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Balkany / Boissinot : deux infos du matin

Qui connaissez-vous le mieux ? Isabelle Balkany, ou Alain Boissinot ?

Derniers commentaires

J'ai calculé que si on lui appliquait une peine proportionnelle à celle dont ce SDF a écopé pour son vol, Isabelle Balkany ne sortirait de prison qu'en 2072.
Message d'une enseignante à DS :

Bien vu la tentative appuyée de lancer les profs @sinautes dans des débats interminables sur un sujet inépuisable.
Mais pas le temps, et même plus l'envie.

C'était bien tenté, mais grosse erreur de calendrier de votre part.
Réussir le test de Turing pour un ordinateur est arriver à faire penser plus de 30% d' un jury humain qu'on est l'un d'entre eux.

Ce test sera bientôt dépassé par cet autre s'appliquant à un humain:
arriver à convaincre 30% d'un panel d'ordinateurs qu'il n'est pas un des leurs*

*Ce soir sur NRJ12 :"Les people passent le bac"
Grace aux lémédias, on sait que l'ordinateur a enfin réussi à dépasser l'intelligence humaine (test de Turing). Conclusion: lémédias n'a ni une tête bien faite, ni une tête bien pleine. (C'est maintenant prouvé scientifiquement )
Merci Daniel de m'avoir éclairé sur l'info brute d'explications entendue ce matin à la radio. C'est évidemment la plus passionnante des deux, mais je ne me sens pas la compétence pour participer à ce débat houleux. J'ai juste la satisfaction de voir que Michel de Montaigne est mis à contribution. Lui même "connaissant" (bibliothèque de 3000 livres LUS, en latin pour la plupart) et "Compétent" (Maire de bordeaux et réélu entre autres fonctions dont magistrat et négociateur international pour le roi de France).
Concernant les Balkani, la seule sanction qui me semble leur correspondre n'est ni la prison (probablement avec sursis) ni les amendes mais L'inéligibilité car leurs électeurs se moquent complètement de leurs divers délits et les réélisent avec un grande constance.
Le livret de compétences au collège avait plusieurs mérites mais une fois encore les archaïsmes syndicaux et l'influence persistante des idéologues marxistes a eu raison de cette nouvelle méthode d'évaluation des élèves, cette méthode pourtant prometteuse, avait été recommandée par une institution de référence: l'OCDE mais en France, on préfère faire l'autruche.

Un enfant sorti du collège doit être capable de s'adapter dès son plus jeune âge aux contraintes du travail en entreprise et pour cela être capable de valider des compétences techniques, comportementales afin de contribuer activement au développement de la structure économique qui va l'employer.
Il doit être prêt à l'évaluation de son activité pour faire de lui un employé réactif et performant, voilà ce que permettait l'évaluation par compétences.

Il se murmure que certains enseignants persistent à développer chez des enfants dont ils ont la responsabilité l'esprit critique, rien d'étonnant à ce que l'on retrouve ensuite ces irresponsables embrigadés à la tête de mouvements sociaux qui paralysent notre pays chaque semaine.
A quoi bon surcharger les bagages des élèves par des disciplines aussi inutiles que dépensières comme les arts plastiques ou la musique ?

Il est donc temps de rétablir un programme déjà proposé ici mais qui incitera peut-être certains asinautes à revoir leurs copies de gauchistes libertaires.

Les enseignants de français devront étudier avec leurs élèves les œuvres complètes d'Eric Zemmour , grand philosophe français et de Philippe Bouvard, fin lettré et humoriste pétomane de génie.

Les enseignants d'anglais utiliseront comme support pédagogique les discours de G.W Bush et travailleront en liaison avec leurs collègues de géographie, qui consacreront un trimestre à l'étude des Etats-Unis et le reste de l'année aux bienfaits de la mondialisation et de la colonisation.

L'Allemand, à compter de la rentrée prochaine, sera la seule langue vivante 2 enseignée en collège et en lycée, le modèle allemand étant considéré comme le seul modèle de référence dans tous els domaines.

Lles professeurs d'espagnol se verront confier d'autres missions comme la surveillance des épreuves de culture générale, qui se dérouleront chaque semaine, sous la direction de Julien Lepers, les thèmes retenus seront : les humoristes français de Michel Leeb à Mimy Mathy en passant par Véronique Genest et Laurent Gerra ou la coupe du monde de football au Qatar facteur d'émancipation des peuples.
Les enseignants d'EPS verront leur temps de travail s'allonger , car dorénavant le sport à l'école occupera la moitié du temps des élèves, chaque semaine , les enfants les plus méritants se verront remettre une photographie géante de David Douillet, ou de Philippe Candeloro et des places pour la finale de la coupe du monde de rugby pour ramasser les ballons, les canettes de bières vides ou quinze jours à Roland Garros comme ramasseur de balles. Les enfants chétifs, indolents ou contestataires ne montrant pas une réelle volonté de pratiquer les exercices physiques demandés seront exclus du collège pour une durée indéterminée, ils seront pris en charge par des unités de la légion basées en Guyane sous les ordres de Bernard Laporte et du Medef pour la partie théorique.
En technologie, une unité de production de chaussures de jogging constituera le projet central de l'année pour toutes les classes, les enfants découvriront les joies du travail à la chaîne et pourront avec l'accord de leurs parents toucher un salaire de 5 euros par trimestre. Les bénéfices seront réinvestis dans l'ouverture de centres fermés pour tous les élèves ayant oublié plus d'une fois leurs affaires d'EPS ou leur gomme.

En musique, les enfants découvriront l'œuvre intégrale des interprètes et compositeurs suivants : Johnny Hallyday, Mireille Mathieu, Faudel, Enrico Macias, Jean Michel Jarre et bien entendu les mal voyants pourront s'éclater avec Gilbert Montagné. Chaque matin, sous la direction du chef d'établissement les enfants de votre collège ainsi que tous les personnels adultes se réuniront pour interpréter dans la joie et l'allégresse notre nouvel hymne national : "allumer le feu" , excepté en Corse et dans le Sud de la France où l'excellent" vol des mille colombes" sera entonnés à capella.
Les enseignants et enseignantes du collège devront arborer la même coiffure que Mireille Mathieu.

