Aide à la création sur internet : comment l'extrême-droite a fait plier le CNC
Depuis la diffusion d'un live de la streameuse Ultia, le CNC est de nouveau la cible de la droite et de l'extrême-droite. Une énième attaque qui provoque cette fois-ci la suspension d'un fond nécessaire à la création sur Internet. Récit, vu de l'intérieur.
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Un épisode qui montre ce qu'ils feront de la culture s'ils prennent le pouvoir. (Ou lorsque). Ça râle contre de prétendus parti-pris, mais ça n'a rien d'autre à proposer que des productions partisanes de qualité artistique douteuse. On imagine où en (...)
Pathétiques les commentaires qui enfonce Ultia. Sa seule maladresse aura été d'être un peu trop honnête. Qui peut encore croire par ailleurs que le CNC marche autrement que par cooptation et copinage ? Ahhh, le bonheur de déposer des dizaines de doss(...)
N'étais ce pas d'une rare irresponsabilité en ces temps "troublé" que d'étaler sa méconnaissance en HD 4K sur Twitch du fonctionnement d'une commission dont on viens juste d'être introduite membre ?
Le harcèlement et les raids sur les côtes d'Ultia so(...)
Derniers commentaires
Céder aux menaces de l'ED, voilà qui devrait les dissuader d'utiliser de telles méthodes :)
"Fausse polémique" ou plutôt "faux outrage", grande spécialité de l'ED et utilisée depuis longtemps sur Fox News, mais avec de vraies cibles.
À cause de la bulle dans laquelle elle vit, cette "Ultia" se croit encore à l'époque où le nazisme était mal vu, où critiquer l'extrême-droite allait de soi, où l'antiracisme était consensuel (et obligeait même le racisme à se préfacer par "je ne suis pas"). Aujourd'hui, le fascisme est soutenu par toute la société, de la droite à la "gauche" (versions trump, netanyahou, poutine, maduro...) et le "5 minutes pour les juifs 5 minutes pour les nazis" s'est imposé comme modèle d'objectivité, avec la liberté d'expression libertarienne qui a toujours été le fer de lance des conquêtes culturelles hitlériennes. En d'autres termes, dire du mal du racisme, du fascisme, de l'extrême-droite, stigmatiser ses valeurs et ses rhétoriques, c'est aujourd'hui opprimer le peuple, scandaliser l'électorat et blesser le public.
Nous ne sommes plus à une époque où "bloquer les propagandes d'extrême-droite" était un enjeu conventionnel. Aujourd'hui, affirmer en avoir l'intention, c'est considéré comme maladroit, bête, choquant et liberticide. Par tout le monde, y compris pour le commentariat "de gauche", ici tout autant sur le ventre que le CNC.
Pathétiques les commentaires qui enfonce Ultia. Sa seule maladresse aura été d'être un peu trop honnête. Qui peut encore croire par ailleurs que le CNC marche autrement que par cooptation et copinage ? Ahhh, le bonheur de déposer des dizaines de dossiers solides à l'avance sur recette sans jamais pouvoir y accéder, quand par ailleurs telle copine de tel critique, tel nouveau cinéaste sorti du sérail (Fémis bonjour) multiplie les aides pour des projets qui seront défendu par avance dans le petit milieu. Evidemment que les membres des jury sont subjectifs. L'extrême-droite lui aura sauté dessus (TwitchGauchiste est un compte de harceleur), mais croyez bien que n'importe quel prétexte fallacieux aurait fait le job. La faute, elle est au CNC de s'être plié comme une carpette, pas à Ultia, sur qui il est bien facile de tomber (avec ce qu'il faut de mépris et de misogynie rentrée).
