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Allen, Polanski, l'œuf et la révolution

Commentaires préférés des abonnés

Permettez-moi, vieil abonné dans tous les sens du termes, une petite digression au moment où Lioubana SA vient, comme chaque année, de délester mon compte bancaire d'un montant -somme tout- modique.


Je voudrais, exprimer ma satisfaction (non! pas béat(...)

Merci à Lea Salamé de partager ses raisonnements grossiers aussi bien sur les ondes qu'en dehors. Chacune de ses interventions est un moment de grâce. J'espère qu'elle se présentera à la présidentielle, et j'ai hâte de voir le débat du second tour av(...)

C'est hors sujet mais :


comme beaucoup d'@sinautes, j'essaye chaque matin de parier ( avec moi-même ), sur le sujet que choisira Daniel. 

Ce matin je pensais que la répression de la manifestation de dimanche à Paris arriverait en tête... raté ( en(...)

Derniers commentaires

""les millénaires de peur, peur du père, peur du mari, peur de l'ami du père, peur du petit chef frôleur, peur du patron, peur du rôdeur des rues, dont les femmes s'efforcent aujourd'hui de sortir ? ""

Je conteste ça. :-)

C'est la vision parfaitement partielle ET partiale d'un temps, d'un lieux et d'un groupe social.

Effet loupe... dans une époque de Déglingue.


""les millénaires de peur de tout, peur de la femme, peur de la belle mère, peur des amies de la femme, peur du petit chef harceleur, peur du patron, peur du rôdeur des rues, dont les hommes ne s'efforcent pas aujourd'hui de sortir ? 


Réponse de mon père (oh, c'était ya très longtemps en d'autres temps) à des voisins "bienveillants" venant lui rapporter l'adultère (supposé?) de ma mère: "Ça ne s'use pas". :-)

Allez y , hurlez... :-)

La suite est encore pire.

Suite à cette sortie, d'autres "bonnes âmes" ont trouvé bon d'insister en lui parlant de son honneur.

Réponse: "C'est placer l'honneur bien bas que de le mettre entre les jambe d'une femme."

Comprendre: le sexe est trivial et indispensable. Toutes les actions relatives à la sexualité pourrait être rapportées à l'alimentation.

C'est bon..? :-)

L'apologie de la sexualité et la sacralisation à outrance du sexe et des comportements sociaux relatifs est affaire de culture et donc une question de point de vue.

L'atteinte à l'intégrité physique d'un humain est répréhensible dans toutes les sociétés, par contre la définition de l'atteinte est variable conjoncturelle et Politique.

Si demain se faire marcher sur les pieds dans une foule devient culturellement un agression physique intolérable, il finira par s'en trouver beaucoup pour névroser, déprimer et créer toute une culture sociale 'groupusculaire ou non) autour de la foule, des chaussures, des pieds, des variantes de marchage sur les pieds et que sais je encore.

Bon, toute agression physique ou mentale EST répréhensible. 

Il n'est JAMAIS interdit de se défendre lors de l'agression. Il n'est jamais interdit de se prémunir. Si on compte sur un autre (Justice, Police, Etat, etc...) pour le faire par avance, on s'abstrait de ses propres responsabilités.

Que le confort occidental et  l'emprise de l'Etat sur la population ait anesthésié les instincts de survie des populations est un fait. 

Perso, il ne me viendrait pas à l'idée d'aller escalader le Mont Blanc en sandalette et short de plage... même s'il fait beau.

Si la peur de tout, si commune à l'espèce, aujourd'hui ne se traduit que par la peur du "sexe" en ces temps incertains, je ne suis pas loin de penser que l'animal humain trouve toutes sortes de bonnes raisons en passant par des voies les plus tortueuses et plus étranges pour diminuer la population et tenter d'assurer sa survie... :-)

Et si on cessait de parler de cul...

Il faut dire aussi que casser des oeufs est sa propre récompense. On ne parlera jamais assez de la popularité de cette activité comme fin en soi. De l'attrait des grandes causes comme autorisation à casser. Tous les "ah on a le droit ?" réjouis, tous les "ah on peut être les gentils en s'adonnant à ces trucs de méchants ?". Et tiens, prends ça, poubelle/voiture/vitrine de probablement capitaliste ! Et tiens, prends ça, fautrice de trouble public ! Et tiens, prends ça, envahissant basané même pas autorisé être dans le pays...


