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Alain Badiou dénonce l'apparition de la pub sur Le Média

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Hier soir, réponse  de Aude Lancelin sur les réseaux sociaux:


"Alors voilà, mon ami Badiou aurait "chargé" le Média, ainsi que l'annonçait triomphalement ce matin Europe 1, repris en choeur toute la journée par toute sortes de journalistes, la ba(...)

Je suis complètement d'accord avec vous. Le problème c'est ce mode de gestion complètement autoritaire malgré toute les promesses. Que la pub soit bonne ou mauvaise, ce n'est pas à Chikirou d'en décider. Ce genre de décision devrait être soumise aux (...)

Bien sûr, un dispositif comme Le Média coûte énormément

L'argent est la guerre du nerf : les énervés qui se désolent de voir que le paysage télévisuel ne se confine pas à celui que les grandes fortunes leur offrent avec ces millions qui les mettent au(...)

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melanger vandel et badiou dans le même article......Allons ds , ressaisis-toi ! 

Passer de la pub aurait du faire l'objet d'un vote des socios car l'indépendance d'un média est à ce prix. Il y a sans doute un problème de gouvernance au Média. 

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Bien sûr, un dispositif comme Le Média coûte énormément

L'argent est la guerre du nerf : les énervés qui se désolent de voir que le paysage télévisuel ne se confine pas à celui que les grandes fortunes leur offrent avec ces millions qui les mettent aux pôles position du classement Forbes, ces énervés donnent des leçons de démocratie comme si ailleurs, les choses étaient exemplaires

La jalousie aussi balaye le paysage médiatique comme nous le voyons avec tous ces articles de journalistes sur la pointe des pieds à épier le moindre faux-pas de Le Média


Qué linda es la democracia
....

Ésta permite que el pobre
y el rico de igual a igual
tengan los mismos derechos
cuando llaman a votar.


Soy demócrata, tecnócrata,
plutócrata e hipócrita


Maintenant revenons à la pub et l'argent : les sociaux doivent aussi prendre conscience que ce ne sont pas les quelques euros de leur participation qui vont suffire.  Il faut donc soi la tripler voire la quadrupler soi accepter la règle qui nous régit et fait que, par exemple, pour bénéficier d'@SI nous devons payer un abonnement en rapport avec la prestation.


Quant au mail privé de Alain Badiou il répond tout à fait à l'introduction de cet article de The Guardian qui dans l'esprit des Anglo-saxons reflète toujours leur état d'esprit vis à vis de ce grand philosophe :

"Love, says France's greatest living philosopher, "is not a contract between two narcissists. It's more than that. It's a construction that compels the participants to go beyond narcissism. In order that love lasts one has to reinvent oneself."

N'y a-t-il personne pour se porter volontaire comme prisonnier dans un camp de travail qui serait commandé par Badiou ? Il pourrait enfin concrétiser une partie de ses rêves et nous montrer une réalisation pratique avant de mourir. Je pense que l'avis de Fabrice Nicolino sur Aude Lancelin est juste. En tout cas elle a de drôles d'amis.

Hier soir, réponse  de Aude Lancelin sur les réseaux sociaux:


"Alors voilà, mon ami Badiou aurait "chargé" le Média, ainsi que l'annonçait triomphalement ce matin Europe 1, repris en choeur toute la journée par toute sortes de journalistes, la bave aux lèvres, sur les réseaux sociaux.
 La réalité: un mail privé, critique à l'égard de l'expérimentation envisagée de la pub sur notre site. Alain est un socio comme les autres, il donne son avis, heureusement d'ailleurs. Mais les médias CAC 40 patrouillent, ils font main basse aussi sur les correspondances personnelles, et pour eux, même un mao non repenti est bon à enrôler, quand il s'agit de dégommer l'un des seuls titres de presse indépendants de leurs turpitudes dans tout le paysage.
 Comment ce mail entre camarades est-il sorti dans la presse? On a des idées bien sûr, peu importe.
 L'important c’est que le plus grand des philosophes français vivants était à nos côtés cet après-midi à Montreuil.
 En Californie, à Athènes, à Istanbul, il incarne ce que notre pays a de meilleur, l’âge d’or de la French theory, et la tradition révolutionnaire. Tout ce qui fait qu'à l’étranger la France est encore la France. Chez nous, et je suis bien placée pour le savoir, les chiens de garde essaient depuis des années de le bannir de l’espace public, parce qu’il n’a jamais renié la radicalité de son engagement. On lui doit une oeuvre mondialement connue, philosophique, politique, théâtrale. Une oeuvre qui "ne passera pas" pour reprendre les mots de Saint Paul, pour lequel il a un faible. Il y défend l’Idée communiste en un temps où même le PCF veut se débarrasser de ce nom encombrant. Il y défend l’amour en un temps où on le confond avec les dates sur Tinder. Il est mon ami. Ensemble nous avons voyagé, publié deux livres déjà, et vécu énormément d’aventures, à commencer par celle de “Contre-Courant”, notre émission lancée il y a cinq ans, qui reprendra dès l’automne. Aujourd’hui, Badiou était avec nous au Média, qu’il en soit vivement remercié".

c'est un bel hommage, qui sur le fond le le contredit pas.