Par ailleurs, élargissons un.peu la question. Faut bien dire à quel point les milieux de la culture sont nuls face à la montée du fascisme. Pas à la hauteur du tout. Le milieu du cinéma, ce même milieu déjà incapable de se remettre en question face à la vague Metoo (le CNC aura bien saucé, pour reprendre les termes utilisés, les Polanski, Jacquot, Doillon et compagnie pendant des décennies) semble pétrifié devant Canal +, l'argentier du cinéma à cause d'accord passés à une époque révolue, toute et chacun n'ayant aucune hésitation à aller cachetoner dans des séries Canal (pardon, des Créations Originales). Personne n'ouvre sa gueule. Engagement ? Mouais aller, un peu de diversité dans les casting, quelques films "tellement féministes", produit avec les sousous de StudioCanal, des films sociaux avec le grand bourgeois Vincent Lindon qui feront pleurer la rédac de Télérama et des Inrocks et hop c'est marre. Et au-delà du cinéma, que dire de la pathétique pétition d'une bande d'auteurs réalisant soudain la brutalisation de la vie publique par le millionnaire catho-fasciste quand on leur enlève leur éditeur de chez Grasset bien aimé. Ça non alors. Ca fait des années que Bolloré déverse la haine sur les musulmans, les personnes LGBT+, les féministes, démonte l'information, propage les fake News, Trumpise la vie publique, mais vraiment, leur éditeur adoré de chez Grasset, s'en est trop ! Dominique A, qui est bien brave, décide de ne plus jouer à l'Olympia ni d'acheter de magazines dans les magasins Relay. Tout le monde applaudi la geste si courageux.
Comme disait Deleuze dans son abécédaire, "La culture, ça me semble très liée à la parole, ça consiste beaucoup à parler. C'est à dire, faire du charme. En cela, je peux dire, je hais la Culture."
Tiens, une anecdote pour finir, le CNC, sous ce nom, date de 1946, mais l'organisme à été crée sous un autre nom par le régime de Vichy. Qu'il se couche lamentablement devant l'extrême-droite aujourd'hui, finalement, c'est un retour au source. Je ne doute pas que si le pire advient, il y aura toujours des moyens de s'arranger.
Arte a encore essayé de nous inculquer quelques bases hier soir en nous rappelant comment ils s'y étaient pris à Berlin en 33, mais sans nous plonger dans des archives moisies, (Chapoutot est royal!) il suffit de regarder ce que fait le grand blond avec une idée noire, (les Midtems ne s'annoncent pas si défavorables, le tripatouillage électoral devrait porter ses fruits) ils vont de procès médiatiques en procédures bâillon! le CNC aurait du trainer ces chiens aboyants au tribunal pour diffamation, la caravane serait passée! l'avis de cette youtubeuse leur aurait été utile puisqu'elle n'aurait jamais eu à traiter d'un dossier haineux! à La Flèche ils ont déjà embauché des policiers et supprimer les subventions des assocs qui ne leur plaisent pas!
"Sur sa chaîne, ce 26 mars, Ultia annonce la couleur : "S'il y a des projets qui sont poussés par des gens que j'aime bien, c'est d'une évidence sans nom que si je trouve le projet pertinent, je vais saucer [soutenir] le projet", "
M. Laurier: Elle dit autre chose de très important AVANT. Et vous ne le reportez pas !
Et c'est comme ça que même ici, on ne lit que des com' la traitant de gourgandine ou à peine mieux! M'enfin ..!
N'étais ce pas d'une rare irresponsabilité en ces temps "troublé" que d'étaler sa méconnaissance en HD 4K sur Twitch du fonctionnement d'une commission dont on viens juste d'être introduite membre ?
Le harcèlement et les raids sur les côtes d'Ultia sont détestable mais enfin tenir de tel propos avec un tel rôle, c'est stupide. Et dangereux pour le salarié du CNC qui n'ont ni les moyens ni l'énergie ni la médiatisation d'Ultia pour se défendre. Enfin les créateurs y perdent également avec la suspension de la commission. On aurait difficilement pu marquer plus beau but contre son camps...
"créateurices", c'est vraiment moche, non ?
Non. C'est juste une question d'habitude.
Créateur ICE ? Bizarre, que viennent-ils faire là ces milichiens US ?
"Créatriceurs" a plus de gueule et l'avantage de faire précéder le féminin.
À l'écrit, mais à l'oral ça passe bien.
Maintenant, si on devait expurger le français des mots "moches à l'écrit"...
Pourquoi ne pas rendre la langue belle ?
Parce qu'il y a d'autres enjeux plus importants que le confort visuel des mascus, et leur espèce d'objectivisme esthétisant à deux balles. Et que la "beauté" de la langue pour ses conservateurs, c'est juste comme toujours (comme pour la musique et la couleur de peau des voisins) l'environnement qu'ils ont la fierté d'avoir domestiqué, même s'il avait sans cesse évolué au grand dam des esthétisants objectivistes précédents. Et qu'on peut voir une beauté dans l'alignement de la langue au réel et une laideur dans l'écrasement de 10'000 femmes par la présence de 1 homme au pluriel, indépendamment de l'ordre des lettres. Et que les "rendre la langue belle", même quand il ne s'agit pas juste d'épidérmie phallocrate, c'est juste des conflits arbitraires entre oignon et onion. Ou les barbarismes d'hier défendus demain.