Les professeurs qui refuseront de se soumettre à cette directive capillaire seront tondus par les brigades anti-grévistes qui en profiteront pour mettre au pas les dangereux anarchistes qui pullulent dans l'Education Nationale.

Les enseignants de Latin se consacreront exclusivement à l'étude de l'Empire romain et de ses plus grands personnages, Auguste, Néron, Caligula et Septime Sévère.

Les notions de citoyenneté et de démocratie chez les Grecs devront être abordées rapidement et étudiées comme la dégénérescence des systèmes politiques exemplaires telles que l'oligarchie, la tyrannie et la dictature.
En éducation civique, la liberté de la presse sera mise en évidence avec des extraits de journaux télévisés, le 13 heures de TF1 de JP Pernaut et le 20 heures de France 2 constituant d'excellents supports. La presse écrite sera lue chaque jour, chaque établissement sera abonné dès la Toussaint au Figaro, Figaro magazine, et au Figaro madame, la presse locale ne devra pas être négligée, notamment le supplément télé et les pages des sports.

Les professeurs de SVT axeront leurs cours sur l'importance dans l'histoire des personnes de petite taille, la remise en cause des théories de Darwin peut également constituer une piste de travail.
Les professeurs de mathématiques sont priés de ne plus utiliser les chiffres arabes sous peine de reconduite immédiate à la frontière, tout mathématicien devra obtenir un label européen , (excepté la Grèce trop proche de la Turquie), ou français: quelques suggestions Descartes, Christine Bravo, Painlevé, Pascal, et Bernard Tapie ( initiation aux affaires en lycée ).

Des opérations de sensibilisation aux métiers d'avenir seront menés chaque trimestre: les métiers de la surveillance, de la bourse ….des conseils de défiscalisation seront donnés aux enseignants qui accepteront de dépasser de 10 heures leur temps de travail hebdomadaire, qui , à compter du 15 septembre, sera fixé à 48 heures de présence devant les élèves, horaire obligatoire auquel on ajoutera deux heures de permanence le week-end afin de permettre aux professeurs de rencontrer les parents pour des bilans de compétence.
Les enseignants seront notés par les familles et pourront être révoqués en cas de moyenne insuffisante par le chef d'établissement lui même nommé par un collège de 12 sages choisis parmi les parents d'élèves exerçant des fonctions de direction dans le secteur privé.
D.S. :" l'acquisition de compétences (savoir lire un contrat d'assurance)"

Vous plaisantez Daniel !
Personne, relevant du commun des mortels, ne peut lire (au sens de comprendre) un contrat d'assurance. Et pour cause, ils sont rédigés par des avocats spécialistes du droit des assurances et compréhensibles uniquement par des juristes également spécialisés.
C'est plus qu'un contrat d'adhésion. Je signe non seulement sans pouvoir discuter des clauses, mais aussi sans vraiment savoir quels sont réellement les obligations des parties, si ce n'est que je dois payer la prime ! Ce que je comprend, à la rigueur, c'est l'argumentaire commercial de la société ou de son agent, argumentaire qui n'a pas vraiment de valeur contractuelle.

Concernant les compétences : c'est un mot trompeur.
Opposé à CONNAISSANCE (supposée stérile sans COMPETENCE) il laisse entendre que ce qui compte c'est ce que l'ON SAIT FAIRE... voire ce que l'on est. Ha le délicieux "savoir être" !. Mais on oublie de préciser : ce qui compte pour QUI ?
Car les compétences sont bien plus subjectives et dépendantes du contexte que les connaissances.
Combien de cadres dont les "compétences" étaient louées par leur employeur, s'apercoivent, à l'occasion d'un licenciement collectif (oh pardon, d'un plan "social"), que ces compétences ne valent plus grand chose hors de l'organisation dans laquelle ils les mettaient en oeuvre.

Si les syndicats d'employeurs tiennent tant à remplacer "les qualifications" négociées avec les représentants du personnel dans le cadre des accords collectifs, par "les compétences", c'est parce que l'évaluation de ces dernières ne relèvent que de leur appréciation unilatérale, même si pour masquer cela on met en place des entretiens annuels, où le salarié "négocie", du moins dans les grandes structures, "d'égal à égal" avec le représentant d'une puissante organisation.

L'école livrant des salariés clés en main, est une utopie patronale ; les compétences, pour un même métier, pouvant être très variables d'une entreprise à l'autre.

Alors laissons l'école faire ce pourquoi elle est faite, transmettre à nos chères têtes blondes les connaissances accumulées par leur aînées. Connaissances qui leur permettront de transmettre ce bel héritage à ceux qui viendront après eux. Et au rythme où progresse le savoir c'est déjà un sacré défi.
[quote=D.S.]Boissinot n'a pas trouvé de compromis acceptable entre les partisans de l'acquisition de connaissances (histoire de la Première guerre mondiale) et les partisans de l'acquisition de compétences (savoir lire un contrat d'assurance).

Je m'étonne de voir une phrase aussi affligeante dans un article écrit par un journaliste qui passe son temps à remonter les bretelles à ses confrères pour un point virgule mal placé. C'est une telle caricature d'un débat qui vaut mieux que ça... affligeant. Billet mal écrit, vité écrit et pas vérifié : vérifiez vos sources, vos informations, inutile de poster tous les jours : mieux vaut un article "checké" qu'un "machin" comme cela qui caricature un débat qui mérite mieux qu'un résumé de ce niveau.

Juste un exemple de texte officiel (histoire à l'école primaire) présentant une "compétence" attendue par les élèves :

• Connaître des repères historiques.
• Les mettre en relation ( une vingtaine d’événements avec leurs dates, le rôle de personnages et de groupes, réalisations particulièrement remarquables).


Cher Daniel, vous vouliez jouer au troll ?! C'est réussi.
>> Est-il possible qu'il s'agisse de fonds détournés des marchés publics des HLM des Hauts-de-Seine? L'avocat d'Isabelle Balkany dément et évoque pour sa part une succession familiale à l'étranger.
Sans doute un riche paraguayen, ami de Claude Guéant, leur a t-il acheté quelques tableaux...

