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Astérix chez les woke

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Bonjour et merci pour la chronique


"Oui, les images contestées sont des représentations stéréotypées de catégories dominées. Non, leurs créateurs, animés pour la plupart d'excellentes intentions, ne sont pas membres de ces catégories dominées. Ces ima(...)

Mais est-ce qu'Astérix n'est pas humiliant pour les descendants des Gaulois ? Ne peut-on pas être offensé par cette représentation stéréotypée de buveurs de cervoise, mangeurs de sangliers, vivant dans un village assiégé par les forces de l'empire Ro(...)

Goscinny se moquait de nous (et il faisait partie du "nous") en croquant et moquant nos clichés. Il l'a fait sur les Allemands (les Goths), les Anglais (les Bretons), Les Auvergnats (les Arvernes), les Espagnols, les Marseillais, les Vikings, et, nat(...)

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Ça surprendra moins de sa part, mais dans la série bruleurs de livres, la droite américaine laisse aussi éclater ses fantasmes de purification par le feu (enfin c'est pas nouveau de ce coté, sa frange évangéliste étant derrière la majorité des incidents de ce style depuis la 2ème guerre mondiale, avec notamment de nombreux autodafés d'Harry Potter ou de livres de règles de JdR à une époque, si elle s'était un peu calmée depuis une décennie ou deux).

Petit épilogue au passage : Les écoles concernées regrettent maintenant officiellement s'être livrées à cette opération. Quant à la "gardienne du savoir" Suzy Kies elle a démissionné de ses responsabilités au parti libéral (si c'est plus suite aux révélations sur son manque d'ascendance autochtone qui ont fait scandale qu'à la condamnation de son action, si Trudeau a aussi dit qu'il "ne serait jamais pour qu'on brule des livres").

Tiens on a retrouvé l'index?

Pour moi tous les gens qui brûlent ou détruisent des livres contraires à x ou y sont des fachos. Ce qui ne m'empêche pas de penser qu'Astérix est une daube depuis la mort de Goscinny. Hergé a eu raison d'interdire qu'on continue Tintin sans lui.

Je m'interroge sur la notion de "représentation fausse". Un récit, une histoire, une blague, un article journalistique, une étude sociologique, etc. sont des recompositions du réel. Ils en sont nécessairement des représentations, et ces représentations sont partielles, parfois partiales.

A partir du moment où l'on accepte - difficile de faire autrement - que l'univers mental des êtres humains est constitué en grande partie de représentations (qui peuvent naturellement évoluer et le font), on doit bien admettre qu'il est forcément empreint d'une certaine déformation de la réalité (,e serait-ce que par la simplification qu'il opère). Et les représentations qui se constituent de par notre éducation, notre environnement culturel, notre milieu sociologique, notre histoire, nos rencontres, nos expériences, sont forcément des constructions qui nous permettent d'appréhender le réel, de nous y mouvoir, de pouvoir vivre et interagir avec ce qui nous entoure. Une lecture, un reportage, une rencontre, une expérience, une prise de recul peuvent faire évoluer tel ou tel aspect de nos représentations, c'est même quelque chose de quasi-quotidien. On voit toujours les choses avec notre propre prisme, mais celui-ci évolue. Il est vain de croire que l'appréhension du réel sera un jour la même pour chacun. Nous avons tous notre vision - provisoire - des choses. La faire évoluer dans un sens qui paraitra (à qui ?) progressiste est sans doute bienvenu. Mais vouloir faire croire qu'il existerait une représentation "vraie" qui serait universelle ne serait-ce qu'à propos d'un infime pan de la réalité me parait en soi problématique. Qui produira la représentation "vraie" ? Est-ce qu'en tant que Français, je suis seul habilité à fournir au monde la "vraie" représentation de ce qu'est un Français ?