On a tous nos critères de jugement les uns sur les autres. Un compas toujours précieux, c'est l'attitude de quelqu'un face aux oeufs à casser. Face à l'impératif kantien d'autrui comme fin plutôt que moyen. Les haussements d'épaules, larges sourires réjouis, devant "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs", ce n'est pas qu'aux stimulantes révolutions exutoires, c'est aussi l'ordinaire des politiques d'austérité, des définitions de frontières, des promoteurs et bétonneurs corrompus, des dévastateurs ethnocidaires de forêts "vierges", des bureaucrates déshumanisants, des testeurs de bombes nucléaires, des gestionnaires de centrales civiles, des directeurs de tabloïds, des terroristes et terroriseurs de terroristes, des "dieu reconnaîtra les siens" et des "si ce n'est toi c'est donc ton frère". Tous unis par le rationnel du sacrifice nécessaire (d'autrui), tous prêts à transformer les gens en monnaie, en combustibles ou en effigies. Tous derrière la même devise, le même savon pour les mains. Faut bien casser des oeufs. 


La devise utilitariste qui lève cet encombrant impératif kantien. Celle qui définit nos actes comme "exceptions". Qui nous permet de ne pas nous y reconnaître. Qui absout pour le bien commun. Une promesse en soi, celle des simplifications légitimées de nos équations morales, celle des désinhibitions applaudies de nos sociopathies. Le beurre et l'argent du beurre. La carte blanche qui se glisse, bien imperméable, entre "ce que je fais" et "ce que je dis".


Dans la vie ordinaire et familiale, les héritages miroités sont toujours de spectaculaires révélateurs des mentalités masquées. Dans le politique et le sociétal, l'opportunité de "casser des oeufs nécessaires" joue le même rôle. 

Un fleuriste strasbourgeois d'une chaîne nationale a pavoisé la semaine dernière jusqu'à dimanche : Offrez des fleurs pour la journée des droits de la femme (ou quelque chose du même ordre)


J'ai pensé méchamment que rien n'arrêtera l'âme du marchand

toujours prêt à tout détourner à son profit

sans même l'ombre d'un questionnement moral


Que l'on arrête le jugement hâtif, qu'on laisse la Justice faire son travail, oui

mais que l'accusé ne vienne pas se pavaner en usurpant à son profit les mots de "J'accuse" qui furent parmi les plus déflagrateurs d'une injustice commise à l'égard d'un homme pour la simple raison qu'il était de religion Juive (Israélite comme on disait) et à l'égard par voie de conséquence des autres Juifs de France


et que cet accusé ose établir un parallèle déplacé entre sa personne et le Capitaine Alfred Dreyfus, diluant ainsi l'aura de ce nom qui en faisait un nom ami dans tous les shtetlekh


et l'âme du marchand de ressurgir ici encore en venant défendre ce film, profitant du buzz



Mon pauvre Daniel, après avoir défendu l'argumentation de Virginie Despentes, alors que tu admets toi-même qu'elle est hétéroclite et caricaturale, voilà que tu défends les "œufs cassés" au nom d'une idéologie soi-disant progressiste, mais en fait plus que douteuse ! En gros, c'est normal, l'idée est bonne, mais la forme est à revoir... Je n'en suis pas si sûr.

Derrière le vocabulaire et les postures d'un mouvement visant en apparence à l'égalité des sexes, il me semble que pointe trop souvent le nez chagrin de la petite-bourgeoise haineuse qui condamne, vilipende, sans jugement, sans droit à la défense, de manière définitive et éternelle, sans possibilité de purger une quelconque peine, avec l'arme absolue du pouvoir de l'information captive. Là se cristallisent toutes les rancunes accumulées et là se désignent les boucs émissaires pour préparer la prochaine curée.

Si je soutiens avec vigueur les mouvements qui crient haut et fort que la première violence faite aux femmes est le sort qu'elles endurent socialement (chômage, travail précaire, salaire inférieur, harcèlement au travail...) et que les rapports équilibrés entre femmes et hommes sont sans doute encore à leurs balbutiements après des millénaires de domination masculine, je crains de voir dans les agitations du moment les mêmes dérives qui ont conduit de pseudo-révolutionnaires comme Cohn Bendit à arborer avec l'âge le ventre replet du bourgeois content de lui et de sa verve finalement réactionnaire.