Ce qui est désespérant, c'est que la propagande médiatique est tellement prégnante que toutes ces crapules sont réélues ou parachutées dans des sinécures. Certes, ils disposent de beaucoup d'argent, mais quand même... Il doit bien rester un journaliste honnête et un magistrat intègre dans ce pays.
Rapprochement interessant :
"Tête bien pleine, ou tête bien faite", le débat amusera les experts, pendant que d'autres préfèrent des poches bien pleines.
"Jusqu'à ce matin, Boissinot était président du Conseil Supérieur des Programmes, instance chargée par le ministre de l'Education de définir le "socle commun" de connaissances et de compétences que les élèves doivent avoir emmagasiné à la fin de leur scolarité obligatoire."

C'est anecdotique, mais en France, la scolarisation n'a jamais été obligatoire (art. L131-1 du Code de l'éducation). C'est l'instruction qui l'est : les responsables légaux ont le choix de la méthode (e.g. scolarisation, précepteur, cours au CNED, école à la maison).
C'est totalement hors-sujet, mais cette petite intervention (réponses aux questions) de Mathieu Grégoire à propose des intermittents, du MEDEF et de la cour des comptes est instructive.
Boissinot aurait, selon L'Obs, tremblé à l'idée d'être accusé par Finkielkraut de sacrifier l'excellence française.

C'est pas vraiment l'Obs qui dit ça, c'est apparemment quelques syndicats, qui disent surtout que Boissinot craindrait le syndicat majoritaire dans la profession d'enseignant. Après, c'est vrai que ça claque bien, l'idée que Finkie fasse peur, mais bon, ça reste aussi un gros bouffon médiatique, dont, comme BHL, on peut se demander si l'invitation sur les plateaux télé n'a pas le même but qu'une interview de Jean-Claude Van Damme.

Mais le phénomène en soi est déjà fascinant. Wikipédia m'apprend que le socle commun, défini en 2005 (qui pourrait penser qu'il s'agissait d'esquiver une véritable réforme de l'école, sous la tonique présidence Chirac), prétendait lutter contre les difficultés à maîtriser les différents contenus par les élèves en fin de collège. J'ai l'esprit mal tourné, mais chez moi ça se traduit par "les élèves n'arrivent pas à maîtriser le programme dans chaque matière, la solution c'est de définir un super programme de ce qu'ils devront maîtriser absolument". Un message fort envers les profs donc : "vous êtes un peu trop cons pour apprendre l'essentiel à vos élèves, nous on va vous dire ce qu'il faut qu'ils retiennent".

La question ici n'est pas tant de la différence entre une tête bien pleine et une tête bien faite. Elle relève plus de la liberté que l'on veut accorder à l'enseignant, et de la conception purement bureaucratique que nous avons de l'éducation, des ronds de cuir souvent loin du terrain prétendant définir la somme des connaissances et compétence d'un gamin de 16 ans à partir de leurs présupposés idéologiques. Et le plus fascinant dans tout ça, c'est l'aisance avec laquelle les syndicats semblent prendre parti dans la bataille "plus de compétences/plus de connaissances", comme si c'était l'enjeu de savoir la rédaction d'un document administratif abscons dans un pays où un gamin sur 5 sort de l'école primaire sans maîtriser la lecture.

Moi il me semblait que dans un pays où l'on prétend reconnaître à chacun son individualité, ses différences et ses particularités, on devrait au contraire se focaliser sur un accompagnement personnalisé des gamins. Mais non, il semblerait que Jean-Charles et Dylan doivent absolument savoir faire des divisions à leur 10 ans révolus et connaître l'accord des participes passés à leurs 11 ans révolus, et peu importe que Jean-Charles ait une nounou à la maison pour lui faire faire ses dévoirs et une bibliothèque remplie de livres et de bédés quand Dylan rentre à la maison pour manger des chips en regardant son frère jouer à la PS4. Ce qu'il leur faut à Jean-Charles et Dylan, c'est un socle commun de connaissance. Parce que bien vrai hein que si on y met les systèmes d'équation à deux inconnus, ça voudra dire que les deux les maîtriseront, puisque ce sera marqué dans le socle commun.
L'école a été mise en place pour apprendre aux enfants des choses qu'ils avaient trés peu ou aucune chance d'apprendre chez eux ou dans la rue et ça reste vrai. Par exemple peu de parents apprennent à leurs enfants à tracer des lettres sur une feuille de papier alors que c'est à la maison qu'on apprend (mais seulement trés mal) à écrire avec un clavier. Cette répartition plutôt aleatoire des apprentissages jointe au fait qu'on apprend presque tout en imitant les autres (les parents apprennent à apprendre à parler et à marcher à leurs enfants en imitant les autres parents) est difficile à prendre en compte par un syndicat d'enseignants ou un ministre, même bien intentionnés.

Vu que l'enseignement primaire est gratuit dans une société qui mesure la valeur des choses d'après le prix qu'elles coûtent, vu le prix du mètre carré en ville et vu le nombre d'enseignants qu'il faudrait pour expliquer des choses de plus en plus compliquées aux enfants, ça risque fort de ne pas s'arranger...
Ou alors c'est juste que l'immobilisme convient assez bien aux syndicats et aux ministres. Faire une réforme, c'est prendre un gros risque, et c'est dur. Regardez ce qu'il s'est passé avec la suppression de la semaine de 4 jours. C'était pourtant simple hein, on retire une heure chaque fin d'après-midi pour remplir le mercredi matin. Pour une fois on prenait en compte ce que tout ceux qui s'intéressait au bien-être des gosses disait. Et subitement, il a fallu ajouter des activités périscolaires (pas fâcher les parents d'élève), organisées par les villes (on n'a pas d'argent), sans savoir qui allait s'en occuper. Moi je serais le prochain ministre de l'éducation, j'éviterais ce genre de chose et je proposerais la création d'une commission pour l'établissement des savoir-apprendre qui mènent aux savoir-être et au savoir-agir, ça ferait une loi avec mon nom dessus, et hop, plus besoin de rien faire.
" C'était pourtant simple hein, on retire une heure chaque fin d'après-midi pour remplir le mercredi matin. Pour une fois on prenait en compte ce que tout ceux qui s'intéressait au bien-être des gosses disait. "

Ah bon ?
Le rapport de l'académie de médecine disait ça, vous êtes sûr ?
Pour les 5 matinées, oui, on est d'accord.
Mais pas pour l'heure de fin d'après-midi. Il me semble même au contraire qu'il établissait clairement que le début d'après-midi n'était pas tip-top pour les apprentissages scolaires, et qu'un pic d'attention revenait après 15h30.