Il aura fallu attendre Robert Paxton, un chercheur venant des confins de la terre, pour réaliser - en partie - ce qu'avait pu être la réalité de la politique de Vichy. Un étranger venant éclairer l'histoire de France ! Quelle ignominie pour les tenants des autodafés destinés à protéger des victimes (passées, actuelles, futures, on ne sait plus trop) de discriminations ou des bourreaux de leur propre représentation "fausse". A ce compte, l'égyptologue devra être égyptien (même si on ne voit pas en quoi l'Egyptien moderne ait quelque chose à voir culturellement avec l'Egyptien ancien), le spécialiste de la Révolution française devra être français (encore faudra-t-il trouver des Français pouvant prouver que leurs ancêtres étaient des révolutionnaires français, sinon on court le risque d'une forme d'appropriation culturelle, non ?), l'auteur de BD devra écrire des BD dont l'action se situe dans son propre pays et ne devra dessiner que des personnages qui ont la même nationalité que lui - et si l'on pousse la logique à l'extrême, ses personnages devront être issus du même milieu socio-culturel que le sien. Bref, en allant au bout, il me semble que dans la logique qui anime ces partisans de l'absolu, chacun devra parler uniquement de lui-même et accepter le discours que l'autre a sur lui-même. Ecouter le discours que l'autre a de lui-même est une bonne chose, y adhérer sans réserve me parait dangereux. A ce compte, attention point Goodwin à venir, Adolf était un grand pacifiste puisque il se présente comme tel dans l'entretien qu'il a accordé à Paris-soir (en 1936 si je ne m'abuse). 

Mettre en mots et/ou en images le monde, c'est le simplifier, le déformer, d'autant plus quand il s'agit de fiction. Cela ne veut pas dire que toute mise en images ou en mots est acceptable. Tout peut être discutable et devrait l'être. Mais évacuer le problème en détruisant ce que l'on considère ne devoir pas exister, c'est au contraire détruire une partie du réel, c'est donc faire le contraire de ce qu'on recommande. Ces livres, ces BD, ces films sont des réalités. Le monde doit vivre avec, pas y adhérer mais vivre avec. C'est une question de responsabilité il me semble. L'être humain doit faire face à ses propres créations, les remettre en cause, en perspective, les discuter, les rejeter éventuellement. Les détruire, c'est tout autant vouloir déformer le réel car ils en font partie. Ils sont là, faisons avec et regardons-nous en face.


Dans les bibliothèques, on pratique régulièrement ce que l'on appelle le "désherbage", on se débarrasse de certains livres, pas assez consultés ou obsolètes, ou ne correspondant pas ou plus à la politique de l'offre que l'on souhaite mettre en oeuvre. On peut toujours regretter la disparition des livres, mais dans le cas qui nous occupe, il s'agit de toute autre chose ce me semble.


Excusez la mauvaise construction de mon avis, j'avoue que j'essaie de réfléchir en écrivant et ma réflexion, imparfaite, empreinte de mes représentations qui évoluent au fil du temps, me semble quelque peu confuse en l'état.



Les québecois et les ontariens auraient -ils préférés des images des autochtones citadins, sdf (itinérants), alcooliques, sales, accros aux jeux, obèses, diabétiques, violents dans un album Astérix ? Franchement....

À propos de discrimination, ce qui m’a toujours choquée dans Astérix, depuis le début, désolée de vous le dire, même du temps de Goscinny et Uderzo, c’est la grossophobie décomplexée des auteurs. Vérifiez ! À plusieurs reprises, Obélix est violemment traité de « gros », alors qu’en vrai, il est juste un peu enveloppé.

Depuis combien de siècles les femmes sont opprimées (bon, ça se réveille, mais cette dame a mis longtemps à émerger) ?

Et  l'holocauste, les génocides, les juifs assassinés, les arméniens, elle a oublié ? occulté ? 

Cela dit, je regrette que ce soit par le Canada que cette hystérie intellectuelle prenne forme

PS : je n'ai toujours pas compris ce que sont "les woke"  'scuse -)

Imaginons... que toutes les statues et représentations physiques (statues, tableaux, images, videos, jeux et assimilé(e)s, que tous les livres, discours, articles et commentaires internet (pour faire court), que tout cela disparaisse. QUI pourra alors affirmer - sans preuve, donc - que les catégories dominées l'ont été, et quelles catégories ? Puisque plus rien n'est là, pour expliquer, démontrer, justifier ?

