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Bowie, une parenthèse enchantée

J'ai derrière mon bureau, à portée de main, une pile de journaux jaunis

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belle chronique oui... Les occasions d'acheter Libé se font rare (en plus tout finit par être disponible gratos sur la page internet), celui avec Lemmy une en était une autre la semaine dernière.
Magnifique chronique qui me réconcilie presque avec la vie et son cortège de morts car finalement la vie n'est elle pas comme le verre à demi-plein, à demi-vide, cet instant qui suit la naissance et sépare de la mort.

Je ne lis pas Libé, je n'ai jamais lu Libé, non par religion mais par défaut d'imagination quand il faut dire un titre au kiosque. Mais je le regrette presque en lisant Daniel Schneidermann de ne pas l'avoir lu avant, avant que tout soit sur le pied de guerre, avant que mon député m'envoie ses vœux de Paris comme s'il se trouvait au QG du Général, "Même dans les moments les plus sombres..."

David Bowie, pour moi, "my David Bowie is not dead. Nor ever can be. What he gave to me is for ever mine because he formed me." Je m'approprie chacun de ces mots écrits par Suzanne Moore et tout le reste de ce qu'elle a écrit dans cet article de The Guardian.

Je conseille l'interview de David Bowie par Michael Parkinson dont voici la première partie

Merci Daniel Schneidermann, je garderai votre chronique comme un de mes injetables grâce à monsieur Pédéheffe
ah, ah! tellement forte, l'emprise, qu'avec ahurissement j'ai cru voir une femme voilée en arrière plan!
Pour ceux qui font la fine bouche devant la mort reconductible, il y a possibilité de s'intéresser au concept alternatif de non mort.
Moi, tant que Bowie revient, tout me va, je ne suis pas regardant.
"Ce serait tellement bien, si David Bowie mourait tous les jours."
Oui ! Parce qu'il serait encore vivant.

Plus que la disparition d'une icône, d'un personnage médiatique qui savait y faire, d'un géant du rock, ou d'un artiste hors pair, pour moi, c'est vraiment la disparition d'un monde.Une page se ferme à jamais.

Aussi loin que je me souvenais, David Bowie existait. Il avait toujours été là, comme un phare de l'époque, une balise dans le grand maelstrom d'un monde qui se cherchait et se renouvelait sans cesse.
Plus que sa musique, que j'appréciais, ses rôles, le choix de ses films, c'était fulgurant.
Sa mort et celle d'un monde entier (déjà) dans l'"Homme qui venait d'ailleurs", c'était mythique, l'un des meilleurs films de SF des années 70.
Sa jeunesse éternelle qui se révèlera une vie éternelle dans un vieillissement, une destruction sans fin dans "Les Prédateurs". Le must des années 80.
Et pour finir, mon film préféré toutes catégories "Furyo", sur le choc de cultures dans la violence extrême, une espèce de pendant désespéré et japonais au "Pont de la Rivière Kwai", l'illustration de cette Pluie Noire qui va saisir le Japon après la guerre, mais dans un bouillonnement intellectuel et esthétique parfait. D'ailleurs, contrairement à ce qui est dit ici ou là, c'est un autre grand, Ryuichi Sakamoto, qui avait écrit la musique du film.
Mourir sur les écrans et faire mourir l'époque avec lui dans ce qu'elle a de plus dérisoire, au-delà de la désillusion et de l'échec des années 70, et même si le silence vient, le paillon s'envole avec la vie de Jack Celliers. Celui qui changera le monde et provoquera les grandes tempêtes du métissage et de l'occidentalisation à marche forcée du monde.
Précéder l'époque et l'inscrire dans le monde avec soi et à travers soi, le sommet du rock avec Ziggy Stardust, la fin du punk avec Diamond Dogs, le chic futile et sans vision des années 80 et de Let's dance, puis la titrisation de sa personne, cette incroyable captation qui se terminera en 2007, et dans la grande crise. Et pour terminer, cette semi-vie, hors de scène, pour terminer dans le dévoiement physique d'un cancer tout en réinventant la musique, mais à l'écart, hors de ces concerts géants qui ne signifiaient plus rien.
Désormais, Bowie n'inventera plus le monde, il n'en sera plus les icônes successives tout en en parlant avec furie et pessimisme.
Le monde se brouille d'autant plus, mais est ce vraiment possible ?

Quant aux attentats, il faut peut-être faire son deuil de cette situation. C'était terrible, très traumatisant, mais le nombre de morts par accident de la route est plus important chaque année que celui des victimes des terroristes. Et oui ! Les victimes habituelles du racisme peuvent rater leur construction psychologique et commettre des horreurs, comme tout le monde, surtout s'ils sont passés par des zones de guerre.
Et je pense, DS, que vous vous en voulez d'avoir dit avant les attentats de Charlie qu'ils faisaient les caricatures pour faire leur publicité. Les gens qui sont morts dans la salle de rédaction étaient des adolescents vieillis qui ne pouvaient faire le deuil de la révolte de leur jeunesse, même si je pense que Charb était d'une autre trempe. Et Cabu, comme les autres, signait l'époque, ces époques successives qui ont connu la fin du grand rêve des années 70.
Je ne sais plus qui disait : Ne craignez pas pour ceux que vous laissez, votre mort en les blessant va les mettre au monde.
Il est temps de se mettre au monde, dans le monde, et dans soi, loin de la désespérance.
Le monde est terrible, même pour les tendres personnalités nourries d'idées généreuses et bien protégées de l'occident, mais il nous rattrape parfois.
A propos de mise au monde nouveau, n'écoutez pas Badiou : il est un philosophe majeur de ce début de siècle et de millénaire, à même de créer des idées, et donc de produire une nouvelle idéologie, Et il appelle à longueur de temps à une nouvelle pensée. Mais qu'il s'y mette ! Ce sont des ratiocinations de vieux. Il tourne en rond dans son marxisme et communisme borné dont il ne fait pas le deuil.
Foin !
L'article de Pacôme Thiellement sur Bowie est pas mal du tout: http://lmsi.net/Lowie.
(Ecrite non pas à l'occasion de sa mort il faut le préciser.)
Ce n° spécial est réussi, très belle mise en page et belle iconographie.
Les articles ? Parfois superficiels ou faussement profonds, on regrette les plumes d'hier, celles qui ont croisé ou côtoyé Bowie.
Je n'avais pas acheté Libé depuis des mois et des mois.
Je ne regrette pas d'avoir eu le même réflexe que DS.
Belle chronique, qui me rappelle pourquoi j'aime DS.
Il en fallait, une belle chronique, pour qu'une telle dernière phrase soit acceptable :)
Bravo au taulier!
Moi je retournerai bien au Studio 54 tous les soirs..surtout par les temps qui courent.
Bowie, j'ai jamais aimé, ce qui fait de moi un zombie aussi...et qui ne fréquente pas beaucoup Libé en ce moment...
" ce sont des injetables, comme il y a des incunables."
Tout à fait frustrant pour un zombie qui n'a jamais lu Libé.
Je renouvelle mon interrogation déjà exprimée sur un autre forum.
http://www.liberation.fr/debats/2016/01/11/alain-badiou-la-frustration-d-un-desir-d-occident-ouvre-un-espace-a-l-instinct-de-mort_1425642
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