Et puis, même si ça s'en rapproche, le but n'était pas "le bien-être des gosses", mais la capacité à se concentrer.
Le rapport de l'académie de médecine suggérait sérieusement de reprendre les cours à 15h après avoir stoppé à midi ? Oui, le pic d'attention revient vers 15-16h, mais il est aussi à 10-11h le matin, en partie parce que l'on débute à 8h30. Heureusement que tous les cours n'ont pas besoin d'avoir lieu durant les pics d'attention.

La préconisation du rapport est une journée de 5h réparti sur 4 jours et demi ou 5 jours, proposant une heure d'étude en fin de journée.

Je ne vois pas en quoi favoriser la capacité de se concentrer tout en déchargeant la journée des gosses ne participe pas de leur bien être. Remarquez que l'idée reste assez unique : un réforme qui favoriserait l'apprentissage à l'école en France, pays où malgré une interdiction vieille de 50 ans des exos à la maison sont imposés tous les soirs à des milliers d'élèves.
La matinée devait avoir lieu le samedi matin, c'est tout.
Vous savez qu'à trois ans ça leur fait cinq jours d'affilée même s'ils ont la chance d'avoir des grands- parents qui pourraient les laisser dormir une fois en milieu de semaine?
N'importe quoi cette loi.
Vous savez qu'à trois ans en fait ils sont en maternel ? Je ne vois pas le rapport, et la polémique sur le samedi matin est sans doute l'un des points les plus ridicules de cette réforme.
En maternelle , vous savez donc que la nouvelle loi s'applique et que les petits bouts de trois ans sont concernes?
Ils vont a l'école, tous les jours, en principe, je ne sais pas si vous avez remarque que les femmes travaillent et qu' agencer un mode de garde a cet âge est particulièrement difficile.
Oui, mais c'est la maternelle, et je vous avoue avoir beaucoup de mal à y voir une surcharge de travail pour les gamins.

Quand au problème du mode de garde, à mon avis centre de la plupart des reculades et des délires dans l'application de cette réforme, je vous répondrais que ça devrait être le cadet des soucis d'une réforme de l'école publique. C'est le bien-être des enfants et l'acquisition des connaissances qui devrait être la priorité.
C'est vrai que la garde des enfants, ce n'est pas grave, on peut même les laisser dans la rue, hein?

N'importe quoi! Si vous saviez la prise de tête, a Paris par ex.
Savez - vous que même la date de rentrée a été changée et qu'il y a des personnes qui avaient organisé leur planning de septembre pour assister a la rentrée de leur enfant et qu'il faut tout recommencer?
Ça continue dans l'idiotie maximum, c'est tout.
Attention, j'ai dit que ça devrait être le cadet des soucis pour une réforme de l'éducation. Comprenez moi bien, j'en ai marre qu'on fasse passer le bien-être et l'acquisition de connaissance derrière des problèmes de garderie.

Il est évident que la société doit permettre aux femmes et aux hommes (oui je sais...) de travailler et d'élever leurs enfants. Il existe déjà des allocations, des crédits d'impôt, des congés parentaux etc... Tout cela n'entre pas vraiment dans le cadre de l'éducation nationale n'est-ce-pas ? Il me semble qu'il devrait en aller de même des problèmes d'organisation parentale liés aux horaires des leçons. Que ça soit aux collectivités locales ou à l'État de s'en occuper, pourquoi pas. Mais ça ne devrait pas entrer en ligne de compte quand on parle de pédagogie ou d'épanouissement.

Quand à la date de rentrée, je suis aussi consterné que vous, mais c'est encore un autre problème, lié à la désorganisation générale qui semble s'être instituée...
En disant que le samedi matin c'est mieux, j'adhère a votre but, Fredqo: le bien- être des enfants.
Et je ne m'occupe pas des adultes justement.
Pour les petits cinq matinées de suite, c'est inutile et épuisant, pour les plus grands aussi( on a toujours recherche la" semaine des quatre jeudis") c'est trop long sans rupture d'une journée totale en milieu de semaine.
Demandez aux mamans, elles savent très bien, et celles qui vous diront autre chose c'est pour sauvegarder leur sacro- saint week- end.
Je préfère me fier à ce que propose les médecins et autres. En Finlande, la semaine c'est 5 jours du lundi au vendredi et les gamins finissent entre 13 et 15h. Et pourquoi ne pas demander aux papas ? Vous êtes sexistes ?
Oui très sexiste ça doit être ça.
Vous savez qu'il y a plein de papas ET de mamans qui n'ont pas la possibilité de quitter leur boulot a quinze heures?
Vous savez que tout le monde n'est pas prof ou ne travaille pas a la maison.
Mon flls et sa femme sont des salariés cadres qui devraient finir a pas d'heure et qui vont déjà se débrouiller pour être chacun leur tour a dix- huit heures chez eux pour qu'il ne passe pas son temps a l'école ou avec des Baby- dit très. Et moi qui pourrai le garder le mercredi ça le complique totalement la vie( nous sommes très éloignés) de venir a onze heures et demi.
Je l'aurais garde des je mardi soir, il se serait vraiment repose.
Et l'année d'après? Activités extra scolaires encore impossibles, trop de fatigue.
Je vous dis en tant que parent et ancienne enseignante qu'il n'y avait rien de mieux que ce samedi latin et une coupure dans la semaine.
D'autre part, mon fils est allé a la réunion explicative faite par la directrice, il avait mal aux cheveux et même la dirlo a avoue ne pas avoir compris la moitié des directives. Paris onzième,
Ouais d'accord. Donc votre expérience personnelle prime sur la médecine et les études menées dans d'autres pays.
Mais le rapport ne dit de toutes façons absolument pas ce qui va être pratiqué sans une thune en France!
Donc pour le moment, je me fie aux inscrites épuisées et aux parents mecontents
Le rapport ne le dit pas, mais les autres pays le disent. 5 matinées d'affilée, ça se fait sans problème dans de nombreux pays développés. Samedi ou mercredi, ça ne change que dalle, c'est un point mineur qui sert encore une fois le gouvernement en provoquant des tensions entre prof et parents.
Je pense aussi que 5 matinées d'affilée ne posent pas de problème ( ni même 6, d'ailleurs, et je dis ça sans aucune ironie) ... pour un enfant qui a des après-midi plus "light" et qui, lorsqu'il a fini sont temps d'école, passe en mode " maison" ( même si c'est celle de sa nounou), c'est à dire sort de la collectivité.