Bonne journée

Je viens de lire l'article relayé et j'ai plus de mal à comprendre la relativisation de DS vu les livres rejetés et le fait qu'initialement il était bien question de brûler tous les livres (mais ils ont renoncé par peur du bad buzz).


"Des cérémonies semblables devaient se tenir dans chacune des écoles, mais la pandémie les a reportées à plus tard. L’idée initiale de brûler tous les livres a aussi été écartée, par crainte de susciter un tollé chez les parents d’élèves et les enseignants."


A propos d'un des livres jetés : 


"Bibliothèques et archives Canada(Nouvelle fenêtre) a déjà écrit à propos de ce livre que Sylvie Brien [y] aborde avec justesse le sujet des pensionnats où les jeunes autochtones, arrachés à leur famille, étaient éduqués loin de leurs parents et de leurs traditions."


Un autre : 


"On a été très rigoureux dans notre recherche et on trouve ça très décevant, réagit Jean-Claude Larocque. Le Fils des Hurons est inspiré de la thèse de doctorat de l’archéologue Bruce G. Trigger. Les travaux de ce dernier ont été tellement appréciés et reconnus qu’il a reçu le titre de membre honoraire de la Nation Huronne-Wendat(Nouvelle fenêtre). "


Ca pue l'obscurantisme en fait.


A la relecture de la chronique, j'ai l'impression que DS s'est focalisé sur les quelques cas Lucky luke/Asterix en occultant le reste de l'article et les points les plus problématiques.

je pense que les "catégories dominés" se goinfrent ce genre de représentation depuis qu'iels sont tout petits; pas la peine d'en rajouter. De plus enlever des livres de bibliothèques scolaires; ça veut pas dire les retirer complétement de la circulation; si un prof veut veut faire une étude de cas (par exemple pour faire comprendre aux blancs les clichés racistes) personne lui empêche. sinon le terme autodafé que ce soit pour des manuels scolaires mis au pilon ou ça bon c'est toujours aussi ridicule.

Quand je pense que j'ai parmi mes lectures culte "Mémoire de feu" d'Eduardo Galeano, un Uruguayen "européen" qui raconte les mythes et légendes des autochtones des Amériques - sans doute sans leur avoir même versé de droits d'auteur... 


Je vais vite enfermer le bouquin dans un coffre blindé ignifugé : on n'est jamais trop prudent !

LA phrase importante:

"Si toutefois c'est bien l'objectif poursuivi."

Merci Daniel ... :)

Daniel qui emploie carrément le mot "woke" dans un titre, sans en donner aucune définition, puis encore "cancel" dans le corps de l'article, et pas encore une personne pour lui demander faussement naïvement, le long de 500 messages, ce que ces mots mystérieux signifient ou lui raconter que ces concepts/anathèmes sont juste une invention de l'extrême droite (et de contester l'idée qu'une telle idéologie puisse conduire à finir par vouloir bruler des livres, "ce qui n'est que propagande").


A croire que ça n'arrive qu'à moi. :smiley-calimero: (ou est ce que Tristan est en vacances ?)

J'aimais bien Asterix mais j'ai toujours été plus porté sur Johan et Pirlouit.


Concernant les livres en général, plutôt que recycler je trouve toujours mieux de faire don, que ce soit à une bibliothèque ou à des particuliers. Autant je peux comprendre qu'aux USA, la place de ce genre de bd ne soit pas forcement dans une école, autant le parti pris du recyclage sur le don me gêne. Certes ce n'est pas une autodafé, mais sur la logique de fond, ça reste un peu le même principe de faire disparaître un livre pour son contenu. Pas de quoi faire une esclandre mais si on me met le sujet sous le nez je serai plus dans la désapprobation que l'encouragement.