Tu peux mettre un petit cœur sur le i, si tu veux vraiment faire joli. En attendant, on fait avec ce qu'on peut, pour changer les images mentales que les mots invoquent par défaut. Elles ont d'autres conséquences que l'esthétique des habitudes.
"Parce qu'il y a d'autres enjeux plus importants que le confort visuel des mascus"
Pourquoi "des Marcus" ? Vous êtes vraiment sexiste.
"des Mascus". P... de correcteur automatique.
Parce qu'il faut vraiment bien se satisfaire des hiérarchies de genre pour faire primer la coquetterie sur les structures qui les sous-tendent aussi profondément que dans le langage ordinaire.
Après avoir été à la pointe de la mode sur la question du langage dit "non sexiste", la Confédération helvétique adopte une position plus raisonnable, En novembre 2021, la Chancellerie fédérale a publié une directive s'opposant à l' utilisation des pratiques d'écriture alternatives au sein de l'administration fédérale, Les pratiques d'écriture alternatives sont prohibées depuis cette date, notamment les pratiques graphiques (astérisque, point médian, doublets abrégés) et les néologismes (iel, fraeur, etc.).
En tant que citoyen suisse, qu'attendez-vous pour lancer une initiative populaire contestant cette décision intolérable ?
En quoi vouloir que le beau rejoigne l'utile, c'est de la coquetterie ? Vous avez de ces préjugés...
Oué oué, en attendant y a mystérieusement plus de "ouin ouin c'est tout moche" devant les néologismes inclusifs que de rouspétances devant les masculins-par-défaut. Priorités priorités.
Hors aspect esthétique, le langage inclusif introduit ces néologismes qui sont autant de difficultés supplémentaires dans l'écriture de la langue.
Cette langue que de plus en plus d'utilisateurs sont incapables de maîtriser et de reproduire dans sa forme la plus simple. Il suffit d'aller faire un tour sur les réseaux pour en faire le constat.
De plus, vous vous faites le défenseur de ce mode d'écriture sans jamais l'utiliser.
Je l'utilise assez souvent, pas systématiquement, et en général je pondère par l'importance de garder à l'esprit la diversité de genre (en contexte très mascu et très méprisable, je passe outre). Ensuite le oh là là ecrir sai devenue difisil, ça m'émeut pas des masses. Manifestement, penser c'est devenu difficile, les gens galerent de plus en plus.à faire tourner les méninges au-delà du hashtag et du charb-a-dit, et les stats sur les capacités cognitives sont en chute libre, je vais pas pour autant faire l'apologie de CNews ou de l'astrologie par respect pour le niveau. Et finalement grosse hypocrisie réactionnaire. Ce n'est pas "difficile", c'est même très flexible (il y a plein de façons différentes d'écrire inclusivement, il n'y a pas de sanction sans), l'argument est juste arbitrairement agité quand le concept même d'inclusivité ou d'évolution du langage froisse ses conservateurs (les conservateurs du langage sont beaucoup plus nombreux que les conservateurs sur les autres sujets, mais fonctionnent absolument pareil : leur fier environnement immuable, né tel quel et tout parfait, est menacé par toute transformation, toute transformation étant laide parce que déviante - et on se cherche des excuses, parce qu'après tout, la grammaire masculiniste ça nous va très très bien).
Essayer de corriger l'écriture pour une façon perverse dont elle structure et valide le sexisme ordinaire, ce n'est pas simple. Ces structures sont fondamentales, il y a beaucoup à casser et reconstruire, il y a beaucoup à inventer. Mais une fois encore, on voit les priorités des gens, dans leurs réactions. Entre bricoler un peu parce qu'il y a des enjeux fondamentaux dans les perceptions du genre, et geindre parce qu'il y a un point, un tiret ou une parenthèse de plus sur une ligne. La petite ligne de front est assez parlante.
A vous lire, l'utilisation du langage inclusif serait un critère essentiel de distinction entre féminisme et masculinisme. Vous employez ce dernier terme sans être conscient de son outrance dans le contexte de ces échanges.