Or, dans les régions très urbaines ( et ça fait un max de gamins, tout de même), après la classe c'est la garderie qui commence. Et la garderie, même si elle est bien faite, est en soi une source de fatigue : parce que les locaux sont bruyants, parce que l'enfant est dans une dynamique de groupe, etc...

Vous avez raison freudgo, dans beaucoup de pays l'école fonctionne " à peu près" comme ce décret tentait de la faire fonctionner. Avec une nuance importante : dans ces mêmes pays, on ne groupe pas les enfants de 3 à 10 ans dans des classes de plus de 25 élèves, et en majorité ils ne restent pas dans un système de collectivité pour la suite de la journée. Cette nuance-là donne tout leur sens aux remarques des uns et des autres sur les modes de garde hors-temps scolaire.

En effet on parle de rythme de l'enfant, on ne parle pas " d'intensité des leçons", mais bien de sa vie du matin au soir. C'était justement le point fort du rapport de l'académie de médecine.

Oui, la fatigue a une incidence directe sur la qualité de l'apprentissage d'un enfant donc il vaut mieux cibler les heures où ils sont le moins fatigués pour transmettre les connaissances. Mais ça serait pas mal, tant qu'à faire, de ne pas augmenter les sources de fatigue.
Car il existe aussi déjà des enfants qui ne sont PAS fatigués : généralement, ce sont ceux qui se couchent tôt, ne passent pas leurs journées entière en collectivité et dans les transports, n'ont pas la télé dans la chambre, ont des soirées calmes en famille.

Quand un enfant rentre fatigué " de l'école", c'est plus souvent la collectivité qui l'a fatigué que la transmission des savoir en elle-même. Nos actuelles journées de 6 heures seraient moins fatiguantes pour mes élèves s'ils étaient par exemple 18, et non pas 29 dans la classe.
On nous dit " ça coûterait cher". Oui.
Les garderies aussi vont coûter cher, et ne vont pas diminuer la fatigue.


Pour mercredi ou samedi, non, ce n'est pas un point mineur du tout.
Parce que le mercredi les enfants ( à part les fils de commerçants) venaient à pied, accompagnés de leurs parents qui avaient plus de temps, étaient plus détendus, les avaient moins "pressés" avant le départ à l'école. Le samedi les enseignants croisaient les parents des élèves et ces échanges informels permettaient de réguler des tas de situations avant qu'elles ne soient un problème.

Avec des enseignants qui finissent à 15h45 et ne croisent plus du tout les parents ( qui récupéreront les enfants bien plus tard à la garderie), tout va devoir passer par des rendez-vous...dont les horaires vont être difficiles à trouver.

Mais bon, ... on va le faire hein.
ça sera pas la première fois qu'on nous demandera de faire un truc insensé en prétextant l'intérêt supérieur de l'enfant !
Mais encore une fois, si c'est pour dire que la réforme telle qu'elle a été faite est idiote, je suis d'accord.

Oui, il faut changer le modèle du primaire. Mais ça ne se fera pas d'un claquement de doigt, et ce sera long. Et oui, il faudrait s'inspirer correctement des autres pays, et rééquilibrer les budgets vers la primaire comme ça se fait ailleurs.

J'aimerais bien que le pays ne soit pas en crise (aussi bien politique qu'économique), mais faut pas rêver. On ne pourra attendre que des réformes mineures dans l'avenir. Faut juste espérer qu'elles aillent un peu dans la bonne direction à défaut de sombrer dans le délire comme la dernière.
Notre société pensera aux rythmes scolaires le jour ou l'intérêt des personnes passera avant celui de l'argent.... Étant donné votre position sur ce forum, vous êtes risible dans le rôle du progressiste...
Mais oui, bien sûr. C'est pour ça que ce genre de réforme a pu avoir lieu dans d'autres pays où l'on admet parfaitement être social démocrate ou social libéral.

C'est justement quand on se préoccupera des gosses plutôt que des profs ou des parents qu'on deviendra une société vraiment progressiste, mais ça ça n'a rien à voir avec l'argent.
Ah parce que vous, Gondalah , vous êtes progressiste?
Excellent.
Ceci dit, je ne sais pas dans qu'elle position vous pensez que je sois, c'est même rigolo, mais je ne vois pas en quoi mon opinion sur les rythmes scolaires aurait une valeur différente de la votre.
Dans 2 posts, vous votez FN, Gondalah. Tenez vous prêt ;)
" Mais il est aussi à 10-11h le matin, en partie parce que l'on débute à 8h30. "

Bein, de ça aussi, le rapport de l'académie de médecine en parlait.

Et de la présence d'écrans dans une chambre d'enfant.
Et de la répartition des jours d'école sur l'année entière
Et du bruit dans les cantines.
Comprenons-nous bien : je ne conteste pas ce rapport lui-même, il me semble même rigoureux, bien sourcé et complet. IL aurait pu être la base d'une réforme ambitieuse.

Ce qui m'exaspère dans cette histoire, c'est que le décret Peillon a coupé à la hache dans le rapport mais s'en réclame quand même, pour pondre un truc insensé et qui met dans la galère autant de familles que de munciipalités en n'améliorant rien ni pour les élèves ni pour les enseignants ... et que le décret d'assouplissement Hamon aggrave les choses, en plus !

J'aimerais qu'au minimum on ne confonde pas le rapport de l'académie de médecine lui-même et le "mauvais digest" qu'en serait le décret Peillon.