Ensuite, j'aimerais dire que les stéréotypes c'est bien ! J'aime beaucoup les stéréotypes. Le problème ne vient pas de là, il vient de l'éducation en général d'une part, et de l'apprentissage du fait qu'un stéréotype n'est pas la réalité d'autre part.

Ce qui me gêne avec les indignés du stéréotypes, c'est qu'ils mélangent tout sur ce point et veulent faire disparaître les stéréotypes quel que soit le contexte. Hors un stéréotype dans Asterix ce n'est pas pareil qu'un préjugé dans un livre politique ou que des représentations racistes dans une bd à but politique.

Véhiculer un stéréotype n'est pas à mettre sur le même plan qu'utiliser un stéréotype à des fins politiques. Quoi que les gens puisse penser "gnagna la réception prime sur tout", l'intention de l'auteur, ça compte. Et que parfois, oui, c'est le public qui réceptionne mal.


Concernant les "wokes", je pense que les dérives sont marginales, mais il ne faudrait pas nier l'existence de ces dérives pour autant dans l'idée de ne pas vouloir discréditer les revendications plus légitimes. C'est un peu comme avec la police, ce n'est pas en niant les violences qu'on préserve l'institution mais plutôt en les reconnaissant et en les condamnant, si marginale puissent-elles être.

Autodfé ("Acte de Foi", en Espagnol) ou poubelle jaune, sont deux actes qui évitent de réfléchir.
La question que je me pose, c'est : est-il vraiment nécessaire d'argumenter avec ce genre de demeurés ?
Et pourquoi pas argumenter avec des Talibans en leur expliquant qu'il existe des versions critiques du Coran, et même un Roman (ça veut dire une histoire inventée, pas un texte Sacré) à propos de Versets Sataniques...

Un autre petit détail : "ont été, pour leur part, recyclés (c'est à dire, transposé à la France, balancés dans la poubelle jaune) "

Ça, ce n'est pas transposé à la France, mais (j'imagine) à Paris... Chez moi, par exemple, les poubelles pour recycler sont vertes (et aucune de nos poubelles n'est jaune).
Éoué.
Une erreur assez ironique dans le contexte de l'article, trouvé-je.

Il me semble que le sujet qui nous préoccupe offre au moins deux issues possibles :


1- les dominants pondent ce qu’ils pondent, avec des intentions bien ou malveillantes, sans écouter les rares protestations issues de leurs rangs ou d’ailleurs pendant que les dominés font leur affaire de digérer la production des dominants (l’estomac du dominé est fait pour ça) afin, dans le meilleurs des cas, de faire du fruit de cette digestion un support de l’intelligence collective, chemin de plaine vers l’égalité; il faut juste le temps de contourner les nombreuses montages qui se dressent au passage (compter plusieurs vies d’hommes quand-même, on n’est jamais trop patient dans ces affaires-là).


2- les dominants pondent ce qu’ils pondent [et cætera…] pendant que les dominés avec des intentions bien ou malveillantes se débarrassent des œufs qu’ils jugent nauséabonds, sans écouter les rares appels à modération issus de leurs rangs ou d’ailleurs, la tâche revenant alors aux dominants et dans le meilleurs des cas aux deux (dominants et dominés) de tenter de trouver une recette susceptible de rendre ces œufs plus digestes et d’apprendre à éviter de pondre de pareilles ignominies, chemin un peu plus chahuté vers l’égalité, avec franchissement de quelques cols (compter plusieurs vies d’hommes quand-même, il y a souvent une autre montagne après un col).


Les deux n’étant pas exclusifs naturellement !

merci pour cette chronique, qui me donne l'occasion de m'étonner ... 