Je peux me tromper, mais le lynchage médiatique, la condamnation a priori et l'acceptation de la parole victimaire comme seule vérité, ne laissent à mon avis rien présager de bon. Dans le refus de toute contradiction, je vois bien plus que des "œufs cassés" : n'y aurait-il pas là un mouvement de fond, sournois et alambiqué, contre l'idée même de justice ? Ce mouvement de fond sourdait déjà de la condamnation à une vie définitivement cachée de Bertrand Cantat. N'était-il déjà pas condamné et puni, mais pas "assez" ? J'ai l'impression de vivre une époque de condamnation à la relégation depuis la place publique des médias. Finalement, n'est-ce pas loin (on parlera dans ces milieux de la version 2.0) de ceux qui hurlaient "A mort ! A mort !" devant les tribunaux de l'époque gaullienne et giscardienne ? Déjà, à cette époque, ils (et elles) me donnaient une irrésistible nausée. Et n'y a-t-il pas finalement une certaine forme de lâcheté à s'en prendre à des types dont la culpabilité reste à prouver alors qu'une colère légitime devrait s'exprimer contre les institutions qui ont permis de ne jamais les mettre en cause ? 

Enfin, j'entends ici ou là l'impossibilité de séparer l'homme de son œuvre. Allez, pour me faire pardonner, je ne lirai plus Balzac parce qu'il était un affreux ultra-royaliste, ni Gide à la pédophilie avérée, ni Céline à l'antisémitisme revendiqué, ni Heidegger pour ses fréquentations nazies ; je n'écouterai plus Karajan pour les mêmes raisons, ainsi qu'une ribambelle de chanteurs français ; j'élimine dans la foulée les comédiens qui ont résisté à leur envie de résister pendant toute la dernière guerre ; et puis les autres, ceux qui troussaient les servantes comme Hugo ; j'élimine aussi Villon, Verlaine et Simon puisqu'ils ont fait de la prison. Je bannis bien évidemment Aristote qui assimilait un esclave à un objet animé et Voltaire qui s'est enrichi dans le commerce colonial. J'en ai sans doute des ribambelles d'autres à éliminer, mais leur nom ne me vient pas à l'esprit. Je laisse celles et ceux dont l'esprit les rapproche de la police et de ses méthodes pour m'en faire une liste exhaustive.

Daniel, je ne peux que vous dire merci... je cherchais comment expliquer simplement cette colère qui monte en moi depuis quelques temps... "On ne fait pas de révolution sans casser des oeufs" ! C'est exactement ça... 

Jusqu'à il y a peu, je regardais évoluer les divers mouvements de femmes en lutte avec intérêt mais détachement... J'étais "rangée des voitures" en gros.  Me too et balance ton porc ont fait remonter en moi des souvenirs de moments peu agréables, vécus honteusement pour moi... formatée que j'étais au jugement de la société d'alors : je l'avais bien cherché (ou presque). Et là, Polanski : j'ai boycotté le film et je trouvais un peu exagéré le fait d'aller emm. ceux qui voulaient dépenser leur fric à aller voir le film d'un exilé fiscal ayant commis des actes sexuels sur mineure répréhensibles. Depuis les César, ça monte, ça monte... Et Despentes est devenue la porte-parole de ma colère. Y'en a assez de ces dominants qui veulent nous imposer leur pensée délétère, à nous les obscures et les sans grade. Et ce matin, Mme Dosé m'a beaucoup énervée... à nier la mémoire traumatique, à venir ajouter sa voix au "il faut séparer l'artiste de l'homme etc..." . Elle a peur des réseaux sociaux ? Et F. Foresti, allumée par les suppôts de Canal +, par les fils de : Wilson, Bedos... par un ex. nuitard parisianiste Beigbedder. Sa blague était certes maladroite (pas le physique...) mais après tout, pour moi, Polanski est devenu un nain.  

Hier, avant-hier et vendredi soir, les femmes nazairiennes ont fait leur révolution... pas toutes les femmes, une petite partie d'irréductibles... il y a eu des petits couacs, des manques de coordination car 3 mouvements + des femmes venues spontanément après avoir vu les annonces sur F.B. , les témoignages de violences nazairiennes subies par les femmes ont été lus... maladroitement rédigés souvent... eh bien oui, c'est ça, la révolution qui commence... En effet, ça commence maladroitement, quand on n'a pas eu droit à la parole pendant longtemps, quand on n'a pas fait d'études de droit, ou de lettres, ou d'art... quand on a dû bosser très jeune, quand on est aide-ménagère... On n'ose pas l'ouvrir dans un premier temps, après on l'ouvre... mal... et on est rejointes, ou on rejoint d'autres femmes en lutte...  Et le petit ruisselet pourrait très bien devenir une belle rivière, puis un fleuve... parce que samedi et hier dimanche, nous avons été rejointes par des hommes concernés et consternés...