La fameuse loi " sur les exos", comme vous dites, existe bel et bien, mais elle ne porte pas sur "les exos" ... elle porte sur les devoirs à la maison.
Vous allez me dire qu'un exo c'est un devoir à faire à la maison... oui, mais non.
Oui : c'est un travail à faire chez soi et oui, il est écrit.
Non : ce n'est pas un "devoir" au sens qu'avait ce mot au moment où la loi a été promulguée. Les "devoirs" désignant dans ce cas des travaux notés, pris en compte dans une moyenne qui sert à faire un classement et dont découle une orientation.Le "devoir maison" s'opposait dans ce cas au "devoir sur table" ( fait en classe, en temps limité, avec les mêmes supports pour tous).
L'esprit de cette loi était de ne pas faire entrer dans la moyenne une note obtenue sur travail écrit qui n'était pas fait dans des conditions égalitaires par tous les élèves.
Bein, de ça aussi, le rapport de l'académie de médecine en parlait.


Bah je pensais que c'était implicite que je le citais aussi.

J'aimerais qu'au minimum on ne confonde pas le rapport de l'académie de médecine lui-même et le "mauvais digest" qu'en serait le décret Peillon.


Ce que je ne ferais pas, bien au contraire. Mais je m'interroge sur les raisons qui poussent à s'éloigner du rapport de l'académie pour aboutir à ce pathétique gloubiboulga dans une réforme censée, à l'origine, se faire à nombre d'heures constants. C'est assez consternant.

Sur les devoirs : il n'y a pas de lois, me semble-t-il. Juste une circulaire. Enfin des circulaires. La première : http://dcalin.fr/textoff/devoirs_1956.html ne fait effectivement pas son sort à l'exercice à la maison, mais reste très ambigu là-dessus. Des phrases d'intro comme "Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail soutenu ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants." correspondent assez mal à la quantité de travail qu'on impose aux gamins chez eux. Mais effectivement, ce texte distingue les exos.

Mais, et ce n'est que mon sentiment, la circulaire de remplacement : http://dcalin.fr/textoff/etudes_dirigees_1994.html , a en parti pour but de lever cette ambiguïté : "Dans ces conditions, les élèves n’ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire. À la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre.". Je suis entrée à l'école primaire alors que celle-ci s'appliquait, et je peux vous affirmer que ceci n'a JAMAIS été respecté par AUCUN des instituteurs que j'ai eu. À moins que vous comptiez sérieusement prétendre que les exercices qu'on nous imposait faisait parti des leçons à apprendre. Je ne suis pas sûr qu'aucun de ces devoirs ait été noté, c'est trop loin.

Il y a eu d'autres textes à travers les décennies, je ne les cherche pas tous, mais apparemment, une circulaire de 1971 précise également : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/06/12062012Article634750759882820126.aspx "il reste interdit dans l'enseignement élémentaire de donner des travaux écrits à exécuter à la maison ou en étude", ce qui semble très clair. Bref, je doute un tout petit peu de votre interprétation de l'esprit de ces circulaires... Je me fierais plutôt à la lettre du coup...
Je peux tout à fait me planter sur l'esprit de la circulaire, et, vous l'aurez compris, je fais partie de ces très nombreux enseignants qui ne la respectent pas à la lettre.
Je la respecte quand j'ai des élèves de moins de 8 ans. Mais pour les CM il y a dans ma classe des travaux écrits à faire à la maison.
A l'occasion et si ça vous dit, on peut en discuter, ce sera avec plaisir. Je ne prétends pas avoir raison , mais j'ai DES raisons de faire ce choix.
Et puis, la force légale d'une circulaire ... dans l'éduc nat ou ailleurs ...

Par contre, faut pas qu'on prévoie d'avoir une discussion sur chaque écart qui existe entre les lois qui régissent l'éducation nationale et la réalité du terrain, parce que nos vies entières n'y suffiraient pas !
;-)

Les programmes du primaire, par exemple, prévoient 24 heures d'enseignement hebdomadaire ( c'est le total si on additionne les horaires prévus par matière) .
Ils oublient seulement que si les enfants sont effectivement présents 24 heures chaque semaine, il y a tout de même 30 minutes de récréation par jour, soit 2 heures par semaine, , ce qui laisse en réalité 22 h00 d'enseignement hebdomadaire.
Sur 36 semaines, ça fait 72 heures de cours qui sautent par rapport à ce que prévoient les programmes, soit l'équivalent de 3 semaines.

Truc rigolo : avec la réforme des rythmes, et du fait de l'apparition de la 5ème matinée, on ajoute aussi 1 récré par semaine. IL n'y aura donc plus que 21h45 d'enseignement et les programmes continuent à en prévoir 24.
Donc, post réforme, c'est l'équivalent de 2h15 par semaine qui manque, sur l'année entière ça fait 81 heures qui sautent, on est presque à 4 semaines.
Ben ouais, mais la question, ce n'est pas que vous ayez DES raisons de faire ces choix ou pas... C'est plutôt qu'est ce qui vous laisse penser que vous êtes autorisé à le faire ? Votre ministère vous envoie une circulaire vous l'interdisant expressément, et vous êtes fonctionnaire après tout, ça inclue bien quelques devoirs d'obéissance. Comprenez bien, je ne vous en veux pas, après tout tous les profs le font. Mais admettez que 60 ans d'interdiction non respectées, ça peut sembler surréaliste non ? Réalité du terrain ou pas. Je sais que ça peut paraître un peu abrupt comme question, pardon.

Comment ils font ailleurs ? Dans d'autres pays, pour ne pas avoir de devoir à la maison ? Et sans se retrouver avec un pinpin sur cinq qui ne sait pas lire correctement ?

Je veux dire, tant que je tiens un instituteur, j'en profite hein ^^, parce qu'il y a quand même des questions que je me pose. Et ce n'est pas du sarcasme ou de l'ironie, je préfère préciser, parce que je me doute bien qu'il y a un vrai problème sans solution simple, et sans doute pas imputable au instits'.

Mais honnêtement, quand on nous dit qu'on prend une vingtaines (même une trentaine) de gamin de 6 ans, 22h par semaine, 36 semaines par an, pendant 5 ans, enfermés dans une salle de classe avec un prof qui a priori sait lire et écrire, et qu'à la fin, 4 ou 6 de ces gamins auront du mal avec la lecture, j'arrive pas à comprendre. Vous comprenez vous ?
Je suis d'accord sur le premier point : on peut avoir DES raisons et avoir tort ( ou raison), ça ne change rien au fait que la circulaire existe ... mais en 60 ans elle n'est jamais devenue une loi.
Donc, y'a peut-être des gens qui doutent du bien-fondé de son contenu.
Notez que si un jour c'est interdit légalement, je cesserai hein.
J'ai jamais vu de rappel à l'ordre de ma hiérarchie sur ce point, c'est un fait.