à propos de Tintin. , montré à toute occasion du doigt, pour banaliser des images racistes, colonialistes, antisémites, anti arabes, et autres péchés capitaux ; et de citer Tintin au Congo, Coke en Stock, le Pays de l'or noir,  Tintin en Amérique, pour les faire mettre au pilon... 


de m'étonner, donc, que jamais ne soit mentionné son " racisme"  

anti-japonais (Mitsuhirato dans le Lotus Bleu), 

anti américain et anti britannique, (Gibbons et autres plénipotentiaires occidentaux faisant la loi en Chine, et couvrant le trafic de l'opium...

anti soviétique (le traître qui achète Wolff dans On a marché sur la lune) , 

anti-psychiatre (Le médecin marron dans le lotus Bleu), 

anti-savants (tous des illuminés, des fous, des naïfs)

antinazi (le Dr Müller) ...


tiens, je vais aller en relire un .



"Organisez des lectures critiques, dans les classes, à la télévision, où vous voulez, sur l'exactitude ou non de ces représentations (ce que l'enquête de Radio Canada amorce par un mini-débat sur le thème "Est-il exact de représenter les Amérindiens torse nu" ?), ou encore sur le décalage entre les intentions des auteurs et la réception des œuvres. C'est sans doute un moyen plus sûr d'atteindre l'intelligence collective. Si toutefois c'est bien l'objectif poursuivi."

Outre que cette question est complotiste , est ce que les anti complotiste sont des wokes ? Enfin bref ,on a plus le temps de discuter , de réfléchir , faut s'invectiver , se lancer des cailloux de manière d'être bien sur qu'il ne pourra plus y avoir de retour en arrière , du buzz du buzz .Exploser la société en d'infinies particules , créer de faux problèmes tout les jours , toutes le minutes .Alors faut revenir sur terre , l'ennemi principal , celui qui nous fait le plus de mal , c'est le bourgeois néolibéral , on oubli tout le reste , on se focalise et on balance toute cette énergie dans la gueule du bourgeois , et une fois débarrassé de cette engeance , on s'amusera avec les indiens et les gros si vous en avez toujours envi !

Petit message "bienveillant" à l'attention de tous les "fatigués" de ces "polémiques de woke" : vous avez raison, ce serait un scandale de jeter à la poubelle La France juive ou Les protocoles des Sages de Sion. Et qu'on arrête de nous bassiner avec la Shoah, c'est du passé ! En plus, Hitler ne pensait peut-être pas à mal, il faut relativiser et surtout "recontextualiser", voyons...


Fatigue !

Doit-on s'attendre à un autodafé chez les Corses ?

Tout le champ sémantique woke est là:
"Faut-il annuler ("cancel") un certain nombre d'œuvres toxiques ?" ==> donc elles sont effectivement "toxiques", pas de réflexions à avoir. Daniel l'a dit.
"Oui, les images contestées sont des représentations stéréotypées de catégories dominées" ==> ces catégories sont dominées absolument, c'est systémique on vous dit. Avalez-donc la pilule.
"Offensantes ? Ce n'est pas à moi de le dire, mais aux membres de ces catégories." ==> Fausse humilité de l’allié objectif, qui a déjà passé son jugement dans les deux phrases précédentes.

En attendant, au delà des livres, la question de l'impact de cet entreprenariat de morale se pose sur des personnes réelles:
- les professeurs d'universités virés et les intervenants qui se voient interdire l'accès aux universités par une minorité d'activistes (il était question de "liberté académique", à un moment?)
- les employés blanc de grandes entreprises qui se voient contraint de suivre des séminaires de sensibilisation sur le "white privilege" (
Lockheed Martin, Coca-Cola)
Prendre de la distance est plus que nécessaire: https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme/

Je n’ose imaginer la réaction de ces comités de censure s’il leur tombait sous la main les aventures goscinno-uderziennes d’Oumpah-Pah le Peau-Rouge dans ses deux versions: l’américaine en plongée dans le monde industriel, et la française sous Louis XV…

Merci pour la chronique. Ce qu'elle ne souligne pas en revanche, c'est l'aspect tempête dans un verre d'eau de l'histoire. Retirer des livres dépassés, vieillots ou tout simplement non lus, ça se fait tous les ans dans tous les CDI et toutes les bibliothèques de France. 


