Lopez, le nouveau Drucker du dimanche (mais avec du foin)
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Lopez, le nouveau Drucker du dimanche (mais avec du foin)

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Il a tellement raison Fred. "Quoi de mieux qu'un dimanche à la campagne pour retrouver sa vraie nature […] Quitter le quotidien et oublier un peu le bruit du monde." Depuis fin octobre, Frédéric Lopez est de retour sur France 2 et propose aux téléspectateurs de passer "Un dimanche à la campagne" en compagnie de ses amis acteurs, chanteurs, journalistes. Objectif ? Vivre "un moment hors du temps" pour "parler d'amour, d'amitié, de la vie" dans un environnement qui déborde de coccinelles, de pommes de pin et de légumes bio. Avouez que ça donne envie, hein ? Enfilez vos bottes, on va prendre l'air.

Diffusée depuis fin octobre tous les dimanches, à 17 h sur France 2, Un dimanche à la campagne est plus qu'un simple programme. C'est une promesse, comme l'explique Lopez en introduction : celle de "quitter son quotidien", "faire une pause", "ralentir le rythme", "accepter de lâcher prise", "oublier un peu le bruit du monde", "prendre la clé des champs", "et se retrouver en pleine nature pour un dimanche pas comme les autres". Soit 1 h 30 d'échanges dans un magnifique domaine loué pour l'occasion par France 2

Le tournage de l'émission a lieu au "Moulin de Madame", une bâtisse située à Bransles, petite commune rurale de Seine-et-Marne. D'après l'annonce Airbnb, le lieu est facilement accessible depuis Paris (accès par l'A6, sortie Dordives puis 5 km de route départementale).

Mais pas de bol, les invités de Lopez n'ont pas ces infos. Pour accéder à la maison, ils doivent traverser une forêt

Après la marche, toujours pas de maison à la campagne. Car c'est vraiment la campagne. Et comme chacun sait, à la campagne, on se déplace…

De quoi laisser pantois certains invités à l'approche de la maison

Ce dimanche, c'est Nelson (Monfort, journaliste), Bérangère (Krief, humoriste) et Slimane (le chanteur) qui vont apprendre à se connaître dans un décor bucolique.

"Là, on va être entre nous, à la campagne, explique Frédéric (Lopez, l'animateur). On va essayer de faire un seul truc à la fois, on va essayer de s'écouter et puis d'apprendre les uns des autres, c'est ça qui me plaît beaucoup."

Et ça se voit qu'on est à la campagne, y'a plein de trucs de campagne…

Pas de doute, on est à la campagne. D'ailleurs, c'est une galère à filmer pour les cadreurs. Y'a toujours une feuille ou une pomme de pin au premier plan…

Après avoir bien posé le décor, direction la "grange de l'enfance" pour la première séquence de l'émission. 

Dans cette première partie de l'émission, les invités doivent raconter leur enfance, bien guidés par les questions de Frédéric. "Quand vous regardez ce petit garçon, vous qui connaissez la suite de son histoire, vous lui diriez quoi ?", "Quelle est votre place dans la famille ?", "Votre père, c'était votre héros ?"

Fred a également placé plein d'objets d'enfance de ses invités, et notamment le doudou de Slimane

Question de Frédéric : "Ça vous fait quoi de vous replonger dans cette période avec Babar ?"

Sur un vieux drap blanc, Fred, Slimane, Nelson et Bérengère regardent ensuite des photos de famille.

Des moments d'émotion forcément.

Vient l'heure de la préparation du repas. Pendant que Slimane prépare le plat principal, Frédéric déroule les questions sur la carrière du chanteur.

Sous le regard parfois inquiet de Nelson qui regarde Bérangère préparer le dessert.

Évidemment, quand on prépare un repas, y'a toujours ce moment où tu sais que t'as oublié un truc. Le vin, le fromage ou une épice. Là, pas de bol, ils ont oublié le pain. Mais bon, on est à la campagne, alors que va leur proposer Fred d'après vous ? De rencontrer un meunier. "Je vous propose de faire du pain comme on le faisait au Moyen-Âge", propose le copain de Fred. Pardon ? "Vous allez avoir besoin de vos mains, y'a pas de machine, y'a pas de pétrin, y'a pas de four électrique, c'est un four à bois."

Déconnexion et authenticité

Un dimanche à la campagne, c'est une ode à la déconnexion. On le voit dès le générique.

Une fois dans la maison, il demande à ses invités de ranger leur portable…

"Histoire qu'on soit vraiment entre nous, à l'écoute des uns et des autres, qu'on ne soit pas connecté ailleurs partout dans le monde", explique Frédéric. L'idée, c'est "d'être juste dans l'instant présent". Dans Un dimanche à la campagne, on se coupe des écrans, du tumulte des réseaux sociaux et de l'info en continu. 