Comment ils font ailleurs demandez-vous.
Bein, ça dépend de quel "ailleurs" on parle j'imagine.


Sur vos interrogations, si j'avais l'explication et la solution ... je les donnerais !
Mais pour avoir enseigné la lecture, en classe de CP à quelques promos, voici ce que j'ai constaté, avec les mêmes programmes, et la même instit' ( plus expérimentée au fur et à mesure, certes, mais je ne pense pas que ça joue dans des proportions importantes) :

- Quand j'ai enseigné en banlieue toulousaine, dans un quartier difficile ( où les CRS étaient venus se réfugier dans l'école lors d'une émeute), j'avais, sur une vingtaine d'élèves par classe, au MINIMUM 5 à 6 élèves chaque année qui n'avaient pas atteint le niveau de lecture archi-minimal attendu en fin de CP.
- Quand j'ai enseigné dans le 5ème arrondissement parisien, tout près de la Sorbonne, il arrivait parfois, mais pas tous les ans, qu'un élève sur 25 ait en fin d'année un niveau inférieur à celui attendu mais au-dessus du strict-minimum.
- J'enseigne actuellement dans la banlieue parisienne, milieu social moyen : il y a presque chaque année 2 élèves dans la classe (désormais plutôt 30 que 20 ou 25) qui ont un niveau vraiment faiblard en fin d'année.

Je n'aurai pas, dans ma vie entière, assez d'élèves pour que ça constitue une donnée statistique pertinente, mais j'ai tendance à penser que notre système scolaire ( qui a AUSSI de très grandes qualités) ne sait pas concevoir des programmes "libérés" de ce qu'on considère comme devant être transmis par la famille avant même que l'enseignement commence. Une sorte d'aveuglement, de refus de voir les situations comme elles sont et les élèves là où ils en sont vraiment.
Du coup, tous ceux qui n'ont pas, par leur famille, ce que l'école n'a pas les les moyens de leur donner, sont mis en échec trop souvent.
A mon avis, l'essentiel de la difficulté à laquelle nous nous heurtons est là.
Merci de votre réponse !

Sur la circulaire, il me semble qu'on légifère déjà bien assez à tort et à travers dans ce sujet, et que moins les députés seront impliqués, mieux ce sera. On se souvient qu'un homme politique à une place influente a voulu faire parrainer des victimes de la shoah par des élèves du primaire.

Sur ailleurs, eh ben je pense comme beaucoup au fameux système finlandais dont on nous rabâche sans doute trop les oreilles, mais ils ne sont pas les seuls à avoir des performances supérieures/comparables à la France sans imposer un nombre d'heures aussi importants et une quantité de devoir à la maison également importante. Ça laisse supposer qu'il y a tout de même d'autres manières d'enseigner quelques part dans le monde.

Sur le reste de votre réponse, je vous remercie, c'est assez éclairant. Je ne sais pas si on peut faire des programmes libérés du contexte familial, mais du coup je me demande ce que vous pensez des possibilités d'une personnalisation plus importante de l'enseignement pour chaque élève (dans un monde merveilleux ou une réforme se donnerait les moyens de ses ambitions, naturellement) ?

Sur votre post suivant, je ne nie pas que les programmes ont changé et que le nombre d'heures a varié. Mais les petits français restent parmi les gosses auxquels on impose le plus d'heures de cours, avec en prime du boulot à la maison. Ça me pose un problème moral en fait. J'ai l'impression que, nous tous, nous gâchons un peu leur enfance avec ce système éducatif. Mais je suis bien d'accord que la réduction du volume horaire devrait s'accompagner de véritables changements au niveau de la pédagogie et de la formation des enseignants. Seulement, ça...
Pour en savoir un peu plus sur la Finlande, je vous recommande de lire le compte-rendu qu'en fait Meirieu ici :

http://www.meirieu.com/ECHANGES/robertfinlande.pdf
Absolument fascinant! Merci.
Quoique je doive souligner, juste pour la précision de la chose, que ce compte-rendu n'a pas été fait par Pierre Meirieu mais par Paul Robert, qui en a même fait un livre: La Finlande, un modèle éducatif pour la France? (présentation PDF). Un autre texte du même auteur qui adresse quatre thèmes : 1) le système scolaire finlandais face à la violence, 2) la prise en charge des enfants de l'immigration, 3) les élèves à besoins éducatifs spécifiques, 4) le lycée modulaire.
Merci pour la correction gemp.

J'espère que freudgo suit encore ce fil et aura l'occasion de lire ces textes.
On comprend pourquoi ça ne fera pas écho...
"L’absence de « vie scolaire » et de corps d’inspection" pour expliquer pourquoi ça ne semble pas coûter plus d'avoir plus de moyens humains dans les établissements.

Et aussi: "jusqu'à 16 ans, des séquences de 45 mn avec 15 mn de "liberté" entre". Tout le monde étant persuadé qu'on a besoin de plus d'embrigadement pour mieux imposer la discipline, je ne vois pas venir.
Bien sûr, je vous en remercie.
Je viens de répondre à un autre message sur un autre fil, et je me rends compte qu'il concerne aussi la discussion que nous avons ici, je reprends donc un passage.


Le temps d'apprendre, c'est ce qu'on leur laisse le moins à nos gamins !

Quand j'étais élève de primaire ( de 1973 à 1981) ,il y avait 27 heures de classe par semaine, dont 10 consacrées au français du CP au Cm2.

Actuellement, 24 heures de classe par semaine, dont 8 consacrées au français du Cp au Cm2.

A raison de 36 semaines par an, et 8 années de primaire ( de la petite section au Cm2) , ça fait :
864 heures de moins de classe depuis le début de la maternelle jusqu'au Cm2
et 576 heures de moins de français entre le Cp et le CM2.

Oui, 864 heures de moins d'école .... vous voyez ce que ça représente, avec la durée actuelle des semaines, ça fait 864/24 = 36 36 semaines ... bein ouais, l' équivalent d'une année scolaire entière !

On a volé 1 année entière d'école aux élèves, et ça n'a pas provoqué une révolution.