Et ça ne choque personne, parce que c'est juste normal et logique. L'espace n'est pas extensible à l'infini dans les écoles, de nouveaux livres arrivent, les fonds sont à renouveler. Bref, clairement pas de quoi fouetter un chat, sauf à vouloir créer une polémique inutile et stérile. Ce qui n'est pas le genre des éditocrates, n'est ce pas ?

Bon bah finalement, d'après une enquête de Radio Canada, la "gardienne du savoir autochtone" qui a fait cette autodafé et était la "madame autochtone" de Justin Trudeau, n'a en réalité aucun ancêtre autochtone.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1822333/livres-suzy-kies-gardienne-savoir-parti-liberal-autochtones


Quand on dit que les convertis sont les plus zélés, faut croire que ça marche aussi pour les races au sens nord-américains du terme ("racisé" on dirait ici). 

C'est un détail mais la Grande Traversée n'est pas un album post-Goscinny, il a bien été scénarisé par Goscinny. Et il est très drôle. Mais j'espère qu'après cet autodafé d'Astérix, les autochtones canadiens voudront bien pardonner le génocide qu'ils ont subi. C'est quitte hein ?

Maintenant, faut s'attaquer à tous les bouquins où les juifs sont représentés de façon stéréotypés et où les femmes ne sont pas représentées comme égales à l'homme.  Je pense que ça fait du boulot, donc faut s'y mettre.

Bonjour et merci pour la chronique


"Oui, les images contestées sont des représentations stéréotypées de catégories dominées. Non, leurs créateurs, animés pour la plupart d'excellentes intentions, ne sont pas membres de ces catégories dominées. Ces images stéréotypées sont-elles dévalorisantes ? Sans aucun doute, même involontairement, et paradoxalement (la petite squaw sexy qui entraîne Obélix, par exemple). Offensantes ? "


Pardon, mais quel sérieux de cathédrale, quelle technicité dans le langage... pour parler de dessins qui font sourire. Franchement, je fatigue un peu, et j'ai peut-être tort, du reste. Mais peut-être pas. Parce qu'ici, on lit donc aussi que 30 livres brûlés c'est moins grave que 5000 ... mais bien sûr... J'attends de voir si, un jour où 5 exemplaires de (l'excellent) "Berlin 1933" seront brûlés, vous écrirez "bof, pas si grave". 

Le fait est que si l'alt-right avait brûlé 30 livres de gauche, tout le monde serait en PLS actuellement. Moi ça me va, d'ailleurs, mais alors pourquoi cette mansuétude comptable pour les gros débiles qui ont fait ça ?  J'ai lu Astérix et Tintin toute mon enfance, pourtant je suis resté indécrottablement antiraciste tout ma vie, c'est quand même incroyable de craindre que ces BD puissent être suspectes, menaçantes, et rendre les gens intolérants. Même la proposition d'étudier ça pour contextualiser et dire combien c'est trètrèméchon, et édifier les masse, ca me rend triste en fait. Encore un truc de gens très subtils qui t'expliquent donc tranquillou que eux ont compris la subtilité, mais qu'il faut l'éradiquer de la planète pour éviter que le peuple teubé ne tombe dans le panneau. Si c'est pas le mépris suprême, ça...

Ces BD font rire, le rire est libérateur, il ouvre les yeux sur les clichés mobilisés, et rend conscient des clichés qu'on utilise à son tour. C'est ce rire qui est émancipateur, généreux. Pas les petits flics qui veulent le peser au trébuchet. 


Mais bon sans quand la gauche va-t-elle se réveiller, retravailler la question sociale et la lutte des classes, plutôt que de s'abîmer dans le flicage bourgeois des impurs pour protéger les purs ?


Est-ce que Gosciny et Uderzo se moquaient des indiens, des corses, des belges, des anglais ? Est-ce que les gaulois avaient vraiment des gros nez et mangeaient du sanglier avec les doigts ?