La question qui me semble être évitée est celle de l'intérêt de décrire comme une "révolution" une évolution. La cause de l'égalité des sexes c'est une longue réforme menée à petits pas, où l'évolution des mentalités précède celle des attitudes et des lois.  


La micro frange "révolutionnaire" du "féminisme" (qu'on pourrait plutôt classer dans le militantisme LGBT, celle ci étant plus lié au lesbianisme à l'origine, et ses nouveaux partisans étant souvent des transgenres comme Preciado) a de tout temps écrit de jolis textes d'une radicalité jubilatoire, scum manifestos et tout ça, qui font la joie tant des amatrices de discours galvanisateurs, que de ceux qui aiment décrire les féministes comme des misandres hystériques et rêvent de contre-révolution (the contre revolution need the revolution to be a contre revolution, comme dirait Raffarin) mais son influence réelle est très limitée sur les sujets dont on parle.


Ce qu'il y a c'est une évolution générale des mentalités sur un ensemble de sujets, de la place des femmes et autres groupes discriminés à la gravité des violences sexuelles, l'importance de lutter contre la pédophilie (avec une tendance à tomber dans l'excès inverse de celui des années 70, nier que ce soit une histoire de malades pour en faire une de monstres motivés par leur cruauté), le triomphe global d'un discours anti-élites favorisé par internet qui a libéré la parole des gens n'en faisant pas partie en général bien plus que des seules femmes, au niveau de l'art la remise en cause du culte de l'Artiste démiurge génial pour en défendre des visions plus basée sur des tendances collectives et l'impact sociétal de leurs discours, etc.. etc... Le féminisme peut évidemment être crédité pour certaines, d'autres sont complètement indépendantes de lui.


Je regardais par exemple hier les réactions aux tweets de Stephen King défendant la publication du livre d'Allen, puis le hashtag du boycott.  Quelle proportion de féministes (et surtout révolutionnaires) y'a t'il là dedans ? Regarder ceux qui y réagissent montre qu'il y a de tout, si naturellement elles sont bien représentées (je dirais une légère majorité des réactions, si on compte une immense majorité de pas-très-révolutionnaires considérant l'évocation du droit d'une multinationale à ne pas offrir de plate-forme à qui elle veut comme un bon argument), il y a aussi des personnes de qui on ne trouve pas un tweet en rapport avec le féminisme sur des pages, des gens qui n'ont fait que s'intéresser à une affaire people et être touchés par le discours de sa fille, quelques uns qui ont pour coutume de se joindre à toute meute s'en prenant à des célébrités, d'autres qui sont dans une chasse aux pédophiles indépendante du féminisme, les plus virulents pour s'en prendre à Allen comptant même quelques obsédés de l'idée d'un vaste complot pédophile des élites, des représentants de l'alt-right* qui se réclameraient plutôt du masculinisme en dehors de ce combat (et qui en profitent pour régler leurs comptes avec un auteur plutôt progressiste défendant un cinéaste plutôt progressiste). 


* Soit dit en passant, pour avoir le péché mignon de suivre ses espaces, les sujets sur Polanski, Allen, Epstein et cie  y sont très populaires, et rarement pour y défendre leur "liberté d'expression" (pourtant leur cheval de bataille d'habitude, quand il s'agit de défendre celle des racistes etc..). Et pareil en France, la politique qui parle le plus des histoires de pédophiles célèbres n'est pas la plus grande des féministes (et c'est encore plus marqué du coté des soraliens qui donnent régulièrement dans la théorie du grand complot pédophilo-sataniste des élites, chère aux pizzagaters etc). Après à ce niveau ça relève d'une tendance historique de l'ED de s'obséder de la "décadence des mœurs" (la pédophilie ne servant souvent que de prétexte à s'en prendre à celle ci, les discours directement homophobes ayant du mal à passer). Il ne s'agit évidemment pas, comme tout ce qui vient de là, d'un discours très sincère, comme en témoignent les défenses de Matzneff venant elles surtout de ce camp.


Enfin donc, loin d'une "révolution" féministe et de gauche, ce dont il faudrait parler si on évoque la condamnation grandissante des Polanski, Allen et autres représentants des élites pouvant être accusés de crimes sexuels... c'est d'un mouvement populaire multiforme, rassemblant, à la manière des gilets jaunes, des profils relevant des deux extrêmes de l'échiquier politique, ainsi qu'un grand nombre d'inclassables "apolitiques" (indignés par telle affaire particulière, mais sans que ça relève d'une adhésion idéologique à quoique ce soit), plutôt une coalition populiste contre des membres fautifs des élites (et défendus par l'extrême-centre bien plus que par la droite extrême) qu'un combat droite-gauche. 