Il est comme nous Frédéric, l'info en continu, ce n'est pas trop son truc. "Quand je regarde des informations en boucle ça me rend triste, ça ne me donne pas envie d'agir, a-t-il expliqué à 20 minutes la veille de la diffusion du premier numéro. Ça donne une image de l'humanité qui va dans le mur, on a l'impression que le monde n'a jamais été aussi dangereux."

Face à cette actu anxiogène, il était donc important de passer un dimanche à la campagne, déconnecté des écrans, et reconnecté aux plaisirs simples de la vie. Comme faire

Évidemment, tout est bidon, tout est factice. C'est de la télé. Les équipes techniques ont beau se planquer derrière des feuilles et des pommes de pin, elles ne sont jamais bien loin

Frédéric a beau prôner la déconnexion, il se balade toujours avec une tablette pour montrer les exploits de ses invités.

Quant aux fameux réseaux sociaux, Frédéric demande à ses invités de les couper, mais il incite les téléspectateurs à "échanger avec lui" tout au long de l'émission.

Et sur ses fameux comptes "Frédéric Lopez - Officiel", qu'est-ce qu'on découvre ? Qu'entre deux prises, les invités déconnectés donnent des interviews sur Instagram pour évoquer les coulisses de l'émission…

Cette capacité à faire du faux authentique, à promouvoir de la déconnexion connectée, à créer une campagne campagnarde totalement bidon, c'est l'un des principaux talents de Frédéric Lopez. On l'avait déjà décelé dans une précédente chronique.

Enfance et promo

Mais alors pourquoi les invités participent-ils à ce genre de programme ? Ils viennent bien évidemment faire leur promo

Michel Drucker parti sur France 3, Lopez a récupéré les après-midis de France 2 avec le même objectif. Il revendique d'ailleurs la filiation : "J'ai une grande admiration pour Michel Drucker […] il a été un modèle pour moi dans sa manière de recevoir les gens. Sa bienveillance m'a toujours inspiré."

Finalement, Frédéric Lopez, c'est Michel Drucker à la campagne. De la promo, des questions bienveillantes, les mêmes images d'archives pour raconter l'enfance. N'est-ce pas Christophe Willem ?

Lopez, c'est du Drucker, le canapé rouge a juste été remplacé par du foin. Seule petite différence : le degré d'implication personnelle de l'invité. Quand un chanteur était assis sur le canapé de Drucker, il lui suffisait de dire deux mots sur son "papa", sa "maman", son enfance à Aubagne avant de monter à Paris pour faire carrière.

Lopez, lui, il cherche à faire "un programme inspirant" en racontant "les galères, les échecs, les coulisses de la gloire". Regardez par exemple comment Lopez présente ses invités au début de l'émission. Slimane ? "Le beau gosse à la voix d'or n'a pas oublié le petit garçon complexé qu'on harcelait à l'école." Bérengère ? "La scène est aussi le moyen de surmonter les épreuves de la vie." Le succès de Christophe Willem ? "Une jolie revanche pour celui dont la voix haut perché provoquait rejet et critiques violentes." Dans la fameuse "grange de campagne", les invités de Frédéric sont quasiment obligés d'insister sur les humiliations de l'enfance, leurs problèmes de poids ou autre complexe qu'ils ont réussi à surmonter avant de monter sur scène. La promo-psy, devant plus d'un million de téléspectateurs, est à ce prix.

Le chanteur en sort plus humain, et le journaliste aussi. N'est-ce pas Jean-Pierre ?

La semaine dernière, Elkabbach a passé un Dimanche à la campagne pour faire la promo de ses mémoires.

Pour sa minute de promo, il a fait comme tout le monde : rando en forêt, barque, vélo, cuisine, confessions dans la grange (mais sans son doudou).

Sans oublier le témoignage du copain

Elkabbach ? "C'est un destin incroyable, explique Lopez. Vous avez tout fait, reporter, présentateur de journal, vous avez côtoyé les chefs d'État, vous avez été témoin de l'histoire et parfois même acteur de l'histoire." Une promo champêtre, pour le plus grand plaisir de l'invité. Car Frédéric Lopez, le Drucker de la campagne, a eu la bienveillance de retracer tout le parcours d'Elkabbach en évitant soigneusement toute la batterie de casseroles de ce journaliste courtisan avec les puissants et impitoyable avec les faibles, que nous avons consciencieusement compilé dans cet article. Oui, à la campagne, on est aussi un peu pudique. Bon dimanche !

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