Les femmes sont représentées de façon sexy, les homme ont des gros muscles. N'est-ce pas le principe même de la bande dessinée franco-belge, de grossir le trait ? Est-ce que grossir le trait c'est propager des stéréotypes et blesser? Comment caricaturer sans s'appuyer sur des caractéristiques réelles (les femmes ont des seins, les homme ont un pénis)? Comment combattre les stéréotypes (et donc le déterminisme sociale qui peut en résulter) sans annuler la culture? Qu'est-ce qui fait qu'on annulerait les "black face" et pas "Natacha hotesse de l'air" ?

Amusez-vous bien, moi je vais relire Gotlib et les rubrique-à-brac.

J'ai du mal à "plonger" dans ces querelles qui me paraissent quelque peu idiotes... cependant, faisant partie de la "minorité féminine d'une majorité occidentale dominante", je suis certainement mal placée pour émettre de tels jugements. Mais, en tant qu'"ethnologue de pacotille", je comprends que les anciens "dominés" aient besoin de remettre les choses en place. Toutefois, je suis comme vous, je pense que rien ne sert de brûler des livres ou de faire tomber des statues... et qu'il faut absolument privilégier l'échange, le dialogue, car ces anciens dominés ont à nous apprendre, c'est certain. 

Le seul hic là-dedans, c'est que certains majoritaires sont irrémédiablement arc-boutés sur leurs certitudes ethnocentrées et refusent d'entendre quoique ce soit. J'ai un rêve pour Zemmour : l'abandonner à pied, sans argent, dans la foule des Cairotes occupés à mener leur vie quotidienne de pauvres... lui donner l'adresse du consulat de France écrite en arabe et, en bon entomologiste, étudier ses faits et gestes... Puis lui faire lire "poils de Cairotes" de Paul Fournel (collection "Points")... ou les livres d'Albert Cossery sur ce petit peuple des pauvres du Caire... (une fois de +, hors sujet) !

J'adhère totalement à la conclusion : l'analyse et la recontextualisation qui peuvent se faire en classe sont bien plus productives que l'effacement. 


En tant que prof de français, j'ai le souvenir d'une séance menée en sixième sur la représentation de la femme dans les différentes versions cinématographiques de la Belle et la Bête (soit chez Cocteau, Disney et Christophe Gans) : la représentation du personnage principal en fille soumise et obéissante chez Cocteau avait scandalisé (à juste titre ?) une de mes élèves, ce qui m'avait permis d'insister sur le fait que l'émancipation de la femme n'avait pas toujours existé et que c'était le résultat de luttes idéologiques menées au cours du XXème et XXIème siècles qui avaient rendu possible la situation que nous connaissons aujourd'hui (et qui reste encore perfectible).

Cher Daniel, entièrement d'accord avec votre post .. mais on ne dit pas (et on l'écrit encore moins) "ENTENDABLE" (mais AUDIBLE) .... !!! au secours, pas vous !! :)

De toutes façons, Astérix c'est dépassé, les gosses s'en foutent complètement, ils sont passés à autre chose. C'est vraiment des chamailleries de boomers. Et c'est un boomer woke qui vous le dit.

Je suis pour le retrait des Asterix car les gaulois, nos chers ascendants, passent pour des demeurés aux sales gueules.  

je ne répèterai pas la formule archi utilisée du sage et de la lune, mais ici je pensais que le sujet de réflexion était de comprendre le cheminement intellectuel pervers qui amenait certains ( vive les réseaux sociaux ! ) à dénoncer daniel schneidermann comme complice de ceux qui avaient pris la décision de détruire ce livre

Très curieux de connaître les références littéraires de Mme Suzy Kies...

J'ai un poil de sourcil bien plus long que les autres. Il leur fait de l'ombre et leurs confrères  (ils sont libéraux!) ne peuvent, de ce fait, bronzer. Ce qui n'est pas très tendance. 

Dois-je le couper avant l'hiver? Quelqu'un peut-il m'aider, même si j'ai les miens.

