du cours pour parler avec eux. Aucun effet. Le lendemain, on découvre le mur extérieur de ma salle recouvert de croix gammées et d'insultes antisémites à mon égard.
Réaction de la Proviseur : "pas de vague, ils font ça par provocation". Elle s'oppose à tout conseil de discipline mais décide de convoquer les parents. Aucun ne se déplace, la Proviseur propose alors de recevoir chaque élève en huis clos devant un groupe d'enseignants et de le sermonner. Pas un jour d'exclusion du collège, juste de mon cours pendant une semaine. Mes collègues ont trouvé la réponse choisie suffisante, pour certains "ce n'était pas utile d'en faire tout un plat".
Les interventions de Samba Doucouré sont un régal d'intelligence et de justesse. Comme quoi il fait bon d'inviter des gens qui connaissent leur sujet.
Encore une émission difficilement imaginable sur les médias normaux. Certes, l'objectif était démesurément ambitieux, mais novlangue et langue de bois nous sont épargnées, c'est devenu si rare...
J'ai suivi entièrement l'émission, non sans enrager plus d'une fois ... mais par sympathie pour le jeune pigiste. A part cela quel casting . Un prof à succès sur les "médias" (on comprend vite pourquoi), un Jérôme Guedj dont je pensais à priori du bien mais qui m'a vraiment déçu, et un opposant au Maire communiste (tiens c'est bizarre !) de Grigny qui était venu avec sa petite affichette politicienne ( et pourtant ses interventions m'ont plus intéressées que celles envahissantes des deux précédents). Une émission a vite oublier.
Ça vaudrait le coup de faire un documentaire qui réfute point par point la théorie du complot sur ces attentats... Ça passionnerait vos ados rebelles, ça leur apprendrait plein de choses sur la manipulation des images, ce serait un support pour les enseignants et ça permettrait un vrai dialogue avec les ados puisque ça se placerait au niveau de leurs questionnements.

Ce genre de vidéos anti-complotistes avaient tardé à venir après les attentats du 11 Septembre. Moi j’étais ado à l'époque, et sans vouloir croire à la théorie du complot, je me rappelle très bien que j'étais incapable de démonter les vidéos complotistes qui circulaient entre les élèves, de trouver les failles...
Et oui, à force de critiquer TF1, Daniel renforce les complotistes :)
Pourquoi ne pas changer de nom et s'appeller "Arrêt sur Charlie" ?
Deux des invités parlent bien plus que les autres. Est-ce un choix délibéré ou une defaillance de la prise de parole?
Encore une excellente émission! décidemment ça devient une habitude ;-) Merci.
Vous cherchiez, outre un politique, des journalistes et des enseignants, professions éminament féminisées, et vous aboutissez à un plateau 100% masculin. Bel effort !
Pas encore eu le temps de voir l'émission, mais...
Le vrai débat est posé, le seul, l'important, celui sur la bienveillance.


Merci !!
Une consigne bienvenue selon la prof par ailleurs syndicaliste.

Mmm... on pourait pas savoir quelles sont les intentions de ses divers anges gardiens (administration et syndicat) .?

(Meuh non, je suis pas complotisse, même si la couleur des rétros de sa C3 a changé entre le moment où elle a dit oui et celui où elle a dit pas oui...)
Le Pujadas de l'illustration, lui, il fait perdurer la bienveillance du 11 janvier au 11 janvier de l'année suivante, etc.

Mais seulement pour la France* d'en haut.

(*Même s'il lui faut des talonnettes pour être en haut)
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