Donc il a bien envoyé un courrier pour critiquer l"apparition de la pub...


(Je ne vois pas bien l'intérêt de cette "réponse"... qui ressemble plutôt à un artifice de communication.


Décidément, ces gens ont beaucoup de choses en commun avec les Macronistes.)

Ce n'est pas une répopnse à Badiou, mais une réaction au fait que son courrier ait fuité dans la presse. La suite de votre post soufre donc de la pertinence de son début.

Vous aimeriez que sur la base d'une analyse foireuse, on vous dise que vous avez beaucoup de choses en commun avec les frontistes? Ne le faites donc pas à autrui.

Personne n'a dit qu'il s'agissait d'une réponse à Badiou.


"La suite de votre post souffre donc de la pertinence de son début."


(De mon point de vue, A. Lancelin allume un contrefeu - les médias contre leMédia - pour éviter d'aborder le sujet de fond - la pub.)

" Comment ce mail entre camarades est-il sorti dans la presse? On a des idées bien sûr, peu importe. "


Il faudrait qu'elle partage les idées car moi je ne vois pas comment ce serait possible, à moins d'avoir une personne mal intentionnée dans l'équipe.

Ils sont passés maîtres dans l'art de la victimisation.


Le problème ne vient jamais de chez eux. Toujours de l'exterieur.

Chiens de garde et chiens de niche


 
"Alors voilà, mon ami Badiou aurait "chargé" le Média, (...)

La réalité: un mail privé, critique à l'égard de l'expérimentation envisagée de la pub sur notre site. Alain est un socio comme les autres, il donne son avis, heureusement d'ailleurs.(...)

L'important c’est que le plus grand des philosophes français vivants était à nos côtés cet après-midi à Montreuil.
 En Californie, à Athènes, à Istanbul, il incarne ce que notre pays a de meilleur, l’âge d’or de la French theory, et la tradition révolutionnaire. Tout ce qui fait qu'à l’étranger la France est encore la France.



Aux "chiens de garde" par Nizan jadis dénoncés, il aura depuis le même temps manqué  de comparer, au bord prétendument opposé, "l'engagement" de ceux que, depuis Sartre,  l'on aurait dû appeler "les chiens de niche" de l'intelligentsia,  dans la promotion de la "révolution"quant à elle confortablement installée. Badiou en est la parfaite (scolaire, universitaire et médiatique) incarnation. Les termes par lesquels Aude Lancelin vient de le présenter sur les dits  "réseaux sociaux" sont tout à fait éloquents à ce sujet.. 


Appropriante et renversante proximité d'abord: "mon ami Badiou", écrit-elle, on ne saurait mieux  avérer le lien de féalité inversé entre les deux: celui dont elle aurait dû en vérité se dire la promotrice apparaît comme son protégé alors qu'elle dépend pour l'essentiel de ce qu'elle en transmet. 


Égalitaire conformité ensuite: nivelante "political correctness" pour le traduire  dans le sabir californien de la "French Theory" à laquelle elle obéit. Rien n'importe davantage à celle-ci que le comique égalitarisme dont Sartre a fourni le modèle au terme de son petit bout d'autobiographie (Les mots).


Mais voilà qu'enfin cette modestie apparaît dans toute sa fausseté.  Alain en effet est maintenant déclaré finalement le plus grand des philosophes français vivantsAlors qu'il n'aura bénéficié que du privilège du survivant. Lévi-Strauss négligé, Lacan récupéré, Derrida écarté, Deleuze annexé (le terme d'événement lui est reconnu emprunté, alors que chacun sait à qui il aurait dû en reconnaître l'inspiration), de plus subalternes (Althusser, Canguilhem) disparus également, ne reste que Badiou en effet pour représenter ce que, d'un oxymore irréfléchi, Aude Lancelin appelle "la tradition révolutionnaire" française.