Goscinny se moquait de nous (et il faisait partie du "nous") en croquant et moquant nos clichés. Il l'a fait sur les Allemands (les Goths), les Anglais (les Bretons), Les Auvergnats (les Arvernes), les Espagnols, les Marseillais, les Vikings, et, naturellement, les Romains et les Gaulois. 

Pas vraiment étonnant qu'il soit à son tour, en compagnie de son compère Uderzo, pris dans l’œil du cyclone, et monté dans la charrette avec sa petite pancarte autour du cou. 

Une question me taraude : les racistes, les xénophobes, les antisémites et autres "anti" de tous pelages sont-ils bien les seuls à ne pas prendre de recul par rapport aux œuvres qu'ils lisent ?

Une fois de plus, rien à redire sur votre article : " c'est dur à admettre, Maître " !

je n'ai pas encore bien compris ce que c'est, un "woke"... ça vient de "wake" (réveil) ?

je peux chercher sur le ouaibe, mais si quelqu'un a envie de m'expliquer... ;)


Remarque bête mais l'album avec les indiens s'appelle la "Grande traversée" et le titre "Asterix et les indiens" correspond au film sorti en 1994.

Sans compter que l'encrage correspond plus à du celluloïd gouaché posé sur un décor peint et que le format de la capture fait pile 16/9.


C'est le film et/ou le bouquin qui a été pilonné ?

Si on parle de bouquin, pourquoi montrer l'image du film ?

Je n'ai qu'un vague souvenir des deux qui se mélange mais je me souviens clairement qu'il ne sont pas du tout pareil... (je me souviens très bien avoir trouvé le film complètement naze, vu à l'âge de 14 ans)

Bah, en fait, c'est pareil qu'à la maison: quand ta mère trie ton armoire et qu'elle y laisse la cagoule orange et marron qui gratte, personne ne trouve rien à y redire. Par contre quand tu utilises le t-shirt coca-cola de papa, plein de trous mais collector, pour cirer tes chaussures, là c'est le drame....!

Placez-les au centre du débat. Organisez des lectures critiques, dans les classes, à la télévision, où vous voulez ...


Et j'ajouterai peut-être aussi, remettez-les dans le contexte historique. 

L'époque explique parfois certaines choses... Et ce n'est pas celle que nous vivons qui me démentira

Mais est-ce qu'Astérix n'est pas humiliant pour les descendants des Gaulois ? Ne peut-on pas être offensé par cette représentation stéréotypée de buveurs de cervoise, mangeurs de sangliers, vivant dans un village assiégé par les forces de l'empire Romain ? Ou alors est-ce que la BD ne joue pas juste sur les clichés pour nous faire rire et les dépasser ? 

Commentaire peut-être un peu anecdotique, mais juste factuel : Astérix et les Indiens n'est pas, stricto sensu, un "album d'Astérix" mais un album tiré du dessin animé Astérix et les Indiens, lui-même inspiré de La Grande Traversée, qui, lui, est un album Gosciny-Uderzo.

« C'est sans doute un moyen plus sûr d'atteindre l'intelligence collective »


Noble intention, mais qui demande une énergie incroyable.


Certaines de ces œuvres méritent probablement une telle attention, pas forcément de par leur « qualité », mais de par l’impact qu’elles ont eu.


Pour d’autres, un simple « ouais non c’est bon ça véhicule des stéréotypes moisis » suffit peut-être amplement.


Et puis on ne parle pas de les faire disparaître de l’histoire non plus hein. Juste de ne plus les valoriser sans appareil critIque…

Les canadiens découvrent pour certains avec effroi l'horreur des pensionnaires pour "indiens" : https://www.franceculture.fr/histoire/tuer-lindien-dans-lenfant-danciens-pensionnaires-canadiens-temoignent

Je pense qu'on peut utiliser cet opus relativement nul d'Astérix pour caler les étagères de la bibliothèque pendant qu'ils et elles travaillent sur leur histoire. (Polony sera choquée, elle est toujours du bon coté, comme d'hab')

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