Les féministes radicales peuvent être le fer de lance des manifestations sur le sujet (comme ceux scandant "anti anti anticapitaliste" le sont dans celles des GJ) ça n'empêche pas ce mouvement de fond d'être loin d'être résumable à elles (et si elles pensent qu'il leur profite en premier lieu elles pourraient bien avoir droit à un retour à la réalité aussi sévère que celui de la gauche radicale aux dernières européennes).

Les anti-Polanski "des ronds-points" pourraient bien ressembler d'avantage à l'image que se fait BHL de Foresti, qu'à Foresti elle même ; les féministes ont juste la chance qu'ils n'en occupent pas.


A l'arrivée il y a quand même quelque chose de globalement positif à tirer de tout ça, le progrès de la conscientisation des masses sur un certain nombre de problématiques, la fin d'une période où elles étaient prêtes à se soumettre aux "circulez y'a rien à voir" de représentants des élites défendant leurs errances morales, etc...  Pour en revenir au féminisme, ce moment lui offre une bonne occasion de faire passer son discours, qu'il serait absurde de lui reprocher (et pour ses expressions les plus radicales de toucher un public qui ne s'y intéresseraient pas d'habitude, s'il me semble un peu moins évident que ce soit nécessairement une bonne chose pour ne pas favoriser la réaction).


Il reste que voir comme une "révolution" spécifiquement féministe quelque chose qui n'est qu'un énième témoignage de tendances générales qui le dépassent largement n'est pas à mon avis très pertinent.

Le changement d'attitude vis à vis de représentants des élites artistiques accusés (à tort ou à raison) de crimes sexuels, c'est juste une déclinaison du dégagisme ambiant (et qui est le même vis à vis d'autres élites, accusées de fautes n'ayant que peu à voir avec cette cause). 

C'est une vague puissante sur laquelle il est logique que toutes sortes de porteurs d'idées de gauche essayent de surfer, mais elle ne traduit que partiellement une adhésion à celles ci.   

Le travail d'ASI, en grande partie, ce serait de visibiliser les oeufs (gens, mais aussi faits, idées, nuances, idéaux, composants, aspects, incertitudes morales ou historiques) qu'écrabouillent les gros discours mobilisateurs de droite et de gauche. Fouiller les interstices, de plus en plus béantes, entre les gros blocs d'opinions qui se jettent les uns contre les autres.


Essayer d'anticiper le regard sur les poussières retombées. Sur les piétinements. Chercher l'inaudible sous les grands bruits.


Ne jamais perdre ni sa finesse ni son décalage, son regard de tiers. Ne pas se faire happer par la marche de l'histoire, par sa griserie, par la fausse sécurité des bonnes causes.


Pour l'oeuf sous la semelle, la direction de la foule est insignifiante. Il y a des pensées, des approches, des prudences et des éthiques que les emballements piétinent. Une fois qu'elles sont mises hors champ, il n'est plus possible de s'en réclamer devant qui que ce soit - elles n'ont simplement plus cours. 


Je pense qu'on pourrait commencer a parler d'autre chose non ?

du grain à moudre :


Notre monde n'a jamais été aussi prospère et peu violent, et pourtant l'espèce humaine reste énervée. Comme l'a encore montré la récente cérémonie des Césars, la colère semble être devenue le mode de communication préféré de nos congénères. Dans "La haine orpheline" (Ed. Anne Carrière), Peggy Sastre prend le contre-pied des analyses classiques qui attribuent cette vague de ressentiment aux réseaux sociaux ou au néo-libéralisme. Pour la journaliste scientifique, docteur en philosophie des sciences et spécialiste de Darwin, il faut chercher du côté de la biologie et de l'évolution. Selon elle, nous avons été façonnés pour le conflit afin de survivre dans un environnement hostile. Mais aujourd'hui, alors que nous avons beaucoup gagné en confort, sécurité et paix, notre haine tourne à vide et nous avons besoin de nous créer artificiellement des ennemis 


Purée, vous m’avez fait peur ! J’ai cru en lisant votre chronique que pendant ce week-end, Polanski avait été envoyé aux Etats-Unis ou en prison en France. Que Allen avait été lynché en place publique par une horde de femmes en rage.