Il sera temps, lorsque le troisième volet de sa philosophique trilogie, L'immanence des vérités, sera publié de ramener la grandeur en question à son éclectique proportion: Badiou, c'est en réalité Victor Cousin actualisé. Un Victor Cousin qui n'aura cessé depuis ses débuts  de se vouloir aussi pour la philosophie, équivalent de Lazare Carnot "l'organisateur de la victoire" de celle-ci. S'étant métaphysiquement mépris sur la pensée à devoir en observer, il n'aura même pas réussi à en prolonger une illusion d'actualité. 




" Celui qu'entoure la flamme de la jalousie, celui-là , en fin de compte, pareil au scorpion , tourne contre lui-même son dard empoisonné " ( Nietzsche )

" Celui qu'entoure la flamme de la jalousie, celui-là , en fin de compte, pareil au scorpion , tourne contre lui-même son dard empoisonné " ( Nietzsche )

  


Je ne saurais trop vous remercier de cette citation (tirée de Nietzsche dites-vous, mais d'où?) car elle permet de préciser à quelle hauteur* devoir faire remonter la question à traiter.. Faisant ainsi Heidegger répondre à Nietzsche, je vous renvoie à la page de l'aussi bref qu'inépuisable opus de 1947 traduit en français sous le titre de L'expérience de la pensée en laquelle Heidegger spécifie que: 


Trois dangers menacent la pensée


Le bon et salutaire danger est le voisinage du poète qui chante.


Le danger qui a le plus de malignité et de mordant est la pensée elle-même. Il faut qu'elle pense contre elle-même, ce qu'elle ne peut que rarement.*


Le mauvais danger, le danger confus, est la production philosophique. 




* Neutralement noétique ("la pensée") et non accusatoirement psychologique ("Celui": la psychologie, en l'occurrence, chez Nietzsche plus que vulgairement polémique a portée philosophique).



** Ce ne sera pas détracter le traducteur (André Préau) - généralement apprécié et qu'on ne saurait trop remercier d'avoir en son temps pris le risque de présenter sa version des trois dangers - que de mettre son lecteur devant l'original, je ne dis pas "allemand" mais pensant. Le voici (j'en respecte le lignage):


Die böse und darum schärfste Gefahr ist das

Denken selber. Es muss gegen sich selbst denken,

was es nur selten vermag.




  


 "Jalouse est chaque vertu de l'autre vertu et la jalousie est une chose terrible. Les vertus, elles aussi, peuvent périr par la jalousie.

 Celui qu'entoure la flamme de la jalousie, pareil au scorpion, finit par tourner contre lui-même le dard empoisonné. ?

.

 Hélas, mon frère,ne vis-tu jamais une vertu se calomnier et se détruire elle-même ?

...."

 Ainsi parlait Zarathoustra

( respectant profondément Badiou, je laisse, néanmoins, à Hannah, la responsabilité originale de cet envoi )



"Tout ce qui fait qu'à l’étranger la France est encore la France. "

Et Macron, il sent le pâté ? Lui qui a réussi une prise d'otage remarquable en Russie, immobilisant Poutine derrière son pupitre pour 20 minutes logorrhéeiques.

Badiou tel que sociotisé éclate sa vérité 


"Cher Média,  en somme, déjà, vous rentrez dans le rang. Et vous masquez cette entrée par des antiphrases du genre «tester notre valeur» ou «publicité éthique». J'avoue que je suis très déçu moi qui pour la première fois, avait décidé de devenir socio." (Badiou à l'adresse de "Le Média")



Il fallait s'y attendre et ce jour est arrivé où ne pouvant plus supporter son pourtant très relatif  isolement, Badiou a rejoint formellement la dernière arrière-troupe journalistique (de La France insoumise) prétendant lier émancipation et médiatisation: en l'occurrence on ne pouvait  le faire plus nûment qu'à l'enseigne du "Média". Transparente enseigne en effet: à l'instar de la fin du conte d'Andersen, voici que malgré son effort épistolaire pour s'en parer, la vérité de Badiou apparaît dans sa nudité. 


À l'opposé de sa trilogie de philosophie dont le dernier volet doit paraître en septembre et qui ne pouvait personne vraiment intéresser (les uns parce qu' en connaissant le dépendant et les autres parce que rebutés par sa difficulté), la surabondante par ailleurs intellectuelle production de Badiou na jamais rencontré audience voire succès qu'en relation avec la sphère de la médiatisation. Laquelle n'accorde son trompeur aval qu'à celle ou celui qui se soucie, certes non sans affèteries, de s'y livrer: aussi nu que niais comme Badiou vient épistolairement de s'y révéler.  







La pub est un symptôme.


Le problème, c'est le fonctionnement - et donc la direction - du site.

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