Pourquoi on ne le dit pas, ça ?
ça devrait être pris en compte quand on fait des comparaisons, non ?


Concrètement :
Si on prend le niveau "global" d'élèves Cm2 en juin 2014, il faut les comparer à des Cm2 de septembre 1980 pour les voir à temps d'école égal.
Les Cm2 de 1980, en juin avaient passé 972 heures de plus que les Cm2 de juin 2014 à l'école !

En 1980, avec 10 heures de français par semaine, pendant 36 semaines par an du Cp au Cm2, un élève de fin de Cm2 avait bénéficié de 1800 heures de français entre son entrée au Cp et la sortie du CM2.

Actuellement, il y a 1440 heures de français entre le Cp et le Cm2.
1800-1440 = 360 360 heures qui manquent ...
360 heures de français, ce sont TOUTES les heures de français de la classe de 6ème ET de la 5ème !

Si on prend des travaux de Cm2 de 1980, il faut les comparer à des travaux d'élèves de 5ème actuellement pour avoir un temps de français égal !



Quel temps donne-t-on aux élèves pour apprendre ? Quel temps ne leur donne-t-on plus ?

N'est-ce pas pour ces raisons-là que les plus faibles morflent davantage qu'il y a quelques années ?
C'est pas le quantitatif qui est en cause.
La rentrée était le 14 septembre...
Et il n'y avait qu'une semaine de vacances à Toussaint et 10 jours en février.
Les années scolaires étaient déjà de 36 semaines.

C'est bien beau, de renvoyer toujours que "le quantitatif" n'est pas la question.

Le nombre d'élèves dans une classe, c'est pas la question,
le budget dont on dispose, c'est pas la question,
le nombre d'heures de cours dont on dispose pour faire passer les savoirs c'est pas la question ...


20 élèves pendant 27 heures, c'est pas comme 30 élèves pendant 24 heures.
Pour les meilleurs, ça continue à marcher, mais les plus faibles s'effondrent.

Et un budget de 25 euros par an et par élève ( c'est le cas là où je bosse), ça ne permet pas de faire les mêmes choses qu'avec 80 euros par an et par élève ( la commune voisine).

Alors, si, le quantitatif, ça compte.
Oui mais on s'absentait un mois pour une appendicite et la scolarité ne s'en trouvait pas chamboulée.

Même la quantité d'élèves, la taille du groupe est à lier avant tout à l'homogénéité du groupe car sinon on bute contre les arguments de ceux qui disent "on était 45 à l'époque". Un enseignant peut se trouver improductif avec 8 élèves. Un précepteur en tête à tête n'avait pas 100% de réussite.
On ne peut pas dire que la relation de cause à effet est direct entre la quantité et le résultat, que l'école qui a 80 € par élèves aura plus de bac+5 que l'école qui a 20 €.
De toutes façons avouons que ce serait ridicule de partir dans une évaluation des résultats selon ces critères.
Par contre si on voulait bien évaluer au moins selon le critère "avant/après" chaque réforme, changement de programme et avant de faire de nouveaux changements.
Car partir de l'évaluation qui compare des pays différents, pratiquants une langues différentes, se donnant des objectifs différents pour juger de la pertinence des choix du MEN est imbécile et ne sert qu'à cacher que les choix sont purement économiques et sectaires.
OK, je suis en grande partie d'accord, j'avais mal compris votre réponse.

Nuance : une absence d'un mois ne chamboulait pas la scolarité des bons élèves, mais pouvait couler les faibles.
Et surtout ... en revenant un mois après, on n'avait pas loupé 5 ou 6 nouvelles notions dans une même matière, mais 1 ou 2, qui de toutes façons seraient reprises par la suite.
Vous avez oublié la troisième info primordiale, Daniel:
http://www.acrimed.org/article4367.html
"Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin, Jacques Julliard, Jean-François Kahn et… Pierre Larrouturou (conseiller régional d’Île-de France – cherchez l’intrus) réunis sur un même bateau pendant 11 jours et 10 nuits. Quelle brochette ! C’est la crème de la crème de l’éditocratie qui embarquera du 13 au 22 novembre 2014 pour un exquis voyage en Méditerranée occidentale. "

Et oui ! Pierre Larrouturou ! Avec Giesbert et Joffrin !
Nouvelle Donne, mais avec un ancien jeu de vieilles cartes.

Et sinon, Daniel, vous savez enfin si la France doit accueillir Edward Snowden, ou non ?
"... le rôle de l'école est d'apprendre aux enfants ce qu'est le monde, et non pas leur inculquer l'art de vivre. Etant donné que le monde est vieux, toujours plus vieux qu'eux, le fait d'apprendre est inévitablement tourné vers le passé ..." " On ne peut éduquer sans en même temps enseigner (...) Mais on peut très facilement enseigner sans éduquer et on peut continuer à apprendre jusqu'à la fin de ses jours sans jamais s'éduquer pour autant." ( H.Arendt, " la crise de l'éducation" p 251)
Pour atteindre la connaissance, il faut des compétences ;ça marche ensemble , il me semble que c'est l'évidence. Tout le reste n'est que combats d'ayatollahs.
Quel bonheur! La comtesse de Levallois et monsieur, amis de l'ambitieux dépensier acharné tombent .Quel bonheur!
[quote=Daniel Schneidermann]Cet aveu ouvre la porte [....] à une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans.

Vous nous mettez l'eau à la bouche ...
.
Je pense que nous pouvons dire que:

1- certains électeurs savent lire les professions de foi (compétence acquise)
2- certains électeurs ne savent pas les lier à l'histoire (connaissance nulle)

Ancien pédagogue Freinet sans que les "programmes" nous enchaînent, dans la liberté pédagogique, je faisais en sorte de permettre aux enfants d'avoir des connaissances ouvrant le lit de certaines compétences et d'avoir les compétences pour entrer dans la compréhension plus approfondie des connaissances.

Misère des dogmes!!!

La photocopie a ruiné l'imagination créatrice enfermant les enfants dans la tristesse des apprentissages programmés
faisons d'une pierre deux coups: remplaçons Boissinot par Balkany.
" Boissinot aurait, selon L'Obs, tremblé à l'idée d'être accusé par Finkielkraut de sacrifier l'excellence française. "

Le "terrorisme intellectuel" aurait changé de camp ?
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