J’ai par conséquent regardé les infos : non, au contraire, Polanski a toujours son Cesar et ses défenseurs. Allen se porte bien. Sa fille Dylan peut continuer à raconter ce qu’elle veut, osef...

Une avocate vient à la radio pour dire qu’elle trouve qu’on peut pus rien dire, mame Salamé !

Et les féministes se sont pris la police dans la tronche.
Tout continue comme avant. Circulez, y’a rien à voir.

Juste une précision, parce que je lis dans le forum des erreurs. 


Il y a une possible ambiguité dans votre formule " Jamais ce témoignage de Dylan Farrow n'aurait été jugé aussi crédible, si Woody Allen n'avait pas quitté Mia Farrow, pour sa fille adoptive, alors âgée de 21 ans "


Il faut être clair : "sa fille adoptive", dans votre phrase, se rapporte seulement à Mia Farrow, pas à Woody Allen. Du moins si l'on lit le texte de Moses Farrow :   Soon-Yi Previn "n’est pas la fille de Woody (ni sa fille adoptive, ni sa belle-fille) et elle n’est pas mentalement attardée (Elle a obtenu une maîtrise en éducation spécialisée de l’Université de Columbia). Et le fait que leur relation a commencé quand elle était mineure est totalement faux.

En vérité, Woody et Soon-Yi ne se sont même que très rarement parlé quand elle était enfant. C’est ma mère qui la première a suggéré, quand Soon-Yi avait 20 ans, que Woody passe du temps avec elle. Il a accepté et a commencé à l’emmener voir les matchs des Knicks. C’est comme ça que leur romance a commencé. Oui, c’était peu orthodoxe, cela a mis mal à l’aise, ça a perturbé notre famille et fait terriblement de mal à ma mère"


Je ne commente pas sur le fond, mais constatant que certains @sinautes l'évoquent ici comme la fille adoptive de Woody Allen,  j'essaie de clarifier pour éviter des faux-débats. Ce n'est pas un reproche car stricto sensu, votre phrase est correcte, mais quand on lit vite, on peut faire la confusion. Je suggérerais de remplacer "pour sa fille adoptive" par "pour la fille adoptive de cette dernière". 

Mais de quoi et de qui a peur  cette   avocate ? D'une irruption de feministes seins nues dans son cabinet ? De slogans hostiles ? De méchantes paroles sur le réseau ? J'en tremble déjà avec elle. 

Difficile de s'opposer à ce féminisme à la mode, c'est bien ce qu'exprime Marie Dosé, surtout en tant qu'en homme peut-être. Alors cette chronique ne m'étonne qu'à moitié...

Bien sûr, si vous aviez eu "un œuf cassé" dans votre entourage, vous n'auriez peut-être pas écrit la même.

Merci à Lea Salamé de partager ses raisonnements grossiers aussi bien sur les ondes qu'en dehors. Chacune de ses interventions est un moment de grâce. J'espère qu'elle se présentera à la présidentielle, et j'ai hâte de voir le débat du second tour avec Hanouna.

Bonjour,

quand la rédaction ne sera plus les yeux rivés sur les tendances de Twitter, pourrait-on avoir une analyse du nouveau mode de scrutin et de la répartion des pouvoirs concernant les municipales, ce qui concerne toute la France à l'exclusion de Paris ?

D'avance merci.

COLÈRE!

Oh la la ! mais vous allez arrêter de nous faire chier avec Polanski ! SALAMÉ, POLONY et j’en passe pour en revenir toujours à ce point qui pour vous brille dans la nuit : l’affaire Polanski.

Décidément Polanski aura squatté Dreyfus !

Moi ça y est c’est acté ! C’est fini !

J’ai la nausée, je ne vais plus lire cette gazette qui nous ramène toujours, mine de rien, à la vieille petite obsession communautariste personnelle de DS!

Daniel, pourquoi n’avoir pas pris autant de peine à décortiquer le cas EPSTEIN et le silence radio de tous les media y compris le vôtre ?

On y verrait plus clair à présent !

Et le cas ‘POLANSKI/HAENEL/FORESTI/ SALAMÉ J’ENPASSE’ apparaîtrait avec clarté pour tout le monde et Polanski du coup occuperait une place moins au pilori.

Polanski ou l’arbre qui cache la forêt.

Ah décidément nous en sommes au niveau des narrations ET des imaginaires.

Et dans la liberté de penser et de s’exprimer au point zéro.