Vous pensez réellement que votre défense de ce langage suffit à faire de vous un féministe, et qu'à contrario, ceux qui comme moi le trouvent inopportun sont d'horribles "masculinistes" prônant la supériorité de l'homme sur la femme ?
Vos arguments sont du même niveau que ce "charb-a-dit". Je ne vous expliquerai pas une troisième fois ce que Charb représentait pour moi. Ce serait vain, étant donnée votre surdité sur le sujet.
Le langage inclusif : à peine né et déjà obsolète, abandonné même par certains de ceux qui le promouvaient (v. l'exemple suisse)
Mais ne renoncez pas. S'il ne reste qu'un utilisateur, vous serez celui-là. Les plus désespérés sont les combats plus beaux.
La Suisse est un pays réactionnaire, dont le ton est avant tout donné par l'extrême-droite UDC, mais vas-y, prends-le en référence quand ça t'arrange. Pour le reste, c'est surtout l'attitude vis-à-vis de l'écriture inclusive, qui est très très révélatrice. Les couinements spontanés devant son usage (ça couine moins spontanément quand les femmes sont effacées d'une phrase), la hiérarchie des arguments et leur débilité (de "faut faire simple les gens savent plus écrire" à "visuellement ça offense ma sensibilité sensible"). Le niveau de l'argumentaire, et la sélection de sa mobilisation, ça dit beaucoup des valeurs profondes et de leurs priorités.
On est vite un masculiniste avec ces gens là. Apprécier la beauté de la langue, c'est être mascu. Les chants désespérés sont les chants les plus beaux, et tout ce qui est excessif est insignifiant.
Oh le pauvre esthète caliméro.
Quand je bosse avec 40 femmes qui doivent se mettre au masculin pour ma présence, tu trouves ça "beau". Quand une organisation avec 8% d'hommes publie tous ses textes au masculin, tu trouves ça "beau". Beaucoup plus beau qu'un point médian sur ta page. Ouais, rien de phallocratique là-dedans, tu "apprécies la beauté" de l'invisibilisation des femmes, de leur minorisation, et du masculin par défaut. Comme un pas-raciste-du-tout "apprécie la beauté" d'une statue de Lee que, oh non, les barbares démontent de la place publique, y respectent rien, aimer la sculpture c'est être esclavagiste ou quoi.
C'est la raison pour laquelle rien ne changera jamais. On se la joue youpi la gauche youpi la révolution, mais même un truc aussi fondamental que le langage qui structure la pensée, ah bin non. C'est familier donc c'est beau donc on touche pas. Tout reste superficiel. Sous la peinture, tout est conservateur, tout va bien.
Et ça se voit dans tous les domaines.
sa fé réfléchire
C'est stupide et bête de balancer des propos pareils Ultia ! C'est consternant.
"S'il y a des projets qui sont poussés par des gens que j'aime bien, c'est d'une évidence sans nom que si je trouve le projet pertinent, je vais saucer [soutenir] le projet", lâche-t-elle, avant d'assumer vouloir s'opposer à tout dossier "proposé délibérément par quelqu'un d'extrême-droite"
Difficile de lire la chronique sans rager et sans une boule au ventre.
Faut-il le rapeller ? Le CNC verse de l'argent, avance sur recettes, pour des productions grandes ou petites ; mais aussi pour des courts métrages, des films d'animation et des documentaires.
Et entre autre autres :
« Les Graines du figuier sauvage » de Mohammad Rasoulof,
Prix spécial du jury du Festival de Cannes en 2024, film soutenu par l'Aide aux cinémas du monde (CNC)
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/questce-que-laide-aux-cinemas-du-monde_970372
Le rédacteur ASI, Nathan Lautier, se plaint que Twitch Gauchiste tronque les propos de Ultia, mais lui-même ne rapporte justement que les propos tronqués de Ultia. quelle est la cohérence?
Un épisode qui montre ce qu'ils feront de la culture s'ils prennent le pouvoir. (Ou lorsque). Ça râle contre de prétendus parti-pris, mais ça n'a rien d'autre à proposer que des productions partisanes de qualité artistique douteuse. On imagine où en serait l'art si ces gens là avaient de tout temps imposé leurs vues.
Ca chie sur le CNC mais c'est bien content de taper dans sa cagnotte pour combler les pertes de leurs politiques de merde.
(et j'adore l'idée de supprimer un organisme dont la majorité de la tréso dépend d'abord d'une taxe sur les ventes. Tu vas vraiment faire des économies)