Car pour en revenir à Polanski, il ne s’agit pas de partager entre l’homme et l’artiste, comme on pourrait le faire dans un énième débat procès de merde à la Céline, où on jugerait des phrases, ou de supposées opinions, on trierait dans de supposés ressentis, etc… qui on le sait chez l’être humain sont si souvent fumeuses, aléatoires, et parfois se contredisent et ne correspondent pas nécessairement aux actions réelles engagés par des individus.

En clair, les gens peuvent dire des choses sympas et se comporter comme de vrais salauds et inversement.

Non là il ne s’agit pas de ça.

Polanski n’a jamais dit des saloperies sur les femmes. Ne s’est pas affiché comme un bourrin misogyne, sexiste. Non, non. Il ne s’agit pas de ses OPINIONS. IL s’agit de FAITS.

Polanski est sans doute un bon cinéaste, (sans être un cinéaste waaoh ! qui change la face du monde ) et il a bel et bien violé, enculé des MINEURS.

Alors si Céline avait fait griller des juifs, ses admirateurs seraient surement plus embarrassés pour admirer l’immense écrivain, le fou humaniste  qu’il était.

Et si Sade avait REELLEMENT dépecé des jeunes filles, notre système capitaliste sadien serait-il moins empressé de le mettre dans les livres scolaires ?  

C’est tout le refoulé du système qui s’exprime en ce moment et que se prennent dans la gueule les innocentes ET courageuses HAENEL ET FORESTI.

C’est de ça que votre gazette devrait parler au lieu de mousser sans fin sur l’affaire Polanski et sa bite.

On peut légitimement s'interroger sur les pulsions d'un type à qui la simple écoute de Wagner donne envie d'envahir la Pologne.

C'est hors sujet mais :


comme beaucoup d'@sinautes, j'essaye chaque matin de parier ( avec moi-même ), sur le sujet que choisira Daniel. 

Ce matin je pensais que la répression de la manifestation de dimanche à Paris arriverait en tête... raté ( encore ! )


Ceci étant, il semblerait qu'il y ait quelques remous de ce "maintien de l'ordre" et  ses dérives, y compris dans les rangs de notre police et notre gendarmerie adorées . Pour ceux que ça intéresse :


https://www.mediapart.fr/journal/france/070320/les-pratiques-illegales-du-prefet-lallement


https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/maintien-de-l-ordre-les-ordres-du-prefet-de-police-didier-lallement-mis-en-cause-par-des-hauts-responsables-de-la-gendarmerie-et-des-crs-selon-mediapart_3857601.html

C'est fascinant

Notre Véran

Plus efficient

Que Lallement

Aucun rassemblement

Aucun attroupement

Aucun ralliement

Moins de 1000 Manifestants

Sinon virus purulent


Meme chose pour le référendum concernant la privatisation d'Adp et son invisibilité médiatique

D'un autre côté ce n'est pas comme si il n'avait jamais parlé de ces deux sujets, il a même pas mal insisté sur le moment.
Notre DS a tendance à fonctionner par feuillton, une tendance à toujours vouloir poursuivre sont sujet qui en avait peu être fait un grand repoter plutôt qu'un  rubricar à l'époque du Monde.

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Permettez-moi, vieil abonné dans tous les sens du termes, une petite digression au moment où Lioubana SA vient, comme chaque année, de délester mon compte bancaire d'un montant -somme tout- modique.


Je voudrais, exprimer ma satisfaction (non! pas béate! ) pour l'ensemble du travail qu'accomplit en permanence l'équipe d'@si et particulièrement DS pour sa chronique du Matinaute, que je retrouve avec plaisir tous les jours.


Alors, et aussi dans mon propre intérêt, je dis merci et souhaite longue vie à @si!      

Je voudrais lire l'autobiographie d'un personnage anonyme qui n'aurait jamais rien fait de toute sa vie.


Cela devrait être exaltant à en crever.


"Parti de rien pour arriver nul part, je n'ai de merci à dire à personne" (Pierre Dac in "La Vie de Slalom Jérémie Mènerlach)

La censure quand ça vient d'en haut c'est OK (pression économique, politique, ligne éditoriale, etc.), par contre quand ça vient d'en bas elle n'aime pas trop visiblement.

Tout est question de qui tient le manche au final.

Merci Daniel pour votre chronique. Je suis ravi de retrouver votre équilibre et vos doutes ce matin.


L'émission sur "la ligue du LOL" a-t-elle suscité un débat au sein de l'équipe ? Je pense, en particulier, à la chronique conclusive de Laélia Véron. J'ai été effaré par cet édito entièrement à charge, tout entière dirigée contre la seule personne anonyme sur le plateau. Comment peut-on reprocher à quelqu'un de ne pas s'être posé la question des excuses à présenter, alors qu'on n'a aucune espèce d'indice sur sa culpabilité en matière de harcèlement ?


Pour quelqu'un qui présentait sa chronique comme une prise de hauteur sur le débat, j'ai trouvé ça méprisant, à charge, et bête. Pas à la hauteur de la finesse dont ASI (et Laélia) nous gratifient habituellement.


Y a-t-il eu débat au sein de l'équipe ? Et si oui, quels en ont été les termes ? Je serais content, et rassuré, d'en savoir plus.


Je vous salue chaleureusement, et fidèlement.

Qui a vraiment envie de lire les Mémoires de W. Allen ?


( encore, un livre qui  servira à caler une étagère )

Bonjour et merci pour la chronique.


Votre balancement est peut être une conséquence de la structure de la vie médiatique par essence spectacularisée. Grosse fatigue par exemple en écoutant comme vous ce matin la juriste Marie Dosé,  ou tant d'autres pointilleux, s'élever contre les excès, le risque de dictature de l'opinion etc. Mais mince, qui, parmi les féministes se réveille le matin en disant : "ah, chouette, grâce aux rézosocio, enfin la dictature de l'opinion et l'arbitraire ! " ? Personne bon sang. C'est un combat politique, rhétorique, on appuie sur les faiblesses du camp dominant, point barre. Et s'il y a sortie  de route, la justice est là pour arbitrer. Tout le monde le sait. 

Évidemment, c'est plus simple  de brandir des épouvantails de fausses menaces, de "pente glissante" : on se place dans le camp de la vertu instruite et pondérée, on renvoie l"'autre camp" dans un espace caricatural qu'il ne revendique pas et, ô tristesse résignée, on attend que tout cela se ré-entrechoque avec fracas au prochain contact du balancier. Et alors on fera ouin-ouin sur la société fracturée. Crime parfait! 

 Je pense qu'il faudrait analyser votre balancement ressenti non pas comme une conséquence d'inévitables tensions naturelles (par exemple entre justice patiente et justice vigoureuse) mais comme une construction délibérée, conséquence d'une volonté différentiation à l'extrême de certains pour occuper des positions médiatiques de niche et les rétributions symboliques de pouvoir qui en découlent. Ce matin, la niche médiatique "juristes 'féministes' pas d'accord avec V. Despentes" a trouvé ces occupants, on est ravi pour eux, mais ça change quoi, au final?

 "Mais oserai-je demander à Marie Dosé de ..."  

Heureusement qu'il y a encore des hommes comme vous pour indiquer aux bonnes femmes comment bien penser.






Diane Keaton/Annie, Mia/Alice, voilà Woody pour moi. Dur d’avoir à les effacer, mais le faut-il ?

En écoutant cette avocate j'ai bien l'impression que l'on confond "la peur de parler" et la "peur de se confronter aux autres". Prendre position est toujours un peu "risqué" et j'ai l'impression que beaucoup de commentateurs voudraient ouvrir leur gueule (en jouant parfois la provoc) mais sans assumer leurs paroles.

 Que cette dame soit donc rassuré : elle ne risque pas grand chose à défendre polansky... juste peut être quelques belles engueulades et un.e ou deux client.e.s. en moins.

pour info :


En France, Manuel Carcassonne, l'éditeur français (Stock) de Woody Allen, confirme pour sa part qu'il va tout faire pour publier les mémoires du cinéaste en France. 


sources France Culture émission Soft Power du 8-3-20


ça promet encore un long combat ou chacun sera sommé de se positionner !

"si Woody Allen n'avait pas quitté Mia Farrow, pour sa fille adoptive, alors âgée de 21 ans. Mais est-on ici dans le domaine de la pédocriminalité, ou dans celui de la morale ?"

Ah tiens. Reproche-t-on spécifiquement à Carla Bruni d'être, elle, passée du père au fils ?

"Mais est-on ici dans le domaine de la pédocriminalité, ou dans celui de la morale ?"


Je croyais qu'on était dans le domaine du business moi.

Vous n'avez pas pris parti ?

Mes sens m'abuseraient-ils ? Je dois avoir des hallucinations !

Ce que je lis n'est plus ce que je lis...

Les premiers effets du coronavirus, sans doute...
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